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Églises de protestants disséminés. Les protestants

Carte des facultés de théologie protestante et des communautés disséminées ou particulières.

et sur présentation de certificats satisfaisants. Les cantons concordataires agissent de même pour les ecclésiastiques beroois, grisons et romands. Les trois cantons romands, Vaud, Neuchâtel et Genève exisent des candidats un grade théologique universitaire et le passage d'un canton à Tautre se fait dans les mêmes conditions qu'entre les cantons concordataires et ceux de Berne et des Grisons. La première conférence de délégués des Églises nationales réformées de la Suisse s'est réunie en 1%8 sur l'initiative d'un laîoue, le D^ méd. Titus Tobler, connu par ses voyages en Palestine. Cette conférence eut pour résultat la reconnaissance du Vendredi-Saint comme jour de fête religieuse dans toute la Suisse protestante. La conférence se réunit dès lors chaque année jusau'en 1862; elle prépara Ja conclusion du concordat pour 1 admission des ecclésiastiques, élabora une liturgie allemande et française pour les services religieux des troupes fédérales, et s occupa de diverses autres questions. La conférence cessa de se réunir à partir de 1862 ; elle fut de nouveau convo<|uée en 1875 pour examiner la situation créée par la loi fédérale sur Vétat-civil et elle fixa à cet égard certains principes généraux.

domiciliés dans les cantons catholiques sont au nombre de 52000 environ. Dans les résions ou localités où ils sont en nombre un peu considérable, ils forment des communautés qui ont été presque toutes constituées et organisées par les sociétés ae secours aux protestants disséminés, fondées en 1842. Plusieurs de ces communautés pourvoient maintenant elles-mêmes complètement aux frais de leur culte, d'autres reçoivent encore des allocations .permanentes ou temporaires.

Abstraction faite des rapports avec l'État, les principes constitutifs de ces communautés, l'organisation et les formes de leur culie sont les mêmes que dans les Églises nationales. Les églises de protestants disséminés sont actuellement au nombre de ii, savoir : 1 à Appenzell Rh.- Int., 2 dans le canton de Fri bourg (BuUe-Romontet Estavayer), qui ne font pas partie de l'Église nationale protestante fribourgeoise, 3 dans le canton de Lucerne (Lucerne, Sursee, Willisau-Ruswil), 6 dans le canton de Soleure (Soleure- Ville, Balsthal-Gâu, Biberist-Gerlafingen, Derendingen, Olten, Schonenwerd), 3 dans le canton de Schwyz (Brunnen, Siebnen, Arth-Goldau), 3 dans le canton du Tessin (Bellinzone-Biasca, Lugano,

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Maralto (Locarno), Novaggio), 1 dans le canton d'Unterwald (Alpnach-Stans), 1 dans le canton d^Uri (Erstfeld- Ândermatt), 2 dans le canton du Valais (Monthey, Sion), 2 dans le canton de Zoug (Zoug et Baar). On discute actuellement un projet de fédération des Êprlises de protestants dissémines proposé par TÉglise d'Ërstfeld (Ûri). Il y a donc au moins une communauté protestante dans chacun des cantons catholiques.

3. Églises libres. Il existe, comme nous l'avons dit, d'importantes Églises libres dans les cantons de Yaud, de Neuchâtel et Genève et quelques congrégations libres dans d'autres cantons. La plus ancienne est celle de Gendre. En 1817, à la suite du mouvement religieux connu sous le nom de Réveil , fut fondée une Église indépendante ; en 1831 se constitua la Société évangélique qui, sans se séparer complètement de TËglise nationale, organisa une école de théoloffie, et des cultes à la chapelle de l'Oratoire. En .1849, les habitués des cultes de l'Oratoire et l'ancienne Église indépendante se réunirent pour fonder l'Eglise évangélique libre, qui a actuellement 5 pasteurs,^ dont trois pour la ville de Genève, un à Carouge et un, à Lancv.

V Église libre du canlmi de Vaud a été fondée en 1847, après les agitations religieuses et politiques de 1845. Elle comprend 41 paroisses dans le canton de Vaud et 3 dans le Jura bernois (Bienne, Cormoret-Sonvilier-Courtelary, Saint-Imier-Villeret), puis sept postes d'évangélisation dans le canton de Vaud. un à Tavaunes-Tramelan et deux en Savoie (Dou vaine et Evian-Thonon) avec, en tout, 9 pasteurs. Elle est dirigée par un Synode composé de tous les pasteurs en fondions et de délégués laïques des Ej^lises ; une Commission synodale expédie les affaires dans rintervalle des sessions. Elle entretient une école de théologie avec 5 professeurs. Le nombre des membres inscrits en 1904 est de 5128, soit 1604 hommes et 3524 femmes.

V Église indt^pendante du canton de Neuchâtel a été fondée en 1873, à la suite de l'adoption de la loi ecclésiastique qui établissait dans l'Église une liberté doctrinale absolue. Elle comprend 22 paroisses dans le canton, plus celle de Môlier-Vully (Fribourg). Elle est dirigée par un Synode composé de tous les pasteurs en fonctions et de trois délègues laïques de chaque paroisse. Elle a, ccmme TÉglise libre vaudoise, une école de théologie avec 4 professeurs ordinaires et 2 professeurs adjoints. Le nombre des membres inscrits en 1904 est de 5044 électeurs et 6926 femmes.

Il s'est en outre formé quelques communautés libres dans diverses localités de la Suisse allemande, 'ainsi à Âarau, Baden, Berne (une française, une allemande), Heinrichsbad (Âppenzell Rh.-Ext.), Davos, etc. ; on trouve enfin, à Lausanne et à Genève, une égUse libre allemande.

Toutes ces Églises libres sont des Eglises de professants et reposent sur une base dogmatique plus ou moins strictement formulée.

Église méthodiste. Fondée par Wesley, en Angleterre, en 1740, elle fut introduite en Suisse en 1856, à Zurich, Lausanne et Çenève et se divise actuellement en deux branches : TEglisc méthodiste épiscopale (Bischolliche Methodistenkirche) et l'Eglise méthodiste évangélique Evangelische Gemeinschaft). Cette dernière n'existe en Suisse que depuis 1865 et des projets d'alliance entre les deux branches sont à l'étude.

En 1905. les Eglises méthodistes comptaient en Suisse :

Eglise Église épiscop. évang. Total.

Champs de travail .... 44 28 72

Lieux de culte 257 — 257

Communautés — 101 101

Prédicateurs 52 41 93

Membres actifs 9114 5420 14534

Fr. Fr.

Recettes annuelles. . . . 316904 167859 484763 Fonds des Eglises ..... 2046904 717960 2764864 Eglise anglicane. L'Eglise anglicane a en Suisse 19 stations permanentes et des stations d'été dans la plupart des bains, lieux de villégiature et centres d'excursions alpestres. Les stations permanentes sont Berne, Bex, Caux,

Château-d'Œx, Clarens, Davos, Genève, Grindelwald, Lausanne. Les Avants, Le Pont, Luceme, Lugano, Montreux, Neuchâtel, Saint-Moritz, Sierre, Vevey et Zurich. Ces stations ont presque toutes leur église ou leur chapelle et sont desservies, soit par des chapelains à demeure, soit par des ecclésiastiques qui chan^nt tous les mois pendant Tété. Il n'existe de congrégation régulière, pourvoyant elle-même aux frais du culte, qu'à Genève, Lausanne et Montreux ; les autres stations dépendent, soit de la Société pour la propagation de l'Évanf^ile (Society for propagation of Gospel; S. P. G.), soit de a Société ecclésiastique coloniale et continentale (Colonial and Continental Church Society: C. C. C. S.). Toutes les stations permanentes ou temporaires sont placées sous la juridiction spirituelle de l'évéque de Londres.

L'Église jyresbyterienfie d'Ecosse est représentée par deux congrégations ayant chacune une église à Lausanne et à Montreux.

4. Congrégations diverses et sectes. Les congrégations diverses et sectes chrétiennes sont assez nombreuses. Les .plus importantes sont l'Église de l'Unité des frères ou Église morave, qui compte en Suisse six congrégations (Berne, Bâle, Montmirail (Neuchâtel), Peseux (Neuchâtel) et Pranf|[ins ^Vaud) ; les Darbystes, les Baptistes. les Âuroristes. \iennent ensuite l'Armée du Salut, les Irvingiens, les Âdventistes du septième jour ou sabbatistes, lesSvvedenborgiens, les Mormons, etc.

5. Statistique. Voici les données statistiques relatives aux diverses Églises.

ÉJglises nationales (1905) :

Pa- Pas- Bap- Confir- Mar. Sen-.

Cantons. roiss. teurs. têmes. mat. bénis, fun.

Zurich .... 160 177 7447 5564 2094 5296

Berne 195 218 14719 11202 3607 8778

Glaris 15 16 482 451 120 445

Fribourg. ... 8 8 436 352 50 287

Bâle-Ville ... 7 22 2a57 1345 688 1171 Bâle-Campagne . 31 31 1396 1007 263 866 Schaffhouse. . . 30 32 806 619 212 602 Appenzell Rh.-Ext. 19 20 1156 949 379 764 Saint-Gall ... 49 54 2410 1884 820 17,V2 Grisons .... 87 88 1254 899 314 1009 Argovie .... 54 56 2998 2214 728 1921 Thurgovie ... 5") 56 1772 1416 567 1191

Vaud 139 159 5282 4112 1636 41'28

Neuchâtel ... 7 55 1741 1597 574 - Genève .... 16 35 797 715 416 -

Églises de protestants disséminés (1904) :

Uri' 1 1 34 8 1 6

Schwyz .... 3 3 52 17 9 15

Unterwald ... 1 1 6 31 4

Zoug 1 1 33 25 14 15

Luceme .... 3 4 272 156 85 102 Fribourg. ... 2 2 26 17 4 15

Soleure (Olten-

Balsthal) ... 2 2 205 109 35 73 Appenzell Rh.-lnt. 11 7 6—5

Valais 2 2 32 15 10 32

Tessin .... 3 5 27 20 8 15

Éq lises libres :

Neuchâtel ... 23 30 667 516 190 414

Vaud 43 53 296 355 74 —

Genève .... 1 5 4(5 5 19 —

Les pasteurs auxiliaires, suiTragants, chapelains d'hôpitaux et aumôniers de pénitenciers ne sont pas comptés dans le tableau ci-dessus. Les chiffres indiqués pour le canton de Berne comprennent les quatre paroisses soleuroises du Bucheggberg. Dans le canton des Grisons deux ou trois paroisses voisines peuvent s'unir pour avoir en commun un seul pasteur, ces réunions de paroisses ne ^ont quelquefois que temporaires, de là des changements dans le nombre des paroisses ; le chiffre indiqué est celui de 1904. Il y a une paroisse française, reconnue par l'État, à Berne, à Zurich, à Bâle, à SchafThouse et à Saint-Gall, une paroisse allemande à Lausanne, â Aigle, à Vevey. à Montreux, à Morges, à Payerne, à Yverdon, à Genève,'à Neuchâtel, à La Chaux-de-Fonds, au Locle, à Fleurier, à Cernier et dans le canton de Fribourg à Bulle. Pour les Églises de disséminés du canton de Soleure, les chiffres indiqués ne concernent que deux communautés.

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celles d'Olten et BalsthaKGâu ; nous n'avons pas d'indications relatives aux autres communautés de protestants disséminés dans ce canton. Enfin pour les Églises libres de Vaud et Genève le chiffre donné sous la rubrique « Confirmations » indique celui des enfants ayant terminé leur instruction religieuse au , printemps 1904, la confirmation n'étant pas dans ces Églises une institution régulière.

6. Sociétés religieuses. Les sociétés religieuses sont très nombreuses dans la Suisse protestante (sociétés théologiques, bihlic|ues. d'évangélisation, de mission intérieure ou extérieure, d'écoles du dimanche, etc.). Nous n'indiquerons ici que celles qui ont un caractère intercantonal.. La Société pastorale suisse, fondée en 1839, réunit les ecclésiastiques de toutes les Églises nationales pt des Églises libres en séances annuelles qui ont lieu à tour de rôle dans les divers cantons pour discuter des questions théologiques et pratiofues. Elle a institué en 1896 une Commission d'activité chrétienne qui doit servir d'organe inofliciel aux Églises réformées de la Suisse en vue de contribuer à faire connaître, à encourager, à développer, dans un esprit d'union et de coopération au sein ae ces églises, les œuvres de l'activité chrétienne dans le domaine religieux, moral et social. Cette Commission a fondé à Berne une bibliothèque spéciale ; elle publie un bulletin trimestriel et organise chaque année des réunions de pasteurs, ou cours d'instruction, où sont traitées des questions rentrant dans sa sphère d'activité.

Les grandes agitations et discussions théologiques du deuxième tiers du XIX* siècle ont amené la fondation d'associations groupant les représentants ecclésiastiques et laïques des principales tendances. Ces associations sont au nombre de trois : l'L^nton évangélique natimuile qui représente la tendance dite positive ou orthodoxe, la Société ecclésiastinve réunissant les adhérents de la théologie dite de conciliation, enfin ITitton du christianisme libéral. Ces associations, dont l'activité a été pendant assez longtemps très intense, ont perdu actuellement de leur importance ; de nouvelles questions et préoccupations ont surgi, les oppositions sont devenues moins vives et moins tranchées et la situation des partis religieux s'est trouvée sensiblement modifiée.

Sur l'initiative de la Société pastorale se sont fondées en 1842 dans les divers cantons protestants les Sociétés (le xpconrs aux protestants disséminés. Ces sociétés cantonales forment une fédération dirigée par un comité central et ont chaque année une réunion de délégués. Elles ne s'occupent pas exclusivement des protestants disséminés dans les cantons catholiques, mais aussi des protestants de langue allemande épars dans la Suisse romande, ainsi que de ceux de l'étranger, spécialement des protestants d'Autriche, de Bohème, de Moravie et de France.

L'ipuvre des missions évangéliques en pays païens est représentée en Suisse par la Société aes Missions de fiâle, fondée en 1815 (voir art. Bâle-Ville) puis par la Missioti romande fondée en 1869 par l'Église libre vaudoise et devenue, en 1883, l'œuvre commune des trois Églises libres de Vaud, Neuchâtel et Genève ; la Mission romande a ses stations uniquement dans l'Afrique du Sud (Transvaal, Tembé et Lourenço Marques). Il s'est fondé en 1875 dans les cantons de langue allemande une branche suisse de la Soi'iété générale des Missions protestantes

aui a son siè(!e principal en Allemagne et travaille en hine et au Japon. Les prolestants de langue française s'intéressent activement a la Société des Missions de Paris et la Mission de l'Église morave compte un peu partout des amis fidèles et dévoués.

Les Unions chrétiennes de jeunes gens sont organisées dans tous les cantons prolestants, et forment ensemble la branche suisse de la grande Alliance universelle de ces sociétés. Citons enfin l'Association chrétienne des étudiants qui comprend des étudiants de toutes les facultés des diverses universités et qui étudie soit dans des réunions locales, soit dans des assemblées de croupes ou assemblées générales les questions actuelles (scientifiques, sociales et théologiques).

La presse religieuse protestante est très développée ; on comptait, en 1879 déjà, 34 journaux religieux, dont 21

pour la Suisse allemande et 13 pour la Suisse romande. Ce nombre a dès lors augmenté.

Bibliographie. G. Finsler, Kirchliche Statistik der refomiierten Schweiz. Zurich, 18.54. Gareis et Zorn. Stcuit u. Kirche in der Schtveiz. Zurich, 1877. F. Meyer, art. Schu^eiz dans Hei*zog, Realencyklopàdie fïtr protestantische Théologie u. Kirche. 3» édition. Protocoles de la Conférence des Églises réformées suisses. A. v. Salis, Taschenbuch fur die Schxceizerischen reformierten Geistlichen, année 1906 [D' A. Pkrrochbt]

II. Reugion catholique. 1. État actuel de l'Église catholique suisse. La Suisse catholiaue renferme '1379664 âmes qui sont réparties entre six diocèses et une abbaye épiscopale nullius, Saint-Maurice {nullius diocesis, c'està-dire ne relevant d'aucun diocèse). De nos iours, ces diocèses ne dépendent d'aucune métropole, ils relèvent directement du Saint-Siège. Jusqu'en 1874, celui-ci était représenté en Suisse par un nonce apostolique, avec rang d'évéque, qui résidait à Lucerne. La répartition du territoire entre les diverses juridictions ecclésiastiques fut calquée, à l'origine, sur la division administrative romaine ; le diocèse embrassait, dans la règle, les limites de la cité et l'archidiocèse celles de la province. Le christianisme pénétra en Suisse, d'une part, en suivant la voie romaine qui. partant de Milan et passant par Turin, franchissait le Grand Saint-Bernard, descendait dans la vallée du Rhône et longeait le Léman, pour remonter, le long du Jura, jusqu'au Rhin ; de l'autre, par la voie qui, partant également de Milan, mais se dirigeant versl £., franchissait les passages des Alpes^ grisonnes et aboutissait à Coire. où bifurquant, d'un côté vers les lacs de VValenstadt et de Zurich, et de l'autre vers le Bodan, elle allait rejoindre à Bâle la voie de l'O.

Tel fut l'itinéraire de pénétration du christianisme en Suisse et telle fut l'origine des premiers sièges épiscopaux qu'y fonda la nouvelle Église. Les colonies romaines devinî'^nt bientôt des centres où le christianisme occupa une place importante. Ces grands centres furent, dès les premiers siècles de l'Église, des cités épiscopales. Ce sont : Aventicum (Avenches), Vindonissa (\vindisch), Augusta Raurica (Kaiser Augsl), Octodurum (Martigny ou Tarnaia»), Curia Bluetorum (Coire), Colonia Equestris (Nyon) et Gène va (Genève).

L'invasion alamane bouleversa cette organisation, basét; sur l'organisation administrative romaine*. Il y eut un déplacement de centres diocésains.

a) Aventicum. Avenches. la capitale de l'Helvélie romaine, paraît avoir été un des premiers sièges épiscopaux de la Suisse. Le premier évèqiie connu est Salutaris (517). Saint Maire fut évêque d'Avenches à la fin du VI* siècle. En 585 il signait les actes du Concile de Mâcon (Mans. Call. Conc. 1a-958). Vers 590, il transféra son siège a Lausanne. Ce siège y demeura jusqu'à la Réforme. Au XVII« siècle, après avoir erré de côté et d'autre, les évéques fixèrent définitivement leur résidence à Fribourg. En 1826, les paroisses catholiques du diocèse de Genève furent réunies à celui de Lausanne, qui perdit par contre les paroisses de l'ancien canton de Berne, réunies en 1860 au diocèse de Bâle.

6' Vindonissa. Cette grande ville était située à la jonction de la Rruss, de la Limmat et de l'Aar. Hubulciis est le premier évêque certain de ce siège. Il figure en 517 au Concile d'Epaone. Au V'' siècle, l'invasion des Barbares, avait porté un coup terrible à cette ville qui fut complètement détruite. Son évêque se réfugia à Constance vers 594. L'évèché de Constance subsista jusqu'en 1814, où il fut supprimé. La partie suisse de ce grand diocèse, formant les cantons actuels d'Argovie, de Thurgovie, de Lucerne, de Zoug et de Schafl'house, fut réunie au nouveau diocèse de Bâle ; Saint-Gall et Appenzell qui en dépendaient en grande partie, forment actuellement un évèché indépendant. Les cantons de Zurich, d'Uri, de Schwyz, d'Unterwald et de Glaris, qui dépendaient également de Constance, furent adjugés à Tévéché de Coire.

cj Augusta Raurica. Après la défaite de Bibracte, les Rauriques, alliés des Helvètes, avaient dû rebâtir leur ville de Baurica ; quarante ans après sa reconstruction, l'empereur Auguste y envoya une colonie romaine conduite par Munacius Plancus. t'n siège épiscopal fut fondé vers le commencement du 1 V*^ siècle à Augusta Raurica. Le

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premier évêque connu d'Âuf^sta, Justinien, assista en 347 au concile de Sardique. Saint Materne aurait été le premier apôtre d'Âugusta. Cette grande cite fut détruite par les Barbares au V« siècle, vers 406. C'est alors que son évéque se retira avec son troupeau à Basilea et prit le titre d'évéque d'Âugusta et de fiâle. Ce diocèse comprenait alors la Haute-Âlsace, le canton de Hâle, ceux de Soleure et d'Ârgovie jusqu'à l'Âar et le Jura bernois actuel, moins 1 Âjoie qui appartint à Besançon jusqu'en 1781, et les districts de Courtelary, La Neuve vil le et Bienne qui firent partie du diocèse de Lausanne jusqu'en 1801. Â la Réforme, en 1526, l'évêque de Bâle transféra sa résidence à Porrentruy. Cette ville et TÂjoie furent réunies au diocèse de Bâle en 1781. Le Concordat de 1801 bouleversa ce diocèse. Le Jura lit alors partie du diocèse de Strasbourg jusqu'en 1814, puis rentra sous la houlette des évéques de Bâle. Enfin, en 1828, ce diocèse fut réorganisé dans l'état actuel et la résidence de révèque fut établie à Soleure.

d) Octodurum. Ce siège épiscopal paraît avoir été fondé vers le milieu du IV* siècle. Son premier évéque certain f st Théodore qui assista en 381 au concile d Aquilée. Il est probable que l'un ou l'autre de ses successeurs a eu sa résidence a Saint-Maurice. Vers la fin du VI« siècle, révèque Héliodore transféra le siège à Sion, capitale du Valais. Jusqu'à nos jours ce diocèse se composa de tout le Valais et du district vaudois d'Aigle (bex, Ormonts).

e) Curia Rhaetorum. Coire, capitale de la Hhétie, était un camp romain d'une haute importance. Une antique tradition veut que saint Lucius, disciple de saint Pierre, ait apporté le christianisme aux Rhétiens. Cependant, ce n'est qu'au IV* siècle qu'on voit un évéque, Abundantius, à Coire, d'après une signature du concile de Milan. Cet cvêché comprenait aloi*9 le pays des Grisons, la partie S. de Saint-Gall ; il s'étendait au loin dans le Tirol et le Vorarlberç. La Bulle Ex iniposito, de 1818, détacha du diocèse ae Coire 70 paroisses qui furent réunies à Brixen. En échange, cet évéché reçut, à la suppression de celui de Constance, les cantons de Schwyz, d'Unterwalden, d'Uri, de Zurich et de Glaris, puis en 1860, les vallées italiennes des Grisons, lesauelles, depuis la Réforme, faisaient partie du diocèse ae Côme. Un moment, le diocèse de Coire fut uni à celui de Saint-Gall.

f) Colonia Equestris. Une colonie romaine avait été établie à Nyon; elle prit le nom de Colonia Equestris. La notice des provinces et des cités de la Gaule, qui paraît avoir été dressée avant l'an 401, cite parmi les évéchés de la Grande Séquanaise la cité Equestre, Nyon. D'autre part il paraît certain qu'après le sac de Besançon par Attila, Tévéque de cette ville se réfugia à Nyon où 1 un de ses successeurs institua un évéque avant son départ pour Besançon. Par suite des guerres continuelles, révèque de Nyon, croit-on, se réfuj^ia à Belley; c'est ainsi que cette ville aurait été substituée comme siège d'évêché à celle de Nyon.

^J Geneva. La tradition rapporte que saint Pierre aurait prêché dans la capitale des Allobroges ; les premiers évéques furent Dio^ène en 381 et Isaac avant 441. Ce diocèse se composait du N. de la Savoie et d'une partie du Pays de Vaud jusqu'à l'Aubonne. A la Réforme, son évégûe se retira à Annecy. En 1802, l'évéché de Genève rut réuni à celui de Chambéry; en 1826, le canton de Genève fiit réuni au diocèse de Lausanne dont le titulaire prit le nom d'évéque de Lausanne et de Genève.

Pendant le moyen âge et jusqu'à la Réforme, le territoire de la Suisse actuelle était réparti entre neuf diocèses, dont plusieurs embrassaient de vastes territoires limitrophes. Cinq seulement avaient leur siège dans des localités de la Suisse actuelle. Cet état de choses survécut même au traité de Westphalie (1648). Ce ne fut qu'après la Révolution française, en 1802, ([ue l'on songea à Caire coïncider les ressorts ecclésiastiques avec les limites territoriales. Les neuf diocèses étaient : ceux de Sion et de Lausanne^ qui embrassaient la Suisse occidentale ; celui de Constance, qui comprenait la majeure partie de la Suisse orientale; ceux de Coire et de Baie, celui-ci n'étendait sa juridiction que sur une minime partie du territoire actuel de la Suisse; celui de Besançon, qui embrassait la plus grande partie de l'Ajoie (Jura bernois) ; ceux

de Milan et de Cônie^ qui se partageaient le Tesain ; enfin celui de Genève, dont la juridiction embrassait en Suisse le territoire genevois et une portion du Pays de Vaud, et s'étendait en outre sur la Savoie.

Jusqu'en 1802, les évéques de Lausanne et de Bâle étaient sufifragants delà métropole de Besançon; jusqu'en 1802 également ceux de Coire et de Constance dépendaient de l'archevêque de Mayence. Celui de Sion ne relevait que du Saint-Siège.

Actuellement, la délimitation des diocèses suisses, au nombre de six, est la suivante : diocèse de Bàle-Lvgano (siège de l'évêque à Soleure) (cantons de Bâle. Bernée Soleure, Argovie, Thurgovie, Zoug, Luceroe, Schaflfhouse et quant au titre, le Tessin) ; diocèse de Coire (siège de l'évêque à Coire) (Grisons et principauté de Lichtenstein, canton de Schwyz, provisoirement ceux d'Uri, Unterwald, Glaris et Zurich); diocèse de Lausanne et de Genève [sxèige de l'évêque à Fribourg) (Fribourg. Vaud, Neuchâtel et Genève) ; diocèse de aion (siège de l'évêque à Sion) (Valais, moins la commune de Saint-Glngolph, qui dépend d'Annecy, et le district d'Aigle); diocèse de Lugano (siège de l'évêque à Lugano (Tessin). Restent en dehors de ces diocèses, l'abbaye épiscopal e de Saint-Maurice (quatre paroisses du Valais et les prélatures exemptes, ne relevant que du Saint-Siège, d'EinsiedeIn, du Saint-Bernard, ainsi que le Chapitre de Saint-Nicolas à Fribourg; plus deux préfectures apostoliques dans les Grisons, celle, italienne, de Mesocco et Calanca, érigée en 1635 (huit paroisses avec 4150 catholiques) et celle, romanche, de Rhétie, érigée en 1621 (dix-huit paroisses et 6925 catholiques).

Comme les sept évéques suisses ne dépendent d'aucune métropole et qu ils ne relèvent que du Saint-Sièee apostoliaue. ils se réunissent chaque année en synode, habituellement au collège de Schwyz. pour s'occuper des intérêts de leurs diocèses. Ce sont les évéques de Bfile- Luganoy Coire, Saint-Gall^ Lausanne et Genève, Sion, Tessin, Saint-Maurice. La formation du clergé catholique se fait dans les séminaires de Luceme, Coire, Fribourg, Sion, Lugano, Pollegio fdans la Léventine) et Saint-Gall. En outre, chaque diocèse suisse a droit à deux

S laces gratuites au collège germanique à Rome où les étues durent six ans. A Milan, les catholiques des 13 anciens cantons possèdent aussi des bourses, fondées par saint Charles Borromée. Le diocèse de Sion possède également dix bourses à l'Université d'Innsbruck. Le clergé catholique suisse comprend aujourd'hui 2225 prêtres séculiers, les religieux comptent 949 conventuels ou religieux. Les paroisses catholiques suisses sont au nombre de 1308.

Le nombre des catholiques est pour chaque évéché de :

Bâle 4^263 avec 710 ecclésiastiques.

Coire 238181 » 417 »

Lausanne .... 226940 » 335 »

Lugano .... ia5828 » 295 »

Saint-Gall . . . 168495 » 229 »

Sion 115957 » 229 »

Ces chifl'res sont tirés de là statistique du ï^' Buomberger dans la Kirchenzeitung 1906, page 108.

Les ordres religieux d'hommes sont peu nombreux. Il y a en Suisse 44 couvents d'hommes appartenant à cinq ordres : Bénédictins, Chanoines réguliers de saint Augustin, Chartreux, Cordeliers et Capucins.

1. Bénédictins (5 couvents). Ces cinq abbayes forment la congrégation bénédictine suisse dont l'abbé d'EinsiedeIn est le président) : Mariastein-Beinwil-Dûmberg (Autriche) ; 40 religieux). Einsiedeln (Prince-abbé exempt [reichsfreij: 143), Engelberg (57), Oisentis (19), Muri- Gries-Sarnen (56).

2. Augustins (Ôhanoines ; 3 maisons) : Saint-Maurice (l'abbé est évéque de Bethléhem et a juridiction sur quatre paroisses du Valais ; 54 religieux), Grand Saint-Bernard et Simplon (prévôt mitre exempt; total 115 religieux).

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