‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 88 sur 207 · HAO · texte numérisé non relu

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» confis^ioD ait la vertu de nous absoula péché, mais c*est que nous sommes lés |)ar l'humiliation qui accompagne rcu, et par la prière de notre frère à qui (liVou vrons nos fautes. » Ce passage peut r à appoyer l'éclairpissement que nous s lionne ailleurs» sur les deux manières nfesser ses péchés, dont le bienheureux ^H's contemporain de notre auteur, id'ùws son traité De celanda confessione^ \ù >ecrelde la confession. « Mais quant plus grands péchés, reprend Raoul, le Dcur nous ordonne de les confesser aux res et d*j satisfaire, suivant ce (^u*iis I fir^>criront. Ce sont eux seuls qui ont (uvoirde lier et de délier, comme le juffii ou discernement de la lèpre était m aux seuls prêtres dans Tancieuno lEij'Iiquant un peu plus haut de queHe ièreondoit le faire, il marque très-dis- KDont les trois actes du pénitent, la con- |B,U confession et la satisfaction. Ut set" fîsrig pœniieamuSy ore nos accusemuSf pmfaciamus. 11 est impossible d'être J précis.

ir«ui SOS homélies il y en a deux pour He ou commémoration des fidèles trépasdans lesquelles» il insiste fortement sur jrières pour les morts. Ailleurs, il parle ittdu purgatoire, comme incomparable- B plus vif et plus cuisant que celui oui Ihâeniir en cette vie. En expliouant I £pie pour la fête de saint Luc, il dit que, impies évoques sont ordonnés sur le mo- Ues apôtres, de même les prêtres mod ordre lèsent sur celui des soixan- X4uu:e disciples.

Lu morale de notre orateur dans tout |ù touche aux devoirs de l'homme, tant tftpport à Dieu et au prochain que par ■^Uui-même, est aussi saine que bien ■jnoepartoul. Il n'y a qu'à ouvrir le re- ^ses homélies, pour s'en convaincre.

1» point de paçe qui n'en offre des preu*

t nierait donc inutile d'en rapporter des U'autant plus qu'ils ne s'élèveraient Uo-dessus des idées et des lieux com- Pi ordinaires. Seulement, nous dirons >''étaii en vue de conserver cette pureté l| la morale, comme dans le dogme, qu'il Italique les prédicateurs, après avoir an- ^ la parole, recourussent à l'Ecriture }*Ci afin d'y conférer ce qu'ils avaient prê- Mt de le rectifier, s'il ne s'y trouvait pas ^roie. C'est encore là qu'il les invitait à l^f ce qu^ils devaient débiter dans la sui- |li s'ils réussissaient dans leur ministè- ^>^ exhortait à en rapporter la gloire à F* el i se regarder eux-mêmes comme I oinisires et des serviteurs inutiles. Ce FpOttr communiquer aux fidèles une docm irrépréhensible le portait, non*seulew^ a eiiger ces conditions de la part de r qui prenaient soin de les instruire, F eocore k blâmer la négligence qu'apl^i^nt les simples fidèles a entendre comf» wut les livres sacrés. Il voulait qu'ils ^mandassent à Dieu l'intelligence, par ^E^issements, le jeûne, la prière, comme

faisaient les anciens Pères. Sur ce principe, il leur interdisait les lectures profanes et dangereuses, comme les comédies, les historiettes inventées à plaisir, les poésies pastorales et champêtres et les autres pièces de celte nature. Qu'aurait-ii donc dit, s'il eût vécu de nos jours, au milieu de ce déluge du romans immoraux, impies el antisociaux qui nous inondent?

Raoul n'est pas moins exact et pas moins irrépréhensible dans les points de discipline qu'il a touchés, qu'en ceux du do^me et de la morale. Lorsqu'il s'agit de l'excommunication, il voudrait qu'on ne la prononçât qu'avec la plus extrême répugnance et après avotr pris toutes les précautions pour guérir le mal ; en un mot, qu'on se comportée, en ces occasions, comme on le fait, lorsqu'il est question de couper un membre du corps humain. S'il s'agissait de l'excommunication d'un souverain, il serait d'avis qu'on le tolérât plutôt que d'en venir à cette extrémité. Il y avait de son temps beaucoup de prêtres concubinaires, ce qui marque bien la fin du xi* siècle; Raoul, bien éloi-

5 né d'approuver leurs vices, blAmait cepenant les fidèles qui refusaient d'entendre leur messe.

Il résulte du texte sacré dont ces homélies sont des explications, que toutes les épltres et tous les évangiles des dimanches et fêtes de Tannée, n*étaient pas alors les mêmes que nous lisons aujourd'hui, aux mêmes jours. N'oublions pas un fait de l'histoire de son siècle, que l'auteur a fait entrer dans une de ses homélies, et qui a échappé à tous les écrivains ses contemporains et les suivants, excepté toutefois à notre grand évêque de Meaux, qui en parle dans son Histoire des variations. Ce trait regarde une espèce d'hérétiques manichéens qui troublaient alors le diocèse d'Agen. La peinture qu'en fait Raoul montre que c'était une branche de ceux qui avaient déjà paru à Toulouse, vers 1018| à Orléans en 1023, à Cambrai et à Liège deux ans après, et que de cette branche sortirent dans la suite ceux qui parurent à Soissons en lllil^, à Toulouse encore en 1118, dans le Périgord vers 1147, et formèrent enfin la secte des albigeois. Comme la doctrine de ces manicnéens d'Agen différait des autres en plusieurs

{>oints, quoiqu'elle fût la même pour le 6nd , on ne sera pas fâché d'en lire ici le détail, tel que Raoul nous Ta conservé. « Ils se vantent , mais faussement , dit-il , de mener la vie des apêtres, de ne mentir ni ne jurer jamais. Sous prétexte d'abstinence et de continence, ils condamnent l'usage de la chair et les noces, prétendant que c'est un aussi grand crime d'user du mariage, que de commettre un inceste avec sa propre mère, ou sa fille. Ils rejettent aussi 1 Ancien Testament avec une partie du Nouveau, dont ils ne retiennent que certaines choses. Et ce qu'il y a encore de plus criminel, ils reconnaissent deux créateurs : Dieu qui l'est des choses invisibles, et le diable des choses visibles. Sur ce principe, ils adorent

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en cachette le dial)]e» qu'ils regardent comme le créateur de leur corps. A fégard du sacrement de Tautel, ils prétendent que ce n'est purement que du pain. Ils nient le baptême avec la résurrection des corps, et soutiennent que personne ne peut être ! sauvé, s*il n*erabrasse leur secte. »

Un autre trait remarquable des homélies de Raoul» ou du OKiins qui se lit dans un de ses discours, c'est le caractère dominant de quelques nations qu'il a trouvé moyen d'y tracer et d'y peindre. Par exemple, il assigne aux Français l'orgueil comme leur vice propre, aux Romains l'avarice, et aux Poitevins la gloutonnerie et le babil.

Comme il ne nomme en particulier que les habitants de cette dernière province, c'est une preuve qu'il parlait devant eux et qu'il en était lui-même. On trouve ces deux recueils réunis et imprimés en deux volumes in-8*, dans la Bibliothèque des Pères de Paris en 1586, et de Cologne en 1604. Jean Robert et F. Fremin Capitis leur ont fait l'honneur d'une traduction française, S volumes in-8% Paris 1575.

Les homélies de Raoul Ardent nous serviront de thème à quelques réflexions générales qui trouvent ici leur place, autant et peut-être plus naturellement qu'ailleurs. Ce n'est point par les discours qui nous restent de ce temps-là que nous jugerons des succès de la prédication. Dénuées de chaleur et d*onction, réduites à de froides explications de textes mal choisis et mal interprétés, toutes ces homélies, et nous n'en exceptons pas une seule, n'offrent que des choses arides et dont la pesante mono^ tonie n'est rachetée par aucun détail. L'éloquence,à cette époque, ne présente pasd'autre caractère ; mais la prédication n'en avait pas moins ses miracles. Lorsqu'on 1064 des milliers de pèlerins armés partirent de l'Allemagne pour se rendre a Jérusalem, visiter les saints lieux, affectant d'étaler sur leurs personnes et dans leurs équipages une magniflcence qui leur devint si funeste, et qu'ils donnèrent le premier exemple de ces expéditions, tout à la fois militaires et chr(^tiennes, qui pouvait avoir imprimé aux esprits un mouvement aussi extraordinaire? Les mêmes causes qui agissaient sur eux étaient celles qui, à la voix de Pierre l'Ermite, précipitèrent l'Occident sur l'Orient; les mêmes qui entraînaient des Seuples entiers sur les pas de Foulques de euilly, d'Ëustache de Flay et de Raoul Ardent, lorsqu'ils prêchaient la croisade. Les succès qui signalèrent leur mission tiennent du prodige. Jamais Grégoire de Nazianze ou Chrysostome n'avaient obtenu de semblables triomphes. Ces faits extraordinaires ne prouvent rien. Les moyens qu'ils mettaient en œuvre sont toujours de produire leur effet sur la multitude, et ne supposent pas toujours l'éloquence. Le ton de persuasion, la véhémence du geste et de la voix, la facilité du peuple à se laisser prendre à des dehors imposants; mieux qo€ tout cela» le doigt de Dieu, qui sait,

quand il le ju^e à propos» choisir ses ; truments parmi ce qu'il y a de plus faj suffisent pour expliquer ces miracles, ht il n'y eut plus de conversions que dans siècles-lè, et jamais il n'y eut moins loquence. Les Pères dont les eiceili écrits ont fixé pour tous les siècles bornes de lart, ne furent ni des dédi teurs enthousiastes, ni de froids disse leurs. Le juste milieu entre l'un et Tâu

3ui constitue l'éloquence, resta incoi ans cette longue suite de siècles. Tous sermons qui nous restent de cette dé^ rable époque ne nous présentent que d sipides allégories, qu'une morale trini retombant dans un cercle monolooe divisions et de subdivisions arbilrain de lieux communs et d'allusions ii riles. ,

Autres icnrrs. — Le panégyristedelM Ardent assure qu'outre ses homélies il ni composé un autre ouvrage, divisé «ift torze livres et intitulé Spéculum Arità mais il ne nous dit [)oint quel sujet Fautt entreprenait d'y traiter. Divers autres 4l| vains, dans la suite, choisirent le iqI| titre pour annoncer quelques-uns de Id écrits, de sorte que sur la quantiié ili excessivement diOicile de discerner quel celui de notre auteur. Il lui attribue eni une histoire de son temps, ou plutôt, cû il l'explique presque immédiatement, ( guerre de Godefroi de Bouillon contre Sarrasins. Mais il ne dit point que ouvrage fût un de ceux dont Raoal mention, comme il le fait pour goe^ autres; et ce qu'il ajoute aussitôt fnû une difficulté qui denaande quel(|a' cissement. On dit que cette gnm celle dont fut Guillaume, comte deMv Or ce prince n'alla à la croisade, co nous lavons dit, qu'en 1101, et par eu quent après la mort de Godefroi de fiomll De sorte que l'histoire qu*écri?il Bi Ardent roulait sur les exploits milili des Chrétiens contre les Turcs, du lei où le comte Guillaume faisait partie cette expédition, elle ne contenait que événements arrivés en 1101, et ne pou être qu'un commencement d'histoire qu'on suppose que l'auteur ne vécut au delà de cette même année. Si au traire elle comprenait ce qui se pàssèi croisade, sous Godefroi de Bouillon, serait un ouvrage préférable k ceuideTi debad, de Raymond d'Agiles, de Foucben de tant d'autres, au moins pour le stv« car, sans s'élever sous ce rapport au -dessi de son siècle, Raoul écrivait mieui q^ ces autres historiens. EnGn on lui attriM encore un Recueil de lettres, divisé fl deux livres ; mais rien ne justifie cej supposition. Si elle était vraie, la perH ce recueil serait vraiment regreilabie. cause des traits d'histoire que Ton y pow rait découvrir. . ,,

RAOUL , ou RODOLPHE , moiuc de »

Chaise-Dieu, en Auvergne, nesteoDflMl par la Fie de saint Àdelelm, d'al)ord al)Wl

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DE PATROLOGIC.

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nKinastère, puis prieur de Saint-Jean de ;o5 en Espagne, où il finit ses jours en T. Il n'est guère de monument plus auitiqae que celui-ci, puisqu'il fut écritdans leu noème où le saint avait passé la plus liJe partie de sa vie, et, tout au plus, sii iprès sa mort. L'auteur s'y est borné aux Sies actions du saint qu'il raconte avec !td ordre que de simplicité et de can- Il paraît, du reste, par le style de son . qu'il en avait été le témoin oculaire, [D'il avait passé quelque temps sous la Iptine du saint abl>é, lorsqu'il gouver-

I le monastère de la Cbaise-Dieu. Aussi blie-t-il jamais de l'appeler son père, et

II mettre au nombre de ceux qui éproubl la peine la plus sentie, lorsqu ils le bi abdiquer sa dignité d'abbé, pour se feer en Espagne. De tous les miracles que Il opéra par l'entremise du saint homme, fttti ne rapporte que ceux oui se firent, de lt\mietàsa mort. Il na point cheréhojpliGer sa matière par des épisodes, V lieux communs et autres ornements ift^'prs; au contraire il déclare expressé* fj que s il avait voulu détailler tous les pics et toutes les vertus du saint abbé, ■ aurait formé un écrit très-volumineux, fc qu ii avait mieux aimé abréger et ne me que le fouJ même de son nistoire, voe pas tomber dans des longueurs. A l^oianière succincte de rapporter les ^> il a su joindre un ton de piété et de psiie, qui donne un nouveau relief <è WriTail. 11 se trouve dans le Martyrologe ^ol de Jean Tamayo de Saiazar, d'où • Mabillon Ta tirée pour la faire entrer ^M Collection des Actes des saintSf après 2)V^Dnchie de notes ei d'observations ■wniiuires.

•IAOCLde Cabn^ ainsi nommé du lieu de [«'«ince en Normandie, fit ses études f t«Ue ville sous le célèbre Arnoul, qui i< plus tard patriarche de Jérusalem.

I beaucoup de part à l'amitié de ce ^^t s'en fit dans la suite un illustre i^ieur. Le mérite du seul ouvrage qui " fesle de lui fait juger qu'il fit dans les «auiant de progrès gue l'on en pouvait alors. On s'aperçoit sans peine qu'il ^-au les auteurs des bons siècles et f^ui les poètes anciens. On découvre |i uansle choix des choses qu'il rapporte, ' 1 ordre cju'il leur donne, et dans les i«s réflexions qu'il y joint un écrivain J^ail du jugement, et d autres connais- ^*5que celles des belles lettres. Vers 1107, ■Jjiifc il avait environ vin^t-cinq ans, Raoul "'« paru d'aller è la croisade, ouverte dès ^î mais on ne voit pas bien clairement ^m en qualité de clerc ou de simple ^J«. On est plus porté à s'arrêter è cette "iière supposition, quand on le voit par- ^ ^^ 1 ariiuiiiiaire, comme s'il l'avait pro- '''- Dès son arrivée en Syrie, il choisit de wcnce Tarmée de Boëmond et de Tan- 'g pour y servir, parce qu'étant normand «etiionnaii particulièrement ces géné- ^i qui descendaient des princes de sa

nation. Raoul s'attacha à Tun et h l'autre* mais surtout à Tancrède qui, de son côté, parait lui avoir accordé une grande confiance et une grande considération. On ne sait rien des autres aventures de cet historien soldat, ni de l'époque de sa mort; toutefois on a des raisons de penser qu'il ne vécut pas au delà de l'année 1115, et par conséquent qu'il mourut jeune.

On ne possède de Raoul que son Histoire de la première croisade que nous nous permettons de désigner sous ce titre, parce que l'auteur y touche tous les principaux événements de cette première guerre qui se fit en Orient contre les ennemis du nom chrétien; mais son dessein principal est d'y faire connaître particulièrement les grands exploits par lesquels Tancrède, issu des princes normands qui avaient conquis la Calabre, la Fouille et la Sicile, et l'un des chefs de cette première croisade , y signala sa sagesse, sa politique, sa valeur et sa bravoure. C'est pourquoi l'ouvrage est intitulé : Les Gestes de Tancrède à Vexpédition de Je* rusalem. Raoul forma le dessein d'entreprendre cette histoire, dès qu'il eut joint Varmée chrétienne en Syrie; voici à quelle occasion. Comme Boëmond et Tancrède lui témoijçnaient beaucoup de bonté et l'admettaient volontiers en leur compagnie, il leur entendait raconter tous les jours les grands événements déjà arrivés à la croisade et se plaindre en même temps qu'il n'y eût personne qui se mit en peine d*en conserver le souvenir à la.poslérité. « £t en laissant échapper ces plaintes, dit Raoul, ils se tournaient vers moi de temps en temps comme pour me faire sentir qu'elles me regardaient personnellement. i> Il le comprit fort bien et prit dès lors la résolution de se prêter à leur désir.

11 commence son histoire par l'éloge de son héros, qu*il fait suivre de celui de Boëmond, sous lequel il commandait en second comme un général sous un roi. Après avoir décrit leur route jusqu'aux portes de Constantinople , et les marques de courage et de valeur qui signalèrent en particulier la marche de Tancrède, il raconte la manière habile dont ils surent déjouer les ruses et la mauvaise volonté de 1 empereur Alexis, dont tous les artifices ne servirent qu*à faire éclater davantage la sagesse et la grandeur d'âme de Tancrède. De ces faits particuliers il passe au récit général des grandes actions des croisés, en commençant par la prise de Nicée, comme presque tous les autres historiens de cette guerre, mais sans perdre do vue son objet principal, qui est de faire connaître et dé relever les actions de son .héros. Lorsqu'il en vient au concile de Nicée, où tous les chefs des croisés se trouvaient réunis, il entreprend de les caractériser l'un après l'autre, ce à quoi il a assez bien réussi. Quoique Normand d'origine, il ne pallie pas les défauts du duc Robert son souverain, qui se trouvait du nombre de ces chefs. Sur ce plan, Raoul continue la suite de cette histoire jusqu'au siéga d'A-

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pâmée, en 1105, époque où finit son récit. Il est indubitable que s*il n*eût été prévenu

f>ar la mort, il n*en serait pas demeuré là. i faut se souvenir qu*il écrivait après 1112 et avant 1118. Son néros avait encore vécu sept ans après TépoQue où il finit son histoire, et s'était signalé, cette année-là même et dans celles qui suivirent, par des prodiges de valeur, rapportés par les autres historiens du temps. Raoul, qui s'était proposé pour but de faire passer à la postérité les gestes de ce grand capitaine, ne parlant ni de sa mort ni des hauts faits qu'il accomplit dans les sept années qui la précédèrent, c'est une preuve péremploire qu'il en fut empêché par une cause insurmontable. Or, nous n'en apercevons pas d'autres que la mort. Mous ne pensons pas que l'on soit admis à dire qu'il aura continué son histoire et que la suite en est perdue. Le mot4f qui nous fait rejeter cette supposition, c'est que le manuscrit qui contient ce que nous en avons paraît porter tous les caractères de l'œuvre originale de Raoul, el finit néanmoins à l'époque que nous avons marquée.

Ce qu'il rapporte dans son récit, il ne l'avait pas vu par lui-même, puisqu'il ne

f>assa en S^rie que vers Tan 1107; mais il 'avait appris de témoins oculaires et dignes de foi, et particulièrement de Raoul et de Tancrède, dans l'intimité desquels il avait été admis. D'ailleurs, en parcc^rant en personne le pays (][ui avait servi de théâtre à la guerre, il s était mis au fait de la situation des villes, des places et autres points importants du territoire, pour pouvoir en parler avec connaissance. Ce qui nous reste de son écrit doit donc être regardé c^mme un morceau d'histoire fort authentique. On j trouve même plusieurs faits et plusieurs circonstances intéressantes qui ne se lisent pas dans les autres historiens de la même expédition. Telles sont, entre autres, les différends entre Tancrède et Baudouin d'abord, et ensuite avec Raimond comte de saint Giles ; l'origine, le sujet et les conséquences de ces brouilleries. Tels; sont encore les détails du siège et de la prise de Tarse en Gilicie. Il faut encore mettre de ce nombre l'aventure de Boëmond, prince d'Antioche, que nous avons rapportée ailleurs, comme n'ayant été écrite que par l'historien anonyme de la même guerre, dont Mabillon a publié le récit. Mais, comme cet écrivain est postérieur à Raoul de Caen« il n'y a pas lieu de douter qu'il ne lui ait emprunté ces détails ainsi que beaucoup d'autres.

Quoique Raoul, comme nous l'avons dit, se soit principalement occupé de relever le mérite de Tancrède, cependant il ne laisse pas de rendre justice à l'habileté et à la bravoure des autres généraux de la croisade. On ne peut par conséquent l'accuser de partialité, ce qui est un erand mérite dans un historien. Il donne les cnoses pour ce qu'elles sont el parle habituellement avec connaissance de cause. Ses descriptions sont vives, agréables, mais quelquefois trop abrégées.

Il a cru devoir charger son écritde plosiem harangues, trop longues pour être vraise% blables, et comme presque tous les hisHi riens, il s'est mis à la place de l'oraict qu'il fait parler. On a vu, à l'arlicle de Hiw mond d'Agiles, que cet écrivain fait tooi ses efforts pour justifier ladécouverledeli sainte lance et la donner comme un évéo» ment authentique et incontestable; R^ au contraire traite cette découverte de sih percherie etd*imposture. Sans nous mm en faux contre ce démenti , nous im

Kermettrons de remarquer cependant quo aimond déclare avoir vu par lui-méai Tévénemcnt qu'il rapporte. Un autre tnii remarquable ae l'écrit de Raoul c'est la description qu'il fait des mœurs des Proreoçaux, et des manœuvres qu'ils emplojiiegl dans le dénûmenl où se trouvait hmk, pour se procurer des vivres. Quoiquetefto page ne soit rien moins qu'à leur iMiuieBr, elle mérite d'être lue.

Le style de Raoul est plein de gèo^ifi fectation et nullement naturel, mais pis latin cependant que celui des autres bisi»' riens de la même époque. Il semble avoli voulu imiter la concision et le laconisme di Tacite, ce qui le rend souvent obscur.

reste, il se ressent plus de la poésie qoe la prose. Aussi l'auteur avait*il un f

t' articulier pour la versification, qui fo peu près la cinquième partie de' son vrage; et l'on peut dire que les tirades M vers qu'il y a intercalées de temps en letDff sont fort au-dessus de sa prose. En eifetr oi y trouve du feu, de l'élévation, de l'éaojit et, sans trop d'iqjustice ils peuveoliDéiiBr à leur auteur la qualification de \xÂ\t fl n'y manque qu'un peu plusde<toctv, d'harmonie et d'exactitude dans la Deswi des syllabes, pour en faire souvent deM beaux vers. L'Histoire de Raoul, pubilil-^ pour la première fois par dom ÛarliV; dans le tome III de ses Amcdotes^ a rep» depuis dans la grande Collection de ilon" tori. M. Gttizot Ta reproduite dans sa Coller tion de mémoires relatifs à rHiatoireda France, sous le titre de : Faits e/ jei/«* prince de Tancrède pendant rexpéditm * Jérusalem.

RAOUL, issu d'une famille illustre de Normandie, prit l'habit monastique datf l'abbaye de Saint-Martin de Séez, en m Dix ans après, à la mort de 1 abbé Roiiert. il fut élu pour lui succéder. Inquiète pff Robert de Bellëme, il passa en Aoglelerre pour se mettre à couvert des vexations de ce seigneur, et fut bien reçu par le wi benri. Son mérite ne tarda pas à le fair« connaître, et le siège de Rocbester m ' venu à vaquer par la mort de Gondulph*» Raoul fût regardé par saint Anselme coiuiu l'homme le plus capable de le remptiT' u reçut l'ordination des mains de ce preiai» et six ans après il lui succédait sur le premier siège d'Angleterre, élu P^^^W, , .i nanimitô par une assemblée de préljjs e de seigneurs réunis dans l'église Q«^^^°^; sor. Le roi, qui d'abord était porlé f^

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l'âbbé Fariee, ngréa Télectioii, et elle fut

eéralement applaudie. La conduite de al justifia pletnement la t)ODne opinion |i'on avait conçue de lui. Il remplit digne- Wtni k siège de Cantorbéry et mit un grand é\c à en soutenir les droits, surtout contre Fur^tan ou Tnrstin, archevêque d'York, pi, (tendant tout le temps de Tépiscopat leBaoul, aima mieux renoncer à son élec* tion qoe de lui rendre robéissanee qu*il ^i^eait. Après aroir gouverné l'Eglise de !Ifntort)érj pendant huit ans et six mois, liMul mourut le 20 octobre 1122.

•Nous ne connaissons d'autres écrits de litml que quelques lettres , dont la plus jMsidérable et la plus intéressante est celle [■*ii écrivit an Pa{>e Calixte, pour se plainire de l'injure faite à sa personne et à Iflise de Cantork)éry, dans Tordination de ^hevèque d'York. Voici ce qui avait Offiiélieu à ces plaintes r Turstin, élu arkevéque dTork y avait refusé de recevoir '«niiiidtion des mains de Raoul, conformémt aux droits et privilèges de l'église ihaliaiedeCantorbéry. Il était allé trouver f hfie Calixte à Reims, où il avait assemilé un concile et s*était fait ordonner par f Pontife, après avoir mis les Romains kis ses intérêts, en employant le moven M réussit toujours dans ces sortes d afpres. Ce n'est (>as ici le lieu de rap{)orter Itte histoire, quoique le ressouvenir ait ittupé Raoul pendant tout le reste de son ^Kopat; nous remarquerons seulement fn lari'bevèque de Cantorbéry avait d'aunit plus de sujet de se plaindre de Tordi- •iion de Tursiin, que le Pape avait été Hhïoié de son ditTérend avec l'archevêque iTork, (lar uo intermédiaire que le roi fAii^Icterre avait député lui-même pour ttvuimander au Pape de ne point ordon* ar ei de ne point permettre que Turstin Il ordonné par aucun autre prélat que par ^evéque de Cantorbéry ./furstin, lui- Mne, u avait obtenu du roi la permission blicr au concile indiqué À Reims, en 1119, |M sttr la promesse solennelle de ne rien ■re auprès du Pape qui pût porter atteinte m privilèges de J*£glise de Cantorbéry et i^njr point recevoir l'ordination. Mais, ^qu'il fui arrivé à Reims, oil Raoul ne M>t M rendre, tant pour cause d'infirmité fie |ioar d'autres motifs, il oublia ses pro« >K^6es et se fit ordonner. Tel est, en abrégé, J^<>ije( de la lettre que Raoul écrivit au npe, (iaos une circonstance où il s'agissait <o droits de son Eglise et de la suprématie fi'^lle lui donnait sur les autres évéques ^nijfaame. Ou voit qu*au besoin il savait 1^ détendre.

Au reiour d'un voyage qu'il fit à Rome, Muul s'arrêta en Normandie, d'où il écrivit ^ leure è tes très -chers frères et fils, ^i prieurs et autres serviteurs de Dieu, fu (composaient le clergé de l'Eglise de ^uturbéry. Il leur témoigne un grand désir ^ >^4 revoir après une si longue absence, f< fait réloge d Edmère, qui fut le porteur ^( tcue lettre. Il était revenu en An^le-

DicnoHN. HE Pitrolooib. IV.

terre lorsque Alexandre,!*' le pria, par uui) lettre, de lui envoyer un religieux nommé Edmère, afin qu*il pût le mettre sur le siège de l'Eglise de Saint-André, qui vaquait de-

Euis longtemps. L'arcbevéque de Cantorér^ reçut avec joie celle proposition, et écrivit a Henri, roi d'Angleterre, pour lui demander son agrément. Dès qu'il reut obtenu, il envoya Edmère en Ecosse et le chargea, pour Alexandre, d'une lettre dans laquelle il lui témoisne que, encore que ce soit lui arracher l'œiï et la main droite que de lui enlever Edmère, il se rend néanmoins à ses justes désirs, pour ne pas résister à la volonté de Dieu. Les belles qualités d'Edmère et Tempressement avec lequel le roi d'Ecosse l'avait demandé, faisaient espérer

Îue cette affaire aurait un heureux succès, e contraire arriva cependant, et Edmère fut obligé de revenir à Cantorbéry, ce qui engagea Raoul à écrire au roi d'Ecosse deux lettres sur ce sujet. C'est là tout ce que nous connaissons de sa correspon* dance.

Balœus lui attribue quelques Eométiès.

C'est en quelque sorte à Raoul que nous devons la rte de saint Anselme de Cantor^ bérf^ puisque ce fut par son ordre que le moine Edmère entreprit de l'écrire. Nous ne devons pas oublier que, du temps de ce prélat, les lettres étaient très -florissantes dans le monastère du Christ, qui n'était autre que la cathédrale de Cantorbéry. Les beaux manuscrits de ce temps en sont la preuve. Parmi ces manuscrits, il y en a un remarquable en lettres d'or et d'argent : Litteris aureis atque argenteis ac passitn mi' niatis^ écrit par un savant moine du Christ nommé Eduin. Ce qui est contenu dans ce manuscrit et l'ordre qui y est gardé dénotent, au jugement de Mabillon, non-seulement un habile écrivain, mais encore un homme versé dans l'Ecriture sainte. On y voit surtout un Psautier en trois colonnes, avec des préfaces, des commentaires et des prières jointes à chaque psaume. Dans la première colonne est placé ce qu'on apnelle le psautier gallican ; dans la seconde, le romain avec la version interlinéaire normandesaxonne; dans la troisième, l'hébraïque, avec la version normande-française. Hiquès a donné des échantillons de tous ces psautiers dans son Trésor des langues septen^ trionales.

RAOUL, abbé de Vaucelle, diocèse de Cambrai. On le croit né à Merston, en Angleterre. Le vicomte de Cambrai, Huuues d'Oisy, ayant fondé un monastère À Vaucelle, près de Crèvecœur, sur l'Escaut, demanda des religieux à saint Bernard. L'illustre abbé de Clairvaux vint lui-même les conduire au nouveau monastère et v donna è Raoul les pouvoirs d'abbé (1*' août Ji3£).

Celui-ci se montra digne du choix qu'on avait fait de lui. Honoré des grands pour ses vertus, il était chéri de ses religieux,

Su 'il instruisait plus encore par la sainteté e ses exemples que par ses discours. On dit que, dans une année de disette, il nour-

RAT

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oAle, le peuple répondit , à haute voix : Am$n,

Quoique l'Eucharistie n*ait ni la couleur, ni le goût de la chair » quand on ne doute pas qu'elle contient le corps de Jésus-Christ» on le goûte et on le savoure spirituellement par la vertu de la foi ; il était même convenable que cela fût ainsi, pour enlever aux païens tout prétexte de nous reprocher de manger la chair d'un homme mort et de boire son sang. D'ailleurs, si la chair de Jésus Christ paraissait aux yeux du corps dans ce sacrement, ce serait bien un miracle, m^is ce ne serait pas un mystère, puisqu'il ny aurait plus moyen pour la foi de mériter. Ce n'est pas que Jésus-Christ n'ait pris quelquefois une forme visible dans TEucharistie. On en trouve divers exemples dans la vie des saints; mais ces exemples ont été donnés, ou |H)ur éclairer ceux qui doutaient de la réalité, ou pour fortifier ceux qui n'avaient qu'une foi chancelante, ou pour témoigner sa bonté h ceux qui étaient possédés de son amour. Parmi les exemples rapportés par Paschase, nous nous arrêterons a celui d'un prêtre, nommé Pléespis» qui célébrait souvent la messe au tombeau de saint Ninias, évêque et confesseur. C'était un homme d'une erande piété et d'une sainte vie : dans l'ardeur de sa prière, il demandait souvent à Dûeu, et même avec larmes, de lui faire voir la nature du corps de Jésus- Christ et de son sang, cachée êoms la forvM du pain et du vin. l\ alla plus loin, et il demanda à la voir et è toucher Jésus-Christ, sous la Qgure d'un enl«tut, tel qu'il était entre les bras de sa mère. Ce n'était point

3u'il doutât de la (>réscnce de JésAis-CItt'ist ans r£ucbaristie ; mais son amour pour lui faisait souliaiter de i« voir de sqs j&iai et de le toucher. Sa ymère fut exaucée; e(, pendant qu'il célébrait la messe, il vit sur l'autel Jésus-Christ, dans la même forme qu'il avait, lorsque le vieillard Siméon le tenait entre ses bras. Pléegils, tout saisi de crainte, le prit, le baisa respectueusement; puis, après l'avoir remis sur l'autel, le pria de refu-endre sa première forme, ce gui arriva. Blondel a prétendu que le cliapitre où Paschase rapporte ce fait , n'est pointde lui ; mais il se trouve joint aux précédents dans des manuscrits i^resque aussi anciens que l'auteur.

Comme lofsqu*on nous plonge par trois fois dans l'eau , au nom du Père , du Fils , et du Saint-Esprit, personne ne doute que nous ne soyons ba|)tisés , non par la vertu et la puissanccdeceluiqui prononce ces paroles, mais par la vertu de Jésus-€hrist qui a ordonné de baptiser ainsi ; on ne peut douter non plus (|ue le sacrement de r£ucharJstie ne soit consacré, non par les mérites ni par les paroles d'un homme, mais pai- l'ordre de Dieu, c'est-à-dir? par les paroles qu'il a ordonnées. Toutes les autres que le prêtre réciteou que le chœur dianle, ne sont que des louantes, des actions de grâces ou des prières, mais les paroles de Jésus-Christ suni également divines et effi-

caces, et ne produisent «rautres effets que celui qu'elles commandent. Avant de les

êrononcer le prêtre récite d'abord celles dei vangiles qui commencent ainsi : La xtSU de sa Passion^ Jésus prit du pain, h Wml, le rompit et le donna à ses disciples: puis il y ajoute aussitôt ces paroles émanéesde Dieft même, pleines de vertu et d'efficacité : Pr^ nex et mangez^en totis^ car ceci est mon rm^ {Matth. XXVI, 26) ; et afm que l'on ne am pas que cela ne regardait que le seul pin

Îu'il tenait alors entre ses mains, il ajoute: aitesceci en mémoire de moi. {Luc. xxii, IS») D'où il suit que toutes les fois que cela st pratique selon le rite catholiaue, ces paroles, ceci est mon corps^ ont veritablemail leur effet;qu^)ique le prêtre bénisse, c'eM Je* sus- qui bénit, sans quoi il n'y aurait^

bénédiction, ni sainteté. L^ paroles dali, consécration du calice sont celles-ci : Ci le calice de mon eang (/frtd., 20), du saag la nouvelle alliance. Par leur vertu, ce <[ était vin et eau auparavant, est fait sans, même sang que Jésus-Christ donna à f disciples. Cette parole, c'est le calice dem sang a encore aujourd'hui sa force; r>t pourq^uoi ne doutez point toutes les fois^ vous ouvea ce calice, ou que vous man^ ce pain, que ee ne soit le même sang tnC a été ré()andu pour vous et |>our tous lei hommes en rémission des péchés , et que ci ne soit la même chair qui a été livrée fl| attachée à la croix. Comme ce sans fut r4^

Candu pour la rémission des péchés, ou It oit encore aujourd'hui pour le pardoudcf fautes que Ton commet chaque jour.

Paschase prouve par le témoignage iê saint Paul, que, quoique le pain soitcfaaoji ad corps de Jésus-Christ, Oîi peut néas* moins lui donner, même après ce change ment, le nom de pain, parce qa*en effet, il est le Pain vivant qui est descendu d» rîA {Joan. VI, 41.) Il prouve encore que, dans il distribution de I Eucharistie, celui qui re* çoit une hostie plus grosse, ne reçoit pis plus que celui auquel on en distribue nnt plus petite, parce qu'ils reçoivent l'on et l'autre le même mystère, qui ne s'app^éc3^ point par la quantité visible de l'espèce son^ laquelle on la reçoit, mais nar la vertu qu'il contient; ce qui n'empêcne (>as qu'où ne puisse dire que, plus on a de foi et d'amour, plus on retire d'avantages spirituels. l'fQ est de la communion, comme de la fflanne du désert, fi^re de l'Eucharistie. Ceux qui en recueillaient beaucoup ne se trouraieoi pas plus riches que ceux qui en recueillaient moins. H dit que la rais n qu'oui Jé>u?- Christ d'instituer rEucharisUe avant sa f»a.*sion fut de faire succéder immédiatemmi la vérité à la Ti^ure, c'est-à-dire la Htjui' nouvelle à l'ancienne ; que si le prêtre rotur* une partie de l'hostie et la défiose dem^ ^^ calice, c'est pour réunir la chair avee le sang, parce que la chairnc se donne pas sans le sang, ni le san^ sans la chair. L'iiomo^et qtii est composé do deux substance», a vl^ radiRté tout entier; il doit donc être ni>orn de la chair et du sang du Sauveur, \<^^^

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M. PATROLOGIE

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(re entièrement vivifié. C*est pourquoi le Aoreuf dît : Celui ^ut mange ma chair et pu mon $ang a la vie éiemelle» {Ibid.^ 55.) Les apôtres n*ëtaient pas à jeun lorsguMls pçareal rSacharislio , parce qu*il était népssaire que la pâque figurative prit fin, TSDt que Ton commençât la nouvelle. Mais Djr>uni*bui Tusaçe général de TE^Iise est De Ton communie à feun; c*est ainsi que } Saint-Esprit nous la déclaré par la l)Oube des apôtres, afin que, par honneur pour fl M grand mrstère, nous recevions le »rps et le sang'de Jésus-Christ avant tout Dtre aliment. Paschase réfute, en passant, n livre apocryphe, qui défendait cfe prenre aucune nourriture avant que les espèpi sacramentelles fussent digérées , de lur qu*en se mêlant avec les aliments or- Mires, elles ne subissent leurs condiîDQs. Il traite cette opinion de frivole, et Il que l'on ne doit avoir sur ce mystère

Pe des pensées élevées, ptiisque lo corps le sang de Jésus*Christ , quand nous le tceTûDs comme nous le devons, nous élè* ent anniessus de la chair et nous reniBl spirituels. Il réfuie aussi Thérésie des lilléDaires. qui abusaient de ces paroles du èuicur : Je vous dis que je ne boirai ]^lus k (î fruH de la vigne jusqu'au iour ou je $ hirai nouveau avec vous dans le royaume k mon Pire. [Matlh. îxvi, 29.) Ratberl ftonire qu*il ne s'agit pas là d'un royaume le mille ans, mais du règne de Jésus-Christ or les fidèles, qui sont son corps et dont I »'5t le chef. Il boit avec eux de ce vin nou- J^'ao* qoaud ils participent au mystère de «n corps et de son sang. On n'employait iQim d'autro vase à la consc^crntion du sanç Je Jésus-Christ, parce que c'est le vase qui tti nommé dans l'Ecriture toutes les fuis

fil est question dû sang du Sauveur ou

sa Passion.

La fin du traité de Paschase est employée k marquer dans quelles dispositions de

Firelé et d'innoceDce on doit s'approcher de Eucharistie, et aussi avec quels sentiments «ledouleur et de repentir des péchés passés, ^n y a joint quelques formules de prières, ^ui peuvent servir de préparation h la c<^- UbrniioD et à la réception des saints myslércs.

Ititu à Frédugard. — Dans la plupart des Mitions, onaimprimé à la suite de ce traité il lettre de Fauteur à Frédugard sur le ^im sujet. C'est ainsi qu'elle se trouve tlasséedans l'édition du P. Sirmond, qui 0005 sert de guide. Ce religieux, qui appar- Uoaitau monastère de la nouvelle Corbie, insulta saint Paschase sur plusieurs difficultés, entre autres, si l'on devait dire que licbair que nous recevons dans l'Euchari^tie est la même qui est née de la Vierge ^^uiaété attachée è la croii, et si c'est le B^me sang qui a été répandu pour nous, îréiiugard, qui connaissait le sentiment de hjcbase, parce qu'il avait lu son Traité du <«rpi f{ (fil ^gng ifu Seigneur, l'avait pensé **i^M; niais sachant que plusieurs profes- ^^leûides opinions contraires, il lui vint

des doutes qu'il crut d'autant mieux fondés

2u'il avait lu depuis, dans le livre iir de la doctrine chrétienne de saint Augustin, que les paroles de Jésus-Christ : Ceci est mon corps et ceci est mon sang, sont des expressions figurées et une image plutôt qu'une vérité. Ce Père semblait dire encore que ce serait une chose horrible de croire

3ue l'on mange le même corps oui est né e la Vierge, et que Ton boit le même sanjj qui a été répandu sur la croix. Paschase, qui n'avait pas les livres nécessaires pour résoudre toutes les difficultés proposées par Frédugard, se contenta de répondre à celleci. 11 se donne dans sa lettre le titre de vieillard, et cite un passage du xir livre de son Commentaire sur saint Matthieu,

Loin de rétracter rien de ce qu'il avait dit dans son traité du corps et du sang du Seigneur, il soutient que c'est la doctrine de PEglise et du monde entier, et que l'on ne peut, sans faire violence au texte de l'Ecriture, l'entendre autrement. Lorsque Jésus dit: Ceci est mon corps, il ne parle point indéfiniment d'un corps quelconque, mais de celui qui devait être livré, comme il le dit ensuite, ni d'un autre sang qu*il devait ré) andre pour la rémission des j.échés. Si ce sacrement contenait un autre corps et un autre sang que le sien, comment pourrait-il remettre les péchés et donner la vie éternelle? Jésus-Christ a dit lui-même: Celui qui ne mange point cette chair et qui ne boit point ce sang n'a pas en lui la vie éternelle. Ce sacrement a donc en soi de quoi donner la vie éternelle à ceux qui le reçoivent dignement, et cette vie n'est autre que la chair du Dieu vivant. Paschase répond aux passages de saint Augustin que l'on peut dire en un sens que les paroles du Sauveur : ceci e^^ mon corp«, sont une expression figurée, parce qu'en etfet TEucharistioest réalité et figure tout ensemble. C'est ainsi que l'Apôtre appelle le Fils de Dieu le caractère et la figure du Pire (/ Cor. XI, 7), quoiqu'il soit véritablement Dieu. Si saint Augustin dit qu'il serait horrible de croire que Ton mange le même corpsqui est né de la Viergo, cela ne doit s'entendre que dans le sens des caphamaïtes, qui s'imaginaient que l'on devait le dévorer avec les dents, à la manière des autres viandes. Au reste il est impossible de croire que ce Père ait sur l'Eucharistie deux sentiments contraires. Or, dans un de ses discours aux néophytes, il dit expressément : « Recevez dans ce pain ce qui a été attaché à la croix, et dans ce calice, ce qui est sorti de son côté. » Je ne crois pas qu'il y ait eu autre chose sur la croix que la chair, ni qu'il soit sorti autre chose du côté de Jésus-Christ que son sang. C'est donc là ce que reçoivent les' fidèles, c*est-à-dire la chair et le sang du' Sauveur. 11 rapporte encore d'autres passa-i ges de saint Augustin, et en i^oute de saiuV Cyrille, de saint Ambroise et d'Eusèbe d Eraèse, qui enseignent clairement que la chair de Jésus-Christ dans le sacrement de l'Eucharistie est la même qui est née de lei

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ViergtR, et gai a été attachée à la croix. «'Relisez, ajoute-i-iU en parlant h Frédugard, le livre que j*ai fait sur cette matière ; car, encore qne je Taie corn posé pour des enfants, j'apprends néanmoins que j*ai communiqué à plusieurs personnes l'intelligence de ce mystère et que je leur ai fait concevoir des pensées dignes de Jésus- Christ. »

Paschase joignit k sa réponse un passage de son commentaire sur saint Matthieu, où il enseigne que, suivant la traditon des apôtres, nous n'avons pas aujourd'hui une autre cène que celle quils mangèrent, et que le corps qui a été une fois immolé Test encore tous les jours. II y joint aussi quelques passages de saint Ambroise, de saint Augustin, de saint Hilaire, de saint Léon, et un du concile d'Ephèse; puis, répondant à Tobjection de ceux qui, pour combattre son sentiment, disaient qu'il n'y a point de corps qui ne soit palpable et visible, il montre qu'ils ne disputaient contre la foi aue parce qu'ils n'en avaient point eux-mêmes, ou parce qu'ils ne savaient pas que la foi, selon l'Apôtre, a pour objet, non les choses visibles, mais les invisibles {Hebr. xi, i); et que c'est précisément parce que la chair du Sauveur n'est pas visible dans l'Eucharistie qu'on lui donne le nom de mystère et de sacrement. Pour se convaincre qu'en disant que l'Eucharistie contient la même chair qui est née de la Vierge, il a pensé là-dessus ce qu'en pense toute l'Eglise : il suffit de se rappeler ce qui se passe dans la liiur-

Sie, où, après que le prêtre a demandé à ^ieu que le pain et le vin deviennent le corps de Jésus-Christ, le peuple répond d'une voix unanime : Ainsi soit-il. C'est ainsi que l'Eglise prie chez toutes les nations et dans toutes les langues ; et elle confesse ce qu'elle demande. « N est-ce donc pas un crime horrible, continue Paschase, que d'assister aux prières qui se font dans la célébration des mystères et de ne pas croire ce qui est attesté par la Vérité même, et ce que TEglise universelle regarde comme véritable. Ceux qui pensaient contrairement à cette doctrine de 1 Eglise se tenaient cachés; auiun n'avait encore osé produire publiquement son opinion. Paschase insiste sur ces | aroles de Jésus-Christ : J'at souhaité avec ardeur de manger cette pâque avec voim,{Luc. xxit, J5.) Il y avait dans la même cène l'agneau typique ou figuratif, mais, avec la tiguro, la vérité s'y trouvait aussi. C'était le temps de passer de l'ombre k la réalité. Voilà ce qui enflammait le désir du Sauveur. Il s'était fait homme afin que nous fussions un avec lui; mais jusqu'à ce jour de la pâque il ne s'était point mêlé avec nous par sa chair et par son sang, afin que devenus ses membres nous ne fussions plus qu'un même corps avec lui. » Paschase en finissant conseille à Frédugard de ne conserver aucun doute sur le mptère de l'Eucharistie. Encore que Jésus-Christ soit au ciel, à la droite du Père, il veut bien aussi résider dans ce sacrement et être immolé chaque jour par les mains

du prêtre. S*il ne meurt pas, parce qac la mort n'a plus d'empire sur Iui^oq neTea reçoit pas moins dans ce sacrement 11 faui donc veiller soigneusement à ce qa'aac%iii chrétien ne sorte de cette vie sans f iatiqn^ c'est-à-dire sans la communication sacra* mentelle du corps et du sang de Jési»- Christ.

Vie de saint Adélhard. — La Vie de Adélhard est un des premiers ouvrages ^ Paschase et un monument de sa reconnaissance envers cet illustre abbé deCorhie»â qui il était redevable de TéducatioD qu^ avait reçue dans ce monastère. Il récrivit peu de temps après la mort du saint arrivft Ae 2 janvier 826. Personne n'était plus et. i^tat de réussir à bien écrire cette Vie qm 'Paschase, qui à sa qualité de disciple^ saint réunissait un talent réel. Ce dessc lui oQrait une riche matière; il s'agissaiti faire connaître un grand saint et un minvA habile; mais il a sacrifié le ministre ao i ' et s'est appliqué particulièrement à ressortir ses vertus chrétiennes. Cependi il n'a pas laissé d'insérer dans son trav plusieurs traits historiques qui le rend< intéressant pour Thistoire de nos prtmh rois de la seconde race.

Cet ouvrage, plein de sentiments pieux de douce onction, est écrit d*un style noi ' imagé, pathétique, qui lui donne un d'oraison funèbre. ^

Vie de Wala. — Il y a tant de confonris entre la vie de Wala et celle de saint A<lë lard son frère, '(qu'on doit les croire sortie de la même main. On y remarque le ml génie, les mêmes expressions, les œéi tournures de phrases. Dans l'une et ûèiâ l'autre le mot épitaphe est synonyme de viS L'éducation des deux frères dans le paiiîc de Charlemagne est rapportée à p«ru prè^" dans les mêmes termes. Cette vi.e est divisât en deux livres, dont le premier contiest' l'histoire de Wala depuis sa naissance jus« qu'à la déposition de Louis le Débonnaire; le second commence à cet événement ettioil à la mort do Wala en 836. Paschase s'atUcte' principalement à justifier cet abt>é de la (tari qu'on l'accusait d avoir prise dans les trou* liles de cette époque. Le personnage quV vait joué Wala dans FEtat et dans VE^^lsi en qualité de cousin germain de Cbarlema^ne, de conseiller de Louis le DéboD* naire, de gouverneur du prince Lolhaire son fils, et enfin d'abbé de Corbie, offrait une ample matière pour une histoire co* rieuse à un écrivain aussi habile et atissi instruit des actions de son héros que Téuit saint Paschase, qui avait vécu lougiemi^s avec Wala et nartagé sa confiance. Au>$i peut-on dire qu il osa profiter des avantages que lui présentait son sujet. Biais comme J vivait dans des temps critiques, où pinsieurs des ennemis de son héros possédaient encore la puissance, il s'est cru oblige i*^ rapporter des événements aussi délicats s<)uj des noms empruntés. Un genre d'écrire au^>> enveloppé ne pouvait que rendre son rccti fort obscur; mais dom Mabillony cd ayant

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DE rATROLOGie.

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