PAU DICTIONNAIRE
Saint- Père. Il a divisé son ouvraçe en deu x livres. Le premier est intitulé : Lioer Aganonis^
parce qu il contient les donations faites sous répiscopat d'Aganon, évèque de Chartres; et> comme le second comprend celles qui ont été faites sous Tévèque Ragenfroi, restaurateur du monastère, il Ta intitulé : Liber RagenfredL Mais c'est du premier de ces deux titres que le Cartulaire a pris sa dénomination. Cependant» malgré cet ordre ainsi établi, on ne laisse pas de trouver dans la
(première partie une charte qui appartient à *épiscopat de Ragenfroi. L*auteuren donne raison, en disant qu'il l'a rangée dans la première classe, parce au'elle regarde les chanoines, qui étaient alors établis à Saint- Père, et que cette classe est destinée à toutes les chartes de cette nature, comme la seconde à celles qui concernent les moines.
Il ne faut pas, du reste, regarder ce car* iulaire comme une compilation sèche et dénuée de traits historiques et autres qui se trouvent é{)ars et comme noyés dans les Charles, qui le composent en partie. L'auteur s'est appliqué à le rendre intéressant, en y faisant entrer un grand nombre d'évéoements qui s'étaient passés dans son siècle, ou même qui l'avaient précédé, et que pour la plupart on ne trouve pas ailleurs. C'est ce qu'il nomme des digressions, qui ne doivent pas, dit-il, être désagréables au lecteur. Bien loin de ii, on lui saii très-bon gré d'avoir interrompu ainsi la suite de ses pièces originales, pour varier aussi agréablemont son écrit, d'il avait moins craint la jalousie de certaines personnes, qui, dans tous les siècles, aiment à entraver chez les autres les entreprises les plus louables, et s'il eût un peu plus présumé de sa capacité, il nous aurait donné une histoire en forme et suivie. Il en avait d'abord le dessein, mais ces réflexions Tarrètèrent. Il craint^si fort de céder à ce penchant, qu'après avoir décrit certains événements il se retient presque aussitôt, dans la crainte de paraître passer les bornes du compilateur pour entrer dans les domaines de l'histoire. Toutes ces précautions ne l'ont pas empêché de . nous donner une histoire abrégée de son monastère, suivant ce qu'il en avait appris de vive voix auprès des anciens, ou parla lecture, dans les monuments qu'ils ont laissés
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Paul ne s'est pas borne aux événeme^ domestiques, mais il s'est appliqué enco h nous conserver le souvenir de plusieu faits mémorables de l'histoire de la Fran et même de l'Eglise. Telle est la découvd des hérétiques, qui donnèrent occasion concile tenu à Orléans en 1022. L'autf^ar la Bibliothèque chartraine n'avait pas In ce relation dans Toriginal, pour la croire ïà vre d'Aresfate. Cet Aresfate, avec qui P^ vécut quelque temps, fut un des premi^ à découvrir ces impiétés, et c'est d'après» récit que notre auteur les a consignées da son livre. Telle est encore la découverte ( chef de saint Romain, qui se fit à Brou, creusant les fondations d'une église. Tel est enfin, et sans entrer dans plus de détail la relation des miracles de saint Sm mond, chanoine de Chartres. 1
Mais ce que l'on ne doit pas omettre po faire connaître tout le mérite de ce recad c'est de remarquer que l'auteur s*y moDli très-attentif à donner les choses pour i qu'elles SQnt, et qu'il y pousse l'impartiali jusqu'à ne pas même dissimuler les faut de ses frères. Il doute ou il pense qu*il r quelque raison d'en agir ainsi. J'ignore, ui il, quelle fut l'issue de telle aventure; seul ment te sais qu'elle est arrivée. Je ne codoi pas tel lieu, mais je ne doute pas qu'il exi$t( parce que je le trouve écrit ainsi. Il va quel quefois jusqu'à indiquer la source premier où il a puise ses renseignements. Par exdfli pie, en parlant de la découverte du chef d saint Romain, il avertit que ni lui ni celui qv la lui avait racontée n'en avaient été témoios mais que ce dernier la tenait de l'archipriM Agobert, depuis évoque, qui s*y était troufi
Itrésent. D'autres fois il revient sur ses^^ orsqu'il reconnaît avoir fait quelque écart et ne rougit point de rétracter ce qu il àw avancé contre l'exactitude des faits. ^
C'est de ce recueil que dom Lucd'Adierj a tiré YHiêtoire des nouveaux manichém découverts à Orléans au commeDceiueot di XI* siècle; histoire qu'on a fait entrer de puis dans la Collection générale des coml^^ et que l'on ne trouve nulle part ailleufl aussi détaillée. C'est à la même source (]Qi MM. de Sainte-Marthe ont puisé ce qm avanceut de plus avéré sur les évêques Chartres et les abbés de Saint- Père dans i
à la postérité. On y voit l'ancienne situation . ix* siècle et les deux siècles suivants. Cej de 1 abbaye, hors des murs de la ville ; un encore à l'ouvrage de notre écrivain m état de son territoire et de ses bornes, des dom Mabillon a emprunté le fonds des éios^ détails sur ses ruines réitérées par les Nor- des vénérables abbés Alevée et Arnou'.
L'abbé Landri, sous qui la moine Paul passa la plus grande partie de sa vie, ©o^rm en 1065, ou seulement deux ans plus ^^j;: selon d'autres chroniqueurs, et fut eùierr à Saint-Père. On lui dressa une épilap ^" seize vers élégiaques, qui nous a été conservée. Elle est un peu moins plate que .^.^ autres pièces du même genre co^Pj ,^,,j cette époque. Nous n'en parlons, «pf^Yju^ que parce qu'il nous semble très-P*" ;'L qu'elle est rœuvre de l'auteur du Cartum dont nous venons de rendre coDipie« ., PAUL, surnommé Cyrus Florus, et W
par mands, sur la déroute de ces barbares, par la vertu de la sainte chemise qui se montre encore à Chartres de nos jours; sur le zèle de l'évéque Aganon pour rétablir le monastère, et sur les soins de Ragenfroi pour le dédommager de ce que Tévôque Elie lui avait enlevé. On y trouve aussi la relation de plusieurs événements mémorables qui concernent l'abbaye de Saint-Père. Ce c^ui ajoute un nouveau prix à ce morceau d'histoire, c'est la description que l'auteur y fait de la ville de Chartres, de son enceinte, de $es portes et de la plupart de ses rues.