‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 81 sur 204 · RP · texte numérisé non relu

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POISSONS, ETC

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ranger sur une ligne droite que Ton dé-

sous le nom a échelle des êtres. On

«fBTÇUt enfin de la fausse route dans [lauBBBe TErpétuiogie sVngAgeait; on pourjrffit arec moins d*acharnetDenl cette pierre ■MmpAa/e de Técheile animale, plus in* jle c icore pour les Reptiles qiie pour autres êtres, et Ton reprit une marche analytique.

9t Lacépède soumit la description de la viflRODomie extérieure des espèces à une

générale. Malheureusement il n'ap-

pas dans son travail toute la critique

iUle ; dépourvu du secourscjiie Dauben-

« avait fourni à BuiTon pour 1 histoire des

wmaux supérieurs, Tœuvre de Lacépède

L^tulpasla soliditéde celle de son mattre,et,

%iMides charmes du style et de Tintérétdu

^U il n'eut pas même, comme sou maître,

It mérite, du moins, d'avoir popularisé la

sderice et fait germer des rejetons plus

lnjr(Beax.

Vint Schneider, critique judicieux, naturtl/>te sévère ; mais, plus l.ltéraleur encore 4 e naturaliste , il s appliaua parfois à de /(/figues discussions que robservation di- ^tc^e aurait rendues superQues, et ne put t*:(vsa^er son temps qu*à Teiamen dun trt^ petiv nombre d'espèces.

Plus lard, ïïaudin refondit de nouveau

r:ii$t(»ire des caractères extérieurs. Daudin

\(t beaucoup, il ni bien, et il ne lui man-

*;ua peut-être que l'occasion et le temps de

\oireucore davantage et plus longuement.

Li mort l'emporta au moment oii il aurait

{>j mieux Caire.

Alors aussi, quelques autours sentirent la

cà-essilé de diviser pour mieux cultiver, et

b monographies de Rœsel, de Latreillc, de

Daudin, de Scbœpf montrèrent les avantages

<)iie la science retire de cette méthode.

Hais Torganisation intérieure demandait aossi des observateurs et des historiens ; <'dt alors que les travaux de £. Home, de Ctitier, de Duméril, de GeolTroy sur Télude es erganes des Reptiles , donnèrent à itrpétologie une marche aussi rapide que âôre; l'organisation mieux connue éclaira le mécanisme des fonctions, et par suite relie des habitudes et des mœurs qui en Jé^tendent. Mieux appréciés, les Reptiles furent mieux étudiés , examinés de plus FTéset l'observation plus exacte éclaira et oiida encore mieux la science dans ses théories. Avec Bonnet et Spallanzani, etc., l*«tpérimentation apporta aussi sa coniritKittoa. L*Erpétologie devint bientôt presque lossi précise que les sciences matnémati- )ues. On calcula la forme dusuuelelte entier 1 un Reptile, et par suite celle de tout l'a- Dimal, par l'étude d'un seul de ses éléments, Avec autant de sûreté que le géomètre obtient l'angle inconnu d un trigone, par laxialyse des deux angles connus. Les inductions de la science acquirent, surtout dans les mains de G. Cuvier, une telle solidité, que, par la simple inspection d'un fragment ossenx, on put s'élever à la détermination des formes et des habitudes de Reptiles

enfouis depuis des siècles dans, le sein de la terre, et sans analogues, pour la construction apparente et pour ta manière de vivre, avec les espèces existantes aujourd'hui. Les troubles qui bouleversèrent les Etats civilisés wers le commencement du xix* siècle semblaient devoir s'op[)Oser aux progrès de l'Erpétologie : ils furent pour elle une source de perfection , et l'on serait tenté de transmettre avec orgueil à la postérité cet exemple de guerriers se servant d'un Qéau jadis destructeur pour augmenter libéralement le domaine de l'intelTigeuce, s'il n'était probable que nos neveux, grandissant en sagesse, iiniront par faire enQn justice de ce fanatisme absurde, que l'on décore du nom pompeux de suprême raison des rois. Les sciences avaient fait de grands progrès dans le cours du x'viii* siècle, l'Erpétologie y avait puisé plus de précision dans ses moyens d'investigation et d'analyse. L'Afrique, explorée au nord par les savants de l'expédition française, au midi par Delalande; l'Asie méridionale, par Diard et Duvaucei : ses tles, par KuFh et Vanhasselt; l'Asie septentrionale, par Pallas ; les deux Amériques, par Leconte, Harian, Spix et le prince Maximilien, avaient produit des espèces nombreuses.

Un autre nouveau monde venait d'ouvrir à l'Erpétologie une mine toute nouvelle de richesses inconnues; des formes disparates, des organisations toutes particulières venaient frapper les yeux des observateurs ; les récoltes de Pérou et Lesueur, de Quoy, Gaimard, Lesson, etc., dans les terres australes, avaient presque doublé le nombre des espèces de Reptiles. Des travaux nombreux sur les divers points de l'Erpétologie naissaient de toutes parts. Le xvui* siècle, ainsi que l'a dit un illustre savant, avait plus fait à lui seul pour la science que tous les siècles qui l'avaient précédé, et les trente premières années du xix' avaient plus fait encore auo tout le xvin* siècle. Ces matériaux réclamaient une nouvelle révision et une nouvelle coordination. Rrongniart, Duméril, De Rlainville, Oppel, Fitzinger, Merrem, tentèrent de nouvelles classitieations générales plus ou moins heureuses; Merrem essaya même un catalogue des espèces; mais, placé dans un cercle trop étroit, il fut obligé de tenir plus compte des livres que des collections, et faute de renseignements suffisants, son travail resta imparfait sous plusieurs rapports; mais du moins il ouvrit une nouvelle voie à cette partie de l'Erpétologie, en prenant pour base une détermination des espèces, une étude plus approfondie du nombre, tie la forme et de la disposition des écailles qui revêtent les Reptiles. Tandis que Serres présentait ses idées sur la qualité primitive des parties symétriques et leur pénétration successive, Geoffroy Saint-Hilaire cherchait à agrandir la philosophie de la science en substituant le principe des connexions à ceux de la forme et de la fonction dans la recherche des analogies^ et par ses recherches sur le balancemeni des pàv-

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RE?TILES

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tics, et surVuniiéde plan et de composition des organeê. Le panthéisme de rAliemagne poussa trop loin l'application de ce système, mais la science trouva toutefois à profiter encore dans ces exagérations et ces paradoxes qu'étayaîenl toujours des observations plus ou moins rigoureuses de détails. Alors G. Cuvier proposa un cadre de distribution des Rept les plus en harmonie avrc les immenses progrès de l'Erpétologie; il entreprit et rbisïorique critique de la science, et l'histoire si importante de l'organisation de ces animaux, qu'il avait tant contribué à faire connaître dans ses leçons etpar ses divers travaux détachés. Mais la mort l'empêcha de mettre la dernière main è ces monuments. Meckol et VVagler, qui marchaient sur cette voie, succombèrent sur la route. EnGo MM. Duméril et Bibron, riches de leur propre fonds, et profitant des essais de leurs devanciers et des travaax récents de Meyor, Millier, Kaup, Heuss, Ruppel, etc., en Àilemagne; de Lichtenstein , Gravenhorsl et Wiegmann ep Prusse ; de Kulh, Boié et Schlégel en Hollande; de Bell et Gray en An-

f;leterre; de Rusconi et Bonaparte en Laie, etc., entreprirent une Erpétologie. générale, ou histoire complète des Reptiles. L'ou* vrage de ces savants réalise les hautes espérances que l'on avait conçues d'ua travail exécuté sous la' direction et avec la coopéralion de rillustre professeur auteur de la Zoologie analytique^ collaborateur de VAnatomie comparée de Cuvier, Qt successeur de Lacé-r. pède au Muséum national d'histoire nalurelict de Paris.

ESPADON, Xiphias^ genre de poissons de l'ordre des Acanthopterygiens, famille des Scombéroïdes. — Voici un de ces géants de la mer, de ces émules de plusieurs cétacés , dont ils ont reçu le nom, de ces dominateurs de rOcéan (^ui réunissent une grande force à des dimensions très-étendues. Au premier aspect, le Xlphias espadon nous rappelle les grands Acipensères, ou plutôt les énormes hquales, et môme le terrible Requin. Il est l'analogue de ces derniers; il tient parmi les osseux une place semblable à celle que les Squales occupent parmi les cartilagineux; il a reçu comme eux une grande taille, des muscles vigoureux, un corps a^ile, une arme redoutable, un courage inlrépiae» tous les attributs de la puissance ; et cependant tels sont les résultats de ia ditférence de ses armes avec celles (Ju Requin et des autres Squales, qu'abusant bien moins de son pouvoir, il ne porte pas sans cesse autour de lui, comme ces derniers, le carnage et la dévastation. Lorsqu'il mesure ses. forces contre les grands habitants des eaux, ce sont plutôt des ennemis dange-^ reux pour lui qu'il repousse que des victimes qu'il poursuit. Il se contente souvent, pour sa nourriture, d'algues et d'autres plantes marines; et bien loin d'attaquer et de chercher à dévorer les animaux de son espèce, il se plaît avec eux ; il aime surtout à suivre sa femelle, lors môme qu'il n'obéit pas à ce bespin passager, mais impérieux, aué ne peut vaincre la plus horrible férocité. Il paraît

donc avoir et des habitudes douces et dos affections rives. On peut lui supposer une assez grande sensibilité, et si Ion doit comparer le Requin au Tigre, le Xiphias peut être considéré comme l'analogue du Lion

Mais les effets de son organisation ne sont pas seuls remarquables , sa forme est aussi très-digne d'attention. Sa tète surtout frappe par sa conformation extraordinaire. Les deux os de la mâch rire supérieure se prolongent en avant, se réunissent et s'étendent de manière que leur longueur égale à peu près le tiers de la longueur totale de l'animal. Dans cette prolongation, leur matière s'organise, de manière à présenter un grand nombre de.

Ï petits cylindres, ou plutôt de petits tubes ongitudinaux; ils forment une lame étroite, et plate, qui s'amincit et.se rétrécit de plus en plus jusqu'à son extrémité, et dont les bords sont tranchants comme ceux d'un esf adon ou d'un sabre antique. Trois sillons longitudinaux régnent sur la surface supérieure de celte longue lame, au bout de laquelle parvient criui du milieu, et l'on aperçoit , un sillon semblable sur la face inférieure de celte même prolongation.Une extension de l'os frontal triangulaire, pointue et très-allongée, concourt. à la formation de la face supérieure de la lame, en s'étendant entre les deux os^ maxillaires, au moins jusque vers le tiers de la longueur de celte arme ; et sur la face inférieure de cett^lame osseu$e« on voit une. extension analogue et. également triangulaire des os palatins s'avancer entre les deux os maxillaires, mais, moins loin que l'extension pointue de l'os frontal. Ce sabre à deux Iran-, chants est d'allleucs rçvôiu d'upe peau légèrement chagrinée.

Là mâchoire inférieure est (K)intue par de- . vant, et sa longueur égalant le tiers de la longueur de la lame tubulée, c'est-à-dire le. neuvième de la longueur totale de l'animal, il n'est pas surprenant que l'ouverture de la, bouche soit grande; ses deux bords sont garnis d'un nombre considérable de petits tubercules très-durs, ou plutôt de petites dents tournées vers le gosier, auprès duquel sont quelques os hérissés de pointes. La langue est forte et libre dans ses mouvements. Les yeux sont s.ûllants, et l'iris est verdâtre.

L'Espadon a d'ailleurs le corps et la queue très -allongés. L'orifice des branchies est grand, et son opercule composé de deux pièces; sept ou nuit rayons soutiennenlla membrane branchiale. Les nageoires sont en forme de faux, excepté celle de la queue, qui est en croissant. Une membrane adipeuse, placée au-dessous d'une peau mince, couvre tout le poisson.

La lii^ne latérale est pointill^îe de noi]*; cette même couleur règne sur le dos de lanimal, dont la partie inférieure est blanche» Les nageoires pectorales sont jaunâtres, cdlo du dos est brune, et toutes les autres présentent un gris cendré,

L'Espadon habite dans un grand nombre de mers. On le trouve dans l'Océan d'Europe, dans la Méditerranée, et jusque dans les mp'S australes. On le rencontre aussi cnlreiA*

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iMC ^i l'Amérique ; inaiSy dans ces derîers partc^S sa nageoire du dos paraît être losiamment plus grande et tachetée, et c*est ^ fîspfldons qui, par les dimensions et les Auteors de leur nageoire dorsale, compo- M]| itiie Tariété plus ou moins durable, que w doit, ce me semble, rapporter le nom L^aUi^ de Guébucu.

"Les Xiphias espadons ont des muscles L^|..9uiss«nls ; leur intérieur renferme de S^ me grande vessie natatoire ; ils nagent SaK^î^esse; ils peuyent atteindre avec fade très-grands habitants de la mer.

nus quelquefois à la longueur de plus leol mètres, frappant leurs ennemis avec l^ve pointu et tranchant de plus de mètres, ils mettent en fuite, ou comifec avantage les jeunes et les petits dont les téj$uments sont aisément parleur arme osseuse, qu'ils pousnec Tioleoce, qu'ils précipitent avec rapidité, et lioDt ils accroissent la puissance <fe iMte cdie de leur masse et de leur vitaiae. Oo t écrit que dans les mers dont les eéics lûot peuplées d'énormes Crocodiles, ifs sa vMeot se placer avec agilité au-dessous <le ces toimaui cuirassés, et leur percer le ^culTtivec adresse à Fendroit où les écailles «M\\\enoui$ épaisses et le moins fortement allacMes.Onpourrait même, à la rigueur, croire iTecKoeque, lorsque leur ardeur est exaltée, que /eur instinct est troublé, où tfu'ib sool le jouai de vagues furieuses qui les rouleotetits lancent, ils se jettent avec iMiâi de force contre les bords des embarca* tiipns^ fueieor arme se brise, et que la pointe «ie ieur glaive pénètre dans Tépaisseur du bord, ei /demeure attachée^ comme on y a TU qaeiquefois également implantés des fragm^ttsùe Tarme dentelée du Squale-scie, ou Ue la dure défens^^ du Narval.

Malgré cette vitesse, cette vigueur, cette

adresse, ceiie agilité, ces armes, ce pouvoir,

kEspadoQ se contente souvent, ainsi que

Mas fenons de le dire, d'une nourriture pu*

imeot v^élale. Il n*apas de grandes de.its

fasives m laniaires, et les rapports de Ta-

ÉMlaDce ei de la nature de ses sucs di-

|eitz6 avec la longueur et la forme de son

Aai/ intestinal» sont tels qu*il i)rérère fré-

pemmeni aux poissons, qu'il pourrait sai-

*% des algues et dauties plantes marines:

*lsi sa chair est-elle assez communément

«tioe à manger, et même très-agréable au

^i. Aussi, lorsque la présence d'un ennemi

^r^f^areux ne le contraint pas à faire usage

^ sa puissance, a-t-il des habitudes assez

^>^ices* Od ne le rencontre presque jamais

ttjl; lorsqu'il voyage, c'est quelquefois avec

^ compagnon, et presque toujours avec une

i^^apagne; et cette association par paires

r^mve d'autant plus que les Espadons sont

' .^eeptibles d'allectiou les uns pour les au-

V^, qa*on ne doit pas supposer qu'ils sont

^i^?«iixH8 pour atteindre la môme proie ou évi-

>iar le même ennemi, ainsi qu'on peut le

croire de l'assemblage désordonné d'un très-

{raad nombre d'animaux. Un sentiment

iiKr^nt de la foim ou de la crainte peut

seul, en produisant une sorte ae choix, faire naître et conserver cet arrangement deux h deux; et déplus leur sensibilité doit être considérée comme assez vive, puisque la femelle ne donne pas le jour à des petits tout formés ; que par conséquent il n'y a pas d'accouplement dans cette espèce, que cette même femelle ne va dé()Oser ses œufs vers les rivages de l'Océan que lors de la Im du printemps ou au commencement do lélé, et que cependant le mAle suit fidèlement sa compagne dans toutes les saisons de l'année.

La saveur agréable et la qualité très-nourrissante de la chair de l'Espadon font que dans plusieurs contr(^es on le pêche avec soin. Souvent la recherche qu*on fait de cet animal est d'autant plus infructueuse, qu'avec son long sabre il déchire et met en mille pièces lesJiTels par le moyen desquels on a voulu le saisir.

La pêche de l'Espadon, dit Brydone, est plus divertissante que celle du Thon ; un homme monté sur un mât ou sur un rocher du voisinage avertit de son approche; on l'attaque avec un petit harpon attaché h une longue ligne, et on le frappe souvent de fort loin : c'est exactement la pêche de la Baleine en petit. Quelquefois on est obligé de le poursuivre des heures entières avant do l'atteindre. Les pêcheurs siciliens, qui sont très - superstitieux , chantent une certaine phrase que Brydone croit grecque, et qu'ils regardent comme un charme pour attirer l'Espadon près de leur bateau. C'est la seule amorce qu'ils emploient ; ils prétendent qu'elle est d'une efficacité merveilleuse et qu'elle contraint le |>oissori à les suivre, au lie\i que si malh* ureusement il entendait prononcer un mot italien, il se plongerait aussitôt dans l'eau, et on ne le rêve; rait plus. Oppien parle d'une pèche plus curieuse de son temps, où Ton employait des barques auxquelles on donnait la forme de ces poissons, aûn de leur ôier toute déQance. Dans certains temps de l'année, desCrustacés parasites s'attachent à la peau de l'Espadon, au-dessous de ses nageoires pectorales, d'où il ne peut les faire tomber malgré tous ses efforts; et, quoiqu'il se frotte contre les algues, les rochers, ils se cramponnent avec obstination, et le font souffrir si vivement, qu'agité, furieux, il va au-devant des plus grands dang(Ts,se jetteau milieu des flots,s'elance surle rivage, ou s'élève au-dessus de la surface de l'eau et retomt)e jusque dans les barques des pêcheurs. On eu pêche dans toute la Méditerranée; mais c'est près de la Sicile, et surtout aux environs de Phare, qu'on en voit le plus : dès les temps des anciens, on avait en grande estime ceux de ces parages. En Corse, à l'Ile d'Elbe et en Sardaigne, on n'en prend que très-peu, et seulement à l'époque du passage des Thons, dont l'Espadon accom-

Ëagne presque toujours les longues colonnes, ^n observe beaucoup de petits Espadons à Gênes, où Ton a coutume de leur couper le museau avant de les porter au marché. Il en vient à Nice quelquefois toute l'annéCi et

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surtout au printemps, i\u\ pèsent depuis un jusqu'à cent soixante kilogrammes. L'Espadon, surtout adulte, sort quelquefois de la Méditerranée, et remonte assez haut dans le Nord ; la chair des jeunes Espadons est parfaitement blanche, compacte, fine, et d'un excellent goût ; celle des vieux prend d'autres qualités. Brydone dit qu'elle ressemble plus au bœuf qu'au poisson, et qu'on la découpe en côleleltes ; on la compare en général à celle du Thon. Les Siciliens salent les Xiphias, et cet usage avait aussi lieu chez les anciens. C'était le morceau de la queue {Vurœum)^ qui était surtout estimé. Aujourd'hui on prépare ses nageoires, que l'on appelle CoUo.

ESPÈCES. Voy, Iî^troduction.

ESSENCE D'ORIENT. Voy. Ablb et Ablette

ESTOMAC. Voy. Digestion, art. IH.

ESTURGEON ou Agipensère {Acipenser Linn., Lacép., Cuv.), genre de poissons do l'ordre des Condroptérygiens à branchies libres ou Sturoniens* — On doit compter les Acipensères parmi les plus grands poissons; quelques-uns de ces animaux parviennent, en effet, à une longueur de plus de vingtcinq pieds (près de neuf mètres). Mais s'ils atteignent aux dimensions du plus grand nombre de Squales, avec lesquels leur conformation extérieure leur donne d'ailleurs beaucoup de rapports; s'ils voguent, au milieu des ondes, avec leurs égaux en grandeur, ils sont bien éloignés de partager leur puissance. Ayant reçu une chair plus délicate et des muscles moins fermes, ils ont été réduits h une force bien moindre; et leur bouche plus petite ne présente que des cartilages plus ou moins endurcis , au lieu d'ôire armée de plusieurs rangs de dents ai* guës, longues et menaçantes. Aussi ne sontils lo plus souvent dangereux que pour les poissons mal défendus par leur taille ou par leur conformation; et) comme ils se nourrissent assez souvent de Vers, ils ont même des appétits peu violents des habitudes doucesy et des inclinations paisibles» Extrême- Xnent féconds, ils sont répandus dans toutes les mers et dans presque tous les grands fleuves qui arrosent la surface du globe, comme autant d'agenta pacifiques d'une nature créatrice et conservatrice, au lieu d'être, comme les Squales, les redoutables ministres de la destruction. Et comment l'absence seule des dents meurtrières dont la gueule des Squales est hérissée, ne détermineraitelle pas celle grande différence? Que l'on arrache ses armes à l'espèce la plus féroce, et bientôt la nécessité aura amorti cette ardeur terrible qui la dévorait; obligée de renoncer à une proie qu'elle ne pourra plus vaincre, forcée d'avoir recours à de nouvelles allures, condamnée à des' précautions qu'elle n'avait pas connues, contrainte de cnercher des asiles qui lui étaient inutiles, imprégnée de nouveaux sucs, nourrie de nouvelles substances, elle sera, au bout d'un petit nombre de générations, assez profondément modifiée dans toute son organisation,

pour n'offrir plus que de Fa faiblesse dans ses appétits, de la réservedans ses habitudes, et même de la timidité dans son caractère.

Parmi les différentes espèces de ces Acipensères, qui attirent l'attention du philosophe, non-seulement par leurs formes, leurs dimensions, leurs aSections et leurs manières de vivre, mais encore par la nourriture saine, agréable, variée et abondante qu'elles fournissent à l'homme, ainsi que par les matières utiles dont elles enrichissent les arts, la mieux connue et la plus anciennejnent observée est celle de l'Esturgeon, qui se trouve dans presque toutes les contrées de l'ancien continent. Elle ressemble aux Squales, comme les autres poissons de sa famille, par rallongement de son corps, la forme de la nageoire caudale, qui est divisée en deux lobes inégaux, et celle du museau, dont l'extrémité plus ou moins prolongée en avant est aussi plus ou moins arrondie.

L'ouverture de la bouche est placée, comme dans le plus grand nombre des Squales, au-dessous de ce museau avancé. Des cartilages assez durs garnissent les deux mâchoires et tiennent lieu de dents; la lèvre supérieure est, ainsi que l'inférieure, divisée au moins en deux lobes; et ranimai peut les avancer l'une et l'autre^ ou les retirer à volonté.

Entre cette ouverture de la bouche et le bout du museau , on voit quatre filaments déliés rangés sur une ligne transversale, aussi éloignés de cette ouverture que de l'extrémité de la tête , et même quelque^ fois plus rapprochés de cette dernière partie que de la première. Ces barbillons, très-menus, très-mobiles, et un peu semblables à de petits Vers, attirent souvent de petits poissons imprudents jusqu'auprès de la gueule de l'Esturgeon, qui avait caché presque toute sa tête au milieu des plantes marines ou Ûuviatiles.

Au-devant des yeux sont les narines, dont l'intérieur présente une organisation un peu différente de celle que nous avons vue dans le siège de Todorat des Raies et des Saualcs, mais qui offre une assez grande étendue de surface pour donner à ranimai un grand nombre de sensations plus ou moins vives. Dix-neuf membranes doubles s'y élèvent en forme de petits feuillets, et aboutissent à un centre commun, comme autant de rayons.

L'ouverture des branchies est fermée de chaque côté par un opercule, dont la surface supérieure montre un grand nombre de stries plus ou moins droites, et réunies presque toutes dans un point commua et à peu près central.

Des stries disposées de même et plus ou moins saillantes paraissent le plus souvent sur les plaques dures que l'on voit former plusieurs rangées sur le corps de l'Esturgeon. Ces plaques rayonnées et osseuses, que l'on a nommées de petits boucliers, sont convexes par dessus, concaves par dessous, un peu arrondies dans leur contour, relevées dans leur centre, et terminées, dans cette partie exhaussée, -par une pointe r^ourbée

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Ju>f-

tournée jrors Ta queue. Elles forment cinq

m longitudtnaax qui partent de la tète

f}ï s*élendent jusqu'auprès de la na*

de la queue, excepté celui du milieu,

termine à la nageoire dorsale. Cette

du miJieu est placée sur la partie la

éle?ée da dos, et composée des plus

s pièces; les deux rangées les plus

sont situées un peu sur les côtés de

n, et les deux les plus extérieures

i d*un bout è Tautre le dessous du

de ce cartilagineux. Ces cinq séries de

boucliers sont assez élevées pour faire

Vensemble de Tanimal comme *unB

de prisme à cinq faces, et par consé-

i cinq arêtes.

fiombre de ces plaques varie dans e nag; il est quelquefois de onze ou [diDs la rangée du dos, et il n*est pas ie loir la plus grande de ces pièces «idiamètre de quatre ou cinq pouces, des Esturgeons d^à parvenus a la lourde dix ou onze pieds. L'épaisseur des iers répondant à leur volume, et leur té éUot très-grande, les cinq rangf^es ils composent seraient donc une excelle défense pour TEsturgeon, et le reneol un des mieux cuirassés des pois- 6> si ces rangées n'étaient pas séparées rvoedeViutre par de grands intervalles.

1«8 ntgeoire dorsale commence par un ra^<;otréfgro5el très-fort, et est située plus Join Je 11 léie que les nageoires ventrales ; c^Ue4ef»n\ï$ est plus éloignée encore du musesa; et Je lobe inférieur de la nageoire cmadêle est eo forme de faux, plus long et iurloat plus large que le supérieur.

L*Esturgeon a une coniormité de plus •▼ec ks Haies, par deux trous garnis chacun d'une valfule mobile à volonté, et qui, jriaeés dans le rectum, très-près de l'anus. Fui à droite et l'autre à gauche, font com^ 'Viuofquer cet intestin avec la cavité de lab- D. L'eau de la mer ou celle des ripëoètre dans cette cavité par ces deux ores; elle s'y mêle avec celle que les ox sanguins y déposent, ou que d'auparties du corps peuvent y laisser Gl- ^f et parvient jusque dans la vessie.

,^^«a couleur de l'Èslurgeon est bleuâtre, ^gN: de petites taches brunes sur le dos, et ^jtes sur la partie inférieure du corps. Sa B'^ odeur est très-considérable , ainsi que Bo^ift Tavons déjà annoncé; et lorsqu'il a at- X ^n développement, il a plus de dixpieds, ou six mètres de longueur.

Cet énorme cartilagineux habite nou'^seuletdans l'Océan, mais encore dans la Médi- |née, dans la mer Rouge, dans le PontlÎD, dans la mer Caspienne. Mais, au lieu pisser toute sa vie au milieu de l'eau salée, iÇ^v^e les Raies, les Squales, les Lophiesjes U^lJstes et les Chimères, il recherche les eaux . *>^ce8 comme lePéiromyzon lamproie, lors- ■ V^^ie printemps arrive, qu'une chaleur nouv^sefoit sentir jusqu*au milieu des ondes, J '^nime le sentimeu le plus actif, et que le *^^*oiQ de ^ndre ou de féconder ses œufs le P*^^ et 1 aiguillonne. Il s'engage alors dans

presque 'tous les grands fleuves. Il rem^inte particulièrement dans le Volga, le Tanaïs, le Danube, le Pô, la Garonne, la Loire, le Rhin, l'Elbe, l'Oder. On ne le voit même le plus souvent que dans les fleuves larges et profonds, soit qu'il y trouve avec plus de facilité l'aliment qu'il préfère, soit qu'il obéisse dans ce choix à d'autres causes presque aussi énergiques, et que, par exemple, ayant une assez grande force dans ses diverses parties, dans ses nageoires, et particulièrement dans sa qheue, quoique cette puissance musculaire soit inférieure, ainsi que nous l'avons dit, à celle des Squales, il se plaise à vaincre, en nageant, des courants rapides, des flots nombreux, des masses d'eau volumineuses , et ressente , comme tous les êtres, le besoin d'exercer de temps en temps, dans toute sa plénitude, le pouvoir qui lui a été départi. D'ailleurs, l'Esturgeon présente un grand volume : il lui faut donc une grande p!tice pour se mouvoir sans obstacle et sans fieine; et cette place étendue et favorable, il ne la trouve que dans les fleuves qu'il préfère.

Il grandit et engraisso dans ces rivières fortes et rapides, suivant qu'il y rencontre la tranquillité, la température et les aliments qui lui conviennent le mieux; et il est de ces fleuves dans lesquels il est j)arvenu à un poids énorme, et jus<ju'à celui de raille livres, ainsi que le rapj-orto Pline de quelques-uns de ceux que l'on voyait de son temps dans le Pô.

Lorsqu'il est encore dans la mer, ou près de l'embouchure des grandes rivières, il se nourrit de Harengs ou do Maquereaux et de Gades; et, lorsqu'il est engagé dans les fleuves, il attaque les Samnons, qui les remontent à peu près dans le même temps que lui, et qui ne peuvent lui opposer qu'une faible résistance. Comme il arrive quelquefois dans les parties élevées des rivières considérables avant ces poissons , ou qu'il se mêle è leurs bandes, dont il cherche à faire sa proie, et qu'il pardt semblable à un géant au milieu de ces légions nombreuses, on Ta comparé à un chef, et on l'a nommé le Conducteur des Saumons.

Lorsque le fond des mers ou des rivières qu'il fréquente est ti ès-liraoneux , il préfère souvent les Vers qui peuvent se trouver dans la vase dont le foud des eaux est recouvert, et qu'il trouve avec d'aulant plus de facilité, au milieu delà terre grasse et ramollie, que le bout de son museau est dur et un peu

{)oiutu, et qu'il sait fort bien s'en servir pour ouiller dans le limon et dans les sables mous.

II dépose dans les fleuves une immense quantité d'œufs; et sa chair y présente un degré de délicatesse très-rare, surtout dans les poissons cartilagineux. Ce goût fin et ex* quis est réuni dans TEsturgeon avec une sorte de compacité que Ton remarque dans ses muscles, et qui les rapproche un peu des parties musculaires des autres cartilagineux : aussi sa chair a-t-elle été prise très-souvent pour celle d'un jeune veau, et a-t-il été do

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REPTILES

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tous les temps très -recherché. Non-seulement on le mange frais; mais, dans tous les pays où Ton en prend un grand nombre, on emploie plusieurs sortes de préparations pour le conserver et renvoyer au loin. On Je fait sécher, ou on le marine, ou on le sale. La laite du mAle est la portion de cet animal que Ton préfère à toutes les autres. Mais quelaue prix qu'on attache aux diverses parties ae rii'sturgeon, et môme à sa laite, les nations modernes, qui en font la plus grande consommation et le payent le plus cher, n'ont pas pour les poissons, en général, un goût aussi vif que plusieurs peuples anciens de TEurope et de l'Asie , et particulièrement que les Homaiiis, enrichis des dépouilles du globe. N'étant pas d'ailleurs tombées encore dais ces inconcevables recherches du luxe, qui ont marqué les derniers degrés de i'assof vissement des habitants de Kome, elles sont bien éloignées d'avoir de la bonté et de la valeur de 1 Ësturj:eon une idée aussi extraordinaire que celle qu'on en avait dans la capitale du monde, au milieu des temps de corruption qui ont précipité sa ruine. On n'a pas encore vu, dans nos temps modernes, des Esturgeons portés en triomphe, sur des tables fastueusement décorées, par des mi-, nistres couronnés de fleurs, et au son des instruments, comme on l'a vu dais Rome avilie, esclave de ses empereurs, et expirant sous le poids des richesses excessives des uns, de l'affreuse misère des autres, des vices ou des crimes de tous.

L'Esturgeon peut être gardé hors de l'eau pendant plusieurs jours, sans cependant périr ; et l'une des causes de cette laculté qu'il a de se passer, pendant un temps assez Ions, d'un fluide aussi nécessaire que l'eau à la respiration des poissons, est la conformation de l'opercule qui ferme de chaque côté l'ouverture des branchies, et qui, étant bordé d.ins presque tout son contour d^une peau assez molle, peut s*appliquer plus facilement è la circonférence de l'ouverture, et la clore plus exactement.

L'AciPEKsàRE \lvso (Acipenser Huso^ Linn., Gmel., Lacép., Cuv.). Le Huso n'est pas aussi répandu dans les ditférentes mers tempérées de l'Europe et de l'Asie que l'Esturgeon. On ne le trouve guère que dans la Caspienne et dans la mer Noire ; et on ne le voit communément remonter que dans le Volga, le Danube et les autres grands fleuves qui portent leurs eaux dans ces deux mers. Mais les légions que cette espèce y forme so.it bien plus nombreuses que celles de l'Esturgeon, et elle est bien plus féconde que cette dernière Acipcnsère. Elle parvient d'ailleurs à des dimensions plus considérables : il y a des Husos de plus de vingt quatre pieiis (huit mètres) de longueur, et l'on en pêche qui pèsent jusqu'à deux mille huit cents livres (plus de cent quarante myriagrammes). Il a cependant dans sa conformation de très-grands rapports avec l'Esturgeon ; il n'en diffère d une manière remarquable que dans les proportions de son mupeau et dans la forme de ses lèvres. Le mu-

seau de cet animal est, en effet, plus que le grand diamètre de l'ouverture, bouche, et ses lèvres ne sont pasdifisél manière à présenter chacune deux lobei

-Le nombre de pièces que l'on voit les cinq rangées de grandes plaques d.

sées longitudinalement sur son corps^ très sujet è varier; à mesure que l'ani vieillit, plusietirs de ces boucliers loml sans être remplacés par d'autres : lorsœ que le Huso est arrivé è un âge tr^-a?ai il est quelauefois entièrement dénué de plagues très-dures ; et •voilà pourquoi tédi et d'autres naturalistes ont crade distinguer cette espèce par le défaut de cliers.

Il est le plus souvent d'un bleu p noir sur \^ dos^ et d'un jaune clair ventre.

C'est avec les œufs que lesfe cette espèce pondent en très-grande tité, au commencement du retour ' leurs, que les habitants des rives Noire et Caspienne, et desgrandes s'y jettent, composent ces prépara nues sous le nom do caviar, et plus estimées, suivant que les œulSf ^ui la base, ont été plus ou moins bien nettoyés, maniés, pressés, mêlés a?ea ou d'autres ingrédients. Au reste, fm représentera aisément le grand nombn ces œufs, lorsqu'on saura que le poids deux ovaires égale presque le tiers du poiisi total de l'animal, ei que ces oiàins ont pe$é jusqu'à huit cents livres dans baJiwo /lamelle qui en pesait deux mille iMiil «Dis. Ce n est cependant pas avec les »i6 da Huso que l'on fait le caviar :ceaxdesîiilTtt Acipensères survente composer cette prépiration. Outre les œufs noirs de ces Car»ilH

Îjineux, on pourait même eraplojerdans 1 abricationdu caviar, selon M. GuldenJlaedt les œufs jaunes d'autres grands pois^T comme du Brochet, du Sandal, de la un de la Brème et d'autres Ciprins appelés russe Taxe, Beresna ou Jeregh, et hrm dont la pêche est très-abondanledanslews des fleuves de la Bussie méridionale, W rai, le Volga, le Térek, le Don ci «1 Dnieper.

Mais ce n'est pas seulement pour s œufs que le Huso est rechefcbé : sa cm est très-nourrissante , très-saine et wj agréable au goût. Aussi est-il peu de |x) sons qui aient autant exercé Tiûdusine anime le commerce des habitants des co^ maritimes ou des bords des grands m^ que l'Acipensère dont nous nous occupo* On emploie, pour le prendre, divers P[o^ dés qu'il est bon d'indiquer, et qui f' décrits très en détail par d'habiles ol^er leurs. Le célèbre naturaliste de m^ professeur Pallas, nous a parl»<»"j^ I, Tait connaître la manière dont on peç^ Huso dans le Volga et le Jaïck, qw onl^^ embouchures dans la mer Caspienne- *jj'^ que le teaips pendant lequel les acjTj^ res remontent de la mer dans tes n ^ est arrivé, on construit, dans ceriaup

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POISSONS. ETC

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roiuda Vcriga et du Jaik, une digue coinusée de pieux» et qui ne laisse aucun inle assez ^anci pour laisser passer le .Celle digue forme vers son milieu ;|d opposé au courant, et par consépréseote un angle rentrant au poisson KOionle le fleuve» et, qui, cherchant ittoe au trayers de Tobstacle qui Tarest déterminé à s'avancer vers le somk cet angle. A ce sommet est une ouqui conduit dans une espèce de ou d'enceinte formée avec des Qla fin de l*hiver, et avec des claies pendant Tété. Au-dessus de Touverest une sorte d*échafaud sur lequel des rs s*établissent. Le fond de la cham- , comme l'enceinte, d'osier ou de files saisons, et peut être levé faauteur de la surface de Teau.

;e dans la chambre par l'ouoffre la digue, mais à peine ue les pécheurs, placés sur sent tomber une porte qui retour vers la mer. On lève obile de la chambre, et l'on ent du poisson. Pendant le sères gui pénètrent dans la aie avertissent les pêcheurs de pir le mouvement qu'ils sont Gommttûquer à des cordes suspeni de petits corps flottants ; et pendant fa Mit ils êpieùt nécessairement d'autres conhs disposes dans la chambre, et les timU assez pour foire tomber derrière eux la fprtDeiun doot ouus venons de parler. Non- &e«leiDea( ils sont pris par la chute de cette porte, mais encore cette fermeture, en s'enwi(Mil, iait sonner une cloche qui avertit eiMnf éveiUer le pécheur resté en sentioaiesorléchafaud.

la i^o/ageur Gmelin, qui a parcouru dif- ■aotes contrées de la Russie, a décrit d'ime très-animée l'espèce de pèche soe qui a lieu de temps en . temps, et mencement de l'hiver, pour orendre «ojoi retirés, vers cette saison, aans les el les creux des rivages voisins ^M«can* On réunit un grand nombre de ^*^rs ; on rassemble plusieurs petits bfl- 2^ts; on se prépare comme pour une {r^oo militaire importante et bien or- F^ ; on s'approche avec concert, et par rf^ncBuvres régulières, des asiles dans [[^Is les Husos sont cachés ; on interdit P^ sévérité le bruit le plus faible, nonr^meni aux pécheurs , mais encore à ^ ceux qui peuvent naviguer auprès de J^m^tte ; on observe le plus profond si- F^ ; et tout d'un coup poussant de grands 1^ que les échos grossissent et multiplient, '^Ate, on trouble» on effraie si vivement ^^wsos, qu'ils se précipitent en tumulte ^ dateurs cavernes, et vont tomber dans '^leis de toute espèce tendus ou préparés ?^*» les recevoir.

museau des Husos, comme celui de ^=^^urs Cartilagineux, et particulièrement ^^ iraud nombre de Squales, est très- ^^^6 à toute espèce d'attouchement. Le

IHcnOMN. PE ZOOLOCU. U.

dessous de leur corps, qui n'est revêtu que d'tine peau assez molle, et qui ne présente pas de boucliers comme leur partie supé« rieure, jouit aussi d'une assez grande sensi* bilité ; et Marsigli nous apprend, dans son Histoire du Danube, que les pécheurs de ce fleuve se sont servis de cette sensibilité du ventre et du museau des Husos pour les

Prendre avec plus de facilité. En opposant leur museau délicat des filets ou tout autre corps capable de le blesser, ils ont souvent forcé ces animaux à s'élancer sur le rivage*; et lorsque ces Acipensères ont été à sec et étendus sur la grève, ils ont pu les contraindre, par les divers attouchements qu'ils ont fait éprouver à leur ventre, à retourner leur longue masse, et à se prêter, malgré leur excessive grandeur, à toutes les opérations nécessaires pour les saisir et pour les attacher.

Lorsque les Husos sont très-grands, on est en effet obligé de prendre des précautions contre les coups qu'ils peuvent donner avec leur ^ueue ; il faut avoir recours à ces précautions, lors même Qu'ils sont hors de l'eau et gisants sur le saole ; et on doit alors chercher d'autant plus à arrêter les mouvements de cette queue très-Ion-

(;ue par les liens dont on l'entoure, que eur puissance musculaire, quoique inférieure à celle des Squales, ne peut au'être dangereuse dans des individus de plus de vingt pieds de long , et que les plaques dures et relevées, qui revêtent l'extrémité postérieure du corps, sont trop séparées les unes des autres pour en diminuer la mobi* lité, et ne pas lyouter, par leur nature et par leur forme, à la force du coup.

D'ailleurs la rapidité des mouvements n'est point ralentie dans le Huso, non plus que dans les autres Acipensères, par les vertèbres cartilagineuses qui composent l'épine dorsale et dont la suite s'étend jusqu à l'extrémité de la queue. Ces vertèbres se prêtent, par leur peu de dureté et parleur conformation, aux diverses inflexions que l'animal veut imprimer à sa queue, et à la vitesse avec laquelle il tend à les exécuter.

Cette chaîne de vertèbres cartilagineuses, qui règne depuis la tête jusqu'au bout de la (jueue, présente, comme dans les autres poissons du même genre, trois petits canaux, trois cavités longitudinales. La supérieure renferme la moelle épinière, et la seconde contient une matière tenace, susceptible de se durcir par la cuisson, qui com mence à la base du crâne, et que l'on retrouve encore auprès de la nageoire caudale.

C'est au-dessous de cette épine dorsale qu'est située la vésicule aérienne, qui est simple et conique, qui a sa pointe tournée vers la aueue, et qui sert a faire, sur les bords de la mer Caspienne et des fleuves qui y versent leurs eaux, cette colle de poisson si recherchée, que l'on distribue dans toute l'Europe et que l'on y vend à un prix considérable. Les diverses opérations que l'on emploie dans cette partie de

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