‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 68 sur 204 · MONITOR · texte numérisé non relu

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DUGONG, Halicore, c'est-à-dire /IHe marine^ d aXcx6c, de mer^ et xopv, fille. Genre de cétacés herbivores, voisin des Lamantins. — C'est Lacépède qui, le premier, a distingué, comme genre, les Dugongs des Lamantins et des Morses; jusqu'alors, ces animaux avaient été réunis sous le nom commun de Trichechus; il latinisa le mot de Dugong^ et le donna à son nouveau genre; mais, depuis, ce genre a reçu dlUiger celui, meilleur sans doute, (ÏHaficore^ et c'est ce dernier nom qui paraît devoir être conservé.

Les Dugongs, avec une organisation générale qui les rapproche beaucoup des Lamantins, en diOèrent cependant par des caractères importants, par des particularités or- S;aniques qui modifient leur nature, et en ont des animaux oui n'ont plus avec les Lamantins des analogies sumsantes pour qu'il soit possible de ne plus voir entre les uns et les autres que des différences spécifiques, telles que celles qui existent, par exemple, entre le Lamantin des Antilles et celui du Sénégal.

Les Dugongs sont des animaux plus herbivores que les Lamantins ; leurs molaires, qui ne présentent bientôt plus qu'un plan uniforme bordé d'émail, n'ont jamais de racines proprement dites ; ces dents ne cessent pas de croître tant ({u'elles sont en situation d'être utiles à l'animal, et leur nombre est toujours moindre que celui des Lamantins. D'un autre côté, si ceux-ci sont pourvus d'incisives, ce sont des dents rudimentaires, dont ils ne font aucun usage, et non point des dents puissantes, à l'usage desquelles est attachée une destination, un but. Les modifications des organes du mouvement sont de même assez notables; leurs nageoires pectorales ne montrent déjà plus, par des ongles, la division des doigts ; et la nageoire caudale est devenue semblable à celle des cétacés proprement dits, des Dauphins, des Baleines. Le Dugong se rapproche donc par là de ces animaux plus que les Lamantins ; et il semble s'en rapprocher encore far la situation des narines, qui s'ouvrent la partie supérieure du museau et assez loin de son. extrémité.

On pourrait donc, avec quelque raison, considérer les Dugongs comme des animaux qui commencetit à remplir le vide, assez grand, qui existe entre les cétacés herbivores et les cétacés piscivores.

Le Dugong {Halicore indiens). Jusqu'à la publication des œuvres de Pierre 'Camper, ce cétacé n'était connu des naturalistes que par quelques récits vagues et inintelligibles de voyageurs, par les têtes décharnées qui

avaient été recueillies dans les collections d'Histoire naturelle, et par une ou deux figures ; celle que donne Renard, et probablement celle que donne Léguât; mais ces figures, loin de nous faire connaître la vérité, nous montrent, au contraire, à quel point les productions de la nature peuvent être défigurées lorsque ceux qui en reproduisent les traits ne sont ni assez exercés Eour bien voir, ni assez instruits pour les ien juger.

Léguât, qui n'écrivait que de mémoire au commencement du dernier siècle, paratt avoir confondu, dans la figure qu'il donne sous le nom de Lamantin, ce qu'il conservait dans son souvenir d'une prétendue Vache marine, qu'il vit dans l'intervalle de Tristan d'Acugna au cap de Bonne-Espérance, et des animaux qu'il nomme Lamantins, dont la mer était peuplée dans le voisinage de l'Ile Rodrigue et probablement de l'Ile de France. Tout semble annoncer, en effet, que sa Vache marine était un Phoque, et que les Lamantins étaient des Dugongs ; ce qui explique la tête de Phoque et la queue de Dugong gu'il donne à soq faux Lamantin.

Cest en 1730 que Barchewitz publia son voyage aux Indes orientales ; et , comme il est, jusqu'à ces derniers temps, le seul Tovageur qui ait parlé de cette espèce sans mélange d'erreur, sinon avec toute la précision désirable, nous croyons devoir reproduire ses propres paroles. Mais , dans l'im- Fossibilité où nous sommes de recourir à ouvrage même de Barchewitz , nous prendrons ces paroles dans la traduction que Buffon en a donnée.

« Je pouvais de ma maison , qui était située sur un rocher dans l'île de Léthy (Philippines), voir les Tortues à quelques toises de profondeur dans l'eau. Je vis un jour deux gros Duçongs oh Vaches marines qui vinrent près du rocher de ma maison; je ûs promptement avertir mon pécheur, à qui je montrai ces deux animaux, qui se promenaient et mangeaient d'une mousse verte qui croit sur le rivage ; il courut aussitôt chercher ses camarades , qui prirent deux bateaux et allèrent sur le rivage ; et pendant ce temps , le mâle vint pour chercher sa femelle, et, ne voulant pas s'éloigner, se laissa tuer aussi. Chacun de ces poissons prodigieux avait six aunes de long; le mAle était un peu plus gros que la femelle ; leur tête ressemblait à celle d'un bœuf; ils avaient deux grosses dents d'un empan de lon^ et d'un pouce d'épaisseur, qui débordaient comme aux sangliers; ces dents étaient aussi blanches que le plus bel ivoire. La femelle avait deux mamelles comme une femme. »

La forme générale du Dugong est celle qui est la plus commune chez les poissons, et ne diffère guère de celle du Lamantin que par la nageoire de la queue, qui est en croissant au lieu d'être ovale ; par une dépression sur le cou, qui indique cette partie du corps, et par un museau que forme principalement une lèvre supérieure très-épaisse,

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