‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 66 sur 204 · DUR · texte numérisé non relu

DUR

REPTILES

ma

Méditerranée. Dès le temps d'OTide, il avait été observé dans cette dernière raer. Pline savait que, Irès-recherché par les pôchenrfî de rOcéan , ce poisson était depuis très-» longtemps préféré à tous les autres par les citoyens de Cadix; et Columelle, qui était de cette ville, et qui a écrit avant Pline, indique le nom de Zée comme donné très-anciennement à ce thoracin. Cet auteur connaissait, ainsi que Pline , le nom de Forgeron que l'on avait employé pour cet osseux, parliculièrement sur le rivage de la mer Atlantique, et que nous lui avons conservé avec Linné et plusieurs autres naturalistes modernes.

Dans les temps bien postérieurs è ceux d'Ovide, de Columelle et de Pline, des idées très-différentes de celles qui occupaient ces écrivains romains firent imaginer aux habitants de Rome que le Zée était le même animal qu'an poisson fameux dans Thistoire de saint Pierre, le premier des ripôtres, et que tous les individus de cette espèce n'avaient sur chacun de leurs côtés une tache ronde et noire que parce que les doigts du prince des apôtres s'étaient appliqués sur un endroit analogue, lorsqu'il avait pris un de ces Zées pour obéir aux ordres de son Maître; et comme les opinions les plus extraordinaires sont celles qui se répandent le plus vite, et

3ui durent pendant le plus de temps, on onne encore de nos jours , sur plusieurs côtes de la Méditerranée, le nom de Poisson de saint Pierre au Zée forgeron. Les Grecs ffiodernes l'appellent aussi le Poisson de saint Christophe , à cause d'une de leurs légendes pieuses , aue l'on ne doit pas s'attendre a trouver dans un ouvrage sur les sciences naturelles. Mais il est résulté de cette sorte de dédicace que le Forgeron a été observé avec plus de soin, et beaucoup plus tôt connu que plusieurs autres poissons. II parvient communément èi là longueur de (][uatre ou cinq décimètres , et il pèse alors cinq ou SIX kilogrammes. Il se nourrit des proiséons timides, qu'il poursuit auprès des rtirages, lorsqu'ils viennent y pondre ou y féconder leurs œufs. 11 est si vorace, qu'il se jette avec avidité et sans aucun discernement'sur toutes sortes d'appâts; et l'espèce d^audaeé qui accompagne cette voracité ne doit pas éetonner dans un Zée qui, indépendamment des dimensions de sa bouche et du nombre ainsi que de la force de ses dents , a-uoèiungée longitudinale de piquants, non-seulement de chaque côté de la dorsale, mais eocore à droite et à gauche de la nageoire de l'anns; D'ailleurs ces aiguillons sont 4rè»4ttrs , et les sept ou huit derniers sont dooblés. Les huit ou neuf premiers piquants de la nageoire du dos peuvent être considérés^ de chaque côté comme des apophyses des •ramos aiguillonnés de cette nageoire, et les deux rangs d'aiguillons recourbés et conttgus X|ui accompagnent la partie antérieure de l'anale se prolongent jusqu'à ta gor^e, en garnissant le dessous du corps lie deux lames dentelées comme celle d'une sci«r Ai toutes ces aràaes le Forgeron réànît

encore deux pointes dures et aiguës, qui partent de la base de chaque pectorale, et se dirigent verticalement , la plus courte vers le dos, et la plus longue vers l'anus.

La mâchoire supérieure est plus avancée que l'inférieure, celle-ci peut s étendre à la volonté de l'animal. Les yeux sont gros et rapprochés, les narines ont de grands orifices, les branchies une large ouverture, el les opercules chacun deux lames ; les écailles sont très-mincçs.

L'ensemble du poisson ressemblant un peu à un disque, au moins si l'on en retranchait le museau et )a caudale, il n'est pas surprenant qu'on l'ait comparé à une roue , et qu'on ait donné le nom de Rondelle à l'animal. Sa couleur générale est mêlée de peu de v^rt etde beaucoup d'or, et voilà pourquoi il est appelé Doré; mais sa parure , quoique très-riche, paraît enfumée; des teintes noires occupent le dos , la partie antérieure de la nageoire de l'anus , ainsi que de la dorsale , le museau, quelques portions de la tête ; el c'est ce qui a fait nommer ce Zée Forge^ ron.

Ses jpectorales , ses thoraoines, la partie postérieure de la nageoire du dos , et celle de l'anale sont crises , et la caudale est grise avec des raies jaunes ou dorées.

De même que quelques Balistes, quelques Cottes, quelques Trigles et d'autres poissons, le Forgeron peut comprimer assez rapidement SCS organes intérieurs pour que des gaz violemment pressés sortent par les ouvertures branchiales, froissent les opercules, et produisent un léger bruissement. Cette sorte de bruit a été comparée à un grognement, et a fait donner le nom de Truie au Zée dont nous parlons.

DORSCH. Voy. Gadb.

DRAGON MARIN. Voy. Vive.

DRAGONNE (Lacerta dracdmo, Loir.), genre de Reptiles sauriens. La Dragonne ressemble beaucoup, par sa forme, au Groco— dile; elle a, comme lui, la. gueule trèslarge, des tubercules sur le dos et la queue aplatie; sa grandeur égale quelquefois celle des jeunes Caïmans: sa couleur, d'un jaune roux foncé, et plus ou moins mêlé de verdâtre, est semblable aussi à celle de ces animaux; c'est ce qui fait que, sur les côtes orientales de rAmérique méridionale, elle a été prise pour une petite espèce de Crocodiles ou de Caïmans. Mais la Dragonne en diflfère principalement parce que, au lieu d'avoir les pieds palmés, ses doigts, au nombre de cinq à chaque pied, sont très-* séparés les uns des autres, comme ceux de presque tous les Lézards. Ils sont d'ailleurs tous garnis d'ongles aigus et crochus ; la I6te, aolati^ oar deçsus et comprimée par les côtés, a un peu la forme a'une pyramide i quatre faces, dont le museau . serait le sommet ; elle ressemble par là à celle de plusieurs serpents,, ainsi que la lâiigue, qui est fourchue, et qui, loin d'être cachée et presque immobile comme celle du Crocodile,^ peut être dardée avqc facilité! Lefi 3'eux. sont gros et brillants ; Touverture des oreilles

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PWSSOI», ETC.

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et entourée d'une bordure d'écaiN

le corps épais, arrondi, couvert d'écail-

'ï^x^/es, osseuses comme celles du Croco-

^//vesque toutes garnies d'une arête

. -ïfe; plusieurs de celles du dos sont

^ andes que les autres, et relevées pat

3>ercules en forme de crèles, dont les

aulssont les plus voisins delà queue,

^ciueWe les lignes qu'ils forment sont

Jouées par d'autres tubercules. Ceux-ci

«alos aigus et produisent deux dente'-

semblables à celles d'une scie, et

tû une seule vers l'extrémité de la

qui est très-longue. La Dragonne,

que le Fouetle-queue, a la wcililé

^reraaer vivement et de Tagiter comme

% irâet. Cettu faculté lui a fait donnor

Kde FoutUe-queue.

iprincipalement dans l'Amérique méyfiiimm que Ton rencontre la Dragonne.

^ ^^)nBias a parlé du nombre et de la forme dtifiis de la Dragonne; il a dit due ce ird en a dix-sept de chaque coté de Bijcfaoire inférieure; que celles du ml sont petites et aiguës, et celles de iére grosses et obtuses. On a reproché %YU&e desèlre trompé touchant la forme AA»ii«&Vsdu Crocodile, en les distinguant «H dents inmWes, en canines et en molaire». Il pourrait se faire que son erreur est ▼enue éek méprise de ceux qui lui ont loufoi de5 obserrations. 11 se peut, en eOTi^t, que k Dngoùne habite dans les contrées ^meaiâks que les anciens connaissaient ; qiM ses grosses dents aient été regardées coôime des dents molaires, et que 1 animal halHiéine ait été pri« pour un vrai Crocodiie. Cest ainsi que, uans des temps trèsréecots, la confusion que plusieurs vovatSBun ont iaite dns espèces de grands Lé- Swds, voisines de celles du Crocodile, a BoèiiC p/u5 d'une erreur relativement à la vnit et aux habitudes naturelles de ce waieruiimal.

inents est non-settlemeut déterminée par !a forme de leur gueule ou de leurs aeuts^ mais encore par celle de leurs pieds, qui teur fournissent des moyens plus ou moins

Euissants de saisir leur proie, d'aller avQq itesse d'un endroit à un autre, d'habitée* le milieu des eaux, les rivages, les plaines ou les forêts, etc. Une gueule plus ou moins fendue, quelques dents de plus ou de moins, des ongles aigus ou obtus, des doigts réunis ou divisés : en voilà plus qu'il n'en faut pour faire varier leurs mœurs souvent du tout au tout. On en peut voir des exemples dans les quadrupè^ies vivipares, parmi lesquels la plupart des animaux qui ont des habitudes communes, qui habitent des lieux semblables, ou qui se nourrissent des mêmes substances, ont leurs dents, leurgueulo ou leurs pieds conformés à peu près de la même manière, quelque ditférents qu'ils soienld'ailleursparlaforme générale deleurs corps, par leur force et par leur grandeur. La Dragonne et le Crocodile en sont de nou- Telles preuves : la Dragonne ressemble beaucoup au Crocodile ; mais elle en diffère par ses doigts, qui ne sont pas palmés; dès lors elle doit avoir des habitudes différentes* elle doit nager avec plus de peine, marcher avec plus de vitesse, retenir les objelsavec plus de facilité, grimper sur les arbres ; se nourrir quelquefois des animaux des bois; et c'est, en effet, co qui est conforme aux observations quti l'on a recueillies. M. de la Borde, qui a nommé cet animal Lézard-Caïman,

f)arce qu'il le regarde avec raison comme àisanl la nuance entre les Crocodiles et les petits Lézards, dit qu'il fréquente les savanes noyées et les terrains marécageux ; mais qu'il se tient à terre, et au soleil, plus souvent que dans l'eau. 11 est assez dilHcile à prendre, parce qu'il se renferme dans des trous; il mord cruellement; il darde pres-

Sue toujours sa langue comme les Serpents. I. de la Borde a gardé chez lui, pendant

' Xi grande ressemblance de la Dragonne .quelque temps, une Dragonne en vie; elle ■fc te Crocodile ferait penser, au premier se tenait des heures entières dans l'eau;

tp dœil, que leurs mœurs sont semblés; mais ces deux Lézards diffèrofit UD de ces caractères dont la prési>nce l'absence a la plus grande influence sur habitudes des animaux. Buffon a montré, i'histoik'e naturelle des oiseaux, cornla forme de leurs becs détermine l'esde nourriture qu'ils r)euvtnt prendre, force k habiter de préférence l'endroit où trouvent aisément cette subsistince, et '>luit ou modiGe par là leurs principales l)itudes. La (acuité de volar qu'ils ont . ^e leur donne la plua grande facilité de 1^ -^ni^er de place, et les rend par conséquent P^ms dépendants de la forme de leurs ^ i; cependant nous voyons certaines M d'oiseaux dont les habitudes sont luites par les pieds palmés^ avec lesquels , peureot nager aiséflient, ou bien par des J^ITes aiguës et fortes qui leur servent à auquel et à se défendre. Mais il n^an est

'"^s de mémo dos Quadrupèdes, tant vivi- ^res qu'ovipares ; la nature de leurs ali-

elle s'y cachait lorsqu'elle avait peur; mais elle en sortait souvent pour aller se chauffer aux rayons du soleil.

La grande différence entre les mœurs de la Dragonne et celles du Crocodile n'est pas cependant produite par un sens de plus ou do moins, mais seulement par une membrane de moins et quelques ongles de plus. On remarque des effets semblables dans presque tous les autres animaux, et il en serait de môme dans l'homme ; et des différences très-peu sensibles dans la conformation extérieure

Eroduiraient une grande diversité dans ses abitudes, si l'inteUij^ence humaine, accrue par la société, n'avait pas inventé les arts pour compenser les défauts de la nature. . Les animaux qui attaquent le Crocodile doivent aussi donner la chasse à la Dragonne, qui a bien moins de force pour leur résister, et qui même est souvent dévorée par les grands Caïmans.

Sa manière de vivre peut donner à sa chair un goût tJifférent de celui du Crocodile;

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