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s'attribue» oelni de fidèle. C*est à ses effets que l'on connaît sa ibrce. La foi fait roëpriscr les richesses, fouler aux pieds les grandeurs; c'est elle qui engendre les vrais serviteurs de Dieu, qui soutient les martyrs, et Îui ccoamunique aux vierges la force de étendre leur vertu jusqu'à la mort. C'est elle qui inspire les plus nobles dévouements, les plus généreux sacriQces, )es plus sublimes |)erfeetions. C'est un cetl qui éclaire les consciences par les lumières qu'elle y répand, et qui leur communique l'intelligence des fnysieres. Non-seulement elle est utile h tout» mais elle est nécessaire à tout, aux choses de la terre comme aux choses du ciel, aux choses du temps comme aux choses de réternité. Sans elle on ne peut ni servir Dieu, ni triompher du diable, ni opérer sa propre justification. Le savant catéchiste distingue deux sortes de foi, Tune qui est la foi proprement dite, par laquelle nous croyons aux vérités qui nous sont présentées; l'autre qui est comme le fruit, la récompense, la perfection de la première, et qui nous communique, par une grâce particulière de TEsprit, le don de faire de grandes choses et d'accomplir môme des prodiges. 11 exhorte les catéchumènes à se souvenir du Symbole qu'il paraît leur avoir lu dans le cours de cette conférence, k le graver profondément dans leur mémoire et à méditer souvent ses mystères qui ne sont jpas des hommes, mais de Dieu. Mous reprocluisons ici ce Symbole, qui est distribué en douze articles et conçu en ces termes : « Nous croyons en un Dieu Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, dé toutes les choses visibles et invisibles; en un Seigneur, Jésus-Christ, Fils' unique de Dieu, qui est ençendré du Père, vrai Dieu avant tous les siècles, par qui toutes choses ont été faites ; qui est venu dans la chair, s'est fait homme, de la Vierge et du Saint-Esprit; qui a été crucifié et enseveli; est ressuscité 1 e troisième iour, est monté au ciel et est assis à la droite du Père ; et viendra dans la gloire juger les vivants et les morts; et son règne n'aura point de fin : et en un Saint-Esprit consolateur, qui a parlé par les prophètes ; et en un baptême de pénitence pour la rémission des péchés ; et en une sainte Eglise catholique, et en la résurrection de la chair, et en la vie éternelle.» Ce Symbole était en usage dans l'Eglise de Jérusalem dès avant saint Cyrille, comme il le témoigne luimême. Mais , dans sa dix-neuvième catéchèse, on voit que, indépendamment de ce Symbole, celui qui se présentait au baptême, aussitôt après la cérémonie des renoncements, en récitait un autre beaucouf» plus court et qui ne contenait que ces quatre articles : Je crois au Père, au Fils et au Saint- Esprit, et eu ^n baptême de pénitence.
6- CaUcbêse. — Ue texte d'isaie : l$raèi ialtatut est in Domino ioiuU mterna, fournit au saint docteur le thème de sa sixième catéchèse, dans laquelle il parle de la monarchie d9 Dieu. A propos de ces premières perpl(«i du Sgrinbole : 4e €rui$ m Atoi, il dit
qu'on ne peut penser h Dfeu sans penser en même temps à la Trinité, afin de célébrer indivisiblement la gloire des trois personnes, puisque le Père et le Fils n'ont qu'une gloire, unique, égale et commune avec le Saint-Esprit. Quoi que nous disions de Dieu, nous ne pouvons jamais l'expliquer, lui seul se connaît, et il serait plu$ rapne de mesurer la terre, de compter les étoiles et les gouttes de pluie qui tombent dans i)n orage, que de dire ce qu'il est. Profundiora {c ne qtHBsieris I \\ rapporte ensuite les fauses idées que se sont formées de la Divinité ceux qui ont voulu en apf)rofondir la nature. Les uns ont cru que le feu était Djeu, et ont placé son trêne dans le soleil ; d^autres se le sont représenté comme un homme qui avait des ailes, fondés sur ce passage du psaume xvi : Sub umbra alarum luart/^m protège me; quelques-uns se sont imaginé quil avait sept yeux, parce qu'il est dit, non pas dans les Lamentations de Jérémie, comme plusieurs critiques l'ont prêté à saint Cyrille, mais dans la pronhétie de Zacharie : Sepfem isti oculi sunt bomini qui discufrunt in univer^ sam terram. Mais ndolAlrf e a poussé te désordre bien plus loin, puisqu'elle a été jusqu'à dire à la pierre et au |>ois : Vous êtes mon Dieu. Après avoir gémi sur ces égarements des païens, il passe en revue les différentes erreurs que le christianisme a vues s'élever contre 1# nature de Dieu, et il en réfute la doctrine. Il demande à ceux d'entre ces hérésiarques qui admettaient deux dieux, ou deux principes, l'un bon et Tautre mauvais, si ces dieux étaient quelquefois ensemble ou toujours séparés ? « Or, qoute-t-il, on ne peut dire qu'ils soient
Sjelquefois ensemble; car, suivant l'Apôtre, où la lumière brille, les ténèbres disparaissent ; au contraire,- s'ils sont séparés, ils ont donc deux lieux, deux demeures, deux séjours; eh bien, où il n'y a qu^un Dieu, il est absurde d'en adorer deux. Et d*ailleurs, ajoute-t-il, ou le Dieu que vous appelez bon est puissant ou impuissant; s'il est puissant, comment le mal a-(-il pu se produire malgré lui? s'il est impuissant, il n'est pas Dieu. Saint Cyrille rapporte une partie ae la conférence de Mânes avec Archélaiis, et pour inspirer à ses auditeurs une sainte horreur des impuretés qu'on trouvait dans les livres des manichéens, il les rapproche et les compare avec la pureté de la doctrine catholique universellement enseignée dans TEglise, où tout est dans l'ordre, où la vie est grave, la chasteté honorée, le mariage saint et la virginité élevée pour ainsi dire jusqu'à la dignité des anges«
7* Catéekèse. — La lecture de ces paroles de saint Paul aux Ephésiens, c. m, v. 1^, fournit au saint docteur le texte de sa septième conférence : Hujus rei (fratia flecto genua mea ad Pairem Domini 'nostri Jesu Ckristi. Il s*adresse aux Juifs qui ne reconnaissent qu'un Dieu, pour leur prouver que ce Dieu est le Père de Jésus-Christ, et il le fait par l'autorité de l'Ancien Testament, et surtout des psaumes. C'est abuser dea terniM
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que de dire que Dieu est le Père de Jésus- Christ» comme il est le Père des élus qu'il a créés; il est le Père de ceux-ci paradoption, il est le Père de Jésus-Christ par nature. Comme Père parfait, il a engendré un Fils parfait, à qui il a communiqué tout ce qu*il a, c'est-è-dire, sa divinité. Dominus dixitadme: Filius meusestUfegohodiegenui te IFaal. ii,7); Ex lUero ante Luciferum genui tt {PsaLcix^ 3). Saint Cyrille rapporte encore plusieurs passages duNou veau Testament, où Jésus-Christ appelle Dieu son Père, de manière à établir sans conteste sa génération éternelle. II dé« plorel'aveuglementdeceuxquidisentaubois:
Vous éêe$ mon père^ et à la pierre : Cest vous qui tn avez engendré; puis il exhorte ses auditeurs à se rendre dignes de la qualité d*enfants de Dieu dont le baptême doit leur conquérir et les bonnes œuvres leur assurer Tadoption. 8* Catéchèse, — Saint Cyrille , qui vient d'établir l'unité d'un Dieu contre les païens, et contre les Juifs sa paternité, continue d'expliquer le premier article du Symbole, et démontre sa toute-puissance, en s'appuyant sur ce texte de Jérémie : Deus mchgnus et fortis Dominas, *Son but principal est de combattre les manichéens, qui enseignaient plusieurs e/rreurs contre la toutepuissance de Dieu. Ils admettaient un Dieu créateur de nos &mes, différent de celui qui forme nos corps. Ils soutenaient aussi que Je démon est un esprit incréé, coéternel à Dieu et principe de tous les troubles et de tous les dérangements qui se manifestent dans le monde. Le saint catéchiste, pour détruire ces erreurs, s'applique à relever la
t)atience infinie avec laquelle Dieu supporte es insultes -des idolâtres, les blaspnèmes des hérétiques, les désordres des mauvais chrétiens et tout ce que le démon entreprend pour s'opposer aux desseins de sa providence et en entraver l'accomplissement. 11 fait voir contre les ariensique la puissance est égale entre les trois personnes de la Trinité, et qu'elles exercent un commua empire sur toutes les choses de la création. Il prouve, contre certains hérétiques, que les richesses viennent de Dieu, que par conséquent elles ne sont pas un mal, puisqu'au bon usage qu'on en'fait^Dieu promet luiméoie sa récompense : Esurivi et dedistis mihi manducare.
9* Catéchèse. — Cette instruction est une suite de la précédente. Le saint docteur y montre que Dieu est le créateur de toutes choses, et que l'univers tout entier est une œuvre digne de sa sagesse infinie ; mais c'est un créateur invisible, un être incor-
1)orel dont la présence ne peut tomber sous es yeux de la chair. Personne ne l'a vu, pas môme Ezéchiel, à qui il ne fut donné
Sue de contempler une iaible ressemblance e sa gloire : Similitudinem Domini. Mais Dieu se révèle par ses œuvres, sa création le fait connaître, quoique sans le faire comprendre. 11 combat ceux des hérétiques de son tempsqui déniaient à Dieu et attribuaient à un autre principe la création du monde, à cause de la contrariété qu'ils remarquaient
entre les élémentSi et il fait une admirable peinture de l'œuvre du Créateur et du bel ordre qui régnait dans l'univers. 11 décrit tout à tour la merveilleuse disposition du firmament, la nature du soleil et la vertu intinie de ses rayons qui répandent, eu un clin d'œil, la lumière de l'orient à l'occident ; le cours régulier des astres qui se lèvent et se couchent à l'heure indiquée par le Créateur ; la douceur des crépuscules qui nous donnent et nous retirent la lumière, insensiblement et par degrés mesurés, comme pour accoutumer nos yeux au passage de la nuit au jour et. du jour à la nuit ; Futilité des nuits qui se prolongent et qui s abrégent pour le repos de l'homme ou pour l'heureuse production des moissons et des fruits que la terre porto dans son sein. Les pluies, les vents , les neiges., les glaces, tout a son origine et sa destination providentielles. La terre avec ses produits, TOcéan avec ses profondeurs et son étendue, le ciel avec ses hauteurs sublimes, servent de demeure, d'asile et de patrie aux oiseaux qui volent dans les airs, aux poissons qui nagent dans les eaux, et h tous les êtres de la création qui marchent, qui rampent ou
aui végètent sur la terre ; tout a sa raison 'être, et il n'est rien d'inutile dans la créïition. De tous ces objets, le saint docteur passe à la construction de notre corps, à la disposition admirable de ses parties, à la liaison étroite, intime qu'elles ont ensemble, pour nous prouver que Dieu seul peut en être le créateur.
10- Catéchèse. — C'est à la première Kpltre aux Corinthiens que saint Cyrille emprunte ce texte zUnusDominus Jésus Chriêtus^ per guem omnia ef nos per ipsum (Ch. vm, V. 6), qui lui donna lieu de prouver le second article du Symbole par lequel nous faisons profession àe croire en un Seigneur Jésus- Christ. Il commence par établir, contre les Juifs, la néceesité qu'il y a de reconnaître en Dieu un fils, et de l'adorer. Ensuite il rend raison de son unité, et il dit que nous affirmons qu'il est un, pour pi*évenir les mauvaises chicanes des hérétiques, qui supposaient perfidement une certaine pluralité de Christ, à cause des différents noms qui lui sont donnés dans l'Ëcriture. Mais il démontre que ces dénominations diverses conviennent également à un seul; il insiste particulièrement sur celle de Seigneur, et il
Îrouve, par plusieurs passages des deux estaments, âu'elle convient réellement à Jésus-Christ. C'est au Fils que Dieu parlait au moment de la création, quand il dit : Fociamus hominem ad imaginem et simititu^ dinem nostram. C'est au Fils que parle le Père dans le psaume cix : Dixit Vominus Domino meo : Sede a dextrte mets. Les aug;es lui donnent ce titre en annonçant sa naissance aux pasteurs : Natus est vobis hodie Salvator, qui est Christus Dominuf. Les apôtres dans leurs actes rappellent le Seigneur de toutes choses : Hic est omnium Domintu ; et, après sa résurrection. Fange envoie les saintes femmes annoncer anx apôtres que
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le Seigoear est ressuscité : Euntes dicUe diicipulis quia surrexii Dominus. Saint Cyrille traite ensuite des deux autres noms du Sauveur, l*un porté par Josué, et l'autre
Sar Aaron, ces deui grands hommes ayant garé, dans leur ministère, et le souverain sacerdoce et la dignité royale qui devaient se trouver réunis en Jésus-Christ. 11 donne deui étymologies du nom de Jésus^ tirées Tune de l'hébreu et l'autre du grec, dont le sens est gue le Sauveur est en même temps le médecin des Âmes et des corps; et il fait venir le nom de Christ de l'onction divine, par laquelle il a été établi prêtre de toute éternité : Tu es sacerdos in œtemum. Les rois de la terre portent ordinairement des noms à part, qui les distinguent de leurs sujets ; Jésus--Christ, par une surabondance de miséricorde divine, veut que ses fidèles fM)rtent son nom et qu'ils s'appellent chrétiens I « Reconnaissez donc , dit-it à ceux qui étaient déjà baptisés, reconnaissez la grandeur et l'excellence du nom qui vous a été donné ; respectez-le, et qu'il n arrive jamais que par votre faute le nom de Jésus- Christ, qui est le Fils de Dieu, soit blasphémé. Faites, au contraire, que les hommes, voyant vos bonnes œuvres, glorifient le Père qui est dans le ciel, en Jésus-Christ Notre- Seigneur. » *
11' Catéchèse. — Les autres paroles du second article du Symbole forment le sujet et le fond de cette instruction. Le saint docteur y traite de la double génération du Fils de Dieu, génération divine, génération humaine, Tuue accomplie dans le temps, et ; l'autre précédant tous les siècles et accom- ^ plie dans l'éternité. Ici, par respect pour la .' vérité théologique, nous avouons qu il nous semble plus prudent de traduire le savant catéchiste que de l'analyser. « 11 n'en est pas des esprits comme des corps, dit-il ; un esprit est produit d'une manière spirituelle et incompréhensible. Dans la génération des (^orps, il faut qu'il y ait un certain intervalle de temps, par lequel celui qui engendre précède celui qui est engendré. La génération corporelle est toujours imparfaite; la génération étemelle ne saurait souffrir d'imperfection. Le Fils est engendré d*une manière parfaite ; il a toujours été ce qu'il est; tandis que les hommes ne reçoivent qu'avec le temps les perfections qu'ils ne pouvaient avoir au moment de leur formation. » Ces paroles du psaume u, v. 7 : Dominus dixit ad me : Filius meus es tUj ego hodie gtnui le, s'appliquent évidemment à rélernité de sa génération, car le mot Aocite signifie un jour sans veille et sans lendemain, et par conséquent un jour éternel. Aussi est-il écrit dans un autre psaume : £x utero ante Luciferum genui te. c Le m;^slère de cette génération, poursuit le saint docteur, inconnu de toutes les créatures, n'est connu que du Père, du Fils, et du Saint- Esprit Le Fils est en tout semblable au
Père; les caractères de la Divinité sont les mêmes dans le Père et dans le Fils, en sorte que le Père est pariait et le Fils est parfait;
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le Père qui engendre est Dieu, et le Fils qui est engendré est Dieu, et le Dieu de toutes choses est engendré d'une manière ineffable, avant tous les siècles, suivant cette parole du prophète Michée, cb. v, v. 2 : Et egressus
2 'us (A tm'lto, a diebus œtemitatis. Jésushrist dit de lui-même : Je vous dis que fêtais avant qu'Abraham fût né; et ailleurs, en parlant à son Père : Glorifiez-moi maintenant de la gloire que foi eue en vous avant que le monde fât fait. Or quelle peut élre cette
§Ioire, si ce n'est une gloire étemelle? » aint Cyrille montre enfin, par plusieurs autorités de l'Ancien et du Nouveau Testament, que toutes choses ont été créées par le Fils, non que le Père ne possédât par lui-raèjne la puissance de créer, mais parce qu'il a voulu s'associer son Fils dans 1 exécution de ses œuvres et le faire régner avec lui sur toute la création.
12* Catéchèse. — Le saint docteur continue le Symbole, et traite, dans ce discours , du mystère de l'incarnation. La lecture du jour, empruntée à ces paroles d'Isaïe : Virgo con-cipiet et pariet filiumj et voeabis nomen ejus Emmanuel^ lui fournit le texte de son instruction. U pose d'abord en principe qu'il est aussi nécessaire au salut de confesser l'humanité que la divinité de Jésus-Christ. 11 réfute, sur ce point, les erreurs des Juifs et de plusieurs hérétiques, en leur opposant la doctrine raisonnée de l'Eglise sur l'incarnation. U répond à ceux qui lui demandaient la raison de ce mystère : « Jésus-Christ est descendu du ciel et a pris un corps pour nous sauver, pour sanctifier les eaux du baptême,
Sour détruire l'idolâtrie , en se faisant renre dans l'humanité l'adoration qui lui est due, pour vaincre le démon par les moyens mêmes qu'il avait employés pour nous perdre, et rendre ainsi lliomme déchu participant de la divinité.» Mais comment cela s'estil accompli? Comme s'accomplissent tous les mystères, comme se sont accomplis tous les prodiges de l'Ancien Testament. En admettant les uns , parce que l'histoire les constate, on ne peut nier la possibilité de lautre , qui est affirmé [>ar la parole même de Jésus-Christ. Ensuite il montre qu'en Jésus- Christ toutes les prédictions des prophètes touchant le Messie se sont accomplies , et
laient le mystère virginal de son incarnation» et qui le faisaient descendre, comme homme» de la race de David. Les paroles mêmes de son texte lui servent à prouver la vii^nité de la mère du Sauveur : Dabii DoniinuM robis signum : ecce virgo concipiet^ etc. Si Marie eût cessé d'être vierge, son enfantement était naturel, ordinaire, et il n'y avait point de raison de le donner comme un prodige. Le mot de femme employé dans l'Ecriture^ pour désigner la mère de Jésus-Christ , ne détruit nullement sa virginité ; c'est un terme générique qui s'applique au sexe, et qui ne désigne pas plus les épouses que les vier>
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DICTIDNNAHtE BE PATROLOGfB.
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ses. Enfio* il termiûe $oq iostrucfioa par ua éloge pompeux de la virginité.
13* Catéchèse, — La treizième catéchèse a pour titre : Cruci^um et sepultum ; mais le saint docteur traite priDCioalement de la première partie de cet article du Symbole. Son but est de montrer les avantages (|ue nous retirons de la mort de Jés]isA^hri3t , d'en faire ressortir la réalité et d'en releyeir toutes les circonstances. 11 exalte la croix , et la montre dans tous les siècles comme la gloire de rEglise, puisque c'est par elle que Jésus-Christ nous a procuré le salut, U dit que si sa mort n'avait été qu imaginaire » comme quelques béréti(}ues 1 oiit prétendu» les pharisiens mériteraient d'être crus lors^ qu'ils dirent à Pilate : Nous fMus souvenons que ce séducteur a dit^ quand U étai^ encore en vie, « Mais, dit-il, quand je vou-rkftis nier qu'il ait été véritablement crucifié, cette montagne du Golgotha sur laquelle nous sommes assemblés m'en convaincrait, de même que le bois de sa croix , coupé par
Sarcelles, en ce lieu, et déjà distribué dans )ut l'univers. » 11 rapporte ensuite Quelques Eftssages de l'Evangile, dans lesquels Jésushrist a prédit lui-mÔDae sa passion, sa eroix, sa mort. Puis U montre que non-seulement sa mort, mais jusqu'aux plus petites cireonstances de sa passion ont été prédites par les prophètes, avec une exactitude de fond et une vérité de détails qui en font comme une histoire écrite plusieurs siècles avant l'événe^ ment. Il réfute l'opiniori dft oeux qui soutenaient que Jésus - Christ n'avait été crucifié Sue comme un fantôme, et il n'a besoin que u récit évangél ique po ur les confondre. 11 cite encore le témoignage des douze apôtres témoins de sa mort , la foi de l'Ëglise, et les miracles opérés tous Ids jours par la vertu de la croix.
ik' Catéchise. — Cette conférence explique en même temps trois articles du Symbole : la résurrection de Jésus-Chrisi^ son ascension dans le ciel^ et la place d'honneur assignée è son humanité à la droite du Père, Le saint docteur prouve que sa résurrection a été annoncée par les prophètes, avec une exactitude aussi rigoureuse que sa passion et sa mort. Les témoignages les plus formels sont ceux qu'il rapporte des psaumes xxix et Lxxxvii, et celui de Sophonie, où Dieu dit , par la voix de son prophète : Exspecta me , aicii Domiwus\^in die resurreciionis mea m fuiurumy ch. iiî, v. 8. Le prophète iOsée est plus explicite encore : il assigne le jour et le moment précis de cette résurrection : Vivi^ ficabit nos post dtAos dies^ in die êertio susci^ tabit nos et vivtmus in conspeetu ejus. Ei>^ suite, par des faits que les Juife ne pouvaient révoquer en doute, il prouve la possibilité de la résurrection. U rapporte quelques-unes de celles qui sont consignées dans rAnoien Testament, entre autres, celles opérées par Slie et par Elisée, aux prières desquels la mort a rendu ses victimes. Il cite le trait de Jonas, qui n'était que la figure de Jésus- Christ. Si Jonas dut a Dieu sa conservation ci son salut, pourquoi le Seigneur u'aurait-
il pu se restituer K lui-même sa propre vie? A celte occasion , le saint docteur parle de la descente de Jésus-Christ aux enfers : il y est descendu seul, mais il en est ressorti accompagné d'un grand nombre de saints , dont il a réveillé les cadavres eadormis du sommeil de la mort. Il démontre, ccHitre les manichéens, qu'il n'y eut rien de fantastique dans la résurrection du Sauveur; qu'il est vraiment ressuscité, non en ap|)arence, eomme ils le soutenaient, mais en réalité. Il allègue le t<Smoignage des apôtres, qui vécurent avec lui; des saintes femmes, qui loi baisèrent les pieds, et virent les suaires
Îui avaient enveloppé son corps; des gares, qui reçurent de l'argent des Juifs {tour cacher ce miracle ; du sépulcre même, que l'on voyait encore de son temps , et du temple magnifique édifié sur cet emplacement par la piété de l'empereur Constantin. Comme le pieux orateur avtfit traité la veille , dans un discours particulier, de Tascensioa du Sauveur, il n'en dit que quelques mots dans cette catéchèse. Il se oontente de rappeler à la mémoire de ses auditeurs les passages de l'Ecriture qui établissent ce mystère : un du psauna xlvi , oh nous )i- Sûoa : Ascendit Dominus injubifo; un autre du paaume xxiii, où les vertus des eieux se disent entre elles : Attollite portas^ principes^ vestras;.,. un troisième du psaume ikvu , où nous lisons : Ascénéii in attum , eupiiffmn Ouxit captiffitatem : et, enfin, ee passage d*Amos, qui ne peut s'appliquer qu'à Jésus- Christ : Qui œiifkat in cmium ascensione^n ssmm. Il dit quelques mots dllabacoc, d'Enoch et d'Elie, pour marquer la différence qui existait entre eux et Jésus-Christ : ils avaient été enlevés au ciel, tandis que le Sauveur y était monté de lui-même et par sa propre vertu. La troisième partie de ce discours est plus succincte encore ; le saint docteur avait parlé au^^si, dans le discours du jour précédent, do la placed'honneurque Jésus-Christ occupe à la droite de son 9hte, U établit ce n^ystère sur ces paroles d'Isaie : Vidi Dominum Sfdenttm suptr thronum eâs ceisutn^ ch. vi, v. 1 ; sur ce verset du Psalmiste : Paratus tkronus tuus ex iunc ; s fipc%Uo iu es (xcii, 2); et ailleurs (Psal. cix) : Bixit I^ominus Domino meo : Sede a dextris mets; puis , enfin, sur cette aflirmatton positive de l'Evangile : Abhinc tiâebiti» Fïlium kominis sedentem a dextris virtuHs iM.
45' Catéchèse. — Le second avènement de Jésus-Christ, te jugement dernier, son règne éternel, forment \es trois divisions de cette conférence. Dans la première partie, le saint docteur distingue deux avènements de Jésus-Christ, et il en explique \^% similitudes et les différeoces. Le premier ftit un avènement de victime, accompli dans les ignominies de la croix ; le second sera un àyénen»en( de gloire , accompli dans toute la majesté du juge qiii vient demander compte de son sang. « C est alors , dit saint Cyrille, qu'il renouvellera le monde de sa création , qu'il le purifiera des crimes qui l'ont souillé, qu'il roulera les cieux, non pour les anéaa-
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tir, mais afin de les rendra plus brillnnts. * Dans la seconde partie, il décrit le jugement dernier, en Tentourant , d'après lËvangile même', de toutes les ciroonslances qui doi^ yent le précéder, Vaccompagner et le suivre. Quoique présentée sous un jour saisissant » cette description n'ajoute rien aux idées que r£criture nous donne«de ce qui doit se passer à ces grandes assises de Vhumanité. La ooDclusion pratique à en tirer , o*est de tAeher, par une bonne ne , d'aller ayec con«> flanee au-devant de Jésus-Christ notre roi, qui doit régner dans tous les siècles. Une hérésie s'était élevée depuis peu , qui enseignait que le règne de Jésus-Christ ne durerait que jusqu'à la fin du monde ; nu'après oe terme , le Vorbe , qui était sorti du Père par la génération, rentrerait dans son sein
Kur s'y absorber et s*y confondre. L'auteur ces blasphèmes s'appuyait sur ce passage de l'Evangile : Exivi a Patrt et veni iumun-éum; nunc relinquo mundum et vado ad Por êrem. Le savant catéchiste n'a pas de peine k montrer que c'est 1 ignorance toute seule des saintes Ecritures qui peut faire tomber dans dépareilles erreurs, puisau'il est écrit en tant d'endroits que Jésus-4^nrist régnera à jamais sur la maison de Jacob , et que , comme son règne n'a point eu de commencement, il n'aura point de fin.
16* CatécM$0. — La croyance à l'Esprit consolateur , qui a parlé par les prophètes, fait le sujet de cette catéchèse et de la suivante. Comme cette question touchait aux (principales erreurs de l'époque, le saint doc« eur crut devoir la traiter avec étendue. II débute f>ar cet aveu i qu'on ne peut parler correctement du Saint-Esprit, m comprendre ce qu'on en dit et en profiter sans une srâce innnédiate de Jésus-Christ. Or , voici , ail le saint docteur, ce que l'Eglise enseigne sur ce sujet; savoir: « Qu'il n'y a qu^un seul Saint-Esprit, comme il ny a qu'un s<»ul Père et un seul Fils; que TEspritqui a parle dans les d.'ui Testaments est le même , et qu'il faut l'honorer à l'égal du Père et du Fils, aveo lesquels il est compris dans la sainte Trinité, au nom de laquelle Jésus-Christ a ordonné à ses apôtres de conférer le baptême. » — Il rapporte ensuite les différentes erreurs qui se sont élevées contre l'existence et la divinité du Saint-Esprit, mais il signale partie oulièrement celles de Simon le Magicien et de Mauès, qui se sont donnés successive* ment comme le Paraclet envoyé de Jésu^ Christ. Comme il y a plusieurs êtres à qui Ton donne le nom d'esprit, tels que les anges, notre âmci et généralement tout oe qui n'est pas corps , saint Cvrille, pour empêcher qu*on ne le confonde avec eux i nous révèle la nature du Saint-Esprit, par ses opé* rations merveilleuses, qui ne lui sont communes avec aucun être créé. Le Saint-Esprit, dit-il, ne nous inspire que du bien dans la ▼ue de notre salot ; sa venue est douce et son jouK QiÀ léger. Avant d'entrer dans l'Ame, il y répand les rayons de sa lumière et de la science ; il vient pour nous protéger , nous préserver du mai , nous guérir , nous ins-
Iroire, nous avertir, nons fortifier, mana con^t soler, nous éclairer, afin qu'ensuite nous puissions oofnmuaiauer ses lumières aux autres. C'est pour cela qu'il est appelé JN^
radei ou ConeolcUeur Le Père donne au
Fils, el le Fils communique au Saint-Esprit; Biais les dons du Père ne sont pas autres que ceux du Fils et du Saint-Bspril; car il n'y a qu'un salut, qu'une puissance, qu'une foi : un Dieu le Père , un Dieu qui est son Fils unique, et un Esprit consolateur qui est également Dieu. Voilà ce au'il suiTit desavoir; ce serait une curiosité téméraire que de chercher h approfondir sa nature, et h expliquer sa substance. Enfin, le saint docteur termine cette première. partie par le dénom* brament des merveilles au*il a accomplies dans les grands hommes ae l'Ancien Testament.
17' Caiéckêie. — Les opérations du Saint* Esprit dans les saints du Nouveau Testa* ment forment la seconde partie et la dixseptième conférence. Le saint docteur en signale les merveilles: dans fa sainte Vierge, qu'il sanctifia pour en faire la mère de Jésus-Christ ; dans Elisabeth et dans Zacharie, qu'il combla de ses dons jusqu'à les faire prophétiser; dans Jean-Baptiste, dans le juste Mméon, et dans Jésus-Christ luimême, lorsqu'il se communiqua è son htt«* manité au moment de son baptême. La conversion des Juifs qui venaient de crucifier le Sauveur, la guérison des maUdes,» ia résurrection des morts, et la lumière de l'E-i vengile faisant le tour du monde, portée par la prédication des apôtres, et illuminant tout à rxHip IHinivers, voilà les opérations merw veilleuses du Saint*Esprit que le zélé catéchiste décrit rapidement, en en faisant plutôt l'énumération que la iieinture et le tableau. Comme il avait déjà préciié une fois ce joui^là, le temps lui manqua pour entrer dans de plus grands développements, et multiplier les citations des livres du Nouveau Testament où il est perlé du Saint-Esprit. 11 exhorte fortement ses auditeurs à demeurer fermes dans la foi en un seul Dieu Père Tout^-puissant, en Jésus-Christ son Fils unique, Notre-Seigneur, et en un Esprit conso* laleur. 11 ajoute que, lorsqu'on le comprend biei, la distribution seule des articles du Symbole suffit pour réfuter toutes les erreurs.
1^ Cniéckêse. — Cette cenférsnoe eon* tient Texplicatioa des derniers articles du Symbole, dans lesquels nous faisons profession de croire en une sainte Eglise catholique, en la résurrection de la chair et à la vie étemelle. Le saint docteur traite d'abord la grande questiou de la résurrection de la chair, qu'il appelle la racine ei U fbndemmU de toute$ nos honnêê «uercs. Les gentils, les samaritains et plusieurs hérétiques niaient la possibilité de la résurrection. Il répond d'sDord aux gentils : « Une chose n*est pas impossible à Dieu parce que nous ne pouvons pas la concevoir : il lui est aussi nicile de retrouver les parties de notre corps et de les réunir, qu'à nous de leok et de oémèlev
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dans notre main la graine de plusieurs plantes. Il est de sa justice de récompenser les bons et de punir les méchants : il faut donc bien que Dieu se réserve une autre ▼ie dans' laquelle il rendra à chacun selon ses œuvres, puisqu'il est évidemment démontré par les faits qu'il n'exerce pas toujours toute sa justice dans la vie présente. » Le saint docteur, aprèsplusieursautres écrivains ecclésiastiques, rapporte la fable du phénix selon l'opinion de son temps; mais il tire de la nature de l'homme même un exemple plus sensible de la résurrection des corps. Quels sont les principes de notre formation? dit-il. Une matière vile et abjecte, composée elle-même d'éléments faibles et confus. î»îéanmoins elle se convertit en chair, en os, en nerfs; il s'en fait des yeux, une langue, des mains, des pieds, tous les organes, en un mot, dont l'union est nécessaire pour en former un homme. » Aux samaritains, qui ne reconnaissaient pour authentiques (|ue les seuls livres de Moïse, il répond par Tautorité de ces livres, et il établit le dogme de la résurrection. Dieu dit a Moïse : Ego sum Deus Abraham, Deus Isaac et Deus Jacob. Or, il s'appelle lui-même autre part le Dieu des vivants ; si ces saints patriarches n'existaient pas ou ne devaient pas ressusciter, il ne serait donc que le Dieu des morts. — Us existent quant a leurs âmes, répondaient les samaritains , mais ils ne peuvent plus exister quant k leurs corps. « Si la verge de Moïse, réplique le saint docteur, a pu être changée en serpent, à plus forte raison les corps des justes pourront-ils res;Jusciter, puisque l'un est 'contraire aux lois de la nature, tandis que l'autre n'y déroge pas. Et, d'ailleurs, dès le commencement, au moment de la création de l'homme, la poussière a bien été changée en chair; comment donc ce qui a été chair ne pourrait*il plus le devenir? » — Trois textes des saints livres fournissaient aux hérétiques leur thèse principale contre la résurrection des morts : Ce verset du psalmiste : Non résurgent impii in judicio neque peccatores in concilio justorum ( Psal. v ) ; cet autre de Job : Sic qui descenderit ad in fer os ^ non as* cendet; et enfin ce passage du psaume cxiii, V. 19 : Non mortui lauaabunt te. Domine. — A cela le saint docteur répond que, suivant la pensée du Psalmiste, il y aura une grande d:ifférence entre la présence des justes et des impies au tribunal de Dieu : les uns y paraîtront pour en obtenir leur récompense et les autres pour entendre leur condamnation. Les pécheurs ne ressusciteront pas pour y être réunis à la société des saints. Quand, plus loin» dans le psaume que nous avons indiqué, il est dit que les morts ne loueront point le Seigneur, il faut évidemment l'entendre de ceux qui sont morts par le péché, puisque l'auteur sacré complète son verset par ces paroles qui suivent immédiatement : Neque omnes qui descenduni in infemum. L'objection tirée de Job est encore une objection de mauvaise foi, puisqu'il suffit du contexte pour la réfuter. Sans
doute les morts ne sortiront pas du tombeau pour rentrer dans leur maison et dans la jouissance de leurs propriétés : Nec revers tetur ultra in domum suam^ nec cognoscet eum amplius locus ejus. 11 joint à toutes ces réponses des passages tirés de Job lui-même, ch. XIV, V. 7; d'isaïe, ch. xxvi, v. 19; d'Ezéchiel, ch. xxxvii, v. 12 ; de Daniel, ch. xii, V. % qui tous prouvent clairement la résui> rection des corps, et il achève d'établir ce dogme chrétien, en rappelant les résurrections incontestables rapportées par TAncien et le Nouveau Testament.
Les deux autres articles ne sont touchés qu'à la superficie. La question de l'Eglise se réduitià démontrer son universalité. On l'appelle catholique, parce qu'elle est répandue par toute la terre; parce qu'elle enseigne universellement, et sans aucun danger d erreur, tous les dogmes dont la connaissance est nécessaire aux hommes pour le salut; parce qu'elle assujettit au même culte les grands et les petits, les princes et les sujets; parce qu'elle a le pouvoir de remettre tous les péchés, de distribuer toutes les grâces et de perfectionner toutes les vertus. C'est son titre de catholique
3ui la distingue de toutes les sectes 'et e toutes les hérésies. Chaque erreur forme une assemblée particulière, à lacjuelle elle donne son nom; l'Eglise catholique seule réunit sous une dénomination unique la grande famille des chrétiens. Elle est la mèie de tous les fidèles ; parmi ses enfants, les uns l'ont enrichie par leurs souffrances aux jours de la persécution, les autres par leurs vertus dans les temps de calme et de
f)ai\. Enfin, elle seule a la vertu de conduire es hommes à la vie éternelle, puisque cette vie s'obtient par la foi en Jésus -Christ, par le martyre, par l'accomplissement des préceptes et par la pratique des bonnes œuvres. Cette conférence est la dernière de celles que le saint catéchiste donna à ses catéchumènes avant de les présenter au baj)tème. Gomme la fête de Pâques était proche, il leur promet de les réunir tous les jours de la semaine suivante, afin de leur expliquer le mystère des sacrements qu'ils auraient reçus. C'est cette explication qui fait le sujet des cinq catéchèses mystagogiques dont nous allons parler.
V* Mystagoaique. — La première cérémonie, dans Tadministration du sacrement de baptême, consistait à faire entrer les catéchumènes sous le portique du baptistère, et le, debout et les yeux tournés vers l'occident, d'où viennent Jes ténèbres, on leur faisait étendre la main et renoncer à Setan en ces termes : Je renonce à toiy Salan^ comme au prince des ténèbres, au maîtret et au ministre de tout péché. Je renonce à toutes tes œuvres^ c'est-k-dire à toutes les actions et même àtoutes les pensées quine sontpas conformes aux principes de la morale, de la justice et de la droite raison. Je renonce à toutes tespompes, c'est à-dire aux spectacles, aux fêtes età toutes les autres vanités du siècle, /e renonceâ^ou(/ccu{/edudtafr/e,c'est-à-direàtoutc
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pratique superstitieuse, contraire h la foi et ressemblant à Tidolâtrie. Après ces renoncements, on les faisait tourner de Toccident à l'orient, d'où vient la lumière, pour leur apprendre que Dieu leur avait ouvert son paradis, qu'il a placé à' l'orient, et d'où il a chassé notre premier père, pour le punir de sa désobéissance. C'est alors qu'on les avertissait de réciter le Symbole, ce qu'ils faisaient dans les termes aue nous avons indiqués aux précédentes (Catéchèses.
2* Mystagogique. — Aussitôt entrés dans le baptistère, on dépouillait les catéchumènes de leur tunique intérieure, pour leur apprendre qu'ils allaient se dépouiller du vieil homme, et représenter par leur nudité Adam innocent dans le paradis terrestre, et Jésus- Christ attaché nu à l'arbre de la croix. Dans cet état, on les oignait, depuis le haut de la tète jusqu'aux pieds, d'huile exorcisée, afin de les rendre participants de l'huile de l'olivier franc, qm est Jésus-Christ; on les conduisait ensuite à la sainte piscine, et, après leur avoir fait réciter leur profession de foi, on les plongeait trois fois dans l'eau, pour marquer par ces trois immersions les trois jours aue Jésus-Christ passa dans le tombeau. Les néophytes étaient donc morts et vivants tout ensemble : l'eau baptismale était pour eux comme un sépulcre où ils étaient ensevelis, et comme une mère qui leur donnait une nouvelle existence. Ils trouvent leur salut dans le baptême, puisque Jésus- Christ ne Ta pas seulement institue pour remettre les pécnés, comme celui de Jean-Baptiste, mais encore pour faire de tous les chrétiens les enfants adoptifs de Dieu.
3' MysioQoqique. — Saint Cyrille, comme les autres écrivains grecs, appelle le sacre* ment du chrême la confirmation qui se conférait immédiatement après le baptême. Au sortir du sacré lavoir, on oignait de chrême les nouveaux baptisés ; cette onction représentaitcelle dont Jésus-Christ lui-même a été oint par la vertu du Saint-Esprit , suivant cette parole du prophète : Sptrilus Domini super me, pr opter ea unxit me. On la faisait sur le front, pourefTacer la honte que le premier homme portait depuis son péché : sur les oreilles, atin de les ouvrir à Tentendemeut des divins mystères ; sur le nez, afin que la
1>résence de ce parfum spirituel nous rendit a bonne odeur de Jesus-Christ : Christi bonus odorsumus ; sur la poitrine, afin que, revêtus de la justice comme d'une cuirasse, nous pussions résister fortement à toutes les attaques du démon.
^ k* Jtfys^o^oyt^ue.— Doublement revêtus du sceau de Dieu par le baptême et la confirmation , les nouveaux chrétiens étaient admis è participer aux divins mystères, c'està-dire au corps et au sang de Jésus-Christ ; à son corps sous l'espèce du pain , et sous l'espèce du vin à son sang. Il emploie presque toute cette catéchèse à montrer que, quoique les sens nous persuadent le contraire, nous devons tenir pour constant que le pain et le vin sont réellement changés au corps et au sang de Jésus-Christ. Ensuite
il établit le dogme de la présence réelle, 1- par le témoignage de saint Paul, dont on avait lu, ce Jour-lè, le passage de l'Epître aux Corinthiens, qui conlirme l'institution de l'eucharistie ; 2' par l'autorité de Jésus- Christ, qui, en parlant du pain, déclare formellement que c'est son corps et que le vin est son sanç ; 3* par le miracle des noces de Cana; car, dit-il, si nous devons croire qu'il a changé l'eau en vin, qui a une certaine aflinité avec le sang, pourquoi , sur sa parole, ne croirions - nous pas qu'il a réeilementchangé le vin en son sang? ^* parce que dans le baptême il s'établit entre l'âme chrétienne et Jésus-Christ une union spirituelle dont l'eucharistie est la consommation. Il distingue les apparences de la réalité : sous la figure du pain, le corps nous est donné, et le sang sous la figure du vin; afin que, nous nourrissant de T'un et de l'aulrb, nous devenions avec Jésus - Christ un même corps et un même sang. Il réfute l'objection des capharnaïtes qui entendaient dans un sens charnel et grossier le précepte du Seigneur. Il oppose le pain céleste et le breuvage salutaire de la loi nouvelle aux pains de proposition de la loi ancienne, et qui ont cessé avec elle. 11 cite plusieurs endroits de l'Ecriture , dans lesquels ce banquet mystique était annoncé, et il finit sa conférence en exhortant ses auditeurs à se fortifier par la participation de ces mystères.
5' Mystagogique. — Cette dernière con* férence est toute liturgique. Saint Cvrille y traite avec détail de toutes les cérémonies qui se pratiquaient dans la célébration du sacrifice de l'autel, et de la distribution qu'on en faisait aux assistants ; mais il ne commence sa description qu'au lavement des mains, c'est-à-dire au moment où, après avoir mis dehors tous ceux qui ne devaient pas être témoins de la perpétration des mystères, le prêtre allait commencer le canon. L'eau était présentée par un diacre qui donnait à laver au prêtre ofiîciaut et aux autres prêtres, qui, rangés autour de l'autel, célébraient avec lui. Après celle cérémonie, le diacre disait à haute voix : Embrassezvous et donnez-vous le baiser de paix. Vos iimcem suscipite^ osculaminique mutuo. Ensuite se récitait, dans la forme commune, co que nous anpelons la préface de la messe, dans laquelle le prêtre s unissait aux an^es, dont il nommait les neuf chœurs. Il y faisait mention aussi au cid et de la terre, du soleil, de la lune, des astres, et de toutes les créatures visibles et invisibles; puis il la finissait, comme nous le faisons encore, par le cantique des séraphins, que le $aint docteur appelle une théologie sacrée. C'était le prêtre qui commençait ce chant de tradition angélique , afin de nous mettre en communication avec toute la milice du ciel. L'invocation sur les dons proposés pour le sacrifice, l'oraison pour les vivants, l'intercession des saints, la prière pour les morts* rOraison dominicale, se récitaient comme elles se récitent encore de nos jours. Cette prière achevée , le prêtre s'écriait : Sancta
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DICTIONNAIRE DE PATftOLOGlE.
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tanfc/w, indiquant par là que les espèces divinisées sur l'autel par 1 infusion du Saint- Esprit ne pouvaient être oÉfertes qu'à ceux que sa grâce avait sanctifiés. Alors le peuple répondait : tTntw sanctus , unus Dominus Jésus - Chrisius j et aussitôt le psalmiste chantait ce verset du psaume xxxin : Gustate et videte quoniam suavis est Dominus , (}ul était un appel à la communion. Voici comment se aistribuaient les divins mystères : « En TOUS approchant de la communion, dit saint Cyrille, n'étendez pai les mains et n'écartez pas les doigts, mais mettez voire main gauche sous votre main droite pour lui servir de trône, et, dans la cavité de cette main, recevez le corps de Jésus-Christ en disant Amen. Sanctitiez vos yeux par la ^contemplation de ce corps adorable ; communiez-et prenez garde de n'en rien perdre. Après la communion du corps, approchezvous aussi du calice de son sang ; inclinezvous pour l'adorer, et en disant Amen, sanctifiez-Vous par la communion du sang du Sauveur. Pendant que vos lèvres en sont encore humectées, porlez-y la main pour consacrer votre front, vos yeux et les autres organes de vos sens. Enfin, en attendant la dernière prière, rendez grâces k pieu, qui vous a rendus participants de si grands mystères. Retenez ces traditions dans leur pureté, 6t ne vous privez jamais de la communion par vos péchés. » Telle était la liturgie de TEgUse de Jérusalem dû temps de saint Cyrille, Mais, comme nous l'avons déjà remarqué, il n*en rapporte qu'une partie, qui est néanmoins la plus considérable. Il ne parle ni de Toblation des dons sur Tautel, ni des prières dont elle était accompagnée, ni de celles qui précédaient ou suivaient la communion, ni des paroles que le Srétre prononçait en la distribuant, ni enfm e plusieurs autres rites gui étaient dès lors en usage dans la célébration des divins mystères.
Des autres ouvrages de saint Cyrille. — Outre les Catéchèses que nous venons d'aùalyser, nous avons encore du saint docteur de Jérusalem une homélie sur le paralytique de l'Evangile, une lettre à l'empereur Constance, et trois fragments de deux discours sur IlBvangile de saint Jean.
Bomélie sut le paralytique. — Ce discours,
Krin pendabt longtemps dans TEglise, ne t retrouvé que très-tard, et publié pour la Îremière fois à Oxford, par les soins de bornas Milles, en 1703. Une édition plus complété et corrigée sur un manuscrit ae la Bibliothèque nationale parut à Paris, en 1?20. Nul doute qu'il ne soit du saint docteur ; chaaue manuscrit porte le nom de saint Cyrille, en tôle de son titre, et on peut affir^ mer qu'il ne se trouve rien, dans cette homélie, qui démente la vérité de cette inscription. La description que l'auteur y fait de fa piscine probatique, et du lieu appelé
Ear les Grecs Ae96oTp«Toç et par les Hébreux 'a66afa, fait voir qu*il en avait une counaissance |)articulière, et que ces lieux étaient également familiers à ses auditeurs. Il mar-
que ailleurs qu'il était prêtre , et que révoque devait prêcher après lui. Tout cela convient parfaitement à saint Cyrille. Ou reste, le style de cette homélie, semblable à Celui des Catéchèses, est simple, familier, sans beaucoup de liaison ni de suite, comme il arrive souvent à ceux qui parlent d'inspiration.
Il aborde son sujet en nous traçant de Jésas-Chrlst le portrait qu'il en a tracé luimême. Il nous le montre comme le médecin des âmes et des corps, nui traverse le monde en répandant partout les miracles et les bienfaits. Q^tte question que le médecin suprême adresse au paralytique: Visne sanus fieri ? est une preuve que, dans les maladies de l'âme, la grAce de Dieu a besoin du concours de la volonté. La réponse du paralytique, Hpminem non habeOy fournit à Torateur l'idée* de nous préseiter Jésus-Christ comxhe Dieu et comme homme, et de nous faire reconnaître en lui la divinité unie à l'humanité. La guérison du paralytique et tes autres miracles de l'Evangile sont un témoignage de sa toute - puissance et de Timmense bonté de son cœur. Il remarque qu'il a guéri le paralytique sans le toucher, et» par la seule efficacité de sa parole, et îi reproche aux Juifs, qui Tâccusatent de vio- Ter le sabbat, de ne l*avoir pas adoré tomme le souverain libérateur. Enfin, de ce dernier ihot du Sauveur : Fade, noli àrhptiuspeccwre^ ne tibi deterius aïiquid continuât^ il conclut que tous les maux de fâ vie tirent \eut origine de nos péchés. C'est pourquoi il nous exhorte à les corriger ou à les ftiir, M, dans toutes les maladies de l'âme et du corps, à i^cOùrir à Jésus-Christ, comme ad tnédecin qui peut nous en accorder la guérison.
Leitte à Consternée, — Nous aVohs bà'rlé, dans la biographie publiée en tête Se cet article, de l'apparition d'une croix miraculeuse au-dessus de la ville de Jérusalem. C'est la description de ce prodige qui fait le fond de la lettre que le saint docteur, devenu alors évêque, écrivit ô l'empereur Constance. Il Je lui signale comme une marque de faveur que Dieu accordait à son règne. — « Du temps du grand Constantin , yotre père, lui dit-il, le bois salutaire de la croix fut trouvé à Jérusalem ; Dieu accorda à un homme qui cultivait là piété la grtice de trouver les saints lieux, cachés sous les monuments dont l'impiété les avait couverts. De votre temps, Irès-pieut empereur les miracles be viennent plus de la terre, maïs du ciel. Pendant les saints jours de la Pentecôte, aux Nones de mai, vers l'heure de Tierce, une cnoix lumineuse parut au-dessus de Jérusalem, s'étendant depuis le Golgo* tha jusqu'à la montagne des Olitiers. Elle d'est montrée^, non à une ou deux personnes, mais à tout le peuple de la ville. Ce n'a pas été, comme on pourrait le croire, un phénomène [)assager. Il est resté pendant plusieurs heures visible à tous les yeux, et plus éclatant que le soleil, puisque sa lumière ne l*a pas effacé. Aussitôt, toute la population de la tille se pi^écipite vers résilia ave^ um foie
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iiièlée de crainte. Les jeunes et les vieui, les hommes et les femmes, les chrétiens du pays et les étrangers, tous, jusqu'aux païens,
Sue rdclat du prodige avait attiréSf louaient otre-Seigneur Jésus-Christ, le Fils uniqile de Dieu, Te faiseur de miracles , convaincus par le fait m(mo, oue la doctrine des chrétiens n'est pas seulement appuyée sur les vains discours de la sagesse humaine, mais sur les effets marqués de la puissance de Dieu. » Le saint docteur ajoute que lui, et tous les habitants de Jérusalem i témoins oculaires du prodige, en ont rendu grâces à Bien, et fait, sur remplacement même dos saints lieux, des prières pour la prospériié du règne de Tempereur. Il unit sa lettre en faisant des vœux pour lui et pour sa famille, et en lui exprimant le désir qu'il glorifte» à jamais, la sainte et oonsubstantielle Trinité.
L'analyse des Catéchèses nous a mis à même d^apprécier la manière de saint Cyrille. Il suit presque partout la même méthode. Dans les matières controversées , il expose d'abord les sentiments des hérétiques ou des païens , qu'il combat , en appuyant la doctrine catholique de toute l'autorité qu'il peut emprunter aux témoignagoa de l'Ecriture et aux arguments de la raison. Comme il ne s'adressait qu'à des catéchur inènes qui n'étaient pas cncoredevenus chrétiens par le baptême , il se sert habituellement des termes les plus simples , les plus Visuels , étitant avec soin les expressions consacrées par la théologie , comme celles d'essence, dTiyposiase, de personne, qui faisaient le sujet de toutes les controverses du temps. Son style est familier , mais net et sans embarras ; c'est le style d'un maître qui parle h ses disciples, et qui s^applique moins à frapper leurs oreilles par fa oeauté des périodes et Télégance du discours ,
Î[u'à les éclairer et à les convaincre par là ucidité et la force des raisonnements. Il S'élève néanmoins lorsque la grandeur du àujet le demande , comme dans la sixième catéchèse, où il établit lunité de bicu etd un
reiuier principe. Mais il s'applique plutôt être exact et précis dans l'explication du dogme, et à formuler eu peu de mots une
{profession de foi claire et a la portée de lout é morrde. Aussi ^egarde-(-on ses Catéchèse^ comme l'abrégé le plus concis, el en même temps le plus complet, de la doctrine chrétietine.
CYRILLE (èaihtj d'Alexandrie. - Saint Cyrille, neveu de théonhile, patriarche d'ÀlexandHe, fut rtourri des son enfance de l'étude des saintes lettres et instruit de la saine doctrine de TEglise. 11 lut avec avidité les écrits de Clément, de Denys, de saint Alhanase et de saint Basile, et joignit la connaissance des auteurs profanes à celle des Pères de l'Eglise. Il paraît que son oncle l'avait fait entrer dans son clergé, dès avant l'an W3, imisqu'd l'accompagna la même airiéo au co'iciliabule du Cnêne, où saint Jv-an Chrysostome fut condamné. Théophile étant mort le 15 octobre kï2, trois jours après ^
Cyrille fut installé sur son siège patriarcal, malgré lé crédit d'Abundantins , général de l'armée d'Egypte , qui souleoeit Timothée, son compétiteur, de toute son autorité. A peine installé sur son siège , il exerça les fonctions patriarcales avec une grande vigueur. Il commença par fermer tes églises des novatiens^ et s'empara de leurs trésors ; ensuite il fil chasser les juifs et |iermif qu'on enlevât leurs biens et le«rs synagogues , ce qui etcita de grands troubles. Oreste , gfm- Verneur d« la ville, se sentait depuis longtemps choqué de la t>uissance des évêques, qui paralysait la sienne. Il trouva fort mauvais qu'une telle ville eût pevâm tout à coup un si grand nombre d'habitêiAs ; il en At son rapport à l'empereur, mais Cyrille écrivit de son côté et réussit à se justilier. L'mimitié entre Tévèque et le souverueur étant devenue publique , Cvriile voulut se réconcilier avec Oreste i et rea conjura même par le livre des Evangiles ; mais Oreste demeuna inflexible. Cette division fut suivie des plus funestes etfets, qui, au rapport de Socrate, attirèrent de graves reprocnés à l'Eglise d'Alexandrie et h son évêque. Les moines de Mitrie , partisans du patriarche , entrèrent dans la ville au nombre de cinq cents y y attaquèrent Oreste , dispersèrent son escorte à coups de pierres , et le mirent lui-même tout en sang. Dans le mèflie temps, Hypatia avait ouvert dans Alexandrie une école de philosophie platonicienne. Oreste voyait souvent cette iillc , qui surpassait tous les nhilosophes de son temps. On sema bientôt le bruit ({u'elle était le seul obstacle è là ré«> eonciliation du préfet et dd patriarche ; et , pendant le carême de l'aa ^16 , des furieux , conduits par un lecteur, nommé Pierre, l'enlevèrent de son char^ la traînèrent à l'église appelée la Césarée^ la dépouillèrent de ses babils , la tuèrent h coups de [Hits cassés , et brûlèrent ses œemtires au lieu nommé tinaron. Nous avods vu ce patriarche concourir eti M)3, avec son^oncle Théophile, dans l'odieux eonciliabule de Chérie , à la condamnation de saint Jean Chrysostome. U s'obstina à soutenir que ce prélat avait été justement condamné, malgré les in.<tances d'Atticus de Constantinople et de ssint Isi-idore de Peluse ; ce ne fat qu'après de Imgs délais et une résistance opiniAtre mi'il se soumit à cet égard au décret de l'Eglise ca-^ tholique. L'élévation de Nestorius au siège de Constantinople , et ses premiers ell'orts pour nropager ses erreurs , ouvrirent alors une plus vaste et plus noble carrière au zèle de Cyrille. Ce prélat dénonça la nouvelle hérésie aux chefs de l'empire et de l'Eglise , aux moines d'Egypte, à TOrient et k l'Occident. Le pape Célestin lit condamner Nestorius dans un concile tenu à Home l'an MO , et chargea Cyrille de faire exécuter la srnterne de dépositioti. Cyrille écrivit à Nestorius plusieurs lettres pour le ramener par les voies de la douceur, msis Nestorius répondit avec emportement. Il avait des parti-* sans h la cour de Constaniinop'e. Cyrille
écrivit à rempweur Xiiéodoee et au min--
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cesses ses sœurs de longues lettres, ou plutôt des traités sur la foi de Nicée. Eufin il adressa une lettre synodale à Nestorius , et le somma de souscrire douze anathématismes (}ui scandalisèrent Jean , patriarche d*Antiocbe, et furent combattus par André de Samosate et par Théodore de Tyr. 11 fallut un concile pour terminer ce différend. Les Pères s*assemblèrent à Ephèse Tan ^31. Cyrille partit d^Alexandrie avec cinquante évèques ses suffragants , et arriva à Ephèse quatre à cinq jours avant le terme fixé. Il employa le temps qui lui restait jusqu^àTarrivée des autres évèques, k faire des extraits des écrits de Nestorius et à combattre ses sentiments. L'assemblée se tint dans la grande église d'Ephèse, dédiée à la Mère de Bieu. Cyrille présida le concile au nom du pape. On lut d abord le Symbole de Nicée, et ensuite la seconde lettre de Cyrille à Nestorius , à laquelle tous les évèques donnèrent leur appronation. La réponse de Nestorius fut également lue et anathématisée avec son auteur; mais on ne s'expliqua point sur la dernière lettre de saint Cyrille , ni sur les douze anathèmes qu'il y avait joints. Nestorius déclina la juridiction des prélats, refusa de comparaître , et fut déposé par plus de deux cents pontifes. Mais, cinq jours après, un conciliabule composé de quarante-trois évoques, et présidé par Jean d'Antioché, qui venait d'arriver à Ephèse, anathématisa comme hérétiques les douze articles de Cyrille , prononça la destitution de ce prélat , et le traita de monstre né pour la destruction de VEglise. La sentence rendue contre Cyrille ne fut point publiée à Ephèse ; mais les évèques l'envoyèrent à Constantinople, avec des lettres adressées à l'empereur, aux princesses, au clergé, au sénat et au peuple. Cyrille y était accusé d'avoir employé, pour dominer le concile par la violence, des marins d'Egypte et des paysans asiatiques.Théodoscy prévenu, ordonna que le concile continuât ses sessions. Les légats du pape arrivèrent , et après avoir entendu la lecture des lettres de Céleslin, les Pères s'écrièrent : « Un Célestin , un Cyrille , une foi du concile , une foi de toute la terre. » Cyrille flt condamner Jean d'Antioche : les esprits étalent divisés ; le sang coula dans Ephèse , et la cathédrale môme fut souillée par d'indignes combats. Théodose envoya aes troupes et fit arrêter Cyrille et Nestorius. Les catholiques et les nestoriens lui écrivirent chacun de leur côté
Ïiour réclamer contre cette sentence ; mais eurs réclamations eurent un résultat bien différent. Nestorius resta déposé, et Cyrille retourna triomphant à Alexandrie, le 30 octobre 431. Un de ses premiers soins à son arrivée fut de se justifier par une apologie qu'il adressa à l'empereur. Il se réconcilia avec Jean d'Antioche, et dissipa les préventions de saint Isidore de Peluse. Cette double paix procura tant de bonheur au saint prélat, qu'il ne put résister au désir de l'annoncer a son peuple, dans un petit discours 3u'il fit le 23 avril hS3. Les dernières années Q sa yie ne sont marquées d'aucun fait
considérable. Il mourut le 9 juin U4, après avoir gouverné l'Eglise d'Alexandrie quarante-deux ans. Saint Célestin lui donne le titre de docteur catholique^ et les théologiens lui conservent celui de docteur du dogme de rincarnation. Sa fêle est célébrée par les Grecs le 18 janvier, et par les Latins le 28 du même mois. Il a laissé un grand nombre d'écrits ; nous allons rendre compte des principaux , et nous nous contenterons d'indiquer les autres.
De Vadoralion en esprit et en vérité. — On ne peut douter que cet ouvrage ne soit de saint Cyrille, puisqu'il se trouve sous son nom dans tou» les manuscrits, que l'on y remarque les mêmes façons de parler et la même doctrine que dans ses autres écrits qui ne lui sont pas contestés. D'ailleurs , il lui est attribué par Léon de Byzance , par André de Samosate, par saint Ephrem d'Antioche et par Photius. Cet ouvrage est divisé en dix-sept livres, écrits en forme de dialogues entre lui et un nommé Pallade. On peut le regarder comme un trésor d'explications allégoriques et morales, puisqu'il n'est presque rien dans les cinq livres de Moïse qui ne s'y trouve explique dans un sens m3rstique et spirituel. 11 ne s'astreint
f>as toujours à observer rigoureusement 'ordre suivi par le saint législateur dans ses narrations, mais il se fait un ordre à sa manière en rattachant ordinairement aux passages de l'Ecriture qu'il veut expliquer, les autres passages soit de l'Ancien, soit du Nouveau Testament, qui offrent quelque rapport avec son sujet.
Dans le premier livre, par exemple, oik il traite de la chute de l'homme, et lui enseigne les moyens qui peuvent l'aider à sortir de ses mauvaises hanitudes pour embrasser une vie plus pure et plus parfaite , il rap-
Sorte un grana nombre de passages tirés des ivers livres de l'Ecriture ; puis , après les avoir expliqués allégoriquement , il en tire des inductions et des preuves qui rendent sensible la vérité qu'il s'est proposé de démontrer. Dans ce que l'Ecriture nous raconte d'Adam , d'Abraham , de Loth et des autres patriarches, il trouve moyen d'expliquer comment les hommes tombent dans le Eéché, et comment ils peuvent s'en relever, 'ordre que Dieu donna à Abraham de sortir de sa terre, de sa maison, de sa parenté, nous apprend dans quel détachement des biens et des plaisirs de la vie doivent se tenir ceux que la Providence veut bien honorer des regards privilégiés de, son amour. Saint Cjrille joint au commandement fait à ce patnarche, celui crue le Sauveur adresse à tous les chrétiens de n'aimer rien sur la terre plus que lui, et la sanction qui le confirme, c'est-à-dire la promesse de donner le centuple à ceux qui pour le suivre auront quitté leur père , leur mère , leur femme , leurs enfants et tous leurs biens. Loth sorti de Ségor se retira sur la montagne, oii il demeura dans une caverne qui était la figure Je l'Eglise, lieu d'asile o.ù se réfugient tous ceux qui évitent le supplice du feu. Si Abra-<
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bam ne fût sorti de TEgypte, figure de rintempérance et»de toutes les voluptés , pour retourner dans le lieu que Dieu lui avait assigné pour demeure, il aurait succombé aux artifices du tentateur, figuré par Pharaon ; mais délivré par la fuite de tous les pièges de cet ennemi, il ne s'occupa dans son ancienne habitation aue de choses légitimes. Nous devons donc, à son exemple, retourner à notre première demeure, c'est-à-dire à la pureté de la vie dans laquelle nous avons été créés.
C*est en suivant la même méthode et en rappliquant avec le même goût, uue saint Cyrille démontre l'insuffisance de la loi de Moïse, et par conséquent la nécessité de la loi de Jésus-Christ pour arracher rhoiiime à l'esclavage du démon et aux horreurs de la mort,f)ui est la suite du péché. Cette démonstration forme le sujet au second livre; et il expose, dans le troisième, que c'est par Jésus-Christ que les hommes sont justifiés, et que leurs péchés leur sont remis surtout dans le baptême. Il y c«3mpare l'Eglise à l'aire d'Orna, achetée par David au prii de cmquante sicles, prix toutefois peu proportionné à celui que Jésus-Christ paya pour sa rédemption, puisqu'il s'est livré tout entier pour elle, il retrouve les traces de cette rédemption, ainsi que du baptême, clairement marquées en divers endroits de la loi ancienne et des prophètes. 11 prouve, dans la quatrième, que, bien qu'ils aient été rachetés par Jésus-Christ, les chrétiens ont encore besoin, pour être admis au banquet céleste, c'est-à-dire à la plénitude de la gloire et du bonheur, non-seulement de supporter les adversités de la vie, mais aussi ae mortiûer leurs passions , jusqu'à ce qu'ils les aient domptées, de renoncer à toutes les affections terrestres et d'embrasser exclusivement ta pratique de la vertu ; mais il fait remarquer en même temps que c'est à tort
2u'on s'imaginerait les degrés de gloire gaux entre tous ceux qui y parviendront, parce qu'il est de la suprême équité que Dieu approche plus près de lui, dans son royaume, ceux qui l'ont servi en celle vie avec plus de fidélité et plus de zèle, comme ont fait les apôtres. 11 expliaue, dans le cinquième, en quoi consiste la force d'un chrétien, et prétend que la vigueur et la générosité, déployées par les plus célèbres d'entre les Israélites, dans leurs combats et en Plusieurs autres occasions, n'étaient que la gure de celles que les chrétiens doivent montrer lorsqu'il s'agit de combattre les vices, et de surmonter les obstacles qui se rencontrent dans la pratique de la vertu. Le sixième livre traite du culte et de l'amour de Dieu, et expose en même temps les différentes manières d'accomplir ou de transgresser ses volontés manifestées par les commandements, qui nous en font une obligation. Penser de Dieu ce qu'il n'est pas, décider des événements suivant la position ou le cours des astros, évoquer les mânes des morts, consulter les devins et les oracles, s'adonner à des pratiques supersti-
tieuses, admettre pour principe la fortune et le hasard, sont autant d'actions contraires au précepte qui nous ordonne le culte et l'amour de Dieu. A ce commandement, que la loi nous prescrit dans les termes les plus formels, elle en ajoute un autre qui regarde l'amour que nous devons au prochain. Saint Cyrille en-fait la matière du septième et du huitième livre. 11 enseigne que si l'amour de Dieu doit être tellement réglé, qu'aucune considération humaine ne puisse nous faire négliger les choses qui y ont rapport, aucun prétexte de religion non plus ne nous auto^ rise à négliger les obligations que l'amour du prochain nous impose. 11 parle, dans les deux livres suivants, du tabernacle et de tous ses accessoires, de son usage, de sa structure, du livre de la loi, de la dédicace de l'autel et des oiTrandes, et, expliquant tout suivant sa méthode, il trouve une infinité de nipports entre le tabernacle et TEglise, dont il a été la figure. Il suit la même règle dans les trois livres qui viennent après, et, re-
f produisant les endroits de l'Ecriture qui parent du sacerdoce, de la loi de Moïse et de ses rites, des vêtements des prêtres, de leur consécration, des sacrifices, des lévites et de leur ministère, il prouve qu'ils ont été autant de figures du saiterdoce de la loi nou« velle, où les prêtres, oints et sanctifiés comme ceux de l'ancienne, offrent à Dieu, avec des mains saintes et un cœur pur, des sacrifices spirituels, aidés du ministère des lévites ou des diacres, à qui il appartient de porter les vases nécessaires pour l'immolation de l'hostie non sanglante, d'avertir le Eeuple quand il est temps de chanter des ymnes, de l'exciter à la prière, et d'avoir soin qu'il se comporte dans l'égUse avec modestie et recueillement. Dans le livre quatorzième, le saint docteur s'applique à montrer que ceux qui sont coupanles de quelques-uns de ces grands crimes, dont les défauts marqués dans la loi n'étaient que la figure, ne doivent point paraître devant le Seigneur, ni se montrer dans son tabernacle, surtout pour y remplir les fonctions du saint ministère, ilais en même temps qu'il réclame leur exclusion, il leur indique aussi, dans le livre suivant, les moyens que l'Eglise leur offre de se |)urifier, en leur rappelant que dans la loi nouvelle l'expiation se fait, ou par l'eau du baptême, ou par les travaux de la pénitence jointe à la conversion des mœurs. Il pose pour principe de cette expiation le sang de Jésus-Christ dont l'Eglise a été arrosée pour sa sanctification; en sorte que c'est par lui que grands et petits, prêtres et peuple, se trouvent lavés de leurs fautes. 11 dit que la mort de l'âme, figurée par la lèpre corporelle, ne consiste point dans la* seule concupiscence qui est une suite du péché, mais dans les actions et dans la fin qu'on s'y propose. D'où il conclut que celui-là n'est |)oint attaqué de cette lèpre spirituelle qui a formé le dessein de vivre pour Jésus-Christ; qui met en pratique les préceptes de l'Evangile, et qui s'efforce de détruire le principe de mort dé*
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DICTIONNAIRE DE PATROLOGEE.-
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fosé en lui par le péché. Le seizième livre tablit par comparaison les rapports entre la loi ancienne et la loi nouvelle, ei montrant que les sacrifices de la première n'étaient qu'une préparation aux oblations spirituelles de la seconde. Il entend par oblations spirituelles le sacrifice de bonne od^ur 3ue nous faisons à IMeu, quand nous lui évouons tout ce que noas sommes, avec la réscltttion de mourir au pérhé, pour ne plus vivre qu'à la grftce et pour la vertu. Le dernier livre coiUtent une expl cation des fêtes solennelles prescrites par la loi, et un détail de la manière dont on devait manger Tagneau pâseal, (^i figurait la communion chréilenoe. Le saiht prélat nous fait envisager toutes ces fêtes comme un emblème des récompenses célestes promises aux justes, 6uivant la diversité do leurs taéritefî, et en proportion de la grandeur de leurs vertus.
Glajfhym. — Cet ouvra^^e. ainsi appelé d'un ïûot qui signifie profonds et aaréaoles, contient encore un;* explication allégorique des histoires du l^entaleuque, qui ont un rapport visible à Jésus-Christ et à son Eglise. 11 est divisé en treize livres, et chaque livre en différents titres. Saint Cyrill? n*y donne
e>int iine explication du texte entier de Oise; mai^ il en choisit seulement les plus l>eaux endroits, ceux qui lui paraissent avoir plus de rapport aVec le sujet qu'il s'est proposé, qui est toujours de retrouver Jésus- Christ et l'Ëglisè représentés allégoriquefbent dans tous les livres de ce grand législateur, qui était ert môme temps le premier et le plus sublime des historiens. C'est ce qu'il fait en suivant à peu de différence près ra même taéthode que dans l'ouvrage pré-» cèdent, tl donne à toutes les histoires des anciens patriarches qu'il rapporte, en commençant par Adam pour Qnir à Josué, des etplications allégoriques et morales. Les Glaphyres sont cités avec honneur par Léonce de iByzance, par l'empereur Juslinien et par saint Ephrem d'Anlioche.
Commentaires sur Isole. — Les mêmes autfeurs citent aussi les commentaires de saint Cyrille sur Isaie, et Facundus en ra{)porta quelques passages. Il est divisé en cnq livres, et cràique livre enplusieursdiscoursqui 8ont également appelés tomes. Saint Cyruie ne suit pas dans ce commentaire la même méthode que daas les deu^ précédents. 11 y donne ordinairement l'explication littérale dç la prophétie, avant d'y chercher un sens allf^gorique et moral. Il espère par là nouseulement se rendre plus utile à ses lectéursi mais encore ne leur rien laisser à désirer. Il remarque que le prophète a partout en vue Jésus-Christ, et ou'en annonçant la réprobation des juifs et Ta conversion des gentils, il parle si clairement de ce qui devait s'accomplir sous le Nouveau Testament» qu'on pourrait le regarder presque comtne un apôtre. Les paroles par lesc^uelles il commence sa prophétie, la vision qu*a eue haie^ fits d* Amos^ font pensera saint Cyrille qu'on pourrait avancer laisonnablopMat que Qoa-seulemeat les saints prophè-
tes ont reçu par Tinspiration du Saint-Esprit la connaissance des choses futures, mais Su'ils ont encore écrit plusieurs choses ont ils avaient été les témoins oculaires. Ce Père ne se contente pas d'exfdiquer l'Ecriture lorsqu'il trouve quelque contrariété apparente entre les textes, mais il a soin aussi de lever la difllcjlté.
Commentaires sur les petits prophètes. — Commo pour les livres d'isa:e, le saint docteur s'attache également au sons littéral dans ses commentaire suf les petits prophètes ; c'est môme par là qu'il commence ordinairement ses explications, mais il en donne aussi de spirituelles quand le sujet lé permet. Il recoiiUatl que, plusieurs les avaient expliqués avant lui ; mais il soutient en même temps que, dans des choses dont la connaissance est aussi nécessaire que celle de rEcriliire. il est utile d'insister; à quoi il agoute : qu'il peut se faire aussi
3ue tous n'aient pas reçu de Dieu autant e connaissance qu'il en faut pour développer les mystères qui y sont renfermés.
Léonce de Byzance et saint Ephrem client particulièrement le commentaire sur le prophète Zachario, et rapportent en même temps un long passage de l'explicationde Malachie.
Commentaires sur saint Jean. — It semble que saint Cyrille ne se soit déterminé i expliquer l'Evangile de saint Jean que sur les Vives instances d'un de ses confrères qu'il ne nomme point. La difQcuTté de l'eatreprise l'effrayait, et il était persuadé que son travail ne répondrait jainais au mérite de la matière. Sut que cet évoque ait re doublé SCS instances, soit que la nécessité des temps le demand&t, il ne se contenta pas seulement de donner le sens littéral et spirituel de cet Evangile, mais il se proposa aussi d'y réfuter les fausses opinions des hérétiques soit sur la Divinité, soit sur d*autrès matières. Il est possible que ce dessein lui ait été inspiré par le premiei* chapitre o& la divinité de Jésus-Christ est si clairement établie. Il divisa son travail en douze livrea, dont dix seulement sont entiers. Il ne nous reste du septième et du huitième que dea fragments tirés d'une chaîne de saint Jean. Dans le premier livre, saint Cvrille démontre par le texte même et par divers raisoihnements, « que le Fils de Dieu est éternel Gonsubstantiel au Père; qu'il existe en fit propre personne, qu'on ne peut dire en aucune manière qu'il soit moindre que le Père, suivant sa nature divine ; et que la parfaite ressemblance qu'il y a entre le Père et le Fils n'eni'erme aucune coiifudioo ni mélange dans les personnes de l'un et de l'autre ; en sorte que le Père qui engeadrt) est une personne distinguée réellement du Fils qui est engendré. •> — C'est ce qu'il prouve par ces paroles de saint Jean : Je suit sorti de mon Père^ et je m'en retourne à fiMm Pire ; la raison nous apprenant que ce qui sort d'une chose est distingué de la chose même. 11 montre ensuite dans le quatrième que la loi ancienne n'était qu'ujae i^gure de
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DIGTIONNÂIKB DE PATHOLOGIE.
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la nouvelle. Dans \t cinquième, il réfute l'opinion du destin et montre que « c'est la providence de Dieu qui gouverne tout ; que ^*est par notre propre volonté que nous Agissons, soit dans te bien, soit dans le mal. » Il prouve^ dans le neuvième, que c'est à cause de lldentitô de nature qu on dit que le Fils est dans le Père, et le Père dans le Fils ; et, dans le OTirième, qite le Saint--Es« prit procède du Père par le Fils, et qu'il reçoit du Fils sa nature. Ainsi ce comment taire n'est pas moins thécJogique i^e littéral, spirituel et moral.
TraiU de la êoinie Ttiniié, ^ C'est sans aucune contestation qu'on attribue aujourd'hui à saint Cyrille le traité de hi sainte èX consubsttotielleTrinité, qui dans quelques manuscrits porte le nom de saint Athanase. Plusieurs, parmi les anciens critques, ont regardé cet odvrage comme le meilleur de tous ceui de saint Cyrille. Photius convient
Ju*il est le plus clair de tous, et que ce saini vè<:|ue y réfute avec autant de force que de solidité les hérésies d'Arius et d'Eunome. C'est l'abteuf lui-même qui lui a donné le titre de Trésor, à cause du grand nombre de vérités et de principes qu'il renferme. Le saint docteur le composa à la prière d*nn de ses amis, nommé Némt^sin, ma^s aussi dans la vue d'être utile h l'Eglise par la manière dont il en établissait la doctrine contre ceux qui l'avaient attaquée. Ce traité est divisé en trente-cinq titres, dont chacun comprend plusieurs articles.
Dans )e premit^r, le saint docteur étplique feeque signifient les termes d'engendré et de hon mgendré, et prouve par plusieurs raisonnements qu'il est nécessaire que le Verbe de Dieu soit de la même substance que celui de q\ri il est le Verbe, ce qu'il appuie de ce pa^j^age de saint Jean où Jésus- Christ dit : Mon Père et moi nous sontmeè une même chose; par ces termes, une même ehose^ il marque Tidentité de substance, et par cet autre, sommes^ la distinction des personnes.
Les ariens disaient (^'il jr avait eu un temps où le Fils n'eiistait point ; mais saint Paul ne dit-il pas que c'est le Fils qui a fait le temns et les siècles ? N'est-il pas écrit dans salit Jean que le Verbe était ati commence^ ment ^ et que le verbe itaii Bieuf îfe lit-on pas dans les psaumos, que son règne est de tous les sièdps? qu'il est avant la formation des montagnes et de toutes choses? Si le Fils est éternel, objectaient les hérétiques, il est frère du Père. « Cela se pourrait dire, répond saint Cyrille, â'Hé étaient l'un et l'antre d'un même principe. Mais il n'en est pas ainsi. Le Père est le principe du Fils; il l'a engendré. »
si le Fils est engehdré, disait Eunome, 9 a d(»nc un commencement. Saint Cyrille ré-
Sonti qu'il n'en est pas de la génération du ils de Dieu comme de la nôtre ; qu'autant la nature divine est plus eicelleute que la nôtre, autant ses opérations sont audessus des nôtres; le terme de sénéralion be marque que la manièt^ dont le Fils c^
produit, sans que cette expression touche à son éternité; que cette génération ne précède point son existence ; mais que, comme il est toujours, et de toute éternité , il est aussi toujours engendré; être el engendré étant une même chose en Dieu.
Eunome trouvait deux inconvénients k admettre que le Fils fût engendré du Père. S'il est engendré, dit-il, il est donc une partie de la substance du Père; ou si la substance du Père n'est point susceptible de partage, le Fils n'a dohc rien de celtp subS' lance, et n'est pas né du Père. C'était raîsonnor de la génération divine comme de la génération humaine ; et dire que Dieu a besoin comme nous d'una matière préexistante pour Opérer, Un qui dé rieA a créé toute chose. « Non, dit saint Cyrille, ce n'est pas ainsi que Dieu engendre son Fils. Il to produit sans temps et sans division> oiMnme lu soleil produit »es rayons et sa splHf^lenr; avec cette différence, que la splendeur dit soleil n'a point de propre existence Hi d'è** tre distingué de celui du soleil ; au lien que le Fils de Dieu a une hypostase ou per^ sonne distinguée île ei^lle du Pèrev Dieu M Père engendre son ï'ils, comme un savant produit ou invente un art, soit mécanique, soit libéral : or l'art n^st point séparé de ta science dont il est le fruit et la produetronv k
La génération du Fils est-^lte, disaieivt les hérétiques, un effet du hasard, ou d'une Tolonté précédente en DieuT Saint Cyrille répond qne « l'Ecriture ne oonnatt point un pareil langage ; qu'elle se contente 4e dire qu'au commencement ét^it le Verbe, que tê Verbe éterit en Dieu, et que le Verbe étèrit Dien^ ne marquant attcan tetnps pour la çénérà^ tion de celui qui a fait l«s temps et les siè* des; qu'au contraire, lorsqu'il s'agit dea créatures , elle marqne que la volonté, le conseil de Dieu ont précroéc ce qui pflirati par ces paroles : Fni9on$ Vhommê à nairé mage: et, Tout ce que ÊHm a Mufti U Vu
eit. D'où ce Père infère , que Huit ant le ngage de l'Ecriture, le Fils de Dieu n'est point créature, puisqu'elle no dit pas que sa génération ait été précédée dis k volonté ni du conseil du Père. »
Ce n'est pas au Père mèiAe qw le FM est semblable, ajoutaient tes hérétique»^ mais h la volonté du Père. Saint Cyrilla réftlte cette absurdité par ce passage de VE^ rangilc, oiï le Fila de Dieu ne dit pas : CeM qui me toit t^oiY, ta volonté de mon l¥ry « mais, voit m&n Pite. Eunome atançAit nne autre al>surdité, en disant que, l'essence du Père n'étant pas engendrée, il fallait que ceux qui voulaient que le Fils tdx engendré convinssent qu'il n était point consubstnn^ ti^l au Père. « Adam, lui répond saint Cy-»* rille, n'était point engendré; Abel l'était. Est-ce que Abel n'était point consubatai^* tiel à Adam r il 1 était sans doute. Men donc n'empêche que le Fils de Dieu, qui est engendré, ne soit consubstantiel au Perl qui n'est point engendré. »
On ne peut pas dire de ceux qui sont d'ui)l^ même aubstMàce que Teo soit flm grand
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Sue Tautre ; or, poursuit Kunome, Jésushrist dit que son Père est plus grand que lui; il n*est donc pas de la môme substance
gue son Père, A ce raisonnement, saint yrille répond que Jésus-Christ, quoique de la même essence ou nature que son Père, et semblable à lui en tout, a pu rappeler plus grand que lui, à raison de son origine. Le Père, en tant que non engendré, est considéré comme plus grand aue le Fils, en tant qu'engendré. Saint Cvrille dit encore « que le Père est plus grand que le Fils, considéré comme homme, et que ce n'est qu'en cette qualité que Jésus-Christ a dit : Mon Père est plus grand que moi. »
Les ariens, à leur tour, ne concevaient pas comment ce qui procède n'est point séparé entièrement de ce dont il procède. Saint Cyrille leur rend cette pensée sensible par la lumière, qui n'est point séparée du soleil dont elle tire son origine, et par la chaleur, qui est indivisible du feu qui la produit.
Parce que Jésus-Christ s'est rabaissé et rendu obéissant jusqu'à la mort, Dieu l'a élevé et lui a donné un nom qui est au-dessus de tous les noms; c'est donc par grâce, disaient-ils et non par nature qu'il a été élevé. Saint Cyrille répond que cette élévation regarde l'humanité de Jésus-Christ, et non pas la divinité. 11 prouve qu'il n'est pas de même nature que les anges ; que s'il est dit de lui qu'il est meilleur que ces esprits célestes, ce n'est que par comparaison à l'office de médiateur, dont il s'est acquitté comme homme auprès de Dieu, pour le salut des hommes. — Ce Père se sert de la môme solution pouréclaircir tousJes autres passages de l'Ecriture qui marquent en Jésus-Christ de la soumission aux ordres de son Père, en les appliquant à sa nature humaine. C'est aussi selon cette nature qu'il dit : que Jésus- Christ a ignoré l'heure et le jour du jugement dernier. Comme Eunome objectait ces paroles : Toutes choses m'ont été données par mon Pèrej et quelques autres semblables, saint Cyrille répond : premièrement, « que i.e Fils dit aussi : Toutes les choses qui sont à mon Pire sont à moi. » Il répond, en second lieu, « que le Fils les a reçues de son Père, parce qu'il en procède ; ce qui n'empôche pas qu'il n'ait eu par nature tout ce qui est au Père. » Cet nérésiarque objectait que Jésus-Christ avait pleuré; que son âme avait été troublée, et qu'il avait appréhendé ,1a mort. Saint Cyrille en convient ; mais il soutient que « toutes ces marques de faiblesse ne regardent pas le Verbe, mais seulement rhumanité,quiparsa nature craint la mort.» Il enseigne que «| Jésus-Christ est appelé Fils unique de DieUy en tant qu'il est Verbe du Père, et que lorsque l'Ecriture lui donne la qualité de premier-né^ elle ajoute entre plusieurs frères ; ce qui marque que cette qualité ne lui est donnée que parce qu'il a pris une chair semblable à la nôtre ; et que
Éarce qu'il a fait par sa grâce que plusieurs ommes soient devenus Tes enfants cie Dieu. » Mais iïommont le Fils est-il, selon sa naa
ture, égal au Père, puisque, selon saint Paul, lorsque toutes choses auront été assujettxu a% FilSf alors le Fils sera lui-même assujetti à celui qui lui aura assujetti toutes choses^ ajinque Dieu soit tout en tous ? Saint Cyrille répond « que cet assujettissement ne produira aucun changement dans la nature du Fils : qu'il ne consistera que dans sa seule volonté, par laquelle, après avoir soumis tous les hommes à Dieu en faisant qu'ils obéissent aux Préceptes de Dieu, il fera qu'ils participeront sa gloire, et que c'est de cette sorte que Dieu sera tout en tous. Il n'est pas dit ({ue le Fils sera soumis au Père, afin qu'il soit moindre que lui selon sa nature ; mais afin que Dieu soit tout en tous. Ce n'est pas non plus pour lui que Jésus-Christ dit à son Père : Glorifiez votre Fils, n'ayant pas besoin de gloire, puisqu'il est Dieu par nature; c'est pour les hommes, qui en effet sont enrichis en lui et par lui de tous les biens. On peut dire encore qu'il demandait par cette prière que son Père fit connaître à ceui qui ne le regardaient que comme un hon\meordinaire, qu'il était Dieu par nature.»— SaintCrrille remarque que, quoiqu'il n'arrive rien ue nouveau à l'essence de Dieu qui puisse la rendre parfaite, cependant, pour le rapprocher de nos connaissances, nous avons besoin quelquefois de nous représenter Dieu comme s'il lui arrivait quelque nouvelle qualité. par exemple, celle de créateur depuis qu'il a créé le monde. Il montre par plusieurs passages tirés tant des Epîlres de saint Paul que des autres livres du Nouveau Testament, que le Fils est Dieu par nature. — Il proure par de semblables autori tés la divinité du Saint-Esprit; et parce que les hérétiques objectaient qu'il est dit des créatures , comme du Saint-Esprit , qu'elles sont de Dieu, saint Cyrille répond qu'elles ne sont censées être de Dieu que parce qu'elles sont faites par le Fils dans le Saint-Esprit; au lieu que le Saint-Esprit est naturellement existant dans Dieu, et qu'il en procède essentiellement sans aucune division ou séparation, étant une même nature avec le Père et le Fils, mais distingué personnellement. Il enseigne qu'il procède non- seulement du Père , mais qu'il est encore du Fils et dans le Fils, qu'il opère avec le Fils. Ce quu confirme par un grand nombre de passages du Nouveau Testament. 11 en allège encore un plus grand nombre dont plusieurs sont tirés des prophètes, jpour montrer que je Fils est engendré du Père de toute éternité; qu'il est sorti do l'essence du Père non par séparation ni par division, mais d'une manière ineffable comme la splendeur de la lumière.
Dialogues sur la Trinité. — Le second ouvrage de saint Cyrille sur la divine et eonsubstantieile Trinité est composé de sept discours en forme de dialogues, entre lui et le prêtre Hermias, à qui ils sont adressés.
Dans le premier, le saint docteur fait toit que le Fils est coéternel et consubstanliei au Père ; et, pour le prouver, il appone» otttre les passages de TEcritare, le SjmboiQ
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entier du coucile de Nicée, où cette vérité est clairement établie. 11 regarde ce Symbole comme Toracle du Saint-Esprit et la règle certaine de notre foi; et il montre aux ariens qui rejetaient le mot consubstantiel, sous prétexte qu'on ne le trouvait point dans TEcriture, qu'ils tombaient dans le môme défaut en se servant du mot semblable en substance^ qui ne se lit nulle part dans les saints livres.
Le second dialogue est employé à montrer que le Fils est, selon sa nature, engendré du Père. En effet, Jésus^Christ appelle toujours Dieu son Père : Père saini^ lui ditil dans l'Evangile selon saint Jean, conservez en votre nom ceux que vous m'avez donnés; et encore : Je vous rends gloire ^ mon Pire, Seigneur du ciel et de la terre; et encore : Je suis sorti de mon Pèrcj et je êuis venu dans le monde.
La matière du troisième est à peu près la même. Le but de saint Cyrille est d'y montrer que le Fils est Dieu comme le Père. Il rapporte sur cela plusieurs témoignages de l*£criture, remarquant en passant que c'est le comble de l'impiété de rechercner trop curieusement comment il est possible qu'a y ait un Dieu en trois personnes ; qu'au contraire, il est de la pieté de croire que dans la Trinité on n'adore qu'une seule nature de la Divinité. Un des passages qui fait le mieux ressortir la vérité de son sujet est celui où Jésus-Christ , pressé par saint Philippe de lui montrer le Père, répondit : Qui me voit, voit aussi mon Pire, parce que mon Pire et moi sommes une même chose.
Dans le quatrième dialogue, saint Cyrille montre que le Fils n'est point créature. Nous savons, dit l'apôtre saint Jean, que le Fils de Dieu est venu, et quii nous a donné Vintelligence, afin que nous connaissions le vrai Dieu, et que nous soyons en son vrai Fils ; c'est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle. Le même apôtre dit encore, que Dieu a tellement aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais quil ait la vie éternelle. Pourquoi saint Jean i)roraet-il la vie éternelle h quiconque croit que le Verbe incarné est vrai Dieu, s'il ne 1 est pas en effet ?
Le sujet du cinquième est de faire voir que tout ce qui est essentiel à la divinité se trouve dans le Fils comme dans le Père. Saint Paul dit que Jésus-Christ, ayant la forme et lanature de Dieu, n'a point cru aue ce fât pour lui une usurpation d'être égal à Dieu ; mais qu'il s'est anéanti lui-même en prenant la forme et la nature de serviteur, en se rendiant semblable aux hommes. Le texte de l'Apôtre semble indiquer qu'il distinguait pour ainsi dire deux temps ; le premier où le Verbe avait la forme et la nature de Dieu, égal à son Père , et le second où il a pris la forme d'esclave en se faisant homme.
Le sixième dialogue est employé entièrement à distinguer ce que l'Ecriture afTirmo de Jésus-Christ , selon sa nature divine , d'avec ce qu'elle on dit selon sa nature humaine ; il applique à celle-ci tous les ondi'oits
où nous lisons que le FiU a été sanctifié par le Père, élevé, glorifié et fortifié ; et à cette occasion il explique le mystère de Tincarnation.
Enfin il prouve dans le septième que le Saint-Esprit est Dieu, qu'il procède de Dieu selon sa nature. 11 commence sa preuve par les endroits de l'Ecriture qui donnent au Saint- Esprit le nom de Dieu. Ensuite il rapporte ceux où il est dit que nous ne devenons participants de la nature divine qu'en recevant le Saint-Esprit. Il en ajoute d'autres qui marquent que c'est par l'Esprit de Dieu que les cieux subsistent, ce qui su{)pose en lui un pouvoir créateur ; mais ce qui montre surtout qu'il est d'une nature consubstantielle au Fils comme au Père, c'est ce que dit le Fils : C'est lui qui me glorifiera , parce ^u'il prendra de mot ce qui est à moi. éi le Saint- .Esprit était d'une nature différente, le Fils n'aurait pas dit : // prendra dé moi ce qui est à moi; mais il recevra de moi la sainteté et vous la communiquera , ce qui effectivement aurait marqué dans le Saint-Esprit une nature inférieure .et différente de celle du Fils.
Sur l'Incarnation. — Outre les sept dialogues dont nous venons déparier, saint Cyrille en composa deux autres (|ui ne p^araissent avoir ensemble aucune liaison , mais dont le premier semble une suite des sept précédents, puisqu'il déclare que c*est après avoir éclairci ce qui regarde la divinité du Fils, qu*il passe à son incarnation. Il s'y entretient encore avecHermias et se propose de montrer que, selon les Ecritures, il n'y a qu'un Christ et qu'un Seigneur. Avant d'en venir à la
f Preuve, il rapporte et réfute en peu de mots es hérésies de Marcel» de Photin, d'Arius et de tous ceux oui ont attaqué le mystère de l'Incarnation, les uns eu soutenant que le Verbe ne s'était point incarné dans le sein de la Vierge, et qu'il n'avait eu qu'un corps imaginaire et fantastique ; les autres en enseignant que le Verbe n'est point coéternel au Père, et qu'il n'a commencé d'être que lorsqu'il s'est fait homme; d^autres, en pré tendant que le Verbe n'a pris de l'homme (|ae le corps, et non pas 1 âme raisonnable. Mais il comb.it au loug ufie autre hérésie, dont il ne nomme pas l'auteur , et qui consistait à séparer les deux natures en Jésus- Christ, et a en faire deux personnes. C'était celle de Neslorius, que saint Cyrille ne voulait pas nommer, parce que , apparemment, il écrivait ce dialogue avant la condamna* tion de celte hérésie et de son auteur dans le concile d*Ephèse. Il rassemble sur ce point plusieurs textes de l'Ecrilure ; après quoi de tous ces passages et d'un grand nombre d'autres, il conclut que « Jésus-Christ étant ce même Fils qui est la splendeur du Père, et qui est né selon la chair; qui est adoré des Anges, et qui a souffert pour nos péchés: qui est descendu du ciel, et qui y est monté; il n y a en lui qu'un Fils , de qui , à raison des deux natures qui lui sont unies personnellement, l'Ecriture dit des choses opposées entre elles, mais propres à chacun^ de
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ses deux natures. » Il confirme cette conséquence par ces paroles de saint Paul: // n*y a pour nous qu'un seul Dleu^ qui est le Père^ et qu*un seul Seigneur , qui est Jésus-Christ^ par lequel toutes choses ont été faites.
Dans le dialogue suivant , intitulé : qu7{ n'y aj'u'unCArw^ saintCyrilleréfute noramément Nestorius. II le feit nidine en termes fort durs , le traitant de dragon dont la lan-
5 ne est empoisonnée. Nestorius refusait de onner à la sainte Vierge la qualité de Mère de Dieu, puisque, suivant ses principes, elle n'avait enfenté qu'un homme. Son principal argument était que le Fils de Dieu existant avant elle, et de toute éternité, puisqu'il était coétemel \ Dieu le Père, elle ne pouvait IV voir conçu ni mis au monde. « C'est donc mal à propos, lui dit saint Cyrille, que Tévangéhste, en parlant du Fils que la Vierge devait concevoir et enfenler , dit qu'on lui donnera le nom d^Emmanuel , c'est-à-dire Dieu avec nous.» Mais, ajoutait Nestorius, si le Verbe s'est fait chair, il n'est donc plus ce qu'il était ? Saint Cyrille répond que « le Yerbe s'est fait chair sans que sa divinité en ait souffert ni changement, ni altération. Il n'a même souflfert aucun mélange de sa divinité avec l'humanité par l'incarnation; seulement il s*est abaissé jusqu'à s'unir à rhumanité , prenant un corps et une âme semblables au nôtre; et c'est ainsi qu'il est né de la Vierge d'une manière ineffable : d'où Tient que nous assurons qu'elle est vérita- Wement Mère de Dieu. » — Quoique les Nesloriens admissent deux Fils, c'est-à-dire deux Personnes en Jésus-Christ, ils ne laissaient pas de dire qu'ils étaient unis ; niais, pour marquer cette union , ils se servaient du terme de conjonction au lieu de celui d'union^
?ui a toujours été en usage parmi les saints ères pour marquer l'unité de Fils en Jésus- Cbnst. Saint Cyrille leur dit donc que a celte eonjonction Qu'ils supposaient entra deux Fils en lésus<:hrist ne fhit pas une union plus forte entre eux que celle que peut avoir avec Dieu un homme de vertu et de sagesse, et que celle d'un disciple avec son maître. II soutient que ces deux natures sont tellement unies en lui en une seule personne, Sue l'on peut dire de Jésus-Christ qu'il est ieu et Hls du vrai Dieu ; qu'il est le seul Verbe né du Père avant tous les siècles, à niiison de sa divinité; et né d'une Vierge dans les derniers temps , selon la chair. II soutient que la nature divine n'a pas pour cela été ctmngée en la nature humaine et
Si'il ne s'est fait ni mélange ni confusion ns l'une ni dans l'autre. » Il prouve par Fautorité de l'Ecriture que c'est le même Kls qui, ayant la forme et la nature de Dieu, a^est abaissé Jusqu'à prendre la forme d'esdave; qu'ainsi Ton ne peut dire qut^ Jésus- Qhrist irait été Fils de Dieu que par adoption, l'Ecriture disant en termes exprès : Que c^esC par Jésus-Christ que toutes choses ont été faites: ce qui ne peut se dire d'un homme.
Schf^lie^ sur l Incarnation. — On a mis, à la suite de ces Dialogues, des Scholies ou ^laircissements de saint Cyrille sur rincar-
nation, et un petit traité de ce Père sur U m^me sujet. Ce sont autant de réponses aui^ difTicullés qu*on lui avait proposées. Conuae c'étaient apparemment des commençants, il leur explique d'abord les tenues, puis il passe aux propositions si mjples et ensuite aui( propositions complexes, if y est dit que Jé^ sus-Christ, leV?rl>e de Dieu, estappeleCAri^^ commeétantrointduSeigneur;iQaisque cette onction ne regarde que son humanité ; qu'il estuneseulepersonne compulsée dedeux choses, de la nature divine et de la nature hu-» maiue ^ et que c'est le même qui , comme Verbe, est né du Père, et qui, comme homme, est né de la Vierge; que, quoique l'union de ces deux natures en une seule personne soit incompréhensible, elle ne doit pas pour cela être regardée comme incrovabie « nuisque nous ne doutons point de l union de notre ftme avec notre corps , quoique nous n*ea connaissions pas la manière ; que cette union fait que comme Thomme est UQ , quoique composé de l'âme et du corps, qui sont deux natures différentes; de môme Jésus-Clu-ist est un, quoique com[>osé de deux natures parfaites, l'uae divine, l'autre humaine ; qu*à raison de cette union, le Verbe s'approprie ce qui appartient à la chair , parce qu'elle est son corps, et non celui d'un autre. — Saint Cyrille rapporte diverses figures de cette union, marquée dans l'Ancien Testament^ et prouve qu'elle n'a introduit aucuueçonfusion dans les deux natures. Il ]>rouv9 aussi que quoique Jésus-Christ soit vrai Dieu et soit Vrai homme , ce n'est toutefois qu'un seul flls, et non pas deux, et que, lorsque l'Ecri* ture dit que toute la plénitude de la divinité habite en lui corporetlement , cela ne signifie pas qu'elle habite en lui comme en un autre Christ, le Verbe s'étant uni à lui et s'ét^iut approprié son corps, dans le sein même de la Vierge, où il a réellement habité pendant plusieurs mois. Il n'y a donc plus lieu de douter crue la Vierge ne soit mère de Dieu.
Homélies sur la Pique. — C'était la coutume aux évoques d'Alexandrie de faire chaque année un discours, ou de publier une lettre sur la fête de PAques. Il nous reste encore quelques fragments d^ celles que saint Denis publia sur le même sujet; nous en avons aussi de salut Ath^nase et de Théophile. Ces lettres , qui étaict^t circulaires, s'envoyaient aux églises pour leur annoncer en quel jour elles devaient célébrer cette solennité. Ces prélats en adressaient une à l'Eglise de Rome, afm qu'elle le fît savoir à toutes les autres Eglises d*Occident. Cela avait été réslé ainsi au concile de Nicée, et l'Eglise d^AlexapdriQ chargée de fixer le retour annuel de cette solennité. I) parait que saint Cyrille fut exact k remplir ^a commission attachée à $4 charge, puisque nous avons autant d*Epitres ou discours sur la Pflque qu'il est resté d'années sur son siège.
Dans la première Homélie, qui est pour l'an Mk, il parle de sou entrée dans lepiscopat, et de la mort de Théophile son oncle, dont il fait en peu de mois un grand éloge. Il y explique la, ipan^ère dont on devait se
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prénaw h la céMbr«tion de la fôte de PAqnos, et relève surtout l'ulililé du jeûiio, qu H l^U consister non-seuloment dans rabsliiienoe des aiiments délicats et grossiers» mais dan« l'éloigncment du péché et dans la pratiqua de la vertu. Il donne six semaines au carôine, ou'il fait coramencf^r par le lundi • el en compte sept jusqu'au jour de la Pentecôte. Il ne relève pas moins le jeûne daus l homélie suivante, le faisant regarder comme la source de tous les biens spirituels ; mais il ▼eut qu'il soit accompagné de chanté , ae miséricorde envers les pauvres et les prisonniers, et des devoirs de rliospilahlé. Le jeûne fcit aussi la matière A*^6 autres homélies, comme étant propre à mortifier la chair, à purifier TAme de ses péchés, et à la disposer è célébrer d'une manière convenable le saint k>ur dePâques. Dans la onzième, il traite de la loi de la chair et de 1 esprit, montrant que le« meilleures armes pour vaincre le dcmoa sont l'abstinence et la tempérance. Jl y montre encore que la foi ne suffit pas sans les œuvres pour le salut. On croit que l eihorlation qu'il y fait à son peuple, de ne pas insulter an malheur (ks morts, de témoigner de la compassion et de la chanté oour le$ affligés, a rapport à Caliste , préfet d Egypte, mass^acré dans Aleicandrie par les gens de sa maison , au mois de septembre 4^ H fait voir, dans la douzième , que « le Père a engendré son Fils de sa propre substance , en sorte qu'on ne peut point dire qu'il soit ¥m adoptif. » Dans la dix-septième, il prouve que « le Père et le Fils sont deux personnes ma- «nguées Tune de l'autre 5 qu elles n ont toutefois qu'une môme essence. • H Y «*>?"' que, en la manière qu'il est possible, I union personnelledes deui natures en Jésus-Christ, donnant à la sainte Vierge la qualité de Mère de Dieu. 11 s'étend dans la vingt-unième sur les avantages que nous a procurés le mystère de l'incarnation. Il moiUre dans la vmgt-^ deuxième, contre les Juifs, que Jésus-Christ est le vrai Messie. La vingt-troisième traite tie la vocation des gentils. La suivante est encore pour i^t.iblir la divinité de lé&\xsr Christ contre losjuifs,dontrexempl»', comme
il le dit dans U vingt-cinquième, doit nous rendre plus soigneux au culte de Dieu, daua la crainte qu'à leur exemple , après l'avoir abandonné , noua en soyons abandonuéi »oi|s- mêmes*
Toutes ees homélies na sont presque qu m (issu de passages de l'Ecriture, auxquels la «eux évèque donne des explications mysti7 qui^s, ce qui les rend langui^saules et pénibles à b leeture. EUes n'ont de bien inlére*sant que ee qui regarde l'histoire de rfiglise, o'esi^-dire le temps de la célébra tiuo da carême, de la Pèque et de la Pentecôte pédant un assez grand nomltfe d'années. Oft ne laisse pas cepenaaiii d'y trouver plusieurs endroits remarquables sur le dogme, et en particulier sur les mystères de la Tiioité et de riacnrnaliOTi.
UùiuMits divertes. — Parmi les homélies sur des sujets divers, il y en a plusieurs que sain^ GyrtUa prononça pendant le s^^our
qu'il fit à Ephèse, à rocoasîon du concile; elli's ont trait au mystère de rincarnalion et à la maternité divine de la Vierge. Comme 1^ saint docteur y reproduit les mêmes raiaQnnemcnts qu'il a aéjà présentés dans les traités dont nous avons rendu compte, nous nous croyons dispensé d'y revenir. Ces homélies sont au nombre dTe huit.
Dans la neuvième, Iç saint docteur donne une explication de la cène mystique qui se renouvelle tous les jours dans l'Eglise. Je sus-Christ s'immole volontairement, mais pas de la même manière qu'il l'a été par les Juifs, afin de nous marquer qu'il a souffert yoiontairemont la mort pour notre salut; que dans celte cène il nous donne son corp h mander et son sang i^ boire, comme si c étaient du pain et du vin ; ^i que par là il a mis Qn aux symboles et aux figures de l'Ancien Testament, en remplaçant l'agnean pascal par la chair de l'Agneau de Dieu. — On ne sait pas où a été orononcée cette homélie ; mais il n'y a pas lieu de douter que la suivante l'ait été à Ephèse, puisque le saint docteur y parle devant une assemblée d'évèques et y invoque le nom de saint Jean* apotrc et protecteur de cette ville, où il semble dire que ses reliques reposaient. —Cette homélie est un éloge de la sainte Vierge, à qui il donne presque è chaque phrase le nom de Mère de Dieu. Il y témoigne une
Sande f^meté pour la défense de la foi ca«olique« qu'il prêchera, dit-il, en présence de l'empereur sans crainte d'être confondu. La fin est à peu près semblable è celle de Vhomélie faite en présence des sept évôquef qui avaient quitté le parti de Nestorius, Jl y prend le pape Célestin à témoin de s^s uuAt> vements pour retirer ce nouvel hérétique da l'erreur. Mais il semble dire que Nestoriua n'était point encore déposé, insinuant seulement quon allait le chasser de la ville royale, et du trône ^u'il occupait sans l'avoir mérité.
La onzième est une explication de ce qui se passa au jour de la Purification de la çainto Vierge, lorsqu'elle porta Jésus à fér^ salem pour le pi ésenter au temple, Dans la dûuzièoae il explique l'entrée trioiaphanla de Jésus-Christ à Jérusalem, au jour que nous appelons les Ram^at^* Il y prouve sa divinité contre les Juifs, et dit nettement que le Yei*bû n'abaudonna point son corpa même dans le tombeau, ni sop Ame lorsqua J^us-Christ descendit aux enfers pour y
rkher aux esprits qui y gémissaient daa3 captivité Tbaure dTu la délivrance qui d^ vaii leur ouvrir les {sortes de la patrie. Noua avoqs dans saint Epiphane une homélie a$^ s^ semblable à celle-ci et pQur les pensées, ^ môme pour les expressions; mais celle de saint Cyrille est plus lon^, et ce qu'il y dit contre les hérétiques qui niaient la consub stanUalité du Verbe ne se Ut PQiM dany celle de saint Epiphane, ou plutôt dans celle qui nous reste sous son nom, car s'il faut ?en rap;)Orter à plusieurs criti^aoe»» saint Epiphane n'en est pas l'auteur, De4 Mtr^. -r- Qu#lqu^4 ^Utairai d Bgypta
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DICTIONNAIRE DE PÂTROLOGIE.
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s'étant rendus à Alexandrie pour y célébrer, selon la coutume, la fête de Pâques, apprirent à saint Cyrille que les homélies de Nestorius avaient été portées jusque dans leur désert, et que le venin dont elles étaient remplies commençait déjà à corrompre quelques moines. Le saint pontife en fut extrêmement affligé, et craigriant que l'erreur ne prît racine dans les monastères où elle avait déià jeté le trouble, il écrivit une lettre circulaire qu'il adressa à tous les moines d'Egypte. Celte lettre, gui est devenue célèbre dans l'histoire, fut citée par tous les Orientaux dans leurs écrits contre saint Cyrille. Ce Père dit non-seulement aux moines, mais aux prêtres et aux diacres qui servaient dans les monastères « qu'ils auraient mieux fait de ne prendre point de part à des questions si difficiles; que les plus éclairés ne peuvent qu'entrevoir la venté d'une manière fort obscure ; que ce qu'il leur en écrit n'est pas pour entretenir leurs disputes inutiles, mais aQn de leur donner de quoi défendre la vérité de la tradition contre ceux qui voudraient les séduire; et qu'ils pussent en instruire les autres, et les affermir dans la foi transmise aux Eglises par les saints apôtres. J'admire, continue-t-il, qu'il y ait quelques-uns de vous qui doutent si la sainte vierge doit être appelée Mère de Dieu. Si Notre-Seigneur Jésus-Christ est Dieu, commient la sainte Vierge, qui l'a mis au monde, ne sera-t-elle pas appelée Mère de Dieu? C'est la foi que les divins disciples nous ont enseignée, quoiqu'ils ne se soient pas servis de ce terme : c'est aussi la doctrine de nos
fières, dont nous avons été instruits. Le céèbre Athanase , qui a gouverné l'Eglise d'Alexandrie pendant quarante-six ans avec tant de sagesse et de courage , donne ordinairement ce titre à la sainte Vierge, et particulièrement dans le livre : De la sainte eê consubstantielle Trinité. » Saint Cyrille montre ensuite que celui qui est né de cette Vierge est Dieu par nature. Il rapporta le Symbole de Nicée, où il est dit que le fils uniaue de Dieu, engendré de sa substance, est lui-même descendu du ciel et s'est incarné. 11 convient que, selon l'Ecriture, on peut donner le nom de Christ à ceux que Dieu a justifiés par la foi en Jésus-Christ et sanctifiés par le Saint-Esprit ; qu'à cet égard on peut donner à leurs mères le titre de mères de Christ ; mais il met entre eux et Jésus-Christ cette différence , que Jésus- Christ est vrai Dieu, et qu'ainsi sa mère seule fieut être appelée Mère de Dieu. Il se pose ui-même cette objection : Vous direz peutêtre : La Vierge est-elle donc mère de la Divinité ? A quoi il répond, « qu'il est constant aue le Verbe est éternel et de la substance u Père, mais que, dans l'ordre de la nature, encore que les mères n'aient aucune part à la création de l'âme, on ne laisse pas de dire qu'eUes sont mères de l'homme entier, et non pas seulement du corps ; que, comme ce serait une impertinente subtilité de dire : Elisabeth est mère du corps de saint Jean et 'non pas de son Ame, nous disons de môme
de la naissance d'Emmanuel , puisque le Verbe, ayant pris chair, est nommé Fils de Vhomme. Quoique l'enfant qu'une femme met au monde soit composé de deux natures différentes, de l'âme et du corps, c'est un même homme dont elle est la mère. Les deux natures, la divine et l'humaine, sont unies de la même manière en Jésus-Christ.» C'est ce que saint Cyrille montre par l'abaissement du Fils de Dieu, qui, comme le dit saint Paul, s'est anéanti pour prendre la forme d'esclave. Où serait sou anéantissement, si, d'une nature semblable à l'a nôtre, il était comme nous du nombre des esclaves? Dire qu'il s'est anéanti en habitant dans l'homme qui est né de Marie, c'est lui attri* huer un anéantissement imaginaire. N'est-il as dit dans saint Jean que le Père comme e Fils habite et fait sa demeure dans celui qui garde ses commandements? En conclurat-on que, par cette sorte d'inhabilation, le Père prend la forme d'un esclave comme le Fils l'a prise ? Si l'on dit que le Fils de la Vierge n a été nommé Christ que parce que Dieu l'a bint et sanctifié , c'est à ceux qui enseignent une pareille doctrine à montrer que cette onction, cette sanctification, suffit pour le dire d'une puissance, d'une autorité et d'une majesté égales à Dieu. Le saint docteur prouve encore l'unité de personnes et la pluralité de natures en Jésus-Christ par Tadoration que toutes les créatures, même célestes, lui rendent ; par les noms de Seigneur et de Dieu que lui donne l'Ecriture ; par le grand nombre et l'éclat de ses miracles ; par la supériorité que saint Paul lui donne au-dessus de Moïse et de tous les prophètes, puisqu'il nous les fait envisager comme les domestiques de la maison de Dieu, tandis qu'à Jesus-Christ comme Fils il accorde une autorité sur cette maison ;
f)arce qu'il nous a rachetés de la mort par 'efiusion de son sang; et parce que, s'il n'était pas véritablement Dieu, les Juifs pourraient se justifier de l'avoir mis à mort, et les gentils nous reprocher les adorations que nous prodiguons à un homme.
Cette lettre étant passée des solitaires à diverses personnes de Constanlinople, contribua à en retirer un grand nombre de l'erreur. Nestorius engagea un de ses prêtres, nommé Photius, à la réfuter; ce que fit celui-ci, en adressant son ouvrage à un diacre appelé Bufa-Martyriusy qui résidait alors à donstantinople pour les affaires de l'Eglise d'Alexandrie. Cependant saint Cyrille, informé par des gens dignes de foi, et surtout par les lettres de saint Célestin et de plusieurs évêques, qu'on était fort scandalisé des sermons de Nestorius, et qu'on en murmurait dans presque toutes les églises d'Orient, eut la pensée d'assembler les évêques d'JSgypte, et de déclarer à ce novateur, par une lettre synodale, qu'il ne pouvait plus avoir de communion avec lui s il ne changeait de doctrine. Mais, faisant réflexion qvLoa doit tendre la main à ses frères pour les relever quand ils sont tombés, il lui écrivit dans l'espoir que de simples remontrances pour*
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raient le ramener k la vérité. Il lui témoi-
Sne avoir été extrêmement surpris d*apprenre que sa lettre aux solitaires l'eût offensé et qu'il la regardât comme la cause des troubles eicilés à Constantinople et en divers autres endroits. « Ce tumulte, ajoute-t-ii, n'a pas commencé par ma lettre, mais par les écrits qui se sont répandus, quils soient de vous ou de quelque autre, et qui causaient un tel désordre, que je me suis cru obligé d'v remédier. » Il dit ensuite « qu'il avait été chargé par le pape et les évoques de son concile de s'informer s'il en était effectivement l'auteur, et l'exhorte, en ce cas, à faire cesser le scandale qu'ils avaient causés, en déniant à la sainte Vierge le titre de Mère de Dieu. Au reste, ne doutez pas, lui dit-il, que je ne sois préparé à tout souffrir pour la foi de Jésus-Cfhrist, même la prison et la mort. » 11 se reconnaît pour auteur d'un traité de la sacrée et consubstantielle Trinité, où il dit « qu'il avait établi, dans le temps qu'Atticus gouvernait l'Eglise de Constantinople, la même doctrine touchant l'incarnation du Verbe, qu'il soutenait alors; mais qu'il n'en avait donné copie à personne, s^étant contenté de le lire à cet évèque et à quelques autres, soit du clergé, soit du peuple. » On met cette lettre de saint Cyrille sur la tin de juillet de l'an ^29 : elle fut rendue à Nestorius par un prêtre d'Alexandrie, nommé Lampon.
Au commencement de l'année suivante, les clercs que saint Cyrille avait à Constantinople pour les affaires de son Eglise lui envoyèrent la réponse que le prêtre Photius avait faite 4 sa lettre aux solitaires, et quelques nouveaux discours de Nestorius. Ils
I informèrent en même temps des calomnies qu'on faisait circuler contre lui dans Constantinople, en lui faisant remarquer que, malgré leurs paroles de paix et de réconciliation, les partisans de Nestorius en étaient les auteurs. Ce fut ce qui détermina saint Cyrille è lui écrire une seconde lettre, oh il lui dit d'abord qu'on l'avait averti des calomnies que l'on répandait contre lui, et qu'il en connaissait les auteurs. Mais, sans s'y arrêter, il l'exhorte, comme son frère en Notre-Seigneur, de corriger sa doctrine, de la proposer à son peuple avec plus de précaution, et de faire cesser le scandale en s'attachaot h la doctrine des saints Pères, on [)articulierà ce qui a été déclaré dans le concile de Nicée sur la nature du Verbe et le mystère de l'Incarnation. Il explique ce mystère eu montrant « qu'il faut admettre dans le même Jésus-Christ les deux générations : l'éternelle, par laquelle il procède de son Père ; la * temporelle, selon laquelle il est né de sa mère, non que sa divine nature ait pris de la sainte Vierge le commencement de son existence, étant coéternel à son Père; mais parce que pour notre salut il a voulu naître de la Vierge, en s'unis^aot hypostatiquement dans son sein à la nature humaine. »
II ajoute, que « quand nous disons^ que Jésus-Christ a soullert et qû'ir est ressuscité, nous ne disons pas que le'Verbe àir*souffèrt
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en sa propre nature, qu'il ait été couvert de plaies ou percé de clous, car la Divinité est impassible ; mais que le corps qu'il s'estapproprié par son union avec la nature humaine a souffert. Il soutient que c'est pour cette raison seule que nous disons qu'il a souffert luimême, comme nous disons aussi qu'il est mort. 9
La réponse de Nestorius k saint Cyrille est longue et aigre. Il l'engage à lire nlus attentivement les écrits des anciens, dont il n'a pas bien saisi le sens, et auxquels il l'accuse d'avoir mêlé beaucoup d'erreurs. Cependant il semble admettre avec lui l'union des deux natures en une seule personne; mais, au lieu d'employer le terme union^ il se sert de celui de cannexionf qui est loin de présenter le même sens, puisqu'il en infère que la sainte Vierge ne doit pas être appelée Mire de DieUy mais seulement Mère du Christ; parce que encore que le corps de Jésus- Christ soit le temple de la Divinité et qu'elle lui soit jointe par un nœud admirable et divin, on ne peut toutefois lui attribuer les propriétés de la chair, sans tomber dans les erreurs des gentils, d'Apollinaire et d'Arius.
Au clergé de Constantinople. — Dans le même temps, saint Cyrille écrivit aux clercs qu'il avait envqyés à Constantinople, et qui lui avaient transmis des propositions de paix delà part de Nestorius. «J'ai lu, leur dit-il, le mémoire que vous m'avez envoyé, où j'ai vu que le prêtre Anastase, faisant semblant de chercher la paix, vous a dit : Notre croyance est conforme à ce qu'il a écrit aux solitaires. Puis aussitôt, allant droit à son but, il dit que je conviens que le concile de Nicée n'a point fait mention du mot de Mire de Dieu, Il est vrai que j'ai écrit que, quoique ce concile n'ait point employé ce terme, il n'a point en cela fait de faute, parce qu'on ne remuait pas alors cette question ; mais si l'on prend Bien le sens de son Symbole, on verra qu'il dit, en efftH, que Marie est Mère de Dieu, puisqu'il dit que le môme qui est engendré du Père s'est incarné et a souffert. Saint Cyrille nariant ensuite d'un écrit de Nestorius : Il s'efforce, dit-il, de montrer que c'est le corps qui a souffert, et non pas le Dieu Verbe, comme si quelqu'un disait que le Verbe impassible est passible.
Saint Cyrille soutient qu'il n'est personne assez insensé pour direquc le Verbe impassible soit passible. Parceque son corps a souffert, on dit qu'il a souffert lui-même ; comme on dit que 1 âme souffre dans l'homme quand le corps souffre, quoiqu'elle ne souffre point en sa propre nature, c'est-à-<iire, quoique l'âme n'en soit point altérée. « Mais, ajoute-t-il, leur dessein est de dire deux Christs et deux Fils, l'un proprement homme et Tau- ' tre proprement' Dièu, et de faire seulement
* uneunionde'persOnnes: c'est pour cela qu'ils
* usent de détour,- et qu'ils cherchent, comme dit le prophète, des excuses à leurs péchés. »
< ' A saint Céieslin, — Ce fut à la suite de
cette lettre quc^ le saint docteur en écrivit
' une t\x pape saint Célestin, parce que» sùi«
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yant 4'aiieîeim6 coutume de l'Eglise, «'éiaii tMJours «u souverain pootife qu'il fallait coniDUflîquer des affaires de cette impor* taoce* Il jT fiéclare « qu*il n'a?ait encore écrit sur œ smet à aueua autre évoque ; oue jus* que-là il était demeuré dans un proiond sileuce» Toulaot tout examiuer avec maturité avant de faire quelque éclat. » 11 fait au pape ua rédt de la manière dont Nestorius se comportait daas l'Eglisede Constantinople» et des erreurs qu'il j enseignait publiquement, et des moyens qu'il avait employés pour l'amener à n'enseigner qu'une doctriue conforme à celle des apôtres* il ajoute « qu'un évéque» nommé Dorothée» homme loté*ressé, flatteur, étourdi, s'étant levé en pleine asseinblée, lorsque Nestorius était assis dans sachaire, avait dit à haute voix : Si quelqu'un dit que Marie est Mère de Dieu^ qu'il soit cmo* thmel qu'alors tout le peuple poussa un grand cri et s'enfuit hors du temple, ne voulant plus communiquer avec ceux ^ui tenaient de pareils discours. » Maintenant eDcere,*continue saiut Crhiie, « la population de Constantinople, à l'exception de quelques esprits légers et de quelques-uns de se& flatteurs , ne s'assemble point avec Neltorius; presque tous les monastères, ainsi que leurs archimandrites et plusieurs du sénat oe fréquentent aucune de ces assemblées, dans la crainte de blesser ia foi. » Ensuite il rend compte de ce qui sl'était passé à l'occasion de sa lettre aux solitaires, de ceUes qu'il avait écrites à Nestorius, et des r^nses qu'il en avait reçues, ainsi oue des cmomaies que cet évoque faisait débiter contre lui ; puis il ajoute : « Votre Sainteté doit savoir que tous les évoques d'Orient sont d'accord avec nous; que tous sont choqués et affligés, mincipalement les évéques de Macédoine. Tous les évéques orthodoxes de toute la terre, même les laï-
Îues, reconnaissent que Jésus-Christ est ieu, et ne font point difficulté d'appeler Mère de Dieu celle qui l'a engendré. Nestorius est le seul qui combatte cette vérité. Je n'ai pas voulu toutefois rompre ouvertement la communion avec lui, avant que de vous avoir donné part de tout ceci. Daignez donc déclarer votre sentiment : s'il faut encore communiquer avec lui. ou lui dénoncer
qu'il proche et qu'il ment sur ce point doit être déclaré par écrit, non-seulement aux évéques de Macédoine, mais encore à ceux de tout l'Orient, afin que d'un commun consentementnous prêtions secours à la vraie foi, qui est attaquée. »
Dernière lettre à Nestorius. — Cependant saint Cyrille assembla à Alexandrie un concile de tous les évéques de la province d'Egypte, et, au nom de ce concile, il écrivit à Nestorius une lettre synodale pour servir de dernière monition, lui déclarant que si, dans le délai marqué par le pape, c'est-à-dire dix jours après la réception de sa lettre, il ne renonce à ses erreura» ni lui ni aucun de ses frères ne
voudront pli^'eumit de coOMBumon âtee loi et oessarôfit de le t&Bàr p^ur é vèque. « Au reste, a^te-t^l, il ne siufira pM que vo«8 professiez le Syoïbole de Nicéei oar mus savez j donner des interprétatioas violentes : il &ut confesser par éorii et avec sertaeni que vous anathématiseï vos d^agoiea iaspies, et que voua croirez et enseignerez oe que nous croyons toua^ nous et les évéques d'Oo> cident et d*Orient, ainsi que tous oeux qui conduisent les peuples ; car le saintooncdle de Rome, et nous tous, sommes convenus que les lettres qui vous ont été écrites par l'Eglise d'Alexandrie sont orthodoxes et sans erreur. •
La lettre sjrnodale contient eMuîie la pro* fession de foi : d'abord le Symbole de Nicée, puis une explication ample et exacte du içyst ère de Tlncarnation, conformée ce que saint Cyrille en avait déjà dit ailleurs ; enfin, il repond aux principales objections de Nestorius, et pose un argument de l'eucharistie en ces termes ^ « Nous annonçons la mort de Jésus-Christ, et nous confessons sa résurre^ tion et son ascension, en célébrant, dans les églises, le sacriûce non sanglant.. Ainsi nous nous approchons des eulogiea raystiquesv et nous sommes sanctifiés, participants k la chair sacrée et au précieux sang de noire Sauveur Jésus-Christ« et nous ne la recevons pas comme une chair commune, à Dieu ne plaise, ni comme la chair d'un homme sanctifié et conjoint au Verbe {>ar une union de dignité, ou en qui la Divinité ait habité, mais comme vraiment vivifiante, et propre au Verbe; car lui qui est vie de sa nature, comme Dieu, étant devenu un avec sa chair, il l'a rendue vivifiante : autrementt comment la chair d'un homme serait-elle vivifiante de sa nature? » Cette lettre finit par douze anathèmes, qui en renfîarment toute la substance. Nous ne croyons pouvoir nous dispenser de les reproduire intégralement. Les voici :
« 1** Si quelqu'un ne confesse pas qu'Emmanuel est véritablement Dieu, et par conséquent la Mainte Vierge Mère de Dieu, puisau elle a engendré selon la chair le Verbe e Dieu fait chair, qu'il soit anathème.
«( 2** Si quelqu'un ne confesse pas que le Verbe qui procède de Dieu le Peré est uni à la chair selon Thypostase, et qu'avec sa chair il fait un seul Christ, qui est Dieu et homme tout ensemble, qu'il soit anathème.
il S" Si quelqu'un, anrès l'union, divise les hypostases du seul Cnrist, les joignant seulement par une connexion de dignité, d'autorité, ou de puissance, et non par une unioo réelle, qu'il soit anathème.
« k* Si quelqu'un attribue à deux personnes ou à (feux hypostases les choses que les apôtres et les évangélistes rapiK>rtent comme ayant été dites de Jésus-Christ par les saints ou par lui-même, et applique le^ unes & l'homme considéré séparément du Verbe de Dieu, et les autres comme dignes de Dieu, au seul Verbe procédant de Dieu le Père, qu'il soit anathème.
« 5** Si quelqu'un ose dire que Jésus*
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CYR
DICTIONNAIAE M PATROLOGIE.
Christ est un homtno qui porte Dieu» au lieu de dire qu'il est Dieu en vérité» comme Fils unique et par nature» en tant que le Verbe a été fait chair» et a participé comme nous K la obair et au feang» qu'il soit anathème.
1 6* Si Quelqu'un ose dire que le Verbe
Srocédant de Dieu le Père est le Dieu ou le eigneur de Jésus-Christ, au lieu de confesser que le même est tout ensemble Dieu et homme» en tant que le Verbe a été fait chair» selon les Ecritures, qu'il soit anathème.
« 7* Si quelqu'un dit que Jésus en tant qu'homme a été possédé du Verbe Dieu» et revêtu de la gloire du Fils unique» comme étant un autre que lui» qu'il soit ana-» thème.
« 8" Si quelqu'un ose dire que l'homme pris par le Verbe doit être adoré, gloriGé et nommé Dieu avec lui» comme l'un étant en l'autre : car j ajoutant toujours le mot aveCt il donne cette pensée i au lieu d'honorer Emmanuel par une soûle adoration» et lui rendre une seule gloriûcation» en tant que le Verbe a été ftiit chair» qu'il soit ana* thème.
« 9** Si quelqu'un dit que Notre-Seigneur Jésus-Christ a été glorifié par le Saint-Esprit» comme ayant reçu de lui une puissance étrangère, pour agir contre les esprits im<* mondes, et opérer des miracles sur lea hommes, au lieu de dire que l'Esprit oar lequel il les opérait lui était propre» qu'il soit anathème.
« 10* L'Ecriture divine dit que Jésus- Christ a été fait le pontife et l'apôtre de notre fol» et qu'il s'est offert pour nous à Dieu le Père, en odeur de suavité. Donc» si quelqu'un dit que notre pontife et notre apôtre n'est pas le Verbe Dieu lui-même» depuis qu'il /e^t fait chair et homme comme nous; mais an homme né d'une femme» comme si c'était un autre que lui : ou si quelqu'un dit qu'il a offert le sacrifice pour lui-même» au heu de dire que c'est seulement pour nous ; car il n'avait pas besoin de sacrifice, lui qui ne connaissait pas le péché : qu*il soit anathème.
« 11* Si quelqu'un ne confesse pas que la ehair du Seigneur est vififlante, et propre au Verbe, même procédant de Dieu le Père» mais l'attribue à un autre» qui lui soit conioint selon la dignité, et en qui la Divinité nabite seulement ; au lieu de dire qu'elle est vivifiante, parce qu'elle est propre au Verbe, quia la force de vivifier toutes choses : qu'il soit anathèrae.
« 12" Si quelqu'un M confesse pas que le Verbe de Dieu a souffert selon la chair» et
2u'il a été crucifié selon la chair, et quil a té le premier-né d entre les morts, en tant qu'il est vie et vivifiant comme Dieu, qu'il aoit anathème. »
Voilà les douze fameui anathèmes de saint Cyrille contre toutes les propositions hérétiques que Nestorius avait avancées. La lettre synodale qui les contient se trouve datée du 80 novembre, mais on croit que cette date indique plutôt le jour où elle fut
apportée à Gonstantinople. Elle était accompagnée ne deux lettres, l'une au clergé et au peuple, et l'autre aux abbés des monastères de la même ville. Il leur marque qu'il a attendu h la dernière extrémité pour en venir à ce fâcheux remède de {^excommunication ; il les exhorte à demeurer fermes dans la foi, et à communiquer librement avec ceux que Nestorius avait excommuniés. Il députa pour porter ces lettres quatre évoques d'Egypte, Théoperapte, Daniel, Potamon et Macaire, qui furent chargés en même temps de la lettre du pape saint Célesfin à Nestorius.
Au clergé et au peuple d^AlêTandrle. — Les lettres suivantes furent écrites après la fête de Pâques de l'an 431, c'est-à-dire après le 19 avril de la même année. La première est datée de Rhodes, où saint Cyrille arriva d'Alexandrie avec un vent favorable. On y remarque sa charité paternelle envers son clergé et son peuple. Il leur témoigne que» quoique absent de corps, il continue de rester au milieu d'eux par son cœur, et il leur demande le secours de leurs prières pour le succès des affaires de l'Eglise. Il écrivit la seconde incontinent après son arrivée à Ephèse, au commencement du mois de juin»
Suelques jours avant l'ouverture du concile. u y voit sa confiance en Jésus-Christ pour le maintien de la vraie foi. Il ne doute nullement que la bète qui ne dort point, mais qui rôde et qui s'agite, qui va et vient de tous côtés pour attaquer là gloire de ce divin Sauveur» ne se frappe elle-même et ne périsse avec ses semblables. Ce qu'il dit ap-
Êaremment du démon» auteur de toutes ces érésies, et peut-être aussi des cabales du parti de Nestorius.
Sur la dépoiition de tfestoriuB. — Après
2ue sa sentence de déposition eut été signiée à Nestorius» saint Cyrille écrivit aux évéques que nous avons nommés plus haut» et aux prêtres Timothée et Eulôge, qu'il avait députés à Constantinople,pour les instruire de tout ce qui s'étaU passé dans le Qoncile ; entre autres choses, de Taltente où étaient les évoques que Nestorius rétracterait ses erreurs» et en demanderait pardon au concile; du retard affecté de Jean d'Antioche et des évéques d'Orient qui Suivaient le parti de cet héré:>iarque ; de sa contumace et de sa déposition. Il ^goute : « Puisque le comte Caniiidicn a envoyé des relations de ce qui a été fait dans le concile, veillez et avertissez que les actes de la déposition de Nestorius ne sont pas encore entièrement mis au net ; cV'st pourquoi nous n'avons pu envoyer la relation qui doit être présentée à rempereur. » — Le saint évêque s*empressa d annoncer la même nouvelle à son clergé et au peuple d'Alexandrie, enhur observant que l'assemblée où celte sentence avait été prononcée s*étaiL tenue dans la grande église d*Epi)èse, appelée Marie mère de Dieu^ où s'étaient trouvés réunis au moinsdeux cents évéques; que» depuis le matiu'jusqu'au soir, le peuple de la ville avak attendu avec anxiéle la décision du concile» et qu'ayant
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appris la condamnation et la déposition de Nestorius» il en avait loué rassemblée et rendu grâces à Dieu en reconduisant les évoques jusqu'à leurs logis avec des torches allumées et des flambeaui. — Saint Cyrille écrivit aussi au clergé et au peuple de Constantinople pour leur donner avis que la relation envoj^ée à Témpereur par le comte Jean était infidèle ; que cet officier avait employé mille moyens pour obliger le concile à commu^niquer avec les schismatiques, mais que jusque-là tous les évoques l'avaient refusé, ne déclarant la chose possible que quand ceux-ci auraient annulé ce qu ils avaient fait contre les canons, demandé pardon au concile, et anathématisé par écrit les erreurs de Neslorius. « Le comte Joan, ajoute-t-il, n'ayant pas réussi dans son dessein, en a formé un autre, en demandant au concile de lui donner une exposition de foi par écrit, pour la faire souscrire aux autres, et pouvoir dire à son tour : Je les ai raccommodés ; ce n'étaient que des passions humaines qui les divisaient. Le concile, s'en étant aperçu, a résisté fortement, en disant : Nous no leur faisons point d'injures, nous n'avons pas été appelés ici commo des hérétiques, mais pour soutenir lafoi, comme nous avons fait : i'empereur n'a pas besoin de l'apprendre, il Ta fait; et il y a été baptisé. Cette tentative n'ayant donc f)as mieux réussi aux Orientaux, ils ont voulu dresser une exposition de foi qui les a divisés, et ils en oisputent encore. Les uns veulent bien que l'on appelle la sainte Vierge Mère de Dieu^ pourvu qu'on ajoute qu'elle est aussi mère de l'homme ; les autres disent qu'ils se feraient plutôt couper les mains que de souscrire à de pareilles expressions : par là ils se rendent ridicules et se montrent hérétiques. Faites connaître ceci à tout le monde, principalement aux abbés, de crainte que le comte Jean ne rapporte à son retour les choses différemment de ce qu'elles sont. Ne vous rebutez pas de travailler pour nous, et sachez que vous plaii ez par là à Dieu et aux hommes. Il y a môme des évoques qui ne nous avaient jamais vus, qui sont prêts à donner leur vie pour nous, et viennent nous dire, en pleurant, qu'ils souhaitent d'aller en exil ou de'mourir avec nous. Nous sommes tous dans une grande afILiction, moi particulièrement, ayant des soldats qui nous gardent et Îui couchent à la porte de nos chambres, out le reste du concile souffre extrêmement. Plusieurs sont morts, les autres sont réduits à vendre ce qu'ils ont pour fournir à la dépense, d
La paix étant conclue entre les Orientaux et saint Cyrille, en ^33, Jean d'Antioche lui écrivit par Paul d'Ëmèse que, « pour ôter les scandales, il tenait pour déposé Nestorius, et qu'il approuvait l'ordination de Maximien ; qu'il anathématisait toutes les nouveautés profanes, et qu'il conservait la saine et droite foi, comme l'évêque Cyrille.» Aussitôt le pieux pontife lui répondit par >ine lettre devenue célèbre depuis, et dont \es premières paroles sont : « Que les cieux
se réjouissent, et que la terre tressaille. » Il inséra dans cette lettre la profession de foi que Jean lui avait envoyée, en protestant qu'il la trouvait très-pure, et qu'il pensait comme lui et les autres évêques d*Orient. Puis, venant aux éclaircissements au'on lui demandait sur sa doctrine, il dit : «On m*accuse d'enseigner que le sacré corps de Jésus-Christ a été apporté du ciel, et non pas tiré de la sainte Vierge. Comment a-t-on pu le penser, puisque presque toute notre dispute a roulé sur ce que je soutenais qu'elle est Mère de Dieu ? Comment le serait-elle, et qui aurait-elle enfanté, si ce corps était venu du ciel ? Quand nous disons que Jésus- Christ est descendu du ciel, nous parlons comme saint Paul, qui dit : Le premier homme était de terre et terrestre, le second est venu du ciel ; et comme le Sauveur lui-même : Personne n'est monté au ciel, ^ue celui qui est descendu du ciel, le Fils de Vhomme. Car encore que ce soit proprement le Verbe qui soit descendu du ciel en s'anéantissant par la forme d'esclave qu'il a prise, on l'attribue néanmoins à l'homme à cause de l'unité de personnes, Jésus - Christ Notre - Seigneur étant un. » — On reprochait encore à saiut Cyrille d'admettre un mélange ou une confusion du Verbe avec la chair ; il répond : « J'en suis si éloigné, queje crois qu'il faut être insensé pour le penser, et pour attribuer au Verbe divin la moindre apparence de changement et de vicissitude. Il aemeure toujours ce qu'il est, sans avoir souffert ni pouvoir souflrir aucune altération. Nous reconnaissons tous encore qu'il est impassible, quoiqu'il s'attribue les souffrances de la chair; comme saint Pierre a dit si sagement: Jésus-Christ a souffert dans sa chair, et non pas dans sa divinité. Il ajoute qu'il suit en tout la doctrine des saints Pères, particulièrement de saint Athanase, et celle du Symbole de Nicée, sans en altérer la moindre syllabe ni l'omettre, la regardant comme ayant été dictée par le Saint-Esprit. »
A Acace de Mélitine. — 11 y eut des catholiques qui blâmèrent saint Cyrille, en prétendant qu'il s'était trop relAché dans la Ïaix qu'il avait conclue avec les Orientaux, ^e ce nombre était Acace de Mélitine, son ami, qui lui écrivit pour s'en plaindre. Pour le désabuser, Cyrille, dans sa réponse, lui fait un précis de ce qui était arrivé dans la négociation pour la paix avec Jean d'Antioche et les autres évêques d'Orient; de la consultation ordonnée par l'empereur pour arriver aux moyens de la procurer au plus tôt ; de la résolution, prise dans rassemblée des évêques, de commencer cette négociation pour convenir de la foi, et obliger Jean d*Antioche d*approuver la déposition et d'anathématiser la doctrine de Nestorius; de ce qui s'était passé dans ses entretiens avec Paul d'Ëmèse, envoyé par Jean d'Antioche, et des raisons qu'il avait eues de l'admettre à sa communion, puisqu'il anathématisait Nestorius et le tenait pour légitimement déposé. Il vient ensuite aux difficultés gu'on proposait contre la profession de foi des
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Orientaux, qu'il avait approuvée, et, après avoir montré robligation où ils avaient été de la faire, il fait voir qu'elle est catholi*
Sue, entièrement éloignée de l'hérésie de estorius, dont il rapporte les propres paroles pour en faire ressortir l'impiété, puisque ce novateur affirme positivement qu'il }f a deux Christs, et que, dans le culte qu'on ui rend, on doit adorer l'homme avec Dieu.
A Suceeisus. — Successus, évéque de Diocésarée dans Tlsaurie, pontife célèbre par son savoir, envoya vers le même temps à saint Cyrille un mémoire contenant quelques
aueslions sur la foi, pour l'éclaircissement esquelles il le priait de lui communiquer ses lumières. Il lui demandait, entre autres choses, s'il fallait dire qu'il y a deux natures en Jésus-Christ , et comment il fallait distinguer la foi de l'Eglise de l'hérésie d'Apollinaire. Il disait encore guelgue chose de l'o* piniondeceux qui enseignaient que le corps de Jésus-Christ, après sa résurrection, était passé en sa divinité, en sorte que depuis ce. moment l'homme s'est anéanti et n'a plus laissé subsister que le Dieu. — Saint Cyrille, avant de répondre, dit un mot de Thérésie de Nestorius, dont il fait remonter l'origine à Diodore, évèque de Tarse. Ensuite il dit : c qu'instruit aune autre doctrine , tant par les divines Ecritures que par les saints Pères, il croit que Jésus-Christ est un, soit devant, soit après l'incarnation. Il ajoute que cette union vient du concours des deux natures; qu'après l'union on ne les divise plus , et on ne sépare point en deux fils, le Fils unique indivisible ; mais
au'on dit qu'il est un et seul Fils, ou, comme isent les Pères, une nature de Dieu Verbe incarné. » Ce que saint Cyrille explique en ajoutant « qu'il y a deux natures unies; mais que Jésus-Christ Fils et Seigneur, le Verbe de Dieu le Père, fait homme et incarné, est un.» 11 établit, contre Apollinaire, « que l'union du Verbe avec le corps s'est faite sans aucun mélange ni confusion de la divinité avec le corps; mais que le. Verbe s'est uni au corps animé d'une Ame raisonnable et intellectuelle, sans rien perdre de ce qu'il était avant cette union. » A l'égard de la question touchant ce qui s'est passé en Jésus-Christ depuis sa résurrection, saint Cyrille répond « que depuis ce moment son corps n*a point changé ae nature, mais qu'il a été délivré des infirmités humaines; qu'à cet égard son corps peut être appelé divin , parce que, depuis sa résurrection, il a été glorifié d'une manière qui convient à Dieu» et qu'il est toujours le corps de Dieu. »
En envoyant celte lettre à Successus, saint Cyrille y joignit une copie de quelques écrits qu'il avait faits contre Nestorius, et de la véritable lettre d'Athanase h Epictète, différente de celle qui avait été corrompue par les hérétiques. La manière dont ce Père avait expliqué l'expression d'un« seule nature du verbe incarné no contenta pas; on lui Ut diverses objections, dont Successus lui envoya le mémoire' SAinl Cyrille y répondit paf
une seconde lettre, qu'il commence en remarquant que la vérité se fait toujours connaître à ceux qui l'aiment, et qu elle ne se cache qu'aux artificieux, c'est-à-dire à tous ceux dont les voies ne sont pas droites. H fait voir ensuite qu'en disant une nature, il n*a rien dit de contraire à la foi des Pères, renfermée dans le Symbole, qui n'a admis aucune confusion ni aucun mélange, parce que la Divinité est immuable et que l'humanité demeure tout entière en Jesus-Christ, en conservant toutes ses propriétés naturelles, comme la Divinité conserve les siennes mémo après l'union, puisque ce n'est pas simplement nature, mais nature incarnée. Il montre que l'unité se rencontre non-seulement dans les choses qui sont simples de leur nature, mais encore dans celles qui sont unies par composition. L'homme, par exemple, est un, quoiqu'il soit composé de deux natures d'une essence différente» l'Ame et le corps. Il convient que si, en parlant de Jésus-Christ, il s'était contenté de dire une nature du Verbe, sans ajouter if^ carné, comme pour exclure le mystère de l'Incarnation, les objections de ses adversaires auraient Quelque fondement ; mais il soutient qu'elles n'en ont aucun, puisque cette expression, une nature de Dieu Verbe incarné, marque exactement deux natures unies, sans qu'on puisse inférer ni mélange, ni confusion , ni changement depuis leur union. On trouve une grande partie de cette lettre mot à mot dans celle du saint docteur à Acace de Mélitine, ce qui a fait juger que c'est par erreur qu'on l'a jointe à la seconde lettre à Successus.
A VaUrien, évéque d'Icône. — Ce fut encore pour se jusliher de sa réunion avec les Orientaux que saint Cyrille écrivit à Valérien, évèque d'Icône. Il réfute dans cette lettre les objections de ceux qui, voulant paraître orthodoxes, travaillaient, au contraire, à répandre dans les Ames simples le venin de 1 impiété nestorienne. Comme ils enseignaient que le Verbe avait divisé le Fils de la Vierge, de sorte qu'il y aurait eu deux fils, l'un Fils de Dieu, né du Père avant tous les siècles, et l'autre fils de l'homme et né de Marie, il fait voir que Dieu le Verbe n'a point été uni à l'homme, mais qu'il s'est fait homme de la race d'Abraham, et que c'est à raison de ce que Dieu s'est fait chair dans le sein de la sainte Vierge qu'elle est appelée Mire de Dieu. C'est sur ce principe qu il combat ceux qui disaient que Dieu le Verbe avait demeuré dans le fils de la Vierge, comme dans quelqu'un des prophètes : erreur qui est détruite dans les saintes Ecritures, qui nous représentent l'incarnation comme un mystère, dans leauel Dieu^ le Verbe s'est anéanti en prenant la forme d'un esclave, anéantissement qui n'aurait point eu lieu s'il ne se fût fait chair et semblable à nous, et s'il se fût contenté d'habiter en Jésus-Christ comme en un temple. U fait sentir le ridicule d'un particulier qui avait avancé que Jésus^hnst s'était réfugié dans le oieli pour j trouver un asile contre les
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DIGTIOMNAIRE DE PATHOLOGIE.
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embûches du démon. Ensuite il rapporte comment Jean d'Antioche et les autres évoques d'Orient avaient condamné par écrit et d'une manière nette et précise les nouveautés profanes des nestoriens , confessé que la Vierge est Mère de Dieu; que c'est le même qui est Dieu et homme, Dieu parfait , homme parfait -, et qu'il nV a en lui qu'une personne, un Fils, un Christ,
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Seigneur. « Si donc, ajoute-t-il, on les ac-. cuse d'être dans d'autres sentiments, ne le croyez pas ; renvoyez ceux qui le diront, comme des tnompeurs et des imposteurs; et si l'on montre des lettres ep leur nom, tenez-les pour supposées. » — On met cette lettre de saint Cyrille à Vah^rien en 433.
Explication du Symbole de Niçée, — Vers Tan 438, le saint évoque, averti par le diacre et abbé Maiime, que la plupart des Orientaux continuaient de soutenir la doctrine de Nestorius, sous le nom de Théodore, et que, se vantant de s'en tenir au Symbole de Nicée, ils le tournaient à leur «ens par de mauvaises interprfitations, il entreprit de donner une explication claire et nette de ce Symbole, afin de ruiner toutos les fausses interprétvitionsdont il était l'objet. Il adressa son écrit à l'abbé Maxime, aux autres supérieurs orthodoxes, et à tous les religieqx qui vîvalent avec eux dan$ leurs monastères, et en particulier à Anastase, Alexandre, Martlqien, Jean, et Parégoire prêtre , qui lui avaient demapdé cette explication. Après avoir remarqué que Jésus-Christ avait présida ^U Qoncile où ce Symbole avait été dressé conformément à la foi établie dans les divines Ecritures, et qu'il était en autorité dans toutes les Eglises de Dieu, il en rapnorte le texte entier i qu'il mêle h son explication. « Les Pères de Nicée, dit-il, professent qu'ils croient en un seul Dlçu, pour renv^jrser de fond en comble les erreurs de^ gentils sur la pluralité des dieux ; lor$qu'il§ nomment ce Dieu Père tout-puissant, ils nous font connaître en même temps qu'il a un Fils qui lui est coéternel, par qui toutes choses ont été faites, soit dans le ciel, soit sur Ja terre. Ils {goûtent que ce Fils est engendré, et non pas fait, pour montrer qu'il est de l'essence même du Père, et non du nombre des créatures, ce qui est engendré étant nécessairement de la même substauç^ que celle dont \\ ^s\ engendré ; d'où il suit que le Fils est consubstaniiel au Père^ et pon^équemment vrai Dieu. Mais après qu'ils QUt die que c'est par lui que toutes choses ont été laites, pour montrer aue sa [missauce est la mê(ue que celle du Père, ils ajoutant qu'il s est fait homme, parce qu'il ne nous suflTu pas de croire qu'il est Dieu de Dieu et eonsupstantiel a\Ji, Père, nous devons croire encore qu'il est descendu ^t s'est incarné pour notre salut, eu prenant, non une chair inanio^ée eomc^^e le disent quelques héréti-
?[ues, mais douée d'upe âme raisonnable et ntelligente. Eu se faisant homme» il n a rien Suijté ai perdu 4® Ç® qu'il était i seulement s'est rendu j)ropre tu qui apiarlienl à 1^ chair. Ce qui fait qu'on dit de lui qu'il a
souffert, qu'il est mort et ressuscité le troisième jour, quoique, selon sa nature divine» il soit mipassible et immortel. Les Pères de Nicée font aussi mention dn Saint-Esprit, déclarant qu'ils croient en lui comme au Père et au Fils. Il leur est, en effet, consubstaniiel : et comme il procède de Dieu et du Père corpme d'une source, il est aussi donné aux créatures par le Fils, ainsi qu'il est remarqué dans saint Jean, où nous lisons que Jésus-Christ soulHa sur les saints apôtres, eu disant : Recevez le Saint-Esprit, — Telle est, suivant saint Cyrille, la vraie foi des saints Pères. D joiift nommément Théodore avec Nestorlus. ne doutant pas au'ils ne fussent l'un et l'autre dans les mêmes sentiments.
A'4cace de Bérée. — Dans une lettre qu'il écrivit à Acace» évêque de Bérée, au sujet de sa Querelle avec les ëvêques orientaux, le saint docteur dit : « Pour moi , je veux bien oublier tous les outrages que j'ai reçus pour l'amour de Dieu, le respect du à l'empereur qui le désh'C, et l'unité de l'Eglise, et pardonner comme li mes frères, Mais aussi c'est la volonté de Dieu et de l'empereur qu'ils approuvent la condamnation de Néstorius et qu'ils-anathématisent ses blasphèmes. Il ne tient qu'à cel^ que la paix des Eglises ne soit rétablie; et parce que quel-
3ues-uns m'accusent de souienir les erreurs 'Apollinaire, d'Arius ou d'Kunome, j[e déclare que, par la gr^çe du Sauveur, j'ai toujours été orthodoxe; j'anàthéipatise Apollinaire et tous les autres hérétiques; je confesse que le corps c|e Jésus-Christ est animé d'une Ame raisonnable; qu'il ne s'est point fait de confusion dans les deux natures; que le Verbe divin est immuable et impassible selon sa nature. Mais je soutiens que le Christ et le Seigneur, Fils unique de Dieu» est le même qui a souffert en sa chair, ainsi que 1^ dit salut Pierre, Quant aux douze anathématismes,'ils ne regardent que les dogmes de Nestorius, rejetant ce qu'il it enseigné de mauvais, soit de vive voiXi soit {)ar écrit. Il ajoute que, lorsque la paix sera aite, il les éciairclra, et tout ce qu'on pourra trouver obscur dans tous ses autres écrits : car notre doctrine, dit-iK et notre conduite sont approuvées de tous (es évêques par tout l'empire romain, et nous devons avoir soin d'entretenir aussi 1^ paix avec eux. » 11 dit à Acace (( qu'il fallait que, la paix se faisant aux conditions proposées par le conctle d'Ephèse, c'est-Mire en anathéamtisant Nestorius et sa doctrine, il écrivit aux principaux évêques de l'Eglise pour les prier d'accorder leur communion aux Orientaux; mais que si ceux-ci refusaient d'accepter ces conditions , on ne pourrait persuader à ces évêques de leur accorder cette grAce. 9
A rempereur Xhéodose, — La lettre que saint Cyrille écrivit à l'einpereur en lui envoyant son explicatioq du Symbole de Nicée, avec un autre écrit oii il combattait les sentiments de Théodore de Mopsueste, avait pour but d'empêcher que co prince ne se laissât surprendre par ce que tes Orientaux lui avaient