Partie suisse de l'Évéché de Bàle
479 300 Total général. . 1842 827.
Il semble que ce tableau, assez exact en ce qui concerne les cantons, soit exagéré pour les sujets, en particulier en ce qui concerne les bailliages italiens. Dans Tancienne Confédération il n'y eut jamais de recensements concernant l'ensemble du territoire. Pour la fixation des contingents, on se contentait d'une estimation approximative. Le premier recensement général fut l'œuvre des autorités de la République helvétique : encore ne mérite-til pas ce titre. CÏe ne fut pas un recensement, mais un simple relevé de la population, basé sur les registres des paroisses et des communes. Ce relevé de 1798 avait pour but une nouvelle division territoriale du pays. Les résultats totaux par cantons, suivant les noms qu'ils portaient alors, méritent d'être mentionnés :
La population sous la République helvétique.
Cantons
Hab.
Cantons
Hab.
Argovie . . .
Lucerne . .
Baden . . . .
Oberland . .
Bâle ...
Sàntis . .
Bellinzone
Schaffhouse .
Berne . . . .
Soleure . .
Fribourg . . .
Thurgovie Waldstàtten
Léman . . .
Linth . . . .
Valais . . .
Lugano . . .
Zurich . .
Total 1436959.
Le premier recensement organisé pour l'ensemble du territoire suisse, le fut par la « longue Diète » qui se réunit a Zurich le 6 avril 1814 atin de donner au pays une nouvelle Constitution. La Commission chargée de la revision des ar^ ticles du Pacte relatifs aux contingents d'hommes et d'ar-
Sent à fournir par les I^tats confédérés, demanda à posséer comme base de ses travaux un recensement élaboré d'après des indications uniformes. Cependant, vu la situation politique troublée, la Diète renonça, le 3 juillet 1816 a son idée. Elle se contenta de demander une nouvelle estimation pour les seuls cantons que le traité de Vienne avait agrandis. Le contingent d'hommes fut fixé à deux soldats par cent âmes de population ; il fut stipulé que la revision de l'échelle des contingents serait faite tous les vingt ans. Nous donnons à titre documentaire les totaux de ce recensement; c'est le premier qui se rapporte au territoire actuel de la Suisse :
La première estimation fédérale {i8i7).
Cantons
Hab.
Zurich . .
Berne . . .
Luceme . .
Uri ...
Schwyz . .
Unterwald
Glaris . . .
Zoug . . .
Fribourg . .
Bâle ...
Cantons
Hab.
Schaffhouse
Appenzell
Samt-Gall .
Grisons . .
Argovie . .
Thurgovie .
Tessin . .
Vaud . . .
Neuchâtel
Genève . .
UOOO
Total 1687900 âmes.
Picot dit à ce propos : « Plusieurs auteurs pensent que l'évaluation admise par la Diète est trop faible, et qu on doit y ajouter près de 200(XX) âmes pour se faire une idée
i'uste de la population de la Suisse. » Il s'agissait pour es États de se faire pauvres en habitants afin de réduire en proportion les contingents à fournir en hommes et en argent. Au bout de vingt ans, conformément au Pacte, le 4 novembre 1835, le Directoire fédéral demanda aux cantons des tableaux indiquant le chiffre de leur population. Le délai fixé était fin mars 1836, mais dix cantons et trois demi-cantons seulement répondirent en temps voulu. Il fallut alors demander aux cantons de faire à nouveau l'opération en fixant les bases de l'enquête. Pour la première fois, on posa des questions permettant d'établir la répartition de la population d'après le sexe et l'origine. C'est bien le premier recensement que nous ayons eu ; ce n'est plus un relevé des registres paroissiaux. Le défaut de ce premier recensement est qu'il ne peut être daté d'une manière précise — il y a un écart de deux ans entre les documents fournis par les cantons — d'où des doubles emplois et des omissions. En outre, le pouvoir central ne put opérer aucun contrôle sur les résultats ; il dut se borner à vérifier l'exactitude arithmétique des chiffres, sans pouvoir demander d'éclaircissements sur les points douteux. C'est ainsi que la question relative aux ressortissants domiciliés hors de la commune ne fut pas strictement étudiée. Quoi qu'il en soit, c'était un progrès. Voir les résultats de cette enquête pape suivante.
C'est encore une raison politique qui fut l'origine du recensement de 1850. La loi fédérale du 16 mai 18-»9 donnait au Département fédéral de l'intérieur, comme dernière obligation, la statistique de la Suisse. Le premier Conseil national avait été nommé sur la hase du cens de 1837. Il fallait un nouveau dénombrement pour fixer la représentation des cantons, pour reviser l'échelle des con-
tingentB el pour régler la futdëcidé, le 22 décembre
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Lucerne . . . .
Uri
Schwyi . . . .
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Nidwald . . . .
Zoug
Fribourg . . . .
Soleure . . . .
Bâle-Ville . . .
Bâle-Campagne SchalThause . . .
AppeDzell tth.-ExI.
Appenzell hh.-Inl.
Saint-Gall . . .
Grisons . . . .
Thurgoïie . . .
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Neuchâlel . . .
Genève . . . .
Janvier 1^37
AmJ 1836 Août 1836.
Février 1837
Fin de 1836
Commencement de 1837
Légalisé le 5 mai 1837
13 février 1837
Janvier 1838
Février 1837
Avril 1837
Légalisé le 15 mai 1837
Légalisé te U mars 1837
Mars 1837
Légalisé le 27 mars 1837
Légalisé le 3 avril 1837
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Cantons.
par exemple /.urich, Bâle-Ville et Genève, et que tout
Says d'une culture sociale avancée devrait avoir à cœur e se procurer. » Les nouvelles rubriques introduites en 1850 sont nombreuses : à côté du sexe et de Torigine, déjà demandés en 1896, les registres portent des questions relatives à rage, rétat-civil (marié, célibataire, etc.)* la confession, la profession, le lieu de naissance et la qualité de propriétaire foncier. Une colonne spéciale, caractérisant assez bien Tépoque où le recensement fut effectué, était réservée non seulement aux heimathloses, mais aussi aux « réfugiés politiques». Notons enfin Tadjonction d'un formulaire destiné à établir la liste des Suisses expatriés, avec leurs conditions d'existence, etc. Malgré quelque obscurité dans les instructions, ce recensement constitue un progrès considérable : les renseignements furent plus complets et plus exacts que précédemment, un contrôle ayant été possible. Cependant, on ne put pas profiter, comme l'aurait voulu Kranscini, des renseignements sur Tâge et la profession ; ces renseignements ne purent être utilisés que dans une faible mesure. Il manquait pour cela un organe qui ne devait voir le jour qu'en Tan 1860. Le 2\ janvier de cette année-là, uDe loi créait le Bureau fédéral de statistique. Quelques jours plus tard, le 3 février, une autre loi ordonnait un recensement fédéral lequel devait se renouveler tous les dix ans. L'étude des matériaux recueillis était donc assurée avec la périodicité des enquêtes.
Le recensement de 1860 fut organisé avec un soin tout particulier. II fut fixé au 10 décembre. Il comprenait toutes les personnes présentes ce jour-là, ainsi que celles qui étaient momentanément absentes mais qui avaient leur domicile habituel en Suisse. Le mode de procéder fut très différent : au lieu d'une liste pour chaque commune, il y eut une feuille de ménage remplie autant que
i>08sible par le chef de famille. Les brmulaires de cercles renfermaient d'autres auestions sur la langue dominante clans les ménages, le nombre et le genre des armes possédées I>ar les familles. Cette dernière question, introduite sur le désir du Département militaire fédéral, n'amena pas de réponses suffisantes; il fallut renoncer à utiliser les indications reçues.
Le recensement de 1860 constituait un progrès très sérieux sur les recensements précédents ; pour la première fois on établit la distinction entre la population de fait et la population de résidence ordinaire ou domiciliée.
Le recensement du !«■' décembre 1870 réalise de nouveaux progrès. Il ne se contente plus de l'âge approximatif, mais exige la date exacte de la naissance. En outre on y voit apparaître des questions spéciales, relatives au nombre des aveugles, des sourds- muets, des faibles d'esprit, I ainsi que des questions d'ordre éco- l' noroique. Les recenseurs durent indiquer le nombre et la nature des fabriques, les moulins, avec leurs moteurs, le nombre des ouvriers, les métiers, des broches, etc. Le bureau de statistique voulait y ajouter des renseignements sur les conditions de l'agriculture, les récoltes, les forêts, etc.; le Conseil fédéral n'y consentit pas. Le recensement des fabriques échoua et les résultats n'en furent pas publiés. Sur un point cependant il y a recul sur le recensement précédent : c'est la suppression de la Question relative au lieu de naissance, importante pour déterminer les migrations de la population à l'intérieur de la Suisse.
En 1880 on supprima toutes les questions relatives aux métiers, moteurs, salaires, etc. En revanche, on précisa certaines questions relatives à la langue qui dut être indiquée pour chaque personne et non plus en bloc par famille, ainsi qu'aux occupations professionnelles. Les ré-
sultats furent beaucoup plus serrés et les omissions rares. C'est ainsi que la proportion des âges put être établie ; à l'aide de la statistique de la mortalité commencée en 1876, on put enfin dresser pour la Suisse une table de mortalité.
Le recensement qui devait avoir lieu en 1890 fut avancé de deux ans pour servir à la revision des arrondissements électoraux et aux travaux relatifs à l'assurance contre les maladies et les accidents. Principale innovation de ce recensement : le remplacement de la feuille de ménage f)ar le bulletin individuel qui facilite les recherches reatives à l'âge, aux professions, etc., et permet des classements beaucoup plus rationnels.
Quant au dernier recensement, celui de 1900, il conserve les bulletins individuels, mais en les réunissant dans une « enveloppe de ménage », qui présente des avantages au pointde vue de la facilité des recherches concernant l'importance des ménages et le nombre des personnes qui vivent directement ou indirectement de la profession du chef de famille. Au point de vue des questions posées, les deux derniers recensements n'innovent rien de bien sérieux ; on y voit cependant reparaître l'indication du lieu de naissance, supprimée en 1870 et 1880 ; comme nouveau renseignement notons l'indication des occupations accessoires.
II. La population de la suisse en 1900. 1. ConijMrai- 8on avec les recensements fédéraux dès i850. Les recensements de 1850 à 1900 ont donné les résultats suivants • :