XII. 'Histoire. A. LES PÉRIODES PRÉHISTORIQUES
4TH0DUCT10N. La préhistoire a pour objet l'étuUe du déve-
ipoement de l'espèce hamaiae dès l'époque où il est pos-
Dle de constater les premières traces de ion eiiltence
luaqu'au marnent où les hommes furent en état de trans-
nettre leurs traditions aux âges futurs par te moyen de
'écriture. Lee plus anciennes traces de l'existence de
'homme en Suisse remontent a l'époque postglaciaire.
In a trouvé en France des vestiges paraissant prouver
.'existence del'homme pendant les périodes i nie roi acia ires
tandis c^ue les recherches faites en Suisse dans les ligni-
tes slaciaires du canton de Zurich n'ont donné qu'un
résultat négatif.
Il n'a pas été possible jusqu'ici de déterminer d'où provenait cette race humaine peuplant nos vallées à l'époque postglaciaire. La (orme des outils, armes, etc. trouvés dans les stations lacustres de cette époque indiquerait une origine asiatique ; ces populations avaient sans doute conservé de leurs ailcétres, par tradition, les modèles des instruments en métal, qu'ils imitaient avec le silex; ils fabriquaient ainsi leurs engins de chasse et de pèche, n'ayant aucune autre matière à leur disposition.
Ce De fut quebeaucoapplus tard qu'ils reçurent, probablement à la suite d'immigrations, le métal, le cuivre puis l'étain. Ils commencèrent alors i fabriquer des objets en en brome (alliage de cuivre et d'^tain) ; bien plus tani encore ils eurent connaissance du fer qui se trouve déjà dans les derniers palafittcs de l'âge du brome. I>our faciliter l'étude de ces époques reculées on en ■ divisé la suite en trois âges ilont les limites peu absolues se fondent l'une dana l'autre. On distingue donc : l'âge de la pierre, l'âge du brome et l'âge du fer, ce dernier conlinant à la période hirtorique.
1. AoE DR LA PIERRE. Quand les glaciers eurent abandonné le Plateau et que le pays se couvrit d'un tapis végétal, des animaux purent y vivre et s'y multiplier. Plusieura animaux, tels que le mammouth, l'ours des cavernes et l'aurochs ont aujourd'hui disparu. D'autres. comme le renne, le gloulon, l'élan et le renard polaire, se sont retirés vers le Nord ; d'autres encore, le chamois, le boaquetin, le lièvre blanc, émigrèrent dans les hautes Alpes ; une faible partie seulement de la faune diluvienne s'est conservée jusqu'à nos jours dans nos contrées. Peu.i peu se développèrent les plantes et les animaux de l'époque actuelle ; les nommes enfin s'appliquèrent â la culture des plantes utiles et â l'dlevage d'animaux domestiques néceS' sairea â leur existence. Un appelle ■ période paléolithique ou premier âge de la pierre > la période des plantes et des animaux aujourd hul disparus, et ■ période néolithique ou second âge de la pierre >, celle à laquelle existaient des animaux domestiques et des plantes culb-
a/ Période poUolitUique. Les hommes dont nous avons découvert des vestiges vivaient dans des cavernes ou sons des rochers surplombants [abris sous roche). On a trouvé des vestiges d'habitations humaines de cette époque au Salève, près de Veyrier. dans la grotte du Sce< près de Villeneuve, à Liesberg et Grellingen, dans la grotte de Bûsserach. daos le Kâsloch près de Winznau non loin d'Olten, au Schweizersbild et au Kreudenlhal, près de SchaDbouse, tu Kesslerloch, près de Thaingen, sur le chemin de fer de Schatibouse â Singen, grotle devenue célèbre par les trouvailles qu'on y a faites, enjin dans les grottei ou Wildltirchli sous l'Ehenalp, canton d'Appenzell.
Les instruments trouvés dans ces cavernes sont surtout des objets en silex. Ce sont des racloïrs. des sciea. des couteaux, des perçoirs. de* poin;ons, dei poignards, des pointes de javelots ou de lances, des percuteurs, etc. Ce sont aussi les rognons de silex dont res objets avaient . été détachés, ainsi que des milliers d'éclats de silex. Les os et la corne servaient â la confection d'instruments de diverse nature : pointes de javelots, poignards en bois de renne, alênes en os, aiguilles en ivoire, spatules, haipons, crochets, etc. On a découvert aussi des objets de parure. Ils consistent en dents perforées, coquillages, coquilles d'escargots, ainsi qu'en amulettes
STtaah (C. Schaffhaui
Les hommes des cavernes nous ont même laissé des leuvres d'art semblables â celles que fabriquent de nos jours beaucoup de peuplades actuelles peu civilisées. Les chas-
itiuri de reanes des époijuea pré historiques aimaiëDt déji à dessiner, à oeiodre el a «culpter. Parmi les objets trouvés BU Salève tlgure un bois de renne percé, considéré par quelques observateurs comme ua blton de cammindement. La face supérieure, polie, représente, d'un c^té, des
Slautes, de l'autre, un bouquetin. Oa as te Schweiiersbild e SchalThouae on a trouvé un bâton sur lequel sont gravés deux chevaai. Une plaquette de pierre du même endroit porte d'un côté un âne sauvage et deux rennes, de l'auure un enchevêtrement de lignes dans lesquelles on peut reconnaître deux chevaux.
(Tesl au Kesslerloch, prés Thain^n. qu'on a trouvé le
ibre de de
I époque paléolithiqi
renne, qui ne sont recouverts
ou de figures d'animaux sim-
H trouvé des desiint arlistiqnet
Les animaux représentt^s sont le
vBge et surtout le renne. Un des
Ïoque paléolithique, non seule- : toute l'Europe, représente un tredesainpresque aussi La plupart des dessins
S lus grand utre les ''
plement ébânchées,
et même des sculpti
cheval diluvien. l\î[
plu* beaux dessins
ment de la Suisse, i
renaebroutant (p. 491 . lig. 1);
beau donne l'image d'un poulai
ont été gravés sur des bois de renne, quelques-ii
aur le jais ou la pierre. On a trouvé, dans les dernières
fouilles du Kesslerloch le dessin d'un cheval sur du
charbon.
On a également trouvé dans le Kesslerloch une sculpture malheure uaement endommagée, représentant une tfite de bceuf et une autre finement exécutée donnant l'image d'une petite télé de cheval.
bj Période néoiithiqve. Après la disparition des h' mmea des cavemei de la période paléolithique, la Suisse
Saralt être resiée longtemps inhabitée. Puis vinrent es hommes capables de construire des caitanes, amenant aussi avec eux des animaux domestique* et des plantes cultivées; ces hommes savaient façonner des vases d'ar- « Ile et confeclionnerde jolis fileta, des lissus et mâme des roderlcs. Leurs nombreux instruments et armea étaient encore en pierre, mais ils n'emplojraîent plus exclusivement le silex, et ils polissaient la pierre de leurs instruments. Ils n'étaient plus uniquement chasseurs, mais paiteurs et agriculteurs. On a même pu constater l'exialence d'un commerce rudimentaire.
t. Palalittes. Au cours de l'hiver de iSa à 1854 les eaux étant très basses, d'anciens pilotis furen! mis n découvert préa de la rive droite du lac de Zurich, à Ober Meilen. Dana la couche d'argile qui les entourait, on
tions. Quand, av foncer dans l'eai couche -le pou place par des pi
a dea haches de pierre, des couteaux de. silex, des iiinents en bois de cccT. dea.u!i d'animaux, dss diibria de poterie, des graines et même des fragments de bronze.
le Û' Ferdinand
vant qu'à une époque très ancienne des peuplades avaient
liabile dans de* cabanes conslruitea sur pilotis au-dessus
sui
dej eaux. On entreprit ailleurs d'autres recherches et l'on flt dea trouvailles analogues dans presque tous les lacs de la Suisse, en France, en Italie, en Autriche, en Bavière, etc. Aujourd'hui, en Suisse aeulemeat. en compte environ 300 stations lacustres, appartenant à l'i'ige de la pierre et à l'âge du bronze. Les rives (allemande et suisse) du Bodan ne renferment pas moins de 50 villages lacustres, le lac de Zurich en compte 10. celui aie iSempach 3. iceluf de Sienne au ùuins 30. celui iTe 'Neuehâlel plus de 70 et le Léman environ 50. Même de petits lacs, comme ceux de Niderwïl près de Frauenfeld, de Wauwll dans le canton de Lucerne, de Moosseedorf près de Berne, d'Inkwil et de Burgàschi. de Luisael au-dessus de Bex ont une ou plu-
Les palalittes étaient construits de diverse tnanlère. Ou bien on plantait de* rangées de pilotis dans la vue et on l~s reliait par des poutres transversales sur lesquelles on fixait le ntaocher qui portait les cabanes, ou bien on un radeau sur lequel on élevait les habitaavec le temps, le rddeau commençait i s'eneau, on le renforçait au moyen d'une seconde outres. Ces radeaux étaient maintenus en I. Une nouvelle couche de poutres s'achaque fois que le besoin n'en faisait BBiiur i u esi ainsi que S'établirent les constructions sur rideaux (Plosa- ou Packwerkbau), telles celles qu'on a retrouvées à Niederwil. à Wauwll et à Inkwîl. Hais les antres palafittes de la Suisse reposaient sur pilotis ; c'était en particulier le cas des importantes stations de Steckborn sur le Bodan. de Robeohausen sur le lac de PfSrSkon, d'Ober Meilen sur le lac de Zurich, de Hôrigi^n sur le lac de Bienne, d'Auvernier et de Corcelettes aur le lac de Neuchâtei, etc.
Ces villrigea lacustres néolithiques abritaient des hommes et des animaux. Les lacustres avaient domestiqué le chien, le bœuf, le porc, le mouton et la chèvre ; ils devaient aussi faire des provisions de fourrages. Lee champs peu étendu* produis.'iient plusieurs variétâde blé et d'or-
re, du millet, du panais et du lin dont les libres servaient confectionner des tissus'.). Les ustensiles de ménage étaient très simples, en pierre, en bois, en corne ou en terre cuite. Diverses espèces de pierres polies servaient à la confection de haches, de couteaux, de scies, de marteaux, de ciseaux, etc. Avec l'argile on façonnait des vases, des écuelles. dea assiettes, des pois, des cruches. On Âbriquait en outre des alênes, des ciseaux, des poignards et des massues en bois ou en os ; on filait a la quenouille et on tissait le lin aur dea métiers (p.4»l, flg.2à4).
Le chasseur et le mierrier avaient besoin d'ormes. La massue elail en bois, la hachemarteau en pierre dure, quelquefois même en i^ide ou en néphrite. Les oa et le silex étaient employés à la confection de pointes de lances et de poignards; les pointes de Uèchea se faisaient de préférence en silex et se fixaient à la hampe au moyen d'asphalte et de cordons de lin. L'arc était en bois d'if, ta corde en hovaux.
Les peuples âl'élat primitif ont un goâlmai^ que pour la parure. Rien d'étonnant à ce que It^ lacustres nous aient laissé un grand nombre d'objets d'omemenfs : épingles en corne et en os. peignes, perles en corne de cerf, anneaux, pendeloques et amulettes en pierre, en corne ou en dents d'animaux. On recherchait même la parure dans les vêtements. On teignait la toile; les lacustres connaissaient les cou- ■1. leurs rouge, bleue, jaune, blanche et noire avec
lesquelles ils se peignaient peut-être au»si le corps. Ils tiraient le rouge de l'iiématite (oxyde de fer), te bleu du pastel et te jaUne de la gaude. 2. Habitations sur terre ferme, ateliers. Les lacustres
<) Suivant ans aocivana cammunloalioD virbal* du Pror. 0>«.
LJUHIUimiU
.. LamuabronUntoaThiiD^n, — t. Tlim d* lia. —3. Hun. — 4. irriD«ei (ds* paUfltMi d< Rabanbimen, pr«i Welilkon). — ï, 0 «1 7. PotuiM du lanbMiax d'Obarvanino al d* BcbafBiidorr |C. Zarlch}. — B, S, 10 «1 11. Ép*H da bionia de divan iTHa. da Uddaa. Braae. Woltiitaoran, Lao de LuUiaL. — 1t. CiaDMnl an piarte d'Ebanbari. — 13 t 17. Moulei dea paUdltat de l'àga du bioa». - IB. Hache da Salei (C SI. Oall). - 19. Manche d'une ipia de brunn, de Uarligny. - EO. Poiirnari an bionM du ViLali — S], Epiiigle à Ul» pUte. de Sailtia. — ». Braceleti, tombeaux de Belp. — «3. Bracelet tronvi dant un lonbaia à QUUfeldaa. — if. Agrafa de ceinlure de Thalhaim. ~Sb. Bpinftie Ironvée dana un lonbeau de QUIir*lden.
SUI
nraienl élevé leur* demenres sur les eani pour se prolé^r, eux et leur bétail, contre le» attaque* des xnimsui sauvages ou dei ennenU. En outre c'étaient des habita- ItoDB vraiment hygiéniques. Le* laça contribuaient ausai à l'alimentation et constituaient une eicellente voie de communication, mais il ne budratl pas croire que toutes les populations néolithitfues aient fialjité sur lea eaux. Il y avait aussi des colonies de terre Terme. Il est vrai qu'on n'a paa encore trouvé un grand nombre de ces dernières. Il y en avait une, par exempte, eur la terrasse de SiRgingen (Argovîe). au-dessus du coniluent de l'Aar, de ta rleuBS et de la Limmat, une autre à Slaminbeim, non loin du Bodan inférieur- Certaines habitations étaient placées dans des endroits d'accès dillicile ou protégées par des remmrts, des fossés ou des palissades. Ce sont les • nefugea • qui servaient d'abri en temps de guerre. On a trouvé un de ces refuges dans la vallée de l'Aa. prés de Seegrâbeo, entre les lacs de Greifensee et de PlSflikon. Il a la forme d'un triangle dont deux côtés sont presque inaccessibles à cause de l'escarpement de la pente; le troisième est très bien protégé par des remparts et des
Sans plusieurs palafittes on confectionnait des quantités d'armes ou d'instruments dont on faisait ensuite un objet de commerce. Dans te palafitte de Moosseedorf, A 10 kilomètres de Berne, p»r exemple, on a constaté l'existence d'UD atelier pour la taille du silex. A Haurach, sur le Bodan. on bbriquait surtout des haches en néphrite. On a aussi trouvé des ateliers sur terre ferme. A Hûmlsng, au Nord de Zurich, on a découvert un atelier de potede qui appartient à la lin de l'âge de la pierre ou au commencement de celui du bronze.
Vers la fin de l'âge de la pierre les relations et lea échanges devinrent plus fréquents. Des pierres rares, comme les néphrites, s'échangeaient à de grandes distances contre des silex ou du cuivre, le premier métal connu. En certains endroits l'usage de ce métal était si répandu que l'on a pu parler d'un Itge du cuivre,
3. Tombeaux néolithiques. On a trouvé, dsna les environs de Pully et de Lutry, des squelettes reposant dsns de petits caissons an pierre. Souvent on enterrait plusieurs corps dans le même tombeau, parfois un homme et une femme et même des enfants, La longueur dee tombeaux atteignait rarement un mètre; les cadavres y étaient déposés repliés, dans l'attitude du fcetua. On a trouvé dé petite tombeaux analogues aux précédente, formés de dalles, à Glia, sur le versant septentrional du
Le* squelettes étaient en général accompagnés de divers objets : bracelets formés de coquillages de la Méditerranée, pendanta, plastrons et cuirasses composés de dents de sanglier fendues, boutons de marbre curieusement perforés, ambre, ocre rouge ou jaune pour peindre le corps, A Glis, on a aussi trouvé une hache de pierre et des armes en silex, des naches, des pointes de javelots et de flèches,
La grotte de Dachsenbiihl prés de Herblingeu (ScliaEIhouse) renfermait deux squelettes étendus, entourés d'un petit mur en pierres sèches.
A côlé de ce double tombeau des ossements humains à demi carbonisés étalent mêlés à des restes d'animaux. La présence de pcra pierre, de débris de poter
Il de Cl
Tombe da Dichisubahl lomtieau appartient à 1 Sge de la ■nr Harhlingan. pierre. Les tombeaux du Schweiiers' bild sont de la même époque. Tantôt les squelettes sont renfermés dans un caisson de pierre, tantôt ils sont enterrés simplement dans le sol. Les tombeaux se trouvaient dans l'amaa de débrie déposés par les
habitant* paléolithiques en avant de leur demeure ; ils étaient aitué* i dilTerentes profondeurs et renfemuient des squelettes de ai petites
gné ces hom-
nom de pjgmées.
On a trouvé également des squelettca de pygmées dans d'autres tombeaux de l'âge de la pierre.
Un peuple qui honore ses
culture et peut continuer à se développer
ces sont favo- 4. Ëpoquedu
l« Qlii iVali
«.pi.
vers la Qn de l'âge de la pierre, prèa de SOOO an* avant l'ère chrétienne, que le premier métal, le cuivre, ^t utilisé en Suisse. Mais ce métal aaseï tendre ne réussit pas à sapplanter les instruments de pierre qui continuèrent à être employés. Ce forent peut-être des immigrants venus du N, qui apportèrent avec eux ce métal. On a signalé des stations de l'époque du cuivre à Fenia (Vineli), au bord da lac de Bienne. à Saînt-Blaiae, an bord du lac de Nenchâtel, ailleurs encore. On y a trouvé, â côté de nombreux objets en pierre, des poignards, des lances, dea hache», des alênes, des ciseaux et d'autres instruments en cuivre ; on remarque de nouvelles formes d'épingles, d'omement* en os ainsi que des pertes et dea pendants d'oreilles en cuivre: les potiers ornent leurs produits de cordons ou de pointillés (p. 401, fig. 5 à 7).
11. AoE i>u BRONZE. Composé de 90% de cuivre et de 10 **/« d'étain, le brome fiit connu dans l'Europe centrale environ SOOO ans avant J.-C. Son éclat le désignait pour la confection d'ornements, son poids et sa dnreté permettaient de l'employer pour la fabricution d'armes et d'outila. Le bronze noue vint d'Orient et tes premiers marchanda qui l'introduisirent en Suisse arrivèrent probablement du S. en longeant le Rhône. Avec le broute apparurent le plomb, l'or, le verre et l'ambre.
1. Palafiltei. Pendant l'âge du bronxe la plus grande partie de la population vivait encore sur les lacs. Hais les palafittes de cette époque sont généralement sitnés beaucoup plus au large que ceux de l'âge de la pierre. Les outils pour la construction des habitationB sont bien meilleurs. Il semble que le nombre dee villages Iscustrea était moins grand que précédemment; d'autre part, les stations sont en général beaucoup plus étendues. Certaines d'entre elles ont fourni des milliers d'objets, par exemple cellea de Genève et de Hoi^es, dans le Léman, de Corcelettes, d'Estavayer et d'Auvernier dans le lac de Neuchâtel, de Vallamand et de MontlUer. dans le lac de Moral, de MÔrigen et de Nidau, dans le lac de Bienne, de Wollishoren prés de Zurich, de Bodman, 1 l'eitrémiléN.-O. du Bodan, etc.
Les palalitteurs de l'âge du bronze te livraient encore â la pèche et k la chasse; mais l'élève du bétail, l'agriculture, lea métiers et le commerce avaient déjà. pour eux beaucoup plus d'importance. Leurs animaux domestiques s'étaient améliorés par le mélange avec de nouvelles races auxquelles s'sjoutait le cheval. L'agriculture s'était développée et la division du travail accentuée. Il est facile de comprendre que la main qui conduisait la charme n'était guère propre à exécuter les travaux délicats de
■lu bronze ■<
sui
l'art du bronie. L'arlUte qui exécutait lea Bns ornementi de* parures ne parcourait vraisemblablement pgn le paji comme le marchand. La division du travail existait donc d^B,
Le* armes étaient en bronze. Le poipiard allongé devint Dne épëe. On décorait souvent les lames et les poifrn(<e«deaépé«Bd'ornemen(sliDéaires(p. t9l,ne.8â H). Cette ornementation se retrouve aussi sur les poignards, les lancesmémes.eurleahacheseteurtout sur les lames de couteau. Lapoterieae prétait admirablementà l'ornementation. Lea écuellea, lea ealellea, lea assiettes, les pots de l'âge ' en araile bien préparée et bien cuite. int le Ênd terminé en pointe. On lea plae torche d'argile ou dans le sable. Lea ornements sont composés de cercles, d'arcs de cercles, de
iloietB des remmeaqui moulaient l'argile. de broaie étaient variés et portaient assez souvent des ornements. Il existait plusieurs espèce* de haches, mais aucune n'a la Forme actuelle. Toutes ont des ailerons au lieu d'un trou pour lîxer au manche cet outil. Les couteaux ont presque toujours une lame bien arquée et sont souvent Dmereentés. Un a trouvé en outre des ciseaux et des alènea, des marteaux et des enclumes, des scies, des limea. des poinçons, des clous, etc. De même les ciseaux, marteaux et enclumes sont parroia ornementés. Les hommes de l'âge du bronze travaillaient très habilement les métaux, lia avaient le goût du beau.
Les objets de parure sont nombreux dans les station* du bronze. Dans le pslalllte de Wollishofen- Zurich, par exemple, on n'a pas retrouve moins de 1500 épingles de parure, et la station n'est qu'à demi explorée. I^s stations de Môrigen et d'Auvemier ont fourni un grand nombre de bracelets et d'aertfes. A Estavayer on a trouvé un tcrand nombre de boucles de ceintures. De niéroe qu'à l'âge de la pierre, certaines stations de l'âge du bronze produisaient aussi plus d'objets qu'il ne leur en Tallait pour leurs besiUDs, le surplus était destiné à la vente et
Peu à peu ces populations s'établirent sur terre ferme. Au commencement de t'àse du fer, vers l'an 800 avant J.-C., c'est à peine si unpalalilte était encore habile, lln'y avait plus que de* colonies sur terre ferme.
A quelle race appartenaient les lacustres? On ne le sait pas ; on ne connaît pas leur origine et très imparfiiitement leur état de cnllure. Voici ce qu'on peut en dire : à l'âge de la pierre notre pej'sa été habité surtout par des hommes â crâne large, des brachycéphiles. Vers la fin de celte période les dolichocéphales prédominent. Hais on ne sait si cette immigration d'éléments étrangers s'est faite pacifiquement ou si les dolichocéphales sont venus en
i. Babilaliom tur terre ferme, aleliert. K mesure abandoi e fermt
nstaté r
»que
populations abandonnaient les villages lacustres, le;
ugmeniaienl. 11 y a environ 5C
1 Ebersberg, contrefort de l'ircbi^l. Un village protégé par des palissades s'élevait là. à l'âge du bronze, sur la pente, du coté du Hhin, dana un site d'oii l'on jouit d'une vue
inléreseantes consistent en croissants en argile eteii pierre. On en a également trouvé plus tard dans les tombeaux. C'étaient peut-être des emblèmes religieux (p.WI. lig.12).
L'Uetliberg avait des défenses beaucoup plus fortes. De troia câtés le sommet de ta montagne était presque inaccessible ; du seul coté accessible le refuge était défendu par des remparts et des foaaés. 11 renfermait un pâturage pour les bestiaux et une source. Si les ennemis parvenaient â forcer la première enceinte, les habitanta du refuge pouvaient se retirer Hur le point dominant, accessible seulement du côté N.-O., et protégé de ce câté par trois remparts et deux foBsé*. Celte seconde enceinte renfermait aussi une petite
Un grand nombre de refuges semblables existaient sur toute l'étendue du Plateau. En beaucoup d'endroits les remparts et tes fossés sont encore conservés. Ils sont
Iroit qui rappelle qu il fut autrefois fortifié • (Chàtelard dans la Suisse romande, Burg dans la Suisse orientale).
Les délîlés importants étaient aussi fortiliés, te! le Vorbourg, non loindeDelémont; on protégeait de même certains sanctuaires. Le Châteiard, près de Bevaix, au bord du lac de Neuchâtel, était probablement aussi un lieu de
s pala-
-juvait
qui domii S'il existait des ateliers de fondeurs dans
Qttes. à Genève et Zurich par-exemple, il .....
aussi sur terre ferme. AËchalIens(Veud) et Saint-Tri phon on a découvert une fonderie de bronze, i Chiètres, au N.-E. du lac de Morat, un atelier pour le travail du bronte. Aux bains de Ueustrich, au pied du Nieaen, dans rOberland bernois, on a découvert des saumons de cuivre ; on a trouvé ausai des traces d'atelier à Tschugg. dans lo Seeland bernois. A cette époque. Granges avait également un atelier pour le travail des métaux. Wiilllingen et Vettheim prèsde Winterthouren possédaient également. Dans les fonderies de l'époque <lu bronie on a trouvé non seulement du cuivre, de l'êtain et du piomb à l'état brut, mais aussi des moules dans lesquels on coulait les objet* (p. 4SI, tlg. 13 â 17). Les moules étaient en grés, en mollisse, en argile ou même en bronze. En outre, les ateliers renfermaient des creusets, des objets ébauchés, des pièces manquées et des matières destinées a la fusion.
On s'est longtemps demandé comment les artisans de l'âge du bronio
àgraveraur le
d'outils en acier. Des essai* pratiques ont prouvé