I. Barg*rbibJiolb«k, Luceros
tromesse que, comme duc d'Orléans, il leur avait faite en tl5 de leur céder ses seigneuries de Locamo, de Lugano et de Belliiizone, le jour où il rentrerait en possession du trône de son aSeule, Mais une fois maître du Milanais, Louis XII ne Ht point lionneur à ses engagements, La querelle s'envenima et 400(10 Suisses passèrent le Golhsnl. Le roi céda alcrs et, p«r le traité d'Arona, du 11 aviil \'Mi. il concéda à perpétuité Bellin/one et le val Blenio aux cantons d'I'ri, Schwyi et Nidwald.
Julien de la Rovère fui élevé à la dignité pontilicale sous le nom de Jules 11. Le nouvel élu avait très à cœur d'agrandir le
etriino.ne de Saint-Pierre et de chasser I étrangers de l'iulie. En IMO il forma une coalition connue sous le nom de Sainte- Ligue, dirigée contre les Français, à laquelle prirent part Venise. Ferdinand i"'
irestiaa des conquérir le Miliinais, rcnt»
avec Venise et passa 1rs Alpes de liOi 00 hommes. Les Suisse chgrgés de la défense de la L lonnerent leura troupes, et, <■ i amx^ uca Français, se replièrent sur Milan; malheureusement leura chefs n'étaient pas d'accord. François i" profita habilement de leur défaut d'entente pour leur faire des offres d'arrangement. Les Beroois, les Soleurois, les Fribourgeois. les Vataisans se tiennent pour sntisraits et rentrent dans leura foyers, malgré les elTorts déployés par le belliqueux cardinal valaisan Matthieu Schinner pour les retenir, LesWsldslàtten et les Glaronnais. au contraire, se prononcent pour le rejet des propositions françaises.
L'armée Irançaise occupait une belle position  Marignan. à di> kilomètres de Milan. L'année vénitienne était a Crémone, à soixante kilomètres de Marignan, prèle à
le T
: Heu
et les Suisi
Sur le conseil de l'évèque de Sion, Matthieu Schinner. au printemps 1512, les Confédérés passent les Alpes au nombre de 1KD00 ; les Pranvais battent en retraite et abandonnent Milan. Matimilien Sforza est rétabli sur le trône de son père. Jules 11 s'intilule le libérateur de l'ilalie et confén; aux Suiujes le titre de Défenseurs des libertés de l'Église. Le duc de Milan abandonna aux légions suisses le val d'Ossola, celui de Blenio et les villes de Beliinione, l.ocarno, Lugano, Mendrisio ainsi que le val Maggia ; les Grisons eurent pour leur part, la Valteline avec les comtés de Chiavenna et de Oormio.
Le !9 décembre 1512, les Suisses remirent Milan à son duc auquel ils souhaitèrent la bienvenue; celui-ci se plaçait en quelquej si protectorat. "Ce jour, dit M. Hitly, '
1, l^l£. Bibliotb^qua
'le'dil
après le départ des combattants des cantons de l'Oue-t,
grands de notre histoire, mérilersit d'être représenté I comptait de 20 à 24000 hommes si
de Marc Roist de Zurich. Ce Tut dans
que ]■ bataille s'engagea le 13 septembre 1515 : elle fiit lerrihte: quoique inférieurs eu nom lire, les
rent ferme; la
nuit loreque l'obBcurité fui complète. Les
nuit au bi-
ire; lerëiultat de la journée n'élait pas dé-
Douvelle de la
victoire des
Le a»rdtnal Matthieu Scbion« aè en IliU. Suisses, lors-
Potlr«ltsiilhenliqued'«pré»un méd.lllon, „\ie des ren-
Mu.i. utionit, Zurich. '^^^ g„[^^.
reut aux Français ; c'était l'avant-garde de l'armée
vénitienne. Les digues qui retenaient le cours du Lambro
furent rampuei par le maréchal Trivulce; l'eau se rë-
5 audit sur le champ de bataille et obligea les Confééré* à battre en retraite. Uana cette journée mémorabie ils perdirent 12000 hommes, plus de la moitié de leur etTectif.
Les conséquences de la bataille de Uarisnan furent capitales pour la Suisse. La Diète ne sg laissa point abattrez elle ordonna la levée d'une nouvelle armée de 29000 hommes alla de sauveitarder les conquêtes que les précédenles campagnes avaient values aux Confédérés. Cependant les cantons occidentaux étaient las d'une lutte qui ne proKtait qu'au pape, à l'empereur et au roi d'Kspagne et dont ceux-ci leur laissaient tout le poids. Frunçois 1" sut très habilement exploiter la situation. Plein d'admiration pour la bravoute des Suisses, il résolut de les ménager et de rechercher leur alliance. Le 7 novembre des négociations fiirent entamées à Genève. Tous les cantons furent d'accord pour signer la paix. Quant i l'alliance française elle fut repoussée par l'ri, Schwyz, Zurich. Bàle et SchafThouse.
Après une année de négociations, l'entente linit par s'élablir. Le traité de Fribour^ du 12 novembre 1516 conservait aux ConKdérés leurs conquêtes en Italie, i l'eiceplion du vai d'Ossola, il leur garantissait des avantages commerciaux et une indemnité de guerre de 100000 couronnes. Les deux pays s'engageaient réciproquement i ne fournir aticun appui a leurs adversaires respectifs. Six ans plus tard, le 3 mai 1521, cette paix perpétuelle était transformée en une alliance offensive et défensive «r laquelle la Suisse accordait à la France le droit de faire une levée de 6000 hommes, laquelle pouvait être portée à 16000. Ces traités ont été renouvelés, dans leurs dispositions essentielles, en lesi, 17 5 et 1777.
Le traité de 1516 devait être le cément de la décadence politique d Suisse; désormais elle tournera dans bite de la France ; elle ne devait recoi son indépendance que trois aiieles plus lard, en 1815.
[II. PËRiobe DE ui Hëforhation. 3t. La Renawance. Quatre faits capitaux ont mis fin au moyen à^e et engagé l'Europe dans Bataille
de nouvelles voies. Ce sont : l'invention de l'imprimerie, la découverte de l'Amérique, la Renaiasance et la Réforme religieuse. L'invention de ]'im primerie permit i l'instruction, jusqu'alm-s apanage d'ut
s peut-être que intellectuel, La un différend e portée bien rs mêmes du
SUl
petit nombre, de se généraliser. Les découvertes maritimes modifièrent les conditions économiques de l'Europe . et quoique la Suisse ne confine à aucune mer. elle en &ubit le contre-coup. La Renaissance eut son noint de départ en Italie ; mats les pays du Nord, plus ceux du Midi, bénéficièrent de ce réveir ' Réforme ne consista pas seulement i doctrinal ; ce tut un mouvement d'i plus générale et qui échappa aux aul
Dans le grand débat entre le trdne et l'autel, le pape l'avait emporté sur l'empereur. L'empire avait subi unt atteinte dont il ne devait pas se relever ; l'anarchie régnait au Nord des Alpes. Les fwpes étaient résolument entrés dans l'arène politique; à l'appel de Jules II. les Suisses étaient accourus en Italie et s étaient constitués les champions du Saint-Siège. Les guerres d'Italie, dans lesquelles les Confédérés furent entraînés, et qui aboutirent au désastre de Marignan, détournèrent du tr«vail les habitants de nos villes et de nos campagnes et eurent ile~ elTeta désastreux sur les mœurs et la prospérité publique.
Le moutement de la Réforme, qui tendait à l'émancipation intellectuelle, marcha de front avec le réveil de? lettres et des arts connu sous le nom de Renaissance. Mais les hiimanisiesse partagèrent; les uns aecondèreni de leurs efforts la Réforme; les autres, imbus des idées de l'antiquité classique, après avoir frayé les voies à la Réforme, s'en éloignèrent, tel fut le cas d'Erasme.
feuple très belliqueux, les Suisses a\aient longtemps dédaigné les lettres et les sciences ; la Renaissance éveilla dans le pays le goût des lettres.
.iui tùliades des Minnesânger et d'Othon de Grandson. aux chants de Halbsuter. aux poésies de Dauer. aux annales des moines de Saint-Gall et de Jean de 'Winterthur. vinrent s'ajouter, au XV* siècle, quelques œuvres poétiques. Leurs auteurs étaient parfois de simples artisans. Tandis que les chants guerriers et les poèmea Ivri- Ïuea fleurissent chei les Suisses allemands, peuple a la jis énergique et sentimenlal, le pays romand, où I'dd aime à philosopher, à railler, donne naissance à de' essais dramatiques. Les églises furent lesjiremiers théâtres ; les clercs et les enfants de chœur joints aux tidèles jouent des mystères ou des moralités. Ln magistrat lan- Annois, Jean Bugnion, compote le roman de • Pier i bras le Géanti, et un curé, Jacques de Bugnin, publie un poème intitulé : i Congé pris du présent siècle •■. A enté de ces œuvres naïves, surgissent les chruni-
Ïueurs : Conrad JustiiiRer. les deux Schilling. Frickard. alère Anselm, Melchior Buss, Etterlin. Frund. Bonatet-
de Marignan, 13 Sept((abr* 16IS. BtblloUi«qDe naliMiala, Berne.
- t ten, Hemmerlin. Edllhach et le pamphlétaire Bonivard
U fondation de l'I'nitersité de Bâie en 1460, due ai
I I pape Pie 11, fut pour la Suisse un événement capital
SUI
r le jarisle Acdliu : parmi
te école, OD peut citer Séhastien Brandt, auteur d'une satire intitutëe, • la Barque dea Fous •, le théologien Thomaa Witlenbach, le maître de Zwingli. le prédicateur Geiler. rtiumaniata Heuchlin, le (héoloBien Bier. Un nom éclipte toua lea autrea, c'est colui du Hollandais Ëraame. qui vint s'établir i Bdle en I5S1. et fut pea^étre l'homme le plus spirituel et le plus Mvant de son temps. Une des figures lea plus remarquables de son époque est aussi celle du naturaliste ParacelB« H493-t5ttK qui proFesu la mMecine à fiâle ; il ^lail ami de» Proben et des Amerhach, éditeurs des <puïres d'Ëraanie. et appliqua le premier la chimie i la mMecine. Dans le groupe des tinmanistes. rappelons encore les noma de Glaretn, de Wœlllin de Mvconius et de Thoma* Plater.
I j peinture était alora reprëeentée avec éclat en SuisBe par Jean Kriess, de Friboorg, Holbein qui. oiNginaire d'&uKSboiirg, vécut plusieurs années à Bâie et le Bernois Nicolas Manuel. Deux arts intéressants, celui du peintr« verrier et du sculpteur sur bois, tleuris^ent au XV* et au XVI* siècle et contribuent à la décoration des églises, de* couvents, des chftteaui, des hâtels de ville et des . des riches bourseoia ; tes spleadidps stalles d'éeHauterive. de Lausanne, de Weltinaen et des vitraux de Konigafelden et deWetlinEen, l'hAlelde ville de l.ticern>> font encore l'admiration des archéologues.
35. ÉlablMement de la Réforme dant la Svisie ail»monde . Guerre de Kappel. L'initiateur de la Rérorme religieuse dans la Suisse allemande fut Ulrich Zwingli, qui naquit à Wildhaus, dana le Toggenbourg. le 1« janvier 14Si. Le rérormateur auquel Zurich a élevé une slatue était un humaniste éloquent et disert : il tlt de fortes études à Bile, à Berne et à Vienne ; i l'âge de vin^-deui ans, it fut nommé curé de Claris.
En 151Set en1515 il accompagna, comme aumônier, la bannière de Claris dana les campagnes de Xovare et de Marignane il put contempler de près tes maux qu'entraînait la guerre. Les spectacles auiquels il assista lui firent comprendre que son pajs s'engageait sur une busse route en participant i ces eipdeitiona lointaines que rien ne justitiait.
En 1516, il accepta la charge de curé d'Einsiedeln. Kn 1518, il fut élu aux fonction» de prédicateur i Zurich. Ardent patriote. Zwingli aHaïl trouver dans cette ville remuante, une activité digne de son irfnie. Au début il chercha i réaliser lea réformes morales et religieuses qu'il avait, à cu.'ur de propager tout en maintenant les formes de l'Église calhori<{ue; mais l'arrivée du dominicain Sam- HUD et la prédication des indulgences l'amenèrent à rompre avec 1 Église. La Réforme venait d'éclater en Allemagne, mais le réveil religieux i]ui se produisait à Zurich était sans connexion avec celui que Luther avait pri'ché. Tout en prenant intérêt à la réforme luthérienne. Zwingli ne semblait pas vouloir enirer dans te mouvemenl. Le premier conflit entre Zwingli et te pape tul politique et non dogmatique. Il éclata i t'occasion de la guerre entre Charles-Quint et François I". Sous t'influence de Zwingli. les conseils de Zuricn s'étaient refusés à prendre pari a l'alliance que lea autrea cantons venaient de conclure avec la France. Le pape, faisant cause commune avec Charles- Quint, chercha i attirer lea Zuricois dans ton alliance ; Zwingli s'éleva avec force contre leienrôlementa demandés par te pape, qui provoquaient des dissensions chei les Confi^dérés et les amenaient à combattre les uns contre les autres. Le légat du pape promit de n'employer les troupea zurlcoises qu'à la défense des États ponliricaux ; le pape l'emporta ; mais les Zuricois n'eurent pas plutât franchi les Alpes que le pape voulut les employer contre la France; le conseil de Zurich rappela alors ses troupes Ml janvier 15W).
En 15SS, des bourgeois de Zurich enfreignent lea ordQDnances de l'Église touchant te jeâne; us protestent contre l'obligation de la confession et contre les dîmes levées par les couvents. L'évéque de Constance lance un mandement pour rappeler le peuple de Zurich à l'obéissance. Zwingli prend position, dans un sermon publié le 16 avril, sur le titre « De la liberté de choisir ses aliments • ; il y développe tout un programme d'émancipation apirituelle. Quelques joura après, le désastre de la Bico-
Zwingll (14SI-1K11). Médailla 4a J. Slanpru. MD»a nilloDiil.
position de Zwingli aux capitulations. Le 16 mal, il écrit une lettre à tn Dièle sur la question des capitulations. A hi requête de l'évéque de Conatance, la Uièle rend un arrête contre le* prPtres.qui, par leurs prédications, portent le trouble et la division dans le peuple. Zwingli ne se laisse pas émouvoir ; pounuivanl son plan de Héforme, il réclame, dana nne lettre adressée le S juillet à l'évéque de Constance, la liberté de prëclier selon les f:vanfiilea et l'abolition du célibat des prêtres. Les écrits de Zwingli suscitèrent une vive opposition chei les moines. Le conseil de la ville intervint le 33 juillet : le prédicateur Enuelhard et le commandeur ^hmidt appii]érent Zwingli. Le bourgmestre et les conseils décidèrent ifue la prédication devait porter sur les Évangiles, lea écrits des apdtres et ceux des prophètes ; les opinions des docteurs de l'Église, Duna-Scot, saint Ttiomasd'Aquin. etc.. invoquées pur les moines devaient être laiuéea de cdté. Cinq jours après la décision du Conseil, une grande partie du clergé luricois se prononi,'a pour )s Itéforme : le. chapitre décida que les prédicaliona devaient se conformer au contenu de la parole de Dieu.
En 15SI, un nouveau pape. Adrien VI. d'Ulrecht. monta sur le trâne pontiMcal ; c'était un théologien austère, droit et consciencieux. Élu plus tôt, il eût peut-î'tre réussi à éviter le schisme, car il comprenait la nécessité d'une réfbrme ; mais il vint trop tard el «es bonnes dispositions furent impuissantes * arr.iter le mouvemenl.
Louéd'un côté, attaqué de l'auti-e, Zwingli demanda un débat contradictoire qui fut lixé, par le Deux-Cents de Zurich, au W janvier 15^. Le colloque eut lieu sous la présidence du bourgmestre Holat. Aux côtés de Zwingli Kguraient Jude et Vadian jdeSaiut-Gall). llolTmeisler (de
Schstlhouse), Sébastien Meyer |d) Constance était représenté par "-'-- "—'-.Zwingli avait rédigé i
Baie)
l'évéque
sdé-
réaumaient sa doctrine, La dïscussior avantage. Le Deux-Ce nls rendit une ordonnance aux termes de laquelle les thères du réformateur n'ayant été ni attaquées, ni réfutées, il était autorisé à commuer de
prêcher comme par le passe. A partir de ce moment la Réforme fil de rapides progrès. A Pentecôte 1524, les imai^es furent enlevées des églises de Zurich, et la sécularisation des couvents, qui avait commencé au moia de juin 1533 par celni d'Œtenbach, se continua. Le 13 avril 15^, sur la demande des trois curés de Zurich, la messe fut abolie. Ces événements isolaient Zurich des Confédérés. La Dièle n'osa pas marcher sur Zurich pour éloulTer
SUl
ffi foyer de la Réforme, mais elle *e veogea en pue sant le* novateur* qu'elle put saisir. Ed dépit de '
visiaDDairt
rigueurs,
i Réfûrn
>r 1518. BEIr};arl,ibliol
S de
progrès. Des a
. . a Douvelle
doctrine. Pour couper court à cette propagande, les catholiques proposèrent, en 1526, un colloque, en choisiwaDl comme champion, le fameux D' Ecli, l'adversairede Luther et l'Alsacieo Thomas Muraer, prëilicateur des tranciscains à Lucerne. Mais ceui-ci refusèrent d'aller à Zurich et choisirent la ville de Baden. La Diète se rangu du côtâ d(!s adversaires des réformateurs. En février 1533, pendant la réunion de la [liète, Zwingli Cul brillé en efligie ; la Diète déci-èta son arrestation. On pouvait craindre quelque guet-apeus ; cette préoccupation, jointe au souvenir du sort de Jean lluss, rendit le conseil de Zurich justement métiant ; il ne permit pas  son pasteur d'aller u baden. Zwingli fut donc remplacé au colloque par Œcolampade, lequel soutint vaillamment la cause réfornée, et fli une profonde impressioa sur les esprits chancelants. Berthold Ualler assistait autsi i cette dispute, mais n'y joua qu'un rôle efface. Par 19 voii contre 11, les participants au colloque de Badcn se prononcèrent pour le maintien de l'ancieone foi. Les cinq anciens cantons primitifs, auxquels se joignirent Glarïs, Fribourg, Soleure et Appenzell, déclarèrent que les réformes proposées par Zwingli étaient hérétiques ; que ses écrits devaient être interdits sur leur territoire ; que toute tentative pour modilier le culte devait être sévèrement punie et que les ecclésia8ti(|ues devaient être tenus de faire preuve de leur orthodoxie.
En 1527, les élections annuelles pour le Deux-Cents de fierne donnèrent la majorité aux novateurs î un colloque fut convoqué dans celte ville (janvier 1528). Les évéques ayant décliné l'invitation, les catholiques d'i étaient représenlés que par des personnalités de second ordre, La dispute n en eut pas moins un grand retentissement. Haller, Koib, Zwineli, Vadian. Pellican, Œcolampade, Bucer, Capito et Karel y prirent la parole, trois semaines durant. La modération de Haller gagna à la cause réformée le clergé bernois ; le Dcui-Cents ae prononça en faveur de la Réforme. Celle décision eut immédiatement son contrecoup à Bâle. Après quelques luîtes la messe y fut abolie. En février 1339, il en fut de même à SaintGall. SchalThouse el Mulhouse. A Claris, la Réforme avait aussi des adhérents, mais, grâce aux efforts du landamman i£bli, un édit de tolérance assura â chaque paroisse la faculté de choisir entre la messe et le sermon, La moitié de la Suisse avail ainsi rompu avec Rome.
De pareils mouvements ne pouvaient se produire sans
>ns. La crise religleuae et monte en Suisse comme en Allemagne.
) sociale. Les anabaptistes et les «allemands, qui avaient un moineni mis «n danger l'œuvre de Luther, faillirent tuksi compromettre la Réforme en Suisse. Leur eialtHtïon et leur folie communiste furenl réprimées ('nergiquemetit par le gouvernement zuricois.
Un foasé venait de se creuser entre les cantons ; pendant plus de trois siècles, le développement de notru jrays allail éltt paraljse par des dissensions intestine*. D'un c&té, Luceme, Uri, Schwyz, Unterwald. Zoug. Fribourg et Soleure, soit sept Étals, c'est-à-dire la majorité, demeurent fidèles à l'ancienne foi. De l'autre, les quatre villes de Zurich, Berne. Bâle, SchalThouse. adoptent la Réforme; Appeniell et Claris se usjorité au culte évangélin'adoptent oHiciellee Zmngll. mais que n nombre de paroissrs catholiques. Désormais, l'unité politique est rompue. Les bailliages communs vont devenir une pomme de discorde. Zuricli n'ayant pu obtenir que chaque paroisse fiU libre de se prononcer à la pluralité des voix pour le sermon ou pour la mes^. promit son appui aux paroisse* qui se k, Luceme. déclaraient en faveur de la Réforme ; aussitôt la Thurgovie, le Rheinthal, Gaster. Sargans, Bremgarten se détachent de l'Eglise catholique. Cus discussions amenèrent des coalitions et ce qui esi
rattachaient (
ment les partisans d
la J. Holbain. Bargerbibilotbsk, L
cantoiM rorcalierm renoncèrent à
0528 à 1529). Si tw é
ou, — T
mbreui, était .
anom*lie dont les incanv^ienCs devaieei se faire (n^vemenl sentir. De plus, autre source de conflits, les cantons âvangéliques étaient g4ographiquement sépai'és par les bailliage» roiitee.
Sentant leur biblesse. les catholique ~ ~'~'
lièrent, en 1539. c triche, ce qui constituait pacte fédéral. Les canti voulurent protester conli — '". leurs délégués fur
Ferdinand d'Au-
ins érangéliques
■nt insultés ; de
B pays de Gaster.
iB, lut conduit à
tomba dans un gui^t- Seh«TX et livré aux iiammes de la laadBgeiDeinde.
Devant cet outrage. Zurich arma un corpa de troupes qui fut envoyé à la frontière schwyioise ; un autre entra en Thur- !:uvie et dans le Hheinlhal; un troisième. DFt de 1000 hommes, occupa les passages
coDdaisaat en Argovii 'appel, le S juin 1^' ! 5 OOO hommes i
bailliages communa auraient la bcùlti de se prononear sur les croyances qu'il leur conviendrait d'adopter.
Les Zuricoii rentrèrenl triomphaota dans leurs foyers : sous l'inlluence de ce succès, la nouvelle foi se propagea de plus en plus et triompha définitivement à Schaffhouse et à Glarii.
Luther et Zwingli avaient jusqu'alors poursuivi, chacun de son càté, leurs plans de réforme. Tout en ayant une grande admiration pour le réformateur aaion, Zwinsli entendait garder son Indépendance. Le tempérament de ces deux hommes était 1res difTérenl. Ëlevé dans la solitude du cloître, Luther avait une âme mjstique, enthousiaste, poétique, respectueuse de l'ordre établi ; il entendait demeurer étranger à la politique. Fils de la Renaissance, sorti des rangs du clergé séculier, constamment en rapports avec le peuple, le réformateur luricois avait une tournure d'esprit philosophique, positive ; il caresuit l'idéal d'un i:utt chrétien et cherchait à le réaliser dans sa patrie.
Lorsque Charles-Quint eut conclu la paix avec François I" et que tes Turcs abandonnèrent le siège de Vienne, les protestant* d'Allemaane se sentiruit menacé*. Le landgrave de Hesse chercha alors à rapprocher les deux cheh du mouvement évangélique. Lother ne consentit qn'à contre-cœur à cette entrevue. Au contraire, Zwingli [accepta avec empressement. La rencontre eut lien à HarbouTir le 37 septembre 15ï9. Uélanchthon. Œcolampade et Bucer v assistaient. I^s discussions furent de* pin* vives. Luther s'y montra irréductible. Le diBérend porta sur la question de la Cèna ; les réformateurs purent cependant se mettre d'accord sur un résumé en quinie articles de points fondamentaux de la religion chrétienne.
Depuis ce moment, hanté par la crsinle du danger que courait la foi évangélitjue, Zwingli chercha par des coalitions à assurer le triomphe de la Béforme, Plusieurs villes allemandes, notamment Strasbourg, conclnrent une ligue avec Zurich, Bâie et le landgrave de Ueaae. Zwingli songeait mSme à comprendre dana cette ligue. Venise et François l" : il sa mettait ainsi en contradiction avec l'attitude qu'en 1531, il avait conieillée à ses concitoysns. Sur l'invitation de leur bailli, un Zurirois. les commaoe* de Thurgovie se prononcèrent en majorité pour la suppresaion de ta messe ; le Toggenbonrg et le pays de Sainttiall suivirent cet eiemple. A la mort de l'abbé de Saint- Gall, les conseils de Zunch et de (ilaris prirent en mains la cause des sujet* de l'sbbé qui avaient passé à la Réforme : tes bâtiments du monastère furent vendue à la
- ..vançait de son côté g demeura sur la défenis et les gens des Waldstâtten allaient en venir aux mains, lorsque le landan man de Glaris, j£bli, s'interposa et parvint, avec l'appi des cantons neutres, à opérer une réconciliation : h
Dtita d« Bides |153l|. Cbcuuiqi
I ville et le culte catholique supprimé. Cette attitude que les
conseils de Berne n'approuvèrent pas, souleva les plaio-
I tes de Luceme et de Schwvi ; elle devait fatalement sua-
vaui inr l'Écriture Sainte, Lettre d'ËlapiMl ouvre li marche dit 1506 ; douie an* plaa lard, il traduit les H\»a-
S lies, et, bientôt aprê».
i Nouveau Tealameni
BaltilJ* d* Kapptl, Il Oetobro 1531. (ChTODlqo* à» Sluoipr, tjSO )
lempe. les lï^tues ^isoimes, en bulte aux atlaqiien île Jacques lie Héilici. invoq III! relit l'appui des Conledéréa, le«quela. à l'exceptiiiii des cinq cantons [oresticm, sei-oururenl leur allié. I.'inicliun du groupe des Wsldstàiten donna à penser que l'enlreprise de Médici était favorisée eo soui-main p:ir l'empereur.
Persuadé que la Suisse proteslanta élait en périt. Zvvingli pressa Zuricli de prendre les armes ^ Rerne temporisait el cherchait à éviter la guerre civile. Vue conférence des ville», réunie à Aarau en mai 15.31. décida de Tcrmer les marchés aux cinq cantons. Lea tentatives de conciliation de l'amhsssadeur de France etdes cantons neutres n'ayant pas eu de auccéi. daun JOtlle hommes des Waldatâtten occiipèrent. leSoctobrC^t, tes bailliages libre*, afln d'intercepter toute relation ïutre Berne et Zurich. Un autre corps de troupes plus iM^oftant se concentra vers Zoug (80u0 hommes). L'avant-gsnie loricoise prit position prés de Kappel et fut bientôt rejointe par te gros de l'armf e. Le 11 octobre, l'action s'engagea ; pris entre deu» teui et succombant sous le nombre, les Zuricois durent battre en retraite. Ils perdirent 500 hommes, dont % magistrats et plusieurs ecclésiastiques. Ziringli lui-même fut frappé i
nation fut profonde à ZuHl'Ii. Cette courageuse cité ne se laissa cependant pan abattre. L'armée bernoise, forte de 20000hommeB. opéra ra jonction avec lea Zuricois et obligea les catholiques i se retirer. Les Bernois ne voulurent néanmoins pas prendre l'olTensive ; une nouvelle rencontre entre les i^atboliqiies et les Zuricois fut encore fatale à ces derniers i33 octobre i53l).
Les conséquencea de ce double échec furent déplorables pour la Réforme. L'abbé de Salnt-Gslt rentni en posses sion de son monastère: les bailliages communs, It Toggenbourg. Gaster et :SBrg8ns furent reconqui cienne foi,
La division entre les Confédérés était profoi lora chaque parti se cantonna dan* ses position! de sa propre vie. Le mouvement de la Réforme i tefol* trop profond pour succomber avec celu avait été linitiateur. Zwin^li eut, en la personne de tiul' linger. un successeur éminent, qui davait poursuivre et consolider «on œuvre. C'est à ses efforts que l'on doit la <i Confession de foi helvétique > adoptée en 15,36. qui devint le signe de ralliement de toutes les églises réformées de la Suisse, Ce symbole fut révisé en 156'' avec la collaboration de Pierre Martyr.
36. La Reforme en Payi yoiiiand. Ijt Réforme dans les pays de langue française a été un produit spontané dont les origines ne doivent pas être cherchées dans des influences luthériennes ou zwingliennea. C'est dan* te mi- ~ a Sorhonne que se prépara le
vement d'où la Hélbrme française est u
:. Par si
I tra-
Briconnet. il ne i pit avec Rome. La persécution, dont Berquin fut la premièi'e victime, en 1529. Ht le départ entre lea humaniites et tes réformateurs. C'est de France.
Ïii'avec le dauphinois irel, la Réfornae se propagea dans te paya romand.
En 15^. les États de Vand réunis à Moudon *e préoccupant des ■ hérétique* attéga-
ce maudit et déléal hêrétii^ue et ennemi de ta foi chrétienne, Martin Luther >. condamnent à la prison, à ceux qui lisent ses écr^tït Ln 1533. Parel était
l'estrapade et à la peine
et qui s'obstinent dans leur* fautes.
entré en rapports avec ŒcolampadL ,
Zwingli, En 1528. l.L, EE. de Berne l'envoient dans le mandement d'Aigle pour y ouvrir une école. Il parcourt le pays et réunit des adhérents à Orbe, à Orandson, à Avenches, â Payerne, avec le concours de son élève. Pierre Viret, d'Orbe.
K Genève, ta question religieuse se complique de ques-
Les irni«< et le easqu* ds Zviagli. Mutéa ■aUaaal, Zaticb,
lions politiques. Depuis longtemps les Genevois étaient en lutte avec leur évéque et avec le duc de Savoie, Soua le nom de Chevalière de la Cuiller, la noblesse du voisinage
e de prêcher ];
SOI
■vait contUtDé une iigue pour mainlenir le pouvoir de la maisoD de Savoie ei de l'ëvAque. Poor Movegarder let libertés de Genève, leurs alliés de Berne, Fribourg et Soleure. preaaent les armes en -1530. Au nombre de 11 000. ils envahissent le Pays de Vaud et imposent au duc Charles III le traité de Saïut-Julien IIS octobre), par lequel ce monarque s'engage à respecter les droits de Genève et à payer une indemnité de suerre pour laquelle il donne en hypothèque le Pays de Vaud.
Rn 1533, Farel arrive à Genève et <
Réforme ; il éprouve une grande rési , .
vention des magistrats, ce champion delà foi nouvelle eût été mis à mort. Il laissa à Genève son compatriote Prornenl oui ouvrit une école, et. le premier janvier 1533. pri'cha publiquement sur la place du Molard. Les magistratB voulurent interdire la prédicatiun de la foi nouvelle, mais Berne intervint et mit, comme condilion à son amitié la libre prédication de l'Kvangile. Il en résulta Ji's luttes violentes ; l'évèque, effrayé, s enfuit de Genève )e 15 juillet 1533. Parel. accompagné de Virel, accourt: tous deux ouvrent des dëb.its pubiics etobtiennenl de pouvoir prêcher dans les égllsea. Le 10 aoi:it15,S.% leDeux-Cents décida provisoirement l'abolition de 'la messe; le 29 novembre 1535, les conseils se prononcent dên ni tivemeni en faveur de ta doctrine évangélique.
Cette grave résolution privait les Genevois de l'appui de Fribourg et les exposait aux altaques de la Savoie. Déjà Franvois i" se posait en médiateur. Comprenant le danger, Berne prit les devants, et, le 16 janvier 1536, envoya à Turin un héraut porteur d'une déclaration de guerre dans toutes les formes. Le 32 janvier UDe armée bernoise, forte de 6000 hommes, sous le commaodement du trésorier Naegeli, se met en marche. Avant d'en venir aux mains, LL. EE. s'étaient assuré l'appui de leurs sujets ; tons les baitliagei. à l'exception d'un seul, avaient approuvé le secours donné à Genève, La liRue de la Cuiller, n'ayant pas reçu d'encouragements du duc de Savoie, laissa le champ i peu près libre aux Bernois. La plupart des genlilsliommes qui la composaient demeurèrent dans leurs chiteaux. Son chef cependant, le baron .Michel Mangerot. de La Sarrai. accompagné du cbevilïer François de Saint-Saphorin et de 300 hommes, alla prêter main forte au gouverneur de la place d'YverdoD, Henri de Trevtorrens, L'évèque de Lausanne s'enfuit au château de Glérolles, I^ marche des hemois se ni ainsi sans eoDp férir, A peine échangèrent-ils quelques coups (le Teu avec des cavaliers appartenant aux troupes de ,lifcques de Médici. auquel le duc de Savoie avait conlié la défense du pays.- Cet officier ne Til qu'un simulacre de résistance; il embarqua ses troupes sur une flottille et c^te chablaisienne. Le 2 février, Naegeli entrait
re
Pendant que les Bernois s'appropriaiem ainsi la majeure partie du Pays de Vaud, les Fribourgeois, de leur côté, avaient occupé Romont, Rue, Eilavayer, Chàtel- Saint- Denis, etc., qui leur prêtèrent hommage, tandis que les Valaisans s'emparaient de la contrée qui s'étend de Saint-Maurice à Thonon,
Parlant en maître aux Genevois, Naegeli revendiqua pour Berne les droits que possédait le duc de Savoie. Mais devant le* protestations que souleva cette prétention, il n'insista pas et comprit qu'étant donnée sa situation de poste ai-ancé, mieux valait avoir Genève pour alliée que pour sujette. Yverdon se rendit le 98 février. Restait le château de ChiIlon,qui était encore occupé par Antoine de Beaufort au nom du duc, et les terres deVévêque de Lausanne. Après être rentré i Berne et s'y être reposé trois semaines, Naegeli se remit en campagne pour achever sa conquête laquelle se fit sans difflcullé. Chillon se rendit le 29 mars et le I" avril la ville impériale de Lausanne, qui 's'était fait quelque illusion surson sort, cédant i la force.
Srêla terment de fidélité aui [ternois, en réservant ses anchises.
Le couronnement de la conquête bernoise fut rétablissement de la Réforme dans le Pays de Vaud, Pour accréditer la foi nouvelle, suivant l'usage, une dispute fut orfanisèe dans la cathédrale de Lausanne, au mois d'oclore 1536, Les tenants, pour les catholiques, étaient des gens obscurs, pas un membre du clergé de Lausanne ne M présenta pour tenir t^te aux partisans de la Réforme:
Bernois, le 24 décembi faire des largesses aux à l'entretien des pasteu
publics ^t des- indigents.
Pour consolider ce nouveau régime. Berne fonda à Lausanne, en 1537, une académie, et en 1540. un collège qui devaient l'un et l'autre rendre de grands services au Pays de Vaud et aux protestants de Krance.
Tandis que la Réforme triomphait dans le Pays de Vaud, en 15.'^, Calvin, qui venait de se révéler en publiant son Institution chrétienne passa k Genève au mois de juillet : sur les instances de Varel, il accepta les fonctions de pasteur. Il publia son premier catéchisme françrtis en 1538 et obtint des conseils de la ville que l'adhésion au formulaire exprimant la doctrine de l'Eglise de Genève Vit imposé à tous les citovens.
Cette exigence, jointe à l'âpreté • leva une vive opposition. Un parti de Libertina se forma pour protest des pasteurs dans la vie privée i tre la profession de foi qui leur étai """ " parti l'ayant emporté —
Calvin
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s de la
ille.
on tre l'ingérence
posée. Le 23 avril pctions, Farel et
Farel accepta un appel â Neuchâtel et s'y llxa défmitivemcnl. Calvin se relira à Strasbourg. En 1540, à la suite de nouvelles élections, Calvm fut rappelé à Genève. L'année suivante, sous l'inlluence du réformateur, les conseils de Genève adoptèrent des ordonnances destinées à conserver la pureté de la doctrine religieuse et à ftrïre régner l'ordre dans l'Ëgtise. Un consistoire, composé en nombre égal d'ecclésiastiques et de laïques, fut chargé de veiller au maintien des bonnes miKurs. Beaucoup de protestants éprouvés, attirés par le réformateur, acquirent la nationairté genevoise et modifièrent la mentalité de la mobile cité allobroge. L'oppoaition-n-'en-subsistail pas moins ; elle était toujours prête à éclater. En 1563, elle l'emporta aux élfclioos: les roinistrea furent exclus du Conseil générât et la qualité de bourgeois enlevée aux étrangers.
SUI
SUI
L'étroitesBe de vue de Calvin se manifesta à plusieurs reprises; rhumaniste CastellioDf et quelques années plus tard le médecin Bolsec, ayant attaqué certains doi^mes, furent bannis. Michel Servet, qui, sans être un impie, ne partageait pas les vues de Calvin sur la Trinité, fut brûlé. Ce supplice odieux est une tache indélébile sur la mémoire de Calvin ; mais il faut cependant, pour juger le réformateur, considérer l'esprit de son temps; il faut remarquer que ce furent les tribunaux genevois qui condamnèrent Servet et que les autres réformateurs approuvèrent la conduite de Calvin et partagèrent sa responsabilité. Ce n*est que graduellement que les idées libéru^s ont pris le dessus en Europe. Aux élections de 1555, le parti de Calvin l'emporte, les libertins sont proscrits et, de nouveau, les étrangers sont reçus bourgeois. En 1559, Calvin met le sceau à son œuvre en fondant Tacadémie de Genève. L*année suivante, il se ÙLÏt recevoir bourgeois de Genève, et meurt, en 1564, à Page de cinquantecinq ans. Après la mort de Calvin, Théodore de Béze devint rame de l'Église de Genève ; pendant quarante ans, il la dirigea avec une prudence remarquable.
Théodore de Bèze venait de Lausanne, où il avait professé plusieurs années à l'académie. En 1559, il dut
3uitter le Pays de Vaud, ainsi que Viret et une quarantaine e professeurs et de pasteurs, à la suite d'un conflit qui s'était élevé entre le clergé vaudois et le gouvernement de Berne sur des questions de discipline ecclésiastique.
37. Restauration de l'Église catholique. Le Saint-Siège comprit enûn la nécessité d'une réforme. Sans toucher aux dogmes et aux formes du culte, il soumit le clergé à une discipline plus sévère et créa des établissements d'instruction fortement constitués, dirigés par des prêtres habiles et dévoués.
La Compagnie de Jésus, fondée^en 1540 par Ignace de Loyola, et le concile, qui se réunit à Trente en 1545, et siégea jusqu'en 1563, réalisèrent le plan conçu par le Saint-Siège. Les deux principes catholique et protestant s'affirment de plus en plus : chez les catholiques, la com-
f>lète soumission aux décrets de la cour pontiflcale ; chez es protestants, le libre arbitre et la souveraineté de la conscience individuelle. Les décisions du Concile de Trente eurent d'heureux eflets : un grand changement s'opéra dans le haut et le bas clergé ; l'un et 1 autre observèrent une discipline plus austère et apportèrent un plus grand zèle dans l'exercice de leurs fonctions ; les évoques exercèrent sur leurs ouailles un contrôle plus sévère. Grâce à ces réformes et au zèle déployé par les Jésuites, l'Autriche, la Bavière et l'Italie, un moment ébranlées, furent complètement reconquises par le catholicisme, et, en vertu du principe : tel maître, telle religion, obligèrent les familles qui avaient adhéré à la Réforme à s'expatrier, ce que firent également les États Srotestants. Pour conserver leur foi, un grand nombre e catholiques durent abandonner leur patrie. Les protestants et les catholiques d'Appenzell avaient longtemps, comme ceux de Claris, vécu en bonne Intelligence. Mais vers la fin du XVI* siècle leurs rapports s'envenimèrent. Des troubles survinrent, les Confédérés intervinrent, un
Sartage s'opéra, les catholiques se concentrèrent dans les hodes- (districts) Intérieures et adhérèrent à l'alliance espagnole ; les protestants se retirèrent dans les Rhodes- Extérieures (1584-1597).
Désormais, réformés et catholiques vécurent chacun de leur côié. François l" mourut en 1547, Charles- Quint abdiqua en 1556 ; l'année suivante, les Espagnols, commandés par Philibert de Savoie, remportèrent sur les Français la victoire de Saint-Quentin, qui eut pour résultat de faire rentrer le duc de Savoie dans la partie de ses États dont François l*^ l'avait dépossédé vingt ans auparavant. Fort de cet avantage, le duc de Savoie réclama aux Bernois, aux Fribourgeois et aux Valaisans la restitution de leurs conquêtes. Une transaction intervint ; par les traités de Lausanne (1564) et de Thonon (1569), le duc de Savoie rentra en possession du Chablais et du Pays de Gex. Berne et Fribourg conservèrent le Pays de Vaud et le Valais le district de Monthey. Des collèges furent fondés à Lucerne en 1574, a Fribourg en 1580, a Porrentruy en 1591, à Brigue en 1620. à Soleure et à Bellinzone en 1646, à Sion en 1734 et confiés aux Jésuites. En 1579, le car-
dinal Borromée, archevêque de Milan, fonda à Biilan un collège helvétique. Une nonciature permanente fut créée à Lucerne sous les auspices de laquelle une ligue, connue sous le nom de ligue Borromée fut conclue en 1586 entre les cantons catholiques ; elle fut suivie, en 1587, d'un traité avec l'Espagne. La scission était profonde entre les Confédérés ; le lien fédéral aeoiblait complètement rompu.
Il est intéressant de signaler aussi l'accueil fait par les cantons protestants aux survivants de la Saint-Baribélemy, et le refus catégorique de leurs gouveroements» opposé aux demandes des ambassadeurs de Charles IX. qui demandaient l'éloignement des Huguenots.
Au XVI* siècle, les religionnaires italiens et français. dont plusieurs appartenaient à l'élite morale et intellectuelle de leur nation, accourent nombreux en Suisse. Si la Suisse s'honore d'avoir fourni à l'Europe un nombre considérable d'hommes éminents dans les sciences et les lettres, elle le doit en partie a cet afflux du dehors et à l'émulation que provoauèrent ces étrangers. C'est de cette époque que date l'établissement en Suisse des Calandrini, des Paravicini, des Diodati, des Socin, des Pestalozzi, des d'OrelIi, des Murait, des Saussure, des Polier. des Fatio, des Bernoulli et de bien d autres bmîlles qui par leur savoir et leur esprit d'initiative, contribuèrent à la prospérité des cantons protestants. Le droit d'asile, largement pratiqué au profit d'individus méritants, a été un des principes primordiaux du droit public suisse.
38. Démêlés entre le duc de Savoie et les républiques de Berne et de Genève. Durant cette période agitée par les guerres de religion, Genève, ville à la fois pieuse ei guerrière, dit Henri Fazy, est tout entière dans ces mots : « tenir les armes prêtes et hanter les sermons ».
Une fois rentré en possession de la rive gauche du Léman, le duc de Savoie éprouva le désir bien compréhensible de recouvrer le Pays de Vaud. Il songeait également à mettre la main sur Genève. Les engagements pris au traité de Lausanne (1564) ne furent pas tenus ; les habitants furent contraints de rentrer dans le giron de l'ÉRlise romaine. Ce résultat fut obtenu au moyen des prédications de saint François de Sales que secondait le pouvoir séculier. Des collèges de Jésuites furent fondés à Annecy, Évian et Thonon.
La cour de Savoie louvoyait adroitement entre la France et l'Espagne. Les Valois ne se laissaient pas prendre a ce jeu ; il leur importait de ne pas permettre au duc d'occuper une position stratégique importante comme Genève. Pour défendre leur couronne, les rois de France avaient besoin des Suisses, lesquels avaient sauvé b situation à Dreux et à Meaux (1562). Henri Itl se vit ainsi conduit à insister auprès des gouvernements de Fribourg. de Soleure et de Berne pour qu'ils renouvelassent leur traité de combourgeoisie avec Genève. C'est ainsi que ces trois cantons furent amenés à garantir, par le traité de Soleure avec la France, en 1579, l'indépendance de Ge nève. Trois ans plus tard, en 1582, la France renouvela son alliance avec les cantons suisses ; Zurich y entra nn
Le duc de Savoie, Charles-Emmanuel, ne se découragea pas ; ses agents réussirent à nouer des intrigue^o avec quelques familles vaudoises qui regrettaient la domination de la maison de Savoie. Un complot, à la tête duquel était le bourgmestre Isbrand d'Aux, s'ourdit à Lausanne et faillit livrer cette ville aux Savoyards, mais il fut découvert. Cette conspiration était combinée avec une attaque contre Genève ; elle ouvrit les yeux des Bernois» et leur fit comprendre le danger qu'ils couraient. EUle eut pour conséquence l'envahissement du Pays de Gex et du Chablais par les Bernois et les Genevois reunis. Après une courte campagne, les Bernois conclurent avec le duc la paix à Nyon (1589), et laissèrent Genève aux prises avec la Savoie. Les Genevois continuèrent bravement la guerre avec des alternatives diverses.
Sur ces entrefaites survint la mort d'Henri III ; cet événement, suivi de Tabjuration d'Henri IV (159B), mit fin à la guerre civile. Le nouveau roi de France interxint en faveur de Genève, déclara la guerre à la Savoie el finalement conclut la paix à Lyon (17 janvier 16^ i. Pendant onze ans, Genève avait occupé le Pays de Gex ; logiquement, elle eût du le garder ; mais, durant le»
o^ociiUoDS de Ltob. te'.l^t du pape s'y opposa, ne i voulant paa que le paji demeurât boub la domiDation {
L'eicalade ds ttaniv fll-lS IMcenibn lOOÏl RaproducUan d'une gtatan de(;répoqa«, (Blblloih^qne nal
d'une république rérona^e. Henri IV s'empara de ce prétexte pour s'approprier la conquête de Genève. Quelques mois plus tard, dana la ouit du 11 au IS décembre 1603 (ancien style), les lieDevais. qui se croyaient en sécurité. furent subitement attaqués ; mais iU réussirent à repousser l'assaut des Savoyards. Ce combat nocturne est l'oonu n de Duit de l'Escalade. Par le paix de Saint-
„ j, Genève dut rester sur la défensive, les ducs de Savoie cherchant, par tous les moyens, à rentrer en possession de cette ville.
39. Élat de ia civilUation au X VI' liècU. Avec le XVIsiècle, une orientation intellectuelle toute nouvelle se produit en Suisse. Les énergies qui, naRuàre, se dépensaient uniquement sur les champs de bataille, s'appliquent à de plus nobles buts ; à leur tour, les arts de la paii sont en honneur. Soit les rérormatcurs, soit le clergé catholique, fondent de nouvelles écoles pour l'instruction des masses populaires. Lee étrangers viennent étudier dans les écoles de ta Siiisse, Un courant d'idées et un échange de vues s'établit entre notre pays et les contrées voisines. Les réformateur» suisses entretenaient des correspondances avec les souverains de France, d'Angleterre, d'Allemagne, de Danemark, et de Pologne,
A côté des théologiens, de Zwinsli, de Calvin, de Bullinger, brillent les humanistes : Glarean et Vadian se fuQt connaitre par des travaui sur les classiques latins. Céporin, l'un des maîtres du collège de Zurich, interprète les classiques grecs. Conrad Gessner, professeur à Lausanne et à Zurich, se dislingue comme philosophe et naturaliste. La série des chroniqueurs se continue ; les
5 lus célèbres sont Valère Anshelm, médecin et maître 'école à Berne, qui continue la chronique de cette ville, et Bullinger, le réformateur luricois. A côté d'eux viennent se ranger les auteurs de mémoires : Thomas et Félix Plater, Conrad Pellican, lionïvard, Jeanne de Jussïe, Froment. Pierrelleur; puis les historiens Égide Tachudi. Jean Stumpf, Joaiaa Simmier. Guilliroann, Cysat, etc. Dans cette pléiade, la médecine est représentée par Paracelse (1193-1.^1), qui, le premier, appliqua la chimie à la médecine, Vesale, qui le premier également disséqua un corps hnmain. à l'Université de Bâie. Prévost de I)e-
d'aulres villes, des La prospérité s'introduisent dans les m:
1 pour illustre représen-
collaborent i
réforme des mœurs ; des magistrats.
des pédagogues, des médecins, des
Seintres, des commerçants, publient es ceuvres anonymes. Au second ran^, d'autres auteure se font un nom ; citons le peintre Manuel, Gotthart, Ruof, Murer. Valenlin Bolz, Wagner, Ritz.
Bouscher, Mahler. Murner, Salai, Grubel, Campell, Malingre, Pierre Viret, Théodore de Bèze. etc.
Pour tous ces écrits, il fallait des imprimeurs ; cette éptuue en eut de célèbres, Amerbach. Froben, Oporin et Plater i Bâle, Froschauer à Zurich, Estienne à Genève, où il y avait alors 34 imprimeur et 60 libraires.
Cette période de notre histoire est marquée par une évolution dans l'architecture. Le style de la Renaissance italienne se place à côté du gothique.
Les premières manifestations de cet art nouveau se produisent sous la forme de l^esquee. A noter dans ce genre tes peintures murales du couvent de Stein.
. celles de l'hôtel de ville de Bile et de la maison Herteustein à Luceme. Vers le milieu du siècle, on voit s'élever de tous côtés, à Berne, à Zurich, à Lucerne, à Stein, dans les Grisons, à Aven-
Fri bourg, à Brigue et dans
édillces dans le style re-
:, le luie et l'élégance
patriciennes. Les murs
SUl
donnent une impreiBion de conroK et de Eravité solennelle en rapport avec les mn-urs du lemps. Les poéle« décoraliFs et la peinture sur
(trand rôle cette époque.
habiles mentionnons : II.
Funk. Cari von tgeri, Nicolas
Maun
ichli
!f et
et eoriale marque Js fin du XVI'sikde. La
Suisse qui. RU
prend plus di' rectemenl part
auïguei
ropê^nr
. La
{Fopti
à 8cb>lfli<
ConTédé ration dire dissoute ;
tion al e.qui suivit en mi la seconde guerre de Kappel,
.inBiildiiXVl'giM-. jusqu'à Inqua-
tri
termina-lm -seconde guerre de Villmergen, il n'y a plus de diète commune. Les catholiques se réunissent a Baden, les réformés à Aarau ; tous deux traitent dé puissance à puissance. Les capitulations militaires ont pour conséquence la crénlton des oligarchies. Les officiers qui reviennent de l'étranger apportent avec eux des idées aristocratiques ; l'esprit île caste se dé< veloppe. Dans chaque ville, le pouvoir se roncentrp dans les mains d'un petit nombre de ramilles. C'est du reste UD phénomène que l'on voit se produire en Hollande, en Italie et dans d'autres pays. l.à où la noblesse avait disparu, comme à Itâle. une aristocratie bourgeoise en prend la place; les patrîriats se constiluenl. l'élerlion des magialrsla échappe su peuple, La pouSBée anti-démocratique se manifeste jusqu'en Valais, et l'c=>— ; — ' connu sous le nom de manu est aboli. Dans localités, l'accès aux bourgeoisies est fermé. L'i ment du paupérisme, dû aux services merce la disette et aux rôdeurs élrangerg. préoccupe tes autorités. Pour le combattre, on imagine d'interdire le mariage aux pauvres: le résuKat do cette mesure fut d'amener la créât- on de nombreux heimatloses, sorte de parias perpétuellement repousses d'une commune dans une autre, véritable plaie sociale que l'on ne parvint à extirper qu'au XIX* siècle.
La liberté de pensée, chei les protestants comme chez les catholiques, était nulle; la législation admettait la torture comme moyen d'enquête contre les criminels et les sorciers. Quelques magistratsse dislioguenlpar leurs vues humanitaires et l'élévation de leurs sentiments : le Zuricois Jacob Werdmttller. bailli de Locarno; le^ei^ nois Nicolas Zurkinden. bailli dn Nyon ; les bourgmestres Bernard de Cham et Georges Miiller. à Zurich, Joseph .4mbeTxr. de Schwvi ; mais c'étaient là des cas isolés.
.4mbers. de Schwyi ; mais c étaient la des es IV, XVIl' ET XVlll' SIËIXE3, 4U, Lei ligi,
1 gnio
sut
pendant la guerre de Trente ans. Pa\x de We*tphatu. En 1546. à l'occasion de la guerre de Smallulde. les Conféilérés avaient proclamé leur neutralité ; depuis Ion. en tant que nation, ils étaient demeurés étrangers aux guerres sans cfsse renaissantes entre l'empire et la France, Leur neutralité, d'occasionnelle qu'elle était au débot. devint permanente ; elle avait sa cause dans le désaccord profond oui régnait en Suisse. Les ambasuadeurs de France et d'Espagne intriguaient constamment auprès des cantons et se faisaient échec. L'influence française finit cependant par l'emporter; en 160i. Henri IV renouvela avec les cantons l'alliance de 1582.
La poBÎtion géographique de la Suisse, placée entre les possessionB de la branche atnée des Habsbourg lia Franche-Comlé et le Milanais qui appartenaient à l'Espagne) et les possessions de la branche cadette des llabsbourf; jTirol, Autriche, etc.) avait une grande importance politique, Laneutralitiï suisse, que protégeait l'alliance fraticaise, emp^hait l'Autriche d'unir ses elTorta à ceux de l'Espagne. I.a France avait un intérêt capital à ce que Genève. Ïiii était sur l'une des routes conduisant de la rrancheomté au Milanais par le Valais, ne tombât pas eotre les mains du duc de Savoie, alors allié avec rii:Bpagne- Elle avait égaU-menl intér>^t à ce que la Valleline, alors possession des Ligues Grises et qui éiait la voie la plus directe pour passer du .Milanais dans le Tirol, ne tombal pas entre les mains de l'Espagne, Lea Grisons, comme la SuisFe. étaient diviséi en deoi
Sartis ; la faction protestante avait à sa tête la famille des alis, que soutenait la France ; les catholiques avaient à leur tête la famille des Piaula, que soutenaient l'Espagne et l'Autriche ; un troisième parti, celui des Travers, était soutenu pur Venise. C'est ainsi que les Grisons se virent impliqués dans la guerre de Trente an* qui éclata en 1618.
par le traité de Westphalie en 16t8.
De 1630 à 1639, les Ligues eurent à souffrir cruellement du passsge des troupes espagnoles. Les popujalions de la Valleline. lasses du joug des Grisons, étaient tontes disposées ■ changer de maître, en sorte que les conspirateurs pouvaient s'y donner libre carrière. Les Confédérés, toujours désunis, assistèrent en simples spectateurs à la défaite de leur« alliés.
Après plusieurs années d'hnmiliation. pendant lesquelles les Impériaux sont maitres des Grisons, que leurs armées traversent en diverses directions, la France intervient à nouveau. En 1635, le ducdcRohan entre en campagne; il traverse rapidement la Suisse, avec quelques milliers de Français, pénètre dans la Valleline et, avec le concours de Salis et deJenaIsch, bat les Impériaux et les Espagnols. La Valtelïne reconquise, les Grisons s'aperçurent qu'ils n'svaient fait que changer de maftrea. Jenatsch oassa alors dans le camp impérial. Trahi par Jenatsch. ahandonné par Richelieu, le ■ bon duc i. c'est ainsi que l'on appelait Henri de Rohan. se vit contraint d'évacuer les Grisons,
A la suite de ces événements, les Grisons firent avec l'Espagne un traité qui les mettait en possession de la Valleline; le culte reformé y futproscril, mais Jésaites et Capucins le furent de même (1639). Les revers que XKatriche éprouvait en Allemagne l'engagèrent 1 se montrer accommodante ; elle renonça aux droits qu'elle possédait dsns le Prâtigau et l'Engadine. et ne conserva que les seigneuries de Rhàzûns et deTarasp,
Peu à peu les représentants des deux coafessioni se rapprochèrent et la paix se rétablit en Rhétie ; après de violentes commotions, les Griaons devinrent un des pays les plus paisibles de la Suisse.
La Rhétie était alors comme le boulevard oriental de la Suisse el la Franche-Comté son boulevard occidental. Naguère, la neutralité de ce pays avait été garantie par les Confédérés alliés avec l'Espagne : les eanloni catholiques s'étaient eogagés à la défendre. Louis XIII et Richelieu se soucièrant fort peu de cette neutralité ; malgré les protestations de la Diète, ils s'emparèrentde celte province, mais en furent chassés par les Impériaux, (La Franche-Comté ne fut définitivement
SUl
rêu&ie à la France que par le traité de Nimè^e ea 1678.) Durant ]e« dernières përicxlea de la guerre de Trente aos, l'Autriche éprouva une BuccessioD de défaites ; eu t639, la France lui enleva l'Alsace. La Suiiue. épargnée par la guerre, voyait accourir chez elle des réfugiêa ; elle était eur le qui vive, lorsque la lulte ae ripprochait de HCB frontières, aalamment lorsque les Suédois assiégèrent Bregenz et Liudau et menacèrent Constance en 1617. Les Confédérés, prot«e[«Qta et catholique», s'enlendireat pour repousser l'enaemi, quel qu'il fât. Une armée de iOOOO hommes m prépara à couvrir la fiontiére. La Diète obtint la levée du siège de Lindau et Turennc s'engagea à respecter la neutrauté de la Suisse. Les négociations pour la paix s'ouvrirent eu ltU6. il Mùnsler et â OaDabriick. La Suisse fut représentée à ce congrès par le bourgmestre de bàle, Jean-Rodolphe VVettatein. Après quelques hésitations, les cantons catholiques ^oicpireDl leur mandat i celai que les villes avaient confié
SUl
a WeitsieiD, i
I sorte q
pers
Confédérés.
Le râle de ce diplomate devait i^Cre d'obtenir la r Tiaissance des droits de souveraineté que les cantons sédaient en fait. Ce but fut pleinement atteint. L'g
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Natives lie yappms étaient généra-
les Pi concert des pui
iV. Guen-e det Paytana. vantes (• chenient entre reformé» et calholi/ji...
lie Villmergen. En Suisse, les paissi..
lement propriétaires ; ils jouisBaîenl d'ui être et possédaient des franchises qui variaient d'une commune a l'autre. Maie les gouvernements tendaient à restreindre ces franchises; ils cherchaient à entrer en possession des titres sur lesquels reposaient les droits de leurs sujets. Ces lenlatives, qui s'étaient d^à produites au temps de Waldmann à Zurich, avaient provoqué des foutèvements dans le campagne luricoise, en 1513 et en 1531, dans la campagne lucernoise, en 1570, dans celle de Bûle, en 1581, La guerre de Trente ans ajouta de nouveaui motifs au mécontentement du peuple. L'arrivée de nombreui étrangers avait fait monter le prix des terres, dts maisons et des choses nécessaires à la vie, Lors(|ue la paix fut rétablie, le prii des subsistances baissa rapidement. Il en résulta un malaise généi
e monétaire.
vallée V
Celte
t. la Diète ordonna une levée de 25000 hommes; i l'appel de Leuenberger, 30000 paysans accoururenL L'ne rencontre eut lieu k Hellingen ; elle fut acharnée et se termina par un armistice que demandèrent les pa^ns. Ln insurgés regagnèrent leurs foyers ; les Bernois, sous le eom mandement de Leuenberger, les Lucernais BOUS celui de Schybi, Après leur soumission, les gouvernements s'emparèrent des chefs du m Leuenberger, Emmenegger, Schybi qui furent blement condamnés à mort.
Les États confédérés avaient conservé le tejl anciennes alliances, quoiqu'elles ne correspondi i la situation politique du XV1I> siècle, Grs groupement et à la simplicité de leurs mœura pasto.
raies, tes Waldslstlen pouvaient s'accommoder
de cette organisation embryonnaire. Les cantt testants eussent désiré remplacer par un contrat unique le texte des anciennes alliances. La proposition en fut faite en Diète par le général Sigismond d'Erlach et le bourgmestre Waser, Le premier syndic Sarasin de Gi nève aurait voulu aller plus loin et établir un organisme central comme celui qui ré);is8ail les Provinces-'' '- Les cantons catholiques, à l'exception de ïchwyz, pai un moment disposes à entrer dans ces vues, mai renouvelèrent pas moins sans scrupule leurs alliances s cho - .-
séparées. Les cl
chai
aguer
it là, lorsqu'un incident dé-
in nombre de familles d'Artli avaient adhéré depuis longtemps à la Réforme et se réunissaient pour des cultes présidés en secret par un nssCeur zuricois. Les membres de ces conventicules. que l'on appelait les Nicodémites. apprenant qu'ils allaient être poursuivis, se réfugièrent a Zurich (ï3 septembre 1055). Le bourg d'Arth fut occupé militairement par les Schwyiois : les protestants qui n'avaient pas eu la prudence de fuir, furent saisis, garrottés, mis à la torture et condamnés à mort ; leurs biens furent conûsqués,
A Zurich ces violences soulevèrent l'Indignation publique. La Oièlc fut impuissante s calmer les esprits. Les Zuricois entrèrenten campagne. sans sltendre les Bernois; ils occupèrent la Thurgovie et Rapperswil. [Jn corps bernois se laissa surprendre à Villmergen et flit battu, A ce moment-là, les cantons neutres, la France, la Savoie, la Hollande et l'Angletrrre intervinrent. Lapait, basée sur le tlatiiqvoante bellum, fut conclue à Baden le 7 mars 1656.
i2. Traité d'alliance avec la France. La Huiête devient l'asile dei pi'oscrili. yeutralilé de la Savoie. L'année
cerne demander que 1 sent être payés en i démarehe Tut mal accui
Le 36 janvier 1653, le peuple de l'Entlebuch fil une procession à lu chapelle de Reiligenkreuz et protesta contre l'attitude du gouvernement.
Des tentatives de conciliation échouèrent. L'intervention d'un corps Je cinq cents hommes des petits cantons sauva le gouvernement lucernots et fut suivie d'une transaction, comportant un abaissement de l'ohmfield et des restrictions aux pouvoirs des baillis.
Apaisée A Lucerne. l'insurrection éclata dans les cantons de Berne, de Soleure et de Bâte, ainsi que dans les bailliages d'Argovie. Pour tenir tête â l'émeute, XL, EE. de Berne eurent recours aux contingents romands. Moyennant auelques concessions, les habitants de l'tlmmenlhal. de le^ Uaute-Argovie, de Solsure et de Bàla-Campagne tirent
Le feu ne faisait que (Muver tous la cendre. L'agitation recommença. Une landsgemeînde | se réunit à Sumiswald le 23 avril 1653; la présidence en fut dévolue i Nicolas Leuenberger. Pour combattre ce |
9, 1653. GBrgerbibliotbek, Luct
1663 fut mar[]uée par un é\ pûtes des treize cantons réui en dépit de l'opposition dei
inement important. Lea dé- :S à Soleure le 24 septembre, bourgmestres Weitstein de
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Bâle, Wteer de Zurich, et du géûéral SigiimoDd d'Erlach de Berne, m Uiuèrent eotralner par <es oITrei atti-ayaDte* de l'amtwaMdeur de France à conclure une alliance avec Louis XIV. Aprèa les préliminaires de Soleure, les membrea de la Diète auiEse, au nombre de trente-aix, te rendirent i P«ris et Furent reçus en grande pompe, par le roi, à Veraaillea, pour solenniaer leurs engagementa. Cette allianee ëtait ceoaée être dérenaive et avait pour corollaire une capitulation militaire; maia Louis XlV ne se Ht aucun scrupule d'employer les régiments suisses à la conqnéte des Flandrea et de lu ('rancKe-Comt^, ce qui provoqua les protestations de la Diète en 1668. Cette même ann^ la Oi^te sentant pour la Suisse le besoin de s'affirmer comme nation, âlabora un système d'orRanisatioD militaire connu sous le nom de DéfenrUmal, 11 comportait la formation de trois corps d'armée de 13100 hommes chacun, qui. à la première alerte, devaient couvrir la frontière ; les commandants de ces corpa
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Iileterre, le* régicides anglais Ludlow'), Liale, Cowej, Broughton, etc. se rétiigiérent à Laounne el i Vevey où Ils furent reçus avec sollicitude. Lj réiocation de l'édit de Nantes, en 1686, avait été précédée de toute aorte de cruautés à l'égard des réFormés ; on titinie i 60000 le nombre des Français qui se flièreat alors en Sulaae ; c'étaient des gens énergiques et travailleurs ; ils pajèrent leur dette i leur nouTetle patrie en contribuant, par leur esprit indostrievi. i la prospérité du pays. L'élévation de Guillaume 111 d'Orange sur le trdne d'Angleterre eut pour effet d'attirer len ce pan les sympathieB des protestanta. Sans se soucier des colères de Louis XIV, les cantons protesum* votèrent le recrutement de régiments au service de la Hollande et du Piémont.
A l'occasion de la guerre de la Succession d'Espagnr. les Confédérés proclamèrent leur oeulralilé le S septembre 1100. Le duc de Savoie, se sentant menacé, ae rap-
R«|iré<ealé lur le tapii âai âobeJin
s à tour de rôle par Zurich, 'i. Hais celte enlente, convenue entre les membres de ta Diète, ne fiit pas ratifiée par leurs commellante; à l'instigation du nonce. Schwyt et tes autrea cantons catholiques refusèrent leur adhé-
L'attitude de Louis XIV avait blessé les cantons. Ueui partis se forment alors ; les catholiques sont pour la France, les protestants lui préfèrent la Hollande et l'Angleterre. La Suisse devient l'asile des proscrits ; les canloiis protestants les prennent sous leur protection. Les Vaudois du Piémont, persécutés par le duc •ie Savoie, s'élanl réfugiés en Suisse, les cantons de lerne, Zurich, Hâle el SchalThouse, d'accord avec la .lollande et l'Anglt-terre, intervinrent en leur laveur auprès de la cour île Turin. Une ambassade, composée du colonel G. de Weisg et de Ch. de Bonsletlen. de Berne, de Salomon Ifiri^el , de Zurich, de Itenédîct Socin, de Oiile et de Jean Stockar. de SchaDhouse, fut envoyée en I6i>- Une seconde ambassade suivit en
Après le rétablissement des Stuaris sur le trône d'-\n-
lanaarva an HusAa niUaDal, Zurich.
proclia de la Suisse et lui demanda de reconnatire la neutralité du Chablais et de prendre cette province sou! sa protection en l'occupant militairement (janvier l'Otl. L'ambassadeur de Savoie it celui de France cherchêrvut à peser sur les déterminations de la Dïéle. qui se moatrait flottante et irrésolue. Berne et Zurich étaient fai-orables aux demandes de la cour de Turin; mais les désastres subis par les années de Louis XIV amenèrent l'évacuation de la Savoie et tirent alundooner les négociations concernant •« neutralité.
4.1. Ouverture de ta (ucceiiion de NeuchiiUl. A l'eilinclion de la famille des anciens comtes de Neuchâlel. cette principauté était échue aux sires de Châlon ; e\]f avait ensuite passé par héritage soi liochberg, la dernière des Hochberg ayant épousé un prince de la famille d'Orlëans-LontpjevilIe, auXVI* siècle, cette maison avait recueilli l'héritage dea ChAlon et a'éteignit en la personni' de Marie de Nemoure.
Cette dernière avait cru pouvoir désigner pour son héritier le chevalier de Soisaons; maia les Xeuchâlelois n'en-
raclAriMiqna el si pspulaira de I* Bcrnarmamb.
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tendaient pas que Ton disposât d'eux comme d'un héritage civil ; en reconnaissant, le 8 mars 1694, Marie de Nemours pour souveraine, les Trois- États avaient déclaré leur pays inaliénable ; ils se réservèrent le droit de se prononcer sur ses destinées à la mort du dernier héritier des Orléans-Lonf;ueville. Lorsque la duchesse de Nemours vint à mounr le 16 juin 1707, plusieurs prétendants se disputèrent sa succession. C'étaient, d'une part, le prince de Conti, François de Bourbon, neveu du Grand Condé, et dont la tante, Geneviève de Bourbon, avait é{)ousé Henri II de Longueville : ce candidat avait l'appui secret de Louis XIV; c'était, d'autre part, le roi de Prusse Frédéric W de Hohenzollern, dont la mère, Lucie- Henriette de Nassau, était la petite-Aile de Guillaume-le-Taciturne qui, à la mort de son cousin Bené de Nassau, prince d'Orange, avait hérité des droits des Chàlon-Orange ; c'étaient encore la duchesse de Lesdiguières (ûUe du chevalier Louis, bâtard des Longueville), le comte de Matignon, Jacqueline de Bourbon, le duc de Savoie-Carignan, la dame de Sergy (dont la mère était une arrière-petite-fille de Guillaume-le-Taciturne), le margrave de Baden, les Wûrtemberg-Montbéliard, les Nassau, les de Prat, les Mailly, de Nesle, les Fûrstenberg et même le canton d'Uri.
L'ambassadeur de France, M. de Puisieux, le plénipotentiaire de Prusse, le comte de Mettemich, Tavoyer Christophe Steiger de Berne, les chargés d'affaires d'Angleterre et des Provinces- Unies devaient jouer le principal rôle dans les négociations. Les puissances protestantes et les cantons évangéliques attachaient une grande importance à ce aue la souveraineté de Neuchâtel n'échût pas â un des prétendants français. Après trois mois de délibérations, les Trois-États, présidés par Tribolet et gagnés en bonne partie par Tor du roi de Prusse qui désirait Neuchâtel pour envahir la Franche-Comté, décidèrent en faveur ae la maison de Brandebourg. Louis XIV fut très mortifié de cet échec qui marquait le déclin de la suprématie française en Suisse.
44. Seconde auerre de Villniergen. Après l'extinction de la famille des comtes de Toggenbourg, la vallée de ce nom avait passé sous la souveraineté des princesabbés de Saint-Gall. Mais ces pi*élats étaient peu aimés de leurs sujets, et ceux-ci avaient fait bon accueil aux doctrines réformées dont les cantons de Berne et de Zurich favorisaient l'expansion. Pour ramener leurs sujets à l'obéissance les abbés avaient recouru aux cantons catholiques et à l'empereur.
Au commencement du XVIII* siècle l'abbé Léger ayant décrété la construction d'une route destinée à mettre en communication directe l'empire et la ville de Saint-Gall avec les cantons catholiques, les réformés du Toggenbourg en prirent ombrage. Le conflit fut porté devant la Diète, qui se divisa ; le nonce prit parti pour l'abbé et chercha à intéresser l'empereur à sa cause. La diplomatie bernoise para le coup ; le général de Saint-Saphorin fut envoyé à Vienne et fit comprendre à l'empereur que 1 appui qu'il donnerait aux cantons catholiques tournerait au profit de la France, les cantons protestants étant seuls capables de résister à l'inlluence française. Les cantons neutres de Fribourg et Soleure cherchèrent en vain â concilier les deux partis. Lucerne et les petits cantons étaient excités contre les protestants par le nonce, Mgr. Caraccioli ; Berne et Zurich cherchaient à effacer le souvenir des campagnes malheureuses de Kappel et de Villinergen. Les esprits s'échau fièrent de plus en plus ; Bernois et Zuricois entrèrent en campagne et occupèrent les bailliages mixtes de l'Argovie, (19 avril 1712 ;) l'action décisive ne se produisit que le 25 juillet à Villmerfzen où se distinguèrent le général Sacconay et le major Davel.
Après une vive résistance les catholiques furent écrasés. La paix d'Aarau (11 août) mit fin à la lutte ; elle donna satisfaction aux Bernois ; en leur abandonnant de compte à demi avec Zurich et Glaris le comté de Baden et les bailliages libres inférieurs, elle assura leurs communications avec Zurich. Les antipathies confessionnelles subsistèrent et le sort du Toggenbourg resta en suspens.
45. Le Consenêus. Pour réagir contre les tendances théologiques divergentes qui se faisaient jour, les cantons évangéliques avaient adopté la Confession de foi
helvétique rédigée par le Zuricois Bullinger. Mais l'autorité de ce formulaire avait été ébranlée par les théologiens de l'école française de Saumur, et la plupart des membres du clerjté protestant de la Suisse romande avaient été gagnés a ces doctrines plus libérales qui étaient celles des réfugiés firançais.
Pour endi^er le mouvement, les riffides observateurs de la confession de foi helvétique décidèrent d'exiger des fidèles l'adhésion à cette confession de foi et de compléter, sur certains points, l'œuvre de BuUinffer. Cette entente, connue sous le nom de Con$en$u$^ fut conclue en 1679 par les quatre cantons évangéliques de la Suisse allemande. Genève y adhéra en 1682, mais Neuchâtel demeura en dehors de ce courant d'idées. L'application de cette mesure disciplinaire souleva une vive opposition, principalement dans la Suisse occidentale ; le signal de la résistance fut donné par le jeune clergé vaudois. Le joug que Berne prétendait imposer aux consciences jeta un grand nombre d'âmes pieuses dans les voies de la dissidence ; les piétistes (disciples de Spencer), les mystiques (disciples de Labadie), les quiétistes (disciples de M'"» Guyon), recrutèrent de nombreux adhérents dans les villes du Pays de Vaud ; les anabaptistes firent des progrès dans les cam-
Sagnes bernoises. Pour surmonter ces velléités d'indépenance le gouvernement bernois exigea de ses sujets un serment de consentement; le refus d'obéissance était puni du bannissement et de la confiscation des biens ; le oanni rentrant au pa]fs s'exposait à la peine du fouet et à la marque, et, en cas de récidive, aux galères et à la mort. Ce n'étaient pas là de vaines menaces. La peine du bannissement fut appliquée, et le gouvernement de Berne envoya des anabaptistes et des piétistes sur les galères de la républiaue de Gênes. Ces persécutions durèrent des années; elles ne prirent fin qu'en 1723 ; l'abolition du formulaire de consentement fut le résultat le plus immédiat de la tentative d'affranchissement du major Davel.
46. Revendications politiques. Vers la fin du XVII* siècle, une concentration de l'autorité entre un nombre restreint de familles s'était produite dans la plupart des cantons, en sorte que les fonctions publiaues n'étaient
Slus accessibles qu à un petit nombre d'élus. Le rôle es familles régnantes fut établi a Berne en 1680, a Soleure en 1681, â Fribourg en 1684, à Lucerne en 1707. Le développement de l'oligarchie eut pour conséquence des abus et un mécontentement qui éclata de divers côtés.
A Bâle, la rivalité de deux puissantes familles, les Burkhardt et les Socin mit aux prises le Sénat et le Conseil des Soixante. Des troubles éclatèrent et les chefs des partis populaires, Fatio, Mûller et Pétri furent condamnée â mort (1691); le premier seul fut exécuté. Un mouvement analogue se produisit â Genève ; il aboutit également à la condamnation à la peine capitale de ravoc;jt Pierre Fatio lequel, comme son cousin de Bâle, appartenait par sa naissance â l'aristocratie, et comme lui, s'était fait l'organe des revendications populaires (1707). En 1713, au lendemain de la .guerre de Villmergen, il se produisit à Zurich des demandes de réformes. Le bourgmestre Escher fit quelaues concessions et le pays rentra dans le calme. Cepenaant, là comme ailleurs se retrouve la même tendance à l'oligarchie. Le « Deux Cents M se complétait lui-même lorsque des vacances se produisaient dans son sein ; en 1669 on décida qu'il ne serait plus reçu de nouveaux citoyens. Mais c'est à Berne que le régime aristocratique était le plus fortement organisé. Au moment du danger, en 16o3, notamment, lors de la guerre des Paysans, en demandant L'appui de ses sujets romands, le gouvernement avait fait espérer aux députés et à la noblesse la convocation des États de Vaud, qui n'avaient plus été réunis depuis 1622. Vaines
Sromesses : les bourgeois de Berne régnaient en maîtres ans le pays romand comme dans le pays allemand ; ils se préoccupaient fort peu de la prospérité de leurs sujets; les routes étaient mauvaises et peu sûres, l'agriculture et le commerce dans le marasme; le peuple, privé d'instruction, était apathique.
Ce fut dans ces circonstances que le major Davel revendiqua une liberté dont le peuple ne sentait pas encore le prix.
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Quand il crut le moment venu, il convoqua, le 31 mars 1723, à CuUy. son bataillon et le conduisit à Lausanne ; là, il demanda la réunion du Conseil de ville et lui communiqua un appel a la ville de Lausanne, l'invitant à secouer le joug qui pesait sur elle, et un manifeste où il résumait les griefs très justiGés auxquels donnait prise Tadministration des baillis bernois. Le bourgmestre de Lausanne était absent. Le lils de ce dernier, le contrôleur de Crousaz, le boursier Milot avisèrent; ils feignirent d'entrer dans les vues de Davel ; ils Técoutèrent même attentivement, l'invitèrent à souper, puis logèrent sa troupe en la dispersant le plus possible; le lendemain matin, Davel lut arrêté. Jeté en prison, l'infortuné major fut mis à la torture, condamné a mort et exécuté à Vidy le ^ avril 1723,
Ce martyr de l'indépendance vaudoise obéissait aux mobiles les plus purs et les plus désintéressés. Ainsi que l'a reconnu l'avoyer Christophe Steiger, son manifeste contient une critique très précise et très fondée du régime bernois, si fondée que LL. EE. en tinrent partiellement compte
Durant le cours du XVIII* siècle, des soulèvements et des dissensions éclatèrent dans presque tous les cantons. Dans l'Appenzell-Extérieur, ce sont, en 1732, les querelles entre les Doux et les Durs. A Zoug, ce sont des chicanes endémiques entre les Durs et les Modérés, entre les partisans de l'Autriche et ceux de la France, les Schunracher et les Zurlauben, qui suscitèrent des troubles sanglants ; ceux-ci durèrent plusieurs années et ne cessèrent qu'en 1736. Après Berne et Zurich, le plus puissant des membres du corps helvétique était l'abbé de Saint- Gall. Cette monarchie élective était sans cesse en chicane avec sa voisine, la florissante république de Saint- Gall ; l'insurrection était permanente chez les sujets de l'abbé. Après la p.«ix de Baden en 1718. elle reprit les années 1733 et suivantes ; les Confédérés furent obligés d'intervenir pour rétablir Tordre.
Il on fut de même dans le Jura, où le prince-évéque de Bâle, Jean-Conrad de Reinach-llirtzbach(1 705-1737), porta au comble l'exaspération des populations par des innovations paraissant contraires à leurs franchises; il en résulta des troubles et l'ordre ne put être rétabli qu'après sa mort
§ar l'intervention des troupes françaises. Plusieurs ch^s u mouvement, Petignat, Lion et Riat eurent la tête tranchée (1740).
Vers le même temps, Taccaparement du pouvoir et des honneurs par certaines familles provoqua un sourd mécontentement chez les bourgeois de Berne. En 1744, vingtsept bourgeois et patriciens adressèrent à LL. EE. un mémoire respectueux sur les anciens droits des tribus et les abus qui s'étaient introduits dans la République. L'auteur de la pétition et les plus actifs de ses collaborateurs furent condamnés à dix ans d'exil, d'autres à cinq ans, d'autres à des peines moins rigoureuses. Cette manière d'agir accrut le nombre des mécontents. Parmi ceux-ci figurait Samuel Henzi ; c'était le fils d'un pasteur, plein de talent, fort instruit et d'un esprit délié. A son retour d'exil, en 1749, il postula un emploi de bibliothécaire ; évincé par un patricien de dix-huit ans, il se mit en rapports avec le lieutenant Pueter, homme d'humeur inquiète et d'un caractère indomptable, le négociant Vemier que le jeu et le désordre avaient conduit au seuil de la banqueroute et d'autres bourgeois encore; ces hommes ourdirent une conjuration aux fins d'obtenir des membres du Deux-Cents leur abdication. Dénoncés par un complice, les trois chefs du complot furent arrêtés, condamnés à mort et exécutés le 17 juillet 1749. Leurs complices furent condamnés, les uns au bannissement à temps ou à perpétuité, les autres aux arrêts domestiques ou à de simples admonestations. Cette entreprise manquée eut cependant pour résultat le redressement de quelques abus. ''
Vers le milieu du XVIII* siècle le mécontentement que nous avons constaté sur plusieurs points du territoire se manifesta aussi dans la Léventine. Les troupes des Waldstâtten firent rentrer les Léventins dans l'obéissance ; les instigateurs du mouvement, Fomo, Orso et Sartori furent exécutés (1755) et le pays réduit à la plus dure sujétion.
En 1764, des dissensions éclatèrent à Schwyz, au sujet
des exigences de la France touchant les capitulations, entre les Durs (partisans de l'Espagne) et les Modérés (partisans de la France). Le parti populaire, qui avait a sa tête l'aubergiste Pfeil, l'emporta momentanément et abusa de sa victoire en bannissant le Inndammaa F.-A. Reding et en lui infligeant, ainsi qu'à ses partisans, de très lourdes amendes (1765).
Au XVIII* siècle, le clergé possédait des biens considérables dans les cantons catholiques. A Lucerne, les deux tiers des revenus passaient entre les mains des ecclésiastiques. . Le Sénat lucemois voulut mettre ée% limites à l'accroissement excessif des biens des congrégations ; il en résulta des conflits avec le nonce ; devant la ferme attitude du gouvernement, celui-ci. saisissant le prétexte d'un conflit de compétence en matière de juridiction ecclésiastique, se retira à Schwyz et menaça Lucerne de l'interdit. La population prit fait et cause pour le gouvernement contre le nonce et le pape ; les cantons catholi<^ues appuyèrent les magistrats lucernois. L'intervention de la France parvint à mettre fin au conflit (1725-1730 . D'autres conflits éclatèrent en 1756, 1765 et 1768 entre l'État de Lucerne et le Saint-Siège touchant l'application des lois pénales aux prêtres reconnus coupables de délits de droit commun, au sujet de l'impôt sur les biens ecclésiastiques et de la publication du trésorier Félix Balthasar touchant les droits de l'Église helvétique.
47. Alliance avec la France. Conception de Louis XI, l'alliance franco-suisse fut une des bases de la politique de ses successeurs; elle toi aussi une préoccupation cons tante des Confédérés. François I*^ la renouvela en 1521. Henri IV en 1602, Louis XIV en 1663. Mais, depuis la révocation de redit de Nantes, l'opinion publique, dans les cantons protestants s'éloigna de la France. L'Angleterre et la Hollande, plus tard la Prusse, comptaient beaucoup d'amis à lleme ; en 1712, un traité fut conclu entre ce dernier État et les Provinces- Unies. L'Espagne gagnait du terrain auprès des cantons catholiques. Lorsque, en 1723, le traite franco-suisse arriva à son terme, les cantons n'étaient pas d'accord pour le renouveler. Après leur déftiite de Villmergen, les cantons catholiques avaient conclu avec la France un traité spécial, avec une clause secrète leur promettrfht la retftittftion des baillîages que Berne et Zurich leur avaient enlevés (1715). Lorsque les négociations furent entamées entre les cantons et la France, les catholiques voulurent se prévaloir de cette promesse de la cour de Versailles ; les cantons protestants s'y refusèrent. A plusieurs reprises, la France chercha à renouer l'alliance, mais le ton hautain de ses diplomates pas plus que leurs flatteries, leurs promesses et leurs fréquentes interventions dans les affaires fédérales, n'étaient faits pour rétablir l'entente entre les Ligues suisses et la cour de Versailles. Durant les guerres que Louis XV soutint contre l'Autriche, la Prusse et l'Angleterre, soixante à soixante-dix mille mercenaires suisses combattirent sous les drapeaux de la France, de la Hongrie, de l'Espagne, du Piémont, de la Hollande et de Naples ; ils s'y distinguèrent par leur valeur. Toutes les tentatives de la France pour renouveler l'alliance échouèrent sous Louis XV.
Avec l'avènement de Louis XVI, en 1774, un changement se produisit. Le ministre des affaires étrangères du nouveau roi, le comte de Vergennes, envoya à Soleure son frère en qualité d'ambassadeur ; conformément aux instructions qu'il avait reçues, ce diplomate, au lieu de spéculer comme ses prédécesseurs sur les rivalités intestines des Suisses, fit appel aux principes d'union, de confiance et de fraternité et au respect des États conrédérés les uns pour les autres. Il en résulta tout naturellement un rapprochement qui aboutit, en 1777, à la conclusion d'un traité des treize cantons avec la France, lequel annulait implicitement l'aUlance séparée de 1715. La nouvelle alliance était purement défensive et conclue pour le terme de cinquante ans. Ce traité procurait à la Suisse des avantages commerciaux importants et des promesses qui ne tardèrent pas à se réaliser, touchant les facilités i accorder aux Suisses établis en France (abolition des droits d'aubaine et de traite foraine) La Diète, réunie à Soleure le 25 avril 1777, donna son approbation à ce traité ; cet acte important fût l'occasion de grandes fêtes.
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48. Mouvement intellectuel aux XVII* et XVIII* siècles, La liélorme religieuse du XVI* siècle devait avoir des conséquences dans l'ordre politique et social ; ce réveil des idées effraya ceux-là même qui a\iiient été les initiateurs de la séparation d'avec Rome ; il en résulta un mouvement de recul ; le service étranger, en développant la courttsanerie, favorisa cette marche rétrograde. Dans ces condition», on s'explique aisément que la Suisse n'ait pris, au XVII* siècle, qu'une faible part au mouvement scientifique et littéraire ; les esprits primesautiers ne trouvant plus dans le pays un terrain favorable à leurs spéculations, c'est à l'étranger qu'ils allaient chercher fortune.
Avec le XVIII* siècle, l'horizon intellectuel de la Suisse s'élargit ; de toute part, on yoit surgir des hommes de talent et des publications dignes d'intérêt. Le mouvement partit de France ; ce fut une des conséquences de la révocation de l'Édit de Nanies ; le réveil commença par le pays romand avec Bourguet, Âbram Ruchat, Loys de Bochat, Âbauzit, Tribolet, etc.
A Zurich, les sciences physiques sont représentées par J.-J. Scheuchzer et Jean Gessner ; les lettres sont cultivées par Bodmer, Breitinser, Salomon Gessner, Lavater, Henri Meister, Hirzel, les arts par Gaspard et Henri Fûssii. Au XVIII* siècle plusieurs Bernois se distinguent par leur savoir. Notons le littérateur tiéat-Louis de Murait, le savant Haller, le naturaliste Samuel Wittenbach, de Sinner, de Lesber, de Bonstetten, de May, etc.
A Bâle, brillent les mathématiciens et physiciens Bernoulii et Euler; mentionnons aussi le secrétaire de la ville, Isaac Iselin, lequel, avec les médecins J.-J. Hirzel, de Zurich, et Zimmermann de Hrugg, fonda en 1760 la So* ciété helvétique qui ne devait pas tarder à grouper les hommes les plus marquants de tous les cantons et à provoquer la création de diverses sociétés poursuivant des buts scientifiques ou d'utilité publique (historiens, médecins, militaires, cosmographes, naturalistes, économistes, etc.).
La Suisse catholique pouvait mettre en ligne l'abbé Marianus Mûller d'Einsiedeln, et son successeur Béat Kûttel, Nicolas de Luce, abbé de Bellelay ; le franciscain Jost et le chanoine Schumacher a Lucerne ; le prévôt Sury du chapitre de Soleure et le professeur Ignace Zimmeri&ann, le théologien Brentano à Ba^per'swil; les historiens P.-V. Schraidà Uri, Zelger et Joseph Bunzinffer dans TUnterwald ; Joseph -Xavier Schnvder dans rEntlebuch ; le général Zurlauben à Zoug et l'éveque B.-H. de Lenzbourg à Fribourg ; au Valais appartient P.-J. de Rivaz, qui se fit une répulAtion comme mathématicien.
Dans la Suisse romande, une foule de noms sont à retenir : à Neuchâtel, le juriconsulte Vattel, les philanthropes David de Pury, Auguste de Meuron, J.-L. de Pourtalès, surnommé le roi des négociants ; du Peyrou, César d'Ivernois, Madame de Charriere née de Tnyl, le chancelier Boyve, le pasteur Chaillet ; à Yverdon, le publiciste de Félice A Lausanne, le philosophe J.-P. de Crousaz, les jurisconsultes Barbeyrac, Clavei de Brenles et Porta, les historiens Ruchat et Lovs de Bochat, l'astronome Loys de Cheseaux, le D** Tis&ot, le doyen de Polier, le général de Bavois ; de Constant d'Hermenches ; le professeur C.-A. Chavannes, Thébraisant Polier de Bottens, la marquise de Langalerie, M"** de Chandieu et de Brenles, plus tard M»* de Montolieu, M»* Charriere de Bavois, M "«^ Suzanne Curchod (M">« Necker) Benjamin Constant, formaient le noyau d'une société de gens d'élite qui, jointe à la réputation du D^ Tissot et à la beauté du pays, firent de l'antique cité épiscopale un lieu de villégiature recherché des étrangers. Parmi ceux-ci figurent rhibtorien Gibbon, Rousseau, Voltaire, le chevalier de Boufflers et, dans la suite, Tabbé Raynal, leprince Galitzin, la baronne d'Holca. Joseph et Xavier de Maistre, et bien d'autres encore. Tandis qu'à Lausanne florissaient plus spécialement les Belles-Lettres, c'était de préférence vers les sciences que se sentaient porrlés les Genevois ; plusieurs savants et penseurs attirèrent Tattention de l'Europe vers la cité de Calvin : Burlamaqui, Rousseau, Tronchin, Charles Bonnet. H.-B. de Saussure, De Luc, Senebier, M. -A. Pictet, P. -H. Mallet,
Elus tard Etienne Dumont, d'Yvernois, Mallet du Pan, etc. 'établissement de Voltaire aux Délices, puis à Ferney,
ainsi que ses querelles avec Rousseau et avec le clergé de (xenève eurent un grand retentissement.
Les beaux-arts ne peuvent prospérer que dans une société riche ; ils étaient alors un peu duns l'enfance. Quelques noms doivent cependant être rappelés : ce sont ceux de Petitot, J.-A. Ârlaud, Jean et Jacques Dacier, J.-E. Liotard, P. de la Rive et Huber, de Genève, J. Gaspard, Rodolphe Fûssii, de Zurich, Angelica Kaufmann, de uoire, le graveur von Hettlingen, de Schwyz, Isaac- Jacob Lacroix, de Payerne, A.-L.-R. Ducros et Kaesermann. d'Yverdon, J.-S.-L. Piot, de Lausanne, l'ingénieur Perronnet, originaire de Vevey, enfm, dans le Tessm, une foule d'architectes et de peintres, les Plsoni d'Ascona, les Albertolli de Bedano, les Mercoli deMugena, etc.
49. Préludes de la Révolution helvétique. La commotion produite en Europe par la chute de l'ancien régime en France ébranla -tous les trônes ; forts de leur neutralité, les cantons demeurèrent dans l'expectative : ils se bornèrent à accueillir les émigrés avec un empressement souvent mal récompensé. Les idées généreuses des promoteurs de la Révolution faisaient cependant leur chemin ; les habitants des pays sujets s'en inspiraient pour réclamer l'égalité des droits.
On croit volontiers que la révolution helvétique fut provoq^uée par la France ; en réalité, celle-ci la fit aboutir, mais il régnait déjà, depuis longtemps, un mécontentement sourd. Moralement, politiquement et économiquement parlant, la Suisse avait décliné.
Des mouvements révolutionnaires ayant éclaté à Genève, suscitèrent en 1738 une intervention de Berne, de Zurich et de la France. Les luttes entre les Représetttants (qui avaient protesté contre la condamnation par le Sénat des idées de Rousseau), et les Négatifs, qui leur contestaient le droit de nantir de leurs griefs le Conseil général, provoquèrent, en 1768, une nouvelle intervention de Berne, de Zurich et de la France et un nouvel édit de pacification ; seconde victoire pour le parti démocratique. En 1781 éclata une troisième révolution qui aboutit encore, vers la fin de 1782, à une intervention de Berne, de la France et de la Sardaigne. Le régime aristocratique fut rétabli; une amnistie fut proclamée, mais les patriotes les plus ardents en furent exclus et s'en allèrent à Paris, où ils se lièrent avec Brissot et Mirabeau. En 1789, le Conseil général décida de rappeler les bannis. Lorsque li Révolution triompha en France et que les armées de la République envahirent la Savoie, les troupes bernoises et zuricoises occupèrent Genève ; la France s'étant engagée à respecter son indépendance, les Suisses rentrèrent dans leurs foyers ; en décembre 1792, le parti révolutionnaire l'emporta à Genève. La ville tomba alors entre les mains des clubs de la Grille, des Sans- Culottes, des Marseillais, du Grand Club et du Club des Montagnards, qu'inspirait le résident français Soulavie. En 1794, le tribunal révolutionnaire s'établit à rhôtel de ville et prononça plusieurs condamnations à mort. La chute de Robespierre (27 juillet 1794) arrêU les terroristes ; leur tribunal fut dissous et Tordre rétabli dans cette ville.
Durant les années 1781 et 1782 il se produisit à Fribourg un mouvement politique connu sous le nom de révolution de Chenaux, du nom de son chef, le mig'or Nicolas Chenaux. Les baïonnettes bernoises comprimèrent l'insurrection ; les gouvernements de Berne, de Soleure et de Lucerne intervinrent ; quelques revendications populaires furent satisfaites ; la plupart furent repoussées ; plusieurs citoyens furent envoyés aux galères ou bannis.
Les proscrits de Genève, les Du Roveray, les Clavières, les Revbaz, les Dumont, et ceux de Fribourg, les Rey, les Castella, les Guisolan, furent bien accueillis à Paris: ils y formèrent, avec quelques Vaudois mécontents, les Ferdonnet, les Reynier et les Boinod, le Club helvétique qui compta jusqu'à 300 membres. Plusieurs de ces hommes étaient d'un réel mérite ; par leurs publications, ils travaillaient les esprits et préparaient l'établissement d'un régime nouveau en Suisse. Ils cherchaient à répandre l'esprit révolutionnaire dans les troupes suisses au service de France. Dans leur ensemble, celles ci ne se laissèrent pas contaminer; au contraire, elles montrèrent l'exemple de la fidélité au drapeau et, dans la défense du
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Palais des Tuileries, se signalèrent par leur courage héroïque le 10 août 1792. Cependant un régiment, celui de Chateauvieux, prit part à un mouvement populaire et s*abandonna à toutes sortes d'excès.
Dans le Pays de Vaud, les paysans étaient attachés au régime bernois : la nouvelle de Tabolition des dîmes les émut cependant ; la noblesse ambitionnait de jouer un rôle, mais elle tenait au maintien des droits féodaux ; ces divergences et la rivalité qui existait entre les bourgeois et les gentilshommes s'opposaient à une action commune. L'action du Club helvétique s'exerçait cependant sur les esprits, malgré les efforts que le gouvernement bernois faisait pour s'opposer à la propaK^tion de ses libelles. Alors en Russie, où il s'occupait de l'éducation du prince Alexandre, Frédéric César de Laharpe, dans une épître (l^^ août 1790) adressée à de Polier, Â. de Laharpe et H. Monod les engageait à demander :
« lo qu'une commission fût chargée de rechercher les privilèges politiques du Pays de Vaud ;
2» que les Anciens Étals de Vaud fussent rétablis ;
3<> que l'égalité des droits politiques fut admise pour tous les citoyens, avec faculté de participer au gouvernement. «
A la même époque, des contestations s'étaient élevées entre les Vaudois et le sénat de Berne au sujet de l'entretien des routes, de l'administration des cours d'eau, des forêts, des salines et surtout de la situation des officiers vaudois dans les régimentsau service étranger ; les conseils des villes de Morges, de Moadon, d'Yverdon, de Nyon, d'Aubonne, de Cossonay et de Rolle se firent l'organe de ces griefs.
Des symptômes analogues se produisirent en Valais et aboutirent à des insurrections à Marligny, au val d'IUiez et à Saint-Maurice (août et septembre ilw). Les communes rurales du Pays de Vaud récriminèrent contre les droits féodaux ; les avocats Monod et Cart les assistèrent et leur conseillèrent une démarche collective en vue de la réunion des États de Vaud. Le sénat de Berne fit quelques réformes et recommanda aux bourgeois de cette ville de se montrer moins hautains envers les Vaudois. Un incident souleva de nouveaux troubles ; ce fut l'arrestation du pasteur Martin, à Mézieres, accusé d'avoir tenu des propos imprudents à propos du conflit qui s'était élevé entre le seigneur de Carouge, M. de Diesbach, et les paysans de la contrée, au sujet de l'application de la dfme à la récolte des pommes de terre (29 septembre 1790). Ce digne ecclésiastique fut arrêté, puis finalement acquitte et réintégré dans ses droits (17 avril 1791), mais l'émotion que cet événement avait causée ne se dissipa pas.
Le 14 juillet 1791, les patriotes vaudois organisèrent dans la campagne des Jordils, sur Ouchy, un banquet dont un concours de tir servit de prétexte. Des hommes appartenant à toutes les classes de la population, propriétaires de fiefs, militaires, avocats, médecins, ecclésiastiques, banquiers, négociants et artisans y assistèrent ; des orateurs enthousiastes, célébrèrent le triomphe de la liberté en France ; ils furent vivement acclamés. Le lendemain, les tireurs et les patriotes de Morges, de Lausanne, d'Aubonne et de Nyon se rencontrent à Rolle et manifestent leur sympathie pour les idées nouvelles. Au premier rang se distinguent Amédée de Laharpe, seigneur des Uttins, le lieutenant baillival Rosset, le libraire Durand, Mûller de la Mothe, l'avocat Miéville, etc. Ces fêtes patriotiques eurent un lugubre lendemain. LL. EE. envoyèrent de Berne un corps d'armée de 6000 hommes avec 60 pièces d'artillerie ; une haute commission fut instituée ; les principaux acteurs des journées des 14 et 15 juillet furent jetés en prison puis condamnés, soit aux arrêts à domicile, soit à 4, 5, 6 et même 25 ans de prison ; Amédée de Laharpe fut condamné à mort. Il échappa heureusement à ses juges et trouva un trépas glorieux à Lodi (1796), où il commandait comme général une division de 1 armée française.
L'esprit révolutionnaire soufflait aussi dans Tévêché de Bâle ; dès 1785, les sujets du prince-évêque sollicitent en vain une assemblée des États, laquelle, longtemps éludée
Î>ar le souverain, se réunit enfin en 1791 ; l'année suivante, e général Custine occupe le pays ; fort de son appui, les patriotes jurassiens fondent' la République Rauracienne. Cet État devint promptement la proie des partis.
Le 23 mars 1793, il fut réuni à la France sons le nom de département du Mont-Terrible, puis finalement incorporé au département du Haut-Rhin en 1800. Mulhouse, alliée des Suisses depuis des siècles, fut réunie à la France. Les aspirations libérales qui se manifestaient en France trouvèrent aussi promptement de l'écho auprès des populations des bords du lac de Zurich. Un potier patriote de Stâfa, Henri Neeracher, se fit l'interprète des vœux du. peuple et devint l'âme du mouvement avec le chirnr^ien Pfenninfer et le boulanger Stapfer. Leurs revendications étaient basées sur le compromis de Waldmann, dont ils avaient retrouvé une copie, et sur une convention signée à Kappel en 1532 ; le conseil de Zurich ne les en écarta pas moins ; des secours furent demandés à Berne et le village de Stâfa fut occupé militairement le 5 juillet 17%. Bodmer et Fierz, considérés comme les chefs de l'agitation, furent condamnés à mort, mais leur peine fut commuée en celle de la prison ; 2al complices eurent à payer plus de 300000 fr. d'amende et de frais militaires.
Vers la fin du XVIII* siècle la principauté de Saint- Gall avait à sa tête un prélat débonnaire, l'abbé Beda, esprit cultivé et libéral, lequel, par sa prudence, put éviter des conflits prêts à éclater. Son successeur, l'aobé Pancrace, élu en 1796, suscita la guerre civile par ses procédés hautains et dut s'enfuir en Allemagne.
Les républiques suisses devaient toutes expier la faute u'elles avaient commise en se donnant des sujets au lieu e partager avec leurs provinces les avantages de la liberté. Sur la demande des Valtelins, la diète grisonne de 1793 se décida à leur faire certaines concessions. Mais les retentissants succès de Bonaparte en Italie enflèrent leurs prétentions. Le premier consul se posa en médiateur ; sur le refus des ligues grisonnes d'accorder Tégalité des droits, la Valteline, ainsi que les comtés de Bormio et de Chiavenna, furent réunis à la République Cisalpine (1797). Peu s'en fallut que les bailliages italiens n'eussent le même sort ; mais une ambassade fâérale réussit à apaiser Bonaparte et à conserver à la Sui»se les districts qui forment aujourd'hui le canton du Tessin.
Durant toute cette période, la Suisse avait réussi à conserver sa neutralité ; elle avait constamment, de 1792àl797. tenu garnison à Bâle, et, lorsqu'en 1796 un corps de troupes, taisant partie de l'armée de Moreau, fut refoulé sur son territoire par l'archiduc Charles, il fut désarmé, les blessés soignés et les fugitifs rapatriés.
La France trouvait son compte à respecter cette neutralité par le fait qu'elle couvrait une partie importante de sa frontière. Par sa bienveillance et sa prudence, l'ambassadeur de France, fiarthélem)[, sut éviter les conflits. En 1797, appelé à faire partie du Directoire, il quitta la Suisse ; ses successeurs s'inspirèrent d'un tout autre esprit. L'avènement de Bonaparte changea la situation. Décidé en principe dès l'automne 1797 à envahir notre pays, il eut soin de ne pas comprendre la Suisse dans le traité de Campo-Formio. Le chargé d'affaires Men^aud, déjà connu par sa participation à la révolution de Hollande, fut envoyé en Sui«se pour préparer les voies à une rupture dont le prétexte devait être facile à trouver.
50. La Bi^voluHon helvétique. Les Vaudois, devenus sujets de Berne de par la conquête de 1536, n'avaient aucun lien de droit avec la Confédération ; ils ne pouvaient recourir a la Diète en cas de violation de leurs franchises. Après les velléités d'indépendance manifestées en 1791 . (quelques satisfactions données aux patriotes eussent conjuré l'orage qui se préparait ; mais les modérés ayant été réduits à l'impuissance, ce furent les violents c|ui prirent la tête du mouvement. C'est alors aue Frédéric César de Laharpe, l'ancien précepteur de 1 empereur Alexandre, fait des démarches auprès de Bonaparte pour obtenir de Berne, 1<> la restitution des biens confisqués a son cousin le ffénéral Amédée de Laharpe, qui venait de mourir à Loai, en laissant une veuve et des enfants sans ressources, 2» le rappel des Vaudois exilés.
Sur la demande du gouvernement français, une amnistie partielle est accordée, mais P.-C. de Laharpe en est exclu.
Condamné à demeurer hors de Suisse, le patriote vaudois met tout en œuvre pour préparer la révolution helvétique, il présente au Directoire français un plan pour l'affranchissement de sa patrie. Le 9 décembre 1797, dixsept patriotes vaudois et fribonrgeois remettent au Direc-
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toire une pétition rédigée par Laharpe. Dans ce document, d^one part ils ae prévalent de la déclaration des droits de Vhonime et de Vautre ils invoquent la garantie donnée en 1565 par la France au traité de 1564. concernant la cession du Pays de Vaud, à teneur duquel les républiques de Berne et de Fribourg devaient posséder les communes par elles conquises, telles que le duc de Savoie les avaient possédées lui-m^me, c'est-à-dire en respectant leurs us, coutumes et droits alors en usage, ce qui impliquait, d'après Laharpe, le maintien des Etats de Vaud.
A la vérité, la France n'avait jamais tenu la main au respect des engagements pris par le duc de Savoie en ce qui concernait les droits assurés aux habitants des bailliages de Thonon et du Pays de Gex ; elle était donc mal venue à invoquer les clauses d'un traité envisagé par elle comme caduc. Mais le Directoire français ne l'entendait pas ainsi ; le prétexte fourni par Laharpe lui parut de bonne ^'uerre et par un arrêté du 28 décembre 1797, il prit les patriotes vaudois et fribourgeois sous sa haute protection.
Bien n'était encore compromis ; tout ce aue demandait la fraction modérée des patriotes vaudois c'était la convocation des anciens États et le redressement de certains torts ; elle ne réclamait pas la séparation .d'avec Berne.
Si Berne avait été assez magnanime, observe Thistorien zuricois Hottinger, pour émanciper le Pays de Vaud, Zurich assez sage pour consentir a une constitution libérale, si l'on avait satisfait les vœux légitimes des bailliages communs, tout prétexte dMnvaston aurait été enlevé à la perfidie du Directoire.
La Diète helvétique se réunit le 27 décembre et manifesta son impuissance par de pompeux serments. Dé ta l'orage grondait en Suisse même. Le 18 décembre. Bâle donnait le signal du mouvement rénovateur. A l'instigation du tribun Ochs, un ami de Laharpe, une proposition tendant à la proclamation de l'é&alité des droits fut faite le 18 décembre au Grand Conseil. Le gouvernement bâlois comprit les nécessités du moment ; une assemblée constituante fut convoquée le 5 février 1798; elle décida de faire une part égale aux campagnards et aux bourgeois ; c'est ainsi que la question fut résolue le 7 février par une révolution pjacifique, sans intervention étrangère.
Moins avisé, le patriciat bernois manifesta une obstination (]ui devait amener sa chute. Le 2 janvier 1796, on apprit a Lausanne la décision du Directoire français ; aussitôt se forma, sous le nom de Comité de réunion, un club qui envoya de divers côtés des courriers et se mit en relation avec les patriotes des autres localités du pays, en vue de demander par voie de pétition la convocation des États du Pays de Vaud. Le 8 février, le Deux-Cents de Lausanne, sur la proposition de Maurice Glayre, décida de transmettre cette pétition à Berne ; les conseils des autres villes suivirent cet exemple et le mouvement fut approuvé par le pays.
Pour intimider les pétitionnaires, Berne décida d'appeler les milices et les conseils des villes à prêter serment de fidélité le 10 janvier ; Vevey, Cully, Moudon, Nyon, Aubonne, etc., refusent le serment; à Lausanne, une bonne partie des citoyens n'assistent pas à la prestation, d'autres n'y participent qu'en hésitant. Le lendemain, les patriotes veveysans s'emparent du château de Chillon ; l'autorité de LL. EK. étant méconnue, ce sont les conseils des communes qui assurent l'ordre. Berne recourut alors à la Diète ; celle-ci désigna deux commissaires, J.-C. Wyss et de Reding de Biberegg, qui arrivèrent à Lausanne. Ces magistrats insistèrent auprès du gouvernement bernois pour qu'il ordonnât la réunion des États, mais LL. EE. n'en voulurent pas entendre parler ; elles désignèrent le colonel de Weiss, bailli de Moudon, comme haut commandant du Pars de Vaud.
Le 18 janvier, des députés venus à Lausanne des diverses parties du canton forment l'Assemblée des villes et communes du Pays de Vaud. Le 22 ianvier, le Deux- Cents de Berne, i une majorité de dix voix, refuse la convocation des États, et met sur pied un contingent de troupes. Le même jour une délégation du comité des villes se rend dans le Pays de Gex pour s assurer de l'appui éventuel du général Ménard. Le lendemain soir, 23 janvier, parvint à Lausanne une proclamation de ce géné-
ral, datée de Femex, annonçant aux Vaudois que le Directoire lui avait ordonné d'employer tous les moyens pour leur procurer la liberté. Le même jour arrive de Paris une brochure intitulée : Instruction pour l* Assemblée représentative lénianique, signée F.-C. de Laharpe et Vincent Perdonnet.
Le 24, les députés des communes proclament l'indépendance du Pays de Vaud et constituent un gouvernement provisoire ; la plupart des baillis bernois quittent leur résidence et la revolution est accomplie sans qu'une goutte de sang ait été versée. Quelques régions. Aigle, Les Ormonts, le Pays d'Enhaut, Grandson, Sainte-Croix, Orbe et une partie du Gros de Vaud demeurèrent fidèles à Berne, qui maintint son point de vue et s'arma pour faire rentrer les Vaudois dans l'obéissance. Sur ces entrefaites survint l'incident de Thierrens, qui fut le prétexte de l'invasion française. Le 25, le général Ménard avait envoyé comme parlementaire à Yverdon son adjudant Autier. Celui-ci voyageait de nuit en berline, lorsque son escorte fut interpellée par une patrouille que les habitants de Thierrens avaient organisée pour leur sûreté. Au lieu de répondre ai^c oui vive ? » qui leur est adressé, les hussards français dégainent ; un combat s'engage, les hussards sont tués. L'enquête démontra que les gens de Thierrens étaient en cas de légitime défense, mais le général Ménard prétendit que ses hussards avaient été assassinés ; il avait trouvé le prétexte au'il cherchait ; le 27 janvier, il donna a ses troupes (1Ô500 hommes) l'ordre d'entrer dans le Pays de Vaud. L'incident de Thierrens ne fit qu'avancer d'un jour l'invasion, car elle avait été décidée, ainsi qu'il résulte d'une lettre de Ménard au général Mûller. Cette lettre est en effet datée du 26, or l'incident de Thierrens eut lieu le 25, à dix heures du soir, et n'était pas encore arrivé aux oreilles de Ménard. Par cette lettre, le général français annonçait que son entrée sur le territoire suisse était fixé au 28. Depuis trois mois les soldats de Ménard n'avaient pas touché de solde ; aussi s'empressa-t-il de demander aux Vaudois, par voie d'emprunt forcé, une somme de 700000 francs, en offrant pour garantie « la loyauté française » ; il prescrivait en outre des rations de pain, de viande, de vin, d'eau de vie, de foin, d'avoine, etc., que les Vaudois devaient fournir, ainsi qu'une levée de cinq mille hommes.
En réalité, ainsi que le reconnaît l'historien français Martin, le Directoire résolut de renverser les gouvernements aristocratiques de la Suisse pour mettre la main sur leurs caisses. « On prétendit, dit Marmont dans ses Mémoires, avoir à se plaindre des Suisses. Un comb.it dispersa les forces des Confédérés: on arriva à Berne, où l'on s'empara d'un trésor considérable, formé par la prévoyance et l'économie. »
Malffré leurs exigences oui produisirent un fâcheux effet, les troupes françaises turent bien accueillies à Lausanne, moins bien à Yverdon et à Sainte-Croix.
A la nouvelle de l'entrée des Français à Berne, les troupes bernoises se replient sur Gûmmenen ; le patriciat fit une concession tardive en admettant 52 notables des pays sujets dans le sein du Deux-Cents et en décidant, le 3 février, une revision de la Constitution. D'autre part, l'assemblée provisoire de la République lémanique ort^anisa les services publics ; ce travail, œuvre des modérés, fut rendu inutile par l'octroi, le 9 février, d'une constitution, rédigée par Ochs, recommandée par Laharpe, et approuvée par le gouvernement. Cette charte fut aussitôt votée par l'assemblée provisoire et ratifiée par les communes ; les Bâlois l'adoptèrent également.
Les principes révolutionnaires se propagèrent promptement. Le 31 janvier, le Grand Conseil de Lucerne prononce l'abolition du régime aristocratique et convoque les députés de la campagne pour délibérer sur une constitution basée sur le principe de l'égalité; Schaffhouse et Zurich font des concessions analogues; les bailliages argoviens et thurgoviens, le Rheinthal et le Bas-Valais, les sujets de l'abbaye deSaint-Gall et les bailliages italiens s'insurgent. Berne se prépare à résister avec bravoure à l'envahisseur. Le l"* février, Ménard est remplacé par le général Brune. Celui-ci, manquant d'artillerie et de cavalerie, et ne disposant pas de troupes suffisantes, gagne du temps en entamant des négociations. Il trompa les Bernois en leur faisant croire qu il voulait traiter avec eux ; il
•224 — D. G. s. V — oG
I les parties d , la première diiîsio
■ —1 rilalU; legéaé
Lorsque, grâce â l'arrivée des renforls et à l'adiODction du corps de Schau en bourg, qui ot^cupait le Jura, I enectirdes troupes fraoçainea s'éleva à 10000 hommes, Brune changea de ttctique et décida d'aLlaquer les B»doU qui n'avaient (|ue 1801)0 tiommei à lui opposer, il contiauB perlidemenl ee» négocia lions «près avoir donné des ordres pour l'allaque. Les Bernois furent pris entre deui Teui. Le 1" mara, Schauenbourg franchit Is fronliâre NOleuroiee ; le 2. il occupe Soleupe, tendis aue ie ((énéral Pigeon s'empare de Fnbourg.'I^ t man. i'avoyer de Steiger et le gouvernement aristocratique de Berne abdiquentet font place • un gouvememeut provisoire Orune refuse de Iraiter avec lui. Les 4 et 5, lea BerDoia, sous le commandement de d'Kriach, de F, de Watteville. de K. de Bovéréa, opposent une hérojque résistance à Neueneck, à Laupen. à rraubruonen, au Grauhoiz et au llreitfeld ; ils sont accablés sous le nombre. Leur défaite
sui
51. Élahliaenient de ta République helvèliqiur. La Berne rnlralna celle de l'ancienne Confédération. Brune devint le dictateur de la Suisse . il créa : 1* une République rhodanique, comprenant les canlonsdu Léman, de Sarinc el Hroye, de l'Oberland. du Valais, et du Tesain, 2' une République ht^lvétique, comorenant la majeure partie de 1 ancienne Confédération hi 3" une République du Tellt;au. comprenant \ff petits cantons. Plutôt que de subir ce partage, qui navrait les Vaudois. les Confédéré* se rallièrent à l'idée d'une République helvêti^iue une et indivisible ; c'était ce que voulait Brune et ce que consacra, le 13 avril, une réunion des députés de le Suisse. Le ï8 i franfaise fut achen
ra! Brune quittait lleme dans une calèche Borlie des remises de l'ancien avover de Mûlînen ; le commandement en chef âes troupes françaises échut au général Schauenbourg. tlo commissaire civil lui fut adjoint en ta personne de Le Carlier ; ce dernier était accompagné d'un secrétaire nommé Hapinat. qui le rendit célèbre par ses exactions. Les premiers aclei du dictateur français furent d'exdure des fonctions publiques tous les membres des anciens gouvernements, de mettre l'entretien des troupes françaises à la charge du peuple et d'interdire la discuasion du k' projet de constitution helvétique qui devait
icbKBS «1 ^^^ adopté sans amendement. Cette manière insolente d'agir, contraire aux promesses faites, blessa au vif lea sentiments des Confédérés et leur inspira une extrême répugnance pour le
C'est dans ces tristes circonstances que les mandataires de la nouvelle Suisse se réunirent k Asrau le 13 avril, ei votèrent la constitution unitaire, A cette assemblée figuraient seulement les députés de Berne, de Lucerne. Bile, Schalthouse. de l'Oberland, deSoleure, deSarine el BroTe. du Léman et de l'Argovie. Le mot Suisse fut remplacé
rr celui d'Helvélie ; le mot Confédération lit place celui de République, Le territoire des antiques Li' gués, passablement diminué, fut divisé en 23 prérec-
fut
; fiern
queurs. non contenta de s'emparer du trésor de l'Etal, frappèrent lea familles patriciennes de contributions exorbitantes : des otages furent exigés, la campngne bernoise fut mise à sac; le pillage, l'incendie, le viol, les outrages de toute l'Spèce, dit Laharpe, dans une lettre au Directoire français, marquèrent le passagedestroupesfraaçaises. Un estime a 1 Vi million, les sommes que Brune et seij acolytes s'approprièrent personnellement, à rin--u de leur gouvernement, i 13 '/i millions la part du trésor perçue par le Directoire, plus 3</i millions provenant des caisses publiques et de la contribution imposée aux familles patriciennes, k ces prélèvements vinrent encore s'ajouter les approvisionnement* et le matériel de guerre évalués à 111 millions. Comme
trophée, Brune •. ^- ■. ,
I de Berne
I tures ; certains cantons étaient réunis, d'autres morcelés, A la tête du pays étaient placés un Sénat et une I Chambre des députés, élus par le suffrage au seco&d degré.
lure ou canton avait une chambre administrative de cinq
membres qui aecondait le préfet nalional et un tribunal cantonal de 13 membres. Les canlous étaient subdivisé! en dÏBlrictB qui avaient cliacun leur sons-préfet et leur tribunal. Cette organisation, mal étudia, subit diverses modifications pendant la courte durée du régime helvétique. La coDstilution contenait certains principes fondamentaux, prématurés pour l'époque, et présentés en termes
empbatiqui
;plu-
i n élaient pas BieurH u uniri: eux uui été réintroduits buub uue auii-e forme dans les Conatitutions fédérales <le 1848 et de 1874.
Les élections portèrent au pouvoir des hommes recommandablea par la modération de leur caractère : Lucas Le- Xrand, Maurice Glayre. Victor Uberlin, Alphonse J'tjSer. et de Bav. Ceux-ci nommèrent comme mmiatres les citoyens B^coB, Rentier. Slapfer, Meyer de Schaueosee, Finsler et Repond. Ces magistratures na furent pas de longue durée; les premiera directeurs et les premiers ministres firent prompte ment place à d'autres.
Le 15 avril 1798, entre midi et une heure, un corps de 1600 hommes de troupes frantaises pénétra a l'improvisle à Genève par trois portes dilférentea el se rendît mettre delà place; cette occupation devait durer quinte ans, jusqu'i la chute de Napoléon, Par une amère dérision, une adresse au peuple suisse proclamait • l'indépeDdance helvétique •- Les petits cantons, Uri. Schwy?., L'ntenvald, Glnria et Zoug. n'avaient pas participé à l'assemblée dWarau. Schauenbourg prit immédiatement les mesures nécesaaïres pour les contraindre à accepter la constilutioD que le Directoire fraoï^ais leur imposait au nom de ta liberté. Le 21 avril il transporta son quartiergénéral à Lucerne et le 28 à Zurich. Le 30 avril, les Glaronnais (dirent défaits à Wollerau et le lendemain à
Le 2 mai. les Schwvzois. sous la direction d'AloIs de Redlne. remportaient de hrillanta succès sur les Frani,'ais i Hothenthurm et au Saltel ; l'honneur des vieux Confédérés élait sauf, mais ils ne pouvaient continuer une lutte par trop inégale. 1^ soldatesque française se signala par sa cniaule. Pour mettre tin à cette cruelle agouie, Reding conclut une trêve ; le i mai, la diète de Schwvi adhéra à la République helvétique, reconnue la veille par les Glaroonais et le lendemain par les l'ranais. Le Valais ne s'était pas rallié à la République helvétioiie. Les llaut-Valaisans descendirent en masse la vallée du Rhône pour arracher le pouvoir au gouvernement provisoire qui s'était établi i Sion. Des tronpes furent envoyées contre eux ; le* braves ntontagnard* furent battus à Pinges, le
I 18 mai; leur paji fut dësarmé. dévasté et condamnée I payer une contribution de guerre.
âft.SouU-vementdea H'alrfMâlfen. L'adhésion i la Constitution helvétique fut célébrée sans difticulté. dans la majorité des cantons, par un serment civique. Dana les communes où cette cérémonie rencontm de l'opposition. îichauenhourg envoya deH troupes. Dans les Waldstâtten, un nombreux parti, soDS l'inllnence des prêtres, poussait à la résiatance; on représentait au peuple que la religion était en danger. L' impossibilité où était le Directoire helvétique de protéger les citoyens suisses contre les excès commis par la soldatesque française accrut le nombre des mécontents.
Averti de celte effervescence, le Directoire prit des mesures militaires. Dans le Nidwald, quatre Undsgemeindes te réunirent coup sur coup les 18. 20. 22 et 24 août : elles envoyèrent des drpulés à Aarau. auprès du Directoire helvétique, lequel exigea la soumission pure et simple des Nidwaldirns. Une dernière landsgemeinde refusa de capituler. En présence de cette altitude, Schauenbourg diriga doUiM bataJI- ' Ions d'infanterie, deux escadrons de hussards et une batterie d'artillerie aur le Nidwald ; il ae procura un grand nombre 1798 de bateaux pour traverser le golfe de Slans.
En dépit de ces forces importanlea, les Nidwaldiens ne renoncèrent pas i la lutte. Dans la nuit du 8 au 9 septembre. Schauenbourg prit ses dieposilions pour cerner les montagnards, mais ce n'est qu'après un combat acharné et beaucoup de sang répandu qu'il devint maitre de la position, La victoire
Français fut souillée d'atrocités lamentables. En .'ant à Slans. Schauenbourg fut indigné des hor- ■ dont il fut témoin ; il donna des ordres pour
«rréter les déprédation b ; il ût rMtitaer le bétail saiil et distribuer de« vivres pour parer «ui premiert besoins.