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GÉNÉALOGIE DES HABSBOURG

ALBERT III le Riche,

hérite en 1172 des possessions à Lenzbourg

en Argovie, Unterwald, etc.

Rodolphe l'Ancien.

Albert IV + 1239,

épouse Hedwige de Kibourg.

Rodolphe,

(1218-1291) élu empereur en 1273.

Rodolphe f 1249

Souche des Habsbourg- Lauteabourif.

Albert,

duc d'Autriche,

élu empereur en 129S.

Rodolphe.

LÉOPOLD le Glorieux,

(1287-1326) vaincu à Morgarlen.

Frédéric le Beau,

(1286-1330) élu empereur en 1314.

Albert II le Sage,

(1298-1358) duc d'Autriche.

Albert III f 1395,

vaincu à Nsfels.

LÊOPOLD III,

vaincu et iué à Sempach,

ancètxe de la famille aoiaellemaot

régnante en Autriche.

aussi brillante destinée que ces obscurs ffentiishommes argoviens. Possesseurs d*un modeste caste! situé près de Schlnznach, leurs descendants parvinrent, par une série de conquêtes et d'héritages, à étendre graduellement leur domination sur la plus grande partie de la Suisse, sur l'Autriche, la Bohême, la Hongrie, les Pays-Bas, l'Espagne, le Nord de Fltalie et TAmériane du Sud.

Rodolphe TAncien, le premier Habsbourg connu dans rhistoire, était un fidèle partisan de l'empereur Frédéric II. A sa mort son héritage se divisa entre ses fils, Albert et Rodolphe. Les deux branches de sa maison suivirent des politiques difTérentes. La branche aînée, plus tard autrichienne, suivant la tradition de la famille, demeura fidèle à la cause gibeline ; la branche cadette, que l'on désigne sous le nom de Habsbourg-Laufenbourg, embrassa la cause guelfe et ne tarda pas à décliner; elle est la souche de Lu seconde famille de Kibourg, que nous aurons l'occasion de rencontrer plus tard dans l'histoire de Berne. Albert, qui avait épousé Hedwige de Kibourg, mourut en Palestine en 1239. Son illustre fils, Rodolphe, né en 1218, hérita des biens patrimoniaux des Kibourg.

Presque seul des grands seigneurs de la Haute-Ailemaipe, Rodolphe se déclare en niveur des Hohenstaufen ; Zurich, Berne, Luoeme, Soleure, Schaiïhouse, Uri,

pagna jusau'à Vérone le dernier rejeton des Hohenstaufen^ l'infortune Conradin, qui devait périr l'année suivante a Naples sur Téchafaud dressé par Charles d'Anjou. Cette attitude ferme accrut la considération que les communes urbaines et rurales de la Haute-Allemagne portaient a Rodolphe de Habsbourg. Sïl témoigne de la udélité dans ses alnances. d'autre part le futur empereur se montre très avide ; son cousin Hartmann le Jeune, mort en 1263, laissait une tille unique, Anna de Kibourg ; Rodolphe en ayant été nommé tuteur la maria à son cousin Ebierhard de Habsbourg-Laufenbourg et détermina sa pupille à lui vendre les biens qu'elle possédait dans les cantons actuels d'Argovie, de Zoug, Lucerne, Unterwald, ainsi que ses droits sur Fribourg. Il se fit céder encore plus tard, par Eberhard et par son frère Gottfried, Sempacb. Willisau, Unterwald et Schwyz. Dans sa cupidité, il mettait de côté les (égards que la parenté aurait dû lui ins- Sirer ; c'est ainsi que, dans le règlement de la succession e Kibourg, il dépouilla de son douaire sa tante Marguerite de Savoie, veuve d'Hartmann l'Ancien et sœur du comte Pierre de Savoie. Il en résulta une guerre avec le Petit Charlemagne à la suite de laquelle il fut obligé de rendre à sa tante le douaire que son mari lui avait assigné (1367). Durant cette campagne les Bernois, quoique en-

Scsia de Rodalpha d» Habibnu

lilea

raltBchiîent à la maison âe Savoie.

Le Petit Charlemagne ne survécut pas longtemps à son triomphe ; usé par une activité ininterrompue, il mourut en 1S68. 11 avait rêvé, comme plus tard Charles-le-Téméraire, de fonder entre l'Allemagne, l'Ilalie et la France nne monarchie appelée i jouer un grand rôle, maie il ne vécut pas assez longtemps pour donner i ses peuples la cohésion nécessaire à ce but. Kribourg resta attaché aux Habsbourg; Berne recouvra son indépendance; lesévËques de Sion, Genève et Lausanne n'avaient pas été réduiU à l'obéissance. Le Paya de Vaud, réuni en un corps d'État, mais sans Lausanne, son centre naturel, devint, bous le nom de baronnie de Vaud, l'apanaEe d'un cadet de Savoie. Les successeurs de Pierre, les comtes Philippe et Amëdée V, n'étaient pas de taille a achever son (euvre. Le fractionnement de la Bour-

Îogne avait déjà préparé la réunion u pays romand au> ligues suisses. La mort de Benhold V de Zàhringen, l'arrêt dans le développement de la Savoie devaient contribuer à faciliter la constitution de la Confédération suisse.

Débarrassé de ses adversaires, Rodolphe guerroie avec plus de bonheur; dans la Suisse orientale, il fait valoir les droits qu'il tenait des Kibourg sur le Ziirichgau. Pour assurer la sécurité des routes <fui, de l'Alsace, conduisent dans les Grisons et en Lombardie par Zurich, les Marches de Schwyi et le Gaster. il assiège, avec le concours des Zuricnis, les châteaux que possédaient les Toggenbouw et les Regensberg ; ces seigneurs font leur suumissioD, Rodolphe soutint aussi une longue lutte contre l'évéque de Bâie, au sujet de la

Sssesslon de Rrisach et de Rheinden. Durant le cours de l'été 1273.

il avait, avec une nombreuse armée, mis le siège devant Bile, lorsque la nouvelle te répandit qu'il venait d'être élu empereur. Il conclut aussitôt une trêve avec l'évéque de BâIe et se rendit 1 A il- la-Chapelle pour son couronnement (31 octobre 1373). La nouvelle dignité qu'il revStail le rendit plus accommodant ; il reconnut les droits de l'évéque de BâIe sur

sui

Brisach et Rheinfelden. L'avènement de ce gentilhomme argovien » la dignité impériale marque une nouvelle phase dans les destinées de la nation suisse.

IL Période héboîque. 10. Prélude de l'affranchinemenl lUtWaldtlâtlen. Les origines premières des trois cantons primitifs, connus sous le nom de Waldstâtten, sont distinctes. C'est au Vin<siècle.en732, que le nom d'Uri est mentionné pour la première foi* aana l'histoire. Un siècle plus tard, Louis-le-Hermanique lit don du pays d'Uri au couvent de Saint-Félix et Sainte-Régule à Zurich. La donation ne portait pas sur tout le pays, car, au XIII' siècle, on voit figurer parmi les grands propriétaires fonciers de la vallée de la Reuss le chapitre de Beromûnsler. l'abbé de Wettingen et d'autres maisons religieuses, ainsi que les comtes de Rapperswîl, les sires de Belp.de Hasenbourg, de Grilnenberg, de Hombourg, d'Utiigen et surtout les sires d'Attingnausen. Au milien de ces seigneurs eccléaiaeliques ou laïques, de simples hommes libres avaient réussi à conserver des terres franches. Les terres de l'abbesse du Fraumûnster, de Zurich, étaient administrées par quatre intendants (Mcier) résidant i Alldorf. BQrglen, Erstfeld et Silenen. Dans le sceau des Mejer d'Erstfeld on trouve une léle d'aurochs ou taureau sanvage, laquelle, dans la suite, est devenue l'armoirie d'Uri. Avec le temps, les compétences de l'smman royal se développèrent au détriment de l'activité du Meier. Les serf» du couvent de Zurich avaient une situation privilégiée, se rapprochant beaucoup de celle des hommea libres. Les serfs de l'abbaye de AVettingen jouissaient aussi d'une situation préférable à celle des serfs relevant de seigneurs laïques. Au XIII* siècle, plusieurs autres couvenls : ceux de Rathausen prés de l^uceme, de Kappel, de Huri. de Saint- Urbain, avaient acquis des terres dans le pays d'Uri. Entre ces populations, de situations juridiques diverses, il eiietait des liens ; c'était la possession en commun de forêts el de pJluragea. Tous les gens de la vallée. nobles et roturiers, hommes libres et serfs, s'assemblaient à époques régulières pour délibérer sur leurs intérêts

"— >. De l'unité de vie économique devail sortir plus

Ité de vie politique. C'est dans ces droits que 'origine des libertés sociales des Ura

tard 1

peut appi^ier par li l'importance que la donation de Louis- le-Oermani que a eue sur les destinées de la

Les terre* de l'abbaye de Zurich étaient soustraites k

d* Klbonrg raodant la Juitice (Qaaveraammlaag) BUrgarbibllothak. La«*rDp.

la juridiction comtale et placées aoas la protection de l'empereur. L'avoué Impénil venait deux fois l'an rendre justice sous le tilleul d'Xltdorf. Cette» " '

SDI

par lea Lenxbourg, puis pKr les TAhriagea ; plus tard, elle nit coaGée par l'empereur Frédéric 11 à non fldéle partisan le comte Rodolphe de Hababourr; celui-ci ayant hérité des Lenibourg le comté de Zurich, les hommes libres couraient le risque de se voir traités en simples sujets de la maison de Habsbourg.

La première mentiou du pays de Schwyi se trouvedans im acte du 99 août 072, [ur lequel l'empereur Othon II confirme i l'abbaye d'EinsiedeIn des donations faites par

sui

La situation politique des Unterwaldiens était inférieure à celle des Schwyiois. Leur pays était séparé en deux parties par les ramifications du Titlis et le Kemwald ; d'un câté. le Nidwald avec Stans ; de l'autre, l'Obwald avec Sarnen. Cette division, basée sur !e partage dea eaux, a persisté jusqu'à nos jours. C'est une contrée fertile, anciennement cultivée, et parsemée d'un grand nombre de métairies. Les couvents de Luceme, Hurbach, Beroet Engelberg, ainsi que les comtes de Habsbourg

— j père, parmi lesquelles se trouvent des propriétés situées à a Quittes >, dans le Zûrichgau. La contrée était habitée fier un grand nombre d'hommes libres, petits "' ' :s fonciers jouissant d'une complète indepenle et d'une certaine indépendance politique, ne

côté des hommes libres, U javait, dans le paya de Schwyi, ' <BcouventBd'Einsiedeln,deScnBnni9,deMuri,

propriétairi

d'Engelber^ et de Kappel, ainsi qui

bourg et de leurs héritiers, les Habsbourg-LaufenbourR.

fabsboui Ces hommes libres, constitués en «'Marlgent Bchaft 1, avaient le sentiment de leur dignité et ul . domptable ténacité; on les vit soutenlrdes luttes séculaires contre les m< '

ih:, vu lcb tu bou

m a'EinsiedelD.

<~almllé (Isa ArcblTas fédéral*! d'aprèi l'orlglpil conaarvi aux

y possédaient des terres ; à câté de leurs vassaux vivaient

des hommes libres, mais en moins grand nombre qu'à Schivvt; ceux-ci étaient concentrés principalement aux en vire us de Sarnen. Enfin, comme à Uri, il y avait une noblesse locale, composée des chevaliers de Sarnen, de Buocha. de Winkeiried, de Wolfenschiessen et de Walterabers, de Hunwil, de Tottikon, etc. Mais il n'existait pas de liens entre ces classes sociales ; il n'y avait pas d'Allmend commun, ainsi qu'à Uri et i Schwyi. Politiquement, l'Unternald fiiiaait partie du Zùrichgan; il se trouvait ainsi sous la domination des Habsbourg et n'était pas au bénéfice d'une avouerie impériale comme Uri et Schwyi. Dana une bulle pontificale du 38 août 1347, les gêna de Samen aont roeotionnéa comme a'étant soulevés en même temps que

SUI

SUI

les Schwyzois eoDtre le comte de Habsbourg- Laufenbourg.

L'origine de la communauté d'Unterwald demeure encore obscure ; tout ce que Ton peut dire, c'est que la réunion des paroi-ses de Stans et de Buochs eut lieu avant 1261, car elle est mentionnée dans une lettre du prévôt de Lucerne portant cette date. Quant aux six oaroisses de TObwald, leur réunion en une communauté est antérieure à 1291, puisqu'au moment de la conclusion du pacte du l*r août, ia valide inférieure (Nidwald) et la vallée aupé' Heure (Obw<ild) apparaissent comme formant une grande communauté et possédant un sceau avec la légende: Universttas hominum de S tannes et vallis supertoris.

Les gens desWaldstâtten n'avaient primitivement d'autre ambHion que le maintien de leurs droits ; plus tard, lorsque la lutte eut excité leur ardeur, ils songèrent à une émancipation plus complète et s'efforcèrent d'atteindre ce résultat par des moyens légaux, en invoquant l'appui de l'empereur. Dans cette voie laborieuse, ce sont les Uranais qui ouvrent la marche. Le 26 mai 1231 , accueillant leur requête, le roi Henri, qui occupait la réprence au nom de Tempereur Frédéric II, écrit à ses « fidèles gens «le la vallée d'Uri qu'il les avait rachetés de la sujétion du comte Rodolphe de Habsbourg (l'Âncinn) et leur promettait de ne jamais les détacher de Tempire ». Le commerce commençait précisément alors à employer la voie du Gothard et l'empereur avait un intérêt évident i conserver Hous sa dépendance directe un passage aussi important. Ce fait ne fut pas sans exercer une réelle influence sur la détermination de l'empereur. Dix ans plus tard, Frédéric II étant en Lombardie en lutte avec le Saint-Siège, eut besoin, pour maintenir ses relations avec l'Allemagne, que non seulement le Gothard et la vallée d'Uri, mais encore les voies d'accès du Gothard fussent terres d'empire ; comme le comte Rodolphe de Habsbourg-Laufenbourg avait pris parti pour le Saint-Siège, les Schwyzois en profitèrent pour envoyer une délégation A Paenza, où se trouvait Frédéric, afin de témoigner de leur attachement à l'empereur. En reconnaissance de leur loyalisme, Frédéric II leur remit, en décembre 1240, un document par lequel il déclare qu'il les prend sous sa protection spéciale et sous celle de l'empire comme hommes libres, et (\u*k aucune époque il ne permettra qu'ils soient soustraits a la souveraineté de l'empire.

11. Le Pacte de i29i. Les gens des Waldstâtten avaient habilement profité des troubles du règne de Frédéric II pour améliorer leur situation politique. A Frédéric II succéda son fils Conrad. Durant le long interrègne qui suivit la mort de Conrad, le comte Rodolphe de Habsbourg prit en Suisse une position de plus en plus prépondérante. En l'absence d'un avoué impérial, les Zuricois sollicitèrent sa protection ; à la requête des Uranais, il vint siéger au milieu d'eux comme juge, en lieu et place de l'avoué impérial, et rétablit la paix dans leur vallée que troublaient les factions (1257-1258). Prudent et opportuniste, mais ferme dans ses desseins, il poursuivait avidement ses intérêts ; de condition modeste, il ne portait pas ombrage aux princes de l'empire ; c'est ce qui le recommanda à leurs suffrages.

Une fois parvenu au pouvoir suprême, il se plaça audessus des querelles des Guelfes et des Gibelins, et fit la paix avec l'Église. Fort de l'appui de cette dernière il attaqua le roi Ottokar de Rohôme, oui s'était emparé des provinces d'Autriche, de Styrie et ae Carinthie. Il battit son rival au Marchfeld, prés de Vienne, le 26 août 1278, donna ces duchés à ses fils et transporta sur le Danube le centre de gravité de la politique des Habsbourg. Quoique sa maison fût devenue une des plus importantes de l'Allemagne, l'empereur Rodolphe ne perdit nullement de vue son pays d'origine ; il cherchait, par tous les moyens, a y étendre ses possessions. Ses conquêtes se faisaient généralement à prix d'argent ; en 1288, on le vit cependant assiéger la viUe de Berne, ^ui demeurait fidèle a la Savoie. Les Bemeie éprouyâ^nt a la Schosshalde une sanglante défaite, mais leur cité conserva sa dignité de ville impériale.

L'une des principales annexions de l'empereur Rodolphe fut la ville de Lucerne, qui lui fut cédée par l'abbaye de Murbach, en Alsace, dont il avait été l'avoué. Il acquit aussi la vallée de Glaris et celle d'Urseren qui enclavaient les Waldstâtten.

Les Habsbourg et l'abbaye de Murbach possédaient un grand nombre de terres dans le Nidwald et TObwald ; les nommes libres de cette région étaient dans une situation précaire, oui développa les germes d'un mécontentement prêt à éclater. De lourds impôts et des levées de troupes étaient pouiles villes et les campantes la conséquence de 1 eziension de la puissance des Habsbourg.

Telle était la situation lorsque l'empereur Rodolphe mourut à Spire, le 15 juillet Vm. Heureusement pour les gens des Waldstâtten, l'empereur n'avait pas assuré à son fils Albert la succession au trône impérial. Quinze jours

Rlus tard, les représentants d'Un, de Schwyz et de iidwald se réunirent et renouvelèrent solennellement l'alliance conclue vers le milieu du siècle. Le document où ils fixèrent les conditions de cette alliance se trouve encore dans les archives de Schwyz, muni des sceaux d'Uri et d'Unlerwald ; le sceau de* Schwyz manque ; ce document est rédigé en latin. A teneur de ce pacte, « les hommes de la vallée d'Uri, de la communauté de la vallée de Schwyz et la communauté de la vallée inférieure d'Unterwald, considérant la malice des temps et à l'effet de se défendre et maintenir avec plus d'efficacité, ont pris de bonne foi l'engagement de s'assister mutuellement de toutes leurs forces, de se prêter secours et bons offices, tant au dedans (^u'au dehors du pays, envers et contre quiconque tenterait de leur faire violence, les inquiéter ou molester en leurs personnes ou en leurs biens ».

En cas de discorde, les Confédérés les plus prudents interviendront par arbitrage, à l'exclusion de tout juge étranger, pour aplanir le différend. D'autres danses du

S acte visaient le châtiment des malfaiteurs et l'exécution es jugements civils. Les services que chacun doit à son seigneur, selon sa condition, étaient réservés.

uiette alliance était perpétuelle ; on ignore où elle fut signée. Le document est également muet quant au nom des mandataires des trois cantons. Quelques semaines plus tard, le 16 octobre 1291, une alliance fût conclue entre Uri, Schwyz et le conseil de Zurich ; on y voit figurer comme représentant d'Uri le landamman Arnold Meyer de Silenen, et comme mandataire de Schwyz le landamman Conrad Ab Iberg. Le traité instituait un conseil chargé de statuer pour le cas où une demande de secours serait formulée par l'une des parties contractantes. Le titre honorifique ae sire, donné à quelques-uns de ces mandataires, semble indi(|uer au'ils occupaient un rang élevé dans l'échelle sociale. Il est intéressant de constater que ces revendications d'indépendance ont eu pour promoteurs des hommes appartenant aux classes supérieures du peuple.

Le .contenu du pacte de 1291 montre que ses auteurs étaient des gens d'expérience. La ligue que formèrent les représentants des trois cantons forestiers était, selon toute probabilité, secrète ; un grand nombre d'habitants du pays n'en eurent pas connaissance ; les conjurés n'étaient point cependant des révolutionnaires ; ils voulaient seulement, au moment d'un changement de règne, sr prémunir contre les actes de violence auxquels ils étaient exposés ; leur but était essentiellement conservateur. D'autres ligues se formèrent, dans le courant du même siècle, entre les villes du Rhin, du Nord de l'Allemagne et de la Souabe ; mais, conclues pour un temps déterminé, elles n'aboutirent pas à la création d'États ; la ligue des Waldstâtten, conclue pour un temps indéfini (alliance per-

Sétuelle), avait une tout autre portée; c'est ce qui ressort u texte même du pacte. Non seulement les Confédérés se promettent assistance contre les ennemis du dehors, mais encore se prémunissent contre les troubles intérieurs, et, pour éviter les interventions impériales, prévoient un système d'arbitrage en cas de confiit. Us posent aussi certains principes fondamentaux de droit pénal ; Us interdisent aux lésés de se randre justice eux-mêmes et assurent la répression des délits.

12. Les traditions nationales relatives à Guillaume Tell et au serment du Grûtli. Les anciens historiens faisaient remonter l'origine de l'indépendance des Waldstâtten à des événements de dix-sept ans postérieurs à ceux qui viennent d'être rappelés, ce qui s'explique par le fait que le traité de 1291 est demeuré longtemps inconnu dans les archives de Schwyz. Des récits, se transmettant de père en fils, ont donné lieu à la formation des poéti-

SCI

3ue< léiKnde* qui ont rendn i jamaii célébrei les nom* e Gnillauiiie Tell, de Walter Furet, de SUuffacher et d'Arnold de Melchthal, ainii que celui de II verte prairie du Grûtlj.

A la &n du XV* siècle, au marnent où tei Sujsbbh faisaient reteatir l'Europe du bruit de leurs eiploit*, vers l'sn 1470. on constate l'exiatence d'un chiDt qui rapports exclusivement au pays d'Uri et i Guillaume Tell rorigine de Is Cou fédéra ti ou. A cette première version de U tradition populaire s'en ajoute une seconde, datant de la même époque, où les «venlures de Tell sont représentées BOUS un aspect ditTérenl, C'est l'œuvre d'un chroni-

se trouve déposé dans les archi en scène Walter Fùrst, Arnold de Uelchlhsl et StauOacher. Il raconte sur les uns et lei autres diverses anecdotes qui Jettent un jour odieux sur les agissements des baillia autrichiens, auiquels il donne les noms de Geasler et de Landenbe^. Le chroniqueur oppose le* procédés débonnaire« de Rodolphe de Habsbourg 1 U dure tyrannie des twillis envoyés par ses successeurs.

C'est ainsi qu'il raconte qua le bailli de Sameo, Landenberg. avant appris qu'un habitant du Melchthal possédait un bel attelage de bœufs, envoie un de «e* valets pour s'en emparer en lui bisant dire que les paysans pourraient traîner eui-mèmes leurs charrues. Le flls do paysan, s'opposant à celte spoliation, blesse le valet et crmigDant la vengeance du bailli, prend la fuite. Landenberg donne l'ordre de crever les yeux du vieux paysan et lui confisque sea bien*.

Puia le chroniqueur transporte ses lecteurs i Alliellen. oit vivait un respectable pajàan dont la femme était fort jolie. Le sei^eur de 1 endroit (Wolfenschiesseu) s'en éprend, et en l'absence du mari qui était allé au bois, veut contraindre la paysanne â prendre un bain avec lui ; celleci refuse; le mari, venant sur ces entrefailes. dans sa ne colère, tue d'un coup de . Dans le même temps, lit- ... il y avait à Schwyi un s'était construit une confortable maison de pierre. Le bailli Gessier venant à passer appella Stauffacher et lui demanda avec arrogance à qui était cette Jolie demeure. La nuniére dont la queatioo lui avait été posée le pion-

ri dans l'inquiétude et. sur le conseil de sa femme, il part de ses préoccupatiooa i ses ami», Fîirat, d'iîri, et Arnold, de Melchthal ; c'est ainsi que ces trois cbsmpions se réunissent avec d'autres hommes et tiennent des conciliabules secrets en un endroit appelé Rudli ou Riitli. Apréal'Obwald, leNidwaldetSchwïi, Uri fournit;' --

par une bntaisie detyran. prescrit, aona peine d'amende, que l'on rende hommafie à un chapeau placé au sommet d'une perche. Or il y avait un brave homme qui s'appelait le Tholl, lequel s'était enfjagé par serment avec Stauffacher et ses compagnons ; il passait souvent d'ici de là devant la perche, et ne voulait pas saluer le chapeau placé dessus; Gessier en aysnt été informé, lit venir Tell et loi demanda le motif de sa conduite. Celui-ci chercha à s'excuser. • Si j'avais de t'csprit. dit-il, je m'appellerais autrement et non pas le Tholl • (le simple, le benêt). Or Tell avait la répuUlion d'i^tre un habile tireur ; et pour le punir de sa réponse, Gessier lui donna l'ordre de prendre «on arbalète et d'enlever avec sa flèche une pomme que l'on plaça sur la tête de son lils. Dans l'impossibilité de résister à ott ordre, il visa la pomme et la dt tomber de la tête de l'enfant. Geaaler. voyant alors qoe l'archer avait une autre flèche cachée sous son pourpoint, lui demanda ce qu'il comptait en faire. L' cher chercha à se dérober, mais le bailli insistant et promettant qu'il aurait la vie sauve, il répondit

sm

lui

... iSi

s atteint mon fils. J'aurais dirigé celte néche contre toi ou l'un des tiens. • Là-dessue, le bailli &t garrotter Tell, et ils s'embarguArent ensemble dans la direction de l'Aien. Un vent foneux s'étant levé, ses valets demandèrent au bailli de faire délier Tell, qui éUit un habile batelier. Saisi de peur, Gessier dit à Tell : ■ Si tu veux nous sauver, je te fais délier. > L'arcber répondit : > Je le veux bien • ; il se mit aux rames, surveillant de l'<eil son arbalète ; arrivé devant la pUt«-lbrme qui porte aujourd'hui sou nom, il

saisit son arme, s'etance â terre d'un bond et repousse le bateau. Il traverse le pays de Schwyz et se rend au chemin creux de Kfissnacht oti il attend le bailli qui avait réussi â débarquer, le perce mortellement d'une flèche et revient par la mont^fne dans le pays d'Uri.

Le chroniqueur raconte ensuite comment Stauffacher et les conjurés se rendirent maîtres des châteaux du Zwing- Uri. de Sarnen, de Stans. de Schwyi cl de Itollbei^.

Des docoments plus anciens ont servi de source à l'auteur du Livre blanc. Leurs auteurs rappertent les méfaits commis par les ofHciers des Habsbourg, méfaits qui provoquèrent un soulèvement populaire et la destruction du château de Lowen ; mais ces anciens chroniqueurs ne parlent ni de Gessier, ni de Tell.

Le chant de Tell, composé un peu après les guerres d'Italie, au moment oii les Suisses faisaient retentir l'Europe de leun exploits militaires, servit de base aux récits de deux chroniqueurs lucernoia. Uelchior Buss (1482) et Schilling (1510). Dans cette ballade, comme dans le vieux drame de Tell, qui remonte au XVI* siècle, on voit figurer Tell a la première place, tandis que dans le

Livre blanc il n'eat qu'un personnage secondaire, un des compagnons de SlaulTacher. La tradition d'Uri lait de Tell un des trois conjurés; il preod la place de Furat.

Schilling attribue au sire de Seedorf le râle de Gessier; Rusa place à la TellaplattI le meurtre du bailli. Ces variantes prouvent qu au commencement du XVl* siècle la légende était peu fiiée.

Le récit contenu dans le Livre blanc fut reproduit par le chroniqueur Etterlin, dont l'ouvrage, paru a Bile en 1507, devint, dans aes traits principaux, la tradition régnante et l'emporta sur la version de Schilling. C'est à cette légende que le célèbre Ëgide Tschudi, de Glaru, accorde la préférence. Pour colorer son récit, il donna deB indications très précises sur les héros, sans qne l'on puisse trouver la source où il les a puisées.

La version de Tschudi fut suivie par les auteura subséquents et notamment par l'illustre Jean de Hiiller. au' quel le serment du Grûtii doit la gronde place qu'il a prise dans notre histoire nationale- La critique historique cependant s'empara de ce sujet. En 1607, Guillimaonet, et plus lard, dans la première moitié du XVIIl' siècle, deux Bâlois, Christian et Isaac laelin, expriment des doutes sur la légende de Tell ; en lla^, Emmanuel de Haller, dans une lettre à son ami Freudenberg. met en question l'authenticité du récit de

Sc«*a de Jean 1> Parricide, 13DS,

intitulé • GuilUume Tell, Table danoise ■, qui Tut livré au( flimmei sur l'ordre du gouverDenient d'Uri; Félix BsIlhaBar réédita les argumente de Freudenberg. La légende ressortit aDermie de cette polétnique. jusqu'au XIX* siècle, où l'historien Kopp, de Luceme, montra que l'apologie de Balthaaar reposait sur des documenta controuves et porta à la légende des coups dont elle ne devait plus se relever.

Après Kopp, les professeurs Hiselj, de Lausanne, Rilliet et Vaucher, de Genève, G. de Wyse et Mever de Knonau, de Zurich, Vischer et Bemoulli, de Bâle, Gialer, d'Uri, s'occupèrent de la question. La polémique, très vive, très passionnée au début, prit avec le temps des allures plus conciliantes. On a compris que si des documents authentiques sont indispensables pour éteblir un fait, on ne peut conclure de l'absence de documente qui peuvent s'être perdus, qu'une légende est dépourvue de tout fondement. Des incendies ont fréquemment détruit des documents orUciels, en sorte que l'hiitoire positive présentede larges lacunes. Cependant la destruction de certains châteaux est une preuve des conflits nombreux qui s'Élevèrent sinon en l'année 1308 exactement, du moins dans les années qui précèdent, lors du soulèvement qui suivit la mort de l'empereur Rodolphe. Il n'est donc pas impossible, quoique aucun document ne l'éteblisae, qu un Uessler ait été bailli à Altdorf ou à Schwyz ; les chroniques mentionnent un Gessler qui occupait ces fonctions en Arcovie, en 1400, mais il n'est pas impossible qu'il ait résidé a Kiissnaeht, car, jusqu'en 1347, tes chevaliers de Kûssnacht tenaient ce cnâtesu en flef des Habsbourg.

• Dans l'histoire de Tell, écrivait il y a quarante ans le professeur Geoi^es de Wyss, on trouve une fable d'une haute antiquité, qui Sgu^ dans les ballades populaires de divers peuples germaniques. Des souvenirs d'événements locaux se sont ajoutés i ce fond primitif, si bien qu'il est impossible ae séparer le vrai et le bux et de distinguer les faite réels sans se livrer à des conjectures arbitraires. Depuis cent ans, la critique s'est en vsin donné cette tâche. Il n'y a aucun motif valable poar mettre en doute l'eiiatence d'un événement historique auquel la légende se serait attachée. • De son côté, M, Dandliker dit. et ce sera aussi notre conclusion ' < On ne peut conclure ni à l'authenticité, ni à la complète inauthenticité de l'histoire de Tell, n

13. B'ilailfa de Morgartm, pacte de Brunnen (1315;. A Rodolphe succéda Adolphe de Nassau M302). Il éteit

de la maison d'Autriche ; aussi n'hésila-t-il pas à renouveler aux Uranais et aui Schwyiois les privilèges que Frédéric II leur avait accordés. Malheureusement pour les Confédérés, Adolphe de Nassau perdit la vie à la bataille de

Gbilheim, non loin de Worms ;

vsl Albert d'Au-

SUl

encore que son père ; les priviléses de Berne, de Zurich et de Luceme ne furent pas conlirméa ; les terres d'empire furent traitées comme si elles avaient été des provinces autrichiennes. Cependant, contrairement à la tradition longtemps admise, suivant laquelle il aurait envoyé dans les Waldalàtten des baillis étranger*, les sources établissent que le pays ne cessa d'avoir à sa tête des magutrate de son chou, appelés landammans. On trouve à Uri Wemer d'Atlinghausen et à Schwyz, Rodolphe SUuffacher. On trouve pareillement, et cela potir la première fois, un landamman dans l'tlnterwald. Il porte le nom de Rodolphe d'Ettisried, L'empereur, qui pendant les premières années de «on règne paraissait absorbé par le gouvernement de l'Autriche, correspond avec les landaromans des Waldstâtten. Durant les dernières années. de 13(>t à 1308, un changement se serait-il produit dans leurs rapporte? L'absence de documents ne permet pas de se prononcer sur ce point, mais rien ne laisse supposer qu'Albert d'Autriche ait étebli des baillis dans ces contrées, ~" traité tyranniquement les habitente ; il est t~'^~

CDSsible toutefois onfédèrés aient eu à soufTrir d'ui treindre leura prérogatives.

'"-— — it refusé* son nevei

< tend an

Rodolphe, les

Albert avait refusé A son neveu Jean l'héritege qui lui revenait de son père et s'opposait i ce qu'il fit valoir les droits qu'il tenait de sa mère, la fille d'Otlokar de Bohème. t^ouBsè à bout par ces injustices, le jeune duc, aidé de quelaues seigneurs argoviens que la cupidité du roi avait également révoltés, ae jette sur son oncle et le frappe i mort au moment où, séparé da son escorte, il passait la Reuas en bateau (mai 1306). Par bonheur pour les Waldstâtten, le successeur d'Albert au trône impérial ne fiit pas un Habsbourg ; le choix des électeurs tom* ba sur Henri VII de Luxembourg. A la demande des Confédérés, ce monarque, comme Adolphe de Nagaaii, com-

UgJlae ds KODigsrsldeD,

oonitruite an ordre d'Ellubsth d'AutrirlM n lieu ob fut

aaiiHlD* rsmiHfreur Albart.

(Kstampa du Uuaéa Dit ion si, Zarieh).

lirma leurs lettres de franchise (3jiiinl30B) et étendit au pav9 d'Untertvald les foveura précédemment accordée* par Frédéric II â Uri et à Schvvyt. Les trois cmniona pri-

mitibcetrouraieDIai , .

teint le but de leur alliance de 1301. I de Zurich, WÏDterthour, Zoug, Lucerne, Sempsch, firei

Le régne de Henri de Luiembourg dura peu. Durant Tinterrigne qui anivit, les Scnwyzois entrèrent de nouveau en lutle avec lea moiuea d'Einsiedeln au sujet des limites de leur* alpaget; avant attaqué le couvent ils furent eicommuniéa par I évéque de Constance et mie au ban de l'empire, ainsi aue leurs alliés d'Uri et d'Unterwald. Les compétitions dont la couronne impériale était l'objet et rioalemeat l'avènemeat au trâne de Louis de Bavière (10 août 13H) dersient encore une fois détourner des Conrédérés le danger qni les menai;ait. A Is demande du nouveau roi, l'archevEque de Hajence leva l 'ex communication prononce contre tes Waldstâtten ; le IT juillet 1315 il lança de Munich un décret annonçant qu'il avait levé le ban prononcé contre eux.

Cependant le troisième û[a d'Albert, Frédéric le Beau, compétiteur de Louis de Bavière, avait maintenu ses prétentions à la couronne impériale, et ganté à sa cauae les villes impériales de Zurich, Bâle, Saint-Gall. ainsi qu'un grand nombre de seigneurs de la Haute- Allemagne ; il avait aussi usurpé le titre de roi (1314). Berne et Soleure demeure.

A T'inlerrégne succéda ainsi un schisme. Les Waldstâtten étaient géographiguement séparés de leur protecteur, l'empereur Louis, par les domaines lie l'a nti- empereur Frédéric et de ses alliés. Le frère de ce dernier, le duc Léopold. landgrave d'Alsace, était décidé à réduire à lobéissance les turbulents montagnards et à tirer vengeance du sac d'Einsiedelo. Au mois de novembre 1315, il concentra son armée à Zoug et marcha contre Schwyz. De leur câté, les Confédérés se préparaient à la lutte ; ils avaient construit un retranchement oui barrait complèteineutles routes de Zoug et de Kûssnacht, Au nombre o , ,,, j „ iletreiieàquiniecents, les gens dea Waldstâtten veil- Bai»>iw oe Morgan Uient i leurs frontières et invoquaient avec ferveur l'anpui du Tout-Puissant.

e du duc a été estimée â 20000 hommes, mais le | g:arten, etc. Lea cavaliers s'avançaient en tête, comme s'il

e partie de chasse; les fantassins étaient en arrière ou se dirigeaient vers le but I par d'autres chemins. La disposition des I lieux avait obligé les Autrichiens à se I former en colonnes, au lieu de se présenter en ordre de bataille, lis n'avalent pas cru nécessaire de reconnaître à l'avance le terrain. Depuis le lac û'JEerl jusqu'à la frontière de Schwji, I route, dominée par les hauteurs de . Morgarlen, traverse un étroit défilé. C'est là que les Confédérés attendaient leurs adversaires ; à leur arrivée, une grêle de pierres adroitement dirigées I jette le désarroi dans les rangs des I Autrichiens; une stlaquede front, com- : binée avec une attaque de flanc, achève I la déroute. Le nombre des hommes qui perdirent la vie dans celte journée a été évalué, sur le dire de Jean de Winlerlhour, à 1500, sans compter ceux qui se novërent dans les eaux du lac. Par suite de la mort de ces chevaliers, dit ce chroniqueur, il y eut dans les pays voisins grande pénurie de gentils, hommes, car ce furent presque exclusivement des nobles qui périrent ; Ir' fantassins, qui avaient suivi d'autrt sentiers, en apprenant le massacn s'enfuirent sans avoir pris part au con bat. Le duc Léopold, dit le Glorieu:

échappa par miracle à cette boucher!

et a enfuit, fort honteux d'avoir éU défait par de simples paysans dont la tactique avait été supérieure à la aienr"

3aitte Zoug, sairi d'un brillant cortège, dans les rangs 1 Pour commémorer le souvenir de la bataille de M< uquel tlgurait l'élite des chevaliers de la Haule-Allema- garten, lea Schwyzois d'une part et la ISociété des Ollicii gDe,le*Toggenbourg, le8Landenberg,leBKibourg,les Bon- I de Zoug de l'autre, ont tenu à élever un monument i

BiUills da Horgartsn, 13 Dovembr* 1315 {d'après la chrunique da Sobillioi

SUI

l'eraplacemeot où teura aïeux ont vaincu les Autrichieoa; la balaille ayant commence sur le territoire d'un des canroD8 pour ie terminer sur celui de l'autre, ils n'ont pu s'entendre sur le clioîi de remplacement; il en réauite qu'au lieu d'un monument il y en aura deux qui sont aujourd'hui à la leills d'Mre inaugurés,

La baUllIe de Uorgarten consacra l'alliance de 19&1 entre tes Conrédérés ; le sang versé en commun pour la rause de l'indépendance scella à tout Jamais leur ligue. Trol» mois après ce sanglant baptême, les repréientanls

sm

paix coniacrait en quelque sorte la qualité de aujets direct* de l'empire que les Conrédérés avaient acquise.

1i. Déclin de la féodùlité. kn XIII- siècle, le pouvoir impérial s'affaiblit ; en même temps le besoin d'indépendance s'affinne de plua en plus. Le peuple cherche progressivement ■ s'émanciper,

A la bataille de Morgarteo, un grand Dombre de gentilshommes avaient trouvé la mort ; ce fat ponr la noblesse de la Suisse allemande une perte irréparable. Le développement de la vie commuiMle marqua l'avè-

■ilemeal du pacte da li

Il fàdsratei

I l'otlgtDSl}.

d'Uri, de Schwj); et d'Unterwald se réunirent à Brunnen pour renouveler les engagements de leurs commettants et pour substituer au pacte secret en langue latine un pacte publié en langue allemande. Le pacte de Ilrunnen, du 9 décembre 1315, est une première revision fédérale. Il se distingue de celui du 1" août 1391 par deux clauses qui marquent les progrès fails par l'idée fédérative et qui préparent la voie à une autonomie plus complète. 11 f est stipulé que la politique extérieure et les affaires intéressant les trois par» seront discutées en commun et

Ju'aucun d'entre eux ne doit, à l'insu et contre le gré es deux sutrea, entamer des négocistions avec l'èlranger. En second lieu, tout en décidant que les obligations du droit seigneurial sont maintenues il est ajouté ■ dans ce qu'elles ont de juate et de convenable ■ ; le pacte Btinule que tous les individus des vallées sont dis-

tiensés de s'y conformer dans le cas où celui envers equel ils y sont lenua élèverait contre eux d'injustes prétentions.

Les pertes éprouvées à Morgartcn obligèrent le duc d'Autriche à ajourner son projet de revanche. En 1318, il conclut uD armistice, prolongé i pluaieura reprises. Cette

n faclenr impor-

nement de la bourgeoisie, qui devint u tant de la politique.

En raison de circonstances qui lui sont propres, la Suisse devance l'Europe dans cette voie.

Les habitants des communes urbaines se divisaient en diverses catégories. Seuls, au début, les nobles et lec gros bourgeois se repartisaaient les emplois publics. Enrichis par leur travail, les artisans aspirent à leur tour aux droits politiques; ils s'unissent et forment des corps de métier. C'est ainsi que se constituent les corporations') dea tailleurs, des cordonniers, des forgerons, des boulangera. des commerçants, des vignerons, des tisserands, des bouchera, des charpentiers, etc. On les voit apparaitre à Bâle au milieu du Xlll* siècle. L^s corporations com- : des maltrea d'état et de simples compagnons itissage. Des épreuves successives étaient exigées e admis dans les corporations ; parfois aussi la o d'un immeuble était une condition imposée pour l'obtention du titre de maître. Des repas en com-

paloa, )■> CDTporaliona prénnenlle oam <l«cicaiifnriei>;FllMaiil UD ciractén rsligieui al ae placent >ou> le patroDaKB d Bn saint.

en appr.

Stll

leurs gritta. Ils ne tardirent pas à se rendre compte du rôte qa'ila pourraient être appelés à jouer dans les aOail'ea publiques C'est ainsi que tout naturellement les corporations devinrent un centre d'opposition contre Tarislocntîe. qui jusqu'alors avait monopolisé le pouvoir. A partir du XllI* siècle, les villes se développet le commerce trouve de noiiveaui djbouch^a ; l'eiisledevient plus contortable. Un esprit plus libre, plus

Au Xll* siècle, la culture intellectuelle s'était manifeit^

en Europe par la ToadatioD des grande* universités de Paris, Bologne et Oiford. C'est l'apogée de la science au moyen Sge. Les monastères D'en ont plus le monopole. Vers le milieu du XIII* siècle, on voit se former des écoles. 15. Exlennim de l'alliance rfet WaiiUtâlten, entrée de Lueeme dant la Confédération, |7 novembre 1332). Pendant la (^erre de Ifor^rten les viltes de Berne, So-

Picla d

joué, anime les citëa ; les arts sont eo progrès. Les autorités municipalea se préoccupent de la sécurité et de l'hy^ène publiques. Les boucheries, les boulangeries, le* débits de boissons sont surveillés de près ; les blailicateura des vina sont punis d'amendes; des soins de propreté aoDt prescrits ; des ^eta sont préposés à la garde des me« pendant la nuit. La police des mœurs est rigide, le luie des vêtements est prohibé ; à Lucerne après l'Angelus tous le* divertissements, tels que jeui de qtlillea.jeui d'adresse, danses, elc, sont interdits.

P^rmi les prédicateurs célèbres de cette époque on

Ceut citer Berthold de RatisboDoe {1212]. orateur populire qui visita le Dord de la Suiaae.

T novsmbr* 133Ï. lArcbivtt fâdvralu, daprts l'origiDil).

rent alliance ai-ec eur (37 février 1318). La formation de cette nouvelle ligue exaspéra le duc Léopold ; désireux de relever son prestige. Il s'assura le concouis du comte Hartmann de Kibourg, du baron de Weissembourg et du aire Jean La Tour de ChàtïHon, et mit le sièee devant Soleure avec une nombreuse armée composée d'Argotiens, d'Alsaciens, de Valaisana, d'Oberlandais. Les Bernois s'empressèrent d'envoyer des secours aux Soleurois. Ceui-ci auraient peut-être succombé sans une cause fortuite : une crue subite des eaux rompit le ponloue Léopold avait Ikit construire sur l'Aar, entraînant dans sa chute les soldats préposés à sa garde. Mais, par un élan géuéreui, lea Soleurois opérèrent le sauve-

Touché de ce trait, Lëopold leva « ei conclut la pgi-

__ 1327. lei Confec

lieue . .... , ^

WoFms. Spire, Stnibour^, Bâle, Prihourg en BrisExu^ CoDSttace, Ueberliogen, Liodiu et le comte Éberhara de Kibourg.

En iSSi, le landammao d'AttinghauBen, au nom dM Conrédérës et de lenrt alliés de Zunch et d'Ureeren. conclut un Irailé avec le vicaire général de Corne, Pranchino RuBca, au nom de la Léveatine et du val d'Ossola. Par ce traita, chacun des partis s'engage à entretenir sur aoD territoire la route du Gothard.

Les moines de Murbach en Alsace avaient fondé, au VIII' siècle, un modesle couvent au bord de Is ReuEs, à l'endroit où celte rivière sort du lac des Quatre- Canlons ; ils avaient placé cette maison sous le patronage de saint Léodegar ; un pelit village de pécheurs s'était formé aur les terres du couvent ; ce hameau avait pria le nom de Lucerne. 11 s'était accru et avait passé au rang de ville dans le courant du XII' siècle, tout en demeurant, ainsi que quinte localités environnantes, sous

Bodolplie Brun fait icinptci *ax Zurieoia nne première i (Bttrgerblbllolbsk. Lucarae}.

la juridiction de la riche abbaye de Murbach. Un conseil de douze bourgeois assistait le représentant de l'abbé. L'avouerie était conSée au landgrave d'Argovie; c'était dès 1239 la branche ainée des Habsbourg, laquelle se faisait représenter par le châtelain de Rothenbourg. D'importants marches s'étaient établis à Lucerne. Au débouché de plusieurs vallées, i proximité du Golhard, en communication facile avec le Rhin, la ville était bien placée comme centre d'échanges. L'esprit municipal s'y développa promptement. Durant la lutte entre les Guelfes et les Gibelins, le couvent de Lucerne prit parti pour l'empire et entra en hostilité avec l'abbaye de Murbach. Vers la fin du Xllt* siècle, te mauvais état des flnances de l'abbaje de Murbach permit à la ville de racheter une partie des droits seigneuriaui auxquels elle était assujettie. En 1391. l'abbé Berthold de MurWch, à bout de ressources, vendit à l'empereur Rodolphe la ville de Lucerne, ainsi que les biens qu'il possédait dms le voisinage. En faisant cette ecquiaition. la maison de Habsbourg s'engagea envers les bourgeois de Lucerne i respecter les droits dont ils jouissaient sous la domination de l'abbaj'e. Un avoyer, relevant du bailli de Raden, représentait a Lucerne les Habsbourg ; en contact perpétuel avec le conseil de la ville, il ne sauvegardait pas suffisamment les prérogatives des Habsbourg et le bailli de Raden était trop éloigné pour le soutenir. Atin d'obvier k cet inconvénient, les ducs d'Autriche confièrent l'administration de la ville de Lucerne et des possessions qu'ils avaient dans le voisinage à un bailli résidant à Rothenbourg. Cette modification eut lieu durant l'époque de troubles qui précéda Morgarlcn. La victoire de Morgarten Bt une grande impression sur

Crofltant du ftiit que les Habsbourg étaient absorbé» par !ur lutte contre Louis de Bavière. Une association de viDgl-Bi> conseillers, dirigée contre le bailli de Rotheiibonrg. se forma le 29 janvier 1338. En 1330. le conseil de la ville tout entier, avoyer en léte, se constitua en association secrète, en vue de la nomination de l'avoyer et de l'élection du conseil. Jean de Halters et trois antres bourgeois rirent chai^^ de négocier avec le souverain. Le duc Othon, qui succéda à Léopold. maintint aau droit de nommer l'avoyer : en outre le bailli de Rothenbourt exigea la dissolution de l'association (1331). Le conseil refusa d'obéir à cette injonction et, l'année suivante, le 7 novembre 133Q, contracta alliance avec les Waldstàtten. Cette alliance procurait aux cantons campagnards un centre commercial. Les termes de ce pacte ont en une influence prépondérante sur l'avenir de la Confédération. Tandis que les Waldstiitlen étaient sous la mouvance directe de l'empire, Lucerne était encore sous la aotiveraineté des Habsbourg, et prudemment résena leurs droits. Il en résulta qu elle ne put être mise puremenl et simplement au bénéfice du pacte de Brunnen et que les membres de celte nouvelle Confédération ne jouissaient pas de droits identiques. Ce défaut initia! d'égalité dans les droits, que l'on constatera encore dans les alliances subséquentes, empêcha la Suisse, ainsi que le remarque Hilly, de devenir un état fédératif et fut cause qu'elle se développa sous forme de Confédération d'États. Deux villages autrichiens. Gersau et Weggis, furent également admis dans l'alliance. Ce dernier fiit annexé quarante-huit ans plus tard par Lucerne. tandis que Gersau, sans ^tre jamais élevé au rang de canton, resta république indépendante jusqu'en iigè.

pour élre réunie en ISrâ au canton de Schwyi.

La réserve des droits de l'Autriche dans le traité de 1332 était plua ou moins illusoire. En aa qualité de métropole commerciale de la réîgion.

Lucerne ne devait pas tarder, malgré atiiuiiuD, I33â. sa situation juridique inférieure, à

occuper le premier rang dans la ligue helvétique. La conduite des Lucernois fut considérée par les partisans des Habsbourg comme un acte de félonie, aussi lea hostilités recommencèrent avec l'Autriche; mais de guerre lasse, épnisée par sa longue compétition avec la Bavière, celle-ci. abandonna la lutte. En 1331, le duc Othon conclut une trêve avec les Lucernoia et leur fit de nouvelles

Deux ans plus lard, les hostilités reprennent. Les Schwyzois, atta(]ués du cdté de Zoug, pillèrent en représailles les propriétés des Habsbourg. Les Lucernois refusèrent d'accepter les monnaies altérées de l'Autriche et main- " il prononcé en 1330 contre Jean de Malters e'

acceptèrent (13 mai 1336) de s

i'ugement de neuf arbitres choisis i Bâle, Berne et Zurich. .a sentence qui intervint leur donna tortj mais, d'autre part, elle oonllrma lea franchises dont ils jouissaient. Il y avait à Lucerne des bourgeois qui déploraient l'alliance avec les cantons forestiers : un complot ourdi par les partisans de l'Autriche fut découvert dans la nuit de la Saint-Jacques. Le chroniqueur Etterlin raconte que les conspirateurs, qui portaient comme signe de ralliement des manches rouges, furent surpris par un jeune garçon que l'on menaça de mort s'il ne prenait rengagement de ne répéter à âme qui vive ce qu'il avait vu. H lit la promesse demandée, puis se rendit à l'abbaye des bouchers et là, devant quelques consommateurs attardés s'adressa au poêle et lui raconta ce qu'il avait vu et entendu. Aussitôt l'alarme est donnée ; les auteura du complot sont arrêtés et bannis.

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