EPI
endroits, qu'elles y forment une masse compacte : alors on les enlève nour fumer les terres, d'autres fois, aGn den extraire de rhuilè, ou encore pour engraisser les bestiaux, ainsi qu'on le pratique en Angleterre, on Ecosse, et surtout dans le Nord. Fennant raconte que dans le comté de Lincoln, ces petits poissons abondent plus que partout ailleurs, et qu'à Spalding, ils se montrent de temps en ten^ps (une fois en sept ou huit ans) en quantité surprenante, et remontent en colonnes épaisses la rivière de Welland, sur laquelle est cette ville; il y en a tant, qu'un seul homme, à Tune de ces époques, en prit assez pour gagner quatre schellings par jour, bien qu'il ne les vendit qu'un demir
Îienny (le vingt-quatrième d'un schelling) e boisseau. Ces apparitions subites et innombrables ont fait croire que des inonda- . tions successives enlèvent les Epinoches de toute la surface des marais pour les accumuler dans quelques cavités souterraines, d'où elles sont obligées de sortir quand leur nombre devient excessif. Peut-être serait-il plus simple de penser qu'en certaines années les circonstances deviennent particulièrement favorables à leur mulliplication, comme cela a lieu pour les Lemiuings, pour les Campagnoles et d'autres petits animaux qui paraissent à l'improviste pour dévaster les campagnes. Cette extrême multiplication est assez étonnante ; car les œufs des Epinoches sont gros, et elles ne peuvent en pondre beaucoup ; il est vrai, d'un autre côté, qu'elles craignent peu les autres poissons, attendu que des épines aiguës et fortes )es défendent contre eux ; elles résistent même à des eqneniis intérieurs et extérieurs qui sans cesse les tourmentent ; par exemple, au Binocle du Gasléroste, qui s'attache a leur peau et Içur suce le sang, et au Bo» thryoc^phaius solidus , espèce de la fs^mille des Tœnia, qui leur remplit quelquefois
Presque tout l'abdomen, en comprimant les itestins, et les réduisant à un fort petit es- Ï)ace; elles peuvent aussi subsister assez ongtemps hors de l'eau, surtout quand elles tombent dans l'herlxe humide. Bloch assura qu'elles ne vivent que trois ans, et son assertion n'a pas été combattue par des faits. Ce sont des poissons fort agiles, vifs dans leurs mouvements, et d'une nature active. Henri Backer dit qu'ils sautent verticalement h plus de trente-deux centimètres hors de l'eau, et que dans une direction oblique, ils font encore des élans plus considérables lorsqu'il s'agit de passer par-dessus des pierres ou d'autres obstacles. Leur voracité est excessive. Backer a vu une Epinoche dévorer, en cinq heures de temps, soixantequatorze poissons naissant de l'espèce de )a Vaudoise^ dont chacun était long de sept fuillimètres. Ainsi, aucvin poisson ne lait plus de tort aux étangs que les Epinoches, ^t il est d'autant plus fâcheux de les voir s'y introduire, qu'il est diflicile de les extirper. Le nom français vulgaire de ces poissons,; et ceux qu'on leur donne dans la plupart des langues do l'Europei s'expliquent assez
par les épines dont leur dos est armé, ainsi que celles qui leur tiennent lieu de nngcoires ventrales. Celui de Gasterosteus, qui leur a été donné par Artédi, a pour objet d'exprimer la cuirasse osseuse qui garnit le dessous de leur ventre, et qui est formée par les os du bassin et une partie de TépauJe, plus grands, plus épais et moins cach(^s par les légurnenls que dans beaucoup d'autres poissons.
C'est dans les espèces qui réunissent à ces caractères d'un ventre cuirassé des rayons épineux et libres sur le dos, des ventrales à peu près réduites à une seule épine, aue Cuvier conserve avec Artédi le genre es Epinoches ; mais il en retranche par conséquent, ainsi que Lacépède, le GasUro&teus spinarella de Linné, ou le Céphalacan- Ihe, dont les ventrales ont cinq rayons, et où la ligne lalénUe est armée comme dans les Caranx, le corps allongé et les épines dorsales nombreuses. Le premier de ee$ sous-Kenres a pour type primitif un petit Acanthoptérygien des eaux de la France, I'Epinoche a queue nue {Gasterosteus leirus) ; c'est un des plus petits que l'on connaisse, à peine parvient-il h la longueur d'un centimètre. C'est dans le printemps que ce petit osseux dépose des œufs sur les plantes aquatiques, qui les maintiennent à une assez grande proximité de la surface des lacs ou des rivières, pour que la chaleur du soleil favorise leur développement. Il se nourrit de Vers, de chrysalides, d'Insectes, que les bords des eaux peuvent lui présenter, d'œufs de poissons, et, malgré sa faiblesse, il attaque quelquefois des poissons , à là vérité, extrêmement jeunes et venant pour ainsi dire d'éclore. On peut en exprimer de l'huile bonne à brûler, et on ne doit pas oublier de faire remarquer qu'il est un grand nombre d'espèces de poissons dédaignées à cause du goût peu agréable de leur chair, dont on pourrait tirer, comme de I'Epinoche, un aliment convenable à plusieurs animaux, un engrais très-propre à fertiliser nos campagnes, ou une huile très-utile à plusieurs arts. Comme aliment, on l'estime fort peu, soit à cause de sa petitesse, soit è. cause des écailles osseuses et des épines qui les hérissent.
Nous en avons une autre espèce à neuf épines dorsales, I'Epinochette ou peitte Epinoche d'Europe {Gasterosteus purgitins, Linn.). Cette espèce est encore beaucoup plus petite que I'Epinoche ordinaire, et nous n'avons sur nos c6tes de l'Océan aucun poisson qui demeure dans de si faibles dimensions : nous prenons abondamment des Epioochettes dans la Seine ; leur frai a lieu en mai et en juin.
Le Gastré ou Epinoche de mer a museau ALLONGÉ {Gasterosteus fptnacAia, Linn.) Spinachia est un mot fabriqué par les auteurs du moyen âge, d'après le français Epinoche, et Linné l'a appliqué spécialement àl'espèce allonçée du genre Gastfé de Cuvier. Ce Castré aie coros dix fois plus long que gros; sa ligne lal'érale, revêtue dans toute sa Ion-
9 EOtl POISSONS, ETC.
P^r d*éeai)les carénées, le rend quadran-
gloire d«Ds toute sa moitié posténeure, et
^pSiagonal en aTani de Tanus* Ce poisson,
p^ œ remonte point dans les rivières, ne
[^qoe dans Teau salée ; mais il n'est pas
li^rare sur les côtes de la Manche et du
^dit de Gascome. Il paratt encore plus
gl0iDun dans le Nord , où il devient plus
^tod ; Schonevelde, oui Ta décrit le pre-
^< l'avait vu dans le golfe de Kiel, ;où
1ib\ftbitantsle nomment Steen-bicker (mor-
^de pierres) ; il se trouve dans toute la
fribioe. A Helgoland, où Ton en voit aussi
jitlaies-ins , on ra[)pellc Ers.-krabçr. Il
^ are difficile d*en tirer quelque alimeQt^
«1 00 ne l'emploie suère qu à fiimer les ter-
tes et k eitraire deThuile. Cependant Bloch
iKiir« que les pauvres gens ne le dédai-
piciA (>a$ toujours. On l'attire en grande
^oaatiié aa moyen de feu\ allumés. Nbus
oe conaaissoDS pas de poissons qui se rap-
prodbent de ce Gas.tré par les caractères ; il
9$t josqu'À présent isolé dans son sous-
gcare.
BQCES. Yof, CHBTâUBE.
EQClLLKf Ammoditetf genre de poissons de Vordre des Malacoplérygiens apodes, uVbuàesAoguilliens. — Nos côtes produisent àftuiesp^dece genre, longtemns connues sous \e moi commun d'AmmoaUeê tO' tùmu, LiûD., et qui ont été récemment «listiû^éâ^ I*£quille appât, (Ammodite$ /«Mmifj, a beaucoup de rapports avec TAn- &i'ûk, et, comme elle a d'ailleurs Thabiludo de s'eohncer dans le sable de^ mers, elle a éi^jppeli^ Anguille de sable en Suède, en Daneoiark, en Angleterre , en Allemagne, en France, et a reçu le nom générique d^Asifflodile, IcNquei désigne un animal qui /iJoa^, pour ainsi dire, dans le sable^ Sa (^ comprimée, plus étroite que le corps, e< pointue par devant, estrinstrument qu'elle ^sai^ie pour creuser la vase mollQ, et pén^dans le sable des rivages jusqu'à la
Eondeurde <leux décimètres ou environ, s enterre ainsi par une habitude sem- ^e à l'une de celles que nous avons re- Airguées dans rAnguille, à laauelle nous ^^OQs de dire qu'elle ressemble par tant '^ traits ; et deux causes la portent à se cahier dans cet asile souterrain : non-seule- ^^elle cherche dans le sable les Dragon- ^ «aui et les autres Vers dont elle aime à se ^urrir, mais encore elle tâche de se déro- •^dans cette retraite à la dent de plusieurs
gissons voraces, et particulièrement des ^iDbres qui la préfèrent à toute autre Ne. De petits cétacés même en font leur %ent de choix ; et on a vu des Dauphins Poursuivre l'Ammodite jusque dans le li- ^du rivage, retourner le sable avec leur "fuseau, et^ fouiller assez avant pour dé- J^et saisir le faible poisson. Ce goût **HDarqué des Scombres et d'autres grands ^ux pour cette espèce l'a fait employer **nime appât ; et voilà d'où lui vient le nom spécifique qu'on lui a conservé.
C'est Ters le printemps que la femelle We ses œufs très-près de la côte. On
ERt
compte soixante-trois vertèbres avec lesquelles les côtes sont légèrement articulées ; ce qui donne à l'animal la facilité de se plier en différents sens et même de se rouler eh spirale comme une couleuvre.
Son corps est allongé et pourvu d'une nageoire à rayons articulés, mais simple, sur une grande partie du dos, d'une autre nageoire derrière l'anus, et d'une troisième fpurchue au bout de la queue. Mais ces trois nageoires, sont séparées par des espaces libres. Le museau de ces poissons est aigu ; leur mâchoire supérieure susceptible d'extension, et l'inférieure dans l'état de repos plus longue que l'autre. Leur estomac est pointu et charnu, ils n'ont ni cœcums ni vessie natatoire.
L'autre espèce comprise dans ce genre est le Lançon (AmmodUes lancea)^ dont les maxillaires sont plus longs et les pédicules des intermaxiilaires également plus longs que dans l'espèce que nous venons de décrire.
Ces deux poissons sont longs de huit à dix pouces, d'un gris argenté, et bons à manger.
ÉKÉMOPHILE. — Plus on fait de progrès dans l'étude des corps organisés, et plus oa est convaincu que toutes les formes compatibles avec la conservation des es[)èce$, non* seulement existent, mais encore qu'elles sont combinées les une^ avec les autres, de toutes les manières qui peuvent se concilier avec la durée de ces mêmes espèces. L'histoire des poissons apodes nous fournit un exemple remarquable de cette variété de combinaisons. De l'espèce qui nous occupe, Blainville fait un Silure, tout en avouant qu'elle n'appartient pas à proprement parler à ce genre, et qu'on pourrait bien la ranger ailleurs ; en effet, comment admettre un Silure si peu armé et dont les ventrales manquent entièrement? 11 y avait d'ailleurs, pour ne pas la placer dans ce genre» une fouie d'autres raisons. La plus forte, c'est (jue TErémophile ne fait pas, selon la mÂtnode de Cuvier, partie de la môme lamille, dans laquelle sont compris les Siluroïdes. Pourtant l'ensemble de sa structure doit lui donner place parmi les Cyprinoïdes, et assez près de quelques-uns des Loches, dont il s'écarte parle manque de nageoires ventrales. Cette dernière circonstance a sufTi à elle seule pour séparer le genre erémopbile de tous les autres genres de celle famille.
C'est un poisson très -bon h manger, fort recherché, surtout au temps du carême, par les habitants de Sanla-Fé de Bogota, qui le nomment Capitaine. Humboldt lui a imposé le nom de Mutis, célèbre naturaliste du pays où se trouve l'Erémophile.
ERIX. — Ce nom dérive du grec "ZpHf qui est celui de la déesse de la discorde. On 1 employa d'abord en erpétologie comme simple épithèle d'une espèce d'Anguis ; de* puis on la attribué à des Ser|»enls voisins pour la forme générale du corps des Homajosomos, des llsics et des Rouleaux j ils ont
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REPTILES
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on effet la tète courte, arrondie, d*une même venue avec le cou et le corps ; la queue courte, de grosseur égale à celle du tronc, qui est à peu près uniforme, et terminée par une extrémité obtuse; mais leur tête n'est couverte de plaques qu'en avant ; leur museau est légèrement prolongé au devant de l'ouyerture de la gueule ; leurs mâchoires, médiocrement dilatables, sont portées sur des mastoïdiens assez courts et garnis de dents fixes, petites, égales, simples ; les yeux petits, entourés d'écaillés, ont leur puinlle verticale; les écailles du dessus du corps sont petites, serrées, lisses ; le dessous de la queue est garni, comme celui des Boas, de lamelles entières : mais les £rix n'ont pas comme ces derniers des pieds v^stigiaircsen forme d'ergots.
Les Ërix sont des Serpents innocents qui se nourrissent d'Insectes ou de très-petits animaux. Ils vivent à ce qu'il parait dans les lieux secs et arides, et se creusent dans le sable des terriers peu profonds. Us n'atteignent qu'à un volume et à une taille médiocres. Les espèces connues proviennent d'Asie et d'Afrique. La plus commune dans les collections est :
L'Ëaix TURC [Boa turcicGy tarlarica ) ou Erix de la Thébaide, long d'environ soixante-cinq centimètres, dont cinquantequatre millimètres à peu près pour la queue ; de la grosseur du pouce ; il est d'un gris jaun&tre en dessus, avec des taches noires plus ou moins nombreuses et confluantes, irrégulièrement arrondies et éparses sans aucune symétrie ; le dessous du corps est d'un blanc sale. Cette espèce se trouve, comme l'indiquent les noms qu'on lui a donnés, en Egypte, en Turquie, en Tartarie, etc.
ERPETOLOGIE, du grec ipnti^^, ramper, et ^ôyoc, discours. C'est la science qui s'occupe de la connaissance et de l'étude des Reptiles. — Il en est de l'origine de l'Erpétologie comme de celle de la plupart aes choses de ce monde .* elle se perd dans l'obscurité des temps; si toute science commence avec le$ faits sur lesquels elle se base, l'Erpétologie doit être une des plus anciennes branches de la Zoologie ; car, en consultant les couches profondes de notre planète, on rencontre des Reptiles dans les premières couches des terrains dits secondaires ; mais la Pal^ontographie nous laisse à ce fait, que des Reptiles furent des premiers occupants du globe, et longtemps avant les ères probables de l'homme, sans préciser par des inductions plus ou moins vraisemblables l'époque de leur apparition. Lorsque, bien longtemps après, la tradition des premiers hommes commençai confier aux écrivains les notions qu'elle possédait, ce furent les
Eoëtes qui en reçurent d'abord le dépôt, es poètes grecs chantèrent les merveilles de la nature, comme les prouesses des héros, avec beaucoup d'enthousiasme, mais peu de critique. Les Reptiles, plus importants par les avantages immédiats qu'ils pouvaient fournira l'homme, ne leur furent
connus que par lliorreur plusou moins f sonnée qu'ils inspirent au premier asp^ et par le mal réel oa supposé qu'ils peuv] produire. Ces notions gros$ièn>s furent ( core dénaturées par rimagination emp) tique et exaltée de ce peuple singulièrem épris du merveilleux.
Plus sévère et plus sublime, l'auteur la Genèse témoigne de la connaissance { Reptiles, et marque lcurai»parition avec sentiment si exact de la clépeDdaDC6 gi duelle des^ êtres, que quelques savanls demandent si Moïse ne connut pas des mj tères que la géologie a développés de Oj temps» et si,^ dans son inspiration, il nesV pas servi du mol jottr pour marquer époques successives,' établies par Tétude la constitution du globe terrestre. Les R tiles apparaissent dans la Genèse, kiis rien, sur la parole de Dieu, et d'aulaol ptd redoutables pour Thomme, que la séàuct'4 lorsqu'elle voulut se manifester malérielkj ment à lui et l'eutratuer dans sa [>erte, pn la forme d'un Reptile.
Chez les Grecs, Hérodote donna sur plssieurs Reptiles d'Egypte des Dotions»
exactes, lorsqu'il put voir par Itti-œto, pour que les modernes aient trouvé peu i^ chose à corriger à son texte.
Mais, dans ces premiers temps, ITrpékH logie ne se composait encore qoe t/d i* connaissance de I aspect, de Vappsrme,d de la physionomie extérieure, de laitsBO/^/» caractérisés seulement par une iotlope grossière de formes et de mode et pn^^ sion. Aussi les Reptiles semblealnls cobfondu«5, à cette époque, avee.des \^vm qui ne leur ressemblent que parce quuJ traînent aussi péniblement leur eorpsUa surface du sol ; à peine les Serpenis sonlils distingués par leur mode particulier de progression et leursifilement; les Tortues, paf la lenteur de leur mouvement et la disp^ sition de la carapace qui les abrite^ el^ Ratraciens par leurs habitudes aqualiqu»
et leur voix désagréable. Avec Ansl^ TErpétologie ne fut plus une science p^ sive; on apprit à se demander, à '^^"^'7 chaque individu, s'il est, ce quil es|» comment il est, pourquoi il est. L'appM'OJ d'une méthode aussi anal/lique ^f^^^r^ marcher sûrement et rapidement l« ^^J vers sa perfection ; et, en effet, son dODWJ'™ s'agrandit, les espèces mieux analysées" vinrent plus nombreuses, l'on coœmej connaître leur structure intérieure, la lor particulière de leurs organes ainsi que différences qu'ils offrent dans leur «i^f d'action ; et les Reptiles furent disUng"»» non plus seulement par leurs fo"D'j' mais par des caractères plus prûf<^?;;ps prirent \es noms de Quadrupèdes oyiF ,
de Serpenis et d'Amohibies, 0^;'^^^'^^^^ valent encore naguère, plus de ai siècles après Aristote. Malheureuseme"^^^^^^ génie sublime ne trouva pas de f^^\:.^ et bien que les Ptolémée et les All«^^^ continué aux sciences cette laWPrw qu'Alexandre leur avait accordée, u
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POISSONS, ETC
ERP
[^«leootra personne pour poursuivre, au m^tea des riches musées de Pergame et (iJeiandrie, la route si bien tracée par le
|g|eepteur du ûls de Philippe. L*£gypte,
mM m le berceau de presîjue toutes les
de Tantiquité, sem le avoir négligé
ifsiolOfpe, et ^Erpétologie surtout ; les
ax ne manquaient cependant pas,
Tattestent les momies de Reptiles
s dans ses hypogées et les hiérogly-
ûe ses temples. Uorus Apollo, il est
iins UD livre cité souvent, a donné,
la clef de ces hiéroglyphes, dont ua
nombre se rapportant à notre sujet ;
soi-disant par les prêtres égyptiens,
initié aux mystères de leur langage
Uf. Mais si on parcourt cet ouvrage
b moindre attention. Ton voit un rhé-
eonpilant pédantesauement les allé*
disséminées dans les poètes et les
AfisqatTent précédé, en inventant par-
de plus ou moins ingénieuses et fondées
MTone connaissance plus ou moins $uperfi-
WmÊ$ét la physiologie ; mais, en tout cas,
MBrs^i'viQ'.eiersi ces allégories sont, comme
Mjpi Uii, loscrites sur des monuments. Gir-
«Mteritjvir le syncrétisme du christianisme,
qnL» i Vépoque où ce professeur de Técolo
aXUutwlrieiécul, étendait déjà ses pro-
sélj tes (Uû$ toutes les parties du monde,
Uorus Apollo De put guère étudier, en etfet,
les secrets des prêtres égyptiens ; et grain-
luaiWea sous un empereur qui, dans son
zèle fanatique pour sa religion, détruisit les
rvsies du ftfajjéum et dispersa les derniers
a^iuralerirs d*isis et d'Osiris, il n'aurait cer-
Uioement pas pu professer aussi publique-
rneot le langage d'un culte au'on poursuivait
av«c «hamemenl : aussi le livre de Horus
^ AffÉh paraît-il devoir être regardé comme
HpiiCfypIie ou mensonger.
tes Romains, par goût ou par nécessité,
uj»aient trop de guerres et de combats
» livrer k l'étude des sciences : aussi
tto/entèrent-ils longtemps des connais*
PR que les Grecs leur avaient transmises,
#iifst qu'au temps des empereurs que
I ru<t cbez eux des vestiges de culture
M physiologie. 11 n'entre pas dans notre
de discuter cette grande quostion, tant
Itue, sur l'antériorité de C. Pline et de
rides. 11 nous suflira de dire qu'Aris-
avait, à ce ciu'il parait, laissé l'Ërpéto-
j-Je sans application. Pline et Diosco-
^s fondèrent l'Ërpétochrésie , pu du
^ ^s laissèrent des ouvrages dans lesquels
voit les premiers essais sur cette partie
la science* L'bomme avait trouvé dans
choses connues les moyens de satisfaire
besoins , hormis l'art de conserver sa
i^té. Il croyait trouver cet inconnu dans
"^ mcouutts, et les Reptiles se présentaient
; ^ première ligne. Aussi fut-ce une utilité
? Pcale que ces auteurs recherchèrent sur-
t< «dans ces animaux. Originaux ou co-
^^ fcjun et Tautre, ils accumulèrent dans
W8 ouvrages une multitude de for-
■' 9^ pharmaceutiques, dans lesquelles les
• "^les jouent un très-grand rôle, mais sans
critique, et en s'abandoonant à Tempirisme le plus absurde qui envahissait à cette époque l'art de guénr. Les auteurs qui les suivirent ne firent que les copier servilement. Les Arabes qui, au milieu des bouleversements du Bas-Empire, conservèrent le dépôt sacré des sciences, répétèrent sur ce point particulier les paroles des maîtres sans le moindre examen , et les transmirent aux époques suivantes, avec cette prépondérance qu'ajoute la sanction du temps aux vérités comme aux erreurs. Malheureuse* ment, cette utilité si vantée des Reptiles dans la thérapeutique , et ces vertus tant préconisées , n'étaient que des illusions fallacieuses qui ne purent soutenir l'analyse, et l'expérience, plus sévère, finit parles ré* duiie au néant.
Lorsque les révolutions politiques qui altèrent le monde à la décadence de l'empire romain , et à l'invasion des nations incultes dans les pays policés, commencèrent à s'apaiser, la culture des sciences reprit soB essor. Partout les musées se formèrent, les relations commerciales renaissaiites les enrichirent ; la découverte du Nouveau- Monde ofi'rit à l'Erpétologie un monde nouveau à exploiter ; les missions évangéliques mômes furent pour elle un moyen de fortune, et le christianisme fut alors un des plus puissants ressorts de ses progrès. I.a découverte de l'imprimerie otfrit aux savants ses précieuses ressources , et par elle, leurs trav^iux acquirent bientôt ces immenses avantages de la dispersion des idées, des communications réciproques, et de la simultanéité des efibrts. La découverte de la gravure, qui suivit d'assez près, vint ajouter un nouveau moyen de progrès à la science, en sup[>léant, par la physiographi^*, à l'obscurité des mots, devenus insuffisants ou presque impuissants pour distinguer les espèces dont cnaque division commençait à s'enrichir. L'Erpétologie gagna d'autant plus à ces sublimes découvertes , qu'elle avait été jusq^ue-là plus négligée. Gesner et Aldrovandi réunirent, avec une érudition et une patience rares, ce qui avait été dit avant eux sur les Reptiles, joignirent à cette compilation des critiques plus ou moins lumineuses, et des figures assez exactes pour que parfois l'on distingue encore les espèces oui leur ont servi de type, et en présentant 1 état de 1 histoire de ces animaux au temps où ils écrivirent, facilitèrent à leurs successeurs la route qu'ils devaient poursuivre. Leurs ouvrages portèrent fruit ; les travaux, plus faciles par leurs secours, se multiplièrent et devinrent de plus en plus profonds. La philosophie d'Aristote reprit faveur dans les écoles ; avec elle les métnodes d'investigation et d'anal>se de ce génie sublime s^établirent et dirigèrent plus sûrement les recherches des erpétolosistes. Les académies se formèrent , et des rapports continuels et plus étroits de l'Erpétologie avec les autres sciences , il en résulta plus de précision dans sa marche , et de rectitude dans sa direction : aussi l'étude de l'orga-
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REPTILES
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nisatioo des Reptiles, négligée depuis Anstote,.prii alors, par les travaux de Perrault, de Duverney, etc. , un rang honorable auprès de Tanatomie humaine déjà si avancée; si FErpétologie avait emprunté à Tanthro* pologie des moyens de perfection, elle put alors lui payer, en partie au moins, ce service, et Torganisme moins compliqué des Reptiles servit heureusement h comprendre certains points obscurs de Torganisatioa plus complexe de Thomme et des animaux supérieurs, et à expliquer le mécanisme jusqu*alors incompréhensible de certaines fonctions.
L*£rpétologie avait trop gagné à remploi des arts du dessin pour ne pas chercher à en tirer un parti encore plus avantageux. Catesby, Séba, essayèrent d'ajouter le prestige des couleurs à celui de la gravuref afin de pouvoir rendre palpables les caractères distinctifs des individus souvent presque identiques par leurs formes» et conserver aux Reptiles, si difficiles à observer pendant la vie, la vivacité et Téclat des teintes caractéristiques qu'ils perdent en mourant ou qu*altèrent plus ou moins les movens employés pour garder leurs dépouilles. Aux teintes à plat sur gravure noire, qu'ils employèrent, et qui sont encore en usage aujourd'hui pour les ouvrages économiques, succédèrent peu à peu les impressions en couleurs, les retouches au pinceau, qu'il sufDt d'indiquer ici, en faisant seulement remarquer que TErpétologie gagna singulièrement h la solution de ce problème ingénieux, et que l'iconographie, surtout aidée des couleurs, est devenue une nécessité encore plus indispensable pour elle que pour les autres branches de la zoologie.
L*extension que la science avait prise par les travaux en commun ou isolés, réclamait une coordination des matériaux qui facilitât leur connaissance et leur emploi au besoin. L'Erpétologie s'enrichit de celte nouvelle branche. Cliarleton essaya faiblement d'abord, Ray ût mieux; puis enfin vint Linné; mais Linné ne possédait* pas assez les détails , devenus immenses , de toutes les branches de la phvsiologie, et surtout ceux de l'organisation des animaux, pour pouvoir apporter dans la classiticalion du règne animal ce degré de perfection qu'il avait donné à l'histoire des végétaux. D*un autre côté, la variabilité de l'organisation et dos formes extérieures des Reptiles se montrait réfractaire à la coordination systématique : aussi l'Erpétologie fut-elle une des parties faibles du 52^s^emana/iircF, et la classification des Reptiles de Linné reçut-elle bientôt de nombreuses modifications. Mais du moins, avec Linné, la nomenclature, cette autre
Eartie importante de la science, prit un eureux développement et une précision qui lui était inconnue. Pour celle des noms, Linné employa d'abord un mot qui, rappelant une analogie de forme avec un des individus vulgaires, types des divisions qu'il avait adoptées, devint un nom de famille ; une épitnète ajoutée à ce mot devint un
nom propre; mais ce dernier nom rippel« souvent une qualité ou, par exemple,!!
accident de coloration, d'organisation, dli bitude, ou même l'origine, était sans doul bon à l'époaue où Linné écrivit; mab mesure que les espèces se mulliplièrenl, devint un siget de trouble et de confnsioi lorsque plusieurs individus de la mèmeli mille, mais différents d'ailleurs, se titM vèrent posséder les mômes qualités. Né»
moins cette méthode , malgré sod délnd s'est transmise jusqu'è nos jours; car le! ej l'ascendant des hommes supérieurs, qu leurs décisions s'acceptent respectueos»
ment, lors même qu'on s'aperçoil qu'eiki sont entachées d'erreur; plus tant, n n'ose y porter la main, sous prétexte quête sont devenues populaires, sans songerqvi la confusion momentanée gui pouvait ri^ sulter d'une révolution serait bien coiii|»«tsée par les avantages de la suite; carie noms dans les sciences ne soDt pastODjoQ^ comme dans la vie commune, oequeli convention veut qu'ils soient. Arec M, la nomenclature des termes reçut aussi plusieurs perfectionnements fructueux; nos ses expressions aphoristiques , précitK»
dans une classification systématique èiU les éléments sont parfaitement connus, et ^i heureuses parfois sous la plume iKiélquedn professeur suédois , furent une soarc'' d'obscurités et d'incertitude pour ITrnétologie, dont les espèces étaient impanailement déterminées ; et avec le leni/À/'^'^ de cette méthode laconique de?ifl/,teift mains des pâles imitateurs de Liooé, uoi; calamité qui aurait écrasé rErpéloi(yi5^M\ une science pouvait périr. Linné mv^^* l'élan aux classifications; elles semuhip^'^rent bientôt sur tous les points du nioode savant. Laurenti, Klein, Meyer, Hennann.
Millier, (imelin, etc., en publièrent de ijlQs ou moins spécieuses. L'esprit de classinah tion devint même la manie des bommesde l'épocjue, et l'on oublia presque que site classifications sont utiles, nécessaires, poor faciliter l'élude d'une science, leur nouabn-l devient une entrave; que si elles représentent en raccourci les connaissances d ub« science, elles ne constituent nas la sciew:* elle-même; et enfin que, si la vanité d«uteur trouve quelque profit momentaoé a attacher son nom à quelque travail de/J genre, le temps fait justice, et 9"" "«J! que les classifications qui subsislem ^ obtiennent un honneur durable et réel ^| la marche croissante de la science ne penn guère à une classification un suc^^^ .^Ygft lorsque, comme tant de tableaux (leia« du xviu' siècle, elle se borne à un eau calculé de haut pour certaines ^.P^^.^ tranchées, mais dans lequel certains group cherchent plus ou moins JifficîTCe^ vainement môme, la place quils oo»
occuper. Les classificateurs de celle m^\ copiaient sans vérifier les bases ae i