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terre. Gepeadant ce n'est qu'one ^eulQ lumière ; elle éteod ses tranches p^r tout le monde et fait couler ses ruisseaux de tous côtés : c'esl Déaomoius un seul tronc, une sQule origine y une seule mère extrêmement féconde et abondante. Celui qui se sépare de ]'£glise de Jésus-Christ ne recevra jamais les récompenses de Jésus-Christ; c*est un étranger, c*est un pro£ane, c'est un ennemi. Celui-là ne peut avoir Dieu pour père, qui n'a point l'Eglise pour mère : si quelqu'un a pu se sauver liors de l'arche de Hoé , on peut se sauver aussi hors de l'Eglise. »
Il rapporte ensuite plusieurs figures d« l'Ancien et du Nouveau Testament, qui ont un trait marqué à l'unité de l'Eglise. Ainsi Ja robe de Jésus-Christ, qui ne fut point divisée, mais tirée au sort et possédée tout entière par un seul; ainsi la maison de Rahab, la seule où lors de la prise de Jéricho on poiivait éviter la morl; ainsi l'agneau pascal, qui devait se manger par plusieurs réunis oans une môme maison ; ainsi la colombe, dont le Saint-Es{)rit n'emprunte la fi^re que parce qu'elle est simple, qu'elle aime la concorde et la paix, simulaient l'Eglise, la simplicité de sa foi, la douceur de sa charité et l'union que tous les chrétiens doivent conserver entre eux par Tamour. « Que personne, dit-il, ne s'imagine que les bons puissent sortir de l'Eglise ; le vent n'emporte point le froment , mais seulement la paille légère, et Dieu ne permet Îu'il s'élève tous les jours des hérésies et es schismes, qu'afin que, dès ici-bas, et avant le jour du jugement, les bons soient séparés des méchants et le froment de la paille. »
Venant ensuite à Novatien, il s'élève for» tement contre son ordination schismatique, où toutes les règles des canons avaient été violées, et soutient que le baptême qu'il administrait n'engendrait pas des «ifants à Dieu, mais au diable; car il est impossible que ceux qui sont nés du mensonge puissent recevoir les promesses de la vérité. Comme Novatien pouvait s'autoriser de cette parole de Jésus-Christ, qui promet de se trouver partout où il y aura deux ou trois personnes assemblées en son nom , saint Gyprien répond d'abord « au'il est clair, par les paroles qui précèdent le texte allégué, que Jésus*Christ a moins égard au npmbre qu'à l'union de ceux qui le prient, puisqu'il ne se trouve au milieu d'eux que quand ils se sont réunis pour prier en son nom. » Il expose ensuite « qu en cet endroit Jésus- Christ parle de son Eglise et de ceux qui y sont, qui y vivent avec crainte et simplicité, qui prient unanimement ensemble. Or, comment pourrait-on être d'accord avec quelqu'un, lorsqu'on est désuni d'avec le corps de l'Eglise et de tous les tidèles ? Comment deux ou trois peuvent-ils s'assembler au nom de Jésus-Christ (lorsqu'il est certain qu'ils se sont séparés de Jésus-Christ) et de son Evangilp? Quelle paix se promettent, de la part de Dieu, ceux qui n'ont point de paix avec leurs irèc^? Croient-ils que Jésus-
Christ soit av^c eux Iprsqi^'ils son^ ensemble, s'iM n'ont d'union ai^e hors de TEglise? Quaad ils souffriraient la n)orl pp^r la confession de son nom, tout leur sang n'^$t pas capable d'effacef cett^ faute. Le schi^^iè est un crime si énorme, que la mort même pe saurait l'expier. Celui-I^ ne peut Être martyr, qui n'est point dans l'Eglise. Celui-U ne peut arriver au royaume, qui abandoond celle qui doit régner... Celui-là ne peut être martyr, qui ne garde pas la charité fraternelle. En vain seront-ils exposés au feu et aux hôtes, ce ne sera pas la couronaç de leur foi, mais la peine de leur perfidie; ce ne sera pas une mort glorieqse, mais un désespoir. Un homme de la ^orte peut èlre tué, mais il ne peut pas être couronné. » La raison qu'en rend sapt Cyprien^ c'est que les schismatiques n'observant pas les commandements de Dieu, qui tous sont renfermés dans celui de la Quarité, ils ne i^uveot parvenir au royaume des cieux, destiné aui seuls observateurs des lois du Seigneur. — Saint Cypt'ien fait remarquer ensuite quil n'est pas surprenant que quelques confesseurs se soient engagés dans le schisme, Earce que la confession du Qpm de lésushrist ne met pas à couvert des attaques du démon. La confession du nom 4^ Jésus- Christ est le commencement de la gloire, mais elle n'en est pas l'a perfection. La perfection est dans la persévérance. Il çonclul ce traité en ordonnant aux ûd^les de fuir les schismatiques, de rompre tout commerce avec eux, 9t d'imiter l'union qui régnait parou les chrétiens au temps des apôtres.
De9 iombéf, -— La persécution ayant cessé tout à fait en Afrique, quelquj^ temps avant Pâques de l'an 251, saint Cvprien,de retour à Carthage, se hâta d'y reunir un concile, pour régler l'affaire des lombes^ 11 composa en même temps, sur cette matière, un traité qu'il lut en plein concile. Il montra dabord que si Dieu a éprouvé les chrétiens par le feu des persécutions, c'est qu'il était nécessaire d'en venir à des remèdes violents, pour réveiller leur foi languissante et engourdie. Une longue paix avait corrompu la discipline ; le zèle de la religion et la pureté de la foi s'étaient éteints dans le cœur des prêtres et des autres ministres de l'Egliseï et il n'y avait plus ni charité ni règlement de mœurs parmi les chrétiens. « Si cou|>ables, ajoute-t-il, que ne méritions-nous pas de souffrir? Cependant, aux premières menaces de l'ennemi, une partie de nos Irères ont trahi leur foi ; et sans attendre que l'effort de la persécution les renversât par terre , ils s'y sont jetés d'eux-mêmes, l's n'ont pas attendu qu'on les interrogeât pour renoncer à Jésus-Christ, ni qu'on se saisit d'eux pour brûler de l'encens sur les autels. Plusieurs ont été vaincus avant le combat, et sont montés volontairement au Capitole,
gf)ur commettre un sacnlége déte$ùbla* ' 'est surtout contre ces derniers que 10 saint docteur s'élève avec une véhémence qui n'a d'égale que l'ardeur de sa foi- U 1^"^ montre qu'il y a obligation pour tous du $a*
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DIGTIOMNÂltŒ D£ PATROLOGIË.
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oriier patrie, fortune, existence, plutôt que de se souiller en mangeant des viandes immolées aux idoles. Cependant la longueur de leur résistance atténue leur foute et les rend moins coupables; tandis que rien ne peut excuser eeos qui, dans la seule crainte d*6tre tourmentés , ont saeriQé aux faux dieux. «( Je ne dis point cela, eontinue saint Cyprien , pour exagérer la faute de nos frè* res, mais poiir les porter davantage à prier qu'on la leur éardonne, et en faire une juste satisfaction. Un prêtre de Dieu ne doit pas tromper le$ ehrétiens par une comidaisanee
Semicieuse, mais les guérir i>ar (les remèes salutaires. • Il se trouvait néanmoins des (lens asses téméraires, qui, contre la ri-
rnr de rfiTàngile, contre la loi de Dieu et Jésus-Christ, accordaient la paix et la ooamunion à ces sortes de pécheurs, sous le nom spécieux de compassion et de miséricorde. Saint Oj^prien montre que cette prétendue miséricorde est une véritable eruauté ; qu'une telle paix est pernicieuse à eeux qui la donnent, et infructueuse à ceux qui la reçoivent; et qu'avant que les iombés aient expié et confessé publicpiement leur erime • avamt que leur conscience ait été purifiée par le sacrifice et l'imposition des mains de Tévèque, avant qu'ils aient apaisé UA Dieu irrité qui les menace, il n'est point permis de les absoudre : autrement, ce pardon ne serait pas une paix, mais une guerre. }l exhorte ensuite les iombés à faire de dignes fruits de pénitence ; et, pour leur inspirer une salutaire confusion, il leur rapnpelle les chAtiments terribles dont Dieu avait puni quelques-uns d'entre eux aussitôt après leur chute.
U^tre ceux qui avaient sacrifié aux idoles, •ans y ^voir été contraints par la violence des tourments, il y en avait aautresqui sans avoir sacrifié donnaient ou recevaient des billets des magistrats attestant qu'ils l'avaient iait; c'est |H]iurquoi on les Bm^éiàKbillcUique$. Saint Gypnen soutient qu'ils sont coupables et qu'ils ont besoin de faire pénitence, a Cette
Srotestatiou, dit-il, n'est que la déciaratiou 'un chrétien qui se désavoue pour ce qu'il est ; car n'est-ce pas se rendre coupable aun crime que de confesser qu'on l'a commis ? Il est écrit qu*o» ne peuê servir deux mairtrès ; or le libeiiatique n'a pas servi Dieu,
Puisqu'il a servi un nomme, puisqu'il a obéi ses édits, puisqu'il a exécuté ses commandements. Je veux qu'il soit moins coupable, parce qu'il ne s'est pas présenté devant les idoles, et qu'il n'a point profané la sainteté de la foi aux veux d'un peuple qui s'en moque, parce qu il n'a souillé ni ses mains ni sa bouche, par des sacrifices funestes et des viandes sacrilèges ; cela peut lui faire obtenir plus aisément le pardon de son crime, mais cela ne peut l'exempter d'être criminel. » 11 les exhorte à confesser leur faute, à la réparer par une pénitence sincère et publique, afin que le pardon qui leur sera accordé par les prôlres soit plus agréable à Dieu. « Pensez-vous, leur dit-il, pouvoir si- Mt Séobir le Seipieut après l'avoir renié si
lAchement? Il faut le prier .continuellement, passer les ^ours et les nuits k pleurer et à soupirer, coucher sur la cendre, se couvrir d'un ci lice, s'occuper de bonnes œuvres, faire beaucoup d'aumônes. Dieu peut avoir égard à ce que les martyrs demandent, et k ce que font les prêtres pour de tels pénitents. Celui qui satinera ainsi au Seigneur tirera de sa chute même, avec l'aide de Dieu, un accroissement de courage et de foi, réjouira autant l'Eglise qu'il l'avait attristée, et ne méritera pas seulement le pardon, mais la couronne. »
ùe l'Oraison dominicale. — Un des plus célèbres ouvrages de saint Cyprien est celui quil composa pour expliquer l'Oraison dominicale. Saint Augustin le cite avec éloge en plusieurs endroits de ses écrits, et exhorte Valeutin et les autres serviteurs de Dieu è le lire, pour y apprendre que ce que nous devons demander à Dieu avant tout, c'e^t la grAce d'accomplir ce çu*il commande. Il le kit lui-môme aux moines d'Adrumet, et leur en conseilla la lecture pour s'instruire sur la nécessité de la grâce et de la prière. Saint Hilaire de Poitiers ne l'avait pas en moins grande estime, et il parait môme qu'il le regahlait comme une pièce achevée, puisqu'il dit : « que cette explication de l'Oraison dominicale donnée par Cyprien de sainte mémoire le délivre de la nécessité de traiter la même matière, n Le diacre Ponce le met après le livre De l'unité de f Eglise f el affirme « que ce saint évêuue y enseigne aux enfants de Dieu la loi cfe la prière évangélique.» On croit que saint Cvprien le composa après la persécution de Dèce, vers la fin de 1 année 351 ou au commencement de ^^ dans un temps eu il gouvernait son Eglise en paix.
Il jr a trois parties dans ce traité. Dans la première, le saint docteur expose que l'Oraison dominicale est la plus excellente, la plus efficace, la plus spirituelle de nos prières, puisque c'est Jésus-Christ même qui nous l'a donnée afin que nous nous en servissions pour parler au Père ; quand il disait que le temps était proche où les vrais adorateurs adoreraient te Père en esprit et en vérité, il avait en vue cette admirable prière qu'il devait laisser k ses disciples, c Ce n'est donc pas seulement une ignorance, ajoute-t-il, mais une faute de prier autrement qu'il nous l'a enseigné, puisqu'il reproche aux Juifs de rejeter le commandement de Dieu pour établir leur tradition : prions comme notre Maître et notre Dieu nous Taappris. C'est unebelle et unea^^réable prière que celle que nous adressons à Dieu comme venant de lui, que celle qui frafipe ses oreilles par des paroles que Jésus-Chnst même a formées : car puisqu'il nous assure que le Père nous accoidera tout ce que nous lui demanderons en son nom, il nous l'accordera beaucoup plus tôt, si nous ne le lui demandons pas seulement en son nom, mais par ses paroles mêmes. » — Saint Cyprien veut que l'un prie avec beaucoup de respect et de retenue, eo s'efforcent de plaire k Dieu
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aussi bien par son attitude que car le ton de la voix. Il croit qu'il convient mieux à la foi et à l'esprit de 1 Evangile de prier en secret et dans des lieux retirés. Mais lorsqu'on s'assemble sous les yeux de l'évèque pour célébrer avec lui les divins mystères, il dit : « qu'on doit éviter le bruit confus des voix tumultueuses et adresser modestement ses pNères à Dieu. »
La seconde partie contient l'explication de l'Oraison dominicale. Nous ne disons pas» remarque saint Cyprien, Mon Pèrt^ qui êtes dans les cieux^ ni. Donnez-moi aujourd'hui mon pain^ parce que notre prière est une prière publique et commune ; quand nous prions, ce n'est pas pour un seul, mais pour tout le peuple fidèle qui ne forme 'qu'un corps. En disant : Notre Pire^ qui êtes dans les cieuxy nous témoignons que nous ne connaissons plus d'autre père que celui
Îui est aux cieux. Nous l'appelons notre ère^ c'est-à-dire, le Père de tous ceux qui, renouvelés par la naissance spirituelle du baptême qui les sanctifie, commencent à devenir ses enfants. Nous disons ensuite : Que votre nom soit sanctifié^ non que nous souhaitions que Dieu soit sanctifié par nos prières, mais nous lui demandons la grAce de conserver la sainteté que nous avons reçue au baptême. C'est dans ce même sens que nous lui disons : Que votre règne arrive^ non pas pour demander que Dieu règne, mais pour obtenir Tavénement du royaume que Dieu nous a promis et qui nous est acquis par le sang et les souffrances du Sauveur. Nous ajoutons : Que votre volonté soit faite sur la terre comme au eiel^ non pas afin que Dieu fasse ce qu'il veut, mais afin que nous-mêmes nous puissions faire ce qui lui plaît. Or, pour cela, nous avons besoin du secours de Dieu, parce que personne n'est fort par ses propres forces, mais par la communication de la force de Dieu. Nous demandons que cette volonté s'accomplisse sur la terre comme au ciel, parce que de l'un et de l'autre dépend la consommation de notre salut. Nous avons un corps qui a été pris de la terre, une Ame qui tire son origine du ciel ; nous sommes terre et ciel tout ensemble, et nous prions Dieu que sa volonté s'accomplisse en l'un comme en l'autre, c'est-à-dire en notre Ame comme en notre corps, afin qu'il lui plaise d'accorder ces deux parties continuellement en guerre, et que l'âme régénérée par lui puisse être sauvée. Après cela nous disons : Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien ^ ce qui peut s entendre spirituellement du pain de vie qui est Jésus- Christ, ou à la lettre du pain matériel qui sert de nourriture à notre corps. Nous aemandons que ce pain nous soit donné -tous les jours, afin que nous ne soyons point séparés du corps de Jésus-Christ. On peut encore entendre qu'après avoir renoncé au monde par la foi, à ses pompes et à ses richesses par la charité, nous ne demandons plus (jue la nourriture nécessaire pour chaque jour, sans étendre nos désirs jusqu'au leudeuiain. £i^uit6i nous prions pour nos
péchés, en disant à Dieu: Pardonmx^'nous nos offenses comme notu pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; paroles qui nous enseignent deux vérités : l'une, que nous sommes tous pécheurs ; l'autre gue nous pouvons, par le moyen de la prière, obtenir le pardon de nos péchés. II est vrai que Jésus- Christ y ajoute pour condition le pardon des offenses. Il veut que nous vivions en paix dans sa maison, et que ceux qui sont animés d'un même esprit n'aient aussi qu'une même volonté. 11 veut gue nous ajoutions encore : Et ne nous induisez pas en la tentation^ ce qui montre que notre ennemi . ne peut rien contre nous, si Dieu ne le lui permet. Or Dieu ne donne ce pouvoir au démon que lorsque nous péchons, et il ne le lui donne que pour nous punir ou nous éprouver. Ennn , l'Oraison dominicale finit par une demande qui comprend en abrégé toutes les autres ; car lorsque nous demandons à Dieu de nous délivrer du mal^ il ne reste plus rien à lui demander. Munis de sa protection, nous n'avons rien à redouter de ce que le monde ou le démon peuvent tramer contre notre salut.
Dans la troisième partie, saint Cyprien traite des conditions ce la prière. Il ensei-
Sne, 1* qu'on doit y être assidu, à l'exemple e Jésus-Christ qui passait les nuits à prier, non pour lui-même, puisqu'étant innocent il n'avait rien à demander, mais i>our nos péchés ; 2" qu'il faut prier de tout son cœur, et, par conséquent, bannir toutes les pensées chamelles et séculières, et songer uniquement à ce que nous demandons. « C'est pour cela, dit-il, que le prêtre, avant de commencer l'oraison, y prépare les fidèles par ces paroles : Elevez vos caurs^ et que le peu-
Sle répond : Nous les avons au Seigneur ; » " que nous devons accompagner nos prières de bonnes œuvres et surtout d'aumênes, à l'imitation de Tobie et du centurion Corneille , dont la charité leur mérita d'être exaucés ; k!" qu'il n'y a point d'heures au jour où nous no devions prier Dieu ; nous ne devons pas même excepter la nuit, car il n'y a pas de nuit pour les véritables chrétiens, qui sont toute lumière en Jésus-Christ. Aussi prétend-il que c'est au nom de l'Eglise que l'épouse dit dans le Cantique des cantiques : Je dors, mais mon cœur veille. U ne laisse pas de marquer en particulier, pour heures ordinaires de la prière, celles de Tierce, de Sexte et de None, et il ajoute : « Qu'il faut encore prier le matin afin de célébrer la mémoire de la résurrection de Jésus-Christ; et sur la fin du jour, quand le soleil se couche, pour demander au vrai soleil, qui est Jésus-Christ, de hAter son avènement, ^fin de nous donner la grAce de la vie éternelle, v
Des bonnes œuvres et de Vaumône. — Le saint évêque de Carthage consacre les premières pages de ce traité à montrer par un grand nombre de passages tirés de TEcrirure, qu'après avoir perdu la grAoe du baptême» nous pouvons la recouvrer par les œuvres s de justice et de miséricorde ; car la pratiqui
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habituelle de ces œuvres renouvelle en quelque sorte la grAce et la vertu de ce sacrement. Ce sont les aumônes qui rendent nos Srières efficaces, qui nous garantissent des angerSv qui délivrent nos Ames de la mort. Ce que le saint prouve par l'exemple de Tabithe, à qui les bonnes œuvres et les aumônes rendirent la vie. -— Il vient ensuite aux excuses dont les riches se servent ordinairement pour se dispenser de faire l'aumône. « Vous appréhendez peut-être, leur dit-il, qu'en assistant les pauvres votre bien ne s'épuise, et que vous ne tombiez vousmêmes dans la pauvreté 7 Mettez-vous en repos de ce côté-là. Les richesses ne s'épuisent point, lorsqu'on s'en sert pour Jésus- Christ : c'est Dieu même qui vous en assure, lorsqu'il dit par la bouche de Salomon : Celui qui secoure les pauvres ne manquera jamais ; mais celui qui déloume les yeux de dessus eux^ sera réduit à une extrême pauvreté. Car les actions de grAces que les pauvres rendent à Dieu pour les aumônes que nous leur faisons attirent sa bénédiction sur nos biens, et les font croître. » Après avoir appuyé cette vérité de quelques endroits de l'Evangile » il s'élève avec beaucoup de zèle contre les riches avares, et leur dit : « Vous appréhendez que vos revenus ne viennent à manquer, si vous assistez libéralement les pauvres; et vous ne savez pas, misérables que vous êtes, que tandis que vous craignez que votre bien ne vous manque, la vie et le salut vous manquent en effet. Vous prenez bien garde que vos richesses ne diminuent, et vous ne considérez pas que vous diminuez vous-mêmes , parceque vous aimez mieux votre argent que votre Ame. Vous avez peur de perdre votre patrimoine, et vous vous perdez vous-mêmes pour votre patrimoine. C'est de vous que saint Paul parie, lorsqu'il dit : Nousn'or vons rien apporté en ce monde^ et nous n'en pouvons rien emporter. Ayant donc la nourri-iure et le vêtement^ soyons-en contents. Ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans les pièges du diable^ et sont possédés de beaucoup de mauvais désirs, qui précipitent les hommes dans la mort et dans la damnation. » — Une autre raison des riches pour s'exempter de faire l'aumône était le grand nombre de leurs enfants. Saint Cyprien leur répond : « que le précepte de l'amour de Dieu ne leur permet pas de préférer leurs enfants à Jésus-Christ, qui nous est représenté en la personne des panvres ;
Îue plus ils ont d'enfants, plus aussi ils ont e personnes pour lesquelles ils doivent prier Dieu, et dont ils sont chargés de racheter les péchés et sauver les Ames. » Ce qu'il prouve par l'exemple de Job, qui, ayant beaucoup d'enfants, offrait à Dieu beaucoup de sacrifices, et immolait tous les jours une victime pour chacun d'eux. D'où il conclut que « celui-là est un prévaricateur, et non un père, qui, peu attentif à procurer à ses enfants les biens éternels par ses aumônes, ne pense qu'à leur acquérir des richesses .périssables. » — Il rappelle aux riches les ittentoei du Sauteur «Mtrd eeu qui Vm^
ront méconnu dans la personne des pauvres, et les récompenses étemelles qu'il promet à ceux qui l'auront assisté dans leur faim, dans leur soif, dans leur nudité, dans leurs maladies. Il leur représente la foi vive et l'ardente charité des premiers chrétiens,
3ui, après avoir vendu leurs héritages , en onnaient généreusement le prix aux apôtres, pour le distribuer aux pauvres. Leurs bonnes œuvres entretenaient leur union, et resserraient entre eux les liens de la charité. Enfin il exhorte les riches à imiter dans leurs largesses l'exemple de Dieu qui n'exclut personne de ses bienfaits. « L'aumône,
Îjoute-t-il, est quelque chose d'excellent et e divin ; c'est la consolation des fidèles, le gage de notre salut, le fondement de notre espérance, le bouclier de notre foi , le remède de nos péchés ; c'est une chose grande et aisée tout ensemble ; c'est une couronne qu'on remporte dans le temps de la paix, et qui est exempte des périls de la persécution; c est un des plus grands dons ae Dieu, nécessaire aux faibles, glorieux aux forts, et utile à tous les chrétiens pour obtenir les
! grAces du ciel , pour se rendre Jésus-Christ avorable au jour du jugement, et pour mettreDieu même au nombre de nos débiteurs. » Livre à Donat. — De l'aveu de tous les savants, ce livre est un des premiers fruits de la conversion de saint Cyprien. U le composa n'étant encore que laïque, et peu de temps après son baptême, vers l'automne de l'an 2^6. C'est la suite d'un entretien qu'il avait eu avec Donat, son ami particulier, sur les périls que l'on court dans le monde, et sur la grAce que Dieu fait à une Ame, quand il l'en retire pour l'appeler à son service. II y décrit avec éloquence les perplexités dont il se trouvait agité avant son baptême, et les effets admirables que ce sacrement produisit en lui, relevant partout la bonté et la miséricorde de Dieu, dont la grAce lui avait rendu facile ce qu'il avait regardé jusque-là comme impossible. «Oui, c'est de Dieu, ditil, que nous tenons tout ce qu'il y a de force en nous. C'est lui qui nous fait vivre, c'est lui qui nous anime, et qui, nous donnant une v4e nouvelle, fait que dès ce monde nous avons des pressentiments de l'avenir. » S'adressant ensuite à Donat , il lui promet que s'il marche d'un pas égal dans la voie de la justice et de l'innocence, attaché à Dieu de tout son pouvoir, la grAce spirituelle s'augmentera en lui et lui donnera de nouvelles forces,
Euisque les dons célestes ne connaissent ni * ornes ni mesures. Afin de lui mieux iaire sentir encore le prix de la grAce que Dieu fait à ceux qu'il retire du siècle, il lui représente les tempêtes et les agitations du monde, ses périls et ses dangers, ses débordements et ses crimes, et ses exemples qui ne sont capables que de fomenter les vices et d'amener la rume des mœurs. Le seul moyen de vivre en paix, conclut saint Cyprien, c'est de se mettre à l'abri des tempêtes du siècle, en se réfugiant dans l'Eglise comme dans un port.
Ds la vanité des idoles * ^Nout ne trM-^
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mCtiDNNAmfe Dfc PAtltOLOtiffi.
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vous rten dans ce traite qui puisse en fixer l'époque. Le style en est élégant et fleuri^ mais moins châtié que celui de ses autres ouvrages. Les preuves qU*il y apporte pourraient être présentées avec plus d*art et plus d'avantage ; ce qui fait croire que saint Gyprien écrivit ce traité à la bâte, et apparemment dans le temps de la persécution, pour confirmer les chrétiens rfans la foi et éclairer tes païens sur la fausseté du culte qu'ils rendaient aux idoles. Saint Augustin le cite, et Satut Jérôme en admire la concision, l'élégance des paroles, la beauté des censées et la connaissance étendue qu'il révèle de l'histoire. 11 est divisé en trois parties. La première prouve que les idoles ne sont pas des dieux ; la seconde, que Dieu est un, et la troisième, que Jésus-Christ est Dieu et auteur de notre Salut. Ce traité n'est pour ainsi dire qu'un extrait de Tertullien et de Minutius Félix, et ce qu'il renferme de plus remarquable est tiré presque mot pour mot des écrits de ceii deux auteurs.
Des témoignages, — Les trois livres dtîs Témoignages ont été écrits à lâ prière de Quirin, nouveau converti, qui avait demandé au prêtr^ Gyprien quelques instructions tirées de l'Ecriture sainte, afin que, délivré des ténèbres et éclairé d'une lumière pwtel il pût marcher darts le chemin qui conduit à fa vie. Quoique le diacre Ponce né fasse pas metîtion de cet ouvrage dans la vie du saint, cependaht l'autorité de saint Jérôme, de saint Augustin, de Gennade, de saint Fulgence et de plusieurs autres qui les lui attribuent, ne rtoùs permettent pës de douter qu'il n'en séit réellement l'auteur. Le premier livre i^st distribué en vingt-quatre chapitres. Saint Gyprien y fait voir, par l'autorité des Ertri* tures, que les Juifs, suivant la prédiction
2ui en avait été faite, s'étant éloignés de ieu pour adorer les idoles, ont perdu ses 5 races et ses lumières et se sont déshérités e ses promesses poui» l'avenir ; tandis que les chrétiens, qui viennent à Dieu de toutes (es nations, ont pris la place des Juifs qui ne peuvent plus obtenir le pardon de leur crime, hi se laver du sang de Jésus-Christ que par le baptême, en passant à l'Eglise et en se soumettant à ses lois.
Dans le second livre compose de trente chapitres, saint Gyprien traite de l'incarnation du Verbe, et montre que Jésus-Christ est le premier-né, la sagesse, la parole, la main,le bras et range de Dieu; qu'étant Fils de Dieu il est né d'une vierge, afin d'être Fils de Dieu et fils de l'homme tout ensemble, pour devenir le médiateur entre nous et son Père. Il est le juste que les Juifs devaient faire mourir, l'agneau destiné à être égorgé, la pierre angulaire qui, selon la prophétie de Daniel , deviendra une montagne qui remplira toute la terre, l'époux de TEglise de la- S uelle doivent nattredes enfants spirituels, fait voir aussi que les prophètes ont prédit sa passion, sa mort, sa résurrection, son ' règne éternel et la vertu attachée au signe de la croix sur laquelle il est mort- ISs maximes établies dans le troisième li-
vre éoti au tiotnbré de cent vingt. EltêS eoncerilënt les devoirs de la rellgiori M 1« con^ duite que doivent tenir les chrétiens. En voici quelques-unes: La foi est utile k tout: nous pouvons autant que nous erovona, et nous obtenons souvent ce Uue no\is désirons si notre foi est véritable; c'est donc notre faute si nous n'éprouvons pas l'assistance de Dieu dans toutes nos afflictions* Personne n'est eiempt de péchés; ils sont touseffaeés
ar le baptême. Les chrétiens doivent éviter
e paraître devant un juge païen, pour y vider leurs différends. Ils ne doivent pas non plus cotitt^cter mariage avec des païens, ni s'entretetiir avec des hérétiques. L'ordre de la charité demande que Ton ait plus de soin de ses proches que des autres, ^uHout <}oaod i\» sont chrétiens.
1^ la conduite des vierges, — Saint Jérôme appelle ce traité un livre èicellent, et saint Augustiff en cite quelques endroits, eomme des modèles d'une éloquence vraiment saisërdotdle; mais il reconnaît en même temps que saint Cyprieti n'y A pas employé tonte la force de sort éloquence^ et la raison qu'il en donne, c'est qu'il ne s'agissait point Ik d'exhorter au toeu dé virginité oislles qui ne l'avaient point encore fait, mais de signaler les qualités que devaient avoir oellea qui s'y étaient déjà engagées.
La première chose que saint Cy|irien leur recommande, c'est iè tivf q dans une obier^ vance exacte des règles d« l'Evangile. 11 leur fait envisager la régularité des mœurs oomma l'appui de leur espérance, le fondement àê leur foi, le guide du chemin qui conduit au salut. Il relève ensuite les avantages de la virginité, et fait voir que les vierges formant la plus belle partie du troupeau de Jéada- Christ, elles ne doivent rien négliger pour accomplir le vœu qu'elles ont fait à Dieu^ et pour, achever un ouvrage dont la réoom* pense est le royaume du ciel. Il veut que la pureté dont elles font profession soit telle que personne n'en puisse douter et qu'elle S'étende à toutes choses ; que le luxe des habits ne déshonore point l'intégrité du corps, car pourquoi s'ajuster comme si elles avaient des maris ou qu'elles eapérassent en trouver ? Il n'est pas permis à une vierge de se parer pour paraître pliis belle, ni de se
Slorifier de sa beauté^ puisqu'elle n'a point e plus grand ennemi que son corps.
Gomme plusieurs de celles dui éteâeAt riches se prétendaient en droit de se àervir de leurs biens pour s'orner davantage, saint Gyprien leur dit qu'il n'y a de vraies richesses que celles qui nous mènent à Dieu ; que dans le baptême nous avons renoncé aux pompes et aui délices dusièclç; que l'usage qu'il est permis de faire des biens temporels se borne, selon saint Paul^ à ae vêtit honnêtement et modestement ; et que selon saint Pierre, il est beaucoup plus à propos d!orner son cœur que de se parer a*or et d'habits précieux. Il fl\)0utè, en s'adressent à celles qui se disaient riches : Servea-vous de vos ritihessos pour en faire de bonnes (^|ivre$ : ouë les pauvres sentent que vous êtes ri-
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DtGtiONftÀmÈ Dfe PATHOLOGIE.
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«het. PrAez h Dieu et faites servir pont* to- Iresalttt le bien qu'il voud h donhe pour la charité. De grlnds biens sont une grande tentation; à moins qu'on n'en fasse un boa usage et cpron ne s'en serVe pour racheter ses péchés au lieu de les augmenter.
Saint Gyprien attribue aux démons d'avoir introduit dans le inbnde Tusogo de teindre les laines en différentes couh^urs, d'enchAsaerles diamants dans Tor, de percer les oreilles aux jeunes ûlles pour j pendre des grains précieux, de se teindre ios sourcils et les cheveui» de ae ferder, enfin de ne laisser aucune partie de la tête sans la déguiser. Si an grand artiste, dit-il, ayant peint quelqu'un au naturel, et ()arfkUement exprimé tous les traits de son visage, un aulre entreprenait de mettre la main à son tableau pour le corriger, cette action vous semblerait une Insulte, et vous jugeriez que le premier au-^ rait railon de s'en ffteher. Et vous^ vous creyei pouvoir relouoher l'irUage que l>ieu a formée* sans qu'il vous punisse d'une si étrange témérités Tous ces ornements ne vont qii'à détruire son ouvragé et à anéantir là beauté de la nature, la vérité de la création. Il se plaint qu'il ^ en eûl parmi les vierges qui ne rougissaient point de se trouver à des festins de noces, à des spectacles profanes, à des bains publics, où elles étaient exposées à la vue des hommes. Il les exhorte a éviter des assemblées oi pernicieuses , à n'aime^ que les ornements des m(Burs, et à ne s'occuper que de Dieu, en se donnant mutuellement des. exemples de vertu ; on sorte que les plus Agées servent de maltresses aux plus jeunes^ et que les plus jeunes assisteni les plus anciennes^ 8ur la fin, il prie les Vierges de se souvenir de lui, lorsqu'elles auronl reçu la récompense de leur virginité.
De la mortalité. -^ La grande peste oui ravagea Temptre sous Gallus donna lietl à saint Gyprien de comnoèer le traité que nous avons sous le titre es la Mortalité. Le but du saint évéqiiedans cet ouvrage est de consoler et de soutenir ceux d'entre les fidèles qui, par uii manque de foi, par amour de la vie, par faiblasse de sexe, ou ce qui est en« core piSf par ignorance de la vérité, paraissaient ébranlés à la vue de ce fléau de la justice divine. Il leur représente qtte Jésus- Christ ayant prédit les diverses calamités qui affligent le mondes ils ne doivent pas être surpris de. les voir arriver; que craindre la morti o*est manquer de foi et d*espérance,
Ïuisque cW le temps d'aller régner avec ésus-Ghrist. Il montre ensuite que quelques-uns s'étonnaient sans raison que la [)este attaquât aussi bien les chrétiens que es païens; comme s'ils n'avaient embrassé la foi que pour se délivrer du mal, et comme s'il ne lallaitpas au contraire qu'ils souffrissent en oe monde pour être heureux en l'autre. Que celui-là appréhende de mourir qui n'est point régénéré plsr l'eau et par l'esprit et <}tti n'est point marqué du signe de la cro^x. La mortalité est une peste pour les Jui&.et pour les gentils» mais c'est une heu-
reuse Issue pôiU' les serviteurs de Dieu. Cette peste nous prépare au mattyre en nous aDprenant à ne point ôraindre la taort. Ce n est pas un fléau pour nous, mais uh exercice qui nous fait remporter la gloire de la constance, et nous dispose à recevoir des couronnes^ Saint Cypfien répond aux vains prétextes dont quefqucs-uns se servaient
Eour autoriser leur crainte et Iciir douleur, es uns s'aflligeaient de pouvoir ôtre privés du martyre par la mort ; les autres regrettaient le mérite et la probité des parents ou des amis mi'ils avaient perdus. Le saint évoque dit aux premiers que le martyre étant une grtce de Dieu, ils ne peuvent pas dire qu'ils l'ont perdu, puisqu ils ne savent pas s ils méritaient de le recevoir, qu'eu surplus Dieu qui sonde les cœurs et découvre les choses les plus cachées, les récompensera de leur résolution et dl* leur couraçe ; car Dieu ne demande pas notre sang, mais notre foi. Il dit aux seconds que nous ne devons pas pleurer comme perdus ceux de nos amis ou de nos proches qui n'ont fait que passer de cette vie à la vie éternelle, mais au contraire, nous réjouir de leur aépart, assurés de la vérité des promesses du Selgtieur. 11 rapporte une vision qu'eut un évêque, oui dans une maladie grave avait demande à Dieu qu'il lui plot de le laisser encore au monde. Un jeune homme se présenta & lui environné de lumière et plein de majesté, et lui dit d'un ton qui témoignait assez son indignation : Vous appréhendez la j>ersécution, et vous ne voulez pas néanmoins sortir de ce monde, que voulez- vous que je fasse? C'est ainsi, ajoute le saint docteur, que Dieu, voyant que la crainte des souflVaoces l'em-
Î)orte sur le désir que nous avons d'aller à ui, ne consent pas à notre désir pour notre avantage. II flnit son traité par ces paroles remarquables : « Notre patrie, c'est le paradis ; nos parents sont les patriarches \ pourquoi donc ne courrons-nous point voir notre patrie et embrasser nos frères? »
Exhortation au martyre. — Saint Cyprien composa ce traité à la prière de Fortunat, évoque de Tuccfibnr, le môme qui parla avec beaucoup de chaleur contre le baptême des hérétiques dans le grand concile de Carthage. Ce n'est pour ainsi dire au'un recueil de passages de l'Ecriture, divisé en douze cha-
f litres et disposé de la même manière que les ivres des Témoignages. Le saint n'y ajoute que peu de chose aux paroles du texte sacré, laissant à Fortunat et aux autres lecteurs la liberté d'étendre la matière, s'ils le jugent à propos. C'est ainsi qu'il en parie dans sa préface à Fortunat : « Je vous envoie, lui dit-il, non une robe toute faite, mais la laine même et la pourpre de l'agneau qui nous a rachetés et vivifiés. Vous vous en ferez un vêtement que vous aimerez d'autant mieux que vous 1 aurez disposé vous-même à votre volonté. Je vous supplie aussi d'en faire part h nos autres frères, afin qu'ils puissent s'en servir h couvrir leur ancienne nudité, et que, revêtus de Jésus-Christ, nous soyons tous remolis de sa grâce. » 11 dit encore qu'il
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MCTIONNAIRE DE PATROLOGIE.
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lui envole pour les frère.s qui doivent combattre, des armes prises dans les livres sacrés comme dans un arsenal divin. La raison qu*il donne de ce qu'il n*a presque rien ajouté au texte de l'Ecriture, c'est que quand il s'agit de faire des martyrs, il faut que les hommes se taisent pour laisser parler Dieu. Après avoir montré que les idoles ne sont rien et que Dieu seul mérite d'être adoré, sans crainte des persécutions, dans la confiance qu'il est plus puissant pour nous proté- S;er que le diable pour nous vaincre, il ajoute : 1 a été prédit que le monde nous haïrait et susciterait des persécutions contre nous. Cela ne doit point paraître étrange à des chrétiens, puisque dès le commencement du monde les gens de bien ont souffert de la part des méchants. Ce qu'il prouve par plusieurs exemples de l'Ancien Testament. Si donc nous nous sommes véritablement donnés à Dieu, si nous marchons sur les traces des anciens justes, nous ne devons pas faire difficulté de passer par les mêmes épreuves, mais nous estimer heureux de nous rencontrer dans un temps où la foi et la vertu sont si florissantes, ({u'on ne peut plus compter comme autrefois le nombre de ceux qui se signalent par le martyre.
Contre Démélrim. — On croit que ce Démélrien fut gouverneur d'Afrique ou assesseur du proconsul, au temps de la persécution de Dèce. Il accusait les chrétiens d'être la cause de tous les fléaux qui ravageaient l'empire ; et saint Cyprien lui répond d'abord que tous ces maux viennent de l'affaiblissement de la nature et de la décadence d*un monde qui tend à sa fin. Ce qu'il essaie de démontrer par l'énumération de divers dérangements arrivés dans le cours ordinaire de la nature. Puis il ajoute : Croyezvous qu'une chose qui est sur son retour puisse être aussi vigoureuse qu'elle l'était d'abord. Quand donc vous imputez aux chrétiens que dans la vieillesse du monde toutes choses empirent; c'est comme si les vieillards s'avisaient de lui imputer les incommodités de la vieillesse, et de dire qu'ils sont cause qu'ils n'entendent plus si clair, qu ils n'ont plus si bonne vue, qu'ils ne sont plus ni aussi agiles, ni aussi robustes, ni aussi sains. 11 répond ensuite que bien loin que les chrétiens soient la cause des calamités publiques, parce ou'ils n'adorent pas les faux dieux, ce sont les païens au contraire qui les attirent, en ne rendant pas au vrai Dieu le culte qui lui est dA, et en persécutant ceux qui 1 adorent; que Dieu, pour punir leurs crimes et se venger du mépris qu'ils ont pour lui, les frappe de plusieurs plaies en cette vie, jusqu'à ce qu'il les punisse par des flammes éternelles en l'autre ; que toutes ces choses ont été prédites par les prophètes. Puis, s'adressantà Démétrien: Vous vous mettez en colère, lui dit-il, de ce que Dieu est irrité contre vous, comme si en vivant mal vous méritiez qu'il vous fit du bien ; et il énumère tous les crimes qui se commettent tous les jours, puis il conclut ainsi : Que chacun pense aux plaies de sa
conscience, et il cessera de se plaindre de Dieu ou de nous, quand il reconnaîtra qu'il souffre ce qu'il mérite. C'est donc injustement, continue saint Cyprien, que vous persécutez ceux qui servent le vrai Dieu, et encore, il ne vous suffit pas de ne le point adorer, mais vous faites la guerre à ceux qui l'adorent. Pourquoi attaquez-vous ainsi la chair qui est faiDle ? comoattez contre l'esprit, renversez notre foi, surmontez-nous par la raison, si vous le pouvez; ou si vos dieux sont véritablement dieux, qu'ils se défendent et qu'ils se vengent eux-mêmes. Mais bien loin de pouvoir exercer cette vengeance, ils se laissent maltraitertous les jours Sar les chrétiens qui les chassent malgré eux es corps de ceux qu'ils possèdent. U avance comme un fait constant que jamais l'on ne persécute les chrétiens, que le ciel ne donne aussitôt des marques de son courroux; d*où il infère que les chrétiens ne sont la cause des fléaux de Dieu qu'autant qu^il les envoie pour les venger de leurs persécuteurs.
Du bien de la patience. — Ce traité a pour but d'entretenir la paix et la concorde entre les chrétiens et principalement entre les évêques, au sujet de la grande querelle de la rebaptisation des hérétiques. Saint Cyprien avance d'abord comme certain que la patience dont les philosophes faisaient profession était aussi fausse que leur sagesse; cette vertu est propre aux chrétiens, puisqu'elle leur est commune avec Dieu, et Su'elle vient du ciel. Ensuite il leur propose ivers motifs qui doivent les engager à la Sratiquer. Le premier est l'exemple de lieu qui, quoique irrité tous les jours a cause de nos offenses, suspend les effets de sa colère, et attend patiemment que le temps 3u'il a marqué pour sa vengeance arrive. 11 onne ainsi s^ux pécheurs les moyens de se reconnaître et de sortir de leurs crimes, car il ne les punit que lorsque leur pénitence ne leur peut plus être utile. — Saint Cy-
Ïrien tire son second motif de l'exemple de ésus-Christ, dont toutes les actions oepuis sa naissance jusqu'à sa mort portent le caractère auguste d'une patience infinie, patience qui survit à tous les souvenirs de souffrances, puisque après cela il reçoit encore ses meurtriers lorsqu'ils se convertis* sent et retournent à lui, et qu'il ne ferme l'entrée de son Eglise a personne, faisant ainsi de son sang une source de vie pour ceux qui l'ont répandu. Le troisième exemple est celui des patriarches, des prophètes et des justes de l'ancienne loi, et des martyrs de la loi nouvelle, qui tous n'ont été la figure de Jésus-Christ, et n'ont acquis leur couronne que par la patience. La charité, dit-il, est le lien qui unit les fidèles, le fondement de la paix, le ciment de l'unité ; elle est plus grande que l'espérance et la ibi ; elle surpasse toutes les bonnes œuvres et le martyre môme, et elle demeurera toujours avec nous dans le ciel. Cependant 6tez-lui la patience, et vous la verrez tomber et se perdre ; ôtez- lui ce fondement, et elle demeurera sans force «t aans vigiieiir ) mr »*
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IMCnOIlNAmE DE PATROLOGK.
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Ion la parole de i'ApAtre, la charité souffre tout. Il montre ensuite la nécessité de cette vertu pour Taccomplissement des préceptes éyangéliques, et pour supporter toutes les épreuves de la vie. Afin de faire ressortir cette vertu dans tout son jour, il la met en opposition avec le vice contraire, cite des exemples de ceux oui par impatience sont tombes dans les plus grands crimes, et prouve que la patience nous rend dignes de Jouir de Dieu. Elle.calme nos passions, elle éteint le feu des divisions, elle retient la puissance des riches dans des bornes légitimes, console Tindigence des pauvres, con« serve Tintégrité bienheureuse des vierges, la chasteté.des veuves, Tunion sainte et indissoluble des personnes mariées. Elle étapïit solidement les fondements de notre foi, elle élève Fédifice de notre espérance, et nous fait marcher sur les traces de Jésus- Christ.
De la jalourie et de Venvie» — Saint C^^ prien écrivit ce traité dans les mêmes circonstances , en se proposant encore pour but d'écarter tout ce qui pourrait fomenter la division entre les chrétiens et les pas-teurs. Saint Jérôme l'appelle un livre excellent, et saint Augustin le cite comme un écrit fort connu des peuples. — De tous les vices, dit le saint docteur, il n'en est point qu'un chrétien doive éviter plus soigneusement que l'envie , parce qu'il n'en est point de plus imperceptible, ni qui nous fasse périr plus sûrement sans que nous l'apercevions. Pour nous en convaincre, il remonte à l'origine de la chose, et dit que dès le commencement du monde c'est cette malheureuse passion qui a perdu le démon et l'homme avec lui. C'est l'envie qui anima Caïn contre Abel, Esaii contre Jacob, les enfants de ce patriarche contre Joseph, leur frère, Saûl contre David, les Juifs contre Jésus-Christ, et qui tue tous ceux qui se rendent les imitateurs du démon, suivant cette Sarole de la sagesse : la mort est entrée ans le monde par l'envie du diable, et ceux qui sont de son parti l'imitent. Après avoir ainsi décrit les funestes effets del en* vie, il en marque l'étendue, en disant qu'elle est la source de toutes sortes de crimes et la matière de tous les péchés. C'est l'envie qui fait qu'on rompt le lien de la paît , qu'on viole la chanté fraternelle, qu'on corrompt la vérité, qu'on déchire l'unité par des schismes et des hérésies, parce qu'on se croit offensé de n'avoir point été nommé évêque, ou qu'on refuse d'obéir h celui qui nous a été préféré. Quelle pitié d'envier la vertu h autrui, et de haïr en lui ou ses propres mérites ou les grâces de son Dieu? Tous les autres crimes ont une fin et se terminent quand ils ont atteint leur but. Ainsi un adultère est content quand il a joui de la personne qu'il aime ; un voleur se tient en repos quand il a commis son vol. Mais l'envie ne s'arrête jamais. C'est un péché toujours subsistant, et plus celui à qui elle s'attache est heureux, plus elle s'irrite et a'enflammei G'tat nu mal opimAirt
que de persécuter un homme que Dieu prend sous sa protection; c'est un malheur sans remède que de haïr un homme heureux. Saint Cyprien appuyé ces vérités par la réponse que Jésus-Christ fit à ses disciples, inquiets de savoir quel était le plus grand d'entre eux. Celui, dit-il, gui sera le moindre parmi vous tous, celui-là sera grand. Il n'est donc plus permis à un disciple de Jésus-Christ d'être envieux; nous ne pouvons plus disputer de gloire et d'élévation entre nous, puisqu'on n'y arrive que par l'humilité. Aussi rapOtre met l'envie entre les œu- ' vres de ténèbres. La péroraison qui termine ce traité est une exhortation vive et pathétique aux chrétiens de son temps , pour les engager à se défaire de cette passion criminelle, incompatible avec la charité qui, selon l'Apôtre, n'est point jalouse, passion gui metcelui qu'elle possède au rang aes homicides; car quiconque est envieux hait son frère, et celui qui hait son frère est un homicide. Un chrétien n'a pas seulement à attendre la couronne du martyre; la paix aussi a ses couronnes qui sont la récompense des différentes victoires que nous remportons sur l'ennemi. Surmonter la volupté, dompter la colère, souffrir les injures,, triompher de l'avarice, supporter en patience les afflictions, tout cela mérite une couronne. Celui qui ne s'enorgueillit point dans sa bonne iortune sera récompensé de son humilité; celui qui est aumônier et charitable aura un trésor dans le ciel ; celui qui n'est point envieux et qui vit paisiblement avec ses frères recevra le prix de sa douceur.
Lettrée. — Les lettres de saint Cyprien sont au nombre de quatre-vingt-une dans l'édition d'Oxford , et de quatre - vingttrois dans celle de Pamélius, reproduites par lé Coure complet de Patrôloqte^ y compris quelques lettres en réponse. L'une des premières et qu'il a écrite peu de temps après son baptême, est adressée à Donat, son ami. 11 y parle des périls du monde et des cri mçs qui s'y commettent, et du bonheur d'éviter ses dangers. Cette lettre, extrêmement fleurie, se sent encore de Téloquence mondaine. Saint Cyprien adopta dans la suite un style plus mâle, plus grave» moins chargé d'ornements et plus chrétien.
A eon clergé. — La persécution de Dèce s'étant fait sentir en Afrique vers le mois de février de l'an 2S0, saint Cyprien sortit do Cartbagepour éviter la fureur dupeuple qui demandait qu'on l'exposAt aux lions. Mais, en quittant son troupeau, il ne l'abandonna point, et ne cessa pendant tout «le temps de sa retraite de veiller à sa conservation, et de prendre autant qu'il était en lui le soin de sa conduite. 11 nous apprend lui-même dans une de ses lettres aaressée au clergé de Rome, qu'il en avait écrit treize pour je règlement de son peuple. Dans la première, qui est la cinquième selon l'édition d'Oiford, saint Cyprien dit aux prêtres et aux diacres de son Église : Puisque l'état des lieux ne me permet pas d'être présent, je vous con- ; Jum par votre foi et par .tolre piété de voua
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ac(}uitter dé tos Jbilbtiohs et dë§ mienries^ de telle sorte que rieii he manque à Tordre et h Texactltude de la discipline. Quaût h la dépense qu'il ftitldrà faire, soit pour les confesseurs qui sont on prison, soit pour les pauvres ijUi persévèrent dans la foi, je vous prie queriëil ne leur manque; puisque toute la somme qui a été amassée n a été distribuée entre les mains des clercs qu'aflu que plus de personnes eussent de quoi pourvoi^ aux besoins do chacun. Que si les frères, par l'ardeur do leur charité, s'empressent à visiter leâ saidts confesseurs, je crois qu'ils doivent user de précautions, et n'y P'is aller a grandes troupe^, de peur qu'excitant l'indignation (des païens) oh ne leur perrtietté ilus l'entrée de la prison ; en sorte que hous )erciions tout par l'avidité de trop avoir, ^renez donc garde qu'on en use avec discrétion aflh qu'on puisse le faire avec plus de sûreté, et môme que les prêtres qui offrent le sacrifice dans les prisons des cofafesseurs, y aillent tour h tour, parce que le tîhangehient les rendra moins odieux. Nous devons en tout être doux et humbles, comme il convient à des serviteurs de Dieu; nous açcommodei" au temp* et procurer le repos du peuplé
Aux martyrs et bud? confesseurs. — Saint Mappalîque ayant souffert le martyre le 17 avril 250, saint Cyprien écrivit aussitôt après à ceux qui avaient endurfi dés tourmehts, et aux confesseurs qui ti'étaient encore cju'en prison, mais destiné:^ au supplice. Il fèlèvé dans cette lettre la grandeur du courage dé ces glorieux riiartyrs qu'aucune soilffratlfcô n'avait pu vaincte. Parlant de sainl Map^lique, Il s'exprime Ainsi i « Une pah)lepleine du Saitit-EspHt est sortie 3e là Douéhe d'un de ces rhartyh$,lorsejtJë' le bienheureux Map*palique a dit au proconsul au tnîlièu des tôu^ ments : Tous verrez deninin tin tombât. Le combat promis k été rendit, et le serviteur de Dieu y à été couronné. Saint Cy|)rien exhorte les iiiàrtyrs et lés confesseurs oui étaient en prison S sbivrë titi si bel exemple, afin que la consommation d'une ttième vertu et la récompense d'ùnô hième couronne unissent Après leur mort ceux que les liens d'une même confessibn et d'une même prison avaient joints péudbtit \b\ït vie. Mais il ajoute que si,avantleJour déleur combat» Dieu donne la paix à son Eglise, il^ ne doivent pas s'aifli*ger d'être privés dé la glôîte extérieure du martyre, puisque le Seigneur, de.qui ils attendent la couronne, connaît leurs intentions, et 3ue pout- méHter la couronne que Dieu nous [jromisé. le sedi tétiioigtlàge de celui qui doit nous juger suffit.
il kon peuple. — L'année suivante, Félicissime ayant suscité un schisme dans l'Eglise de Carthage, saint Cyprien écrivit à tout son peuple, tant à ceux qui étaient tombés pendant la perséctltion, qu'à ceux qui étaient demeurés fermes, pour exhorter ceux-ci à
Sersévérer constainment dans la communion e l'Eglise, et les autres h he point se laisser séduire parles promesses fallacieuses d'une faussé paît. U leur dit qu'il ne ^o«rra i^
tourne^ S CAfth«^^ 4ù'a(>its la fête d« PAques, à cause de liette nouvelle teHipète, qu'il regarde comme une persécution Maucoup plus dangereuse que celle des païens, et les assure qu'elle passera bientôt par la
f protection de Dieu. Il combat en ces termes e schisme de^ Félicissime : Il n'y a qu'on Dieu, qu'un Christ, qu'une Eglise, et qu'une chaire fondée sur Pierre, par la pan)le du Seigneur. On ne peut élever un autre autel, ni faire un sacerdoce nouveau, parce 3u'îl n'y a qu'un seul autel et un seul sacer* oce : quiconque assemble ailleurs, disperse. Tout ce que des hommes furieux veulent établir contre la disposition de Dieu, est adultère, impie et sacrilège* Ensuite il défend à son peuple d'avoir aucuiie connnùnicatiôn avec les sehismatiqtieS) leurs dis^ cours étant aussi dangereux qu'Un chancre et que la pester et conclut en aisant : S'il y en a quelqu'un qui, refusant de faire pénitence et de sati^idre à Dieu, nasse ^au pftrti de Féticisslmè et de ses adhérents* qu'il sache qu'il ne pourra plus revenir à l'Eglise, ni communiquer avec les évèquea et àtec le peuple de Jésus-Christ.
Au pape saint Corneille. — Le pape sainl Corneille fut le premier qui confessa Jésus- Christ dans la persécution de Oallus, et son exemple encouragea tellemerit les fidèles do Rome^ que tous ceux qm apprirent soo interrogatoire, aècounirent aussitôt pour confesser avec tut. La nouvelle en étant fKirvenue jusqu'à Carthage^» saint Cyprien lui écrivit pour le congratuler, et totite VEfiise romaine avec lui^ des témoi^a^ea si glorieux de son courage et de aa fôi« . « Par votre union et votre généfositév lui dit^, rfms avez donné un grand eiemplé-à tous lea fidèles. Vous ave2 montré au peuple à se le- Air joint dans le danger h sonévèque» et eut frères à ne se point séparer ée leMs frères ; qu'on ne peut élre vaincu quand on est bien uni, et que le Dieu de paix àceorde à ceux qui vivent en paix^ tout eé qu'ils lui demandent en commun. Combien y en a4*il de ceux qui étaient tombés, qui se aoni relevés, et qui« touchés de regret et de honte, ont fait voir par leur fermeté dans le conn bat qu'ils avaient été surpris la première fois; de Sorte qu'ils oé sont plus maintenant en peine d'obtenir le pardon, mais d'acctuérir des couronnes t b II remarque que les persécuteurs laissaient en repos lea sectateurs de Novaticn, dont il rend cette raison : que le diable n'attaque que ceux qui sont dans la véritable Eglise. Car il ne cherche pas ceux qu'il a déjà vaincus, et ne se met point en peine de renverser ceux (qui sont à lui. L'ennemi de l'Eglise méprise comme des captifs ceux qu'il en a fait sortir» et il ne s'attache du'à ceux en qui il voit que Jésu»- Christ hanite. Mais quand quelqu'un de oeux-là serait pris, il n aurait pas ^iqet de se glorifier de la confession du iK^m de Jésus-Christ, puisqu'il est certain qu'à l'égard des personnes mises à nHort bor9 de rEglisi^ la mort n'est pas une récompense de leur ~ t mais «ne puoitâott *de leur perfidie i al
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Îue ceùt-lli tl^habtlerbht pas dans la maidoû e Dieu îivcc coût (\m sont bien d'accord ensemble, qui s'en sont rciirês par une fureur schisraatique. Il conclut en disant : « Puisque le Seigneur nous avertit que le jour de notre combat approche, appliquonsnous sans ces$e avec lout le peuple aux jeu* nos, HUi veille.< et aiit prières. Souyenonsnous les uns des antres, et qui que ce soit do tous qui sorte d*ici le premiet* par la miséricorde de Dieu, que holre charité continue auprès de lui, et que nos prières ne cessent point pour nos frères et pour nos sœurs.»
Dernière letîYe de saint Cyprienà son cltrai, — Dans la nouvelle persécution que Valérîen suscita contre TEglise, en 287, saint Cvprien,d abord exlli^ àCnrube, puis rappelé à Carlhage, Tarinée suivante, et relégué au fbnd d*un janlln qui lui avait appartenu, céda un instant aux conseils de ses meilleurs amis et consentit à se cacher, non qu'il voulût se soustraire ail martyt-e, mais au contraire afin d'attendre le retour du
Ïroconsul et de pouvoir mourir à Carthage. e fut de là qu'il écrivit sa derniô^e lettre adressée aut prêtres, aui diacres et h tout le peuple de son ÈgUsé. C'est ainsi qu'fl leur explique le motif de sa retraite : « Il cohvienl h urt évéque, dit-il, de confesser le Seigneur dans la tille oii est son EsHse, afin que tout le peuple soit honoré de la Confession de 6on prélat. Car, ajoutfe-t-il, ce due Tévéque dit dan^ ce moment, tout son iroupeab semble le dire avec lui. Ce serait àétHr rhonneur d'une Eglise aussi illustre
Sue la nôtre, si je recevais ma sentence à tique, et si je souffrais le martyre dans une ville dont je Ué suis |)ôs évêque. Adési ne cessaî-je polHt de désiher araemdent et de demander danâ toutes mes prières, Ue confesser chez ^ous le Seigneur, dV souffirii» la mort, et d'en sortir pour aller à lui. Pour ce qUt est de vous, nés frères, observes la discipline; et suivant les préceptes du Seigneur et les instructions que je vous eft ai si souvent données dans mes discours, gai^ dez le repos et la tranquillité. Qu*aucut) de voUs ne fasse du bruit à cause de nos fVères, ou ne se présente de lui-même aux païens ; il suflît . qu'il parle lorsqu'il sera pris, puisqu'alors c'est le Seigneur qui parte en nous. >»
Nous bornerons 6 ces quelques extraits l'analyse des lettres du saint docteur. Ce peu de fragments suffira pour inspirer le désir d'en connaître davantage, et nous avons atteint notre but, quandT nous avons décidé nos lecteurs à lire dans rorigitial des écrits, que nous ne pouvons que si superflcielieiueût analyser. Lactance remarque que saint Cyprien est un des premiers auteufs chrétiens qui ait été éloquent. Il avait, dit-il, un esprit subtil, agréable et une grande neiteté, ce qui est une des plus belles qualités du discours. Son style est ôrn*^, son expression facile, son raisonnement doué de force et de vigueur. Il plaU, instruit, persuade, et fait SI bien ces trois choses, qu il serait dif-
DÈ rATROLOGiB.
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ficile de dire dans lesquelles il excelle le plus. Saint Augustin dit gut l'éioguenco même de Cypriea ne suffirait pas à &ire son éloge. Saint Grégoire de Nazian^o affirme que tout ce que Ton en pourrait dire ne répondrait jamais à l'idée que son nom seul soulève dans l'esprit de chacun. Saint, lérôme, en parlant dn ses écrits, dit qu'il n'a pas voulu en faire le catalogue, parce qu'ils sont plus connus quo le soleil. Il compare son style à une source d'eau pure dont le cours est doux et paisible. D autres Pont çothparé, peut-être avec plus de Maison, h iin torrent qui entraîne tout ce qu'il rencontre. Son éloquence, à la fois maie et natu- ^elle, et fort éloignée du style déclamateur, était canable d'exciter de grands mouvements, il raisonne presque toujours avee autant de justesse que de force. Pourtant il faut avouer que, quoique généralement as* sez pur, son style a quelque chose du génie africain et do la dureté do TertullieU qu'il appelait lui-même son maître i quoiqu'il aU souvent embelli ses pensées el presque toujours évité ses défauts. Le pape Gélase a mis ses écrits à la tète de ceux des ëaints Pères que l'figlise reçoit avec vénérattoh. On y trouve les prinoipaux dogmes de la religion solidement établis, les maximes de la morale évangélique présentées dans toute leur pureté, et plusieurs passages de nos livres saints dont il possédait une connaissance parfaite heureusement expliqiiés. Saint Augustin, prêchant à Carthage contre les pélagienSà lut en pleine assemblée une partie de la lettre de saint Cyprien à Fidus, afin de montrer» dans la question du péché originelt quel était le sens canoDiquo et vraiment catholique des écritures. C est donc avec raison que saint Jérôme regrette que notre saint docteur ne se soit pas appliqué davantage à Texplication des saints livres. Mais les fréquentes persécutions des païens ne. lui en laissaient pas le loisir ; il avait besoia de se donner tout entier à affermir son peuple dans la foi et à le maintenir dans la pratique de la vertu. La seule chose qui fasse peine en lisant les écrits de saint Cyprietif c*est Terreur dans laquelle il est tombé au •siqet du baptême des hérétiques. Mais s'il mérite quelques reprociies, pour avoir employé tout Ce quil avait d'esprit, d'éloquence et d'autorité à soutenir un sentiment que l'Eglise a condamné depuis, on lui doit aussi des éloges pour la conduite pleine de convenance et de dignité qu'il a soutenue dans toute cette dispute ; tous les saints Pères louent sa modération, et quand plus tard ce diiîérend fut vidé sous le pontificat de saint Sixte , successeur de saint Etienne , saint Augustin remarque que ce fut l'amour delà paix qui l'emporta dans tous les cœurs. Yititpax intàrdibm twrum»
CYPRIEN, prêtre et moine du Mont-Cassin vers Tan 760, s'y distingua par sa science et son talent pour la poésie. Il est auteur d'un hymne sur les miracles de saint Benoit. Gel hymoe qui commeace par ce verfi
it8S
CYR
CTR
Aureo iolh radio perenmif
qu'on peut traduire ainsi :
Aux rayons enflammés du soleil éternel,
nous a été conservé par Pierre Diacre, au chapitre yii de ses Hommes illustresdix Mont- Cassin. On le retrou^ tout entier dans le Cours complet de Patrologie,
CYPRIEN, archiprôtre de l'Eglise de Cordoue en Espagne, florissait vers Tan 929. On a de lui neuf épigrammes authentiques. On lui en attribue vingt-une autres, mais au jugement de Nicolas Antoine, dans son ancienne Biblioihèaue espagnole^ elles sont toutes supposées. Les premières nous ont été conservées par A mbroise Morales et Michel Ruïdzio, et Laurent Ramirès de Prado en fait beaucoup d'éloges. Elles se trouvent re-
λroduites dans Te Cours complet de Patroogie.
CYRICE ou QuiRiGE, fut évèque de Barcelone en Espagne vers Tan 662. Il nous restede luideux lettres adressées à Ildefonse, évéque de Tolède, avec les réponses de ce dernier. Dans la première de ces lettres Cyrice le félicite du livre qu'il a écrit pour venger la virginité de la sainte mère de Dieu contre les erreurs de Jovinien et d'Helvidius. Elles sont reproduites dans le Cours complet de Patrologie,
CYRILLE (saint) de Jérusalem. — On ne peut assigner aucune date certaine à la naissance de saint Cyrille. On croit communément qu'il vint au monde vers l'an 315, puis- 3u'il vivait avant que Tempereur Constantin, H concert avec sainte Hélène sa mère, eût rendu à Jérusalem son ancien lustre, abattu toutes les idoles qui souillaient le Calvaire, et déblayé les terres et les immondices qui couvraient le Saint-Sépulcre, sur l'emplacement duquel ils construisirent l'Eglise magnifique qui subsiste encore de nos jours. 11 parle, dans ses ouvrages, comme un témoin oculaire de ces transformations, comme un contemporain de ces monuments. De bonne heure, les livres saints furent l'objet de ses études, et il lut aussi les écrits des philoso-
Îhes païens. Saint Maxime, archevêque de érusalem, l'ayant ordonné prêtre, vers Tan 34h5, le chargea de prêcher l'Evangile et d'instruire les catéchumènes qui ne recevaient alors le baptême ou'après deux ans d'épreuves. Cyrille remplissait avec autant de zèle que de succès les fonctions de catéchiste, lorsque vers la fin de 350, la mort de saint Maxime fit penser à lui pour lui succéder. 11 fut élu canoniquement par les évêques de la province ; du moins, c*est le témoignage que rendent de son élection les pères du second concile de Constantinople, dans leur lettre au pape Damase et aux autres évêques d'Occident. Le commencement de son épiscopat fut signalé par une apparition miraculeuse. Socrate, Pnilostorge et l'auteur de la Chronique d^Alexandrie^ rapportent gue le 7 mai 351, à neuf heures du matin, on vit dans le ciel une grande lumière en forme ' de croix, qui s'étendait depuis le Calvaire jttiqtt'k U mottUgne d#8 01ivier»i dans un
espace de quinxe stades (environ trois quarts
de lieue) et qui brilla pendant plusieurs heures avec tant d'éclat, que le soleil même ne pouvait l'obscurcir. Ce phénomène était entouré d'un Iris au cercle lumineux. Cyrille en donna lui-même la description, dans la lettre qu'il écrivit, à ce sujet, à l'empereur Constance et que Cave a recueillie. Sozomène, Théopbane,Eutychius,, Jean de Nicée et plusieurs autres, regardent cette lettre comme authentique. André Rivet croit qu'elle est supposée, mais un autre protestant, Blondel, est d'accord avec les catholiques pour l'attribuer au saint docteur. Quel- 3ues critiques modernes ont cherché à onnerdes explications naturelles à ces phénomènes miraculeux; mais les auteurs caiholiques leur ont répondu, en prouvant que» d'après les principes mêmes de la physique, aucun des météores qui se produisent quelquefois dans l'atmosphère n'ont et ne peuvent avoir la forme d une croix. Les Grecs ont consacré une fête, qui se célèbre le T mai, à la mémoire de cette apparition qui illustra l'avènement de Cyrille a Tépiscopat. Acace de Césarée, qui l'avait ordonné evêque, fut le premier a le troubler dans la libre possession de son siège. En sa qualité de métropolitain il prétendait k la suprématie de juridiction, sur le siège apostolique de Jérusalem. Cyrille défendit ses droits; il s'éleva entre les deux évêques une dispute assez vive, et la différence d'opinion sur la Consubstantialité du Verbe acheva de les diviser. Quoi qu'en dise Sozomène, Cyrille était attaché a la foi de Nicée. Acace, arien ou ^emi-arien, le cita plusieurs fois, mais il refusa de comparaître; et, ce fut après deux ans de citations inutiles, que, dans un concile qu'il présidait, Tarchevêque de Césarée fit prononcer la déposition de l'évêque de Jérusalem. Les évêques ariens le condamné* rent comme ayant dissipé les biens de l'Eglise ; et en elfet, pendant une grande famine qui affligeait la Judée, Cyrille avait vendu une partie du trésor, des vases et des ornements sacrés, pour nourrir les pauvres qui •périssaient de misère. Il appela de sa déposition à un tribunal supérieur; Acace, lui faisant un crime de cet appel , le chassa de Jérusalem. Cyrille se retira d*abord à Antioche, et ensuite à Tarse en Cilicie. Il fut rétabli, l'an 359, dans le concile de Séleucie, qui prononça la déposition d' Acace et de
Ï plusieurs autres évêques ariens; mais»
'année suivante, Acace et ses partisans réusr sirent à le faire déposer une seconde fois dans un concile tenu à Constantinople. Aprè^ la mort de l'empereur Constance, Juhen, son successeur, avant rappelé les évêques exilés, saint Cyrille retourna à Jérusalem, et reprit la direction de son Eglise vers Tân 361. On sait que pour donner un démenti aux prophéties de Daniel et de Jésus-Christ lui-même, ce prince apostat voulut relever les murs du temple de Jérusalem,et que le prodige qui empêcha l'exécution de ce dessein est attesté non-seulement par les auteurs eccléôaatiquesi mais encore par Ammien Marcel*
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liDy par*Libaniu8 et par Julien lui-même» quoiqu'il ait cberrhé à le dissimuler. Cyrille» qui était alors à Jérusalem, vit, sans s'émouvoir tous les préparatifs pour la restauratiou du temple, et plein de conBance en la vérité infaillible des oracles divins, il assura
Su'on en verrait bientôt Taccomplissement. 'est ce qui arriva en effet, au çrand étonnementde tous, excepté du saint évéaue, qui près de vingt-cinq ans auj^aravant, aans une de ses catéchèses , avait annoncé la possibilité d'une pareille tentative. Cette confiance inébranlable, dans les oracles de Dieu, le rendit odieux à Julien, qui avait résolu, suivant Orose, de sacrifier ce pontife à sa haine, après son retour de la guerre de Perse; mais il périt, comme on sait, dans cette expédition. Cyrille fut encore exilé, en 367, par l'empereur Valens qui avait embrasse l'arianisme. Cet exil dura plus de dix ans, et il ne revint h Jérusalem qu'en 378, c'est-à-dire lorsque Gratien, parvenu à l'empire, fit rétablir sur leurs sièges les évèques Ïiii étaient unis de communion avec le pape amase. Il gouverna son Eglise sans trouble Ï rendant huit ans, sous le règne de Théodose, l assista, Fan 381, au concile général de Constantinople, dont les pères lui rendirent ce témoignage particulier : « Pour l'Eglise de Jérusalem, nous reconnaissons le vénérable évoque Cyrille qui a beaucoup souffert, en divers lieux, de la part des ariens. » Cyrille souscrivit la condamnation des ariens et des macédoniens et mourut en 386, dans la soixante-dixième année de son flge et la trente-cinquième de son épiscopat. Il est honoré par les Grecs et les Latins, le 18 mars, qui lut le jour de sa mort. Ses ouvrages consistent en vingt-trois catéchèses, dont les cinçi dernières sont intitulées Mystaqogiquts^ soit parce qu'elles traitent particulièrement des mystères, soit parce qu'elles ont été prononcées en présence des personnes qui y étaient déjà initiées. On a encore de lui une homélie sur le paralytique de trente-huit ans et une lettre a l'empereur Constance. On lui attribue, en outre, une homélie sur la présentation de Jésus-Christ au temple, une lettre au pape Jules et une autre à saint Augustin; mais de l'aveu des meilleurs critiques, ces derniers écrits sont supposés.
Catéchises. — Les calvinistes se sont donné bien du mouvement pour prouver que ces instructions étaient faussement attribuées à saint Cyrille ; ils ne sont pas même parvenus à convaincre les protestantsd'An^leterre, qui tous en reconnaissent l'authenticité. D'ailleurs Théodoret, Léon de fiyzance et le septième concile général, ne laissent aucun doute à cet égard. Le style de cet ouvrage est simple, clair et didactique; le saint évèque de Jérusalem y établit solidement le dogme chrétien contre les erreurs des hérétiques, et son livre est universellement considéré comme Tabrégéje plus ancien et le plus parfait de la doctrine de l'Eglise.
Le saint docteur a fait précéder sescatéehèses d'un discours eo forme de préfiicei
dans lequel il prépare les catéchumènes à recevoir ses instructions. Il leur demande d'assister à l'Eglise non pas seulement de corps, mais d'esprit, et, qu'en donnant leurs noms pour être enrôlés dans la milice du Seigneur, ils aient des intentions plus pures que Simon le Magicien, dont les eaux da baptême firent un chrétien sans le rendre meilleur. Il veut que, dès le premier jour, ils commencent à quitter leurs mauvaises habitudes, que dans les suivants, ils s'em--
{ tressent de venir entendre lés instructions. Il eur recommande de recevoir soigneusement les exorcismes, rien n'étant plus salutaire ni plus propre è purifier l'Ame. Il leur défend de rien aire aux infidèles de ce qu'ils auront appris, parce que les infidèles sont indignes de l'entendre. Il leur trace quelques règles particulières sur la manière dont ils doivent se tenir dans le temple; il veut que les hommes soient avec les hommes , les femmes avec les femmes, qu'ils prient avec ferveur,
2u*ils lisent quelque livre de piété ou qu'ils coûtent la lecture de l'un d'entre eux ; mais il recommande aux femmes et surtout aux filles, de lire ou de prier à voix si basse qu'on ne les entende point. Il les avertit qu'il obser<rera soigneusement leur ardeur, leur zèle, leur assiduité, leurs progrès dans la vertu, et, pour les engager à s'y préparer saintement, il finit par un éloge pompeux du baptême. « C'est la délivrance dfe leur captivité, c'est la rémission et la mort de leurs {»échés, c'est la régénération de l'Ame, c'est e sceau ineffable de la sainteté. »
1" Catéchèse. — 1^ première instruction roule sur le même sujet, que le saint docteur développe avec les mêmes raisons et en employant presque les mêmes termes. Aussi, dans tous les manuscrits, est-elle intitulée : Introduction au baptême ; et en effet ce n'est
Su'une invitation à recevoir ce sacrement, ont elle démontre les grands avantages. 11 choisit dans une lecture, qu'on avait faite d'un passage d'Isaïe , ces paroles : Lavez-vous et boyez purs^ pour en (aire la matière de son discours. Le titre porte qu'il le fit surle-champ; peut-être en effet y avait-il apporté moins de préparation qu'aux discours qu'il donnait les dimanches, en présence du peuple et du clergé rassemblés. 11 recommande aux catéchumènes de confesser, dès le commen-^ cernent de la quarantaine , les péchés qu'ils avaient commis par paroles, par œuvres, la nuit, le jour, et de s'occuper le reste du temps à fa lecture des saints livres.
2* Catéchise. — Le texte de la seconde est emprunté à ces paroles d'Ezécbiel : Qui fecerit judicium etjustitiam^ vita vivet et non morielur ; et elle porte pour titre : De iapé^ nitence et de la rémission des péchés. En effet t le but du saint catéchiste est d'engager ses auditeurs à la pénitence, et de les préparer au baptême qui les purifie, par la confession qui commence leur repentir. Il représente le péché comme une des plus aiguës maladies de l'Ame, puisqu'il lui coupe les nerfs, lui enlève la vie de la grAce et la rend digne de la mort étemelle. Le péché ne vient nas de
D}pTHffimii VÊk pmoLpW.
Dittu, qui a 0réé Tbotamo Juste et iopocei^t» mais de pous-mèmes, p'eat-a-dii^e d^ p^||?e libre arbitre, et û^ la tentation du ^émon qui nous sollicite, mais qui ne ao^s force pas à le commettre. Puis il ijoute : « Cep^qdaot pour 0tre tombé dans le pécbé, pe p*est
fias une raison de désespérer de Tinnocence ; 6 plus grand crime de tous c^estde maiiquer de confiance en la bonté de Pieu ^t 1 p(Bcacité de la pénitence ; celui qm ^ tiré Lazare du tombeau où il pourrissait depuis quatre jours, peut encore rpuoùveler pour nous dès ee^e vie même le miracle de la résurrection. » Pour rendre capte vérité plus sensible, il cite Teiiemple d'un grand nombre de pécheurs, depuis idaiàf) jusqu'à saint Pierre, à qui Pieu ât grâce en faypur dp leur repentir.
3^ Catkkè$^ — La troisième cat^chès^ n'est que le développement de C6s parqle^ de saint Paul aux Bomains, vi, 3 ; 4^ ^9^^' TQlis quia quicunqm in Christo Jesu hçiptiza$i ^umw^ in marU ip^iuf baptiisati sumus t Le moyen dont Pipu se s^rt pour remettre les péchés, 0*est le baplën^e. Eu elTet, par le baptême, notre âme devient réponse de Pieu ; Teau dq baptême lui confère la grâce du Saint-Esprit qui la purifie pt en f^it comme une ûgure de ralliance spirituelle
Îue Pieu contracte avec nous; saint Jeanaptiste a été le premier ministre du baptême, et Jésus-Christ lui-même a voulu être baptisé de ses mains, avant d^en faire un précepte pour tous les hommes. « Il n'y a que les martjrrs qui soient exceptés de cette loi, dit 10 saint docteur; ils peuvent entrer au ciel sans avoir été baptisés ; car jésus- Christ qui a racheté le mQnde, de son côté ouvert sur la crpix a fait sortir du sang et de l'eau» aOn que, quand l'ËgUse est en paix, les uns fussent baptisés dans Teau, et les autres dans leur propre sang, aux jours des
f>ersécutions. » Les effets du baptême sont a rémission des péchés, la communication de la justice, l'effusion dp la grâce et la gloire du salut.
k^ CçUéchis€. — Après avpir parlé du bapièmep mais avant d'expliquer aux catéchumènes les différents points du symbole qu'ils devaient y réciter, le pieux docteur jugea k propos de les instruire sommaire- > ment de fa doctrine qu'il contient. Il y consacra sa quatrième catéchèse, oC^, après les avoii prémunis contre les enseignements des faux docteurs, U leur fait remarquer que la religion tout entière consiste à croire les vérités qu'elle enseigne, et è pratiquer toutes les bonnes œuvres qu^elle prescrit. Il en expose rapidement les prineipaux dogmes. U y parle d'un Dieu unique, tirant son être de lui-même, sans commeneement et sans fin, immuable, créateur des •liges et des hommes, de nos âmes, dp nos corps et de toutes t^hoses. Il y parle de Jé- •Ù5-Cbrist, de sa génération éternelle qui précède tous les siècles, et qui l'a rendu iterAeliement l'égal de son Fere en puisfance, w sag^se, en digpit^^desa ^nétation t«iapove|l« opér^q par l^ ftap^-G^
prit, daus le sew d'une Tipi^^e m\ Va çpnc4, saqs rien perdrp de sa virgipite; réunissant aiusi, dpns une personne upiflup, deux naturps, le Djeu et Thomaje, 1 npmmp qui a été crucifié, et lè Dieu qui ^ sauvé le monde par sa croix* iinsi, sa passion, sa mort, sa sépulture, sa résurrection, sop ascension et jusqu'à son retour au jour du qernier jugement, tout y est espûsé en tprmes fuairs, précis et avec une ex^ictitudp ibéologique (mi en fait comme un secqpd symbole de la 10). Il traite ensuite de la croyance au Saint- Esprit, et il veut qu'on pense de lui, commp du Père et du Fils, et il exige pour luilpsmô? mes Ifonneurs et les mêmes adoration^, pui$-> qu'il possède avec eux la même dixinite et
3 U*il est,commeeux,upique, tout-puissant, iu-" jvisibie. Il leur rappelle qu'ils sqntcopnposé^ de deux substances, ^*\ine ^me et d'un corps ; d'une é me créée à l'image dé Dieu, douée d'immortalité, de raison, dincofruptibîlUé; d'un corps qui est cqmme l'instrumpnt (|q YàmQ et son vêlement, et dont le mécanisme admirat)le annonce qu'il ne* peut être que l'ouvrage d un Dieu. U loue la chasteté, mais sans bUmer le mariage; U ne condamne pas même les secondes noces ; cependant entre le mariage et la virginité, il met la différence qu'il y a entre Vor et l'argent. A l'égard des aliments, il déclare qu'il iaut en u^er pour entretenir sa vie et npn pour favorjsér la mollesse et la vQlupté. Il recommande le jeûne de U yiandp (|t du vin, mais sans l'imposer comme une obligation k ceux pour qui leur faiblesse en ferait uu danger. }l veut que les vêtemeuts soient simples et sans luxe, leur destination n'étant pas de parer le corps, mais de couvrir sa nudité et de le mettre à Tabri des ii^îures des saisons. C'est donc avec modération qu'il faut user de son corps, puisque c'est avec ce corps que Ton ressuscitera pour être jugé; car la résurrectjpn de Jésus-Christ est la preuve et Targûment irréfragable de notre future résurrection. Saint Cyrille fait après cela le dénombrement des livres canoniques, en avertissant ses auditeurs que c'est de VEglise seulement (qu'ils doivent apprendre
Suels sont les vrais livres de l'AncicU et du ouveau Testament. Il en compte viuoldeux, c'est-à-dire le nombre que rcnfe/uic le Canon des Juifs. Il joint à ce catalogue
3uantité de préceptes moraux pour la coiuite des catéchumènes. Il leur interdit la société des païens , les sunerstitions des astrologues et des augures, les représentations profanes, et la fréquentation aes hérétiques et de leurs assemblées ; mais il leur cqn^eille en même temps de s'affermir dans le bien par les jetàhes, les aumOqes. et la lecture des saints livres.
5' Catéchise, — Ces parques de l'Ej^tre de saint f)dul aux Hébreux, c. xi, v. t : Fides èêt êperandarum substantia rer%Lm , fourpissent au saint docteur l'occasion de présenter la foi comme le fôndemenl des vertus. II consacre sa einauième catéchèse à rdever sa dignité par 1 honneur qu'elle nous procure de poirter un ppm QUa |(ieu lui-^eme