‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 4)Chapitre 56 sur 199 · COU DICTIONNAIRE · texte numérisé non relu

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à' Jules César une couronne toule éclatante de rayons , et que celle que Caligula prit , lorsqu'il voulut s'arroger la divinité , estoit semblable.

Le diadème dont la teste ae Theodebert pst couverte, est le même que celui dont les empereurs de Constantinople de sou temps se servoient. Cette espèce de couronne dont Constantin introduisit Tusage n'estoit pas tant une couronne qu'un espèce de couvre chef ou de bonnet , appelle camelauque par les Grecs de son temps, dont il se servoit ordinairement , lequel ayant esté enrichi dans la suite du temps de perles et de pierreries passa pour le principal diadème des empereurs. Cette couronne est composée du diadème de perles d'un ou de deux rangs qui ceint le front et estliéparlederriere de deux lambeaux aussi de perles qui y pendent. De ce diadème part une espèce de bonnet enrichi de pierreries, au dessus duquel il parott un cercle de perles rehaussé encore (l'un autre ornement en forme de plumes, ce cercle commençant au derrière de la teste, et fmissant à l'endroit du front, en forme de creste de cas(jue , d'où ces couronnes sont appellées cristatœ , Cet ornement qui paroît au dessus de ces diadèmes est une espèce de houpne , d'aigrette , ou de bouquet de plumes dont les casçiues des soldats 3stoient ornez pour l'ordinaire. Dans la suite les empereurs, voulant donner des marques ^extérieures de leur pieté firent mettre au dessus de ces diadèmes une croix, au lieu de ces toffes ou houppes. Je ne doute pas que la couronne que l'empereur Anaslase envoya à Clovis avec le brevet de consul n'ait esté de la forme des camelauques , c'est-à-dire des couronnes fermées (1).

La troisième sorte de couronne, dont les rois de la première race ont usé, est le mortier, tel que les grands presidens du Parlement le portent à présent. M. Bouterouë (2j nous représente deux monnoyes de ces rois avec cet alTublement. Il est constant que nos rois l'ont encore emprunté des empereurs de Constantinople, qui en avoient un semblable : ce que Ton recueille d'une vieille peinture àlamosaïque,quisevoiteulavilledeRavenue, et que le docte Aiaman a représentée en ses Observations sur THistoire cachée de Procope(d),oùrempereur Justinian parott avec ce mortier qui est couronné par le bas, à l'endroit du front, d'un rang de perles, et parle haut d'un pareil rang de perles. A l'endroit des oreilles pendent de chaque côté deux lambeaux, au bas desquels sont de grosses perles. Celte espèce de diadème a passé dans la seconde et dans la troisième race de nos rois.M.Petaufik) nous a représenté une vieille peinture, qu'il dit avoir tirée d'un ancien* Ms. où Charlemagne est figuré avec le mortier. Aux vitres de la Sainte-C.hapelledeParis,saint ^uys y parott aussi avec le même ornement.

(!) Viu S. Remig. 1. 1 Ilist. Fr. p. 530. (2) Bouterouë p. 549, 354. ( 5) Aiaman. aU Procop. Htst. Arcan.

(4) Paul. Pcl. iii Gaorism. yeter. oumm.

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ElChifllet(l)écritauedans les vîouxtab'eaux, ou les comtes de Flandres et de Hainault sont représentez avec leurs pairs, ils y paroissenl avec le mortier. L'on tient même par une traditive que nos rois, ayant abandonné le palais de Paris, pour en dresser un temple a la justice, communiquèrent en même temps leurs ornemens royaux à ceux qui y dévoient présider, afin que les jugemens qui sortiroient de leurs bouches, eussent plus de poids eld'autorité, et fussent regûs des peuples, comme s'ils estoieut émanez de la boucne même du prince. C est donc à ces concessions qu*il but rapporter f 2) les mortiers, les écarlattes, les hermines ues chanceliers de France, des présidons du parlement, dont les manteaux ou les epitoges sont encore à présent faits à l'antique , estant troussez sur le bras gauche et attachez à l'épaule avec une agraffe d'or, tels que furent les manteaux de nos rois. Le mortier du chancelier est de drap d*or, etceluj des presidens de velours noir, a un uord de drap d'or par en haut (3). Le nom de mortier est donné à ce diadème, parce qu il est fait comme des mortiers, qui serventà piler guelquecliose qui sont p! us larges en haut qu en bas.

La quatrième sorte de diadème, ou plu(6t de couvrecbef, que j'observe dans les monnoyes Je nos rois, est en forme de chapeau pyramidal {k)^ qui finit on une pointe, surmontée d'une grosse perle. En d'autres, le diadème et le rang de perles se rencontrent sur le front, avec Tes lambeaux. Ce qui peut faire présumer qu'en ceux-ci, ce qui courre la teste est pour un second ornement, ou pour la commodité du prince qui desiroit avoir la teste couverte. Le bonnet royal dont la teste de Theodahat roy d'Italie est oruée dans une de ses monnoyes de cuivre, a quelque rapport pour la forme à celuy de nos rois. On peut dire encore que ce chapeau pyramidal estoit l'alfublement de teste ordinaire de nos premiers rois, estant fait à guise d'une ombelle, pour se défendre du soleil, et de la pluye , tels que furent les chameaux des derniers empereurs de Constantinople, qu'ils appelloienl ombelU^ parce qu'ils estoient faits pour donner de l'ombro au visage, et pour le garantir des ardeurs du soleil.

L'ombelle ou sciade a esté en usage chez les empereurs de Constantinople » comme j'ay avancé ; de sorte qu'il est incertain si nos rois l'ont emj^runtee d'eux ou les empereurs de nos rois; ce (^ui est plus piottable. Car Nicetas dit en termes exprès que cette sorte de chapeau avoit esté empruntée des barbares, c'est-à-dire des étrangers, par les Grecs. Les vieilles peintures, ei les vignettes qui sont aux impressions des historiens byzantins du Louvre, représenteiit la forme de ces sciades, qui ne diffère qu au bord d'avec ceux de nos rois de la preoùere

(i) Gbifflet et Child. p. 139.

(2) D Orléans en ses ouvert des P»rl. La Rioche* flavro en ses Pari. 1. x, c. 5.

(3) Cerem. de France. ChiCQel in Child. p. 139-

(4) M. Bouter, p. 248, â51, 255,

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