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d'après TeWZcLIiiûwrJiesTmdtes desfbrèis en Suisse ^ AUmgersc
1723 m. Le sommet des Aiguilles de Baulmes, qui dépasse 1550 m., est également boisé. Entre le massii alpin du
Mont-Rose, où la limite forestière est la plus élevée (2250 m.), et le massif du Sântis où elle est la plus basse (1550 m.)i la différence est de 7(X) m. Entre le versant N. et le versant S. des A.lpes, la diflérence est en moyenne de 100 m. Les essences qui le plus souvent forment la limite sont dans le Valais, le Tessin et rËngadine, le mélèze et Tarolle, dans le Jura et les Alpes septentrionales, y compris le N. des Grisons, c'est Tépicéa.
La limite forestière supérieure dans les diverses parties de la Suisse est assez exactement déterminée par celle des neiges persistantes, au-dessous de laquelle elle tombe, suivant les contrées, de 700 à 1000 m. soit en moyenne de 850 m. C'est ce qu'indique très nettement la carte suivante du D' Imhof {Die W'aXdgrenze in der Schweiz), ainsi que celle du D<^ Jegeriehner (Die Linien gleicher Hônenlage der kliniatischen cfesnei^S Schneegrenze {Isochionen) in der Schu>eiz), permettant de comparer les isohypses forestières i^vec les isochionés ou lignes d'égale hauteur des neiges persistantes.
D'une façon générale, c'est dans le Jura que les forêts Limite présentent le plus d'étendue fies forêts et de continuité. Les cantons les mieux boisés sont SchalT-
\, ~ Limite
house et les cantons entière- Limitet des forêts et limites des neiges dans les diverses refluions des Alpes suisses. ment jurassiens de Soleure,
Neuchâtel etBâle-Camparoe; les plus faiblement boisés sont Genève, Uri et Bâle- ville. Ces derniers doivent importer du bois, tandis que les cantons alpestres : Grisons, Valais et Obwald en produisent plus qu'ils n'en utilisent. Néanmoins, cette surproduction est loin de suffire à la consommation totale de la Suisse qui, de 1896 à 1901, par exemple, a im-
portion s'élève à plus d'un quart (28%) si l'on envisage non plus la surface totale, mais seulement celle du sol
Sroductif. En Europe, territoires arctiques à part, retenue des forêts représente en moyenne oO % de la superficie totale. Pour la France, cette proportion n'est que de
16%, pour ritolie 200/o, pour l'Allemagne 26%, enfin, en Autricne, elle atteint 33 %.
Sur les 4 millions d'hectares (4132399 ha.) de superficie de la Suisse, 856005 ha. sont couverts de forêts dont la plus grande partie, 67% environ, appartiennent aux communes ou communautés. Ce chifl're est loin d'être atteint dans les pays qui nous avoisinent, où 4,5 % seulement sont des forêts d'État et 28,5 % des forêts particulières. La proportion des forêts domaniales ou de l'État, communales et privées, varie d'un canton à l'autre, ainsi que l'indique le tableau ci-joint.
Comme on le voit par les chiffres de ce tableau, les cantons de Valais, Tessin, Grisons et Uri ne possèdent pas ou presque pas de forêts domaniales. La plus forte proportion de forêts communales se rencontre en Valais, avec 94,3% et c'est Lucerne qui possède la plus forte proportion de forêts particulières, 78,8 %.
En ce qui concerne la distribution verticale de nos forêts, on observe d'assez grandes variations suivant les localités et l'exposition. D'après Imhof, les limites supérieures sont les suivantes :
Valais et Engadine .... 2100-2200 m. Tessin et Nord des Grisons . 1800-2000 » Hautes- Alpes méridionales 2050 «
Hautes-Alpes septentrionales 1800 •>
Préalpes 1&50
Jura 1500 »
Au Crêt de la Neige, dans le Jura occidental, les pins forment des massifs clairsemés jusqu'au sommet, soit à
Superficie actuelle des forêts en suisse et dans
différents cantons.
(Communique* par l'iDspectsur-forestier H. Badoux.)
GsotoDs.
Forêts de
Forets commun «le**.
Forèls partii ulièreH.
ToUl.
hm.
ha.
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Zurich ....
Berne
Lucerne . . .
Uri
Fri bourg . .
Saint-Gall . .
Grisons. . . .
Tessin ....
SchalDiouse .
Suisse
Dont forêts protectrices . . .
>> ). non protectrices
Dtal . .
porté en moyenne pour 17 millions de bois annuellement, tant en bois à brûler qu'en bois de construction et en produits industriels. En 1904, le chiffre de l'importation s'élève même à 26 millions.
SUI
Les données concemint l'accroissement mojren des forêts en Suisse sont encore loin d'ftre sufTisantes pour permettre uneévalualion <|uelque peu précise de leurrendement possible. Touternis, partout ou ces donni^es eiistent et servent de base à une exploitation rationoclle. on constate un rendement élevé dépassant le plus souvent ce cjuon observe dans tes pays voisins. Le rendement des roréts communales d'Aarau. Lenzboura et Saint -Gall atteint en moyenne 9 m^ par hectare, celui des forêts des villes de Zurich et Winterthour environ S m^ par ha. Une i^valuaiion approximative faite par le prof. Landolt, de l'école forestière fédérale, à propos de l'exposition na-
SU
laled
■ich. indiq
it 33 millio
spécialement à Zurich et à Winterthur, les prix sont en
Eénéral encore plus élevés que dans la Suisse française, es prix dépassent sensiblement les prii movens pavés dans ces dernières années en Allemagne, où 35 â 30 fr. sont des prix maximum pour les résineux. Grâce à ces prix élevés, le rendement brut par ha. atteint, pour certaines forêts, un taux inconnu ailleurs. C'est ainsi que les forêts de la ville d'Aarau accusent un rendement brut moyen de 175 fr. par ha,; celles de Zurich, Moral el Winterthour de 150 fr. En 1WE. le rendement à l'ha. pour les forêts de la ville de Winterthour s'est même élevé a 187 fr. Ces chiffres sont évidemment exceptionnels, néanmoins l'ensemble des forêts cantonales d'Areovie et de Zurich donne un revenu brnl de 100 fr, à I ha. tandis que les plus riches forêtfi d'Etat en Allemagne ne dépassent guère
<L« cbinni i
liqueo
gueur des nouvelles lois forfsti^res fédérales et cantonales ces chiffres ne soient sensiblement majorés,
font varier (nature du bois, situalion de la forêt, tarifs de transports, conditions d'exploitation, etc.). Depuis une cinquantaine d'années, on constate cependant d'une façon générale, une tendance progressive vers la hausse, interrompue seulement par quelques lléchiasements temporaires. En 1861, tes prix moyens du m^ de bois industriel étaient pour les résineux de ^t fr. 50. pour le chêne de 37 fr, et pour le hêtre de 25 fr. En 1876, ils alteianent leur maximum avec 36 fr. 50. U fr, 50 el 33 fr, 50 environ ; en 1899, après une baisse sensible, ils remontent â 31 fr. pour les résineux, 17 fr. 50 pour le chêne et 31 fr, pour le hêtre. Pour les forêts de la ville de Lausanne les prix suivants ont été atteints en 1905 : sapin 23 fr, 40 par m^, chêne 00 tr.. hêtre 35 fr. 70, Dans [a Suisse allemande.
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70 fr, par ha. Dans le Jura el les Alpes, le rendement est naturellement inférieur et tombe entre 10 et 60 fr. avec tendance à la hausse.
Léifiitalian fnreslù-re fèiiêmie. Il n'y a (tuère qu'une trentaine d'années qu'il existe une législation forestière fédérale. C'est dans la Conslitulion de 1S71 qu'elle fiit introduite par l'article 24. qui accordait à la Confédénition un droit de haute surveillance sur l« police des eaux et forêts de la zone alpine, spécialement en ce qui concerne la correction el l'endiguement des torrents, ainsi que le reboisement de leur bassin d'alimentation. Ce n'est qu'à partir de 1876 que la loi réglant l'intervention fédérale en celle matière entra en vigueur. En 1897. la restriction limitant le droit de la Confédération à la lone alpine seulement fut supprimée et les dispositions de la loi de 1876 étendues provisoirement, dès 18118, à tout le territoire fédéral. Cette mesure transitoire n'était qu'un acheminement vers la loi de 1902, qui confère à la
ConrédérBlion le droit de haute surveillance sur la police dea forSts de toute la Suisse et distingue tout spécialement IcH foréls protectrices, situées dans les territoires menacés par tes torrents et les avalanches. Indépendamnient des subventions qu'elle alloue pour les travaui de protection et de reboisement, la Confédération seconde en outre les cantons dans la formation et la ii'tribution du personnel forestier subalterne et dans le traitement des inspecteurs forestiers. La loi forestière fédérale de 1902 est d'application encore trop récente pour qu'on puisse la juger d'après ses elTets, mais il n'est pas douteux qu'elle donnera a l'aménagement et à l'eiploitation rationnelle de nos forèls une impulsion féconde.
Rûle clinialique. En dehoi-s de sa valeur économique, la forêt Joue aussi un rôle climatique et hjgiénique
u feuillage des arbres.
ron, reste adhérente à l'Àurce et a et si le sol forestier reçoit de ce fa:
conserve plus longtemps ^râce à U protection que la cou< ronne des arbres exerce a l'égard de l'évaporation. En forêt, rëvaporation se trouve diminuée de moitié et même davantage encore lorsqu'une épaisse couverture d'humus et de débris maintient l'humidité du sol. En entravant à ta fois l'évaporation et le ruissellement superliciel des eaux méti^riques, la forêt favorise leur pénétration et leur emmagasinement dans le sol. et l'on sait quelles consé^ quences considérables it en résulte pour l'ahmentation des sources et la régularité de leur régime. Il nous suffira eolia de mentionner en terminant le rôle mécanique de
tirotection joué par la forél vis-à-vis des avalanches, ébouements, cyclones, etc. . ainsi que son rôle hygiénique ré-
^blonea. courbas iodlquai
Equant la Limita iDférj«ura dai nvisea perslstaataa daj ■pria la D' Jagsrlebna''.) (Im» chifl'rss Indiquant l'ail
important. Le voisinage de grandes forêts régularise les oscillations de la température et abaisse dans le Plateau, par eiemple. de 1 à 1 1/,° C. les maiima de l'été par rapport aux territoires non boisi'S. Celle influence régulatrice s'observe également dans la température journalière : le maximum diurne en été est moins élevé el le minimum nocturne est relevé. Quant à la température du sol. elle paraft être sensiblement plus élevée en été. au
Sirinlemps et en automne dans le voisinage des grandes aréta. tandis qu'en hiver elle s'y abaisse moins que dans les ri'gions non boisées. Avec rabaissement de U température le degré d'humidité relative de l'atmosphère est augmenté, et bien que les données plu viom étriqués recueillies jusqu'ici soient encore trop peu nombreuses pour permettre d'établir des chiffres détinitifs. on peut admettre que les précipitations atmosphériques sont sensiblement plus abondantes dans le voisinage des grandes forêts qu'en pays non boisé. D'autre part, une notable partie des condensations atmosphériques, le '25%envi-
ilJlDde an mètraa).
la grande quantité d'ox)-gène qu'elle rejette nt dans l'almosphére. pour justilier l'opportunité d'une législation fédérale sur l'entretien el l'exploitation de notre riche domaine forestier.
Lei eaaiticei foresliiret el letir diafribuiion. 1. Les feuillus. D'après leur composition, nos forêla se divisent en forêts à essences feuiflées et en forêts de conifères. Assez souvent d'ailleurs ces deux sortes d'essences sont mélangées. Dans la lone inférieure, jusqu'à 1350 m. environ, ce sont les essences feuillées qui dominent et tout spécialement le hâlre ou foyard, qui souvent à lui seul forme des massifs étendus. Suivant la remarque d« Grisebach, le hêtre est l'expression la plus parfaite du climat
intéressantes à envisager. D'après Sendtner. le hêtre ■ besoin d'une période de végétation de 7 à 8 mois pendant le*- 3uels la température moyenne reste supérieurei 0''C, el 'au moins» mois pendant lesquels elle dépasse 6° C. S'il supporte très bien les intempéries et même les frimas, le
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tinental lui est funeste. Ce sont ces exigences particulières jointes aux conditions locales créées par la concurrence d'autres espèces qui règlent la distribution du hêtre en Suisse. Dans le sens de Taltitude, il ne forme guère de massifs purs au-dessus de 1200 m., mais s*élève parfois mélangé à d'autres essences jusqu'à 1500 m. Dans le Jura, il est refoulé en général au-dessous de 900 m. par le sapin blanc, qui domine dans la zone supérieure. II s'élève cependant mélangé à d'autres essences ou isolément iusqu'à 1200 et même 1300 m. Dans certaines vallées abritées du Tessin et du Valais ival de la Lizerne), on l'a signalé jusqu'à 1800 m. Quant à sa limite inférieure, le hêtre ne l'atteint aue dans la partie la plus méridionale du Tessin où il descend jusqu'au voisinage des lacs. Sa distribution horizontale est non moins intéressante ; entre 400 et 900 m. il s'étend d'une façon presque ininterrompue sur toute la chaîne du Jura et se rencontre sur la plus grande partie du Plateau ainsi que dans toutes les vallées et les pentes du versant N. des Alpes. Par contre, il fait défaut dans la plus grande partie des Alpes centrales; il ne s'avance dans la vallée de la Reuss
aue jusou'à Wassen, dans celle de l'Aar jusqu'à Gadmen, ans celle du Rhin jusqu'aux environs de Coire ; il manque dans toute la partie centrale des Grisons et dans tout le Valais en amont de la cluse de Saint- Maurice, à l'exception de la station de Mont-Chemin, au-dessus de Charrat et de Saxon, où l'intluence du vent humide venant du S.-O., à travers le Léman, se fait encore sentir. Enfin, il manque presque entièrement dans les vallées de la Kander, de la Sirame et du cours supérieur de la Sarine. Au Tessin, il est assez répandu et souvent même mélangé au mélèze. Son absence dans le voisinage des hauts massifs alpins, ainsi qu'en Valais et dans la partie centrale des Grisons, s'explique avant tout par le caractère plus continental du climat de ces contrées, par l'insuffisance de l'humidité et par l'action de vents desséchants. En compagnie du hêtre, mais jouant un rôle secondaire dans la formation de la forêt à essences feuillées, on peut citer le charme {Carpinus Betulus) qu'on trouve par-ci par-là dans la région inférieure, surtout dans les environs du lac des Quatre-Cantons, dans l'Oberland bernois, dans le Bas-Valais et au pied du Jura où sa taille rivalise avec celle du hêtre. L'érable- plane {Acer plalarwides) ne se rencontre guère que par pieds isolés dans les forôts de hêtres et ne s élève nulle part au-dessus de 1000 m. Le houx {Ilex aquifolium), le seul arbre toujours vert qui s'avance aussi loin vers le Nord, est intimement lié dans sa distribution au hêtre et au sapin blanc, sous les ombrages desquels il se réfugie nabituellement ; c'est dire qu'il manque au centre du Valais et dans les Grisons; par contre, dans le voisinage des lacs de Thoune, de Sarnen et des Quatre-Cantons, il atteint jusc^u 'à cinq mètres d'élévation. Comme compagnon du hêtre, citons encore le faux pistaichier [Staphyl^a pinnata), arbrisseau de 1 à 2 mètres, qui trouve chez nous sa limite occidentale, le fusain à larges feuilles (Evonymus latifoUus), qu'on rencontre disséminé dans les bois et les buissons de la zone inférieure dans la Suisse orientale ; enfin le Cytise alpin (Cytisus alpinus), l'érable à feuilles d'obier {Acer Opulus), qui se rencontrent fréquemment dans les forêts ae hêtres de la Suisse occidentale, auxquelles ils donnent un caractère méridional qu'on n'observe plus à partir du Jura bernois.
Plusieurs espèces herbacées intéressantes accompagnent habituellement le hêtre ; telles sont le Taminier {Tamus comniunis), VAsperula taurina et le Sedum hispanicuftif trois espèces méridionales dont les deux dernières, il est vrai, ne se rencontrent que dans la Suisse orientale; à celles-ci s'ajoutent Carex pilosa et pohjrrhiza^ ^felica unifiera, Campanula cen'icaria et persicifolia, Orobus niger, Scilla bifolia, Crépis prœniorsa (ce dernier manque à l'Ouestj, etc.
Après le hêtre, c'est le chêne qui joue le rôle le plus important dans la constitution des forêts de feuillus, cependant il faut reconnaître aue cette belle espèce diminue de plus en plus en Suisse. 11 n'existe plus cfue par groupes ou massifs peu considérables dans la région inférieure, et il est rare qu'il forme de véritables forêts. Des bou-
quets et des pieds isolés se rencontrent disséminés en de nombreuses stations. D'après Thurmann, on en retrouve des restes jusqu'à 1000 m. d'altitude dans les hautes tourbières du Jura bernois. C'est au pied du Jura, sur le bord occidental des lacs de Bienne et de Neuchâtel, que le chêne est le plus répandu et forme des forêts de quelque étendue. La forêt de Sauvabelin, au-dessus de Lausanne, est encore en grande partie composée de chênes, mais comme toutes les autres elle est menacée par l'envahissement du hêtre. Le chêne à fleurs pédonculées {Quereus pedunculata) et le chêne à fleurs sessiles {Quercus sessiliflara ou chêne-rouvre, sont les deux espèces représentées en Suisse dans les boisements naturels. La pre-
mière est de beaucoup la plus répandue ; c'est l'espèce du centre de l'Europe ; elle s'élève dans le Jura jusque vers
généralement des régi plus basses ; il se rencontre surtout sur la lisière du Jura méridional s'élevant même par pieds isolés jusqu'au sommet de Chaumont à plus ae 1100 m. (TripetJ, dans la vallée du Rhône, ainsi que dans les vallées du versant méridional des Alpes. Les deux espèces réclament un sol riche et argileux et ne prospèrent dans le Jura qu'en dehors des aflleurements calcaires.
Les essences feuillées qu'il nous reste à mentionner ne jouent qu'un rôle secondaire dans la composition de la forêt ; par contre, elles sont un élément de variété et plusieurs d'entre elles, tout en contribuant à l'embellissement du paysage, ont une valeur économique qui n'est Î)as à dédaigner ; tels sont : le frêne, répandu dans toute a Suisse par groupes ou par pieds isolés jusqu'à 1900 m. d'altitude et dans les stations les plus variées ; l'orme est repi*ésenté par trois espèces dont la plus répandue, VUlmus canipestris, se rencontre en compagnie de l'érable champêtre et du tilleul dans tout le pays, le long des chemins, à l'intérieur et au bord des bois, jusqu'à 1 altitude de 1200 m. VUlmus montana se rencontre par-ci par-là, dans le Jura et dans le Valais; quant à VUlmus pedunculata, il n'apparaît qu'au N.-E. de la Suisse, dans le canton de SchafThouse en particulier. Des deux espèces de tilleuls, c'est celle à feuilles cordées fTilia cordataj qui est la moins commune ; on la rencontre surtout vers le S.-O., sur la lisière du Jura. Le tilleul à larges feuilles (T. platyphyllos) s'élève dans presque toute la Suisse jusqu'à 1000 m. et même 1600 m. en Valais. Il est moins répandu dans la Suisse occidentale et dans le Tessin que dans le reste de la Suisse. En pieds isolés, les tilleuls atteignent un âge et des dimensions considérables. Arbres historiques : tilleuls de Morat, Fribourç, etc.
L'aulne {Alnus glutinosa) est sur le Plateau l'arbre caractéristique des dépressions et des berges des cours d'eau. Dans les valU*es des Alpes centrales, il est remplacé par l'aulne blanchâtre {Alnus incana)^ qui s'élève jusqu'à 1500 m. sur les berges sablonneuses et graveleuses en compagnie de saules variés. Dans le voisinage des eaux courantes et dans les stations fraîches et humides croissent également les peupliers, le blanc et le noir, tandis que le tremble s'accommode de stations plus variées. Les cerisiers, pommiere et poiriers sauvages, ainsi que les sorbiers {Sorbus Aria, aucuparia, tormxnalis), croissent aussi fréquemment partout, spécialement dans le Jura.
Contrairement aux espèces précédentes, le bouleau blanc, bien qu'il ait une distribution extrêmement irréguliêre, joue parfois un certain rôle dans la composition des forêts, surtout dans la zone alpine où il se trouve fréquemment mélangé aux résineux, au pin et au mélèze particulièrement. A Kipfen, dans la vallée inférieure de Saint-Nicolas, il forme même, sur les restes d'un ancien éboulement une véritable forêt en compagnie du mélèze. Sur la route du Simplon, de Schallberg à Bérisal, c'est au pin qu'il est mélangé. Dans la vallée de Bagnes et ailleurs on l'observe fréquemment à la limite supérieure de la forêt; dans la Léventine, au-dessus de Faiao, il croît mélangé à l'aulne blanc, enfin dans les tourbières du Jura, comme dans celles du Plateau et des Préalpes, sa variété pubescente {Betula alba var, pubescens) forme, en compagnie du pin de montagne, un des éléments les plus caractéristiques de ces curieuses formations.
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Forêts de la zone insubtnenne. Au point de vue de la composition de ses forêts, la zone insubrienne mérite une description spéciale. C'est là que le châtaignier prend toute son importance. En descendant des sommets au Gothard, on le rencontre pour la première fois dans la Léventine, à Faido, à 800 m., mais sur les pentes bien exposées il est capable de s'élever au-dessus ae 1000 m. Dans tout le bassin des trois lacs, il forme d'immenses forêts recouvrant d'une végétation exubérante, partout où la vigne ne Ta pas délogé, les pentes inférieures des montagnes. Au N. des Alpes, bien qu'il n'atteigne pas le développement qu'il présente dans la zone insubrienne, il forme cependant d'importants massifs, soit dans le Bas-Valais et le bassin du Léman, soit sur les rives du lac de Zoug et des Quatre-Cantons, à Vitznau en particulier. (Sur la distribution du châtaignier dans la Suisse centrale, voir Engler, bchwexzeHscheLeitschrtftfûr Forstweseny 1900. No«3 et 8. Au pied du Jura on le rencontre par places depuis le canton de Genève jusqu'à l'île de Saint-Pierre au lac de Bienne. On le voit également près de Murg sur le lac de Walenstadt, ainsi que dans le Rheinthal. Ce n'est guère qu'au Tessin et dans le Bas-Valais jusqu'au Léman que le châtaignier joue un rôle important dans l'alimentation ; les fruits récoltés au bord du lac des Quatre-Cantons sont rarement mangeables. Dans les parties chaudes du Tessin, le châtaignier vit en compagnie de plusieurs espèces méridionales intéressantes ; telles sont : le chêne cerris {Quercus Cerris) qu'on rencontre sur les flancs du Generoso, le frêne a manne ou frêne fleuri {Fmxinus Omus) et VOshya carpinifolia^ qui sont répandus dans toute la zone inférieure.
2. Les forêts de conifères. Tandis que les feuillus occupent surtout les forêts de la zone inférieure, les essences résineuses, pins, sapins et mélèzes, dominent dans celles
rieure de la vécétation arborescente et descend jusque dans la zone inférieure oîi, à lui seul, il constitue souvent d'immenses forêts. De très loin, spécialement sur les pentes des montages, la forêt d'épicéas se reconnaît à sa teinte sombre, qui contraste d'une façon si tranchée avec celle des pâturages. Dans le Jura, l'épicéa ne domine qu'au-dessus de 1300 m. ; au-dessous, il est le plus souvent remplacé par le sapin blanc ou mélangé avec lui. Dans les Alpes, sa limite moyenne atteint 1800 m. environ, mais il s'élève souvent, dans les Grisons et le Valais, jusqu'à ^050 m. et au-dessus; au Praghorn, dans le Haut- Valais, il existe même en tna^si/ jusqu'à 2000 m. (cat. H. Jaccard). Dans les stations les plus élevées, l'épicéa prend souvent l'aspect d'un buisson rabougri ; il peut alors atteindre une centaine d'années sans s'élever a plus de 1 à 2 m. de hauteur avec un tronc de 3 à 4 cm. d'épaisseur. Dans les pâturages moins élevés, où l'épicéa croît en pieds isolés, il prend une ampleur magnifique et forme ces superbes gogants (Wettertannen ou Schirmtannen, sapins protecteurs), sous lesquels le bétail aime à s'abriter. Le sapin blanc, qui forme aussi de semblables gogants, prend souvent, lorsqu'il est écimé par la foudre, la forme de candélabre à plusieurs branches, grâce aux ramifications inférieures qui s'élèvent verticalement. L'épicéa estremar-
Îuable par son extraordinaire variabilité. Dans son étude He Vielaestaltigkeit der Fichte, le Prof. Schrôter mentionne plus de 37 variétés, sous-variétés et formes accidentelles de cette essence.
Tandis que l'épicéa est un arbre des plaines du Nord, le sapin blanc est, au contraire, un arbre des montagnes du Midi, aussi joue-t-il dans nos forêts un tout autre rôle que l'épicéa. Dans les Alpes, il occupe surtout les stations inférieures ; mais il s élève assez fréquemment, en Valais, par exemple, jusqu'à 1800 m. et même 2000 (cat. H. Jaccard). Dans le canton de Saint-Gall on le signale jusqu'à 1700 m. (Wartmann et Schlatter). Il est rare qu'à lui seul il forme une forêt ; on le rencontre surtout mélangé à l'épicéa sur les versants ombreux à sol calcaire ou ardoisé. Sa distribution dans le Jura est tout autre : là, entre 700 et 1300 m., il forme l'essence dominante des forêts qu'il constitue le plus souvent à lui seul. Il atteint souvent des dimensions considérables. Dans la plaine, le sapin s'avance moins loin que l'épicéa; il lui faut un sol incliné.
Il est en outre distribué d'une façon moins égale dans les diverses parties de notre territoire. Il est plutôt rare dans les Grisons et le Valais et montre une préférence marquée
Eour les contrées de l'Ouest. Après 1 épicéa et le sapin la ne, c'est certainement le mélèze {Larix europaea) qui i'oue le rôle le plus important dans les forêts de la Suisse. >e mélèze est l'arbre caractéristique de la haute chaîne des Alpes ; mieux que tout autre il est parfaitement adapté à son climat continental, grâce à la chute périodique de ses feuilles. On ne le rencontre, il est vrai, guère en forêts
1)ures, et sauf dans le Haut- Valais, principalement dans a partie supérieure des vallées de Saas et de Saint-Nicolas où, seul, il forme de vastes forêts; il est le plus souvent mélangé à l'épicéa et à l'arolle. Il manque presque complètement dans les cantons primitifs, sauf dans la partie supérieure de la vallée de la Reuss, ainsi que dans le canton de Glaris. On le rencontre dans les hautes vallées des Alpes bernoises, mais il fait presque complètement défaut dans leur partie inférieure, ainsi que dans les Préalpes et le Jura. Il atteint en Suisse sa limite N. sur le versant oriental du Gâbris, à 1250 m. Dans les Alpes centrales et dans l'Engadine, il s'élève jusqu'à la plus haute limite forestière et dépasse souvent de 100 à 200 m. la limite de répicéa; en exemplaires isolés on l'observe jusqu'à plus de 2400 m. Dans le Bas-Valais, le mélèze descend jusque dans la région du noyer et du châtaignier, mais dans le Valais central il ne descend pas au-dessous de 1400 m. Le mélèze f>e rencontre aussi sporadiquement dans le Jura, soit mélangé à d'autres essences, soit en bouquets ; il y est cependant assez rare. Plus encore que le mélèze, l'arolle (Pinus Cenibra) qui l'accompagne souvent, est une espèce propre au climat continental. Il atteint son maximum d'extension dans le N.-E. de la Russie et en Sibérie. Il supporte très bien les extrêmes de température et prospère dans des climats où plusieurs semaines durant le thermomètre descend à 20 ° en dessous de zéro. Dans certaines stations, il se contente d'une période ^e végétation de 2V^ mois seulement. Dans la naute-Engadine -qui, en Suisse, représente son domaine de prédilection, les températures observées vers 2250 m., à la limite supérieure de l'arolle sont : pour la moyenne de l'été, 8,7° C, pour juillet 9,6° C. et comme moyenne annuelle 0,1° C. Disséminé à peu près dans toute la chaîne des Alpes, ce n'est guère que dans le Haut-Valais et dans l'Engadine qu'il forme de véritables forêts ; les plus importantes sont : la forêt d'Aletsch, qui s'étend au-dessus du glacier du même nom, jus(^u';4U sommet du Rinderhorn (2235 m.)« la forêt de l'Ergischalp (vallée de Tourtemagne), entre 1680 et 2400 m. (Voir H. Jaccard, Cat. flor. val.), La forêt de Tamangur couvre 70 ha. dans le val Scarl (Engadine). Les forets de la Haute-Engadine, de Findelen, près de Zermatt, et d'Arolla, sont déjà beaucoup moins
{)ure8 et moins considérables. Mélangé au mélèze, avec equel il forme la limite supérieure de la forêt, l'aroUe s'étend dans la Haute-Engadine sans interruption sur une longueur de plusieurs kilomètres. Il ne descend guère au-dessous oe 1800 m., mais s'élève en moyenne jusqu'à 2200 m. Au Wormserjoch (Mûnsterthal) il atteint même 2426 m.. et sur les pentes de Zmutt, au-dessus de Zermatt, 2350 m. Il monte donc plus haut que le mélèze et ne s'arrête qu'à 500 ou 600 m. de la limite des neiges persistantes. Dans les Alpes bernoises, il forme déplace en place des massifs assez lâches il est vrai, mais qui souvent sont composés uniquement d'arolles. Dans les Alpes vaudoises, l'arolle ne constitue guère que de petits bouquets ou croît isolé. Il pénètre jusaue dans les Alpes fribourceoises, mais vers TE. il est très rare dans toutes les Alpes septentrionales ainsi qu'au Tessin. Malheureusement, malgré sa rusticité, l'arolle se maintient avec peine dans les stations qu'il occupe actuellement ; son ensemencement naturel se fait difficilement, et comme il est en butte à plusieurs ennemis, sans parler de la concurrence des espèces qui l'accompagnent, il tend à reculer de plus en plus. Il est incontestable que l'arolle était autrefois plus répandu chez nous, ainsi que le
Srouvent les restes fossiles et glaciaires qu'on rencontre ans des stations où il fait défaut de nos ]our8. Les vieux troncs encore enracinés à 100 ou 200 m. au-dessus de sa limite actuelle; les restes trouvés dans les tourbières; les
SUI
nombreux noms locaux dérivés d*aro)Ie ou de ses équivalents allemands ou romanches qui, dans les Alpes, désignent des endroits où cette essence n'existe plus, etc., sont autant de témoins de son ancienne extension. Plusieurs causes ont contribué et contribuent encore à faire reculer Tarolle de ses anciennes limites ; indépendamment de la destruction irréfléchie due à l'action de l'homme et que l'on constate trop souvent aussi pour les autres essences, vers la limite supérieure des forêts surtout, mentionnons les incendies de forêts, l'exploitation exagérée qu'explique la valeur du bois d'arolle pour la menuiserie, l'attrait qu'exercent sur les souris, les écureuils, certains oiseaux et l'homme lui-même, les grosses amandes renfermées dans ses cônes, enfm la difficulté avec laquelle se fait dans beaucoup de stations l'ensemencement naturel, grâce à la concurrence d'autres espèces et aux déprédations dues aux chèvres et aux moutons. Voir dans Kirchner, Lôw et Schrôter LebenS" geschichte der Blûtenpftanzen Mitteleuropas, la notice de Rikli et Kirchner sur Piniis Cenibra.
Le pin sylvestre (la daille) ne se rencontre que dans les terrains sablonneux; c'est dire qu'il n'a pas en Suisse l'extension qu'il présente dans les plaines du Sud ou du Nord de FAllemagne où, à lui seul, il couvre des forêts de plusieurs kilomètres carrés. Les seules véritables forêts de pins sylvestres que nous ayons en Suisse recouvrent des dépôts sablo-graveleux, fluviaux ou morainiques sur le flanc ou à Fembouchure des vallées. Telles sont les forêts d'Ems, au-dessus de Coire ; celles du cône torrentiel du Bois-Noir, entre Martigny et Saint-Maurice, et surtout la belle forêt de Finies, laquelle, non loin de Sierre, recouvre les restes de l'immense cône d'alluvion <^ui s'étend au pied de l'IUgraben. En dehors de ces stations de qiielque étendue, le pin croît encore çà et là par groupes dans les vallées du versant N. des Alpes, dans rOberland bernois, dans la vallée de la Reuss et sur le Plateau.
Il n'est pas rare de l'observer aussi dans des stations rocheuses, où il est souvent comme suspendu, mais seulement dans la région inférieure ; il est rare en tout cas 3u'il monte à plus de 1500 m., sauf dans la llaute-Engaine et le Valais, où il atteint en Suisse sa plus grande élévation, et où, mélangea l'arolle et au pin démontage, il atteint et dépasse 1800 m.; à Chandolin (val d'Anniviers) il s'élève jusqu'à 1950 m. Dans le Bietsch et le Binnenthal. il forme des massifs jusqu'à 1800 m. (H. Jaccard). Dans le Jura, il n'est pas rare de le rencontrer sur des escarpements de calcaire compact. Le pin sylvestre se présente en Engadine sous une forme {rhaetica ou engadinensis) tout à fait semblable à celle qu'il revêt dans la Basse-Laponie.
Dans la zone montagneuse supérieure, le pin sylvestre est remplacé par le pm de montagne {Pinus montana, yulg. torche-pm), qui se distingue par ses cônes brillants, à écailles souvent fortement crochues (var. uncinata). Le
Sin de montagne s'observe par groupes isolés ou massifs e peu d'étendue, disséminés oans toute l'étendue de la chame des Alpes et sur quelques sommets du Jura (Crét de la Neige, Aiguilles de Baulmes). Les seules forêts de quelque étendue qu'il forme se trouvent à Grâchen, dans le Haut- Valais, au-dessus de Lens et entre Oberwald et le col de la Furka. Sur le versant S. du Lukmanier on trouve cette essence mélansée en assez grande quantité au mélèze, à l'arolle et à 1 épicéa. A la Lenzerheide et dans plusieurs stations à l'E. des Grisons, il est aussi assez répandu. Tandis que dans l'O. il forme un arbre élevé, au tronc droit et vigoureux, qui monte jusqu'à 6, 8 et même 10 mètres, il ne forme plus vers l'E. qu'un buisson plus ou moins rampant. C'est en Suisse que se fait la transition insensible entre ces deux formes extrêmes, sans qu'on puisse déterminer quelles sont les conditions extérieures qui provoquent cette transformation. Dans les tourbières, ou le pin de montagne est avec le bouleau une des espèces arborescentes les plus caractéristiques, il revêt une forme naine, souvent tortueuse ou rampante, et constitue la forme uliginosa qui, par son aspect, se rapproche de la forme orientale naine, le Pinuê Putniho, mentionnée tout à l'heure.
La carte reproduite de l'ouvrage de Christ {La flore de la Suisse et ses origines) permet de se rendre compte
rapidement, par un simple coup d'œil, de la distribution relative de quelques-unes des espèces qui constituent nos forêts : le hêtre, le mélèze, le châtaignier, le pin sylvestre et le pin de montagne, ainsi que de la distribution de trois espèces méridionales, Acer Opulus, Cytisus alpinus et Labumum. Cette dernière espèce, contrairement à ce qu'on croyait autrefois, est très abondante dans la vallée du Rhône, de l'Arvel à la Grande-E^u, jusqu'à 1000 m. d'altitude environ. Le Cytisus alpinus est cependant beaucoup plus fréquent, mais ne se rencontre guère que dans la Suisse occidentale, le Tessin et le canton de Berne. Quant à Acer Opulus, il suit le
f>ied du Jura et s'avance jusque près a'Aarau, et dans e bassin du Léman et du Rhône jusqu'à Sierre.
Pour terminer l'énumération des essences résineuses de nos forêts de conifères, il nous reste à parler de l'if, qui n'y joue il est vrai qu'un rôle très secondaire. On ne le rencontre guère qu'en pieds isolés ou en bouquets très mélangés. Il exige passablement d'humidité et un climat doux, aussi n'est-fl guère répandu que sur les pentes inférieures des montagnes, de Martigny au Jorat, sur les bords du Léman, sur celles qui dominent la vallée du pied du Jura (du district de Nyon aux lacs de Neuchâtel, Bienne et Aar), ainsi que dans la vallée du Rhin, à partir d'Uanz, et dans le voisinage des lacs de Thoune, des Quatre-Cantons, de Zou^, de Zurich, de Walenstadt, le Bodan et des lacs insubriens. Il n'est pas rare enfin dans les Alpes saint-galloises et dans l'Oberland zuricois. Contrairement à l'opinion d'après laquelle l'if serait en voie de disparition chez nous, le D'' Vogler estime qu'il prospère et se maintient dans toutes les stations qu'il occupe. (Voir P. Vogler, Die Eibe »n der Schweiz; mH einer Uebersichts-Karte det* jetzigen Verbreitung, Saint-Gall, 1904).
Indépendamment des essences qui la constituent, la forêt de conifères compte un certain nombre d'espèces à feuilles caduques qui s'y rencontrent d'une façon assez constante. En première ligne, mentionnons le Sorbus aucuparia (Thymier ou Sorbier des oiseleurs), qui en automne égaie le vert sombre des sapins par ses magnifiques ombelles de baies rouge vif. Il est rare qu'il fasse défaut vers la limite supérieure de la forêt; souvent il s'élève en buissons plus ou moins chétifs jusque dans les rocailUs des Hautes- Alpes. Toutefois sa limite moyenne est vers 1600 m.
L'érable de montagne {Acer pseudo-Platanus), si fréquent dans les forêts de montagne, en est un des plus beaux ornements. On le trouve d'ordinaire au bord de forêts, dans les vallons abrités, et en pieds isolés dans le voisinage des fermes et des chalets. L érable atteint souvent des dimensions considérables. Il ne forme guère de massifs étendus, mais croît par groupes dans la région des conifères, surtout entre 1000 et 1600 m. En général il ne dépasse pas cette dernière altitude, sauf dans le Valais où il s élève jusqu'à 1800 m. (Rawyl, Lôtschenthal, Zinal) et même Jusqu à 1850-1860 m. au-dessus de Saint- Luc et sous la Rieffelalp.
Flore fossile. Grâce a l'orographie complexe de notre pays, presque tous les terrains sédimentaires s'y trouvent représentés et la plupart renferment des restes fossiles permettant, maigre quelques lacunes importantes, de reconstituer d'une façon plus ou moins complète le caractère des flores qui se sont succédé sur notre sol avant celle qui le recouvre actuellement. Les plus anciens documents nous sont fournis par les dépôts d'anthracite du Bas- Valais, exploités principalement à CoUonge (Valais). Les empreintes de feuilles et les restes de troncs emprisonnés dans ces couches carbonifères nous montrent qu'à cette époque reculée notre pays possédait la plupart des types répandus alors sur le reste du globe. C'étaient surtout des Fougères arborescentes, Pecopteris, Neuropteris, Cyclopteris, etc., analogues à celles que l'on retrouve encore actuellement dans les contrées tropicales humides de l'hémisphère austral, des Prèles de grande taille {Calamités) ou des espèces aquatiques, comme les Annulaires et les SphénophylleSy des Lvcopodiacées gigantesques {LepidoaendronSy Sigillaires), dont les Lycopodes actuels ne nous donnent aucune idée. Au milieu de cette flore essentiellement formée de cryptogames vasculaires, se rencontrent quelques types appartenant aux
Gymnospermes, et se rattachant soit aux Cycadées, soit aui Conifères {Cordaite» et HaJcA<af.
BieD qu'ils soient beancoup plus répandus que les précédenU, les dépôts triasiques ne [nous fonroissent guère
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de renseignements sur la flore de cette époque que dans les environs de Baie, où les assises do Keuper renferment de nombreux restes de plantes. Ce sont des i-quisétac^s, EquiKlum et SrA'roneura, représealses surtout par des Prèles puissantes dont les tiges cannelées semblent des fûls de cotonnades; desConitéres du genre Vnltzin.ilea Plerùphylles se rattachant aux Cycadées. Tandis que les Fougères arborescentes, l'ecoj>leri$, Neuroplerit, Sphenopierii sont encore abondantes, les Lycopod lacées {Lepidodendnm, Aalerophylle». Sigillairei) ont compté lemenl disparu ; les Cryptogames vasculaires dominent encore dans la composition de la llpre du Keuper, mais les Phanérogames y jouent déjà un rôle important.
Pendant la plus grande partie de l'ère secondaire, spécialement pendant ta formation des puissantes assises jurassiques, notre pays était presque complètement submergé, aussi les restes de la llore terrestre de cette époque sont-ils eitr^meraent rares. Dans quelques gisements, représentant probablement les rivages d Iles madréporiques, on trouve des troncs et des empreintes de feuilles et de fruits de Cycadées (Zamiles et Cycadopterii). ainsi dans des marnes oxfordiennes du Jura bernois. Les Conifères sont représentés par des espèces voisines des Pins et des Araucarias. Quelques Fougères ont également •-'--■'-- ; néaomi '
les Gymno8perm«
Îrandes Lycopodi Igues marines, p;
minent de plus en plus; les détinitivement disparu. Les B, [Zoophycoi et Chnndritet de nombreuses empreintes témoignant de l'importance qu'elles avaient dans les mers de cett« épor^ue. Le caractère de la llore jurassique se conserve sensiblement jusqu'à la iîn de l'ère secondaire, durant l'époque crclacique. mais aux Fougères et aux Gymnospermes qui consliluent le fond de la vénélation, s'ajoutent déjà un ou deux types de palmiers et quelques Dicotylédones, pré- "~""" ■* "-e Dore qui ne prendra toute son exubérance
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que dans l'ère tertiaire dont noua allons nous occuper. Malheureusement, nous n'avons en Suisse presque aucun gisement renfermant des restes de la végétation terrestre crétacique, et c'est par ceux des contrées voisines, spécialement de la station d'Aix-la-Chapelle, que nous pouvons en avoir une idée. La même remarque peut être faite en ce qui concerne la flore de l'Éacène, c'est-à-dire de U première partie de l'ère tertiaire ; ce n'est guère que par les dépôts du Monte Boica, situé au S. des Alpes, en dehors de notre rranliére, main se rattachant cependant à la chaîne alpine, que noua pouvons en juger. La llore du Monte Kuica, dunlon retrouve desanalogues dans d'autres stations contemporaines en Europe, devait être sensiblement celle gui recouvrait les parties fermes de notre pays à l'époque de la formation des couches nummulitiques et du llysch des Alpesvaudoises, ainsi que des schistes à ardoises de Glaris. Les Fougères arborescentes se font plus rares, les Cycadées ainsi que la plupart des Gymnospermes n'ont plus I importance qu'elles Bvaienljuaqu'alors, ce sont les Dicotylédones, représentées par des genres tropicaux, qui dominent ; les Figuiers, les Kucalyptus, les Myrtes, les Gaîacs. les Aralia, les Dryandra, parents des chênes, les Cassia.elc., auiqueis se mêlaient aussi quelques Palmiers. Si la llore de l'Ëocène a laissé peu de restes chez nous, il en est tout autrement pour la Horedu Miocène con tempo - ~'~e de la formation de la mollasse. « Pendant c"-
telle quantité de inaervées, qu'elles ion de végétal qui sur le globe de
?. > Il existe plus -illi chei n- -
époque, dit 0. Heer, il a été enfoui plantes, et par places elles sont si I permettent une étude approfondii couvrait alors notre paj^. Il n'y contrée explorée par la science espèces miocènes que notre petite de 80 localités dans lesquelles on
des plantes de la mollasse. Les plus importantes sont celles du Moulin Monod, près de Rivai, avec i93 espèces, la Paudèie et les environs de Lausanne, avec une centaine d'espèces. Le Loclc avec 140, le Hohe-Rone avec 142 et surtout Œningen avec 465 espèces. En tout pres-
Ïiic un millier d'espèces décrites et Ggurées par 0. eer dans son magistral ouvrage, La flore tertiaire de la
Il est évident que ce chiffre est loin de représenter celui detensemble des ïégétauxquioccupaientators notre sol. La richesse de la station d'Œningen, qui fie renferme guère que des représentants d'un ou deux types de formations végétales, la forél littorale et les végétations aquatiquesetsemiaquatiquesdes rivages, nous permet d'admettre que, selon toute vraisemblance, il existaitdans d'autres stations moins favorables à la fossilisation de nombreuses espèces dont les restes ne nous ont pas été consen'és. Cequifrappeen tout cas dans l'examen de ia llore miocène, c'est la forte proportion des espèces ligneuses {environ les trois quarts des Phanérogames, tandis que dans la More actuelle celte proportion est à peu près du dixième). Quant à leur appartenance aux grandes divisions du règne végétal, les espèces de notre tiare miocène se répartissent de la façon suivante : (>% aux Cryptogames vasculaires, 3 b 4 "/g aux Gymnospermes, 15% aux Monocotylédones et 15% aux Dicotylédones. Les familles les plus riches en espèces miocènes sont en première ligne les Papilionacées, puis les Cupulifères. les Cypéracées, les Launnées, les Graminées, les Bhamnées, les Mvrtacéea, les Salicinées, les Proléacées et les Acérinées. tandis que les labiées. les Scrophulariacées, les Rosacées, les Ombellifères, les Caryophyllées et les Crucifères, qui sans doute existaient déjà, mais n'étaient alors, comme de nos jours, vraisemblablement représentées que par des espèces herbacées, ne figurent pas ou presque pas dans les dépôts fossilifères
Tandis que les végétaux de l'époque houillère et de l'époque lieupérienne nous révèlent une végétation complètement dlÎTérente de celle de nos jours, que les flores jurassiques et ci'étaciques ne nous fournissent aucune espèce se rapportant exactement à celles qui vivent aujourd'hui, la Uore miocène, au contraire, se rapproche de la nôtre et offre à peu près la même physionomie, La plupart des espèces peuvent être rapportées à des genres vivants. Dans les empreintes si tien conservées des feuilles, des tiges et souvent, quoique plus des inflorescences et des fruits, le botaniste ■
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connaît, parrois au premier coup d'œil, les Pio», les Cyprès-chauves, les Séquoia, les Peupliers, les Platanes, les Ormeaui, les Fifiuiers, les Uuriers, les Érables, les Chênes, etc. La conrurmitG des plantes miocènes avec les nôtres, à part un petit nombre se rattachant à des genres éteints, va donc jusqu'aux genres. Quant aux espèces, bien (|a 'elles diffèrent presque toutes des espèces actuelles, beaucoup présentent avec ces dernières des diffcrencet si minimes qu'on peut les considérer comme leurs ancêtres directs, La plupart des genres que nous venons de citer étaient, dans notre Qure miociVne, repn^sentés par des espèces homologues très voisines de celles qui vivent actuellement chei noua. Mais à côté de ces espèces et de ces genres, les dépôts miocènes nous fournissent les restes de plusieurs autres qui ont, a l'heure qu'il est. délinitivement disparu de notre pays. Tels sont les Lauriers, les Camphriers, les Canneliers, les Plaquemioiers, etc.. plusieurs Figuiers et surtout les Palmiers. Tous ces genres confinés actuellement dans les contrées chaudes vivaient alors chez nous en compagnie de ceux qui s'y trouvent encore à l'heure qu'il est et dont plusieurs a'ètendent jusque dans des contrées plus septentrionales. Après le riche épanouissement de la (Tore miocène, nous n'avons mal heureuse méat aurun docuinent concernant la végétation de la lin de l'i-re tertiaire en Suisse. Les dépota pliocènesà fossiles végétaux manquant presque complètenient chez nous, on passe sans transition de la llor? subtropicale des bords de la mer mollassique à la flore subarctique des charbons feuilletés inlerglaciaires. C'est à Dûrnten, Wetzikon et Uznach, dans le bassin de la Limmat et du lac de Zurich, ainsi qu'à Morswil, entre Saint-Gall et Rorschach, que ces dépôts ont été exploilês et ont livré les restes, en général assez mal conservés d'ailleurs, de vingt et quelq^ues espèces végétales, parmi lesquelles nous citerons l'épicéa, le pin sylvestre, le pin
a keupAi
PUroph»Uvm\ (il'ipr«9 O. Hcor).
de montagne, l'if, le mélèze, le chêne rouvre, le bouleau blanc, l'érable faux-platane, le noisetier. Comme plantes herbacées, on a pu reconnaître le Tr(''lled'eau {Mt-nyanthe»
la da la Suisa* Id'aprts O. Hasr).
rouge ( Von^intuni VtlJs Idaea), le Framboisier iRubu$ idaeut), une sorte de nénuphar (Holi^teura Victoria), quelques mousses et sphaignes, ainsi qu'une espèce de Prèle. Comme on le voit, la composition de la llore de Wetzikon et Uiirnlen n'aaucun rapport avec celle qui s'épanouissait à Œningen pendant la formation de la mollasse. Tandis que la llore d'Œningen révèle un climat chaud, celle des charbons Feuilletés de Diimten évoque, par sa composition, l'idée d'un climat tempéré froid. Que s'est-il passé dans l'intervalle? Les grands placiers des Alpes qui, a la suite de causes encore mal déliniea, s'étendirent dès le début de l'ère quaternaire sur tout notre territoire, et jusque dans les plaines de l'Europe centrale, refoulèrent pour longtemps toute végétation, seules quelques plantes nivales ivussirent à se maintenir sur les sommets rocheux qui. semblables à des Ilots, émergeaient au-dessus de la vaste mer de glace. Lorsque des conditions climatiques plus bvorables firent enfin reculer les glaciers jusque dans le voisinage des hauts sommets, le sol mis a découvert fui envahi par une flore a caractère septentrional, dont celle deDtimten et de Wetzikon nous fournit des exemples. Jusque dans les parties basses du pays croissaient des types franchement arctiques, tels que le Bouleau nain {Beluia nana}, tes saules polaire {Salix potarit], herbacé ISalij- herbacea). réticulé ( Soi ix reficulata), à feuilles obtuses [S. retuta), enfin Salix htutala var. alpestni, S. myrtilUiiiic». A part Satix polarii, confiné dans la zone arctique, et Betutanana, espèce typique de la zone circumpolaire qui ne se rencontre chez nous que dans les tourbières du Jura, d'KinsiedeIn et du canton de Fribourg, les autres espèces sont répandues actuellement dans toute la zone alpine de notre pays; il en
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cunihens), la Uryade {Dryas t mousses et les plantes aquatiq tan\ogeloii) trouvées dans le
zalée couchée {Azalea prooctofietala). Les quelques ;b (.MyHopAy'iuni et Po- ■• ■'. graciai™.
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