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SÉRIE DES FORMATIONS STRATIGRAPHIQUES DU PLATEAU

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Alluvien

Fossiles car«ctéristiqa«s

PaJafittien

Acheu lien

Organismes actuels

Zooe voisina du Jara

Zone centrale

Zone voisine des Alpes

Dûrnténien

Elepfuu antiquus

Sicilien

Astien

Bo8 ptHmigenius

Eiephas prinitgenitis

Alluvions des fleuves et des lacs. — Tourbe et formations tuffacées.

•g Plai- .2 Isancien

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Pontien

Oeningien

Elepha»

tneridionalis

Mastodon (irvemensU

Hipparion cra89uni

Stations lacustres de l'époque du bronze (lac de Rienne, etc.). Stotions lacustres récentes de Tâge de la pierre (âge néolithique).

Restes paléolithiques (Schweizersbild, Villeneuve, etc.). Moraines et terrasses anciennes. — Moraine de fond.

Époque interglaciaire. — Lignites feuilletés (Dùmten, Uznach, etc.;. L-oss. Moraines et terrasses de l'avant-dernière glaciation.

Époque interglaciaire. — Lôss ancien.

Moraines et terrasses des deux premières glaciations.

Helvétien

Hipparion gracile

Mastodon angustidens

Érosion active sur tout le Plateau.

Premier approfondissement des vallées.

Localement, formation de lacs dont les traces ont été effacées.

Mollasse d'eau douce supérieure sableuse.

Burdigalien

Aquilanien

Rupélien

Ostrea crasBisêima

Aceratherium incisivum

GrèscoquiUier, mollasse marine.

Faciès calcaire et marneux.

Conglomérat (Nagelfluh) av. couches de marne.

Anthracotherium magnum

Halitherium Schinzi

Tongrien

Bartonien

Palaeotherium magnum

Grès micacé grossier, tendre.

Marnes sableuses avec calcaire d'eau douce.

Conglomérat calcaire, jurassien, grès et marnes rouges.

Grès coquillier, mollasse marine.

Grès grossier.

Argile sidérolithique.

Marnes, marnes sableuses.

Calcaire d'eau douce.

Charbon bitumineux.

Mollasse rouge; grès et marnes rouges.

Sidérolithique?

Conglomérat marin aveq marnes coquillières.

Conglomérat avec marnes limnales. *

Grès grossiers, conglomérats.

Conglomérat rouge et rès. Mollasse rou rrès de Ralligen.

Sidérolithique?

Manque ?

Grès de Ralligen inférieur? Flysch.

Calcaire nummulitique.

des, les terrains cristallins et le Carbonifère, n'existent pas à proprement parler dans les Préalpes ; on rencontre seulement par-ci par-là des lambeaux de ces terrains arrachés dans la profondeur par le charriage que ce massif montagneux a subi. Au-dessous de la zone intérieure des Hautes-Alpes et entre toutes les zones montagneuses suivantes, on trouve par contre les schistes cristallins, et dessous le gneiss primitif avec des masses granitiques, dioritiques et syénitiques, c'est-à-dire le massif montagneux primitif avec ses masses intrpsives batholithi(|uee. 2. Plateau. Les terrains tertiaires moyen et supérieur, ainsi que les terrains quaternaires sont seuls représentés dans cette région. Le Tertiaire ancien (Nummulitique) manque probablement complètement. Au pied du Jura rOligocéne supérieur repose directement sur le Crétacique

le Plateau suisse fut occupé alternativement par un golfe ou un détroit marin, et par la terre ferme avec des oassins lacustres plus ou moins étendus. Des deux côtés de cette nappe d'eau débouchaient de nombreuses rivières, de sorte aue des deltas considérables se formèrent, surtout au piea oes Alpes. Ces formations étaient soit de nature marine (conglomérats et sables marins), soit aussi, mais plus rarement, de nature limnale. D'après la nature des galets on distingue des conglomérats calcaires et des conglomérats polygéniques avec de nombreux matériaux cristallins (granit, gneiss, porphyre).

Ces caractères variés ressortent clairement du tableau suivant. Les grès tendres (mollasse) prédominent dans la zone moyenne du bassin tertiaire et en dehors de l'embouchure des rivières. Les dépôts tertiaires du Pla-

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teaa ont reçu le nom de formation mollassique, bien qu'ils ne soient pas tous de nature sableuse (mollasse := grès tendre). C'est grâce aux changements successifs survenus au cours de Tépoque tertiaire dans le régime hydrographique (alternances de bassins marins et de bassins lacustres) qu'on a pu classer facilement les dépôts mollassiques du Plateau et d'un certain nombre de synclinaux du Jura. On distingue en effet au-dessus des formations sidérolithiques éocénes à la lisière du Jura, dans quelques synclinaux de cette chaîne et dans quelques i>arties du bord des Alpes, les couches suivantes : 4. Mollasse d'eau douce supérieure (Œningien). 3. Mollasse marine supérieure (Helvétien). 2. Mollasse d'eau douce inférieure (Burdigalien et Âquitanien).

1. Mollasse marine inférieure (Hupélien et Tongrien). Cette succession se reconnaît très distinctement, aussi bien dans la Suisse occidentale que dans la Suisse centrale et orientale. Â la lisière des Alpes, il est vrai, des dislocations intenses ont troublé cette succession des couches, mais on parvient cependant à reconnaître aussi là les mêmes changements de faciès.

F. Kaufmann {Éeitr. z. Geolog. Karte der Schweiz, Vol. XXIV, nage 564 et vol. XI, page 396) établit un groupement tnéoriçiue et schématique des couches mollassiques de la Suisse centrale en deux séries séparées, dont Tune serait limnale, l'autre entièrement marine. Il en résulterait que la succession alternante des différents faciès n'existerait pas, mais à chaque couche marine correspondrait un équivalent synchronique limnal. Cependant nous trouvons dans tout le Plateau et dans un certain nombre de vallées du Jura les alternances de «/actes indiquées ci-dessus.

'" La répartition uniforme du grès coquîllier de la mollasse marine supérieure avec ses caractères pélrographi- ({ues et paléontologiques si nets, la présence de faunes identiques dans la mollasse d'eau douce inférieure sur tout le Plateau ei dans le Jura, prouvent l'extension générale d'un horizon limnal inférieur et celle d'un horizon marin supérieur. Il fiiut donc admettre que les dépôts limnaux situés entre ces deux horizons sont synchroniaues entre eux ; il en est de même pour la mollasse d eau douce supérieure.

En ce qui concerne les caractères pétrographiques de ces dépôts, ce qui frappe surtout c'est la teinte rouge presque constante des couches inférieures, qu'elles soient constituées par des argiles, des grès ou des conglomérats. Ce tait est en relation avec le remaniement des argiles sidérolithiques; il est aussi une conséquence de l'érosion continentale superficielle et souterraine qui agissait à cette époque sur les terrains calcaires. La couleur rouge est due à la Terra rossa (résidu de la décomposition des roches calcaires et marneuses des Alpes et du Jura) qui était charriée par les eaux dans les bassins lacustres ou marins.

La mollasse d'eau douce inférieure présente un caractère lacustre et marécageux. On y trouve des lignites avec des restes d'animaux palustres, des calcaires d'eau douce (craie lacustre), des argiles très pauvres en calcaire (limon lacustre) ; ces diverses formations alternent et se confondent entre elles, ce qui indique que les bassins étaient plus ou moins profonds et aussi que l'évaporation et les affluents subissaient des variations notables. La coloration rouge réapparaît encore assez souvent. La partie supérieure de la mollasse d'eau douce inférieure est formée de dépôts sableux gris (mollasse grise), puis vient la mollasse marine, ou la coloration rouge fait presque complètement défaut. La mollasse d'eau douce supérieure se forma lors du retrait de la mer, après la transformation-du- golfe helvétique en un bassin d'eau douce. Elle commence ci et là par des marnes rouges et parfois par des dépôts sableux, même par des conglomérats; des couches marneuses et calcaires (faciès œningien) terminent la série. Les érosions subséquentes, avant et pendant l'époque glaciaire, ont considérablement réduit ces derniers sédiments. Aussi manquentils presque complètement dans la Suisse occidentale et ne se retrouvent- il s en restes un peu considérables que dans quelques synclinaux isolés du Jura. D'autres restes se rencontrent encore sur quelques collines du Seeland

(Jensberg, Brûggwald, Bûttenberg et Bûrenberg), car cette région de la zone mollassique est plus enfoncée ^ue le reste du Plateau. Il est difficile de dire quels terrains se trouvent au-dessous des dépôts miocènes et oligocènes du Plateau. Au bord du Jura, la mollasse d'eau douce inférieure repose sur le Néocomien ou sur le Jurassique (là où le Néocomien ne s'est pas déposé ou a été enlevé par rérosion). A la lisière des Alpes, des dislocations importantes ont fait disparaître le contact normal, de sorte que le caractère primitif des dépôts de l'époque mollassique n'a généralement pas pu être reconstitue. Il est ici particulièrement difficile de déterminer les relations stratigraphiques existant entre le Plysch et ce qu'on a appelé la moUasse rouge. Cette dernière (marine, saumâtre ou limnalej est considérée comme la couche la plus ancienne des dépots oligocènes de la région subalpine du Plateau.

à. Jura. Dans le Jura la série des couches a subi dans le sens horizontal des variations beaucoup plus faibles que dans les Alpes. Le Crétacique manque dans tout le Jura septentrional et oriental. Cela provient de ce que l'abrasion a été plus active dans le Jura septentrional ; elle a donc pu atteindre des couches beaucoup plus profondes. D'autre part, le Crétacique ne s'est pas déposé dans une grande partie de cette région. Le tableau synoptique des formations du Jura montre clairement ce fait, il montre également très bien que dans le Jura méridional les couches du Lias n'affleurent pas. Dans le Jura central, seules quelques entailles profondes mettent à jour ce terrain. Toute la. série à partir du Lias inférieur a été traversée lors du percement du tunnel des Loges. Par contre, dans le Jura septentrional et oriental, les voussures des plis sont parfois roni|>ue8 jusqu'airGrès bigarré et presque toujours jusqu'au calcaire conchylien (Muschelkalk). Le Gros bicarré est le terrain le plus ancien qui affleure dans le Jura. En 1875 un sondage effectué au Weierfeld près Hheinfelden, en vue de iiécouvrir de la houiUe, l'a complètement traversé. Au-des9<lbs, on trouva une couche peu épaisse, bréchiforme, avec du sulfate de magnésie — représentant le Zechstein (Permien supérieur) — puis le Rothliegende (schistes, grès, argiles et brèche, Permien inférieur) que l'on traversa sur une épaisseur de plus de 300 m. pour rencontrer enfin à la base le granit et la diorite. Comme on le voit, le Carbonifère manque complètement en cet endroit.

C. TECTONIQUE. Considérations aénérales. Le relief de la Suisse est dû à une série de dislocations des terrains qui le constituent. Si les terrains étaient restés en position normale, les plus anciens seraient pour la plupart invisibles, car on n'en connaîtrait que les couches les plus élevées, les dernières formées. Les couches les plus profondes, les plus anciennes, les gneiss massifs primitifs,, couronnent au contraire aujourd hui les plus hauts sommets des Alpes ; mieux que cela, dans une grande partie des Alpes les bouleversements ont même produit la superposition des couches anciennes sur des couches plus récentes, et cela en séries répétées, à la suite de mouvements horizontaux de glissement mesurant parfois plus de 50 km. A côté du résultat de telles dislocations et de tels bouleversements qui font apparaître à l'œil du géologue^ certaines parties de la Suisse comme aérant servi de théâtre aux luttes des Titans de la mythologie, des effets non moins grandioses ont été accomplis par l'action de l'érosion ; celle-ci, au cours des époques géologiques, pendant et après les dislocations, a déblayé une partie des terrains surélevés, en nivellant les inégalités du sol résultant de l'action de plissements. Nous examinerons ces résultats dans le chapitre Orographie.

La cause première des dislocations de nos montagnes est la diminution graduelle du volume de la. Terre au cours du refroidissement que celle-ci a subi et subit encore ; à cette cause s'ajoute encore le transport de l'intérieur de la Terre à sa surface de grandes quantités de matières incandescentes amenéespar les volcans. Le résultat est que la couche superficielle du globe terrestre, la «croûte terrestre », comme on la nomme communément, se trouve trop ffrande et doit se plisser pour s'adapter au nouvel état de choses, tout comme la peau d'une pomme se ride par suite du dessèchement partiel de rinterieur du fruit, qui cause une diminution de son volume. Mais tandis que

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b peau d'une pomme étant Irèa mince peut le rider unirormément partout, l'écorce terrestre étant relativement

très ^paÏBse. et surtout inégalement épaisse, n'a pu obéir que localement à la tension tuperiicielle que la réductiun du volume produit sur l'enveloppe. C'est pourquoi de vastes surfaces oâ les termina sont peu ou point pliasés, ■ont restées rigides ; vrais boucliers, elles ae sont main' tenues intactes, en ne se rompant que sur leurs bords. Il y en a de deux sortes : les uns sont restés en place, tandis qu'autour d'eux tout s'est alTaissé en suivant le mouvement de contraction de la Terre, les autres. louten s'affaisBant, ont conservé leur rigidité. Les premiers forment aujourd'hui de hauts plateaux, des massifs, dite horsts ou môles, tels que la Forét-N'oire et les Vosges dans notre voisinage ; les seconds constituent les grands fonds plats des océans. Mais entre eui. dans les zones qui ont pu suivre le mouvement de refoulement résultant de cette adaptation de l'écorce terrestre su noyau devenu trop pe* lit. se sont formés lee plissements, d'où sont uées les chaînes de montagnes. Les unes traversent en longs bourrelets aux alignements capricieux toute ta surâce terrestre, lea autres suivent exactement la limite entre les (ones d'affaissement et les horets, par exemple les chiC-

Sins, soit au S., à l'O. et à l'E., on constate que ce faisceau e plis se soude aux plis de l'Apennin d'une part et, d'autre part, à une zone plissée qui s'mtroduit entre un massif aujourd'hui affaisse sous le niveau de la Méditerranée et le massif central de France pour aller se «ouder aux Pyrénées. Les plis des Alpes orientales s'ouvrent en large éventail. Leur lone N. va rejoindre, en passant au S. du massif de Bohême, les plis de l'arc des Carpathes qui, de leur côté, apr^ avoir contourné le plateau de Transylvanie se prolongent par les Balkans, les Alpes de Crimée et le Caucase jusqu'aux formidables zones plissées de l'Asie centrale. A la chaîne des Alpes ae rattachent, sans en être uD rameau direct, les Alpes dinariques qui donnent naissance aux faisceaux pliasés du Grammos, du Pinde et du Péloponèse, dont le prolongement est probablement l'épine dorsale de l'ile de CrSte. Un sait, d'autre part, que les éléments tectoniques de l'Apennin se retrouvent en Afrique, après avoir traversé la Sicile et le détroit qui sépare cette Ile du Cap lion, pour venir former les plia de l'Atlas. De leur côté, ceux-ci conver-

EeaDt vera le N., se retrouvent, au delà du détroit de Giraltar. dans la Sierra \evada qui borde le Plateau ibérique, les Iles Baléares, enjalonncntle prolongement dans

es contournant le Pacirique, vaste n ir le bord de laquelle les plus

■ ' ■ les plus hau

LiKiiu direutiices i

me d'affaissement,

iB grandes profondeurs océaniques avoisinent les plus hautes altitudes. D'autres zones enlin parcourent le centre des régions cootinenlans suivre spécialement un alignement ordonné lituBtion des toueliere restés immobiles. D'ailleurs ivements d'affaissement et de plissement se sont a lentement et successivement, parfois en alter- L'ne partie surélevée momentanément a pu s'afïnsuite.

lisse occupe une de ces zones plissées; cette zona ice aux bords de la Méditerranée et décrit un arc majestueux, pour passer entre le horat delà Forét-Noire et des VoBgesd'une part et la zone d'alTaisseroent de la plaine da Pô et de l'Adriatique de l'autre. Il y eut un moment, comme rhistoir« géogénique de ta Suisse nous !e montrera plus loin, oCi la région occupée aujourd'hui par la plaine du Pô dut étreplusélevéequeleFfateau suisse, ce qui détermina la descente générale des plis alpins vers le Nord. L'arc alpin d'aujourd'hui n'est pas une zone de soulèvement. Son altitude ne protient que de 1' terrains plissés et empilés et de la disparition lurélevée au S,, qui s'est transformée en une zor wment. C'est pourquoi on constate que le n qui a provoqué les plissements alpins et naturellement aussi ceux du Jure, a été dirigé du S. au N. dans la Suisse orientale, du 5,-E, au N.-O. dans la Suisse occidentale, car la Suisse occupe un emplacement voisin de la IMrtie de l'arc alpin oii la direction S.-N. passe â la direction O.-E. En pouranivant de part et d'autre les plis al-

la Méditerranée occidentale. Le croquis géoteclonique que nous donnons ici montre la situation de la Suisse au milieu de ce dédale de plis alignés en arcs contournés d'une manière capricieuse, qui pourtant ne manquent pas d'harmonie, surtout si l'on lient compte que c'est autour des massifs ou horeta que les plis ont dû se mouler, en obéissant à des poussées agissant dans toua les sens, mais dont l'activité n'a pu se produire qu'unilatéralement. Les poussées agissant dans toutes les directions de l'horizon se sont compensées par des mouvements orientés très diversement et agissant dans des régions assez éloignées les unes dea autres. Le grand are de cerele alpin satisfait sous ce rapport à des poussées N.-S„ O.-t.. B.-E,-N.-0., ou N.-E.-S.-O.

Le Jura, comme tel, n'est qu'un rameau des Alpes, se greffant sur les Alpes occidentales à l'endroit oii commence la courbure de près de 90° qui relie les Alpea occidentales, dirigées du S, au N.. aux Alpes centrales et orientales, à direction 0,-E. Moins convexes que les plis alpins, ceux du Jura s'écartent du bord des Alpea. si bien 3ue le synclinal tertiaire intermédiaire, large à l'origine e quelques centaines de mètres seulement, s'amplifie de plus en plus et Unit par atteindre, entre Soleure et Reèensberg, où linit le Jura plissé, une laideur de plus de 50 km. Plus à t'E., la distance entre le pied du Banden, prés SchalThouse, et le Santis, est de plus de (iû km. De môme que les Alpes suisses se soudent sans rupture aux Al-

[lea bavaroises et autrichiennes, le Plateau suisse se pruonge dans le PlateaudeUavièreet le Jura tabulaire suisse se continue par le Jura tabulaire aouabe et franconien.. 196 - D. G. s. V - 8

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Cette introduction montrant la situation de la Suisse dans le système des plis qui constituent le squelette tectonique de l'Europe, en faisant ressortir les véritables relations entre Alpes, Plateau et Jura, nous permettra de comprendre les détails spéciaux de la tectonique de chacune de ces réglions. Remarquons encore que le plissement des Alpes ayant entraîné dans son mouvement des terrains beaucoup plus anciens, donc plus profonds, doit s'être produit sur une épaisseur plus grande de l'écorce terrestre que celui du Jura. Les plis ne se continuent pas jusqu'à une profondeur indéfinie ; ils finissent par passer insensiblement à des couches presque horizontales, par aplanissement de la convexité ; c'est notamment le cas dans le Jura, dont l'action dis-* loquante provenant des Alpes n'a évidemment agi que sur une épaisseur peu considérable, probablement pas plus profonde que le Permien ou le Carbonifère, en entraînant, cela va sans dire, de toute la valeur de cette poussée, tout le plateau tertiaire vers le N.-O.

Les énormes dislocations dont les Alpes ont été le théâtre ressemblent à un véritable écoulement des terrains S lissés, du S. au N. et du S.-E. au N.-O. s'il est permis 'appeler écoulement le déplacement probablement lent d'une masse solide, obéissant à une énorme poussée sous l'action, de la pesanteur. De même aussi dans tout le Jura les dislocations les plus énergiques ont agi du S.-E. au N.-O.; les grands chevauchements de la chaîne du Mont Terri-Hauenstein-Lâgem correspondent à des mouvements de terrain du S.-E. au N.-O. Si exceptionnellement il en est autrement, ce ne sont que des efiets de réactions, résultant, par exemple, de ce que la partie interne N.-O. du Jura a occupé un niveau plus élevé que la partie S.-E.; c'est donc celle-ci qui a été poussée u au-dessous n de la partie N.-O. L'effet final est d'ailleurs absolument le même, quelle que soit la direction de la poussée. C'est ainsi que plusieurs chevauchements dans le Jura ont un rejet dirige vers le S.-E. ; cela s'explique facilement par le fait que la partie chevauchante s'est trouvée beaucoup plus haute que la partie recouverte. De même dans le Plateau, la plupart des dislocations trahissent l'influence incontestable d'une poussée allant du S.-E. au N.-O.

Les Alpes. La carte géologique de la Suisse (voir article Alpes, tome I du Dictionnaire) montre que la zone centrale, la plus élevée de notre territoire, renferme une série de zones ellipsoïdes, désignées sous le nom de massifs cristallins. On a penché généralement pour les considérer comme étant les plis les plus profonds de l'écorce terrestre, autour desquels se sont moulés les terrains les plus récents. Leur structure en forme d'éventail si manifeste au massif du Saint-Gothard, semble d'accord avec cette manière de voir. Cependant tous les massifs cristallins n'ont pas une structure en éventail, ainsi par exemple le massif de l'Adula sur les confins des Alpes du Tessin et des Alpes grisonnes, les massifs du Mont-Rose, de la Dent-Blanche, etc., dont les gneiss dessinent des voûtes ou dômes réguliers ou paraissent du moins en position presque horizontale. Plus récemment, on a même été amené à admettre que dans ce dernier cas il ne convient pas de supposer de simples plis en forme de voussures. Il semble plus probable au'if s'agit de plis couchés en forme de lacets ou nappes oombées, comme

f)ar exemple celui du gneiss d' An tigorio, du Simplon, dont e percement du tunnel a très positivement prouvé l'existence. Si les terrains profonds, tels que les gneiss primitifs, forment des plis couchés, quel sera l'état de dislocation des couches superposées ? C'est ce que montrera l'étude que nous allons entreprendre.

1. Alpes cristallines. Il est difficile de parler d'Alpes cristallines au sens strict du mot, les massifs de terrains cristallins étant toujours entourés de roches sédimentaires. Même une importante partie des terrains à struc- • ture cristalline, a été reconnue être d'origine sédimentaire, triasiçjue, jurassique et crétacique ou même tertiaire. La cristallisation est le résultat du métamorphisme. La pression énorme que les terrains resserrés entre les massifs et lames des terrains primitifs ont eu à subir, les effets de la profondeur, soit la température qui a provoqué ces actions, ont eu pour conséquence de transformer les composants des roches sédimentaires (argile, calcaire, oxyde de fer, silice, etc.), en combinaisons nouvelles par

une recristallisatioo complète, donnant naissance a du mica, de la chlorite, des grenats, du feldspath, de l'amphibole, de l'actinote, etc. d'où résultent des micaschistes, des schistes chloriteux, amphiboliques, gneiss schisteux, etc., tandis que les calcaires se sont changés en marbre.

En analysant de près la composition et la nature intime des schistes plus ou moins cristallins qui entourent les massifs granitiques et gneissiques alpins, on parviendra probablement à y discerner des formations sédimentaires métamorphiques.

Voici les massifs cristallins qui occupent le territoire des Alpes suisses et forment comme les centres de la région dite cristalline :

A. Massifo à structure en éventail.

lo Massif des Aiguilles Rouges avec le petit massif d'Arpille sur Martigny.

2» Massif du Mont-Blanc. L'un et l'autre, accompagnés de terrain carbonifère, s'enfoncent sous la couverture calcaire (Trias et Jurassique) des Dents de Mordes et du Muveran.

3» Massif de l'Aar. Ce massif surgit sous les roches triasiques et jurassiques au bord de la vallée du Rhône, en amont de Gampel, et s'enfonce de même sous les Alpes calcaires glaronnaises. Longueur découverte, 105km., largeur maximale, 20 km.

4° Le massif du Saint-Gothard, séparé de celui de TAar par une étroite zone de terrains métamorphiques (Trias et Jura) écrasés en forme d'éventail renversé (zone d^Urseren) ^ui se poursuit depuis Ulrichen dans la vallée du Rhône jusque dans la vallée du Rhin, par les cols de la Furka et d Oberalp. Le massif du Saint-Gothard surgit au milieu des schistes lustrés sur le bord S. de la vallée du Rhône, en amont de Môrel. A 88 km. au N.-E. de ce

Eoint il s'enfonce de^ nouveau sous les schistes lustrés, argeur maximale 10 à 12 km.

Ces deux derniers massifs présentent des répétitions de roches semblables et notamment certains^ enchevêtrements de roches cristallines et sédimentaires à leurs extrémités et sur leurs bords. Il en résulte qu'ils sont probablement formés de plusieurs plis écrasés et non pas d'un seul repli profond. Le massif aes Aifiiiilles Rouges est certainement aussi multiple, à en juger d'après plusieurs intercalations de schistes probablement carbonifères qui s'intercalent entre les rocnes ffneissiques.

B. Massifs en dôme ou nappes. Plis couchés de roches cristallines dont on ne voit que la partie supérieure bombée ou la partie frontale. Ces plis, au lieu d'être placés les uns à côté des autres, se recouvrent en partie, comme des écailles, en se superposant parfois.

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