‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 4)Chapitre 102 sur 199 · GER · texte numérisé non relu

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à la terre du cheTalier banneret, et estoit ainsi nommée, parce qu'elle avoit un grand nombre de fiefs qai en dépendoient, et par cotisequent assez de vassaui, pour obliger celuy qui en estoit seigneur, de lever bannière, ce qui est tellement vray, que le titre debanneret passoit à tous ceux qui la possedoienty même avant qu'ils eussent este revêtus du titre de chevaliers.

Celuy-là donc qui estoit possesseur d'une terre bannierej c'est-à-^ire qui avoit assez de fiefs dépendans pour fournir le nombre de vassaux suffisant pour former un banneret, et qui avoit esté possédée par des bannerets, preuoit l'occasion d'une bataille pour « déployer, développer, lever, relever, et mettre uors sa bannière (1). » Car les auteurs se servent de toutes ces façons de parler. Il y afoit toutefois différence entre relever bannierif et entrer en bannière. Car celuy-là entroit en bannière^ qui se faisoit donner par le prince le privilège de banneret, acause d'une ou plusieurs terres, dont il estoit possesseur, et qui luy fournissoient un nombre suffisant de vassaux, pour maintenir cette dignité. Et celuy-là levoit ou relevait bcai^ nitre^ qui développoit et déployoit la bannière de sa terre, qui luy estoit écheuë de succession, ou qui se faisoit banneret acause d'une terre, qui avoit. eu le titre de bauniere» et dont u devenoit possesseur. Nous apprenons cette distinction d'Olivier (2) de la Marche.

Je trouve que c'est avec raison que le vieux cérémonial a inféré de là, que la bannière est la marque d'investiture du banneret, lorsqu'il dit que le duc reçoit l'investiture par la couronne, le marquis parle rubis qu'il mettoit au doigt du milieu, le comte par le diamant, le vicomte parla verge d'or, et les barons et les bannerets par la bannière. Quoyque ce qu*il met en avant des marquis et des autres dignitex, soit sujet à la censure, il est au moins constant que le banneret estoit investi de sa dignité par la bannière. Car comme la bannière est une espèce d'étendart, sous lequel les vassaux se rangent, pour aller à ia guerre du prince, il est constant que toutes les investitures qui se font des terres, de quelque qualité qu'elles soient, qui donnent le droH à ceux qui les possèdent, de conduire leurs vassaux à la guerre, se sont faites par la bannière.

Nous lisons souvent dans les auteurs, conformément à ce qui est porté dans le droit des SaxonSy qu'en Allemagne les duchés et autres grands fiefs estoient conférez par les empereurs par la tmnniere. Les comtes de Goritie rece voient l'investiture des ducs de Venise par un étendart de taffetas rouge, et les dauphins de Viennois (3) par l'epée delphinale, et par la bannière de s. Georges. Je passe tous les autres exemples qui se peuvent tirer des auteurs qui font de semblables

1)^ Froiss. et al. passîm^

(2) Oliv. de la Marche, 1. vi, cb. 25. p. Sil.

<3) À. Diichesne, en riiist. des Dauphins, p. 165. bWrgenlré. Fr. Marci dccis. Iklph., 1. 1, q. 539 et 3.VI.

remarques. Ce que je viens de rapporter suffit pour justifier ce que j'ai mis en avant, que tous les grands fiefs sont fiefs de bannière, et que la bannière estoit la marque de l'investiture de cette espèce de fiefs.

Quant aux moindres nefs, qui estoient ornés du titre de bannière, ils avoient des privilèges particuliers. Car au duché de Breta- ^e ils avoient droit de haute justice, de lever justice à quatre piliers, et les possesseurs de

Sorterleurs armes en bannière, c'est-à-dire un cusson quarré. En Dauphiné les bannerets ont pareillement toute justice dans l'étendue de leurs seigneuries, et le. droit défaire visiter les grands chemins, d'avoir procureur^ fiscal, les confiscations pour crime d'heresie, et autres prérogatives, qui sont remarquées par quelques jurisconsultes de ces pays^là.

Les bannerets avoient encore le privilègedecrjde guerre que l'on appeloit cry d'armes^ qui leur estoit particulier, et leur appartenoit privât! vement a tous les bacheliers, comme ajant droit de conduire leurs vassaux à la guerre , et d'estre chefs de troupes et d'un nombre considérable de gens d'armes. •

A l'égard des armes en bannière, c'estoît un des principaux privilèges des bannerets du duché de Bretagne et de quelcjues autres provinces, commode celfe dePoitou,dont la coutume porte en termes exprès (i), « que tout seigneur qui a comté • vicomte, ou baronnie , (elle désigne assez les bannerets par ces mots), peut en guerre, ou armoiries, porter ses armes en quarré, ce que ue peut le seigneur chastellain, lequel les peut seulement porter en forme d'escusson. »

(â) Les chevaliers bannerets, lorsqu'ils alloient à la guerre du roy, avoient le double de la paye des bacheliers. La paye ordinaire des bannerets estoit de vingt sols tournois par jour; celle des chevaliers-bacheliers, et des escuiers-bannerets, de dix sols chacun, des escuiers simples de cinq sols, des gentilshommes à pied deux sols, des sergens à pied de douze deniers, et des arbalestriers de quinze deniers. Quelquefois le roy augmentoit cette solde, qui s'appelloit la grande paye, et alors il déclaroit qu'il n'entendoit pas qu'elle passAt pour gages, mais pour une manière de prest, comme il fit en 1 an 1315, ou, pour une grâce, comme il çst énoncé au commencement du compte de Jean du Cange de l'an 13U).

GERBE. — Assez fréquente en armoiries.

On dit d'une gerbe hVe, quand le lien qui l'attache est d'un autre émail.

Foltenay — d'azur, à une gerbe d'or. Bre^ tagne.

Targas — d'argent, à une gerbe de gueules, liée d^or. Gu.)enne et Gascogne

Campaveine — d'azur, à la gerbe d'oi

Saint-Paul -- d'azur, à une gerbe d'avoine d'or.

Braque — d'azur, à la gerbe d*or. Noiw mandie.

Fieffés — d'azur, à la gerbe d'or, liée de gueules. Artois.

(I) Coùl. de Poitou, art. I

[i] Comptes des trésoriers des gueres.

4;i GIR DICTIONNAIRE

Brticke -* d'azur, à une gerbe de blé d'or

Ttfftine.

Chaudesaigues — d'azur, à la gerbe d'or, empoignée de deux mains d'argent* Au vei^ne.

^lu — d'azur, à une gerbe d'or.

Philippe — d'azur, à la gerbe d'or au chef d'argeni , chargé de trois molettes de sable.

Mouchy — d azur, èi une gerbe de blé d'or, au chef cousu de gueules, chargé de trois besants d'argent. Ile de France.

Cardelier — d'azur, à deux «erbes d'or au franc-quartier d'argeni, charge d'un lion de sable. Champagne.

Avenières — de gueules, à trois gerbes d'or, deux en chef et une en pointe. Bour^ bonnais et Auvergne.

VHermite — écartelé, aux 1 et * d'azur à trois gerbes d'or, liées de gueules ; aux S et 3 d'argent, au rencontre de cerf de sable.

Mauricaud — d'azur, à trois gerbes d'or.

Gibon — de gueules, à trois gerbes d or, 3 en chef et 1 en pointe. Bretagne.

Broê$e — d'azur, à trois gerbes ou brosses d'or, liées de gueules. Limosin.

Avoine — de gueules, à trois gerbes d'avoine d'or. Normandie.

Aoust — de sable à trois gerbes d'or liées de gueules. Artois.

Bownétable (V.) — d'azur, l trois gerbes d'or, deux et une. Maine.

Challemoux — d'azur, à trois gerbes d'or. Nivornais

Lambalie (Y.) — de gueules, à trois gerbes de blé d'or, liées de sable, écartelé d'hermine. Bretagne. ^

Carruyer — d'azur, à trois gerbes d'argent. Normandie.

Gerberoy (V.}— d'azur, à trois gerbes d'or. Ile de France.

Bourrie — d'azur, à trois gerbes d'or liées d'argent. Bourgogne.

Scùwrion — d'azur, à trois gerbes d'or. Picardie.

Blandeuil » d'azur, à trois gerbes d'or.

Rmgueil — d'azur, à l'aigle éplojrée d'or, accompagnée en chef de deux gerbes d'or, et eu pointe d'une étoile de même. Valois.

Le Moitier — de gueules, au chevron d'argent accompagné de trois gerbes d'or.

Lanouel — d azur, à la croix d'or cantoauée de quatre gerbes de même.

Brioiê — de gueules, à trois gerbes d'or, à la bordure du même, chargée de trois tourteaux de gueules. Artois.

Alorge — de gueules, à trois serbes d'or, accompagnées de sept moieltes d'éperon du même, 3 rangées en chef , 1 en cœur, et 3 en jpointe, 2 et 1. Normandie.

GlRÔN. — Meuble en forme de triangle isocèle, c'est-k-dire, dont les deux longs côtés sont égaux.

Le giron a deux parties de base et quatre parties de longueur, des huit de la hauteur de l'écu, ce qui le distingue de la pointe et de la piUy qui sont plus longues.

Lorsqu'il y a quatre girons dans l'écu, ils sont mouvants des angles, ce qui les dis* thigue du gironné.

HERALDIQUE.

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