‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 4)Chapitre 101 sur 199 · EN · texte numérisé non relu

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U dans le rôlle des chevaliers qui aocompagnoient saint Louis au voyage de Thunes : « Et est à savoir qu'il doit passer à chascun banneret un cheval, et li chevaux emporte le garçon qui le garde, et doit passer le banneret lui sixième de personne, et le pauvre homme soi tiers. »

Quant au nombre de- vassaux, le cérémonial veut que le banneret ait sous sa conduite cinquante nommes d*armes, outre les archers et les'arbalétriers, qui y appartiennent. C'està-dire cent cinquante chevaux (1). Car Froissart dit en quelqu'endroit que vingt mille hommes d'armes, faisoient soixante mille hommes de guerre : chftque homme d'armes ayant deux hommes h cheval à sa suite. Olivier de la Marche écrit que, suivant l'ancienne coutume, il falloit que le pennon de celui qui prétendoit à cette dignité fust accompagné ae vingt-cinq hommes au moins. Mais les comptes des trésoriers des guerres du roy nous apprennent le contraire, et nous fout voir qu'il y avoit souvent dBS chevaliers bannerets, qui avoient un beaucoup moibdre nombre de vassaux à leur suite, dont les uns estoient bacheliers, les autres escuiers. Aussi un autre cérémonial veut qu'un chevalier ou escuier, pour estre lait banneret, « soit accompagné aumoins deauatre ou cinq nobles hommes, et continuellement de douze ou seize chevaux. » Il est vrai que pour l'ordinaire, les chevaliers bannerets allans à la guerre du prince, comme la pluspart estoient grands seigneurs, avoient un bien plus grand nombre de vassaux entre lesquels il j en avoit des chevaliers, gui avoient pareillement leurs vassaux à la suite, ce qui lormoit une compagnie fort raisonnable sous la conduite du banneret.

Le banneret estoit fait par le prince ou le lieutenant général de l'armée en cette manière. Le chevalier qui estoit assez puissant en revenus de terres et en nombre de vassaux pour soutenir l'état et la condition de banneret, prenoit l'occasion de quelque bataille qui se devoit donner, et venoit se présenter devant le prince ou le chef de l'armée, tenant en sa main une lance, à laquelle estoit attaché le pennon de ses armes enveloppé, et là, il faisoit sa requête, ou lui-même, ou par la bouche d'un heraud d'armes, et le

Erioit de le liiire banneret, attendu la nolesse de son extradions et les services rendus à l'Etat par ses prédécesseurs : veu d ailleurs au'il avoit un nombre suffisant de vassaux. Alors le prince ou le chef d'armée, dévelopant le pennon, en eouppoit la queiie, et le rendoit qnarré, puis le remettait entre les mains du cnevalier, en lui disant ou lui faisant dire par son heraud, ces paroles ou de semblables : Reeevés Phoîmeur que vostre prince vaut fait aujourd'hui: soiex bon chevalier^ et conduisez votre bannière à Fhonneur de voêtre lignage.

I<^ pennon ou le pennonceau estoit l'enseigne du chevalier bachelier^ sous lequel il eoudutioit ses vassaux. Le cérémonial » au

(1) rivisi., vol. IV.

chapitre de VOrdonnance du roy fiumd il va en armes, le dit en termes exprès : < Après les pages viennent les trompettes, après les trompettes viennent les i>ennons des bacheliers, après les pennons viennent les bannières des derrains bannerets. » Et k Feudroit où il décrit les cérémonies des obsèques : « La quatrième offrande doit estre d'un cheval couvert du trespassé, et sera monté dessus un gentil-homme ou amy du trespassé, qui portera sa bannière, s'il est banneret, ou, s'il est bachelier, son pennon. » Les souverains avoient la bannière et le pennon, et à l'èganl du roy de France, sa bannière estoit en la charge du grand chambelland, et son pennon en celle de son premier vallet trenchant. Froissart (1) parle en quelqu'endroit du pennon du roy de France. Et la raison pour laquelle les grands seigneurs avoient la bannière et le pennon en même temps (2) est que comme ils avoient un grand nombre de vassaux, les bannerets se rangeoient dans les guerres sous bannière, et les bacheliers, qui relevoient immédiatement d'eux, sous son pennon. Le pennon différait de la bannière, en ce que la bannière étoit quarrée, et le pennon avoit une queiie semblable k ces enseignes que les Latins nommoient dragom. C'est cette queîie que l'on coupoit, lorsqu'on faisoit les bannerets.

Comme les bannerets se iaisoient aux occasions des batailles (3), ou de quelques eih treprises militaires, ce qui est remarqué par Froissart, Monstrelet, OfUvier de la Marche, et autres auteurs : il s'en faisoit aussi queU quefois dans les occasions des festes solemnelles, ou des tournois. Jacques Valere en son traité d^Armes de noblesse [k). c S'il est roy, ou prince qui soit audit toumoy» et s'il lui plaist peust faire de grace chevaliers, et d'un chevalier un banneret, pour alors pren« dre bannière. » Et plus bas : « Celui oui lieve bannière en toumoy ou en bataille, doit au roy d'armes ou heraux de la marche, dix livres parisis. »

Cette qualité de banneret en la personne du chevaiiar, le faisoit reconnottre ordinairement sous le nom de bannière^ comme on recueille des a^teura, et particulièrement de ce passage du sire de Joinville, ou il écrit qu'il accompagna le roy Loays» fia troisième de bannières f c'est-indire avec deux autres chevaliers portons bannieroê: la lamil'e des bannerets, pour marque de prérorative et de noblesse, estoit appellée hostd nAle H bannierej et ce titre est donné à la niaison de Saveuses en Picardie, dans un ancien arrest du Parlement de Paris. J'ajoute à ces remar-

Îues que dans une ordonnance de Charles 111, de l'an U95 pour les droits de geolage, la femme du banneret y est nomoftée, urne dame bannerete.

Ce nom de bannière estoit eooore attribué

(l)Froi8S.,v.iy, c. 18.

M Tbéat. d*Honn. de La Golonk» C I, a. $S.

(3 Froiss., v. I, ch. 2Î3 ; v. D, c IS. 159, lU

v. 111, c. 14; V. IV, c. 18, elc*

(4) Jacq. Val. M:».

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