‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 4)Chapitre 5 sur 199 · XI PREFACE. XII · texte numérisé non relu

XI PREFACE. XII

\ ra être beaucoup plus oomplèle. Que les censeurs et les critiques tiennent pour assuré que notre livre ne saurait sembler à personne plus défectueux qu*il ne Test à nos propres yeux, et que, paraissant dans une Encyclopédie en voie de publication, le teuips, plus que la volonté et le courage, nous a manqué pour faire mieux. Peut-être cependant voudra-t-ou bien reconnaître que, si imparfait que soit ce livre, il renferme plus d'armoiries et disposées dans un meilleur ordre pour les recherches, qu'aucun de ceux qui Tout précédé. Le plus étendu et le plus employé par les travailleurs, l'ouvrage de Louvan tieliot, revu au milieu du xrir siècle par Pierre Paillot, est sous forme de dictionnaire de termes et de figures, et il nous a donné, nous l'avouons, l'idée du nôtre. Mais Paillot a voulu faire surtout un traité de blason où les figures et les termes fussent définis et décrits dans l'ordre alphabétique ; il en est résulté qu'un nombre très-considérable d'armoiries se trouvent dans Paillot rangées sous des termes abstraits, comme accompagn/farméf arraché^ ou même presque inconnus au lecteur, t«ls que clarine^ lampa$$i^ gringoUf etc., et Ton ne sait comment les y trouver.

Nous avons cru éviter cet inconvénient si grave en plaçant à la fin de notre introduction un vocabulaire de ces termes abstraits qui se trouvent ainsi élagués du Dictionnaire, et qu'on fera bien de parcourir tout d'abord, ainsi que l'Introduction, renfermant un essai sur l'origine du blason, et destinée k donner une connaissance sommaire et générale du blason à ceux qui n'en ont aucune notion, et qui, sans cela, auraient assez de peine à se servir du Dictionnaire proprement dit.

Nous y avons développé^dans l'ordre alphabétique, chacun des points indiqués dans l'Introduction, et n'avons cru pouvoir mieux faire que de reproduire quelques-unes des excellentes dissertations que le célèbre Du Gange a publiées sur ce sujet. On y trouvera encore des articles sur les rois d'armes, les grands officiers de la couronne, les preuves de noblesse, etc.f dont la connaissance a paru se lier intimement avec l'étude des armoiries, et le tout est suivi d'une table alphabétique des noms de familles, villes et provinces de France, dont les armoiries sont décrites dans l'ouvrage. Cette table» qui reuferme environ douze mille noms, est comme un second dictionnaire à J'aide duquel on peut sans peine trouver les armoiries d'une famille dont le nom est connu, et notre livre renferme ainsi la solution des deux problèmes que peuvent faire naître les armoiries. Il faut remarquer, à propos de ces noms, que nous nous sommes attaché à donner le vrai nom de la famille, le nom primitif, celui qui subsiste toujours dans toutes les branches et à travers tous les temps, sans nous inquiéter des noms de terres ou seigneuries qui peuvent y avoir été ajoutés, et qui, dans une famille ancienne et puissante, sont très-nombreux. Nous ne nous sommes qu'assez rarement éloigné de cette règle, et encore le nom primitif a-t-il été conservé toujours. Nous en avons agi de même pour les armoiries, et l'on ne trouvera que les armoiries simples et réelles de chaque maison» les écartellements pouvant se multiplier et varier è l'infini, selon les alliances ou même les prétentions. Lors donc qu'on rencontrera des armoiries écartelées, il faudra se souvenir que le blason véritable de la famille se trouve au premier quartier à droite du chef de l'écu, et c'est celle-là qu'on doit chercher dans le Dictionnaire; s'il y avait un sur le toutf ce serait à lui qu'on s'adresserait. Les ouvrages généalogiques, tels que Lachenaye, Desbois ou le P. Anselme, donneront ensuite le personnage possesseur de ce blason écartdé. Nous ne termineroos pas celte préface sans prier notre savant j rofesseur à l'école des Charles, M. Lacabane, d'agréer l'expression publique de notre gratitude pour les conseils et les avis qu'il a bien voulu nous donner. Attaché depuis plus de vingt ans au cabinet des titres et généalogies à la Bibliothèque royale, il est assurément Tbomme de France qui connaît le mieux le blason et l'histoire des familles. Toutes les personnes qui ont eu des recherches à faire sur ces matières au département des manuscrits, connaissent bien ses lumières et sa complaisance également inépuisables. Elles ne nous ont point fait défaut toutes deux, et nous devons déclarer que, tout imparfait que soit notre livre, il le serait encore bien davantage sans les bienveillants conseils de M. Lacabane.

Abréviations du livre : V. ville; P. province ; Pi. plaiiclies.

INTRODUCTION

On ne se doute guère aujourd'hui que peu de questions aient été plus agitées que celle de 1 origine des armoiries et que les livres écrits sur cette matière formeraient une bibliothèque assez considérable. Ces livres divers sont remplis de systèmes, tous échafaudés à grand renfort d'érudition, tous appuyés sur des textes décisifs et accablants pour les adversaires. Les poètes, les philosophes, les^ historiens, les livres sacrés et profanes ont été fouillés en tous sens, et il n'est pas un vers, pas une ligne parlant de casgue, de cimier, de bouclier, d étendard, de signe, d'emblème, de figures allégoriques ou même hiéroglyphiques, qui nait été cité, allégué, torturé, pour établir ou renverser une opinion. On peut croire, d'après cela, que le uouibre do ces opinions n'est pas médiocre, et l'on en compte bien une vingtaine. Rien n'a pu arrêter les fabricateurs d'origines, et l'un d'eux, Favvn, est allé, dans son Théâtre d'honneur et de chevalerie, jusqu'à faire les armoiries aussi anciennes que le monde ; il en donne de différentes à Câïn et è Abel. Un autre, Segoing, en attribue l'invention aux fils de Noé. Tous deux, il est vrai, n'apportent pas grand texte à l'appui de leurs opinions, et l'induction surtout semble les avoir conduits à ce beau résultat ; mais voici venir Bara, qui s'appuie sur un passage de Diodore de Sicile pour faire aux Egyptiens l'honneur de cette invention. D'autres vont suivre, qui citeront le second cha- Ï litre du livre des Nombres pour en gratifier es Hébreux, et l'on aura les armes des douze fils de Jacob, de Josué et de David, d'Esther et de Judith. D'autres, et le P. Petra-Sancta est du nombre, en fixent l'origine au temps des Assyriens, dont les armes étaient une colombe, et il cite là-dessus non* seulement les chap. SS, 46 et 50 de Jérémie, où il est parié de cette colombe, mais encore ces deux vers de la 7' élégie du livre i" de Tibulle:

Quid referam ut tolUet crebrat intada per urkes Alba paUêiino iatteta columba syro ?

Les temps héroïques de la Grèce n'ont pas été négligés , comme on le pense bien , et là les autorités abondaient et la mine était riche et familière aux écrivains des xvi* et xvii* siècles. Aussi était-ce par centaines

Ïu'oo alléguait les passages des historiens et es poètes qui semblent favoriser cette opinion : tout ce qu^schyle a écrit sur les boudiers des chefs combattant devant Tbèbes, tout ce que Valérius Flaccus a dit des emblèmes portés par les Argonautes, tout ce qu'Homère et Virgile nous rapportent des tigures peintes sur Tes boucliers, les casques

et les cuirasses des guerriers grecs au siège de Troie, a été cité successivement ou à la fois.

Sicile le Héraut veut qi^lexandre le Grand ait régulé les armoiries et l'usage du blason et institué les hérauts d'armes.

Le P. Honet en fixe l'origine aux temps des empereurs romains, et allègue la Notice de l'Empire, où les boucliers des légions romaines sont décrits avec toutes leurs figures et toutes leurs couleurs.

Et l'on va ainsi descendant le cours des siècles et faisant naître l'usage des armoiries, les uns au milieu des débris de l'empire romain et de l'invasion barbare, d'autres avec Charlemagne, d'autres avec l'arrivée desDanois et des Normands en Angleterre, d'autres, et c'est l'opinion la plus commune, avec les croisades, la première bien entendu. Quelquesuns en attribuent l'invention à Frédéric Barberousse, et il en est enfin qui voient dans les factions des Guelfes et des Gibelins la source et l'origine des armoiries.

Le P. Ménestrier, qui a écrit un volume intéressant sur les oriKines des armoiries, a fort bien montré la fausseté de toutes ces opinions diverses, du moins en ce qu'elles ont d'absolu ; il a fort bien vu qiron ne saurait conclure de tant de passages et d'autorités de toutes les époques autre chose sinon que, de temps immémorial, les guerriers ont employé, pour se distinguer dans les armées, des figures et des marques symboliques peintes sur les boucliers, les enseignes et les drapeaux. Hais tout cela, £joute-t-il avec raison, ne prouve nullement que, dans ces époques reculées, ces marques ' symboliques aient iamais été des marques héréditaires de noblesse, ni composées de figures et de couleurs réglées et déterminées comme le blason. Il a fort bien vu que les exemples tirés des poètes ne prouvent absolument rien pour les temps où Us placent la scène de leurs poèmes, parce qu'ils donnent toujours aux faits qu'ils racontent et aux personnages qu'ils fout agir, la couleur du temps où ils vivent eux-mêmes, et souvent les rajeunissent ainsi de plusieurs siècles. Il renverse tous ces vains systèmes, et comme il ne rencontre avant le x* siècle, ni sur les sceaux, ni sur les tombeaux, ni sur les monnaies, de véritables armoiries ; comme, d'un autre côté, il en voit l'origiue dans les tournois, dont il fixe l'établissement vers ce temps-là , il arrive à celte conclusion, que les armoiries remontent au x* siècle, et il apporte de son opinion uue foule de preuves. Nous allons discuter les principales, sans oublier celles qu'on y a ajoutées depuis. A nos yeux, en effet, l'usage des armoiries.

ty

INTIIODUCTION.

{trônant co mot dans le sens môme où l*emploio le P. Méneslrier, n*est point aussi ancien qu*il le pnHendf et Ton doit descendre iusqu au commencement du xiii* siècle pour le trouver un peu généralement établi.

Les preuves qu'on apporte de Texist\*nce (les armoiries au xi* siècle, avant même Tépoque des croisades ,• prouvent trop ou trop peu ; si en eOet on les admettait comme Donnes, nous ce verrions pas pourauoi on rejetterait une 'foule d*eiemples ae môme nature et d'égale valeur qui se rencontrent dans les siècles antérieurs. Ces preuves, très-neu nombreuses, et c'est là leur premier défaut, peuvent se diviser en deux espèces : preuves figurées ou tirées des monuments, et preuves fournies par les écrivains. Voyons d abord les preuves tirées des monuments, comme étant, à coup sûr, les plus concluantes et les plus décisives.

Le plus ancien exemple cité par les parti* sans de Tantiquité des armoiries, est pris du tombeau du jeune Robert, fils de Richard r% duc de Normandie, et mort en 996, sur lequel ils voient un lion en champ de gueules. Par malheur, ce n'est point Ik une armoirie dans le sens qu'on est convenu d'attacher à ce mot, mais bien un emblème personnel, comme on en rencontre un si grand nombre dans toute l'antiquité. H suffit, pour s'en convaincre, de jeter les yeux sur fa fiure de ee tombeau, reproduit dans le 111' voume des Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, de voir ce lion ' placé sur la pierre tumulaire, au milieu même de l'inscription qu'il coupe en deux parties, et surtout de lire h l'enlour, formant un cercle, ces paroles mêmes de l'Ecriture : Ecee vicit teo de tribu Juda^ radix David. Ces paroles prouvent jusqu'à l'évidence que ce n est qu'un emblème, et quant au champ de gueules, il fallait être bien aveuglé par l'esprit de système, bien déterminé à trouver des preuves à tout prix, pour voir dans Içs li^es perpendiculaires qui chargent cette pierre au x' siècle les hachures qu'on est, il est vrai, convenu d'employer dans la gravure pour représenter les gueules, mais seulement aux premières années du xvii* siècle, environ six cents ans plus tard; sixcents ans pendant lesquels on ne rencontre pas un seul monument qui porte trace de cet usaçe purement conventionnel. D'ailleurs quelles seraient ces armes ? La Normandie ne portait pas un lion ni même un léopai-d, mais bien deux léopards. Ce lion ne fut donc point dès lors héréditaire, non plus que le lion représenté sur le revers du sceau de Robert le Frison, comte de Flandre, et qui remonte à 1073. Le lion, devint, il est vrai, plus tard,Ies armoiries héréditaires du comté île Flandre ; mais comme un long intervalle s'écoule avant qu'on ne le retrouve sur les sceaux des comtes, comme il faut pour cela descendre un siècle entier, jusqu*en 1163, ou ne saurait voir une preuve de l'hérédité des armoiries dans ce qui iustement montre le contraire, et l'on ne doit v reconnaître qu'un emblème de force et Je courage.

La croix de Toulouse, à cause de aa forme toute particulière, à cause surtout de sa transmission constante sur les sceaux des comtes de Toulouse, est, nous en convenons, une preuve qu'au xi' sièf/c les armoiries étaient héréditaires dans la famille de Toulouse, mais dans cette fa«* mille~là seulement, et d*un exemple unique, peut-^tre, on ne saurait déduire une règle

Î générale. Nous n'avons jamais pensé, comme es écrivains que nous combattons, que les armoiries fussent devenues héréditaires en quelque sorte tout d'un coup, mais au contraire qu'elles ne le devinrent que successivement, plus tôt dans une famille, plus tard dans une autre. Raymond de Saint-Gilles, ayant déjà avant la première croisade une croix pour emblème ou svmbole de sa foi, la porta naturellement a cette expédition fameuse, et ses successeurs la conservèrent comme un souvenir de la gloire et de la piété de leur aïeul. Quant à la forme de celte croix qu'on désigne en blason par les épithètes vidée^ éléchée et pommettétf elle paraîtra moins étrange si Ton se rappelle

2ue DuCange la dit semblable à la croix que onstanlin éleva dans Constanlinople en mémoire de celle qu'il avait vue au ciel lorsqu'il combattit Maxence.

La quatrième preuve, alléguée en faveur de rhérédité des armoiries, va nous fournir l'occasion de montrer que, bien loin que cette hérédité fût établie à la fin du xi* siècle, l'usage même des armoiries personnelles, des symboles et des emblèmes ne Tétait pas encore généralement. Qu'on examine en effet les nombreuses figures qui chargent la tapisserie deBayeux, qu'on parcoure cette lon^e suite dé guerriers, eu costume de combat ou de cérémonie, qu'on s'attache surtout à ceux en très-grand nombre qui portent des boucliers, et l'on verra que Tes figures qui chargent non pas tous, mais une partie de ces boucliers, sont en général si simples, qu'on pourrait facilement les prendre pour des têtes de clous, attachant et renforçant la doublure du boucher. On remarque, il est vrai, sur deux d'entre eux des espèces de feuillages, et quelques autres portent des croix et des monstres ; mais rien ne montre que ces rares figures fussent héréditaires, et elles seniienl aussi nombreuses qu'elles le sont peu, qu'elles ne prouveraient pas davantage, il est d'ailleurs un autre monument, du milieu du xir siècle, par conséquent de plusieurs années |)0Sléneur à la tapisserie de Bayeux exécutée fers 1100, et dont se sont bien gardés de parier les défenseurs de l'antiquité des armoiries : ce sont les vitraux placés par ordre de Suger autour du chevet de Saint- Denis. Us représentaient la première croisade, et, chargés de guerriers portant leurs boucliers, ils offraient encore beaucoup moins de figures héraldiques que la tapisse* rie de Bayeux. Ces vitraux n existent plus. Us ont été détruits à la révolution, mais lu P. Monlfaui;on les avait reproduits dans ses Monuments de la monarchie frangaise, et

XVJI

ir<TuoDiJCTio:f.

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Tou peut s'y convaincre de ce que nous aYancbns. Ces figures sont (rès-sîmples et très-uniformes, partant en général du centre de Técu, sur lequel elles semblent rayonner, et Ton ne reconnaît parmi elles presque aucune des représentations consacrées plus tard dans le blason, ni pal, ni bande, ni fasce, ni sautoir, ni aucun des animaux ou des oiseaux héraldiques. Si, dès la première croisade, leur usage avait été aussi général et aussi répandu qu*on le prétend, comment expliquer leur absence presque complète dans cette longue suite de sujets guerriers?

Nous ne parlerons pas du tombeau d^Hélie, comte du Maine, mort en 1109, et cru'on royait dans Téglise de la Couture du Mans, tenant un bouclier orné d*une croix fleurdelisée. Rien, en effet, ne sert à établir Tâge de ce monument, que Montfaucon lui-même regarde comme de beaucoup poslérieur à la mort du comte. Telle est la valeur des preuves fournies par les monuments. Les textes offrent encore moins d'autorité, ils sont également très-peu nombreux, et tous, un seul excepté, des allégations d'écrivains du xvn' siècle, ne s'appuvant sur aucune autorité contemporaine des faits avancés et n'ayant pour garants que des traditions de familles. Ainsi les Bénédictins diront bien {Gall. Chr,^ tom. V, col. 1036) que Regimbold, prévAt de l'abbaye de Mouri ae 102^ à 1056, avait des armes paternelles et qu'on les voyait dans l'élise de Mouri : s Gentilitia ipsius insignia... in area cœrulea mortarium flavum exhibent. »

Mais ils ne fourniront aucune preuve de ce qu'ils avancent, sans y attacher grande importance du reste. Us diront encore (/6id., toui. VII, col. 595), qu'un sire de Goulaine ayant, en 1091, réconcilié les rois Guillaume le R0UX9 d'Angleterre^ et Philippe /", de France , par reconnaissance , ces deux princes lui donnèrent leurs propres armoiries, qu'il porta dès lors écartelées ; mais ils u'appuieront ce fait, bien extraordinaire en un temps ofi, d'après les Bénédictins euxmêmes, les deux rois n'avaient pas encore d*armoiries fixes, que sur deux vers d'Abailard, qui semblent à peine faire allusion à l'événement , et qu'eux - mêmes regardent comme douteux. Assurément ce sont là de ces fables dont on se plaisait, dans les derniers siècles, à entourer l'origine des grandes familles.

Le seul texte à peu près contemporain est tiré du moine de Marmoutiers. Cet historien, décrivant les cérémonies qui accompagnèrent la réception dans l'ordre de chevalerie du jeune Geoffroy, comte d'Anjou, père de Henri Plantagenel, qui fut roi d'Angleterre sous le nom de Heun II, parle, en effet, de son bouclier chargé de lionceaux, et il dit : Clupeus^ leunculos aureoi imaginarios habens^ colla ejuê suspenditur.

Voilà bien les lions ou, si l'on veut, les léopards d'Angleterre ; mais rien, dans ce passade ni dans tout ce qui précède ou suit, n'indique que ces armoiries fussent alors

héréditaires ; elles le devinrent^ iF est vrai , mais plus tard, et un assez long espace de temps s'écoule entre cette première apparition et le moment où l'on peut suivre avec quelque certitude leur transmission régulière. Il faut, en effet, descendre pour ob19l jusqu'à Richard Cœur de Lion. D'ailleurs, et nous ne saurions trop le répéter, parce que rien n'est plus vrai et rien ne semble avoir été plus méconnu, quelques faits rares et isolés, auand môme ils seraient aussi bien établis qu ils le sont mal, ne prouveraient nullement que les armoiries fussent généralement héréditaires «au xi% ni même au xfi' siècle. A cette dernière époque» toutefois, les tendances à l'hérédité, encore bien rares dans le précédent, vont se multipliant de plus en plus, et au xiii* siècle elles sont assez générâtes, les faits sont assez nombreux, pour qu'on puisse déclarer que les armoiries sont devenues héréditaires. Mais jusquelà cette hérédité, qu'avec tous les écrivains nous reconnaissons être le caractère particulier des armoiries, celui-là seul qui les distingue des symboles et des emblèmes personnels usités de tout temps, cette hérédité ne sera que l'exception et non la règle. Au XIII* siècle même, cette règle ne sera pas tellement établie et rigoureuse , qu'on n'y puisse rencontrer de nombreuses infractions qui, toujours décroissantes, subsistent cependant jusqu'à la fin du siècle et môme au delà, ainsi qu'on en lit plusieurs exemples dans la Dimomatique des Bénédictins, t. IV ; ils citent, a la page 389, plHsieurs exemples de variations survenues aans les armoiries d'un même personnage ; et un peu plus loin, ils donnent un extrait du second Cartulaire de Champagne appelé Liber Rubeus. C'est une charte de 1258, de Henri, fils de Thibaut, roi de Navarre et comte de Champagne, dans laquelle ce prince déclare qu'il s'est servi du sceau de son père, parce que, n'étant pas encore chevalier ou majeur, il n'avait pas de sceau qui lui fût proore. Que s'il arrive, egoute-t-il, que je change de sceau, soit en recevant l'ordre de chevalerie, soit eu faisant l'acquisition de quelque nouveau domaine, cum si posiea^ vel in nova militia^ vel in requirendo dominip, sigillum * mutare coniingat^ je promets d'apposer à la présente charte le sceau que j aurai alors. Ce passage, dirons-nous avec D. Calmet ( Bist. de la maison Duchâtetet^ p. xxii de la Préface), démontre clairement combien les changements d'armoiries étaient fréquents, même dans les maisons souveraines, jusrque vers la ùw du xiir siècle, puisque la nouvelle chevalerie et l'acquisition de quelques domaines considérâmes étaient des motifs ordinaires et suffisants pour eu changer.

C'est donc pendant le règne de saint Louis que les armoiries sont néfinitivement entrées dans une voie nouvelle, celle de l'hérédité ; alors seulement la révolution s'est opérée, et un ordre de choses a été substitué à un autre ordre de choses ; auparavant la révolution se prépare, ensuite elle se conti-

xt%

IMTRODUCTIOrf.

nue et «e régularise. En dire le jour, l'heure et Toccasion .précise, comme ont voulu le faire nos devanciers, nous semble tout à £&it impossible.

Ce changement se réalisa comme tous les changements qui s'annoncent longtemps à l'avance^ se glissent peu k peu dans les faits, d'abord par de rares et timides manifestations, avec le temps plus nombreuses et plus hardies, et finissent par tout envahir et tout soumettre à leur nouvel empire. Nous nous garderons bien surtout de chercher Torigine et la cause de cette révolution dans un iait unique, comme les tournois, les croisades, l'hérédité des fiefs ou celle des noms; nous les acceptons tous, et tous réunis suffisent à peine pour nous expliquer comment les emblèmes et les symboles, employés pai les guerriers sur leurs boucliers, leurs casques et leurs cottes d'armes, durant toute l'antiquité, après être demeurés plus de deux mille ans a l'état d'emblèmes personnels, sont, justement è une certaine époque et dans un espace de temps qui ne dépasse pas deux siècles, devenus héréditaires.

On s'explique mal comment l'esprit humain a pu rester plus de vingt siècles, pour ainsi dire, sur le seuil d'une révolution, sans le franchir tout à fait, et l'on trouverait, je crois, peu d'exemples d'un changement préparé avec tant de lenteur et d'hésitation et si subitement réalisé. Ce fait, assurément, méritait plus d'attention qu'on n'a cru devoir lui en accorder, surtout lorsqu'on trouve dans l'antiquité des exemples, rares , il est vrai, mais positifs, de la transmission héréditaire des emblèmes guerriers.

Dans Ovide , Egée reconnaît son fils Thésée en voyant les marques de sa race sur le pommeau de son épée :

Cum pater incapulogladii coanomt ebumo Sipia sut generu. Metam. 7.

Au dixième livre de l'Enéide , Virgile dit de Gupavus : <

Paueit comitate Cupavo^ Cujtti otcrinœ turgunt de vertice pennœ : Cnmen amor vestrum^ formœque insigne patemœ.

Un des Corvius, dans Silius Italiens (liv. v), a le corbeau de ses ancêtres pour cimier :

Corvinus Phœbea sedet cui casside fulva^ Oslentans aies proaviîœ insignia pugnœ.

Ces citations ne prouvent rien pour les faits particuliers qu'elles expriment, ni surtout pour le temps où les poètes placent leurs personnages ; mais elles* prouvent suffisamment qu'au siècle où écrivaient ces poëtcs, la transmission héréditaire des symboles et dos emblèmes n'était point tout à fait inusitée.

Ces exemples particuliers, et quelques autres qu'on pourrait réunir encore , générali-

Bs pris garde qu*un très-petit nombre de ts isolés ne prouvent rien pour l'ensemble, et que sur tant d'arcs de triomphe , do tombeaux , de temples , de bas-reliefs et de monuments de toute sorte qui nous restent des Romains, on ne voit aucun vestige d'armoiries personnelles : preuve certaine que l'usage même de ces dernières était alors fort restreint , et surtout n'avait rien du ca« ractère qu'elles acquirent par la suite. Les quelques figures qu'on rencontre sur deux ou trois boucliers de la colonne Trajane et de celle d'Ântonin sont plutôt des marques de légion, comme on le voit dans la Notice de l'Empire, que des symboles personnels.

L'origine des armoiries est donc à la fois ilus multiple et plus reculée qu'on ne Ta it, et voir, avec le P. Ménestrier, cette origine dans les tournois , c'est assurément la chercher dans ce qui ne fut qu'une cause d'organisation régulière et dénnitive. Pour reconnaître et distinguer les personnages dans ces jeux guerriers, il n'était pas besoin d'armoiries héréditaires , de simples emblèmes personnels sufQsaient parfaitement ; et le P. Ménestrier a été trompé par l'esprit de système, lorsqu'il a voulu prouver l'antiquité des armoiries par l'antiquité des tournois , et reculer ainsi ie blason jusqu'au X* siècle, parce qu'il rencontrait dès ce tempslà des exemples de tournois. Nous pensons qu'il en est des tournois comme des armoiries, qu'on ne saurait assigner au juste l'heure et le moment où ils se sont définitivement établis , que de tout temps à peu près les peuples belliqueux se sont exercés dans des jeux, images de la guerre et des combats, et que les tournois sont devenus ce qu'on les voit être au moyen âge, progressivement et sous l'influence de mœurs et d'idées qui , elles-mêmes , se sont établies bien lentement dans le monde. Mais leur avènement spontané fût-il vrai , qu'on ne pourrait y trouver l'origine des armoiries.

Les preuves que le P. Ménestrier apporte de celte opinion sont bien faibles et presque puériles. Dire avec lui, et comme on l'a tant répété depuis, que les pals, les chevrons, les sautoirs, les pairies, les jumelles, les tierces, les frettes , les pièces bretessées sont des pièces des lices et barrières où se faisaient les tournois , et que par là elles sont entrées dans le blason ; ajouter que les bandes et les fasces sont des écharpes qu'on y portait, et que les dames donnaient souvent aux chevaliers, c'est chercher dans les tournois seulement ce qui se trouvait partout, et vouloir donner un sens particulier et restreint à ce qui en avait un bien plus général, à ce qui souvent même n'en avait pas du tout. Les émaux, qu'il tire également des tournois, sont les mômes qu'on employait dans les jeux du Cirque, les mômes qu'on vovait sur les boucliers des légions impériales, et ils peuvent aussi bien et mémo mieux être venus sur les écus de là que des tournois. Ce sont, d'ailleurs, les couleurs

tes plus généralement répandues dans la nature 9 ce sont même \e$ seules vraies couleurs, et il n'est pas surprenant qu*on les ait choisies. Quant aux timbres » lambrequins , bourietSy tortils , supports et autres pièces accessoires , il est assez probable (Qu'elles ont pris leur origine dans les tournois, mai^ elles ne paraissent que plusieurs siècles après le aixième » et seulement lorsque \b blason et les tournois s'étaient développés et singularisés, et leur communauté d*existence avec les armoiries , k une époque déjà éloignée de la naissance de ces dernières, ne prouve nullement leur communauté d'origine.

Comme, un système une fois imaginé, on ne saurait s'arrêter en chemin, le P. Ménestrier, après avoir vu dans les tournois l'origine des couleurs, de toutes les pièces et de tous les ornements usités dans le blason, en tire encore l'étymologie du mot blason, qu'il fait venir de l'allemand blasen , et cela do la façon suivante :

« Blasen^ dit-il (p. 67 de ses Origines des ermotrtV^), est un mqt allemand qui signifie sonner du cor ; et si l'on a donne ce nom à la description des armoiries, c'est qu'anciennement ceux qui se présentoient aux lices pour le tournoy sonnoient du cor quand ils approchoient , pour faire savoir leur venue. Les hérauts, après avoir reconnu s^ils étoient gentilshommes, sonnoient de leur trompe pour avertir les maréchaux et leurs aydes, et puis ils blasonnoient' leurs armoiries. » Et pour prouver que les choses se passaient ainsi au x' siècle , le P. Ménestrier cite un passage du" tournoi de Chauvency , qui est de 1285.

L'absurdité d'une pareille étymologie saute aux yeux tout d*abord, et lorsqu'on songe que le P. Ménestrier prouve tour à tour son système par son étymologie, et son étymologie par son système, on peut juger du degré de conCance qu'ils méritent l'un et l'autre. Pourquoi aller chercher dans la langue allemande une étymologie que nous fournilbienplus naturellement cette latinité inférieure et des bas temps, véritable fonds de la langue fran* çaise ? Le Polyptiquedtf l'abbé IrmiuQn nous offre le. mol olasus répété en divers endroits : et, dans le Glossaire particulier dont M. Guérnrd a enrichi cette publication, l'un des plus beaux monuments de l'érudition française au XIX* siècle, le savant éditeur dit nue 6^0sus signiGait une arme de guerre. Comme, bien certainement, les figures héraldiques ont toujours été représentées de préférence sur les armes, on en sera venu à désigner IVnsemble de ces figures par le mot blaso^ tiré debiasus^ ahsolumentcommeaujourd'hui encore nous nous servons, dans le môme sens, des termes armes et armoiries, et cela, parla même figure de langage bien fréquente chez tous les peuples. M. Guérard, il est vrai, incline à penser que le mot 6/a^U5 signifiait une arme offensive, et non une arme défensive, comme un casque ou un .bouclier; mais si l'on considère que frfaM, racine probable de blasuSf dans les langues germani-

INTRODUCTION

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ques, veut dire une feuille de métal, et qu'on a bien pu appeler ainsi la couverture de l'écu ordinairement en métal , il sera permis de croire que bhsus désignait une arme d'une ou d'autre espèce. Nous ne prétendons pas cependant qu on ne puisse donner du mot blason une étymologie plus satisfaisante encore, nous avons voulu seulement mettre une solution nouvelle en présence de celle avancée, croyons-nous, sans aucune raison plausible, par }e P. Ménestrier, et trop légèrement adoptée depuis près de deux siècles.

Si le P. Ménestrier nous semble s'être trompé, en cherchant Torigine des armoiries dans les tournois, nous ne contestons point pour, cela l'influence de ces mêmes tournois sur leur développement et leur organisation régulière ; mais nous attribuons aux cn^ sades une bien autre importance dans la révolution oui fit passer les armoiries de l'état d'emblèmes personnels k celui d'emblèmes héréditaires, transmissibles dans une même famille.

Ces iipmenses expéditions, où l'Europe se trouvait réunie s'élançant presque tout entière vers l'Asie, dans un désordre et dans un pêle-mêle tumultueux dont rien aujourd'hui ne saurait donner une idée, durent nécessairement beaucoup multiplier l'usage des emblèmes personnels ; chaque chef fut obligé de porter certaines marques distinctivee

S[ui pussent le faire reconnaître des ^iens dans a marche comme dans l&s combats. Et ici nous avons plus que des conjectures, nous avons des textes positifs. Albert d'Aix, chroniqueur contemporain de la première croisade et qui en a écrit l'histoire, dit (lib. III, cap. 35] : BoemunduSf Godefreaus, neymundus actes, et signa bellica diversi coloris pulchertima tnoderantur; voilà pour les étendards de diverses couleurs; et, plus loin, au chapitre 36 du même livrç, voici pour les boucliers : Àd ipsos muros horrihiles Antiochiast unanimtt^er in splendare clypeorum coloris atiret, virtdis^ ruoet, cujusque generis eiinsigniserectis auro^distinctis.

Le chroniqueur, comme on voit , ne parle que de boucliers de diverses couleurs et nullement de figures ;%est que sans doute les figures étaient encore rares à cette première croisade, et elles ne devinrent fréquentes que dans celles qui suivirent, et nous voyons encore ici une. preuve (j'ue les marques personnelles n'étaient point généralement usitées au xi* siècle, et que les plus hauts seigneurs seuls en portaient. De retour dans leur patrie, ils conservaient religieusement pendant toute leur vie ces marques de leur gloire et de leur pieux enthousiasme. Les croisades sont au moyen âge un fait si immense, leur retentissement fut si grand, elles s'emparèrent à tel point des esprits et des cœurs, toutes les gloires, toutes les illustrations, tous les souvenirs presque viurent tellement se fondre et se résumer en elles, que les fils des croisés, jaloux de perpétuer dans leur famille le souvenir de l'illustration paternelle, conservèrent avec un pieux respect

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INTRODOCTIOM.

remblètne qui avait flotté avec les bannières autour du Saint-Sépulcre. Ainsi se trouve expliquée celle multilude de croixqui char*

Sent tant de blasons; non pas cependant qu*on oive chercher dans lescroisades Torigine de toutes les pièces des armoiries, comme Tont &it quelques écrivains : ces origines furent très-ui verses, et il faut« pensons-nous « les voir un peu partout, dans les mœurs, dans les usages comme dans les idées et même les caprices du temps où le blason se fixa et se généralisa tout à la fois. Beaucoup de ces figures, et même celles qu'on appelle proprement héraldiques, se trouvent sur les boucliers et les étendards des légions romaines décrits dans la Notice de Tempire; il n*est donc point surprenant qu'elles se soient conservées sur les bouchers des soldats du moyen flge. Tout concourut à augmenter le catalogue des figures héraldiques, et il faut citer ici le P. Ménestrier, disant, dans un ordre un peu confus, page 135 de ses Oriaine$: « Les grands événements et les belles actions, la conformité avec le nom, les singularitez de certains pays, les inclinations à certaines choses, les emplois, les fonctions, les dignilez, la dévotion, la nature des fiefs que la noblesse a possédez, la conformité avec les armoiries du prince, les tournois, les pèlerinages, les habits, les devises, les factions, la chasse, la pesche, les bâtiments, lescroisades, Torigine, les concessions des princes, les vestiges du Tantiquité, les sobriquets, les inventions nouvelles, la disposition des terres et des fiefs, leur situation et pareilles autres choses, sont les causes

{principales de cette diversité si bizarre des igures que nous voyons dans les armoiries. B

Il serait curieux de rechercher avec détail quelle a été Tinfluence de chacune de ces causes et d*autres encore, qu*on entrevoit. C*est là un travail intéressant et difficile, dans lequel le P. Ménestrier ne nous semble pas avoir toujours réussi, comme on peut en juger par ce qui précède, et que Tabsence de documents suffisants nous force à remettre à un temps plus éloigné quoiqu*assez prochain; pour le moment, nous nous contenterons d'exposer trèt-succinctement les principes du blason, afin de mettre le lecteur en état de saisir sans peine les détails beaucoup plus étendus qu'il rencontrera dans le corps du Dictionnaire.

Trois choses sont k considérer dans les armoiries : les émaux^ Vécu ou champ ^ et les figures.

Les émaux comprennent : 1* les mi^^taux, oui sont : or ou jaune et argent ou blanc ; 2* tes couleurs, qui sont : gueules ou rouge, azur ou bleu, sinople ou vert, pourpre ou violet, sable on noir; 3*" les fourrures ou pannes ^ qui sont hermine et vair, auxquelles on peut lyouter la contre-h'rmine et le contre vair.

Dans la gravure on est convenu de représenter Yor par des points, Vargent par un fond uni et sans aucun trait ; le gueules par des traits perpciidiculaircs de haut en bas ;

l'azur par des lignes horizontales d'un flanc de reçu à l'autre ; le sinople par des lignes diagonales allant de droite a gauche; le pourpre, aussi par des lignes diagonales,mais de gauche à droite ; enfin le sable par des lignes croisées.

L'hermine et la contre-hermine, le vair et le contre-vair se marquent par des traits propres aux émaux de ces fourrures. Le fond de l'hermine est d'argent avec des mouche* tures de sable, et le vair est d'argent et d*a* zur.

L'écu s'appelle fond ou champ, il est simple ou composé. Le premier n a qu'un seul émail sans divisions ; le second, au contraire, peut avoir plusieurs émaux et par conséquent plusieurs divisions ou partitions.

On compte quatre partitions principales dont se forment toutes les autres.

Le parti, qui se fait par un trait perpendiculaire du naut en bas et qui partage l'écu en deux parties égales; le coupé, par un trait horizontal ; le tranché, par un trait diagonal de droite à gauche; le taillé, par un trait diagonal de çauohe i droite.

Le parti et le coupé forment l'écartelé, qui est quelquefois de quatre, de six, de huit, de dix, de douze et de seize quartiers et plus. Le tranché et le taillé donnent l'écartelé en sautoir. Enfin les quatre partitions primitives réunies donnent le gironné.

Comme les figures peuvent recevoir différentes positions dans l'écu, il est nécessaire, pour designer avec exactitude ces positions, de bien connaître les noms qu'on est convenu de donner aux différentes parties de l'écu. La figure suivante va nous servir à rendre nos explications plus claires et plus sensibles :

A est le centre de l'écu ; B est le point du chef; D le canton dextre du chef; E le canton sénestre du chef; F le flanc dextre; G le flanc sénestre ; C la pointe ; H le canton dextre de la pointe; i le canton sénestre.

Une figure seule occupe ordinairement le centre de l'écu A ; alors, on n'exprime pns sa situation. Une figure placée au poîut B est dite simplement en chef; au point D elle est au canton deitre du chef; au point F elle est au flanc dextre de l'écu et ainsi d'S autres. Deux, trois ou plusieurs figures disposées dans le sens des lettres D B E sont dites rangées en chef; si elles sont comme F A G, elles sont en fasce; dans l'ordre des lettres H C I, elles sont rangées en pointe ; disposées comme B A C, elles sont en pal ; comme D A I, en bande, comme EAU» en barre.

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INTRODUCTION

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Si trois figures eardent Tordre des lettres DEC, elles sont dites deux et une, et c*est la situation ordinaire de trois pièces en armoiries ; si «Iles étaient disposées comme les lettres H I B« elles seraient désignées par l'expression mal-ordonnées.

Les pièces arrangées comme les lettres D £ H I se disent posées deux et deux ; cinq 6gures placées dans Tordre B A C F 6 sont en croix ; comme D E A H I, elles sont en sautoir ; comme D E A C, elles sont en pairie ; en6n, les pièces qui suivraient Tar« rangement des lettres DBEGICHF seraient disposées en orle.

Une Ggure placée en A au milieu de plusieurs autres différentes par leur forme, serait en abtme ou au centre de Técu.

Pour blasonner une armoirîe lorsque le cliamp n'est chargé d'aucune figure, on doit dire : N porte d'argent plein ou de gueules plein, etc.

Quant aux fourrures, on dit simplement : N porte d'hermine ou de vair.

L'écu chargé de figures est simple, c'est-è-dire, sans partitions, ou composé. Si Técu est simple, il faut commencer par le champ,

J)uis on Tient aux figures principales, excepté e chef et la bordure, cgoutant si ces figures sont chargées ou accompagnées d'autres qui soient moindres. Il faut en exprimer le nombre, la situation, les émaux ; puis on Tient au chef et à la bordure, qu'on n'énonce qiï'en dernier, parce qu'ils ne font point véntablement partie du champ. Si cependant la pièce {>rincipa1e prenait sur le chef ou la bordure, ils feraient dans ce cas partie du champ, et il faudrait désigner ces parties avant la pièce principale. Ainsi Ton dira: Vendôme ancien, portait d'argent au chef de gueules è un lion d'azur, armé, lampassé et couronné d'or, brochant sur le tout.

Si Técu est composé. Ton commence par les divisions, dont on énonce d'abord le nombre, disant, s'il s'en trouve plus de quatre : parti de tant, coupé de tant, ce qui donne tant de quartiers. Par exemple : fig. !• Parti d'un, coupé de deux, ce qui donne six quartiers ; au premier de... au second de... au troisième de...

Fig. 2. Parti de trois coupé d'un, ce qui donne huit quartiers; au premier de... au second de...

Fig. 3. Parti de deux coupé de trois, ce qui donne douze quartiers ; au premier de... au second de...

Fig. i.

Fig. «•

Fig. Z.

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Les figures ou pièces ordinaires du blason sont de trois sortes :

1' Les figures héraldiques ou propres ; 2* les figures naturelles ; 3* les figures artificielles.

Les figures héraldiques se sous-divisent en pièces honorables ou du premier ordre, et en pièces moins honorables ou du second ordre.

Les pièces honorables occupent d'ordinaire par leur largeur, lorsqu'elles sont seules, le tiers de Téeu, i l'exception du francquartier, du canton el du giron, qui n'#n occupent que la quatrième partie. Ces pièces sont, le chef, la fasce, la Champagne, Is f»al, la bande, la barre, la croix, le sautoir, e chevron, le franc-quartier, le canton, la pointe ou la pile, le giron, le pairie, la bordure, Torle, le trescheur, l'écu en abîme et le gousset.

Les pièces moins honorables ou du second ordre sont : l'emmanché, les points equipolés, l'échiquier ou Téchiqueté, les freltes ou le fretté, les losanges et le losange, les fusées et le fuselé, les macles, les rustes, les besants, les tourteaux, les billettes. Voir ces différents termes dans le Dictionnaire.

Les figures naturelles usitées dans le blason, peuvent se ranger sous cinq classes différentes :

1* Les figures humaines ; 2' les animaux ; 3* les plantes ; 4* les astres et les météores ; 5** les éléments.

Quant aux figures artificielles, on peut les réduire aux suivantes :

l"" Les instruments de cérémonies sacrées ou profanes ; 2* les vêtements et ustensiles de ménage ; 3" les instruments de guerre, de chasse, de pèche et de navigation; k' les bâtiments, l'architecture civile et militaire et tout ce qui en dépend ; S"" les instruments des arts el métiers.

La plupart de ces pièces, et particulièrement les pièces honorables, sont susceptibles de recevoir divers attributs, dont nous allons, d'après le P. Ménestrier, donner la définition, sous forme de dictionnaire.

DICTIONNAIRE ALPHABETIOUE

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