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sauce. Il eut la satisfaction d'apprendre, ?» son avf^nement, que par les soins de saint Céolfrid, abbé des célèbres monastères de Wireluouth et de Jarow, les Picles ou Ecossais ve'iaienl d'être ramenés aux usages de TEglise universelle ; mais il reçut presque en niôine tomps des nouvelles bien c-ipables d'altérer sj joie. L'empereur Juslinien, toujours fort ardent pour la réception de sa nouvclhi discipline, invita le pape d'une façon qui avait tout l'air d'un commandement, à venir le trouver en Grèce. On n'avait point oublié à Rome ce qui était arrivé au pape saint Martin en pareilles circonstances. Cependant, malgré toutes les craintes qu'inspirait la violence naturelle de cet empereur, Constantin se résolut à partir, en remettant le soin de sa personne à la Providence. On ignore quel était l'objet et quel fut le résuiat de ce voyage. L'empereur communia de la main du pape, contirmatous les priviléj^e? de l'Iiglise de Rome, et renvoya le pontife, dont Pabsence avait duré un an; il rentra à Rome en 711. Justinien ayant été tué, Philippique le remplaça. Ce nouvel empereur qui prolé-
f;edit le monolhélisme et qui avait fait brûler es actes du sixième concile général, envoya au pape une lettre, dans laquelle il exprimait son erreur; Constantin la rejeta. Le peuple romain, en cette occasion, signala son zèle, en élevant dans Téglise de Saint-Pierre une image qui représentait les six conciles généraux. Pnilippique, détrôné à son tour P'ir une conspiration domestique, fut rem-
Elacé par Atnanase qui écrivit aussitôt à on'^tantin une lettre par laquelle il faisait profession de la foi catholique, et rétabliss lit l'autorité du sixième concile. Le patriarche de Constantinople, de son côté, écrivit également au souverain pontife pour renouveler avec lui sa communion de croyance, et le pape les accepta. Pendant son pontificat, Benott, archevêque de Milan, lui disputa le droit de consacrer révoque de Pavie; mais il perdit sa cause contre le pape, à qui cette prérogative avait louiours appartenu. Constantin gouverna l'Eglise pendant sept ans et mourut le 9 avril 715, après avoir illustré la tiare par son zèle et ses vertus. Il nous reste de lui cinq lettres qui ont trait aux dilférents besoins de TEzIise de son temps. Elles sont publiées dans Te Cours complet de Partrohgie.
CONSTANTIN LICHUDÈS, après la mort de Michel Gérularlus, patriarcat de Constantinople, fut élu pour lui succéder , du consentement des métropolitains, du clergé et du peuple. Il était prolovestiaire ou maitre de la garde-robe de l'empereur. C'était un homme très-versé dans les affaires de la cour et de l'Etat, savant, éloquent, d'un génie aisé et si disert, qu'il savait parfaitement accommoder ses discours aux matières qu'il avait à traiter. Noble, élevé, poli dans les discussions qui demandaient de Téloquence, il était simple, clair et nature), dans les conversations. Quoiqu'il eût été élu dès Tan 1058, l'empereur Ût différer son ordination, Jusqu'à ce qu'il se fût justifié, dans un con-
cile, de certaines accusations portées contre lui. Il ne fut sacré patriarche que dans le mois (le juin 1059. Il mourut, en 106^, après avoir occupé le siège de Constantinople quatre ans et six mois. Michel Psellus, son ami, fit son oraison funèbre, dans laquelle il dit que Constantin Monomaque se reposa entièrement SU! Licliudèsdu soin de 1 empire; et que lui en ayant ensuite ôté le gouvernement, Isaac Commène le lui rendit. Il nous reste de ce patriarche quelques constitutions synodales, rapportées dans le Droit grec-romain avec celles de Michel Cérularius.
CONSTANTIN, troisième abbé de Saint- Symphorien de Metz, succéda dans cette dignité à Siraude, en lOOi. 11 reçut la bénédiction abbatiale des mains d'Adilberon 11, évoque de cette ville, qui l'honora de son amitié et de sa confiance. Il gouverna I abbaye de Saint-Symphonen, jusqu'à sa mort arrivée le 10 do septembre de 1 année 102). On le fait auteur de la vie de cet évèqtie, mort plusieurs années avant lui; et cette opinion est fondée sur un endroit de cette vie oCi l'écrivain reconnaît qu'il avait succédé à Siraude dans la dignité d'abbé de Sciint-Syraphorien à Metz; qu'il en était le troisième abbé, et qu'il avait été consacré par Tévèque Adalberou. Constfintin ne pouvait se désigner plus clairement, à moins de mettre son nom à la tète de cette vie; ce qu'il n'a pas jugé à propos de faire. Il rapporte la naissance d'Adalberon, qu'il fait sortir d'une famille illustre, son éducatioo dans l'abbaye de Gorza, son élévation au siège de Metz, après la mort de Déoderio, en octobre 98ï ; il lui fait faire un voyage à Rome, sous le pontificat de Jean XV. Avant son départ, il avait rebâti le monastère de Saint-Sym|>horieu, et à son retour il fonda l'hôpital de Metz. 11 pourvoit de clercs an monastère que son prédécesseur avait fondé àEpinal, et les remplace ensuite perdes religieuses de l'ordre de Saint-Benoit et leur donne des fonds pour subsister. Adalberon ne célébrait jamais les divins mystères que revêtu du cilice; passait sans manger les veilles de Noël, de Pâques, de la Pentecôte et des principaux martyrs. Il aimait la société des serviteurs de Dieu, surtout dos moines, les admettait souvent à sa tablé
Jour s'entretenir avec eux des choses de •ieu. L'auteur de sa vie se félicite d'avoir eu plusieurs fois cet avantage. Adalberon mourut au mois de décembre 1005. Sa vie a été imprimée dans le V* tome de la Nouvelle Bitdiothèfiue du P. Labbe^, son énitaphe se trouve dans le IV* tome des Mélanges de Baluze, mais sans nom d'auteur. On ne peut
f[uère douter qu'elle ne soit de la façon de 'abbé Constantin, puisque cet évèoue fut inhumé dans l'église de Saint-Sympnorien, ainsi qu'il l'avait ordonné. CONSTANTIN, moine du Mont-Cassîn, acuit, sur la fin du xi* siècle, la réputation 'un nouvel Uippocrate qui le rendit célèbre dans tout l'univers. Il a laissé plusieurs ouvrag>*s, mais aucun ne traite de matières eodé^iastiques. Ce sont des traités de méde-*
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DICTIONNAIRE DR PATROLOGÎE.
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cine spéculative et pratique, où il prescrit lies remèdes pour les maladies du corps; des livres de chirurgie et de botanique. Toutes ces connaissances mérilaienl à Constantin une place parmi les hommes illustres de son monastère, r^ais ce n'est qu'avec réserve que nous en parlons dans cet ouvrage, et uniquement pour nous conformer à Trithôme et à quelques autres , qui ont travaillé sur les mômes matières. Coustantia ne laissa pas de se rendre habile dans Tintclligence des livres saints, dont Tétude lui était très-facile, puisqu'il avait appris les langues hébraïque, syriaque, chaldaïque, grecque, latine, italienne, persane, arabique, égyptienne, éthiopienne, indienne. Il parcourut exprès tous les pays où ces langues étaient en usage, et employa trenteneuf ans à les apprendre et à s'instruire k fond de la médecine. De retour à Carthage qui était le lieu de sa naissance, il y courut risque delà vie, ce qui l'ohiigea d'en sortir. Il se retira à Salerne, et de là au Mont-Cassin, où il fit profession de la règle de saint Benoît, sous l'abbé Didier. Dans ses moments de loisir il mettait en latin les livres de médecine écrits en langue étrangère, et Il en composait lui-môme. Le recueil de ses ouvrages est en 2 volumes in-fol., imprimés a Bâle en 1536. Constantin mourut au Mont- Gassin, dans un âge très-avancé.
CONSTANTIN (Manassès) composa, sous le règne de Manuel Comnène, une Chronique abrégée qui commence à la création du monde et finit à l'an 1081, où Nicéphore Botomate fut déposé par Alexis Comnène, après un règne de trois ans. La chronique de Mariasses est en vers et adressée à Ift princesse Irène, sœur de l'empereur et épouse d'Andronic Sebastocrator. Annibal Fabrotti a donné une édition de cette chronique parmi les écrivains de VEistoire byzantine. Pour la rendre complète, il mit à la fin les notes de Lewunclavius et de Meursius, avec des variantes de Léon Allatius, et un Glossaire pour 1 intelligence des termes peu usités.
CONSTANTIN, prieur augustin de l'abbaye d Hérivaux au diocèse de Senlis, vécut
^'^krx'i^^^ . ' %^ ^^^^^^ quelques opuscules publiés dans le Cours complet de Patrologie
2o0 ou 251 seize mois après la mort de saint Fabien, était Romain de naissance, et avait déjà gouverné l'Eglise pendant la vacance occasionnée par la persécution de Dèce. C'était un homme d'une pureté virginale, d'un
ŒiiT^^'"'..'* ^.?^^^^^' et d'une rarS fermeté de caractère. II avait passé par tous
les degrés de la hiérarchie ecclésiVsUque! sans aspirer à aucune de ses dignités, et i
riSlini/^'i'- '''^iT^ P^"^ '"i conférer 1 ép scopat. Seize évoques, au nombre desquels deux évoques d'Afrique qui se trouvaient à Rome, eurent part à son élection qui fut aussitôt confirmée par le peuple et par le clergé, à l'exception du prêtre Novaww qui se posa en ennemi et en compéti-
teur. Cet homme, disciple et sectateur de Novat, excita un mouvement contre saint Corneille, se fit élire à sa place, et mérita ainsi, le premier, le titre d'antipape. Quoique Novat eût quitté l'Afrique pour venir au secours de son disciple, cependant le schisme ne fut nas de longue durée. Saint Corneille réunit à Rome, en 251, un concile où la doctrine de Novatien fut condamnée, et donna aussitôt avis de ces décisions aux autres Eglises.
A Fabius. — Il en écrivit en particulier à Fabius, évoque d'Antioche. Eusèbe, qui avait vu celle lettre, nous en a conservé une partie considcTable dans son histoire ecclésiastique. Saint Corneille y traçait le portrait (le Novatien, et racontait en détail les moyens qu'il avait employés pour se former un parti et se faire sacrer évêque. « Novatien, disait-il, brûlant depuis longtemps du désir d'être évoque, s'est uni à plusieurs saints confesseurs, afin de mieux cacher son ambition démesurée; mais Maxime, prêtre de notre église, et Urbain, comme lui fort célèbre pour avoir confessé deux fois Jésus- Christ devant les païens, Sidonius et Célerin, deux autres confesseurs, égarés un instant avec ceux de son parti, ayant découvert ses artifices, ses tromperies, ses mensonges, ses parjures, son humeur farouche et cruelle, sont revenus à l'Eglise, et ont publié, en présence des évêques, des prêtres et d'un grand nombre de laïques, son hypocrisie et ses crimes. Ils ont gémi de s'être séparés de
l'Eglise pour suivre cet imposteur Ne
Favons-nous pas vu changer en un moment? Cet homme qui avait juré, avec des serments exécrables, qu'il ne souhaitait en aucune manière l'épiscopat, se produit tout à coup comme évêque. Ce docteur de la vérité, ce défenseur de la discipline,... fait enlever d'une des plus petites provinces de l'Italie,.... et amener à Rome trois évêques, trop simples pour se défier de ses ruses,.... et les met en présence d'une table splendidement servie; puis, sur les quatre heures du soir, lorsqu'il les croit pleinement saturés de viandes et de vin, il les contraint à lui imposer les mains par une ordination vaine et imaginaire. » — De ces trois évêques, saint Corneille remarque que deux furent excommuniés, et que le troisième, après avoir donné des marques de repentir, fut admis à la communion comme laïque. Faisant ensuite le dénombrement des ministres qui composaient le clergé de Rome, des veuves, des pauvres et des malades, il ajoutait, en parlant de Novat : « Voyons maintenant quelle a été sa vie, pour se juger digne de 1 épiscopat? Est-ce pour avoir été élevé dans l'Eglise, pour avoir défendu la foi et souffert pour sa défense? Nullement. Il n'a fait de profession de foi qu'à l'occasion de la tyrannie que le démon exerçait sur lui depuis longtemps. Tombé malade pendant les exorcismes, il fut baptisé dans son lit, par infusion, si toutefois on peut appeler cola un vé: rilable baptême. Après sa guérison, personne ne suppléa^ selon l'ordre de rEglise-
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DICTIONNAIRE DE PATROLOCfE.
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k ce qui lui manquait pour compléter ce sacrement. 11 n*a pas même reçu le sceau du Seigneur de la main de Tévêque; et, ne rayant pas reçu, comment eût-il possédé le Saint-Esprit? Durant la persécution, la crainte de la mort lui fit nier qu'il était prêtre; car ayant été prié par les diacres de donner à ses frères en danger les secours et l'assistance qu'ils avaient droit d'attendre d'un urètre, non-seulement il les refusa, mais il les renvoya avec colère, eu disant, qu*il ne voulait plus ôtre prêtre, et qu'il embrassait une autre philosophie. » Après plusieurs autres choses qu'Kusèbe n'a pas jugé à propos de transcrire, saint Corneille reproche encore à Novalien d'avoir abandonné l'église où il a reçu le baptême, et le sacerdoce gue révèque ne luiavait accordé que par une faveur particulière, puisqu'il n'était pas permis alors d'ordonner ceux qui avaient été baptisés dans leur lit. 11 l'accuse de (aire jurer à ceux de son parti, en leur distribuant la communion , de ne jamais retourner à Corneille. « Maintenant, ajoutait le saint pontife, en finissant, il est seul, et la plupart des frères l'ont abandonné pour retourner h l'unité et rentrer au bercail. » II donne, à la fin de sa lettre, les noms des évêques qui avaient assisté au concile de Rome, et de ceux qui, n'ayant pu s'y trouver, en avaient confirmé les décrets par leurs suffrages.
A saint Cyprien, — Novat voyant le parti de l'antipape se dissiper à Rome résolut de faire une tentative en sa faveur et chercha à l'aller ranimer en Afrique; mais, pendant son absence, les confesseurs qu'il avait sé-r duits revinrent à eux, et se réunirent à l'église catholique. Le saint pontife en conçut une joie si vive, qu'il écrivit aussitôt à saint Cyprien, afin qu'avec lui il rendit grâce au Dieu tout-puissant de leur retour. 11 témoigne qu'aussitôt que cette nouvelle fut connue du peuple, il accourut en foule au lieu de l'assemblée, où Maxime, Urbain, Sidonius, Macaire et les autres confesseurs rendaient grâces à Dieu, et avec des larmes de joie il les embrassa comme des frères, dont il ne pouvait trop fêter la délivrance. « Nous savons, disaient ceux-ci, que Corneille a été élu évêque de l'Eglise catholique par Dieu tout-puissant et par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Nous confessons notre erreur; nous avons été surpris. Quoiqu'il nous parût que nous communiquions avec un homme schismatique et hérétique , toutefois notre cceur restait toujours uni sincèrement à l'Eglise ; car nous n'ignorons pas qu'il n'y a qu'un Dieu, qu'un seul Sei^eur Jésus-Christ que nous avons confessé, qu*un seul Esprit, et qu'il ne doit y avoir qu un seul évêque dans 1 Eglise catholique. )» Saint Corneille ajoute que sur cette confession qui n'était que la reproduction de celle que ces saints confesseurs avaient faite devant les magistrats païens, avant de la répétera l'Eglise, il avait ordonné au prêtre Maxime de reprendra.' sa place, et, aux grandes acclamations du } oupie, reçu tous les autres à la communion, remettant le jugement de toutes clu'^es à
Dieu. U finit en priant saint Cyprien de faire passer celte lettre aux autres Eglises, afin
3ue tous ceux qui avaient gémi sur le schisme e Novalien apprissent avec bonheur qu'il se ruinait de jour en jour.
Auiret leiires de saint Corneille. — Saint Jérôme fait mention de quatre lettres de saint Corneille à Fabius d'Antioche; les trois premières sont perdues; il ne nous reste que quelques fragments de la quatrième dans l'histoire ecclésiastique dl^usèbe. Nous avons perdu aussi celle qu'il écrivit à saint Cyprien, pour lui donner, selon la coutume, avis de son élection, et celle qu'il lui adressa encore au sujet de Félicissime, et de ses prêtres schismatiques, excommuniés dans le concile d'Afrique. Ce saint pape écririt à saint Denis, évêque d'Alexandne,une lettre que nous n'ayons plus, et Eusèbe n'en dit autre chose, sinon qu'elle était contre Novatien. Pour ce qui est de la lettre de saint Corneille à Lupicin, évêque de Vienne, et des deux Décrétâtes qu'on lui attribue, on convient généralement que ces pièces sont supposées.
Cependant l'empereur Dèce ayant été tué sur la fin de 251, Gallus son successeur ne fut pas longtemps sans persécuter le^ chrétiens. Une violente peste qui ravageait l'empire en fut l'occasion, et le motif fut le refus que firent les chrétiens de sacrifier aux faux (lieux. Saint Corneille fut exilé à CivitaVecchta, où il finit sa vie dans les souffrances du bannissement et de la prison, ce qui l'a fait mettre au nombre des martyrs. Saint Jérôme dit qu*il fut ramené à Rome et qu'il y souffrit la mort, par ordre de l'empereur Gallus, le \h septembre de l'an âSâ. Quoi qu'il en soit, saint Cyprien, dans sa lettre à Antonien, donne de grandes louanges au zèle et à la piété de saint Corneille, ainsi qu'au courage qu'il déployait, dans des circonstances si critiques pour un pasteur. Il invoque ce courage à affronter les supplices et à braver la haine des tyrans, pour le placer au rang des confesseurs et des plus illustres martyrs.
COSME, surnommé INDICOPLEUSTE, à
cause Avt sa navigation dans les Indes, était Egyptien, originaire'd' Alexandrie. 11 fut d'abord marchand, et, tout occupé de son né- Soce, il s'embarqua pour l'Ethiopie, les Inès et les autres pays de l'Orient, où il espérait réaliser des gains considérables. Cependant, il était instruit dans les sciences, autant que son siècle le pouvait permettre. Le désir d'un état plus tranquille et dans lequel il pût s'occuper plus utilement de son salut, lui fit abandonner son commerce pour embrasser la vie monastique. Il profita de son repos pour composer divers ouvrages, dont le seul qui soit venu jusau'à nous est intitulé :
La topographie chrétienne. — Le dessein de Cosme, dans cet ouvrage divisé eu douze livres, est de combattre l'opinion de ceux qui donnent au monde une figure sphériq'je, et qui conséquemment admettent des
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antipodes. Jl croyait, avec la plupart des anciens, que la figure du monde était plate, et que le ciel, en forme de voûte, joignait ses deux extrémités à celles de la terre. Cent qui pensaient ainsi tournaient en dérision 1 opinion contraire, devenue auiourd'hui évidente par les démonstrations des astronomes. Voici de quels arguments Cosme se servait pour la combnttre : £n supposant U rondeur de la terre, il faudrait dire qu'il y a des habitants diamétralement opposés les uns aux autres, et qui marchent pieds contre pieds; qu'il en est de même des pluies qui, dans ce système, doivent tomber les unes contre les autres; ce qui est contraire à la droite raison. D'ailleurs, TEcriture nous re* préseate, dans Isaïe, le ciel en forme d'une voûte dont les extrémités posent sur la superficie de la terre; et Job, comme une pierre en forme de carré. II ajoute que le tabernacle queMoïse construisit par Tordre de Dieu, était la figure du monde. Or, ce tabernacle était un carré long, il en concluait donc que le monde était construit de la même ma* nière. Bt ii cite, à l'appui de son opinion, un grand nombre de passages de TEcriture, particuiièremeut de la Genèse, de TExode, des prophètes et des apôtres. En disant nue lo monde est d'une figure (xlate, et que la superficie de la terre est un carré oblong, il dit •u môme temps que sa longueur, de Torient k Toocident, est le double de sa largeur, qui prend du uord au midi. 11 avait, dit-il; ap« pris cette doctrine d'un vieillard nommé Patrice.
Toutes les preuves qu'il apporte pour l'établir se réduisent à celles que nous venons 4'indiquer. 11 ne s*agit donc plus que de remarquer ce qu'il y a d'intéressant dans son ouvrage. 11 le commence par l'invocation à la Trinité, et confesse la divinité une et consubstantielle en trois hypostases ou personnes. Il enseigne qu^avant le déluge, Tusage de la chair était interdit, et que si ou lit dans TEcriture qu'Abel gardait les troupeaux» ce n'était que pour en avoir le lait «t la laine, et pour offrir à Dieu des sacrifices. II parle ae Tcmpire romain comme du plus considérable qui ait été dans le monde,
f^arce qu'il est le premier qui ait embra>sé a foi de Jésus-Christ. Cette foi fut ensuite portée dans la Perse par Tapdtre Thaddée, comme on le voit par la première Epître de $aint Pierre. Une autre prérogative de Tempire romain, et qui marquait bien sa puissance, c'est que ses monnaies avaient cours dans tous les commerces et dans toutes les transactions. Cosme croit que les anges sont employés à diverses fonctions matérielles. Les UQS meuvent Tair, les autres le soleil, quelques-uns la lune et les astres, et il y en a aussi qui préparent les pluies et les orages. Il y a des archanges administrateurs députés à la garde de chaque nation, et chaque homme a son ange gardien ;ce qu'il
{trouve par cet endroit des Actes des apures : Les anges de ces enfants voient sans cesse la face de mon Père, qui est dans le
ciel.
Il regarde Moïse écrivant sous l'inspiration du Saint-Esprit, comme le premier écrivain du monde; avant lui on n*avait pas l'usage des lettres, et c'est Dieu qui les lui a apprises sur la montagne de Sinai ; cequi est en contradiction évidente avec le \th' chapitre de TExode. En parlant de l'état du christianisme dans toutes les parties du monde, il dit qu'il y avait dans la Perse des églises, des évoques, des chrétiens et des moines. Il assure que Ton voyait encore de son temps les traces des roues laissées parles chariots de Pharaon, depuis Asserloin jusqu'aux bords de la mer Rouge ; et que sur la rive opposée, on retrouvait, de distance en distance, de grosses pierres avec des inscriptions en langue hébraïque, constatant le passage des Israélites dans le désert.
Il remarque que personne n'est baptisé, qu'auparavant il n ait fait profession de croire h la sainte Trinité et à la résur^e^ tion de la chair ; et que sans le baptême aucun n'est admis au nombre des fidèles et des chrétiens. Dieu n'a IMt sa demeure dans les prophètes qu'en partie et h certains égards, mais qu'il est tout entier, pleinement et universellement dans Jésus -Christ. Après avoir cité presque tous les livres canoniques dans le cours de son ouvrage, il dé» clare qu*il passe sous silence les épitiescatholiques, en disant que dès les premiers siècles l'Éf^Iise les mettait au rang des écritures douteuses. La preuve qu'il en donne, c'est que les commentateurs des saints Uf vres n en ont tenu aucun compte, ou lèsent rangées parmi les écrits d'une autorité incertaine.
Entre les Pères dont il cite les ouvrages, pour montrer qu'ils pensaient comme lui sur la Figure du monde, il met Philon, érèque de Carposie, à qui il attribue un commentaire siir le Cantique des cantiques^et un sur Touvrage des six jours de la création. Il cite encore Théodose, succej'SeurdeTimothée le jeune, dans le siège d'Alexandrie, et Timothée lui-même.
Cosme emploie son onzième livre à faire la description des animaux les plus rares, qu'il avait vus dans les Indes et dans l'Ethiopie. Il y parle aussi des poissons de mer et de quelques arbrisseaux qui portaient d^ graines odoriférantes. Dans le douzième, il rapporte les noms des anciens écrivains profanes qui ont cité quelque chose des livres de Moïse et des prophètes : Ceux qui ont écrit l'histoire des Chaldéens, dit-il, pouvaient parler avec certitude de la tour que les descendants de Noé construisirent aract de se disperser dans toutes les parties du monde, puisqu'il leur était facile de la tojt de leurs yeui et d'en considérer toute w Structure. Il combat le texte du Deuiéronome et le sentiment commun, qui veulent que, par un miracle de la Providence, les ^^ temcuts et les souliers des Hébreux ne $e soient pas usés, pendant qiarante aii^^s qu'ils pas-èrent dans le désert. H pl«ce'^ paradi.^ terrestre d iis U'ie terre qu'il suj['0>^ être au delà de TOcéan. 11 remarque qua
iiST