‹ Dictionnaire géographique de la Suisse;Chapitre 171 sur 225 · La Suitae iout le régime heh'èliiitte. Les · texte numérisé non relu

La Suitae iout le régime heh'èliiitte. Les

avaient triomphé, mais le Direeloire était înipuluaDt. L'invasion étrangère avait beaucoup sppauvri U Suisse. Quelcgiies mesures utiles furent cepeo dan [ adoptées par les

-■■■ ...;..— .jj.. fut proclamée,

i, les mariages

a liberté du .

la torture abolie, ta traite foraine snppriroéi mixtes autorisés, les dtmea et autres droits féodaux abolis en principe, etc.

Avec l'entrée en scène d'tJehs et de Laliarpe, qui remplacèrent au Directoire fédéral de Bav et Pri;ffer (ISjuîn 17fl8|. les allures des pouvoirs helvétiques prirent un caraciera tvrsnniaue et pompeui. Vers la fin de IT9q, la France exigea de la Suisse la levée d'un corpa de ^8 000 hommes.

En 1799. les hostiliiés reprirent entre la France et les alliés. La Suisse devint un des eliamps de bataille de l'tlunipe. Le 4 juin. I srchiduc Charles dent, sous les murs de Zurich, les Français que commandait Masséna.

Mai* te général autrichien, en bulle k la jalousie de son frère, l'empereur Franvols II, et de la cour de Russie, paralysé par les intrigues, ne put profiter de ta victoire. Il se vit obllsé d'accorder un armistice de deui """• â Uasséna et d'abandonner a__ raux russes la direction de la s la campagne. Les hoBtililêi n cèrent le 13 août; le 25 septembre. Maiséna, prenant sa revanche, inHigi'B une défaite complète à Korsakofr devant Zurich, puis, renouvelant les procédés de Itapinat. il réclama aui villes de Bâie, Zurich et Saint-Gall d'énormes contributions. „ ...

Le Valais tenta encore de se soûle- Comb.t du

ver, mais cette velléité d'indépendance fut cruellement réprimée par le général Xaintraille. La Suisse était épuisée; quand il parut qu'elle n'avait plus les mojena d'entretenir une arméf. le Directoire Français envoya ses Iroupes en Italie,

I aénélufte de

Le dépari des armées étrangères et la chnte du Directoire en France, le 18 brumaire (9 novembre 179B). amène la lin de la dictature de de Lahirpe. Le 7 janvier 18(0. le parti dea modérés, Dolder, Savary, Glayre, etc.. soutenu par Bonaparte, l'emporta sur celui des ardents qui se qualifiaieDl de patriotes. Lea mesures d'exception lurent rapportées, te clergé, qui avait été réduit i I indigence, redevint l'objet de la sollicitude du gouvernement. La nécessité de se procurer des ressources financière* nmena le réUbliasementdes dtmes, mesure qui donna beau jeu au i

Satrjoles et provoqua dans le cantan deVaud l 'insurrection es Bourta-papej (brûleurs de chartet|. Les élections fédérales donnèrent la majorité, tour à toor aux uniiairea (Rengger, SUpter, Kuhu) et aux fédéralisles (Redin^-i. Ce< derniers, ayant été écartés par un coup d'Rtal, le 19 avril 1802, les modérés s'insurgent et, sous le commandement de R. d'Erlsch, ils chassent de Berne le gouverne nient unitaire qui se réfugia à Lausanne; celui-ci s'apprêtait à

Fasser en Savoie, lorsque Bonaparte intervint et impo^j Acte de Médiation.

54. La SuUle lou, VActe di- Médiation. A l'appel du premier consul, une délégation, connue sous le nom de Con$ulla helvéliipie, composée de soixante et quelques notables délégués par le Sénat et les cantons, et formée en majorité d unitaires, se réunit à Paris le 10 décembre 1802. Après de nombreuses conférences, Bonaparte arrêt» lui-mi''me Ip texte de la Constitution connue sous le nom d'Acte de Médiation qu'il remit le 19 février 1803 aui délégués de la consulte: il investit Louis d'AITry des fonctions de landamman de la Suisse et le chargea de mettre en vigueur le nouveau Pacte.

Malgré son origine étrangère, l'Acte de Médiation fat bien accueilli ; c'était une heureuse transaction entre les idées de l'ancien régime et celles de la Révolution, qui ne donnait la victoire à aucus «les partis en présence. La Confédération reprenait son nom de Suisse et se composait de dix-neuf États; aux treiie anciens cantons venaient s'ajouter les Grisons, Saint-Gall, Argovie, Thurgovie. Vaud et Tessio. Une Diète, composée de 19 députA. devint l'expression de la volonté^ nationale ; les six cantons qui avaient plus de cent mille habitanU (Berne, Zurirh, Vaud, Saint-Gall, Argovie, Grisons) avaient double \oii

» Fr*a<;sii, b Min tr».

Six cantons devaient fournir à tour de rôle le maeisli suprême lequel, sous le nom de landamman, présid; la Diète et représentait la Confédération dans ses n

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ports avec rétraoger. Ces six cantons étaient ceux de Fribourg, Berne, Soleure, Baie, Zurich, Luceme. Durant ce régime, la Confédération eut pour landammans : d'Affry, de Wattenwi), Reinhard, Merian, Glutz, Rûttimann. Grimm, Burckhardt (les trois premiers fonctionnèrent deux fois à six ans d'intervalle). Le landamman était assisté d'un chancelier, élu pour deux ans et toujours rééligible, pendant de longues années, de 1803 à 1^0, cette charge fut dévolue au jurisconsulte Mousson, de Morges, en qui devait s'incarner la tradition des affaires fédérales.

Sous l'Acte de Médiation, la Suisse se remit des violentes secousses qu'elle avait subies ; ce fut pour elle un temps de repos et de progrès que les cantons mirent à profit pour s organiser. Pofiliquement, la Suisse ne s'appartenait plus ; sa neutralité était théorique, elle dépendait du bon plaisir de la France» Elle échappa pendant dix ans aux invasions armées, mais elle avait à supporter des charges écrasantes ; la France lui avait imposé une capitulation militaire qui l'obligeait à lui fournir quatre régiments de 4000 hommes chacun, librement enrôlés et toujours au complet. Comme la Suisse n'avait pas alors la moitié de sa population actuelle, ce contingent était hors de proportion avec ses ressources. Pour bufftre aux exigences du recrutement, on vida les prisons et on organisa un système de presse ou enrôlement forcé qui atteignait principalement les mauvais sujets et les tapageurs d'auberges. L'année 1804 se signala par les émeutes des campagnards zuricois, provoquées par le taux de rachat des dîmes. En 1805, la guerre entre la France et les puissances coalisées obligea la Suisse à occuper militairement la frontière du Rhin. La Suisse eût voulu améliorer son organisation militaire, mais Napoléon s'y opposa. En 1806, Napoléon se fit céder par ta Prusse la principauté de Neuchâtel, point stratégique important, et la donna au maréchal Berthier. Le Valais avait été, malgré lui, séparé de la Suisse et constitué en 1802 en État distmct ; le 12 novembre 1810, une armée que commandait Berthier arriva d'Italie parle Saint- Bernard et séjourna dans la vallée du Rhône ; le 26 décembre 1810, le Moniteur informa l'Europe que le Valais était annexé a la France sous le nom de département du Simplon. L'année suivante Napoléon fit occuper le Tessin, malgré les protestations du landamman de Wattenwil. En 1812, Napoléon consentit a réduire à 3 le nombre des bataillons des régiments capitules ; ce qui représentait environ 12 000 hommes.

Pendant toute la durée du règne de Napoléon, l'industrie et le commerce de la Saisse eurent beaucoup à souffrir des mesures douanières prises par l'empereur en vue de favoriser la prospérité de la France. Les produits manufacturiers de la Suisse étaient frappés à leur entrée en France et en Italie, de droits prohibitifs ; notre pays ne pouvait pas tirer de l'étranger les matières premières nécessaires à son industrie et des milliers d'ouvriers se trouvèrent privés de travail. La France contraignit la Suisse à entrer dans le système du blocus continental, en sorte que non seulement l'industrie, mais encore le commerce, étaient entravés de toute foçon. Des populations entières se voyaient privées de leur gagne-pain. La Suisse eût été irrémédiablement ruinée si la chute de Napoléon n'était venue changer le cours des événements.

oo. Entrée des Alliés en Suisse, Abrogation de l'Acte de Médiation. Après la victoire des Alliés à Leipzig (18 et 19 octobre 1813), qui mit fin à la prépondérance française, les armées prussienne, russe et autrichienne s'apprêtent à franchir le Rhin. Le 18 novembre, la Diète proclama l'intention de demeurer neutre; elle mobilisa un corps de 12 000 hommes pour établir un cordon militaire le long du Rhin et retire son adhésion au blocus continental; Napoléon, qui y était grandement intéressé, reconnut la neutralité suisse.

Un certain nombre de patriciens (comité de Waldshut), ourdirent alors [un complot en vue de rétablir l'ancien régime. Ils s'adressèrent a cet effet à Metternich. Un désaccord se produisit entre les cours d'Autriche et de Russie ; tandis que la première laissait mettre en question l'existence des nouveaux cantons, l'empereur Alexandre, sollicité par Laharpe, s'en constitue le défenseur. Le 17 décembre, un parlementaire autrichien se présente devant Bàle; le surlendemain eut lieu à Lôrrach une conférence

où le général autrichien Languenau annonça au colonel Herrenschwand, commandant la place de Bàle, l'intention des Alliés de délivrer la Suisse du joug de la France L'armée autrichienne, forte de 160000 hommes, se massait déjà sur la frontière ; dans la nuit du 20 au 21, le maréchal Bubna entra à Bàle. Cette armée était divisée en plusieurs corps : les uns prirent la route de Porrentruy et de Montbeliard, d'autres se dirigèrent sur Belfort, Pontarlier et Genève; une partie des troupes pénétra en Suisse par Laufenburg et Schaffhouse ; Aarau, Soleure, Berne et Neuchâtel les virent défiler ; leur discipline était en général excellente. Les Autrichiens ne renouvelèrent pas les scènes de pillage qui avaient marqué le passage des Français quinze ans auparavant.

Les conséauences de cette entrée des Alliés furent considérables. Neuchâtel, le Valais, Genève recouvrent leur indépendance ; les Confédérés reprennent possession du Tessin. Berne, Soleure, Fribourg et Luceme rétablissent le patriciat. Sous l'influence du comité de Waldshut, et encouragés en sous-main par un envoyé secret de Metternich (le comte de Senft-Pilsach), les réactionnaires bernois émettent la prétention de replacer les cantons d'Argovie et de Vaud sous la souveraineté de l'État de Berne, mais leurs intrigues sont déjouées.

Le 22 décembre, la Diète fédérale se réunit à Zurich sous la présidence de Reinhard. L'Acte de Médiation fut abrogé ; la décision fut prise de procéder a l'élaboration d'un nouveau pacte et d admettre les nouveaux cantons à collaborer à cette œuvre ; il fut décidé que la notion de

Ï»ys sujet était incompatible avec les droits d'un peuple ibre ; le canton de Zurich conserva provisoirement la direction des affaires fédérales. Dix-sept cantons donnèrent leur adhésion à ces arrangements, Berne et les Grisons seuls n'y participèrent pas. Cette convention, adoptée le 29 décembre lel3, devait tenir lieu de Constitution à la Suisse jusqu'au 7 août 1815. Le 23 décembre, le Grand Conseil du canton de Berne déclara abrogé l'Acte de Médiation et remit ses pouvoirs aux Grand et Petit Conseil de la ville de Berne, envisagés comme les légitimes souverains du canton. Le lendemain 24 décembre, les survivants de l'ancien patriciat prennent possession du pouvoir et ordonnent immédiatement aux gouvernements vaudois et argovien d'avoir à tenir à leur disposition caisses, arsenaux, comptabilité, etc.; ils invitent leurs anciens sujets à foire bon accueil aux armées des puissances alliées.

Les gouvernements vaudois et argovien prirent di?s mesures énergiques et envoyèrent à la diète une protestation très digne. Le général Bubna, arrivé à Lausanne le 26 décembre avec une mission de Metternich. se convainquit promptement de l'impossibilité de rétablir le régime bernois. De Lausanne il se dirigea sur Genève avec ses troupes ; le préfet du département du Léman avait déjà, le 25, quitté cette ville où il ne se sentait plus en sûreté. Un gouvernement provisoire, à la tête duquel étaient Des Arts, Lullin, Saladin, Pictet, Micheli, s'organisa et demanda au généra] Jordy et à la garnison française (1500 hommes) de se retirer, ce qu'ils firent bénévolement, jugeant la résistance inutile. Lorsque Bubna fit son entrée à Genève avec 12 000 Autrichiens, le 31 décembre, il trouva les portes de la ville occupées par la garde nationale.

Le 4 janvier 1814, à la suite d'un coup de main, l'ancienne constitution qui régissait les Ligues grises en 1792 fut rétablie.

Le 8 janvier 1814, à la faveur des baïonnettes étrangères, le patriciat fut rétabli à Soleure ; le 14 janvier à Fribourg ; le 23 février à Luceme. Les patriciens bernois acharnés à la poursuite de leur but, s'efl'orcèrent d'obtenir l'appui des petits cantons ; ceux-ci adressèrent à la Diète des demandes d'agrandissement de territoire, qui mettaient en danger 1 existence du canton de Saint-Gall. Par contre, les nouveaux États trouvèrent de solides alliés à Zurich, à Schaffhouse, à Bâle et dans l'Appenzell.

56. Le Pacte de 1S15, reconnaissance de la neutralité de Ja Suisse par le Congrès de Vienne. La diète chargea une commission où figuraient Reinhard, Reding et Heer, d'élaborer un projet de pacte, qui lui fut présenté le 4 février. Ce projet comptait 26 articles ; c'était plutôt un traité d'alliance qu'une constitution ; tous les aroils in-

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dividiielB des citovens') au*avait proclamés la constitution unitaire, et dont TÂcte de Médiation avait conservé des vestiges, étaient passés sous silence.

L'opposition des cantons aristocratiques le fit échouer. La Suisse était scindée en deux camps à peu près égaui, qui avaient chacun leur Diète ; Tune siégeait à Zurich sous la présidence du bourgmestre Reinhard ; Tautre à Lucerne sous la présidence de Tavoyer Rùttimann. Vers la fin de mars cependant des négociations eurent lieu entre les deux assemblées, et grâce à l'appui des diplomates étrangers, J. Capodistria, ministre de Russie, et Lebzeltem, ministre d'Autriche, le Sonderbund fut dissous^ le 31 mars l'État de Berne se résignait a envoyer des députés à la Diète d«8 XIX cantons. Le 16 avril 1814, la principauté de Nencliâtel sollicita son admission dans la Confédération ; Genève et le Valais adressèrent la même demande les 2 et 10 mai ; l'admission de ces nouveaux cantons fut ajournée jusqu'après l'adoption du Pacte ; un bataillon fribourgeois fut cependant envoyé à Genève où il fut reçu avec enthousiasme.

Le 10 mai, la commission de la Diète présenta un nouveau projet en 45 articles ; il n'eut pas un meilleur sort que le précédent. L'opposition des cantons réactionnaires leur valut une note sévère des ministres d'Angleterre, de Russie et d'Autriche (13 août). Cette remontrance fit son effet et le 16 août les députés de la diète parvinrent enfin à se mettre d'accord sur un noi^veau projet de Pacte en 15 articles, lequel, comparé aux projets précédents, restrei- ^ait les compétences de la Diète et diminuait les attributions du pouvoir central; au lieu d'un Vorort unique, trois gouvernements cantonaux (Zurich, Berne et Lucerne) dirigeaient à tour de rôle les affaires fédérales. Le 12 septembre, la Diète admit le Valais, Neuchâtel et Genève dans la Confédération.

Le 3 octobre, un congrès des grandes puissances se réunissait à Vienne. La diète y envoya une députation composée du bourgmestre Reinhard, de Zurich, du conseiller Montenach, de Fribourg et du bourgmestre Wieland, de Bâle ; ces délégués étaient chargés de présenter le pacte nouvellement adopté, de demanaer la reconnaissance de l'état politique qull créait en Suisse et de solliciter en outre la reconnaissance solennelle de la neutralité helvétique, ainsi que l'obtention d'une frontière stratégique.

A côté de la députation fédérale, un certain nombre de délégués se rendirent à Vienne : Vaud, Argovie, Tessin, Saint-Gall, Thurgovie avaient confié leur cause à F.-C. de Laharpe età Ren^ffer ; Berne, Uri et Zoug étaient représentés par le conseiller Zeerleder ; Genève par Piçtet de Rochemont et d'Ivernois ; tes Grisgns, Bienne, l'Evéché de Bâle, la Valteline avaient leurs mandataires ; l'abbé de Saint-Gall y alla en personne pour y faire valoir ses droits. Le Saint-Siège confia à un nonce spécial la défense de ses intérêts en Suisse.

Le défaut d'entente devait forcément nuire à la Suisse. La crainte qui régnait à Genève et aux Grisons de voir se créer une majorité catholique, fit échour les tentatives de réunion de la Valteline, du Chablais et du Faucigny à la Confédération. Les rectifications de frontières mrent en somme peu considérables. D'autre part, la neutralité suisse fut reconnue par les puissances ; le bénéfice de cette neutralité fîit étendu au Chablais et au Faucigny. La question a été souvent débattue de savoir si cette neutralité a été stipulée en faveur de la Suisse ou en faveur de la Sardaigne. Il nous parait résulter de l'ensemble des circonstances que la considération qui a déterminé cette neutralisation, c'est le fait que la route qui longe le Léman et celle oui remonte la vallée du Faucigny doivent être considérées comme les avenues du Simplon et font partie de son système de défense, tandis que ces provinces sont séparées de la Savoie proprement dite par une haute chaîne de montagnes qu'aucune route ne traversait alors, en sorte qu'il était difficile au roi de Sardaigne de les occuper militairement et de les défendre en cas de guerre. Dans ces conditions l'intérêt de la paix de

I) Les droits Individuels des citoyens énoocés dans la Constitution helvétique avaient été inspirés par la déclaration .d/as droits de l'iiomme proclames par la Révolotion française et dont l'origine première se trouve dans on traite de Th. de Bèze intitulé Le Droit des MaçistraU.

l'Europe commandait de neutraliser cette grande artère et d'en confier la garde à une puissance neutre.

Les néffociations traînaient à Vienne, lorsque le retour inopiné de Napoléon obligea les plénipotentiaires à hâter leurs résolutions. Le 20 mars 1815 le congrès de Vienne reconnut la neutralité de la Confédération et garantit l'intégrité de son territoire ; il admit également, comme base du système helvétique, les XIX cantons, tels au'ils existaient lors de la convention du 29 décembre 1813, et auiquels étaient venus s'ajouter le Valais, Neuchâtel et Genève ; la vallée des Dappes fut attribuée au canton de Vaud, la ville de Bienne réunie au canton de Berne ainsi que l'Évéché de Bâle, à Texception du district d'Arlesheim attribué à l'État de Bâle ; la commune du Cemeux- Péquignot était attribuée à Neuchâtel. Les puissances s'engageaient à interposer leurs bons offices pour obtenir, en faveur de Genève, un agrandissement convenable du côté de la Savoie et, du coté de la France, le territoire nécessaire pour assurer ses communications avec le reste de la Suisse. Les fonds placés en Angleterre par Berne et Zurich leur furent restitués. Les cantons de Vaud, d' Argovie et de Saint-Gall, furent astreints à payer 500000 francs à Schwyz, Unterwald, Glaris, Uri, Zoug et Appenzell-Intérieur : Tessin à verser chaaue année à Un la moitié du péage de la Léventine ; le canton de Vaud a payer 900000 francs aux ressortissants bernois, ci-devant propriétaires de lods dans ce canton, enfin le

R rince-abbé de Saint-Gall et le prince-évéque de Bâle irent gratifiés d'une rente viagère de 12 000 francs chacun.

Le 29 mars la question de la neutralité de la Savoie fut réglée dans un acte additionnel en ces termes. « Il serait entendu que lorsque les puissances voisines de la Suisse seraient en hostilité ou sur le point de l'être, les troupes sardes pourraient se retirer par le Chablais et qu'aucune autre troupe ne pourrait y stationner ni le traverser, sauf celles que la Confédération jugerait à propos d'y placer. • Le la mars la Diète refusa de recevoir l'ambassadeur de Napoléon et donna l'ordre aux régiments suisses au service de France de rentrer au pays. Pendant la campagne qui suivit, la situation de la Suisse devint fort périlleuse. Pour couvrir sa frontière, elle leva une armée de 30000 hommes placée sous le commandement du aénêrai Bachmann et destinée à défendre la frontière du Jura. Le général Barbanègre commandant la place de Huningue. au nom de Napoléon, lequel, cependant avait abdiqué, voulut rançonner Bâle. Voulant en obtenir de l'argent il la bombarda. Afin de réduire les canons de Huningue ao silence, un corps d'armée composé d'Autrichiens et de Suisses fit le siège de cette place ; elle capitula le Î5 août. Le 7 août la proclamation du Pacte fédéral fut célébrée en grande pompe à Zurich.

L^ questions qui n'avaient pu être tranchées à Vienne furent reprises par le Congrès qui se réunit à Paris. Les

f>réliminaires de paix y furent signés le 2 octobre 1815, a paix proprement dite le 20 novembre. Des 700 millions de francs aue la France dut payer aux alliés, trois furent attribués a la Suisse. La France céda à la Confédération Versoix et quelques villages sur la rive droite do Bhône, en tout six communes. La neutralité helvétique fat étendue au territoire qui se trouve entre Ugine, le lac d'Annecy, par Faverges, le lac du Bourget et le Rhône, de la même manière qu'elle l'avait été précédemment au Chablais et au Faucigny. Par le traité de Turin, le roi de Sardaigne céda à la Suisse seize communes, situées sur U rive ffauche du Rhône et la France six communes situées sur la rive droite de ce fleuve et qui toutes furent réunies au canton de Genève (16 mars 1816).

VI. Réveil de l'esprit national. 57. La Suisse sous le Pacte de i8i5. Le Pacte fédéral, entré en vigueur le 7 août 1815, était une charte des plus rudiments ires ; c'était moins une constitution qu'un traité d'alliance conclu entre des États souverains en vue de leur commune sécurité. On n'y trouvait plus trace des garanties individuelles consacrées par la Constitution helvétique et que l'Acte de Médiation avait en partie maintenues. Tandis qu'actuellement, de par les traités internationaux, un Français, un Anfflais, un Italien ou un Allemand, ont le droit de s'étanlir en Suisse et réciproquement, ce n'était plus que par tolérance que les ressortissants

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d'an canton étaient aatoriite à s'établir daat un antr* canton. La Suitse ne resta pas étrangère au vent de réaction qui soufllait alors snr toute l'Europe. Cette inHusncc fut peu favorable au dévaloppement politique et économique du pays.

Des concordats relalifs à certaines queitioDa de droii administra tir. pnblic et privé, conclus entre les cantons les plus avancés, corrigèrent dîna une certaine meeure les lacunes du Paclu. Quelques grands travaux d'utilité publique tarent emr«pris durant cette période ; l'on construisit les routes de Lausanne à Vverdon par Ëchallens.

de Neuchatel à Bàle par Delémont, d'Olten à Bàle par le Hauenslein, de Brunnen i Wohiensclivril par Schwjz et Arth, du Toggen bourg au Rheintbalainiiquecellequi longe le lac de WaienstadI; i cet voies de commuDicatinn, qui transformèrent les.

conditions d'existence des habitants du Plateau, vinreoi s'ajouter les trois grandes routes alpestres du Spliigen (1818-1824). du Remardin 1)819-1838) et du tiothard < ISaO-IScM)). I«s autorités fédérales n'étant pas en mesure d'entreprendre ou de subventionner de pareils travaui, il fut pourvu aux dépenses au moyen d'emprunt* garantis par lea péages cantonaui.

Le canal de la Linth. commencé aoua l'Acte de Médiation en 1807, s'acheva en 1822. En 1816 commencèrent les études en vue du dessèchement des marais de la Thièle et de ta correction des esui du Rhin, de la Landquart, de i'Aar et de la SihI. En 1823 et l^i on vit apparaître les premiers batanui à vapeur sur le Léman et i. i a le Bodan. puis sur le lac Majeur, sur ceux Airivee nu (le Zurich, de Neuchatel et des Qualre- Cantons,

Deux régimes monélairea, établis par voie de concordat coeiistaieut en Suisse; celui des cantons orii — ' — SchaOhouse, Saint-Gai), Appeniell et Thurgovit pour base le llorin en usage dans l'Allemagne du sua: l'Argovie et les cantons occidentaux (Iterne, Fribours, Soleure. Bàle et Vaud) avaient ponr unité monétaire le franc de Suisse, i dix bati ; les douze autres cantons restaient isolés. La question monétaire ne reçut une solution définitive qu'en 1850.

Le service des postes fut également réglé partiellemeot mais 1res imparfaitement par des concordats, 11 en fut de

Les années 1616 et 1817 sont restées tristement célèbres Mr la disette qui régna dans tout le centre de l'Europe. Pour parera la famine, des mesures exceptionnelles furent prises: certains gouvernements. Vaud. Fribour^, Bàle, les Grisons, etc.. firent à l'étranger des achats de blé considérables au moyen de souscriptions publiques: l'opération fut facilitée par quelques gros capïtahstct. c'est ainsi que Théodore Rivier prêta à cet elTet 300Û00 francs <= 450000 francs monnaie actuelle) au gouvernement vaudois. Les circonstaices difliciles où se trouvait la Suisse déterminèrent des milliers de personnea i émigrer en Amérique.

Dans tes Ëtsta limitrophes des tendances protectionnistes prévalent ; le Royaume L,ombard-Vénitien, le Piémont et 1 Autriche relèvent leurs tarifs douaniers ; en France le régime royaliste maintient le système prohibitif établi par Napoléon; heureusement que le grand-duché de Bade se montra plus arrangeant et ouvrit un débouché aux produits suisses par l'abolition des droits de transit. La France maintenant ses mesures prohibitives, il s'établit une entente avec la Bavière, le Wurtemberg, le grandduché de Bade, la Hesse et la Suisse ailn de lutter contre le tarif français; par 13 '/s voix contre 8 V, la Diète adopta, le 22 août iSii. un tarif de comb it qui ne déploya ses elTets que dans les cantons qui j avalent adhéré. L'oppoaition que cette mesure rencontra dans certains cantona en paralysa les eETets, La Suisse ne sortit de cet impaase que grice au bon vouloir du Wurtemberg et du grand-duché de Bade, lesquels, par le traité de 1^6, facili-

tèrent son commerce de transit avec l'Allemagne do Nord, la Hollande, la Russie et l'Amérique ; la Suisse pnt aussi des mesures pour fïiciliter le commerce de transit de l'Allemagne avec l'Italie. L'Autriche Unit, après la conatruction du Spliigen, par *e montrer plus accommodante ; après la chute des Bourbons la France modiQo aon altitude.

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Le commerce rencontrait, en Suisse même, des obstacles par le fait des péages cantonaux ; un palliaCit à celte situation fut apporté par le concordat de 1830, auquel participèrent 11 cantons,

La plupart des cantons, suivant d'anciennes traditions. s'empresïlèrenl de conclure avec les ï^tats étrangers des capitulations militaires. Neuchatel traita avec la Prusse pour un bataillon de chasseurs, (14 juillet 1814), Berne avec les Pays-Bss pour un régiment de 2000 homme* (23 septembre 1814). En 1816. Zurich, les Grisons, Schwyi, Appeniell. Tessin, Unterwald, Soleure et Lucerne signent Clément des capitulations avec les Pays-Bas pour trois régiments; la même année des capitulations avec la France sont conclues par 17 cantons pour le recrutement de six régimenis. Bile el Glaris restent seuls en dehors de ce* contrat*. En 182j et 1829, des capitulations sont conclnea par dix cantons avec le royaume des Deux-Siciles. En 1^, le Suint-Siège crée deux régiment* étraogers. en majeure partie composés de Suisses. Si l'on tient compte des anciennes capitulations qui existaient encore avec l'Espagne, le Piémont, et de* soldat* enrégimentés en Angleterre, il y eut. à un moment donné, plus de 30000 Suisses servant sous des drapeaux étrangers ; or. In population de la Confédération n'atteignait alors que dixsept cent mille imes, c'est-à-dire la moitié de ce qu'elle est actuel le m eut.

Ces traités ne devaient par tarder à aoutever des proteatations. soit en Suisse soit à l'étranger ; les capitulation* avec lesPsys-Ras prirent nu en 1828, celles avec la France en 1830; celles avec Naplea en 1659.

A teneur du l'acte tons les citoyens n'étaient pas, comme aujourd'hui, astreints au service militaire; les cantons ét;iient seulement astreint* à fournir des contingent* représentant le 3 "la de leur population, ce qui constituait

l'armée fédérale à 67 516 hommes, avec 101 c 3137 chevaux. Un i^Ut-major fédéral fut créé en 1618; il avait s sa tête un major général, un inspecteur de l'artillerie et un coinmiaaaird des guerres ; il comprenait en outre 29 colonels et lieutenants-colonels et 21 officiers

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inférieurs. L'instruction militaire était à la charge des cantons. L'armement des fantassins et des cavaliers et l'équipement des hommes étaient à leur charge personneUe ; les communes venaient en aide a ceux qui ne pouvaient en faire les frais. Mais, dans plus d'un canton, il était interdit de se marier à ceux qui n'avaient pas remboursé cette avance.

La nécessité de développer et d'unifier l'instruction des officiers amena la Diète à créer, en 1819, une école centrale qui fut placée sous la direction du colonel Goeldlin de Tiefenau, assisté des capitaines instructeurs Dufour pour le génie, et Hirzel pour l'artillerie ; 300 officiers et 150 sous- officiers y furent appelés. En 1820 se tint à Wohlen en Argovie, un camp d'exercices, auquel prirent part 2500 hommes de troupes combinées venant de divers cantons ; il fut commandé par le colonel Guigner de Frangins; dès lors ces rassemblements de troupes, origine des grandes manœuvres actuelles, se succédèrent régulièrement de deux ans en deux ans, à Bière, Schwarzenbach, Thoune, etc. Des règlements d'exercices furent adoptés.

En 1821 l'idée fut émise par le colonel Dufour de fortifier la position de Saint-Maurice ; cette idée ne reçut un commencement d'exécution que dix ans plus tard. En 1822 commencèrent les premiers travaux de triangulation qui servirent de base à la carte fédérale à laquelle le général Dufour attacha plus tard son nom.

L'année 1831 fournit à la Suisse l'occasion de manifester les progrès accomplis dans l'organisation de son armée. Des mouvements de troupes s'opérant dans le Milanais, le Piémont et en France, la Diète décida, le 29 décembre, la mise de piquet de tous les contingents cantonaux et leur répartition en cinq divisions de quatre brigades chacune.

Les ressources financières de la Confédération étaient extraordinairemcnt limitées; elles consistaient dans le contingent en argent des cantons destiné à subvenir aux frais de chancellerie et de légation ; en 1821 il se montait à 61 950 francs ancienne monnaie. Les dépenses militaires fédérales étaient supportées par une caisse spéciale qu'alimentaient les droits d'entrée perçus par les cantons frontières ; le revenu de cette caisse était de 90000 fr. anciens. Il y avait en outre une caisse de guerre, une caisse d'épargne et une caisse d'inspection oui avaient été dotées au moyen de l'indemnité de guerre (o millions) payée par la France en 1815.

L'autorité suprême était exercée par la Diète. — réunion d'ambassadeurs, munis d'instructions, plutôt qu'assemblée nationale dans le sens moderne du mot ; — elle siégeait sous la présidence du bourgmestre ou de Tavoyer en charge du Vorort. Plusieurs attributions, que 1 on considère aujourd'hui comme l'apanage du pouvoir exécutif, rentraient alors dans la compétence de la Diète, ainsi la nomination des trois envoyés diplomatiques (Paria, Vienne et Milan) et celle des officiers composant l'état-major de l'armée. Le Conseil d'État directeur ne prenait en main les affaires que lorsque la Diète n'était pas réunie ; il lui était adjoint un bureau composé d'un chancelier, d'un secrétaire d'État, d'un archiviste et d'un secrétaire fédéral de la guerre ; il y avait aussi une Commission militaire à laquelle était dévolue une partie des attributions du Département militaire fédéral actuel, et d'autres Commissions analogues (péages, etc.). En raison de l'impuissance des pouvoirs fédéraux, les cantons furent amenés à régler, par voie de concordat, diverses questions relatives au droit d'établissement, aux changements de religion, aux heimathloses, aux droits de succession et de tutelle, aux poursuites civiles et pénales, à la faillite, à l'extradition, aux rapports de police, etc.

Le gouvernement, dont la composition se modifiait tous les deux ans en se transportant de Zurich à Berne et de Berne à Lucerne, manquait d'esprit de suite et de stabilité et s'abandonnait facilement aux influences extérieures. C'est ainsi que la Suisse fut amenée, en 1817, à donner son adhésion aux principes de la Sainte -Alliance que venaient de conclure les empereurs de Russie et d'Autriche et le roi de Prusse et à laquelle toutes les puissances, à l'exception de l'Angleterre, du Pape et du Sultan, adhérèrent successivement Un vent de plus en plus rétro-

grade souftlatt en Europe ; une lutte sourde s'engaeeait entre les monarques et leurs sujets. Des libéraux d'Xllemaffue et d'IUilic se réfugièrent en Suisse; les puissances récuimèrent des gouvernements leur renvoi ainsi que U répression des velléités libérales de lapresse suisse.

Par le « Conclusum » du 14 juillet 18&, la Diète, à l'unanimité des Etats, enjoignit aux gouvernements cantonaux de prendre les mesures propres à préserver la Suisse des conséquences fâcheuses qui pourraient résulter de l'hospitalité accordée aux étrangers et des abus de la presse. Les pouvoirs donnés à cet effet au Vorort furent renouvelés d'année en année jusqu'en 1827, où une majorité de douze cantons se forma pour leur abrogation.

Avec le réveil des idées politiques se manifeste, d'autre part, en Suisse comme dans le reste de l'Europe, un réveil des idées religieuses. Le mouvement religieux protestant parti d'AUemaspe et d'Angleterre se propaorea en France et en Suisse ; il eut pour principaux agents les piétistes et les moraves d'une part, les méthodistes et les baptistes de l'autre. Sous l'action de ces sectes, les Églises nationales furent graduellement amenées à modiiier leur organisation et même leur théologie. Le clergé protestant, oui s'était longtemps considéré comme investi d'une sorte ae monopole, dut admettre l'immixtion des lafc^ues dans les Conseils de l'Eglise. Au nombre des hommes (]ui marquèrent dans ce réveil religieux mentionnons : Ami Bost, Félix Nseff. Olivier, Merle d'Aubigné et surtout César Malan« à Genève. Chavannes, .Auffuste Rochat, et plus tard Vinet dans le canton de Vaud. Ces hommes, dont le zèle ne reculait devant aucun sacrifice, abandonnèrent leurs fonctions officielles et créèrent des congrégations dissidentes dont sortirent dans la suite les Églises libres. Les gouvernements genevois et vaudois cherchèrent, par des arrêtés et des lois, à comprimer le mouvement. La loi vaudoise du 2 mai 1824, interdisant les assemblées de la nouvelle secte vulgairement dite « des mômiers », rapportée en 1834, est demeurée tristement célèbre. Des mouvements du même genre se manifestèrent à Berne et à Neuchâtel. Dans la Suisse orientale (Zurich, Schaffhouse, Thurgovie, Saint-Gall et Appenzell), il se produisit une surexcitation religieuse extraordinaire qui aboutit à des actes de démence (illuminés de Vi^ildensbuch).

L'introduction des Rédemptoristes à Fribourg en 1818, suivie de celle des Jésuites, suscita une vive opposition ; plus tard les Jésuites furent aussi appelés à Soleure. en Valais, à Lucerne et à Schwyz. Certains gouvernements voulaient organiser à leur guise l'église catholique, ce qui amena, dans plusieurs cantons, des luttes assez ardentes. Des conversions éclatantes au catholicisme (prof. Ch.-L. de Haller à Berne et pasteur Hurter à SchalThouse), la question des mariages mixtes, puis le remaniement des évéchés provoquèrent de vives discussions.

Au commencement du XIX* siècle, huit évéchés se par^ tageaient la direction du clergé catholique de la Suisse ; ceux de Constance, Coire, Bâle, Lausanne, Annecy- Genève, Sion, Corne et Milan. Celui de Constance, dont le siège était hors de la Confédération, était le plus grand. U y avait quelque chose d'anormal dans la situation d'évèques étrangers exerçant une juridiction sur des citoyens suisses. Les gouvernements cantonaux désiraient une réorganisation de ces diocèses ; le Saint-Siège était disposé à apporter des modifications aux circonscriptions ecclésiastiques. Les catholiques suisses désiraient la conclusion d'un concordat, mais il ne fut pas possible d'arriver à une entente. Berne demandait le maintien du diocèse de Bâle (1817), tandis que Lucerne désirait être le siège d'un évêché. En 1818, Soleure, Argovie et Thurgovie projettent un second diocèse. La même année, Schwyz manifeste l'intention de créer un évêché d'Einsiedieln ; ce projet ne reçut pas l'approbation des autres petits cantons. Ces tiraillements durèrent jusqu'en 18&. il était impossible au Saint-Siège de contenter des gouvernements qui, tous, voulaient avoir la haute main dans les affaires de l'Église. Les négociations qui suivirent aboutirent à la réunion de Genève à révéché de Lausanne avec siège à Fribourg (1819), à la création d'abord d'un double évêché composé des cantons de Saint-Gall et des Grisons qui fut dissous en 183i L'évêché de Saint-Gall dut être reconstitué plus tard : il se compose actuellement des cantons de Saint-Gall et

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d'Appenull. Le diocéie de Bile réorganisé, kvec siège à Soleure, fut composé des cintoas de Bile. île Saleure, du Jur* berooit et des caDtODS détachés de celui de ConstsDce. soit Luceme. Zoug, Arsovie, Thurgovie et SchalIhouBe (concordat de 1828). La Haute-Alsace avait été séparée du diocèse de Bàle eu 1802.

L«s changements apportés en 1814 et 1815 à l'or^anisalion politique de la Conrédéralion et des cantons. JoidIs bu développe ment économique, à l'adhésion à ta Sainte-Alliance, aux atteinte* portées à la liberté individuelle et à des divergences religieuses, devaient être cause des révolutions de 1830.

Diverses sociétés groupèrent les hommes de progrès et contribuèrent A la Tormation de l'esprit nouveau qui a fait 1b Suisse moderne. Citons : la Société helvétique (ITtiO), les sociétés d'utilité publique, celles des sciences naturelles (1815), des médecins, des chanteurs, des artistes, des tireurs et carabiniers (1824). Dans leurs réunions ainsi qu'aux tribunes de tirs, de nombreuses questions, étaient agitées.

L'esprit public B^affirma par l'érection J'uD certain nombre de monuments destinés à commémorer de frands souvenirs. Dans le même temps, émancipation de la Grèce excita en Suisse un grand enthousiasme ; de tous

nfut

! troisième eulencore le même sort. L'opposilic „

Rnant du terrain, ce système d'obstruction liait par s'user; i Grand Conseil apporta, le 26 mai 1630, quelques modilîcations au trstëme électoral, modilications sanctionnées par la Diète le 12 juillet 1890.

Le mouvement révisionniste se produisit aussi spontanément dans le Tessia où le pouvoir était aux mains d'une coterie oligarchique, à la tête de laquelle se trouvait Quadri. Le 30 juin 1839, l'ancien landamman Maggi demanda la revision des circonscriptions électorales ; il fut appuyé par Steliino Fraosclai, le colonel Luvini. l'avocat Péri, le médecin Lurati, le landamman Lotti ; ces efTorts aboutirent i l'adoption, par le peuple lessinois, de la Constitution du 4 juillet 1830.

A la demande de J. Kopp et de C. de PfvtTer. une réforme constitutionnelle partielle Tut introdulle à Lucerne le

;s de mille Trancs : au pre-

rang se signalèrent J.-G. Kjitard, à Genève, et \V. Haldtmind, à Lau-

58. Lu réoolulionê de 1830. Établissemenl du régime dén\ocraliijue dfitt ilii-er» eaiHoni. L'éveil de l'esprit public et de l'esprit national donna Dais- Mnce à un nouveau parti qui, prenant tantôt le nom de libéral, tantôt celui de démocratique, devait graduellement supplanter les conservateurs revenus aui alTaires en 1814. Les tendances nouvelles amenèrent le développement de la liberté individuelle, la séparation des pouvoii-s (législatir, exécutif et Judiciaire) et la souveraineté de l'fttat , .,, , . réaultont de ]i volonté populaire. Des Awamblic populai scrupules empêchent les libéraux de recourir à la force pour laire prédominer leurs vues; 1 s'ils réussissent dans plusieurs cantons, ils échouent sur le terrain rédéral. Ce sont les radicaux qui. quelques années plus tard, brusquant les résistances, font triompher les idées des libéraux de 1830 et dotent la Suisse de la Constitution de 1848.

Le 18 juin 1827, le mouvement commença dans les Rhodes- Intérieures d'Appenzell ; après de langues tergiversations, le gouvernement se décida enfin à publier les lois et statuts du paya, remontant à plus de trois siècles et qui n'avaient jamais été imprimés: en 1820 (29avril). une Constitution étendant les droits populaires fut adoptée, Dana les Rhodes- Extérieures existaient encore des lois surannées. En 1829, une revision fut demandée en lands- Eemeinde ; elle aboutit en 1832. mais sans accorder la lierté religieuse et la séparation des pouvoirs. UanslecantondeVaudlaauestionde la revision fut soulevée en 162S par le général oeLaharpe; il s'agissait de lutter contre le népotisme des hommes de ISV^. Pidou était tnort ; l'inlluence de Honod était combattue par .Muret, Ce dernier, devenu trèa hautain, autoritaire et cassant, avait délaissé ses anciens amis de la bourgeoisie avec lesquels il avait fait trente ans auparavant la révolution et avait recruté, dans les rangs des campagnards, une majorité docile et compacte, formée des mêmes éléments sur lesquels s'ap-

E usèrent plus tard Uruej el Delarageai en 1845. Le Grand onseil était composé en majorité de fonctionnaires ou de membres des tribunaux ; 11 ne comptait que trente députés n'exerçant pas de fonctions salariées, soit un sixième seulement. L'opposition étsit composée de l'ancienne noblesse, systématiquement écartée des affaires, des représentants du corps enseignant et du clergé, et, enfin. des représentants du barreau et de la bourgeoisie éclairée.

re i Uii«r, « Novembre 1830. (BiblLolhèqua nalionilo. Berne,)

39 décembre 1829. Klle prévoyait la aéparation des pouvoirs administratif et judiciaire : jusque-li le Petit Conseil réunissait les attributions d une Cour criminelle et d'une Cour suprême à c^lle d'un Conseil d'État ; quelques sièges furent réservés aux campagnards dans la composition des pouvoirs exécutif et judiciaire supérieurs. Ces modifications furent approuvas par la Diète le 22 juillet 1830.

Sur ces entrefaites éclata en France la révolution de juillet qui ébranla toute TEarope ; en Suisse elle contribua à accroître l'exaltation des esprits et facilita l'abrogation des institutions rétrogrades de 1815.

Le mouvement révisionniste se manifesta promptement en Argovie ; une assemblée de trois i auatre mille citoyens se réunit i Wohlen pour appuver la demande de revision rédigée par le D' Tanner ; les liabitants des anciens bailliages catholiques marchèrent contre Aarau. La nomination d'une Constituante fut décidée. Son œuvre fut sanctionnée par le peuple le 16 avril. La nouvelle charte consacra le svsteme de la parité confessionnelle.

En 'Thurgovie, le gouvernement était concentré dans les mains d'une coterie : l'inégale répartition des fonctions publiques, la censure, le fait que le peuple ne jouissait d'aucun droit, tels étaient les griefs reprochés aux landammane Anderwert et Morell. Une opposition progressiste se forma ayant à sa tête le poète Thomas Uornhauser et le D' Merk. Une nouvelle constitution fut adoptée le 26 avril 1831.

A Zurich, une pléiaded'hommes distingués: PaulUsteri, Meyer de Knonau, Melchior Hiriel, Louis Keller, David Ulrich. J.-J.Hess, cherchaient à enleier à la constitution son caractère oligarchique. En 18311, ils firent admettre la libertédeU presse: en 1830, ilsconférérent au Grand Conseil le droit d'initiative. Les libéraux de la campagne

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tinrent conseil à Rapperawil et invitèrent le peuple à se lever pour réclamer régalité politique ; un programme de revision fut arrêté a Uster le 13 octobre. Le Petit Conseil, décidé à conjurer Torage, fit, le 24 octobre, des propositions au Grand Conseil; elles furent jugées insuflisan* tes. Les campagnards, avec le concours d'un réfugié allemand, Louis Snell, élaborèrent un programme connu sous le nom de Mémorial de Kûssnacht, comportant la souveraineté du peuple, Tégalité des droits, l'abolition du cens électoral, la séparation des pouvoirs, la publicité des actes de l'administration et le droit de pétition. Une assemblée populaire (12000 hommes) se réunit à Uster le 22 novembre et, après des discours pleins de sagesse et de dignité, adopta les points de vue du mémorial de Kûssnacht. Les libéraux ae la ville joignirent leurs efforts à ceux de la campagne; le 10 mars 1^1, le Grand Conseil adopta une nouvelle constitution consacrant les princi-

f)es plus haut énoncés ; le 20 mars, le peuple approuva œuvre de ses mandataires.

A Saint-Gall, les radicaux étaient pour le régime représentatif ; les catholiques, qui avaient les masses pour eux, préféraient la démocratie directe. Le secrétaire d'État Baumgartner donna le branle au mouvement révisionniste. Le 24 octobre 1830, il lança un manifeste ; de leur coté les catholiques tinrent des landsgemeindes à Altstâtten et à Sankt Gallenkappel. Le vieux Mûller-Friedberg, le fondateur du canton, depuis plus de trente ans à la tête des affaires, se sentant débordé, se retire. Le 7 avril 1831, le peuple adopte une nouvelle constitution consacrant le principe de la souveraineté populaire et le référendum facultatif.

A la suite de l'Assemblée populaire de Balsthal du 22 décembre 1830. les Soleurois demandent la nomination d'une constituante, mais le Grand Conseil refuse de se dessaisir de son mandat ; il revise la constitution dans le sens démocratique; il supprime le cens, le système des abbayes en tant que corporations politiques, admet le principe de la publicité des débats, etc. Son œuvre est sanctionnée par le peuple le 13 janvier 1831.

A la suite des événements qui venaient de se passer dans les autres cantons, une assemblée se réunit à Sursee le 21 novembre, et le canton de Luceme revise à nouveau sa constitution dans un sens plus démocratique ; dans le gouvernement issu de cette évolution, le 22 mars 1831, la majorité appartient aux libéraux, entre autres à l'avoyer Amrhyn et a Ed. Pfyffer.

A Fribourg, le patriciat, hostile à toute innovation, se croyait assez fort pour maintenir ses privilèges. Mais des foyers d'opposition se forment à Morat, Châ tel-Saint-Denis, Bulle, Rue, Gruyère, Romont ; le 2 décembre 1830, les masses populaires marchent sur le cheMieu ; sous la

Sression des circonstances, l'avoyer de Diesbach, au nom u Grand Conseil unanime, annonce la nomination d'une constituante. Celle-ci fie met immédiatement à Tœuvre et adopte, le 27 janvier 1831, une charte nouvelle qui proclame l'égalité politique, la liberté de la presse, la publicité des débats parlementaires.

Le canton de Vaud complète, par la constitution du 20 juin 1831, l'œuvre commencée en 1830. Le suffrage universel, la liberté de la presse, la séparation des pouvoirs et certaines incompatibilités sont consacrés.

Eh décembre 1830 l'agitation éclate dans la campagne schaffhousoise. Le 27 janvier 1831, le Petit et le Grand Conseil remettent leurs pouvoirs; une constituante est nommée, son travail est entravé par des émeutes qui nécessitent l'intervention fédérale. Non sans peine le bourgmestre Murait, de Zurich, et le landamman Sidler, de Zoug, I établissent la paix ; le 2 juin, le peuple accepte la constitution qui lui est proposée.

A Berne comme à Fribourg, le patriciat tentait de tenir tête à l'orage ; l'avoyer de Fischer luttait énergiqnement. La ville de Berthoud, sous l'influence des trois frères Snell, devient le centre du mouvement révisionniste. Le 6 décembre 1830, le Grand Conseil prend quelques mesures pour améliorer la situation matérielle du pays, tandis que, d'autre part, des troupes, sous le commandement du colonel d Effinger, sont concentrées pour la défense de la capitale et que la garde bourgeoise est renforcée par l'enrôlement de mercenaires revenus de France; la présence de ces soldats rouges, comme on les appelait,

fit un très mauvais effet sur le peuple. A Interlaken, à Glntsch près Thoune, à Bienne et i Porrentruy des assemblées votèrent des adresses au gouvernement. Celui-ci abdiqua le 13 janvier 1831 ; ses membres déclaraient ne pas vouloir faire partie de la constituante, mais ils invitaient les citoyens a se rallier au nouveau régime dans l'intérêt du maintien de l'ordre, et ils déliaient leurs administrés du serment de fidélité. Le régne du patriciat qui, pendant plusieurs siècles, avait jeté un grand éclat sur la république de Berne, finit avec une certaine majesté.

La nouvelle charte bernoise, adoptée le 31 juillet, maintint le cens électoral ; elle consacra le principe de la séparation des pouvoirs, de l'égalité devant la loi, la liberté de croyance, la liberté du commerce et de l'industrie, le droit de pétition. Trois membres de l'ancien gouvernement (de Tscharner. de Lerber et tiurki) firent partie du Conseil exécutif élu le 14 novembre; à côté d'eux siéjgeaient Ch. Neuhaus, de Tillier, de Jenner, etc.

Le gouvernement exigea un serment des fonctionnaires publics, du clergé et des officiers. Le clergé refusa d'abord de le prêter, puis s'inclina ; les officiers, en ^rand nombre, donnèrent leur démission et plusieurs patriciens refusèrent d'accepter le mandat de député, ce qui fut une lourde faute de leur part.

La révolution bernoise eut pour épilogue, en 1832, un procès retentissant fait à l'avoyer Fischer et à quelques autres membres du patriciat accusés d'avoir comploté contre le nouveau régime. Ce procès fut conduit avec acharnement ; l'enquête fut peu concluante ; les accusés se disculpèrent et furent relâchés ; une proposition d'amnistie fut repoussée par le Grand Conseil. Finalement le procès se termina en 1^9 par la condamnation à deux ans de prison de l'avoyer Fischer et de son beaupère, le colonel de Tscharner ; ils subirent cette pepe au château de Thorberg. Pour tout autant, Fischer ne perdit pas l'estime de ses concitoyens, car, en 1850, ils l'envoyèrent de nouveau siéger au Grand Conseil.

59. Troubles de Neuchàtel^ de Bdle et de Schwyz. Ko l'espace de douze mois, douze cantons, représentant les deux tiers de la population de la Suisse et la majorité des lutats confédérés avaient révisé leurs constitutions. Ils s'étaient rapprochés en se donnant des institutions plus ou moins similaires, basées sur les principes suivants : séparation des pouvoirs, amoindrissement ou suppression des prérogatives des chefs-lieux, publicité des débats parlementaires, liberté de la presse, droit de pétition, suffrage universel, extension aux Grands Conseils du droit d'initiative, reconnaissance de certains droits individuels. Cette évolution était un effondrement de l'œuvre de Metternich et un retour partiel aux idées de 1803 et de 1796. Durant cette crise, le rôle du Vorort avait été nul ; il s'était borné à envoyer des commissaires à Schaffhouse où l'ordre avait été momentanément troublé.

Les cantons qui avaient modifié leur constitution demandèrent a la Diète d'accorder la garantie à leurs nouvelles chartes. Les petits cantons, ainsi que Bâle et Neuchâtel, refusèrent la reconnaissance du nouvel ordre de choses. Le 17 mars 1832, il se forma à Lucerne, aous la la présidence d'Edouard Pfyffer, entre sept des Etats diu régénérés (Zurich, Lucerne, Berne, Soleure, Saint-Gall, Argovie et Thurgovie), une ligue des sept (Siebnerbund), dans le dessein de se garantir mutuellement leurs institutions et d'entreprendre la revision du pacte fédéral. En opposition, il se forma, six mois après (14 novembre 1832), sous la présidence du landamman Spichig, la ligue de Sarnen, composée des petits cantons, plus Bàle et Neuchâtel ; son but était de s'opposer à la revibion du pacte.

La principauté de Neuchâtel était aussi tourmentée du besoin de réforme. Les libéraux, qui alors ne formaient qu'une minorité, aspiraient à en faire une république ; la majorité royaliste, dont une partie reconnaissait la nécessité de certaines réformes, voulait rester fidèle au système monarchique. Le mouvement révisionniste éclata en janvier 1831 ; il aboutit à la suppression des Audiences générales qui avaient été restaurées en 18U (elles étaient composées des dix plus anciens conseillers d'État, de 14 notables nommés par le prince, des chefs de juridiction et des 30 membres nommés par les dis-

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tricts par élection au deuiième degré) et à lear remplacement par un corps législatif

Ce résultat causa une profonde déception aux républicains. Ils décident alors de recourir aux armes ; le 13 septembre 1831, des bandes venant du Val-de-Travers, de Bevaix, de La Chaux-de- Fonds et de Cortaillod, sous le commandement du lieutenant de carabiniers Alphonse Bourquin, pénètrent à Neuchâlel et, sans coup férir, occupent le château et forcent les portes de Tarsenal. Le Conseil d*État, voulant éviter reffusion du sang, se retire à Valangin où se concentrent les partisans du statu que; le Corps législatif se réunit chez Sandoz-RoUin, président du Conseil d'État ; il se déclare en permanence, sollicite la protection du Vorort et conclut un armistice. Les 17 et 19 septembre, les commissaires fédéraux (Sprecher et Tillier) arrivent à Neuchâtel. Les 23 et *24, trois bataillons (vaudois, fribourgeois et bernois) et une batterie d*artillerie, sous le commandement du colonel Ferrer, font leur entrée dans cette ville ; le 27 septembre, les insurgés capitulent.

La capitulation avait proclamé l'oubli du passé ; mais, lorsque le gouvernement se crut suffisamment consolidé, il prit une série de mesures vexatoires pour les républicains. Le 17 décembre 1831, une nouvelle insurrection éclate, le gouvernement n'ayant pas tenu sa parole de consulter le pays sur la question de rupture avec la Prusse. Des corps-francs venant d'Yverdon passent la frontière ; ils rencontrent de nuit à Boudry la garde soldée et la garde urbaine de Neuchâtel et sont refoulés sur la frontière vaudoise. Une autre colonne venant de Sainte- Croix est également dispersée. Le gouverneur de Neuchâtel, le général de Pfuel, réunit un conseil de guerre. Les principaux chefs de Tinsurrection, Roessinger Bourquin, Renaud, Constant Meuron, Ptstitpierre et Dubois sont condamnés à mort ; quelques-uns échappent à leur sort par la fuite, pour tous la peine de mort est commuée en celle des travaux forcés. Des condamnations a la prison sont prononcées contre un ^rand nombre de citoyens accusés d*avoir pris une part indirecte à Tinsurrection ; ce fut le cas. entre autres, de Tavocat Bille.

Le parti royaliste triomphant envoya une adresse au roi de Prusse pour lui demander d'aviser aux moyens de rompre les liens (^ui unissaient Neuchâtel à la Confédération. Frédéric-Guillaume III, quoique favorable à la séparation, déclara que cette question étant européenne ne pouvait être résolue sans le concours des puissances signataires des traités de 1815; en conséquence il garda une prudente réserve (9 septembre 1832). Une nouvelle tentative fut faite en 1834 de replacer Neuchâtel dans la situation de simple allié de la Confédération, mais elle fut repoussée par la Diète (13 août 1835), et désavouée par le roi de Prusse.

Les habitants de Bâle-Campagne avaient joui, de 1798 à 1814, de droits égaux à ceux des bourgeois de la ville ; la Restauration les avait replacés dans leur ancien état de dépendance. Les 16000 habitants du chef-lieu, grâce au régime des tribus, nommaient 90 représentants au Grand Conseil ; les 40 000 habitants de la campagne n>n élisaient que 64 ; les artisans des communes rurales n'avaient pas la faculté de vendre librement en ville les produits de leur industrie ; à partir de 1^ ils tarent autorisés cependant à y vendre des objets confectionnés sur la demande d un citadin et moyennant certificat. An point de vue du droit privé, il y avait deux codes civils, ce qui s'expliquait par la diversité des mœurs.

Le mouvement révisionniste débuta par les assemblées des campagnards à I iestal, le 19 septembre 1830, puis à Bubendorf, les 18 novembre et 2 décembre. Le 5 décembre, le Grand Conseil décida qu'il se composerait à l'avenir de 75 bourgeois et de 79 campagnards ; cette concession parut insumsante ; le 4 janvier, une assemblée réunie à Liestal, réclama une représentation proportionnelle qui aurait attribué à la campagne les ^|^ de la députation. Les négociations n'ayant pas abouti, les campagnards se portèrent en masse sur Bâle mais furent repoussés (10 janvier 1831). Un gouvernement provisoire s'etant ëtaoli à Liestal, les citadins firent des sorties les 12, 13 et 16 janvier et mirent en fuite les insurgés.

A l'ouïe de ces événements la Diète envoya à Bâle deux

commissaires fédéraux, Sidler et Schaller ; sur leur demande, le gouvernement proclama une amnistie et licencia ses troupes; mais le fait que l'amnistie n'avait pas été étendue aux chefs de l'insurrection suscita en leur faveur les sympathies des démocrates argoviens et zuricois. Le 28 février 1831, la nouvelle constitution fut adoptée par 6200 voix contre 2500.

Une des dispositions de cette constitution (art. 45) prévoyait que pour tout changement ultérieur la majorité de la ville et de la campagne serait nécessaire. Cette clause fut, avec le fait que l'amnistie n'avait été que partielle, la principale cause du conflit qui, après deux ans de lutte, devait aboutir à la séparation de Bâle en deux demi-cantons (19 juillet 1831).

Le 18 avril et le 4 juin le tribunal criminel prononça une série de condamnations, aux arrêts domestiques et à la privation des droits civiques; le 15 juin, le Grand Conseil refusa d'accorder l'amnistie générale ; néanmoins la Diète sanctionna, le 19 juillet 1831, la constitution bâloise du 28 février 1831.

Les tribunaux de Neuchâtel et de Berne, en condamnant les chefs de l'opposition, avaient eu la main beaucoup plus lourde que le tribunal de Bâle, mais le gouvernement de Neuchâtel avait l'appui de la Prusse, et celui de Berne celui des cantons regénérés, tandis que la ville de Bâle avait contre elle le parti radical tout entier. Les campagnards ne désarmèrent pas ; i!s lancèrent une pétition pour demander la réunion d'une constituante et la séparation d'avec la ville, f^ Diète, qui venait de sanctionner la constitution du 28 janvier, se déjugea le 11 août 1^ en décidant, par 15 voix, de se nantir de ces pétitions ; Uri, Schwyz, Unterwald, Valais, Neuchâtel et Berne s'abstinrent estimant, non sans raison, qu'étant une Confédération d'États, la Suisse ne pouvait accueillir les plaintes émanant de simples citoyens.

Dès lors l'a^tation crût de semaine en semaine. Les hostilités reprirent. Une seconde intervention fédérale *) échoua ; tandis que la ville s'engageait à suspendre les hostilités, les campagnards s'y refusèrent ; ils lacérèrent les proclamations des commissaires fédéraux et nommèrent une commission administrative ; les districts de Gelterkinden et de Reigoldswil, étant demeurés fidèles au pouvoir régulier furent molestés. La Diète décide une occu- Sation fédérale ; le 18 septembre 1831 les troupes fédérales rent leur entrée dans le canton ; les chefs du gouvernement provisoire si^eant à Liestal sont arrêtés et envoyés â Aarau. Les commissaires de la Diète en arrivent à la conclusion qu'une séparation s'impose. Un vote est organisé ; 3865 citoyens se prononcent pour le statu quo. 802 seulement pour la séparation (23 novembre 1831); peu après des pétitionnements en sens contraire sont lancés ; ils réunissent 4098 signatures pour la séparation, 2615 contre. La ville n'avait pas pris part au pétitionnement ; sur 78 communes rurales, 46 s étaient prononcées en faveur de la séparation, 32 étaient demeurées fidèles à la ville. La majorité des cantons se refusant â maintenir la garantie donnée à la constitution du 28 février 1831 le Grand Conseil de Bâle décida, le 22 février 1832, que les 46 communes rebelles seraient retranchées du canton. Dès lors les meneurs de la campagne mirent tout en œuvre pour intimider les communes restées fidèles au gouvernement. Le 9 mai, la Diète se réunit à l'extraordinaire eu vue de tenter une médiation. Des négociations s'engagèrent à Zofingue, mais elles n'aboutirent pas. Le 21 août 1832, après de laborieuses discussions, la Diète décida la séparation de Bâle en deux demi-cantons ; cette mesure fut ratifiée le 14 septembre par la majorité des États (16 voix). Le calme ne rentra cependant pas dans les esprits; au printemps 1833 les campagnards fomentèrent des troubles dans les communes conservatrices. La ville ayant envoyé 1600 hommes pour le maintien de Tordre à Pratteln et â Muttenz des rencontres sanglantes eurent lieu (3 août).

La Diète ordonna une nouvelle occupation, mais la passion étant plus forte que la justice, par 13 voix elle décida de ne laisser à Bâle que les communes de la rive

*) Les commissaires fédéraux changèrent fréquemment; on y voit figurer des mag'istrats de la plupart des cantons : de Schaller, Sidler, de Murait, de MeyenburK, Heer, de Tscharner, Oluts, Na- ^el, de la Harpe, Zijraggen, Buol, Mœrikofer, Bder, Druey, Dorrer, de Steiger, Snell, etc.

3 Août IS^. (Biblialh«<)u* nat.

furent opéréi Jaos le même e»prit. Le trésor de la Cathédrale, la dotation de l'Univerailç fuivnt compris deina le partage et attribués pour les deux tiers aux eampagnards ; il en [Ut de même des édifices public*, en «orte que la ville dut donner des compeasations en argeat eu éciiange d'édifices situés sur son Bol. Les campagnards aliénèrent sans vergogne leur part du trésor de fa Cathédrale, trésor enroui dans un caveau de la Cathédrale à l'époque de la Réforme et qu'on venait de retrouver après troi» siècles d'oubli ; ils vendirent entre autres un superbe retable d'or qui figure aujourd'hui à Paris au Musée de Cluny.

l.e tribunal arbitral qui opéra ce partage était présidé par le ]i' Ketler. de Zurich, lequel, quelques années plus tard, devenait professeur à l'Université de Berlin et abandonnait les opinions radicales qu'il avait soutenues en Suisse.

Les habitants de l'ancien pays de Schwyz avaient, depuis 181i, une représentation plus forte que les habitauls des Marches : ils avaient réussi à eiclure des fonctions publiques et même de la Laiids^cinttinde les nouveaux habitants qui descendaient de familles établies depuis plusieurs générations dans le pays, et qui avaient joui Je l'égalité politique soua la République helvétique et l'Acte de Médiation.

Sur le refus <lu Grand Conseil de publier la Constitution, les ressortissants des districts

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t occuper militairement KiîEsnacht. Le Vorort la Diète qui envoya des commissaires iNagel ei Schaller) et leva deux divisions (ouïe bslaillona d'infanterie, deux batteries d'artillerie, une compagnie de carabiniers, un escadron ne caialeriej afin d'occuper le canton de Schwyz. La situation se détendit ; une constitution donnant satia&ction aux vœux du pays fut élaborée et adoptée par le

Ceuple schwyxois. Le 13 octobre 1833.

I landsaemeinde de Rothenthurm constata le résultat de ta votation et élut des magistrats i tendances libérales et modéréea.

L'année suivante, les dissensions recommencent de plus belle ; les conservateurs l'emportent: en 1S36, les Jésuites sont appelée à Schwyi. U«ui ans plus lard la lutte reprend avec une violence extraordinaire au sujet des alpages communaui. entre les grands propriétaires, les Comus( Hômermânner I.

possesseurs de gros bétail, et les petits propriétaires, les Onglus (Klauenmânner), possesseurs de petit bêtaiL Celte lutte brutale provoqua de nouvel lea interventions fédérales. L'ne landsgemeînde fut convoquée en présence des commissaires fédéraux ; elle donna une majorité de 500 voix environ sur %00 voUnta, en faveur des conservateurs. C'était aoe victoire i la Pyrrhus qui devait conduire a la guerre civile.

60. K»»aï de revition du Pacte. L'idée de développer les prérogativea du pouvoir fédéral préoccupait les esprits -. ..... .• Lel9aoùtl63l. la queatii- ' ■ -

se prononcèrent pour ja révision ei une commission fut chargée de I élaboration d'un nouveau pacte (Ed. P^tTer, Hinet, de Tavel, Zgraggen. Heer, Sidier, Schaller, Uuniinger, Etaumgartner, de Planta, de Meyenburg, Tanner, Rosai, de Chambrier et Honnard. Le professeur Rossi. Italien réftigié à Genève et naturalisé en 1819, futchoisi comme rapporteur.

caltst d* Bïls.Ville,

eitérii

r mettre les ;' de reconnaître La landsgemeinde chargea le

nombre de 4000. à Lâcher anciens habitants e

Grand Conseil d'élaborer u la base des décisions prises en 1814. allais, demeurés méfiants, les Fiabilanls des Marches frappent un grand coup; le 15 février 1831,

:i= . . .,g landsgemeinde et décident de

— „jvernement provisoire.

» ..,;,.x reprises, la Diète intervint sans réussir à vaincre l'opiniâtreté des chefa de l'ancien pays; le 27 mars 1833. elle conféra aux deux parties un droit égal de représentation jusqu'au moment où le conilit aurait reçu sa solution.

ils tiennent u

Corau9 II el â<n u Ouglu* " i liliDi (Hibliothèque DaUouale, Berne.)

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permanent de 5 membres siégeant à Luceme dont les tbnctions étaient incompatibles avec des emplois cantonaux ; une cour fédérale de droit public et de justice criminelle (9 membres) ; la Diète continuait à être composée de 44 membres, soit deux par canton. Une clause pré- \'03fait les formes dans lesquelles la revision de la Constitution fédérale pourrait être entreprise à l'avenir. La possibilité de reviser leurs constitutions d*après les formes légales ei\t été assurée aux peuples des cantons, ce ({ui eiît donné aux autorités fédérales le droit d'intervenir à la requête des citoyens d*un canton dont les droits constitutionnels auraient subi quel(^ue atteinte. L'instruction des milices incombait au pouvoir central ; les postes devenaient fédérales: une régale fédérale des monnaies et des f>oudres était prévue ; les péages devaient être organisés par e pouvoir central, mais pour le compte des cantons ; l'extradition des criminels devait dépendre du Conseil fédéral. Le droit de pétition à la Diète était accordé aux citoyens.

Là Diète consacra trente-cinq séances à Texamen de ce projet; à la fin de mai 18B3, elle invita les cantons à se prononcer; 12 grands conseils représentant les trois cinquièmes de la Confédération l'adoptèrent ; mais dans certains cantons, notamment à Lucerne, le peuple fut consulté et ne ratifia pas l'adhésion donnée par le Grand Conseil. Vaud et Argovie figurèrent au nombre des rejetants.

En 1835, une société nationale se fonda pour reprendre la question ; elle devint le novau du parti radical suisse qui devait triompher en 1^. C'est à cette époque que remonte la création de la Jeune Suisse, laquelle, par son attitude belliqueuse, l'intempérance de langage tle certains de ses membres et l'accueil inconsidéré quelle fit aux proscrits sans distinction devait susciter des conflits entre la Confédération et certaines puissances.

61. Luttes confesêionnelles. Le» article» de Baden, En 1832, lé gouvernement de Berne voulut exiger un nouveau serment du clergé du Jura. Celui-ci en référa au Saint-Siège qui autorisa, le serment avec cette adjonction : «sauf les droits de l'Église », ce que Berne accepta. L'évêque de Bàle, Mgr Salzmann, consulté par le clergé de Lucerne sur l'attitude à adopter dans la question du Pacte, répondit qu'il n'avait pas à prendre position dans une question purement politique.

D'autre part, des tendances joséphistps s'étaient manifestées dans une partie du clergé catholique ; les principaux représentants en étaient le vicaire de l'évêque de Constance, Henri de Wessenberg, le curé de Luceme Thaddée Mûller, plus tard le professeur Christophe Fuchs et le chanoine Aloys Fuchs.

Ces tendances dos prêtres libéraux étaient fortement combattues par l'Association catholique, qui était affiliée aux Jésuites et avait pour organes la Kirchenxeitung et le Waldstœt ter bote. L'intervention du clergé catholique dans les luttes politiques et la participation des moines de Mûri au mouvement insurrectionnel de 1890 en Argovie, d'une part*), et de l'autre le mécontentement que causait nux catholiques l'organisation à laquelle certains gouvernements voulaient assujettir leur église créèrent un état de tension dans les cantons catholiques et mixtes').

Le gouvernement de Lucerne, sous l'influence ae l'a* voyer Edouard Pfyflfer, convoqua à Baden, le 20 janvier 1834, les délégués des cantons de Zoug, Berne, Soleure, Dâle -Campagne, Argovie, Saint-Gall, Thurgovie et Grisons. Dans ces conférences l'on tomba d'accord sur une série de questions, le protocole qui en est resté est connu

*) En ce qui toacbe certaines questions confesaionnelles, les opinions étant très divergentes et impossibles à concilier, Timpartialité nous fait nn devoir de donner en note le point de vue dea historiens catholiqnea. [Là. Rédaction.]

Le coQvenl de lluri hlAma cette émeute causée par les me- Bures tjrxsMriqtres dont les catholiques du Freiamt étaient l'obiet ilapuis nombre d'années.

*) II ne peut être question d'afâliation, mais d'une lutte en» Ireprise en commun pour les intérêts catboliques; lesdeux journaux cités plus haut n'étaient certes pas plus violents aue ceux du parti opposé. L'élat de tension qui existait dans les cantons catholiques et mixtes était dû au fait que les catholiques étaient mécontents, A juste titre, de l'organisation qu'on voulait imposer A leur église et qu'ils ne pouvaient admettre, car elle était contraire à ses principes; certains actes de spoliation n'étaient pas faits pour les calmer et le premier inondent devait faire naître des eonâiti. [Abbé Daucovrt.j

sous le nom d'articles de Baden. Ces articles prévoyaient la constitution de synodes, la flxation des prérogatives des évêques, l'obligation pour ceux-ci de soumettre leurs bulles, brefs, mandements, ordonnances et sentences ecclésiastiques au placet de l'autorité civile ; la juridiction ecclésiastique était limitée a la question des sacrements. Des garanties devaient être accordées aux mariages mixtes ; les taxes de mariage et les cas de dispenses de taxes devaient être revisées ; le nombre des jours fériés réduits : une surveillance devait être exercée sur les séminaires et des examens de capacité exigés des ecclésiastiques ; les couvents devaient être subordonnés aux évéchés ; ils devaient contribuer aux dépenses scolaires et aux institutions charitables; le droit de collation devait être résené à l'autorité civile et un serment de fidélité imposé aux membres du clergé.

Ces articles soulevèrent une violente opposition. Les grands conseils de Lucerne, Saint-Gall, Zurich, Argovie et Thurgovie y donnèrent leur adhésion. Fribourg les réprouva ; Soleure, après les avoir acceptés, les repoussa ; les Grisons demeurèrent a l'écart; ils s arrangèrent directement avec le Saint-Siège, pour limiter le diocèse de Coire au territoire du canton (ISâo) ; le canton de Saint-Gall fui régi par un vicaire spécial, jusqu'en 1845, année où, après de longues contestations, l'évêché de Saint-Gall fut créé.

Une bulle pontificale du 18 mai 1896 condamna les articles de Baden. Entre temps, le ffrand conseil de Saint- Gall avait ordonné la fermeture au couvent de femmes de Saint-Georges ; le gouvernement d'Argovie plaça sous régie les propriétés des couvents de Mûri, wettingen, Pahr, Hermetschwil, Gnadenthal et Baden à la suite d'une en(]uéte qui avait constaté les malversations qui se produisaient dans ces maisons religieuses^).

Le gouvernement radical de Luceme agitait la question de congédier le nonce, lorsque Mgr de Angelis prit les devants et alla se fixer à Schwyz M835). L'arrêt d'expulsion fut prononcé peu après son aépart.

62. Conflit* dipUmiaiiqtie» avec les cours allemandes et italiennes. Affaire Conseil, affaire Louis Na]ooléon* A partir de 1890, la Suisse vit affluer sur son territoire les épaves des révoluticms qui venaient de secouer l'Europe.

Ce sont d'abord les léffitimistes français, puis des Polonais qui, repoussés d'Allemagne et surveillés en France, arrivent par Bàle et Soleure et sont généreusement secourus, notamment dans les cantons de Vaud, Genève, Berne, Zurich et Saint-Gall. Bientôt leur nombre s'accroît et l'on constate que les Polonais se concertent pour cons-

girer contre les gouvernements allemands et sarde. La onfédération germanique s'émut de leurs asnssements et fit parvenir, le ^ mai 1899, une note au Directoire. Après de longues négociations, la Diète obtint du cabinet français l'autorisation de diriger sur l'Angleterre, l'Algérie, l'Egypte et le Portugal, les refugiés polonais qui vivdient à ses dépens dans le désœuvrement et qui, sous le nom de Jeune Pologne, intriguaient avec les associations de la Jeune Allemagne et de la Jeune Italie. Une expédition contre la Savoie, préparée par le général Romarino, échoua piteusement. Ce singulier héros décampa nuitamment en abandonnant ses hommes qui dirent arrêtés et internés par les soins des gouvernements genevois et vaudois. Cette déplorable équipée enleva aux Polonais les sympathies qu ils avaient rencontrées à leur arrivée en Suisse. * Le gouvernement de Berne se montrait d'une mansuétude extrême pour les réfugiés. Ceux-ci en abusèrent ; le 27 juillet 1894 eut lieu, dans le restaurant du Steinhôlzli, à Berne, une réunion d'ouvriers allemands, où fut arboré le drapeau noir, rouge et or, symbole de l'unité allemande. Des discours violents sont prononcés ; les têtes s'échauffent ; les drapeaux aux couleurs des souverains allemands sont foules aux pieds. L'événement rapporté et amplifié par des agents provocateurs prit immédiatement des proportions considérables. Des explications furent demandées au gouvernement bernois par le minis-

*) M. l'abbé Dancourt ne peut admettre cette allégation. Le gouveroement d'Argovie, dit-il, percevait des couvents des impôts qui allaient aans cesse en augmentant de sorte que pour quelques-uns leurs revenue ne sufnsaient plus à narrer les sommes que l'État exigeait d'eux : celui-ci considérant les couvents comme une propriété médiate de l'État se croj^ait en droit de les imposer à volonté. [La Rbdactiom.]

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tre d'Autriche ; le Direcloire adressa aux csDtons une circulaire pour attirer leur attention sur les menées des réfugiés et notamment sur le rôle occulte joué par Mazzini. Peu de jours après, les ouvriers autrichiens, bavarois,

f Prussiens et badois reçurent de leurs gouvernements 'ordre de ne plus séjourner dans le canton de Berne.

Le conflit avec les souverains allemands en vint au point qu'un cordon militaire fut établi le long de la frontière du Ithin par les gouvernements badois, wurtembergeois, bavarois et autrichien. La mort de Tem-

{>ereur François II amena une détente ; un échange de ettres courtoises, entre Ferdinand I*' et les cantons confédérés, mit fin à Tincident.

Ces diflicultés diplomatiques étaient à peine aplanies, qu'il en surgissait une autre avec le cabinet des Tuileries. Le gouvernement de Louis-Philippe, libéral à ses débuts, fit a cette époaue une évolution et emboîta le pas derrière Metternich. L attentat de Fieschi, commis à Paris le 28 juillet 1835, poussa de plus en plus Louis-Philippe et ses conseillers dans les voies de la réaction. M. de Rumigny fut remplacé comme ambas«adeur en Suisse par M. de Montebello (fils du maréchal Lunnes) ; ce diplomate dédaigneux, emporté et maladroit, fut l'occasion de conflits qui le firent juger sévèrement par la presse libérale française.

En juin 1836, la police de Zurich découvrit un complot ourdi par la Jeune Allemagne et de nombreuses sociétés secrètes ayant leur centre en France avec des ramifications en Suisse. L'association nationale suisse, fondée le 5 mai 1835, voyant ses desseins entravés par la diplomatie étrangère, pactisait avec le mouvement libéral italien et allemand. Elle n'allait pas jusqu'à approuver les procédés violents de la Jeune Italie, de la Jeune Pologne, de la Jeune Allemagne, de la Jeune Europe et de la Jeune Suisse, mais quelques-uns de ses membres, appartenant à la fraction la plus avancée du parti radical, te compromettaient par leurs discours.

L'autorité fédérale, ayant fait arrêter un certain nombre de révolutionnaires, ne pouvait décemment les reconduire à la frontière allemande ou italienne ; il s'adressa à la France, afin d'obtenir pour eux libre pas«age sur son territoire. Le gouvernement de Louis-Philippe consentit à recevoir momentanément ces réfugiés, mais sa réponse (18 juillet 1836) était rédigée en termes offensants. M. de Montebello y exprimait des doutes injurieux sur la possibilité, Eour la Suisse, de remplir ses devoirs internationaux, es événements remirent 'les choses au point ; huit jours après l'envoi de cette note insolente une nouvelle tentative d'assassinat fut commise par le sieur Alibaud, sur la personne de Louis-Philippe, et l'on découvrit que c'était a Paris que résidait le comité de la Jeune Europe et que se trouvait le centre du mouvement révolutionnaire.

Tandis que la Dièle délibérait sur les mesures à prendre à l'égard des réfugiés et sur la réponse à faire à la note française, M. de Montebello communiquait le 6 août, au président de la Diète, deTschamer, une lettre de Thiers, où il lui était enjoint de «i faire entendre à la Suisse un langage fï>anc, quoique dur, » ajoutant que « si elle n'obtempérait pas aux conseils de la Fr^tnce, sa résistance serait suivie a'un blocus hermétique. » Quelques jours plus tard, Thiers se rendant compte de l'effet déplorable produit par cette note, contesta s'être servi des termes qu'il avait employés. La presse française jugea très sévèrement ces procédés. Le 25 août, Thiers tombait du pouvoir. Appelé à s'expliquer plus tard devant la chambre sur cet incident. Thiers déclara que le texte de cette lettre avait été altéré, mais lorsque le député Delessert insista pour en connaître le texte authentioue, il garda le silence.

Un autre incident était venu s ajouter sur celui que l'on vient de lire. Le 19 juillet, Montebello avait demandé l'arrestation et l'expulsion d'un nommé Conseil. On rechercha ce personnage^ prétendu dangereux; enquête faite il se trouva que c'était un espion, un agent provocateur, envoyé en Suisse par la police française, qu'il avait sur lui trois passeports sous des noms diflerents, l'un daté d'Ancône, le second délivré par le préfet du Doubs et le troisième sur l'ordre de Montebello lui-même ; ce dernier était antidaté ; il avait été fait trois jours avant son arrestation dans le but de le soustraire aux recherches demandées par le cabinet des Tuileries. On sut plus tard que Conseil avait été envoyé en Suisse à f'insu de

Thiers, par son collèfnxe M. de Montalivet, ministre de Tiotérieur. Ce singulier incident mit Montebello en très mauvaise posture. Les afTaires s'envenimèrent. M. Mole, successeur de Thiers, désavoua Conseil et rappela Montebello. Un commencement de blocus Ait mis a exécution, mais on s'aperçut qu'il était surtout préjudiciable à l'Alsace.

Un mouvement d'opinion se manifesta en faveur de la Suisse; la presse française et anglaise critiqua vivement les procédés du gouvernement de Louis- Philippe, et l'un des chefs de l'opposition, Odilon Barrot, dans un discours à ses électeurs, blâma hautement le cabinet Mole; l'affaire en resta là.

A peine rétablis, les bons rapports avec la France furent de nouveau troublés par le s^our en Suisse du prince Louis -Napoléon. Sa mère, la reine Hortense, femme de Louis Bonaparte, ci-devant roi de Hollande, avait acheté le petit château d'Arenenberg sur les bords du lac de Constance. Le jeune prince avait reçu la naturalisation thurgovienne (1832), et, comme citoyen d'un canton suisse, avait pris part à l'école d'artillerie de Thoune. Mais il B\'ait conservé le secret espoir de monter sur le trône de son oncle ; le 30 octobre 1^6, il tenta de soulever la garnison de Strasbourg ; il fut arrêté, puis gracié par Louis-Philippe et embarqué pour l'Amérique. L'année suivante, il fut rappelé en Suisse par la maladie de sa mère, la reine Hortense, qui mourut à Arenenberg le 5 octobre 1837. Sa

Erésence dans le voisinage de la France inquiétait le cainet des Tuileries ; Montebello fit des démarches officieuses auprès du Vorort pour obtenir son éloignement ; il lui fut repondu que le prince ayant reçu l'inaigénat en Thurgovie, c'était au gouvernement de ce canton à statuer. Sollicité de s'éloigner par les personnes de son entourage, il fit la sourde oreille. L'attention fut de nouveau attirée sur lui, au mois de juillet 1838, par le procès intenté au lieutenant Laity, 1 un de ses complices de l'émeute de Strasbourg, avec lequel il avait entretenu une correspondance compromettante.

Le gouvernement de Louis-Philippe en prit occasion pour demander positivement l'éloignement d'un prince qui, tout en s'en défendant, conspirait contre lui. Malheureusement, l'office franç«iis du !•' avril 1838 était conçu en termes impérieux et péremptoires qui produisirent une vive émotion en Suisse. La Diète, tout en appréciant avec sévérité la conduite de Louis-Napoléon, considéra que la demande de la France était incompatible avec la souveraineté et la dignité de la Confédération. Quelques journaux français soutinrent le bon droit de la Suisse qui fut défendu en Diète avec énergie par les députés Monnard et Rigaud (Vaud et Genève) ; le gouvernement thurgovien refusa d'expulser son ressortissant. La France fit alors des préparatifs militaires pour envahir la Suisse. Les gouvernements d'Argovie, Berne, Genève et Vaud prirent des mesures de défense. Tandis que trois divisions de l'armée française avec 28000 hommes marchaient contre la frontière suisse, sous le commandement du général Aymard, Genève mettait sur pied son contingent (6664 hommes) et Vaud mobilisait, sous le commandiement do général Guigner, 16 bataillons d'infanterie, 8 compagnies de carabiniers, 4 de cavalerie, 8 batteries d'artillerie, et 16 compagnies de fusiliers de réserve, (au total une vingtaine de mille hommes et 48 canons). La Diète approuva les mesures prises par Vaud et Genève et remercia leurs gouvernements de leur énergie. Fribourg mit de piquet son contingent et Berne suivit son exemple.

Sur ces entrefaites, le prince Louis-Napoléon, qui avait demandé un passeport pour l'Angleterre, quitta la Suisse, ce qui mit fin à l'incident. Cependant, l'attitude de la France continuant à être malveillante, la Diète, après avoir répondu à la note du cabinet des Tuileries, aécida de conserver des troupes sur la ligne du Jura, sous les ordres du général Guigner et du colonel Zimmerli. Une note de l^mbassadeur de France, d'un ton tout différent des précédentes, amena la fin du conflit et rétablit le calme dans les esprits.

63. Mouvements populaires à Zurich, Glaria, dans le Tessin, à Soleure et en Valais, La présence de nombreux réfugiés exerçait une influence sur l'opinion publiaue. Plusieurs d'entre eux avaient été appelés à occuper es places dans l'enseignement supérieur, Rossi à Genève, le Polonais Mickiewicz, et l'Italien Melegari à Lausanne,

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Desor à Neachâtei, de Wette et Wackernaffel à Bâle, Oken, Sauppe, Hilzig et SchœnleiD à Zurich, les deux Snell à Berne, etc.

Une scission se produit alors dans le parti libéral : les uns, plus portés vers les idées abstraites, sont qualifiés de doctrinaires, les autres, sous le nom de radicaux, entrent en rapport plus direct avec le peuple.

Dans le domaine religieux, les aaeptes du réveil, à l'exemple deVinet, mettent Taccent sur le côté individuel du christianisme, tandis c|ue certains hommes politiques voyant surtout dans TÉglise une école de moralité, envisagent la religion comme le lien social par excellence et cherchent à le dégager de tout élément surnaturel.

Cette dernière tendance s'incarne en la personne de Drueyà Lausanne etdeMelchior Hirzel à Zurich. En 1836, Quelques membres du Conseil de l'instruction publique de Zurich proposèrent d'appeler à la chaire de dogmatique un des chefs de Técole rationaliste allemande, le célèbre Strauss. Quoique sympathique aux idées de ce thMogien, Hirzel ne se décida à ratifier ce choix qu'en 1839. Cette nomination souleva une vive opposition. Un comité dit de la foi réunit plus de 39000 signatures pour protester contre cette nomination

Devant cette poussée d'opinion, le Conseil d'État mit le professeur Strauss à la retraite. Mais, le comité de la foi voulait plus : l'abdication du gouvernement. Kn vain celui-ci met des troupes sur pied, à l'appel du comité de la foi plus de 15000 citoyens marchent contre Zurich.

Le D septembre 1839 une rencontre eut lieu, 13 hommes furent tués; dans le nombre, un conseiller d'État, iiegetschweiler, qui s'était opposé à l'appel de Strauss. La panique s'empara de ses collèffues ; ils quittèrent Zurich sous des dé^isements divers, un gouvernement provisoire, ayant a sa tète le bourgmestre Hess, se constitue ; le grand conseil se sépare après avoir décidé de faire procéder à des élections. Celles-ci eurent lieu le 17 septembre. Le parti radical fut battu. La victoire des conservateurs, due à une coalition des vieux bourgeois et des campagnards, ne fut pas de longue durée ; six ans plus tard les radicaux reconquirent la majorité.

En 1836 et 1837 le vent de revision qui soufRait suscita des troubles à Glaris. Les protestants remplacèrent, dans la nouvelle constitution, le système de la parité par celui de la représentation proportionnelle. Le bourg de Nâfels ne voulant pas se soumettre à cette mesure fut occupé militairement.

Au Tessin couvait une rivalité entre Cis-Ceneriens et Trans-Ceneriens, compliquée de l'opposition entre les conservateurs et les libéraux. Le gouvernement conservateur, encouragé par les événements qui venaient de se passer à Zurich, interdit les sociétés de tir, formées par les libéraux et restreignit la liberté de la presse.

Le 6 novembre 1839, un corps de 600 Trans-Ceneriens, sous la conduite du colonel Luvini, occupa Bellinzone et se dirigea sur Locamo siège du gouvernement ^) lequel abdiqua aussitôt sans coup férir. Un nouveau gouvernement fut installé sous la présidence de l'avocat Franscini. Les conservateurs, battus aux élections du 15 novembre 1840, préparèrent une contre-révolution. L'avocat Nessi tenta une insurrection; mais, livré par ses partisans, il fut condamné à mort et fusillé le 4 juillet 1841. Cette exécution capitale pour cause politique est la seule qui ait eu lieu en Suisse dans le cours du XIX* siècle.

Dans le canton de Soleure, le chef-lieu avait conservé certaines prérogatives; en 1840, le parti libéral en demanda l'abolition ; d'autre part, les conservateurs cherchaient à obtenir la garantie des biens ecclésiatiques, le retour aux tribunaux ecclésiastiques, un droit de surveillance de l'Église sur l'école, etc. ; un réseau de comités avait été organisé dans le canton pour établir un mouvement d'opinion dans ce sens. Le Grand Conseil se borna à abolir les privilèges du chef-lieu, à augmenter le nombre des déput& directs et à réduire celui des conseillers d'État (de 17 à 9). Ces modifications constitutionnelles devaient être soumises à la sanction du peuple le 10 janvier 1841. Les conservateurs convoquèrent des assemblées populaires à Mûmliswil et à Mariastein pour combattre le projet du

1) Le gonvememeot résidait tour à tour pendant 6 ans à Belliasone, à Locarno et A Lugano, cette rotation n*a été sapprimée qa'en 1878.

Grand Conseil. En présence de ces manifestations hostiles, le gouvernement Gue dirigeait Joseph Munzinger leva des troupes, sollicita l'appui des cantons de Berne, d'Argovie et de Bàle-Campagne et fit arrêter les meneurs. Trois bataillons bernois s'échelonnèrent sur la frontière ; grâce à leur présence le vote de la constitution se fit sans trouble ; le projet du Grand Conseil fut adopté. Les élections qui suivirent composèrent le Grand Conseil a peu près par parts égales de conservateurs et de libéraux. Le maintien du régime libéral à Soleure empêcha dans la suite ce canton de se joindre au Sonderbund.

En Valais, la question du Pacte fut envisagée diversement. Tandis que les dixains du Bas où dominaient les libéraux étaient favorables à la révision, ceux du Haut y étaient hostiles. Les libéraux ayant convoqué une assemblée à Martigny, le 11 avril 1833, les montagnards des environs, accourus au son du tocsin à l'appel du clergé, pénétrèrent dans le lieu de réunion ded libéraux et furent cau«e d'une bagarre qui amena l'intervention du gouvernement.

Le 14 septembre 1833, les dixains de Martigny, Entremont, Saint-Maurice et Monthey se virent refuser à nouveau la représentation par tête, qu'ils avaient sollicitée deux ans auparavant. En 1838, la représentation proportionnelle, réunit à la Diète valaisanne 29 voix contre 27 ; mais comme il fallait la majorité des deux tiers pour changer la constitution, la réforme désirée n'était pas encore légalement acquise. Cependant le Conseil d'État, animé d'intentions conciliantes, fit décider la revision par la Diète et dans cette assemblée, tandis que les députés du Haut-Valais soulevaient des difficultés, le représentant du dixain de Sion, Eugène de Riedmatten, vota avec les Bas- Valaisans, en sorte qu'il fut décidé que dorénavant la Diète compterait un député par mille habitants (3 janvier 18^).

Les Haut -Valaisans refusèrent de s'incliner devant ce vote ; le grand bailli Maurice de Courten prorogea la ses* sion ; les députés des dixains de Couches, Brigue, Viège, Rarogne et Sierre quittèrent la salle des délibérations, tandis que ceux de Sion et des dixains du Bas se proclamaient assemblée constituante sous la présidence de l'avocat Barman.

Le Conseil d'État sollicita l'intervention du Directoire fédéral, qui se refusa à jouer le rôle de conciliateur. L'assemblée constituante continua son œuvre et la soumit à l'approbation des communes. Le 17 janvier 1839, huit dixains prirent part au vote, et, à une forte majorité, acceptèrent le projet de la constituante. La question de la séparation du Valais en deux États se posant, le Directoire fédéral envoya deux commissaires. Schalier et Baumgartner. en vue de tenter un rapprochement (12 février 1839), mais leurs efforts échouèrent coniplètement. Baumgartner fut remplacé par Emmanuel de La harpe.

Le Conseil d'État se retira à Sierre ; un Conseil d'État nommé par les dixains occidentaux, se constitua à Sion. Lorsque, au mois de juillet, la Diète fédérale se réunit à Zurich, deux députations se présentèrent l'une au nom des dixains du Haut ; l'autre, au nom de ceux du Bas ; toutes deux furent également exclues de l'assemblée ; la séparation du Valais en deux États, demandée par les dixains du Haut, fut écartée. La Diète prit un arrête convoquant une constituante valaisanne à laquelle chaque dixain devaitenvoyer un nombre de députés proportionnel à sa population et dont l'œuvre devait être soumise au vote populaire sous le contrôle des commissaires fédéraux (11 juillet 1839).

Tandis que les dixains du Haut tenaient à Sion, le 25 juillet, une landsgemeinde de protestation qui ne réunit que 400 participants, dont un grand nombre d'ecclésiastiques ; les dixains du Bas se conformèrent à la décision de la Diète : ils nommèrent une constituante, laquelle, dans un esprit de conciliation, élimina de son programme la liberté de la presse, ainsi que la création d'une école normale et d'une école secondaire considérées par l'évêque comme mettant la religion en péril. Le 25 août son œuvre fut sanctionnée par la très grande majorité des électeurs des dixains du Bas, tandis que les électeurs des dixains du Haut se prononçaient pour le maintien de la constitution de 1815.

En présence de cette situation, la Diète s'apprêtait à

Iirendre des mesures contre les dixains du Haut, lorsque a révolution de Zurich changea ses dispositions et remit tout en question. De nouveaux commissaires furent choisis

(Frey, de Meyenburg et de Maillardoi) ; Ds furent tré» mal i recul par le gouvernement de Sion ; le gouvernement de 1 Sierre, au contraire, les accueillit avec beaucoup de cour- '

llf , B«D«

toiiie, ce qui iea prédiaposa en faveur des Haut •ValaiMD*. Leurs tentatives pour concilier les deux partis ayant complètement échoué, iU demandèrent leur rappel.

Le 14 février, un arbitrage proposé aux Vslaisans fut repoussé. La situation était de plus en plus tendue ; un incident amena la guerre civile. Le dixain d'Hérens avait adhéré i la constitution du 3 août ; il s'était ensuite è l'exception de la commune d'Ëvoléne. rallié au parti dn Haut-Valats. Le gouvernement de Sierre fit occuper celte commune afin de la contraindre à renoncer a la constitution du 3 août. Le gouvernement de Sion appelle alors sous les drapeaux loua les hommes en état de porter les armes. Sept à huit mille hommes marchent contre les Haut-Valaisans qui prennent position à Bramois et à St-Léonard ; après un court combat les Haut-Velalsana se retirent ; le 3 avril 1840 Maurice Barman, à la tôle des Bas-Valaiaans, hit son entrée â Sierre. Le gouvtprnement des dixains supérieure disparut.

Les vainqueurs se montrèrent modérés. Les Haut-ValaisBDS, comprenant qu'une plus longue résistance était inutile, donnèrent enfin leur adhésion à la conitituLion du 3 août. Le 18 mai 1840, un Grand Conseil, composé de députés de toutes les parties du pava, ae réunit à Rion et nomma un Conseil dLtat où Zen ituffinen fut appelé à représenter les iliiaina du Haut. Cette réconciliation ne devait pas #tre de longue durée.

6i. Triiuhlei d'Ai-govie, suppression dei couventi. Le système de la parité confessionnelle attribuait en Argovie le même nombre de députés au]i catholiques et aux protestants. Ces derniers étant au nombre de 75000 contre 67000, assoiraient à obtenir une représentation proportionnelle i l'importance numérique des électeurs qu ils pouvaient mettre en ligne. Les catholiques voulaient le maintien de la parité et demandaient en outre la aéparation confessionnelle. Le canton était divisé ; les anciena bailliagea libres (freiamt) était très exaltés : le Nord du canton (Fricklhal), longtemps sujet de l'Autriche, était peuplé de catholique<t à tendances plus modérées: c'était une conséquence du courant d'opinions créé soixante ans auparavant par l'empereurJosepn (I, lequel avait supprimé plusieurs cou vents dans ses Ktals. Le Grand Conseil, appelé a reviser la constitution, ne lit porter son travail que sur des points secondaires : il rejeta les vœux des catholiques et ceui des libéraux: le 5 octobre 1840 son «euvre fut repoussée à une forte majorité. Ce résultat IHit considéré par les

sui

habitants du Preiamt comme un succès: le 29 novembre, leurs cheb tinrent à Baden une nombreuse asgemblée ou ils développèrent un programme qui fut combattu parles catholiques du Fricbthal. Le Grand Conseil décida alors d'abolir la parité et de repousser la séparation confessionnelle ; son projeL fat accepté le 5 janvier par ]6IëO tdIi contre 11SS4 ; les catholiques du Nord du canton avaient voté avec les protestants.

La minorité catholique ne s'inclina pas devant le verdict populaire. Une insurrection éclata al ara à Mûri et à Bremsarten. Le conseiller d'État Waller envové pour calmer les émeutjera, fut hit prisonnier, ainsi que le préfet Weibel et d'autres magistrats. Ln gouvernements de Zurich. Bàle' i:ampagne et Berne prêtèrent main forte à celui d'Arguvie : l'insurrection fut rapidement réprimée.

Les couvents du Freiamt avaient pris une part plus ou moins direclf a l'émeute, si mémeilsnelavaienl pas provoquée; ils avaient précédemment déjà prêté leur appui financier à l'Association calholi- 3ue. Le Grand Conseil argorien écida, le 30 janvier 1841. de sup- 1 „ primerquatrecouventsd'hammes,

" "" (Mûri. Wettingen. Rremgarten et

Haden) et quatre couvents de femmes {liermetschwil, Gnadeotlial.

Maria Kriinuag et Fahr). L'ensemble de leurs biena. six' . millions ancienne monnaie, fiit affecté i, l'entretien des écliaes, des écoles et des pauvres. Ces couvents abritaient 120 religieux et 90 religieuBes, legouels reçurent dn penetons variant de 1300à 1400 fr. suivant l'iige, pourlei religieux, de 800 à laOO t^. pour les religieuses. âOO h. pour les frères lais et 400 fr. pour les sn-ura converses. Cette mesure fut saluée avec joie en Suisse par le parti radical, mais souleva, dans certains cantons et à l'étranger, de véhémentes récriminations. Le nonce protesta le 21 janvier et le comte de Bombellea, l'ambasudeur d'Autriche, remit i la Diète, le 8 février, une note au nom de l'empereur Ferdinand.

Lorsque la Diète se réunit i Berne, plusieurs députés prirent la défense des couvents supprimés ; d'autre soutinrent le droit des cantons de supprimer des couveDia lorsqu'ils portent stteinte â la paix publique: on invoqua alors comme précédents la suppression et la transformition des couvents par l'État de Venise et aous Marie-Thérèse et .loaeph IL en Autriche, puis, par les gouvernements de Thurgovie. de Saint-Gall et de Soleure. Néanmoins la majorité des cantons estima que l'article 12 dn Pacte avait été violé ; le S avril, par IS i/j voix (Zurich. l*ri, Schwi'i. Obwald. Nidwald, Glaris. Zoug. Friboiiri>, Schadliouse, Saint-Gall, Valais, Neuchàtel et Bâle-Ville^ la Diète ordonna le rétablissement des couvents (! ainl 1841).

Les événements d'Argovie avaient amené les esprits à un haut degré d'eiaapération dans les cantons catholiaues et mixtes. Les élections lucemoises du I» mai 1841 portèrent BU pouvoir les conservateurs. Au régime libenl des PfylTer et des Kopp succéda celui dea Sîe^wart-Mliller et des Bernard Meyer, anciens libéraux devenus, avec Joseph Leu d'Ebersol. les partisans des Jésuites. Les articles de Baden furent abrogés et le nonce rappelé a Luceme.

Au moia d'août, ionque la Diète se réunit 1 nouveau. I> cause dea couvents se trouva avoir perdu du terrain : le gouvernement d'Argovie avait fait dea concessiona ; il proposait de rétablir trois couvents de femmes. Après de longs pourparlers, le gouvernement argovien se décida, en 1843, !> rétablir le quatrième couvent de femmei. La Diète raya alors de son ordre du jour la question dfs couvents d'Argovie. Cette résolution fiit prise par 13' «

SU

da* JcnllBi <1" Jailli Berna.

hres influents de ce parli se réunirent aiii b.nina Rothen, et le leodemaio k Lucerne oi'i Tut onclue I' tente d'où ileiaît sortir le Sonderbtind.

Ki. Xouiielle pfi*e d'ammt en Valaii AppH >iei 'uilei à Lucemt: Expédition det Cuifn Irancs. Après lea troubles de 1639 et 1840. le \alBi8, seua la direction de Maurice et Jtwepli Barroan, llelacoste.

etc., était eotré dans une ère plus calme. Le<i cheft Itbëmax avaient si bien gagné la confiance de leurs commettants que leurs mandata avaient été renouvelés à une Torle majorité, ll'utilea rérormes aiaîent été introduites dans l'administra tion ; des travaux publics importants avaient élé mis 1 Vétude iroute du St, Bernard, route de Loèche et ^de la Gemmi. endi^uement du Rhône, etc.). .L'opposition des Haut- Valaisans n'avait cependant pas désarmé ; elle réussit à bire échouer le projet de loi électoral ainsi que ceux relatifs aux charges militaires et à l'instrurtion publique ; cette dernière loi.

tout en attribuant de droit des sièges à des ecci PS ia «tiques dans le conseil cantonal d'éducation, tranafén" r -tat la suprématie scolaire. De li des d de désordre» qui éclater..

Loèche. i .f^rnen et dam Ra rogne

Tandis i

\ le domaine t à Natera. à

pathie qu'elle envoyait au gouvernement argovien et par

son intempérance de langage.

Le» journaux des deux partis extrêmes poussaient à son comble l'exaspération des esprits et dilfamaient les magistrats modères dont se composait le Bouvcrnement.

Les élections de 1812 amenèrent un déplacement dans la majorité. Quoique réélus. Maurice Barman et de Rivai déclinèrent leurs mandats et furent remplacés par des conservateur* qui destituèrent les ronctionnaires appartenant à ropimon modérée. Au carnaval de 1843. une mascarade ou le clergé était tourné en dérision se transporta de Martigny à Saint- Maurice. La Vieille Suisse ae fonda en opposition à la Jeune .Suisse. On ne larda pas à en venir aux coups : un citoyen appartenant au parti libéral fut assassiné à Vérossai. Chacun s'arme. Au tir cantonal de Monthey, les libéraux pactisent avec la Jeune

côtés ; la Vieille Suisse du Val d'Illiei et de Salvan se livre à des manirestations hostiles: le Haut- Valais est en ébullitioD. Les Bas-Valaisans marchent sur Sion ; ils sont arrêtés, grâce à l'intervention de Maurice Barman. Les meurtres de Codonnet et du notaire Saillan par les partisans de la Vieille Suisse aggravent la situation et provoquent là création du comité de Martigny (9 avril 1844). Les Haul-Valaisans prennent les armes. Le Conseil d'État débordé invoque l'appui du Vorort, alors à Lucerne,

3ui envoie des commissaires et décide la mise sur piep 'un corps d'occupation.

Le 14 mai, le Grand Conseil se réunit à Sion; il ordonne la dissolution du comité de Martigny. Le Burlendemain, les députés conservateurs réunis dans la demeure du chanome Hachoud décident d'appeler aux armes les volontaires du Haut- Valais, à l'iosu du Conseil d'Ëtat. En ap- Srenant ce complot, les députés libéraux quittent la salle es délibérations et appellent i leur tour lea Eas-Valaiaans aux armes. Tandis que Barman et les hommes des dixains occidentaux s'arrêtent aux portes de Sion et négocient avec le gouvernement, les Haiit-Valsirans, sous les ordres de K^ilbermatten. occupent Sion et a'emparent du pouvoir. Le général de Kalbermaiten devenu en Tait le dictateur du Valais avait réuni 8000 hommes portant l'habit de bure des paysans, mais convenablement armés et bien commandés Les chefa libéraux Barman. Dufour.Joris, etc., ne disposaient que de 1 500 hommes levés î la hàle et mal organisés ; sentant que In lutte se présenlait dans des conditions trop ini^gales ils se replièrent en bon ordre Riddea, puia sur Martigny, Comme ils fe disposaient

■ regagner l

1 foyers, la i

I leur fut c

suite de la suppress d'Argovie le parti conservateur gi enail du terrain, la Jeune Suisse contribuait à ré| anur l'inquiétude dans les esprits par les marques de sym

I pont du Trient. Le 21 mai 1814 au malin, tindis qu'une

colonne, sous le commandement de .Maurice Barman.

1 descendait le long de la rive droite du Trient clierchaot i

Combit da l'Emusob

«'RVBnçail imprudemment avec 600 hommes i:L 1 pièces Je caDOQS. Avant d'avoir pu se déployer il eaaujra le feu d'une troupe disposée sur les liauteurs voisines. Ko dépit d'efTorts désespérés, la Jeune Suisse ne parvint pas à enlever la position; il s'en suivit un combat acharné, plusieurs de leurs oFIlciers, de Nucé et Alfred de Werra tombèrent moi'let le meDi blessés; la défaite se transforma bientôt en déroute ; le triomphe de ta Vieille Suisse était complet.

La Confédération était demeurée impassible, grâce au refus des Houverneioenta de Vaud et de Berne de fournir les troupes qui leur étaient demandées. L'étal de sii'ge fat proclamé à Sion. Le Grand Conseil prononça la dissolution de la Jeune Suisse ; uif tribunal extraordinaire rendit des arrêts de proscription contre Barman, Joris, Dufour, Abbet, Torrenté et autres chefs libéraux. Une nouvelle constitution restreignit les libertés publiques. La contre-révolution accomplie, le Valais donna son adhésion au Sonderbund, juin 1844.

La réaction était triomphante. Le libéraliame était vaincu en Valais et à Lucerne. Par 70 voix contre 24. le Grand Conseil de ce canton, «ous I intluencede Leu d'EberaolPtde Siegwart- Millier, vola, le 34 octobre 1344. l'appel des Jésuites, en dépit de l'opposition de plusieurs magistrats conservateurs, de l'historien Kopp et de Bernard Meyer. du prénôl Widmer, du curé Sigrist, du commissaire épiacopal Walder et de plus de cent membm du cl^gé. Cette mesure fut très mal accueillie en Suisse et. à Luceme même, on pouvait déjà prévoir que les libéraux allaient gagner du terrain, lorsque tes plus ardents d'entre eux conçurent le projet néfaste de recourir à la force pour -irle succès de leur cause. Une oxpédi''-- ^

d'Argov;

joindre aux conjurés lucernois. mais leur entreprise échoua ; après quelques escarmouches ils sa débandèrent piteusement. Le gouvernement usa d'une rigueur extrême. De nombreuses condamnations â l'exil et â la conliication des biens furent prononcées d Lucerne. Dans de nombreuses asemblécB populaires, on agita la question de l'expulsion des Jésuites ; les gouvernements vaudoia et genevois cherchèrent un terrain d'entente. A la Diète il s'en fallut de deui voix que l'expulsion des Jésuites ne fût prononcée. Les cabinets de Vienne, de Paris et de Londres attiraient l'attention de la Diète Bur les dangers de la situation. La révolution vaudoise du 14 février 1845 encouragea les radicaux, et. tandis que la Diète réunie à Zurich tergiversait, de nouveaux corps francs se formaient. Des mesures furent prises contre eux par les gouvernements de Berne et Cumbat c d'Argovie ; elles étaient tardives ; sous la cou- dérou

duite du D' Sieiger (de Lucerne) et du ca- milDi

pitaine Ochsenbein (de Nidau) plus de 3600 hommes passèrent la frontière lucernoise. Un autre combat contre les corps francs d'Argovie eut lieu à Eramenbrûcke le H décembre U44; il se tei'inina par la déroute des troupes du gouvernement. Ces bandes indisciplinées

sui

1 rencontrèrent à Halters les troupes du gouvernement I cornmandées par le général de Sonnenberg et le colonel d'Ëlgger; elles furent mises en dé* roule. Les Lucernois lirent environ 1 800

frison^iers ; dans cette rencontre plus de 00 hommes perdirent la vie. Le Grand Conseil lucernois consentit, moyennant uni! rançon de 350000 francs, à relâcher les prisonniers appartenant a d'autres cantons, mais il refusa d'amnistier ses ressortissants. SteJger fut condamné à raort : sur les instances de Leu et des envoyés de Luceme et de Râle, sa peine allait être commuée en celle de l'eruprisonnement it perpétuité lorsque ses amis réussirent â le faire évader.

A la suite de ces événements les conscrvaoalB. B*rDs.| teurs exclurent du gouvernement les hommes modérés. L'alliance des sept cantons (SonH.Tbnnd) fut reuouvelée le 15 septembre 1845.

A du >:

e radical dan

mes arrivés en irâo eu pouvoir dans le canton de Vaud étaient animés d'un esprit libéral; ils avaient amélioré toutes les branches de l'administration; ils avaient ramené dans le pays la paix religieuse ; ils s'étaient montrés très larges à 1 égard des réfugiés étrangers, ainsi qu'envers les Jésuites ; mais ils se tenaient à distance du peuple, ils frayaient avec les intellectuels et manquaient de conlacl avec les campagnarde qui les envisageaient comme des doctrinaires, d'où leur impopularité. Ce gouvernement. profondément respectable, manquait d'autorité et de vil^ueur ; il ne comptait pas assez avec les préventions, les

Eassions et les intérêts oersooneU. Eicellent pour le eau temps, a-t-on dit, il n'a rien valu pour la pluie. Celait la haute bourgeoisie des villes qui avait fait la révolution de 1738 et fondé l'indépendance du canton d>' Vaud ; une nouvelle couche de citoyens aspirait au pouvoir ; elle s'appuya, pour atteindre son but. sur le* populations dei campagnes à qui l'on Ht croire qu'elles étaient dédaignées. Scrupuleux observateurs du Pacte de 1815 et de la souieniinetË cantonale, les Conseils d'État et les Grands f^nseils de Vaud et de lienève avaient observé, dans la question de l'expulsion des Jésuites et de la revision du l'acte, une attitude

le canton de Vaud pour iJemaniîer l'expulsion des Jésuites; des femmes e1 des enfants les siunèrent; on réunit ainsi 33000 signatures.

Cuis une assemblée populaire fut convoquée à Villeneuve. i dimanche 2 février 1815 ; 30UO hommea s'y rendirent par colonnes. Des discours passionnés écliaullèrent les esprits; le dimanche suivant D février, des asaerablées populaires furent convoquéesà Cossonay, l.uceoiel Lutry. Les cris de ; A bas les aristocrates ! A bas les mârait^rs' ! fur.nt proférés.

I lai orpi Inuo commaDdéa par OchMobeio. (Blblioltiti|ue

A la réunion de Lutry s'étaient rendus en grand nombre des communistes allemands établis à Lausanne; un jeune homme. Aimé Steinlen, qui eut le courage de leur tenir tète, faillit être jeté au lac.

SUI

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Le il février, le .Grand Conseil, après avoir entendu les Conseillers d*État Ruchet. Liemiévilie, l'ingénieur Fraisse, etc., repoussa, par d7 voix contre 81, la proposition tendant à Vezpulsion des Jésuites. Tandis que le Grand Conseil délibérait, une assemblée révolutionnaire siégeait au Casino ; les conseillers d'État Druey, Blanchenay, Renevier-Dapples, Delarageaz et Eytel y prirent la parole. La nouvelle de la décision prise au Grand Conseil y causa une grande agitation. Vers diz heures du f-oir, on vit briller un feu au signal de Sauvabelin, c'éiait ie signal convenu pour appeler du dehors les partisans de la révolution.

Lorsque le Conseil d'État comprit que les campagnards allaient affluer sur Lausanne, il mit de piquet six oataillons ; il fit battre la générale à Lausanne. Le 14 février, à son appel, 40 à 50 miliciens, ofllciers pour la plupart, se réunissaient en armes à rhôtel de ville. Quelques centaines de radicaux concentrés devant le Casino se forment en colonne et, enseignes déployées, parcourent les rues de la ville avec une musique. Eytel et Delarageaz marchaient en tête ; dans les raoga figuraient les communistes allemands. Sitôt arrivé lo demi -bataillon de Lavaux est mis en ligne sur la Riponne : une partie des hommes abandonnent les rangs et suivent les emeutiers. T^ Grand Conseil se réunit à la hâte.

Lorsque la colonne révolutionnaire arriva sur la place du château, les conseillers d'état Druey et Blanchenay lui annoncèrent que le gouvernement avait abdiqué. La colonne populaire redescendit triomphalement de la colline de la Cité et se dirigea sur la promenade de Montbenon suivie d'une foule de curieux. Là les auteurs de la révolution, qui ne représentaient qu'une infime partie du corps électoral vaudois, s'érigent en landsgemeinde ; sous le titre d'Â.ssemblée populaire générale du canton de Vaud ils s'arrosent les pouvoirs que le Grand Conseil tenait du peuple. Delarageaz monte sur une échelle et loue les citoyens de l'œuvre méritoire qu'ils viennent d'accomplir. Druey lui succède et propose de prononcer la déchéance du Grand Conseil et d'annuler sa décision concernant les Jésuites. Un nouveau gouvernement est élu par l'assemblée de Montbenon ; il est composé, sur la proposition de Druey, de Druey lui-même, de Blanchenay, Muret, Fischer, Veillon, Schopfer, Mercier, Veret et Bourgeois. Deux des élus, Schopfer et Muret, ayant décliné le mandat qu'on voulait leur donner, sont remplacés par VuUiet et Briatte. Le lendemain une nouvelle assemblée, réunie sous la Grenette, décida que les fonctionnaires qui, dans les cinq jours, n'auraient pas adhéré au nouveau régime, serarent considérés comme démissionnaires ; le suffrage universel fut étendu aux assistés, aux interdits et aux repris de justice.

Un nouveau Grand Conseil fut élu ; son premier acte fut de confirmer dans ses fonctions le nouveau Conseil d'État, sauf un seul changement, Delarageaz remplaça Mercier. Une fois en possession du pouvoir et assures de l'appui des campagnes, les chefs radicaux comprirent que leur alliance avec les communistes, les Becker et les \V. Marr était compromettante ; ils s'en dégagèrent.

Les antipathies populaires se manifestèrent dans le domaine ecclésiastique ; le Grand Conseil repoussa la demande qui lui fut faite de proclamer la liberté religieuse ; les oratoires où se réunissaient les dissidents furent fermés. Le 19 juillet le texte d'une nouvelle constitution fut arrêté ; il posa le principe de la souveraineté du peuple (droit d'initiative) ; il garantit la liberté d'enseignement, accorda des droits aux confédérés, étendit le droit de vote aux faillis excusables; mais le Grand Conseil ne suivit

Îias Druey, Eytel et Delarageaz dans leurs théories sociaistes.

On a reproché à la constitution de 1845 l'absence de dispositions concernant le droit d'association, la liberté religieuse et la liberté des cultes, ainsi que les circonstances dans lesc^uelles elle vit le jour.

Le vote qui allait intervenir était avant tout un vot^ de confiance. Le gouvernement issu de la Révolution voulait faire approuver le coup d'État qui l'avait porté au pouvoir. Apres avoir donné certains gages au communisme et à l'irréligion, il voulut utiliser le crédit dont le clergé jouissait peur rassUver les populations sur les conse-

?|uence8 de la révolution de février. Une proclamation ut adressée au peuple ; ordre fut donné aux pasteura de la lire en chaire le 3 août. Cet ordre était contraire à la loi de 1832, qui restreignait les publications en chaire d'actes officiels à ceux « qui ont rapport à la religion ou à quelque solennité religieuse ». La plupart des pasteura ne flirent avisés que la veille ou l'avant-veille seulement du jour où la proclamation devait avoir lieu, aussi une quarantaine d'entre eux se refusèrent-ils à faire la lecture demandée. Dans ces circonstances on comprend que la constitution n'ait été adoptée que par 17672 voix contre 10035 le dimanche suivant 10 août.

Le Conseil d'État voulut faire sentir son autorité aux 43 ecclésiatiques récalcitrants ; il les déféra à la commission ecclésiastiaue laquelle estima au'ils n'avaient pas commis de fautes. La grande majorité des avocats vaudois déclara également que les pasteura avaient agi dans la Unvite de liaurs droits. Les quatre classes (conseils ecclésiastiques d'arroadissement), réunies séparément le 22 octobre, furent unanimes, à deux voix près, à libérer complètement les inculpés» Le 3 novembre le Conseil d'État n'en rendit pas moins un arrêté condamnant les 43 pasteura en cause à la suspension de leura fonctions pour un temps plus ou moins long.

Dans son ensemble le clergé se sentit atteint par cette mesure extraordinaire ; le 11 novembre 225 pasteura et ministres se réunirent à l'hôtel de ville de Lausanne pour aviser; le lendemain, 153 d'entre eux envoyèrent collectivement leur démission au Conseil d'État ; quelques joura plus tard le nombre des démissionnaires s'élevait à 190. Mais, peu de temps après et par la suite un certain nombre de pasteura retirèrent leur démission. Une partie des iiaèles suivirent leura conducteure spirituels; mais, dans son ensemble, le peuple prit parti pour le gouvernement. Des pétitions en sens aivera furent adressées au Grand Conseil ; 15000 pétitionnaires approuvèrent l'attitude du Conseil d'État; 11 000 demandèrent que les arrêtés fussent révoqués. Par 125 voix contre 33, le Grand Conseil accorda pleins pouvoira au Conseil d'État. Le résultat de cette diveraion fut de rallier les campagnards que les tendances socialistes de certains chefs du mouvement avaient indisposés ; une autre conséquence fut d'amener, par la création de l'Église libre, une scission dans le parti conservateur et de créer des antipathies profondes qui ont subsisté pendant bien des années. S'enferrant dans son système, le Conseil d'État ût édicter par le Grand Conseil toute une sérié de mesures vexatoires ; les peraonnes qui donnaient asile aux réunions des cultes de TÉglise libre furent poursuivies devant les tribunaux ; il n'y eut pas moins de 27 procès de ce genre; le plus retentissant fut celui qui amena au ranc des accusés la veuve de Vinet.

Après avoir fait sentir le poids de son autorité au clervé du canton, le Conseil d'État en usa de même à l'égard au

Eersonnel de l'enseignement supérieur et secondaire. 'Académie était considérée par les radicaux comme la forteresse du doctrinarisme ; elle était mal vue des campagnards quoique ayant reçu un développement réjouissant par la loi de 1838 ; la loi de 1846 réduisit le nombre des chaires et destitua plusieura professeurs de marque, tandis que d'autres donnaient leur démission. Plusieura d'entre eux quittèrent le pays. Le bouleveraement du collège suivit de près celui de l'Académie ; au

Srintemps 1847, le directeur et plusieurs maîtres furent estitués. La brutalité des procédés employés par les hommes de 1845 engendra des maux dont le canton de Vaud et surtout Lausanne ont été longtemps à se remettre. Par contre, elle rapprocha la Suisse romande de la Suisse allemande et permit une action commune contre le Sonderbund.

Lft mouvement radical s'accentua par les élections de 1845 à Zurich où les radicaux Furrer, Hiiltimann et Alfred Escher l'emportèrent sur les libéraux Bluntschli et Mousson. Il en fut de même en 1846 à Berne, où les élections amenèrent au pouvoir des hommes nouveaux déterminés à aller de lavant et à forcer le Sonderbund dans ses retranchements. Les radicaux de la nuance Neuhaus et Tavel furent supplantés par les ieunes radicaux, Ochsenbein, Stâmpfli et Stockmar. Une nouvelle constitution.

m de Gantve, T Octobre ISItJ. Attaque et dérenia d de SaiDl-aerT*l9. (Bibliothèque Dation al s, Berne.)

contre 1380.

Les inslitalions Kenevoises éuient plus tibéralei tjue celtes de la majorité des autres cantooe. Soui l'impulsion de J.'J. RigBud-SariBin. qui, de 1835 à 1843. exerça 11 Tois la charge de sfndic le gouvernemeDl avait graduellement développé les droits politiques des citoyeiiB, en sorte que la république de Geupve échappa complètement A la crise révolutionnaire qui avait troublé presque loua les autres cantons en 1830.

Tout en faisant respef^ier son autorité par le clergé catholique, le Conseil d'Ëtat de Genève refusait de participer aux conférencee de Baden et observait une attitude prudente et conciliante dans la queatioii des couvents d'Argovie en 181*. La majorité du Conseil reprijaentatif (Grand Conseil) plus conservateur que te Conseil d'Ëtat, refliBa, à plus d'une reprise, l'autonomie municipale réclamée en (hveur de la ville de Genève, et cela malgré lea avia des syndics RiiiBud et Rieu et du prof. Aug. de la Hive. La ville de Genève était alors administrée ^lar le Conseil d'Etat.

Mais ce qui, pli une révolution, c't jeune génération

« motir, devait a

SUI

j Conseil municipal. Le 7 juin 1813. cette charte I fut adoptée par le peuple à une grande majorité. Quoique réalisant de grands progrès, elle cauaa udf

. — I profonde déception chei les radicaui ; locca-

sion qu'ils guettaient de s'emparer du pouvoir leur échappait, aussi les années qui suivirent furent-ellea trèa agitées.

Le 13 février 1843, on en vint aux mains dans lei rues de Genève; le sang coula: di^ barricades furent construites; il fallut l'intervention de la milice pour rétablir l'ordre Peu après, le syndic RigauJ donna sa démission. Quoique miné par Kaiy, Rilliet de Constant et leurs amis, le régime

En 1816 la question du Sunderbund fournit aux radicaux l'occasion cherchéi.' pour arriver au pouvoir. Le 31 aoilt. 10 Étals Et 2 demi-Ëlats s'étaient prononcés pour la dissolution du Sonderbund ; les dépulaliuus de Genève, de Neuchâtel et de Uâle-Ville avaient réservé leurs votes. Il appartenait a quartier Genève de trancher la question. Le 3 octo-

bre, le Grand Conaeil décida : 1* de donner au Vorort, auquel seraient adjoint dereprésentants fédéraux {Institution du Conaeil lédéra! prévue par l'article IX du Pacte) des pouvoira spéciaux pour empêcher de nouvelles levées de corps francs; V de déclarer dissoute l'alliance de 1833 des cantons

Êrogresaistes et ceHe de 1816 des cantons catholiques, elte décision était de nature à apaiser le conllit. mais elle ne faisait pas l'affaire des radicaux ; elle diminuaii la situation d'uchsenbein, ancien chef des corpa francs devenu président du gouvernement de llerue et par suite du Vorort et de la Diète ; elle devait être exploitée

gr les radicaux genevois pour arriver au pouvoir, ux-ci. se voyant en minorité, avaient quitte la salle du Grand Conseil. Lee jours suivants des asseinblées po-

Eulairea eurent lieu ; le gouvernement, attaqué avec lio- !ace par James Faiy, lève de la troupe pour maintenir l'ordre et décide quelques arrestations ; le cri laux armes i retentit ; des barricades s'élèvent sur divers points : des combats s'engagent dans les rues, le colonel de Châteauvieux et dix gouvernementaux sont tués dans la mêlée. Pour arrêter l'elfusion du sang, le Conseil d'Ëtat. à la demande de ses amis, donne sa démission le 8 octabre.

Le lendemain, une assemblée populaire se réunit sur la place du Holard, soui la présidence de James ¥ai^:

trea. qui aapirait à prendre en mains la direction des alTaires publiques. La mort d'Etienne DumonI et de Bellot, le départ de Rossi, la retraite de SismondJ et de de Candolle. avaient affaibli le parti gouvernemental et porté le découragement chez ses membres.

Le 3 mars 1811, la réforme municipale ayant été écartée par 135 contre 51 il se form» une associa dite du 3 mars, qui se donnait pour but la réunion d'une coostituiinte. A l'origine, des modérés en tirent partie ; mais, ae voyant débordés, ils s'en retirèrent. Le 33 novembre 1841. le Conseil représentatif, sous la pression des circonstances, décida la nomination d'une constituante. Les élections eurent lieu le 14 décembre. Le sulTraee universel qui fonctionna ce jour-là pour la première fois à Genève, donna la majorité aux conservateurs.

En ville, les partie se balancèrent; mais, dans les communes rurales, tes conservateurs l'emportèrent. La nouvelle constitution remplaça le Conseil représentât if par un Grand Conseil

). Retraite des iroupet da gou

déchéance du Grand Conaeil et nomme it provisoire composé de Jaine« Faij. ille fut dotée I Rilliet de Constant, Décrue, fontanel, Pons, Gentin, Bor-

dier. Janin, Castoldi et Mouliaier Le nombre dn collèKe» électoraux eit réduit à trois, afia de rendre le «crutin acceaaibie aux ampasiianl* et de grouper Isa radicaux. Le •25 jaDvier 1St7, la liste radicale l'emporte de mille voix en ville ; dans les deux autres collées les con se r*B leurs font passer 25 députés. Le Grand Conseil sinai nommé vote un projet élaboré â l'avance par les auteurs de la révolution. Ce projet Tut s*DClionné par le peuple le 21 mil 1817. Les traits les plus saiHaatH de la nouvelle constitution sont la nominatioD du Conaeil d'tlal (réduit â 7 membres) par le peuple, l'eitension du sulTrace universel aux Confédérés et aux assistés, la gratuité de renseignement primaire, l'élection des pasteurs par le peuple et la constitution de trois coUégee électoraux. Genève s'était donné, eu El personne île Jamea Faiy, un dictateur qui ne supportait pas de colla borateura au caractère iadépendaut. Itilliet de Constant ne tarda pas a se brouiller avoc lui.

A la même époque une évolution semblable vers la gauctie se produisait à Saint- Call. Le tempérament de Baumgartoer.

qui, en 1831. avait été à l'avant-garde des libéraux, s'était modifié avec l'âge; il avait fait volte-face ; les discussions entre catholiques et libértui étaient devenues de plus en plus vives ; les partis, de Ibrcu Combil da

preaque égale, se neutralisaient. En 1817 l'équilibre se rompit ; le parti libéral l'emporta ; Baumgsrtner tat écarté des affaires publiques. Ce résultat Tut salué à Berne pjr 63 coups de canon: une majorité positive pour l'eipulsion des Jésuites et pour la dissolution du Sonberbund était asiurée.

67. Guerre du Sonder bund. Comtilulion friléralu de iHÎH. Tandis <yie le radicalisme triomphait dans d'autres cantons, à Fnboui^ les avoyers Hooleuich, ÏSchaller et Diesbach ayant des allures indépendantes furent successivement frappés d'ostracisme. Le 9 juin 1S46 le Grand Conseil fut sollicité de donner son adhésion au Sonderbund. Le député Landerset prophétisa une catastrophe; malgré une vive opposition, la proposition fut néanmoins votée par M voix contre 24. Le 6 janvier 1817 l'apposition au Sonderbund fut l'occasion de troubles; de bulle, de Horat.d'Ëstavajrer, des colonnes se dirigèrent vera le cheflieu ; mais les milices accoururent pour prendre ta défense du gouvernement.

D'autre part, le* cabinets élrangera se préoccupaient des

bassadenre d'Angleterre et d'Autriche' avaient eu à Paris des conférences à ce si^jet avec Gnizot. Ce dernier et Hettemich, qui n'allaient pas tarder à être brusquement précipités du pouvoir, prenaient sous leur protection

tances aux projets de réforme de la majorité. Guiiot louvoyait pour ne p*s elTaroucher la Chambre fran-

En juillet 1846, Palmerston et le parti whig arrivèrent au

SDuvoir. Cet événement déjoua les critiques de Guitot, ont l'ambassadeur. Uois-le- Comte, ardent catholique, voyageait en Suisse «pour se mettre, disait-il. au courant de la situation politique >.

Le 16 août 1817. la Diète décida par 12 voix la revision (lu Pacte. La question des Jésuites fit l'objet d'un bref câncilianl du pape Pie IX. adressé à la Diète ensuite des démarches biles par les ambassadeurs de France et d'Angleterre auprès du Saint-Siège,

Le 9 septembre 1817. la question de la suppression de l'ordre des Jésuitee fut introduite en Diète Les dépulûj des sept cantons, ainsi que ceux de Bâle- Ville et de Neuchâtel. cûnlestèrenlà la Dièleledroitde prendre une pareille mesura. Par 12 voix contre 2 l'expulsion des Jésuites, alors établi* i Fribourg. en Valais, à Schwyi et à Luceme, fut décidée.

Durant les semaines qui suivirent. Melteroicli chercha à obtenir de (luizot qu'il prît l'initiative d'une note

collective que les cinq grand* parvenir à la Diêlo pour '~' — de Broglie, ambassadeur.

£ Novembre IS17. |Blblialti«qas nilloDsle, Barac

is chaque lois qu'on lui préae lait un lëxte il soulevait des objections 4e nature à traîner les affaires en longueur; d'autre part, il avisait Uchsenbein d'svoir i agir promptement pour mettre les puissances en présence de faits accomplis.

La Diète décida de faire encore une démarche de cihicîlialion ; d'antre pari, elle décida également la levée de six divisions. Le commandemeuten futconSéancolonelG.-H. Ilufour, avec te titra de général (21 oclobrej, L'efTecUrde l'armée fédérale était delOOOOOhommes.av^^Scanonn, Le Sonderbund n'avait A leur imposer qo'unetrenlalnede mille homme* et 87 canons. Sur le refus du prince autrichien Frédéric de Schwanenberg. le commandement de ces troupes futconllé su colonel de Salia-Soglio, Une certaine opposition se maniCéata à LuCerneet â Sehwyi. Les essais de conciliation ayant échoué le 1 novembre, la Diète décida que le décret de dissolution du Sonderbund aérait exécuté par les acmes. Les hostilités commencèrent aussitôt.

La choix du général Dufour fut très heureux, car c'était non seulement un militaire très distingué, mais encore un patriote aux sentiments élevés, étranger aux passions politiques. Son premier acte fut d'adresser a sea ttoopes une prodaDMtion leur recommandant la modération et leur rappelant qu'ils allaient combattra des Confédérés. Il dirigea conire V ribaurg son premier etTorl. Cette ville était occupée parBOOÛ hommes de troupes régulières et 7000 de laodaturm, sons le commaodemenl du colonel de HaiJJardoz. Le 13 novembre. 30000 hommes et ttO canons cerné, rent cette ville; la résistance était impotsible. Le 13, un armistice est conclu ; le 11. la place capitulait. Quelques coups de feu avalent été tirés ; un engagement avait eu lieu : il y eut sept morts et une cinquantaine de bleasés.

Tandis que le général Dufour opérait sur la Sarine, le général de Salis avait envahi l'Argovie dana le dessein de soulever la Freiamt et d'opérer une diversion. Il disposait d'une vingtaine de mille hommes de troupes régulières et d'autant du kndsturm. Apprenant la prise de Kribourg. il te replia sur Lucerne. Le 13 novembre au matin, le général de Salis-Soglio quitta Gisliiion.se dirigeant vers Sina où ses troupes arrivèrent vert dix heures dana le dessein de s'empsrer du pont de la Heuls à ta faveur de l'épais brouillard qui réKnail ce jour-là aur la tallée. Par suite de cette mana-uvrc qui fut aussiujt

connue, le major Drnppachcr, de Zurich, reçut l'ordre ie se rendre an pont de batesui prés de LuDoera, avec trola compagnies d'infanterie, d'y prendre le commande-

Bitiitle <l< GlitlkoD, Ï3 Novembra (MIT. (BlbliolhAqu* m

ment des troupes qui s'y trou^sient déjà et de détendre le poDt. Le combat s'enfiafiea dans raprès-midi ; il dura jusqn'i 5 henrea et se termina par la défaite lies troupes cla Sonderbond. Le rfaultat de ce combat Tut de sauver un matériel de ^erre considérable et de préserver de tout dommage un grand nombre de villages luricois situé* BU bord de la Reuas.

Les 11*, m-, IV*, V-<1 Vil' divisions de l'armée fédérale «e concentrent, sont le commandement do gi' uéral Dufour aux environs de cette ville ; le 93 novembre, elles attaquent la position de Gislikoa où l'attendait le général de Salis. La V1I< division (colonel Ochsenbein) s'avançait par la vallée de rEnClebuch appuvée par la II« (colODel Burkhardl); les divisions IV, V et VI avec l'artillerie de réserve avaient remonti' le COUTS de la Reuas. Les divisions Burkhard et Donat (11* et 111') s'approchèrent de l'Emme et de la Reuss entre les ponts de Wolhusen et de Gislilian, Pendant ce temps, les diviaions IV et V attaquaient le camp retranché des Lucernois. tandis que Ziegler se rendait mattre du pont de Gialikon et des défilés de Honau. La V< division escalada les hauteur* de Meienkappel. Un moment, de Salia-Soglio réussit, par une attaque impétueuse, à faire-ltéchir se* advefsaires ; mais une batterie bernoise, habilement disposée par le colonel Dernier, le força à reculer. Le malhenreux Eénéral de Salis fui blessé i la tête d'an éclat d'obus; tandis que les Schwyioïs sont rejeté* sur Immensee, d'où ils se retirent sur Arihet Goldau, tes Lucernois bsttent en retraite sur Lucerne où leur arrivée produit une panique complète. L'action, commencée vers dix heures du matin, elait terminée à 4 heiirea du soir. Il j ent une centiine de morts et environ 3Û0 blessés. Le lendemain, 24 novembre, le général Dufour entrait à Lucerne. Quelques jours auparavant, à la faveur d'un épais brouillard, une colonne des petits cantons avait surpris à Airolo les troupes de la division Luvini et l'avait mise en déroute ; ce fut te seul succès des Sonderbandlens. Les 35, 36 et 37 novembre, les cantons d'L'ri. Schwyi et Unleriralii tirent leur soumission : le 38, le Valait faiaaît la sienne, le 30, le colonel Rilliet entrait à

La campagne n'avait duré que vingt jours. Les frais furent cependant considérables; on les a esliméH à 90 mitlions. Ceux de l'armée fédérale, s't'letant à 9 millions.

' furent ofliciellement porté* nu compte des vaincus, mais la solidarité r>mérale leur vint en aide ; des souscriptions s'ouvrirent sur toute l'étendue de la Suisse indistinctement ; après quelques paiements partiel* I Assembléii réderale leur t)t remise du solde.

Des commissaire* fédéraux fun>nt envoyés dans les cantons du Snnderbund pour prrâider ■ leur reconstitution. Au inoi* de janvier ]818, les députés d'Uri. Sch«-yz.

Unterwald. /.oug, Lucerne, Fribourg et Valais, reprenaient leurs sièges en Diète et les troupes fédérales rentraient dans leurs foyers.

De* changement* de gouvernement furent le résultat de celle campagne, grâce à la protection des commissaires et des soldats fédéraux. Les radicaux arrivèrent au pouvoir à Pribourg; un gouvernement provisoire s'établit à Lucerne ; le* immunités ecclésiastiques furent supprimées en Valais, les Jésuites furent expulsés, les landsgemeindeî de Schw^et de Zoug disparurent.

Pour sortir de leur* embarras fioanciers, les gouvernements de Fribourg, de Lucerne et du Valais s'en prirent aux fauteun du Sonderbund et eux couvents et procédèrent à des incamérations. L'intervention du Saint-Siège sauva les biens ccloaale Bcrae.) clésiasliques en Valais.

' ' Une fois la Confédération pad-

liée, la Diète reprit l'œuvre de la re- ' vision du Pacte. Une commission de 35 membres t^i char- . gée de l'élaboration de la nouvelle constitution (17 février ' 1818). (Date antérieure de quelques jours à la révolotion fraoçaiBB. du 84 février 18*8.) Ses principaux membres I nirentKem, Purrer et Druey; elle s'acquitta de son mandat d'une manière tout i fait remarquable; elle évita avec I soin le* erreurs dans lesquelle* étaient tombés les constl- I tuants de la période helvétique. Le projet qoi sortit de se* main* réali*a avec beaucoup d'art l'unité morale et politique de la Suisse dans la diversité des institutions, et assuré le développement de la prospérité nationale.

Le 15 mai, la Diéte au complet fut nantie des propositions de BU commission : 15 Vi Élata se prononcèrent pour radoplion du projet ; il* représentaient une population de 1900000 âmes; 6 >/i États, soit 393000 £mea, le refusèrent.

Une des principalee innovations fut le dédoublement de rAB*emblée fédérale en deux Chambres ; le Conseil des Ëtals qui compte deox député* par canton, et le Conseil national nommé tous le* trois ans par le peuple i laison d'un député pour 30000 âmes ; c'est un emprunt à U constitution des Ëlats-Unis, Le pouvoir exécutif fut confié à un Conseil fédéral composé de 7 membres, élus par l'Assemblée fédérale tous les trois ana : chacun est placé à la tète d'un département, aous la direction d'un

E résident de la Confédération élu pour un an par l'Assem' lée fédérale et membre du ConBeil fédéral. Certaines compétences, qui étaient du resTCrtde la Diète, telle* que 1i nomination de* officiers, des membres du corps diplomatique, des commissaires fédéraux, etc.. furent attribuées au Conseil fédéral. Un Tribunal fédéral de 11 membres fut chargé de vider les conflits entre cantons; les fonctions de ses membres n'étaient pas permanentes. Le siège des autorités fédérales ne fut décidé que plus tard (S6 novembre 1848) ; le choix tomba sur la ville de Berne.

Le revenu des péages, la régale des postes, des monnaies et des poudres furent attribués à la Confédération. l'n ivpe unique de poids et mesures (la livre de 500 grammes et le pied de 30 centimètres) fut adopté. La Confédération recevait pour mission d'encourager tes grands travaux d'utilité publique. La conMilution contenait un certain nombre de principes touchant la liberté individuelle, l'égalité des citoyens devant la loi, le libre établissement, la liberté de la presse, le droit d'asaocia-

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tion et de pétition, la liberté de commerce et de transit. Dans le domaine militaire, le principal changement consista à charger la Confédération de l'instruction des troupes du génie, de Tartillerie et de la cavalerie. L'instruction supérieure devait être favorisée par la création d'un

Koiytechnicum et d'une université fédérale. Le 6 novembre 1848, les représentants de la nation et du Conseil des Ktats se réunirent à Berne. Le Conseil fédéral fut composé de Furrer (Zurich), Ocbsenbein (Berne), Druey (Vaud), Munzinger (Soleurc), Franscini (Tessin), Fri^y* Hérosé (Argovie), Niefif (Saint- Gai I), Jonas Furrer fut appelé à la présidence de la Confédération. Schiess (d'Âppenzell) fut élu chancelier ; le Tribunal fétiéral fut constitué sous la présidence du docteur Kern (Thur^ovie). La Confédération était heureusement sortie d'une crise redoutable.

68. La Suisse sous la Constitution de iSA8, La Constitution de 1848 est un véritable chef-d'œuvre ; des vingtcinq républiques juxtaposées, poursuivant isolément leurs destinées propres et unies seulement dans l'intérêt de la défense extérieure, ayant des souvenirs communs, mais peu d'aspirations communes, la Constitution nouvelle réussit à faire un tout harmonique.

L'activité législative de la Confédération se déployja avec une grande ardeur; elle se manifesta dans les domaines les plus divers : organisation du service des postes, incorporation des heimathloses, mariages mixtes, code pénal fédéral, expropriation pour cause d'utilité publique (loi indispensable pour la création des chemins de fer), unification des poids et mesures, postes, télégraphes, péa ges, militaire, travaux d'utilité publique, etc. Un premier chemin de fer avait été construit en 1844 entre Saint-Louis et Bâle, un second en 1847 entre Zurich et Baden En 1849, Alfred Escher posa devant les Chambres le problème d'un réseau fédéral ; par 68 voix contre 22, le svstème des compagnies privées l'emporta, devant le Conseil national, sur celui des chemins de fer d'État ; le Conseil des États se rallia à ce point de vue (juillet 1852).

coopérer à la libération de l'Italie par l'envoi d'un corps de 30000 hommes. Les 16 et 18 avril, cette alliance avec la Sardaigne fut discutée en Diète; recommandée par Stàmptli, James Fazy et Druey, énergiquement combattue par Ocbsenbein. elle fut écartée par 15 voix contre 6. Lorsque la guerre éclata, des volontaires, malgré la défense faite, s'enrôlèrent sous les drapeaux de Charles-Albert ; mais les autorités observèrent strictement les devoirs que leur prescrivait la neutralité.

C'est ainsi que Mazzini ayant voulu organiser sur territoire suisse une expédition contre la Lombt^rdie. les réfugiés italiens furent expulsées du Tessin. En 1848 et 1849, un grand nombre de révolutionnaires (9 à 10000), se réfugièrent en Suisse ; le Conseil fédéral «xpulsa ceux qui abusaient de son hospitalité. Quelques années plus tard, en 1853, les menées ae Mazzini faillirent susciter un con- Hit avec l'Autriche.

L'agitation qui avait régné dans la plupartdes cantons de 1890 à 1848 se calma ; le régime radical s accentua à Saint- Gall,Thurgovie, Soleure, Argovie; dans d'autres cantons il y eut des retours au régime conservateur ou libéral : ce fut le cas au Tessin, à Berne, Fribourg, Vaud, Genève, Zurich, mais ces retours, sauf à Fribourg, n'ont été crue momentanés; à Berne, ce fut l'incurie des hommes placés à la tête du groupe radical qui souleva un vif mécontentement et en 1850 ramena aux affaires l'ancien landamman Bloesch avec les conservateurs et les libéranx de 1830. A Fribourg, ce furent les mesures prises à l'égard du clergé, notamment l'exil de Mgr Marilley, qui, après plusieurs années d'a^tation, firent tomber, en 185'7, le régime radical. L'attitude agressive des radicaux tessinois envers le clergé et leur liaison avec les réfugiés lombards les déconsidérèrent promptement.

Dans le canton de Vaud, ce fut la question de la liberté religieuse et l'hostilité du régime de 1845 envers le cheflieu qui amenèrent sa chute; une scission se produisit et une partie des radicaux, Eytel entre autres, se liguèrent avec les libéraux qui parvinrent au pouvoir en 1861 . Vers le même temps, le parti radical perdait du terrain à

Genève; le despotisme de James Fazy, le désordre où se trouvaient les finances, écartèrent de lui les électeurs et amenèrent aux affaires Camperio et Chenevière. L'élection de ce dernier, en opposition à Fazy. occasionna une émeute qui nécessita une intervention fédérale (22 août 1864).

A la faveur des événements qui se passaient en Suisse, en France (révolution du 24 février) et en Allemagne, les républicains neuchàtelois conquirent leur autonomie. Le 29 février 1848 les couleuis fédérales furent arborées au Locle et le lendemain, l"" mars, à La Chaux-de-Fonds, au Val-de-Travors et aux Brenets. Ce jour^la, dix mille hommes, sous le commandement de Fritz Courvoisier, occupèrent le Château de Neuchâtel. Un gouvernement provisoire, sous la présidence de iffarie-Alexis Piaget, fut établi. Le 30 avril, le peuple lieuchâtelois consacra le régime républicain par 5813 suffrages contre 4395; la Diète le reconnut immédiatement. Le roi de Prusse, embarrassé par les événements qui se passaient au même moment a Berlin, délia ses sujets de leur serment de fidélité. Mais l'opposition mooarchique n'avait pas désarmé. En 1852, il y eut à Valangin une grande manifestation royaliste. L'opposition, ne comptant au Grand Conseil que 14 députés sur 88, n'eut aucune influence. Quatre ans, plus tard, grâce aux divisions dont la question des chemins de fer fut l'occasion, les plus ardents d'entre Jes royalistes organisent une prise d'armes ; le 2 septembre

1856, quelques cents hommes, sous les ordres du colonel de Meuron, s'emparent du château de Neuchâtel, tandis que 400 hommes, commandés par le colonel de Pourtalès, occupent Le Locle et marchent sur La Chaux-de-Fonds ; mais une colonne républicaine, sous les ordres du m^jor Girard, les force à battre en retraite ; une autre colonne, sous les ordres du colonel Denzler, reprend le château de Neuchâtel. Les républicains entament des pourparlers avec les chefs royalistes ; 23(X) hommes, sous les ordres de Denzler, se concentrent et, après un semblant de résistance, la garnison insurgée, forte de 530 hommes, est faite prisonnière. Le 3 septembre, les conseillers fédéraux Fornerod et Frey-Hérosé, arrivent à Neuchâtel. Le gouvernement prussien était demeuré complètement étranger à la tentative de ses partisans, mais le roi Frédéric- Guillaume IV, moralement tenu de les soutenir, réclama la libération des prisonniers neuchâtelois. Les autorités fédérales ne pouvaient s'y prêter si elles n'obtenaient au préalable du roi l'assurance qu'il consacrerait, par une renonciation formelle, l'état de fait établi en 184)8. La question était délicate; le roi sollicita confidentiellement la médiation de Napoléon II L De son côté, le Conseil fédéral demanda celle de l'Angleterre. Napoléon prit ombraffe de l'intervention britannique. Les relations s'envenimèrent ; le 29 novembre le roi de Prusse déclara qu'il allait en appeler à ses sujets pour défendre l'honneur de la couronne ; il obtint des princes allemands le libre passage pour ses troupes. Sous le coup de cette menace, un enthousiasme indescriptible pour la cause de Neuchâtel s'em-

Sara des cantons ; ils mirent plus de cent millions à la isposition du trésor fédéral : le 20 décembre, l'Assemblée fédérale décida de mobiliser 30000 hommes qui, dès les premiers jours de janvier 1857, s'échelonnèrent de Bâle à Romanshorn ; le général Dufour fut de nouveau chargé du commandement de l'armée fédérale. L'opinion publique de l'Europe s'émut ; Napoléon intervint à nouveau, et, après de laborieuses négociations, parvint à mettre les deux États d'accord. Par le traité de Paris du 26 mai

1857, l'indépendance de Neuchâtel fut reconnue. La constitution de 1848 avait interdit les capitulations

militaires ; celles qui avaient été convenues antérieurement avec le roi de Naples continuaient à déployer leurs effets. A plus d'une reprise, le Conseil fédéral fut sollicité de mettre fin au recrutement; vains eflbrts, il se poursuivait clandestinement. Les 7 et 8 juillet 1859, des troubles éclat^jwnt à Naples, â l'instigation d'agents provocateurs piémontais ; le roi se décida â licencier ses fidèles régiments au moment où ils lui eussent été nécessaires pour défendre son royaume contre les Piémontais.

L'année suivante, la France annexait la Savoie. Le Conseil fédéral, au début de la g[uerre d'Italie (1859), avait soUi; cité des puissances signataires du congrès de Vienne, ainsi que de la Sardaigne, la reconnaissance du droit qu'elle

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avait à occuper éventuellement ce pays en cas de guerre ; elle demanda à ce sujet la réunion d'une conférence, mais les événements se précipitèrent et la conférence n'eut pas lieu. Au rétablissement de la paix, la Suisse demanda au 'il fût tenu compte de ses droits. Un moment, Napoléon laissa espérer à la Suisse qu'il lui céderait les provinces du Chablais et du Faucigny ; mais il ne tarda

g as à battre en retraite, et, malgré les efforts tentés par le bnseil fédéral pour intéresser à ses vues les cours de Londres et de Saint-Pétersbourg, Tannexion de la Savoie se consomma au seul profit de la France.

Une tentative de revision partielle de la Constitution fédérale surgit en 1865 ; elle portait, entre autres sur Tintroduction du système métrique, les rapports de droit civil, le droit de vole en matière cantonale et communale pour les Suisses établis hors de leur canton, la suppression des

Eeines corporelles, l'interdiction des loteries, le libre étalisseraent des Juifs ; sauf la dernière, les propositions des Chambres furent rejetées par le peuple le 14 janvier 1866.

Vers le même temps, une évolution dans le sens démocratic|ue se fait dans divers cantons ; elle est caractérisée par Tmtroduction dans leurs constitutions du droit d'initiative, du référendum facultatif et de la nomination du pouvoir exécutif par le peuple. Ce dernier principe existait déjà dans certains cantons. L*évolution s'accomplit à Bâle-Campagne en 1863, à Zurich en 1865 et 1868- 1869. Toute une guerre de pamphlets fut dirigée contre l'influence prépondérante d'Alfred Escher, et de ce que l'on appelait « le système ». La campagne fut conduite vigoureusement par les Locher, les Bleuler, les Vôgtlin, les Ziegler ; elle aboutit à la constitution du 18 avril 1869. Le mouvement se propagea rapidement. Thurgovie revise sa constitution (28 février 18o9); Lucerne adopte le référendum facultatif (14 mars 1869) ; Berne, le référendum obligatoire «4 juillet 1869); Soieure, le référendum obligatoire et l'initiative (10 octobre 1869;; Argovie les introduisit l'année suivante.

La question des banques et les questions relatives aux chemins de fer sont constamment à l'ordre du jour durant cette période. Des banques d'État se fondent dans divers cantons pour faciliter le crédit. L'idée du rachat ' des chemins de fer, lancée par Stàmpfli en 1863, fut posée prématurément. La question du percement des Alpes fit, en 1867, l'objet d'une convention internationale ; après des débats orageux elle fut ratifiée par les Chambres le 22 juillet 1870.

En 1869, une motion fut présentée par le conseiller national Ruchonnet en vue de donner a la Confédération le pouvoir de légiférer en matière de mariages mixtes; cette motion forme le point de départ de la tentative de revision fédérale laquelle, après plus de deux ans de discus^ sion, aboutit à un échec en 1872. Entre temps surgit la (Tuerre franco-allemande qui obligea la Suisse à mobiliser 35 000 hommes pour protéger sa frontière et qui se termina par rinternement des 85000 hommes de l'armée de l'Est que commandait le général Bourbaki.

En 1873, la Question de la revision fédérale fut reprise avec succès ; elle aboutit, le 19 avril 1874, à l'adoption de la Constitution fédérale, qui, avec quelques remaniements subséquents, nous régit encore actuellement. Cette charte fut le résultat d'une transaction entre les idées centralisatrices et les idées fédéralistes Une plus frrande extension fut donnée aux autorités fédérales en matière militaire.

La Confédération prit à sa charge l'instruction de toutes les troupes; elle étendit son activité législative (loi sur l'état civil, code des obligations, loi sur la poursuite et la faillite, loi sur les fabriques, capacité civile, etc.). L'administration de la justice fut laissée aux cantons, sous réserve de recours au tribunal fédéral en ce qui concerne l'interprétation des lois fédérales. Cette cour suprême est devenue permanente; son siège a été fixé à Lausanne en

Une innovation importante fut l'introduction, dans la Constitution fédérale, du référendum facultatif, en vertu duquel 30000 citoyens actifs ou 8 cantons ont la faculté de demander, dans les trois mois après leur adoption, que les lois et arrêtés fédéraux soient soumis à l'approbation du peuple. On trouve aussi, dans la Constitution fédérale de 1874. des dispositions relatives aux questions

ecclésiastiques qui ne figuraient pas dans les projets antérieurs et qui étaient motivées par des faits alors récents.Trois prêtres du diocèse de Bâle ayant déclaré ne pas admettre le dogme de l'infaillibilité furent destitués par Mgr Lâchât. La conférence diocésaine (à Texception de Zoug et de Lncerne) déposa l'évéque (janvier 1873). Puis l'État de Berne promulgua (29 et 30 mai 1873) la loi sur les cultes; cette loi introduisait l'élection des curés par les paroisses et subordonnait le droit de placet à des conditions rigoureuses. Cette loi fut repoussée par tout le Jura catholique. Mais auparavant, Algr Lâchât fut destitué par la conférence diocésaine (^ janvier 1873). Berne défendît au clergé toute relation avec l'évéque destitué (i*** février 1873). Tous les prêtres du Jura, sans exception, déclarèrent qu'ils continueraient à regarder Mgr Lâchât comme leur évêque légitime (février 1873). Les prêtres jurassiens furent destitués (15 septembre 1873). 84 prêtres furent exilés, suivis de cinq autres. Dix vieillards seuls demeurèrent avec injonction de ne pas exercer de fonctions du culte, même privé. Plus tard le Conseil fédéral, dans une séance mouvementée, obligea Berne à rapporter le décret d'exil, puis les curés finirent par rentrer dans leurs églises usurpées par des prêtres libéraux recrutés dans tous les pays et que le peuple repoussait avec horreur. Vers le même temps, Gaspara Mermillod. curé de Genève, évê-

Sue d'Hébron in partibus^ aspirait à rétablir 1 évéché de enève ; il réussit à faire détacher le canton de Genève de l 'évéché de Lausanne auquel il avait été réuni en 1819. Cette manière d'agir souleva à Genève et en Suisse un vif mécontentement. Mis en demeure de refuser les pouvoirs que venait de lui donner le Saint-Siège, Mermillod refusa. Le Conseil fédéral, d'accord avec le Conseil d'Citat de Genève, prit un arrêté interdisant a ce prélat le séjour de la Suisse aussi longtemps qu'il prétendrait > exercer des pouvoirs. Cette décision fut portée par voie de recours devant l'Assemblée fédérale, qui maintint l'arrêté du Conseil fédéral.

Les questions de personnes avaient joué un grand rôle dans ces conflits. Dans la suite, le Saint-Siège créa pour le Tessin un vicariat apostolique, nominalement rattaché à Vévêché de Bâle ; Mgr Lâchât, promu archevêque in partilms d» Da miette, y fut appelé. Le siège d 'évêque de Lausanne étant devenu vacant. Mgr Mermillod y fut appelé ; le canton de Genève rentra alors, avec l'acquiea* cément du Saint-Siège dans l'évêché de Lausanne. Au milieu de ces diflicultes, le nonce apostolique, M. Agnozzi reçut ses passeports du Conseil fédéral.

Le résultat de cette campagne fut l'introduction, dans la Constitution fédérale, d'un article interdisant la création de nouveaux évêchés sans l'assentiment du pouvoir civil, puis la formation à Genève et à Berne de communautés libérales, appelées «vieilles catholiques b, à constitution civile, qui s'emparèrent des lieux de culte jusqu'alors occupés par les catholiques romains, et absorbèrent la fraction du budget que touchaient précédemment les communaatés catholiques romaines. L'abbé Hezo<: fut placé à la tête des vieux catholiques en qualité d'évéque

69. La Suisse sous le régime de ia Constitution de i874. Avec l'entrée en vigueur de la Constitution de 1874, com mence pour la Suisse une ère d'activité législative sans précédent. Une diftlculté allait se présenter, c'était Tobligation de tenir compte du roferendum. Cette extension des droits populaires devait avoir pour effet de refréner les velléités centralisatrices des Chambres. Quelques échec s retentissants firent comprendre au législateur fédéral qu'il avait à tenir compte des minorités catholi<^ues d'une part, romandes de l'autre, dont le concours était nécessaire au digveloppement des institutions du pays. Ce ne fut pas sans peine que, par 213199 voix contre 205069 la loi sur l'état civil passa en 1875; à la même époque, un projet de loi sur le droit de vote des citoyens suisses était repoussé, par 207263 voix contre 202583. Ce vote trahissait un mécontentement qui ne devait pas tarder â Srandir. La loi sur les fabriaues instituant le principe e la journée normale de 11 heures fut admise à une faible majorité, tandis qu'un premier projet de loi sur l'émission des billets de banque succombait devant le peuple à une forte majorité. La loi militaire de 1874 avait échappé au référendum ; les dénenses qu'elle occasionna dépassèrent les prévisions. Pour parer au dé-

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fîeit, il fallut la reviser sur quelques points, apporter une stricte économie dans toutes les branches de l'administration et relever les taxes postales et télégraphiaues. La situation économiçiue générale s'était assombrie, les chemins de fer passaient par une crise, (faillite de la Nationalbahn, mise aux enchères du Berne-Lucerne, réorganisation de la Suisse-Occidentale et du Nord-Est). Cet ensemble de causes amena, en 1878, une majorité libérale conservatrice au Conseil national.

La construction du chemin de fer du Gothard avait fait Tobjet d'une convention internationale (13 octobre 1869); l'Italie avait accordé à la Compagnie du Gothard, que dirigeait Alfred Escher et qui fut construit par l'entreneur Louis Favre, un subside de 45 millions, l'Âlleina^^ne un subside de 20 millions, les cantons intéressés ot les compa^rnies du Central et du Nord-Est 90 millions (total 85 millions). Mais les projets avaient été mal étudiés, les devis étaient insuffisants; il fallut modifier le programme, réduire les dépenses et obtenir des subventions supplémentaires, auxquelles l'Allemagne contribua pour

10 millions, l'Italie pour 10 millions et, après de longues discussions, la Confédération pour 41/9 millions, le Central, le Nord-Est et les cantons intéressés pour dVs millions (total 28 millions, 1877).

Le calme régnait dans les sphères politiques proprement dites; un seul canton, leTessin, devait, durant cette période, donner le spectacle d'agitations sans cesse renaissantes, qui, à trois reprises dilférentes, nécessitèrent des interventions fédérales. En 1872, un revirement s'était manifesté en faveur des conservateurs (Respini et Pedrazzini); en 1876, une collision assez grave se produisit au tir de Stabio (22 octobre) ; il y eut du sang répandu. Un commissaire fédéral, Siméon Bavier, fut envoyé dans le canton ; un compromis fut conclu sous ses auspices (21 janvier 1877). lin grand procès politique ne s'en engagea pas moins et aboutit a l'acquittement des prévenus (14 mai 1880). Pour donner satisfaction aux radicaux qui disposaient de la majorité dans le Sud du canton, l'Assemblée fédérale divisa le Tessin en deax arrondissements électoraux fédéraux (Sopra Ceneri et Sotto Ceneri, 1881). En 1883, le Conseil fédéral réussit à régler avec le Saint-Sièffe la question des rapports diocésains, en détachant le Tessin des diocèses de Milan et de Côme, et en créant un vicariat apostolique. Ce vicariat fut dans la suite rattaché nominalement à l'évêché de Bâle (1888). Actuellement, un évéaue réside à Lugano avec le titre d'administrateur apostolique. De nouveaux troubles éclatèrent en 1889; un commissaire fédéral, Eugène^ Borel, fut encore envoyé dans ce canton et réussit à maintenir l'ordre. Les esprits n'en restaient pas moins montés, les conservateurs avaient maintenu leurs positions ; les comités des partis politiques avaient l'habitude de faire venir à grands frais des Tessinois éiablis à l'étranger pour participer aux élections. Le

11 septembre 1890, une révolution éclata à Bellinzone et à Luffano; une poignée de radicaux occupèrent le palais an gouvernement et l'arsenal ; un conseiller d'État, nossi, fut tué ; un autre, Respini, fut incarcéré ; un gouvernement provisoire, sous la présidence de Rinaldo Simen s'empara du pouvoir. Le commissaire fédéral, colonel Kûnzli, envoyé par le Conseil fédéral avec trois bataillons, fut accueilli avec des transports de joie par ses coreligionnaires politiques. Il prit en mains l'administration du pays ; après de longues négociations, non sans peine, les Tessinois se mirent d'accord pour la nomination d'un gouvernement mixte et ladoption du système de la représentation proportionnelle. L'année suivante, les assises fédérales, siégeant à Zurich, acquittèrent les auteurs de la révolution. Dès lors la paix a régné au Tessin.

En 1879, le Reichstag allemand, sous l'influence des grands propriétaires et des grands industriels, adopta un tarif de douanes protecteur assez élevé. L'Europe suivit alors une nouvelle orientation économique ; l'Italie, l'Autriche, la France, entrèrent dans le mouvement dans lequel la Suisse fat entraînée. L'attention se portait de plus en plus vers les questions économiques et sociales, mais non sans une certaine défiance. Le peuple suisse se montra moins enclin aux idées nouvelles que l'Assemblée fédérale ; en 1879, il supprima l'article de la Constitution

qui avait aboli la peine de mort et rejeta, à une immense majorité, une loi sur les épidémies (254 340 voix contre 80324), ainsi qu'un arrêté instituant un secrétaire scolaire (318, 139 voix contre 180 995) ; cet arrêté devait être le prélude d'une loi fédérale sur l'enseignement primaire. En 1884. quatre lois fédérales, soumises à l'épreuve du référendum furent encore écartées par le peuple. Kn 1890. la nécessité de remplir les promesses de ta Constitution concernant l'abolition des droits que certains cantons percevaient sur les vins et les alcools (ohmgeld et octroi) amena le Conseil fédéral à proposer un impôt général sur les alcools, dont le revenu est réparti entre les cantons ; pour atteindre ce but, une re vision partielle de la constitution fédérale était nécessaire ; elle a été votée en 1^5 à une belle majorité. La loi qui en fut la suite procure des ressourct's financières aux cantons et à la Confédération et combat l'alcoolisme ; V^q du produit net du monopole des alcools est en effet consacré à des œuvres d'utilité publique en vue de lutter contre ce fléau.

A partir de 1885, la politique intérieure de la Suisse entre dans une ère plus calme ; pour un moment, l'attention est absorbée par la politique extérieure. Après la guerre franco-allemande, la Suisse avait donné asile à bon nombre de communards; il en était résulté quelques frottements sans importance avec le gouvernement de Thiers. En 1878, le Conseil fédéral dut sévir contre un journal anarchiste V Avant-garde j qui se publiait à La Chaux-de- Fonds et qui prêchait ouvertement la doctrine du régicide ; son rédacteur fut condamné et expulsé ; le prince Kropotkine, qui avait exalté dans La Révolte l'assassinat du tsar, fut également expulsé en 1881. Le Conseil fédéral se montra moins sévère à l'égard des socialistes allemands qui, après le^ attentats de Hôdel et de Nobilin^ contre Guil • laume I"*, s'étaient réfugiés en Suisse où ils publiaient à Zurich le Sozial Demokrat, journal d'une violence excessive. A plus d'une reprise, le ministre d'Allemagne attira confidentiellement l'attention des autorités fédérales sur les inconvénients d'une pareille publication. La police zuricoise, invitée à faire une enquête sur un libelle intitulé le Diable rouge, sortant des presses du Sozial Denwkrat, prétendit n'en avoir pu découvrir l'auteur. Le chef de cette police, le capitaine Fischer, de connivence avec les socialistes allemands, communiqua à deux députés de ce parti le résultat d'une enquête, d où il ressortait que le gouvernement impérial entretenait à Zurich des agents provocateurs. Cette révélation fut produite à la trioune du Reichstag et fit sensation. Il y eut échange de notes verbales entre Berlin et Berne. Le' Conseil fédéral fit des observations au gouvernement de Zurich et à la rédaction du Sozial Deniokrat ; celle-ci n'ayant pas tenu compte de l'avertissement, le Conseil fédéral expulsa ses rédacteurs (1888J. Le gouvernement allemand n'en continua pas moins a entretenir en Suisse des agents provocateurs. Le 22 avril 1889 les agissements de la police allemande furent démasqués. Un inspecteur de police de Mulhouse, nommé Wohlgemuth, était en relation avec un tailleur socialiste, fixé à Bàle ; il voulut l'employer comme espion et agent provocateur ; un rendez-vous fut fixé à Rheinfelden; le préfet de cette localité, avisé par le tailleur, fit arrêter Wohlgemuth. Le minisire d'Allemagne, de Bûlow, réclama la mise en liberté immédiate de l'agent allemand ; le Conseil fédéral rendit un arrêté d'expulsion contre Wohlgemuth (3 mai 1889). De là, grande colère du prince de Bismarck qui menaça la Suisse d'un blocus* le Conseil fédéral ne se laissa pas intimider; il fut appuyé par l'Assemblée fédérale unanime ; le prince de BismârcK, se sentant peu soutenu en Allemagne même, se borna à dénoncer le traité d'établissement. L'incident n'eut pas d'autres suites; mais, jusqu'à sa retraite (1890), le gnmd chancelier fit souvent preuve de mauvais vouloir à regard de la Suisse; après son départ, les relations entre les deux pays devinrent plus amicales. Cet incident fit apprécier la prudence du Conseil fédéral, où siégeaient trois hommes d'une très haute valeur, Welli, Droz et Ruchonnet ; la confiance qu'avait en eux le peuple suisse s'accrut de plus en plus.

Les idées démocratiques faisaient leur chemin ; en 1891, le droit d'initiative fut introduit dans la constitution; en vertu de cette disposition, oOOOO citoyens peuvent formu-

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1er un principe constitutionnel et demander qu'il soit soumis au veraict populaire. Les socialistes voulurent user de cette faculté pour faire admettre le droit au travail; ils furent battus par 308209 voix contre 75880 (18d4). Dans les dernières années du X1X« siècle, révolution vers rétatisme s'est accentuée; un premier jalon a été la modification à la constitution tendant à introduire le principe de l'assurance en cas de maladie et d'accident, obligatoire ou facultative; mais, quoique adopté en 1889, le principe de l'obligation (pour une partie de la population) n'a pas encore été réalisé, les projets présentes par les Chambres ayant été rejetés en 1900 par le peuple. 11 en a été de même du projet de la banque d'État, qui fut refusé et qui, après bien des modificationSf est arrivé à être admis, en 11*05, sous le nom de Banque nationale.

L'élévation des droits d'entrée et un développement économique toujours grandissant ont accru considérablement les ressources de la Conféiiération. Cette augmentation a permis à la Confédération de se montrer jiénereuse envers les cantons et d'entreprendre les coûteuses fortifications du (iothard et de Saint-Maurice. L'idée du rachat des chemins de fer, lancée en 1863 par Stâmplli, provoqua de grandes luttes. En 1888, une tentative de rachat amiable du Nord-Est échoua. Kn 1891. le rachat du Central, décidé par les Chambres, fut rejeté par le peuple. Ce rejet fut suivi de la démission retentissante du conseiller fédéral Welti. En 1896. le pi-uple approuva la loi sur la comptabilité des chemins de fer laquelle, en faisant rentrer dans les dépenses courantes certaines dépenses portées par les compagnies au fond social, devait réduire le prix de rachat de nos voies ferrées. En 1898, le peuple suisse a voté, û une forte migorité, le rachat des cinq grandes compagnie». Ce rachat s'est dès lors eflfectué en19ÛO pour le Central, en 1901 pour le Nord-Est, l'Union Suisse, le Bôtzberg, le Sud-Bahn argovien, le Wohlen-Bremgarten, en 19i» pour le Toggenbourg et en 1903 pour le Jura-Simplon. La question longtemps agitée du percement du Simplon a été enfin résolue ; cette grande voie internationale a été inaugurée avec éclat en 1906.

Deux grands problèmes paraissent devoir être prochainement résolus, c'est l'unification du droit civil et l'unification du droit pénal ; \\* ont été résolus en principe par le peuple; le projet de Code civil vient (1907) d'être adopté par les Chambres ; œuvre du professeur Huber, il tient compte, dans une mesure appréciable, de la diversité des mœurs de la Suisse ; il est conçu dans un esprit moins absolu et moins centralisateur que ce n'eût sans doute été le cas s'il avait été présenté trente ans auparavant. On peut constater, à ce propos, que l'esprit a cnanffé et que nos juristes d'aujourd'hui comprennent mieux la nécest>ité d'asseoir notre législation civile sur de larges bases. Le Code pénal ne tardera pas à être soumis à la délibération des Chambres fédérales ; la rédaction en a été confiée au professeur Stooss. Ces deux grands monuments juridiques compléteront heureusement l'œuvre de Ruchonnet, qui avait réussi à faire voter en 1881 (14 juin) le code des obligations, et en 1889 (1 1 mars), la loi sur la poursuite pour dettes et la faillite.

La question de la réforme électorale, c'est-à-dire de la représentation proportionnelle des divers partis politiques, souvent agitée, n'est pas encore admise dans le domaine fédéral, mais (quelques cantons, le Tessin, Neuchâtel et Genève, appliquent actuellement ce principe et paraissent s'en trouver bien.

70. Mouvement intellectuel au XIX* siècle. Au début du siècle, deux grands écrivains fixent l'attention, ce sont : Benjamin Constant et M"« de Staël. Le premier, originaire du canton de Vaud, naauit à Lausanne, où ses ancêtres, venus de France, s'étaient établis au début du XVH* siècle ; il brilla à la tribune française comme défenseur des idées libérales. Quant à hX'^" de Staël, elle vit le jour à Paris ; elle était la fille du financier genevois Necker, qui avait épousé une Vaudoise, Suzanne Curchod ; aes écrits, romans et traités de critique, la placent au premier rang des auteurs européens. Quoique leur carrière se soit déroulée en France et que ce pays les réclame tous deux comme siens, ces deux grands écrivains peuvent, aussi bien oue Rousseau, être revendiqués par la Suisse, non seulement en raison de leur

origine et des nombreux séjours qu'ils y firent, li encore parce que plus d'un des traita de leur carac^ notamment leur grande indépendance de jugement p| tent l'empreinte helvétique. ■

A côté de ces intellectuels de premier ordre, la Su| a produit un grand nombre d'hommes éminents et| femmes distinguées, dont plusieurs se sont fait un ni au delà de nos frontières ; nous ne pouvons que m^ tionner les principaux d'entre eux.

C'est, pour les sciences morales, politiques et juridiqi Etienne Dumont, Pierre Odier, l'économiste A.-E. Cl buliez. Ed. Secrétan, Keller, Bluntachli, James F|

D. Gonzenbach, Jaques Dubs, Blumer, Alphonse Ri\i Numa Droz, H. Brocher, Ph.-A. von Segesser, J.-li. ' 1er, Baumgartner, Th. Wirz, etc. I

Au rang des penseurs, des pédagogues et des théoi giens, citons Pestalozzi, le père Girard, Fellenberg, SU fer. M"»* Necker de Saussure, Alexandre Vinet, Chai Secrétan, Naville, Amiel, Greith, Cathrein, Gisler et théologiens de Wette, Merle d'Aubigné, S. Chapuis, Chapuis, Félix Bovet, Frédéric Godet, Adolphe Monod, 1 gèneBersier, Bernus, Bovon, G. Frommel; comme hisi riens et archéologues : C. deDeschwanden, Lusser, Kortui Reinhard, Jean de MùUer, Glutz-Blotzheim, Hottinj Zschokke, F. de Gingins, Vulliemin, Monnard, Dai Gôldlin de Tiefenau, Businger, Stadiin, von Arx. Pu] kofer, Mœrikofer, Ildefons Fuchs, Sismondi, Tillier, Fc dersen, F. de Mûlinen, Meyer de Knonau, d'OrelU. li weger, Kopp, F. Keller, Uiselv, Rilliet, F. de Chambriei de Candolle, G. de Wyss. Vaucher. de Morlot, Cha| rière, Forel, Boissier, Roget, Troyon, Morel-Fatio, F. |

E. Chavannes, Le Fort, Gremaud, Burkhardt, Wûrsteii berger, Mgr Fiala, Herminjard, Pictet de Sergy, Jomiii Lecomte, Sta^hlin, Trouillat, Mgr Vautrey, Kabbé âenji set, Quiquerez, etc. |

L'histoire a pour auxiliaire la philologie ; les représeoj tante de celte science ne sont pas très nombreux ; citoal cependant J.-J. Hottinger, Gaspard d'Orelli, Bremi, Ader| Ayer, Wackernagel, Adolphe Pictet, Gall Morell. AleA Baumgartner, de Roten, von Matt, X. Herzog, Geor| Millier, Spillmann, Baumberger, etc. La poésie Ivrique, fi roman, la nouvelle, sont représentés par M'°* de Monloliet et M"" de Charrière, le Doyen Bridel, TœplTer, Charles Di^ dier, Jeremias Gotthelf (Albert Bitzius), Victor Cherbti* liez, Marc Monnier, Gottfried Keller, Conrad- Ferdioandl Meyer. Petit-Senn, Dubois-Melly, Porchat, Monneron* Adolphe Lèbre, Durand, Juste et urbain Olivier, Richard, Steinlen, Rambert, Eggis, Sciobéret, L. Favre, Alice de Chambrier, de Bosset, F. Berthond, André Gladès (Nancy Vuille), Mario (M. TroUiet), etc.

Dans le domaine des sciences, l'élan que nous avons constaté au XVIII* siècle se généralise avec les naturalistes de Candolle, Escher de la Linth, Studer, Charpentier, Venetz, Agassiz, Desor, Eug. Renevier, Gabriel Mortillet, Aug. Jaccard, Pictet de la Rive, Auguste de la Rive, Plantamour, Alphonse Favre, E. Claparède. Louis Dufour, Jean Muret, Oswald Heer. CoUadon, Sbret ; les

géographes Meyer, PfyfTer, Ostervald, Buchwalder, Guyot. lûller, le ffénéral Dufour, le colonel Siegfried. Rappelons aue la Bibliothèque universelle, revue vieille aujourd'hui e cent dix ans, et les Archives des act^neproBt beaucoup contribué à mettre ces hommes en évidence.

Au XIX* siècle, la peinture et la sculpture sont cultivées en Suisse par une pléiade d'artistes de talent : Léopold et Aurèle Robert, Albert et Max de Meuron, De la Rive. Diday,Calame, Lugardon, Hornung, Humbert,Castan. Menn. Glëyre, van Muyden, Vautier, Bocion, David, Chavannee. Tobler. Ritz, Vogel, Simon, Stûckelber|^. Bircher. Bôcklin, P. et Th. deDeschwanden, Diogg, Millier, Stockraann, Fellmann, Kunz, Vettiger, Christen, Kaiser F. et H.. Vêla. Ciseri, Chaponnière, Pradier, F. Schlôth, la duchesse Colonna, Buchser, etc.

Les compositeurs sont moins nombreux, mentionnons: Arnold, Niedermeyer et Naegeli. Si bous ne nous étions pas fait une règle de ne pas citer les auteurs et les artistes vivants, nous pourrions allonger encore considérablement cette énumération.

Un des éléments de notre vie nationale a trouvé son expression dans les nombreuses sociétés où se groupent les hommes qu'animent de communes aspirations, telles

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sont les sociétés des sciences naturelles, de médecine, de théologie, de juristes, d'ingénieurs, d'architectes ; les diverses sociétés de fféograpnie, d'histoire, d'utilité publique, les sociétés industrielles et commerciales, la Croix- Bleue (abstinents), la Croix- Rouge, les sociétés militaires, les sociétés de chant, de musique, de gymnastique, le Club alpin, les Beaux-Àrts, l'Union des femmes et cent autres dont il serait oiseux de dresser ici la liste, qui ont exercé une heureuse influence sur le développement de nos mœurs, et qui surtout ont eu pour eflet de rapprocher des hommes que des diversités de langues, de religion et d'intérêt auraient sans cela désunis.

Les écoles d'enseignement supérieur ont eu leur grande part dans le développement de notre culture nationale. Jusqu'au commencement du XIX* siècle, la Suisse ne comptait qu'une université, celle de Bâle. dont la fondation remonte au XV* siècle, au pape Pie II, mais les académies de Zurich, de Berne, de Genève et de Lausanne se sont successivement transformées en universités. Une université a également été créée à Fritiour^, une académie à Neuchâtel et un polytechnicum à Zurich ; ce dernier établis- Hement est le seul qui ait un caractère fédéral. Jusqu'ici les cantons ont soutenu par leurs seules forces leurs hautes écoles; par contre, ils reçoivent des subventions fédérales pour leurs écoles professionnelles et pour le perfectionnement de leurs écoles primaires.

Le peuple suisse est un composé d'éléments divers qui se font équilibre et qui y parviennent d'autant mieux que la probité des mœurs politiques, l'amour de la chose publique et un certain esprit d'équité, l'ont défendu contre les rancunes tenaces qui, ailleurs, transforment en adversaires irréductibles les enfants d'une même patrie.

Landammans de la Suisse sous l'acte de médiation.

1803. d'Affry. 1809. d'Afl'ry.

1804. de Watteville. 1810. de WatteviUe.

1805. Glutz-Ruehti. 1811. Grimm.

1806. Merian. 1812. Burkhardt.

1807. Beinhard. 1813. Reinhard.

1808. Rûttimann.

Chancelier fédéral 1803 à 1813. Mousson. Présidents de la Diète de 1814 à 1848.

1814. Reinhard. 1832. Pfyflèr.

1815. de Wyss. 1833. Hess.

1816. Reinhard. 1834. llirzel.

1817. de Watteville. 18%. de Tavel.

1818. de Miilinen. 1836. de Tscharner.

1819. Amrhyn. 1837. Amrhyn.

1820. Rûttimann. 1838. Kopp.

1821. de Wyss. 1839. Hess.

1822. Reinhard. 1840. de Murait.

1823. de Watteville. 1841. Neuhaus.

1824. de Mûlinen. 1842. de Tscharner.

1825. Amrhyn. 1843. Rûttimann.

1828. Rûttimann. 1844. Siegwart-Mûller.

1827. de Wyss. 1845. Furrer.

1828. Reinhard. 1846. Zehnder.

1829. de Watteville. 1847. Ochsenbein.

1830. Fischer. 1843. Funck.

1831. Amrhyn.

Chanceuers fédéraux.

1814 à 1830. Mousson.

1830 à 1848. Amrhyn.

Présidents de la Confédération

DE 1848 à 1907.

1849. Furrer. 1864. Dubs.

la^. Druey. 1865. Schenk.

1851. Munzinger, 1866. Knûsel.

1852. Furrer. 1867. Fornerod.

1853. N£f. 1868. Dubs. 1R54. Frei-Hérosé. 1869. Welti.

1855. Furrer. 1870. Dubs.

1856. Stâmplli. 1871. Schenk.

1857. Fornerod. 1872. Welti.

ia58. Furrer. 1873. Cérésole.

1859. Stâmpfli. 1874. Schenk.

1860. Frei-Hérosé. 1875. Scherrer.

1861. Knûsel. 1876. Welti.

1862. Stâmpfli. 1877. Heer.

1863. Fornerod. 1878. Schenk.

1879. Hammer. 1894. Frey.

1880. Welti. 1805. Zemp.

1881. Droz. 1896. Lachenal.

1882. Ravier. 1897. Deucher.

1883. Ruchonnet. 189^. Rufl'y.

1884. Welti. 1K99. MûUer.

1885. Schenk. 1900. Hauser.

1886. Deucher. 1901. Zemp.

1887. Droz. 1902. Brenner.

1888. Hertenstein. 1903. Deucher.

1889. Hammer. 1904. Comtesse.

1890 Ruchonnet. 1905. Ruchet.

1891. Welti. 1906. Forrer.

1892. Hauser. 1907. MùUer.

1893. .Vchenk.

Chanceliers fédéraux.

1848 à 1881 Schiess.

Dès 1881 Ringier.

[B. VAN MUYDBN.J

Index de r Article « Suisse ».

I. Considérations générales. Nom, situation, dimensions, configuration, superficie, altitude, limites de la Suisse, histoire des frontières de la Suisse 80

Triangulation, Généralités, établissement du réseau, mesure des bases, des angles, calcul des points, projection, altitude et nivellement. Histoire de la triangulation 93

Histoire de la cartographie suisse. Relief, panorama, sondages 96

II. Configuration du sol. Divisions naturelles et aspect, Alpes, Plateau, Jura 101

Stratigraphie. Généralités, Alpes, Plateau, Jura . 106 Tectonique. Considérations générales, Alpes, Plateau, Jura 112

Oroaraphie. Alpes, Plateau, Jura 125

Hydrographie. Sources; sources minérales et thermales, eaux potables, indifférentes, minérales, terreuses, ferrugineuses, sulfureuses, salines ; sources de gaz; eaux souterraines des époques anciennes 131

Rivières 139

Lacs 144

Glaciers 146

Avalanches 148

Paléogéographie (géogénie). Période carbonifère; période tnasique ; période jurassique ; période

crétacique ; période cénozoique 149

Séismologie (Tremblements de terre) 155

Histoire de la qéologie de la Suisse. Glaciologie et terrain glaciaire ; stratigraphie et tectonique (cartes géologiques) ; paléontologie; pétrographie . . 158 m. Météorologie. Pression de Vair : précipitations atmosphériques ; quantité des précipitations ; fréquence des orages ; température ; humidité de Tair ; conditions de nébulosité ; ré^me des vents. 164

IV. Flore. Généralités; forêts, distribution, superficie ; législation forestière fédérale ; rôle dima-

X tique des forêts ; essences foresUières et leur distribution ; forêts de la zone insubrienne ; flore fossile 169

V. Faune. Faunes fossiles, paléozoïque, mésozoique, triasique, jurassique, crétacique, tertiaire ... 178

Chasse 184

Pêche et pisciculture, engins de pèche, exercice de la pèche ; élevage artificiel ; lois ; sociétés pour le développement de la pèche 190

VI. Population. Anthropolocie. Le crâne et la face, la taille ; renseignements descriptifs; périodes pléistocène et holocéne ; période historique et période contemporaine 195

Dêmq(iRaphie. Population de là Suisse ; estimations anciennes et recensements fédéraux; la population de la Suisse en 1900 : comparaison avec les recensements fédéraux, aés 18o0; migrations à rintérieur, densité de la population ; repartition par sexe ; âge ; origine ; naturalisations ; confessions ; langues 202

Mouvement de la population. Mariages, naissances, décès; nuptialité, natalité, mortalité 220

SUI

SUJ

Émigration et Suisses à Tétranger 231

Folklore. Coutumes populaires : usages, coutumes, fêtes, jeux et amusements ; poésie populaire,

légendes, chants populaires, etc 233

L'Aa6ifa< ton; maisons de divers types 249

Les costumres populaires 253

Langues et Patois. Généralités 259

La Suisse romande. Statistique ; limite des langues française et allemande dans le présent et dans le passé; introduction du français comme langue oflicieile ; histoire des patois romands : caractère

des patois de la Suisse française 259

Langue et dialectes allemands. Limite des langues; d^eloppement historique de la limite linguistique allemande ; emploi de Tallemand à l'intérieur de la Suisse allemande; dialectes et langue littéraire;

caractères et division des dialectes 267

Langue et dialectes de la Suisse italiemie. Introduction ; divisions géographiques, historiques, ethnic^ues des dialectes de la Suisse italienne ; classification des patois. Auteurs dialectaux ; bibliographie 284

Rhéto-Romans. Statistique des Rhéto-Romans en proportion des Allemands ; limites de la langue rhéto-romane ; histoire des dialectes ; divisions des dialectes rhéto- romans ; spécimens linguisti- (]ues ; prononciation ; esquisse de l'histoire de la

littérature rhéto-romane 288

Religions. Introduction. Églises protestantes, églises de protestants disséminés ; églises libres ; congrégations diverses ; statistique ; sociétés . . 295 Religion catholique. État actuel de l'Église catholi-

aue suisse. Evêché de Bâle-Lugano; évéché de oire ; évéché de Lausanne-Genève ; évéché de Lugano ; évéché de Saint-Gall ; évéché de Sion. Abbaye épiscopale Nullius de Saint - Maurice

d'Agaune 297 <

Église catholique chrétienne 309

Culèe Israélite 310

Église russe orthodoxe 312

Culture intellectuelle. Instruction publique: bibliothèaues et musées ; musi(][ue ; presse et librairie ; littérature ; théologie ; jurisprudence ; sciences

physiques et naturelles 312

État social : mouvement social. Régime de la propriété; Âllmend, etc 323

Vn. Organisation politique de la Confédération. Constitutions, nature juridique, compétences. Relations entre Confédération et cantons. Organisation des Autorités fédérales. Fonctions des Autorités fédérales. Législation ; administration fédérale. Justice civile, pénale, administrative. Revision de la Constitution fédérale. Situation

internationale 326

Départements fédéraux. Département politique.

Bureau de l'émigration 333

Département de Vîntérieur. Attributions. Archives fédérales. Bibliothèque nationale. Subventions scolaires. Poids et mesures. Sociétés subventionnées. Beaux-Arts Musée national. Polytechnicum fédéral. Bureau sanitaire. Bureau fédéral de statistique. Station centrale météorologique. Fondations. Inspectorat fédéral des travaux publics. Direction des constructions fédérales. Inspectorat fédéral des forêts. Subventions à la pisciculture 337

Département de Justice et Police . 348

Département militaire. Constitutions militaires. Autorités militaires fédérales. Recrutement. Équipement, armement et instruction. Administration de l'armée et établissements militaires. Service territorial Service des étapes. Service des chemins de fer. Fortifications. Organisation de l'armée. . 348 Déjiartement des Finances et des Douanes. Historique. Sphère d'activité. Organisation. Budget de la Confédération. Compte d État. Finances de la Confédération. Contrôle des finances de la Confédération. Le système monétaire 357

Douanes. Régie fédérale des alcools 383

Département du Commerce, de l'Industrie et de l'Agriculture 390

Déjoartetnent des Postes et des Chemin» de fer. Chemins de fer. Généralités. Historique de la politique fédérale des chemins de fer. Des chemins de fer suisses en général. Développement du réseau depuis l'année 1905. Des fonctions du Département féoéral des Postes et des Chemins de fer. Des chemins de fer fédéraux 3&j8

La Poste suisse. Télégraphes. Téléphones. Relajkions du Département des Chemins de fer avec les entreprises électriques à fort courant 413

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