‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 2 sur 207 · S^IMPRIME ET SE VEND CHEZ J.-P. MIGNE, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

S^IMPRIME ET SE VEND CHEZ J.-P. MIGNE, ÉDITEUR

AnX ATELIERS CATHOLIQUES, UUE D'AMBOISE, AU PETIT -MONTOOCGE

BARRiitRB d'enfer DE PARIS

Imprimerie MIGNË, aa PeUt-Montrouge.

NALGODE « que la Chronique de Cluni fuet au nombre des disciples de saint Odon, et que le P. Henschenius fait vivre rinquante-sept ans plus tard, sous le gouverneoieot de saint Majeul,roorl en 999, appartient, sans contredit, auiLU' siècle, puisque ses écrits font mention du pape Urbain 11, qu'il semble même supposer mort, mais 5ans nommer aucun de ses successeurs.

Nous avons de lui deux ouvrages. Le I reniier, publié par dom Mahillon dans ses Arles des saints de Tordre de Saint-Benoît, est une Vie de saint Odon^ d*après celle qui avait é;êfaite par le moine Jean, contemporain du 24int. Uauteur, dans le prologue, dit qu'il avait entrepris ce travail à la prière de (/lusieurs anciens, qui trouvaient h reprendre dans l'ouvrage du moine Jean le défaut d'ordre et la prolixité. Nalgode a évité ces deux inconvénients ; sa narration est courtect méthodique: mais son stjle, surchargé d ornements, sent plus le rhétoricien que ragiograjihe. Certes il est loin de tenir la (romesse qu*il avait faite en débutant : «J'écrirai, disait-il, comme je parle, et je mappliquerai h tirer la vérité pure et sim« (•le de ce fatras de di^^cours, où elle se tmuve comme nojée dans Técrivain qui me sert de modèle. » Il ne s'est pas monlré plus ftdèle è sa parole dans la' Vie de saint Moffeul^ qui est le sujet de son second ouvrage. A s'en rapporter à son prologue , il n*a fait que retoucher et abréger, sans j ajouter aut un ornement, une ancienne Vie dont le style diffus et les parties dispersées à l'aventure formaient un tout grossier et mal digéré. Mais, dans le cours de sa nar-* ration, on voit qu'il court après les expressions recherchées avec plus d'empressement encore que dans son premier écrit.

Quelquefois mèioe il se jette dans des lieux communs qui ne signifient rien du tout, et qui ne trahissent qu'uue démangeaison ridicule de briller* Il faut avouer cependant qu*if avait du talent pour écrire en latin, f*l qu'il ne lui manquait qu'un bon guide pour téns^ir. Comme les Bollandislcs avaient publié cette Fie dans leur mois de Mai, j.»ai Mabillon n'a pas jugé à propos de la r*'produire dans ses Actes ^ parce qu'elle n'ajoute rien à ce que Syrus et Aldebalde <'0t écrit sur le même suiet. Il n'en est pas Whsi de la Fie de saint Odon, où Ton trouve BfCTiosx, DE Pathologie. IV.

sur sa mort et sa sépulture plusieurs particularités que le moine Jean avait omises.

L'auteur de la Chronique de Cluni a copié dans Nalgode presque tout ce qu'il rapporte do l'abbé Aymard , prédécesseur de saint Mayeul, comme les éditeurs do cctle Chronique ont eu soin de le faire observer dans leurs notes. Ils avertissent éa:âlement, dans une apostille placée è la troisième page de leur préface , que Nalgode a composé les Vies de quatre abbés de Cluni, lesquelles se sont conservées longtemps manuscrites dans la bibliothèque de celte abbaye. Ces quatre Vies sont apparemment celles de saint Odon, de Sfint Mayeul, de saint Odillon Pi de saint Hugues.

NAUCltAïlUS, qui succéda à saint Théodore dans le gouvernement du monastère de Slude, en 826, écrivit une Lettre circulaire à tous les frères exilés en diverses provinces, par suite de la persécution des iconoclastes. Il y célèbre ainsi la mort de son saint prédécesseur. Sa mort, dit-il , causa un deuil général dans l'Eglise, dont il était regardé comme un des plus généreux défenseurs. On le considérait comme le père commun des fidèles, à cause de l'amour qu'il leur portait. C'était la bouche du sanctuaire, rornement des prêtres, la colonne de la foi, la règle vivante des moines, le docteur de la croyance orthodoxe. Aussi avait-on lieu de craindre, que n'étant plus là pour soutenir les faibles, ils ne succombassent aux efforts des persécuteurs, c*ost-àdire des iconoclastes, qui, en effet, étaient devenus plus hardis depuis la mort du saint abbé. Naucralius, après avoir dit ce qu'il pouvait de mieux pour marquer sa douleur, cherche des motifs de consolation dans la pensée de la gloire dont le saint jouissait présentement avec tous les justes de l'ancien et du nouveau Testament, qui, comme lui, avaient subi l'arrêt fatal prononcé contre tous les hommes. Il entre dans le détail des dernières circonstances de la maladie du saint abbé. Il rapporte les discours qu'il fit à ses religieux, non de vive voix, parce

3u'il avait l'organe trop faible, mais par crit; les marques d*atfection et de charité qu'il prodigua à tous ceux qui vinrent le visiter dans ses derniers moments. Il n'oublie pas non plus l'empressement qu'apportèrent tous les fidèles à fournir les choses

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