‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 3 sur 207 · NEG · texte numérisé non relu

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nécessaires et même de bienséance pour honorer sa sépulture; les uns offrant des linges, les autres des parfums précieux , et quelques-uns mdme des vases d'argent et et 00 vermeil. Chacun s'efforça d'obtenir quelques reliques'de ses vêtements ou des objets qui lui avaient servi. Cette lettre est fort bellet et peut être considérée comme l'oraison funèbre du saint abbé de Stude. Elle fut publiée en grec et en latin dans le tome I" du Supplément du P. Cornbefis à la bibliothèque des Pères, puis plus tard, mais en latin seulement, dans le tome XIV* de cette même bibliothèque t édition de Lyon 16T7.

NEBRIDIUS ou NEBRIDE, dont la conversion se trouve rapportée par saint Augustin au IX* livre de ses Confessions^ était un jeune compatriote qui lui avait voué une telle amitié qu'il avait quitté Carthage pour Je venir joindre à Milan, où il s'était retiré avec lui à la campagne de Verecundus.

L'exemple du maître fit une telle impression sur son.CŒur, qu'il subit le contre-coup de la grâce' qui Tavait transformé, et se résolut à l'imiter dans son retour à Dieu et à la vertu. 11 faisait partie de ce petit cénacle d*amis qui entourèrent le saint docteur de la grâce, au moment où il cédait à ses plus doux entraînements et qui en éprouvèrent eux-mêmes des effets si heureux qu'ils ne le quittèrent que pleinement convertis et assez lorts pour s avancer seuls dans la voie de toutes les perfections. De retour dans sa patrie, Nebridius ayant lu les livres d*Auffustin contre les académiciens, et particuiiëreroent celui qui a pour titre De la vis bienheureuse^ en lut si charmé, qu'il en témoigna aussitôt sa satisfaction a l'auteur, dans une lettre où il l'appelait heureux de posséder tant de savoir et de si belles connaissances. Dbus une autre lettre, il le priait de lui rendre compte des progrès qu'il avait faits dans la contemplation des choses iternelles. On voit, par la réponse du saint Jocteur, qu'ils s'écrivaient fort souvent» mais la plupart de leurs lettres sont perdues : il ne nous en reste que trois de Nebridius à saint Augustin.

La première est plutôt un billet qu*une lettre. Il y plaint saint Augustin dont tous les loisirs étaient absorbés par des afiaires étrangères qui le détournaient de la contemplation de la vérité. «(Quoi! lui dit-il, ni Romauien, ni Lucinien ne peuvent-ils donc faire entendre à ces gens-Ia qu'il est x^ quelque chose que vous aimez avec plus

** d'ardeur que tout ce qui les intéresse?

, Qu'ils m'écoutcnt au moins, je leur dirai, je leur protesterai que vous n'aimez que Dieu, que vous ne voulez servir que lui et ne vous attacher qu'à lui seul. » Cette lettre fut écrite sur la fin de l'an 388. Dans la seconde, qui est du commencement de l'année suivante, Nebridius témoigne à saint Augustin qu'il conservait ses lettres comme la prunelle de ses yeux : « Car, lui dit-ii, je ne connais rien de plus grand, sinon par l'étcnduci au moins par les choses qu'elles

contiennent. Il me semble que j*y entends parler Platon et Jésus -Christ même. J'y trouve une éloquence qui charme l'oreille, une brièveté qui en éloigne toute fatigue, et un fonds de lumière et de sagesse où roa trouve toujours de quoi profiter. »11 le pria en même temps de lui éclaircir ces deux questions, savoir : si la mémoire peut adr sans l'imagination, et si ce n*est pas des sens, mais d'elle-même que Timaginatioii tire les images des choses. Quelque temps après, Nebridius proposa une autre question h saint Augustin, sur un sujet à peu près semblable : savoir, comment les puissances de l'air, c'est-à-dire les démons, peuvent agir sur notre âme, lui imprimer des pensées et nous faire voir en songe ce qui leur platt. On peut voir dans la collection des lettres du saint docteur les réponses qu'il fit à ces questions de Nebridius , et quelques autres lettres encore qu'il lui écrivait, soit pour se plaindre de sa solitude où il vivait comme abandonné de tousses amis et l'inviter à l'y venir voir, soit pour lui demander si l'âme, outre le corps auquel elle est unie, n'en avart pas un autre plus subtile et rél^andue par tout le monde, et que quelquesuns appelaient véhicule. Le saint docteur lui répond que, non-seulement cette question est inutile, mais qu'il n'est pas même possible de la résoudre, parce que ce corps ne tombant pas sous nos sens, la raison ne peut nous le faire connaître. Dans une autre lettre à Nebridius, saint Augustin traite encore deux questions, l'une qui consiste à savoir pourquoi les hommes, ayant tant d'actions qui leur sont communes, celles du soleil ne sont communes à aucun autre astre; et la seconde, si la Sagesse suprême comprend l'idée de chaque homme en particulier, ou seulement celle de Thomme en général. Nous avons reproduit en leur lieu quel- 8ues-unes des réponses du saint docteur, m doit rapporter à sa retraite toutes les lettres qu'il écrivait à Nebridius , puisque celui-ci mourut peu de temps après sa couversion et son baptême.

NECTAIRE, successeur de saint Grégoire de Nazianze sur le siège de Constantiuople , était né à Tarse, d'une famille illustre et qui comptait des sénateurs romains parmi ses ancêtres. Lui-même avait exercé à Conslantinople la charse de préteur, et il était fort avancé en flge lorsqu on le choisit pour évêque% Tous les écrivains qui ont parlé de lui le représentent comme un homme plein dô vertus et qui savait allier dans son extérieur la douceur et la majesté. Il n'était encore mie simple catéchumène au moment de son élection; aussi soufi'rit-elle de grandes difficultés de la part des Pères, assemblés en cette ville en 381. Mais l'empereur Théodose avait deuiaudé pour lui le siège épiscopal , et on ne put le lui refuser. Ainsi , ii fut évêque avant que d'être chrétien. Ce fut sous son épiscopat que la dignité de pénitencier fut supprimée dans TËglise de Constantiuople. Une femme de qualité s'étant, par un ordre très- imprudent du pénitencier,

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