‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'égliseChapitre 87 sur 207 · BAI · texte numérisé non relu

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elle les prie avec larmes, et au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, d'employer tout leur pouvoir pour empêcher qu'après sa mort les biens qu'elle avait donnés à ce monastère, de même que ceux qui lui avaient été légués par quelques-^ines de ses sœurs, et qui lui avaient été confirmés par les rois Cherebert, Gontran, Chilpéric et Sigebert, ne lui fussent ôtés par quelque personne

aue ce fût, soit prince, soit évêque. Elle emande qu'Agnès , qu'elle avait élevée comme sa fille et fait bénir abbesse de cemonastère,nefûtpointdépouilJéedecettequalité pour la conférer à une autre, et qu'après son décès les sœurs ne fussent f>oint privées du droit de se choisir elles-mêmes une abbesse. Elle les conjurait aussi de maintenir de toute leur autorité les autres privilèges de cette maison et de veillera ce quelaRedede «aint Césaire y iùl ei^ctement observée, et surtout par rapport à la clôture. KnGn, elle leur demandait de lui accorder la sépulture dans l'église qu'elle avait commencé de bâtir à Poitiers sous l'invocation de la sainte Uère de Dieu, et où plusieurs des sœurs avaient déjà été enterrées. £lle si^a ce testament de sa propre main et le mit dans les archives de l'église. Saint Grégoire de Tours l'a inséré dans le dixième livre de son Histoire, d'où il est passé dans le Recueil des conciles, dans lesAnnaks de Baronius et dans celles d'Aquitaine, par Jean Bou- €het. 11 est, dans ce dernier Recueil, sous- <>**it de quelques évéques ; ce que dom Rui- Dfirt, dans ses Notes sur saint Grégoire de Tours, regarde comme une addition faite -après coup.

RADHOD, prévôt de l'église de Bol en Bretagne, qui ne possédait alors que douze chanoines, ne nous est connu que par un petit écrit dont nous devons dire un mot. C'est une lettre adressée à Ethelstan ou Adhelstan, roi d'Angleterre, laquelle nous a paru aussi intéressante par les traits historiaues qu'elle contient, que parla manière Jéiicate dont elle est écrite. En effet, elle peut servir à prouver ce que nous avons dit ailleurs, que ce siècle, malgré sa grossièreté, n'cait pas laissé d'avoir des liommes qui écrivaient avec une certaine politesse. L'auteur y fait en peu de mots un ttel éloge et lui annonce qu'il lui envoie des reliques des saints Sénateur, Paterne et Scubilion. Guillaume de MaLmesbury a fait assez de cas de cette leUre,pour l'insérer dans la Vie de saint Adhelme, évêque de Salisbury, imprimée au tome II de VAnglia sacra. Le règne de ce monarque, avec lequel Radhod était en relation, nous autorise seul à fixer le temps où il écrivait,dans le première moitié du x* siècle, puisque Ethelstan gouverna l'Angleterre depuis l'an 923 ou 92b jusqu'en MO ou Ml.

RAIMBAUD, originaire de Liège, était chanoine de l'éalise cathédrale de cette ville dès l'au 1117; il parvint ensuite au rang de doyen^ et nous avons un acte de l'an IIU, qu it souscrivit en cette qualité. Malgré le caractère pacifique dont ses écrits révèlent

des traits bien marqués, Raimbaud setit butte à des ennemis qui l'obligèrent èche cher son sfilut dans la fuite. II se relira, r l'an 1120, à l'abbaye de Rolduc, chez ami l'abbé Richer, où il resta Tespare huit mois. On n'est point certain de ré{i que de sa mort. Fissen la place en \U mais sans en donner aucune preuve. To ce que nous pouvons afiirmer, c'est qu était remplacé en 1158 par HumbertDlq signait avec le titre de doyen.

Kaimbaud consacra ses loisirs à cooipoi des ouvrages lumineux et édiGants. Le pi mier, parmi ceux que nous possédons ira} mes, est nn opuscule adressé sous foriue lettre à tous les fidèles, è roccasion schisme d'Anaclet et d'Innocent 11. La de la paix et le désir de l'unité furent seuls motifs qui lui firent prendre la pîi dans cette circonstance. Il voyait arec i peine extrême le sein de l'Eglise déàiti les factions des deux concurrents ili pauté, et ce qui redoublait sa dou)eur,(! tait l'excessive prévention deceuxquii raient dû travailler à éteindre le schisme. fut surtout frappé de Taccueil que les m nés de Cluny nrent à une lettre circulai du genre de celles que l'on appelait alors tuluSf écrite sur la mort d'un alihé nom Hervé, partisan d'Anaclet. Gérard, éyk d'Angoulème, en était l'auteur, on plu suivant la liberté que chacun avait d'insé dans ces sortes de lettres ce que boa semblait, il y avait mis un précis histor de la manière dont Innocent et Ad étaient parvenus au pontificat. Celte ayant été apportée à Cluny, les religietf déchirèrent sans daigner la lire, etTen rent en cet état au pape Innocent. Raliul se plaint de cette précipitation d'autanl surprenante, en effet, qu'Anaclet arait leur confrère; ce qui était une rai plus pour eux d'examiner son fait arecp d'attention,

« Si récrit, dit-il, était mauvais, il fal le réfuter. Par là on se fût mis en élat( clairer les fidèles, et on eût enlevé^aui tisans d'Anaclet, ûes armes qu'ils rega comme triomphantes, et avec lesquell font réellement des progrès. Mais je ne quel esprit de vertige s'est emparé des d partis et ne leur permet de rien cnlen ni de rien examiner. C'est ignorance d les uns, c'est mauvaise volonté dans autres. Néanmoins, ces causes, quuii différentes , produisent malheureuseoi partout les mêmes effets. Ceux qui j pour Anaclet appellent les partisans d nocent les JrmoceniimSy et ceux-ci récif quemkent nomment leurs ad versairesiw liens, un accompagne d'anathèmes ces q lifications odieuses, et on en est venD point de ne vouloir ni prier, ni faire a* acte de communion les uns avec les aut Certes, en agir de la sorte, c'est bien connaître les règles de la tolérance et d charité chrétienne. Pourquoi juger «vat peu de réflexion le serviteur dauir Pourquoi ne pas attendre en paixi ^^ "^

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DE PATRQL06IE.

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Icedotemps^ réclaircissement cl*une question qui n'esl encore rien moins qu'évijente? Poar oohs, mes frères^ nous tous léciaroos gue bien éloignés de ces disposilioDS schismatiqnes , nous prions pour Herré, dans la confiance que son attacheneDt aa parti d'Anaclet, au'ii a embrassé iTec simplicité, n*a point été un obstacle à m salât. Imitez cette conduite , et souyelei-TOos que c'est à Jésus-Christ que Dieu idoDoé le jugement de toutes choses. Suilez le conseil de TApôlre, qui nous défend iêjoger avant le temps, c'est-à-dire, avant fiTéDement du Seigneur, lequel éclairera qui était caché jusqu'alors dans les téhres, et manifestera les plus secrètes isées des cœurs. ( / Cor. iv, 5). » 11 est ble que, dans cette lettre, Raimbaud e, moins en son nom particulier, qu'en idoi de toute l'Eglise de Liège. Peut-être Ittirellela seule (|ui, dans ce temps de trtm- •Mielde confusion, gardait cette modéra- ■in M cet esprit d'équité, dont elle avait M) donné peu auparavant un exemple si Moiliiit, dans les divisions du sacerdoce et FEiupire, sous les empereurs Henri IV fleon V, distinction bien honorable et moQlre combien ses lumières étaient meures à celles de beaucoup d'autres ises.

n nommé Dermace,. Hibeniais de lUh > Toulant faire le voyage de la Terrete, en 1117, pria Raimbaud de lui ré* r une Uure qui le recommandât aux s des fidèles. Raimbaud le satisfit, et , sous le nom de Bermace, un écrit Iquel il débute par le récit des mali qui avaient afiligé le pays liégeois, le cours de cette année. On y voit que (liuies , les orages , les tonnerres y t été fréquents et avaient causé de idéc^âts. L*auteur en prend occasion (itorier les fidèles à la pénitence. Il parle >uiie, au nom de Dermace, de son voyage Jérusalem, et invite ses lecteurs à sortir laBabylone spirituelle, pour chercher, la Jérusalem terrestre, mais la Jérusa- <ia ciel. 11 finit par leur demander le ms de leurs prières pour lui et pour mUud, qui, cfit-il, m'a composé cette re,pour m a tenir lieu de viatique. Il est itmarquer que, dans cette lettre, l'auteur >UQ premier livre de saint Augustin, wra Murcionitas, ouvrage absolument nou, el qui a bien Tair d'être supposé, »*)u'on ne le voit point rapporté parPos- 'lu^t dans le catalogue des écrits du saint neur. ^

j^imbâud s'étant réfugié, comme nous

"•ons dit, à l'abbaye de Rolduc, auprès de

'^Richer, fut invité par cet ami à corn*

^f un Traité de la vie canoniale. Il en-

^prit aussitôt cet ouvrage; mais avant de

itrmmer, il voulut avoir l'avis de Vasse-

Jl^e manuscrit à l'abbaye d'Aine» n'a pas "^^^re été imprimé ; mais dom I^abillon a

inséré, dans le tome 1*^ de ses Antcdoles^ deux lettres de Raimbaud à Vasselin, sur ce sujet. Dans la première, après lui avoii* raconté l'occasion qui l'avait engagé à écrire sur la vie canoniale, il prie Vasselin d'examiner son ouvrage avec toute la sévérité d'un juge, et nullement avec les veux indulgents d'un ami. Le prieur de Saint-Jacques lui ayant répondu qu'il n'^ avait rien trouvé à redire , et que tout lui paraissait de nature à édifier le prochain , Raimbaud , dans une seconde lettre , témoigne qu'il prendrait ce jugement pour uue flatterie, s'il ne connaissait la sincérité de son amitié. « Mais, dit-il, obligé de bien penser d'un ami comme vous, j'emprunterai ces paroles du célèbre évèque Sidoine Apollinaire, parlant d'un nommé Nératius, qui avait donné de grandes louanges à un de ses ouvrages. « Autant qu'on peut le faire sans « vanité, disait ce prélat, je m'applaudis du

I suffrage d'un si habile homme, s il estcon- « forme à la vérité; s'il s'en écarte, au con- « traire,je me réjouis de son amitié. J'en dis X autant de vous etavec la même sincérité. »

Raimbaud se mêlait aussi de versification. Les Bollandistes ont publié dans leur tome II, du mois de Mai, des vers de sa composition, à la louange de saint Mayeul, abbé de Cluny.

Outr& ces ouvrages imprimés, la bibliothèque du Vatican renferme deux exemplaires manuscrits d'un livre de Raimbaud» intitulé Stromata. Ces Stromates roulent sur différentes matières ascétiques. La première Question est en forme de dialogue entre l^lise et saint Augustin, sur les vœux des chanoines religieux. Raimbaud, consulté souvent comme un grand directeur de la vie spirituelle, avait sans doute écrit plusieurs lettres aux personnes qui s'étaient mises sous sa conduite. Mais le temps nous les a enlevées, ainsi que plusieurs autres^ écrits, tant en vers qu'en prose, qu'il avait composés sur des sinets de piété. '

RAIMBERT ou RÉMBERT succéda daas l'évèché de Verdun à Haimon mort le 30 avril 1024, etgouvernace diocèse avec beaucoup de sagesse pendant quatorze ans. U mourut à Belgrade, dans le cours d'un pèlerinage qu'il avait entrepris à Jérusalem en 1038. Son corps fut reporté à Verdun, et enterré avec honneur à l'abbaye de Saint-Airic qu'il avait fondée. François de Rosière» archidiacre de Toul, rapporté sous le nom de Tévèque Raimbert , quelques fragments d'une Histoire des ducs de Lor^ raine; mais, comme cet écrivain est plein.de fables et de faits controuvés, il n y a pas beaucoup de fond à faire sur son témoi- ) gnage. Du reste, ;dom Calmet, qui a fait beaucoup de recherches pour écrire son Histoire de Lorraine^ ne parle nulle part de l'ouvrage de Raimbert.

RAIMOND ou RAMULFE, car on lui donne indifféremment ces deux no'ms, n'est connu que oar les écrits qu'il nous a laissés.

II embrassa la vie monastique à Saint-André d'Avignoni vers l'an 1097 , c'est-i-dtre

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DICTIONKAIRS

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enriron dix ans après la mort du vénérable abbé Ponce dont il a écrit la Vie. Ce fut là son premier ouvrage, li rentreprit à la prière des religieux de ne monastère et il «y raconte que ce qu'il avait appris lie Tabbé Pierre, successeur immédiat du saint homme, dont il avait éié le disciple et qu*il avait accompagné dans ses voyages. Mais, à trois ou qualre événements près, qu'il n'a même touchés que fort succinctement, tout se réduit à des miracles opérés du vivant du saint, sans quMl y soit dit un mot de ceux qu'il ût après sa mort. L'auteur pensait que les premiers pouvaient suppléer à tout, et il y renvoie comme à la principale|.et même à l'unique preuve qu'il voulait produire de la sainteté du pieux abbé. A cela près le style est tolérable pour le temps, et la préface, qui est d'assez bon goût, montre qu*il avait lu l'histoire ancienne. Don Mabillon a |)ublié cet ouvra^^e dans îe tome IX de ses Actes des saints.

Dom Germain, dans sa Monographie française^ compte un traité de Raimond, sur la manière dont ceux qui, d'après saint Matthieu , ressuscitèrent è la mort de Jésus- Christ, montèrent avec lui dans le ciel. L'écrit est en forme de lettre, adressée à des moines qui apparemment avaient consulté notre écrivain sur ce sujet curieux, sans Uoute , mais qui no se trouve éclairci par aucun monument de la tradition.

Raimond composa un Traité sur le comput des Grecs et des Latins^ pour aider à fixer le jour de PAques, conformément à la définition du concile de Nicée. 11 se plaisait si fort à traiter ces sortes de sujets , qu'il composa encore plusieurs écrits pour rendre raison du nombre d'or, des indictions, des épactes, de l'écubalisme, de la manière (le trouver Pâques, en se servant de la Jpériode Julienne, et enfin du comput annuel ou supputation des temps pour tout le cours de l'année. Il s'aidait beaucoup sur ce dernier point des écrits de saint Augustin, de saint Isidore de Séville, et du moine Helpéric, écolAtre de Grandfel, le plus habile calculateur computlste du x' siècle. Raimond ne laissa pas de trouver plusieurs défauts dans son Comput^ ce qui le détermina à y faire des additions considérables.

Outre ces écrits qui supposent la connaissance des temps, de l'astronomie et de la théologie, Raimond prouva encore qu'il était philosophe, par un petit traité qu'il composa sur les présages aes temps. 11 réduisit aussi en abrégés plusieurs écrits des auteurs célèbres qui l'avaient précédé. Ou met de ce nombre la Chronique de saint Isidore de Séville, un Traité du Comput attribué à Julien de Tolède; les livres du vénérable Bède sur les douze mois, les jours de la semaine, et les règles pour trouver les Calendes ; enfin la Chronique de Claude de Turin adressée au prêtre Adon, qui devint dans la suite archevêque de Vienne.

RAIMOND, de la maison des seigneurs de Montpellier, était doyen de l'église de Pes* quièros, dans le diocèse de Ntnies, lorsqu'il

fut fait évêqne de Magueionoe, aii OKnsd'iûi 1129. Il gouverna cette église pendant treni ans et quelque mois, et mourut au mois i novembre 1L59. Le:» auteurs de la Gaii cAr/iifnne attribuent è ce prélat desSfaij synodaux^ qu'il donna vers l'an 115S, à h casion d'une visite générale de son dio€è5< mais ils se contentent de rappeler Teiii lence de ces pièces, sans nous dire cequ elli prescrivaient. Nous avons en entier, i contraire, le règlement dressé par luipoi une léproserie, fondée |>ar Guillaume V seigneur de Montpellier. L'acte (^orte le tre de Décret^ et il contient les disposilic suivantes.

Tout lépreux ou lépreuse, mesel oa selle, misellus vel tnisella^ qui voudra reçu dans la maison, promettra de s'y ner à Dieu, de le servir et d'obéir m ministrateurs. Aucun ne pourra être»!

s'il refuse cette obéissance. S'il l'a pwoaîej dix jours après son entrée on loi dex« viera publiquement, en présence delt»usk frères, si ce genre de vie lui conTi<»ni, sur sa réponse aflirmative, il y deœeurt jusqu'à sa mon, et l'argent qa il aurai fK)rlé nn entrant, restera irrévocableroett la aiaison. S'il déclare, au contraire, que genre de vie ne lui convient pas, nui rendra cet argent et il quittera i'hôs;»i Raimond leur recommande ensuite dei pas se rendre coupables de fornicalion, l vol, de rapines; d'éviter la méiiisanre, flatterie, la discorde. Il leur ordonne de lever incontinent, dès qu'ils entendronlj son de la cloche, de se rendre aussil l'église dans un profond silence, d'/ pour leurs bienfaiteurs, et, la messe de retourner avec le même ordre et le silence daus leur cellule. Les malades ne peuvent aller à l'église, diront en h particulier les prières que le préfrelf aura prescrites. Les dlsuositions qui sj vent sont relatives aussi à des prières qu' leur impose et qu'on détermine pour <1 morts qui auraient laissé quelque chose l'établissement, ou avec qui on aurait eu lien de confraternité. Raimond y indiquei

core ce qu'on doit faire après les rep pendant le jour, dans les dortoirs, et au n ment où Huit le sommeil. Il promet àtd ceux qui observeront fidèlement ces s tuts qii'il leur donne, le pardon de to leurs péchés, la vie éternelle, les biens te porels même, et l'affection de tous ce qui connaîtront leur conduite. Ces Statu si imparfaits et si courts, ne forment p comme on voit, un grand titre à la gloire leur auteur; c'est néanmoins tout ce q nous avons pu recueillir de Raimond Maguelonne. Ils furent donnés en 1138.

RAIMOND DE MoTTROND ou m Mosn noN, archevêque d'Arles, né au diocèse Nîmes. Consacré à Dieu dès sa première < fance, dans la cathédrale de cette Tille, embrassa, jeune encoie, la règle des cli noines réguliers. En 1130, époque de sa o mination à l'évêché d'A^jde , il «laitarcÈ diacre de Béziers.

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DE PÂTROis.OGlE.

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Après avoir assisté è divers conciles pariculiers et avoir pris part à la conclusion de [uelques affaires, dont la plus importante ut ta contestation élevée entre Tévéque de Urnes et Tabbaje de la Chaise-Dieu, Railond fut élevé, eu 1142, sur le siège arcliipiscopal d*Arles, qu'il ne dut pas garder près 11S6, car, à cette époq^ue, le nom de M successeur se trouve consigné dans Tacte B mariage de Teropereur Frédéric 1" et de Katrix, duchesse de Bourgogne. Toutefois I mort n'arriva qu'en 1160, au dire des •teurs de la Gallia chnstiana^ qui ont tOQvé cette date sur une inscription placée lios l'église métropolitaine d.*ArIes.

|Oo a de Raimond de Montrond une charte ■ez remarc^uabie, attribuée aussi à un aup archevêque d'Arles, également appelé KmoDd ; il y ft toutes raisons d» croire ye le premier en est le véritable auteur.

Quoiqu'il en- soit, voici les dispositions )n&dfales de cet acte, que nous remar-

£Q' comme indire de Tinfluenceque le ;.^ifait au xii* siècle, même sur les aft^res parement civiles.

5oiis observons avec plaisir que cette le rappelle, en plein moyen Âge, aux ^^neurs, si amateurs de privilèges, qu'ils i«'n(qae simples citoyens devant la loi. rai( nous fait constater une fois de plus tetidance de l'Eglise à rendre tous ses^ '<u(s,dans quelque position sociale qu'ils troarent, é^aui devant le droit établi.

■Ea effet, si un gentilhomme ou tout , dit Tarchevéque d'Arles, se rend ble d'un vol ou occasionne un tort Dque, on lui infligera la peine déterpar les lois en vigueur, et il paiera lioende que les consuls fileront : /u«dabU, pro voluntate et arbitrio con- « On sait que ce mot justitlay ixm ^/eaâge, signifiait la peine ou iamende «par la justice.

'«prélat se réserve la connaissance de <3Qlion, firmantiœ^ du répondant; n, tou- '^f quand un consul gentilhomme aura UDe caution offerte par un gentilhoml'accepiation qu'il en aura faite le sera nous les autres consuls du môme ordre.

i PO doit être de même pour les consuls ^iens.

< On ne peut être troublé dans la pos- '^lOD d'un bien quand on en a joui pent trente années, si on est ecclésiastique, <|uarante années si on n'est que laïque. » *iiiienl ensuite la détermination des obli- «1011$ du détenteur injuste et les règles [les dots et les successions. « Crimes et ^1 qui doit les poursuivre et qui peut panir? » La qualité des personnes influe JW punitions. On accorde un dédomma- >^n( pécuniaire à celui à qui le crime a J'tori. Une grande latitude est laissée aux r**" s pour la répression et le châtiment ^H de l'adultère, du rapt, de l'homijj'^elc., etc. K Cependant les consuls ne ttû ^r?* recevoir les plaintes formées à jj73? flagellations infligées par un chef à ceux rjui composent sa mai- -

son, traitement mérité d*ailleurs par leur inconduite ou leur insolence. Ils ne pourront pas non plus statuer sur les coups don* nés par un noble au vilain qui lui aurait i)arléavec mépris, à moins pourtant que l'injure ne fût de celles que ne peut ni ne doit souffrir aucune personne libre.

« Si les consuls oui pris quelaues délibérations sur des changements a faire dans Tadministcation de la ville et dans ses coutumes..sur une guerre à soutenir, sur un nouvel impôt à percevoir, ils devront soumettre leurs resolutions è un conseil qui prononcera en dernier ressort, et dont les arrêts devront être observés à la lettre. »

Les statuts parlent ensuite du procès que les étrangers auraient à soutenir dans la commune. — <i Les consuls n*ont pas le droit d'appeler en jugement pour un fait passé avant leur magistrature. Ils ne^doivent recevoir aucune récompense, aucune promesse, sous peine d'être chassés du consulat. Le plaideur qui aura essayé de les corrompre, devra aussi être rigoureusement poursuivi. »

Après cela le nombre des consuls est déterminé ; la portion exacte qu'on en choisira dans les diverses classes de la cité, les formes de l'élection, le serment exigé de ceux qui y présideront, le serment que prêteront les consuls après avoir été élus.

11 devait yen avoir douze en tout : quatre gentilshommes, militeê; quatre boucgeois, de burgo; deux marchands, de mercato ; et deux qui sont dits de boriano. Cela signifie sans doute un lieu voisin, mais dépendant du territoire de la ville, ou bien encore les faubourgs, dont l'administration était la môme que celiede la cité qu'ils environnaient.

Telles sont les principales dispositions.de cette charte, qui n'est pas sans quelque portée historique, ainsi que nous l'avons déjà remarqué,

VoicL le serment que prêtaient les consuls choisis de la ville d'Arles : Ego... electus consuljtjuro quod omnibus modis^ secundum icienliam meam, illoe qui mecum fuerint tV» comulatu^ cum melion et discrétion constlio eorum qui erunt in consulatu regam et gubernem^ et quod consul esse non desinam donec alius eligatur : et si discordia inier nos consutes orla fuerit^ cohcilio archiepi^ scopi et meliori consulatus consilio eam termtna&o, et sic teneri faciam; et prodiscutiendo negotio promissionem aliqùam^ vel pretium ab aliquo non accipiam : elnullum^tempore met consulatus^ in judicium vocabo nisi de his quœ in hoc consulatu facta fuerint^ vel sub triducmo ante facta. Sic me Deus adjuvet^ et hœc sancta Evangelia.

Nous avons voulu citer cette charte toute entière, quoiqu'elle ne rentre pas absolument dans notre sujet, parce que nous lui croyons une certaine valeur historique. Elle peiit,en effet, aider è faire l'histoire de L*intluencede l'idée chrétienne sur la formation des sociétés modernes et sur le droit qui les régit aujourd'hui.

RAINALD, abbé de Vézelay, en Botfîgo-

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RAI

DICnOMNAIRE

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gne, pois archcTÔque de Lyon , était de la maison de Semur et neveu de saint Hugues, abbé de Ciuny. H était fort jeune encore lorsqu'il prit Thabit religieux dans ce raonastero, et il en fut tiré en 1106 pour être abbé de Vézelay, malgré les oppositions du comte de Nevers, qui traversa autant qu'il

fmt son élection, et fit tous ses efforts pour 'empêcher. Cette opposition obligea Rainald à se rendre auprès du pape Paschal II, qui lui donna la bén<^diction abbatiale dans le concile de Guasialla, tenu au mois d'octobre de la même année. La Chronique de Vézelay fait de lui un bel éloge en quelques mots. Il fit de si grands biens à ce monastère qu'il mérita d'en être appelé le réparateur. On ne possède néanmoins aucun dé-

lias, époque où il fut élu archevêque de Lyon. 11 avait assisté au concile de Troyes, tenu au commencement de cette année. Les chanoines de Lyon, qui depuis plusieurs mois étaient indécis sur le choix d'un archevêque, se réunirent en faveur de Rainald. On ignore l'époque précise de celte élection, mais ce qui est certain, c*est qu'il ne monta au plus tôt sur ce grand siège qu'au mois d'avril 1128. Il fut, comme ses prédécesseurs, légal du Saint-Siège. Les grands biens qu'il avait faits à Tabbayede Vezelay, joints a la connaissance que Ton avait de sa sagesse et de ses excellentes qualités, avaient fait concevoir les espérances les plus flatteuses; mais une mort prématurée les fit bientôt évanouir. A peine avait-il tenu un au le siège de I^on qu'il mourut dans un âge peu avancé. Du Saussay, dans son Martyrologe de France^ lui donne le titre de Bienheureux.

Rainald a écrit en prose et en vers la Vie de saint Hugues ^ abbé de Cluny, son oncle paternel. Il la composa lorsqu'il était abbé de Vezelay, quoiqu'à la tête de cet ouvrage il ait la modestie de se dire simple serviteur de ce monastère. Il Tadressa, par une courte préface, à la communauté de Cluny, qui l'avait presséavec instances d'écrire la Vie de son saint abbé. H déclare qu'il ne s'est point proposé de se faire un nom aux dépens de

Juelque autre auteur, qui, peut-être aurait èjà écrit cette vie, et qui même y aurait beaucoup mieux réussi. £n eflet, la vie de saint Hugues avait déjà été écrite par Hezeionet Gilau, ses disciples, et par Hildebert; éyêque du Mans , qui avait composé la sienne sur le travail de ces deux historiens; mais il parait, comme le remarquent les Bollandistes, que Rainald ne connaissait pas ce dernier écrit. On trouve dans celle de Té- Têque du Mans plusieurs traits qui ne sont pmntdans l'ouvrage del'archevêquede Lyon, comme l'archevêque de Lyon en rapporte d'autres sur lesauels Hildebert garde le silence. Rainald fait entendre assez dairement, h la fin de son travail, (]u'il Ta composé en partie sur ce qu'il avait vu par luimême, et en partie sur ce qu'il avait appris

de témoins dignes de foi. H la termine une épitaphe en huit vers qui n'ont ri que de très-commun. Cette Vie de saint gues^ dans laquelle l'auteur s'est partica rement appliqué à relever le mérite saint par le récit de ses actions éclatantes est écrite assez méthodiçiiiement et dans i style qui n'est ni bon ni mauvais. Raina non content d'avoir écrit en prose la Vie saint abbé son oncle, l'écrivit encore en t élégiaques, qui, sans être excellents, m trent qu'il avait du talent pour la poésie, qu'il pouvait le disputer en ce genre di crire aux premiers poètes de son siècle. ( poëme n'est, à proprement parler « qu abrégé de la première Vie, mais unabrij fort exact, et dans lequel il n'a omis au des faits rapportés dans la Yid en prose. deux ouvrages ont été publiés pour la miêre fois au 29 avril, par les continu^tiai de Bollandus, avec des notes qui édiirè^ sent le texte.

Le P. Le Long attribue à Rainald onteq intitulé : Synopsis vitœ metricœ. 11 y a s doute une faute dans ce titre, et nousirof qu'il faut lire : Synopsis vitœ metrica, m\ on le lit k la tète de l'ouvrage, dans le cueil des Bollandistes» ou, si l'on leui, trice. Le P. Colonia, aui fait le procès à lies Dupin , parce qu il n'a pas mentio cet ouvrage, aurait bien dû en donner ui notice. Cet écrit n'est autre chose que 11 brégé en vers de la Fie de saint Ëugm doj nous avons, parlé. Dom Martène a donoi dans son Trésor d^aneedotes ^ une petite /re, qu*rl croit avoir été écrite par Rai vers l'an 1125, à Pierre, abbédeCIno}', laquelle il lui demande grâce pouruD] religieux nommé Philippe qu'il avait i&tti pénitence. Nous n*avons aucune conDaisi sance d'un autre écrit sur la reli^inu Possevin attribue à Rainald, quo, dit-i' crorum ac religionis statum compttjus

RAINALD, fils de Milon comte de Bt{ ayant embrassé la vie religieuse h Cla vaux, sous la conduite de saint fiern^ii mérita par ses talents et ses vertus déli élu, en 1133, pour succédera saint Kliii*» troisième abbé de Cîteaux. Quoique U jeune au moment de son élection, il remiil ce poste important avec beaucoup de sagi'>* En 1148, Rainald tint un chapitre généra auquel se rendit le Pape Eugène 111. "'^ pour y présider comme chef de l'Er''^ mais pour y assister comme un eni'aaK l'ordre. Ce fut à cette assemblée que la roi grégaiion deSavigny, composée de plu? ^ trente monastères, députa pour être m^ porée à l'ordre de Cîteaux, sous la rili«t:«i deClairvaux. La requête fut aJuiise, ai>^ que celle d Etienne, abbé d'Obaziiiecnl mousin, qui vint pareillement oiïrir N quatre monastères qu'il avait fondés, Ciu^ ci furent admis à la filiation de Ctteaux.R^i nald, après avoir fondé lui-même un griUi nombre d'autres maisons, s'endormit le 1 décembre 1151. C'est en ces termcsauesau Bernard informa le Pape Eugène III de s mort: « Le révérend abbé de Ctteaux rien

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f nous quitter: Cette perte est une grande liie pour tout Tordre. Mais, pour moi, j*ai M raison particulière de m'en affliger, ibqu*eD perdant Rainald, j*ai perdi], tout tu fois, un père que j*aimais tendrement, ion fils qui m'était très-cher. »

Arant Rainald les divers statuts de Tor- ^deCtteanx faits, soit par ses prédécesers, soit par les chapitres généraux, étaient irsen feuilles détachées, ce qui faisait BDdre i ceux qui étaient chargés de les Ire observer, que quelques-uns n*eusat échappé à leurs recnerches. Notre lii pour obvier à cet inconvénient et ttlir l'uniformité d'observance dans tous I monastères de Tordre, fit un Recueil IlOQS ces règlements qu'il divisa en Hre-ringt sept chapitres, dont les dix toers sont presqu*entièrement copiés de Hbirlede charité dressée par saint Etienne, t peut j remarquer qu'il est défendu aux M&tlaux moines d accepter Tépiscopat, Mieeonsentementde Tabbé de Ctleaux Irfocèapitre général; que ceux qui y se- HféieTés, continueront de vivre, suivant iBsages de Tordre, tant pour la nourriture " pour les vêtements, les jeûnes et Tofdivin; néanmoins ils pourront avoir un ieau d'une étoffe grossière ou de oeau eau et un bonnet de même : Pileum m. Il est défendu d'enseigner les lelaoi enfants dans le monastère ou ses JDdances, à moins qu'ils ne soient moim novices reçus à la probation ; ce qui Joir qoe Tordre n'avait des écoles que kr les jeunes religieux. Il est dit que les

Seul qui copient des livres, garderont mce dans les lieux destinés à celte i^iiion. Défense aux abbés, moines et *tt$,de composer des livres sans la per- ÉÊkA du chapitre général. Manrique a li^^ee Recueil dans ses Annales de Cl- •ï.Cest la première fois qu'il a été mis IK presse ; il fut réimprimé depuis dans |fc»aia'con Cisterciense^ publié à Paris par («oins de dom Julien Paris, abbé de Foukom, in-folio 166^.

tumberl, évoque d'Aulun, était en diffé- W ivec Ponce, abbé de Vézelai, qui rcto de reconnaître sa juridiction. Ce prélat X&aissantle crédit des Pères deCtteaux en »»He Rome, vint au chapitre général, •'«Is Icnaient en IIW, pour les prier d'éi^ensa faveur. Rainald se chargea de la i^îûission et Texécula par une lettre, dans Joëlle il n'épargne pas Tabbé de Vézelai. I<i«njart;he fut néanmoins sans effet, parce (^Innocent, mieux instruit et moins créJu- Hue Tabbé de Ctteaux, reconnut Tinjusj^des plAiiUes de Tévèque d'Autun. Doin vtèneet dom Durand onlpubliécetle pièce Pjle tome 1" de leur Trésor d'Anecdotes. tordre de Prémontré dans sa naissance M arec les Cisterciens des démêlés fondés ^ (•artie sur des griefs respectifs. On se ^rochait des deux côtés la facilité avec lapelle on recevait les sujets qui passaient 1^ corps dans l'autre. Les Cisterciens de nttMrouvaient mauvais que les Prémontrés

vinssent souvent les gêner, en s'ôtablisaant trop près d'eux. Hugues, abbé de Prémontié, s'étant rendu à Citeaux, pendant le même chapitre dont nous venons de parler, termina avei; Tabbé Rainald ces différends de la manière suivante. On convint à l'amiable : l*" que dorénavant les Prémontrés n'admettraient parmi eux aucun Cistercien, sans le consentementdeses supérieurs; 2*qu'ils mettraient entre leurs habitations et celles des Cisterciens, au moins la distance qu'il y a entre Saint-Médard de Soissons et Tabbaye de Prémontré ; 3** que les disputes qui pourraient s'élever par la suite entre les deux ordres seraient décidées par des commissaires tirés de Tun et de l'autre. L'acte de cette transaction, rapporté dans le Cartulaire de Tabbaye de Bolbane, au diocèse de Mirepoix, semble montrer plus de modération etdedésinléressementducôté^de Tordre de Citeaux.

RAINARD surnommé Hugues, issu de Tancienne maison des comtes de Bar-sur- Seine, succéda à Hardoin dans Tévèché de Langres, et fut sacré évèque sur la fin de Tannée 1065. On ne s'aperçut jamais que ia noblesse de sa naissance le rendit fier et hautain. Il devint la ressource des pauvres, le protecteur des malheureux, le consolateur des affligés et le père commun de tous ses diocésains. Sa générosité s'étendit surtout sur les monastères, dont plusieurs surtout eurent à se louer de ses insignes bienfaits, Cependant, malgré ses inclinations généreuses envecs Tordre monastique, il ne laissa pas de se porter à des excès criants contre Tabbaye de Ponthière. Comme les moines persistaient à soutenir leurs privilèges d'immunité, il envoya contre eux les troupes des comtes de Bar et de Tonnerre. Le monastère fut brûlé avec le bourg qui Tavoisine, ce qui aurait eu des suites t'Acheuses pour Tévèque, si Tabbé de cette maison, oubliant l'outrage qu'il en avait reçu, n'eût intercédé lui-même auprès du pape et ne lui eût obtenu son pardon. Il est à présumer que ces iroupes armées dépassèrent en cette occasion Tintention du bon prélat, qui d'ailleurs fut excité à celte expédition par le clergé de son église. Cependant on ne peut se dissimuler que la [)arl qu'il y prit ne soit une tache dans sa conduite. Dans la suite le Pape Grégoire Vil l'ayant connu plus avantageusement rendit justice à son mérite, et Tlionorade sa confiance. Il assista en 1077 au concile d'Autun, où il joua un grand personnage. Quelques années auparavant, au retour d'un pèlerinage qu'il avait fait à Jérusalem, pour payer le tribut à la dévotion de son siècle, il s'arrêta à Conslantinople, où il obtint de l'empereur d'Orient un bras de saint Maramès qu'il rapporta à son église, qui avait choisi ce saint pour patron titulaire. Rainard mourut en 1085, après avoir gouverné son diocèse d'une manière laussi glorieuse pour lui au'avantatageuse pour son église, pendant I espace de près de vingt ans.

l. On le fait auteur d'une traduction latine des Actes du martyre de saint Mammis, écrits

RAI

originairement en grec par Métapbraste. Il y a deux traductions de ces Actes^ fort peu différentes Tune de l'autre. La première se trouve dans Surius au 17 août et dans la Bibliothèque de Fleury^ publiée par le P. du Bois, religieux célestm. La seconde fait partie du second volume de Monbritiusj; mais ni Tune ni l'autre n'est l'ouvrage de notre prélat. On n'a pas d'autre autorité pour lui attribuer la première, que l'assertion de l'auteur anonyme de I histoire des diverses translations de saint Mararoès, qui n'a avancé ce fait que sur une tradition vague et incertaine. Cette traduction appartient à Godefroi, un des successeurs de Rainard sur le siège épiscopal de Lan^res, dans le sfècle suivant. Le même écrivain qui lui fait honneur de la traduction dont nous venons de parler, ajoute qu'il composa un poème en vers héroïques à la louange du môme saint, et semble dire que c'est celui que l'on trouve dans le bréviaire de Langres ; mais ce poème se trouve à la tète du Recueil de poésies de Walafrid Slrabon, et personne ne le lui a jamais contesté.

• IL On lui attribue encore, pour l'office du même saint martyr, des antiennes et des répons sur lesquels il composa lui-même une musique admirable. Quoique nous n'ayons pas d'autre autorité pour le laisser en possession de ces pièces de musique ou de plain-chant, que celle do l'auteur anonyme dont nous avons parlé, nous pensons cependant qu'on ne peut pas raisonnablement les lui refuser. Personne, parmi les anciens critiques comme parmi les modernes, ne lui en conteste l'authenticité; et il était tout naturel, gu'un évêque aussi tettré et qui avait enrichi son église d'une partie considérable des reliques de saint Mammès, fit quelque chose pour ajouter à la solennité de son office. Il n'en est pas de même de la fameuse hymne Gloria taits dont le même anonyme aurait voulu grossir la liste de ses écrits. Personne ne doute plus depuis longtemps que Théodulphe d'Orléans n'en soit le véritable auteur. Nous le déposséderons encore impitoyablement de la propriété des Actes de saint Victor de Marseille écrits en vers et conservés pendant longtemps à la t)ibliothèàue de Blois, sous le nom d'un Hugues, evêque de Langres, de plusieurs autres pièces de poésies dont rien ne justifie l'attribution et d'un office ou d'une partie d'office du saint Sacrement qui ne se trouve plus nulle part.

111. Le seul ouvrage de l'évêque Rainard sur lequel on n'a aucun doute, c'est le beau discours qu'il prononça en 1077, au concile d*Autun, et dont Hugues de Flavigny nous a conservé le précis. L'auteur y déplore la perte que l'Eglise de Langres venait défaire, ('ans la personne de Gébouin, son archidiacre, que l'assemblée venait d'élire pour remplir le siège vacant de l'église de Lyon ; et il y fait en même temps l'éloge de ^arcnton, prieur de la Chaise-Dieu, qu'il réclamait pour abbéde Saint-Bénigne de Dijon, alors de son diocèse.

RAINAUD fut fait premier prieur de ri baye de Saint-Eloi à Paris, lorsqu*a l'expulsion des relig;ieuses quiThabilaie 1107, elle fut réunie à celle de Saintet convertie en prieuré d'hommes. De, cert avec Thibaud, son abhé, il obtint roi Louis le Gros, en 1114, Un pnTilége J^ l'es maisons bâties sur le terrain qui tj été compris autrefois dans Tenceinie dei monastère. Les autres circonstances de vie, aussi bien que l'époque de sa raart,! demeurées dans l'obscurité. On voit sei ment qu'en 1140 il était remplacé parSJ son qui paraît en tête de la liste des pri« de Saint-£loi, publiée dans la Noutdlt^ chrétienne^ sans qu'il y soit fait menti Rainaud. Mais, s*ii prolongea sa ca jusqu'à cette année, il dut y avoir io ption dans l'exercice de son emploi; ( 1126, l'abbé de Saint-Maur avant r^ religieux du monastère de Samt-£ioi,itt mil entre les mains d'Etienne de évêquede Paris, qui le- garda peodaQll ans« et ne le rendit qu'en 1135.

Rainaud mérite d'occuper un rangdiii gué parmi les écrivains du xn' siècle ont commenté les livres saints, Cepeol jusqu'au siècle dernier, si l'on eiiexcepl P. LeLong, son nom et ses ouvrages échaopé à la connaissance de tous les bit graphes. On a de lui trois gK)s c^mmei res, qui se conservent manuscrits I bibliothèque nationale. Le premier est; le Pentaietiqucy le second, sur les lirrd Josuéei des Juges, et le dernier m A Dans tous les trois l'auteur satt»cbe/a paiement au sens allégorique, maisum gliger tout à fait le sens littéral.

Le Commentaire sur le Pentatenfêl adressé au moine Jean, secrétaire de v leur. Dans le prologue Rainaud arouej moine que c'est à sa prière qu^il entrep^ d'expliquer dans un sens spirituel lesl livres de Moïse, qui lui semblent écrits d' manière toute charnelle. Il convient l'exécution de son dessein lui paraît dit et hasardeuse, après qu'elle a été tentée succès par Origène, ce grand et vaste g

3ui voulant pénétrer dans la forêt obs es mystères de PEcriture sainte, s'este et a donné dans plusieurs erreurs. Il ci donc avec raison, dit-il, le même é( pour lui-même, mais il a également pei) blesser son cher frère, dont le nom lui nonce la ^râce du Seigneur. Il n'admet le canon des Hébreux et divise rEcritm trois classes, la loi, les prophètes et lesi graphes. Voici comment il explique les iniers mots de la Genèse : In principio^ Ces termes principe et commencement i viennent à la divinité du Verbe, qui que les Juifs lui demandaient qui il i répondit : Principium çut et loquort^ je suis le principe moi qui vous parN ailleurs : Ego sum alpha et oméga : ^Jf le commencement et la fin, » ( Apoe. h « Mais, ajoute-t-il,il y a une dislance e créer et faire ; créer appartient à laDi^'ï et faire à l'éternité, atin que toutes (est

DE PATROLOGUE.

RAO

, qui oot été faites demeurent pendant droite : Ut ea quœ facla sunt permaneant

mitate,»

tf Commentaire 9ur Josué et les Juges est kment dédié au moine Jean, à qui RaikJ dit qu*il craint d'encourir la peine krviteur inutile, s*il enfouissait le ta- [que Dieu lui a donné. 11 pense c^ue le ide Josué a été écrit par Josué lui-mèkcomme le Pentateuque par Moïse. Il jend qu*on doit Tenvisager sous deux fa- ^etcoiume histoire et comme prophéties.

st fort succioct sur le livre des Juges, Dil n explique que très-peu de versets, }ifi et là en divers chapitres. ^prologue du Commentaire sur Isaîe traite h [iersoooe de ce prophète, du mérite de iDurrage et de la nature de la prophétie |teérai. L'auteur dit qu*Jsaïe, né du sang lil,(utmis à mort et scié en deux par oridu roi Hanassès, dont le nom signifie Ibnx, symbole de son ingratitude; qu'il àèUt regardé plutôt comme un évaugé- Ito que comme un prophète; que son élo-

Eii l'emporte sur tous les auteurs de ien Testament, et que le corps de son je est en prose, mais que les cantisuQten vers hexamètres. Rninaud met différence entre la prophétie et Thisque la première est une manifestalOes choses passées, présentes et futures te par lEspritSaint, et l'autre le récit é connu par les moyens naturels. La dit-il, peut embrasser aussi les trois mais elle consiste dans les actions, iciion diffère de la prophétie, comme e du tout. C'est l'annonce d'un évé- N futur et contingent. La première *^lie fut faite par Adam, lojsqu'au prettpect de sa compagne, il dit ces paro- "^est l'os de mes os et la chair c^ ma cest pourquoi l'homme abandonmtii,.. Ce qui comprend le présent et

trois écrits présentent des choses lu- ^ et sofides. L'auteur avait étudié ^cieos interprètes, dont il s'est appro- 'â, travail. Son style est clair et assez c est dommage qu'il soit trop diffus, eûieu l'art de se resserrer dans de jus- (wrDes, ses Commentaires seraient di- <létremis dans les mains mêmes des ii;s les plus difficiles.

NER, moine de Saint-Guillain entre- <i écrire la Vie du saint fondateur de t&onasière, et Texécuta entre les années J^i 1(H2. Ce fait est constaté par la pré- I Je ion écrit adressé à fiadbod, son abbé, P en 10V2, et par un événement qu'il piriecomme arrivé en 1035. Rainer était lùomme'judicieux, sincère et de bonne t^apercevant qu'il manquait plusieurs P oans l'histoire qu'il entreprenait d'ér» " "e voulut pas néanmoins les y inr ^c lui-même, parce qu'il ne les avait w u î ^^ y®"*» *" appris do témoins di-

t^^ioi, ni lus dans les anciens monu- '«. Celle Vie avait déjà été écrite par ^ tuteurs anonymes. On ne voit

quel motif engagea Rainer a la composerde nouveau, d'autaât plus que celle du second auteur existait encore, et il est même visible qu'il l'avait sous les yeux en écrivant la sienne. En effet, il la suit dans presque tous ses points et ne s'en écarte guère que dans quelques circonstances. Par exemple en parlant du motif qui porta le saint à entreprendre le voyage de Rome, Rainer dit qu'il le fit par l'ordre d*un ange qui lui était apparu en songe, au lieu que l'autre écrivain dit simplement qu'il entreprit ce voyage à l'imitation de saint Denys d'Athènes qui lavait fait dans son temps. Il en résulte donc qu^ l'ouvrage de Rainer ne nous apprend sur saint Guiliain rien de bien intéressant, ni qui ne se trouve déjà dans l'historien qui l'avait précédé. L'édition la plus complète de cet ouvrage est celle qu'en a publiée dom Mabillou. A celte Vie de saitU Guiliain Rainer avait ajouté l'histoire de ses miracles; dom Mabillon n'en a reproduit qu'une partie, ne jugeant pas à propos défaire cet honneur à l'ouvrage tout entier.

RAOCL, issu de la maison royale de France, eut pour père Raoul, comte de Quercy. Il entra dans le clergé en 823, et fut élu archevêque de Rourges en 8&0.

Cinq ans après, c est-à-dire en 845 , il assista au concile de Meau;c, à celui de Savonnières près Toul, en 8o9, dans lequel il fut choisi, avec Rémi de Lyon, pour juger l'affaire de Wenillon, archevêque de Sens, Il se trouva aussi aux assemblées de Tousy « en 860, à celles de Pise en 862 et 864. Ce fut luiqui couronna, en 855, Charles, fils de Charles le Chauve, qui , en reconnaissance, lui donna l'abbaye de Fleury ; mais il ne la posséda ni ne s'en appropria les revenus. Sa libéralité était telle, qu il fonda de son propre bien sept monastères, trois d'hommes et

auatre de filles, auxquels il donna la Règle e saint Renott. Dom Mabillon, d'après Adon, met sa mort au 21 juin de l'an 866.

Sbs ECRITS.— Le seul écrit qui nous reste de Raoul est une Instruction pastoralsj faite de concert avec les prêtres de son diocèse» pour y faire revivre l'esprit des anciens canons, et r.eroédier à plusieurs abus occasionnés par l'ignorance de la discipline de l'E>çUse, et par le cours qu'on avait donné à de faux pénitentiels. Cette instruction, est composée de quarante-cina articles»

presque tous tirés des Capitulaires des rois, de Théodulphe d'Orléans, des Décrétâtes des Papes et des anciens conciles. Nous remarquerons que le saint évêque ordonne aux nouveaux baptisés de . recevoir, chaque jour de la semaine qu'ils portent les habits blancs, c'est-à-dire, la semaine de Pâques et de la Pentecôte, le corps et le sang du Seigneur. Il est d'avis que ceux qui vivent dans la piété et dans la pratique des bonnes œunres peuvent communier tous les jours, s'ils n'en sont empêchés par quelque faute mortelle qui les oblige à en faire pénitence avant de s'approcher de la saiulc Eucharistie, 11 se

pas s approc

RIO

DICTlOiNNAIRE

RAO

plaint aans cette instruction de ce que l*uaage de la pénitence publique ait cessé dans plusieurs endroits, et que Vancienne discipline dans Texcommunication des pécheurs ne soit plus observée.

Entre les devoirs quMl prescrit aux prêtres, il leur recommande la prière, la lecture et même le travail des mains, afin d'éviter l'oisiveté. 14 veut qu'ils soient assidus aux heures canonicales de l'office tant de la nuit que du jour ; qu'ils connaissent ce qui concerne radminisiration des sacrements, et qu'ils entendent bien les prières de la messe. Son vœu est qu'ils aient les livres nécessaires à leur ministère ; qu'ils conservent toujours l'Eucharistie avec beaucoup de décence; qu'ils préparent eux-mêmes le

Ï^ain destiné a l'autel, ou qu'ils le fassent iaire en leur présence par des personnes convenables. L'auteur va jusqu à entrer dans le détail des points de doctrine dont ]es prêtres doivent instruire le peuple. Raoul avait écrit une lettre au Pape Nicolas I", pour le consulter sur divers points de discipline ; mais elle n'est pas venue jusqu'à nous.

RAOUL Abdent, ainsi surnommé à cause de la vivacité de son esprit et de l'ardeur de son zèle, naquit au diocèse de Poitiers quelques années avant le milieu du xi* siècle. On croit qu'il fit ses études à Poitiers dont l'école était alors très-florissante. Le goût qu'il y prit pour les lettres et l'application avec laquelle il les cultiva, lui firent acquérir un riche fonds de littérature sacrée et profane. On voit, du reste, par les écrits qu il nous a laissés qu'il possédait les poètes, les philosophes, Inistoire sacrée, la science des canons et l'Ecriture sainte. Il paraît qu'il était revêtu du sacerdoce, puisqu'il se met lui-même au nombre de ceux qui avaient le pouvoir de lier et de délier, pouvoir dont il n'usait qu'avec une sajçe précaution qu'il prescrit aux autres. En parlant de ceux qui étaient chargés du soin de l'instruction des fidèles, il dorme clairement h entendre qu'on lui avait confié la conduite d'une portion du troupeau de Jésus-Christ, probablement en qualité de curé de quelque paroisse, comme on le lit dans un petit abrégé de sa Vie. On ne connaît d'ailleurs presque rien de sesactions. Tout ce que l'on sait de plus positif, c'est qu'après avoir prêché avec beaucoup de succès, il suivit Guillaume IV, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, à la croisade de HOl. On croit qu'il ne survécut pas à ce voyage et qu'il mourut en Palestine.

Homélies. — On a de lui plus de deux cents homélies dont le recueil est divisé en deux tomes. Le premier contient les homélies sur les Evangiles des dimanches et des mystères de Notre Seigneur pendant le cours de l'année; Tautre, les homélies sur les épltres et les évangiles des principales fêtes et du commun des saints. Toutes commencent par la division de la matière qui en fait le sujet. Si c'est l'évangile du jour, il en donne d'abord l'explication littérale, puis il vient au sens moral. Il en use de même quand il

explique l'épttredu jour. Ce préJicaleoi admiré dans son siècle et sa répotalid soutint encore longtemps après. Km d'hui, il trouverait peut-être encore q ques curieux, mais peu de lecteurs. Les res qu'il cite le plus habituellement saint Jér6me» saint Augustin, le Pape i Grégoire le Grand, saint Sulpice Sé4 saint Benoit, patriarche des moines d^ dent, dont il cite la Règle, et le vénér Bède. Mais ses deux auteurs privilégié5,( dont il reproduit la doctrine avecieplu mour, sont saint Augustin pour le do, et saint Grégoire pour la morale. Quel fois même il copie de ce dernier, doul i) sédait les dialogues à fond, de longs ges sans le nommer.

I. Pour donner une idée de la dûctriiM fermée dans ces homélies, nous encfiei

auelques traits sur le do^me, la monlei iscipline. Nous avons dit que ranteitr i pris saint Augustin pour modèle et poni de. En effet, il se déclare ouvertemci conformité de principes avec lui sur la; prévenante, et il veut que nous atleoi d'elle, ei non de nous-mêmes, le pM d'accomplir les cooimandements de Dit établit même, comme article de foi, li cessité de croire que cette ^râcc, ded que tout autre bien, nous vient de Dii qu'il nous la donne gratuitement. C'est^ principe 7) u*il qualiue grftces, en ciiaotl Paul, les mérites des saints, lesquels ainsi nommés, mais improprement, dj^ t-il, parce qu'au moyen a une grâce parvenons à une autre. Ainsi Dieo.

saint Augustin, continue Raoul, eoa nant, ne couronne que sa grâce : loti AugustinOj solam gratiam suam com noùis Deu$, En faveur de ceux qui \i\ pas assez instruits de ce mystère, ile que autre part de quelle manière Di4 conduit à notre égard dans ces 5orie$d< contres. « D'abord, dit-il, en rap|>orl3i paroles de saint Grégoire, Dieu agit eni sans nous, afin d'agir ensuite avec i Après quoi il récompense par son infini séricorde le bien qui est en nous, cumu venait uniquement de nous. »

Dans l'homélie sur l'Epttre de la t du Jeudi saint, il établit discrèteœenl li me de la transsubstantiation. Après ave pié les paroles s;tcramentelles, il dit < moment même où le prêtre les pronou prêlreinvisible change le pain visible e propre corps. Il n'établit pas moins c ment le sacrement de pénitence, et ce dit à ce sujet est remarquable, llaoul d gue deux sortes de péchés, les péchés I ou véniels, qu'il qualitie aussi de p quotidiens, et les péchés mortels, ci grands péchés, majora crimina, corn s'exprime. Les premiers, selon lui,nou remis au moyen d'une légère satisfa sans les confesser au prêtre, ou même, découvrant à qui que ce soit, quand ) il serait notre inférieur, parce que TIk n'est pas séparé de Dieu par ces péchés n'est pas, au reste, ajoute-t-il, que ceil

BAO

RAO

de eoor«$5imi ait la tertu de nous absoue do péché, mais c*est que nous sommes irifiés (tar J'hamiliation qui accompagne tavcu, et par la prière de notre frère à qui «Miécouvrons nos fautes.» Ce passage peut ri.r À àpimyer Téciairpissement que nous tDS'looné ailleurs, sur les deux manières j^iilVsser ses péchés, dont le bienheureux ■rr.in«\ contemporain de notre auteur, bdans sou traité De celanda confeasione^ |2u secret de la confession. « Mais quant Iplus grands péchés, reprend Raoul, le {D^ur nous ordonne de les confesser aux ltre>, et d'y satisfaire, suivant ce qu*ils H {ireicriront. Ce sont eux seuls qui ont lavoir de lier et de délier, comme le ju- Itni ou discernement de la lèpre était Ibis aux seuls prêtres dans Tancienne iiEi| liquant un peu plus haut de queHe iifeondoit le faire, il marque très-disfeo^nt les trois actes du pénitent, lacon- |jn«li confession et la satisfaction. Utsci-^ (wii pœnileamuSy ore nos accusemus^ w\t(aciamu8. 11 est impossible d*étre

m ses homélies il y en a deux pour

ou commémoration des fidèles trépas-

ins lesquelle^f ii insiste fortement sur lères poar les morts. Ailleurs, il parle

du purgatoire, comme incomparable- I plus ?if et plus cuisant que celui oui n^entir en cette vie. En expliauantl file pour la fête de saint Luc, il dit que,

lesé?êques sont ordonnés sur le molles apAtres, de même les prêtres ^ «d ordre le sont sur celui des soixan-

mze disciples.

»Li morale de notre orateur dans tout

|i touche aux devoirs de l'homme, tant

)rt à Dieu et au prochain que par

lui-même, est aussi saine que bien

(«partout. Il n'y a qu'à ouvrir le re- '^ses homélies, pour s'en convaincre.

(point de pa^e qui n'en offre des preui^erait donc inutile d'en rapporter des

iaulaot plus qu*ils ne s'élèveraient Hessus des idées et des lieux com-

ordinaires. Seulement, nous dirons ff'KaJi en vue de conserver cette pureté ]u morale, comme dans le dogme, qu'il il que les prédicateurs, après avoirau-

la parole, recourussent à r£criture

alind y conférer ce qu'ils avaient pré-

H de le rectifier, s'il ne s'y trouvait pas

"^e. C*est encore 1& qu'il les invitait h

ce qu'ils devaient débiter dans la sui-

s'ils réussissaient dans leur ministèi^ exhortait à en rapporter la gloire à

et à se regarder eux-mêmes comme ÙQistres et des serviteurs inutiles. Ce iurcommuniquer aux fldèles une docirrépréhensible le portait, non-seule- '* exiger ces conditions de la part de qui prenaient soin de les instruire, tocore à blflmer la négligence qu'ap- ^«Ql les simples ûdèles a entendre cornant les livres sacrés. Il voulait qu'ils ioiandassent h Dieu Tintelligence, par

issements, le jeûne, la prière, comme

faisaient les anciens Pères. Sur ce principe, il leur interdisait les lectures profanes et dangereuses, comme les comédies, les historiettes inventées à plaisir, les poésies pastorales et champêtres et les autres pièces de celle nature. Qu'aurait-il donc dit, s'il eût vécu de nos jours, au milieu de ce déluge de romans immoraux, impies et anlisociaux qui nous inondent?

Raoul n*est pas moins exact et pas moins irrépréhensible dans les points de discipline qu'il a touchés, qu'en ceux du dop;mc et de la morale. Lorsqu'il s'agit de l'excommunication, il voudrait qu'on ne la prononçât qu'avec la plus extrême répugnance et après avoir pris toutes les précautions pour guérir le mal ; en un mot, qu'on se comporlftt, en ces occasions, comme on le fait, lorsqu'il est question de couper un membre du corps humain. S'il s'agissait de l'excommunication d*nn souverain, il serait d'avis qu'on le tolérât plutôt que d'en venir à celte extrémité, il y avait de son temps beaucoup de prêtres concubinaires, ce qui marque bien la fln du xi' siècle; Raoul, bien éloi-

S né d'approuver leurs vices, blAmait cepenant les fidèles qui refusaient d'entendre leur messe.

il résulte du texte sacré dont ces homélies sont des explications, que toutes les épttres et tous les évangiles des dimanches et fêtes de l'année, n'étaient pas alors les mêmes que nous lisons aujourd'hui, aux mêmes jours. N'oublions pas un fait de l'histoire de son siècle, que l'auteur a fait entrer dans une de ses homélies, et qui a échappé à tous les écrivains ses contemporains et les suivants, excepté toutefois à notre grand évêque de Meaux, qui en parle dans son Histoire des variations. Ce trait regarde une espèce d'hérétiques manichéens qui troublaient alors le diocèse d'Agen. La peinture qu'en fait Raoul montre que c'était une branche de ceux qui avaient déjà paru à Toulouse, vers 1018, à Orléans en 1023, à Cambrai et à Liège deux ans après, et qua de cette branche sortirent dans la suite ceux qui parurent à Soissons en 1114, à Toulouse encore en 1118, dans le Périgord vers 1147, et formèrent enfin la secte des albigeois. Comme la doctrine de ces manicnéens d'Agen différait des autres en plusieurs

{joints, quoiqu'elle fût la même pour le ond , on ne sera pas fftché d'en lire ici le détail, tel que Raoul nous Ta conservé. « Ils se vantent, mais faussement, dit-il, de mener la vie des apôtres, de ne menlir ni ne jurer jamais. Sous prétexte d'abstinence et de continence, ils condamnent l'usage de Ja chair et les noces, prétendant que c'est un aussi grand crime d'user du mariage, que de commettre un inceste avec sa propre mère, ou sa fille. Ils rejettent aussi 1 Ancien Testament avec une partie du Nouveau, dont ils ne retiennent que certaines choses. Et ce qu'il y a encore de plus criminel, ils recx)nnaissent deux créaleurs : Dieu uui l'est des choses invisibles, et le diable des choses visibles. Sur ce principe, ils adorent

RAO

RAO

6D cachette le dial^le, qu'ils regardent comme le créateur de leur corps. A l'égard du sacrement de Tautel, ils prétendent que ce n*est purement que du pain. Ils nient le baptême avec la résurrection des corps, et soutiennent que personne ne peut être ! sauvé, s*il n'embrasse leur secte. »

Un autre trait remarquable des homélies de Raoul, ou du moins qui se lit dans un de ses discours, c*est le caractère dominant de quelques nations qu'il a trouvé moyen d'y tracer et d'y peindre. Par exemple, il assigne aux Français l'orgueil comme leur vice propre, aux Romains l'avarice, et aux Poitevins la gloutonnerie et le babil.

Comme il ne nomme en particulier que les habitants de cette dernière province, c'est une preuve qu'il parlait devant eux et qu'il en était lui-même. On trouve ces deux recueils réunis et imprimés en deux volumes i&-8*, dans la Bibliothèque des Pères de Paris en 1586, et de Cologne en 1604. Jean Robert et F. Fremin Capitis leur ont fait l*honneur d'une traduction française, 2 volumes in-8% Paris 1575.

Les homélies de Raoul Ardent nous serviront de thème à quelques réQeiions générales qui trouvent ici leur place, autant et peut-être plus naturellement qu'ailleurs. Ce n'est point par les discours qui nous restent de ce temps-là que nous jugerons des succès de la prédication. Dénuées de chaleur et d'onction, réduites à de froides explications de textes mal choisis et mal interprétés, toutes ces homélies et nous n'en exceptons pas une seule, n'offrent que des choses arides et dont la pesante mono^ tonie n'est rachetée par aucun détail. L'éloquence,à cette époque, ne présente pasd'autre caractère ; mais la prédication n'en avait pas moins ses miracles. Lorsqu'en 1064 des milliers de pèlerins armés partirent de l'Allemagne pour se rendre à Jérusalem, visiter les saints lieux, affectant d'étaler sur leurs personnes et dans leurs équipages une magniGcence qui leur devint si funeste, et qu'ils donnèrent le premier exemple de ces expéditions, tout à la fois militaires et chr<^tiennes, qui pouvait avoir imprimé aux esprits un mouvement aussi extraordinaire? Les mêmes causes qui agissaient sur eux étaient celles qui, à la voix de Pierre l'Ermite, précipitèrent l'Occident sur l'Orient; les mêmes qui entraînaient des Seuples entiers sur les pas de Foulques de euilly, d'£ustache de Flay et de Raoul Ardent, lorsqu'ils prêchaient la croisade. Les succès qui signalèrent leur mission tiennent du prodige. Jamais Grégoire de Nazianze ou Chr^sostome n'avaient obtenu de semblables triomphes. Ces faits extraordinaires ne prouvent rien. Les moyens qu'ils mettaient en œuvre sont toujours de produire leur effet sur la multitude, et ne supposent pas toujours l'éloquence. Le ton de persuasion, la véhémence du geste et de la voix, la facilité du peuple à se laisser prendre à des dehors imposants; mieux que tout cela, le doigt de Dieu, qui sait.

quand il le juçe à propos» choisir ses i truments parmi ce qu'il y a de plus fai suffisent pour expliquer ces miracles. Jao il n'y eut plus de conversions que dans siècles-lè, et jamais il n'y eut moins loquence. Les Pères dont les excelli écrits ont flxé pour tous les siècles bornes de Tart, ne furent ni des déclt leurs enthousiastes, ni de froids disseï teurs. Le juste milieu entre l'un et Tau

3ui constitue l'éloquence, resta incni ans cette longue suite de siècles. Tons sermons qui nous restent de cette déi rable époque ne nous présentent qaed sipides allégories, qu'une morale [m , retombant dans un cercle monotone divisions et de subdivisions arbitraiii de lieux communs et d'allusions p files.

Autres icRirs. — Le panégyrisledeli

Ardent assure qu'outre ses homéliesilni

composé un autre ouvrage, divisé nf

torze livres et intitulé Spéculum AréM

mais il ne nous dit point quel sujet Taoli

entreprenait d*y traiter. Divers autres é<

vains, dans la suite, choisirent le nrf

titre pour annoncer quelques-uos de le

écrits, de sorte qiie sur la quantité il

excessivement difficile de discerner que^

celui de notre auteur. II lui attribue ent

une histoire de son temps, ou plutôt, cod

il Texplique presque immédiatement, di

guerre de Godefroi de Bouillon contrei

Sarrasins. Mais il ne dit point qne,

ouvrage fût un de ceux dont Baool

mention, comme il le fait pour (]of

autres; et ce qu'il ajoute aussitôt fai/i

une difficulté qui demande queiqa'é

cissement. On dit que cette guerre I

celle dont fut Guillaume, comte dePodi'

Or ce prince n'alla à la croisade,

nous lavons dit, qu'en iiôl, et par

quent après la mort de Godefroi de fioail|

De sorte que l'histoire qu'écriril '

Ardent roulait sur les exploits mili

des Chrétiens contre les Turcs, du

où le comte Guillaume faisait pari

cette expédition, elle ne contenait q(

événements arrivés en 1101, et ne

être qu'un commencement d'histoire,

qu'on suppose que l'auteur ne véci

au delà de cette même année. Si at

traire elle comprenait ce qui se pa;

croisade, sous Godefroi de Bouilloi

serait un ouvrage préférable à ceuidi

debad, de Raymond d'Agiles, de FoucI

de tant d*autres, au moins pour le

car, sans s'élever sous ce rapportau-i

de son siècle, Raoul écrivait mieux]

ces autres historiens. Enfin on lui a(l

encore un Recueil de lettres, diri!

deux livres; mais rien ne justifie

supposition. Si elle était vraie, la pei

ce recueil serait vraiment regretta]

cause des traits d'histoire que Ton y

rait découvrir.

RAOUL, ou RODOLPHE, moiue Chaise-Dieu, en Auvergne, n'est conoi par la Vie de saint Adeielmej d*al)0rd '

RAO

DE PATROLt)GlE.

RÂO

t Donasière, puis prieur de Saint-Jean de )rgû5 en Espagne, où il finit ses jours en 17. Il n*est guère de monument plus au- ^tique que celui-ci» puisqu'il fut écritdans ^eu luème où le saint arait passé la plus bode partie de sa vie, et, tout au plus, six saprès sa mort. L'auteur s'y est borné aux ll'Ies actions du saint qu'il raconte avec Éntd ordre que de simplicité et de canfe II paraît, du reste^ par te style de son fit» qu'il en avait été le témoin oculaire , l|u'il avait passé quelque temps sous la Hiplioe du saint abbé, lorsqu'il gouver- II le monastère de la Chaise- Dieu. Aussi iiiblie*t-il jamais de l'appeler son père, et .le mettre au nombre de ceux qui éproumt la peine la plus sentie, lorsqu'ils le ht abdiquer sa dignité d'abhé, pour se ter en Espagne. De tous les miracles que •opéra par l'entremise du saint homme»

M De rapporte que ceux ciui se firent, de l^iiQtetàba mort. Il na point cher* iiâtQplifier sa matière par des épisodes, Hiievi communs et autres ornements mpn; au contraire il déclare expressét que s'il avait voulu détailler tous les les et toutes les vertus du saint abbé, aurait formé un écrit très-volumineux, qu'il avait mieux aimé abréger et ne re que le fond même de son nistoire.

De pas tomber dans des longueurs. A oianière succincte de rapporter les ) il a su joindre un ton de piété et de lie, qui donne un nouveau relief .à Tail. II se trouve dans le Martyrologe ol de Jean Tamayo de Saiazar, d'où Vabillon Ta tirée pour la faire entrer ■N Collection des Actes des saints^ après enrichie de notes ei d'observations mires.

ÛCIdb Caen, ainsi nommé du lieu de Nnce en Normandie, fit ses études l[^ie ville sous le célèbre Arnoul, qui M'ius tard patriarche de Jérusalem, {beaucoup de part à l'amitié de ce 6t s'en fit dans la suite un illustre Nr. Le mérite du seul ouvrage qui r^te de lui fait juger qu'il fit dans les sautant de progrès gue l'on en pouvait . alors. On s'aperçoit sans peine qu'il l^ait les auteurs des bons siècles et

Ekui les poètes anciens. On découvre 'lans le choix des choses qu'il rapporte, l'ordre ^u'ii leur donne, et dans les ^réflexions qu'il y ioint un écrivain )it du jugement, et d autres connais- Jjsqae celles des belles lettres. Vers 1107, Nil avait environ vingt-cinq ans, Raoul *^ ()arti d'aller à la croisade, ouverte dès ^«luaison ne voit pas bien clairement Mut en qualité de clerc ou de simple N- On est plus porté à s'arrêter à cette ^re supposition, quand on le voit parlât l'an militaire, comme s'il l'avait jpro- J Dès son arrivée en Syrie, il choisit de «rvDce l'armée de Boëmond et de Tan- J« iK)ur y servir, parce qu'étant normand •^tiionnait particulièrement ces génén qui descendaient des princes de sa

nation. Raoul s'attacha à i*un et à Tautre, mais surtout à Tancrède qui, de son côté, paraît lui avoir accordé une grande confiance et une grande considération. On ne sait rien des autres aventures de cet historien soldat, ni de l'époque de sa mort; toutefois on a des raisons de penser qu'il ne vécut pas au delà de l'année 1115, et par conséquent qu'il mourut jeune.

On ne possède de Raoul que son Histoire de la première croisade que nous nous permettons de désigner sous ce titre, parce que l'auteur y touche tous les principaux événements de cette première guerre qui se fit en Orient contre les ennemis du nom chrétien; mais son dessein principal est d'y faire connaître particulièrement les grands exploits par lesquels Tancrède, issu des princes normands qui avaient conquis la Calabre, la Fouille et la Sicile, et l'un des chefs de cette première croisade , y signala sa sagesse, sa politique, sa valeur et sa bravoure. C'est pourquoi l'ouvrage est intitulé : Les Gestes de Tancrède à Vexpédition de Je* rusalem. Raoul forma le dessein d'entre-

{^rendre cette histoire, dès quil eut joint 'armée chrétienne en Syrie; voici à quelle occasion. Comme Boëmond et Tancrède lui témoignaient beaucoup de bonté et l'admettaient volontiers en leur compagnie, il leur enteodai-t raconter tous les jours les grands événements déjà arrivés à la croisade et se plaindre en même temps qu'il n'y eût personne qui se mit en peine d'en conserver le souvenir à la .postérité. « Et en laissant échapper ces plaintes, dit Raoul, ils se tournaient vers moi de temps en temps comme pour me faire sentir qu'elles me regardaient personnellement. i> il le comprit fort bien et prit dès lors la résolution de se prêter à leur désir.

11 commence son histoire par l'éloge de son héros, qu'il fait suivre de celui de Boëmond, sous lequel il commandait en second comme un général sous un roi. Après avoir décrit leur route jusqu'aux portes de Constantinople, et les marques de couraxe et de valeur qui signalèrent en particulier la marche de Tancrède, il raconte la manière habile dont ils surent déjouer les ruses et la mauvaise volonté de l empereur Alexis, dont tous les artifices ne servirent qu'à faire éclater davantage la sagesse et ta grandeur d'Ame de Tancrède. De ces faits particuliers il passe au récit général des grandes actions des croisés, en commençant par la prise de Nicée, comme presque tous les autres historiens de cette guerre, mais sans perdre de vue son objet principal, qui est de faire connaître et de relever les actions de son Jiéros. Lorsqu'il en vient au concile de Nicée, oh tous les chefs des croisés se trouvaient réunis, il entreprend de les caractériser l'un après l'autre, ce à quoi il a assez bien réussi. Quoique Normand d'origine, il ne pallie pas les défauts du duc Robert son souverain, qui se trouvait du nombre de ces chefs. Sur ce {)lan, Raoul continue la suite de cette histoire jusqu'au siège d'A-

RAO

NCTIONNAIRE

RAO

Hl

pâmée, en 1105, époque où finU son récit. 11 est indubitable que s'il n*eût été prévenu par la mort, il n'en serait pas demeuré là. h faut se souvenir qu*il écrivait après 1112 et avant 1118. Son néros avait encore vécu sept ans après l'époque oii il finit son histoire, et s'était signalé, cette année-là même et dans celles qui suivirent, par des prodiges de valeur, rapportés par les autres historiens du temps. Raoul, qui s'était proposé pour but de faire passer à la postérité les gestes de ce grand capitaine, ne parlant ni de sa mort ni des hauts faits qu'il accomplit dans les sept années qui la précédèrent, c'est une preuve péremploire qu'il en fut empêché par une cause insurmontable. Or, nous n'en apercevons pas d'autres que la mort. Nous ne pensons pas que l'on soit admis à dire qu'il aura continué son histoire et que la suite en est perdue. Le mot4f qui nous fait rejeter cette supposition, c'est que le manuscrit qui contient ce que nous en avons paraît porter tous les caractères de l'œuvre originale de Raoul, e1 finit néanmoins à l'époque que nous avons marquée.

Ce qu'il rapporte dans son récit, il ne l'avait pas vu par lui-même, puisqu'il ne

f>assa en Syrie que vers Tan 1107; mais il 'avait appris de témoins oculaires et dignes de foi, et particulièrement de Raoul et de Tancrède, dans l'intimité desquels il avait été admis. D'ailleurs, en parcourant en personne le pays qui avait servi de théâtre à la guerre, il s était mis au fait de la situation des villes, des places et autres points importants du territoire, pour {pouvoir en parler avec connaissance. Ce qui nous reste de son écrit doit donc être regardé comme un morceau d'histoire fort authentique. On y trouve même plusieurs faits et plusieurs circonstances intéressantes qui ne se lisent pas dans les autres historiens de la même expédition. Telles sont, entre autres, les différends entre Tancrède et Baudouin d'abord, et ensuite avec Raimond comte de saint Giles ; l'origine, le sujet et les conséquences de ces brouilleries. Tels sont encore les détails du siège et de la prise de Tarse en Gilicie. Il faut encore mettre de ce nombre l'aventure de Boëmond, prince d'Antioche, que nous avons rapportée ailleurs, comme n'ayant été écrite que par l'historien anonyme de la même guerre, dont Mabillon a publié le récit. Mais, comme cet écrivain est postérieur à Raoul de Caen, il n'y a pas lieu de douter qu'il ne lui ait emprunté ces détails ainsi que beaucoup d'autres.

Quoique Raoul, comme nous Tavons dit, se soit principalement occupé de relever le mérite de Tancrède, cependant il ne laisse pas de rendre justice à l'habileté et à la bravoure des autres généraux de la croisade. On ne peut par conséquent l'accuser de partialité, ce qui est un erand mérite dans un historien. 11 donne les choses pour ce qu'elles sont et parle habituellement avec connaissance de cause. Ses descriptions sont vives, agréables, mais quelquefois trop abrégées.

Il a cru devoir charger son écrit de plusiem harangues, trop longues pour être vraise» hlables, et comme presque tous les hisi^ riens, il s'est mis à la place de rorain qu'il fait parler. On a vu, à l'arlicle de R» mond d'Agiles, que cet écrivain fait (oa ses efforts pour justifier la découverte de II sainte lance et la donner comme ud éxh^ ment authentique et incontestable; au contraire traite cette découverte de supercherie et d'imposture. Sans nous \mn\ en faux contre ce démenti , nous do permettrons de remarquer cependant q Raimond déclare avoir vu par lui-méi l'événement qu'il rapporte. Uo autre tnjî remarquable de l'écrit de Raoul c'est ii docription au'il fait des mœurs des Prorefl» çaux, et (les manœuvres qu'ils emplojiiot dans le dénûment où se trouvait Tanoèv pour se procurer des vivres. Quoiqaedtti page ne soit rien moins qu'à leur hoonoB^ elle mérite d*être lue.

Le style de Raoul est plein de gèQe,l'it fectation et nullement naturel, maispta latin cependant que celui des autres his)|( riens de la même époque. Il setbble av voulu imiter la concision et le lacooisise di Tacite, ce qui le rend souvent obscur.

reste, il se ressent plus de la poésie que la prose. Aussi l'auteur avail-il un f

t' articulier pour la versification, oui fo peu près la cinquième partie de' son vrage; et l'on peut dire que les tirades vers qu'il y a intercalées de temps en te(D|« sont fort au-dessus de sa prose. En effet, al y trouve du feu, de l'élévation, de Téoei^M^ et, sans trop d'injustice ils peuventaiM à leur auteur la qualification de poéit. n n'y manque qu'un peu plus de ém^t d'harmonie et d'exactitude danslaoeson des syllabes, pour en faire souvent de M beaux vers. L'Histoire de Raoul, pabijit pour la première fois par dom Ûarièii dans le tome III de ses Anecdotes, arepirt depuis dans la grande Collection de Man^ tori. M. Guizot Ta reproduite dans sa Colleta tion de mémoires relatifs à rfliatoiredil France, sous le titre de : Faits eimftsë prince de Tancrède pendant texpéaition es Jérusalem,

RAOUL, issu d'une famille illustre d( Normandie, prit l'habit monastique datf l'abbaye de Saint-Martin de Séez, en m Dix ans après, à la mort de 1 abbé Robert. il fut élu pour lui succéder. Inquiété F4f Robert de Bellëme, il passa en An^^eterre pour se mettre à couvert des veiauons de ce seigneur, et fut bien reçu par le m Henri. Son mérite ne tarda pas à le fâiri connaître, et le siège de Rochesler m • venu à vaquer par la mort de Gondulpû^ Raoul fût regardé par saint Anselme coniB» l'homme le plus capable de le remplir.^ reçut l'ordination des mains de ce prelHi et six ans après il lui succédait sur le premier siège d'Angleterre, élu presque à 'b* nanimité par une assemblée de préMis e de seigneurs réunis dans Téglise de njo«> sor. Le roi, qui d'abord était porté pou^

RAO

RAO

l'abbé Fffriee, agréa l'élection , et elle fut

i^raforoent applaudie. La conduite de

lal jnstiûa pleinement la bonne opinion

ToD avait conçue de lui. Il remplit digne-

t le siège de Canlorbéry et mit un grand

é à en soutenir les droits, surtout contre

rsian ou Turstin, archevêque d'York«

tt, |»endant tout le temps de l'épiscopat Raoul» aima mieux renoncer à son élec* ton que de lui rendre l'obéissance qu*il nigeair. Après avoir gouverné TEglise de Cmiorbérj pendant huit ans et six mois, lioui mourut le 20 octobre 1122.

Noua ne connaissons d'autres écrits de hoQl que quelques Uitrei, dont la plus knsidérable et la plus intéressante est celle

e^ii écrivit an Pape Calixte, pour se plaine de l'injure faite à sa personne et à l^lsede Cantorbéry, dans l'ordination de iRtbevéque d*York. Voici ce qui avait omiéliea à ces plaintes : Turstin, élu artevéque dTork , avait refusé de recevoir Mi?iation des mains de Raoul, conforiné- ÎÎdI aux droits et privilèges de Téglise IhiatiaiedeCantorbéry. Il était allé trouver Ihpe Calixte à Reims, où U avait assemif un concile et s'était fait ordonner |)ar h Pontife, après avoir mis les Romains ^ ti ses intérêts, en employant le moveu i réussit toujours dans ces sortes d af- ^s. Ce n'est |ias ici le Heu de rapf)orter histoire, quoique le ressouvenir ait pé Raoul pendant tout te reste de son

Sscopat; nous remarquerons seulement ^ I archevêque de Cantorbéry avait d*aulit t»ius de sujet de se plaindre de Tordi- ■ioo de Turstin , que le Pape avait été Ifcrmé de son différend avec l'archevêque Vork, par un intermédiaire que le roi i!iii};leterre avait député lui-même pour leMiimander au Pape de ne point ordonir et de ne point permettre que Turstin " ordonné fiar aucun autre prélat que par lievêque de Cantorbéry ./Turstin, lui* e, ii*avait obtenu du roi la permission trr an concile indiqué à Reims, en 1119, p sur la promesse solennelle de ne rien ■rc auprès du Pape qui pût porter atteinte •i privilèges de rjSglise de Cantorbéry et il n'y point recevoir Tordination. Mais, ^u'ilfui arrivé à Reims, où Raoul ne fit »e rendre, tant pour cause d*infirmité |He {)oar d*auires motifs, il oublia ses pro* iicues et se fit ordonner. Tel est, en abrégé, k sujet de ia lettre que Raoul écrivit au n|w, dans une circonstance où il s'agissait fcs tlroits de son Eglise et de la suprématie

tVile lui donnait sur les autres évêques royaume. Ou voit qu*au besoin il savait h^ U6ieudre.

Au retour d'un voyage qu'il fit à Rome, hm\ s'arrêta en Normandie, d'où il écrivit toe leure h ses très -chers frères et fils, iai prieurs et autres serviteurs de Dieu,

SI composaient le clergé de TEglise de otorbérj. 11 leur témoigne un grand désir ^ \*A revoir après une si longue absence, '' bit reloge d £dmère, qui fut le porteur ^t telle lettre. Il était revenu en An^^le-

BlCTIORK. nK PlTROLOGIB. IV.

terre lorsque Alexandre,!" le pria, par uuxi lettre, de lui envoyer un religieux nommé Edmère.afin qu*it pût le mettre sur le siège de l'Eglise de Saint-André, qui vaquait de-

Euis longtemps. L'archevêque de Cantoréry reçut avec joie celle proposition, et écrivit a Henri, roi d'Angleterre, pour lui demander son agrément. Dès qu'il reut obtenu, il envoya Edmère en Ecosse et le chargea, pour Alexandre, d'une lettre dans laquelle il lui témoigne que, encore que ce soit lui arracher l'œil et la main droite que de lui enlever Edmère, il se rend néanmoins à ses justes désirs, pour ne pas résister à la volonté de Dieu. Les belles qualités d*Edmère et Teropressement avec lequel le roi d'Ecosse l'avait demandé, faisaient espérer

Îue cette affaire aurait un heureux succès, e contraire arriva cependant, et Edmère fut obligé de revenir à Cantorbéry, ce qui engagea Raoul à écrire au roi d'Ecosse deux lettres sur ce sujet. C'est là tout ce que nous connaissons de sà correspondance.

Baioeiis lui attribue quelques Eométiès.

C'est en quelque sorte à Raoul que nous devons la Vie de saint Anselme de Cantorbér^f puisque ce fut par son ordre que le moine Edmère entreprit de récrire. Nous ne devons pas oublier que, du temps de ce prélat, les lettres étaient très -florissantes dans le monastère du Christ, qui n'était autre que la cathédrale de Cantorbéry. Les beaux manuscrits de ce temps en sont la preuve. Parmi ces manuscrits, il y en a un remarquable en lettres d'or et d'argent : Litteris aureis atque argenieis ae passim mi' niatiSf écrit par un savant moine du Christ nommé Eduin. Ce qui est contenu dans ce manuscrit et l'ordre qui y est gardé dénotent, au jugement de Mabillon, non-seulement un habile écrivain, mais encore un homme versé dans l'Ecriture sainte. On y voit surtout un Psautier en trois colonnes, avec des préfaces, des commentaires et des prières jointes à chaque psaume. Dans la première colonne est placé ce qu'on appelle le psautier gallican ; dans la seconde, le romain avec la version interlinéaire normandesaxonne; dans la troisième, l'hébraïque, avec la version normande-française. Hiquès a donné des échantillons de tous ces psautiers dans son Trésor des langues sepien* irionales.

RAOUL, abbé de Vaucelle, diocèse de Cambrai. On le croit né à Merston, en Angleterre. Le vicomte de Cambrai, Hugues d'Oisy, ayant fondé un monastère à Yaucelle,* près de Crèvecœur, sur l'Escaut, demanda des religieux à saint Rernard. L'illustre abbé de Clairvaux vint lui-même les conduire au nouveau monastère et v donna è Raoul les pouvoirs d'abbé (!*' août 1132).

Celui-ci se montra digne du choix qu'on avait fait de lui. Honoré des grands pour ses vertus, il était chéri de ses religieux, qu'il instruisait plus encore par la sainteté de ses exemples que par ses discours. On dit que, dans une année de disette* il nour-

RAO

RAO

rity pendant plusieurs œoisi jusqu*à cinq mille pauvres. L*état de sa maison n*en deyint que j^lus prospère. De douze religieux qu'ils étaient au jour de la fondation» il laissa à sa mort cent sept profès, trois novices et cent trente convers. De plus» il avait bflti une belle et vaste église qui fut consacrée, en 1U9, par Samson» archevêque de Reims, assisté des évoques de Cambrai, de Tournai, de Térouane et de Soissons.

Raoul, après avoir gouverné sa communauté pendant plus de dix-neuf ans, mourut le 30 décembre 1152.

II ne nous reste aucun écrit de ce personnage. Charles de Visch, dans sa Biblioêhi* Îjue cistercienne^ parle d*un Commentaire de a Règle de Sainl-BenoU^ dont fait également mention Dempster dans son Histoire âCE^ cosse. Manrique parle d'autres ouvrages de Raoul, mais ces écrits sont perdus. La J?tbliothique cistercienne le représente comme un homme aussi célèbre par son érudition que par sa sainteté.

RAOUL ou RODOLPHE II, abbé de Saint- Maurice en Valais. Nous n'avons de lui qu'une Lettre adressée au roi Louis VII, et non pas Louis IV^ commo quelques-uns l'ont prétendu. Il y excite ce prince à réparer, k rexemple de ses prédécesseurs Clovis, Charlemagne et Dagobert, l'église et le monastère d'Aganne ou de Saint-Maurice» que les barbares avaient incendiés. EccUsia nostra,.. cum universis œdificiis adeamptr" tinentibus^ per mantis barbarorum iia in cineres redaeta est, ut etiammuri ex magna parle comierint.

RAOUL était chanoine régulier lorsqu'il fut fait abbé de Pierre-Mont, au diocèse de Metz, en 1113. Sur sa réputation de zèle et de sagesse, le prêtre Josbert l'invita k se transjiorter à l^bbaye de Septfonts» qu'il venait de fonder duns le diocèse de Lances, pour y établir son institut. Raoul se rendit a sa prière ; il vint à Septfonts avec les plus fervents de ses religieux, et gouverna cette maison sans néanmoins abandonner le soin de la première. Pendant qu'il était occupé à faire fleurir la vertu dans l'une et dans l'autre, Etienne, évêque de Metz, lui ordonna, en 1130, daller administrer le monastère de Frlestroff, de l'ordre de Clleaux, pendant la vacance du siège abbatial, avec pouvoir d y présider à l'élection d'un abbé. Trois ans après, Al beron, évêque de Verdun, l'appela pour concourir avec luiàlafondatiou de 1 abbaye de Rel lovai en Argonne. Raoul , toujours prêt à toute bonne œuvre, obéit sans résistance. On ignore s'il établit à Belleval les observances des Prémontrés, mais il est certain qu'elles y étaient reçues dès l'an 1137. Raoul revint à Pierre-Mont, et y \ termina saintement ses jours en 1140.

Le P. Hugo, qui a publié, dans ses Jfonuments de Tantiquité sacrée f les anciennes Constitutions du monastère de Pierre-Mont, n'hésite pas à donner cet ouvrage à Raoul. Encore qu*il ne produise pas de preuves bien certaines de son opinion, comme il n'y a rien qui la coulre-balance, nous ne ferons

aucune difliculté de l'adopter. Ces Coiikû». iions bont tirées de ce que l'on nomme li Règle de Saint-Augustin et de celle de Sêiitt Benoit. Elles prescrivent, comme celles ' le jeûne continuel, depuis le ik sepiem jusqu'à PAques, et établissent à peu ( la même forme de profession. On j retrou les proclamations en usage. I«e circal devait, tous les jours, après la retraite, bii sa ronde, une lanterne sourde k la m pour voir comment tout se passait dans dortoir, dans Tinfirmerie, dans les offîei Il y avait minution ou saignée géoé cinq fois l'année. L'infirmier l'annoDçait chapitre, et ceux qui subissaient cette o ration étaient dispensés pendant q jours des exercices de la communauté, récitait par chaque jour Toffice de la Vj et celui des morts avec les henres niales. Pendant le carême, on faisait processions par semaine dans le clottrt, chantant les litanies, et on allait tous jours boire un coup avant complies. Ti ce que nous avons vu de plus remarq dans ces Constitutions, fious ne |»ei pas qu*il existe d'autre ouvrage doot puisse faire honneur h Raoul.

RAOUL ou RODOLPHE, un des plus Lres interprètes de l'Ecriture sainte, moine de Fiaix on de Saint-Germer, au cèse de Beauvais, et florissait vers le mi du xu* siècle. Albéric de Trois-FontaiDei place, d'après Hélinaud, parmi les hoo de lettres gui écrivaient en 11S7, ce qui ment l'opinion de ceux qui le font t deux siècles plus tôt. Les autres cire tances de sa vie sont complètement io nues. Raoul, suivant le témoignage ancien auteur, composa des cooimen sur tous les livres de la Bible. Si cela ou peut dire que la plus grande partis ses écrits est perdue. Parmi ceui doot peut garantir i'eiistence, le seul qui ait imprimé est un Commentaire sur U que. Il est divisé en vingt livres, et p d'un prologue, dont nous nous eonteot de donner le précis pour faire connaître quelle occasion il entreprit son travai). Dr une société où se trouvaît Raoul, la con sation tomba sur les efforts que ftisaicni Juifs pour opprimer la vérité de rBvaoi et gagner des prosélytes à leur religi* Comme d'ordinaire, on agita le pour et! contre ; et notre auteur s*aperçut que raisons favorables aux Juifs faisaient a: d'impression sur certains esprits pour jeter dans le doute, quoique la booie empèchit d'avouer leur embarras. < N pleurâmes à la vue de cet ébraolemeiil» nous nous dîmes en nous-roêffles avec ^ leur qu'il est aussi rare lie bien coooaltrj la vraie religion gu'il est conJiuun da ■ professer. On croit le plus ordina^reiDeB par iiuitation; mais combien difficiiefl^ une foi sans lumières et uoiquemeal i^ puyée sur l'exemple de la inuliilude r«^ elle se soutenir contre les aréuments captieux que l'incrédulité lui oppose! •

Après quelques réflexions sur les prefl^«»

RAO

DE PÂTROLOGIE.

RAO

e la ruligion chrétienoe, telles qu^on les onoail alors» Raoul dit que» toulant se mn en élat de faire face aux attaques es Juifs» il s'est appliqué h bien connaître » Ecritures auxquelles ils affectent de )iailire soamis» niais qu'ils n'entendent pas. proure ensuite jiue tout est 'figuratif aans ts livres de l'Ancien Testament ; gu'il y est nfclit que l'intelligence en serait renisée IX Juils, et que» quiconque douie de leur reuglement» ou ne les lit pas, ou les lit» mme eux» sans les comprendre. 11 finit tr montrer en peu de mots que les Juifs iTriront un jour le.s yeux à la lumière 'de Evaogile, et que le voile qui la leur déilie sera déchiré au temps que Dieu a

Sué dans ses décrets. Ce début annonce . auteur va découvrir la religion chrétoae et ses mystères sous Técorce du tte qu'il entreprend d^expliquer. C'est en kt ce qu'il exécute» en appliquant» dans -Ms allégorique» à Jésus-Cbrist et à son ||i&c tout le cérémonial de la loi mosaï* It Les Pères de l'Eglise lui ont beaucoup inii t)oiir ce travail; mais souvent il entent sur leurs vues par des explications ■Telles» dont plusieurs semblent amenées > trop loin. Il se rend obscur à force de aloir allégoriser. D'aillaurs» il est extrô*- •incQt diffus» et son ouvrage» réduit de oilié, D'en serait que beaucoup meilleur. » défauts n'ont point empêche son corn- •Dlaire de jouir d'une grande faveur pen- ■t plusieurs siècles. Albéric le qualifie I ouvrage magnifique : Ojpia magm/ieutn; cet éloge s'est soutenu encore» même ils la renaissance des lettres» comme l'at- Meut les suffrages de Sixte de Sienne» de bébiard» de Possevin» de Bellarmin, de Miius à Lapide, et de plusieurs autres feoieolateurs encore plus récents. Cet écrit tkaoul est une des sources dans lesquelles toaras LusciniDS a puisé pour sa grande to^niatioD des allégories et tropologies t les livres de l'Ancien et du Nouveau Marnent. On en a trois éditions : la preitre, imprimée à Cologne» chez Euchaire irncorne; un volume in-fol.» 1536; la se- Ne» au même lieu» dans le tome X de la mUothêque des Pires; et la troisièine» dans tIVil* Tolume du même recueil» publié à fon. A bien prendre» ces trois éditions ta foQi qu'une» puisque les deux dernières * ^nt que des répétitions de la première» >Bs kucune addition» éclaircissument» ni trrection dans le texte.

1^ autres commentaires de Raoul, dont il ^^ des exemplaires manuscrits» sont au

C^ objet les Proverbes^ et se conserve à ^bridge, dans la bibliothèque du collège Jfl^tiuibrock ; le troisième» qui explique la I^PMie de Nahan^ apuartenait à la biblio- ^l.ue de Clteaux» et il nous serait difficile **'-'tiire ce qu'il est devenu après la ruine do ^•monastère; le quatrième, qui avait ap- ^«^tnu k l'abbaye de Saint- Germain des

Prés, et qui se trouve aujourd'hui dans notre Bibliothèque nationale» contenait l'explication des quatorze Epitres de saint Paul ; enfin, le cinauième, qui élucidait» en les développant, les prophéties de l'Apocalypse, a subi le sort du troisième, à la suite duquel on l'avait relié dans le manuscrit de Citeaux. Tous ces commentaires sont dans le genre moral et mystique; le sens littéral ny est

2 u effleuré, ce qui ne les empêche pas a être .crils avec beaucoup d'intelligence e( d'onction. On voit que Raoul joignait une érudition assez étendue à un grand fonds de piété.

Raoul ne se borna pas à composer des commentaires. Sanderus nous fait connaître une Somme théologique, conservée sous son nom, et qu'il déclare avoir vue dans la bibliothèque de l'abbaye des Dunes. Les premiers mots qu'il en cite, sont : Scientia est vera. Ce bibliographe lui fait encore honneur d'un traité moral : De amore carnis et de odio carnis^ qu'il avait rencontré dans la même bibliothèque. Suivant Gesner et Possevin, Raoul doit figurer aussi parmi les historiens français. L'un et l'autre lui attribuent une Chronique de France^ mais sans garantir aucunement cette attribution, non plus que celle d'une Chronique universelle^ dont ils chargent encore le catalogue de ses Œuvres ; mais il parait qu'en cela ils Pont confondu avec Raoul le Noir, archidiocre de Glocester, dont on a affeclivement deux chroniques. Tune générale, qui finit en 1213, et l'autre, des rois d'Angleterre, qui se termine au commencement du règne de Henri IIL

RAOUL (Tout aire) ne nous est connu que par ses ouvrajjes. Il naquit à Gien-sur-Loire, au diocèse d'Orléans, dans les premières années du xii* siècle. Dès son enfance il fut instruit des arts libéraux danslesquels il fit de grands progrès pour son temps. Ensuite, dégoûtédumonde, il embrassa la profession monastique dans la célèbre abbaye de Fleuri, où les études n'avaient fait que se développer depuis que le savant Abbon les avait renouvelées. Raoul y trouva donc tous les moyens de cultiver et de perfectionner le coût qu'il avait pour les lettres. Aussi sut-il profiler de ces avantages pour acquérir un crand fonds d'érudition ecclésiastique et séculière, et on prétend même qu'il possédait tout ce que les anciens et les modernes avaient écrit jusqu'à son temps. Il s'a|)pliqua surtout à écrire avec la même facilité en vers et en prose, et il v réussit autant qu'aucun autre littérateur de son siècle. La jioésie avait

Cour lui un attrait singulier; il la cultiva eaucoup, et obtint des succès qui le firent regarder alors comme un poëte au-dessus du commun. Mais ce qui mérite plus d'élo^ es, c'est qu'il se livra a l'étude de manière ne négliger aucun des devoirs attachés à sa profession. Au contraire» il les remplit avec tant d'exactitude qu'il devint le modèle de ses frères, l'ornement de sa maison et I appui de la régularité. Sa vertu était même si avantageusement connue qu'on no

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douta point que sa mort ne fût précieuse devant le Seigneur.

Sbs écrits. — Histoire des miracles de saifU Benoit. — Raoul a laissé un ^rand nombre d*écrils, mais peu sont imprimés. Le plus connu est sa continuation de VEiS' toire des miracles de saint Benoit ^ opérés en France et particulièrement è Fleuri, depuis le ixL' siècle. Dès cette époque, le moine Adrevald avait commencé d les recueillir, et après lui , Adelène , Aimon et André avaient continué sa relation. Raoul Tortaire la reprit après eux, et fut continué luimême par Hugues de Sainte-Marie, qui poussa sa narration jusquà Tan 1119. Ce que Raoul en a recueilli commence au règne de Henri i'% roi de France, en 1031, et s*arrètç à Pan lllV. Raoul avait été témoin d'une partie des faits miraculeux qu*il rapporte, et avait eu de bons mémoires pour écrire les autres. Pour enlever toute idée de doute à cet égard, il a soin de nommer les personnes favorisées de Tassistance du saint patriarche, et d'indiquer les lieux où \eé événements se sont accomplis. Quoique son recueil soit volumineux et contienne la relation de quarante-neuf miracles, il aurait trouvé moyeu d*en grossir le volume encore, si les hommes de lettres ou les habitants des lieux éloignés de Fleuri avaient eu soin de conserver la mémoire de ceux qui s'étaient opérés parmi eux. On a coutume de regarder ces sortes de relations comme peu intéressantes; mais celle de notre écrivain a pourtant son mérite et son utilité. Outre qu'elle est fort bien écrite pour le temps, avec beaucoup de candeur et de bons sentiments de piété, elle peut fournir d(s documents utiles l l'histoire générale et è l'étude de la géographie, par les détails qu'elle donne sur différents lieux et différents personnages dont les chroniuues ne parlent pas. Le P. Jean du Bois, religieux céleslin, est le premier oui fit imprimer cette histoire dans sa Bibliothèque de Fleuri. Elle fut reproduite par les successeurs de Bollandus, qui y ajoutèient des notes de leur façon ; et dom Mabillon en a donné une édition nouvelle, collationnée sur les deux précédentes et sur les manuscrits.

Après que Raoul eut écrit celte relation en prose, il la mit en vers, comme il le dit lui-même dans les deux vers suivants, qui se lisent à la tête de sou poëme :

Qiiœ nuper prosa, mmc digeroearmmegetSaf Ctorueril nouer quœfaciendo jPaler.

Il flt plus encore ; il mit en vers la Vie du saint» Vhistoire de sa translation en France et les différentes relations de ses miracles, qui avaient précédé la sienne. Les successeurs de Boll&ndus attestent avoir vu ce grand ouvrage, avec les autres du même auteur, dans un manuscrit de la bibliothèque du Vatican. C*est, selon toute apparence, le même que la Curne de Sainte- Palaye témoigne avoir vu dans son voyage en Italie. On en juge ainsi par l'énumération qu'il fait des écrits qui y sont contenus.

L'auteur a dédié ce travail h im de sesanj nommé Foulques, à qui il parle ainsi, en ^ faisant connaître par son nom :

Àccipe, m Fulco, iUn qiuB teirastkka orioo ;

Legislatoris perlege ^ita poirts.

Sœc tibijucunao scripsi Rodiitptmicnùeç,

Vt lua fil Rotirti mentio faeia Htrii,

L'ouvrage, du reste, ne parait rienconii nir qui ne se trouve déjà dans la pM)< raison qui, jointe h sa trop grande prciiiiib a empêché les Bollandistes d'en cliar^i leur recueil. Ils se sont bornés à en {lublu quarante-six quatrains, qui comprenneoll relation des miracles» éciite i^ar le mié André. Tous les vers de mesure élégi^qn sont rimes à l'hémistiche et h la fin, cooio les quatre que nous avons cités plus hi Il est probable que l'ouvrage tout cola présente le même genre de versificatiûn.

Le manuscrit du Vatican dont nous ai parlé contient encore la Fîe et les du martyre de saint Maur, qui avait fert en Afrique, avec Thistoire de sa tn lation è Fleuri, le tout en vers lier

Sues et rimes suivant la mode de . poque. On lit, h la fin de cet ounsi^'ei deux vers suivants, qui nous appreuid le surnom de l'auteur, comme ses poésd précédentes nous ont déjà fait coDoaiil{ son nom.

Maure sucer merids, extmdi vMa preemfk Quod dédit es^guuê Tortorm, acctpe mmtut.

Le P. du Bois, qui avait trouvé ce m poëme dans un manuscrit de la bibliolLè^ de Fleuri, n'en a publié que ce qui cooccdi l'histoire de la translaliou du saint, hi supprimé la partie qui comprend son loii tyre et les autres événements de si vie, sfl| prétexta qu'ils étaient suiDsammeot m nua. La même éditeur avait trouvé ao^ une hymne en vers sapbiques, cooteoaDtlj

Frécis de l'histoire du saint martyr, maist a laissée inédite» faute de pouvoir la ë\ chiffrer. |

Le même manuscrit nous présente (ft core, sous le nom de notre pnoête, uo m grand ouvrage en vers élégiaques, et (à précède dans le recueil tous ceux doBlnoq venons de rendre compte. Il est adreb^éj un des amis de l'auteur, et divisé en od livres» sous ce titre : Des choses aàmiraik ou surprenantes, DemirabHibus,Onycmfi à peu près mille distiques qui font M mille vers. Raoul y a fait entrer ce qu« avait lu de plus mémorable sur les dn^ royaumes, les guerres, les triomphes, la défaites, en un mot tout ce qui iutéres^ *'^ destinées des empires. Il y révèle aussi actes de vertu, les excès du vice, les saili de Tesprit et autres semblables sujets, hi^ tons au reste le poète tracer lui-œèmei plan de son ouvrage. On sera par là piuf même de juger du mérite de sa poésie.

on ne fera que lui rendre justice, en coni nant que, malgré ses défauts, elle est al dessus de celle des autres versificateurs i contemporains. Il en était cependant is< coup d essaie comme il semble lediredal les dix derniers sers ({ue nous allons cop«:'

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DE PATROLOGiE.

RAT

tu

Pbh nritf. tfl cvii mem non aftkitur avaru ;

Dam Untk mnm ftictUn» ab$iraliitur ; fia a de verm meînco dêcêrpere pratis,

rUtkeéemniWMêramice.iiln . , Uk- portai tàH, mraaUa, êonrnia icrtpst, *Sai^ di re^ hie memoralUnu B£<'4, permu, termie dida «e/ acta

Dm fte fm cmiM^erint varia, tr^ 8d («Mm, Clio, quœ prima poêlant

iâmprvidpMUX Heticone mets.

A la suite de ce grand oavreige viennent Uns le manuscrit onze EpUres ou lettres tn vers, adressées par Raoul à autant de ses iiuis. La première est écrite à un nommé iarnicr Bourdon, le même à qui est dédié ouvrage précédent. Elle commence ainsi :

Acr're àacfiplam, Gmtmeri Burdo, ao/tilem Uirl^Ua Torla quam iiln nomen kaben$.

\a ^ei*onJe est adressée à un nommé BerkftpJ, oom alors extrêmement commun par- ^1 les gens de lettres. En voici les deux jRQjiers vers :

tmmerUi$, Berfurrde, Inti ti M verta ao/iUf i VwpÊla Kodutpltui amwua tpu fM».

L*iu(enr, dans cette lettre, raconte k BerisriJ rhisloire un peu longue de deux amis, tvismés Tun Amélius, natif d'Auvergne, et '4u(ro Amicus, originaire de Gascogne. Ce- UKJ avait exposé sa vie en duel par altaheineat pour.son compagnon. Après avoir ouni le monde ensemble, ils [tassèrent à Ferceiloùils moururent et furent enterrés. 'dc autre lettre de Raoul, écrite à Robert, taotient la relation d'un voyage qu'il avait kit, et dans lequel il avaii visité plusieurs filles de France, entre autres celles de Blois, le Bayeui et de Caen. Il v a aussi une let- ^ adressée à un de ses frères, qui se nom- Bait Adolphe. C'est là que Raoul nous apttni qa*ii était de Gien ou des environs. b autres lettres sont adressées à Udon , Fbilas, Syncopius et autres personnages inssi peu connus. Ceux qui les ont lues ne lisent point si elles contiennent quelque bose qui soit digne d*6tre remarqué. 11 est frnbabfe que, comme toutes les précédents ce sont de simples lettres de politesse et rBuiiiié. On n'en a im(>rimé aucune.

Le manuscrit de la bibliothèque du Vati- An présente encore un autre ouvrage de kâoul Tortaire. C'est une histoire en vers de ^ première croisade, dédiée à Gfllon, qui bt évalue de Paris depuis l'an 1105 jus- )Q'aQ mois de février 1116, époque de sa ^'Tt. Cette circonslance ne permet pas de louier que ce poëme n'appartienne à Raoul le Fleuri, et non à un moine de Cluny por- ^01 le même nom, comme quelques critii|ttes font prétendu. En effet, ce Raoul de ^luny écrivait encore en 1136 et même plus ^rtt, et était trop jeune, par conséquent en 1116, pour entreprendre un ouvrage de <^^^le nature. Il résulte de tous les écrits 'i»e nous avons indiqués, que Raoul Torwire était un écrivain extrêmement laboii^ui. Le goOt singulier qu*il avait pour la '•"'e, dans les vers, a dû lui coûter bcaul^'up Je travail. Sans cette gêne et cette con-

^ûiuie qui Tempêchèrent de prendre son

essor, peut-être se serait-ii* élevé plus haut, quoiqu'il soit vrai de dire, cependant, que, telle qu'elle est, sa poésie surpasse encore presque tous les autres versificatears du même temps.

RATBERT, qui ajouta à son nom celui de pASGHASE, suivant la coutume établie parmi les savants de son époque , se rendit célèbre par sa science et par sa vertu. Il naquit de parents inconnus, è Soissons même ou dans une petite ville du voisinage nommée ïasoches, sur la fin du vin* siècle. Privé do sa mère dès la première enfance, il fut élevé avec beaucoup de soin par les religieuses de Notre-Dame de Soissons, (\m confièrent son éducation aux moines qui desservaient l'église de Saint-Pierre. Il fît h leur école^ des progrès assez sensibles dans les belleslettres et la piété, pour qu'on juçeftt à pro- 5 os de le consacrer à Dieu dans Téglise de otre-Dame, par Timposition de la tonaorg cléricale. Bientôt dégoûté de cet état, il retourna dans le monde où il mena pendant quelque temps une vie touie^ sécnhèr e^ Mais 11 reconnut sa faute,, et^ pour l'expier, il se retira dans le monastère de Gorbie,

f;ouverné alors par saint Adalard. Il trouva à tous les moyens de poursuivre ses études» et il y fit tant de progrès qu'il fut bientôt regardé comme un des premiers hommes de son siècle. En effet, il était rnre de rencontrer un homme qui réunît plus de connaissances. Outre TEcriture et les Pères, -qu'il étudia è fond, il |)ossédait encore l'histoire ecclésiastique et les meilleurs auteurs de Tantiquîté profane, et il parlait presque avec la même facilité les langues greoc^ue, hébraïque et latine. Tant de rares qualités le rendirent cher et précieux à saint Adé- Ihard et à Wala son frère, qui devint son successeur dans la dignité d'abbé de Corbie. IL fut chargé de la direction des écoles de c» monastère . et il s'acquitta de ces fonctions avec un zèle et un talent qui ^oiitèrenteor core à sa grande réputation. Les plus eour nus de ses élèves sont saiot Auschaire,, depuis archevêaue de Hambourg; Hililemann et Odon, qui lurent successivement évoques de Beauvais, et Warin, abtié de la nouvelle Corbie en Saxe. Ratbert eut part à la fondation de ce monastère. A la mort de saint Adélhard, lorsque Wala fut élu pour lui succécler» Ratber4 fut député vers l'empereur Louis pour lui faire confirmer celte élec- Uoit 11 arriva que» pendant qu'il était à la cour, un. des seigneurs- lui demanda pourquoi ils avaient choisi un homme aussi sévère que Wala pour les gouverner. C'est, lui répondit-il, au*il faut prendre pour guide celui qui marche devaut plutôt que celui qui marche derrière. Son apparition à \x cour suffit pour le faire connaître du prince, qui l'employa depuis dans plusieurs affaires publiques, dont il s'acquitta toujours aveu nonneur. Wala, son abbé, faisait tant de cas de ses conseils, qu'il n'entreprenait presque rien sans le lui avoir communiqué, et qu'il le prenait pour le compagnon assidu de ses voyages. Mais rien ne montre mieux Taffea-

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DiCTlOiXNAIRE

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plaint aans cette instractioo de ce que l'usage de la pénitence publique ait cessé dans plusieurs endroits, et que rancienne discipline dans Texcommunination des pécheurs ne soit plus observée.

Entre les devoirs qu'il prescrit aux prêtreSy il leur recommande la prièrct la lecture et mftme le travail des mains, afin d'éviter l'oisiveté. 14 veut qu'ils soient assidus aux heures canonicales de l'ofiice tant de la nuit que du jour ; qu'ils connaissent ce qui concerne radminislration des sacrements, et qu'ils entendent bien les prières de la messe. Son vœu est qu'ils aient les livres nécessaires à leur ministère ; qu'ils conservent toujours l'Eucharistie avec beaucoup de décence; Qu'ils préparent eux-mêmes le pain destiné a l'autel, ou qu'ils le fassent faire en leur présence par des personnes convenables. L'auteur va jusqu'à entrer dans le détail des points de doctrine dont les prêtres doivent instruire le peuple. Raoul avait écrit une lettre au Pape Nicolas 1", pour le consulter sur divers points de discipline; mais elle n'est pas venue jusqu'à nous.

RAOUL Ardent, ainsi surnommé à cause de la vivacité de son esprit et de l'ardeur de son zèle, naquit au diocèse de Poitiers quelques années avant le milieu du xi* siècle. On croit qu'il fit ses études à Poitiers dont l'école était alors très-florissante. Le goûx qu'il y prit pour les lettres et l'application avec laquelle il les cultiva, lui firent acquérir un riche fonds de littérature sacrée et profane. On voit, du reste, par les écrits qu il nous a laissés au'il possédait les poètes, les philosophes, i nistoire sacrée, la science des canons et l'Ecriture sainte. Il parait qu'il était revêtu du sacerdoce, puisqu'il se met lui-même au nombre de ceux qui avaient le pouvoir de lier et de délier, pouvoir dont il n'usait qu'avec une sage précaution qu'il prescrit aux autres. En parlant de ceux qui étaient chargés du soin de l'instruction des 'fidèles, il donne clairement à entendre qu'on lui avait confié la conduite d'une portion du troupeau de Jésus-Christ, probablement en qualité de curé de quelque paroisse, comme on le lit dans un petit abrégé de sa Vie. On ne connaît d'ailleurs presque rien de ses actions. Tout ce que l'on sait de plus positif, c'est qu'après avoir prêché avec beaucoup de succès, il suivit Guillaume IV, comte de Poiliers et duc d'Aquitaine, à la croisade de 1 101. On croit qu'il ne survécut pas à ce voyage et qu'il mourut en Palestine.

Homélies. ~ On a de lui plus de deux cents homélies dont le recueil est divisé en deux tomes. Le premier contient les homélies sur les Evangiles des dimanches et des mystères de Notre Seigneur pendant le cours de l'année; l'autre, les homélies sur les épitres et les évangiles des principales fêtes et du commun des saints. Toutes commencent par la division de la matière qui en fait le sujet. Si c'est l'évangile du jour, il en donne d'abord l'explication littérale, puis il vient au sens moral. Il en use de même quand il

explique Tépttredu jour. Ce préJîcaL admiré dans son siècle et sa répataS soutint encore longtemps après. A d'hui, il trouverait peut-être encore ques curieux, mais peu de lecteurs. L res qu'il cite le plus habituellemeot saint Jérdme» saint Augustin, le Pape Grégoire le Grand, saint Sulpice ^' saint Benoît, pjatriarche des moines dent, dont il cite la Règle, et le Té Bède. Mais ses deux auteurs privilégii dont il reproduit la doctrine aveclepi mour, sont saint Augustin pour le i et saint Grégoire pour la morale. Qqi fois même il copie de ce dernier, doui sédait les dialogues à fond, de lon^ ges sans le nommer.

I. Pour donner une idée de la doclri fermée dans ces homélies, nous eo

Quelques traits sur le do^me, la mora iscipline. Nous avons dit que Yasl pris saint Augustin pour modèle et, de. £n effet, il se déclare ouvertèi conformité de principes avec lui sur h prévenante, et il veut que nous aite d'elle, ei non de nous-mêmes, lep d'accomplir les commandements de U établit même, comme article de foij cessité de croire que cette ^r^ce, dei que tout autre bien, nous vieiU de 0i qu'il nous la donne gratuitemecLCest principe Tju il qualifie grêces, en citaol Paul, les mérites des saints, lesqueb ainsi nommés, mais improprement, ^' t-il, parce qu'au moyen a une grâce parvenons à une autre. Ainsi dm* saint Augustin, continue Raoul, ta a nant, ne couronne que sa grâce: leiif Augustino^ solam gratiam suam corr nobis Deus. En faveur de ceux quiu pas assez instruits de ce mystère, il ç que autre part de quelle manière f conduit à notre égard dans ces .'ortes contres. « D'abord, dit-il, en rappori paroles de saint Grégoire, Dieu agit en sans nous, afin d'agir ensuite arer Après quoi il récompense par son inlio séricorde le bien qui est en nous, cubj' venait uniquement de nous. »

Dans rhomélie sur l'Epître de la m du Jeudi saint, il établitdiscrèleraentle me de la transsubstantiation. Après avoi pié les paroles Siicramentelles, il dil '[ moment même où le prêtre les proQou:

prêtre invisible change le pain visible e. propre corps. Il n'établit pas moins M ment le sacrement de pénitence, et ce dit h ce sujet est remarquable. Ra«u' ^^ gue deux sortes de péchés, les péchés .i ou véniels, qu'il qualifie aussi de pe quotidiens, et les péchés mortels, ou grands péchés, majora criimwfl, < s'exprime. Les premiers, selon Iui»d<J"J

rAmiJi mi mnvpn H^iinA légère sallS^CI

remis au moyen d'une légère sans les confesser au prêtre, ou mc"'" découvrant à qui que ce soit, quanjj il serait notre inférieur, P»*^?"^ L n'est pas séparé de Dieu partes pécD^

n'est

pas séparé de Dieu partes peco^.

pas, au reste, ajoutc-t*il, qo^ ^"'^

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