‹ Dictionnaire géographique de la Suisse;Chapitre 153 sur 225 · Moraine de fond à galets striés ; argile de couleur · texte numérisé non relu

Moraine de fond à galets striés ; argile de couleur

grise peu sableuse. Versoix, Bellevue, Hermance (Genève) uchillon (Vaud); Adetswil, Kappel (Zurich); Istighofen, Langâcker, Moosrûti, Meltlen (Thur^ovie) ; un très ^rand nombre des gisements argoviens et bernois, ainsi que presque tous les gisements fribourgeois.

2. Argile feuilletée sous-glaciaire (Blâtterthone). Argile finement stratifiée, de couleur grise, formée d'innombrables et minces couches d'argile et de limon. Bussigny, Renens (Vaud). Ce terrain est souvent confondu avec l'argile lacustre dont il ne diffère ^ère.

3. Argile lacustre. Presque identique à la précédente, mais contenant des débris organiques. Moines, Éclépens (Vaud); La Sauge (Pribourg); Bonstetten, Rùschlikon (Zurich).

4. Argile d'alluvion fluviale. Terrain dû au colmata^ par inondation, latéralement sur le parcours des rivières. Saint Tri phon (Vaud) ; Vouvry (Valais); gisement au N. de Bussignv, Chavornay (Vaud). Nombreux gisements dans la vallée de la Reuss près Rickenbach, Aristau-Althâusern; Meienberg et Frauenlhalprè8Cham;ThaingeD, Klettgau (Schaffhouse).

5. Argile des coteaux. Provient du délitement des terrains et du ruissellement des eaux pluviales sur les flancs peu inclinés des collines de toute nature de roches ; rarement exploitée, en raison de la composition variable et de l'irrégularité de ces dépôts.

6. Argile du loess. Dépôt toujours jaune, léger, sans stratification, reposant sur la moraine ou sur des terrains plus anciens. C'est une poussière atmosphérique apportée par le vent. Très répandue dans les environs de fiâie, le long de la vallée du Rhin et de TAar jusqu'au delà d'Aarau.

Toutes ces formationsargileuses n'ont naturellement pas les mêmes propriétés. Il y en a peu qui soient immédiatement propres à fournir matière à la fobrication de produits de céramique et de fine poterie. Même pour la poterie ordinaire, les tuiles, ou pour les briques et carrons il convient de procéder à des mélanges, ou du moins à des manipulations, afin de rendre la matière plus homogène. La poterie fine, la faïence et la céramique se font en bonne partie avec des matières premières longuement préparées et avec addition de composés souvent importés. Aussi ces fabriques ne se trouvent pas nécessairement i

Croximité du gisement. Il n'en est pas de même des fariques de poterie ordinaire, de tuyaux de drains ou de conduites d'eau ou de cheminées, de briques creuses ou

ments d'argile qui renferme le plus ffrand nombre de tuileries. Nous ne pouvons pas enumerer ici toutes les usines de la Suisse. Nyon et Thoune (Heimberg) sont connus par leur poterie fine, dite faïence et leur céramique artistique. La région de Porrentruy (Bonfol) est d'ancienne date le centre de fabrication d une poterie ordinaire, tandis qu'à Aarau on fabrique des tuyaux vitrifiés pour conduites d'eau. Mais le plus grand nombre des usines, surtout dans les parties au pays où les bonnes pierres naturelles font défiEiut ou sont trop chères, sont destinées à la production de carrons et ae tuiles. Sur le Plateau, presque chaque village avait autrefois sa tuilerie et son creux à argile. Aujourd'hui, à la suite du développement des chemins de fer et des progrès de la fabrication mécanique, exigeant de la force motrice, bon nombre de tuileries ont suspendu leur activité au bénéfice d'établissements mieux situés, pourvus de force motrice et ayant une gare à proximité pour l'embarquement des produits fabriqués ou le transport du combustible.

C'est dans les cantons de l'O. et du N., le long des principales voies de communication, et au milieu des plus riches gisements d'argile de toute qualité, aue se trouve naturellement le principal centre de Tiniiustrie

SUl

luili^re. Dans le canloD d'Ai^ovie par exemple, on ne compte pat moins de 90 commune* a jani des exploitations d'arfiile et des tuileries ou briqueterieii. Le canton de Zurich

e(Hl. Saint-Gall , ,, . , , ,.

Genève (t). Teasin (4). Grisona (4), \ppeDzeII (4), Glaria (3), SchalThouse (3), Vilaia (1 1. Parmi les plua grandea bbriq^ueB aont celles d'AllichwJl près de BAIe.

Argiles réfraclaires. Bolus, Il existe peu de terres ai^ gileuses ponèdant la propriété de résister «ans se ramollir au feu de foyers ardenla. Tantôt il y a trop de fer, lantôt trop de calcaire. Le* ai^iles sédimenlaireH du tertiaire De répondent pas plus a ces conditions que celles de* formation* dilurienne et alluvienne. Ce sont surtoutks argïlea de la formation lidérolithique, notamment celles de couleur claire, dites i Huppererde t dans le Jura soleurois, qui sont utilisables. Elle* *ont ordinairement mélansée* de *able siliceux et il faut, par lévitistioa. séparer I argile de ce sable ; en réalité, on produit en même temps deux matériaux également utiles, car ce sable est très pur et vitriflable,

Oq en exploitait surtout dans le Jura bernois, autrefiilB bien plus que maintenant, car bon nombre de gisemeols sont épuisés. Cependant ceux de la verrerie de Houtier. de Court et de Saicourt aont encore exploités. Récemment, on a mia en exploitation, près de Lausen (Jura bâlois). de trea importants gisement* alimentant deux entreprises. Le gi*ement de Huppererde ei-

Sloilé pendant ai longtemps par la commune e Longeau (Jura bernois) est actuellement épuisé; c'était une vaste excavation dans le Malm, remplie de ce résidu du délitement des calcaires jurassiques. D'autres Kisements ne

EfTeti

se rencontrent près d'Aarau. puis surtout aux environs de Lohn et sur le plateau du Rheiath (Schafniouse).

Sable vilrifiable, 11 provient des mSmea gisements que les argiles réftvctairee, soit i l'élat pur, avec une couleur blanche, soit légèrement janni par l'oijde de fer, soit encore avec un mélange asset fort de bolus ou matière argileuse. Depuis que la verrerie de Moutier, fermée pendant uoinbre d'années, a rallumé ses fonrs. on exploite de nouveau activement le sable siliceux du sïdérolithlque de Court, d'Ëcorcheresse. de Saicourt. Lovere«*e, Foet, Moron, près Bell ela^. Pendant quelque temps on a aussi essayé d'utiliser un grès quartieux blanc du Rhétien aCIIeurant à Mûmliswil. La verrerie de Semsalee utilise un sable ailiceux qui est du limon de délite ment de la mollasse provenant des environs de Ruevres- Tréfayes (Fribourg). Les grés du Triss inférieur fournissent également du sable quartieui près de Bile, (sable pour planchers).

Chaux et ciments. Ces matières sont obtenues par la cuisson de calcaires ou de marnes, ou encore d'un mélange de* deux ; elles servent, gâchées avec du sable, sous forme de mortier, de lien aux ouvrages maçonnerie; en mélangeant le mortier à du gravier, on prépare le béton.

La chaux ^sse se âbrique par simple calcination de la pierre calcaire ordinaire. L'emploi toujoura croissant de chani hydrauliqoe et de ciment pour le* travaux de construction fait que la chaux ordinaire tombe de plus en plus en désuétude. La région où se trouvent des matériaux susceptibles de servir dans cette intention est celle dont nous avons parlé plus haut â propos des calcaire* balir; c est le Jura tout entier et les Alpes

comme pierre a calcairr- "' -

.t là ■<

t les

miére* de* chaux hydraulique

cdlé. le développement croi*sant de l'industr

bare de calcium a remis en honneur celle de la chaux

vive qui en est la base essentielle. D'autres usine* de

Sroduits chimiques s'en servent également. D'importants )ura à chaux se trouvent i Rondei près Choindez (Jura bernois), à Scbwanden et i Nelatal (Claris). Les fabri-

ques de carbnre de calcium ont ordinairement i proximité leura propres foura i chaux.

Les chaux hydraulique* *e préparent par simple calcination de calcaires msmeux contenant .environ 80 % de carbonate de chaux ou davantage encore. 'Apre* la sortie du four la pierre se délite aussilAt a l'air ou bien, arrosée d'eau, elle fuse comme la chaux grasse. Il n'y aurait donc pae besoin de moudre un tel produit, mais dans la pratique on ne peut arriver à une régularité suflisante, ni du choix de la matière, ni de ta cuisson, tin conséquence, on lait passer au moulin et au tamis toutes les chaux hydrauliques. Elles ont la propriété de durcir sous l'eau, et cela d'autant jilus que leur composition se rapproche du chifire mmimum du carbonate de chaux. Les pierres qui s'en écartent beaucoup fournissent de ta chaux peu ou presque point h^r^rauliifue pBa*ant i la chaux grasse. La différence du poids spécifique de ces produits les fait appeler aussi chaux lourdes, mi-lourde* ou légères, suivant qu'elle* s'écartent ou se rapprochent de la chaux graBse.

Les principales couches de terrain fournissant, soit de la chaui hydraulique, soit aussi des ciments naturels, se trouvent dans les étages du Jurassique, du Crétacique ou du Tertiaire. D'ailleurs, chaque calcaire argileux de composition voulue peut fournir des produits hydrauliques. Voici les niveaux géologiques avec les principaux

■ItTt de la graada oolithe. L*ui*n.

gisements exploités qui entrent en ligne de compte poui] la Suisse :

Lias supérieur: Grindel, Bârachwil, Balmberg pour l'usine deLuterbach, — Dogger supérieur : Marnes du Vur-' cil, Noiraigue, Dogger alpin à Walenstadt, Flums. — Halm inférieur, Oxfordien et Argovien : Liesberg, Soyhières,' La R eu che nette. Rondchâtel, Wildegg, Entfelden, Baulmes.' Vallorbe, Châ tel-Saint- Denis, etc. — Haïra supérieur : 3é-i

auanien. Les Couvera, Milhlehorn(Glaris]. — Crétacique inïrieur, Hauterivien ; Creasier (Neuchàtel). — llrgonien : Rotzioch. — Crélaciqiie supérieur. Couches rouges des Préalpes : Boche (Vaud), Vouvry (Valais) Couches de Seewen, Beckenried, Roliloch (en partie), firunnen, BeckenH ried, Ingenbohl, Scaglia, Balerna ('Tessin). —Tertiaire, Tonarien: Laufon, — Anuilanieo : Paudèie (Vaud). ^ Œningien, Kâpfnach (Zurich), Emmishofen, Wigollingen (Thurgovie). — Glaciaire : Paudèze.

Sous ce rapport, les ressources les plus importantes du, sol se trouvent dans les marnes de I Argovien du Jura : anmi c'est dans cette résion-'que, depuis l'élabliasement des chemins de fer, les fabriques de chaux et de ciment' ont poussé comme de* champignons !

I ■..- ; '-intes fabriques de c

be, Baulmes, Rondchâtel, Brunnen, etc.

Cimenta naturels. Les ciments naturel* se préparent avec des marnes qui contiennent un peu moins de 80% de carbonate de chaux, aoit une proportion voisine de 76 i

sui

79%. Suivant la température de Ucalciiuition et l'iDAuence de facteurs en core^eu connus, on peut produire diveraes qualités l'e ciment naturel. Une forte cuitson donne dn ciment l'ortland naturel de couleur grise età prise lente; une cuissonpluiTaiMepeut produire du ciment romain ou à p ri le rapide, roi t du ciment prompt, de cou leur jaune. Peu il usines suisses ont réussi â produire jusqu'ici du ciment de cette ilernièrc qualité ; bous ce rapport, noua «onnraes encore considérable ment tributaires de l'étranger. On Tabrique du riment naturel aux endroits suivants : Noirat-

f'ue, Baulmes, Les Convers, Boudchâtel, Brunnen, Roli- [>ch, Kàprnach, Bârswil, etc. Quelc|ue«-unes de ces usines ont aussi produit du ciment romain du type Jirompt, par exemple Bondchâtel, Baulmes, Brunnen, Kapftaacli, Les Convers.

Ciment Portland arliliciel. Tandis que le ciment naturel dépend néresMirement de la composition de la roche hydraulique et varie de qualité avec les changements de celle-ci, on produit au contraire, par un mélange constamment contrôlé, une composition unilbrme, après séchage et moulure des deux composants nécessaires. En ce moment, le mélange n'a pas de propriétés hydrauliques, mais on les lui communique en soumettant ce mélange doaé â une cnisBon comme pour le ciment naturel, ce qui exige naturellement une deuxième moulure, car les matjères sagglomèrent rortement parlaonissoiuLa constance des qiMh^a de ces ciments arliilciels leur a assuré un grand succès, malgré leur hbricatlon très complifjuée et plut coûteuse, La production du ciment artificiel est aujourd'hui plus importante que celle de la chaux lourde et des ciments naturels réunis.

Les plus importantes de ces usines sont dans le Jura : Saînt-Sulpice. Le Furcil. Baulmes. La Reuchenetle, Luterbach, Bellerive, Liesberg. Laufon, Dittiiigen, Zwingen, Uanchenstein, Aarau et AN'ildegR ; dans les Alpes : Villeneuve, Grand-champ et Roche, Ennenda, Brunnen, RotzJoch, Walensladt ; sur le Plateau : la fabrique de Frauenfeld et quelques petites usines utilisent des matériaux tertiaires.

Ciment mixte. Depuis une dizaine d'années à peine, on a introduit dans l'industrie des produits hydrauliques qui sont^des mélanges de ciment Portland avec une matière inerte (calcaire en poudre) ; sous cette forme, ce sont donc des ciments • dilués d. lia présentent la constance de composition des ciments Portland. sans avoir la grande lenteur de prise des chaux hydrauliques, i qui ils sont destinés i faire concurrence. Cette industrie est actuellement CD croissance. On produit des ciments mixtes â Paudez, Roche, Brunnen, Roliloch.

Ciment de laitiers. Ce produit se fabrique, â titre ac-

F>brlqae de ciipbpI d* SaiDt-Sulptca. -

cetsoire, aux usines de Choindeit dans le Jura bernois, en utilisant les laitiers des hauts- fourneaux. Les scories granulées par un jet d'eau froide, sont réduites en pou-

■sui

dre et associée* à une quantité dotée de chaui vive. On se sert de ce ciment eaBeDlietlemenl pour U bbricatJOD de pierres artificietle*.

Production des fabriques suisses de matières hydrauliques. Voici quelques ehilTres qui montrent l'importance de cette branche d'industrie pour 1S06 :

Tonnes de ItMO kg- C. Portland C. mixte.

Jura - Zement- Fabriken, Aarau et

Wildegg 42 mo fl 100

Fabriques de Laufon, Bellerive et

Mûnchenstein 34 770

Fabrique B. Vigier, Luterbach et

La Reuchenette 33 530

Basier Zementfabrik, Dittingen . . 13 890 Fabrique Gresaly. Hartz et C'< à

LiesWrg 14 390 MO

Fabrique de Frauenfeld à Mûllheim. 9 190 730

Laufenthaler Portlandiementf>brik

à Zwingen 10 400

Vereinigte Zemenlfabriken RoUloch. 9 360 1 170

Karl Hurlimann, Brunnen .... 8 300 3 000

W. Brodbeck à Liestal 2 480

Usines de Grandchamp et de Roche. Il T*3 & 360

Société des Usines de Baulmes. . . 8 OSO 800

Fabrique suisse de ciment Portland,

Saint-Sulpice 30 310

Schweizerische Zementindustrie, En-

nenda 14 710

Borner, Edelmann et G'*, Walen-

BUdt 8 000

Société des Usines de la Paudèie,

Pnlly 3 OSO 27 160

Usines du Furcil à Noiraigue . . . 2 290

ToUl : Tonnes. ^ BSi VTm

En 1906, la production totale de la chaux lourde a été d'environ 200000 tonnes.

Le tableau qui suit donne les résultats totaux de la production de matières hydrauliques, y compris le gypse dont il sera question plus loin. On remarquera la tr& considérable augmentation de la production du ciment Portland depuis deux ans seulement, tandis que celle de la chaux lourde a subi une notable réduction depuis 1900: cette diminution est en partie aussi attribuable 4 l'introduction des ciments dits mixtes. Les ciments naturels sont en Franche décroissance, phénomène qui est cependant aussi en relation avec l'usage de plus en plus fréquent des ciments mixtes. D'un autre côté, les ciments naturels et les chaux hydrauliques, telles qu'on les produit aujourd'hui, tendent de plus en plus à se confondre, par suite des qualités que l'on exige d'une bonne chaux lourde, qualité* qui rapprochent les chaux lourdes des ciments naturels (Chaux Simplon de Vallorbe. par exemple).

Gypse. Les gisements de gypse sont répartis dans trois région* seulement : Te Jura oriental et septentrional, les Alpes septentrionales et le Teasin Sauf des intercalations insignifiantes de plâtre dans certains niveaux de la mollasse d'eau douce miocène et oligocène, ainsi que dans le terrain purbeckien, tous le* autr«8 gisements exploilaliles se trouvent dans les étages du Trias.

Dana le Jura septentrional c'est le Keuper qui renferme des gftes de gypse généralement assex impur. C'est pour cette raiaon qu'à Comol les travaux ont été abandonnés. Dans le Jura oriental ce terrain est plus pur. Des exploitations assez actives se trouvent dans 38 localités des cantons d'Argovie, de Râle et de Soleure, surtout à Mul- , lenz près liâle. Bretiwil. Schambelen, Gûnsbei^. Rietheim, au Baimberg, etc. C'est ce même niveau qui renferme les gîtes de gypse du canton de SchafThouse près de Schleitheim et Beggingen, et ceux de Koblenz (Felsentu).

Un niveau inférieur au Keuper se rencontre su milieu du conchylien (lluschelkalk) dans les couches de l'argile salifère. Il n'est que rarement à découvert ; il existe des exploitations de ce gypse à Làufelfingeu, Oberdorf sur Hiillstein, et à Hab*-

SUI

SUI

Le« gisements gypsifères des Alpes sont beaucoup plus importants II y a la des montagnes entières formées de cette roche, notamment près de Bex, où se trouvent les exploitation deVilly, Ollon et du Montet, puis celles de Villeneuve. En remontant la vallée du Rhône on trouve les gisements exploités de Charrat, Grandes, Finges, Gamsen, ainsi qu'en plusieurs autres endroits près de Brigue. Dans les Alpes bernoises il y a, comme à Bex, la région gypsifère du lac de Thoune (Krattigen et Leissigen), Oey, dans le Simmenthal, La Lenk, Zweisimmen, etc. Tous ces gisements appartiennent au Trias moyen. Dans le Tessin, on ne compte qu'une seule exploitation un peu active à Meride.

Dans le Jura le plâtre impur est utilisé de préférence comme engrais, tandis qu'on choisit les morceaux les plus purs pour le plAtre architectural. Divers gypses alpins sont d'une blancheur remarquable, spécialement a Granges, Finies, Gamsen. Cependant on ne produit guère du plâtre statuaire, mais du plâtre architectural oui pst le produit principal, à côté d'un gypse ayant suoi une cuisson spéciale et qui se durcit beaucoup plus que le plâtre ordinaire, tout en

Production totale de ciments, chaux et plâtre de 1894 à 1905, en tonnes de 1000 kg.

Ciment Portland.

Ciment

naturel

(romain).

Chaux hydraul.

Ciment de

laitier.

Plâtre-.

Total.

Fours

en

activité.

résistant à l'action des intempéries (Fingtte, Estrich-

gyp»)- .

Le tableau ci-dessus donne la production du plâtre et des ciments en Suissependant les 10 dernières années.

En 1904, plus de 3000 ouvriers étaient occupés dans les usines â la fabrication de plâtre, chaux et ciments.

Bibliographie. A. Kenn^ott, ÏHe Minérale der SchweiZj 1866. Die Baumaterialten an der Landesaustellungy 1883. Grubenmann, Methoden und Rpmltate der Prûfung ktingtL und natnrl. Bausteine VIL Mayer, Einteilung, Beurteilunjg und Benennung etc. Notice sur les exploitations minérales de la Suisse à V occasion de VExposition nat. suisse de i89ô, Weber und A. Brosi, Karte der Fundorte von Rohprodukten, 1883. Jaccard und Heim, Vebersichtskarte der Fundorte und Bohniaterialien fur die Kalk-, Cernent und Gyjosfabrikation derSchweiz, 1894. Letach, Die schu^eiz. Molassekohlen ôstlich der Reuss. (Matériaux pour la carte géolog. de la Suisse: série géotechn. Série L 1899). E. Klsshng. Molassekohlen westlich der Reuss zur id. II, 1903. Rapports des inspecteurs fédéraux des labriçiues et des mines, publiés par le département fédéral de l'industrie. Annuaire statistique de la Suiêse. Letsch, Zschokke, Rollier et M oser, Die Schwei" zerischen Tonlaaer. (Mat, pour la carte géoLde la Suisse; série géotechn. Série IV). [D' H. Scharixt.]

C. Le mouvement des étramoers et l'ikdustbie des HÔTPLS. Comme troisième groupe d'industries nettement localisé fféographiquement citons l'industrie hôtelière

Provoquée par le mouvement des étrangers qui lui a onné naissance et qu'elle fiicilite elle-même par son développement progressif, constituant ainsi un objet de la plus haute importance pour l'économie sociale du pays. L'origine et la base de cette industrie dans son ensemble est en première ligne l'utilisation des sources minérales dont la nature a si richement doté la Suisse et qui sont employées tant comme boissons que comme bains. L'hy-

drothérapie était déjà en grand honneur au temps des Romains ; c'est â eux que l'on doit l'exploitation de nombreuses sources dans notre pays; elle augmenta en importance pendanti tout le moyen âge et surtout de nos jours tandis que l'aérothérapie doit être considérée plutôt comme le résultat de la nervosité toujours croissante qu'entraîne l'activité déployée par l'homme pour améliorer sa situation sociale. Dans le sens actuel du mot le mouvement des étrangers est un phénomène des temps modernes reposant principalement sur quatre catégories différentes de besoins : aj le désir de faire des courses et ascensions de montagne ; bj le besoin de se retremper dans les beautés de la nature, de jouir de la simplicité et de la tranquillité de la campagne ; cj les prétentions de la ploutocratie et de 1 aristocratie qui veulent trouver dans leurs séiours au grand air le confort et le luxe auxquels elles sont habituées ; dj le désir bien justifié de véritables malades (poitrinaires, anémiques, neurasthéniques, etc.) de chercher leur guérison ou une amélioration â leur état dans l'air pur et léger des hautes régions oui peuvent leur fournir a la fois le lait et les eaux minérales convenant à leur état. A la fm du XYIII»* siècle et surtout après le Congrès de Vienne en 1815 nos principaux lacs (Léman, lacs des Quatre-Cantons et de Zurich) devinrent le but de voyage de nombreux étran-

Sers de distinction. Puis vint le tour du Rigi, e la Suisse centrale, de l'Oberland bernois et en6n les Grisons (Envadine), le Valais (Zermatt) eurent à se réjouir d'un anlux considérable de voyageurs suisses et étrangers. Les principaux centres d'attraction sont toujours les rives des lacs au Nord et au Sud des Alpes (lacs des Quatre-Cantons, de Thoune, de Zurich, de Lugano, Mineur et Léman). Les vallées si ramifiées de rOberland bernois, de la Suisse centrale, du Valais et des Grisons, Zermatt et TEngadine en première ligne se distinguent par une énorme afQuence de voyageurs ainsi que par le luxe et le confort des hôtels. En aetiors de la question de l'altitude, les beautés pittoresques des localités et de leur voisinage immédiat, ainsi que des agréments accessoires qu'on y peut rencontrer, jouent, en ce qui concerne le choix du séjour, un rôle plus important que la situation purement^géographique.

Le nomore des hôtels a augmenté dans les vingt-cinq dernières années d'une manière inattendue. De tous côtés on vit les hôtels sortir de terre comme les champignons ; ce mouvement n'est pas près de s'arrêter. Partout, dans les plus basses localités, sur les flancs des montagnes les

S lus escarpées comme sur les plus hauts sommets se ressent des hôtels où se déverse le flot croissant des étrangers. Certaines vallées élevées sont subitement devenues célèbres à cause de leur situation pittoresque ou de la pureté de leur atmosphère, et sont ainsi entrées dans le courant international du mouvement des touristes; d'autres plus anciennement visitées, ont non seulement conservé, mais encore doublé leur antique réputation ensorte que l'augmentation si rapide du nombre de ces établissements, qui, au premier abord, a lieu de surprendre, s'explique ainsi assez naturellement.

Depuis plusieurs années, devant l'augmentation croissante des amateurs de sports d'hiver, s'est développée une nouvelle branche du mouvement des étrangers par le fait qu'un grand nombre de stations sportives d'hiver se trouvent dans un état très florissant et permettent de se livrer â ces divertissements hygiéniques (traîneau, luge, patin, skis, curling et hockey). Nombre d'hôtels, avantageusement connus d'ancienne date, mais qui n'étaient ouverts 3ue rété, sont maintenant très fréquentés par les amateurs es sports d'hiver.

Le nombre des stations d'hiver va toujours grandissant. Citons les suivantes. Dans le Jura : Ballaigues, Le Pont, Sainte-Croix-Les Rasses, Le Mont- Soleil, LeWeissenstein; dans le canton de Vaud : Baumaroche-Mont Pèlerin, Caux, Château - d'Œx, Chésières - Villars - Arveyes, Corbeyrier, Gryon, Les Avants, Les Plans, Leysin ; en Valais : Montana-Vermala. Sierre ; dans l'Oberland bernois : Adelboden, Grindelwala, Gstaad, Kandersteg, Lauterbrunnen, Wen-

SUl

SUl

ffen, Zweisimmen ; Rigi-IUltt>ad et Ri^-Klôsterli ; Eoffel* berg; Andermatt; Glaris ; dans les Grisons : Arosa, Ber-

C'n, Campfèr, Celerina, Coire, Davos, Flims, Klosters, nzerheide, Parpan, Piz Mundaun, Pontresina, Preda, Samaden, Sankt-Antônien, Saint-Moritz, Sils-Baseglia, Silvaplana, Valzeina, Vicosoprano, Wiesen, Zuoz. (Voir publication spéciale : Le9 sports d'hiver en Suisse ; Annuaire de la Suisse hivernale 1906-07. Neuchâtel, 1907).

On classe généralement les hôtels en trois rangs sans que, pour cela, cette classification soit fondée sur la qualité du service ; la grandeur de Thôtel, son agencement plus ou moins luxueux, le genre de construction, l'ameuolement, la nature du personne] et d'autres causes encore sont les facteurs sur lesquels on se base pour établir cette distinction qui n'est pas toujours absolue. Quant à la durée du service on distingue les hôtels ouverts toute Tannée et ceux qui ne le sont que pendant une saison ; il y a aussi des hôtels destinés à loger des familles ; des hôtels pour passants, pour de courts séjours. Beaucoup d*hôtels portent aussi le nom de « Pension » ; on peut y (aire un séjour plus ou moins prolongé suivant un prix fixe ou fixé à Tavance pour logis et nourriture. Les hôtels garnis ne font que loger le voyageur et le laissent libre d*agir à sa convenance pour ses repas.

Pour venir en aide à l'industrie hôtelière, aux intérêts des hôteliers eux-mêmes et au mouvement des étrangers on a tonde, en 1882, la « Société suisse des hôteliers » qui a célébré, en 1907, son vingt-cinquième anniversaire avec un nombre de membres s'élevant à 1100. A cette

à Tactivité de la Société pendant ses 25 années d'existence. Le bureau central de la Société publie aussi régulièrement des comptes rendus et un guide annuels « Les hôtels de la Suisse », ainsi que « La Revue suisse des Hôtels ». En outre, la Société possède à Cour-Lausanne une école professionnelle oui peut recevoir jusqu'à 31 élèves. Les employés d'hôtels se sont aussi organisés et ont fondé des associations. Dans toutes les localités un peu importantes de la Suisse existent des Bureaux de renseignements gratuits pour les voyageurs (Verkehrsbureaux). Le premier de ces bureaux a été fondé en 1886 à Zurich grâce à l'initiative de Ed. Guyer-Freuler.

Les hôtels suisses jouissent à l'étranger de la meilleure réputation ; ils comptent actuellement près de 125000 lits dont environ 100 000 se répartissent entre les membres de la Société suisse des hôteliers. Si l'on considère que le capital engagé dans ces entreprises atteint près de 800 millions, que le mouvement des affaires égale près de 190 millions et que 35000 employés en tirent leurs moyens d'existence, on admettra que l'industrie hôtelière suisse a atteint une situation tout à fait exceptionnelle.

Nous empruntons les données statistiques suivantes ainsi que les tableaux renfermés dans ce chapitre, au Souvenir du Jubilé ^ publié par les soins de la Société suisse des hôteliers.

a) Hôtels d'étrangers et nombre des lits. En 1880, il y avait en Suisse 1002 hôtels destinés au tourisme avec

Page 1