‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 99 sur 105 · TB · texte numérisé non relu

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DICTIONNAIRE BB PATftObOGIE.

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travail des màins^quoiqu ils fussent occupés à 1a prédication de 1 Evangile. » Il leur rappelle que saint Paol, ayant étéaverti qu*il s*en trouvait chez las Thessaloniciens qui s*exemptaient de cette obligation, leur ordonna de niaoger leur pain en travaillant en silence, il i\ioate que « rfiglise n*adniet jpoint cette cenduite, qui abandonne le travail pour vaquer à la prière ; qu'il est du bon ordre que oeni qui rivent dans les monastères vaquent à ia prière » mais qu'il est aussi très-à-propos qu'ils travaillent de leurs mains, ^our n*ètre {ws à charge aux autres et avoir de quoi fournir à leurs besoins et aussi aux besoins de ceux de leurs frères qui sont infirmes; enûn, si tous en usaient ainsi, qui les nourrirait? » D'oii il conclut que Tapplication continuelle à la prière n*est dans ces moines qtt*un prétexte d'oisiveté et de gourmandise. — On a joint à celle lettre les ré- E)nses à plusieurs questions que les moiDes isaient sur la création de l'homme, et sur divers autres objets ; nous ne rapporterons ni les questions ni les réponses, parce qu'elles nous semblent fort peu importantes.

On chercherait en vain dans les ouvrages de s^aint Cyrille de l'élégance et de la nolitessa, un langage noble et châtié. 11 s était fiiiU soivaal Phoiius* un style singulier et bizarrt, sans choix dans les |)ensées, sans justesse dans les expressions, sans précision dans le discours» Plus pressé de produire que de polir sa phrase» il ne sait pas toujours la resserrer dans de justes bornes. Il entasse matières sur matières sans les avoir aupara^* vaut bien digérées ; ce qui le rend verbeux et lui lait apporter souvent en preuve des lémoignages qui ne rentrent que peu ou point dans son sujet. Ce défaut se remarque surtout dans ses livres sur l'Ecriture sainte» où, se laissant aller au penchant qu'il avait pour l'allégorie, il transcrit tous les passages que sa mémoire lui fournit, et les approprie À son sifiet avec toute la liberté que permet ce systèidfe d'interprétation, ^éanmoins, dans plusieurs de ses traités, il renonce à cette méthode pour donner le vrai sens de la lettre, et on doit convenir qu'il y réussit souvent. Il y a plus de suite aussi, plus de clarté, plus de précision dans ses ouvrages polémiques. Comme il était très-instruit dans la dialectique et qu'il possédait utte grande connaissance des auteurs sacrés et profanes, il est rare que les subtilités de ses adversaires lui échappent, et qu'il ne les accable sous la force de ses raisonnements et sous le poids des témoignages qu'il allègue contre eux. Il use surtout de ces avanta;.^('s dans ses livres contre Nestorius et Julien l'Apostat; aussi on peut dire que ces deux ouvrages sont mieux écrits que tous les autres.

Chacun des écrits du saint docteur a eu bien des éditions particulières ; M. l'abbé Migne les a réunis tous dans son Court cornplet de Patrologie.

CYRILLE DE ScTTHOPLB, fut ainsi nommé d*Hne ville de Palestine où il avait pris nais-

sance* Dès rage de seûe ans il commença dans sa ville même à pratiquer les exercices de la yie monastique. 11 eu sortit quelque temps après pour aller yisiter Jérusalem et les saints lieux. Sa mère» en partant, lui ordonna de se mettre sous la discipline de saint Jean le Silencieux, qui» après Tavoir éprouvé, renvoya au monastère de Saint- Euthymius.il y fut regu au nombre des moines par Tabbe Léonce» qui avait été chargé du gouvernement de ce monastère» vers l'an 5S^2. Il passa de là dans la laure de Saint- Sabas, près de Thécué» qu*on appelait la Nouvelle, pour la distinguer de la grande laure» qui portait aussi le nom du même saint. Il y avait déjà deux ans qu'il f demeurait lorqu'il entreprit d*écrire la Vte desaini Euthymius et celle de saint Sabas. On peut donc Gxer l'époque de ce travail vers l'an 556, puisiiu'il n*alla dans cette nouvelle laure que quelque temps après la tenue du cinquième concile général assemblé à Constantiuople. Il avait eu, pendant son séjour dans ces deux monastères» le temps de recueillir les principales circonstances de la vie de ces deux héros» puisqu'il s*y trouvait encore parmi les moines plusieurs témoins oculaires de leurs œuvres.

Saint Euthymius naquit sous le règne de Tempereur Valence. Sa mère, qui se nommait Dionyse, l'obtint de Dieu après une loUo^ue stérilité. Dès l'âge de trois ans Tévèque de Mélitène le consacra au Seigneur et lui Htapprendre les saintes lettres. U fut élevé ensuite au grade de lecteur, et» après avoir passé successivement [)ar tous les degrés du ministère ecclésiastique, il vint à Jérusalem dans la vingt-neuvième année de son Age. Il passa soixante ans dans la solitude» et mourut âgé de quatre-vingt-neuf ans» la 16* année du règne de TempereurLéon» c'est-à-dire Tan W5. — * Cyrille remarque que saint Euthymius, ayant lié amitié avec un autre solitaire nommé Théoctiste, chaque année, huit jours après la fête des Lumières» ils se retiraient ensemble dans le désert et y demeuraient jusqu'à la fête des Palmes, occupés à converser avec Dieu dans la prière et dans la méditation, sans aucun commerce avec 'les hommes. Ce temps écoulé, ils retournaient chacun dans leur cellule poor se préparer à la fête de Pâques et offrir à Jésus-Christ ressuscité d'entre les morts les présents d'un cœur pur.'- Il remarque aussi que Pierre, évêaue des Sarrasins, se rendant au concile général d'Ephèse, alla voir saint Euthymius et lui conseilla de se joindre à saint Cyrille d'Alexandrie» et à Acace de Mélitine» et de prendre, au sujet de la foi» le parti que ces deux évé{ues trouveraient bon. Le saint anachorète avait soixante-auinze ans lorsqu'on assembla le concile de Chalcédoine. Etienne et Jean, deux de ses disciples, qui y avaient assisté, lui en apportèrent les décrets avec diligence, pour savoir s'il les accepterait» atin de régler leur conduite sur la sienne. Il n* y trouva rien que de conforme à la foi catholique. Le bruit de son acceptation se répandit aussitôt dans tout U

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désert, où toïïs les solitaires auraient suivi son sentiment, s*ils n*en avaient élé détournés par le moine Théodose, le même qui s'empara depuis de Jérusalem, et engagea Tim- Kératrice Eudoxiedans rhérésied*Eutychès.

fais Eutbjrmius la ramena bientôt à la foi catholique, et son exemple fut suivi par un grand nombre de moines et de laïques.

Cyrille rapporte un grand nombre de miracles de saint Eulhyraius, et consacre le reste de son travail à décrire ce qui se passa de considérable dans son monastère, tant sous son gouvernement que sous celui des abbés ses successeurs.

Vie de saint Sabas. —Saint Sabas naquit en 439^ dans une bourgade du territoire de Césarée en Cappadoce. A l'âge de huit ans, il entra dans le monastère de Flaviane, et dix ans plus tard il obtint de son supérieur la permission d'aller à Jérusalem. Saint Euthymius, le trouvant trop jeune pour demeurer avec les anachorètes, l'envoja au monastère situé au bas de sa laure, et, il s'y livra avec ardeur à tous les exercices de piété. A l'âge de trente ans, il passa dans le désert, où il demeurait seul dans une caverne, revenant au monastère chaque samedi rapporter son ouvrage, qui consistait en cinquante corbeilles. Peu à peu les disciples se pressèrent autour du lui. Salluste, patriarche de Jérusalem, Tordonna prêtre; il vint ensuite à la laure du saint, en dédia l'église et y consacra un autel. Plus tard un grand nombre d Arméniens s étant joints à ses premiers disciples, il leur donna un oratoire et leur permit dV faire leur office, à condition qu'après qu ils auraient lu l'Evangile en leur langue, ils passeraient dans l'église des Grecs, m temps de l'oblation, pour communiquer avec eux aux saints mystères. Il fut envoyé deux fois en ambassade à Constauti-

nople auprès de Tempereur Anastase, et deux fois il empêcha l'hérésie d'Eutycbès de triompher à Jérusalem. Il mourut, en 531, à la suite d'un troisième voyaçe, où il avait obtenu les succès les plus miraculeux sur le cœur de l'empereur Justinien, qui donna des ordres et fournit des secours pour réparer tous les ravages que l'hérésie avait causés.— Cyrille, après l'histoire de saint Sabas, fait celle des révolutions qui arrivèrent dans sa laure sous l'abbé Mélitas et ses successeurs.

Vie de saint Jean le Silencieux, — Ce saint vivait encore lorsque Cyrille en écrivit l'histoire. Il était né a Nicople en Arménie. Il se consacra à Dieu à l'âge de dix-huit ans, dans un monastère qu'il bâtit. Dix ans après, il en fut tiré maigre sa résistance, et consacré évêque de Colonie; mais il n'en remplit les fonctions que dix ans, et obtint la per mission de se retirer dans la solitude. Il choisit la laure de saint Sabas, qui ne connut que par révélation, et après plusieurs années de séjour, la dignité du fervent anachorète. La révolte qui survint dans celte laure l'obligea d'en sortir. II passa neuf années dans le désert de Ruba, n'ayant de conversation qu'avec Dieu et ne vivant que de fruits et de racines qu'il trouvait dans cette solitude. Saint Sabas l'y vint trouver et le ramena à la laure, où il était encore lorsque Cyrille de Scyihople vint à Jérusalem pour visiter les saints lieux. Il en reçut diverses instructions et fut témoin de quel-

3ues miracles qu'il opéra. Il en rapporte 'autres sur la foi d'autrui. Quant aux combats que le saint avait soutenus pour la défense de la vérité, Cyrille laisse à d'autres le soin de les raconter. Ces trois Vies ont été imprimées en grec et en latin. On les trouve, mais en latin seulement, dans Surius.

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