Kâpfnach au bord du lac de Zurich
Gisements très importants dans la mollasse d'eau douce supérieure (Oeninffien), formant une seule couche de 10 a 42 cm. d'épaisseur. C'est un charbon brillant (Pechkohle, Glanzkohle) ou li-
Snite noir. Ce combustible hit connu éjà en 1548 (StumpH et exploité pour la première fois en 1o63; mais ce n'est que depuis 1784 que l'exploitation se 2S%sl^ continue régulièrement et sans interruption. La couche de charbon se développe, avec une faible inclinaison, dès le niveau du lac de Zurich, sur une grande surface, en s'élevant graduellement à une hauteur de 40 m. environ au-dessus de ce kuvpour devenir ensuite horizontale, en accusant même dans le sens opposé un léger plonflement vers la colline de Moorschwand. Xa production a été fort modeste jusque vers 1850, ne dépassant guère 1000 tonnes par an, puis elle a atteint 2000 t. jusqu'en 1868, pour
SUI
SUI
monter rapidement bien au delà de 5000 1. ; en 1871 on a même attemt le maximum de 11 660 1. Mais, depuis 1876, iljai décroissance continuelle dans la quantité exploitée ; aujourd'hui celte mine est en pleine décadence et son exploitation n'est guère supérieure à ce qu'elle était avant 1817 (968 t. en 1896), non point sans doute par suite de son épuisement, mais surtout parce que ces combustibles ne peuvent pas faire concurrence aux houilles importées de l'étranger. C'est pour parer à cette crise que, depuis 1873, on a ajouté à l'exploitation du charbon la fabrication de produits hydrauliques, tels que chaux lourde, ciment romain et plus tard (1800) ciment Portland artificiel, ainsi que de tuiles et briques en terre cuite, dont la matière brute est fournie par les couches du mur et du toit du lit de charbon, terrains qu'il est nécessaire de déblayer au cours de l'exploitation. Utilisation des déblais et consommation du combustible sur place, voilà le vrai remède pour sauver une entreprise minière de ce genre (cette même mesure fût aussi appliquée il y a une dizaine d'années aux mines de Pauaex, mais avec moins de bonheur, par la fondation d'une usine de produits hydrauliques et de briques qui a absorbé jusqu'ici plus de 2 millions de capital .
On avait déjà auparavant réussi à écouler une partie dés déblais comme engrais et pour l'amendement des terres On peut estimer oue, jusqu'en 1896, on a extrait à Kâpfoach au total 250000 t. de charbon, provenant d'une suraice exploitée d'environ 1 000000 m*. Le même gisement a été encore exploité près de Gwandlen par des parlicaliers, de 1777 a 1849; extraction environ 3500 t., ainsi
Îju'à Aabach, où cependant le charbon est très peu pur et ortement mêlé avec de la roche argileuse. Un peu plus an S.-E. on a exploité, près du hameau de Gottshalden, un charbon fortement terreux ; extraction de 1874 à 1891 , 4050 1.
5. Mine du Riedhof dans l'iCuosterth»!. Découverte en 1786, exploitée, comme la mine ae Kâpfoach, par l'État de Zurich, mais les travaux furent arrêtés au commencement du XIX* siècle, après qu'on en eût extrait environ 2000 1. de charbon. Ce ffisement se trouve aussi dans la mollasse d'eau douce supérieure. A ce même niveau appartiennent divers gisements qui ont été reconnus, mais à peine exploités, dans le Reppischthal supérieur et inférieur, notamment à Sellenburen, puis près de Spreitenbach (Argovie).
6. La vallée de la Sihl offre de nombreux affleurements de couches charbonneuses, ayant localement jusc^u'à 30 cm. d'épaisseur; l'exploitation en a été tentée à Obstinrten près Adliswil, à Htntersteig, au Schweizertobel, au nossweg, etc., elles appartiennent probablement au même niveau que Kâpfnach et en tout cas à la mollasse œningienne.
7. Les mines d'El^g sont dans le même cas. Elles se trouvent près de Schneitberg et leur découverte date de 1763. On les a exploitées en amont de la station d'Elgg à trois endroits, à llin de 1782 à 1838, à l'autre de 1811 a 1827, au troisième de 1827 à 1837. Rendement inconnu, mais peu considérable, vu l'irrégularité de la couche.
8. La mine de Raat, ouverte dans un vallon qui débouche du côté du Rhin, entre Weiach et Kaiserstuhl, appartient aussi à rOeningien. Exploitée vers 1789-1790.
9. Dans leTôssthal se trouvent, en de nombreux endroits, des filons de lignite, en général peu épais et irréguliers. Bon nombre d^ntre eux ont donné heu à des tentatives d'exploitation vers la fin du XVIIl* et au commencement du XIX* siècle Aucune exploitation n'a pu se maintenir, et on ne sait rien de précis sur leur rendement. L'âge de ces gisements est probablement aussi œningien. Il en en est de même dans la région du fiachtel ; les rares traces de lignite noir se rencontrent sous forme de simples lentilles, parfois même dans les poudingues.
10. Dans le Wehnthal et le Regensdorferthal, ainsi que dans la vallée argovienne de la Limmat et dans diverses parties du canton de Zurich, il s'agit de simples lentilles ou nids de charbon, ou' de lits de trop faible épaisseur pour permettre une exploitation fructueuse. Cela n'a pas empêché que de nombreuses recherches aient eu lieu, malheureusement en pure perte.
11. A Herdem, dans le canton deThurgovie, on a exploité, dès 1865, deux couches de charbon, dont Tune avait 15 à 16 cm. depuissance. Les dernières extractions ont eu lieu en 1893. Ailleurs, ce sont des nids ou amas plus ou
moins étendus, sans continuité, comme dans le voisinage de Bomhausen, près de Mammem, à Berlingen, Erma tingen, etc., qui ne représentent que des lentiUes isolées sans aucune relation - les unes avec les autres, bien qu'elles se trouvent toutes dans l'Oeningien.
12. On a essayé d'exploiter du lignite près deWellhausen, au S. de la vallée de la Thur; les travaux datent du commencement du XIX* sitnsle ; jusqu'en 1857 on a percé toute une série de galeries. La vallée de la Murg n offre pas de meilleures conditions, ni au Murkart, à Oberwil, ou encore à Littenheid, où au commencement du XIX" siècle, l'on a creusé de nombreuses galeries. Même situation et mêmes résultats à Bichelsee et Fischingen, dans la haute vallée de la Murg.
13. La mine de Rufi, dans la commune de Schànnis, canton de Saint-Gall, a eu une époque assez prospère. Les
Îiremiers travaux datent de 1824; ils ont ouré jusqu'en 860. On ne sait au juste quelle a été la quantité de combustible extrait; de 1856 à 1865, époque où l'exploitation fût encore assez active, on a extrait environ 900Ô t. Le niveau géologique de ce lignite est l'étaffe aquitanien ou mollasse d'eau douce inférieure, comme aans la région vaudoise.
14. D'autres fractions des territoires de Saint-Gall et d'Appenzell ont donné lieu à des recherches sans motiver des exploitations, ainsi près de Nieder Uzwil, Echeltswil, le voisinage de Saint-Gall, etc. Les gttes de combustible se trouvent soit dans TAquitanien, soit dans l'Oeningen.
Nous avons vu que les gisements ayant donné lieu à des exploitations quelque peu suivies se trouvent tous dans ces deux derniers étages tertiaires ; l'étage helvétien n'a jamais fourni des charbons exploitables. Les deux régions qui, aujourd'hui encore, sont le siège d'une activité minière, sont Paudex-Conversion dans l'Aquitanien, et Kaptnach dans l'Oeningien. La décadence de ces entreprises est en partie le résultat de l'épuisement croissant des gîtes, qui a amené l'augmentation des frais d'extraction, ainsi que de la baisse du prix des houilles étrangères, par suite du développement des voies ferrées. Le maintien de l'exploitation, dans ces deux bas^ sins, n'est devenu possible que par la création d'industries accessoires utilisant les déblais (produits hydrauliques, poteries, tuiles et briques), qui consomment eux-mêmes le combustible sur place.
Lignites du terrain diluvien ou lignites bruns (lignites vrais). Ces lignites ont une couleur brune plus ou moins foncée ; on reconnaît toujours facilement la struc(;ure du bois, souvent même les lîffnes d'accroissement sbnt très apparentes, bien que les bois ou autres matières végétales qui ont donné naissance à ce combustible soient si fortement écrasés que la structure en est devenue feuilletée, presque schisteuse, d'où le nom de lignite schisteux ou charbon feuilleté iSchieferkohle). La combustion de ce produit, qui ressemble encore tant au bois, est très différente de celle du lignite noir, lequel ressemble bien plus à la houille.
Les gisements connus et en partie exploitables se trouvent tous dans le terrain diluvien interglaciaire; ils sont attribuables à l'enfouissement de forêts ou de tourbières, sous des moi aines déposées par les glaciers diluviens.
Des traces peu considérables de lignite feuilleté ont été constatées dans la Suisse occidentale; on n'a jamais son|pé à exploiter ces gisements qui se trouvent dans les environs d Au bonne (signal de Hougy) et de Grand son.
Par contre, la région limitrophe des cantons de Zurich et de Saint-Gall offre des dépôts de lignite feuilleté de très grande importance. Il v a tantôt une seule, tantôt deux couches de charbon, séparées par des graviers et des sables ; mais la couche la plus basse repose sur de l'argile glaciaire avec galets striés, montrant ainsi qu'il s'agit bien d'une formation interglaciaire, car sur les graviers interglaciaires qui accompagnent le lignite on retrouve les moraines de la dernière glaciation. Ces charbons feuilletés datent donc de la- dernière époque interglaciaire.
L'exploitation des gisements de Dûmten a commencé en 1854 à la mine d'Oberberg. En 1862 on a commencé à exploiter les galeries du Binzberg. Pendant les dix premières années lo«premier de ces gisements a fourni environ 4000 1. annuellement, le second, aujourd'hui épuisé, a produit la première année déjà près de 3 000 1. Un
SUl
SUl
autre gisement a été attaqaé à Schôneich, non loind'Unter Wetzikon. Les deux couches, si elles ne sont pas en continuité, sont au moins certainement contemporaines. L'épaisseur du banc de combustible est de 1 à 1 '/t m. à Unter Wetzikon, tandis qu'elle est de 2 à 4 m. à Oberberg. Mais il n'est pas entièrement pur; il s'y intercale fréquemment des feuillets argileux en nombre variable, suivant l'épaisseur de la couche. Gisement actuellement épuisé.
Dans le canton de Saint-Gall, c'est à Uinach que l'on exploite ce même ^enre de combustible depuis un temps plus ancien. Les gisements sont aussi plus importants et ont probablement une étendue plus considérable que ceux du canton de Zurich. La production s'est élevée certaines années jusqu'à 50000 t. Le charbon feuilleté d'Uznach repose par places presque directement sur les couches redressées de la mollasse. Il est recouvert de graviers et de couches de sable, sur lesquelles s'étendent de nouveau des dépôts morainiques. Il est donc tout à fait probable que ces gisements sont contemporains des précédents, r ils ne sont pas en connexion souterraine. L'exploitation est aujourd'hui en décroissance et le gisement marche rapidement vers son épuisement.
On a constaté des traces de charbon feuilleté vis-à-vis des mines d'Uznach, au Buchberg et à Wangen, ainsi qu'à Kaltbrunn. La hauteur étant sensiblement la même, il est presque certain qu'il s'agit de la même couche que l'érosion a morcelée. Aucune exploitation.
On a également trouvé des gisements de charbon feuilleté à Môrswil, entre Rorschach et Sttint-Gall, rét^ion qui appartient au lac de Constance. L'épaisseur de a couche est de 60 cm. seulement; on en a extrait jusqu'à 5000 t. par année. Actuellement épuisé depuis une vingtaine d'années.
Aurbières. La tourbe se forme dans des marais alimentés par de l'eau de ruissellement, ou de sources ou simplement par des eaux pluviales. Ce sont les plaines d'ailuvion, anciens lacs en voie d'assèchement, ou d'anciens golfes de ceux-ci qui sont les lieux les plus importants de formation de la tourbe. Mais la tourbe peut aussi prendre naissance sur des sur&ces planes ou convexes, même sur des talus pas trop inclines, sur lesquels l'eau n a jamais pu rester à l'état stagnant. Alors c'est l'eau de ruissellement seule, conjointement avec l'eau météorique, qui en est la cause. Quand cette eau s'écoule sur un fond étanche, condition indispensable pour la formation de la tourbe, il se produit une végétation particulière qui a la propriété de ne pas se détruire au fur et à mesure que les parties mortes des plantes sont immer-
Sées dans l'eau ; elles se transforment, par le processus e l'humification, en un feutrage de matière végétale d'un brun plus ou moins foncé, suivant l'âge de la formation. On aistingue deux sortes de tourbières ; les tourbières planes (Flachmoore) ou tourbières inondées et les tourbières bombées (Hochmoore) ou tourbières eiondées. Les premières se forment dans des lacs ou dans des mares préexistantes et Unissent par les combler complètement. La formation subséquente qui se développe au-dessus du niveau de l'eau, ou qui n'en est que momentanément imbibée, appartient à la tourbière exondée qui devient de plus en plus bombée. En même temps, la végétation se transforme complètement, car la tourbe inondée est composée de végétaux très différents de ceux qui déterminent la genèse de la tourbe exondée. Sur cette dernière croissent ordinairement aussi certains arbres, tels que le bouleau, le pin crochu, etc., dont les racines et les troncs couchés sont également enfouis dans le dépôt tourbeux et y acquièrent peu à peu les propriétés du lignite brun (querbes dans le canton de Neucnâtel). Les tourbières qui se développent sur des talus ou sur des plateaux faiblement bombés ont immédiatement le caractère de tourbières exondées, sans l'intermédiaire de la phase d'inondation. La meilleure tourbe est celle qui se trouve à une certaine profondeur (tourbe noire), qui a conséquemment déjà un âge assez avancé et a subi la compression des couches de tourbe superposée, ce qui la rend plus compacte et lui assure un plus fort calorique. La tourbe superficielle (pelvoux, tourbe brune) est lâche et légère. CeHe-ci est utilisée souvent comme litière ou pour la fabrication du papier. La tourbe submergée est
formée essentiellement par les tiges et les racines de plantes de marais (Cjfpéracées, Graminées, etc. avec une assez fiaible participation de mousses du genre Hjfpnum, tourbe de gazon) ; la tourbe exondée est au contraire formée en prédominance par des mousses du genre Sphagnum , (tourbe de mousses). La première est souvent fort riche en matières minérales amenées par les eaux d'alimentation du marais, tandis que dans la seconde les atterrissements minéraux font presque défaut ; aussi la tourbe inondée a une plus forte teneur en cendres que la tourbe de marais exondée. La suppression graduelle de l'eau, oo son apparition à titre seulement temporaire, transforme la tourbière exondée en bruyère, dont la végétation offre encore une composition différente. Par suite des circonstances qui donnent naissance aux marais tourbeux, il faut s'attendre à trouver des tourbières dans les basses régions en voie d'atterrissement (laça en comblement), ou sur les hauts plateaux à fond étanche, soit qu'ils aient momentanément contenu des lacs plus ou moins profonds, soit que le fond imperméable et la végétation de mousses qui s'y est développée, aient immédiatement lait naître le marais bombé.
Dans bien des régions, la tourbe est encore nn combustible presque indispensable. L'exploitation se fiait à peu près partout de la même manière : on coupe des mottes ou briques carrées, au moyen de la pelle ou bêche, on entasse les briques (mottes, ail. Soaen ou Schûbel) en forme de murs ou pyramides, aussitôt que la dessication
3ue l'on fait commencer à plat est assez avancée. Après essication complète on emmagasina la tourbe dans des hangars. Les briques fraîches mesurent 9 X 18 x 90 et sèches 5x15x25 cm. La mesure de volume pour la vente est le char à caisse dit bauge, d'une contenance de 3 à 4 stères, suivant les lieux.
1. Tourbières du Jura. Le Jura vaudois offre d'importantes tourbières dans la vallée de Joux, près du Sentier et du Brassus, jusque dans le voisinage de la frontière française au Carroz. Elles occupent le fond étanche de terrains tertiaires de la vallée. Des tourbières moins importantes se trouvent dans le vallon du Solliat. qui est une cuvette accessoire latérale de la vallée de Joux. Près de Sainte-Croix on exploite de la tourbe à trois endroits : à La Sagne, dans le vallon même de Sainte-Croix, sur le plateau de La Chaux et de L'Auberson, enfin dans la combe de la Vraconne. L'exploitation étant faite par des particuliers, on ne connaît guère le volume de Tei traction, aucune prescription n'obligeant le propriétaire ou l'exploitant à une déclaration de ce genre.
Les exploitations de tourbe les plus étendues se rencontrent sur les plateaux du Jura neuchâtelois. Le plateau ou vallée plate des Ponts et de La Sagne (1000 à l6l8 m.) est tout parsemé de tourbières en exploitation. On y compte encore 1000 ha. de marais exploitable, contenant, en raison d'une vente annuelle de 40000 bauges de tourbe sèche, une réserve pour plus de 100 ans. ils reposent sur des marnes tertiaires.
La vallée de La Brévine, un peu plus élevée que celle des Ponts (1('50 m.), renferme oes tourbières moins étendues et aussi moins activememt exploitées. Outre la consommation locale, on exporte les produits de la partie S.-O. de la vallée dans ^e Val-de-Travers et aux Verrières, tandis que la partie N.-E. alimente surtout Le Locle. La Chaux-de-Fonds est surtout alimentée par les tourbières de La Sagne, tandis <]ue les Ponts en expédient beaucoup à Neuchâtel. Moins importantes sont les tourbières de La Joux du Plane, des Ëplatures- Bonne Fontaine (épuisées), des Verrier» s (épuisées), de Noiraigue et des hauteurs de PouiUerel. Entre le Jura neuchâtelois et bernois s'étend le vaste plateau tourbeux de la Montagne de Diesse, qui n'est exploité que sur ses bords. D'innombrables tourbières moins grandes se trouvent sur les plateaux et les combes du Jura bernois, où elles portent le nom de « saines i» ; mais elles sont loin d'avoir l'importance de celles du Jura neuchâtelois, puisaue leur sunace totale n'a été évaluée qu'à environ 600 ha. Les plus importantes sont celles de Montfaucon et des Enfers, celles des Rouges Terres, celles des moulins des Royers et de la Gruyère, celles de La Chaux des Breuleux et celle de Tramelan, qui est la plus considérable des Franches- Montagnes. Moins importantes sont celles de La Chaux-
SUI
SUI
d*ÂbeIf du Noirmont, et celles des Pontins, sur le flanc N. du Chasserai. Le Jura septentrional et oriental ne renferme pas de tourbières, au moins aucune qui soit exploitée. Le substratum étanche est formé soit de marnes tertiaires, d'argiles glaciaires, de marnes argoviennes, bathoniennes, etc.
2. Tourbières du Plateau mollassique. Ce sont presque sans exception des tourbières inondées, en tout cas Torigine, avec formation de tourbe exondée dans un certain nombre de cas. Le fond étanche sur lequel se sont établis ces marais tourbeux est tantôt Talluvion de colmatage et d'atterrissement d'un lac ou d'un étang, d'autres fois de la moraine argileuse, ou encore tout simplement le limon de délitement des marnes de la mollasse. De ce chef, on peut distinguer diverses sortes de tourbières : celles qui occupent des lacs comblés, soit les tourbières lacustres; les tour Bières remplissant des dépressions entre les digues morainiques, enfin celles qui se sont établies sur les marnes tertiaires, ordinairement dans les sillons séparant deux arêtes, formées par des bancs durs de grès ou de poudingue ; souvent aussi l'influence glaciaire a ici une certaine part dans la configuration du Ueu, comme ausqr dans la fo^ation du terrain étanche de la cuvette du marais. Il y a parfois des tourbières sur les tronçons intermédiaires entre les vallées entrecoupant le Plateau. II est impossible de citer ici toutes celles du Plateau ; elles sont légion et leur énumération serait fastidieuse, étant donné que le plus grand nombre d'entre elles sont de très petites dimensions et
au'au surplus un ^rand nombre n'ont encore fait l'objet 'aucune exploitation régulière. Nous devons nous borner ici à l'indication de ceux de ces marais qui offrent une certaine importance.
Les tourbières d'origine lacustre occupent une très grande surface, tout d'abord dans la plaine de l'Orbe, entre Yverdon et le Mormont ; elles ont été exploitées a diverses époques, puis abandonnées ; le plus souvent leur exploitation était faite par les consommateurs mêmes, ou du moins pour les besoins de localités voisines. C'est notamment le cas des nombreuses exploitations entre le Mont de Chamblon et la ville d'Yverdon. Des sociétés par actions ont exploité en grand, à diverses reprises, la tourbe de la reffion supérieure des marais de l'Orbe (marais d'Entrerocne) ; une première fois, il y a une trentaine d'années, en vue de la fabrication et de l'exportation de tourbe comprimée et carbonisée appelée « houille de Lara » ; mais cette entreprise ne prospéra point et fut bientôt abandonnée. Plus récemment, la société Osmond en a repris l'exploitation sur une grande échelle, dit-on, en vue de fabriquer un combustible comprimé selon une méthode nouvelle (Osmondite). Dans cette partie du marais, la couche de tourbe mesure entre. Bavois et Orny, jusqu'à 7 et 8 m. d'épaisseur. La dite société l'exploite au moyen de dragues bien au-dessous du niveau de l'eau, ce que l'ancienne méthode ne permettait pas, à moins de travaux de dessèchement préalables. Une entreprise privée exploite, depuis nombre d'années, la tourbe du Marais des Puits, près de Bavois, marais appelé ainsi à cause de plusieurs sources importantes, appelées « puits » qui poussent de bas en haut au milieu du sol touroeux.
On peut assigner cette même origine aux tourbières de la plaine du Rhône, entre Monthey-Saint-Triphon et le Léman ; cependant cette tourbe n'y est nullement exploitée et parait avoir une faible épaisseur, en même temps au'une qualité médiocre, par suite de l'influence des inonations auxquelles cette région ftit longtemps exposée ; il y a énormément de limon mélangé à la matière tourbeuse. Les travaux d'assainissement tendent au contraire à la transformer de plus en plus en terre cultivable.
Dans la même catégorie se placent aussi les tourbières exploitées par la commune d'Âvenches dans la basse vallée de la Broyé, ainsi que celles bien plus étendues qui occupent la plus grande partie du Grand Marais (voir ce nom) ou marais du Chablais, entre les lacs de Neuchâtel et de Morat, et la hauteur d'Aarberg. La tourbe y est ex-
Ejoitée le plus souvent en vue de défricher le terrain, ien plus que pour sa valeur, car la couche est peu épaisse et se compose presque exclusivement de tourbe brune (pelvoux). Son épaisseur ne mesure guère plus de 2 m., souvent beaucoup moins. Le fond est le limon lacustre. |
Les mêmes circonstances se retrouvent dans toutes les tourbières du Seeland et de la plaine de la Thièle, entre les lacs de Neuchâtel et de Bienne, où existent quelques exploitations peu importantes. Malgré la difl'érence de distance, ces tourbes de moindre qualité ne peuvent faire concurrence à celles des montagnes neuchâteloises.
Les grandes régions marécageuses de la plaine de la Linth, entre les lacs de Zurich et de Walenstadt, ainsi que dans la vallée du Rhin, entre le lac de Constance et Oberried, puis celles des vallées de la Glatt et de la Limmat sont dans des conditions analogues.
D'innombrables tourbières, grandes ou petites, sont ex-
Sloitées dans les parties basses comme aussi sur les flancs, es vallons et sur les hauteurs du Plateau. Il n'est p^s Sossible de les détailler; nous devons nous contenter id 'une énumération sommaire.
Aucun des petits marais tourbeux du canton de Genève n'est exploite^ au moins d'une façon permanente. Dans le plateau vaudois, outre les localités déjà mentionnées comme fiaisant partie d'un anci»'n aréal lacustre, on exploite activement de la tourbe au Tronchet, près de la colline de Gourze sur Cully, dans les marais de la Rogivue près Oron et, à titre temporaire* dans quelques autres endroits. La tourbière de la Rogivue s'étend également sur territoire fribourgeois, oii 1 on exploite activement une couche de 2 à 3 m. d'épaisseur. D'autres se trouvent
f)rè8 d'Attalens, dans la dépression qui sépare le Mont Péerin du Mont-Vuarat, ainsi qu'à la Jaillaz et au Crét, puis sur les points suivants: Écnarlens, pour Tusage local, Bouleires près Gruyère, les Paluds près Bulle, Vaulruz, Sales, Joux des Ponts (presque épuisée pour la verrerie de Semsales), Maules au s. du Gibloux, Champothey, Écasseys, Villaraboud, Treyvaux, Petit-Farvagny, Kosé, Montévraz-Dessus, Senèdes (belle tourbe de o m. d'épaisseur, dont on exploite 150 à 200 chars de 4 m^ par an,^our Fribeurg, Lausanne et Berne), Lentigny, Seedorf, Cutterwil, Holzgasse, Bergli (Dirlaret), Garmiswil r4000 à 5000 m^ par an), Unthen (1500 à 2000 m»), Heitenwil 500 à 600 m3J, Tinterin (800 à 900 m»).
Dans le plateau bernois les plus importantes exploitalions de tourbe se trouvent aux endroits suivants: Schwarzenegg, Wach&ldorn, Buchholterberg, Gurzelen, Mûhlethurnen, Toflen, Belp, Mûnchenbuchsee, Stettlen, Gûmligen, Moosseedorf, Seeberg, Walkringen, Wickartswil près Walkringen, Enggistein près Biglen, Villbrin-
Jen prèsWorb. Ursellen près Konolfingen, Schlosswil, assbach au Kurzenbi^ch près I^ieabach, Steinmoos entre Schangnau' et Eggiwit, etc. A noter ici que les cantons de Berne et de Fribourg, se partagent le Grand- Marais ; le premier y a des exploitations nombreuses dans le Grand-Marais proprement dit, comme aussi dans le marais de Bretiège-Tauflelen et près de Nidau, sur les territoires de 15 communes; le second occupe une étendue moindre, mais l'exploitation ne concerne pas moins de 13 communes.
Le domaine du canton d'Argovie qui se lie directement au plateau bernois, ainsi qu'une faible étendue de Soleure, renferme les exploitations suivantes: iEschi, Bolken, Messen, dans le territoire soleurois, puis sur Argovie : Aristau-Althâusem, Besenbûren (Bûnzermoos et Steinemoos), Boswil (Bûnzermoos), Bûnzen (id.), Dottikon. Fischbach • Gôslikon, Meienberg-Fenkrieaen, Niederwil (Niederwilermoos et Haltenmoos), Nieder Rohrdorf, Sarmenstorf (Buchermoos), Seengen (Altholz), Seon. D'anciennes exploitations se trouvent au Konlmoos et au Rothwassermoos. Des données exactes sur l'importance de ces exploitations font défaut.
Les tourbières du territoire zuricois sont très nombreuses ; nous ne pouvons citer ici que les plus importantes ; comme dans la majeure partie des exploitations précédentes, la tourbe sert presque exclusivement aux besoins locaux; tout au plus en exporte-t-on dans l'un ou l'autre des centres plus peuplés du voisinage. Voici les localités sur le territoire desquelles se trouvent des tourbières ex-
Kloitées : Ossinffen au Hausersee, Hettlingen, Niederasli, Buchs, Scnwerzenbach, sur la rive gauche de la Glatt, Wang^en, Dûbendorf, P(3fHkon, Irgennausen, Auslikon, Wetzikon, Unter Wetzikon, Gossau, Brand, Brunschwil, Berg, Affoltern, Regensberg. Un certain nombre de gisements, exploités seulement sur une petite échelle.
SUl
SOI
VU leur moindre étendue, se trouvent à Samstaffem (Gom. de Richterswil), Hausen, Feldmoos (Com. de Hedingen), Rifferawil, iEugst, Beichlen et Mittenber^ (Com. de Wâdenswin, Gehrenstag (Com. de Hii*zel), Nidelbad fCom. de Rubchlikon), Zimikon (Com.de Schwerzenbach),mnikon
Brès Greifensee, Niederglatt, Neerach, Hombrechtikon, )ûmten, Rûti, Bubikon. àick ^Com. de Seegrâben). Wûhre (Com. de Mônchaltdorf), Halaen (Gom. d'Kgg), Diehdorf, Ober^latt, Mettmenhasli, Rûmlangerried, Baasersdorf, Dietlikon, Baltenswil, Neuburg (Com. de Wûlflingen), Neubninn, Oberhofen^Effrptikon, Wtldert (Com.d*Illnau), Illnau, Bifiikon, Ohringen (Com.de WOlflingen), ŒrlÎDgen (Com. de Klein Andelfinffen), Benken, Langenried (Gom. de Hombrechtikon), TnilliKon.
Les tourbières du canton 'de Schaffhouse sont sans importance; en tout cas elles sont inexploitées.
Sur le territoire lucernois on exploite un assez grand nombre de tourbières, soit dans la partie basve le long des plaines d'alluvion «voisinant le lac des Quatre-Cantons, soit dans les vallées voisines. Voici les plus connues de ces exploitations : Hochdorf, entre le village et le lac de Baldegg, Eschenbach, Ottenrutti et Lochenrain (Com. de Rothenburg), Schluchenmoos (Com. d^Emmen). Ergolzwil, Wauwil, Ettiswil, Rùdiswil (Com. de Ruswil), Kommen et Locheten (Com.deGunzwil| ; des exploitations de moindre importance se trouvent a Kaltbach, Kottwil, Schôtz, Buchs, Âlthus (Com. de Ruswil), Gormund (Com. de NeudorO, Eriswil (Gom. de Knutwil), Rain^ Ostergau près Willisau. Quant à la tourbière de Ballwil, elle est abandonnée. On trouve aussi de la tourbe dans la vallée d'Obburgen (Unterwald) ; elle est exploitée depuis 1855 environ; c'est un gisement de peu d'importance.
Bien que les gisements de tourbe ne fassent pas défaut dans le canton de* Zoug, on n'en exploite qu'un seul, an Geissboden, sur Tarête du Zugerberg qui sépare le lac d'Aegeri du lac de Zoug, où la tourbe occupe une très grande surface. Les autres gisements as^ez nombreux, mais bien moins importants, ne sont pas exploités. Le territoire voisinde Scnw^ renferme d*importantes exploitations dans la vaste région tourbeuse d'Altmatt-Rothenturm-Sattel. La tourbe atteint ici une épaisseur de 7 m. et au delà. C'est en partie de la tourbe de gazon, en partie de la tourbe exondée. Cette vaste tourbière occupe un tronçon intermédiaire entre les vallées de la Biber et de la Steiner-Aa, formant ainsi une ligne de partage des eaux à la limite des cantons de Zoug et de Schwyz. D'autres tourbières non* moins étendues se trouvent sur le plateau d'Einsiedeln et dans le voisinage, jusque vers l'Etzei, ainsi que le long de la vallée d'Iberg qui pénètre au loin dans les Préalpes. Une exploitation se trouve encore au Tritt, à Obergross (1000 m.) et Sprâdenei^g (1173 m.).
Le territoire glaronnais participe pour une certaine part aux marais tourbeux delà plaine de la Linth, notamment dans les environs de Bilten ; mais l'exploitation est limitée aux besoins des habitants de cette commune. Le plateau thurgovien ne présente que des tourbières de faible extension, pour la plupart de marais submergés et de tourbe de gazon. Ce sont: le Bifangermoos près Hauptwil, le Hudelmoos près Zihlschlacht (en partie marais exondé), les marais tourbeux dans le voisinage des lacs de Nussbaumen, de Steineggen et du Hasensee, le marais de l'Etzwilerried, le Lommiserried et toute une série d'autres. Il y a en tout dans ce canton 44 tourbières exploitées, lesquelles se répartissent comme suit: District d^Arbon 1. D. de Bischofszell 4, D. de Frauenfeld 13 D. de Steckbom 17, D. de Mûnchwilen 7, D. de Weinfelden 2.
Outre les gisements déjà cités dans la vallée du Rhin, entre Oberried et le Bodan, il existe, dans le canton de Saint-Gall, des exploitations aux endroits suivant8|: Andwil, Botsberg près Flawil, Kirchberg, Niederwil près Gossau, Ricken.
3. Tourbières des Alpes. Ces tourbières sont, en général, de faibles dimensions, s'étant formées souvent sur des éboulements ou des terrasses du flysch,ou même dans des excavations dues à l'érosion glaciaire; les plus grandes occupent les lignes de partage des eaux de certains cols, d'où le nom de « Mosses » que portent ces localités marécageuses. Le plus grand nombre est resté jusqu'ici inexploité, ou ne Ta été que pour les besoins locaux vu
l'abondance relativement grande du bois dans la plupart de ces régions. Nous ne citerons que les plus connues. Dans la zone extérieure se trouve, au-dessus de Blonay. la tourbière de Prantin située sur le flanc oriental des Pléiades (flysch). Le col des Mosses, entre la vallée de la Grande Eau et celle de la Tourneresse. est occupé par de nombreux amas tourbeux dont un a été exploité près de la Lécherette; ils sont tous sur le flysch. C'est sur le même flysch oue se trouvent les innombrables fonds tourbeux de la vallée des Ormonts et du Simmenthal, notamment ceux du col des Mosses de Gessenay (Saanenmôôser); plus à l'E., on trouve de vastes surfaces tourbifiées dans le canton d'Untei^wald, toujourSj^ur le flysch. Leur exploitation n'a lieu toutefois qu'occasionnellement. Le même /ait ae répète dans les Alpes de Schwyz, de Claris, de Saint-Gall, etc. Gonten, Appenzell Rh.-lnt.^ en exploite annuellement une assez ffrande quantité, soit pour les besoins locaux, soit pour des fabriques des Rhodes-Extérieures, etc. Mentionnons encore ici que la zone limitrophe entre les Hautes-Alpes calcaires et les Préalpes de la Sarineetde laSimme, marquée également par le flysch, celui du Niesen et par des terrains schisteux du Lias et de TOxfordien, offre de vastes surfaces tourbeuses, soit sur les flancs peu inclinés des vallées, soit sur les lignes de partage des eaux et les cols qui relient les vallées transversales ; tels sont les cols de la Croix, le col du Pillon, le Triittlipass, le Krinnen, le llahnenmoos, etc.
Dans les Alpes cristallines on rencontre également des tourbières ; mais elles sont encore de moindres dimensions que celles des Alpes calcaires. Elles n'atteignent très souvent qu'une superficie de quelques dizaines de m*. C'est encore sur les cols que se trouvent les plus étendues. Leur exploitation est cependant quasi nulle. Diverses, tourbières remplissant des dépressions entre les roches moutonnées (Rundhôcker) ont été observées dans la vallée de Salvan ; on en a presaue complètement exploité une non loin des Marécottes, lors de la construction du chemin de fer Martigny-Finhaut; il y avait au milieu d^la tourbe d'innombrables troncs d'arbres. Le col et le vallon de Champex sur Martigny (1400 m.) renferment des formations tourbeuses occasionnées par la présence de moraines. Sur le col du Simplon on constate, entre les roches moutonnées des excavations plus ou moins profondes occupées par des laguets que la tourbe est en voie de combler ; d'autres le sont complètement. Il en est de même de presque tous les cols des Alpes (Saint-Gothard, Furka, etc.). Happelons encore ici que les profondes vallées des Alpes renferment aussi des tourbières qui rentrent dans la première catégorie, celle des tourbières d'origine lacustre. Telles sont les tourbières de l'Engadine, de la vallée du Rhône et de celle du Tessin.
Asphalte, bitume et naphte. Le seul gisement asphaltifère exploité est celui du Val-de-Travers, qui fût découvert, ou du moins mentionné pour la première fois, en 1626, sous le nom de Harz-Erde (terre de poix). C'est un médecin et professeur du nom d'Eyrinys^ se disant grec, qui obtint le premier, en 1711, une concession pour exploiter le bitume du Valde-Travers, d'un gisement situé au Bois de Croix, sur la rive gauche de la rivière Areuse. Mais auparavant, l'année n est pas exactement connue, on avait découvert près de Buttes, dans la partie supérieure du Val-de-Travers, de la pierre d'asphalte qui fut exploitée par un nommé Jost, associé à J.-F. Guillaume, des Verrières, pour servir à la fabrication d'huile d'asphalte et du ciment. Pendant plus d'un siècle l'ex-
Îdoitation se poursuivit sur la rive gauche de la rivière ; elle ùt peu active, en raison même de l'embarras dans lequel on se trouvait d'un emploi possible. Successivement on recommanda l'asphalte comme insecticide, comme remède contre tons les maux, notamment le choléra, comme
f graisse de char, etc. Léopold de Buch avait déjà reconnu a présence de la couche de calcaire asphaltifère sur la rive droite de l'Areuse (1801-1803), où se trouve aujourd'hui la totalité de l'exploitation (Prise Meuron, Les Mossets, La Presta). Depuis que l'emploi de l'asphalte pour les trottoirs et les rues s'est introauit, l'exploitation de la roche asphaltifère du Val-de-Travers a pris un développement croissant; ce fait date de l'année 1855, mais ce n'est que dès 1868, époque ou la mine fut concédée à une société par actions, que l'exploitation a réellement
qui démontrèrent qus la couche de terrain tEphaltiTère ■'étend très loin »ous terre, Kiit le long de la vallée, loit dans la direction de la montagne. Ces sondages furent dirigés par le profesieur Deaor. Il a été pratiqué une trenlame de sondages, répartis sur 5 prollls, d où il réiulte
3ueU couchedaBphalies'éteDdaumoinBgur une longueur e 4000 m.lelon([ de la vallée etsur une largeurde 100 m. Cei faits pouvaient donc permettre à une société de suivre à l'exploitation, mds avoir à craindre d'Être prise au dépourvu; aussi la redevance, lors de l'adjudication de la mine au concessionnaire, fut fixée à Cr. 19.75 par tonne. Avant cette époque, l'exploitation avait été d'environ 1 500 à 2000 1. Elle a constamment progressé, malgré bien des
ciélés se sont succédé dés lor». Aujourd'hui l'extraction annuelle est de 35000 t, en moyenne. Des modifications datant de Janvier 1878, lors du transfert de 1> concession â la Neuchàlel Asphalte Comp. Ld., ont abaissé la redevance à fr. 7,50 par t. Les insuccès sont en partie Bttribuables à l'emploi irrationnel de la matière brute ; l'on cherchait tout d'abord à isoler le bitume de la roche
3 ni n'en contient que 8 à 15'/,, et l'on avait essayé en vain e fabriquer des produits accessoires, tels que gaz d'éclairase, huile pour divers usages, asphalte fusible, etc. Aujourd'hui, on se contente de pulvériser la matière brute telle Îu'elle sort de la mine, pourvu qu'elle contienne environ 0 Vo (Je bitume pur, sinon on en ajoute de provenance étrangère et on forme des pains à chaud; ce bitume comprime peut être utilisé directement pour le pavage sans aucune autre manipulation que réc^autTement modéré et le damage. Hais les insuccès eurent encore d'autres causes, dont les infiltrations d'eau étaient peut-être les moindres (on pompe actuellement environ 4000 litres d'eau A une hauteurd'environ 50m.); l'ancien sjstème d'eiploltStion en souterrain consistait à enlever autant de pierre aaphaltique que possible, en laissant subsister le reste comme piliers ; or cette pierre est très peu résistante etJes piliers furent écrasés sur une grande surface, menaçant la mine de ruine par éboulemeot. La méthode d'exploitation par piliers abandonnés ne peut donc pas convenir â ce terrain. Ji moins de taisser sur place les 9/10 du gisement. Après de longs tâtonnements. on est arrivé à une solution qui est tout à l'avantaue du concessionnaire et du propriétaire : on fait les galeries dites de traçage n'ayant que 3 m. de large, en laissant subsister des piliers de 27 m. de côté; ces piliers, entourés de trois côtes de maçonnerie, sont eiploités ensuite complètement; leur intérieur est rempli graduellement de rem-
blai de blocage, le quatrième côté est ensuite fermé â sa tour. Ainsi on exploite le gisement au complet, tout e conservant les galeries accessibles.
tOOBL
La pierre dite (asphalte I du Val -de-Travers n'est pas de l'asphalte pur, c'est un calcaire enjeux du terrain urgonien supérieur (Néocomien supérieur), imprégné de bitume visqueux dans une proportion pouvant aller jusqu'à 15 'I, du poids de la roche. Cette roche asphaltifère est peu dure (d'où le facile écrasement des piliers) ; elle est d'autant plus tendre qu'elle est riche en bitume. La roche qui contient moins de 7 '/■ <le bitume se nomme tcrappet; on évite de l'eiploiter. Sa couleur est brun-clair, tendis que la roche riche est brunfoncé et se laisse couper facilement avec un couteau- Cette roche est donc un calcaire aspbaltitère.
Un gisement de calcaire asphaltifère du mime âge que celui du Va 1-de-T revers existe au bord du lac de Neuchâtel, prés de Saint-Aubin. Il fut exploité de 1857 b 18K. bien que, selon la nomenclature des mineurs du Val-de- Travers, ce ne soit que de la crappe d'asphalte d'après *a contenance en bitume qui atteint tout au plus 4 '/,. On a fabriqué avec cette matière des tuyani éo carton bitumé. L'exploitation se fit en carrière à ciel ouvert. La roche est très inégalement imprégnée et de ce chef en général beaucoup plus dure que r«lle du Vai-de-Travers.
On a constaté des traces de bitume, également àAa le terrain urgonien, dans un calcaire plus ou moins poreux qui se voit près d'Auvernier; cependant, on n'a jamais fait de tentative d'exploitation. A Serrières, c'est dans rUrgonien inférieur jnème jusque dans le Hauterivien supérieur que se trouve une faible imprégnation de bitume. Du bitume ou asphalte visqueux a été trouvé en remplissage de fissures dans le calcaire urgonien supérieur parfaitement compact au Hormont. près d'Orbe, â Valleyres-sous-Rances. ete. Au Uont de Chimblon il s'en est trouvé dans le calcaire hauterivien supé-
Pendant quelques années on a essayé de tirer profit d'une sorte de remplissage de calcaire asphaltifère découvert à proximité de Vallorbe, au lieu dit Lea Époisats, dans la marne du Bathonien supérieur- Ce n était toutefois qu'une fissure remplie de pierres brisées, mêlées de bitume. Les entrepreneurs en furent pour leun frais. Le Bathonien du Furcil. pr^ Noiraigue, en contient également dans des fissures.
Dans les formations du Tertiaire (mollasse d'eau doDce inférieure, aquitenien) on a trouvé, près de Dardagny, [canton de Genève) du naphte ou pétrole qui imprègne le grès tendre de cette formation. Ce naphte s'écoule de la roche par suintement lent, surtout lorsque le soleil chaulTe le terrain- On a creusé des galeries et foré un puits sans arriver à faire jaillir le précieux liquide, car la roche est trop peu poreuse et trop consistante pour pouvoir débiter le naphte qu'elle contient. Les travaux datent du milieu du XIX* siècle (1S36-183B). En 1888, ud sondage tat poussé jusqu'à 150 ta., en vue, diton, de trouver du charbon. Le naphte de Dardagny contient du goudron et surteut de l'huile minérale. La roche en renferme 8,5 % dans les ■ » riches.
. insuccès complets n'ont pas empêché qu'en
11 se soit constitué 1 Lausanne un comité
d'étude en vue d'entreprendre, cas échéant, des sondages dans les environs de Chavomay et d'Urbe, en présumant que dans cette région il existe, comme à Pecheilbronn en Alsace, des couches Huantes imprégnées de naphte dans la profondeur du terrain. Cependant les deux formations sont bien différentes. 11 n'a pas été donné suite k ce projet. Il est vrai que. dans les grès mollassiques du voisinage d'Agieiprés Orbe, de même ceux de Chavomay, on a consteté des traces d'imprégnation de naphte, mais en général bien moins que près de Dardaguy. Raïumov>jky en avait déjà fait mention dans son Histoire naturelle du Jorat |178Qj.
I Exploitations salines. Il y a des gîtes de sel gemme dans le Jura septentrional, le long de la frontière suisse an .S. I du Rhin, et dans les Préalpea, près de Bex. Dans d
SUI
autres parties de la Suisse les recherches n*ont pas été couronnées de succès.
Les gftes du N. de la Suisse se trouvent dans le Trias moyen, dans la division appelée argile salifère (SaUzthon),
aui est dans le milieu du Conchylien (Groupe de Tanhyrite). Les couches de sel gemme sont toujours intercalées à des massifs de gjpse et d*anhydrite. Ces renseignements ont été fournis par les nombreux sondages qui ont été pratiqués successivement dans le but de retirer de la profondeur de Teau salée, car jusqu'ici on n'a pas exploité dans cette région le sel lui-même dans des travaux souterrains. La plus ancienne des salines rhénanes est celle de Schweizerhalle, sur le territoire de Bâle- Campagne. Le premier sondaffe date de 1836 et Tinauguration de la saline de 1837 ; elle est aujourd'hui alimentée par 9 puits. La production actuelle est de 223000 quintaux métriques, dont 150 000 de sel de cuisine ; le reste est du sel impur servant pour le bétail, comme engrais ou dans l'industrie.
Les autres salines de cette zone sont sur territoire argovien. Ce sont : Kaiseraugst, dont la construction date de 1844; après une interruptioji (1848), elle ftit remise en exploitation en 1865. Elle est alimentée par 4 puits, dont le plus profond descend à 158 m., jusqu'au sommet du grès bigarré (Rôth).
Les deux autres salines sont à proximité l'une de l'autre, à Rheinfelden et Riburg. La saline de Rheinfelden date de 1844, celle de Riburg de 1848. L'ensemble de la production est pour tout le canton d'Argovie de 289007 qm. (19fô).
Les trois salines argovîennes sont actuellement constituées en une seule société d'exploitation sous la raison sociale Schweizerische Rheinsalinen (Voir le tableau de la production de 1888 à 1905).
Un sondage fait il y a une dizaine d'années, un peu plus à l'E., près de Koblenz, a atteint- le sel gemme en épaisseur considérable.
I^r contre, il a été fait toute une série de sondages infructueux : dans le canton de Bâle- Ville, près de Bettingen; dans le canton de Baie -Campagne, dans TOristhal; dans le canton de Soleure, à Wisen, près d'Oberdorf ; dans le canton d'Argovie : au Laufen, en amont de Koblenz ; à deux endroits à Felsenau, vis-à-vis de Koblenz ; à Sulz, près de l'embouchure du Sulzgraben, en amont de Rheinfelden.
Dans le Jura bernois on a cherché le sel déjà en 1820 près de Comol, au moyen d'un sondage poussé à près de 400 m., mais sans succès, vu les dislocations énergiques de cette localité. Après avoir traversé le Trias, la sonde a recoupé toutes les couches plus récentes en «érie renversée.
Bex est le seul endroit de la Suisse où l'on exploite le sel lui-même dans des galeries souterraines. Au début, dès le XV"M siècle, on utilisait une source saline qui jaillissait naturellement prés du Fondement, dans la vallée de la Gryonne. Pendant longtemps les travaux souterrains commencés en 1684 avaient pour but de trouver des sources salées; depuis le commencement du XIX* siècle on exploite le « roc salé », mélange de gypse, d'anhydrite, de dolomite et d'argilite, contenant environ 30 */o de sel gemme. On éva- Sore la dissolution de sel obtenue en essaient des fragments de cette roche entassés dans les dessaloirs, ou encore en inondant des galeries creusées dans le gtte de roche salée (voir Tarticle Bex, mines et salines). Après avoir traversé une crise au temps de l'exploitation par le gouvernement vaudois (1866), les mines et salines de Bex ont pris un développement considérable, après leur reprise par une Société par actions. Aujourd'hui, ces établissements sont non seulement capables de livrer au canton de Vaud tout le
sel dont il a besoin (environ 40000 à 44000 qm.), mais encore de pourvoir diverses industries d'eau salée, notamment des établissements de bains, une usine de produits chlorurés à Monthey, sans compter le sel destiné au bétail. Rappelons ici les travaux très importants exécutés dans le courant du XVIIIn* siècle, en dehors de la région salifère de Bex proprement dite. Ces travaux se trouvent dans la vallée de la Grande- Eau, au pied du Chamossaire, soit au Dard, à Salins, à Panex, dans la Forêt du Bois de la Chenaux, ainsi que dans le vallon de la petite Gryonne, aux Vaux sous Chésières. On a également fait des recherches près de Roche et en divers autres endroits encore.
Production du sel dans les salines suisses.
Salines
Schvei-
Bas.
rhé-
IISD68.
xerhalle.
Total.
Sel de cuisine . .
9 de table. . . .
» pour
le bétail .
9 industriel. . .
» d'engrais . . .
Total
226 8fô
Sr
ftmi
âs
Développement des salines suisses de 1880-1903.
TTm^A
On a cherché, dans plusieurs parties des Alpes, a retrouver des gîtes de sel au même âge que celui de Bex, qui appartient aussi à la formation triasique. La continuité
dei Haulea-JUpei jutq^u'tii lac de ThouoeJuilifie bieo telle conjecture. Ainsi od a supposé que daa> le voiginage de Kraltig;eii, il pourrait y avoir du lel gemme dans la profondeur de la terre. Cependant iea tniviui ne reçurent pas même un commencement d'exécution.
La tradition populaire parle souvent d'une fonlaine Mlée (Salzbrûuuli} sans que dans la réalité il s'agisse d'eau contenant du sel.
Non loin de Birmensdorf on extrait des marnes du Keuper par lixivitioa du sel d'Epsom (sel d'Angleterre, suinte de magnésie) pour faire avec lii sotntion de l'Ëao minérale purgative. A Wûiningen c'pst une eau contenant surtout duiiuiratede soude que l'on obtient de celle manière.
bl Minerais métallirères. De toulea les eiploitalions de minrrsis méiallioues il n'y h plus actuellement en activité que les mines de fer du val de Uelémont. Nous ne pouvons cependant paa passer entièrement sous silence les innombrables minet ouvertes et exploitées autrefois avec plus ou moins de succès dans les cantons du Valais et des GrisouE en particulier. La ruine des forêts dans ces pays de montagne, est une preuve de l'importance de ces entreprises i un moment donné et des sacriSces qui furent faits pour les fkire prospérer. Voici les diverses mtnes classées selon la nature du minerai extrait :
Fer sidérolithique, fer pislforme (Bohnerx). Ce minerai est encore exploité assez activement par la Société Louis de BoU dans le remplisMee tertiaire du vallon de Delémont, dont le terrain sidérolithique constitue la base. Mais ce dernier n'est pas formé exclusivement de fer en grains; une importante partie est toyt simplement du bolus ou. aifile roupe et jaune, impropre à l'extraction du ter. L'exploitation est donc liée i la recherche des gisemenis an fond des dépôls tertiaires, où le minerai se trouve par nids au contact du Jurassique supérieur (Kiraeridgienj, dans lequel il remplit souvent des excavations et des poches. ^Ire les gisements normaux, au fond des reulplissages tertiaires occupant les divers sjoclinaui du Jura bernois, on a exploité jadis, dans de Iras nombreuses localités, du minerai de fer sidérolithique occupant des cavités creusées dans le terrain jurassique. En 18a4.il y avait en core trois compagnies exploitant le minerai dans le Jura bernois, à Delémonl, Courroux, Cuurcelon, Develiei , Séprais, Montavon, Mettemberg.ayantdes hauts- fourneaux a Delémont, Rendez. CourrendliD, Undervelier, Choindei, Lucelle, Bellefbntaine. Aujourd'hui, ce n'est plus qu'i Choindei que se bit encore la fonte du rainerai et 1 ei-
tloilation du iniuerai buiii aut-fourneau en activité.
Les quatre puits encore en activité ont
Ooppenileis.
iFlii à peine à alimenter le seul
rai i 190 à 130 m. de profondeur. En 190£> ils occupaient
encore 65 ouvriers. '^
Le minerai de fer en grains a été exploité autrefois dans un grand nombre de giaeroents aujounl'hui entièrement épuisés de toutes lespanies du Jura bernois, solenrois, arâovien. neuchitelois et vaudois. C'étaient plutôt des essais d extraction de courte durée, le temps nécessaire pour épuiser les gisements trop réduits. Des~noms de localités, tels que Ferrera, Perrière, les FourB, etc., sont en relation avec ces tentatives qui devaient nécessairement se terminer avec l'épuisement des gttea et le développement.des jDoyens de transport. .
Fer magnétique. Au Mont-Chemin, au-drsi-us de llartigny, on a exploité activement, encore en 1880, du fer ma-
!:néliqae de très bonne qualité. Ce minerai forme des entilles accompagnées de schistes verdâtres ou noirâtres et de bancs de marbre blanc et veiné. Un a exploité de tels
!:tles au-dessus de Bovernier. dans le couloir de Colloux. et ondu le minerai aux Vallettes. Lei> anciennes mines de Vence et des Planches, au-dessus de Sembnncher, étaient ouverte* sur la même xone déminerai magnétique^ elle* ont ttÉ exploitées en 1642-45 et fournissaient du minerai anx fonderies d'Ardun. La ouantilé de minerai extrait peut être estimée à 1504200000 q.. tandis que pendant les
Ïiielques années de travail dans les autres pariiesdu Monthemin on y a extrait annuellement environ 10 à 14000 q. Dans diverses parties des Alpes des Grisons on a exploité du minerai de fer magnétique, ainsi dans le val Surda. entre Ijonadui et Versam.
Fer oligislespéoulaire. lia été exploité sur l'alpeSchmorras, dans le val Naudro (Oberhalbstein); celte exploitation alimentait Iea importantes funderiee de Ferrera, dont on
dis exploités se trouvent sur l'slpe Tisch. dans la vallée de l'Albula; le val Surda renferm-' aussi de l'oligiste.
Hématite. Les exploitations déjà anciennes, ouvertes au Gonzen sur Sar^ns, entre 1200 et 1500 m. d'altitude, ont et) Dn»certatne importance, car la couche de minerai atteint par places plus d'un mètre d'épaisseur. Contrairement aux autres gisements de fer jurassique, le minerai du Goozen est de l'hématite compacte non oolithique, appartenant au Halm moyen.
Per chamosite. Ce minerai, qui dérive d'une oolithe ferrugineuse, se trouve dans l'étage callovien et afdeure audessusde l'alpeChamoseoie, aupieddu Haut deCrv, vallée du Rhdne : on le fondait dans les usinrs d'Ardon : l'exploitation daledel^Oà 60 ; elle pouvait atteindre WOOO à 30000 q. paran.On cite de la chamosite durai Surda (Grisons). Per oolithique. Dans diverses régions du Jura on a essayé d'exploiter la limonite du DoRger inférieur (Opahnien), du Callovien et celle du Valangien. Mais ces exploitations n'ont nulle part conduit à des r^ultats satisfaisants vu la très faible teneur en fer de ces sédiments.
Dans tes Alpes calcaires on a exploité à plutieurs reprises le fer oolithique du Callovien et du Sathonién (Bleggi -oolithe). Celte formation se trouve dans une grande partie des Alpes bernoises, d'Unlerwald et de Glaris (Wind^lle). On a lait souvent des essais d exploitation, mais sans succé* durable; récemment, en prévision du bon marché de la force motrice hydraulique, on avait tenté d'utiliser dea gisements importants de ce minerai qui se trouvent dans le Gadmenthal, mais cette spéculation n'a pas eu le succé*
I Pyrite. Ancienne exploitation dans le haut I du val Ferret, près de l'alpe de l'Amône, dans le terrain jurassique (Dogger).
Minerai de fer et de manganèse. Dans les Grisons, on a exploité des minerais de cette I nature (pyrol usité, psilomélane, polianitci dans le val d'Err (Oberhalbstein) et encore tout récemment sur l'alpe digl Plalz, audessus de Rofna.
Plomb. 11 s'agit ici exclusivement de galène, souvent argentifère. Les roinei les plus nombreuse* ont été ouvertes dans les Alpes valaiaanneSi où (jcrlach cite
oc
UJ
Of
SUI
SUI
en 1860, 90 concessions. Aujourd'hui une seule de ces mines est encore eiploitée. C'est la mine de Goppenstein, dans la partie inférieure du Lôlschenthal. Elle a été attaquée par de nouvelles galeries presque au niveau de la vallée, tandis que les anciens travaui étaient à une très grande hauteur au Rotenberg. Cette exploitation est entre les mains de la Société Helvetia, qui a construit des installations pour la préparation da minerai et se propose d'y ajouter des usinéÉ métallurgiques.
Les autres gisements et anciennes exploitations de minerai de plomb du Valais sont : Salantin sur Évionnaz, Dorénaz (Outre-Rhône), les Trappistes, Crettaz (Bf ont- Chemin), Botzi et Jœur Dur»nd sur Charrat, Ville d'Is- 8er{ (Orsières), Bruson et Verbier. (Bagnes), Chaesourè sur Riddes, val Ferret, Isérables, Nendaz (Siviez), Praz- Jean et Saint-Martin (val d'HérensK Chippis et uhalais, Bratscli et Gampel, Coullioux (val a'Anniviers).
Cuivre. Ce métal est représenté sous forme de pyrite de cuivre (chalcopyrite), ou de cuivre gris souvent ar-
d'Anniviers). Du cuivre argentifère (annivile) riche en bismuth a été exploité près de Fusey (Saint-Luc), Bécolliou et Pétolliou. Collyre (Ayer), dans le val d'Ânniviers. Une société française avait essayé, pendant les années 1902 et 1903^ de remettre en exploitation ces divers gisements, mais, a ce qu'il paratt, sans succès, car de nouveau tous les travaux sont arrêtés. Des gisements de cuivre gris se trouvent encore à Praz Jean (Saint-Martin), dans le val d'Hérens ; un certain nombre d'autres sont dans les Grisons, par exemple ceux de Romana sur Talpe Ursera, Talpe Taspin et de Zillis dans la vallée de Schams.
Nickel et cobalt. C'est sur Falpe Kaltenberg, dans le haut de la vallée de Tourtemagne, a prés de 2500 m. d'altitude, que se trouvent les mines abandonnées depuis 1809, dans lesquelles on a exploité, pendant de longues années, un minerai des plus remarquables par sa richesse* en cobalt 17 À 18 % et en nickel 8 à 1<) %. C'est de la rammelsbergite (Weissnickelkies).
Il faudrait bien des pages pour énumérer, presque des volumes pour décrire tous les travaux de recherche et tous les essais d'exploitation de minerais métallifères qui ont été tentés dans le Valais surtout. En ne comptant que les travaux réellement connus, on arrive à des chiffres absolument surprenants. Les dépenses se montent au quintuple, souvent plus, du prix de vente des produits retirés dt s mines.
Sous ce rapport, les mines d*or ont fourni des ré^iultats tout à fait incroyables. Les mines de Gondo (Simplon), à ce qu'on assure, dont le rendement était autrefois excellent ont été remises en exploitation, en 1893, par une société française au capital de plusieurs millions; après trois ans de recherches et de tentatives d'extraction (elles produisirent peut-être pour 100000 fr. d'or), les travaux ont été purement et simplement abandonnés. Les filons, qui sont de la pyrite aurifère, contiendraient, d'après les analyses, 90 à 40 grammes d'or par tonne de minerai brut, proportion sufftsamment rémunératrice, mais, ce qui paratt manquer, c'est l'abondance du minerai luimême.
Les mines de la Goldene Sonne au Calanda sont dans une situation différente. Les filons qui contiennent de l'or natif sont formés de quartz et de spath calcaire. Le métal précieux se trouve dans cette gangue sous forme de très petits cristaux octaédriques et de paillettes ou d'enduits, dans une proportion dfe seulement 16,6 gr. par tonne de minerai. Une seule galerie, la plus élevée, a donné du minerai aurifère.
c) Matériaux de construction. Les uns peuvent servir immédiatement sans avoir besoin d'une préparation préalable; de ce nombre sont les pierres de construction. D'autres doivent subir au préalable une préparation ou manipulation spéciale, pour être transformes en tuiles, en briques, en chaux et ciments, etc.
Gneiss et granits. Les exploitations de ces pierres ont acquis une Iras grande importance, surtout dans le Tessin et dans le canton d'Uri, depuis la construction du chemin de fer du Saint-Gothard. L'épuisement graduel des
hlocs erratiques qui fournissaient pendant longtemps les pierres granitiques dans bon nomore des cantons de la Suisse occidentale, a eu pour conséquence que les gneiss du Tessin et les granits d'Uri sont maintenant importés dans presque toute la Suisse de l'O. et du N. La moraine de Montney est le seul endroit où l'on exploite encore des blocs erratiques industriellement; mais cette industrie est bien près de toucher à sa tin. Les derniers des gros blocs sont exploités et ceux qui restent sont protégés comme témoins de l'époque des grands glaciers préhistoriques.
Au Gumigel et dans le Habkernthal sur Interlaken, ainsi que dans la vallée des Ormonts, on a exploité paWbis les granits roses et verts dits « exotiques ».
Les carrières de gneiss grenu du Tessin, appelé vulgairement « Granit » du Tessin, sont au nombre d'au moins une cinquantaine, occupant au moins 1500 ouvriers. L'aspect de ce gneiss grossier est très beau; il varie plus ou moins de couleur, suivant l'abondance ou la teinte du mica qui s*y trouve. La propriété du gneiss de se fendre plus aisément dans une direction voulue facilite énormément l'extraction de cette roche. Elle permet en outre d'obtenir, sans procéder à un travail spécial de taille ou de débitage, de très grandes plaques pour balcons, vérandas, etc., ce qu'un vrai ffranit ne donnerait que fort difficilement. Les gneiss très schisteux, dont on fait des dalles minces, se nomment « bevola ». Mais c'est surtout le gneiss dit « ffranit » qui est Tobjet d'une très active exploitation. Les principales carrières se trouvent le long de la vallée du Tessin ; moins importantes sont celles des vallées de la Verzasca et de la Maggia. Les plus grandes carrières se trouvent aux endroits suivants : Bodio, Chiggiogna, Giomico, Lavorffo dans la Léventine, Biasca, Claro, Osogno, Lodrino dans la Riviera, puis Cevio. Riveo, Gordevio, Ponte BroUe, Tegna dans le val Maggia ; enfin, Lavertezzo et Brione dans la vallée de la Verzasca, fournissent un gneiss particulièrement clair.
Dans le canton des Grisons on exploite, dans le val Bregaglia, de magnifiques blocs de granit, dont la plus grande partie est exportée en Italie. On en exploite, mais plutôt
Sour les besoins locaux, dans les environs de Zemez et ans le val Poschiavo. Près d'Andeer on exploite un beau gneiss vert.
La vallée de la Reuss fournit les beaux granits et
Sneiss granitiaues (Gneissgranit, Bankgranit) du massif e l'Aar. Non loin de Wassen se trouvent trois grandes carrières ; près de Gurtnellen c'est le granit du Gaisberg que l'on exploite dans trois carrières; à l'Urnerloch on exploite un granit lité, le Schôllenengranit. Toutes ces
f>ierres sont pour la plus grande partie exportées dans a région de Zurich, de Berne et de Bâie. Le gneiss d'Andermatt est également exploité près de ce village. La construction du tunnel du Simplon a permis le trans-
{>ort facile du superbe gneiss granitoïde dit d'Antigorio, qui brme les parois de la gorge d'Iselle et de Gondo. Bientôt sans doute l'achèvement de la ligné du Lôtschberg permettra d'exploiter le beau granit vert, avec une variété rose, de la vallée de Gasteren.
Calcaire. Les carrières de pierre calcaire sont très nombreuses dans le Jura. Il est naturellement impossible de mentionner ici les innombrables carrières dans lesquelles on exploite de la pierre pour les besoins locaux. Nous ne ferons que citer les entreprises d'exportation dont les produits ont acquis une certaine réputation. Cependant, les Alpes calcaires fournissent des pierres qui se distinguent autant par leurs teintes spéciales que par Textréme résistance de quelques-unes d'entre elles. Il s'agit, dans la plupart des cas, de pierres calcaires qui doivent servir comme pierre de taille.
.Tura. voici, suivant Tâse fféologique, les principales carrières de pierre calcaire du Jura. Neocomien : on a exploité de la pierre blanche, tendre et sciable comme la pierre de Savonnières, près du village d'Agiez, dans l'Urgonien, sur le bord supérieur de la gorge de l'Orbe. L'entreprise, qui n*avait fait que continuer une carrière souterraine romaine, a extrait un volume considérable de pierre ; mais el le a suspendu ses travaux depuis peu. De la pierre blanche semblable pourrait être exploitée entre La Sarraz et Moiry. Vis à-vis de la carrière d'Agiez il y a également une ouverture romaine, connue sous le nom de grotte de Mont-
cherand. Ailleur* rUraonien ne faumit que de la pierre dure, jaunâtre au blanchâtre, pour moellons, aisez rarement propre à la taille ; c'est le cae de plusieurs carrières autour du Mormon t, près d'Orbe, entre Concise et Neuchfttel ; on trouve a itoudry et Auvernier le calcaire crayeux ; dans le Val •de-Travers, le calcaire crayeux blanc * élé exploité en souterrain dans le même banc qui contient l'aaphal^e.
k Bevsii, on exploite un calcaire poreux un peu grisâtre dans rUrgonien loférieur. Le Ncocomien moyen (llauterivien), est le niveau de la Pierre jaune de Neuchâtel, dont les Romains appréciaient déjà les qualités. Les grandes carrières dans lesquelles, depuis des siècles, on a extrait lem' ■ ■■ "
cette" lone, aaaei limitée, il n'y a que peu d'i
rencontre uue qualité de pierre qui se pi'ète aussi bien à la
taille que celle d'Hauterive. A citer cependant les carrières
filutot d'importance locale de Perreire et de RretonDière Vaud). Dans d'autres localités, comme a Chamblon, la pierre jaune est une pierre dure. Dans tout le Jura, le Valangten fournil uae eicellente pierre de taille et pour moellons ; c'est le « marbre bâtard i. Les carrières dans lesquelles cette pieiTe s'exploite se succèdent sans inter-
ruption depuis le Pays de Gei. près Divonne, jusqu'aux environs de Bienne, sur tout le flanc du Jura. Les plus conDues sont : la carrière de La Violette sur Arzîer. celles de Sainl-Georgee, de Bonvillars et de Saint-Maurice, de Neuchâtel (vausejron, Fahys, etc.), Le Landcron, La Neuvevilte, Daucner (ruscherz),Goldberg, etc. Le marbre bâtard est une pierre très compacte, aaaei homogène, de couleur ordinairement un peu jaunâtre, mais parfois parfaitement blanche.
Jurassique supérieur (Malm). C'est la partie aiy>érieure de ce groupe de terrains qui contient les massils calcaires les plus appréciés comme pierre de taille et de construction. L'étage porttandien oITre d'importantes exploitations dans les environs de Neuchâtel (FeninJ et dana d'autres parties de ce canton. Les Loges, Les Kauts-Gene' veys.LaJoux entre Les Ponts et LaChaux-du -Milieu. Dana le Jura bernois, c'est dans le val de Baiol-lmier que se trouvent les plus gandes carrières dans les calcaires portlandiens{ La Reuchenette, Saint-Imier, LigotèreB, Nods, etc.).
Les carrières de Soleure, qui ont fourni depuis des siècles de si nombreux matériaux de construction, sont ouvertes dans un niveau un peu plus bas, soit dans l'étage kimérîdgien. Cependant, cet étage ne renferme dans les autres parties du Jura, que peu de bancs calcaires assez compacta pour fournir de la pierre de taille.
Dana le Jura méridional et central, le Séq^uanien eat ea bancs peu massifs et ne tournit guère de pierre de taille autre que de* moellons ébauchés, mais dans le Jura oriental et surtout dans le Jura septentrional on exploite de grandes quantiléa de pierres, en particulier aux environs de Laufon, où le vallon de Lochbrûck, n'est sur une loQcueur de deux kilomètres, qu'une seule carrière. Un exploite égatement du calcaire sèquaoien a i^in trèi iîii et suaceptilile de prendre un beau poli non loin de Reclère. Tandis que dans le Jura central et oriental le Malm inférieur est formé de couches marneuses, il est au conirairc composé, dans la partie septentrionale, de calcaires oolithiques eoralligèaes du faciès raurtcien ; ce dernier terrain eat tantSt formé de calcaire compact, tantât de calcaire blanc poreux sciable (Rauracien). On l'exploite prés de Saint-ursanne et de Bure. Des exploitations plus anciennes se trouvent à Soyhiêres, à Hoggerwald et Movelier. Plus récemment, on a projeté une entreprise d'exploitation près de Klein Lûtzel jLucelle). Ces calcaires corallirërea ont les mêmes propriétés que les pierres d'origine française (Charentonay, Savonnières) ; ils offrent même l'avantage d'être moins poreux et de durcir avec le temps, ce qui leur assure une résistanca bien plus grande à la pression (environ 2 a 3 foia supérieure à celle de la pierre de Sal'onnières). Les Romains en avaient déjà fait emploi dans leurs constructions d'Augusta Rauracorum ; nombre d'édifices du mojren
prégnation avec du silicate a donné aussi d'excellents résultats en vue de conserver i cette pierre sa blancheur primitive.
De nombreuses carrières sont ouvertes dans le Jura bâioia et argovien (Làgem), ainsi que dans le canton de Schadhouse pour
pour le plus grand nombre, aux besoins locaux et ne produisent que peu de pierre de taille.
L'étage supérieur (Catlovieu) du Jurasaique moyen (Dogger) produit dans tout le Jura, un calcaire fournissant d'excellents moellons bruts de petit calibre; c'est la fbi^ mation appelée Dalle nacrée ; partout où ses couches de calcaire brunâtre en bancs minces sont à découvert, on s'en sert pour la coDtection de murs de clôture, surtout sur les pâturages. C'est dire que ce matériel est presque
, Dalle nacrée dans les localités situées ai loin des carrières.
Le calcaire de la grande oolithe, formant la partie moyenne du Dogger, fournit des pierres propres à la taille, car ses bancs sont plus massifs, bien que la fissuration soit fréquente dans un bon nombre de gisements- On exploite les calcaires apathiques ou oolithiques de ce niveau dans le canton de Vaud, au-dessus de Saulmes, dans le Jura neuchâtelois, aux environs des Couvera et de la Vue des Alpes, dans de nombreux endroits du Jnra bernois, soleurois, argovien et bâlois; nous n'avons qu'à citer sous ce rapport les ^l'andes carrières de Suitz, derrière le Wartenbei^. près HuUenz, qui ont fourni une bonne partie des pierres de maçonnerie à la ville de Bêle.
Le Dogger inférieur ou B«jocien n'a que peu d'importance comme pierre de construction ; cependant, dans les environs des Convers et de la Vue des Alpes, on a ouvert tJe grandes carrières dans ses calcaires apathiques et partiellement siliceux en couches minces (partie inférieure) ; ailleurs cette formation est trop marneuse pour fournir de la pierre utilisable.
Le Trias renferme, dans sa partie moyenne, le Conchylien (Muschelbalk), un niveau de bonne pierre de construction utilisable seulement comme moellona ordinaires et pierre brute. Le Jura soleurois. bernois, argovien et bàloig oITre de nombreuses exploitations, dont un bon nombre datent de l'époque de la construction des chemins de fer. Le long de la ligne du Rhin, entre Augat et
SUl
Kobleni, se trouvent de grandes carrière* où l'on eiploite ces couchea ;. les plus importantes «ont celles de Kobleaz, de la FsPsenau près de Lctig^em, de Kaisten, Eiken et Rheinfelden. La division inférieure du Trias, qui fonmit dans le Grand lluché de Bade et en Alsace les grès durs de couleur rose, d'une résistance si remarquable, le grès bigarré, existe aussi dans le Nord de la Suisse, mais leuleroeDtdans la partie N,-0. du iura argovieu ; les affleurements sppartienaent à la partie supâ-ieure de l'assise, qui est friable et non utilisable pour 'a conslruclion.
Alpes. Dans la vallée du Rhône, près Collomhey (Valais), OD exploite, depuis un grand nombre d'années, des calcaires très résistants, appartenant au Néocomien ; ce sont des calcaires snathiques, utilieabies comme pierre de taille et comme marbre, en raison du beau poli qu'ils sont suoceptibles de prendre. Un calcaire pareil est exnloité depuis peu )U-<leBBUs do village de Massongei, prés Monihey.
Il faut se rendre dans la Suisse centrale et orientale pour retrouverdes pierres de construction du Crétsciqne. Là ce sont les calcaires foncé* ou gris de l'Urgonien (Schrittenlialk), tjui fonrnlssent de bons moelloD* et parfois aussi de la pierre de taille ; il y ea a qui sont exploité* au bord du lac de Thoune, de même que dans les carrières du Telli, sur les rives du lac d'Alpnach, é Hergiswil, prés de Stansstad, et le long de l'Aienstrsste, puis dans le canton de Claris, entre Ober et Nieder Urnen, et dans le voisinage du Pont de la Linth.
Les exploitations de calcaire dans le Jurassique sont cependant pins nombreuses, notamment dans le Matm qui a fourni, à diverses reprises, de la très belle pierre de taille, appelée aussi marbre, à la George près de hoche, et localement aussi dans diverses carrières des deux bords de la vallée du Rbone. Dans la vallée de la Gruyère, on eiploite du calcaire jurassique supérieur ■ Bataille, près Bulle, à Grandvillars (abandonné), à Lessoc, à Estavaimens. La 'Tour de Tréme. etc., sur divers points prés de Chàteau-d'Œi (Vaud), près de Gessenay et pour les besoins locaux tout le loUK du Simmenthal ; sur les bords du lac de Brieni. de la vallée de l'Aar, en amont, on exploite quelques carrières d'importance purement locale dans le Malm supérieur, ainsi i Isenbolgen et Husen. Des exploitations plus importantes sont celles de l-Axenstrasse, près Netstal (Glaris), et des bords dn lac deWalenstadt, près Quinten et Birschis, puis celles de Ra^z et de Sargans,
Il n'y a guère d'exploitations de pierre à bâtir dans le Dogger alpin, ni dans le Lias supérieur; ces terrain* sont ordinairement trop marneux; par contre, le Liss moyen et inrérieur oITre dans les Préalpes de superbes gisemeola de pierre spsthique de diverses nuances, allant du gris au vert et au rose. C est la pierre connue sous le nom de pierre ou • marbre d'Arvel • ; grâce i sa dureté et à sa résistance, elle s'est acqni* une juste réputation. Sa nature compacte permet de la traiter comme marbre; la grande épaisseur des couches en fait une pierre de taille de premier ordre. Les carrières, an nombre de quatre, se trouvent au pied du Mont-Arvel,
Srès de Villeneuve. On a esssyé d'exploiter un Bisemeni e calcaire analo^e et du même âge, mats de teinte plus brunâtre, qui exjste non loin du château de Gruyères, Ce faciea particulier du Lias est très nettement limité dans la région comprise entre la Gruyère et la frontière suisse à rO. du Grammpnt. On a aussi ouvert autrefois une carrière prés des Evouettes (Valais). Ailleurs, le Lias inférieur est un calcaire siliceux gris foncé, peu propre à la taille, mai* qui fournit d'excellents moellons bruts. pareils à ceux deMeillede (Savoie), On trouve ce terrain avec cette composition dans toutes Iss Préalpes, mais l'exploitatiop ne se fait guère que pour le* besoins des localités environnantes.
C'est dans le Trias qu'il faut classer la pierre noire ou gris foncé que l'on eiploite sur une très grsnde échelle i la colline de Saint-lïiphon, dans la vallée du Rhdne (Vaud). Les couches presque horizontale* de ce terrain
lkcilil«i>t énormément l'eitraction de la pierre ; celle-ci est d'un gnin très fin et prend un beat) poli, d'où aussi le nom de i marbre de Saint-Triphon ■ qu'on lui donne. Trois grandes carrières fournissent annuellement près de 9000 m' de pierre de taille surtout.
Marbres. Les marbres sont des calcaires à texture très serrée et susceptibles de prendre un beau poli. Dans la conception primitive de cette désignation, on comprenait, sous le nom de marbre, exclusivement de* calcaires cristallins, d'un blanc pur. ou présentant des veines et des nuances diverses, d'où les termes ■ marmoréen a pour une pierre à grain cristallin et ■ marbré > pour un dessin irrégulièrement veiné. La définition basée sur Is tellure assorantunbeau poli esl-celle qui prévaut aui^rd'hui. Il s'en suit que beaucoup de pierres calcaires sont également désignées sbiis le nom de marbre, quand même elles sont, pour la plupart, utilisée* comme simples pierres de construction et plus rarement en qualité de
De véritable* marbre* *ont exploités dans les codches du Trias au-dessus de Saillon (Valais); ces bancs présentent les teintes les plus variée*, du blanc pur au gris, au vert et au noir, le tout souvent confondu d'une façon extrêmement singulière, grâce à la distribution veinée de* nuance* ; extraction WO à 500 m' par an.
s d( Lsitui, CI
I* Sainl-TriphoD.
Des marbres blancs on veinés de gris ont été exploités sur un grand nombre de points du Valais et d autres régions de* Alpes. Ainsi i La Bâtiat près Martigny, au Mont-Chemin, dans ta gorge de Gondo (Simpion),. à Schaftclen près de Gadmen et dans d'autres partie* de cette vallée ; *u-de«*ouB du glacier inférieur de Grindel' wald on a découvert une ancienne exploitation de marbre panaché, datant du XVllI* siècle, que le glacier avait recouvert pendant longtemps.
Certain* bancs du calcaire rouge du crétacique supérieur des Préalpes se prêtent admirablement aux travaux de la marbrerie, grâce aui veines blanches qui parcourent la roche ; c'est le cas du marbre dit du i Châble rouge *
S'vorne). 11 en est de même dn calcaire du sommet des ythen, dont des blocs, probsblement éboulés ou erratiques, ont été trsvaillés i Schwyz, Toutes les pierres noires à grain assez fin peuvent passer pour des marbres noirs, tels les calcaires déjà cite* de Saint-Triphon, de Ragai et de Bârschis ; prés de Lungern et dans le Haut- Melchthal on a exploité un marbre gris noir ou noir.
Le Lias moyen, qui revêt, dans les Alpes tessinoises, une couleur rouge, est eiploite, pour de* travaux de marbrerie, à Arzo et Desszio, dans laTesiiin méridional.
Nous avons déjà cité plus haut les calcaires apathiques cristallin* à nuances grise, rasée ou violacée de Collombey, de Massongei et du Mont-Arvel, qui fournissent aussi de ti^ beaux produits de marbrerie.
SUI
SUI
Grès et mollasses. Ces matériaux de 'construction sont essentiellement propres au Plateau ; cependant le Jura en possède quelques gisements peu importants d'ailleurs, tandis que dans les Alpes ce sont les grès du flysch qui acquièrent quelque importance. Les grès de la mollasse peuvent se diviser en deux groupes : ceux qui, par leur faible dureté, se prêtent & une taille focile (mollasse) et ceux dont la résistance est beaucoup plus grande (grès durs). Les premiers servent de préférence pour la confection de pièces architecturales des façades et intérieurs de bâtiments, tandis aue les grès durs sont transformés en marches d'escaliers, fenêtres, portes et dalles de corridors, caves, etc. Mais les défauts des mollasses tendres ont bciliké énormément Tinlroduction des pierres artificielles en ciment ; de même le dallage au béton « «resque supplanté les dalles en grès dur. Il y a^ aujourd'hui beaucoup plus de carrières de mollasse abandonnées que d'entreprises encore en activité.
Suivant le niveau dans la série tertiaire et suivant la réffion, les grès ont des (qualités assez différentes. Dans les formations du Plateau, il faut distinguer les niveaux suivants:
Mollasse d'eau douce supérieure (Oeningien) fournit des grès de bonne qualité dans quelques carrières des cantons de Luceme et Thursovie, etc.
Mollasse marine (Helvétien). Il faut distinguer deux faciès. 1) Les ffrès homoeènes à grain plutôt fin, de couleur gris ou gris bleuâtre. C'est dans ces bancs, souvent de très minde épaisseur, que se trouvent ouvertes les plus nombreuses carrières de grès, servant de pierre de taille, du Elateau fribourgeois, bernois, argovien, lucernois, etc. 2) es grès ffrossiers, durs, souvent pres<^ue semblables â des congiomeratB, riches en coquilles fossiles, d où le nom de « gres coquillier • (Seelafte, dans la Suisse orientale). Grés essentiellement siliceux, à ciment très résistant. Fournit des matériaux pour marches d'escaliers, dalles, pavés, etc.
Mollasse gri«e (Langhien ou Burdigalien). Grès tendres, en général atsex peu appréciés : partie occidentale du Plateau. (Environs de Lausanne).
Mollasse rouge subalpine. Grès de Ralligen, (Âquitanien inférieur). Grès durs intercalés dans des couches de marnes argileuses ou sableuses, de couleur souvent iH)uge. Les grès eux-mêmes sont gris, rarement rougeâtres, mais parfois verdâtres. Ils sont utilisés pour marches d'escaliers, dalles, couvertures de murs, etc. "**
L'Âquitanien supérieur, dans lequel se trouvent lescouches de lignite tertiaire, ne fournit pas de grès utilisables.
Dans la région alpine nous avons encore à mentionner les grès durs du flysch.
Voici, de TO. â TË., les plus importants centres d'exploitation de grès : dans la réffion genevoise, il ne reste plus aucune exploitation de mollasse en activité ; pourtant il y en avait jadis du côté de Bemex, Choully, etc. Dans la région vaudoise, il n'y a plus que d'insignifiantes exploitations disséminées sur tout le Plateau, a côté de quelques carrières un peu plus importantes qui ont pu se maintenir, grâce à la bonne qualité de leurs produits.
On exploite encore quelques bancs de grès à Grand vaux et au Dezaley,où ils sont intercalés parmi les poudingues. Au N. de Lausanne, où jadis on exploitait les grès helvétiens au Mont, on ne trouve plus en activité que les carrières de Crissier; puis, plus au N.-E., les carrières de Servion, Oron, Chesalles, Cnavannes, Moudon et Avenches; toutes sont ouvertes dans la mollasse langhienne ou helvétienne.
Dans la région fribourgeoise, c'est aussi dans cet étage, que se trouvent les plus nombreuses carrières, comme celles de Beauregard près Fribourg, de Cottens, d'Arçonciel, de Marly, Grolley, Neyruz, Guin, Morat, etc. C'est sur les collines qui longent le lac deNeuchâtel que se trouvent les gisements de « grès coquillier » exploités dans d'innombrables carrières aux environs de la Tour de la Molière, Bollion, Le Soc, Séry, Chàtillon, Vaunaise, Rochemanl, sont les carrières les plus actives. Outre le grès coquillier, on y exploite aussi un grès assez dur et plus résistant que la mollasse langhienne que l'on extrait au pied du Vully et à Surpierre. Le grès coquillier est exploite encore près de Rùeggisberg et de Bretiège , dans le Seeland.
La niollusse rouge subalpine fournit aux environs du
Bouveret, de Vevey, de Clarens, de Blonay, de Semsales* de Vaulruz, de Champothey et de Marsens, des matériaux très estimés.
C'est dans le Plateau bernois que se trouvent les plus nombreuses exploitations de grès de la mollaase manne, comme à Ispaen, Bolligen, Albligen, mais surtout à Ostermundigen. Le grès coquillier se trouve dans les carrières de Thorberg, ae Melcnnau, d'Oberberg et de Madiswil. Dans le canton d'Araovie on exploite des grès appréciés â Brittnau, Ober Ëntfelden, Grânichen. Hendschikon, Lenzburg, Mâsenwil, Othmarsingen, etc. Le territoire zuricois olTre des earriéres de mollasse â Bachenbûlach, Schwerzenbadi, Meilen. Très nombreuses sont les carrières de grès de Luceme ; les plus importantes se trouvent près de Willisau (Oeningien), Dierikon,Root et dans l'Entlebuch, toutes dans la mollasse marine. Zoug .at Schwyz ont peu d'exploitations de grès et n'en ^exportent jeuére; il y a des carrières â Zufferitiemen, Walchwll, Litzi, Haselmatt^.Duis à .£geri, Sehindellejp, Wollersni et Elnsiedeln. C'est dans le canton de Saint-Gall que l'exploitation de la mollasse atteint, après le canton de Berne, la plus grande importance ; fioUigen, Sankt Margarethen, Wienacbten, Grob, Staad, Rheineck, sont les centres d'exploitation les plus importants, tant de grès tins que de « Seelaffe ». On estime à plus de 40000 m^ la quantité de pierre extraite par année.
Les grès du flyscn, quoique excellents, ne sont exploités qu'occasionnellement: par exemple à Broc, Planfayon (Fribourg).
A la suite des grès, il convient de ranger les poudingue» do Miocène de la réffion subalpine ; on en exploite comme bonne pierre de taille, mais difficile â travailler, à Sigriswil (Berne), Hûllestein (Zurich), Degersheim (Saint-Gall), et â Hérisau. Le poudingue rouge violacé, dit semifite, est exploité près d Ennenda 'Glaris).
Tuf. Ces dépôts de sources calcaires se trouvent dans un grand nombre d'endroits et font ordinairement l'objet a'exploitatlons assez restreintes, en raison de l'incertitude qui règne ordinairement sur l'extension des giaements. Bien peu de tufttères permettent une exploitation en grand. Cependant le tuf est un matériel de construc- ^tion |rès apprécié k cause de sa légèreté et de sa faible 'conductibilité. On l'exploite aux endroits suivants : Montcherand et sous Bretonnière fVaud), Corpataux (Fribourg), Reichenstein dans le Simmenthal et Reicbenbach dans le district de Frutigen, Toflén, Leuzigen, Walkrlngen.'Duftbach près Grindelwald et Kehrsatz (Bêriié). Les cantons d'Argovie et de Soleure ont des |[isements de tuf dans 23 communes, par exemple â Leutwil, Sarmens^ dorf, Wislikon, Zeziwil (Argovie) et Mûmliswil-Ramiswil (Soleure) D'autres gisements se trouvent à Schonrau et Zell (Luceme), Flurlingen près Sdiaffhoose, Niederhelfentswil, Libingen et fiazennaid (Saint-Gall), Holle près Baar (Zoug), Tarasp, Lenzerheide et Surava (Grisons), Cantons prés Rancate (Teesin), Bûren (Nidwald).
Ardoises. C'est dans les Alpes exclusivement que se rencontrent les ardoises, par le fait que les roches propres à fournir des plaques assez minces pour être utilisées doivent avoir subi une très forte compression. Les terrains qui constituent les Alpes sont dans ce cas, ainsi que cela a été dit dans la description géologique de cette région. Ce sont les terrains primitivement argileux, ou du moins marneux qui t>oDt les plus propres à devenir feuilletés par suite d'une forte lamination: parmi ceux-ci, ce sont les argiles les plus pauvres en cnaux qui s'y prêtent le mieux et qui deviennent en même temps les ardoises les plus résistantes, autant contre les effets mécaniques que contre les intempéries. Les divers terrains a ardoises ne sont pas du même âge, pas plus que ne le sont tous les terrains argileux.
Les divers terrains capables de fournir des ardoises sont, en première ligne, le Cart>onifère, le Lias, le Dogger, TOxfordien, puis le flysch. Les meilleures ardoises sont celles du Carbonifère, car elles ne contiennent pas de carbonate de chaux et ne subissent sur toit aucune décomposition, ni changement de couleur, c'est-à-dire qu'elles restent foncées, tandis que les ardoi«es calcariferes prennent une teinte gris clair très caractéristique. On utilise les ardoises, soit pour la couverture des toits,. soit comme ardoises à écrire, lorsqu'elles sont très lisses, ou lorsqu'il est
SUl
possible de les raboter; on en &brique aumi dee crayons «l'ardoise ; enfin les ardoises très épaisses sont utilisées sous le nom de dalles pour des travaux d'arcbitecture.
Dans le Valais, on exploite des ardoises du Carbonifère dans toute la région de Salvan et du côté opposé de la vallée du Rhône, i Dorénaz-Outre-Rhône. Il en existe deux variétés, une noire et une grise oui est beaucoup plus cristalline. Les ardoisières exploitées temporairement dans le voisinage des Mayens de Sion, de Nendaz et de Plan Baar, sont également dans le Carbonifère. Par contre, celles de Sembrsncher, d'Omy, de Saxon et de Leytron sont du Jurassique (Lias, DogKer et Oxfordien). Les nombreuses ardoisières du Haut-Valais, notamment celles du Brigerberg, appartiennent aux schistes lustrés et sont probablement d âge jurassique.
Les tr& importantes ardoisières de la vallée de Frutigen, qui n'existent uue depuis une trentaine d^années, avec une quinzaine d'exploitations, sont ouvertes dans le fiysch de la zone du Niesen ; leur production annuelle est de plus de 3500 tonnes. On a aussi exploité de l'ardoise près d'Unterheid (Meirtngen), probablement dans le Jurassique ; il en est de même d'un gisement exploité à Lungem (Oxfordien).
C'est encore au flysch qu'appartiennent les grandes ardoisières de la vallée du Sernf (Glaris). Elles sont oavertesdans les environs d'Engi (Plattenberg), de Matt, de Diesbach et d'Elm (Ttchingel) Les premières exploitetions datent de 1565. Les six exploitetions fournissent ensemble environ 9000 tonnes annuellement. Une seule exploitetion d'ardoises existe dans le canton de Saint-Gall, à Vadura sur Pffifers (flysch); elle fournit 800 à iOÛO m^ par an. Dans les Grisons, on utilise, à titre d'ardoise, un micaschiste dans le val Fex (Haute-Engadine) et un schiste violacé (schiste du Verrucano) dans les environs de Truns.
Voici les localités qui fournissent aussi tout spécialement des dalles, soit des plaques de grandes dimensions, rabotées ou non : Sembrancher et Saxon, dans des bancs superposés aux couches i ardoises ; la nature quartzeuse de la roche ne permet pas le rabotage. Frutigen et Glaris livrent de magnifiques plaques lissées artificiellement, de même que Goldiwil. Les dalles d'Avers, dans les Grisons, proviennent d'une roche blanche quartzeuse (Leptyoite). Â citer enfin le gneiss de diverses régions.
Les pierres à paver ne sont que rarement exploitées spécialement ; c'est ordinairement à titre de proauit accessoire des carrières de pierres de construction qu'on les fabrique, en utilisant les déchete de calibre convenable. C'est ainsi que Ton produit des pierres à paver au Bouveret, avec ces grès de la mollasse rotijge, près de Saint-Gingolph avec ceux du flysch, aux environs de Vevey et de la Tournle-Peilz, puis surtout à Attelens également avec des grès de la mollasse rouge. Dans la Suisse orientale, ce sont les calcaires siliceux du Néocomien que l'on utilise dans cette intention à Weesen et â Alpnach ; on a de même employé la pierre calcaire de Meillerie, ainsi que celle d'Arvel (Villeneuve), mais les pierres calcaires ont le défaut de devenir extrêmement lisses ensuite de l'usure. Aux environs de Baie on retire, au moyen de crochets, des galete de roches cristellines et de granit, porphyre, etc., du fond du Rhin, pour les teiller comme pavés.
Meulières. L'introduction des meulières en silex ou en acier a fait diminuer l'exploitetion indigène. On a souvent utilisé dans ce dessein les grès de la Molière (ares de la mollasse marine), les grès durs de Kalofen près Vilnachem, ceux de Schnottwil; le conglomérat du Verrucano de Glaris ou du fias-Valais (Outre- Rhône) ce dernier en blocs erratiques. Enfin divers gneiss, gninite qui se trouvent, soit en place, soit en blocs erratiques.
Pierre ollaire. Les pierres utilisées pour la construction de poêles et qui sont connues sous ce nom, accompagnent toujours les gisemente de serpentine. On ne les exporte guère (^ue dans un rayon assez étroit, autour du lieu d'exploitation. C'est la vaUée de Bagnes (Valais), qui a les gisemente les plus importants: de même, la vallée d'Ëvolène, le Simplon, le Haut-Valais (Ulrichen), le Binnenthal, etc. Au Saint-Gothard on en a exploité près d'Hospenthal et à l'Oberalpstock. Dans les Alpes grisonnes, c'est la vallée du Rhin antérieur, entre Truns et Tschamut, surtout les environs de Disentis, qui fournissent énor*
mément de poêles (300 par année), puis quelques gisemente dans rEn||adine (Pontresina).
Asbeste. Ce minéral fibreux a acquit, depuis quelque temps, une assez grande importance. Cependant on ne l'exploite ffuère. On en a exploité au Geisspfad, dans le Binnenthal, de même que dans la vallée de Poschiavo sur l'alpe Quadrata. On connaît de nombreux autres gisemente, mais l'irr^ularité de la composition, de la structure ainsi que du gisement lui-même, rend leur exploitation très aléatoire. La vallée de la Viège, le Maderanerthal, Andermatt, ete., sont les plus connus. On utilise cette matière, associée au ciment, pour la fabrication d'ardoises artificielles (éternité), les qualités ordinaires pour des dalles et pierres dites « asbestite s.
Engrais minéraux; terres d'amendement. La Suisse ne possède pas de gisemente de matières phosphatées; cependant l'usage a consacré comme engrais certaines marnes appartenant a divers niveaux géologiques que l'agriculteur utilise couramment. C'est probablement plutôt à titre d'amendement ou de correctif que cela se pratique; il n'est en tout cas pas démontré par des analyses que les motifs de leur utilisation résident dans une certaine teneur en phosphate. Cependant ce dit est bien possible, comme aussi la présence de gypse dans ces marnes serait aussi un autre motif de leur emploi, de même Sue k teneur de quelques-unes en matières bitumineuses, «ans tout le Jura vaudois et neochâtelois on utilise dans ce but les marnes hauteriviennes (Néocomien moyen), plus rarement celles de l'Argovien ; les marnes blanches du Bathonîen (marnes supérieures du Furcil) se trouvent dans la région de Montperreux et de Tète de Hang. Dans le Jura oriental et septentrional, ce sont les marnes micacées noires du Bajocien et du Lias supérieur qui remplissent ce rôle ; on donne là à ces terres le nom local de c Niet». De nombreuses exploitations, presoue exclusivement destinée à l'usage local, se trouvent dans la région argovienne, bâioise et soleuroise.
Graviers et sables. Ces matériaux se trouvent presque toujours associés, soit dans les mêmes gisemente en mélange intime, soit en couches superposées ou du moins à proximité. L'association à des dépôts argileux n'est pas moins fréquente.
Les graviers mêlés de sable servent a la confection des Auvrages en béton. Le sable seul est utilisé pour le mortier ou des ouvrages en ciment. Les graviers servent surtout au chargement des routes et comme ballast pour l'infrastructure des voies ferrées. C'est dans les formations torrentielles, cônes de déjection, alluvions fluviales et lacustres que l'on pratique ordinairement l'exploitation des uns et des autres de ces produite : les moraines fronteles et latérales, les alluvions fluvio-glaciaires et les alluvions glaciaires torrentielles qui sont si répandues sur le Plateau, sont aussi parmi les principaux endroite où l'on exploite soit du sabte, soit des » raviers. Les éboulis calcaires et autres, de même que les déblais des carrières de pierre de construction, sont souvent utilisés au même titre que les graviers roulés pour les routes et les voies ferrées ou le béton ; broyés ils fournissent aussi du sable.
Impossible d'énumérer ici toutes les exploitations de sables et sraviers qui sont surtout fort nombreuses sur le Plateau, la où s'étendent les vastes couvertures fluvio-glaciaires et d'alluvion, dans le Nord du Plateau, les grands dépote de moraines frontales des anciens glaciers alpins fournissent d'excellentE matériaux fortement siliceux. Le long du Jura, les roches jurassiques ont enrichi les moraines d'une forte proportion de calcaires, de même aussi les dépote de moraines locales, tels que ceux des environs de Coinsins, Baulmes, Bôle, du Val-de- Ruz, etc. La composition de tels dépote dépend donc essentiellement de leur lieu d'origine, autant que de leur mode de sédimentation.
Les besoins locaux prédominant dans ce domaine sur le choix judicieux des matériaux. Chaque industriel, entrepreneur ou particulier, prend ordinairement les sables ou graviers là où ils se trouvent. C'est par centaines que se comptent les exploitations, anciennes et récentes, dans les diverses parties du Plateau, du Léman au Bodan, dans les terrasses lacustres, les deltas torrentiels ou les graviers glaciaires et fluvio-glaciaires. Dans les deux profondes vallées du Rhône et du Rhin les alluvions
SUI
SUI
qui en forment le fond plat jiiBqu*aù Léman, d'ane part et au Bodan de Tautre, fournissent surtout d'eicellent sable siliceux qui peut s'exploiter à fleur du sol. Près de Tembouchure du Rhône on drague du sable ainsi admirablement lavé pour l'amener par barque dans toutes les localités du littoral, à Genève surtout ; près du Vieux Rhône se trouve une usine récente pour la fabrication de matériaux de construction arfaiés par le moyen d'un sable spécial qu*on y exploite. Une autre usine fabrique des matériaux en siiico-calcaire. Dans la Léventine, les aUuvions du Tessin sont aussi utilisés au même usage.
Les gisements de sable et gravier très importants de diverses parties du Plateau ont fait naître l'industrie des ouvrages en béton de ciment, tels que pierres façonnées, moulées pour l'architecture : fenêtres, portes, dalles, marches d'escaliers, balustres etc. , tuyaux d'égout et de conduites d'eau, caniveaux, briques, drains et tuiles. Les endroits les plus connus pour ces produits sont Âubonne- AUaman, lienens, Yverdon, Lyss, Âarau, Laufon, etc. ; presque chaque localité importante possède une ou plusieurs fabriques de ce genre. Autrefois c'était le ciment prompt qui était employé surtout dans cette intention, mais l'emploi du ciment Portland naturel prévaut actuellement, ce qui est tout à l'avantagé des produits de cette industrie d'avenir.
Les matériaux de construction et d'usage industriel que nous avons énumérés jusqu'ici sont utilisables presque immédiatement, sans avoir besoin de subir de transformations, un certain travail mécanique, taille, concassage etc., excepté. Par contre, ceux qui suivent sont, avant leur utilisation dans l'architecture ou autrement, l'objet d'un véritable travail industriel, souvent fort compliqué; ils subissent une « fabrication ». A leur exploitation se rattache donc toujours l'installation, à plus ou moins grande proximité, d'établissements industriels où a lieu la fabrication du ou des produits qui en découlent directement ou indirectqpient, tout comme aux exploitations de minerais se rattachent les établissements métallurgiques.
Argile a briques, tuiles et poterie. Les gisements d'argile sont extrêmement répandus dans les parties les {)lu8 diverses de la Suisse, burtout sur le Plateau et dans e Jura et ses abords. Cela tient à la composition du sol de ces régions, dans lesquelles les terrains susceptibles de fournir de ces matières prédominent, notamment dans les formations superficielles diluviennes.
Les arffiles (terre glaise, terre grasse ; en allemand : Thon, Lehm, Letten, Leiraen) sont presque, sans exception, des formations résultant de la désagrégation de roches préexistantes et de la sédimentation de ces détritus, soit dans l'eau, ce qui est le cas le plus fréquent, soit à sec après tranv^port dans l'air. Ce sont des silicates d'alumine et d'autres bases en mélange avec du calcaire, de la silice, etc. L'âge géologique des argiles est tout aussi varié. On en trouve dans les sédiments marins du jurassique et du crétacique comme dans les formations tertiaires, tant marines que limnales ; mais les gisements les plus étendus se rencontrent dans les dépôts glaciaires diluviens et dans les aliuvions modernes. A ce titre, il est bon d'énumérer la provenance des divers terrains arffileux utilisés dans l'industrie. Ces différences sont également en rapport avec leur plus ou moins grande pureté, qui est la base de leur utinsation si variée.
Argiles jurassiques et crétaciques. Les terrains argileux du jurassique et du crétacique sont ordinairement trop calcaires et aussi trop consistants pour servir à titre d'argile. Leur délitement superficiel accompagné d'une lévigation et décalcarisation, est, par contre, l'origine d'un très grand nombre des gisements secondaires que nous aurons à mentionner. Le terrain albien présente cependant dans le Jura des sédiments qui sont ae l'argile plastique parfaitement pure. Une exploitation de ce genre existe a Noirvaux-dessiks, près Sainte-Croix.
Tertiaire. Bon nombre de couches de la mollasse de tous les niveaux possèdent une composition et une consistance permettant de les employer comme argile.
Eocéne. Argile sidérolithique, exploitée dans le Jura bernois, soleurois, argovien, bâiois et au Randen.
Oligocène inférieur (Tongrien). Bonfol et Laufon (Jura bernois), Allschwil (Bâle).
Oligocène supérieur (Aquitanien). Argile marnease grise ou jaune. Paudèze, Calamin prés d'Yverdon.
Miocène inférieur (Langhîen). Moutier (Jura bernois).
Miocène supérieur (Oeningieo). Kâpfnach, Lufingen, Boppelsen (Zurich).
Glaciaire diluvien. C'est dans ces formations que se trouvent les plus nombreux gisements d'argile; on y peut distinguer divers faciès :