‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 43 sur 207 · V-»Dl à récrit qui traite du purgatoire de · texte numérisé non relu

V-»Dl à récrit qui traite du purgatoire de

^ira Pairice, c'est une pièce sans autorité,

^1«j n'a commencé à ôlre connue que vers

IJ^A^ du XIV siècle. Ce qu'on en avait

^^^rédaosle Bréviaire romain, en 1532. a

*** «uppriraô dans l'édition de i5to.

'■;e purgatoire de saint Patrice, dont Denis

J'Wjrireux et plusieurs autres écrivains

!fti ,^nl de choses fausses, comme Bol-

' ««us la démontré, est une caverne ^tuée

\2^ ono petite lie du lac Déarg, dans rui-

^'^' Elle fut fermée luir ordre du Pape eu

1^97, pour arrêter le cours de certains contes sufierstitieux. On la rouvrit ensuite et on la visita pour y prier et y pratiquer les austérités de la pénitence, à Timitation de saint Patrice, qui se relirait souvent dans ce lieu et dans des endroits écartés pour y vaquer plus librement aux exercices de la contemj>lation. Ceux qui sont étonnés de lire dans ta Vie de ce saint des singularités en ma* tière de piété et de mortifications peu con-* ciliables avec nos goûts, nos usages et nos mœurs, ne doivent pas perdre de vue cette réflexion de l'historien Fleury : « Il est h croire que Dieu leur inspira cette conduite pour le besoin de leur siècle. Ils avaient affaire à une nation si perverse et si rebelle qu*il était nécessaire de la frapper par des obiets sensibles. Les raisonnements et les exhortations étaient faibles sur des hommes ignorants et brutaux, accoutumés au sang et au pillage. Ils auraient môme compté pour rien des austérités médiocres, eux qui étaient nourris dans la fatigue de la guerre, et qui portaient toujours le harnais. Mais quand ils voyaient un saint Boniface, disciple de saint Aomuald, aller nu-pieds dans les pays froids, un saint Dominique Loricat se mettre tout en sang en se donnant la discipline, ils comptaient que ces saints aimaient Dieu et détestaient le j>éché. lis auraient compté pour rien l'oraison men-' taie; mais ils voyaient bien que l'on priait, quand on récitait des psaumes. Enfin, ils ne pouvaient douter que ces saints n'aimassent leur prochain , puisqu'ils faisaient pé:iitence pour les autres. Touchés de tout cet extérieur, ils devenaient plus dociles ; ils écoutaient ces prêtres cl ces moines dont ils admiraient la vie; et plusieurs se convertissaient. ^ Cette réflexion suffit pour expli* quer plusieurs singularités qui, dans Thistoire des saints, peuvent offenser des esprits délicats et trop préoccupés des moMirs actuelles : elle est appuyée par ce mot de l'Apôtre : Je me suis fait tout à tous peur gagner les hommes à Jésus^Christ» (/ Cor. ix, 19.) Ces réflexions, qui conviennent à tant de saints, s'appliquent particulièrement au saint apôtre de I Irlande. Les œuvres de saint Patrice ont été publiées par Jacques Waré, tn-8% Londres, 1658.

PAUL (Saint). Les écrits de saint Paul font partie du domaine de l'Ecriture sainte, et leur appréciation appartient k un dictionnaire spécial qui n*est pas de notre ressort ; cependant nous ne pouvons nous dispenser do dire un mot d'une Epitre publiée sous son nom et adressée aux Laodicéens. Si l'Eglise eût reconnu cette fpl/re comme une œuvre autlientique du grand Apôtre, il est hors de doute qu'elle Teût comprise dans le canon de ses Ecritures. Toutefois le motif qui le l>ui a fait rejeter au nombre des écrits apocryphes et douteux n*est pas qu elle y ait trouvé des erreurs contraires au dogme et à la morale, puisque cette lettre ne contient rien que de très-édifiant et de capable de soutenir la foi des fidèles, tout en servant d*aliment à leur piété; mais c'est qu'elle

PAU

DlCTlOiVNAIllE

PAU

s'est aperçue que ratlrjbulion de rette lettre n^étail établie que sur Téquivoque de quelques termes latins d'une autre Epitre qui semblent insinuer que Tapôlre saint Paul avait écrit particulièrement à Tégli&e de Laodicée (Coloss. iv, 16) ; mais celte équiv()(|ue est entièrement levée par le texte grec, hequel fait connaître assez clairement que cette lettre n*a pas été écrite par saint Paul aux Laodicéens, mais par les Laodicéens & saint Paul. Tel est au moins le sentiment de saint Ghrysostome et de Théodoret dans leurs Commentaires sur VEpUre aux Colossiens. lis supposent que TAnôtre ayant reçu une lettre des Laodicéeus, ravait renvoyée aux fidèles de Colosse, afln de les édifier par les sentiments de foi et de piété chrétienne qui s'y trouvaient exprimés. Cependanty sur la foi de cette équivoque, quelques Pères latins, comme saint Grégoire le Graul, nV)nt pas laissé de croire que saint Paul avait réellement écrit à l'église de Laodicée la lettre conservée sous son nom; et c'est cette même idée qui a donné occasion à quelques hérétiques d'attribuer è VEpUre de saint Paul aux Ephésiens le litre même A' Epitre aux Laodicéens^ comme Tertullien en accuse Marcion. {Contra Marcion^ lib. V, c. 11 et 17.) Du reste, ce fait prouve que .«i, au temps de Marcion et de Tertullien, il avait existé une yéritable lettre de saint Paul aux Laodicéens, iiet hérésiarque n'eût pas osé donner ce titre à VEpUre aux Ephésiens^ on, s*il l'eût fait, Tertullien n'eût pas manqué de lui opposer TEpitre véritable.

Cependant, sur celte supposition que saint Paul avait écrit une lettre aux Laodicéens, quelques hérétiques se sont avisés d'en composer une sous son nom ; mais elle a été rejetée comme remplie d'erreurs par les anciens Pères, ainsi que saint Jérôme ]'afTirme, en parlant de saint Paul {Lib. de Script, ecclesiast.f c. 5) ; et Philastre ajoute

3ue,{qiioiqu'elle fût lue par quelques i; fièles {Lib. de hœresib.^c. 90), cependant elle n'était pas reçue dans i'£glise. C'est probablement le môme dont parle saint Ëpipbane au sujet des Marcionites {Uœres, k% ad fin.), quand il dit qu'elle était composée de plusieurs morceaux extraits des autres £pitres de l'Apôtre, et remplie d'un grand nombre d'erreurs. Assurément ce n'est pas celle-là aue nous cherchons aujourd'hui à tirer de .oubli, mais une autre qui paraît visiblement avoir été «^omnosée par Quelques catholiques animés d un faux zèle, et qui, sous ce titre, ont emprunté aux autres £pitres les mêmes expressions que nous retrouvons dans celle-ci, s'imaginant à tort qu'il leur était permis de réfuter les impostures des hérétiques par d*autres impostures.

Cette dernière lettre, citée par quelques Pères plus récents, et surtout par snint Anselme, est la même que Sixte de Sienne a donnée tout entière dans sa Bibliothèque^ et

aui se trouve insérée dans plusieurs nibles 'Allemagne. En effet, on y remarque une aiïeclation manifeste d'établir quand même

l'aulheuticité de celte lettre, en y iusé après en avoir interverti le sens pri ces paroles de VEpUre aux Co(ot$i c. IV, V. 16 : Ayez soin de communiq^ier lettre aux Colossiens^ et de lire vous-ml celle que je leur ai écrite. En outre, Tau y copie presque mot pour mot leseip sions de l'Apôtre, et prend le titre iDéme VEpUre aux Galates. II affecte aussi de venir les Laodicéens outre les faux doclê qui voulaient les détourner de la doc enseignée dans VEpUre aux Colostl c. II, V. k et 8. Il parle de ses liens, coi le fait l'Apôtre, c. i", v. 2i et 29, et c. V. 18, afin que ces circonstances conn sent à l'époque et au temps oÎjI l'Apôtre r écrit aux Colossiens. il rapporte m presque textuellement et pour ainsi mot a mot, ce qu'il dit de son mépris sa propre vie, dans le c. i, v. ai de Epitre aux Philippiens^ ré|>étitions dont trouve très-peu d'exemples dans les vi tables lettres de saiqt Paul. En effet, q qu'on y remarque une conformité euû entre tous ses sentiments, cependant oa s'aperçoit nulle part qu'il se soit réj ainsi, jusqu'à se copier lui-même.

Quoique toutes ces raisons prouvent j qu'à l'évidence que la lettre dont nous m occupons est supposée, cependant, com elle ne contient rien que de très-éditii nous n'avons pas cru devoir la rejeter ab» lument; au contraire, nous la reproduisoi ici dans sa traduction, moins encore (i satisfaire la curiosité des fidèles désireux faire connaissance avec ces luonuuenls la plus haute antiquité que parce qo'el met en évidence le zèle plein de soilicitui avec lequel r£glise a toujours rejeté dua non de ses Ecritures tout ce qui ne lui j» rail pas évidemment marqué au cadiet l'authenticité.

La voici telle que nous la reln)uv(^ parmi plusieurs autres écrits apocr}j>ii moins innocents qu'elle, avec les vir^ qui marquent les divisions.

1" Paulf apôtre choisi^ non pas humaifi ment ni par un homme^ mais par Jé<ti^ Christ: à tous les frères qui sont a Laodict Que la grâce et la paix vous soient donn par la bonté de Dieu le Pire^ et par nW Seigneur Jésus-Christ.

2" Je rends grâce à Jésus-Christ dans ton nos prières de ce que vous êtes restés fid* et persévérants à pratiquer de bonnes auvu dans l'attente des récompenses qui vous io promises au jour du dernier jugement.

3' Et de ce que vous ne vous laisses p0i ébranler par les vains discours de ceux (f viennent à vous sous des dehors irotnpf^ pour vous détourner de la vérité de /^ «^^^ gile que je vous annonce.

&" Mais Dieu permettra que ceux qui so\ véritablement nos disciples arrivent ^P^ cette perfection de V Evangile, et quilsp^f*^ vèrent dans la pratique des bonnes ^ut:T\ qui les mettront en possession de la vie et^\ nelle, .

5" Les chaînes que ic vorle vour le nom <1

IS PAU i)E PATROLOGIE.

mi-Chritt êont connues de tout le monde; y font toute ma joie et toute ma consola» m^ ffuisqWelles me procurent le salut éter-

pr Ce que Je regarde comme r effet des ^ti (fue rÉsprit^Saint a formées en vous ; f^ sQti que je rtt?c, Moit que je meure^ ma p tfi de vivre en Jésus-Christ^ et la mort ^i four $noi un sujet de joie, Jesphe çu'iï répandra sa miséricorde nous tous, afin que vous soyez tous unis If liffi criin même esprit de charité. Tous done^ mes btens-aimés^ pour que jouissiez de la présence du Seigneur au de vous^ ayez ces sentiments^ condui- M arec crainte, et vous vivrez éternelle^ : car cest Dieu qui agit en vous.

Que toutes vos actions soient exemples ké; et sur toutes choses^ 6 mes bien- » ayez soin de vous réjouir en Jésusnuire Seigneur, et évitez de vous enripar des gains sordides et honteux.

Que toutes voëdomandes soient connues

' Soyez fermes et inébranlables dans la

siance de Jésus-Christ; que toutes

sciions soient parfaites, sincères, bien-

UjChasteSf justes et agréables au Sei-

PAU

tt* Conservez dans votre cœur ce que vous ^ appris et reçu de nous^ et la paix sera tous,

0' Tous les saints vous saluent.

n \)ut la grâce de notre Seigneur Jésus- ^^iioii avec vous. Ainsi soit-il . w À\f(z soin de communiquer cette lettre

^ Coloisiens et de lire vous-mêmes celle

J' leur ai écrite.

wCLl", frère et successeur du pape lie et, comme lui, Romain de nais- ■««et ûls du patrîce Conslaiiliti, fut or-, Jw^ le 12 mai 757. Il donna aws de son gt'ùooau poi Pépin* lui promenant affecw el Bdéliié jusqu'à Teffusion de son pî; Ce prince lui prêta ûes secours pour Jtttfcudre contre les vexations de Didier, jwdes Lombards. Ce pontife était doux et. wualile;ii visitait souvent les pauvres «les malades, el fournissait abondamment «i uns el aux autres les secours qui leur «i^m nécessaires. 11 consolait les prison- •«R, délirrail ceux qu'il lrou?ait en dnnpae mort et payait la rançon de ceux qui J «aient retenus que pour dettes. Paul fonda «'mes églises, et, après avoir gouverné *;,f ,^i^sse et prudence pendant un pouï;^3i<le dix ^„s^ il mourut le 21 juin 767. ^Uc lui vinglHieux lettres dans le Recueil

Jl-i^* ^^ presque toutes sont adressées

'^1^^ M|>in.

.^P/^n'ière est une lettre d'avis de la ;'u^^,''«pe Etienne; Paul y promet au \l^^^m amitié et la môme fidélité que ,1"**^ gardée son prédécesseur, dût-il, Zn^ n«us l'avons dit plus haut, lui en 'Doer des preuves par l'effusion de son

m h *"*** *' "^DO^nda à ce prince

Jj ".l^^ïo bien continuer de protéger le

^iMege cl le peuple romain. Dans la se-

conde, il se plaint de Didier, roi des Lombards, auquel il reproche en particluier de refuser de rendre à TE^Iise romaine les villes dont on était convenu. Il prie Pépin de Vy contraindre et de ne point lui renvoyer ses otages qu'il ne les eût restituées.— Pépin, se prêtantau désirdu Pape, envoya l'évéçiue Bamedius ou Uénin avec le duc Aunacaire, son frère, qui traitèrent avec Didier. Cest le sujet de la troisième lettre. Paul y marque que ce roi avait déjà restitué une partie des villes et du patrimoine de TEglise, et qu'il était convenu qu'avant le mois d'avril, le traité aurait son entière exécution. — Les Lombards ne tinrent pas parole; le Pape en lit de nouvelles plaintes à Pépin dans sa quatrième lettre. 11 le remercie dans la lettre suivante de la table qu'il avait enr voyée au pape Etienne II, et dit (lu'elle avait été reçue dans l'église de Saint-Pierre au chaut des hymnes et des cantiques, que ses envoyés l'avaient offerte eux - mêmes sur le tombeau de cet apôtre, et qu'ensuite il l'avait consacrée par le saint chrême et y avait offert le saint sacritice. La lettre sixième est encore une lettre de remercîments au sujet des linges dont la princesse Giselle avait été enveloppée au sortir des fonts du baptême. Pépin les avait envoyés au Pape par Vulfard, ébbé de Saint-Martia de Tours. Le Pape reçut ce présent comme une marque que ce roi voulait qu'il regardât Giselle comme sa fille spirituelle, el comme s'il l'avait levée lui-même des fonts baptismaux. Il assembla le peuple dans l'église de Saint-Pierre, v consacra en mémoire du roi un autel où il célébra la messe, et déposa dessous les linges qu'on lui avait apportés.

Cependant l'empereur se préparait h mettre le siège devant Ravenne. C'était une des vingt-deux villes dont le Saint-Siège avait été mis en possession par ordre du roi Pépin. Le Pape donna avis à ee prince du dessein de lempereur en le priant d'engager Didier, roi des Lombards à venir au secours de celte ville. — Sa lettre à Charles et' à Carloman, fils de Pépin, laquelle est la huitième, a pour but de les exhorter à protéger el à défendre l'Eglise romaine à l'exemple de leur père. — Kamedius, frère du roi et archevêque de Rouen, en envoyant à Kome quelques moines pour les faire instruire dans le chanl ecclésiastique, s'était plaint de ce que le Pape avait rappelé de France Siméon, sous la discipline duquel ils avaient commencé l'étude du chant. Paul répondit ^ue, sans la mort de Georges, qui gouvernait les chantres de l'Eglise de Rome, il n'aurait jamais pensé à retirer Siméon du service de Ramcdius. Au reste, il lui avait recommandé d'instruire soigneusement ces moines, et avait donné ordre pour qu'ils fussent bien logés et qu'ils demeurassent à Rome jusqu'à ce qu'ils eussent fait du chant une étude complète. — La dixième lettre est un éloge de la nation française, du zèle de Pépin pour l'Eglise et la foi catholique, cl de la valeur de ses troupes. Le Pape corn-

PAU

PAU

pare ce prince à Moïse et à David, et lui souhaite, ainsi qu*à sa nation , toutes sortes de prospérités. Dans Tépisode de la lettre dix-huitième, le Pape disait à Pépin : Nous TOUS envoyons tous les livres (^ue nous avons pu trouver, savoir : VAntiphonier ^ le Responsal^ la Dialectique ^AriHote^ les livres de saint Denys VAréopagite^ laGéo^ métrie^ VOrlhographe, la Grammaire^ le tout en grec, et une horloge nocturne, c'est-àdire qui ne dépendait point du soleil, soit qu'elle eât des rouages comme les nôtres, du sable ou de Teau comme les clepsydres an^ tiques. — On voit par la dernière lettre que Paul i*% pour intéresser Pépin dans la cause de la religion , alors persécutée en Orient , lui envoya copie d'une lettre qu'il avait reçue du patriarche d'Alexandrie par un moine nommé CAme; laquelle lettre prouvait l'intégrité de la foi de ce patriarche et des évèques orientaux, et le zèle dont ils étaient animés pour sa conservation. Les autres lettres publiées par Gretser ne présentent aucun fait assez intéressant pour que nous croyions devoir en rendre compte. Privilèges. — L'an 761 , qui était le quarantième du règne de l'empereur Constantin, Paul I" accorda au monastère de Sainl- Hilaire un privilège portant qu'à l'avenir, il serait soumis à la juridiction de l'Eglise de Ravcnne, avec défense à qui que ce fût de l'en tirer. Jl en accorda un autre dans le cours de la môme année, et au monastère qu'il avait fondé dans sa maison paternelle en l'honneur* des papes saint Etienne et saint Silvestre, martyr et confesseur. Ce privilège fut souscrit dans un concile par vingt4rois évoques, dix-huit prêtres titulaires ou cardinaux.des églises de Rome, et par l'archidiacre. Léonce élait abbé de ce monastère et sa communauté était compo* sée de moines grecs. Le Pape transfora dans Téglise une partie des reliques qu'il avait tirées, des cimetières situés hors de Rome, et qui avaient été déshonorées par les insultes des Lombards et exposées à la férocité des bètes parce que les édifices qui les couvraient auparavant avaient été ruinés. Il donna de grands biens à ce monas* tère , avec défense à l'abbé d'en aliéner aucuns et ordonna que les moines chanteraient sept fois le jour les louanges de Dieu.

PAUL (Saint), premier évèque de Narbonne, vécut vers le milieu du ni* siècle. Les Actes de son temps font mention d'un concile tenu en cette ville et en marquent môme le sujet. Mais quoic|ue anciens et écrits d'un stvie assez sérieux, ces Aetes sont entremêlés de tant de fables que l'on n^oserait s'appuyer de leur autorité, ils portent en substance que deux diacres coupables d'incontinence, ne pouvant supporter f^tus longtemps les fréquents reproches que eur adressait l'évèque Paul, déposèrent secrètement au pied de son lit une chaussure de femme, et en prirent occasion de Tac- CQser du même crime. Le saint prélat ne foulant pas être juge dans sa propre cause ,

assembla les évêques qui se trouvaicat aku dans les Caules et leur remit Teiamen^ cette affaire. Mais Dieu, qui voulait le ju|| par lui-même, livra les accusateurs n démons , qui les contraignirent à coofest leur crime et à proclamer Pinnocence laccusé. Toutefois, le saint prélat qui avi appris de sou divin Maître à rendre le bi pour le mal , les délivra, par ses prières, puissances infernales qui les tourmcntair PAUL (le bienheureux). L'an 308 nt sixième de la persécution de Diociéd outre une multitude innombrable de < fesseurs rassemblés en Thébaide, où ils vaillaient aux carrières de porphyre, on|! pritquatre-vingt-dix-sept, hommes , femoi et petits enfants, que l'on conduisit à Fi milien, gouverneur de la Palestine. Tii| confessèrent le Dieu , créateur de TunîT et Jésus-Christ, son Verbe et notre Rédei teur. Ce que voyant' le gouverneur, il condamna tous à mort, après leur avoir subir divers tourments. Un d'entre euï,l bienheureux Paul , s*étaitdéjà mis à genod pour recevoir sa sentence, lorsqu'il priât bourreau de surseoir un instant à l'eiéd tion. La prière qu'il adressa à Dieu, daosfl moment solennel , pour la conversion ik hommes à la foi de Jésus-Christ , est ooa seulement admirable , mais sublime. IJ [«ri à haute voix , d'abord pour tous les 0\rt tiens, 'afin que le Seigneur les reçût ei grâce et leur rendtt la paix et la libcrtA Ensuite, il pria pour les Juifs, et demaibi pour eux qu'ils se convertissent & Mn par la foi en Jésus-Christ. Il fit la luêa» prière pour les gentils, puis pour les Saœari tains ; et enfin il pria pour les empereur*

f)Ourle juge qui lavait condamné, et jw» e bourreau qui le devait faire mourir. Uî assistants, témoins de cette -prière, en fo rent émus jusqu'aux larmes. A peine M elle achevée qu'il présenta la tête au bour reau, et reçut la couronne du martyre, h 25 juillet de Tan 308.

PAUL, prêtre qui floriSsail vers la fin M V* siècle, ne nous est connu que pardeui écrits dont parle Gennade, et qui ne sooi pas parvenus jusqu'à nous. L'un élail i«J'. tu lé : De la garde de la virginité et du tnépn du monde: et l'autre : Institution de /a ît chrétienne f ou De la correction des w<rtf" Ils étaient adessés à une vierge de qualité, nommée Constantia. Gennade jugeaii, j>'| le style de cet ouvrage, que Tau leur éiai né en Pannonic. Sa manière d'écrire n'av?'^ rien d'élevé, mais il assaisonnait son u'^* cours d'un sel tout divin. Il faisail mention, dans l'un de ces livres, de rhéré/iqt;^ Jovinien, si ennemi de la tempérance eltiC la pudeur, et si amateur de plaisirs cl up voluptés qu'il expira au milieu mômcues excèi^ de la débauche.

PADL d'Emise fut un des évêques qu|»

avec Acace de Bérée et Jean d'Antioche,nnrent une conduite vague et inégale dans 'f affaires de l'Eglise, lors de l'hérésie de >«*' torius. Acace de Bérée n'ayant pu, à caj^e (le son grand âge, se rendre au coDtii« u -*

VAC

DE PATROLOCIE.

PAU

en 431, chargea Paoi d*'y agir en son On conjecture de là qu'il pouvait bien porteur de la ieltre que ce prélat écri- 10 eonetle, ei dans laquelle il exhortait le momie à Tunion et h la paix; mais ^ledécUraat contre les anathécnatisoies ^saint CyriUe. Paul arriva à Eplièse sur la lile pin, avec Jean d'Antiocbey et les auér^uesd*Orient, et il fut du nombre bttitdépatés qu*ils envoyèrent à l'emr. Il parait qu*il se rencontra à Bérée itt2» lorsque Maxime, envoyé par Aris- , j B|)porla la lettre de saint Cyrille e il sembla lapprouver, et que d*aili^ arait beaucoup de zèle pour la paix, grande connaissance des affaires de !*£- , beaucoup d'adresse pour les manier, re plus de piété et de religion, Acare d Aotioche le députèrent vers saint ilie, ()Our discuter toutes choses avec i^e vive Toix. Le saint natriarehe le reçut fien et se montra ctiarmé qu'on l'eût i pour être le médiateur de la paix.

|l lui présenta la profession de foi qu'i-i il ap{>ortée» en rassurant Qu'elle avait ccuiposée en commun par les évêques ^^01. Quoiqu'elle ne se prononçât pas ! >eâl^riu8 aussi fortement que ^aint lie Paurait désiré, il ia reçut cependant m lexpression de sa foi personnelle , il «n acquit la conviction qu'on n'avait eu 10 Diolif légitime de se séparer les uns ftûtres. il 1 approuva donc, et donna de côté une profession de foi écrite, que ^ iruuva conforme à ce qu'avait toujours el enseigné l'Eglise d'Orient. II y réunit déclaraiiou de ses anatbémaiismes ; puis que Paul eut condamné Nestorius, et épar un acte authentique, qu'il conlait a &a déposition et à iordination de iiQiiea.ist qu'il anathématisait tout ce fjitci hérésiarque avait enseigné de confttttîi la vérité, saint Cyrille lui accorda Ji wmunion et lui permit de parler dans

Jkckraliondt Paul à saint Cyntte.— L'acte

% ctUii déclaration est en forme de lettre,

wtisée àsâint Cyrille présent, et remise à

woiêine. Paul y marque comment, en exé-

•kiiftnde la lellredu très-religieux et invin-

J^teiupereur, Jean d'Autriche et Acace

«.Bérée Toni envoyé vers saint Cyrille,

J«» a irou?é disposé à la paix, et qui lui

* «"is en main un écrit contenant la foi ca-

'^nque dans sa pureté, telle, dit-il, que

JJ*"-^ [ a»on;> reçue de nos anciens; ce qui

^■4u lu plus important. Mais, ajoute-t-il,

'^aiioe il faut réKler aussi ce qui regarde

^iij^rius, je déclare que nous recevons

^^màim du irès-saiul évoque Maxiraien ;

îi^"^"^ tenons Nestorius pour déposé;

M^e nous anaibématisons les impiétés qu'il

.^J^^^U'îées ; et que nous embrassons sin-

J^iacai votre communion, suivant l'expo-

ilia ? 3"* ^^^^ ^^"^ avons donnée , lou-

tju* '^Qcarnation du Verbe, exposition

jl ',^?^ **^* reçue comme votre propre

'• ^luoDila copie est insérée en cet écrit.

^^^mon de foi de Paul et des Orientaux,

— Elle ne s'y trouve plus aujourd'hui, probablement parce qu'on la réunit dans la lettre de Jean d'Antioche \ saint Cyrille, où elle est conçue en ces termes : « Quant è ta vierge Marie, mère de Dieu, et è la uianlère dont s'est accomplie l'incarnation , nous sommes obligés de dire ce que nous en pensons, non pour ajouter quoi que ce soit à la foi de Nicee, ni pour prétendre expliquer des mystères iueliables; mais pour fermer la bouche à ceux qui veulent nous attaquer. Nous confessons donc gue notre Seigneur Jésus-Christ est Fils unique de Dieu, Dieu parfait et homme parfait, composé d'une Ame raisonnable et d'un corps, le même engendré du Père avant tous les siècles, selon la divinité, et le même engendré dans les derniers Jours, pour notre salut, de la vierge Marie, selon l'humanité; le même consubs* tanlieiau Père selon la divinité, et consubstantiel à nous selon l'humanité, car lesifoux natures ont été unies;. c'est pourquoi nous confessons un Christ, un Fils, un Seigneur. Suivant l'idée de cette union qui s'ei^t faite, sans confusion des natures, nous confessons que la saiute Vierge est mère de Dieu, Earce que le Verbe-Dieu s'est inca né et fait omme, et par la même conceiHion , a uni à lui le temple qu'il a pris d'elle. Quant aux expressions des évangélistes et des apures, touchant Notre-Seigneur, nous savons que les théologiens en appliquent, les unes en commun, comme àuni^ personne, etlesautres séparément, comme à deux natures, attribuant à Jésus-Christ celles qui sont dignes de lui, selon sa divinité, et \es plus basses à son humanité.

Discoure de Paul, — Le premier discours que Paul prononça dans l'Eglise d'Alexandrie eut heu , ce semble , le 18 décembre, qui était le dimanche avant Noèi il ne sexplique qu'en peu de mots sur la paix qu'il venait de donner au peuple en le saluant , et dit qu'il ne pouvait encore la donner qu'en partie, n'ayant pu jusqu'alors la conclure qu'en son nom personnel et non pour les autres ôvèques d'Orient. Mais le jour de celte fête, il fit, en présence de saint Cyrille, un second discours dans lequel , en expliquant d'abord le mystère du jour, il donna à diverses reprises le titre de Mère de Dieu à la sainte Vierge, et dit anathème à.quiconque le lui refusait. Aussitôt le peuple s'écria : « C'est là la foi véritable; c^est le don de Dieu; voilà ce que nous voulions entendre. Qui ne dit pas ainsi soit anathème. I» Paul d'Ëmèse continua : « Qui ne dit pas et ne pense pas ainsi soit anathème et rejeté de toute l'Eglise. Marie, mère de Dieu, nous a enfanté Emmanuel, c'est-à-dire Dieu fait homme. » Continuant d'expliquer le mystère, il dit que le concours des deux natures parfaites de la divinité el de l'hu* maoité,a formé un seul Fils, un seul Christ, un seul Seigneur; sur quoi le peuple l'interrompit encore poui: le proclamer un évéque orthodoxe. Ensuite Paul anathématisa ceux qui disaient deux fils ou qui soute* naient qu'Emmanuel était un uur homme.

DlGTIONNAlKh

PAlJ

Il allégua pour preuve de sa divinité la confession de saint Pierre» qui reconnaît un seul Fils du Dieu vivant» et une seule personne en deux natures. 11 déclare qu*il n'y a donc pas en Dieu une quaternité mais une trinité de personnes adorables» le Père, le Fils et le Saint-Esprit» Il finit son discours en priant saint Cyrille, quMI appelle son père, de donner au peuple la nourriture ordinaire de la parole et de la sainte Eucharistie.

Le dimanche suivant, qui était le premier jour de janvier, Paul prêcha encore dans réf^lise d'Alexandrie, où il expliqua avec beaucoup d*exactitude le mystère de rincarnation contre les erreurs de Nestorius et d*Apollinaire , établissant Tunité de la personne et la distinction des deux natures en Jésus-Christ. Il fit voir qu*il est consubstan* tiel au Père , selon la divinité, et consubstantiel aux hommes selon Thumanité; que quoique le Dieu-Verbe se soit approprié les souffrances qu*il a endurées dans son eorfis, il demeure néanmoins toujours impassible en lui-même; il dit qu*eu se faisant chair, Dieu n'a pas été changé en chair» ni la chair en Dieu, mais que le Verbe s*est seulement uni à la chair; qu'il n'a pas pris la chair seule» mais avec une flme raisonnable et intelligente, deux choses qui rendent parfaite la nature humaine. En expliquant ces paroles de saint Jean : Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous (/oan.i, ii* j, il Qt remarquer que cet évangéliste enseignait clairement qu'il y avait en Jésus-Christ deux natures, mais un seul Fils, et par conséquent une seule personne. 11 rapporta ensuite ce qui était propre è chacune de ces deux natures,. les miracles à la nature divine» les soutfrances h la nature humaine. Le peuple rinlerrompitdeux fois par ses acclamations» et Paul» après avoir fait l'éloge de saint CyriJIe, le pria de parler à son tour.

il arriva entre eux une chose assez remarquable» au sujet delà lettredesaint Athanase à Epictète. Comme ils s'entretenaient sur les matières de la foi, Paul demanda à saint Cyrille s'il acceptait ce que saint Athanase avait écrit dans cette lettre? «c L'avez-vous lue sans altération, lui dit saint Cyrille? Car les ennemis de la vérité y ont changé beaucoup ; pour moi, je suis d'accord avec l'auteur en tout et partout.— J'ai la lettre, répondit Paul , mais je voudrais, en Ta conîrontant avec les exemplaires que vous avez, m'assurersi elle est falsifiée ou non. » Il prit donc les anciens exemplaires, et les ayant comparés avec les siens, il les trouva corrompus» pria saint Cyrille de lui en donner une copie sur ceux qu'il possédait» et les envoya à Jean d'Antioche.

Saint Cyrille lui envoya aussi par deux de ses diacres l'acle qu'il avait dressé avec Paul pour la condamnation de Nestorius» et il leur donna en même temps des lettres de communion, pour les remettre à Jean » s'il consentait à signer cet acte. 11 semble que Paul fit partie de la députation» dans le but d'obtenir de 1 évêijue cTAnlioche les derniè-

res conclusions de la paix. Jean» aya t l

I acte de saint Cyrille» crut devoir y cliaug^ quelque chose, non pour en altérer le seiu mais pour en adoucir quelques termes, aâ qu'il lui fût plus facile de le faire si^iu aux évêques d'Orient. Après ces change mcnts , Jean si^na Tacte avec les autres i tous anathématisèrent les impiétés de Ne$ (orius. Parce mo^en» Jean reçut la coronu nion de saint Cyrille, et la paix fut rétabli dans l'Eglise. 11 écrivit lui-môme à rér< que d'Alexandrie, et lui renroya sa profes sion de foi ; puis, par une seconde letln if le pria d'agréer les changements qa* avait faits dans l'acte, et de ne pas troun niauvais que ses diacres y eussent consent Paul fut chargé de la première de ces t très, et les Orientaux le prièrent d'oble de saint Cyrille qu'il insérât leur confi sion de foi dans la lettre qu'il leurécrir atin qu'à l'avenir on ne pût faire aua difliculté sur cet article. Saint CyrUle ret« Paul avec joie, et lui doniia une lellre poa Jean d'Antioche, dans .laquelle il inséf mot pour mut la profession de foi des Oriei taux, en déclarant qu'il la trouvait 1res pure et qu'il pensait de mêma. Cette leitf! qui a été célèbre dans lantiquité, cominene par ces paroles : Que les cieax se réjouis sent, etc. Paul, de retour A Antiocbea» la lettre de saint Cyrille la présenta à }m et aux évêques assemblés avec lui, el too confirmèrent la communion et la paix avr lui et le concile d'Ëgvpte.

^ PAUL» diacre de Merida, en E$i>agne, m l'an 610, composa un livre où il rapirortaitli vie et les miracles des saints de ceue£gltse

II en avait puisé l'idée dans les Diahgvt de saint Grégoire, et résolut de faire, à lé gard des saints de l'Ëglise de Mérida, n que ce grand Pontife avait fait j^ourie^ saints d'Italie. L'ouvrage de Paul fut m primé à Anvers , in-i^% 1635 , par les soini de Thomas Tamaius, historiographe de Phi lippe IV» roi d'Espagne» avec des noies c des commentaires sur ce qui s'est passé! Mérida dans chacun des siècles auxqu'^ld l'auteur a emprunté ses écrits.

PAUL Warnefride» diacre d'AquIlée du viir siècle, se rendit également illustre p^r sa piété et par ses lumières. Issu d'une noble famille de Frioul» il fut secrétaire de Didier» roi des Lombards. Anrès la défaite de ce prince» il fut accueilli à la cour ilo Charlemagne» puis envoyé à Metz |iOurv| établir des écoles. Accusé par des envieui d'avoir voulu attenter aux jours de IVrapereur, il fut relégué dans rlledeDiomèiie, aujourd'hui Trémitie, dans la mer Adriatique. Archise, prince de Bénévent, Tapp^''' quelque temps après à sa cour, et à la mort de ce prince, arrivée en 787, il se relira «nJ Mont-Cassin» où il embrassa la vie monastique et mourut vers l'an SOI. Il est ordinairement qualifié diacre d'Aquilée, m^i^ on ne connaît ni l'époque de son ordination» ni celle où il lut admis dans le clergé do cette église.

Histoire des Lombards. — Le priflcipa'*

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I écrits est une Histoire des Lombards, fcis lear origine jusqu*à son temps, Kt4-dire jusqu'à la mort da roi LuitioJ, en 7H. Elle est diviséeen six livres, knteurnes'appliaue pas tellement à rapiHerre gui peut faire connaître cette na* )ne( les chefs qui Tont successivement lorernée, qu*il ne parle aussi des autres !Dpie^ arec lesquels les Lombards se sont Barés en guerre. Il s'étend parliculière- 1 tories provinces dltalie, où ils avaient des incursions et dont ils s'étaient émet n*omel pour ainsi dire aucune de (enlatives pour s*cmparer des Gaules, ces détails lui donnent occasion do rsouventdes Papes, des rois de Fran- 4t^ empereurs, des Sarrasins, des Andes Es|iagnols, des Sclavons et de pluautres peuples. Il place sous le règne fiisulphe, fils de Grimoald, duc de BénôlU translation du corps de saint Benoit iTrance. Voici comment i! raconte lefail: mce temps-1%, le Mont-Cassiu, où debien des années reposait le corps du ble Benoit, avait été réduit en unesolitude. Des Français, originaires du OQ d'Orléans, et voyageurs en Italie, naot de vouloir passer la nuit auprès de restes sacrés, les retirèrent de leur ton. - . el après en avoir fait autant du corps alrès-suinle sœur, ils les emportèrent %Bi les deux dans leur patrie, où ils firent ftifrriîeux monastères, l'un en l'honneur étMiut Benoît et l'autre en l'honneur de flinteScholastîque. Mais, ajoute-t-il, nous npes assurés que la bouche de ce saint iMnuche, plus douce que le nectar, et que VI jeux habitués à contempler les choses

È les sont encore avec nous, ses autres bres eux-mêmes, quoique réduits en IJ055ière, ne nous ont pas abandonnés. » Wûil donc Paul affirme, dans une homé- ^'«(|Q an homme muet de naissance avait jwuxrt la parole, en priant devant le corps *Mint Benoît ; et qu il prend à témoin de Jj^rilé de ce miracle, les moines de Mont- ^'in devant lesquels il parlait, il faut revendre du tombeau, qui conservait enjwt quelques restes des cendres de ce bien- «oreui Père, après la translation de ses ^mcntsen France. On trouve cette his- ||^^ dans les AfcuftV^ de Vulcanius et de ^tius, imprimés h Hambourg en 1611, Jj^mierdam en 1*55, et dans le tome XIII fj^ Bibliothèque deê Pires, à Lyon, en

Bût

— Dans le

«^^ioiredeiévéques de Metz, ''^e W(ie l'ouvrage que nous venons d'Inmr, Paul diacre, fait mention de l'His- JJ^^w éTêques de Metz, qu'il avait com- \^ à la prière d'Angelramne, à qui il ^^8D« le titre d'archevêque et qu'il repré- ^ote comme un homme doux el un des m\k$ de cette Eglise qui s'était rendu le ri^s recommandabîe par la sainteté de sa ^^W mit donc écrit cette histoire anté- "foremenl à celle des Lombards. Il cite ^''<^rv au même endroit un livre contenant

'^'<^H les miracles de saint Arnoul, ce

qui, dit-il, l'avait empêché de s'étendre sur son sujet dans l'histoire générale des évê-

3UCS de Metz. On en trouve des fragments ans \e Recueil des historiens français^ P^^.» Freherus et Duchesne, et dans le t. Xill* de* la Bibliothèque des Pères, Quant à la Vie de saint Amouly ^\\e a été imprimée parmi les OEuvres de Bède, et dans Surius, au 2V août.

Histoire romaine, -- Ce fut à Bénévent el à la suite d'une conversation avec la princesse Adelperge, femme du duc Archise el Qlledu roi Didier, que Paul, diacre, pensaà continuer l'i^ôr^jéf de r^i5/oire romaine d'Eutrope. Cette histoire est connue sous le titre d'Histoire mélangée, Historia miscellanea^ parce qu'en effet c'est une compilation de ce que divers auteurs ont écrit sur l'histoire romaine. Elle est divisée en vingt-quatre livres. Les onze premiers ne sont presque rien autre chose que le récit d'Eutropc, avec des additions de Paul, insérées par-ci, parlà; les cinq suivants sont entièrement de Paul et servent de continuation àEutrope; les huit derniers sont de Laudulphus Sa^/ax, qui vivait du temps de Lothaire, tîls" de Louis le Débonnaire. Ils sont presque entièrement tirés de Théophanes, ou plutôt de son traducteur Anastase le Bibliothécaire. Henri Canisius en a donné une édition enrichie de notes, in-8% Ingolsladt, 1G03. On la trouve également réunie h Vllistoire des Lombards, dans le t. I" des Rerum Italicarum scriptoresy de Muralbri.

Vies de saints. — Paul écrivit aussi une Vie de saint Grégoire le Grand. Du moins c'est ce qu'il témoigne dans son troisième livre iieV Histoire des Lombards, oii, ayant à parler des actions de ce glorieux Pontife, il s^excuse de ne les toucner qu'en passant, parce que, dit-il, il les avait racontées avec plus de détails dans l'éciit particulier qu'il avait composé sur la vie de ce saint Pape. Jean, diacre, fait mention de celte Vie et en cite même un passage. Elle lui est attrdmée dans les anciens manuscrits et par un écrivain de Tordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin, et enfin dans un traité sur /a/»r<f5encer^e//e, imprimé sans nom d'auteur è Paris, en 1562. Elle se trouve dans le tome I" des Actes de l'ordre deSaint-Benott, et dans le tome IV* des œuvres de ce saint Pape. — On attribue encore à Paul, la Vie ou les Actes du martyre de saint Cyprien, imprimés ordinairement en tête de ses ouvrages; une Vie de saint Benoit, une de saint Maur, et une de sainte Scholasti(|ue. Ces trois dernières sont en vers, et elles ont été imprimées à Rome, en 1590.

Homiliaire. — Paul composa, par ordre du roi Charles, un recueil d'homélies choisies des Pères et distribuées en deux volumes, pour servir aux offices de l'Eglise pendant tout le cours de Tannée. Ce prince, aussitôt qu*il Teut reçu écrivit une lettre circulaire en forme d'édit, adressée à tous les lecteurs des églises, et portant ordre de s'en servir dans lx)us les offices publics. Comme dans cette lettre il ne prend que la qualité

PAU

DICTIONiNAIRE

PAU

de roi des Praaçais et des Lombards, avec celle de natrice des Romains, on en conclut que Paul acheva son hooiiliaire avant Tan 800» époque où Charlemagne fut déclaré em-

fereur. Paul choisit ses nomélies dans los crilsde saint Ambroise, de saint Augustin, de saint Jérôme, de saint Léon, de saint Maxime, de saint Grégoire et de quelques autres anciens. Ce recueil a été quelquefois attribué à Alcnio, parce qu'il le retoucha et le corrigea. Avaut rhomiliaire de Paul, il y en avait un du vénérable Bède, composé de cinquante homélies et dont la dernière était pour la fête de saint Benoit Biscope, abbé et fondaieur des monastères de Jarrow et Wirsmouth. Paul, en lisant cette cinquantième homélie s'apperçut qu elle était lelleli.ent projpre à lotlice de ces deux mouaslères, que 1 on ne pouvait s'en servir ailleurs. Il en composa une nouvelle dans laquelle il relève les vertus de saint Benoit, et fait réloge de sa rêgle^ en assurant qu*elle était déjà eu vigueurpar tout rOcçident. Nous ne àdvons si cet tiomiliaire^ conservé longtemps en deux gros volumes dans un manuscrit de Tabbaye de Hichenou, âgé de ulus de 800 ans, a Hé imprimé ; mais la lettre du roi Charles que nous venons de citer se trouve dans les AnaUcieê de dom Mabillon.

Lettre à Adelhard. — Adelbard, abbé de Corbie, avait lié connaissance avec Paul, diacre, dans un voyage qu*il lit à Mont- Cassin, où il avait Tintention de passer le reste de ses jours ; mais contraint de retourner à Corbie, il conserva ses relations avec Paul.ll lui écrivit pour lui demander les lettres de saint Grégoire le Grand, qui à celte époque étaient rares et peu connues en France. Paul ne lui en envoya que trente-cinq, transcrites en partie par luimême et en partie par un de ses frères. Dans la lettre qui accompagnait cet envoi, il marqne à Adelbard qu*il n'avait pas eu le loisir de les revoir et de les corriger, ce qui était cause quil ne lui en envoyait pas davantage parce qu'il avait trouvé dans quelquesunes de ces lettres certaines choses qu'il ékttitplus convenable de taire que de publier. Il voulait probablement parler de la lettre écrite à Secondin, serviteur de Dieu au Maine, à qui il disait que l'on ne devait ni déposer les prêtres tombés dans une * faute considérable, ni leur refuser le pardon, ce qui prouverait que dès cette époque, cette lettre avait déjà été altérée et corrompue. Nous avons fait voir ailleurs que la doctrine de cette lettre est entièrement opposée à celle de saint Grégoire et aux canons. Paul finit sa lettre par six vers élégiaquesdans lesquels il promet à Adelbard une amitié inviolable et éternelle. 11 était iurt Agé lorsqu'il l'écrivit, et vivait si pauvrement à Mont-Cassin qu'il n avait pas le moyen de se procurer un copiste, il écrivit encore d'autres lettres dont on trouve des fragments dans le tome 1*' des Mélangée^ de Baluze.

AuTBBs ouvRAGBS. — Nous u'avous rien

dit d'un vocabulaire latin guo Poul, diacr laissa inachevé, après l'avoir conduit jusqd la lettre N ; ni d une lettre del'abtté deMoa Cassin Théodemar, adressée au roi Charî et que l'on prétend avoir été écrite par diacre Paul; ni de Tépitaphe de Yénm Fortunat, qu'il fit à la prière deTabbé £uf en passant par Poitiers, parce qu'il est k possible de tout dire. On possède encû sous son nom des vers adressés à Archû duc de Bénévent, quelques poëuies i l'honneur des saints, et un entre autr<) à le martyre de saint Mercurius. et sur translation de son corps à Bénéveot; ui hymne en l'honneur de la sainte Vierge, d l'on avait coutume de chanter au juuri son Assomption. On le fait également i teur de l'nymne Ut queant 7ajrt>, <)ui < chante dans l'Ëglise le jour de la Saint J^ Baptiste. Toutes ces pièces sont imprîméi Maison conserve dans la bibliothèque ( Mont-Cassin plusieurs ouvrages manuscij qui u ont pas encore vu le jour et dont id cela même nous nous croyons dispense!

rendre compte.

Si par sa piété, sa prudence, la solidité la pénétration de S(li esprit, Paul (lia mérita l'estime, l'amitié et la confiaRce Charlemagne et de quelques autres pria de rJEurope, ses ouvrages lui acquin aussi la réputation d'un des plus savaol hommes de son siècle. C'est dans ces tel mes qu'en ont parlé tous ceux qiu Too connu particulièrement, ou qui, dans !« siècles suivants, ont eu Toccasion de faif son éloge, Quoiqu'assez bon versiâcaiea pour son temps, il sacrifia néanmoins I poésie à l'histoire. C'était là le vrai gcnr de son talent ; et Ton peut dire qu'il a i joindre dans son récit la simplicité à la IM blesse, et la clarté à la précision. Toujuai égal dans son style, il rapporte les faii:$ td qu'ils se produisent, dans leur vérité, etei ne s'écartant du son sujet qu'autant qu'ili jugeait nécessaire pour concilier de Viaiid h son travail et le rendre utile à un |lu grand nombre de lecteurs. On lui repriH:li lie s'être servi quelquefois de mémoires pei assurés, et ce défaut est particulièremec sensible dans ce qu'il raconte des premier évèques de Metz, qu'il fait presque coQlcm porains des apôtres. Est-ce sa faute ou ceU< de son siècle ? Tout le monde sait que \t pièces les moins authentiques avaieoicour: à celte époque. On l'accuse encore d'a^ui défiguré le vocabulaire de FestusPoioFiH en voulant l'abréger. Serait-ce, parce qu'en l'abrégeant il y a mis du sientUaiscV:^ une liberté que Festus lui-même s'éiailp^n mise à l'égard de vingt livres queVernuj Flaccus avait composés, sur Torigiae et!^ signification des mots.

PAUL plus counu par un ouvrage iotérei sant, dont nous allons rendire compte, q^^ par les événements de sa vie, était moins ut^ Saint-Père en Vallée dans un laubourg d^ Chartres. On pense généralement qu'il uaquit en cette ville dans les premières aiiote^ au XI' siècle. C'était un homme d'an c^F^'

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r cl passioooé pour Télude. Il s*app!îqua irticulièremeat à recueillir et à rormer le rollectioD de tous les monuments histoiue5qu*il put se procurer, en même temps lil consignait par écrits les événements I «un siècle, et principalement ceux qui léîeisaieut son monastère et Ja ville de urtrcs. On peut juger de sa sincérité et de L^'tjuefoi par Inexactitude presque candide ir laquelle il rapporte tous les faits qui taneni à sa connaissance , même ceux ii uétaieot pas honorai)Ies courses frères. gulf> ces belles qualités lui méritèrent la IkJaoce de ses supérieurs, qui se déchar- ' iDten partie sur lui du gouvernement rel de la communauté. Dès Tan 1038^ Landri Tenvoya à Blois porter une Wk^ d*argent à un nommé Rabérius, pour bga^er à se désister des prétentions qu'il fcnit sur la chapelle royale donnée à llbaye de Sainl-Pèrc. H avait à son serh un Tdlet nommé Tescelin, comme on " prend par un monument du temps^ ce ferait croire qu*il a été, au moins peiii<]uelque temps, célérier, ou procureur Tauba^e, On est confirmé dans cette pen- «0 lisant qu'il fit planter des bornes, I marquer les limites du territoire de sa Vfs»ri. Magniê lap\dibu$ a Paulo monacho Ih tnfiiii ; ce qui se fit sous Tabbé Landri^ iut conséquent avant l'an 1065, époque i^ niort de cet abbé. Il est au moins vrai Ibehul remplit pendant plusieurs années #iooctiût)s de chancelier, ou secrétaire do •««îJbaye, ce que l'on exprimait alors par jjjwuede notaire. On en trouve la preuve wplosieurs chartes qu'il rapporte lui- •toe,eldans lesquelles se lisent les traits ^^^iiSerifiit Paulus tnonachus ; Paulus ^'^kHstxituU notariuê. Lorsqu'il étailab- M^tqu'ttQ autre le suppléait, celui-ci avait •Jft 4e marquer qu'il avai.tagi par ordwde ^î par exemple^ sous l'abbé Landri dobt ■^Wiaîtrbomme de confiance, Robertus Tf^^ fcripgit hanc cartamf jubente Lan- ^^ébait. Au contraire, quand Paul écri- «Wlai-mêcae, il marquait simplement qu'il wil bit sous tel ou tel abbé. On retrouve tt ces sortes de chartes, au moins depuis 'tolOM) jusqu'en 1077 inclusivement.

Faul confirme lui-même, par plusieurs y/iu'il a fait entrer dans son ouvrage, T^ue approximative que nous venons l^^mtT k sa naissance. En effet, il dit exï^^meni qu'il vivait sous l'épiscopat d'A- ^lU mort vers Tan 1060» et fait mention ^^^uiéTèques ses successeurs, Robert et «, i/ïi* " rapporte un événement, arrivé 2- ^^* ^^ auquel il eut part. L'évêque ^'^ft, qui était de Tours, voulut donner l/^l^'^^ à cette abbajre, le moine Hubert^ "«sédesuivre l'hérésie deBérenger. Mais, H «i écrivain, la réclamation que nous y ;!J?^ de vive voix et la forte opposition 1! A • ^^^ de notre part l'empêchèrent jlj'éussiriJVoôwacrtVer renitentibus acviva *!'' f^fuianlibuê. Hubert cependant ne ^^ pas de prendre le titre d'abbé jusqu'à ^^^e ses jours, quoique l'abbéËustache,

DiCTIOUN. de PATaOLÛGIE. IV

dont Paul fait également mention, eût élé élu pour le rempliàcer. Voici un autre fait qui prouVe ce que l'on vient d'établir,savoir qUè hotre auteur ne vécut pas au delà du xi* siècle. Paul rapporte que le comte Rolrou donna à l'abbaye de Saim-Père le monastère de Saint-Denys de Nogent, et qu'elle en jouit jusqu'à sa mort, c'est-à-dire, jusqu'en 1079^ ou, au plus tard, jusqu'en 1084. Mais alors Béalrix, sa veuve, enleva cette communauté à Saint-Père, pour la transporter à Cluny, ce qui souleva entre ces deux abbayes de grandes conteslalions, qui né finirent qu'au.commencement du siècle suivant, par un accord fait entre elles, et dont notre historien n'eût pas manqué de parler, s'il n'eût écrit qu'à celte époque. Enfin, on trouve dans les titres du prieuré de Léoncourl, appartenatat alors à l'abbaye de Saint- Père, qu'en 1088, Ibert d'Erisni donna à ce prieure les dîmes sur loules les terres qu'il fit visiter au moine Paul, monté sur un cheval blanc. Or il n'y a nulle appareme que Paul ait vécu au delà de cette époque. Qu'on se souvienne qu'il était moine avant Tan 1029^, et qu'en 1038 il gérait d«^jà les affaires de sa maison. Nous nous sommes étendu sur son histoire, parce qu'elle est peu connue et que ceui qui en ont parlé jusqu'ici et particulièrement l'auteur de la Bibliothèque chartraine sont tombés dans de lourdes fautes qu'il serait inutile de relever. Du reste, tout ce que nous venons d'en dire est tiré de l'écrit même do l'auteur.

Cor^ufair«. — L*unique ouvrage qui nous reste du moinePaul est uhCarlulaire connu de plusieurs savants du xvu* siècle, oui y ont puisé bien des documents pour leurs travaux. Nous mentionnerons entre autres MM. de SaiYîte-Marlhe, dom Hugues Méliardi dom Luc d'Achery et dom Mabillon, qui en but un peu altéré le véritable titre en le citant. Il comprend cent trente-huit feuillets vélin in-k' d une écriture du xi* siècle» de sorte que rien ne s'oppose à ce que ce ne soil l'original même de l'auteur, et que nous le possédions aujourd'hui tel qu'il est sorti des mains du moinePaul. C'est ce que nous avons déjà prouvé en partiepar le récit de son histoire, et ce qui se trouve confirmé par uo autre cartulaire avant appartenu également à celte abbaye, où il était connu sous le nom de Cartulaire d'argent. L'auteur de celui-ci, qui vivaitenviron un siècle plus tard, en transcrivant un morceau du premier cartulaire, l'attribue sans hésiter au moine Paul, par cette inscription qu'il a mise en i^ieiScrxptumPauli monachi.

Paul commence ce recueil pardonner une idée de son dessein. Il l'a entrepris à lu sollicitation de ses frères et il se proposo d'y recueillir toutes les Chartres et privilèges de son monastère qui avaient échappé aux incendies et aux autres malheurs des temps, et qu'il avait pu recouvrer, afin do les conserver à la postérité, do manière à cd que tous ceux qui y sont intéressés puis-* sent y retrouver riusloire de l'abbave de

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