‹ Dictionnaire géographique de la Suisse;Chapitre 168 sur 225 · Entrée de Zurich dont ta Confédération (l" mai · texte numérisé non relu

Entrée de Zurich dont ta Confédération (l" mai

SUI

13&1). Comme Luceme. la rilte de Zurich avait lun conseil, donl les compéiencci K'étHient développées au délriment des droits de l'abbease du Fraumûnsler et des avoués impériaux. Au XIV' siècle, les corps de métiers, uyanl pris uue grande importance, aspiraient à participer au gouvernement (In la cilé. Les seigneurs et les membres de la haute bour^jeoisie ou connélaliies, qui dâlenaient le pouvoir, s'opposaient à ces tendanceG nouvelles; ils auppriniértnt les corporations. Mal leur en prit. Un membre du conseil appartenant aune ancienne famille, Rodolphe brun. I<?quel, frappé d'une gi-o^se amende, nourrissait à l'égard de ses collègues un amer restent iraent, ne mit à ta tète drt mécontenis. En juin ^X^G, une assemblée tumultueuse se réunit dans l'éKlisc <l«s Curiieliers, déposii le (touvernement et confis à Brun la luche de le recoDsliluer sur de nouvelles bases. Le dictateur de Zurich était un homme de hautes capacités: il nejut:ea pas opportun de supprimer complètemenl le patriciat; Taisaot la part des circonstances, il coiriposB le conseil de treize membres de la noblesse et de la liaute bourgeoisie, et de treiie chefs des corporations. Tour prévenir le rétabtisse- ' ■ ' 1. Rodolphe "

SUI

Slusieurs pointa; il fut le type de ceux que les Conféérés conclurent dans la suite. Tandis que la convention avec Luceme interdisait auideui parties contractantes de conclure de leur chef des alliances, la ville de Zurii^h se réserva ce droit; dklte clause, qui se retrouveaussi dans te traité avec Berne, devait priver la Confédération delà cohi-aion nécessaire à son développement ultérieur. Le champ d'activité de l'alliance est précisé. 11 v est pi'évu de nouvelles extensions et les luttes auxquelles pouvait donner lieu la conquête des territoires occupés entre les .^Ipes, le Rhin et les sources de l'Aar. jusqu'à son emliouchure dansle Rhin. Cette délimitation avait un caractère non

les a

bour

leiller

:ulpatloi

uvais vuuloir dans l'ei justice et de mauvaise adm Ceux qui étaient le plus en vue turent

Cette révolution démocratique n'était

Eaa un bit isolé. Dra mouvements semlables eurent lieu à la même époque à Elâle et dans les cités du Rhin. Les ma-

Bistrats zuricois exilés se retirèrent à apperswil et soIliciIèr<nt l'appui du comte Jean de Habsiiourg-Laufenbourg.

Celui-ci réunit la noblesse du voisinage et la guerre éclata; une rencontre, oij périt le comte Jean de IJababouig. eut lieui Grinau. le 21 septembre 1337. Le roi Louis de ha>ière et le duc Albert II s'interposèrent. Rodolphe Brun, n'oaant alTronter une lulte avec l'Autriche, autorisa un curtain nombre d'exilés à rentrer à Zurich el iit la paix avec les héritiers du comte de Habsbourg- Rapperswit.

L'ascendant que Rodolphe Brun avait bu prendre ['■tait considérable ; sa position pouvait — '

porpéluslle des Quitro CsDlani aiec Z BDrgKblbliuthsk, Lucsros.

seulement politique, maie encor ne pouvait être modidé qu'à l'u:

(raclants. Les Con férié rén devaie

celle des Vis.

qui.

l des Médicis i

jpujés

on appedire la petite

bourgeoisie, pour s'emparer du pouvoir. Le tout-puissant bourgmestre naviRuail avec prudence au milieu des écueils. De 1340 à 1348. il conclut des alliances avec l'évéque de Gale, les cités de Constance, Saint-Gall et Schallhouse, et entretint de bons rapporta avec le duc Frédéric d'Autriche. En 1349, il oblinl de l'empereur Charles IV de Luxembourg la aanclion de la nouvelle constitution de Zurich et la confirmation de ses droits et privilèges.

Les bannis demeurés à Rapperswil nourrissaient une haine mortelle contre le nouveau régime et entretenaient des intelli|iences avec les conjurés demeurés à Zurich ; ils s'y introduisent sous des déguisements divers et ouvrent lea portes au comte de Rapperswil et à ses troupes. Le tocsin iM>nne, le comte est fait prisonnier et condamné à mort. Six jours après cette nuit de meurtre (Mordnacht), Brun poursuit ses avantages et, avec ses alliés de Schaffhouse, marche contre Rapperswil qui se rend après un siège de trois jours. L'Autriche éUiit demeurée neutre. L'année suivante, lea Zuricois s'emparrnt de la Marche. détruisent le château de Rapperswil (20 ou 25 déc. 1350); la ville est mise à sac et les habitanta obligés de fuir leurs demeures au cœur de l'hiver.

Ce fait d'armes et les cruautés qui l'accompagnèrent devaient déterminer l'Autriche à entrer en campagne. En vue de celle éventualité, Zurich conclut une alliance perpétuelle avec les Confédérés. Le nouveau pacte porte la date du l" mai 1K1. 11 dilTérait do ceux de 1315 et 1332 sur

t renouveler li

lient pas à !e de l'em-

17. Guerre des Confédérés contre l'Autriche. Entrée de Glaria et de Zouy dam In Confédéralion ifl et 27 juin 1352). Absorbé par d'autres intérêts, le duc d'Autriche n'entra en camiia^ne qu'en 1351. 11 semble que, de part et d'autre, on était peu désireux d'en venir aux mains, car les Bernois et quelques gentilshommes avant offert leur médiation, le duc Albert et les Zuricois l'acceptèrent. Un tribunal arbitral fut constitué. Il fut décidé que, pour le cas où lea arbitres ne parviendraient p! tomber d'accord, la reine Agnès de Hongrie, f pereur Albert, serait appelée à départager les voix. Un tribunal ainsi constitué devait donner raison à l'Autriche ; c'est ce qui arriva, aussi les Confédérés refusèrentils de s'incliner devant la sentence de la reine Agnès.

La guerre recommença. Ce ne furent au début que des escarmouches dans les environs de Zurich ; puis, au mois de novembre, les Suisses prirent hardiment l'olfensive et lirent la conquête de Claris. Depuis le X<" siècle, la vallée de la Linlh était la po^^session du couvent de Siickingen. L'a vouerie impériale y fut exercée successivement par les Lenibour^. leFiKibourget les Habsbourg. La basse justice et l'admmistration des domaines de l'abbesse étaient confiées à un intendant (Mever).

Jusqu'au commencement du XlV"' siècle, les Glaronnais n'avaient eu que peu de rapports avec les Waldttâtten. Lors de la Guerre de Morgarlen, ils refusèrent leur appui au duc Léopold et demeurèrent neutres. En 1323, une première e ' -'-

s'établit entre les Glar

: les Wald-

Vers 1344. la fermentation des esprits s'accentuent dans la vallée de la Linth, le duc établit un bailli au chUteau de Nàfela. Duns ces circonstances, on comprend que l;i prise de poEisession de Glaris p.ir tes Confédérés, vers la fin de l'année lïil.se fil sans peine. Lorsque les partisans del'Autriche tentèrent de reprendre la vallée delà Lintli. ils furent repoussés. La conduite énergique den Hlaronnais 222 - D. c. s. V - 34

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leur valut il'étre re^uB à leur lour dans l'alliance fédén\e, le 1 juin 1352. Celle alliance, à laquelle Lucerne ne prit aucune pari, avait, comme celle de Lucerue, le caractère d'un protectorat ; elle ae permettait pas aui Glaronnais de conclure des traités sans l'aesenliment desConrédérës, Cette situation lubordonn^e des Glaronnais devait durer jusqu'en 1394. où iU ohijnrent. quelques années après leur vicioire de Nifels I13WI, l'égalilé des droits.

La guerre entre l'Autriche et les Confédérés ae poursuivait avec des chances diverses. Ij branrhe atnée des Habsbourg possédait, depuis 1272, la ville de Zoug, ainsi que le village d'Oberwil. et des droits d'avouerie sur les communes rurales de Baar. Meniingon et ^eri. Pour assurer leurs relations avec les Coatédéréa, les Zuricois avaient besoin de la place de Zoufi. Ils occupèrent sans diflicullé ion territoire et mirent le siège devant la ville, qui se rendit le 33 Juin i'JSî. Quatre jours plus lard, le ït juin 1352. le Conseil et les bourgeois de Zoug signaient un Irailê d'alliance perpétuelle avec Zurich, Lucerne et les Waldstàlti-n ; ils r^rvérent le droit de justice de l'Autriche. Les conditions qui lui Turent Ta i les étaient supérieures à celles accordées à (îlaris. ce qui s'explique

attaque

8 juin 1^2, le duc Albert revint devant Zurich avec une armée considérable. Mais, tandis que les Zuricois avaient reçu des secours des Confédérés et repoussaient les attaques de l'armée ducale, la discorde régnant au camp autrichien Tor^a leducÂeniamcr des pourparlers. Les négociations furent confiées au margrave de Brandebourg, d'nù le nom de paix de Brandebourg, (1" septembre 1353|. qui marque une étape importante dana l'htstoirf de la Confédération. Les Zuricois furent tenus de restituerles biens-fonds dont ils s'étaient emparée pendant la guerre; le duc prit le m^me engagement. Mais les prétentions des Habobourg au landgraviat dei Waldstâtlen, mentionnées dans l'arbitrage de la reine Agnès, furent passées sous silence et la ligue des cinq cantons, y compris l'alliance de Lucerne. fut reconnue.

. .. ipire. firent de Berne le centre

le plus important des pays burgondes.

Un avoyer assisté d un Conseil gouvernait la ville. L'n atelier monétaire s'y établit. L'empereur Frédéric 11, favorable aux Bernois, avait confié a Itur ville l'avouerie des couvents de Regensberg et d'Interlaken. Lors des revers des Hohenstaufen. les comtes de Kibourg s'emparèrent de Laupen et menacèrent Berne. Pour échapper à ce danger, les Bernois se placèrent temporairement, ainsi qu'on l'a vu plot haut, sous la protection de Pierre de

L'avènement de Rodolphe de Habsbourg au trône impérial, salué d'abord avec satisfaction par les Bernois, faillit leur être fatal ; ce souverain avide les contraignit à lui payer une taxe impériale ; ils conservèrent leurs franchises, mais payèrent un tribot.

Vers la Un du XIII" siècle, les corps de métiers réclamèrent une participation aux alfaires publiques ; les nobles et les bourgeois surent en temps utile leur faire di's concessions qui les préservèrent d'une révolution pareille à celle de Zurich. La charge d'avoyer et le Conseil des Seize, composé de quatre délé^éa de chaque quartier, dont les attributions se bornaient à élire le conseil des ce, furent maintenus. L'accès au ■ Deux-Cents « et au Conseil des • Seize • fut ouvert aui artisans, mais le régime des corporations ne réussit pas à s'implanter sur les bords de l'Aar. Berne échappa ainsi aux sions que la prépondérance des cotps de métiers A Zurich, à SchaHhouae et à Bàle ; elle conserva une plus grande unité et tut rendue plus apte à jouer un rôle dans la grande politique. Apres avoir dépendu, au point de vue religieux, de la commanderie (leutooiquel de Ktinii. Berne se constitua, en 1376. en paroisse indépendante.

A l'avènement d'Adolphe de Nassau, Berne, ainsi que Soleure et les Kjbourg, se déclarèrent en sa faveur ; tandis que Fribourg. les comtes de Savoie, de Neuchâlel. de Gruyère et le baron de Weissembourg prirent parti pour l'Autriche. U en résulta une guerre dont les Bernois lueurs (combat de Dombûht. 2 mars ^^iX'. Sous le rèime d'Albert d'Autriche, d'Henri de Luxembourg, de Louis de Bavière et de Frédéric -le- Beau.

les Bernois maintiennent leur indépendance. La lutte fratricidedes comtes Hartmann et Kberhard de Ki bourg leur fournit l'occasion d'arrondir leurs possessions ; ils achètent la ville de Thoune au comte Hartmann :

le comte Eberhard ptsee dans le camp autrichien. Les Bernois d<^ mollissent plusieurs chfiteaui et détruisent la forteresse de Gûmmenen.

Cette guerre se termine par une

paii

1 lï

1, 2] Juin 1339.

MuKs DiUaDat ds

18. BalaiUe de Launim. Entràe rie Berne dans la Confftlèralitm (6 mars liât). Fondée en 1191. h cité de Berne s'était rapidement développée en attirant dans srs murs des chevaliers, des bourgeois et des artisans qu'un péril commun rapprochait. La position exceptionnelle de cette ville, ses marchés et ses foires, le fait qu'elle avait été

de la reine Agnès. L'année suivnnte. les gens du Uaaii, ayant .i souffrir des Weissïmbourg, se révoltent et appellent à leur secours les Etemois qui saisisienl avec em-

E ressèment celte occasion pour faire I conquête de l'Oberland.

L'élan extraordinaire pris par la ville de Berne avait excite la jalousie des voisins, qui redoutaient le sort des Weissembourg. Une puissante cualilion se forma : le baron de Vaud. le comte de Gruyère, suivis de la noblesse romande, la ville dp Fribourg, les évoques de Lausanne el de Bàle, les comte* de Kibour^.

de Nidau. d'Aarbei^, les Strasahen:.

irich.)' l'Autriche el jusqu'à l'empereur

' Louis de Bavière se liguèrent contre

Berne, qui nemblait perdue.

Privés de l'appai de la Savoie, les Bernois ne pouvaient compter que sur leurs amis de Soleure. des Waldstâtlen el du Hasli. L'avoyer en charge, Jean de Bubenberg. iugea utile de temporiser. Une conférence eut lieu à Neuenegg; elle n'aboutit qu'à exciter l'ardeur belliqueuse

des coalisés. Au printemps 1339, ili ouvrent le» boatilitéa i sous la conduite de Gérard de Valangin. Une armée de | SOOOO hommes met le siège devant Laupen, dont la garnison, forte de 600 hommes, commandée par Jean de Bubenberg, fils de 1 avoyer. tient tète à l'ennemi. U il juin 13»!. lea Bernois sortent de la ville au nombre de 5000 hommes sous le commandement de Rodolphe d'Erlach ; ils sont renforcés par 90U auxiliaire* des Waldslàtlen, 300 du Hasli, 300 du

A'olliahol^,

s'eDgaKe prés du village d'Oberwil et se termine par la déraile de» coalisés. Dès lors, la guerre dégénéra en combats de partinnsjusqu'au momentoii, grice à la médiation de la reine Agnès, I* paii Tut conclue, le 7 uoùi 1340, à Rheinfelden. Cette paix eut pour consëquence une alliance de dix ans avec l'Aulriche ; elle rapprocha Fribourg H Iteme, lesquels, quelques années plus Urd (1310), unirent leur* bannières contre le comte de Gruyère. Devenue l'alliée de l'Autriche, Berne te vit à contre cœur obligée de marcher contre Zurich, lorsque la guerre éclata entre cette ville et le duc Albert. Une fois la paix dit« do Brandebourg si- Kntrée de Betno dam

Kée (il eo ■ été question plua ut). Berne oITrit nui Waldstitten de conclure avec eux une alliaace perpétuelle, Lea deux partis tombèrent d'accord. C'est ainsi que Berne entra huitième dans la Confé Je ration, le D mars 1353. Ce pacte, calqué sur celui de Zurich, éUit conclu rntre Berne et les Waldstàlten, mais non avec Lncerne et Zurich. Cet enchevêtrement d'alliances de nature diverse devait subsister longlemps encore. Ce ne fut que trente ans plus tard, après la guerre de Sempach, qui contraignit les Confédérés à faire face à l'ennemi commun, qu'ils sortirent de l'étal poliiique mal (lélini où ils se trouvaient et que la ligue des VllI cantons fui réellement constituée.

19. Suite det guerre» contre l'Autriche, paix de Rati»bonne, pa\x de Thorberg. Charte det prëlrei, invaiwn il'Enguerrand de Covc\j. La paix conclue entre lea Confédérés et l'Autriche fut éphémère. Au printemps 1353, le duc Albert fit des préparatifs en vue d'une nouvelle campagne contre Zurich et conclut une alliance avec l'empereur Charles IV de Luxembourg. L'année suivante, les Confédérés, avant refusé la médiation de l'empereur. celui-ci marcha contre Zurich avec une nombreuse armée, nuis ses troupes manquaient d'homogénéité ; une série d'escarmouches sans résultais décisifs s'en suivit. De guerre lasse. l'Autriche et les Confédérés conclurent )a paix, â Ratisbonne. le 23 juillet 13^. Les clauses de celte

Caix n'étaient (jue la répétition de celle dite de Grande- Qui^. Une alliance entre Zurich et l'Autriche (30 avril 1356) en fut la conséquence. Trois ans après, en 1358, le duc Albert II mourut : son 111s aîné, Rodolphe IV, se brouilla avec l'empereur et ce dernier reconnut la Confédération des six cantons (Glaris et Zoug demeuraient en dehors). La guerre menaçait d'éclater en 1368, lorsque fut conclue une longue trêve, connue sous le nom de paix de Thorberg, parce que le bailli de Thurgovie et d'Argovie. Pierre de Ihorberg. en fut le négociateur.

En ces temps troublés, les mœurs des ecclésiastiques laissaient beaucoup à désirer. Des jeunes gens, amis du plaisir, se faisaient at:ribuerdet sinécures, se rendaient coupables, tous l'habit religieux, d'actes délictueux et prétendaient se touslraire, en vertu des immunités ecclésiaitiques. à la vindicte publique. Tel fut le cas de Bruno Brun, prévât du chapitre du dôme de Zurich, l'un dei

a CantùdénliDD, 6 Mira (3^. BDigerbibllolfaak, Luccrne.

l'svoj'er de Lncerne. Pierre de Gundoldingen. Le retentissement auquel donna lieu ce scandale, que le Conseil de Zurich avait hésité à réprouver, amena les Confédérés à Hier par un concordai les limites des juridictions civile et ecclésiastique. Par cet acte mémorable, connu sous le nom de • Charte des prêtres., les Confédérés ar" '--'

ta et

'JltZ.

i les

du

clergé dans les altaires temporelles

Tandis que les l'onfédérés guerroyaient avec l'Autriche, la nation trançaite, en voie de formation, était absorbée par sa lutte contre les Anglais. Durant une accalmie de ce long drame, Enguerrand de Coucy envahit la Suisae avec une troupe d'aventuriers gallois. Il avait droit, du chef de sa mère, Catherine d'Autriche, fille unique de Léopold, le vaincu de Morgarten, à un douaire que se* cousins se refusaient à lui liirer, A l'approche de ces redoutables pillards, l'Autriche sollicita le secours des Confédérés. Les Unlerwaldiens. les LucernoiB et les Bernois délirent les compagnons du sire de Coucy à Butiisholi, à Anet et à Fraubrunnen (1375), et les obligèrent à repasser le Jura, Dans celte circonstance, l'altitude de l'Autriche et de ses alliés, les comtes de kiboutg, avait été pileuse. Profitant du prestige que leur donnait leur victoire, las Bernois obligèrent les comtes de Kibourg, qui étaient endeltéa. à leurvendre tes villes de Thoune et de Berthoud.

. domaines de»

Kibourg, Berne avait creusé encore le fossé qui séparait les Confédérés de l'Autriche. A la mon de Rodolphe IV, ses deux frères se parlagèrenl sa auccesaion. Tandis que l'Autriche proprement dite échut a Albert 111, dont la postérité devait s'éteindre, en 1457, avec Ladislas-le- Posthume, les seigneuries que les llabbbourg possédaient en Suisse, ainsi que la Carinthie. la Styrie. le Tirol, l'Alsace, !e Ilriagau et le Sundgau furent l'apanage de Léopold III (le vaincu de Sempadi), l'ancêtre de Charles- Quint, Ce jeune et belliqueux prince fut nommé, par

I de Sauabe conclurent, le 13 février 13ffî, à Constance, une ligue avec les cilés de Berne. Zurich. Lucerne, Soleure et Zoug, qui étaient séparées les unes des autres

FtOrgaibi

Bk, Luc

qui condait de Luceme en Argcvie. un p4age qui gênait le commPMy; des Lucemois. Les tiahilanls de l'EnUebuch, opprimés par Pierre de Thorbere, auquel le duc Léoputd avait hypothéqué cette vallée, ae soulevèrent avec l'appui de leurs voisina de l'Ubwsld. Cette inturreclion avant été rruellenient réprimée, les habitants de j'ïlatlebuch invoquèrent l'appui de Lucerne qui s'empressa de les admettre aane sa co m bourgeoisie. Irrité» des veiatious que leur ialligeait la garnison de Rotheoburg. lesLucemois rompirent la Irèie avec l'Autriche ; ils s'emparèrent à l'improvistedece château (^décembre 1385;, qu'ils détruisirent, et donnèrent â Sempach le droit de combourgeoiaie 11386). Pour venger cet a(front. le duc Léapold réunit une armée de 5 à 6000 hommes ; il avait réussi à se réconcilier avec les villeade la Souabeet à isoler lesCon fédérés. LeSjuillet, il fitran entrée à Sursee. Le terrain accidenté ■ur lequel s'engagea l'action, le 9 juillet 1386, enlevait a la cavalerie ses avantages ; les chevaliers autrichiens mirent Eied à terre; ils étaient placés sur un 'Ontlarge. mais peu proronil, LesConrédérés n'avaient que 1400 hommes à leur e profonde

( f.iisiint a

SUI

duc : les Suisses ne parvenaient paa à rompre la ligne autrichicDDe ; l'avouer Pierre de Gundoidingen. qui portait la bannière de Lucerne. fut tué. Les Confédérés changèrent alors de tactique et prirent une formation en ordre oui-e>t. L'entrée en ligne du contingent desWsld. slàtten décida de ]j victoire ; une lutte corps à corps «'engagea ; le duc Léopold, ainsi que cent et quelques gentilhommea d'Argovie, de Souabe et du Tirol ainsi que plusde 500 hommesd'armes tombèrent soua leurs coups

Le grand succès de Sempach a été longtemps atlribué à un guerrier dont l'inîtialive héroïque Hurait, à un moment donné, changé le sort de la bataille. Suivant une tradition à laquelle le peuple suisse est demeuré irta attaché, un brave, du nom de Winkelried. saisissant dans ses bras un grand nombre de lances, aurait fraté un chemin par lequel ses compagnons auraient enauite pénétré dana les lignes autrichienne*. Le poème de Sempach, qui remonte, croil-on, au milieu du XV* stècle. propagea cette légende. Les plus anciennes chroniques ne mentionnent cependant pas le nom de Winkelned. Celle de Zurich (découverte il v a quarante- cinq ans par le proresBPur G. de Wyss). remontant à lannée 1*76, parte d'un loyal confédétîé qui vient en aide aui siens en saisissant entre ses bras autant de laoces qu'il en peut atteindre; puis, loin d'être victime de son dévouement, ce héros anonyme constate avec un accent de triomphe que les Autrichiens s'enfuient. Ce n'est qu'en 1531 que le nom de Winkelried. sauf erreur, spparatt pour la première fois, et ce sont les récits de Tschudi (156t) et de Bullinger (1572) qui ont donné sa forme actuelle à la tradition relative au héros d'Unlerwald

Les Bernois ne porticipèrenl pas à la campagne de Sempach,

La défaite des Autrichiens eut pour effet d'annuler les concessions que les Confédérés avaient fkites lors de la paix de Brandebourg, de celle de Ratisbonne et de celle de Thorber^. Les Confédérés admirent définitivement dans leur alliance Zotig et Glaria ; ce dernier saisit celte occasion pour proclamer son indépendance.

L'Autriche avait conservé de» intelligences dans la place de Weesen ; le 22 février 1388. des conjurés lui en ouvrent les portes Le 9 avril 1388. un corps autrichien de 5 à 6<)00 hommes, sous le commandement du comte Donat de Toggenboui^ et de Pierre de Thorberg. venant

un coin pour pénétrer dans les rangs ennemis; en tête de la phalange marchaient les Lucernois. Avant de s'élancer contre l'armée, ils implorent è genoiii la protection di la Vierge. La première n ' "

Dpiqug de Slumpr, d'après i

Poftnil d'i)

■ Chro]

c le premier.

s Autrichiens

sont arrêtéB par un retraochement qui barre le dëfllé. I. 'avant' garde Blaronnaiae. sous le commandement de Matthias von Bi'ihl. attend là l'ennemi : aussitôt qu'elle le voit l'avancer, elle donne l'alarme; le tocsin aonne. Devant un ennemi supérieur en nombre, Matthias van Bûhl se replie, mais c'eat pour reformer »es troupes et recommencer le combat. Les Glaronnais font pleuvoir des hauteurs une grêle de pierres qui effrayent les chevaux et jettent la confusian dan« les rangs de l'infenterie. Profl' tant du désarroi, ils fondent des hauteurs sur l'armée ducale et nn long combat con>s à cor^ s'engage ; le gros de l'armée autrichienne eal refoula sur Weesen, son aile gauche, prise de panique, fuit d'un autre càlé. Chaque ann^e, depuis plus de cinq cents ans. les Glaronnais célèbrent cette mémorable victoire le pre-

De guerre lasse, l'Autriche conclut, le l" avril 1380, avec les Bernois et les Confédérés, un armistice de sept

X Soisi

dua aui femmes. Le souflle religteui et humanitaire, trait caractéristique de ce docuinenl, atteste l'eS' Krit Bénéreui qui animait les héros de Sempach et de àfers. Paysans aux mœurs rudes, ils savaient que le brutalité n est pas un signe de force. Hn protéf:eanl les

Eersonnes et les choses, en défendant aui soldats d'aandonner les rangs pour piller, en obligeant chacun à livrer ce qu'il a trouvé pour parlaser rn suite le butin entre tous ceux qui ont pris part à l'aclion, en interdisant d'outrager ou de blesser femmes ou niles et de dévaster ou incendier couvent, église ou chapelle, les Suisses s'efforçaient d'imposer des limites aux excès qu'entraîne l'état de guerre.

3t,i^latde la cimlUatiui) verila fin du XIV' tiède. Le XtV> siècle a été pour les Suisses un temps de jeunesse et d'héroisme. Moius brillant que le X'V", il est relativement plus moral ; quand on relit le texte de l'alliance de 1391 et le Convenant de Sempach, qui marquent, l'un le dé-

du Bouflle élevé, des seutiments de piété qui ont inspiré ces deux documents. A l'aurore de leur indépendance, les Suisses se montrent modérés dans la victoire.

Les principales communes du territoire qui constitue aujourd'hui la Confédération suisse, ont toutes conquis successivement des chartes. Considérées au point de vue de l'origine de leurs franchises, les cités suisses peuvent être rangées en trois caléeories ; un premier groupe comprend les villes impériales, Soleure (charle de 1280), Saint-Gali (1281J, Zurich, Schallhuuae et les communautés d'Uri et de Schwyi.

Dana un second groupe viennent se ranger les c'''-

ques prtvil

tes lois, battre la justice ; Sion (sUtut de 1217), Bâte (franchi Genève (franchises reconnues en 1383).

Le troisième groupe, le plus nombreux, de villes, boui^ et communes rurales, r. des franchises de leurs seigneui

Villeneuve (IlSi), Berthoud, Fribourg, (1178i, Uorat,

eat composé lies, qui obtiennent Mentionnons entre

quêtes. Cette paix temporal nouvelée, en 1304, pour vingt ans ; en 1413, pour cinquante ans ; en 1474, elle fut transformée en psti perpétuelle.

Par les victoires de Sempach et de Is'âfels, la Confédération des huit cantons était déDnilivement constituée et l'émancipation de ceux-ci devenait un fait acquis. Polillquemenl, les cantons continuèrent à faire partie de l'empire, dont ils devaient se détacher en fait un siècle plus tard, lors de la paii de Bâie 11489), et en droit, deux siècles et demi plus tard, lora de la paix de Westphalie (1648).

Pour consolider leur alliance et assurer leur avenir, les huit cantons com- Slétèrenl, par le Convenant de Sempach, u 1" juillet 13S3, les mesures prises vingt-lroi» ans auparavant (Charte des B.^m, de Naf.l., prêtres^ ; ils dotèrent ainsi leur Confédération d'un embryon de constitution {MiJtique et militaire. Ce pacte a souvent été appelé ■ Frauenbrief •, â cause de certaines dispositions touchant les égards

Berne (1191). Aubonoe, Vevey, Moudon (1236). Thoune (1264), Aarau, Sempach, Bremgarlen, Nidan. Cerlier, Aarberg, Payeme (1383), Grandson (1393), Romont, Yverdon

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(1328). Grâce à ces chartes, qui rëfflaient â la fois les Questions de droit civil et de droit public, la vie communale se développait et une aspiration vers Tindépendance se faisait jour partout. La vie économique est en progrès dans les villes, comme dans les campagnes ; les corps de métiers prennent de plus en plus d'importance. Des fabriques de toile et de arap, ainsi aue des tanneries, s^établissent à Bâle, Zurich, Berne, Saint-GalJ, Lucerne, Fribourg, etc., des filatures de soie à Zurich ; l'orfèvrerie fait son apparition à Genève, en la personne des frères Jocerin et Perret. Dans les constructions, la pierre remplace le bois. Le trafic à travers les Alpes se développe ; la route d'Italie par le Simplon commence à être employée ; ce passage est mentionné pour la première fois dans un acte de 1235. Les négociants allemands, venant de Nuremberg ou de Francfort, passaient par Bâle, Soleure, Neuch^tel, pour se diriger par Yverdon, Orbe, sur Morges, où les marchandises sortant d'Italie leur parvenaient de Villeneuve par la voie du lac.

La possibilité d'échanger les produits du sol, d'en tirer un parti utile, permit a 1 épargne de se constituer. La rémunération des services, qui jadis avait lieu en nature, se fit en argent. L'argent se prête et commence à jouer un rôle important ; la richesse mobilière fit son apparition ; le capital, le crédit et la banque deviennent de puissants agents de civilisation. Le commerce argent ne jouissait pas alors de la considération qu'il a acquise depuis. Entouré de restrictions par l'Église, il s'était concentré entre les mains des Juifs. Un certain nombre d'Israélites, établis comme usuriers — c'était le nom qu'on donnait alors aux banquiers — s'étaient fixés dans les principales villes de la Suisse. Chassés de France, mais protégés par les comtes de Savoie, ils arrivent dîans la seconde moitié du XII* siècle à Genève, à Berne en 1230, â Bâle et à Zurich vers le milieu ou la fin du XIII* siècle ; ils pratiquent le change d'une place à l'autre ; c'est à eux que l'on doit l'invention si utile de la lettre de change. Au XIV* siècle, on voit aussi le commerce de la banque pratiqué par des Cahorsiens et des Lombards, plus tard par des Florentins et des Génois.

Par une répercussion naturelle, la prospérité des classes bourgeoises améliore la situation de l'artisan, dont elle assure le salaire. L'évolution qu'avait opérée, au XIII* siècle, l'introduction des délégués des corps de métiers dans les conseils de la ville de Bâle, s'accomplit au XIV* siècle, à Zurich, au XV* à Schaflhouse, qui reçut en 1411 une constitution analogue à celle de Zurich. Les corporations étaient au nombre de 15 dans la première de ces villes, de 13 dans la seconde, de 7 dans la troisième; elles étaient présidées par des Zunftmeisters. Les mêmes institutions se retrouvent à Saint-Gall. A Genève et à Lausanne, villes épiscopales, les corps de métiers se constituent en confréries, placées chacune sous le patronage d'un saint et ayant chacune à sa tête un prieur.

Il est à remarquer que Bâle, Zur.ch, Saint-Gall et SchafThouse ont eu à leur tête, jusqu'au commencement du XIX" siècle, des magistrats portant, comme en Allemagne, le titre de bourgmestre, tandis qu'à Lucerne, Berne, Soleure et Fribourg le chef du pouvoir exécutif prenait le titre d'avoyer ; dans les cantons d'Uri, de Schwyz, d'Unterwald, de Zoug, de Glaris et d'Appenzell celui *de landamman. Ces appellations sont caractéristiaues et correspondent à des formes de gouvernement et a des tendances (iiflérentes. Les cantons primitifs, ainsi que Zoug, Glaris et Appenzell, se sont constitués par la réunion de quelques communes rurales, ayant chacune à sa tête un amman, d'où le titre de landamman, c'est-à-dire chef de l'association des communes; dans ces États de démocratie pure, le pouvoir législatif était exercé, et il l'est encore, sauf à Schwyz et à Zoug, par des landsgemeindes auxquelles tous les citoyens actifs sont tenus de prendre part. Berne, Lucerne, qui avaient été jadis régis par (les avoués ou avoyers, , représentants de l'empereur ou de l'abbé de Muroach, conservèrent ce titre aux présidents de leurs conseils. 11 en fut de même à Fribourg et à Soleure, où se maintinrent les traditions aristocratiques. A Bâle, Zurich et Schallhouse, où la démocratie représentative prévalut, le pouvoir suprême était exercé

Ear les représentants des corporations composées de ourgeois de toute condition, d'où la dénomination de bourgmestre dévolue au chef de l'État. Cette diversité dans la forme du gouvernement eut une grande influence sur la politique que devaient adopter ces troi» groupes de cantons ; elle correspond à une diversité dans les mœurs. Dans le premier groupe (trois cantons), la population était plus spécialement vouée au commerce et à l'industrie, dans le second (4 cantons i, à l'agriculture, dans le troisième (6 cantons), à 1 élève du bétail; l'industrie ne s'y est développée que tardivement. Le terme de syndic, en usage autrefois à Genève, et qui sert encore dans les cantons de Vaud. de Fribourg et du Tessin à désigner le président de commune, paraît être d'origine italienne. Lausanne a\ait autrefois à sa tête deux gouverneurs ou prieurs, qui furent remplacés en 1529 par un bourgmestre, et en 1803 par un syndic.

Au XIV* siècle, les diverses classes de la population avaient dans les villes des habitudes très différentes ; elles fréquentaient des tavernes spéciales et habitaient des quartiers distincts. La rue des Prêtres (Herrengasse), la Junkerngasse et la Wabemstrasse à lieme, la Schmidgasse à Bâle, la Mercerie à Lausanne, la Pélisserie et la Rôtisserie à Genève, les quartiers des Juifs dans diverses villes, rappellent ces temps-là.

Avec les mœurs, l'habillement se transforme ; le luxe s'introduit et provo€|ue par réaction des ordonnances somptuaires. C est ainsi qu'à Zurich, en 1371, la police interdit aux femmes n'appartenant pas à la noblesse de porter des festons de soie, de l'or, de l'areent, des perles ou des pierres précieuses ; le même règlement prescrit aux hommes la longueur des capuchons et des pointes de soulier qu'ils étaient autorisés à porter, la couleur du costume, la longueur de la tunique et inflige des amendes aux contrevenants. En 1374 des édits limilent à Zurich le nombre de personnes qai pouvaient être invitées aux repas de noces, ainsi que le nombre de^ musiciens qu'on y pouvait avoir (2 violons et 2 fifres), et à Berne (137Ô), le nombre de personnes qui peuvent être conviées aux repas de funérailles (15 couverts). Tandis que la noblesse féodale se ruinait, la bourgeoisie s'enrichissait. EUe achetait des seigneuries ; une nouvelle noblesse se constituait. La

Îeste fit des ravages considérables durant les années 348 à 1351. Pendant ce temps, la vie chrétienne était bien loin de s'éteindre ; mais il régnait de graves abus, notamment dans le clergé. £n France et en Allemagne surtout, les plus hautes disnités ecclésiastiques étaient devenues l'apanage de la noblesse, c'était un refuge pour les cadets des grandes familles, diriffé» fréquemment vers les ordres sans qu'ils en eussent le désir ni la vocation. Les conséquences de pareilles coutumes ne manquèrent pas de se produire. De toute part, il s'éleva un sourd murmure attestant le mécontentement de la conscience publique et demandant une réforme générale. Beauc np de particuliers travaillèrent à cette réforme avec plus de Donne volonté que de succès. L'Église romaine les secondait de tout son pouvoir. Mais les tempsétaient mauvais. Le séjour des papes à Avignon (1307-1377) puis le prand schisme d'Occident mirent le trouble dans la chrétienté, et empêchèrent ce renouvellement si nécessaire qui, venu de la tête même de l'Église, aurait peut-être réussi à supprimer les abus sans secousse et sans révolution.

Le XIV* siècle est l'âfe d'or du mysticisme. Sa terre de prédilection est l'Allemagne. On voit alors un grand nombre de pieux personnages, qui, sans se soustraire à l'autorité de l'Église, accentuent cependant la nécessité des rapports individuels de 1 ame avec Dieu, et travaillent non seulement à leur sanctification personnelle, mais aussi à la régénération de leurs semblables. On connaît surtout Thomas A-Kempis, l'auteur de V Imitation de JéstiS Christ (1471), et le

Elus aimable, leplus attrayant des mystiques allemands, [enri Suzo (12^5-1366) religieux dominicain à Constance.

Sous ces influences ascétiques, on voit beaucoup d'individus abandonner leurs familles, et s'établir comme ermites dans des lieux retirés ; on les appelait c amis de Dieu » (Gottesfreunde) ; tel était, au temps de la diète de

Staoa, le pieux Nicolas de Hùe. Cet mysliauet D'avaieat ■ ien d'agresBif i il eo était autremeot des frères du • libre asprit • (]ui se posaient eu adversaires Ue la liiérarchie et repoussaient la doctrine de l'intercessioD des saints. Des inEBurea de rigueur furent prises contre eui, noIammeDt à Serne et à Fribour^. En 13S0 le TranciscaiD fiorelli reçut du pap« la mission de les rechercher. EJd grand nombre de ces héréliqueB Furent condamnas au dernier

ku point de vue littéraire, le X1V> siècle est un ige de Iransiticn. Les teiires avaient été précédemment le domaine eiclusif des moines, puis des chevallurs ; avec la prospérité des villes, un nouveau genre de littérature, empreint de l'esprit bourgeois, apparaît: des chroniques et des chansons populaires, (écrites soll en latin suit en ilialecie allemand suisse, célèbrent les faits de guerrf. Le

Çlua connu des chroniqueurs de ce temps fut Jean de Vinterthour, qui naquit vers 1300, moine franciscain ou minorité ; il apparlenait au parti autrichien. On lui doit le récit de la bataille de Morgarten. Le chevalier luricois Eberhard Mûlner a laissé un récit de la nWolution Je Rodolphe Brun. Les chansons de ce temps ont ordi' liai rament pour auteurs des guerriers qui se plaisent à commémorer leurs exploits; compo'ées au lendemain d'une victoire, elles sont parfois complétées dans la suite par l'adioQction de nouveaux couplets. Le plus ancien de lea banfeB est le Lucernois Halbsuter. A la même époque, le genre hurooristii|ue a pour repréaenUnt Conrad von Animenhausen. (]ui décrit en vers rythmés le jeu d'échecs dans une allégorie où il raille le luxe de la noblesse, l'arrogance des Millis, les empièlementa des artisans et l'oppression des prêtres. Un dominicain bernois. Ulric, qui signe Chevalier de Dieu, chante la liberté. Un lui doit un lecuell de cent fables, intitulé : Pierre* prècieuset. Un Jean de Habsbourg compose, dans la prison du Wellenberg, à Zurich, une poésie où il chante la blanche fleu-

A l'autre extrémité de la Suisse, Othon de Grandson, dont noua avons déjà parlé plus haut, compose des lais, des virelais, des ballades et des chansons d'amour.

Les armes avaient cependant plus d'attraits pour les anciens Suisses que les lettres, et c'est dans l'art de la guerre qu'ils se distinguent surtout. Forcés, faute d'un nombre suffisant de chevaux, de combattre à pied, Ils n'eu tiennent pas moins télé aux charges de cavalerie et remettent en lionneur l'infanterie. Renouvelant d'instinct le procédé

lies Grecs, ils Xi

it des n

s profondes hârisf

bileté leur terrain de combat et, grâce à un service de sûreté fait avec soin, s'assurent la victoire. Les premières campagnes des Suisses correspondent avec l'invention de la poudre, mais cette invention ne fait que lentement son chemin. Les plus anciens canons que l'on ait possédés en ijuisBe sont ceux que la ville de Baie acheta en 1371 ; ce n'est qu'en 1383. au siège de Berlboud, que les Bernois auraient pour la première fois fait usage de bouches à feu

32. Enumctpation de la ville de Saint-Gall et du pays d' Appfnsell. Conibatl du Speicher et du StoM. Grâce à l'activité de ses habitants, le commerce et l'industrie t.e développent à t-aint-Gall -, la ville se dégageait insensiblement des liens qui l'attachaient au prince-abbé. L'empereur Rodolphe consacra son indépendance en lui accordant, en 1381, le titre de ville Impériale: elle eut en conséqneBce ton Conseil, et, a partir de 1341, sou bourgmeatre. En 1377, les villes des bords du lac de Constance ayant formé une ligue pour résister à l'oppression de la noblesse, les Saint-Gallois s'en tirent

Leora voisina, les Appenzellois. suivent leur exemple. Sans souci des droits de l'abbé, ils se considèrent comme libres, se donnent une landsgemeinde et nomment un Conseil composé de treii:e membres (1377), Ces faits se passaient au temps où George de Wildenslein était abbé. Son successeur. Conon de StolTeln, voulut réagir contre l'esprit d'indépKulance de ses sujets. Les duretés de ses officiers, les désordres de sa cour et ses relations secrètes avec [Autriche, suivant les succès retentissant! des Confédérés à Sempach et à Hi-

les bourgeoii des ligues su is- I. Les Confé-

déré

l'Au-

triche décli-

lure ; Schwyz

seul conclut un traité de comhourgeoisie iivec Appen lell. En apprenant celte alliance, l'abbé.

qui avait obtenu lappui des villes de Souabe et de l'Autriche, rende cinq mille

de Speicher.

Commeelleap' prochaïtdu but el graviasaitun

bordé de fo- 1 Uonumeiil du VaeeliHgD.

rets, les mon- (Bataille du Stoas, 17 Juin IWS).

tagnsrds, placés en embuscade, font rouler sur elle des blocs de pierres et jettent l'elTrai dans les rangs des Autrichiens,

Une guerre d'escarmouclies s'ensuivit. Les Confédérés intervinrent. Ils obtinrent de Schvvïz qu'il renonçât à son sUi ance avec Appeniell, et des villes de Sousbe qu'elles se réconcihassent avec eux. L'abbé, comptant sur l'appui de l'Autriche, se refusait à tout arrangement. La lutte recommença avec ardeur. Un gentilhomme du voisinage, le comte de Werdenberg. que l'Autriche avait dépouiUé de son patrirfioine. vint en aide aux Appeozellois. Une armée autrichienne entra de nouveau en ligne. Un de ses corps, que lé duc Frédéric commandait en personne, ravageait la campagne saint galloise, tandis que l'autre, parlant d' A Ils tatten le 17 juin 14(6, prit le Sluss pour objeclif. Une pluie ationdante avait rendu le terrain pissant. Les Appenzellois attendaient Irurs «dver^aires derrière un rempart construit à la limite de leur territoire. Us laissent une partie des Autrichiens franchir le retranchement, puis, soudain, font rouler des troncs d'arbres et des biocB de pierre sur la colonne ennemie, et se précipitent sur elle en poussant des cris farouches; après quelques heures de combat, les Autrichiens se voient contraints à la retraite. La laillance des Appenxellois leur valut l'estime de leura voisins. A la diète de Zoug. le 34 novembre 1411, sept cantons (seul, Berne Ht exception) conclurent un Iraité de co m bourgeoisie avec Appenzell ; lorsque, l'année suivante, les Confédérés signèrent une paix de cinquante ans avec l'Autriche, les Appenzellois furent compris dans cette alliance et furent dès lors considérés comme libres.

En 1412 la ville de Salni-Gall fut admise au rang des alliés des sept cantons. Cette alliance temporaire Ail transformée en 1455 en traité d'amitié perpétuelle.

33. uni ancipa lion du Valait. Combat d'Vliichen. Les évéques de Sion avaient reyu du dernier roi de Bourgogne l'inveslilure du comté du Valais. Les coinles de Savoie leur disputaient le territoire et ils étaient parvenus à s'emparer du Bas- Valais jusqu'au torrent de la Morge. Des communes s'établiient soit dans le Valais épiscopal, soit dans le Valais savoyard; au Xlll* siècle leur existence est constatée ; elles tenaient, sous la présidence des seigneurs ou de leurs officiers, des plaids pour la gestion des alTaires locales. En 1330, la ville de Sion reçut des lettres de franchîtes de l'empereur Louis de Bavière; dès celte époque, les communes prennent part avec l'évé-

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SUl

?|ue à radministration du pays. Leurs députés « nuntii a orment le Conseil général de la terre du Valais. L*ahbé Uremaud nous apprend que cette diète est mentionnée pour la première fois à la date de 1330. Plusieurs communes se groupaient pour envoyer des députés. Ces groupements prirent dans la suite le nom de « dizains » ou n dixains » (1417).

Aux XIII« et X1V« siècles la noblesse féodale joue un rôle important en Valais. Parmi les familles les plus influentes, mentionnons les La Tour, les Rarogne, les Saillon, les Asperling, les Tavelli, les ( hâtillon, les Chailant, etc. Ces gentilshommes relevaient soit des évoques, soit des comtes de Savoie, parfois des uns et des autres. Ils étaient sans cesse en lutte avec leur suzerain. Pour se prémunir contre leurs attaques et contenir leurs incursions, les évéques fortifièrent la colline de Tourbillon qui domine Sion. Ils conclurent alliance avec les cités de Berne et de Soleure, et élevèrent, en divers points du pays, des tours de défense. Les nobles, à leur tête les sires de La Tour, décidèrent de s'emparer de Tourbillon. Ils recrutèrent dans le Hasli, le Simmenthal et le Frutigthal une armée qui descendit lu Gemmi. Une rencontre eut lieu près du bourg de Loèche. Les monta-

fnards furent refoulés par les Valaisans, partisans de évêque (1318).

La noblesse n'avait pas désarmé et lorsque l'évèque Guichard de Tavelli monta sur le siège épiscopal en 1342, un différend ayant éclaté avec la ville, le chapitre de Sion et la noblesse cherchèrent un appui auprès du comte de Savoie. Amédée VI saisit cette occasion pour sMmmiscer dans les affaires du Valais et occuper militairement Sion; cette ville lui prêta serment de fidélité (1352). Voyant leur existence menacée, les communes du Haut-Valais invoquèrent la protection de l'empereur Charles IV de Luxembourg, lequel, par diplôme du 31 août 1354, reconnut leurs franchises. La lutte n'en continua pas moins et atteignit son paroxysme grâce à l'assassinat de l'évèque Guichard de Tavelli, perpétré au château de la Soie par les émissaires d^Antoine de La Tour (8 août 13/4). Ce forfait souleva le pays ; les gens de Couches, de Brigue, de Loèche, de Sion et de Sierre, soutenus par des auxiliaires venus des Waldstâtten, s'emparèrent d«>s châteaux d'Antoine de La Tour et l'obligèrent à se réfugier à la cour de Savoie. Quelques années après, la lutte recommença. Une nombreuse armée à la solde d'Ânjédée VII (Comte Rouge), commandée par Pierre de Gruyère, remonta la vallée du Rhône; mais ce fut pour être surprise Sar Pierre de Rarogne et subir à Viège une mémorable éfaite (23 décembre 1388).

Après la mort de Guichard de Tavelli, Guillaume de Rarogne occupe le siège épiscopal de Sion, tandis que son oncle Guichard prend le titre de capitaine général, s'empare du gouvernement et met en danger la liberté du peuf)le valaisan. Les patriotes promènent alors, de localité en ocalité. la « mazze », énorme massue de bois, dont la partie supérieure grossièrement taillée représentait un visage humam avec une figure empreinte de tristesse, symbole naïf de la misère en butte à l'oppression ; un compère rinterrogeait sur le motif de sa tristesse et lui demandait « Est-ce Silenen qui te tourmente ? Est-ce Asperlin ? Est-ce Henngarten ? » La mazze restait immobile, mais au nom de Rarogne, elle s'inclinait et tous ceux qui voulaient concourir à la défense du pays enfonçaient un clou dans la massue. En présence de l'orage qui grondait sur sa tète, Guichard de Rarogne s'enfuit en Savoie (1414). La ffuerre éclate, les châteaux de Rarogne sont brûlés et, tandfis que les Waldstâtten soutiennent les Valaisans, Berne prête son appui au sire de Rarogne. Une rencontre eut lieu à Ulrichen ; là, un simple paysan, « Thomas Riedi in der Pùnt, » et un prêtre patriote, « Jacques Minichow », à la tête des Valaisans, taillèrent en pièces les envahisseurs; les Bernois, et leurs alliés de Soleure. Fribourg, Bienne, Argovie, Neuchâtel et Schwyz furent forcés de se retirer (oct. 1419). Les Bernois s'apprêtaient à tirer vengeance de leur échec. Une cour arbitrale, composée du duc de Savoie et des évèaues d^ Tarentaise et de Lausanne termina le conflit. Les Valaisans furent condamnés à restituer au sire de Rarogne ses biens et à lui payer une indemnité de 10000 florins ainsi qu'une indemnité dé' guerre de même valeur également aux

Bernois. Fatigué de la lutte, le peuple valaisan accepts. non sans amertume, ces conditions. Le nouvel évéque. André de Gualdo, qui avait remplacé Guillaume de Rarogne, comprit la nécessité de faire des concessions. Les libertés et les droits des dixains furent reconnus. les compétences juridiques de l'évèque amoindries (1425). L'historien vaUisan Boccard estime (]ue le principal tort de Guichard de Rarogne était d'avoir heurté de front les passions populaires et d'avoir pris des mesures de police qui, quoique justiflées ca elles-mêmes, furrnt mal comprises paroe qu'elles tendaient à modifier des habitudes invétérées. Demeuré l'objet de Tanimad version publique, le sire de Rarogne quitta le pays ainsi que ses fils. Ceuxci héritèrent du chef de leur grand'mère les coroié^ de Toggenbourg etd'Uznach, mais cet héritage leur fut conteste. Aucune autre famille ne fut dès lors assez puissante en Valais pour entraver l'émancipation politique du f»ays ; à la mort d'André de Gualdo, la diète participa à 'élection de l'évèque et dès lors cette tradition s'est maintenue jusqu'à maintenant.

24. Fowiation des liguée grisonnes. Sous Ch.irlemagne la Rhétie était administrée par des comtes. Le dernier d'entre eux étant mort en 1089, la curatie fut réunie au duché d'Alamanieet les évéques de Coire s'emparèrent du comté. A la fln du XII' et au commencement du Xllf* siècle, ces prélats avaient étendu leur domination sur la vallée du Khin posléri«?ur, sur l'Engadîne, Poschiavo et Chiavenna. A la même époque, les princes-abbés de Pfafers. possédaient les communes de Ragaz, Pfafers. Vàttis et Valent, ainsi qu'un grand nombre oe métairies dispersées. Les abbés de Disentis possédaient a peu près tout l'Oberland prison (vallée du Rhin antérieur).

A côté de ces princes ecclésiastiques, il y avait en Rhétie plusieurs seigneurs laïques. Mentionnons au premier rang de ces dynastes, dont les familles sont toutes éteintes aujourd'hui, les sires de Montfort, les Werdenberg, les barons de Sax et de Vaz, les Mâtsch, Belmont, les Rhâzûns et les Aspermont. Il y avait aussi, principalement dtins la vallée du Rhin supérieur, un certain nombre d'hommes libres ; c'étaient des colons d'origine germanique, venus lors des guerres d'Italie, à la suite des empereurs de la maison de Hohenstaufen, qui leur avaient conflé la garde du passage des Alpes ; on les appelait les « VValser «. Ils avaient une position privilés^iée, comparée à celle des Rhéto-Romans ; iN jouissaient de la liberté personnelle, administraient eux-mêmes leurs communautés, avaient le droit de justice et percevaient leurs impôts. En Rhétie, la justice inférieure était rendue par des ammans, la haute justice par les avoués épiscopaux. charge exercée par les Vaz et les Mâtsch, qui avaient su la rendre héréditaire dans leur famille. Les potentats qui tenaient sous leur dépendance les vallées du Rhin étaient fréquemment en hostilité soit entre eux soit avec les évéques. Profitant de ces querelles, la ville de Coire était parvenue au XIIP siècle à obtenir un conseil qui tenait tête à l'évèque.

Durant les guerres, les paysans avaient porté les armes. Ils avaient entretenu des rapports avec les gens des Waldstâtten et avaient pris conscience de leur valeur. Lorsqu'ils virent les évéques s'allier avec l'Autriche, ce qui revenait à se placer sous sa dépendance, ils se sentirent menacés dans leur liberté.

Ce péril fut la cau^e originaire des lieues grisonnes. Ce furent, comme au Valais, les fautes politiques de leurs souverains qui entraînèrent ces montagnards vers la démocratie.

Le 29 janvier 1367 les bourgeois de Coire et les représentants des vallées voisines, joints aux chanoines du chapitre, formèrent une alliance, à teneur de laquelle ils n'aamettaient dorénavant aucun vicaire, aucun administrateur temporel qu'après délibération commune. Il fbt stipulé que l'entretien des châteaux et forteresses de l'évoque, pour autant que les biens de l'Eglise n'y suffisaient pas, serait supporté proportionnellement par les prêtres et les laïques, les nooles et les non-nobles. Les adhérents à cette alliance habitant la partie de la Rhétie soumise à l'autorité politique des évéques de Coire, celleci prit le nom de ligue de la Maison-Dieu (Casa Dei) qui lui est resté. On remanjue dans ce pacte comme uans ceux des Waldstâtten qu'il n'est dit aucune dis ti ne-

3 mênii

L'Oberlanil (prison, ayant eu beaucoup à soufrir de l'anircnie et des abus de force que commettaient les nombreux seiBneiirg de la réjgion. l'abbéde Disentia. les sires de Sai et de RhâMini conclureDi, le 14 Tévrier 139j, une alliaace en vue d'aisnrer la paix publique ; d'autret seii^eurs y adhérèrent ulleri eu rement. Vingtoeurans plus tard, en mars tWt, celte alliance fut renouvelée à Trons ; les représentants d'une domaine de communea a'y joiRnirent. Elle prit le nom de Lîjue grise. (Graue Kund). par le fait que les repirsenlanta des commune* étaient revêtus de sarraux fris. Plus tard. ell« donna son nom au canton tout entier. Le Pràtigau. les territoires de Davos et (le Churwalden étaient placé» naguère sous la suieraineté dus sire» de Va^. puis deleni-s héritiers les comteB de To^tgen bourg. En 1436 le dernier de ces dynastes éteint décédé, les gens de la contrée conclurent une alliance qui __!. 1 j i: — j__ !-.; ■--|.i(jjcij(,ns, pour

I se mirent en campagne sous la conduite du margrave de I Nuremberg. Frédéric de Hohenzollem. Les Suisses héni- ' laient, retenus par la paix qu'ils venaient de conclure

Brandi», les Monrrort. les Mâtsch. et la maison d'Autriche, t'ar une série de rachats successifs les Dix-Jundiclions parvinrent i s'affranchir de leur» seigneurs, ver» le milieu du XV* siècle, sans qu'il soit possible de préciser exactement quand trois petites confédéral tons sunircnt pour former les ligues gnsonnes. Chacune d'elle avait son organisation poliiique et se divisait en Juridictiona qui envoyaient des depulpj II la diète des* trois llïues. laquelle se réunissait à Vazerol près de Tiefenkastel.

'£>. Premih-et cantpagnei d'Ilatie, défaite d'Arbedo. A Milan les Visconti s'étaient arrogé le pouvoir en 1328. Pour étendre leur domination, leurs descendants recherchèrent l'amitié des Suisses. Des relations commerciales existaient depuis longtemps entre les Confédérés et la Lomhardie. Après Fea victoires de Sempach et de Nâfeh les Suisse», enflés de leurs succès nt n a; . .,!.!. 1er d'attaques du câté du Nord, jetèrent un re((ard d sur les riches plaines de l'Italie. Ils étaient dans ui d'esprit oii le moindre incident devient un préli

I liï4. (Vu«

état

eiierre. En 1402. à la suite d'une querelle qui éclata i loire de Varese entre des marchands de besLiaui d'il ri et lt!3 employés des duc!i de Milan, les bandes armées d'tlri et de 1 Ubwald occupèrent la Léventine et y établirent un bailli. Quelques années plus tard les Confédérés augmentent leur domaine transalpin. Ils s'emparent du val d'Ossola (1414) et achètent du baron Sai de Mesocco le comté de Bellinione iH19). Le duc de Milan liissa les Suis*es jouir quelque temps de leurs conquêtes, puis il leva secrètement une armée, qui surprit Bellinione. Pris au dépourvu, les Suisses réunirent précipitamment leurs conlingenls. Les Lucemols, les Uranais et les Unlerwaidiens. qui fbrmaient l'avanl-garde de l'armée suisse, engagèrent témérairement l'action i Arbedo ; complètement battus, ils repassèrent le G -thard (30 juin 1422). Trois ans plus tard, les Confédérés, désireux de se venger de leur échec, réunissent une nombreuse armée (22000 h.) et s'apprêtent à passer de nouveau les Alpes. Le duc de -Wi'an recourt alors aux voies diplomaliques el sème la division entre les cantons. En lin de compte, les Suisses renoncent à la vallée d'Ossola et i la Léventine (1426). La perte de cette dernière conquête ne fut que temporaire. En 1440, le canton d'L'ri, prolltant des embarraa oii se trouvait le duc de Milan. réussit à reconquérir la léventine.

28. Conquéti" de l'Argoi-ie. Pour faire cesser le lamentable schisme d'occident, un Concile se réunit à Constance en 1414. Trois papes qui se disputaient la tiare furent déposés. L'un d'eux, .lean XXIII. était appuyé secrètement par le duc Frédéric d'Autriche. L'empereur Sigismond île Luxembourg, saisissant celte occasion pour se défaire de mi)étiteur, mit Fiédéric au ban de l'Empi- ■ ^-

avec l'Autriche: mais, encouragés par l'empereur, ils entrèrent aussi en campagne. Les possessions des Habsbourg servirent de proie i leurs voisins. SchalThouse et Rapperswtl conquirent leur immédialeté ; la Thurgovie f\tl occupée par les troupes de I empereur ; le comte de Toggenfiourg s'empara dp Sargans et de Gaaler el se diiposa à mettre la main sur le Rheinthal et le Vorarlberg. lierne occupa Zotinaue, Aarbourg. Aarau, Lenibourg et Bruge. Les LucernoLS se rendirent maîtres de Sursee et de Miinsier. Les Zuricois prirent Knonau. Mellingen, Bremgarten et Badcn, assiégés par les Confédérés, se rendirent après une courte résistance.

La guerre achevée, les Confédérés se partagèrent leurs conquêtes. Berne, Lucernc et Zurich s'attribuèrent les localités qu'ils avaient spécialement occupées: le comté de Baden et les districts de Bremgarlen et de Mûri soit le reste du pap devinrent sous le nom de • bailliagee libres ■ les sujets des États de Zurich et de Lucerne. Schwyz. (ilaris, Uuterwald et Zoug (1415). Cette annexion était très avantageuse au point de vue stratégique, parce qu'elle donnait à la Confédération une cohésion qui tut manquait : mais, au point de vue moral, elle présentait de graves InconvéntenLt. Dès lors, il y eut en Suisse des pays souverains et des pays sujets. Le principe de l'égalité des individus, qui était à la base des premiers pactes, disparut ; une oligarchie souvent arrogante s'établit. Les bailliages devinrent une pomme de discorde, et les dissensions auxquelles ils donnèrent lieu s'accrurent encore lorsque la réforme religieuse du XVI* siècle eut divisé les Confédérés en deux camps.

27. Guerre de Zurich ennlre Schvnjt. Bataille de Saint-Jar-iue>. Tandis que les Habsbourg s'aliénaient la sympathie de leurs vassaux et de leurs voisins, les comtes de Toggenbourg se conciliaient l'amitié des Suisses; ils avaient réussi à accroître considérablement l'étendue de leurs domaines. Le mariage de Frédéric V de Toggenbourg avec la lllle du dernier baron de Vax lui avait apporté, au XIV* siècle, la seigneurie de Maieofeld, le "ràtigau et Davos. En 141S, ' — -"- ' ' '-- ''-

(1417) et Claris (1419j. Il tenait une cour brillante o __ rencontraient les Barogne, les Sax, les Mâtach, les Brandis et les Wefdenberg. Malheureusement pour sa race.

d'ardente* coavoitisea. Schwyz et Zurich avaient à leur tète 1 deux magistrats, habiles et ambilieui, lesquels, par leurs I

Lai Bernoii dsTint ZurJcb, 1410. (Bibliollièfius nalioniU, E

rivalités penon Del les, accrurent les compétitions des deux républiques. Le Undamman liai de Beding convoitait pour Schwïi la Marche pour laquelle il avait obtenu une promeise du comte Frédéric. Le bourgmestre Stussi avait des vues sur la vallée de la Linth, les bords du lac de Watenstadt, Gaater et Saivana. dont ta possession devait Tacitiler le commerce de Zurich avec Coire et l'Italie ; il obtint de la veuve de Frédéric VII la cession de Gaster et de Weesen.

Les parents du feu comte, les Brandis, les MontforI, les Werdenberg, les Hhâzuns, les Rarogne et les Màlsch, disputèrent i la comtesse l'héritage de son époux. Les aujeti que le comte avait en Rhétie formèrent, comme on l'a vu plus haut, la ligue des Dii-Juridictions. Les Toggenliourgeois, les gens d'Uinach et du Gaater se conslituèrCDt en communautés. L'empereur Sigismond reven- (tioua l'héritage des Toggenbourg, à titre de HeF impérial. L'Autriche voulait entrer en possession du Gaster et de Sargans. Sitôt après la mort de Frédéric VH, tes Schwyzoia occupèrent la Marche supérieure et tirent prêter aux nabitantale aerment de tidélilé. Lorsque, de leur côté, leaZuri' s voulurent exiger, avec l'assentiment de l'empereur, le ' ' s habitants du Gaster, ceui-ci, travaillés aoua main par lea Schwyioiset les Glaronnaia, s'yreruBèrent ; par contre, les sens de Sargans, de W'alensladt, Hels et Ftagaz, ae donnèrent ji Zurich. Des deux cûtéa les esprits étaient monléa ; les Confédérés (Luceme, L'ri. Unterwald, Zoug et Bemej s'interposèrent. Une diète te réunit à I.ucerne (février et mars 1437). Lea arbitres nomméa par elle, décidèrent que les Schwyioia rendraient Uinach a la comtesse de Ti^genbourg, mais que leur alliance avec le Gaster serait mnintenue. Ital de Heding acheta alors dea héritiera des Toggenbourg, Uznach.Windegg, Gaster, Amden, Weesen, Waleostaat et Schânnia (Ifâ7-lt38). Ces annexions avaient pour conséquence de faire dépendre lea relations commerciales de Zurich avec Coire et l'Italie du bon vouloir de Schwyz et de Glana; elles portèrent à leur comble l'irritation des Zuricuia, qui fermèrent' leurs marchés et leurs routes aux 'Schwjiois et aux Glaronnais. Une prise d'armes était inévitable. A Zurich, le parti des violents l'avait emporté: le 4 novembre (1440) Stûssi. â la tète de 6000 hommes, occupait Pfaffikon, mais Tiatervention des llranaia et dea UnlerwaldteoB qui leur reprochèrent d'avoir violé l'alliance, impreaaionna les chefs zuricois ; la déroute se mit dans l'ar-

sui

mée. Stûasi battit en retraite; il fut obligé d'abandonner

aux Schwyzoia la rive sud du lac de Zurich et de consentir au rétablissemfOt de la liberté du transit. L'humiliation inlligée a Zurich la jela dans les bras de l'Autriche. Api es un long intervalle, les Habsbourg venaient de remonter sur le trône impérial. Par le traité du 17 juin 1U2. Zurich reconnut les droits des Habsbourg sur le comté de Kibourg et n'engagea envera Frédéric m à lui bcililer une restitution du comté de Baden et de l'Argovie. En échange, l'empereur lui assurait la possession da Toggeabourjt et d'Uinach. Cette alliance conclue. Freilèric 111 fît une entrée triomphale à Zurich et parcourut la Suisse où il fut accueilli avec sympathie par la noblesse. L'œuvre d'un siècle et de-ni d efforts semblait anéantii-.

Au printemps 1413, la guerre éclata à nouveau entre Zurich et les Confédérés. Les Zuricoii furent battus le 32 juillet 1413 à Saiot-Jacques sar ta Sihl, où Stùssi trouva la mort. Après une trêve de neuf mois, les hostilités turent reprises Les Confédérés s'emparèrent de Greifensee. qui se rendit après une défense héroïque, et mirent le siège devant Zurich. L'armée assiégeante complaît vingt mille hommes ; malgré leur vaillance, lea assiégés semblaient condamnés à succomber dans cette lutte inégale. lorsqu'une diversion se produisit qui devait obliger les Confédérés à abandonner le siège.

Ne pouvant personnellement secourir les

Zuricoia, l'empereur Frédéric invoqua l'appui

de la France, Charles VII, qui venait de conclure

u"|. la paii avec les Anglais, ne savait <^ue faire de

ses soldats que la paix rendait inactifs ; il

dirigea 4OOO0 hommes contre la Suisse. Cette armée,

composée d'un ramassis d'aventuriers de tous paya

connus sous le nom d'Armagnacs, qui était celui d'un

de leurs chefs, était placée sous le commandement no-

ies Bâlois, du haut de leurs remparts, virent avec effroi

Cïinter les preDiiers détachements de l'armée française. e 36 aoât, les tètes de colonnes des Armagnacs se rencontrent à Saint-Jacques sur la Birse avec 1500 Suisaes, 2ui formaient l'avant-garde de l'armée envoyée par lea onfédérés au secours de Bâie. Le choc fut terrible. Les Suisses combattirent avec une grande bravoure, ntaia succombèrent sous le nombre. Treize cents périrent ; deux cents seulement échappèrent au carnage. Le dauphin, quoique victorieux, avait perdu beaucoup d'hommes: plein d'admiration pour la vaillance des Suisses, il leur offrit une paix honorable qui fut signée le 38 août 1444.

Le siège de Zurich ne fut pas repris. La guerre ce'*'

j__. j résultats décisifs;

e pendant deux a:

l'avoyer Henri de Bubenlierg, de Berne, prononfa 1' lation de l'alliance de Zurich avec l'Autriche, atlribna ijznach et Gaster à Schwyz et à Glaria et rendit à Zurich son ancien territoire. C'était te ilaiv quo anle beltum [13 juillet I4ii0). Son alliance avec l'Autriche n'avait apporté aucun avantage à Zurich. Le résultat le plua tangible de cette guerre civile fut de donner une autre orientation aux ligues suisses. Pour se prémunir contre lea conséauences d'une nouvelle rupture avec l'Autriche, les Confédérés conclurent avec la France une alliance qui devait avoir une grande inQuence sur les destinées de la

Saint-Gall, les villes de SchaHhouse, de Saint-Gall, Mulhouse, Hottwil ainsi qu'avec le duc de Bourgogne.

Cette situation ne donnait pas satisfaction aux intérêts belbqueux qui animaient certains Confédérés ; pour beaucoup d'entre eux la guerre était devenue un plaiair.

Cédant à ce goût des aventures, 4000 hommes entrent en campagne contre la ville de Constance et l'obligent à payer une rançon pour venger l'alTront fait à un tireur suisse. On lui avait refusé une pièce de monnaie que l'on appelait un plappart, d'où le nom de guerre des pupparts

SUI

SUI

donné à cette équipée. D'autre part, les villes de Mulhouse et de Schaflhouse, en s'alliant aux Confédérés, s'é> taient aliéné la noblesse du voisinage ; le duc Sigisroond était impuissant à les protéger. Des deux côtés on invoqua Tappui des Confédérés. Une guerre d'escarmouche s'eugaffea ; les Suisses ayant pris les armes, les seigneurs du Rlettgau, du Hegau, du Sundgau et de l'Alsace, après beaucoup de bnfaronnades, se réfugièrent dans la viUe de Waldsnut que les Confédérés assiégèrent aussitôt. Cette levée de boucliers se termina par un arrangement ; le duc Sigismond s'engagea à payer, à titre d'indemnité (27 août 1468k une somme de dix mille florins aux bourgeois de Mulhouse et de Schafifhouse. Pour garantir ce paiement qui devait s'effectuer dans les dix mois, le duc leur donna hypothèque sur Waldshut et la Forét- Noire.

28. Situation politique des pays romands. Tandis (]ue la ligue des huit cantons se formait dans la Suisse allemande et devenait indépendante, le pays romand demeurait sous la domination de divers seigneurs ecclésiastiques ou laïques qui avaient su s'attacher leurs sujets en leur octroyant des franchises. Grâce à la libéralité de leurs princes, les communes romandes avaient acquis dès le XIII* siècle une situation juridique préférable à celle des communes de la Suisse allemande.

Chaque ville avait son conseil, son rière-conseil et son assemblée des bourgeois. Parfois les villes contractaient des alliances; c'est ainsi qu'Âvenches en conclut une avec Fri bourg en 1339, Payerne avec Berne en 1343, avec Pribourg en 1349, avec Neuchâtel en 1355, avec Morat en 1364. Les députés des villes appartenant à la maison de Savoie se réunissaient à Moudon avec les membres de la noblesse et du haut clergé pour former les États de Vaud. Dans les villes, la justice était rendue par les bourgeois et dans les communes rurales par le seigneur de la localité. L'appel de leurs jugements était porté devant la cour baillivale à Moudon. et, en dernière instance, à la cour de Chambéry, oui était tenue de se conformer aux usages du Pays de Vaud.

Le revenu du prince se composait de quelques péages et du produit des terres de la couronne. Si le trésor était à sec, le bailli de Vaud faisait connaître ses besoins aux Étate, qui accordaient des taxes.

Les comtes de Savoie, élevés en 1416 a la dignité ducale par l'empereur Sigismond, étaient vassaux du duc de Bourgogne pour les terres qu'ils possédaient en Franche-Comté.

La souveraineté du duc de Savoie ne s'étendait pas sur la ville de Lausanne, dont l'évêque était prince souverain ; les paroisses de Lavaux, Lucens, Avenches, Bulle, La Roche, Âlbeuve appartenaient aussi à l'évêque ; Lausanne se comi)osait de cieux villes : la cité et la ville inférieure. Cette dernière comprenait les bannières de Bourg, de la Palud, du Pont et de Saint-Laurent Elle était gouvernée par deux Prieurs assistés d'un Conseil qui se réunissait au couvent de la Madeleine, tandis que l'assemblée des bourgeois se tenait sur la place de la Palud, et les jours de mauvais temps sous la Halle. Les Lausannois avaient reçu des empereurs Sigismond IH (1431) et Frédéric III i1469j des diplômes leur conférant divers privilèges ; dès 1484, pour aftirmer leurs droits, ils nomment un héraut portent les armes de la ville surmontées de l'aigle à deux têtes. Dans une lettre de Charles-Quint, du 5 juillet 1536, cet empereur reconnaît à Lausanne la qualité de ville inmériaile.

En 1494, l'assemblée des bourgeois fut remplacée par un conseil, nommé par les bannières, composé primitivement de 60, puis de 97 et enfin de 200 membres. En 1529, les deux prieurs furent remplacés par un bourgmestre.

Chaque année avait lieu a Lausanne la réunion du Plaid général, assemblée composée des représentants de

pour faire les lois, décréter des bans ou battre monnaie. Son existence est d^ja mentionnée dans une reconnaissance des franchise» d^ Lausanne faite par le prévôt Ârdutius, et qui date approximativement de l'an 1li4. Les principaux ofQciers de l'évêque étaient le bailli, le sénéchal, le sautier et le métrai. Au-dessus d'eux, il y avait la grande

cour séculière et la cour des appellations de l'évêque. Dans la suite, lorsque la prépondérance de la maison de Savoie l'emporta sur celle des évêques, on vit se constituer un tribunal nommé cour de Billcns, composé du lieutenant du bailli de Vaud et de six assesseurs nommés par le Conseil de Lausanne. A son entrée en charge, l'évéoue prêtait serment d'observer les franchises de la ville, âette cérémonie se faisait solennellement devant la porte Saint-Etienne qui donnait accès à la cité. Lausanne possédait uncoutumier datant de 1316, appelé Plaid général, du nom du corps qui l'avait promulgue.

On fait remonter au XI (I« siècle les premières tentatiNCS d'émancipation de Genève. En 1294, les comtes de Savoie acquièrent l'avouerie (ou vidomat) de Genève ; dès 1330. ils sont astreints à prêter le serment d'observer les franchises de la ville. Celle-ci avait à sa tête des syndics qui surent très bien s'appuyer sur la maison de Savoie pour restreindre les droits de l'évêque ; mais, lorsqu'ils virent que la maison de Savoie cherchait a s'assujettir les bourgeois de Genève, ils se rapprochèrent de l'évêque ; en 1387, ils obtinrent d'Adhémar Fabri la confirmation de leurs franchises. En 1415, les magistrats de Genève font acte d'indépend mce en concluant une trêve avec le sire de Gex, sans l'intervention de l'évêque, et en la faisant ratifier par l'assemblée des citoyens. Plus tard, les ducs de Savoie ayant réussi à placer sur le siège épiscopal des membres de leur famille, Genève se tourne vers Fribourg et Berne et y trouve un point d'appui. Deux pailis se forment alors : celui des partisans de l'alliance du duc de Savoie, les « Mameloucs », et celui des partisans de l'alliance suisse, les a Eidgnots ».

En 1519 ce dernier l'emporte ; le 7 janvier fut conclue l'alliance avec Fribourg. Les principaux chefs du parti des Eidgnots éteient Besançon Hugues et Philibert Berthelier. Le premier fut élu syndic en 1518. Marchand de fourrures de son état, sa prudence et son énergie lui valurent d'être surnommé le père de la patrie. Le second, qui avait eu une jeunesse très orageuse, se signala par son intrépidité et son ardeur. Obligé de se rendre à Fribourg en 1517, pour se soustraire aux poursuites dirigées contre lui, il revint l'année suivante muni d'un saufconduit de l'évêçiue, parut devant le conseil et se blanchit des accusations portées contre lui par le vidome. Peu après cet acquittement le duc vint à Genève, fit arrêter berthelier et, après un simulacre de jugement, le fit décapiter (24 août 1519). Pour éviter le même sort, Besançon Hugues et Bonivard s'enfuirent. Cinq ans plus terd. Ami Lévrier, s'étant fait le défenseur des franchises, fut arrêté (12 mars 1524) et mis à mort.

Ces attentata successifs intéressèrent les cantons suisses à la cause des patriotes genevois ; le 30 février 1526 Berne et Fribourg conclurent alliance avec Genève. Besançon Hugues et ses compagnons d'exil rentrèrent à Genève et les principaux che» du parti savoyard quittèrent la ville. Genève se donna alors une organisation pareille à celle des villes suisses. Elle éteolit un Petit Conseil, un Conseil des Soixante et un Conseil des Deux Cento.

On ne s'explique pas que les ducs de Savoie, qui n'avaient eu que de bons procédés envers les Lausannois et les Vaudois, aient agi si différemment à l'égard des Genevois. Avant l'adoption de la Réforme, Genève était loin d'avoir l'inoportence relative qu'elle acquit depuis. Tandis qu'au XV* siècle, Bâle éteit déjà une cité prospère grâce à son commerce, son industrie et son université, ce n'est que vers la tin du XVI* et au XVII* siècle que, grâce aux réfugiés italiens et français, Genève commence à prendre son essor.

Alors que Lausanne et Genève, enclavées dans le duché de Savoie, avaient à compter avec les évêques, Neuchâtel formait, avec le pays qui l'entoure, un comté relevant directement de l'empire. La famille régnante primitive s'étant éteinte, le comté échut, au XIII* siècle, aux Chalons-Orange, qffi eurent ensuite pour héritiers les Hochberg, dont la dernière représentante, Jeanne de Hochbertf, épousa, en 1504, Henri d'Orléan»-Longueville. Dès le XI [I* siècle, la pdoeipauté possédait un tribunal qui portait le nom de Plaid de May ou grand Plaid et qui s intitula plus tard « Audiences générales » ou « Tiers i:.tat ». Là, comme ailleurs, les bourgeois constituèrent

SUl

gogne, qui fut suivie de la guerre de Souahe et des campagueg d'Italie, la Suisse, durant une quarantaine d'années (1474-15151, exerce une action prépondérante sur la politique européenne.

Jadis les Coofëdi^rés avaient entretenu de bons rapports '-- -■--- de Bourgogne, Mais l'ambition de Charie*-

l'Alsa

le-Téinérair< , ,

duché de Milan, et n

de la mer du Nord à la Méditerranée, d'autre part lec

intrigues de Louis XI, devaieat brouiller les Suisses avec

On a

les villes suisses. Berne. Soleure. Fribourg et Luceme conclurent alliance avecldeucbâlel. En 1512. les Confédérés ajant eu des démêlés avec Henri d'Orléans, s'emparèrent de son comté.

Ses sujets leur prélrrenl serment de fidélité et ils ï placèrent un bailli. Ce ne riit qu'en 153^, et grâce à l'intervention de François l". que Jeanne de Hochberg recouvrit son comté; en le lui rendant, les Conrédérés réservèrent leur al-

Au Nord de Neuehâtel s'étendaienl les domaines du Prince Kvêque de Bâle; M encore le souverain fut impuissant à arrêter le mouvement d'alVranchissement des communes. Dès 1358, Sienne se rend presque indépendante et conclut alliance avec Berne. En 1388, La Neuveville suit son exemple.

On voit par ce qui précède que les corporations de métiers nejmiaienl pas en pavs romand le râle qu'elles jouèrent dans la Suisse allemande, et que ce fut par des transactions et non à la suite de balailles rangées, que les princes de Savoie, de Neucbàielel les évéques de Genève, de Lausanne et de Bâie consentirent à accorder des franchises aux communes. C'est sur l'écharaud et non sur le champ de bataille que périrent les héros auxquels Genève doit son ChroaiqDe <!■ Sii indépendance.

29. Guerrei de Bnurgognr. Les guerres du XIV' siècle i avaient eu pour résultat de dégager leti cantons des liens qui les rattachaient a l'Autriche. Avec la guerre de Bour- I

IX Confélérés, et qu'elle leur avait donné en gage VValdshut et la forât- Noire. Le terme venu, le duc Sigismond ne se trouvant pas en élal de faire honneurâ sa dette et ne voulant pas céder auxSuieses les territoires qu'ils tenaient en gaf[e. chercha à contracter lin emprunt auprès de Louis Xi, lui oirninten saranlie ses États d'Alsace. Le roi de France, craignant de dàobliger les Suisses, refusa et engagea le duc d'Autriche » s'adressar au duc de Dourgogne ; celui-ci préla aussitôt à Sigismond 50 000 liorii^ t-t reçut en échange l'hommage des sujets alsaciens de l'Autriche (H mai IWO),

L'alliance des deux ducs et la prise de possession de l'Alsace par le duc Charles constituaient un danger pour les Suisses et surtout pour leurs alliés les HulhouMiia. Dans le même temps, l'empereur Frédéric 111 délia le duc Srgiamond des engagements qu'il avait pris à l'égard des Suisses par le traité de Waldshut. Le rapprochement de l'Autriche et de la Bourgogne fut cimenté par les fiançailles de l'archiduc MlJiimilien avec la princesse Marie de Bourgogite. et contribua à rendre plus intimes les relations qui déjà s'étaient établies entre Louis XI et

A Berne, les avis étaient partagés; d'un côté Adrien de Bubenberg. et avec lui la vieille noblesse terrienne. voyaient un danger à renverser le rempart qui séparait les Suisses de la France ; de l'autre, Nicolas de Diesbach et la jeune noblesse enrichie par le commerce voulaient rompre avec le due Charles pour avoir l'occasion de faire de nouvelles conquêtes. Ce dernier parti l'emporta et le 13 aoiUU70 un traité de neutralité tut conclu entre U France et les huit cantons.

iDjjf raproduisiDt UD Ublaiu pardu. Musée ailinul, Zurich.

Le duc Charle* avait confié le gouTeroement de l'Alsace à un bailli hautain, cupide et violent, Pierre de Hagenbach, qui traitait les villea impériale* en paya su-

jets et parlait aTec mdi

des n

t impitoyablement lea déreoseura de

de Francfort Turent dévilisés par un gentilhon autrichien, Lea plainteB auiquelles cet acte de brigandage donna lieu ne furent pas prises en eouaidëration. D'autre part, le duc Charles, par Bon arrogance, avait mécontenté l'empereur Frédéric III; le duc Sigismond regrettait d'avoir c^de l'Alsace; au printempi de l'année 1474, lea Alsaciens se saisirent de Pierre de llsgenbach et le ilérérérent à un tribunal qui le condamna a mort. Les Ligues conclureal avec SigismaDd une paii perpétuelle ; celui-ci leur abandonna ses prétentions sur i'Argovie et dénonça le remboursement des 50000 florins empruntés au duc de Bourgogne. Les villes d'Alsace réunirent les fooda oécirBsaireB à cet efTet et lea déposèrent â Bâie, à la disposition du duc Charles, maia celui-ci refusa de recevoir celte somme et de restituer l'Alsace. Avec l'aide des Suisses, les Autrichiens reprirent le pajs.

Le 26 octobre 1474 un traité d'alliance offensive el défensive fut conclu entre France ; dès les premiers joun troupes des Cotitedéréa, avec i hommes, opérèrent leur joncti chiens et pénétrèrent en Frani qu es jours plus tard commençi

I et la

effectif de èoOO

e-Comlé ; quel' t le siège d'iléri-

n déroute ; la

a ducliease de Savoie, 1 la réaence pendant rt I ■'. Jacques, eouite si que plusieurs génies La Sarraz, les

Une armée bourguignonne, sous dément d'Henri de Neuchâtel, vin des assiégés, mais elle fut mite ei ville se rendît et le duc Sigismona en pni possessioD. L'snnée 1475, les Confédérés entrèrent de nouveau en campagne ; ils s'emparèrent de la place de Blsmonl (1" [uillet 1475). Mais déjà au mois de juin, après avoir, grâce aux Suisses, recouvré l'.ïlaace, le duc Sigismond ae réconciliait avec le duc Charles, qui mi promit la main de sa Rlle unique pour son liEs Uaiimilien.

Tandis que les Confédérés étaient ainsi trahis et abandonnés par leur perfide allié, ie duc Charles venait de conclure alliance ave Yolande de France, qui exerçi la minorité de son flla Philit de RomoDt, baron de Vaud, ai tilshommes du pays romand, Goumoi'ns. les Collombier, etc.

peau du duc Charles. Leur ioili

répugnances que Votande éprouvait, en sa qualité de ta-vr de Louis XI, à s'allier avec le Téméraire. A la faveur de celte alliance, les condollierea italiens à ia solde de la Bourgogne tentent de traverser W Grand Saint- Bernard. Pour s'y opposer, les Rernois s'allient avec les Haut- Valaisans; le 14 octobre 1475. ils déclarent la guerre au comte de Homont et entrent auesilôt en campagne. Les Haut- Valaisans s'emparent du Bas-Valais, tandis que les Bernois, unis aux Fribourgeois et aux Zuricois, occupent Moral. Cudrefin, Avenches, Payeme, Estavayer, Houdon, Yverdon, Orbe, Les Clées. La Sarraz, Cossonay. Uorges, Romont et Aigle. Lausanne et Genève leur paient une rauçon. En l'espace de trois semaines, les Confédérés firent la conquête de quatorze villes et de quarante châteaux, puis rentrèrent dans leur pays au mois de novembre. Dana la campagne précédente, ils s'étaient emparés des châteaux de Jougne, d'Orbe et de Grandson. et avaient laissé une garnison dans ce dernier qui appartenait, ainsi qu'Orbe et Ëchallens, au maréchal de Bourgogne, le comte Louis de Châlons.

Le duc Charles, occupé qu'il ravi! au duc René, a' les terres de ses alliés. Ai Nancv, le ^novembre 147?. il le 11 Janvier 1476, il quitta Nan , aiège devant Grandaon. Le 21. la portes, mais le château ne se rendit que le 39 février. La garnison, forte de 413 hommes, faussemenl informée que les Bourguignons avaient pris Fribourg et marchaient sur Berne, capitula ; la vie sauve lui fut promise. Sans souci de la parole doanée, les Bourguignons

Après c

hilliDg. (Bibliothèque Nali

iquèle de la Lorrain (é le» Suisses ravag mphali

facile Buccès, Charle*-le-Téméraire, avec envi-

hommes, marche sur NeuchAtel. Les Suisses.

au nombre de 18 ou îOOOOhommet, y compris leurs alliés d'Alsace, de SchnObouse et de Saint-Gall, s'avançaient à leur reucontre. Le choc eut lieu entre Concise et Vaumarx:us, le 2 mars 14T6. dans uo délilé au pied du mont Aubert. Les chefs de l'armée suisse firent preuve non seulement de courage, mais encore d'une grande habileté tactique. Tandis que le duc de Bourftogne engageait la bataille sans se soucier de garder son liane gauche, l'aile droite des Confédérés débauchait des hauteurs et répandait l'elfroi dans les rangs de l'armée bourguignonne. Les soldats du Téméraire a enfuient en déroule, malgré tous les elTorts tentés pour les ariêter. Le duc lui-même, entraîné dans le désarroi, se réfugie au fort de Jougni; et de lii gagne le château de Nozeroy. en Franche -Comté. Il abandonne hon artillerie (400 bouches à feu) et son camp qui contenait des merveilles comme armures, tapisseries, pierreries, sans parler des approvisionnements de toute nature et un grand nombre de chevaux.

Les chefs suisses se partagèrent ces dépouilles dont ila ignoraient le prix et dont une partie fait encore aujouriThui l'admiration des visiteurs des musées de Soleure, de Berne. Zurich et SchaQhouse.

La défaite n'avait cependant point abattu le courage de Charles. Immédiatement il fait les préparatifs d'une nouvelle campagne. Toutes ses troupes n avaient pas donné à Grandson. Le 14 mars il était k Lausanne. Il établit son camp sur les plaines du Loup, où il rassembla 38 000 hommes. Le 37 mai, il quitta Lausanne et se dirigea lentement sur Moral, dont il coramenva le siège le 9 juin. La place était défendue par une garnison de 1500 hommes, sous le commandement d'Adrien de Bubenberg. Elle résista à trois assauts noclurnes. Pendant ce temps les Confédérés concentraient leurs forces. Le 33 juin, ils passent ta Sarine à GûmmeneD. au nombre de mOOO. Dnns leui's rangs figurait Bené de Lorraine, avec nuelques centaines de cavalirra alsaciens et autrichiens. L'avant-garde était commandée par Jean de Haltwil. de Berne, le gros de l'armée par Hans W'aldmann. de Zuricii. et le chevalier Herier, de SIrasbourg, l 'arriére-garde par Hertenstein,

BtUilla da Giorolca, tS Décembre 1178. BibtiolhAqss na

les Conrédérés eoRagent l'action. Les troupes ducales, surpriRes, ae débandent, et bientôt leur débite se transforme en une fuite désordonnée. Charles-le-Téméraire s'était montré perplexe et indécis durant la hataille. Il parvint â séchapper, non sans peine, avec quelques ravaliera.

Guerriers d'une bravoure incomparable, et très habiles à proliter sur le champ de bataille des faiblesses de leurs adversaires, les Suisses ne savaient pas proBter de la victoire ; et, sans coup férir, Louis XI recueillit Isa principaui fruits de cette guerre qu'il avait adroitement provoquée.

Après leur triomphe, les contingents de la Suisse centrale et orientale regagneiit leur pays, tandis que led Bernois, les Fribourgeoia cl le comte de Gruvère envahissaient le pajs romand et rançonnaient les principales cités. Ils s'appri^taient à envahir la Franche-Comté et menaçaient la Savoie, lorsque Louis XI intervint pour sauvegarder les intérêts de sa scpur, la duchesse Yolande. Le 25 juillet 1176, un congrès réunit à Fribourg les che^ des Ligues suisses et tes ambassadeurs de France, de Savoie et d'Autriche. Les Confédérés n'étaient pas d'accord ; la diplomatie française protita habilement de leurs disseDsians pour faire ' ' " '! une partie du pays conà s'élait emparé du pays de e Cerlier et les quatre mandements d'Aigle, Bel, Ollnn et Les Ormonts, et reçut en indivision avec Fribourg, les bailliages de Morat, de Grandaon. d'Orbe et d'Ëchallens. Les Haut-Valaisans restituèrent le Chablais, que déjà ils avaient occupé, mais gardèrent le Bas- Valais.

Le duc Charles n'avait pas participé au congrès de Fribourg ; malgré les démarches du Eape et de l'empereur, il refusait de restituer I Lorraine au duc René lequel réclama naturellement l'aide de ses alliés les Suisses pour rentrer en possession de son duché. Il s'en suivit une nouvelle campagne qui se termina sous les murs de Nancy, le ,'î janvier 1477, par la défaite et la mort du Téméraire, n'aussi Mii

éclatants triomphes auraient pu étendre considérablement le territoire de la Confédération ; l'aniieiioo de la Franche-Comté, dont les habitants ne demandaient qu'a se rattacher aux ligues suisses, était

.la, Bam.

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; c'était le rêve des Bernois qui M disr la grandeur de leurs \'ue> politiques. Mais cette annexion eût déplacé le centre de gravité de la Confédération et les Waldstâtten redoutaieat Is prépondérance grandissante de l'État de Berne. Les jalousies des Confédéiés favorisaient les desseins de Louis Xi lequel, une fuis débarrassé de son redoutable adversaire.

ne songea plus qu'à éluder ses engagements. Par uo traité conclu le â6 avril U77, Louis XI obtint des Suisses une levée de 6000 hommes

Eour occuper la Franche-Comté et 1 Bourgogne : il s'engagea ea outre à leur payer 100000 norins ; mais, avec ta mauvaise foi accoutumée.

il ne lit pas honneur à cet engagement. Après diverses péripéties.

Louis X[ garda la Bourgogne et restitua, en 1493, la Fnnche-Comtê à l'empereur Haiimilien, des mains duçiuef elle passa à Charles-Quint.

puis à Philippe 11, pour n'être réunie déHnïtivement a la France que sous Louis XIV.

Les guerres de Bourgogne portèrent à son apogée la gloire militaire des Suisses, mais elles mirent en évidence leurs dissensions inteatines et leur décadence politique.

Les Confédérés avaient réussi s'émanciper de l'empire allemand et de la maison de Habsbourg, mais c'était pour tourner désormais dans l'orbite de la France. Ils se placèrent en quelque sorte sous sa protection et concoururent désormais à rabaissement de la maison d'Autriche qui était le principal obstacle au développement de la puissance française. Le système des capitulations militaires et des pensions devint la plaie de la Suisse. Véritable oreiller de paresse, il arrêta le progrés moral et économiqne de la nation. La diplomatie française développa la vénalité

et causa nnalement la perte de l'ancien régime. Annt les guerres de Bourgogne, le* Suisses étaient un peuple rude ; ils ne connaissaient pour ainsi dire pas ta

sm

Tsleur de l'arg'Dt. Dans leurs luttes contre l'Autriche,

ilfl n'avaient pas eu à te détendre contre la séduc-

tioa qu'exerce

l'appât des ri-

honneur, invoquaient, pour mainteoir leur

introduisit dans sa politique un

acheté les conseillers de Charles -le -Téméraire, entre autres le sire de Commines ; il en usa de intime avec les Suisses.

Nleoliada FlBo, noUiHtoent avec

e Stuirpf, d»prÈ« an fotUtil \^ bourgmeslre

,u.pio..Qc.».Mu.«»t>oD.I, waldmano de

30. Guerre contre le duc de Milan. Diète de Statu. Entrée de Sùleure et de Fribourg dont la Confédération. ' « prodiaieui succès remportés pai '

Wites par :

.. On difTéi

stâtten. On difTérend s'éleva sur une question de ponts et uraees entre les Uranais et la duchesse Boone de , régente du duché de Milan en U77 ; l'incident

e pendant lorsque le pape Siïte IV, en guerre

■••"de M' " ■

hésitation, mais, l'inlluence d'Uri l'emportant, hommes traversèrent le Gothard vers la lin de uuvBinure, soue le commandement de Wridmaoo et d'Adrien de BuhenberK. Des dissentiments ne tardèrent pas â éclater entre les Confédérés ; après être parvenus jusque sous les murs di: Bellinione, ceux-ci, craignant que le refroit de Ja température qui venait de se produire mpéchât de repasser le Gothard, se décidèrent à

battre er

ment de

Les Milanais prirent alors l'olTensive ' an nombre de dix mille, ils attaquèrent la Garnison de Giornico que 350 Lêventins étaient venus renforcer. En cet endroit, la vallée du Tesain est très étroite ; les Suisses profitèrent de cet avantage, et, tandis que les Milanais avançaient péniblement sur un sol recouvert de glace, ils firent, comme i Morgarten, rouler sur leurs adversaires (les blocs de en TaiXe. Après ce combat le roi s ^vSques de Sion et de Coire s'inlon des Confédérés les empéchs de e. Les Uranais conservèrent cepen-

i les mirent e

Louis XI, le pape terposèrent. La désuni profiter de leur victoir dant ta Léventine.

En ce moment, deux partis se forment : d'un cSté, les cantons campagnards ou démocratiques, gouvernés par des landsgemeiodes ; de l'autre, les cantons citadins ou le gouvernement tendait à se concentrer aux mains de l'oligarchie. Le 20 mai 1477 Berne, Zurich et Luceme conclurent un traité de combourgeoisie avec Soleure et Fribourft. Les cantons campagnards voulaient bien admettre Ta première de ces villes dans leur alliance, mais non ^a seconde qui devait leur faire perdre la majorité dont ils disposaient à la diète. Ce désaccord menaçait de se perpétuer, One diète fut convoquée pour le 16 décembre 1481, à Stans, en vue d'opérer un rapprochement. Hais les deux partis ne parvenaient pas â s'entendre, et l'on allait se séparer après trois jours

de discussions, lorsque se produisit I Nicolas de Flûe,

Ce vénérable ermite s'interposa, à la requête du curé de Stans, et sut ramener le calme dans les esprits. A sa voix, les passions désarment, le « Sonderbund s des cinq villes prend Rn, un nouveau pacte, iiue l'on appelle le Convenant, est adopté et prend place à côté de la Charte des prêtres et du Convenant de Sempach. La rédaction de cet important document paratt devoir être attribuée â Waldmann. qui jouait alors le premier rôle dans la Confédération. Par ce pacte, les États confédérés se promettent un appui mutuel contre les entreprises violentes dont l'un ou l'autre pourrait être l'objet. Le trait distinctif de cette alliance, c'est qu'elle était formée, non entre. les peuples, mais entre les gouvernements, en vue de mettre un frein au désaccord et i la licencie. Elle visait les équipées comme celle des compagnons de la c folle vie > laquelle, en 1477, avaient troublé la Iranquillïtè publique.

Après avoir réglé les différends qui les divisaient, les huit cantons admirent Fribourg et Soleure dans leur alliance, maie en spéciilant que ces deux villes ne pourraient conclure de traités avec d'autres États sans l'assentiment de ta majorité des huit cantons.

A cette époque, la personnalité la plus remarquable de la Suisse était le bourgmestre lians Waldmtnn, de Zurich, le vainqueur de Grandson, De naissance obscure, il avait su s'élever aux plus hautes charges de la république, et s'était distingué sur les champs de bataille. C'était un homme d'une stature élevée, d'une tournure élégante, d'un caractère violent, vénal, de mœurs licencieuses, mais

heureuse. Mais, parvenu au faite du pouvoir, il s ap-

ja à ruiner rinHuence des anciennes ramilles. Devenu

li dateur de Zurich, confiant dans la popularité qu'il

l'était acquise, il ne connut plus de bornes à son ambition.

Ëï

Ilflnit par exaspérer les Zuricois. Lescampagnardasurtout étaient montés contre lui à cause d'édits vexatoires qui restreignaient leurs droits. Un soulèvement eut lieu le 31

mars 1489. i la euilc duquel le lier) bourgmeilre Tut déposé. Une enquête fut ouverte contre lui ; il fut mis à la torture, puii décspilé le 6 avril 1189. ïpièH UD simulacre de procè*.

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