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Dt la foi^ de F espérance et de la charité. — m Msrtène a publié sous le nom- de ischase Ratbert, dans le dernier volume de
grande collection, le Traité de la foi^ de ifhanee et de la charité^ que Warin, abbé lia aou?elle Corbie, avait demandé à fau- QF pour Tinstruction de ses religieux. Le it que se propose saint Paschase est de ODtrer en quoi consistent ces vertus et Inment on peut les acquérir. La foi, selon il)Atre, rena présentes les choses que Ton Ijère, et elle est une preuve certaine de ce H 06 se voit pas. {Hebr, xi, 1.) Sans elle, est impossible de plaire à Dieu , quelque .^rtQ que Ton ait d'ailleurs : ce gui fait que )elques*uns la définissent l'origine de la atîce, la clef de la sainteté, le principe de
l'iélé, le fondement de la religion. Elle est de Dieu, et c'est par elle que l'on va à leu, que l'on croit en Dieu tous les mystè- < qu'il lui a plu de nous révéler. Elle n'est iot soumise aux objets que nos sens nous *idoot visibles : elle ne se porte que vers s invisibles, et nous les fait voir avec plus I certitude que nous ne voj^ons les choses isibles. Elfe n'est que pour cette vie : IDs I autre elle n'eiistera plus, parce que M$ verrons lace è face ce que nous ne
KQs ici qu'en énigmes et comme par un )r. La foi, quoique commune à tous les Métieos et une de sa nature, ne laisse pas • Tirier dans ses degrés. Dieu^ dit l'Apôtre, ttf^f tes dons selon la mesure de ta foi. ^' iii, 3.) Ce sont les œuvres qui dontBIla vie è la foi : sans elles c'est une foi j^^qui ne peut vivifier celui oui la pos- Ue. Ou ne doit rien changer à la formule jl foi prononcée dans le baptême. Il y est ■l:^e crois en Dieu le Pire tout-puissant^ ^ f^ Jéius'Ckrist , son Fils. El ensuite : Je ^ au Saint-Esprit , à la sainte Eglise fMique. Les hérétiques ont ajouté en à »n\<lede l'Eglise, pour dire : Je crois en ¥<'( catholique. C*élait un artifice des JJulHjoniens. Comme l'Eglise est composée ^wiuiucs, ils s'imaginaient qu'en expri- ■-nt «le la même manière leur croyance sur '*Sii^e et sur le Saint-Esprit, ils pourraient P^y^par le Symbole même, que le Saint- ^Kilesl créature, ce qui faisait le point [ïJpiWde leur secte. Nous croyons bien que ' t^lise est sainte et catholique , mais nous «cr'Jjons pas en l'Eglise-, parce qu'il n'est \^ l^'mis (le croire en un homme ni en violeurs. Toutefois on peut dire : Je crois à '^'^'f^e ou è quelque autre homme, et je crois
à Dieu. C'e^t ainsi que Jésus-Christ disait aux Juifs r 5t vous croyez à Moïse f vous mr eroirex aussi. La foi véritable est celle qui croit pleinement tout ce que la Vérité a enseigné d'elle-même et nous a fait connaltro {)ar les hommes gu'elle a choisis pour écrire es livres canoniaues. Refuser de croire ro qu'ils ont écrit, c est tomber dans l'impiété et n'avoir qu'une foi imaginaire.
Quoique Dieu soit en trois personnes, il est un en substance; le Père. est tout entier dans le Fils et le Saint-Esprit, comme le Fils et le Saint-Esprit sont tout entiersdan» le Père. Tout ce ou'est le Père le Fils i'esl aussi et le Saint-Esprit ; tout ce qu'est le FiJs, le Père l'est aussi et le Saint-Esprit. On doit dire la même chose du Père et du Fils par rapport au Saint-Esprit; cependant le Pure est autre que le Fils et le Saint- Esprif, et le Saint-Esprit autre que le Père et le Fils; mais non pas autre chose, ni une autre substance; c'est la même dans les trois nersonnes. Celui-là connaît seul l'étendue de la puissance de la foi, qui aime Dieu de tout son cœur. Pour bien juger de ce pouvoir, il ne faut çiue se souvenir des merveilles que les saints de l'un et Tautre Testament ont opérées par la foi. La justice de la foi consiste en ce que par elle nous devenons justes, d'impies que nous étions; mais cela se fait en nous sans aucun mérite précédent de notre part. D'enianls de colère nous sommes faits enfants d'adoption, gratuitement et par la seule foi, qui n'est même en nous que par la grAce, ainsi que la justification que nous acquérons par la foi. C'est pourquoi , si nous n'étions prévenus par la miséricorde, personne ne serait fidèle; donc nous ne devons point présumer de nos propres mérites , mais attribuer à la grftce les biens que nous faisons ; grâce
S[ui n'a jamais manqué à quiconque a eu la oi qui opère par la charité. Vouloir le bien et courir à la vie par la foi sont des dons delà miséricordede Dieu, et lesdeux moyens de notre justification. La foi a ses armes et ses instinimenis pour auir ; ce sont les vertus de la vie active, Tes bonnes œuvres. Munie de ces sortes d'armes, elle repousse les traits de l'ennemi, met la pudeur en sûreté, et s'enrichit de tous les biens. Mais comme le commencement même de la foi est un don de Dieu [Ephes. ii, 8), c'est de lui aussi que vient la persévérance dans la foi. Le Prophète, après avoir dit dans un endroit : Sa miséricorde me préviendra {Psal. Lvii, 11), dit en un autre, sa miséricorde me suivra. Telle est en substance la doctrine de ce premier livre.
Dans le second, Paschase compare l'espérance à une ancre qui nous tient fermes au milieu des tempêtes du siècle, comme elle empêche un vaisseau d'être emporté par les flots et l'impétuosiié de la mer. Quoigu'elle ne puisse être sans la foi, elle est néanmoins différente : sc% objets ne sont pas les mêmes à tous égards. Les fidèles croient les supplices de l'enfer, ils ne les espèrent pas. L'objet de l'Espérance est tou-
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jours un bien. La foi croit également Ias choses passées comme les futures; Tespérance est bornée aux biens à venir ; elle n*est jamais sans amour, au lien que la foi est souvent accompagnée de crainte. Enfin, la foi s*étend, et sur ce qui nous intéresse et sur ce oui peut intéresser d'autres personnes; 1 espérance s'occupe proprement de ce qui nous intéresse nous-mêmes; elle se hâte d'arriver à la possession des biens que la foi lui fait envisager, et qui font I objet des désirs de la charité. C*est pour cela que les saints Pères tirent son ét^vmologie du terme lalin Pes^ comme si elle nous servait de pieds pour avancer dans la voie du salut, et pour courir après Paccomplissement des promesses. Toute espérance dans les biens passagers est vaine, et ne mérite pas ce nom. Il n'jr a que celle dont l'Apôtre dit : Soyons toujours dans l'attenle de la béatitude que nous espérons et de Tavénement du grand Dieu et notre Sauveur Jésus. Le désespoir n'est autre chose que l'action de s'ôter à soi-même l'espérance des biens. Il a pour princii)e la tiédeur et la paVessOy l'amour des biens temporels, le
{)laisir des voluptés, le faux jugement que 'impie porte de ses crimes, en disant qu^ils sont trou considérables pour pouvoir en obtenir de Dieu le pardon. C'est le péché le plus grand de tous, parce qu'il ferme au Saint-Esprit l'entrée de l'Ame et l'empêche de lui fiiire sentir les effets de sa miséricorde. Quelque grands donc et quelque nombreux que soient nos péchés, nous pouvons en espérer le pardon [jar le moyen de la pénitence, en ne doutant point que la miséricorde de Dieu ne soit plus abondante que nos iniquités. Tandis que nous sommes eu ce monde, l'espérance des biens futurs doit nous porter de plus en plus à la vertu ; mais il est besoin aussi que nous soyons retenus par la crainte de les perdre,'afin que nous ne nous laissions pas aller au vice. C'est de cette crainte que parle l'Apôtre : Opérez votre salut atee eraint9 et tremble» ment. {Philip, n, 12.) L'espérance excite au travail ; la crainte est la gardienne de la récompense.
Le troisième livre ne fut écrit que longtemps après les deux précédents. Paschase demande d'abord ce que c'est que la charité? A quoi il répond que c'est Dieu même. Dieu est substantiellement charité, comme il est vérité et lumière; c'est le langage de l'Ecriture; mais elle dit aussi que la charité vient de Dieu. Le mot charité est un terme grec que nous rendons en lalin par dilection ou amour. Saint Paul , après avoir dit que ces trois vertus, la foi, l'espérance et la charité demeurent maintenant, ajoute que la charité est la plus excellente des trois (y Cor. xiif, 13), parce qu'elle renferme toute sorte de vertus . comme le genre comprend toutes ses espèces. C'est elle encore qui leur donne de la solidité, qui les perfectionne. Pour être agréables à Dieu, ces vertus doivent avoir la charité pour fondement; sans elle le martyre même n'est d'aucun
mérite pour le salut. La foi et Fesperanee ne subsisteront plus dans l'autre vie ; li charité continuera de nous animer dans le céleste royaume. Encore qu'elle soit ooe^ elle se divise en deux, k raison de ses deox objets. Dieu et le prochain. Noos devon aimer Dieu de tout notre coNir; il est Id souverain bien. La preuve de cet amoor a( l'observation de ses lois, puisque l'une commande d'aimer notre prochain co^ nous-mêmes. Sons le nom de prochaiu, comprend tous les hommes. Il n'en est cun envers qui il soit permis de manqoé de miséricorde, puisque nous la defoofl nos ennemis. Pourrions-nous ne pas r^gin der les anges comme notre prochain, em
2ui prennent tant de soin de nous? M tant le souverain bien, il doit être ai plus que tous les autres hommes. Sur principe, il faut laimer plus que nousmes. C est ce qu'ont fait les martyrs en
Kndaot leur saoar pour Dieu. Lordre >n doit garder dans l'amour du proe doii être réglé par les différentes cir tances de temps, de lieux, de persoi Aimons princi|)alement ceux qui joui de Dieu comme nous, c'est-à-dire qai connaissent, qui le servent, ceux que aidons dans la voie du salut ou qui aident, ceux que nous secourons dans pauvreté, ceux avec qui nous sommes en Jésus-Christ. Les saints Pères ont d gué entre les choses dont on peut jouir celles dont on doit seulement user. Diea le seul dont on doive iouir. Les biens tt porels sont destinés a notre usage; ils sont biens qu'autant que nous les em|tlo dans l'ordre de Dieu; autreooent, ils très-pernicieux à ceux qui en usent L'amour de Dieu envers nous ne pouvait manifester plus vivement qu'en livrant' Fils à la mort pour nous racheter. So de tous les biens, il n a que faire de a mais il S'en sert quelquefois pour i'aa plissement de ses desseins. La charité oe nourrit que par la diminution àes l'accroissement des vertus. Jamais on ne se repent bien de ses Ihutes, si l'os connaît toute l'excellence de la charité l'on a perdue en péchant. Si l'Apôtre eoramandait tant la charité aux Corintbn c'est qu'il savait qu'en elle seule con>iste perfection , et qu elle n*admet aucune ii quité.
^ Sur tenfhntement de la sainte Tierce.^ s'éleva du vivant de Paschase une Ui^j entre quelques théologiens sur la msn dont la sainte Vierge avait mis Jésus-Cb au monde. Les uns soutenaient que son ah fantement avait été miraculeux conifflc tf conception ; les autres qu'il s'était accompi à la manière. ordinaire des femmes. CHU dispute avait passé d'Allemagne en Frincft Le plus grand nombre était pour VenbÉl^ ment miraculeux. Ratramne, moine de Co^ bie, pensait autrement; « car, disait-rlt ^ Jésus-Christ n'était point né de la mésa^ manière que les autres hommes, onpevrrvil accuser sa naissance de n*êtro |>oibi n^iu
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elle. • Celle raison lit imiuression sur plur iears ; mais Pascbase » qui était loin de la DQîer solide attaqua le sentiment de RaniDoe et de aes partisans» saas toi>tefois ^ oommer. Le premier livre qn*il écrivit Milre eux lie les convainquit pas, et ils )ndouèrent de défendre leur opinion de ire voix et par écrit, ce qui engagea Paslise i composer un second livre pour les ifoter» et il dédia Touvrase complet h Tabssse et aux religieuses de Noire-D.anie de ri&sons. Les raisonnements de Tauteur ot solides et il n*y parle que d'après les ^e< ; mais il j tittite peul-étre un peu trop vement ses adversaires, qu'il qualiOe do ctaleurs d*Hel vidius. dépendant il a raison ^lilÂmer la témérité qui les portail à a^ir de pareilles questions, où la curiosité luit que i>eu de chose à gagner et la élébesocoup h perdre.
Rtividius, en niant la virginité |)erpé- Hlle de la sainte Vierge, avait aussi sou- BU que son enfantement s'était fuit selon irèg'es ordinaires. 11 futréfutésor l'un et ttlre point |jar saint JérOme, avec tant de tttès que, pendant quatre à cinq siècles, Krsûfloe ne s*avisa de contester cette n:a- \n. Ceux même oui l'agitèrent dans le ix* kk étaient fort éloi^nésde Terreurd'HeN jlius. lis ne coml>attaieot pas comme lui la Kicité per^éiuelle de Marie. Catholiques ir cefK)iul, ils ue s'éloignaient du sentiment ■laitjii des fidèles que sur la manière dont iainte Vierge avait enfanté. Elle u'apu ni Il disaient-ils, enfanter que suivant la loi pmuae de la nature, et comme les autres tames» autrement la naissance du Sauveur iKiriit point été véritable et on aurait eu f^iidela regarder .comme fantastique.
"^ ase les traite d'aveugles el d'impies, ûcal qu'ils attaquaient de front la virdelà Mère de Dieu. Il résultait de V seotiment que Jésus^Christ était né IM la malédiction, enfant décolère et dune N'de péché. Leur langageétait bien difmt de celui de l'Ecriture qui nous api|Bd que Marie était bénie entre toutes Ikmaies (Inc. i, 88), que tout ce qui m Dé en elle était formé par le Saint-Ës- JUJ/iid., 35) ; d'où il résulUit, qu'ayant ptu sans passion, elle devait avoir enm sios douleur, et que son enfantement ^ml pas moins miraculeux que sa con- 'l'iiOQ. Il examine ce que dit la Genèse de nulédiclion donnée à la femme après son w,et il cite sur cela le texte hébreu, les TOons deSjrmmaque, d'Origène, de ïhéo- •ûoa el des Septante, en observant que la ■ de leobnlement marquée en cet endroit J«tl*is la loi de la nature, mais uue loi "wgeioce établie par le souverain Juge ^Hinir le péché de la femme, mais dans *^la seulement qui conçoivent et qui ïJJJïieQi à la manière ordinaire et dans IUa r ^ nature corrompue par le péché, woiirme son sentiment par divers passa- Jf^^res de saint Athanase, de saint Cyrille J-^naudrie, de saint Augustin, do saint •^«oe, de saint Grégoire ie Grand, et par
ÛlCnOJlIf. DE Patrologie. IV.
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un raisonnement fondé sur les qualités personnellesde laVierge, etsur la fête de sa naissance que l'on célébrait dans toute TERiise, avec celle de Jésus-Christ et de saint Je«in* Baptiste, à l'exclusion de toute autre. Quoi-
3ue née, dit-il, et engendrée d'une chair e péché ei quoiqu'elle ait été elle-même chair de péché, on ne peutpoint dire qu'elle le lût dans le moment, où prévenue par la grAce du Saint-Esprit, l'ange la nomma bénie entre toutes les femmes. Il faut méiue dire que sa chair a été purifiée et sanclitiée par le Saint-Esprit dès a vaut sa naissance, puisqu'on la célèbre dans toute l'Eglise comme heureuse et glorieuse ; ce que l'on ne ferait pas si en effet elle n'était telle, et si l'on n'était persuadé qu'elle n'a point contracté le péché originel, ayant été sanctifiée dans le sein de sa mère.
Paschase fait remarquer à ses adversaires
au'il n'y avait nas moins d'indécence que 'imprudence dans leur dispute, car leur titre d'hommes devait les porter à s'abstenir de traiter un su^'et qui est du ressort des femmes. Quand il s'agit du mystère de la naissance du Fils de Dieu, où tout est divin etineifable, ils ne pouvaient sans témérité en régler les circonstances selon les règles ordinaires de la nature. Il rougit lui-même d'avoir à traiter un semblable sujet, et plus encore d'en entretenir dus vierges consacrées à Dieu; mais il s'agissait de défendre l'honneur de la Mère du Seigneur ; c'est pourquoi il continue de répondre à leurs objections. Une des plus fortes était prise de l'Evangile de saint Luc où nous lisons: la tempe ae ta purification étant accompli, selon la loi de Moise, Marie et Joseph portèrent Jésus à Jérusalem pour le présenter au 5cigneur. (Itic. ii, 20.j Paschase répond que Marie n en usa ainsi que pour ne point sa dispenser de la loi; qu*au reste elle n'avait aucun besoin de purification, après avoir mis aumonde celui qui est TAuteurde toute pureté. Jésus-Christ fut offert au Seigneur, comme il fut circoncis, pour accomplir la loi de Moïse à laquelle il s'était soumis volontairement. Quand les pasteurs et ensuite les mages vinrent à l'étable de Bethléem adorer Jésus-Christ nouvellement né, ils ne trouvèrent noint sa mère dans les douleurs, mais occupée à le servir. 11 rapporte ensui;e les passages de l'Ecriture et des Pères qui parient de renfantement de la sainte Vierge comme miraculeux, et soutient que telleest la croyance de l'Eglise grecque et latine.
Il montre dans lesecond livre que les réponses de ses adversaires étaient insufflsantes pour accorder leur opinion avec la virginité perpétuelle doMarie, et il flgoute quelques nouveaux passages des Pères, aiin d'autoriser de plus en plus le sentiment commun de l'Eglise, il dit, en citant saint Augustin, qu'il n'est pas permis do pt^nser autrement que lui. Il cite aussi Sédu:ius, qu'il qualifie rhéteur de TE^jUse romaine, et le Commentaire de Cassiodore sur les Psaumes. 11 est à remarquer qu encore que Paschase traite d^erreur ie sentiment qu'il
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confjbat, ceiiendant il ne laisse pas de donner le nom de frères à ses adversaires. On ne voit pas que leur dispute ait eu des suites ; Sans aucun doute, il eût mieux valu ne point agiter ces questions inutiles et indécentes : mais ces savants» élevés grossièrement chez des peuples barbares, étaient loin de pos^ 6éder la sagesse et la discrétion des premiers docteurs de TEglise;
Nous passons sous silence quelques opuscules qui échapf)enl à Tanalyse; nous ne croyons pasdevoir nous étendre sur rhisto** rique de ses ouvrages perdus et encore moins sur ceux qui lui ont été supposés. Tout ce que nous venons de dire» dans le cours de cet article consacré & la discussion des écrits de saint Pascbase Katbert, dépose en faveur de son érudition. On a pu remarquer qu'il réunissait en sa personne les qualités qui font le théologien, l'interprète clés saintes Ecritures, le philosophe chrétien, en un mol Vhomme véritablement savant. Dans un siècle où toute la théologie consistait dans la science de TEcriture et des Pères, on pent dire qu'il possédait éminemment Tune et l'autre. 11 avait acquis la première, non en l'étudiant dans ses sens mystérieux et allégoriques, mais en ^s'attacbant principale* ment au sens littéral et en y recherchant de préférence tout ce qui tend à former les mœurs. C'est le plan qu'il a suivi dans ceux des livres saints qu'il a commentés. Dans ses antres ouvrages^ il ne parle encore que d'après les livres saints et les docteurs les plus accrédités. Souvent il emprunte leurs propres paroles, et lorsqu'il ne les rapporte pas, il en reproduit le sens. Quoiqu il eût cultivé les belles lettres, il en fait rarement usage. Il eût trouvé déplacées dans des ouvrages aussi sérieux que les siens les citations empruntées à des auteurs profanes, et sa grande modestie n'aurait jamais trouvé son compte dans le vain étalasse d'une littérature entièrement étrangère aux sujets qu'il avait à traiter. Il condamnait même la lecture des poètes et des philosophes païens, dans ceux qui, comme lui, avaient fait profession de la vie monastique. Cela ne l'a pas empêché de savoir varier son style, suivant les sujets; simple et uni dans ses commentaires, dans ses traités de morale, dans ses instructions dogmatiques, il est plus travaillé et plus poli dans Thistoire et la vie des grands hommes de son temps. Cependant ses ouvrages sont loin d'être sans dé- : fauts; il est trop diffus, répète souvent la . même chose et se jette dans des digressions qui coupent le fil de son discours. Indépenuamment des éditions particulières que nous avons indiquées, ses ouvrages réunis en collection complète ont été publiés dans le Cours de Patrologic.
RATBOD, noble par naissance et Fran-
g lis d'origine, lit ses études à Cologne. Mais onlhier son oncle, qui en était archevêque, ayant pris trop de part dans l'affaire du divorcé du roi Lolhaire, Katbod fut obligé de quitter cette ville. Ses parents le firent passer à la cour du roi Charles le Chauve, nuis
dans celle de son fils, moins pour loi pro< curer un emploii que pour terniiiierin ^udes. Après la mort d^Egilbert, éfbm d'Utrecht, le clergé, les seigneurs et)ep« pie le choisirent pour lui suocédrr eu^ A l'imitation de saint Willdwode» il brassa la vie monastique. La ville dX^tn ayant été détruite par les Danois« Bail transféra son siège épisoopal à Deveater il mourut en 918, le 29 novembre.
Sbs écrits. — Saîot Rdtbod composa sieurs écrits dont quelques-uns sont (.
nusjuaqu'à nous en tout du en partie; autres n'ont pas encore |ja ru. Guilltu Héda, rapporte, d«ns YHittQiv du M<k éf>éque$ aUlreehi, imprimée à Franquer,!
1612 , un fragnient de la Chroniqui dti saint. On voit f»ar ce fragment que Ratbod fut sacré évêque peu de jours at] la mort de Foulques^ archevêque de Reii et du roi Zuentelbold tués tous deui 900!. VBomélie sur saint Suitbert, tirée, les faits, de VHiitoire dts Anglaii vénérable Bède, fut ornée par Ratbôd réflexions édifiantes. On la trouve BoUandus au premier jour de mai, et le troisième tome des À€l0§ de Vordrfi Saint-BenoU. Dans le quatrième on v Y Homélie $ur sainte Àmatbergû^ que BoH dus rapporte au dixième jour de juil Mosander rapporte une autre Ijoioétte Ratbod , en i*bonneur de saiiit Lebt prêtre, dans laquelle Téditeur a subslii son style à celui de l'auteur. Trilhèax tribue à saint Ratbod des discours 4 louange de saint Martin, de saint W brode, de saint Roniiace, et un office ci de la translation des reliques de saint tin. Dom Mabillon. a publié un un sur saint Willibrode dans le troisième des Actes; mais il n'ose décider si c*eSl| même que Tri thème met parmi les de saint Ratbod. L'auteur de sa Vie itf ! détaille pas, il se contente de dire eo rai que ce saint s'occupait à composer hymnes et des panégyriques pour les lennités des saints, et' donne (lour pi de ce qu'il avançait l'office entier de Martin que l'on conservait encore, il reste deux de ces hymnes. Tune en élégiaques en l'honneur de saint Suil lautre en vers héroïques à ta louani^ saint Lebwin. il écrivit outre cela une ' gramme en vers élégiaques dans la^oeîl prie saint Martin de Tassister au œo de sa mort ; une autre en vers de la ai( mesure dans lauuelle il demande à Die^ pardon de ses péchés ; et une troisième ' titulée, Epitaphe de Hatbodj ou du Vfofî de Jésus-Christ^ par laquelle il témoigo« grand désir de le recevoir. Ces pièces sent pour juger que saint Katbod avait talent pour la poésie. On ignore ce ^f c'est que la Vie de saint Gerhard^ quti Tn thème lui attribue, et moins encore ce qaj faut entendre |.Hir VBistoite des sainum queSf martyrs et souverainM pontifts ^ i<i^ quelques-uns lui font honneur.
RATBËR£ ou RA THIfiH. en iaUn ibuâf
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iUT
lœ PATHOLOGIE.
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dis
m0% aossi fioieux par ses aventures quQ iflèbre pur son savoir, naqait au pajs de [lige, qoi faisait alors partie de la Lor- -^ 08 du royaume de Lothaire. L'époqu« H oaissaace ne se trouve marquée nulle limais la suite de son iiistoire fait juger fil ftut la placer m plus tard h la fin du j siècle. Ses adversaires lui reprochaient, ■mne il le rapporte lui-même, d*êtro le fils \mcharpeBner; mais cette assertion se tDove démentie par la qualité de noble É*!! se donne dans son épitaphe. Quoiqu'il IK)it de son extraction, on peut dire iju'il Ipartâ en naissanl de grandes dispositions tar les lettres. Il eut tous les moyens de icultifer avec avantage, dans Tabbave de Mes, où il se consacra à Dieu dès sa asesse sous la discipline do saint Renolt. *>rmt d*abord une application sérieuse h lectara des meilleurs auteurs grecs et Iris, afin d'acquérir la |>ureté de la languo Al devait ftarler dans la suite, puis il se fia à l'étude des sciences ecKsIésiastiques m une ardeur non moins persévérante, rià il réassit k se former ce fonds de litftture prelane .et sacrée, et cette riche irce d'éloquence que plusieurs écrivains fcordeot à lui reconnaître. Avec tous ces fsis il avait celui de la [>arole, dont il fit l^een se livrante la prédication. Quoi* il riit tout jeune encore, son mérite était
tsi connu qu'on le pressa d'accepter je de Saint-Amand, qu'il eut la gêné- Ihé de refuser, comme on le verra par la fee de son histoire.
P y avait alors dans lecleri^é de Liège un ■me d'érudition, nommé Uelduin. Quoi- |l Raihère n'eût pas été son disciple
Ce quelques-uns lont prétendu, il exis- Eaamoios d^étroites liaisons entre eux ; "H lui était même sî attaché que lorsllîlduin prit le parti de se retirer on Ik, après aToir manaué l'évéché de il l'y suivit sans liésiter. Ceci se il vers Tan 922. Quelque temps après
Îer, évéque de Vérone, étant mort, le ugaes donna cet évèché à Hilduin, le promesse de le conférer à Rathèro, îh|ne lui-mèoie serait élevé à quelque tailé supérieure, Hilduin devint en effet ftevèque de Milan, en 931, et Kathère, ff^é d'aller à Rome demander pour lui (MtiQiD, en rapporta on même temps des ■ns de Jean XI, (tar lesquelles non-seule- Mt ce Pape, mais tout le clergé de l'i^ |w romaine demandaient qu'il fût orlift< lui*méme évéque de Vérone. Le roi ■pes, qui avait changé de dispositions à
t égara, songeait k donner cet évéclié à latre. C'est pourquoi les lettres du Pape ■ déplurent. Pressé toutefois par Hilduin ^r les grands du royaume, il consentit à mioatioQ de Rathère, mais en jurant par tiiom de Dieu que de sa vie il u aurait ooinon de s'en réjouir. Et, en etfet, ce prince H Cessa de le persécuter par la suite. D'à- M il fonlut le restreindre k une partie ^ reveaus de son église et exiger de lui la'il s'eogageAt par serment à n en jamais
demander davantaie, soit de son vivant soit du vivant de son fils. Rathère rejeta cet engagement comme indigne. Hugues oûTensé alla plus loin et chercha un prétexte de le dépouiller de son évéché. Il le trouva en etfet dans la prise de Vérone par Arnoul duc de Ravière. l\ accusa Rathère d'avoir favorisé*l'entreprrsedece prince, et lorsque Hugues Tout vaincu et repris Vérone, en 933, il se saisit de l'évéque et l'enferma prisonnier dans une tour à Pavie. Il n en sortit qu'après deux ans et demi de captivité, pour se voir relégué à Côme« Azou, qui en était évéque, l'accueillit favorablemenL Rendu à la liberté vers Tan 939, c'est-A-dire dans le temps même où Hugues venait d'être chassé d'Italie par Rérenger, il se mit en chemin pour Taller trouver en Provence, oà il s'é-» tait retiré. On l'avait assuré que ce prince, repentant des maux qu'il lui avait fait souffrir, était dans la disposition ou de lui faire rendre son siège de Vérone, ou de lui donner une somme d'argent pour subvenir à ses besoins. Rathère fut arrêté en chemin par Bérenger, qui le fil mettre dans une prison où il resta trois mois et demi, après lesquels on lui permit de remonter sur son siège épiscopaU mais il en fut encore chassé par Uanassès , archevêque de Milan, qui, contre toutes les lois de l'Ëslise, avait ordonné un clerc de son diocèse évoque de Vérone. Saint Brunoa, archevêque de Colo-
gie» le fit nommer à Tévêché de Liège après mort d'Hilduin ; mais il essuya le même sort qu'en Italie. S'étant élevé peut-être avec trop de véhémence contre les vices dominants de son siècle, un parti puissant parvint à le filire déposer. Il repassa en Italie et fut rétabli de nouveau, par le crédit de l'empereur Othon, sur le siège de Vérone. Mais setant livré, commet Liège, à toute Tardeur de son zèle contre les désordres qui y régnaient, il en fut chassé une troi* sième fois, ce qui donna lieu à ce vers :
Yerotiœprœsult sed ter Rathérhu ex$id.
Il vint alors en France, y acheta des terres, ei obtint les abbayes de Sainl-Amaod,d'Aumont, et d'Alne« Selon plusieurs il mourut à Aine, en 97<h, et son corps fut trans[)orté à Lobbes.
Ses écrits. — Agnoilicon. — Le plus con sidérable de ses ouvrages est VAgnosticon ou combat spirituel ; il l'appelle aussi Médilations du cieur et volume de discours préliminaires. Destitué dans sa prison de Pavie de toute consolation humaine, éloigné de ses amis et privé de ses livres, il chercha dans la composition de cet ouvrage un adoucissemenl à sou ennui et une consolation dans sa tristesse. Son but^ en se rappelant les vérités qu'il craignait d'oublier, dans une situation où il lui était impossible d'en raviver le souvenir par de bonnes lectures, était encore de procurer un secours moral aux persounes qui pourraient se trouver éloignées du monde, soit par choix, suit involontairement par l'exil ou la prison. Oo traité n'est remarquable que par 1 amertume
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DIGTlONNAmE
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des plaintes que l'auteur y fait entendre contre les désordr^^sdu clergé de son tempsi Peut-être s*j mêlait-il quelque ressentiment personnel; Rathèrefut toute sa vie Tobjet de la persécution, et il ne l'avait pas oublié. Il le rappelle surtout à la fin de son sixième livre, ou il déclare qu'il s*y est peint tout entier sous des noms empruntés, raconte ses disgrâces et démasque ses persécuteurs. C'est à proprement parler un recueil d'instructions {)Our toutes sortes de personnes, afin de leur faire connaître leurs devoirs et de les exciter à les remplir. Ces instructions sont tirées de l'Ecriture et des Pères, suivant la coutume des écrivains de ces temps là, et quelquefois aussi des auteurs proianes. Rathère manquant de livres, comme on l'a vu, n'a pu rapporter textuellement les propres paroles des écrits où il a puisé, excepté toutefois les textes de l'Ecriture qu'il savait probablement par cœur.
Ce qu il cite d'ailleurs montre qu'il avait la mémoire aussi heureuse que l'esprit bien cultivé.
Premier et deuxième livres, — Il a divisé son ouvrge en six livres, et chaque livre en plusieurs titres. Les deux premiers contiennent des expressions propres à chaque personne privée. L'auteur, en y parcourant tous les états, les conditions, les Ages, les sexes, entre dans un détail merveilleux. Dans le premier livre il instruit le militaire, l'artisan, le médecin, le négociant, l'avocat, le juge, le témoin, le procureur ou l'homme d'affaires, Tavoué ou le protecteur, le mercenaire, le conseiller, le seigneur et le serf, le maître, le disciple, le riche, le pauvre et celui qui tient le milieu entre ces deux conditions. Nous nous contenterons de rappeler seulement quelques-uns des conseils qu'il donne aux riches et aux puissants. Il veut que ceux que leur condition ou leur dignité élève au-dessus des autres, les traitent avec bonté, se souvenant que le serviteur comme le maître, que l'esclave comme rhomme libre, sont sanctifiés par le même esprit; qu'ils ont une même foi; qu'ils participent aux mêmes sacrements, que les serviteurs rendent à leurs mallres ce qui est de leur condition, puisqu'ils eu reçoivent un salaire proportionné a leurs services; que les maîtres se souviennent qu'ils sont eux-mêmes serviteurs de Dieu, et qu'il serait injuste de leur part de prescrire à ceux 'qui les servent les choses impossibles et d'une exécution au-dessus de leurs forces. Il enseigne aux riches à faire un bon usage de leurs richesses, à ceux dont la fortune est médiocre, à savoir s'en contenter, et aux pauvres, à souffrir leur misère en patience et avec humilité.
11 passe dans le second livre à l'homme et h la femme pris séparément, è l'époux, à l'épouse, à celui qui vit dans le célibat, au père, à la mère, au fils, à la fille, à la veuve, à la vierge, au petit enfant, au jeune homme, à l'homme fait et au vieillard. Il donne aux personnes mariées des instructions conformes À leur état, et il appuie sur-
tout sur la foi et la tendresse conian qu'ils se doivent mutuellement, sur 1 ioiji solubilité du maHage ;sur la fin quoQd< s'y proposer,' sur l'éducation desenfam sur le soin des domestiques. Il fait l'éla du célibat et de la virginité, qu'il dédi d'autant plus recommandable qu'elle psti com^iagnée des autres vertus, surtout de douceur et de l'humilité. Pour engager I enfants à se former de bonne heure i verlu, il leur propose l'exemple de Sami ^ dans le temple, et dit qu'on en a tu ^ dès l'âge de trois etcinq ans, allaient deii mêmes au martyre. S'adressant eosuin ceux qui sont plus avancés en Age eis«c{ de l'enfance, il les exhorte à entrer li courage dans la milice du Seigneur, t formera la vertu, à corriger leurs déj et à ne pas renvoyer la correction de U mœurs à un temps qui leur sera ]:eul-C enlevé. Comme il était encore jeune, dj aux vieillards que, s'il entreprend instruire, c'est qu'il s'y croit obligé a évêque, ou que du moins cette dignité] en donne le pouvoir. II leur rappelle li{ rabole du figuier que le père de :
voulait faire couper et jeter au feu, qu'il ne portait point de fruits, etilen ui fort belles moralités, lileur faitobserfen core qu'il est temps ou jamais de \nu à .leur salut, parce que dans quelques] peut-être le souverain Juge les citeradt son tribunal.
Troisième et quatrième livres, — Le sième et le quatrième livres sont emj à marquer le devoir des rois et le (x des évêques. La royauté a ses ornei extérieurs, mais elle doit en avoir aus&i térieurs, la prudence^ la justice, la la tempérance. Ces vertus sobI tell( essentielles è un roi, qu'on pourraiidi ce nom à un simple paysan qui les at tandis qu'un roi qui en serait dépoon mériterait plus de porter ce litre. Arasli régler les autres, il doit se régler lui-otéi' être soumis h Dieu, avant de s'assujeilir hommes ; respecter les évêaues, se soa nant qu'ils lui sont préposés de la ptj Dieu, et qu'il n'est point pré()Osë aui { ques; qu'ils sont les anges d es Eglises^ partout où Jésus-Christ est adoré, les^ ques sont honorés après luj ; que cela s*entend peint des seuls évèquos de M salem, de Home et d'Alexandrie, (uii< tous les évêques en général ; car ïïi catholique est une, quoiqu'elle renfd plusieurs églises particulières, qui même différentes entre elles, |iar raj»
certaines coutumes, à certains usages, la variété des lieux et des peuptes.
n'ont toutes qu'un même bapléuje ei même foi. C'est aussi du même h^fàu procède du Père et du Fils, que kb ap et les évêques leurs successeurs oot re^^ pouvoir de lier et de délier. Soyez it^ soumis, 6 rois ; que vous le veuilliez uu i veuilliez pas, ils seront vos juges. Toum à la personne de l'évêque, c est (ouciier J paupière du Seigneur, parce que c't^^
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réfêque qu'il gouTerne TE^Iise. Ralhère ifluntrtf ensuite^ pM- l'exemple de Câïphe. mi eut le don de prophétiser, que les péchés itto évoque a'eiupécnent pas que Dieu n'api5e jiar sou ministère. II n*est soumis p'du jugement et à la correction de Dieu ; i»tii lort par conséquent que les princes If Ia (erre le tiennent dans une prison où il rfrit (le faim et de misère. Dieu commet aux m la défense des peuples, mais les rêvejDSdes églises appartiennent aux évèques, Il sorte que Ton ne peut les en priver sans tcriiége. C'est Dieu qui donne le sacer- M comme la royauté, mais le sacerdoce tt beaucoup au-dessus du caractère royal. Irapfiorte une lettre qu'il avait écrite à un e ses élèves qui Tavait calomnié ; et aPm le ton ne crût pas qu'il avait été chassé t son siège pour quelque erreur, il fait K profession de foi qui, en effet, est on ne loi plus orthodoxe. Les évè^iues tiennent lire eux des assemblées générales dans ffuelles les décrets des conciles et les désiuus des Pères sous les yeux, ils sont en lit de juger toutes les causes ecclésiastife5. Do plus, dit-il, il y a un siège univerit\ principal, une Église juse et maN î5se (Je toutes les autres. C'est a l'un ou à tolre do ces tribunaux qu'il veut que les fîoces s'adressent dans leurs plaintes confies éfêijues, c'est-à-dire, ou au concile, ou rE^iise de Rome dont l'autorité équivaut w^jied'un concile.
Cinquième livre. — Rathère, en parlant Wi» s'ip^sait deux choses ; l'une que les rtqaes s assemblaient souvent en concile; lolrc i|ue tout s'y décidait d'après l'auio- Kdes cnnons. Mais il se plaint du con- ^e dans sa lettreaux archevêques Widou TOlib'jn, qui fait partie du cinquième lili* SU un tenait quelquefois des conciles, ln*7 avait aucun éjjarJ aux lois de l'Eglise; Wt sj décidait par l'autorité séculière. « laïques V dominaient, et s'ils acrorfki\{ aui evèques le droit de suffrages, wu toujours pour faire réussir leurs pro- •Ktlej^seins. Il en donne pour preuve ce pK\o\\ avaiJ fait contre lui. Les évè(iues *iieni eu par| h sa disgrâce, mais elle était wrage des laïques, qui, sans l'avoir en- ^K Tavaient condamné et exilé, sans (iaurun de ses conlrères eût osé prendre jQtfeose. C'est une occasion pour lui de Wcver contre la lâcheté des évoques de 2° lenips. Ils ambitionnaient la qualité de pHeurs, et ilsabandonnaientleur troupeau ■«vueduloup. Nourris du laitdes brebis, »J"ertsde la laine qu'ils en tiraient, ils Pavaient encore du père de famille le sa- ■'^ cl n avaient pas lo courage de lancer **« chiens contre le voleur. Rathère si- J|Jl« lenrs autres défauts, les exhorte à j^nlrepiusde soin do leurs troupeaux et •^«H instruire encore plus par leurs exem- J*'^ nue par leurs discours; puis, s'adresw)l aux clercs, aux chanoines, aux moin*^. 8ui abbés, il prescrit à chacun leurs «'^•»»rs et leurs obligations, 5^xi>fliWicre. — linlin le sixième et der-
nier livre est employé h traiter des dispositions intérieures que chacun doit avoir en remplissant ses devoirs, des motifs (fut doivent animer ses actions, et de la Go qu'il doit s'y ptt>poser. Ce livre regarde indistinct tement tous les chrétiens, les justes comme les pécheurs. Il dit à ceux-là que, s'ils veulentétrevéritablement justes, ils ne doivent pas croire qu'ils le sont; et à ceux-ci, qu'ils (ioivenl se reconnaître pour pécheurs, se hâter de faire pénitence et de retournera Dieu, en s*abstenant désormais de toutes sortes da péchés. Il appelle péchés capitaux ceux qui sont contre le décalogue, et dit que lorsqu'on est vraiment converti, on en obtient le pardon par les œuvres de miséricordes accomplies par la ^râce toute gratuite de Dieu qui les inspire au pécheur pénitent. Il pose pour principe que l'amour de Dieu et du prochain aime pour Dieu doit être lo motif des bonnes œuvres. « Quelque bien que vous fassiez, dit-il, si petit qu'il soit, SI vous le faites par un motif de charité, soyez assuré qu'il vous sera avantageux. Au contraire, si vous le faites par quelque autre motif étranger à cette vertu, ne vous y tronipez pas, vous travaillez en vain. » il distingue la pénitence que chacun s'impose à son gré pour ses péchés, de celle qui est est prescrite par les lois de l'Eglise. On doit accomplir celle-ci dans tous ses points, et on ne peut se faire absoudre par un autre que par celui qui nous a liés. Celui-là n'est pas censé faire une digne pénitence, qui, en s'abstenant d'un péché, se livre à un autre, et qui, en se modifiant
Eour un adultère, pense à commettre un omicide. Rathère finit son ouvrage en disant qu'il s'y est peint tout entier sous des n«»ms empruntés, sa condition, sa famillot sa dignité, son sort et sa fortune, ses supplices» son persécuteur qu'il appelle son bourreau. Mais, quoiqu'il v ait aussi représenté la peine que Dieu reservait à ses vexations, cependant il le prie de l'en délivrer. Il rapporte un passage de saint Augustin sur rutilité des veilles. Nous devoos*à dom Martène la publication de cet écrit qu'il a reproduit au tome IX de sa grande Collection, page 963.
PerpendicuM. — Rathère répète les mêmes plaintes et les mêmes accusations dans un autre de ses écrits que dom Luc d'Achery a publié dans le tome second de son SpiciUgej sous ce titre bizarre : Ptrpmdi^ cuUSf ou vision9 d^un voleur attaché au bois de la croix avec plusieun autres^ On trouve également cet ouvrage avec lo simple titre de Du mépris dei canons. Il est adressé à Hubert, évêque de Parme. La peinture que l'auteur y fait des mœurs du clergé d*alors est effrayante. Ignorance égale a la corruption, insul)ordination e;énérale» mépris des canons et de toute loi divine et humaine, brigandage partout, jusque dans le sanctuaire. Les laïques se mettaient pou en peine de Texcommunication , parce que les prêtres eux-même<$ s'en moquaient. A peine, dans cette immense quan-
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tité d'hommes élevésà la dignité sacerdalale, en trouvait-on un seul .digne des fonctions augustes qu'il viole plulftl que de les remplir. Il trouve la cause de tous ces vices dans le refroidissement de la charité, et il en rapporte plusieurs exemples que nous aimons mieux taire que reproduire, même par l'analyse ; « car, dit-il, le désordre était poussée un tel point que si, à grand'peine, on trouvait encore quelqu'un qui fûl dijgne de répiscopat, il était devenu comme impossible de rencontrer un évêque assez pur pour lui imposer les mains. » En parlant de rEucharislie et du sacrifice de l'autel, il semble dire que le pain et le vin ne sont le corps et le sang de Jésus -Christ qae pour ceut qui les reçoivent dignement; mais il s'explique ensuite et dit clairement que c'est le même sacrifice pour les bons et les méchants, mais avec celte différence que les bons y reçoivent la vie et les méchants la mort. Quant à la présence réelle il a*eD doutait aucunement.
Climax 5yrma^t#.— Fotcui n» dans ses Gestes de I abbaye de Lobbes, n'oublie pas de faire mention de l'écrit intitulé Climaxy ou Conclusion délibéraiivê prise à Liége^ titre aussi singulier que celui du traité sur le mépris des canons. C'est une protestation que Katbère fit contre son expulsion de Tévêché de Liège, en 956. H y expose en peu de paroles quarante raisons qu'il avait de n* y pas con* sentir de quelque manière que ce pût être. On voit par le titre d'empereur qu'il accorde è Othon, sur la fin de cet ouvraze, qu'il renouvela sa protestation, lorsqu'il fut rétabli sur le siège de Vérone, afin d'arrêter ceux qui auraient eu le dessein de Ten chasser de nouveau. Il ajoute que les seize premières raisons seraient même plus 9ue suffisantes pour les en détourner, ce qui ne l'empêche pas de les menacer de la damnation éternelle, de la peine des censures ecclésiastiques et de la répression du pouvoir impérial. « Conjecture sur Vêlai dune personne.— "Aor .thère ne se nomme point dans récrit qui porte ce titre ; mais outre que Folcuin le cite sous son nom, il s'y dépeint lui-môme de façon à ne pouvoir êire méconnu. C*est une réponse aux censures que ses ennemis faisaient de sa conduite. Il tourne leurs reproches en louanges, et se fait uu mérite de ce qu'ils critiquaient en lui; mais en même temps il fait une satire assez fine de leurs défauts. Quelques-uns, prenant à la lettre le reproche qu*on lui faisait d'être le fils d'un charpentier, en ont conclu qu'il était de condition vile; mais indépendamment qu'il exprime le contraire dans son épiiaphe, comme nous l'avons déjà remarqué, il est visible par quelques mots qui lui échappent pour repousser celte qualification, qu'on ne l'appelait ainsi que parce qu*il avait le goût de la construction et quil aimait è renverser les vieux b&timents pour en faire édifier de nouveaux. On voit aussi par un autre passage, qu'il v avait quarante ans qu'il avait commence à re-
chercher ?a puissance, sans avoir r^ encore à la saisir, ou bien s'il l'avait possédée un instant, sans avoir pu la eouserm. Et quand un me l'accorderait mnotenant, dit-il, que m'en reviendrait-il, puisque je n'aurais plus que peu de temps pour»
jouir? Cet écrit est assez ingénieux, et fifonie surtout y est bien maniée et son pQ^ trait y est tracé à son avantage. On y toII un évêque bien différent de presque toii eeux de son siècle, un évêaue non-scid^ ment eAnemi du faste, de la délicatea^ des richesses, des présents, mais eneon humble, pauvre, pénilCRt^ mortiGé, déd»
téressé; un évêque tout occupé de rélutj patient jusqu'à mépriser les niédisane jusqu'à récompenser ceux qui lui disaienti injures; un évêque qui préférait la reir à la société des grands, qui poussait te jusqu'à reprendre tout le monde, etàm( par écrit les défauts de ses clercs, afind'l plus en état de les corriger. Ratlièrei cet ouvrage par un fort beV éloge de \\ pereur.
Discorde ou différend enire Bathiu ^ ^ clergé.— Ce traité est une courte exposilid de l'origine, de l'occasion et des causes^ ce différend. Après avoir montré qu'il n> pas nouveau, puisque les coramenceoiei datent de sa première iostaltatioa suri siège de Vérone, il lui assigne quatre car' principales : la différence entre les ma de ses clercs et les siennes, son intentioai leur faire observer les lois de l'Eglise, a qu'il ne les y contraignit point par fiûl( et qu'il s'appIlquAt seulement è les y e , ffer par persuasion; ses instane.es pourk faire rompre tout commerce avec les ff mes^ conformément aux décrets des eonr et aux ordres de l'empereur; et enGn impatience^ qui ne lui permettait pas de si porter le partage inégal uu'ils se faisar des revenus de l'Eglise, dans lesquels sous-diacres et les autres clercs iofériet n'avaient presque aucune part, ce qui h
f)ortaient à négliger leurs études et les m érentes fonctions de leur ordre, pour^ll surer d'ailleurs de quoi vivre. Peul-êlrc] avait-il une cinquième cause, que rauWJ ce marque pas, mais qu'il laisse cntrcTOl dans l'écrit même dont il est quPStian.C* tait la manière peu mesurée dcnlilrcitf naitles défauts de ses clercs. Il y relèTe,ei effet, sans ménagement plusieurs vices sw quels ils étaient sujets. Cet ouvrage ne II composé qu'après le traité sur le fliip« des canons, auquel il renvoie.
Apologétique. Ses clercs de leur cfli Taccusèrent de prévarication daos r^i^pW des deniers que l'empereur lui avait coDoa pour le soulagement des pauvres. Ils lui reprochèrent d'avoir mis cette sonameire' parer la basilique de saint Zenon, paiff^ de Vérone. Rathère, dans son livre apologétique montre fort bien que l'empereur, ca lui donnant une somme d'ai^enl, l«^*" laissé maître de l'employer è la réparant* de celte église et de donner le surplus «i»^
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|iauvrc8. 11 40utc que la Ytlle de Vérone ne nossédant aucun pauvre aux besoins duquel il charilé polilique ne pourvût, la somme donnée par Othon ne leur était point néces- HJre. Au surplus rév6quea le droit de faire lerTir les rnvenus de TE^lise à tous les tra- «ot qu'il juge nécessaires» à Texception ies deux parts destinées à son entretien et à fdui du clergé. RaHière se croit d*autant
Sus autorisa 1 rebitir les églises de son ftcèie, tombées de vétusté ou ravagées fartes guerres, qu*il était le seul qui s^in- Itfe$s5t à une œuvre si louable. Il trouvait HÎfDf dans ces constnictions un avantage pur les pauvres» qui y gagnaient leur vie liiraraillantf et qui en protitaient méinn |lhis que les riches, puisqu'on voit plus de pivres que de riches entrer dans les éjrtiis. Cet écrit est adressé à un de ses plus îrieats accusateurs qu*il ne uomme pas,
Ïoiqu*il en nomme deux autres, Martien Antoine. Celui dont ils*agit, non content k c^surer les paroles et les actions de lailière, se constituait encore le ju^e de ses flientions. Il se plaint qu*un d'entre eux Italie À Rome sans sa permission, et qu'il ^t obtenu, h force d'argent, et comme Inanées du Saint-Siège, des lettres qui ^luoinmuniaicnt, lui et tons les évô ]ue$ fes successeurs qui se mêleraient de la btribution des revenus de l'Eglise de Véftae. A ce sujet, il dit qu'il est impossible "^d celte excommunication ne cause pas du ;able; car, s*il méprise TMathème du iai-Siége, sa comluite sera un mauvais ^ple pour tOHt le monde ; et s'il y obéit, il pluiserapUts permis de célébrer la messe ■ d'accomplir aucune disses fonctions d'é* ue; de cette sorte, celui gui est au-dessde tous par son ordination et qui doit illersurles autres, se verra au-dessous
rlcbacon el méprisé de tout le monde. 11 1 seniir toute l'indécence de ce procédé, accuse son adversaire de n*avoir pris pte précaution de le faire excommunier, vaCn qu'il ne pût plus se faire instruire te Tiolences que ce clerc et ses semblables
S paient commises dans l'Eglise, violences Icsque Ton ne pourrait en conscience y . l^ûrcr les saints mystères le jour de PA- 4>(% si Ton n'avait soin de la réconcilier iBp&ravant.
Cette apologie est suivie d*'un petit diseurs adressé à ces même clercs. Rathère, ^i semble l'avoir prononcé de vive voix, ^1 plaint tout h la (ois et de leur rébeMion »nire son autorité légitime, et de leur in- •«niîbilitéopiniâtre non-seulement à prali- J[w» mais à lire même et h entendre par- ■fdw canons. l\ les exhorte k se corriger, •I ïeor déclare que c'est dans celte espé- Hoce qu*i| a mieux aimé recourir k l'autowécje Tempereur, que de les frapper d'ex- {J»«nmunicatrfm, comme il aurait pu le faire. ' l''ar reproche de l'avoir déjà chassé quatre »)Me son Eglise, ce qui sans doute doit J^niendre autrement, puisqu'il fut chassé '• première fols par le roi Hugnes, et la ^^'k par les brigues de Mi'on, usurpa-
teur de son sié^^e et les intrigues de Manasses, archevè {ue de Milan.
Sermona.— Folcuin met au nombre des écrits de Rathère un grand nombre de sermons, quamplures sermones^ mais sans les détailler. Nous en avons huit recueillis dans le tome II du^ptctte^ede dom Luc d'Acbery, à la suite de V Itinéraire ou du Voyage à Romef dont nous parlerons plus bas. Le premier est $ur le Carême ; mats à ce titre l'auteur en aioute un autre qui tient de la singularité de son génie et qui prouve en mêcuc temps qu'il n'espérait [>as que son discours pûtbroduire un grand fruit. Le voici : Babil de Aalherius de t'èrone, qui sera sam succès de son vivant ^ comme t/ n'en doute pas. Ce discours est divisé en trente-neuf articles et contient d'excellentes instructions, tant sur le jeûne que sur d'autres sujets. L'auteur commence d'abord par censurer les défauts
3ue Ton apportait trop ordinairement alors ans le jeûne du Carême. Il reprend ceux qui passaient alternativement un jour sans manger, et l'autre sans jeûner, et se flattaient néanmoins d'accomplir le précepte, quoiqu'on effet ils ne jeûnassent que vingt jours, au lieu de quarante. II blâme également ceux qui, jeûnant tous les jours jusqu'au soir, mangeaient la nuit avec excès, et ceux qui mangeaient avant non 0, et qui croyatenX jeûner, parce qu'ils ne faisaient qu'uarepas ; >l goupmande aussi ceux qui rompaient le îeûne du Jeudi saint avant none, etIeSamedi saint, avant vêpres, parce qu'en ce jour il était défendu de donner le baptême solennellement avant vêpres et de célébrer la messe. Il veut qu'en jeûnant on donne aux pauvres les aliments aue l'on se retranche, et que l'on s'interdise les mauvais discours, les procès et tout ce qui peut offenser Dieu ;
3ue l'on accompagne le jeûne d*aumdnes, e prières et d'autres bonnes œuvres, sur* tout de la charité qui en fait le mérite. H réfute Terreur de ceux qui disaient que tous les baptisés seraient sauvés, en montrant que la foi sans les œuvres ne suffit point pour le salut. Quelques-uns s'imaginaient qu'ils effaceraient Içurs péchés par les flammes du purgatoire; il les désabuse en leur disant que les peines du purgatoire ne sont point destinées pour les crimes, maïs seulement pour les péchés légers. Il invective contre ceux qui approuvent le mal dans les autres, contre les adulateurs^ contre lesmenteurs et contre certains prêtres d'un diocèse voisin de Vérone, qui renouvelaient l'hérésie des anthropomorphilcs, en disant que Dieu est corporel; Il répond aux passages qu*ils alléguaient de l'Ëcriture, et les comparant aux Israélites quîdeman* daient k Aaron des dieux visibles qui mar* chassent devant eux; il leur dit : « Vous fa.briquez des idoles dans votre cœur, et oubliant la me^esté de Dieu, vous vous le figurez comme un grand roi assis sur son trône d'or» et les anses, comme des hommes ail^ et vêtus de blanc, tels que vous les voyez peints contre les murailles, quoi* qu!ils soient de purs esprits, et iirvisibles
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de leur nalure, et qu'ils n^apparaissent aux hommes que dans un corps emprunté qoe Dieu leur forme lui-même d'air ou de quelqu'autre matière. »
Rathère ciplique les passages de KEcrilure
3ui semblent établir une nature corporelle ans les anges» comme lorsqu'au jour de la naissance du Sauveur, ils firent entendra aux bergers cet hymne joyeux : Gloire à Dieu au plus haut des deux {Luc. ii, 14), comme aussi lorsqu'il est parlé du pain k\qs anges. Il rnooitrc que la voix des- anges dans le ciel nest que Tadmiration conti^ nuelle des grandeurs de Dieu; que celle que les pasteurs entendirent fut formée par un mouvement de Pair que Dieu seul connaît; que le pain des anges est Jésus- Christ môme qui sert de nourriture aux esprits célestes, en leur fournissant les motifs de le louer. 11 renvoie aux écrits de saint Grégoire pour connaître comment Dieu parle aux anges, et comment les anges parlent à Dieu. Par une autre erreur qui s'était introduite à Vérone, quelques-uns disaient que saint Michel célébrait la messe devant Dieu Je lundi ; c'est pourquoi ils allaient à î'église qui lui est dédiée, ce jour-là plutôtqu'aucun autre jour de la semaine. Rathère combat cette superstition, en montrant que la distrihttion des l'ours de la semaine ^>ar la rêvohition du lever et du coucher du soleil, n'existe que pour l'homme et sur la terre. Dans le ciel il n'y a point de nuit, ni par con>é jucnt de semblable révolution, parce que le soleil de justice, la lumière éternelle y brille sans éclipse et sans déclin. Il finit son discours par une exhortation morale appropriée aux besoins spirituels de son clergé.
Deuxième sermon sur le Carême. — Quelqu'exacte que fût la doctriue de Rathère dans ce discours, il se rencontra néanmo'ios i\es censeurs qui y trouvèrent à redire, et jirircttt mal le sens de certains passages, surtout dans ce qu'il avait avancé contre les antropomorphiles et ceux qui affectaient d'aller h l'église de Saint-Michel le lundi. L'auteur se crut doue obligé de s'expliquer sur ces deux points dans un second sermon. Sur le premier, il dit, qu'en niant que Dieu soit corporel, il n'a point prétendu contester la réalité de la nature humaine dans le Fils de Dieu fait homme, et qu'il reconnaît qu'il est monté au ciel avec le même corps et la même flme qu'il avait eus sur la terre* Sur le second, il observe avec beaucoup de justesse, qu'il neblAme point ceux qui vont entendre la messe à Téglise de Saint-Michel^ mais seulement ceux qui, par superstition» se persuadent qu'il est mieux d'y aller le lundi qu'aucun autre jour de la semaine. Après cette digression, il revient à ce qui faisait le sujet de son discours. C'est une courte, mais pathétique exhortation au jeûne, avec une instruction sur la manière de jeûner^ Uauteurexige trois conditions essentielles au jeûne, la prière, Taumône et la fuite de tous les vices. Il a soin d'avertir cependant c|ue le jeûne, pratiqué de lasortc,neva pasjus-
cpi'à refuser au corps son juste nécessairt, mais seulement à le priver des choses superffues et interdites par la loi de Dieo.
Sermons sur la Pâaue. — Il y a quatt^ sermons, tant sur la fête de Pâques que sur loctave. Dans le premier, Rathère expltqot è ses auditeurs à quoi les engage la joie $p> rituelle de ce saint jour» accompagnée df li manducation de l'Agneau pascal. L*inslnietion qu*il donne en peu de mots sur ce smil est tirée avec beaucoup de justesse, tim cérémonies prescrites aux Israélites pooi li manducation de Tagneait figuratif, et dt
Snelques passages de saint Paul. Rathère et éduit d'une manière habile Tobligalioa oft sont les fidèles d'apporter à cette soleonHê un cœur contrit et liumilié par le souvent de leurs fautes passées, une résolution siip cère de ne plus les commettre, et un dérilf ardent des Liens futurs. Il veut aussi , | que la joie soit parfaite ^ que ceux qui ^ le moyen soulagent l'indigence des pauvim Dans le second, qui est très-concis,^ qui roule encore sur la PAque, l'orau traite de la joie que doit causer cette DNt et de l'innocence qu'il faut apporter à ' participation des saints mystères, pour point encourir la malédiction de Judas, q«k| pour s'en être approché indignement, aussitôt possédé du démon. Que l'hom s'éprouve donc lui-même et qu'il ma ainsi de ce pain et boive de ce calice , c' à-dire qu'il examine sa conscience, j savoir s'il est encore dans la Tolonté pécher ou de se corriger, de nuire \ uâ^
firochain ou de l'aider, de le ba'ir on Himer fraternellement. Il ajoute qoe ceux qui haïssent s'étaient bien exami' ils ne se seraient pas présentés pour voir de sa main les saints mystères. Il i sur ce point, et donne è entendre qu'il trouvait mêmedan.s son clergé des |)ersom sujettes à ce vice. Il les exhorte à se eorri^ ger» et finit en disant qu'on célèbre lai^ que du Seigneur toutes les fois que Iw passe du mal au bien, du vice i laveileJ des ténèbres k la lumière, et qu'aiosi i n'est point de temps, de jour, d'heure et <! moment même où on ne puisse la célébrer.
Le cinquième sermon fut prononcé sur il jour de l'octave de Pâques. Rathère s'jr \^àA avec amertume de ceux qui Toulaieot lé chasser de sa maison épiscopale, après ra avoir médité le dessein pendant tout le Ci* rême, temps destiné non à la haine oui II vengeance, mais k la charité et k la récooct» liation. Il détaille les persécutions quesai clergé lui avait fait souffrir, et montre qui Torigine de la division qui existait eain eux avait commencé avant son épisco)4t,ct qu'elle avait sa source dans la différeDcetf< leur conduite avec la sienne.lls ne suivaieo: que des traditions humaines et des coûta* R;es qui n'étaient en vogue que parmi le* hommes corrompus. Quant à lui, il a^aM pris pour guide la loi de Dieu.
Le quatrième discours, qui fut prooon>« après I octave de PAques, n'est qu'uoe exhortation très-brève, dans laquelle îi iu» t<
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K/fl aoditoire à examiner m la vie qa*il inéoe répond à la sainteté da mystère qu'il I célébré. Il dit h ceux gui se sentiraient pmipê|)ies d'une communioD indigne de ne
riiolimiler Judas dans son désespoir» mais leiempie de Pierre, qui pleure aroère* arat son ()écbéy de recourir à une pénitence plttUire et réparatrice.
SirmôHi sur l'Ascension. — Il y a deux tnnons sur l'Ascension. L'auteur emploie* t prefflier, partie à expliquer ce mystère, i montrant que cette fête est commu^ne à iiu5-Christ et k ses membres, partie à faire «r a?ec quelles di^ositions il faut la célirer. Entre les vices dont il recommande I fuite, il insiste sur la rechute dans le péhéb la rancune, les inimitiés, dont quelitt-lins, insinoe*t-il, se rendaient coupalii même k Téjçard de leur propre évéque. i' s*élèfe aussi contre Tincontinence des •Roones mariées, pendant le Carême et
Cave de P&ques. On voit par là et par leurs autres endroits de ses écrits, que Hhère avait fort k cœur cette ancienne MUque, si souvent recommandée par les lions. Il finit ce discours par une vA>nvie ■Is magnifique prière tirée de saint Au- Utin.
U second discours roule encore sur TAsftsion et snr les Rogations ou les trois jours I prières publiques qui précèdent cette so- ■Dité. C'est une des pièces de Ratlière qui mitent les instructions les plus solides et aplus lumineuses. 11 y commet cependant le faute contre l'exactitude de Tbistoire, I transportant au Pape saint Grégoire le ond l'honneur de la première institution tt Rogations, et en ne présentant saint bmert de Vienne que comme le second
fiituteur de cette sainte pratique, ou plucomme son introducteur dans les église.i n Gaules, Il oubliait que ces prières inent commencé k Vienne dès Tan 468, ta-à-dire plus d*un siècle avant le pontintde saint Grégoire. En prescrivant les bpusilions avec lesquelles on doit les cépnr, il n'oublie pas la continence k Té* p4 de ceux qui sont engagés dans le mane. Quant k celles qu'exige la célébration pDjstère de rAscension, il les réduit k 1^ principales : ub renoncement sinin au péché; une foi accompagnée des ■ones œuvres; un passage de Tétatdemort I aoc nouvelle rie : passage figuré, dit-il, Nr la transmigration des apôtres en Galilée, m\\$ virent le Sauveur; enfin un désir armide U eéleste fiatrie, où le Fils de Dieu Idéjk placé une partie de notre chair en y tatantavec son corps glorieux. Ratbère ■Jjotre fort bien que retomber dans le pé- ■^ ee serait et démentir tout ce que Ton a ^•tiqaé de bien pendant le Carême et le ^ps pascal , et quitter la terre promise ^r retourner en Egypte. Quant aux bonnes ^nes qui doivent accompagner la foi , il ^trouve marquées dans l évangile du jour 'i^Ufète, qtt*il explique d'une manière mo- [*'<ttecbànicoup de justesse. De sorte que, >"<it en parlant sur rAsccnsion» il a eu le
secret de donner de fort belles instructions sur les mœurs, sans sortir du mvstère. Ra* thère combat, dans ce discours, Terreur de ceux qui attribuaient aux démons, ou k (|uelques méchants hommes qui se font ici-bas leurs suppôts, les tempêtes, la grêle*et tous les autres fléaux ; et il prouve, par raulorilé de TEcriture, que c'est Dieu qui nous frappe et qui nous guérit de nos blessures, soit par lui-même, soit par le ministère des causes secondes.
Leiires. — Les lettres de Rathère se trouvent disséminées dans plusieurs recueils.
On en trouve cinq dans le SpieiUge de dom Luc d*Achéry. Ijk première est adressée k Martin, évéque de Ferrare, qu*il conjure de changer de conduite k l'égard des ordinations. On laccusait d'ordonner de.s enfants avant l'êge prescrit par les canons, et de recevoir de rargent pour ces sortes d'ordinations. C'était, dans l'un et l'autre cas, violer les lois de l'Eglise. Cette lettre est sans date. La seconde est datée du 1" août, mais sans que l'année soit indiquée. Comme il ne nomme point le Pape auquel il l'adresse, et qu'il se contente de dire en termes généraux : A celui qui occupe le Saint-Siège, on conjecture qu*il l'écrivit en 96&, époque où Léon VJII, Jean XU et Benoit V prétendaient k la papauté. C'est une consultation, faite au nom de l'Eglise de Vérone, sur la conduite k observer envers les clercs ordonnés par les évoques intrus dans cette Eglise, pendant l'absence de Rathère. Il y rapporte les canons des conciles et les décrets des Papes qui déclarent nulles ces sortes d'ordinations; et quoiqu'il désire que la décision qu'il attend du Saiut-Siége soit entièrement conforme k ces canons et k ces décrets, il déclare qu'il Tacceptera avec soumission. Dans la troisième, il prie le pape Jean XII, et non Jean XI, comme le dit la note marginale, de décider lequel des deux devait être reconnu évéque de Vérone» ou bien lui, qui avait été choisi canoniquement, ou le neveu de Hilon oui était intrus. Il raconte comment il avait été élevé sur ce siège, après la translation d'Hilduin sur le siése de Milan, et les persécutions qu'il avait eu a soufl'rir de la part du roi Hugues et de plusieurs autres depuis vingt ans. 11 écrivit la quatrième aux évoques d'Italie, des Gaules et de Germanie, dans le même but, c'estk-dire qu*il réclama leur protection contre son concurrent et demanda k être confronté avec lui en présence d'un concile légitime. La cinquième est adressée k une personne d*une haute distinction, k qui il envoyait un de ses ouvrages, que Ton croit être TAgnosticon. Il s'excuse de n'avoir pa? terminé, sa lettre par quelques vers, suivant Tusago de celte époque; ce n'était pas q^u'il ne sût les règles de Vart poétique, mais il était loin, de penser k se donner pour poëte.
Dom Rernard Pez a publié également cinq, de ses lettres dans le tome Vl* de son iZecueil d'anecdotes. Dans la première, l'auteur déclare aux alercs de l'Église de Vérone qu'il ne peut donner le nom d*évêque k celui
ft.\T
DiCTIONMÂiiiE
lUT
qui s'était emparé de ce siège, ni nooonaître pour prêtres oa diacres ceux que cet ^intrus avait ordonnés. C'aurait été, dît-il, se condamoar lui-même, et avouer (]u*on l'avait chassé avec raison de son Eglise. Il y était donc rentré lorsau'il écrivit cette lettre. Ainsi elle est postérieure à l*an 960. Rathère écrivit la seconde après son r^^tour du concile de Ravenne en 967. Elle est adressée à Ambroise, un des grands de la cour deTempereuT Othou.ll lui rend compte de ce qui s'était passé dans le synode assemblé à Vérone, pour notifier aux nrètres et aux diacres de son diocèse les ciécrets du concile de Ravenne, suivant les ordres de l'empereur. La plupart de ces clercs refusèrent d'y assister, et ceux (]uis'y présentèrent eurent l'insolence dédire qu'ils ne quitteraient pas leurs désordres ni ues'abstien-^ draientde leurs fonctions. L'évéque se trouva dans la nécessité de procéder contre les rebelles, qui, de leur coté, s'aigrissaut de plus en plus, trouvèrent le moyen de gagner Nannon, gouverneur de la ville, et se servirent de lui pour prévenir et indisposer l!impératrice. Les cnoses furent portées à un point que l'évéque ne se crovait pas en sûreté de sa vie. Ce fut en conséquence de ces faits qu'il écrivit cette lettre à Ambroise, afin que, l'ajrant mis au courant de ce qui s'était passé, il'instruisll l'empereur et l'engageât à j apporter du remède. Les deux lettres suivantes sont adressées à Timpératrice Adélaïde, pour la prier de lui prêter son secours, jusqu'à ce qu'il eût achevé les réparations de l'église de Notre-Dame, l'a^su* rant qu'il abandonnerait ensuite son évêché, où il ne faisait aucun fruit, pont se retirer dans son monasière. La cinquième est adressée à Nannon, qui favorisait les clercs rebelles de l'Eglise de Vérone, et qui lavait menacé lui-même de la colère de l'empereur, Rattière lui ré|)ond que l'on ne craint que les méchants qui lui ressemblent, et que l'équité de l'empereur le met à couvert. 11 lui représente aussi qu'il est cause, par sa conduite, de la perte des âmes et des scandales que donnaient ses clercs par leur révolte contre leur évêque.
Aux treize lettres dont nous venons de donner une notice, il faut en ajouter (rois autres, dont les deux premières servent de préface et comme de commentaire h Thistoire de la translation de saint Méton, honoré à Vérone sous le titre de confesseur. La troisième estcilée par Sigebert et Tritbème, comme un traité de l'Eucharistie, et porte en effet le titre : Du corps et du iang de Jéêui-Ckriit. C'est une réponse à celle qu'il avait reçue d*un nommé l'atrice, au sujet de ce sacrement. « Vous demandez, lui dit Rathère, si j'ai célébré la anesse pendant certaine semaine. Je laisse à l'Apôlie è juger lequel de nous deux s'ex|)ose à un nius grand danger en recevant indignement l Eucharistie, ou t>ien moi qui la reçois trèsrarement, ou bien vous qui communiez tous les jours. Si nous lisions avec attention les écrits de saint Jean Chrysostome sur VE*
pUrt aux Hébreuw^ ils pourraient m'etopt^ cher de dire la messe de temps en temps, it vous de la dire tous les j'iurs. On m'a rapporté aussi que vous êtes scaadaHsé qui j'aie pris un bain la veille de la Circenct* sion, comme si l'on ne devait pas se purifier autant qu*il est possil)ie, pour toucher lu choses saintes; à moins que par votre aii torité il soit permis de s*en approcher ai trement. » Il l'accuse de connaître si peu mystère qu'il célébrait si souvent, qu'il prenait pour une simple flgure. « S'il eu < ainsi, ajoute-t-il, l'aveugiement de vo esprit vous rend plus di^tie de cotnpass que d'envie. Croyez-moi, mon frère, même qu'à Canaen Galilée Teau futchau en un vin véritable et non figuratif par i dre de Dieu, ainsi ce vin devient du sang Ht ce pain de la vraie chair. Si le g et la couleur qui demeurent encore toi persuadent autre chose, ne croyez-vou5 à l'autorité de l'Ecriture, qui dit queThoi fut formé du limon de la terre? {Gen. U, L'homme cependant n'a point la fuure la terre ni du limon, il n'en a que la y tance. Croyez ici que c'est le <tonlraire. qu'encore que la couleur et le goûtdem rent, ce C|ue vous prenez est de vraie c' et de vrai sang. Hais vous demandez de q corps est cette substance, d'où elle est tii et si le pain est été invisiblement etcha en chair; car voilà ce qui frappe la curie humaine. Interrogeons TEvangile : il j dit que Jésus^Christ prit du poiit, el Payant béni^ il le rompit et le donna à discipletf en disant : Prenez^ mangez^ c€d mon corps. Et prenant te calice^ après as soupé^ il leur du : Ce calice est mon sang sang de la nouvelle et étemelle alliante^ [Matth, XXVI, 26-28.) Voilà de quel corps cette chair et ce sang, d'aulaoi plus cet nement que nous l'apprenons de la bou de la Vérité même. Ne vous mettez point peine du reste, puisqu'on vous dit que c* un mystère et un mystère de foi. Si c*e5( mystère, on ne peut le comprendre. S'il de foi, on doit le croire et non l'examioeR
Lelire synodique. — L'ignorance ne gnait pas moins daus le clergé de Vér que la corruption des mœurs. Il v avait J clercs qui ne savaient pas même le symi des apôtres. D'autres plus instruits ava rendu compte des psaumes dans le synoM C'était le seul article du reste sorlequil l'archidiacre et Tarchiprêtre les avaient ni» terrogés. Il parait que Tévêque n'était poi4 présent à cet examen, et que ses deux mi» nistres se contentaient de lui rapporter # qu'il y avait à corriger daus le civile. Ual examen avait été très-im|)arfait, puisque II plupart des clercs du diocèse, quoique inn^ tés jusqu'à trois fois à se rendre au conri)* n'avaient pas obéi. Rathère pritdooclei^fU de leur adresser une lettre synodique daol laquelle il avoue que son intention en coih voquant un synode, avait été de les exanù* nor. Il leur ordonne en premier lieu dapurendre de mémoire les trois symboles, celui des apôtres, celui que l'on cbanleAl^
RAT
DK PATROUtGIE,
RAT
7)e5so et cehii de saint Atbanase. Ensuite, il leur recommande robservation du dimanche, MHM. appelé parce que c'est en ce jour que Ij5us-Chri5t est ressuscité. Il sernlne borner ko jour la communion du corps et du sang le iésus-Cbrist, et inrective contre ceui |tii célébraient tous les jours la messe, |i]oi(prils vécussent dans I incontinence et irrapalc;qui approchaient de Tautel l*esmi préoccupé par un procès et le cœur remili de haine. Il les exnorte h corriger leurs iKTurs et reut que tous les clercs aient leur ïihiiaiion auprès de l'église, qu'ils se lèvent I nuit pour I office divin ; qu'ils s*en acquitmi pendant le jour aux heures régtées ; KiMs ne célèbrent la messe qu'à jeun et dans ^église, qu'ils ne mettent aucune chose sur ^ulel que les reliques des saints, les évan-
E'k% et le vase destiné h recevoir le corps iSei^cur pour le viatique des inQrmes. Il wr ordonne de faire de l'eau bénite chaque Rmanclie, de refuser la réconciliation.à ceux pli ne paraîtront pas vraiment pénitents, de K convenir que les biens qu'ils ont acmiis kpuis leur ordination appartiennent à l'E- ^L^e, de ne baptiser qu'à PAqties et à la rentec6te, hors le cas de nécessité; de faire Server & leurs peuples les jeûnes des Qua- ^temps et des Rogations, avec les grandes Itanies, et de les inviter à se confesser le bercredi d'ayant le Carême, de leur faire Ibserver la pénitence prescrite par le Pénil«iiliel; de les avertir de recevoir quatre bis Tannée la communion du corps et du iio; de notre Seisneur, h Noël, le Jeudi ftint, à Pftques et a la Pentecôte, et de no pint contracter mariage autrement qu'en
Eblic. t Je veux, ajoute le prélat, savoir chaque prêtre s'il est né de parents libres il de condition servile;s'il est né ou ordon- Je dans mon diocèse, et pour quel titre. W a été serf, miMI montre sa lettre d'afhnfhîssement, s il est d'un autre diocèse, Vi^ présente son dimissoire. »
Il veut encore que chaque prêtre ait, au-
tiMaue cela lui sera possible, une explica*
t»tïd« symbole et de TOraison dominicale
w\wm la tradition des Pères, afin qu'il
Kn«e instruire le peuple^ qu'il entende les
Jrtisons de la messe et le canon, qu'il sache
Vïtn lire Tépttre etTévangile, prononcer les
^luroes, les rites dn baptême, de l'extrê-
«N>nclion et la formule de la réconcilia-
"^0 des pénitents, suîTant la mesure réser-
w aut prêtres par les canons, où l'on voit
^}^ y avait des cas réservés à Tévêque, ce
Rûi [Mratt encore plus clairement dans ces
1«role8: ff Sachez, leur dit-il, que vous pou-
^i accorder la pénitence pour les péchés
^is, mais que vous devez nous renvoyer
ïwpéchés publics. » Il leur enjoint aussi
«apprendre l'ordre et les prières de la sé-
Rure, «e la bénédiction du sel et de l'eau,
^ .^tes, les heures canoniales de nuit et
•j? joarj d*avoîr un Martyrologe et un Pé-
««^ttttel. Il déclare qu'il n'ordonnera per-
)vimeq(i*it n*ait passé quelque temps dans
^jwonaslère ou auprès d'un homme ins-
^>i M 06 soit assez instruit lui-même pour
être admis & la dignité ecclésiastique. Parlant do la division de^ revenus de l'Eglise en quatre parts, il leur r^ommande de garder les règles de Téquilé dans la disiritiutiun de la part qui leur appartenait, sans toucher en aucune manière aux trois autres, c'est-à-dire aux revenus destinés à Tentretien de Tévêque, de la fabrique et des pauvres. Il ordonne aux laïques de jeûner tous les jours du Carême, excepté le diman* che, de s'abstenir de chair pendant les quatre semaines de l'A vent, si ce n'esl aux jour» de fête, de garder la continence pendant tout ce temps, dans les vingt jours qui suivent la fête de Noël, aux octaves de Pâques et de la Pentecôte, toutes les veilles des fêtes, les vendredis et les jours de dimauchcr de jeûner jusqu'à none, le lundi, le mardi» le mercredi et le vendredi de la semaine sainte, et de venir à l'église le jeudi à la même heure pour y être réconciliés. Il défend de célébrer la messe et le baptême le Samedi saint, avant la dixième heure, c'està-dire avant quatre heures du soir.
Itinéraire. — VUiniraire ou Voyage de Rome contient l'exposé des motifs qui le déterminèrent à se pourvoir auprès du Saint- Siège, lors de ses difficnltés avec le clergé de Vérone, « Où pourrais-je, dit-il, m'instruire mieux qu'à Rome? Que sait-on ailleurs sur les dogmes ecclésiastiques qui soit ignoré dans r£l;lise romaine? C'est là que les souverains docteurs de tout le monde et les princes de l'Eglise universelle ont brillé. Là sont les décrétales des Papes; là on examine les canons, pour approuver les uns et rejeter les autres. Ce qui est annulé à Rome ne subsiste nulle part, et l'on ne casse nulle part ce qui a été approuvé dans cette ville. Où pourrais«je donc plus efficacement chercher la sagesse, oue là où en est la source?» Il fait l'éloge de I empereur Othon et le loue d'avoir contribué à asseoir sur le sié^e de Rome le pape Jean Xlll, qu'il ap|)elle le Père de tout Tunivers, par sou attention à pourvoir aux besoins de toute l'Eglise. Il parle ensuite du concile universel que le râpe et l'empereur devaient assembler à Rome : « Où je n*aurai, dit-il, qu'à écouter avec humilité les sages sur toutes les difficultés que j'ai à leur proposer. » Il raconte les persécutions qu'il avait souffertes, soit de la part du roi Hugues, soit de la part de son clergé; ce qu'il avait f^it pour en bannir l'i-
Snorance et la corruption des mœurs ; il ne issimule point à ses clercs, qu'étant tous coupables, ils devraient tous faire une pénitence publique, mais il éprouvait à ce sujet un sérieux embarras, c est qu'après cette pénitence le peuple demeurerait sans sacrements, puisquMI ne leur serait pjus permis de remplir aucune fonction de leur ordre. « Que ferai-je donc de vous, mes frères, ajoute-t-il? si vous ne confessez point vos I>échés, je crains que vous ne soyez point sauvés; si vous les confessez, il ne vous sera
f^lus ^>ermis d'offrir le saint sacrifice. » Ce ut dans cette perplexité que Rathère forma le dessein d'aller prendre conseil à Rome.
RAT
DIGTIONNÀIUË
II n'avait pas encore fait le voyage lorsqu'il , écrivit ce traité. Cet écrit est h peu nrès dans ! le môme goût que son traité sur le mépris ' (les canons, et peut en être considéré comme la suite. L'auteur y a semé quelques événements de son histoire çiue Ton ne trouve point ailleurs. Ce qu'il dit contre la simonie qu'il appelle la lèpre de Giézi, suffit pour le justifier du re[)roche qu'on lui fil dons la suite d'y être tombé lui-même.
Autres ouvrages. — Nous avons passé sous silence une Charte pour l'abbaye de Magou-zian, une Ordonnance h Tocciision d'un mariage illicite, le Testament de Rathère, une Vie de saint Ursmarei une Histoire de la vie et de la translation de saint Métron^ parce que ces écrits nous ont paru de peu d'importance, et que d'ailleurs il est impossible de rendre compte de tout. Il reste aussi un assez grand nombre d'ouvrages qui n*ont jamais été imprimés. Ceux qui seraient curieux de les connaître peuvent consulter le catalogue détaillé qu'en ont donné les autfîurs de V Histoire littéraire de la France, tome VI.
Rathëre fut un de ces hommes singuliers où les vertus et les défauts se montrèrent alternativement. On le vit d'abord aimer la retraite et refuser des abbayes, unis se^'eter dans le grand monde et rechercher Tépiscopat ; rompre avec ses amis, déclamer contre ses bienfaiteurs, dont il n'avait pas su ménager la bienveillance. Il aima le bon ordre, mais il n'eut pas le talent de le faire aimer aux autres. D'un zèle amer, il était trop aigre dans ses corrections. Ses discours, au lieu de ramener les prévaricateurs au devoir, les en éloignèrent de plus en plus. Son caractère tenait de l'humeur, ses exhortations, de la satire. Au-dessous des saillies de son esprit trop vif et trop impétueux, il ne savait pas les modérer. Son inflexibilité lui attira des ennemis, et dans les différents postes qu'il occupa, il fiit méprisé de ceux dont son ministère devait lui procurer la confiance. Avec plus de docilité et de politesse il eût rendu utiles les connaissances qu'il avait acquises par l*étude des écrivains ecclésiastiques et profanes; il en fait souvent usage dans ses écrits. On voit qu'il avait non-seulement profité de leurs pensées et de leurs maximes, mais qu'ils lui avaient servi à donnera son st^le de la grâce et de l'élégance. Cependant il ne les suit pas toujours. Ses phrases. sont quelquefois irrégulières dans leurs constructions, il transpose les termes, et il en emploie de barnares et inusités. On dirait en quelques endroits qu'il affecte d'être obscur. Folcuin, son historien, Taccuse d'avoir obtenu l'abbaye de Saint-Amand à prix d'argent; mais il faut se souvenir qu'ils avaient eu ensemble des démêlés sérieux, et qu'il n'est pas vraisemblable que cet évéque, après avoir témoigné tantd'aversion pour la simonie contre l'abbé de Magouzian, se soit lui-même souillé de la lè[)re de Giézi. Nous avons indiqué dans le cours de cette analyse les éditions partielles de chacun de ses ouvrages; on les
trouve tous réunis dans le Cours complu et Patrologie, '
RATP£RT, issu de parents distingués, vint au monde dans le canton de Zurich. U se rendit dès sa première jeunesse au monastère de Saint-Gai pour y faire ses éludes. A peine sorti de l'adolescence, il se vu chargé de loffice d'écolâtre de la maison, et s'y distingua par deux quahtés essentielles : une grande clarté dans ses leçoni et une bonté singulière pour ses élèves tout en ol)servant une grande fermeté pour le maintien du bon ordre. Il parait avoir «a quelque degré de supériorité dans le citapitre, puisqu'il s'y trouvait quelquefois eo place d'imposer des pénitences aux moines qui étaient en] faute. Il vécut jusque ven Tan 890.
Ses égbits. — Le plus connu de ses no* vrages a pour titre : De roriaine et da devers événements de l'abbaye de Saint-Gai 11 les commence par l'arrivée de saint Coloiii<> ban et de saint Gai dans les Gaules; nuit il donne en abrégé l'histoire de saint Olhman, et de suite celles des autres abbés du ce monastère, marquant ce qui était arriva de plus considérat)le sous leur directiiu Le dernier abbé dont il parle est Bernâr^l, qui succéda à Harmote eu 883. L'ouvra.^ est divisé en onze chapitres, dont le dernier n'est que commencé et annonce que l'auteur espérait le continuer. On voit par le (lisiè.'i)e que Ratperl l'écrivait après le trente e! unième de janvier ^^.
Il existe encore de Ratpert différentes pièces de poésie sur plusieurs sujets Je piété. Voici celles que lui attribuent Canisius etBasnage : deux hymnes en l'honneur de saint Gai ; la première commençant \*àx ces mots : Annua, sancle Dei; et l'autre par ceux-ci : Jam fidelis ; une à la louange «le saint Othman : Festum sacratum psallimui: une autre en vers sapbiques sur samt Magne : Mire cunctorum; une pièce dedii* huit vers élégiaques pour la cooirounioD : Laudes omnipottns : et deux pour la rét^eptiond'un roi et d'une reine. Ratperi sniraol le goût de son temps, composa encore uoa formule de prières appelées litanies, el pour la distinguer des autres qui ordinairement n'étaient qu'en prose, il mit is sienne partie en vers élégiaques, partie ea vers hexamètres avec rinlercalaiion d'uu des vers du premier distique, après chaque distique. On le fait auteur de répita{>!i6 d'Hildegarde, fille du roi de Germanie, ft de rinscriiition mise sur la chapelle où elle fut enterrée; l'une et l'autre sont rappor* tées par Goldast. La Vie de scùnt Gai ui rimes théotisques porte le nom. de Ral{>«rt dans un manuscrit de cette abbaye, au^: une note marginale dans laquelle ontluui^ (qu'elle âoit véritablement de lui. Le l)iit<i<' 1 auteur, quel qu'il soit, était de la fai>^ chanter au peuple dans l'église, Ekkeliird le jeune la traduisit en latiu^ et depuis etlo a été mise en vers iambiques par ilo>u Mezicr. On trouve encore sous son n^o) un Commentaire sur les Lameniations di J^^^
RÂT
RAT
vie; mais eoffliDe persoDne*eD(re les auciens ne lui attribue un écrit de cette nature, il
rmvait appartenir à Ratpert le jeune, ou quelqu'autre auteur dont aurait ici défi* guré le nom. Le style de Ratpert quoique par^mé de quelques termes durs, est clair, iimpie et assez convenable au dessein de l'auteur.
RATRAMNE, à qui ses démêlés avecPaschase Ratbert ne sauraient enlever la place honorable qu'il occupe parmi les savants qui sortirent de Técolede Corbie, flurissaitau ix* siècle. D*on esprit vif, pénétrant, laborieux, iptiliqoé, il fit de très-grands progrès dans les sciences, et il ne s'appliqua pas moins à rè!ude des belles-lettres qo*à la théologie. Fonr posséder cette dernière dans toute sa pureté, il lut les ouvrages des Pères, et particulièrement ceux des docteurs grecs, te (|!ii fait conjecturer qu'il possédait leur iûigue. Il avait fait profession de la vie monastique sous Tabbe Wala, ou peut-être nème sous saint Adéifaard , car l'époque a*en est pas bien certaine. Sa vertu le fit élerer au sacerdoce , mais il n'alla pas plus ioiti. et passa ses jours dans l'humilité de SC)0 élal, sans aspirer au gouvernement d'aunn monastère. Cest sans raison que quel-
JQcs-uns l'ont fait abbé d'Orbais. Flodoard, ont ils invoquent le témoignage, n'en dit rieo. Trithème n*est pas mieux fondé à le îkire moine de Saint-Denis. Ratramne peut avoir fait quelque séjour dans cette abbaye, ro $6 rendant à la cour du roi Charles le CItauve, qui l'avait en grande estime, mais il ne parait nulle part qu'il ait été moine. Ce fut à Ratramne que ce prince s'adressa
Kur :$avotr de lui ce qu'il lallait croire sur ucharistie et la prédestination, deux mystères gui occasionnaient alors des disputes très-Tives dans son royaume. Il fut encore diarg<(, par les évèques des Gaules, d*écrire.en faveur de l'Eglise latine contre les Crées. Odon, évèaue de Beauvais, et Hilde- ^irede Meaux l'honoraient de leur amitié, il posséda aussi celle de Loup, abbé (le Fcrrières ei Gothescalc, composa un piême i sa louange. L*époque de sa mort esl presque aussi inconnue que celle de sa nai^snnce; il paraît cependant qu'il vécut ittv|ue vers l'an 868.
Traité de VEucharisiit. — Il s'éleva, de
son lem|)s, une dispute entre les fidèles au
'ujet de TËucbaristie. Les uns soutenaient
<|ue tout Y était à découvert et que les yeux
(lalent témoins de ce qui s'y accomplissait,
uns aucune figure et sans aucun voile; les
tuires prétendaient que le sacrement de
i'autel s accomplissait de telle manière que,
'Qus les espèces du pain et du vin, il y
avait quelque chose de secret et de cache,
qui ne se laissait voir que des yeux de la
Ivi. Taschase Rattiert prit part dans la dis-
i'Ule, en exposant le premier de ces deux
sentiments, et le moine Ratramne le com-
l^uua?ec toutes les armes que la seconde
^t^inion put lui fournir. Comme son con-
tf^e de Corbie, il intitula son ouvrage :
Traité du corps et du gang de Mus-Christ. Le docteur Boileau, qui lé publia en 1686, avec une traduction française et des notes, lorna en même temps d'une préface dans laquelle il démontre, contre les calvinistes, que le traité de Ratramne n'est nullement favorable à leurs opinions, comme ils le prétendent, ordinairement. L*auteurde la Fer* pétuitéde lafoij dans le même article oii il justifie le traité de Paschase , a démontré également que cet ouvrage obscur de Ratramne est bien plus favorable aux catholiques qu'aux sacramentaires; mais Mabillon a porté cette preuve jusqu'à l'évidence , dans sa préface au xiv* Siècle des Bénédictins. Ratramne entreprend d'y prouver deux choses : la première, que le corps et le san;^ de Jésus-Christ qui sont reçus dans l'Ëglise par la bouche des fidèles, sont des figures, si on les considère par Tapparence visible et extérieure du pain et du vin, quoiqu'ils soient véritablement le corps et le sang de Jésus-Christ, par la puissance du Verbe <iivin; la seconde, que le corps de Jésus- Christ dans l'Eucharistie est différent, non en soi et quant à la substance, mais quant à la manière d'être du corps de Jésus-Christ tel qu'il était sur la terre, et tel qu'il est dans le ciel, sans voile et sans figure.
Avant de s'expliquer sur la première question proposée par le roi Charles , Ratramne donne la définition de ce que l'on appelle figure et de ce que l'on appelle vérité. Figure, selon lui, est une façon de parler enveloppée et obscure, qui exprime une chose et en fait entendre une autre. Un exemple rendra la chose plus sensible, t En voulantparlerdu Verbe éternel, nous l'appelons Pain dans TOraison dominicale. Jésus- Christ s'appelle lui même Ftffneetses disciples Sarments. Vérité, au contraire, est une démonstration évidente de la chose qui n'est voilée d'aucune image, mais qui l'exorime naturellement et telle qu'elle est. Quand nous disons, par exemple, que Jésus-Christ est né de la Vierge, qu'il a souffert, qu'il est mort, il n'y a là ni voiles, ni figures; la vérité est manifestée par des termes*qui expriment naturellement ce qu'ils signifient. Il n'en est pas de même des expressions figurées que nous venons de rapporter ;• Jésus-Christ n'est pas du pain en substance, ni une vigne, ni ses apôtres* des sarments, et on reconnaît de suite qu'il va figure dans ces sortes d'expressions. Entrant ensuite en matière, il dit gue s'il n'y a aucune figure dans TEucharistie, il s'ensuit qu'il n'y a aucun mystère, ni conséquemroent aucune matière à la foi. Il veut qu'on dise qu'il y a figure et vérité, H parce qu'en effet (et nous traduisons ici ces propres expressions), le pain qui est, fait le corps de Jésus-Christ par le ministère du prêtre, montre au dehors une autre chose aux sens, et une autre au dedans à l'esprit des fidèles. Au dehors, la forme du pain se présente, la couleur se montre, la saveur se fait sentir par le goût ; mais, au dedans, on apprend qu'il y a quelque clioôe
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de bien plus précieux* do bien p4us excellent, parce que ce quelque chose est divin ; e*est le corps de Jésus-Christ qui est yu, est reçu et mangé, non par les sens corporels, mais par les yeux de Tesprit Gdèle. De même le vin qui est fait, le sacrement du sang de Jésus-Christ par la consécration du prèlre, nous montre par ses apparences autre chose que ce quil contient au dedans; car, que voit-on, sinon la substance du vin? Goûtez-en, il sent le vin, il en a Todeur et la couleur ; mais, si vous le considérez au dedans, ce n*est plus la liqueur du vin, mais la liqueur du sang de Jésus-Christ, qui frappe le goût, le.9 yeux et Todorat des Âmes ndèles. Tout cela étant incontestable, il parait clairement que ce pain et ce vin sont au figura le corps et le sang de Jésus-Christ Mais après la consécration mystique, on ne les appelle plus ni pain ni vin, mais le corps et le sang de Jésus-Christ. »
Ratramne insiste sur la nécessité d'admettre des voiles et des figures dans ce mystère, et dit qu*i( n*y ^ rien de plus absurde 3ue de prendre du pain pour de la chair, et e dire que le vin est du sang, d*autant plus que ron n'y voit rien qui ait passé de ce qui n'était pas en ce qui est. Il n'accuse point ses adveraires d*errer dans la foi , mais seulement de se contredire; « car, ditil, ils confessent , comme tous Ie3 fidèles, que c'est le corps et le sang de Jésus-Christ, et que , par conséquent, les choses ne sont plus ce qu'elles ont été avant la consécration. » Il leur demande donc en quoi, et comment s*est fait ce changement. Lt parce qu'ils ne pouvaient répoudre qu'il se fait corporellement, c'est-à-dire dans ce qui parait à nos yeux, il conclut qu'il doit donc se faire en figure, ou « sous les voiles du pain et du vin, sous lesquels le corps et le sang de Jésus-Christ existent. i> Il ne veut pas
aue Ion s'imagine pour cela que ce soit eux existences de deux choses ailTérentes. Les espèces du pain et du vin n'ont, dans rEucharistie, qu'une même existence, et sont une même chose, qui toutefois peut être considérée sous un aspect différent, ou bien en ce qui tombe sous les sens corporels, ou en ce qu'elle couvre quelque chose de spirituel qui n'y tombe pas. Dans le premier aspect, ce sont les apparences du pain et du vin ; dans le second , ce sont les mystères du corps et du sang de Jésus- Christ. Il compare l'Eucharistie avec le baptême, et dit que, comme le corps et le sang de Jésus-Christ ont quelque chose de corruptible, par rapport aux espèces ou apparences du pain et du vin, sous lesquels ils existent , de même quant à Teau qui le rend accessible aux sens, le baptême est corruptible, quoique, par la vertu de sanctification que Jésus-Christ, lui a donnée, il est la source de la vie et de l'immortalité. Il la compare encore avec la manne qui tombait dans le désert, et avec l'eau que Moïse Ut sortir du rocher, et il dit , d'après saint Paul, que nos pères ^ont mangé^la même
viande spiriloelle 9 et bo le mèmebreoTa^e que nous (7 Cor, x, 3.) ; qu'il ne faut point chercher comment cela s'est pu Aire, mais qu'il fact croire ce qui s*estfait: «Car, ajoute-t-il, celui qui, par sa toute-puissance dans l'Eglise, change maintenant d'une luanière invisible, le pain en son corps et le vin en son san^, est le même qui, dans ce temple, a fait invisiblement, de la manne descendue du ciel, son corps, et de Teau (lui a coulé de la pierre son propre sang. » 11 justifie cette pensée par le témoignage de David, qui , inspiré de l'Esprii-Saint, a dit : L'homme a mangé le pain des angu. {PsaL Lxxvii, 25.) Ce n est pas que Ratramna crût que les Israélites eussent man^é individuellement et spécifiquement la mèîaa viande que nous mangeons dans l'Eucharistie, ni qu'ils eussent bu le même sang, mais seulement que cette viande et ce saa^ eucharistioues étaient représentés par Ife manne et 1 eau du rocher. Il donne lui-mK me cette explication quelques lignes |>laa haut. 1 Comme cette nourriture et ce brea* vage montraient et représentaient le luys* tère h venir du corps et du sang de Jésus* Christ, dont l'Eglise est en (lOssesMoa, saint Paul assure que nos pères ont mangé celte même viande et ont bu ce méaia breuvage spirituel. » Sainti Augustin, qu'8 cite plusieurs fois, dans la seconde )tartif de son ouvrage, répète que la manne a été la figure de l'Eucharistie.
Dans la suite, en comparant la roanoa avec l'Eucharistie, Ratramne ne laisse (4f dédire que comme Jésus-Christ eut,anfll de souffrir, la puissance de chan|rer la sulor tance du pain en son corps qui devait souffrir, et le vin en son sang qui devait être répandu, il a pu de même convertir II manne du désert en sa chair, et Fcau de li pierre en son sang. Mais il n'est pas de liatérêt des protestants de trop presser cetle comparaison, ni de la prendre dans louled rigueur des termes, puisqu'ils convieanifot que les figures de l'Ancien Testament nV vaient pas la même vertu qu'ils admet^eul dans rEucharistie. Ainsi il laut rapprochef ce passage de Ratramne de celui que nous venons de rapporter, et dire que si Jésus- Christ a eu la puissance, avant sa mor(, t]« changer réellement la substance du paioeo sa chair, à plus forte raison a-t-il pu fairv de la manne une figure de cette même chair. Il remarque sur ces paroles du Saotetir: Si vous ne mangez pat la chair du FiUè rhomnieetnebuvezpas son sang^ toutnnrex point la vie éiemelle en vous. (Josn.^h 8k.) Jésus Christ ne dit point qu*îl ADlf couper par morceaux la chair qui a été atuchée à la croix, ou boire son sang tel qu ti a été ré()andu dans sa passion, mais que ic$ fidèles recevront véritablement daos i^' mystère le pain et le vin codverti^ en i-^ substance de son corps. C'est pour cela que le Seigneur ajoute: Cest l'Esprit quimif»^ la chair ne sert de rien {ibid.^ 6fc), par oppo* sition à ceux qui ne crovaient pas en lui, ^ qui s'imaginaient que ion devait luaflser