‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 33 sur 207 · Corbinieo» évéque de Friesingen au · texte numérisé non relu

Corbinieo» évéque de Friesingen au

Br«ièrk.Nous citerons, pour faire con-

idire, autant que possible^ Othon de Frei-

Hno, Tuo des miracles qu'il attribue à

I^Oorbinien : Ce prélat ayant demandé la

flbeduo voleur qu on allait pendre, sans

Cw Tobtenir des juges, lit le signe de ta sor le |iatient. Trois jours après son Sict?, le voleur vivait encore quand Ojrliioien yint )e réclamer au nom du nPé)iin, qui dans cet intervalle le lui Mpt accordé, mort ou vif.

la pirapbrase de cet hémistiehe, in sb imntf forme le prologue d'ailleurs conrt du sixième livre : Ravages des lis, décadence de la dynastie carloae, règnes des trois premiers rois liQS, schisme de TEglise grecque^ catas- -«9 d la cour de Constantinopie, entre-

Îks oc Bérenger en Italie, couronnement îcmi comme empereur électif, ponti- 1^ a'Uildebrand ou Grégoire Vil; tels ftafclM principaux événements rassemblés ^iac» livre, où Ton parcourt un espace 4vraQa deux cent quarante-cinq ans, 4H^ l&l jus(^u*en 1086. l\ existe deux ~ (Itt chapitre 20; la seconde a été par Pierre Pithou, d'après un ma- coptprme aux autres manuscrits en ^fp^HUmt le reste. Ces deux leçons dif- ■iMidleiDent dans la rédaction, qu'on ne ^^Mpresque jamais les mômes phrases, |ii«w les constructions qui les rappel- "•••■W le fond est essentiellement le

PffS ' ^^^ ^®^ triomphes d'Othon le

••'^t h» Hongrois et sur les £sclavons,

•JJ/^Wanl les années suivantes. Le

•JJJJfflous présente une distribution

S^W*p des Gaules, que Tauteurdic^

•jJP^ttiiiule cisalpine et transalpine. La

!•*•*« ippelée aussi Togata est comprise

't^fîfefO et les Alpes; la seconde, autre*

iftt nommée Comatat se divise en trois, la

*«»>frjgi'<]Qe, la Gaule lyonnaise et la Gaule

^Wf qui comprend l'Aquitaine. D autres

»4w5,iOOttle l'évèque de Friesingen, font

"''^loiiaioeunedes trois parties princi-»

N>xJis distinguent en conséquences trois

'•mIu, celui de Trêves pour la Belgique,

^« de Lyon pour la Gaule lyonnaise, et

^•*^i de Bourges pour TAguitaine. On peut

>ti recuire ces trois parties à deux, savoir

? M:i^i4]Qe et la lyonnaise , et ne compter

'^«iA\tn deçà et au delà des Alpes, que trois ^^^4 la cisalpine, la lyonnaise et la bel- ^i^. Le chapitre 31 fait mention de l'in- «"Hi* de Parme, en 1039, et d*un rhy tbme '-Wmede tragédie composé sur ce désas- ^ Le inot de tragédie ne doit signifier ici '*uon)plainte, si Ton en juge par les deux

1)ICTI0?J>1. DR PaTI10W)GIE. IV.

vers que l'historien en a transcrits et qui commençaient la pièce :

?ui habet vocem serenant, referai hanc cautUcnam,

Au chapitre 35 1 il est parlé d*une comèto qui parut en 1066, et qui, dit fauteur, ne resta point sans effet, puisqu*en cette même hnnéid Guillaume de Normandie conquit^ l'Angleterre. Le 36* et dernier chapitre se termine par un court récit de la mort de Grégoire VII et par un éloge de ee pontife«

Dans le prologue de vir livre, rauteur après avoir exalté la honte de Dieu, s'élève avec force contre la perverse ambition des prèlres et de ceux surtout cjui s'efforcent de frapper les empires du glaive même qu i's tiennent de la grAcc des empereurs; à moins cependant, ajoute l'auleur, par une restriction qui peut semhler étrange, à moins qu'ils n'aient Tinlention d'imiter David qui se servit du elaive de Goliath pour l'égorger. Ce livre n embrasse qu'une période d'environ soixante ans, puisqu'il commence en 1086, et qu'il finit en 1146. Cet intervalle renferme la première croisade et les commencements de la seconde, les deux premiers conciles de Latran, la fin du règne de l'empereur Henri IV, les règnes d'Henri V, de Lotbaire et de Conrad III, ceux des Comnènes à Constantinople; en France, ceux de Philippe 1", de Louis VI et en partie de Louis VIL Quoi qu'en dise Lenglet du Fresnoy, qui regarde ce livre et les précédents, comme plus dignes d'attention que les autres, il nous semble qu'Olhôn a répandu bien peu d'intérêt sur des faits si voisins du temps où il écrivait, et de la plupart desquels il avait été presque témoin. Ses récits conservent le même carac« tère que dans ce ani précède et sont interrompus par le même genre de réflexions.

Toujours l'inconstance de la fortune, Tinsla- bilité des grandeurs, la mobili:édu monde. Varietcu humanarum rerum^ mundi volubi-litaSf mutabilium rerum séries. C'est par là qu'il termine cette chronique au chapitre Si de ce livre, en indiquant d*ailleurs l'année llb6, comme celle où il écrit. Mais il faut bien qu'il ait fait plus tard quelques corrections et additions à cet ouvrage, puisqu'il y parle de la croisade de 1U7, et du Traiié de la Considération, adressé par saint Bernard au Pape Eugène. Ce livre n'est d'ailleurs terminé que par un 35* chapitre dans lequel l'auteur a rassemblé quelques notions sur les ordres religieux et un catalogue chronologique des Papes, jusqu'à Adrien IV, et des rois jusqu'à Frédéric Barberousse, dont le rogne ne commence qu'en 1152. Les éditeurs d'Othon, au xvi* siècle, ont prolongé ce catalogue ijusqu'à Léon X et Cnarles-i^uint. C'est aussi à une main étrangère qu'il faut attribuer un 36* chapitre, oi^ les commencements de Frédéric Barberousse sont brièvement retracés.

Ti/Mté de la fin du monde. — Othon de Freisingen est auteur d'un Trai(é de la fin du monaf qu'il a ioint à sa Chronique, coinUà^

OtH

DlCTiOiNNAlRË

OTH

buitiéine et dernit?r livre. Le prologue roule 6ur la distinction des deux cités, la cilé sainte et la cité perverse. Celle-ci suscite à la première quatre espèces de persécutions dont Tauteur parle dans le premier chapitre; persécution par les infidèles, par les hypocrites, parles hérétiques etparTAntechrist. Il est question dans les chapitres suivants, et de TAntechrist, et des signes qui annoncent le second avènement du Sauveur. Que le monde doive finir par le feu, les poètes païens eux-mêmes ne Tout point ignoré -

Reminisciiur affore tempu»

Quo mare, quo teilus correptaqtie regio cœli Ardeatf et mundi moles operosa taboret.

Mais la résurrection des corps est un dogme que les Livres saints ont pu seuls nous apprendre. Othon consacre plusieurs chapitres à l'explication de cet article de notre croyance. Il recherche quels seront les traits, l'âge et le sexe des ressuscites, si ceux qui vivront dans ce dernier jour mourront pour ressusciter, conformément AU texte de saint Paul, omnes quidem resurgemus ou si les saints qui vivront alors s'élèveront vivants dans les cieux, conformément h cet autre texte du même Apôtre : Mortuiresurgentprimiydeindenosquivivimus, quirelinquimur,rtipiemur cum illis innubibus obviam Christo in aéra. {1 Thess, iv, 16.) L'auteur demande aussi comment Dieu jugerait les vivants et les morts, s'il ne restait l»as de vivants. Nous sommes forcé d'écarter beaucoup d'autres questions non moins difficiles que routeur traite avec la même sagacité. Il incline vers l'opinion de ceux qui adoucissent les i)eines réservées aux rnfnnts morts sans t>aptême. Il estime que le feu de l'enfer brûle sms éclairer, et Toppose au buisson ardent qui luisait sans combustion. A l'égard des neuf chœurs angéliques, leur hiérarchie surpasse linlelligence humaine, ainsi que l'auteur le dédaroau commencement du long et savant chapitre qu'il a écrit sur ce sujet. Sa théologie n'est pas moins élevée dans le reste de l'ouvrage; il y traite des proportions

qui régnent entre les ordres des bienheureux, du rapport qui existe entre le nombre des élus et le nombre des anges, de la béatitude des saints, de la manière dont ils voient l)ieu, et de la fin dernière des doux cités. Ce huitième livre a trente-serit chapitres^ fl le dernier est suivi d'un épilogue qui ne se trouve point dans tous les manuscrits, et qiii probablement n'est j)oinl de l'évêque de Friesingcn, qui n'y parlerait pas de son ouvrage avec une présomption aussi peu chrétienne, et aussi éloignée de la j)hrase modeste par laquelle il termine son dernier chapitre : Tuum tero eril minus dicta iupplere , mala dicta corriger e , snperflua reserare, meoue in hoc solo mundi peccatis oneratum laoorantem^ orationum tuarum remediis sublevare. Ce traité de la fin du monde a été continué par Othon de Saint-Biaise, écrivain du xiii* siècle.

Histoire de Frédéric Barberousse. — Celle

histoire est divisée en deux parties oud livres intitulés : De Gesiis rriderici pi Cœsaris Augusti. Une lettre de Fréderi Othon se lit à la tête du premier livre prince y remercie l'auteur de la chroai dont nous venons de parler, et Tinvi!

s'occuper de son histoire particulière, lettre estaccompagnéed*un mémoire où < indiqués sommairement les faits les ; remarqualiles des cinq premières années règne de ce prince. Ce ne sont là, dit F deric, que des ombres en comparaison grands traits que Ton admire dans la des anciens héros; mais votre génie embellir les plus minces détails, et peu matière vous suffit pour un grand ouvri

Le premier livre, quoique composé soixante-trois chapitres, ne contient çiue faits antérieurs au rè^ue de Frédéric B berousse. 11 offre l'histoire des prédée seurs de ce prince, depuis 1076 jus(| 1152. C'est pour ainsi dire une seco^ relation du septième livre de \aChroni^ rédaction meilleure, à beaucoup dé^^ que la première. Jusqu'au chapitre 10, s'agit de Tempereur Henri IV et de démêlés avec Grégoire VII. Mais le |i remarquable de ces chapitres est le 5*, oi propos d'une révolte de Saxons en 11 l'auteur discute fort au lonx ie sens < mots genuinum et nativum. uenuinum nécessairement simple, et fia/trum conifto Genuinum est en quelque sorte engendr et non engendré, nativum^ au contraire^ né; il est comme engendré et descendiii genuino.La génération , dans le sens leiJ étendu, est le passage du non êlreànu et dans tout nativum^ le négatif a précéM positif. Suivent des considérations sur la Di iiité, sur la Trinité, sur ses formes Kénéra) différentielles, accidentelles ; sur la conc tion qui, dans les choses naturelleSi résul non-seulement de la réunion de laforrnd de la substance, mais surtout de la mu tude des accidents qui accompagncni lé substantiel, et qui sont, ou simples couij la blancheur, et complexes cornue l'iiuai nité. Tout corps est composé de corps et di sible h l'infini, tandis que l'esprit est simi et sans agrégation de particules. Ce cba(>iti qui équivaut eu étendue à huit ou cfii <l autres, est Tun de ceux que nous croya indiqués par quelques auteurs, sous le (il d'Opuscules philosophiques d'Olhon de fr singen. Peut-être les avait-il composés ava cette histoire, et a-l-il jugé à propos de I y coudre pour les rendre moin^ fu^^iu Le chapitre 5 n'est lié au suivant que | la transition banale : Sed ad proposii[ redeamusy et après cette longue leçon do tologie, le chapitre 6' commence brusqu inentyar: Jgitur Saxonibus.

L'histoire d'Henri V se termine au cba{ tre 15% et celle de Lothaire au 21*. Le réf, de Conrad III occupe le reste du livre. La teur 3' a consigné des lettres de Conrad à l'e* pcreur]zrec, JeauComnène, et de Jean Coi nène à Conrad; une lettre du sénat et dupe plede Romeà ce mêmeConrad, écriteà I io^

OTH

OvS

in «l'Amaod de Bresse contre le Pape rpDt III; ane lettre d*£iigèDe III à s VII et aux SQtres princes européens te> eiciler à la croisade ; une lettre de Bernard «D clergé de Francesur le même , une lettre contre At)ailard, adressée i(<^ Innocent II, par rarchevéque de liH ses suffragants, avec la réponse du lie romain; enfin une lettre d'Eugène III iftrâi, poar le consoler des revers essuyés

f chapitre 31 offre une description de hr^Tie, contrée délicieuse^ que l'auteur ifsreiI*Ezjpte et au paradis terrestre ; sil $>D faut bien qu*il parle avec les k$ éloges des Hongrois; il se plaint bmsi beau pays soit abandonné à de ^s habitants, au*à leurs yeux caves»

irrûurle stature, a leur face hideuse, à \ 'louage barbare et à leurs mœurs féroiionei'renjraii que pour des monstres.

M^nea décrit, dans le chapitre 45, le krf Que les croisés essuyèrent, en 1 ikl, rHellespoDt. Mais au lieu de détails i^^fâ qu'on a le droit d'attendre d'un ^» nlaire, il ne compose qu'une ampjiwfl d'écolier, applicable à tout autre ^'Ql da même genre. Videres alios ^M.alioÊ equiê aakœrentes^ alios per N tiitrobilUer trahi, nonnuUos natandi Md^:». etc. La seule circonstance un peu K^ qu il retrace, c*est qu'au sein de tlf^rit^i plusieurs d'entre eux assispHhqne messe, et chantaient dans l'a-

Kae de leur cœur : Gaudeamus, Au re 60, Othon s'efforce d'excuser la P^i^ pir des disti nctions subtiles sur le V et le mal, soit absolu, soit relatif. Il v<*iDe, par une multitude d'exemples, "^Ml tt qui est lM)n à une espèce est ^^m une autre. Il remonte a des rèi«»<rio^ue doikt Tune est conçue en '**'^'**^:lfrt*odtta a génère ad destruen- ^•^£»p«ie««/er ad conslruendum. Ce cha- ^"•M<^ pisser encore pour un opuscule '•*"^V5i^l«, bien plus assurément que i^»-f awipolo^ie des Croisa Jes.

*WH)ffreDi question de saint Bernard ï^jkurre, mais toujours en termes ho- *J- l-i ou resjïectueux. Othon se borne à *>■' lyel-jues restrictions aux éloges ^ -unoe aa zèle ardent du saint abbé. Il I^s sa piété fervente et la douceur '^^ $00 caractère le disposaient en J^^' »yrleà la crédulité, et qu'abhorrant »junre des savants en leurs propres ;^i\ prêtait facilement Toreille aux '^jqu'oDlui faisait contre leurs doc- '' ^û parlant d'Abailard et de la Bre- ^; >« pairie, il dit que cette province I^Mes clercs remarquables |iar la p'Oitur esprit et par leur goût pour •MUHrij. m^3 beaucoup moins pro- ,*^ï attires eenres d'occupations. Si y^ OihoD loue dans Abailard le gé- '^" savoir, il lui reproche sa présomp- '/""obsiinaiion et son dédain pour les /Ji Oe$ autres docteurs. L'évêque de '%« est aussi fort éloigné d'adopter

les erreurs de Gilbert de la Porée ; mars il craint qu*on ne les ait imputées avec précipitation à cet évoque de Poitiers; il regrette qu'on ait refusé d'entendre ou d'ap* précier les explications çiue Gilbert donnait de sa doctrine. Ici le dialecticien ne laisse point échapper l'occasion de placer un assez Igng chapitre sur la nature divine, sur la nature humaine, sur les trois personnes de la Trinité. Il s'élève même à des vues tout è fait générales sur la personnalité, la substance, l'essence, la nature abstractivement considérées; de sorte que ce chapitre, encore, a fort bien pu faire partie des Opuscules théologieO'philosophiques.

RaJevic raconte qu'Othon de Friesingen, peu de jours avant sa mort, après avoir fait son testament et reQul'extrème-onction, se fit apporter le livre qui vient de nous occuper, le remit à des hommes lettrés et religieux, et les chargea de corriger ce qu'ils y trouveraient de favorable aux erreurs de Gilbert. Soit que cette dernière volonté ait été exécutée, et que son livre ne nous soit parvenu qu*aveo'ces reelificalions, soit que les expressions modtTécs, les opinions impartiales qu'il nous offre , aient en effet scandalisé, de son temps, d'inexorables ennemis d'Abailard et de Gilbert, d'enthousiastes admirateurs des éminentes vertus de saint Bernard, il est certain qnc ces chapitres d'Othon lui attirèrent beaucoup de reproches. Géroch, prieur de Reichersher,^, lui avait écrit sur ce sujet une lettre fort rigoureuse, dont nous avons dit un mot dans un de nos volumes.

Nous venons de voir que le premier livre de VHisloire de Frédéric Barberousse est réellement étranger à la Vie de ce prince ; mais le second livre contient, en effet, Thistoire des premières années de son règne, depuis 1152 jusqu'en 1156. Un très-court prologue, adresse à Frédéric, est suivi de trente-deux chapitres. L'auteur a inséré, au chapitre 8, une lettre du Pape Eugène 111, à des évèques d'Allemagne, sur une affaire particulière; et au chapitre 30'i une lettre adressée par l'empereur Frédéric à Othon de Friesmgen lui-même, pour lui annoncer une expédition contre le Milanais. Ce second livre , beaucoup moins étendu que le premier, l'est peut-être encore trop pour les chosei qu'il contient. Mus on doit savoir gré à l'auteur davoir su éviter le langage de l'adulation, en éi^rivant l'histoire d'un prince vivant et victorieux, auquel il tenait par les liens du sang. Ou ne remarque d'exagération ou do fadeur que dans la phrase qui termine le derniiT chapitre. Othon y dit à Frédéric qu'un historien perdrait haleine, s'il avait la témérité de raconter tout d'un trait les prodiges opérés par la vertu de sa maiesté. Cecom-. pliment, au surplus, n'est qu une trausiiioti pour renvoyer a un troisième livre la sjite des événements. Ce troisième livre, Olhon n'eut point le temps de récrire; il ne parait pas même qu'il Tait entrepris ; mais u.i de ses disciples y sup))l6a, et npus verrons eu

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