‹ Dictionnaire géographique de la Suisse;Chapitre 49 sur 225 · IX. X · texte numérisé non relu

IX. X

Année.

rayonnement plus considérable, la formation d'un froid intense dans les hautes vallées. Au lieu des chiffres de la nébulosité moyenne, nous donnerons la durée moyenne

vent du S.-O. Les endroits les mieux abrités du vent sont les vallées alpestres où, même lorsque régnent des courants d'air violents et généraux, on peut consta-

I la variéli eitraordinaire dn sol, où les stations les plus I diverses se trouvent représentées. A part les espèces propres Bui plages maritimes, 3ui naturellement lui font éfaut '. on peut dire que tous les tïpes biologiques de la flore d Europe se rencontrent sur le territoire de la Suisse, depuis les cac-

i grasB.

lea agaves du htloral méditerranéen, jusqu'aux bouleaui DaiDS de Laponie. réfugiés dans les tourbières du Jura, et la ilore des pelouses et des toundras de la zone arctique, dont 1« plupart des types végètent

Nombre soDusl ds jours de brouillard jiar an (moyenn* d«

fluence, nous l'avons vu, est sensible sur la température. Ce vent est dû à de smndes dilTérences de pression atmosphérique des deux cotés des Alpes; tantôt c'est le verssnt N-, tantôt le versant S. qui accuse uue hauteur barométrique moins grande ; les deux veraaata des Alpes ont ainsi chacun leur Tohn ; c'est le nom que l'on donne en général à un vent descendant de la montagne et par conséquent chaud et sec. Dans les Alpes, le fôhn souflle plus fréquemment et avec la plus grande intensité dans les vallées rayonna ni vers le S. et vers le N.. depuis le massif du Saint-Crothard, ce qui s'explique facilement par suite du prolil du rempart alpestre. Sur le versant N-, les principales vallées ou règne le fôhn sont celles de la Reuss. du Hasli, de la Linth et du Rhin, où il souffle parfois en terapële ; c'est aénéraleraent en hiver que ce rôhn du S. (SùdfohD) ou fohn tout court souflle avec violence, el cela avec deux maxima, l'un en octobre, l'autre en marsavril. Le chiffre moyen des jours de Tohn (de 1864 à 1880) a été annuellement, pour Altatàtlen. dans la vallée du Rhin, de 34, dont 9 en hiver. 11 au pHolemps. 4 en été et 10 en automne. Le fohn du N. (Nordrôhn) qui souffle dans les vallées méridionales, en particulier dans le Bregaslia, a un maximum prononcé en février- mars. En été, par le beau temps, de nombreuses vallées ont un vent très régulier, dû à la montagne, qui dans la journée remonte la vallée (Thaiwind) el dans la nuit la redescend (Bcrewind). En général le Thaiwind (veni de la vallée) souflle avec plus d'intensité et donne aux arbres, ensuite de sa grande fréquence et de sa régularité, un aspect particulier (Wiiidiorm), très marqué, par exemple dans la vallée du Rhône entre le Léman et Samt- Sulpice (!■■ R. Bii.i.«ii,iJiB j..n.]

Iv. Flora. La Suisse est l'un des pays de l'Europe qui, relativement à sa superficie, possède la ilore la plus riche en espèces. Tandis que l'Allemagne, déduction faite des Alpes bavaroises, compte 2590 espèces indigènes environ (d après Garke). la Suisse, sur un territoire 13 fois plus pelit. en possède une cinquantaine de plus, soit environ zti40. Encore y a-t-il lieu de tenir compte de l'énomie pro-

Eortion de sol improductif qui couvre presque un ^an de I superncietotale(1043360ha. sur 4133399 ha.), ce qui ramène à 3990039 ha. la surface utilisée par le végélalion. La cause de cette richesse est essentiellement due à

les types de steppes ne nous sontpoint étrangers, et grâce au climat continental créé par l'altitude, on rencontre sur la plupart des sommets de la naute chaîne alpine, en Valais et dans l'Engadine surtout, plusieurs espèces orientales originaires des steppes asiatiques. En s'implanlant dans nos montagnes, ces espèces se sont ai^ptées aux conditions spéciales qu'elles y ont rencontrées et constituent «1-18951. dsiiro. G. Streun. maintenant un des éléments

les plus intéressants de notre flore alpine. Telles sont, pour ne citer que les plus remarquables, le pin arolle, l'edelweiss, l'éphédra.

Si les bords de nos lacs n'hospitalisent qu'eiceptionnellement des types halophiles propres aux rivages salés, ils offrent sur plusieurs points des plages sablonneuses, des dunes mêmes, où les types psammophiles sont largement représentés. Enfin, pour ne parler que des stations exceptionnelles, les gariguci du Midi ont leurs analogues dans les gai-ides décrites par le Prof. Chodat au pied occidental du Jura.

Au point de vue de la nature géologique du sous-sol, mSme diversité. Les Alpes laissent affleurer presque tous les terrains de réchcAe géologique, depuis les roches cristallines primitives, les granits, les gneiss el les schistes, jusqu'aux dépôts sédimentaires les plus récents en Cassant par les couches anthracifèrea de l'époque houil- 're, les roches salines du trias, les couches argilo-calcaires du jurassique inférieur el moyen, lea calcaires compacts du malm et du crétacique, les grés el les coDglomérats du tertiaire, enfin, tes dépôts glaciaires anciens et contemporains. Toutes ces roches, si diverses par leur nature pélrographique el chimique, contribuent à accroître dans une notable mesure la variété des stationa offertes aux espèces végétales et bvorisent largement la ségrégation d'espèces rares, si facilement menacée par la concurrence des types envahissants. Toutefois, hatonsnous d'ajouter qu'elles ne constituent pas de substratums spécifiquement tranchés, couverts de florules distinctes. A part les terrains franchement siliceux ou nettement calcaires, qui déterminent une délimitation des espèces calrifoles et des espèces silipicoles, la plupart des roches qui forment le sol végétal agissent sur ta composition Oorale davantage par leurs propriétés physiques (conducUbililé thermique, perméabilité, pouvoir absorbant vis-àvis de l'humidité et de la chaleur, etc.) que par leur composition chimique. Le Plateau et le Jura n'ont pas, il est vrai, une variété minéralogique aussi grande que celle des Alpes, cependant grâce aux dépôts erratiques d'origine glaciaire qui les recouvrent, grâce en outre à l'éro-

S'iallon transitoin el adventice, deux Ivuei carte l^riitiqaci > pKgBs marilimea fahlonneu»». le SaliO'- '-•- -' '- »-'-'- Kali. deux saliolifleas hslophiles bien coDi

e Saitola

SUI

SUI

sien qui met à jour les couches profondes, ils ne possèdent pas l'uniformité qu*on serait tenté de leur attribuer lorsqu'on envisaffe la grande prédominance des assises calcaires ou mollassiaues qui les constituent. A côté de la diversité occasionnée par la nature du sous-sol ou par des conditions locales superficielles (roc, sable, marais, clairière, prairie, forêt, etc.), d'autres facteurs plus généraux interviennent auxquels, plus encore qu'à ceux que nous venons d'énumérer, la Suisse doit sa richesse en espèces végétales. Les phénomènes géologiques qui ont donné naissance à la chaîne puissante et déchi-

3uetée des Alpes, au Jura et au Plateau bordés de lacs et e collines, ont créé sur notre territoire, malgré son exififuité, trois grandes régions climatiques* distinctes dans lesquelles l'altitude et la configuration topo^raphique découpent encore des sous-régions bien délimitées que le botaniste peut envisager comme autant d'unités.

Dans les articles Alpes, Jura et Plateai;, nous avons esquissé les caractères généraux de la végétation de ces

2. La zone des arbres à feuilles (région montagneuse), qui s'étend de la limite supérieure de la vigne à celle du hêtre.

3. La zone des forêts de conifères (région subalpine), qui s'élève jusqu'à la limite supérieure des forêts.

4. La zone alpine comprise entre la limite supérieure des forêts et les neiges persistantes.

Cette dernière zone comprend :

a) Une zone alpine inféneure, caractérisée par les buissons alpins (rhododendrons, saules, aulnes) et par les prairies alpines ;

b) Une zone nivale, comprenant les arêtes, les moraines, les combes de neige, etc.

Suivant la nature du terrain, son relief et son exposition, la limite supérieure de ces diverses zones varie notablement dans les diverses régions de notre pays, ainsi que l'indique le tableau suivant que nous empruntons à 1 excellent ouvrage de C. Schrôter: Dca Pflanzenleben der Alpen.

Pour compléter ce tableau, mentionnons encore quel-

Distribution verticale de la végétation.

Massif du SttQiis.

Nord de la

Snisse (Alpes

septentrionales).

Oberland bernois.

Tessin.

Valais.

Eogadine.

g 1 Zone S. 1 nivale.

c i Zone

o f alpine in-

^ \ ferieure.

au-dessus de

au-dessus de 2500-2600

au-dessus de 2800-2900

au-dessus de 2700-2800

au-dessus de

(Max. 3200)

2150-3050 (Max. 3200)

au-dessus de

Zone subalpine ou des forets de conifères.

1300-1650 Limite forestière descendant à 1560 (Minim.pour

la Suisse).

«63-2150 Max. d'élévation des arbres

Limite forest.

supérieure de

1200-2275 Max. d'élévation des arbres

2300-2400 Limite forest.

supérieure

Zone montagneuse des forets à essences ,^ feuillées.

jusqu'à 1300

jusqu'à 1200

Zone inférieure (région des^cultures).

jusqu'à 550

jusqu'à 550

(Max. 700 au

lac de Zurich).

jusqu'à 700 châtaignier jusqu'à 1000

jusqu'à 800 (Max. 1210)

trois grandes régions climatiques et topographiques de notre pavs, réservant pour les articles Valais, Tessin, Enfadine, Oberland bernois, etc., les particularités propres a la flore des sous-régions végétales. Il y a lieu toutefois d'observer q^ue les subdivisions politiques ne se superposent pas toujours exactement aux districts botaniques qui, eux, sont -déterminés essentiellement par la configuration topographique, et correspondent aux subdivisions naturelles suivantes :

i* La région des lacs insubriens.

2» Le bassin du Rhône comprenant : a) le bassin du Léman, b) la vallée inférieure du Rhône, de Martigny- Saint-Maurice à Villeneuve, c) le Valais intérieur.

S" La vallée et les lacs du pied du Jura.

4» La zone des lacs et du fôhn sur le versant nord des Alpes.

3fi La vallée du Rhin de Coire à Schaflhouse, y compris le Bodan.

6* Les Alpes avec leurs subdivisions naturelles (occidentales, centrales, orientales, septentrionales et méridionales).

7» Le Jura.

En ce qui concerne la distribution verticale de la végétation, nous distinguerons avec H. Christ les zones altitudinales suivantes :

1. La zone inférieure, caractérisée par la culture de la vigne et des arbres fhiitiers, ainsi cfue par la présence de ijpes méditerranéens ; elle s'élève jusqu'à la limite supérieure de la vigne.

ques-unes des plus hautes stations atteintes par les céréales ou la culture des légumes et des pommes de terre.

I. Zone alpine. Cerfeuil, raves et radis (Saint-Bernard. 2478 m.) ; salade et oignons (Schwarenbach, Gemmi, 2068 m.).

II. Zone subalpine. Sorbus aucuparia var. duhis (sorbier des oiseleurs à fruits doux) ; cerisier (Grisons) jusqu'à 1797 m. ; prunier (Valais) jusqu'à 1650 m. ; seigle, 2100 m, à Findelen, 1900 m. à Lu (Grisons) ; froment, jusou'à 2000 m. en Valais; orge, 1900 m. (Grisons) et 1750 m. (Valais); avoine, 1400 m. (Valais); pommes de terre, jusqu'à 1900 m. (Valais), 1726 m. (Samnaun), 1776 m. (Campsut, val d'Avers). A CresU, 1949 m., dans le val d'Avers, on cultive les légumes suivants : cerfeuil, persil, poireau, oignon, rave, radis, salade, ail, céleri, chou- rave, choufleur, carotte, épinard, pois, bette, ciboulette. A Saint- Moritz, 1856 m., outre une partie des légumes précédents, on cultive encore le chou pommé; au Grimsel, à1878m., des raves; à Crôt, 1720 m., val d'Avers, du lin, du chanvre et des betteraves ; au Simplon, à 2000 m., des fèves.

Forêts. Nous avons, a dessein, réservé pour l'article Suisse le domaine forestier, plus facile à envisager d'une façon générale dans sa composition et sa distribution que Is flore herbacée.

Le développement de la population et de l'agriculture a considérablement réduit et morcelé le domaine forestier qui, dans les temps préhistoriques, couvrait presque toute rétendue de notre territoire jusqu'à l'altitude de 2000 à

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2400 m. Toutefois, plus du cinquième de la superficie de la Suisse (20,6 %) reste occupé par la forêt, et cette pro-

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