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Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la FrancheComté et des hameaux qui en dépendent, classés par département. Tome premier VI département du Jura

actuelle de Champvans et de la perception future de Foucheraos ; bureau de poste de Dole ; succursale ; à 8 kilom. de Dole et 60 de Lonsle-Saunier.

Il est bâti sur un sol légèrement ondulé et borné à Test par Choisey et Gevry, à l'ouest par l'Abergementdc-la-Ronce , au nord par Samerey (Côte-d'Or), Champvans et Foucherans , au sud par Tavaux et l'Abergement-de- la-Ronce. Belvoye, Beauregard , la Grange-Mira, la Grange- Sèche , la Borde et la Borde-aux- Rousseaux font partie de la commune.

Ce village est coupé par le canal du Rhône au Rhin , la route nationale de Moulins à Baie , les chemins vicinaux tirant à Foucherans , à Tavaux , à l'Abergement-de-la-Ronce , à Champvans et à Gevry; par le ruisseau de la Blaine, le Bief-de-la- Réverate, le Bief-de-la -Fontainede-PEtang et le Bief-Salé qui tire son nom de la saveur ferrugineuse de ses eaux.

Pop. en 1790, 812 hab.; en 1846, 730 ; en 1851, 724 dont 560 hom.

et 364 fem.;pop. spéc. par kilom.

carré, 83 hab.; 132 maisons; 184 ménages ; 3 auberges ; 1 moulin à 2 tournants à Beauregard.

Les registres de l'état civil les plus anciens remontent à 1793.

Cadastre exécuté en 1813 ; surf.

877h 13% divisés en 2108 parcelles que possèdent 126 propriétaires dont 43 forains ; cont. imp. 850h 33* savoir : 470h en terres lab.; 220h &0* en bois ; 64h 39* en prés ; 56h 05* en vignes; I5h 28* en pâtures; 5h 42* en sol de maisons ; 2h 39* en carrières; rev. cadast. 31,687 fr.

63 c; contrib. dir. 4514 fr.

Sol d'une fertilité moyenne ; produits suffisants seulement pour la consommation des habitants qui fréquentent habituellement le marché de Dole. Le revenu réel des propriétés est de 4 fr. 50 c. pour cent.

Les maisons sont généralement construites en pierre et couvertes en tuiles.

Biens communaux : une église entourée du cimetière, un presbytère insuffisant et trop éloigné de l'église; une maison commune contenant le logement de l'instituteur et celui de l'institutrice, les salles d'écoles, fré-

quentéescn hiver par 7b garçons et 76 filles ; une pompe à incendie, un lavoir, un abreuvoir, deux sources sur les places publiques qu'on pourrait faire servir à la commodité et à l'embellissement du village, et 88 hect. de terres, bois, prés et pâtures d'un revenu cadast. de 1206 fr.

Budget : recettes ordinaires 4141 fr.; dépenses ordinaires 4265 fr.

Bois communaux : 93h dont 2h 79a en exploitation annuelle; essences dominantes : chêne et tremble.

On trouve, sur le territoire de cette commune, d'abondantes mines de fer, employées par le fourneau de Foucherans ; 4 carrières de pierre de très bonne qualité , d'une couleur jaune-pàle avec veines et grains rouges , exportée jusqu'à Besançon et Dijon ; à Belvoye, carrières de inarbres aussi riches que variés ; marbres granits couleur de chair, de chair et rose , et noirs tachetés.

Ce village doit son origine à une abbaye de Bénédictins de l'ordre de Cluny , fondée sous le vocable de Notre-Dame, vers Tan 1 160, par un comte de Bourgogne et enrichie des libéralités des seigneurs de Gevry et de Neuchàtcl. La maison de Longwy en avait l'advocatie. Détruite par une catastrophe dont l'histoire n'a point conservé le souvenir, cette abbaye est devenue un simple prieuré rural , uni en 1 505 à la mense abbatiale de saint Vincent de Besançon.

La maison prieurale a été transformée en habitation particulière, occupée aujourd'hui par la famille Vuillier-Véry.

L'église abbatiale devenue simple paroissiale, a été reconstruite en grande partie en 1780 et placée sous le vocable de saint Denis , patron de la paroisse dont la féte se célèbre le 9 octobre.

Elle est en forme de croix latine,

à une nef et deux chapelles formant transsept avec une autre chapelle adjacente à celle du nord. La tour octogonale placée à côté du clocher et le frontispice en pignon percé d'un œillet à meneaux sont du xue siècle ; le caractère ogival s'est conservé dans les chapelles des croisillons à droite et à gauche ; les chapiteaux qu'on y voit sont de l'ordre corinthien à larges et grossières feuilles ; les arceaux sont en arcs aigus. Une des chapelles a été fondée par une ancienne confrérie du rosaire.

Un joli mausolée en pierre élevé à la mémoire de M. Xavier Vuillier- Véry, mort en 1838, orne le cimetière.

Il y avait à Belvoye une chapelle rurale fondée le 22 août 1682 en l'honneur de la sainte-famille par Jean-Denis d'Aubigncy de Dole. Elle a été détruite depuis la révolution.

Damparis était un village mainmortable du bailliage de Dole; l'abbé de saint Vincent de Besançon en était le seigneur ; la haute justice seule dépendait de la seigneurie de Gevry.

Les Celtes n'ont laissé d'autres traces en ce lieu que des traditions et des dénominations locales aux forets et aux ruisseaux. Le séjour des Romains a été tout autrement fécond : la voie de Dijon au Mont- Jura et aux Alpes grecques se reconnaît encore aujourd'hui par les tombeaux qui étaient sur ses bords; des sépulcres en pierre , des tuiles à rebords , des urnes , des lacrymatoires , des ruines de villa, des monnaies du haut et du bas Empire, des carreaux de marbres différents de ceux du pays , se retrouvent surtout à Belvoye et à Beauregard. On a acquis en 1828 la certitude que les carrières de Damparis avaient été exploitées par les Romains.

Aherffcment (l*)> commune réunie à celle de Rosay , le i 9 mars 1823. Abergcment-de-Ia-Rooce ( 1' ),

vg. de Tarr. et du cant. de Dole ; percept. actuelle de C.hampvans et percept. future de Foucherans; bureau de poste de Dole ; succursale ; ail kilom. de Dole et 03 de Lonsle* Saunier.

Il est bàlisur l'une des *plus basses plaines du département, limité à Test par Damparis et Tavaux, à l'ouest par Saint-Symphorien (Côted'Or) et Aumur; au nord par Saint- Symphorien , Samcrey (Côte-d'Or ) et Damparis ; au sud par Aumur , Saint-Aubin et Tavaux. Mouche- Folin , le moulin du Turlurot et la maison Epinet font partie de la commune.

II est traversé par le canal du Rhône au Rhin , le ruisseau du Turlurot , le Bief-Noir et le Bief-Salé ; par les chemins vicinaux tirant à Damparis , Saint-Symphorien , Aumur et Tavaux.

Pop. en 1790, 260hab.;en 1846, 316 ; en 1851 , 303 dont 160 nom.

et 143 fem. ; pop. spéc. par kilom.

carré 43 hab.; 68 maisons ; 78 ménages ; 2 auberges; 1 moujin.

civil remontent à l'an 1801.

710h 81a divisés en 1203 parcelles que possèdent 249 propriétaires dont 166 forains; cont. imp. 678h 45a, savoir : 562h 61aen terres lab.; 1 77h 1 5a en bois ; H 5h 6 la en prés ; 1 2h 1 7a en pâtures ; 2h 29a en sol de bâtiments ; 1 h 89a en jardins et vergers; revenu cad. 16,693 fr. 79 c; cont. dir. 203$ fr.

Biens communaux : une église avec le cimetière qui l'entoure, un presbytère joignant le cimetière, une maison commune couverte en chaume reofermant le logement de

l'instituteur et une salle d'école commune aux deux sexes, que fréquentent 34 garçons et 18 filles, et 104h de terres lab. , bois, prés et pâtures, d'un rev. cadast. de 1094 fr.

Budget: recettes ord. 2716 fr.; dépenses ord. 2710 fr.

Bois communaux : 91h 15a, dont 2h 73a en exploitation annuelle; essences dominantes : chêne et aulne.

Le sol de ce village est d'une fertilité telle que les deux tiers des céréales qu'il produit sont exportés; le seul objet d'importation est le vin. Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent. On y élève beaucoup de bétail.

Les habitants fréquentent habituellement le marché de Dole.

Les maisons sont généralement construites en bois et pierre et couvertes en chaume.

On remarque sur le territoire de cette commune , près de Damparis, cinq creux assez profonds , appelés vulgairement les Puits-Salés; les eaux qui y séjournent , à raison de leur saveur ferrugineuse , ne peuvent servir à l'usage ordinaire.

Ce village a pris naissance au xme siècle , au sein de forêts défrichées, ou parmi de maigres terrains couverts de ronces el de broussailles. Il eut tellement à souffrir de la guerre de 1636 que de 20 ménages qui le composaient à cette époque , il n'en restait que 3 en 1659.

11 dépendait en toute justice de la seigneurie de Gevry dont tous les sujets étaient main-mortables et il faisait partie du bailliage de Dole.

Réuni dans le principe à la paroisse de Saint -Aubin, il en fut détaché avec Aumur en 1736 ; l'église bâtie à cette époque fut érigée en cure et placée sous le vocable de saint Jean- Baptiste , patron de la paroisse dont la fête se célèbre le

24 juin. Cet édifice est en forme de croix latine à une seule nef avec deux chapelles formant transsept. Sa voûte très basse, ses étroites fenêtres qui ne laissent pénétrer à travers des vitraux de couleur qu'une sombre lumière , lui donnent Paspect de ces modestes cryptes que Ton élevait dans les premiers temps du christianisme sur les tombeaux des martyrs.

La voie romaine de Dijon au Mont-Jura et aux Alpes grecques traversait son territoire, parsemé de ruines antiques. Ses vestiges en sont encore parfaitement reconnaissables.

Abergemen«-le-Grnnd (!') OU le

Grand - Abergenient , vg. de l'arr.

de Poligny, du cant. d'Arbois ; perception de Villelte; bur. de poste d'Arbois ; paroisse de Vadans ; à 8 kilora. de Poligny, 7 d'Arbois et 35 de Lons-le-Saunier.

Il est groupé au. sommet d'une éminence -d'où la vue s'étend sur un magnifique horizon. Ses limites sont à l'est , Vadans et l'Abergement-le-Petit ; à l'ouest Aumont ; au nord Matbenay ; au sud Moutholier, Grozon et PAbergement- le -Petit.

Les granges de la Tournelle , de la Ramée, des Mares, des Vallons, Bériaud , les Barraques-de-la-Forêt et la Tuilerie, font partie .de la commune.

Ce village est traversé par les chemins vicinaux qui se dirigent à l'Abergement-le-Petit et Mathenay, et par celui de gr. corn, n* 9, d'Arbois à Pierre.

Pop. en 1790, 183hab.; en 1846, 243; en 1851, 239 dont 138 hom.

et 104 fem.; pop. spéc. par kilom.

carré 58 hab.; 29 maisons; 55 ménages; 1 auberge, 1 -tuilerie, 1 four à chaux.

Les plus anciens registres de la commune remontent à 1785.

territoriale 421b 71* divisés en 1056 parcelles que possèdent 112 propriétaires dont 62 forains; cont. imp.

402u 21*, savoir : 208h 55* en terre lab.; 75* 42* en bois; 66h 84* en prés; 19h 89* en pâtures; 15h 29* en vignes ; 13h en friches; 3U 10* en jardins et vergers ; lh 85* en sol de bâtiments; rev. cadast. 18,795 fr.

86 c. ; cont. direct. 1963 fr.

Le sol, d'une fertilité médiocre , produit du vin pour les besoins des habitants et des céréales au-delà. Le revenu réel des propriétés est de 3 fr. 50 c. pour cent.

Les maisons sont généralement bâties en pierre et couvertes en tuiles.

Les marchés fréquentés par les habitants , sont ceux d'Arbois et Poligny.

Biens communaux : une chapelle en ruine , dédiée à saint Etienne , 1er martyr, patron de la commune , dont on célèbre la fête le 3 août ; une maison commune très dégradée, contenant le logement de l'instituteur et la salie d'école pour les deux sexes, fréquentée par 1 5 élèves; une fontaine , 1 lavoir, 2 abreuvoirs , 2 pti;ts à pompes aspirantes construits avec un trop grand luxe et , sur son territoire seulement, 47h de bois, pâtures et emplacement des édifices publics.

Budget : recettes ordinaires 1942 fr. ; dépenses 1795 fr.

Bois communaux : 75h88*, dont2h 28a en exploitation annuelle; essences dominantes : charme et chêne.

Un bureau de bienfaisance dont le revenu est de 76 fr.

Des carrières mal exploitées fournissent de la pierre de taille et ordinaire de bonne qualité.

Le berceau de ce village se rencontre au hameau de la Tournelle , simple ferme donnée en 1 1 90 à l'abbe de Rosières qui y fit construire une

tour et une chapelle. Les défrichements au milieu desquels se groupèrent les habitations se Continuèrent pendant les xme et xive siècles. Son nom commence à figurer dans les titres à partir de 1263. Il fut compris dans le bailliage de Salins.

Le Grand et le Petit- Àbergement ne formaient dans le principe qu'une communauté à laquelle le maréchal de Lorges baron de Vadans accorda quelques franchises et surtout des droits importants dans ses forêts, pour y attirer des habitants.

Ces deux villages dépendaient de la baronnie de Vadans et Laferté; l'abbé de Rosières n'avait que la moyenne justice sur ses sujets; il tenait les assises à la porte d'entrée de sa tour de la Tournelle. Ils faisaient partie de la paroisse de Notre- Dame de Grozon. Certains offices se célébraient seulement dans la chapelle Saint-Etienne du Grand-Àbergement. Un incendie a dévoré une grande partie de ce village vers 1840.

Abergcment-le-Petlt (1* ) OU le Petit-Abergement, vg. de l'arr. du cant. et du bur. de poste de Poligny; perception actuelle de Tourmont et percep. future de Poligny; paroisse de Grozon ; à 6 kilom. de Poligny, 7 d'Arbois et 34 de Lons-le-Saunier.

Situé sur une éminence, dans une position très agréable, il est limité au nord-est par l'Abergement-le-Grand, au nord-ouest par Vadans , au sudest et au sud-ouest par Grozon.

Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Grozon , Vadans et Abergement-le-Grand.

Pop. en 1 790, 1 55 hab. ; en 1 846, 154 ; en 1851 , 154 , dont 72 nom.

et 82 fem. ; 20 maisons ; 57 ménages; pop. spéc. par kilom. carré, 101 hab.

Les registres les plus anciens de Pétat civil remontent à 1793.

Cadastre exécuté en 1834; surf.

152b 10*, divisés en 382 parcelles que possèdent 68 propriétaires, dont 34 forains; cont. imp. 148h 30*, savoir : 58h 36» de terre lab. ; 44h 1 5* de bois ; 25h 37a de pâtures; 1 lh 35* de prés; 6h 27* de vignes ; lh de jardin et lh de sol de bâtiments; rev. cadast. 2597 fr. 3 c. ; contrib.

dir. 608 fr.

Sol d'une fertilité moyenne. Les habitants exportent du vin , du fromage et importent du blé. Le revenu réel des propriétés est de 4 p. cent.

Les marchés que fréquentent les habitants sont ceux de Poligny et d'Arbois.

Les maisons sont généralement bâties en pierre et couvertes en tuiles .

Biens communaux : maison commune, renfermant une salle d'école pour les deux sexes , fréquentée en hiîcr par 18 garçons et 12 filles, le logement de l'instituteur , une fruitière où il se fabrique annuellement 5000 kilog. de fromage ; un lavoir , une citerne , et 28h 86a en terres labourables , bois et pâtures , d'un rev. cad. de 82 fr. 99 c.

Budget : recettes ord. 1200 fr. ; dépenses ord. 1187 fr.

Bois communaux: 43h30*, dont lh 25* en exploitation annuelle ; essences dominantes : charme et chêne.

Sur le territoire de cette commune sont deux bonnes carrières exploitées , l'une de pierre bleue , l'autre de blanche.

La première mention présumée de ce lieu se trouve dans un titre de 1 359. Il dépendait de la baronnie de Vadans et Laferté , du bailliage d'Arbois et de la paroisse de Notre-Dame de Grozon.

Abergement-lea-RIalange» commune réunie à celle de Malange le 22 septembre 1824.

Abergemcnt-les-Tbéay, Vg. de

l'air, de Poligny, ducant. et du bur.

de poste de Salins ; de la percept. et de la paroisse de Cernans ; à 8 kilom. de Salins, 21 d'Arbois, et 53 de Lons-le-Saunier.

Bâti entre deux collines , sur le revers oriental des monts de Salins, il est borné au nord-ouest et au sudouest par Thésy ; au sud-est et au nord-est par Lemuy ; au nord par Cernans et Dournon. Les hameaux de la Basse et de la Chaudière font partie de ce village.

Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Salins , à Lemuy et à Cernans.

Pop. en 1790, 143 hab. ; en 1846, 176 ; en 1851, 157 dont 79 nom. et 78 fem. ; pop. spéc. par kilom. carré 34 hab.; 15 maisons ; 29 ménages.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à l'an 1793.

Cadastre exécuté en 1831 ; surf.

462h 65* divisés en 747 parcelles que possèdent 55 propriétaires dont 26 forains; cont. imp. 458h 86* , dont 25 lh 21* en terre lab.; 32h 58* en bois ; 15h 13* en prés ; 3h 24* en murgers ; lh 55* en parcours ; 84* en jardins et 2* en mares ; cont.

non imp. 3h 79*; rev. cad. 5104fr.

49c; contrib. dir. 1197 fr.

Le terrain y est très froid ; il produit de l'avoine, du seigle, du blé et d'autres menues céréales; on importe le blé , le maïs et le vin , on exporte l'avoine et 4000 kilog. de fromage ; moitié des habitants de la commune ne possède rien ; les neiges y séjournent annuellement pendant quatre mois. Le bétail et le fromage forment la principale ressource des habitants qui fréquentent ordinairement les marchés de Salins.

Biens communaux : 159h 12* en terre lab. prés , pâtures et friches , d'un revenu cad. de 198 fr. 88 o.

Point de maison commune ni d'école, deux fontaines, un réservoir.

La commune est usagère dans les forêts de l'Etat , dont elle reçoit du bois en stères pour moitié des besoins de ses habitants.

Budget : recettes ord. 1645 fr.; dépenses ord. 1358 fr.

Carrières de bonne pierre à- bâtir en exploitation.

Ce village a été détruit en partie en 1849 par un incendie qui a causé des pertes évaluées 71,352 fr. lise rebâtit avec beaucoup de goût. Les maisons sont construites en pierre , couvertes en tuiles, laves et tavaillons.

Ce lieu doit son commencement à un abergeage féodal accordé à quelque colon du moyen-âge. Le premier titre qui en fasse mention est une charte d'affranchissement de l'an

Il dépendait en toute justice de la seigneurie d'Aresches, et faisait partie du bailliage d'Arbois.

L'ancien chemin des Minotiers traversait le Bois-de-la-Dame ; il venait d'Arbois et se dirigeait vers le haut Jura en passant par Pont-d'Héry et Lemuy.

De nombreuses croyances mythologiques, surtout celle à l'existence de la vouivre, se perpétuent dans l'esprit des habitants.

Abergemeat-Salnt-Jean ( I' ) »

vg. de l'arr. de Dole , du cant. et de la percep. de Chaussin , de la paroisse de Neublans ; bureau de poste du Déchaux ; à 12 kilom. de Chaussin , 54 de Dole, et 35 de Lons-Ie- Saunicr,

Il est situé sur un terrain légèrement accidenté et limité au nortl par le Petit-Noir et Neublans, au sud par Mouliner en Bresse (Saônc-et-Loire), à l'est par le Petit-Noir et Mouthier , à l'ouest par Neublans et Mouthier.

11 est traversé par le chemin de grande communication n° 8 , de Dole à Bellevesvre, par celui n° 13, de Dole à Pierre, par le ruisseau de l'Etang, et par la rigole du bois du Temple.

Pop. en 1790, 157 bab.;en 1846, 221 ; en 1851, 204, dont 100 hommes et 1 04 femmes ; pop. spéc. par kilom. carré, 90 hab.; 60 maisons; 64 ménages ; 3 auberges ; 1 moulin à deux tournants.

Les plus anciens registres de Tétât civil remontent à Tan 1793.

Cadastre exécuté en 1829; surf.

223h 1 9a divisés en 486 parcelles que possèdent 105 propriétaires, dont 38 forains; surf. imp. 219h 06a, dont 130h 3f de bois ; 55h 61* de terre lab. ; 15h 49a de prés ; 12h 63a en cinq étangs ; oh 09a en pâtures ; 95a en sol de maisons ; 55aen vergers et jardins; rev.cad.1960 f. 91 c.;cont.

dir. 729 fr.; surf, non imp. 4h 14a.

On exporte des céréales et du poisson ; on importe du vin.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Pierre et de Chaussin.

Le patron de la commune est saint Etienne dont on célèbre la féte le 3 août.

Les maisons n'ayant qu'un rez-dechaussée sont généralement construites en terre et bois, et couvertes en chaume. Elles sont dispersées çà et là sur toute la surface du territoire et entourées de vastes forêts.

Biens communaux : maison commune construite en 1845, pour 8000 fr.; elle est remarquable par son heureuse distribution et la noble simplicité de son style ; elle contient le logementde l'instituteur et la salle d'école, fiéquenlée en hiver par 45 garçons et 17 filles; 95 hectares de bois, pâtures et terres lab. d'un rev.

cad. de 540 fr. 82 c.

Bois communaux : 90u 08a, dont

2U 70a en exploitation annuelle ; essences dominantes : chêne et charme.

Budget : recettes ord. 1646 fr.; dép. ord. 1549 fr.

Ce village connu dans le principe sous le nom de population de Saint- Jean, et plus tard sous celui de Saint- Jean-Ï Jbergement, doit son origine à la fondation d'un temple élevé vers le milieu du xive siècle, par des chevaliers de l'ordre de saint Jean de Jérusalem qui atlirèrentautour d'eux des colons en leur accordant des droits d'usage dans leurs vastes forêts.

Le commandeur du temple de Dole était seigneur en toute justice de ce lieu y dont les habitants ne cessèrent de rester main-mortables malgré les cflorls qu'ils firent et les sacrifices qu'ils s'imposèrent pour échapper à la servitude. Hâtait du bailliage de Dole.

La chapelle qui dépendait du temple, construite vers la fontaine Sainl- Jean . a subsisté jusqu'à la révolution de 1789, époque à laquelle elle fut démolie, et la cloche transportée dans l'église de Neublans où elle se voit encore.

Agea, commune réunie à celle de Légna le 23 avril 1823.

Agnè» (Sle-), vg. de l'arr. de Lonsle-Saunier , du cant. et du bur. de poste de Beaufort ; percept. actuelle de Cesancey et de la percep. future de Beaufort; succursale*; à 5 kilom.

de Beaufort et 10 de Lons-le-Saunicr.

Il est bâti sur une éminence qui se détache de la chaîne la plus occidentale du Mont-Jura , et a pour bornes au nord Trenal et Cesancey, à l'est, au sud et au sud-ouest Vincelles , au nord-ouest Cesancey. Les Machurés et Froideville, sont des hameaux qui font partie de la commune.

Il est traversé par la route nationale de Lyon à Strasbourg, les

chemins vicinaux tirant à Mallerey , Cesancey et Vincelles , par les biefs de la fontaine Pré-Haut, de Villeneuve ou Essenand, et par un autre bief sans dénomination.

Pop. en 1 790, 4 i 1 hab. ; en 1 846, 597 ; en 1851 , 397 dont 191 bom.

et206fem.; pop. spéc. par kilom.

carré 97 hab.; 86 maisons; 98 ménages ; 2 auberges ; 1 battoir à blé.

civil sont écrits en latin et datent de

Cadastre exécuté en 1836; surf.

407h 89* divisés en 1566 parcelles que possèdent 262 propriétaires, dont 159 forains; cont. imp. 394h 27% dont 196h 04* en ter. lab. ; 74h 35* en vignes ; 57h 92* en prés ; 40h 09* en pâtures ; 18h 31* en bois ; 2h 30* en jardins ; 2b 30* en sol de maisons ; 2h 16* en vergers ; rev. cad.

1 1,238 fr. 37 c.;cont. non impos.

45h 62*; cont. dir. 1761 fr.

Sol d'une grande fertilité ; vins estimés ; le blanc surtout est de très bonne qualité. On exporte du vin et du blé. Le revenu réel des propriétés est de 3 fr. pour cent.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Lons-le- Saunier et de Cousance.

Les maisons sont généralement bâties en pierre et couvertes en tuiles.

Biens communaux : une église à une nef et deux chapelles ; elle est placée sous le vocable de sainte Agnès , patronne de la paroisse dont on célèbre la fête le 21 janvier ; le chœur , les chapelles et le clocher sont du style ogival tertiaire ; la chapelle de droite , plus ancienne que l'autre parait avoir été construite au commencement du xvi6 siècle ; un presbytère; deux maisons d'écoles qui sont presque inhabitables, l'une pour l'instituteur, l'autre pour

l'institutrice ; elles sont fréquentées en hiver par 35 garçons et 40 filles ; 39h 58* en jardins , prés et pâtures d'un rev. cad. de 41 fr. 42 c.

Bois communaux : la commune n'en possède aucun soumis au régime forestier.

11 existe sur ce territoire quelques carrières de pierre à bâtir , peu exploitées ; des mines de lignites dont l'exploitation empêchée il y a environ 40 ans par l'invasion de l'eau dans les puits de recherches, a été abandonnée. Les traces des puits existent encore près du bord ouest de la route de Lyon à Strasbourg visà-vis Sainte- Agnès.

Budget : recettes ord. 2141 fr. ; dépenses ord. 2136 fr.

Le plus ancien titre qui fasse mention de ce village est, d'après M. Béchet, de l'an 1133. Le premier toutefois qui soit parvenu à notre connaissance est la charte par laquelle l'empereurFrédéricadonnéen 1157 à l'abbaye de Baume ecclesiasanctœ Àsnetis.

La terre de Sainte-Agnès faisait partie , dans le principe , de celle de Saint-Laurentla-Roche , laquelle était arrivée à Etienne de Rouvre dans le partage que Jean de Châlon dit l'Antique lit de ses biens entre ses enfants en 1269. Etienne de Rouvre avait épousé la dernière héritière de la famille de Vignory . Ce fut en 1 300 que cette dame affranchit les habitants de la main-morte. A partir de ce moment , Sainte-Agnès prit une certaine importance et fut qualifié de Bourg. Jean de Châlon y fonda en 1301 un hôpital qui fut réuni en 1696 à celui du Saint-Sépulcre de Salins. Son emplacement donne encore aujourd'hui son nom à un climat appelé l'Hôpital. L'église était desservie par un corps de familiers.

Dans une des chapelles était fondée

une confrérie de Notre-Dame-du- Mont-Carmel.

En 1718 , le prince d'Issenghien , possesseur des biens de la maison de Châlon, vendit la seigueurie de Sainte-Agnès avec les droits de justice haute, moyenne et basse , à M. Bocquet de Courbouzon sur lequel elle fut adjugée par décret en 1756 à Mme Anne-Madelaine Lebas de Gérangy. Charles d'Olivet en fut le dernier seigneur.

Deux fiefs 'dépendaient de cette terre : celui dit de Jean David, et celui dit deChissey, dont Guyot et Hugues de Chilly firent hommage à Marguerite de Vienne en 1371. La motte sur laquelle s'élevait le château fort de Sainte-Agnès se reconnaît encore dans lejardin du chevalier Barrelier. Le sol restitue de temps à autre des boulets , des sabres et des débris d'armes à feu. Ce village faisait partie du bailliage de Lons-le-Sauuier.

De nombreux débris d'antiquités ont été retrouvés au hameau des Machurés sur une colline appelée Bois de l'Hôpital. D'anciennes sépultures présumées gauloises, formées de murs secs et couvertes de dalles brutes , des monnaies romaines ont été découvertes à diverses époques.

On regarde comme très ancien un chemin qui traverse ce climat tirant de Cesancey à Savigny. Il existait une ancienne chapelle aux Machurés dont il ne reste plus de traces. La voie romaine de Lyon à Besançon par Bourg et Lons-le-Saunier passait sur le territoire et à l'est du village de Sainte-Agnès où elle porte encore le nom de Grande route.

Deux paroisses seulement dans tout le diocèse de Saint-Claude ont pour * vocable sainte Agnès. Nous ferons remarquer que la déesse des accouchements chez les Romains, la chaste Lucine, était quelquefois honorée

sous le nom A'Anetig , traduit en français par Agnès , ce qui ferait supposer que le culte de Lucine a été en honneur dans ce village avant celui de sainte Agnès.

Algleplerre , vg. de l'arr. de Poligny, du cant. et du bur. de poste de Salins , de la percep. act. de Marnoz et de la percept. future de Salins ; succursale ; à 6 kilom. de Salins, 8 d'Arbois, 18dePoligny et 46 de Lons-le-Saunier.

Il est situé en plaine au pied de la chaîne occidentale du Mont- Jura , et limité au nord par Mouchard et Pagnoz; au sud par Arbois et Pretin; à l'est par Marnoz et Pretin ; à l'ouest par Montigny et les Arsures. Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Arbois , à Pagnoz, par le bief de Verson, le ruisseau du Vieux- Moulin et un autre ruisseau. La route départementale d'Arbois à Salins traverse aussi son territoire.

Pop. en 1790 : 432 hab. ; en 1846, 502; en 1851, 467 dont 236 hom. et 334 fem.; pop. spécif.

par kilom. carré 68 hab.; 103 maisons; 127 ménages; 1 auberge.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à l'an 1793.

Cadastre exécuté en 1831 : surf.

695h 15% divisés en 2497 parcelles que possèdent 153 propriétaires , dont 133 forains ; cont. imp. 687b 95*, dont 237* 58* en terres lab.; 199h 52* en bois; 97h 59* en parcours et broussailles ; 8ih 88* en vignes; 59h 86* en prés , 7h 20a en jardins , vergers et sol de maisons ; cont. non imp. ; 1 lh 52*; rev. cad.

16,961 fr. 17 c; cont. dir. 2913 fr.

Le sol assez fertile produit des céréales , des vins rouge et blanc de bonne qualité. Objets d'exportation :

céréales, vins et fromage. Le revenu réel des propriétés est de 3 f.

50 c. pour cent.

uigmze

Les marchés les plus fréquentés par les habitants sont ceux d'Arbois et de Salins.

Les maisons sont généralement construites en pierre et couvertes en tuiles. On remarque sur la porte d'entrée de la plupart d'entre elles , des niches renfermant le buste en pierre de saint Antoine solitaire , patron de la paroisse, dout la fête se célèbre le 17 janvier.

Biens communaux : une église trop petite pour les besoins de la paroisse; une vaste maison commune, mal distribuée, qui contient une fruitière dans laquelle on fabrique annuellement 12,400 kilog. de fromages , les logements de l'instituteur et de l'institutrice , les salles d'études des deux sexes fréquentées en hiver l'une par hO garçons et l'autre par 50 filles ; un presbytère en mauvais état et insuffisant ; une vaste place publique au milieu du village qui pourrait facilement être embellie au moyen d'une plantation d'arbres; une fontaine jaillissante au milieu de la place, alimentée par deux sources dont les eaux d'une nuance très distincte se réunissent dans un bassin et ensuite sont dirigées dans un lavoir ; un abreuvoir et trois autres fontaines établies dans différentes parties du village; 2t7h 39a en bois, terre labourable, parcours, places , jardins et dépendances de ses édifices, d'un revenu cad. de 2038 fr. 79 c.

Bois communaux : 143h 27a, dont 5h 61a en exploitation annuelle ; essences dominantes ; charme , chêne et hêtre.

Budget: recettes ord. 3 S SI fr.; dép. 3393 fr.

On trouve sur le territoire de cette commune des carrières de bonne pierre à bâtir , de plâtre, de gypse, des mines d'anthracite et de houille;

ces dernières furent exploitées au xvne siècle pour l'usage des salines de Salins. Une nouvelle exploitation tentée il y a une vingtaine d'années fut presque aussitôt abandonnée par suite de désaccord survenu entre les actionnaires.

La chronique de saint Bénigne de Dijon , écrite au xie siècle , indique qu'il existait entre cette abbaye et celle d'Agaune , un hospice ou gîte, en un lieu désigné sous le nom de Pretagium ou Pctrayium. Nul doute que cette station était au village d'Aiglepierre et non à celui de Pretin. En effet, Aiglepierre était traversé par la voie romaine de Dijon au Mont- Jura ; on en voit encore des traces à l'extrémité est du parc du château. Cette voie était défendue par un retranchement fortifié qu'indique aujourd'hui un espace circulaire.

Le château est bâti sur des fondations romaines ; dans le jardin on a découvert d'autres fondations de constructions romaines , des débris de tuiles à rebords et de tuiles vernissées. Près de la grande fontaine sur la place , il existait un puits aussi romain , creusé dans le roc à près de 30 mètres de profondeur , aujourd'hui comblé. A partir de 1395, ce village figure dans les titres sous le nom d'Àiglepierre , (V Milepierre. 11 fut compris dans le bailliage de Salins.

Le prieur de Château-sur-Salins était seigneur haut justicier d'Aiglepierre. Il inféoda celte terre, au xve siècle, â Jean de Gilley que l'archiduc Maximilien avait fait directeur général de son hôtel des monnaies â Salins.

De la maison de Gilley , la seigneurie passa à la famille Pourtier.

Jacques-François Pourtier marié en I 1718 à Marie-Hypolite de Boute-

choux , en eut Marie-Anne-Désirée Pourtier, mariée en 1745 à Pierre- François-Joseph Junet de Courbessin , seigneur de Bouverans , dont descend M. Charles - Désiré Junet d'Aiglepierre, qui habite aujourd'hui le château de ses ancêtres. Ce manoir féodal , élevé sur l'emplacement d'une villa romaine , était flanqué à ses angles de trois tours armées de mâchicoulis ; une seule subsiste encore. Quelques ouvertures ogivales remplies de maçonnerie se remarquent dans l'aile sud. Ces constructions ont été modernisées. Une belle pièce d'eau orne le parc.

La chapelle du château a été donnée en i 700, par le seigneur d'Aiglepierre , pour servir d'église. Cet édifice est à une seule nef. Le chœur plus ancien que les autres parties est du style ogival de la fin du xv° siècle.

Aiglepierre est la patrie de M. Junet-d'Aiglepierre , lieutenant-colonel , mort en 1802 ; de M. Bousson, colonel d'artillerie, chevalier de saint Louis et commandeur de la légion-d'honneur, né le 15 novembre 1 789, et de M. Chané, Jean-Claude, capitaine retraité, chevalier de saint Louis et de la légion-d'honneur, né en 1784.

Afa. Anciennement ïndis, Idanus, Ignem-fluvium, Elnis, Ancus, Egna-Flumen, Aqua-Egnis, Aqua- Ehnœ , Eyns , Dain. Cette rivière prend sa source à la Doy-d'Ain, territoire de Conte, à 5 kilom. au sud de Sirod , dans un cul-de-lampe bordé de rochers escarpés ; elle sort d'un large gouffre dont la profondeur est inconnue , et reçoit presqu'aussitôt les eaux de la Serpentine qui arrose le val de Mièges; ce qui fait que dès son origine elle est considérable. A peu de distance de sa source elle alimente les forges du Bourg-de-Sirod , elle se grossit des

deux ruisseaux de Lemme et de la Senne, se dirige au nord-ouest pour arroser Champagnole, descend ensuite du levant au couchant jusqu'au Pont-du-Navoy pour reprendre ensuite la direction ordinaire du nord au sud jusqu'à Conflans, où elle quitte le département du Jura après un cours de 68,839 m., pendant lequel elle a reçu toutes les eaux des seconde et troisième chaînes des montagnes du Jura en descendant du levant au couchant , et fait mouvoir un grand nombre d'usines et de moulins construits sur ses bords.

La rivière d'Ain est si parfaitement encaissée qu'il est rare de la voir déborder. Depuis le Pont-de-Poitte à Thoirettc , elle aurait en tout temps assez d'eau pour être navigable et favoriser le commerce de celte contrée , sans les blocs de rochers qui remplissent son lit. Elle devient navigable à Condes par la réunion de la Bienne, et va ensuite se décharger dans le Rhône au-dessous du village d'Anchon, au milieu du département de l'Ain. C'est de toutes les rivières du département celle qui le parcourt sur une plus grande étendue. A sa source elle esta 556 m. au-dessus du niveau de la mer, au Pont-du- Navoy à 467 m. 70 c, au Pont-dela-Pile , à 352 m. 70 c, à Thoirette à 292 m. 30 c, au confluent de la Valouse à 259 m. La pente de Champagnole au port de Thoirette est de 221 m. 05 c. Sa largeur varie de 40 à 70 m. Les embarcations faites sur cette rivière proviennent des bois des forêts de Clairvaux et d'une partie de celle de Noirans , et sont dirigées sur Lyon , où les radeaux arrivent le 2e ou 3e jour, après avoir parcouru 1 70,000 m.

Il n'existe aucun ouvrage destiné à faciliter le flottage, qui n'est guère praticable que pendant les crues et

qui est en outre très dangereux en plusieurs points. Le tableau qui sert de base à la perception des droits fixe à Champagnole l'origine du flottage ; mais la pêche n'est affermée et le flottage n'a réellement lieu qu'à partir du Pont-du-Navoy, 14,736 m.

plus bas.

Cette rivière est très poissonneuse. On y pèche des barbeaux, des ombres, des brochets, des perches, des carpes, des aloses et des anguilles. La truite saumonée et les écrevisses qu'elle fournit sont très estimés.

L'Ain paraît avoir eu sous les Romains, ses patrons, comme la Saône et le Rhône avaient les leurs.

Le point de Condes avait à cette époque une haute importance.

AUèze, vg. de l'arr. de Lonsie-Saunier, du cant. et du bur. de poste d'Orgelet; percep. de Présilly; succursale; à 8 kilom. d'Orgelet et 13 de Lons-le-Saunier.

Situé au pied du revers oriental de la première chaîne des montagnes du Jura, il est limité au nord par Courbette, Vernantois et Saint-Maur; au sud par Reithouse , Présilly et Dompierre ; à l'est par Saint-Maur , Nogna , Marnézia et Dompierre ; et à l'est par Vernantois , Courbette et Essia. LesRippesd'Alièze, desSayes, les Roches, le Pavillon, la Garde-de- Dieu et la Biolée , sont des hameaux qui font partie de la commune.

Ce village est traversé par la route départementale de Lons-le-Saunier à Genève , les chemins vicinaux de Reithouse à Courbette, d'Alièze à Vernantois, à Présilly, à Saint-Maur, au hameau des Rippes.

Pop. en 1 790, 3 1 3 hab. ; en 1 846, 350; en 1881, 384 dont 177 hom.

et 177 fem.; pop. spécif. par kilom.

carré 60 hab.; 87 maisons; 94 ménages; 1 aubergiste.

Les registres de l'état ciyil lesplus anciens remontent à 1793.

Cadastre exécuté en 1826 ; surf.

58ôh 47* divisés en 1808 parcelles que possèdent 161 propriétaires, dont 59 forains; cont. impos. 578h 34% savoir : 287h 45* en terre lab.; 209h 12* en bois ; 37h 79* en prés ; 36h 28* en pâtures ; 3h 92* en friches et murgers ; 2h 11* en sol de maisons; lh 25* en jardins; 68* en vergers ; cont. non imp. 7h 88*; rev.

cad. 7860 fr. 87 c. ; cont. dir. 1 883 f.

Le sol est d'une fertilité moyenne; on exporte des céréales et on importe du vin. Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.

Les habitants fréquentent ordinairement les marchés d'Orgelet et de Lons-le-Saunier.

Les maisons sont généralement construites en pierre, couvertes en tuiles ou chaume.

Biens communaux : une église à une nef et deux chapelles , dédiée à saint Jean-Baptiste, patron de la paroisse, dont on célèbre lajête le 24 juin ; un cimetière hors du village; un beau presbytère construit , ainsi que l'église, vers 1771 ; une maison commune bâtie récemment sur une éminence naturelle qui lui donne un aspect imposant quoiqu'elle soit dépourvue du style architectonique qui aurait dû la caractériser ; elle contient les logements de l'instituteur et de l'institutrice, les salles d'études de chaque sexe , fréquentées en hiver , l'une par 35 garçons et l'autre par 36 filles; plusieurs sources très abondantes; 4 fontaines, 4 lavoirs qu'il serait utile de couvrir, un abreuvoir ; 244h 59* de pâtures, terre lab. prés , bois et dépendances des édifices publics d'un rev. cad.

de 3673 fr. 15 c.

Bois communaux : 254h 51*, dont 6h 44* en exploitation annuelle ; es-

sences dominantes : chêne , charme et hélre.

Budget : recet. ord. 3749 fr.; dépenses ord. 3749 fr.

On trouve sur le territoire de cette commune d'abondantes carrières de pierre à bâtir.

Alièze, autrefois Aluize , Aluze , est un des plus anciens villages de nos contrées. 11 est désigné sous le nom A'Alisiacum dans un diplôme du roi Lolhaire de l'an 868. Démembré de la seigneurie de Saint- Laurent-la-Roche , il en devint un fief attribué en 1 269 à Etienne de Chàlon , dit le Sourd, et à Pierre , dit le Bouvier, fils de Jean de Châlon l'Antique. II échut en partage au premier d'eutr'cux. Etienne laissa au nombre de ses enfants Jeanne qui fut mariée à Guillaume de Dampierre sieur de Saint-Dizier-en-Pertois, allié à la maison des comtes de Flandre. Leurs enfants , Jean de Saint-Dizier , Robert son frère et Jeanne sa sœur, cédèrent en 1317 à Etienne et Guillaume, leurs autres frères, tous leurs droits dans l'héritage d'Etienne leur aïeul ; cette riche succession comprenait les châteaux de Saint-iaurent-la-Roche , d'Augisey, de Sainte-Agnès, d'Muise et de Valempoulières. En 1318, Guillaume devint seul possesseur de celui d'Alièze , et Etienne de celui de Saint-Laurent-la-Roche. Ce dernier épousa à Louhans , en 1319 , Huguette, fille de Henry d'Antigny, seigneur de Sainte-Croix et de Marguerite de Chaix. Cet infortuné périt victime d'un crime épouvantable :

enlevé de son château durant une froide nuit de février 1328 (n. st.), il fut transporté dans celui d'Alièze, enfermé dans une chambre basse , puis étranglé trois jours après et jeté dans une cavité profonde au sein des bois entre Alièze et Présilly. Hu-

guette, coupable de ce meurtre et ayant pour complices Guillaume son beau-frère, Renaud de Beaufort, Jean de Blaisey, Pierre de Mont et Richard de Présilly, s'enfuit auprès de Marguerite de Montbéliard, femme de son père, et parvint à étouffer les poursuites dirigées contre elle. En 1337 elle s'unit par un pecond mariage à Philippe de Vienne, seigneur dePymont. Alièze passa d'Huguette de Sainte-Croix qui en avait hérité de Béraud son fils, mort sans postérité , à Marguerite de Vienne , sa fille , qui fut mariée à Louis de Châlon. Leurs héritiers l'ont possédé depuis sans interruption.

Après le drame que nous avons raconté , les annales de ce lieu ne présentent plus rien de remarquable qu'une scène de guerrillas qui s'y passa du 23 au 24 août 1639. Le marquis de Villeroy avait été envoyé par Richelieu contre la Franche- Comté. Les habitants d'Alièze, cachés dans les bois, surprirent quatre soldats français qui s'étaient détachés de l'avant-garde pour fourrager dans leur village. Avant de les tuer, ils les amenèrent à l'église pour les faire confesser. Trois de ces malheureux , munis de l'absolution , avaient déjà subi le sort qui leur était réservé. Le quatrième prolongeait l'aveu de ses fautes, dans l'espoir éventuel qu'il lui viendrait du secours. Des camarades paraissent en effet ; à leur aspect les paysans troublés, n'osant plus attendre la fin de cette confession , lâchent au pénitent un coup de feu qui l'atteint à la cuisse. Celui-ci fait le mort ; il ne se relève que lorsque les assassins se sont éloignés et que les Français sont près de lui. L'ennemi , justement irrité , met le feu au village.

60 maisons sont incendiées et les campagnards , traquéâ comme des

betes fauves, sont presque tous exterminés.

Alièze avait pris naissance dans la plaine autour de la petite église dont remplacement porte encore le nom de Champ-de-la-Chapelle. Après la catastrophe de 1639 , il se reforma au pied de la montagne que dominait le château fort. Ses deux rues qui se coupent à angle droit lui donnent exactement la forme d'une croix grecque. Il faisait partie du bailliage d'Orgelet.

Le château, environné d'une ceinture de hautes murailles , consistait en une vaste tour bâtie sur la pointe d'un rocher coupé à pic de trois côtés et défendue au sud-est , seul côté accessible , par une porte flanquée de deux tours et un pontievis jeté sur un fossé profond creusé dans le roc vif. Il a été détruit en 1674 après la conquête de la Frauche-Comté, par ordre du souverain.

Amange, autrefois Amanges, vg.

de l'arr. de Dole, du cant., du bur.

de poste et de la percept. de Rochefort; succursale ; à 5 kil. de Rochefort , 12 de Dole et 64 de Lons-le- Saunier.

Situé dans un bas-fond , au pied du versant sud-est de la forêt de la Serre, sur un terrain très accidenté, sans être montagneux , il est limité au nord parOfllange etWriange;au sud par Chatenois et Audelangc ; à l'est par Romange et Wriange, et à l'ouest par Oflïange et Chatenois.

Le Moulin-Chenaux , le Moulin-des- Prés et la Grange-des-Georges font partie de la commune.

Ce village est traversé par les chemins de grande communication n° 10 d'Ougncy à Dole et n° 37 de Moissey à Amange , par le chemin vicinal tirant à Romange, par les biefs du Moulinot et de Renoille.

Pop. en 1790 : 387 hab. ; en

1846, 382; en 1851, 400, dont 186 hom. et 214 fem.; pop. spéc.

par kilom. carré , 60 hab. ; 98 maisons ; 107 ménages ; 1 auberge ; 2 moulins.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1668.

Cadastre exécuté en 1836; surf.

676h 99a divisés en 2584 parcelles que possèdent 152 propriétaires, dont 102 forains ; cont. imp. 669h 48a,dont 313h 85» en ter. lab.; I87b 34» en bois ; 95h 1 6» en vignes; 34h 79» en prés ; 31h 10* en pâtures ; 4h 61* en jardins et vergers ; et 2h 62* en sol de maisons ; cont. non imp.

7h 51*; rev. cad. 5397 fr. 20 c; cont. dir.2146fr.

Sol d'une fertilité moyenne. On exporte du vin et on importe des céréales. Le revenu réel des propriétés est de 4 f. 50 c. pour cent.

Le marché habituellement fréquenté par les habitants est celui de Dole.

Les maisons sont généralement bâties en pierre et couvertes en tuiles.

Biens communaux : église placée sous le vocable de saint Paul, dont la fête se célèbre le 25 janvier. Cet édifice construit d'après les plans et sous l'habile direction de l'architecte Chariot de Dole, a été terminé en 1850. C'est une des plus belles églises rurales du département. Elle est du style ogival, à une nef et deux chapelles; elle a coûté 35,000 f.

Maison commune très incommode et insuffisante , contenant le dépôt de la pompe à incendie , les logements de l'instituteur et de l'institutrice , les salles d'études pour les deux sexes , l'une fréquentée en hiver par 33 garçons et l'autre par 30 filles; un presbytère convenable, attenant à un joli parterre qui entoure l'église ; 3 fontaines (on attribue à

celle de la rue de Cbatenois la propriété de guérir certaines maladies de la peau) ; 2 abreuvoirs; 3 lavoirs qu'il conviendrait de couvrir ; et 200h 49a de bois, pâtures, friches , places et dépendances des édifices publics, d'un rev. cad. de 937 fr.

Bois communaux : 189h83a,dont 5h 71* en exploitation annuelle ; essences dominantes : chêne et charme.

Budget : recet. ord. 3517 fr.; dépenses 3442 fr.

H existe sur le territoire de cette commune des carrières de pierre ordinaire à bâtir et de taille, des sablières, des mines de fer. On ne connaît pas encore le résultat d'une récente exploration faite par des minéralogistes venus exprès de Paris , mais on raconte qu'il a été découvert des filons d'argent et même d'or.

La première mention d'Amange se trouve dans un titre de 1280. Cette terre appartenait dans l'origine à une famille noble de nom et d'armes , éteinte depuis longtemps. Simon d'Amange fonda en 1361 une chapelle seigneuriale dans l'église , sous le vocable de Notre-Dame et de Saint-Léonard. Guy, sire d'Amange , chevalier , conseiller et chambellan, vivait de 1 420 à 1437.

En 1584 la seigneurie appartenait à Jean de Lantenans, et en 1619 à Anatoile de Montrichard , qui avait épousé Etiennettc de Bcaurepaire , héritière de Jean de Lantenans. Anatoile n'eut de son mariage qu'un fils, mort prêtre, et deux filles ; l'ainée, Etiennctle , épousa Antoine de Vaudrey, et la seconde, Jeanne, Antoine de Montrichard. Les deux sœurs partagèrent la terre d'Amange en 1 629 ; mais ces deux portions furent achetées le 23 avril 1663,

par le tuteur des enfants du plénipotentiaire de Brun. Dès cette époque, la terre d'Amange passa dans celte famille , qui en donna le dénombrement au roi en 1774.

Outre la seigneurie principale à laquelle étaient attachés les droits de justice, haute, moyenne et basse, il y avait un fief appelé seigneurie de Baillolle ou deMaigny et Vautravers.

Les deux anciens châteaux qui existaient à Amange, ont été détruits depuis plusieurs siècles, sans laisser de traces.

Sur le versant de la partie de la forêt de la Serre qui appartient à Amange, on remarque près des ruines d'un ancien ermitage de Saint- Bruno, une source transparente dont le bassin a été taillé dans le roc.

Avant la révolution de 1789, Amange était le chef-lieu d'une cure et faisait partie du bailliage de Dole.

Le R. P. Defuans, Jean-Baptiste, ancien prieur des Grands-Carmes , érudit, bibliographe, membre de l'académie de Besançon, né à Amange le 1 8 juillet 1 743, est mort à Dijon Ie8 janvier 1835.

Amour (Saint-, cant. de), arr.

de Lons-Ie-Saunier , borné au nord par les cantons d'Orgelet , de Beaufort et le dép1 de Saône-et-Loire ; au sud par le dép1 de l'Ain , à l'est par le cant. de Saint- Julien , et à l'ouest par lesdép" de l'Ain .et de Saône et- Loire.

Il comprend 16 communes qui sont : Saint- Amour, Balanod, Chazelles , Chevraux , Digna , Grayeet-Charnay , Saint-Jean-d'Etreux , Loisia, Montagna-Ie-*Keconduit, Nanc, Nantey, Poisoux, Senaud, Thoisia, Véria et Villette-les-Saint-Amour.

11 est situé à l'extrémité méridionale du dép1, au point où commence cette riante région du vignoble qui s'étend en festons jusqu'à Salins.

Quelques communes de ce cant.

font déjà partie du revers occidental de la chaîne inférieure du MontrJura.

Pop. en 1790, 7995 hab. ; en 1846, 7624 taab.; en 1851 , 7367, dont 3543 hom. et3824fem.; 1666 maisons; 1810 ménag.; pop. spécif.

par kilom. carré 76 hab.

Surf. 9622h 61a, savoir : 4508h 76a de ter. lab.; 2001h07ade bois; 1 2 1 1 h 03a de pâturages ; 68 8h 29a de prés; 535h72a de vignes; 214h79a de friches; 81h 84ade broussailles; 79h 69a de vergers ; 52h 05a de sol de bâtiments ; 33h 42a de jardins ; 8h 91a de maronniers; 3h 35a de murgers et carrières ; 203h 64a de propriétés non imposables; rev. cad.

265,449 fr. 51c.

Au moyen-âge, les puissants seigneurs de Coligny et d'Andelot , de Chevraux , de Laubépin , de Saint- Amour, se partageaient une grande partie du territoire de ce canton qui a été formé de plusieurs communes dépendant les unes du bailliage d'Orgelet, les autres de celui de Lons-le- Saunier et d'autres de la Bresse.

Amonr (Saint-) , petite ville de l'arr. de Lons-le-Saunier, chef-lieu de canton, bureau de poste, percept.

cure , à 33 kilom. de Lons-le-Saunier.

Bâtie dans une position charmante au point où viennent se confondre les trois grandes divisions qui caractérisent le déparldu Jura, la Montagne , le Vignoble et la Bresse, elle est limitée au nord par Balanod et Condal, au sud par Domsure et Nanc, à l'est: par Villelte et à l'ouest par Condal et Domsure. Elle se compose du faubourg du Jura , des rues du Chàtelet, de Brèche, Corcelles , des Terreaux , Sle-Marie , d'AlIonal , de l'Ain, de l'Achapt, du Soujet, Réclosière ou Guichon , de l'Egoùt, du Commerce, de Bresse, du Puits,

des Augustins , du Rempart , Traversière , des Grangers, de la Maladière, des Tannerieux , du Passagedes-Deux-Portes , du Champ-de- Foire , de la Place-d' Armes et de celle du Croissant ; des hameaux de la Maladière , d' Allonal et de Seillères ; des moulins Carré, de la Forge, Antide, Pont-Pinaut , de la Foule et Mougy; des fermes isolées de Chante- Merle , Vaucenans , Chez - Cuzin , Grange -du -Bois , Grange-Champ- Diot ; des communes ou caronnières du Marais, du Cbanay, des Granges- Colombet , du Chêne , des Mûriers , des Prés-Girard , Sur-Carlet, Faton, Ruffon , Bouquet, Maçon , Champ- Charvay, Grange-Brûlée, Grange- Vitte , la Grasagne , Grange-Belzin.

Elle est traversée par la route nationale de Lyon à Strasbourg, les chemins de grande communication n° 3 de Saint-Trèvier à D or tan , de Saint- Amour à Varennes, et les chemins vicinaux tirant à la Grange- Colombet, à Coudai, à VUlette, à Chante-Merle, à Vaucenans , à Balanod , à T Aubépin , à Nanc et à Domsure , par la rivière de Besançon , le bief de la Roche qui a sa source sur Saint-Amour et le bief de Vaucenans ou du Soujet.

Pop. en 1790, 2878 hab.; en 1846, 2635 hab.; en 1851 , 2262 hab. dont 1051 hom. et 1211 fem.; 5 calvinistes; 451 maisons; 644 ménages ; pop. spécif. par kilom. carré 196 hab.

Les plus anciens registres de l'état civil remontent à l'an 1593.

Elle est le siège d'une justice de paix , où il s'y rend annuellement terme moyen 522 jugements , d'un relai de poste-aux-chevaux , d'un gite d'étapes, d'une brigade de gendarmerie; la résidence d'un contrôleur des contributions directes , d'un receveur d'enregistrement et

des domaines pour le canton et celui de Saint-Julien, d'un receveur et d'un commis des cont. indir. Elle a un collège communal fréquenté par iO internes et 40 externes, un hospice civil et militaire contenant 24 lits, un bureau de bienfaisance, une compagnie de pompiers, une société philharmonique , une prison de passage , des halles , un établissement de charité.

11 y a dans cette ville une fabrique de tissage de laine, 10 épiciers, 40 auberges, 14 cafés, 5 tanneries, 2 horlogers, 2 confiseurs, i teinturier, 3 chapeliers, 1 droguiste, 1 fabrique de chandelles, 6 moulins , des scieries de marbres, des clouteries, des huileries, des poteries, de très beaux ateliers de marbrerie. Dans les environs et sur le territoire on exploite des carrières de sable, de pierre ordinaire et de taille, du pouddingue gris, jaune, vert, rouge, brun. Ce beau marbre a beaucoup de ressemblance avec la brèche d'Mep.

Marché le samedi de chaque semaine. Foires le 1er samedi de chaque mois, à l'exception de deux qui se tiennent l'une le 2 janvier et l'autre le 2 novembre. Le commerce qu'on y fait, consiste en grains et légumes de toutes sortes , bœufs , vaches et porcs, volailles très estimées, quincaillerie , mercerie , épicerie , étoffes, etc.

Cadastre exécuté en 1828; surf.

1 153h 47a divisés en 3694 parcelles que possèdent 549 propriétaires , dont 120 forains; cont. imp., savoir:

475h45a de ter. lab.; 186h 16* de prés ; 148h 27a de vignes ; 154h 59a de bois ; 85h 71* de pâtures et friches ; 54h 13a de jardins et vergers; i 7b B0a de sol de bâtiments; 39h 86a île propriétés non imp.; rev. cad.

75,184 fr. 24 c; contributions dir.

19,300 fr.

Le sol , d'une fertilité ordinaire» produit du vin et des céréales ; mais en quantité insuffisante pour le besoin des habitants. Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.

Les maisons sont généralement bâties en pierres et couvertes en tuiles creuses. Les toits ont une grande saillie , ce qui rend les rues sombres.

Biens communaux : une église, un cimetière, une maison commune contenant les logements de l'instituteur et de l'institutrice , les salles d'écoles , trois pompes à incendie , un collège , un hôpital , huit fontaines , sept abreuvoirs et un lavoir public ; une maison de dépôt et 1 76h 04a de terres, friches, pâtures, murgers , bois , d'un revenu cadastral de 3038 fr. 33 c.

Bots communaux : 185h 40* dont 5h 56* en exploitation annuelle. La section d' Allouai possède 16h 10* en bois , dont 93a en exploitation annuelle. Les essences dominantes sont : le chêne, le charme et le bois blanc.

Budget : receltes ord. 22,470 fr.

40 c, y compris l'octroi qui produit 9,500 fr.; dépenses ord. 19,000 fr.

Bureau de bienfaisance : revenus, 2,493 fr. 83 c.

Hôpital cirtl et militaire. Rev.

10,736 fr.

Origine, Saint -Amour, en latin, Fincia, Vinciacum, Fencennacum, Fanum sancti amatoris , Sancius amor, est un des lieux les plus anciens de la Franche-Comté. A défaut de témoignages positifs, son nom primitif, évidemment celtique, et les nombreuses médailles gauloises recueillies sur son territoire permettent de lui assigner une origine antérieure à la conquête romaine. Le berceau de celte ville se rencontre au nord-est de son em-

placement actuel , au hameau de Vauccnajis, l'ancienne Vincia. On y a exhumé à.divcrses époques des monnaies de la période celtique (au type grec et au type purement gaulois), de la période romaine, d'autres en usage sous les premiers rois de Bourgogne et sous les premiers rois de France. Une voie romaine partant d'Arinthod et même de Genève, ainsi que le pourrait faire supposer la légende de saint Romain, fondateur de l'abbaye de Saint- Claude, arrivait par Viilette, où ses (races sont encore parfaitement reconnaissables, à la bourgade de Vincia, et se dirigeait de là à Chàlonssur-Saône par Louhans. Une vigie ou station fortifiée qui s'élevait en un lieu appelé aujourd'hui à Saint- Amour le Châlelet , défendait celle voie. On a découvert l'enceinte de ce retranchement, en 1809, sons les deux côtés des maisons qui bordent la rue du Châlelet. C'était un mnr formé de pierres de tailles bien appareillées et parfaitement assises.

Le sol que cette muraille enclavait était semé de tuileaux romains et de médailles dont l'une élait à l'effigie de Faustina Augusla et renfermait un tombeau. Un autre tombeau antique fut trouvé , en 1718, au point d'intersection de la rue du Bourg avec celle des Fours-Bannaux. Gontran, roi de Bourgogne, fit, en 585, un pèlerinage à l'abbaye de Saint- Maurice-d'Agaune , pour satisfaire sa dévotion aux glorieux martyrs de la Légion-Thébainc. 11 obtint des religieux de cette abbaye, dont il était un des bienfaiteurs , quelques reliques des saints Amour et Viateur , soldats de cette légion , qu'il promit de laisser dans la première ville de son domaine qu'il rencontrerait en retournant dans ses Etats. Ce fut Vinciacum, où il arriva au mois

d'août, qui reçut cette précieuse faveur. Une église fut bâtie sur l'emplacement d'un temple dédié à Mercure, et la garde en fut confiée à des religieux qui édifièrent un monastère proche de l'église. Le bruit des miracles qui s'opéraient par l'intercession de ces célèbres martyrs attira de nombreux pèlerins des contrées voisines. Des habitations se groupèrent autour de l'abbaye et donnèrent naissance à la ville actuelle. Les successeurs du roi Gonlran ayant donné ce lieu à l'évéque et à l'abbaye de •St- Vincent de Màcon , les nouveaux possesseurs firent construire un château et une enceinte pour la défense de ce nouveau bourg, qui prit depuis le nom de Saint-Amour. Vinciacum devint un simple faubourg. Toutefois il faut reconnaître que la première mention authentique de cette ville ne date que de 950.

Seigneurie. Dans deux actes datés des calendes de janv ier, 8e année de Rodolphe , roi de Bourgogne (930), Bernon, comte cl évôque de Màcon, et le chapitre de Saint-Vincent de la même ville , cédèrent, à titre d'échange à Albéric de Narbonne et à ses deux fils Létalde et Humbert, le bourg et l'église de Saint-Amour (burgum et ecclesia Sancli-Amoris), avec le village de Vincia, la prévôté, les chapelles adjacentes et tout ce qui en dépendait , situés au diocèse de Lyon. L'un de leurs successeurs dans la baronnie de Salins donna cette terre en fief à un seigneur de la maison de Laubespin.

Geoffroy de Laubespin est le premier seigneur connu de ce nom. Il vivaiten 1 158. Des seigneurs de Laubespin , sires de Saint-Amour, cette baronnie passa , au xv° siècle , aux membres de la maison de Laubespin, seigneurs de l'Isle-sous-Saint- Laurent-Ia-Rochc. Claudine de Sain t-

Amour, dernière héritière de ce nom, épousa, de 1445 à 1460, Jean de Damas, seigneur de Digoinc. Jean de Damas, leur petit -fils, vendit celte seigneurie en 1548 à Philibert de la Baume ou de la Balme-sur-Cerdon.

De la famille de la Baume - Saint- Amour, elle passa par héritage dans celle de Choiseul qui Ta conservée jusqu'à la révolution de 1789.

Les armoiries de la première maison de Laubespin étaient: tin arbrisseau tigè de cinq branches fleuries etfeuillées, dont les émaux ne sont pas connus.

Les Laubespin des xve siècle et suivants, en même temps seigneurs de Plsle, n'avaient pas la même origine et leur blason était différent :

ils portaient, d'azur au sautoir d'or, cantonnée de quatre bitlettes de même.

Les armes de Philibert de la Baume étaient : d'or à la bande vivrée d'azur ; cimier, un cygne d'argent; supports, deux griffons d'or.

Plusieurs de ces seigneurs ont joué un grand rôle dans l'histoire.

Jean de Damas ayant embrassé le parti de Louis XI contre Marie , sa souveraine légitime, fille de Charles, duc et comte de Bourgogne , et épouse de Maximilien , archiduc d'Autriche , fut , après la rentrée de ce dernier dans ses Etats , dégradé de l'ordre de la Toison -d'or et privé de toutes ses dignités ; l'écu de ses armes , de gueules à la croix azurée , fut brisé en pleine assemblée des chevaliers, en 1481. Philibert de la Baume avait accompagné Charles-Quint aux expéditions de Tunis et d'Alger ; il fut son ambassadeur en Angleterre, et devint gouverneur de Bresse et de Bugey . Louis de la Baume , cousin et héritier testamentaire de Philibert, était chevalier de l'Annonciade ; il fut ambas-

sadeur de Savoie auprès de plusieurs cours. Jacques -Nicolas Perrenot de la Baume, fut accusé d'avoir favorisé l'occupation française en 1 668; aussi fut-il contraint de quitter la Franche- Comté lors de sa restitution au roi d'Espagne, peu de mois après. Philippe, marquis de lennes, frère et héritier du précédent , élait bailli d'Aval et gouverneur du comté de Bourgogne, lors de sa première conquête par la France.

Après avoir porlé le titre de 6aronie, la seigneurie de Saint-Amour qui comprenait la ville, chef-lieu de la terre , les villages d'Allonal , de Balanod et de Montagna-le- Reconduit , fut érigée en comté par Philippe H, roi d'Espagne, en 1570, en faveur de Louis de la Baume. Elle relevait du château d'Orgelet. En 1266, Guillaume de Laubespin , de concert avec ses frères Huinbcrt et André, engagea au comte Jean de Bourgogne, sire de Salins, surnommé l'Antique , ses château et terre de Saint-Amour, jusqu'au remboursement de cent livres de bons estevenants que ce prince lui avait remis. Ce fut dans le partage des biens du comte Jean que cette seigneurie fut comprise parmi les fiefs d'Orgelet.

Le seigneur avait sur ses sujets justice haute , moyenne et basse , les droits de halles , de rouage , et des cens en argent. Le droit de halles et de rouage fut acheté par la ville en 1772. La mesure suivie sur les marchés élait celle d'Orgelet.

Franchises. Ce fut en 1272 que les habitants de Saint-Amour, déjà affranchis de la main - morte par Pévèque de Màcon , obtinrent une charte de commune. Guillaume de Laubespin leur concéda à toujours commune et liberté , sans porter atteinte à leurs bons usages et à leurs

anciennes coutumes. Il leconnutaux bourgeois le droit d'élire entre eux un maire et quatre éclievins qui nommeraient les messiers pour la garde de leurs communaux et de leurs forêts ; il leur concéda le droit de chasse et de pèche ; il déclara en outre qu'ils ne seraient plus tenus d'aller à la guerre avec le seigneur que lorsque la munition ne leur manquerait pas ; cl, dans le cas d'une juste guerre , ils devaient le suivre pendant un jour et une nuit, une fois le mois seulement et une personne par ménage ; étaient exceptés les clercs, bourgeois et religieux privilégiés, suivant les anciens droits de là ville. La garde des portes appartenait aux habitants. Les sujets d'AUonal , affranchis de la mainmorte , devaient guet et garde au château. Guichard, évèque de Maçon , Jean de Châlons , seigneur de Rochefort, et Jean de Cuseau, furent garants de cette charte, dont chaque seigneur, à son avènement , devait promettre par serment l'observation, la main sur les saints Evangiles.

Les successeurs de Guillaume de Laubespin ayant cherché à empiéter sur quelques-uns de ces droits, les bourgeois résistèrent jusqu'à ce qu'enfin un nouveau traité passé en présence de Louis de Vauldré, bailli d'Aval en 1436, eût mis fin à toutes difficultés.

Fortifications. Saint-Amour était considéré comme une des principales clefs du bailliage d'Aval. Le château se composait d'un épais donjon circulaire et d'une forteresse bâtie sur une éminence naturelle, flanquée de tours aux angles, entourée de murailles que baignaient les eaux d'un large fossé. Une tourelle placée en encorbeillement contre un des murs permettait de surveiller au loin l'ennemi dans la campagne.

La ville était close de murs aussi flanqués de tours d'espace en espace, et défendue par deux portes garnies de herses et de ponts-levis qui donnaient accès du côlé de Cuiseaux et de Coligny ; dçux petites portes de secours communiquaient avec les villages de la montagne et de la plaine.

Ces fortifications furent réparées , et l'enceinte fut agrandie par Philibert de la Baume en 1556 , pour résister aux guerres de religion. Elles furent ruinées par les différents sièges subis par la ville. Ce n'est qu'en 1674 que le château fut mis tout à-fait hors de service, à l'aide de barils Je poudre qui le firent sauter. Louis XIV faisait tant de cas de celte place que, lors du traité des Pyrénées, il offrit au roi d'Espagne de lui céder en échange la forte place d'Avenncs dans le Hainaut. Cette proposition fut repoussée.

Guerres, sièges. Saint- Amour fut ravagé et incendié par l'armée de Louis XI , en 1477. En 1595, pris par le maréchal de Biron , au nom de Henri IV, il fut foulé de troupes et de contributions. En 1657, après un siège mémorable soutenu avec héroïsme pendant une semaine, contre les armées du duc de Longueville, il capitula le 3 1 mars. Au mépris de cette capitulation , il fut incendié et livré au pillage. Celte ville se rendit en 1668 au comte d'Apchon , et en 1674 au duc de Bellegarde.

Administration. L'administration de la ville était confiée à un maire qui, au xve siècle, portait le titre de syndic , à quatre éclievins et à plusieurs conseillers, tous au choix des habitants et des notables. Dès que les princes de la maison d'Espagne eurent conféré à cette ville des lettres de mairie , le maire prit le titre de vicomte majeur et de capitaine. St.-

Amour crilflé de délies , n'ayant pu .acheter les offices municipaux au moment où Louis XIV rendit ces charges vénales , ne fut plus administré, après la conquête , que par des échcvins. A partir de 1773, le corps municipal se composa d'un maire, lieutenant-général de police, d'un lieutenant de maire, d'un échevin à la nomination du seigneur, d'un procureur du roi de police , de quatre conseillers , un syndic receveur et un secrétaire greffier.

Justice. L'exercice de la justice était confié à un bailli, un juge, un procureur d'office et un greffier.

Ce petit bailliage seigneurial rcssortissait au bailliage royal d'Orgelet.

Il y avait en outre quatre notaires royaux , un notaire tabellion de la seigneurie et un huissier. Huit à dix avocats postulaient à cette justice et à celle des gabelles.

Justice des gabelles. Ce tribunat, créé en 1705, se composait d'un président , un procureur du roi, un greffier, un contrôleur des actes, un agent préposé à la vente du tabac de Paris, et en même temps contrôleur pour la distribution du sel.

Subdélégation. L'intendant de la province était représenté à Saint- Amour, depuis 4715, par un subdélégué qui avait à peu près les mêmes attributions que celles de nos souspréfets actuels.

Maréchaussée. Depuis 1 692, il y avait une brigade de maréchaussée établie dans cette ville , chargée de la police générale.

Gouvernement militaire. Par édit royal de 1722, la place de St. -Amour fut érigée en gouvernement. M. de la Sale , chevalier de Publy, fut le premier gouverneur. Ce titre fut supprimé en 1764.

Privilèges de la ville. Le maire, en vertu des privilèges accordés par

les rois d'Espagne, avait le titre de vicomte - mayeur et capitaine de la ville. Il avait entrée aux Etats de la Province ; il exerçait la justice de police sur la ville et les faubourgs.

Il avait le droit de faire la taxe du pain, du vin, etc.

Depuis le xue siècle , il se tenait un marché chaque semaine, et plusieurs foires dans l'année, autorisés par le seigneur.

Un octroi concédé par Charles- Quint se percevait sur les boissons.

Tombé en désuétude, son rétablissement, en 1 76 1 , amena une émeute qui eut des suites sanglantes.

Pour entrer dans la bourgeoisie , il fallait n'être ni bâtard, ni entaché de main-morte , et payer en outre un droit considérable à la ville. Les simples résidants payaient un droit de manentage.

Une milice bourgeoise, créée sous le litre de chevaliers de l'Arquebuse, par les infants d'Espagne , jouissait de nombreux privilèges. Ceux qui obtenaient le prix au tir, portaient pendant un an le titre de rois, et étaient exempts de toutes charges locales.

Armoiries. Les anciennes armoiries de la ville étaient : d'or au lion de sable rampant, lampassé de gueules, onglé et couronné d'argent. Elles furent enregistrées dans l'armoriai général en 1 698, et confirmées en 1810.

Industrie et Sciences. Le célèbre Philibert de la Baume, qui avait acheté la terre de Saint-Amour en 1548 et qui mourut en 1572, peut être considéré comme le principal bienfaiteur de celte ville. Mettant à profit ses vastes connaissances et l'expérience acquise dans les différents pays qu'il habita comme ambassadeur, il les employa en faveur de ses sujets. 11 fit venir d'Espagne et d'Angleterre des bêtes à laine, et,

de Vienne en Dauphiné des tisseurs.

On vit s'élever comme par enchantement des ateliers divers , des moulins, des foules, des forges, des usines à martinets et des fabriques de toiles peintes. Les eaux du Sougct, saturées de sulfate d'alumine, contribuèrent à donner la blancheur et le brillant aux laines, la vivacité aux couleurs des étoffes et des toiles. Elles donnèrent aux outils qui se confectionnaient danscetle ville celle trempe admirable qui fit leur réputation. Il établit aussi des tanneries et des poteries. Sur sa demande , le roi concéda , le la juin 1549, deux nouvelles foires qui devinrent l'entrepôt du commerce de la Bresse , du Bugey, de la Savoie et du Maçonnais. Il amena d'Italie des ouvriers chapeliers qui fabriquèrent les premiers chapeaux qui ont paru en Franche-Comté. Ses plantations de mûriers pour les vers-à-soie ne furent pas appréciées par les habitants, qui négligèrent celle branche d'industrie. Il remplaça dans ses bois les petites châtaignes de Saint-Amour par de bons marrons du Dauphiné connus sous le nom de marrons de Lyon. Il découvrit dans sa terre de Montagnat une carrière de marbre qu'il fit servir à l'ornement de sa chapelle dans l'église des Augustin?. Il y découvrit aussi une carrière de stuc. Tous ces établissements disparurent à la suite du siège de 1637, pour ne plus se relever. La morale de ce seigneur était : Ptus mieux nos sujets seront , plus mieux nos affaires iront. II exempta tous les ouvriers établis à Saint-Amour de ses droits [seigneuriaux. Il entretenait dans son château des sociétés littéraires où se rendaient entre autres Jean de Saint-Amour, religieux augustin très érudil , le docteur Colornbct et Jean Millet.

Établissements civils et* religieux.

Maladrerie. Le plus ancien hospice de Saint-Amour est une maladrerie fondée en 1 158 par Geoffroy de Laubespin , pour les lépreux. Il existait au hameau qui a conservé le nom de Maladière. Ses revenus ont été réunis à ccuxdcrhôpilal général.

Hôpital général. 11 y a dan» la province peu d'hôpitaux plusanciens que celui de Saint-Amour. Il fut fondé et doté par Guillaume de Saint- Amour qui l'institua son légataire universel par testament de l'an 1250.

Cet édifice existait à l'angle occidental de la rue Guichon. Incendié en 1637, il fut reconstruit en 1664 sur l'emplacement qu'occupe la gendarmerie. Ce n'est qu'en 1823 qu'il fut transféré dans l'ancien couvent des Capucins. Il reçut de grandes libéralités de l'abbé Collot et de M.

Méallet de Fargues, premier évoque de Saint-Claude. Il était administré par un bureau composé de huit administrateurs , dont qualre devaient être choisis parmi les ecclésiastiques et qualre parmi les laïcs. Il était desservi par un aumônier, un médecin, un chirurgien , un receveur et par six sœurs hospitalières suivant la règle de sainte Marthe , dont l'admission élail soumise à la preuve d'un grand degré de double noblesse.

Cet établissement fut confirmé par des lellres-palentes de Tan 1 732, qui lui concédèrent tous les droits et privilèges des autres hôpitaux de la province, à condition que les soldats malades y seraient reçus aux prix à régler.

Couvent des Grands-Jugustim.

Le monastère fondé sous Gontran ayant été détruit au xtve siècle , Claude . co-seigneur de SI-. Amour, le rétablît en 1425, pour des hermiles de saint Augustin. Incendié en

1477 par Louis XI, il fut réédifié par les habitants à l'aide des indulgences plénières promises par Charles de Bourbon , archevêque de Lyon , cnsuitedesondécretdu lajuillcl 1488, daté de Saint- Amour, ville de son diocèses L'année suivante, le couvent fut terminé. Par suite d'une réforme opérée en 159N , les religieux prirent le litre de Grands-Augustin?.

Ils tenaient le collège dans leur bâtiment. On remarque encore dans la rue des Auguslins un pan de mur percé de deux fenêtres ogivales du xve siècle et un contre -fort, seul reste de cet édifice vendu nationalement en 1792, et démoli.

Capucins. Ce couvent a été fondé en 1628 par le docteur Chappuis et Humbert l'clot. Hélène l'errenot de Granvelle, comtesse de Saint-Amour, avait donné remplacement en 1036.

Vendu par l'Etat en 1792, au notaire Renaud, il servit pcndanl quel ques années d'auberge , et fut ensuite acquis par l'hôpital qui y est installé depuis 1825.

Eglise collégiale et paroissiale.

La paroisse do Saint-Amour comprenait cinq ou six villages et dépendit du diocèse de Lyon jusqu'à l'érection de revécue de Saint-Claude en 1742. Elle était desservie par un vicaire perpétuel à la nomination des religieux de Sainl-Vinccn! de .Maçon, qui en étaient curés primitifs. Au xme siècle, il se forma un corps de familiers pour la desserte des fondations. Etaient seuls admissibles à celte société, les prêtres haptUcs à Saint- Amour et nés de parents bourgeois qui y avaient aussi pris naissance. L'église, dédiée à saint Amour et à saint Viateur, dont la fêle se célèbre le 25 août , fut érigée en collégiale en 1 652 pour un doyen et six chanoines qui devaient être bourgeois [natifs de Saint-Amour. Deux

autres prébendes ayant été ajoulécs, le chapitre se composa dès-lors d'un doyen cl de huit chanoines. La fondation de cette collégiale est due aux libéralités du docteur Chappuis et de Jeanne Bouquet , son épouse. Les chanoines tentèrent , en 1768 , de réunir la cure à leur chapitre. Leur entreprise fut sur le point de réus^r:

cependant un arrêt du conseil d'Etat

du 4 février 1771 , maintint le curé dans la cure litigieuse. Le presbytère fut vendu en 1792 , ainsi que les bâtiments occupés par le chapitre.

Couvent de la Visitation. Le cou vent de la Visitation de sainte Marie fut fondé en 1635 , par Mme Jeanne de Seylurier, dame de Dananche. Ce monastère, commencé modestement dans la rue Guichon , devint l'un des plus beaux et des plus riches de l'ordre. Il n'était occupé que pat des demoiselles des premières familles de la province. La famille de Toulongeon, établie à St. -Amour, a soutenu cet établissement par des dons considérables. Les religieuses achetèrent l'ancienne halle aux blés, la place du marc hé , une partie des fossés de la ville et construisirent un nouvel édifice dans des proportions grandioses.

Il contint jusqu'à cinquante religieuses professes , onze sœurs converses et trente pensionnaires. Une enlise richement décorée , de vastes jardins , un beau parc , formaient les dépendances de ce monastère , démoli en partie en 1792.

Annonciades célestes. Ce couvent fut fondé en 1655 , par trois demoiselles de la ville dont les noms ne sont pas connus. Le bâtiment , vendu nalionalemeut à des particuliers, existe encore.

Chapelle des pestiférés. Cette chapelle et sou cimetière oui été fondés en 1 629 , sous le vocable de saint

Roch , par testament de demoiselle Caseau , de cette ville , épouse de M. Deleschaux de Lons-le-Saunicr.

Ce n'est qu'en 1636 que la peste se manifesta à Saint-Amour ; elle continua ses ravages Tannée suivante , surtout pendant la durée du siège.

Chapelle de bon rencontre. Elle fut fondée au xive siècle pour les pelerinset les voyageurs ; elle était souvent visitée par les processions des nombreuses confréries de la ville.

Maison de charité. Cette maison fut fondée en 1643, par l'abbé Vêtus, originaire de cette ville , pour une distribution de secours aux pauvres de la seigneurie. Il légua à cet effet l'usufruit de quatre maisons qu'il possédait à Séville ( Espagne ). Les pères de la Miséricorde de Séville , possesseurs de ces bâtiments, ne font parvenir qu'une faible partie de ces revenu», qui suffiraient au soulagement des pauvres de la ville. Des lettres-patentes du mois de mai 1773 confirmèrent cet établissement et donnèrent un règlement pour le bureau d'administration composé de huit conseillers , savoir : du curé de Saint- Amour, du prieur des religieux augustins , du recteur de l'hôpital nommé parles officiers municipaux , d'un receveur et de quatre autres conseillers , dont deux ecclésiastiques et deux notables habitants.

Dames de charité. Au xvme siècle, plusieurs dames de la ville s'associèrent pour distribuer des secours à domicile et visiter les malades indigents.

Chevaliers de V Arquebuse. Les chevaliers de l'Arquebuse, chargés de la garde et de la défense de la ville , avaient construit, au xvuie siècle, sur l'emplacement du château , un pavillon et une promenade pour leurs réunions et leurs exercices. Ces

biens , devenus une propriété de la ville , sont entretenus avec soin.

Corporations et Confréries. Du xv6 au xvne siècle, tout était confrérie à Saint- Amour. Chaque corps de métier avait sa confrérie, ses statuts, sa bannière, sa chapelle, son patron ; chaque confrérie avait de riches revenus et de nombreuses fondations.

Etat actuel Parmi les édifices de Saint- Amour, on remarque, 1° l'église ; elle est à trois nefs , orientée suivant l'usage antique. Vis-à-vis la naissance du chœur , sont d'un côté le clocher et de l'autre la chapelle de la Vierge , allongée et très étroite , construite en 1738. Le clocher qui dans le principe était au-dessus du transsept ayant été endommagé lors du siège de 1637, tomba sur la toiture et entraîna dans sa chute une partie de la nef. On remarque dans ses parties inférieures les dates de 1611 et 1614. Le dôme a été restauré en 1774. L'église a subi de telles modifications qu'elle ne conserve rien de son ancien caractère. Le chœur et la nef sont revêtus de peintures à fresque de faux goût. L'architecture de l'édifice est lourde. Le maitre-autel est composé d'une grande variété de marbres. La chaire à prêcher , en marbre blanc sculpté , est assez belle. Des orgues ornent le fond de la nef. Dans la chapelle de la Vierge sont quatre vitraux peints par Thibaud en 1847, qui représentent les quatre phases principales de la vie de la mère de Dieu ; l'autel en est richement orné. 2° L'hôtel-de-ville , dont la reconstruction, en 1848, a coûté 34 ,000 fr. 3° Les halles, construites en 1824. 4° La prison, rétablie en 1733. 5° Le pavillon et la promenade de la chevalerie, d'où l'on jouit d'une vue magnifique. 6° L'hôpital civil et militaire , parfai-

lement tenu par cinq sœurs hospitalières de Tordre du SI-. Sacrement.

7° Le collège, établi dans une partie de l'ancien couvent des Visitandincs.

8° La maison de charité, tenue par cinq sœurs hospitalières du Saint-Sacrement, qui donnent l'instruction à 100 élèves, dont 501a reçoivent gra tuitement. 9° Le cimetière , renfermant plusieurs jolis mausolées. On remarque plusieurs maisons particulières de belle apparence et quelques maisons de plaisance, parmi lesquelles on distingue celle de M. de Domsure au Souget. On visite avec intérêt les ateliers de marbrerie de M. Fontaine et de M. Bouquin Macaret, dont les produits remarquables s'exportent dans toute la France. 11 y a au hameau d'Allonal une antique chapelle dédiée à saint Denis.

Hommes recommakdables.

Saint- Amour a vu naître, 1° Guillaume de Saint-Amour , né en cette ville en 1 202 et mort en 1 272. 11 est l'un des plus illustres écrivains du xme siècle. Ses œuvres , recueillies par M. de Cordes, ou par Valérien de Flavigny, docteur de Sorbonne et professeur au collège royal de France, ont été publiées en 1652, in-4°, sous la rubrique de Constance, mais plus probablement à Paris. Il fut l'un des fondateurs de la congrégation de Sorbonne , recteur et professeur de l'université de Paris.

2° Vieux (Désiré) , bailli de Saint- Amour, patriote incorruptible. Pour ne point abandonner la cause de Marie de Bourgogne, sa souveraine , que trahissait Jean de Damas , seigneur de Saint-Amour , 11 s'exila et laissa confisquer ses biens. Plus tard il fut nommé conseiller au parlement de Dijon , par Philippe , roi de Caslille , fils et héritier de la comtesse Marie.

3° Antoine Colombet, célèbre ju-

risconsulte. Il vivaitdans le xvie siècle et s'était établi à Bourg.

U° Millet (Jean), traducteur de grec et de latin , contemporain du précédent.

8° Jean de Saint- Amour, religieux auguslin, célèbre architecte, peintre et géomètre , qui vivait aussi au xvie siècle.

6° Collod (Jean-Philibert), docteur en théologie , curé de Saint-Amour , officiai , archiprètre , mort en 1723 , un des restaurateurs de l'hôpital de cette ville.

7° L'abbé Vêtus vivant au xvne siècle. Devenu célèbre médecin à Séville, il fonda une maison de charité dans sa ville natale.

8° Le docteur Chappuis , auteur de plusieurs ouvrages, fondateur du chapitre collégial et du (couvent des Capucins de cette ville. Il fit cette réponse sublime au duc de Longueville qui l'engageait, en 1637, de recommandera ses concitoyens , dans leur intérêt, à se rendre immédiatement :

« Je ne puis promettre autre chose à votre Altesse, que de les soulager, les consoler , les encourager à leurs devoirs et mourir avec eux. »

9° Le baron Meunier, né le 5 août 1770, parti comme simple volontaire, nommé commandeur de la légion-d'bonneur le 14 juin 1804 , lieutenant-général le 10 août 1814 , commandant de l'école militaire de la Flèche le 20 mars 1815, mort le 20 avril 1 846. 11 avait épousé la fille du célèbre peintre David. Né d'une famille obscure , il sut par son mérite, parvenir aux grades supérieurs. Il combattit avec gloire en Allemagne.

10° M. le commandant Merle , né en 1780, mortle 7 septembre 1845.

Lors de l'invasion étrangère , il fut le dernier des officiers français qui remit Pépée dans le fourreau. Pen-

dant la restauration , il fut nommé membre de la légion-d'honneur et chevalier de Saint- Louis ; il fut plusieurs fois président du conseil général du département du Jura. Investi des fonctions de maire de Saint- Amour, il donna tous ses soins au bien-être de celte ville. Le conseil municipal, par décision du 7 novembre 1845, lit ériger sur sa tombe un mausolée avec cette inscription :

Souvenir de reconnaissance.

Le colonel Renaud, le lieutenantcolonel Aberjoux, M. le capitaine Millod, M. Passaguay, Jean-Baptiste, médecin distingué, tous morts il y a peu d'années; M. le colonel Renaud de Saint-Amour, M. le capitaine Moirod sont nés dans cette ville.

On cite encore les noms de M.

Prost , dit Cliinard , de M. Léopold Cbambard, né en 1811 , tous deux statuaires distingués encore vivants.

BlRLlOGRAPlUE.

M. de Danancbe père , a écrit une histoire de Saint- Arnour , qui est restée manuscrite. M. Abry d'Arcier d'Arlay en a écrit une autre , reproduite par extrait dans les Mémoires de la société d'émulation du Jura.

M. l'avocat Perrin a publié , en 1850, l'histoire de celte ville , dans un ouvrage ayant pour litre : Notes historiques sur les villes et principaux bourgs du département du Jura. On peut aussi consulter les Annuaires de 1815, 1814, 1840, 1841 et 1850.

MM. Petit- Radel et Corneille-St.- Marc oui publié la biographie de Guillaume de Saint-Amour.

Anchny, commune réunie à celle de Lavans-sur- Valouse , le 14 avril

Andelot>cn-l?Ionfagne, autrefois

Àndelot-sur-Salins, Les-deux-Andelot, Andelot-les Marbres, Andelot-

sur-Vers, vg. de l'arr. de Poligny, cant. et bur. de poste de Ghampagnole, perc. de Vers-cn-Montagne , relai de poste; succursale ; à 14 kil. de Champag noie, à 25 kil. de Poligny et 50 de Lons-le-Saunier.

Il est bâti sur les monts de Salins, et borné à l'est par Ghapois, Supt et Montmarlon, à l'ouest par Valempoulières, Fronlenay et Pont-d'Héry, au nord par Pont-d'Héry, Aresches, Lemuy et Montmarlon, et au sud par Vers etChapois. Andelot-Dessus, An delol-Dessous, la ferme de Viousse, celle de la Ghassagne, font partie de la commune divisée en deux parties dile Tune, la haute el l'autre la basse.

Ge village est traversé parla route dép. n° 24 d'Arbois à Poutarlier, et celle n° 3 de Besançon à Genève, par les chemins vicinaux d'Andelot à Vers, d'Andclol-Dessus à Andelot- Dessous, d'Andelot à la forêt de Monlholier, à Viousse et à Ghapois, et d'Andelot- Dessous à la route de Salins en Suisse , par le Bief-de-la- Fonlaine , le Bief-d'Andelot, le ruisseau de la Rochelle cl celui de la Fontaine-au-Loup.

Pop. en 1790, 380 hab.; en 1846, 722; en 1851, 746 dont 386 hom.

el 360fem.; pop. spéc. parkilom.

carré 62 hab. 56 maisons; 162 ménages.

Les registres de l'état civil les plus anciens, sont antérieurs à 1 790 .

Cadastre exécuté en 1 823 : surf.

1248h 05a divisés en 124* parcelles que possèdent 1 84 propriétaires , dont 60 forains; cont. imp. 1224lt 05a, savoir: 462h 62aen lerres lab.; 400h 60a en bois ; 205b 83a en parcours ; 139h 12* en prés ; 7h 06a en jardins; 4h 89* en broussailles; 3U 91* en soldes propriétés bâties; rev. cadast. 9838 fr. 71 c; contr.

air. 3459 fr.

Sol d'une fertilité moyenne , ne

produisant du blé que pour moitié de la consommation. On importe du vin et du blé; les Habitants fréquentent habituellement le marché de Salins. Le revenu des propriétés est de U pour cent. L'agriculture ne fait aucun progrès dans celle localité.

Cellecoinmuneaurait besoin de deux foires et d'un médecin.

Les maisons sont généralement bâties en pierres el couvertes en tavaillons ou en tuiles. Comme dans presque tous les villages des montagnes du Jura , les ouvertures sont pratiquées dans les pignons qui forment les faces antérieures et postérieures de chaque maison.

Biais communaux: une église, un cimetière, un bâtiment contenant le presbytère, les logements de l'instituteur et de l'institutrice, les salles d'écoles fréquentées en hiver par 80 garçons et 80 filles , un abreuvoir , un puits communal, un grand nombre île sources qui pourraient être utilisées, une maison commune construite en 1 836, qui a coûté 10,000 f.

renfermant une très bonne pompe à incendie dans une de ses salles ; et 5 i 5h 22a de lerrcs, prés, pâtures et tourbières d'un revenu cadastral de I798fr. 85 c.

Budget : recettes ord. 7210 fr.; dépendes ord. 6482 fr.

Bois communaux : 336\ dont 10h 08aen exploitation annuelle, essences dominantes: charme el chêne.

On trouve sur le territoire de cette commune des carrières exploitées de pierres bleues à bâlir, recevant le poli , de chaux ordinaire el de chaux hydraulique , de la terre à potier , une tourbière non exploitée, des mines de fer à la ferme de Vioussc, dont l'exploitation a été abandonnée depuis quelques années. Il existait autrefois des tanneries. Trois fromageries produisent annuellement 30

mille kilog. de fromage très estimé.

Ce village n'apparaît que tard dans nos chartes. Gaucher d'Andelot, sire de ce lieu , épousa Agnès, veuve de Pierre de Cicon , laquelle lesta , le 5 septembre 1269. C'est donc à tort que M. Beïhet assigne la date de 1334 au premier titre qui fasse mention de celle commune. Les descendants de Gaucher , nobles de nom et d'armes, fournirent plusieurs sujets distingués. Leurs armoiries étaient:

un échiquier d'argent et d'azur , chargé d'un lion de gueules , armé, lampassé et couronné *d'or. Jean d'Andelot était premier écuyer de Charles-Quint. A la mémorable journée de Pavie (-24 février 1523), on le vit longtemps aux prises avec François Ier qui, après avoir fracassé la visière de son casque, lui porta un grandcoup d'épéeà la joue. François l*r garda de celle joute opiniâtre un honorable souvenir, qu'il avait consacré par un tableau dans son palais. Il fut commandeur de l'ordre d'Alcanlara, b«illi de Dole, el reçn chevalier de Saint-Georges en 1 546 :

il mourut en 1 549.

Claude-Louis-Ferdinand d'Andelot , seigneur de Cromary , tué en 1674, au siège de Besançon , eut quatre filles dont une , qui eut dans son loi la terre d'Andelot, épousa Nicolas-Joseph , comte de Vaudrey, baron de Saint-Rcmv, écrivain de beaucoup d'esprit et d'érudition, bibliophile distingué , auteur des romans de Gabriclle de Vergy el tfAdèle de Ponchicux. Jeanne-Octavic de Vaudrey, une de leurs filles , épousa Anne Hennann , marquis de Hosen. Ccsdeniiers vendirent la terre d'Andelol en 1737 , ,à M. Pécaud, chevalier d'honneur à la chambre des comptes de Dole. Ce nouveau seigneur fit , peu de temps après , un traité avec ses sujets , par lequel ces

derniers lui cédèrent cinq cents journaux de terre , tous leurs bois , et lui promirent un cens annuel pour être affranchis de la main-morte personnelle et réelle sous laquelle ils gémissaient. L'intendant de la province trouva ce traité si onéreux , qu'il refusa de l'homologuer. Alors M. Fécaud se décida , en 1753, à revendre cette terre au comte d'Andelot , descendant d'une branche de ce nom , établie en Belgique. Son fils, encore possesseur des vastes propriétés composant cette seigneurie , est sénateur en Belgique. La justice haute , moyenne et basse était attachée à cette terre. Elle ressortissait au bailliage de Salins. Le château , qui avait été détruit ainsi que le village pendant la guerre de Dixans , laissait quelques ruines que le feu consuma lors du funeste incendie qui éclata à Andelot le 20 août 1849 et causa uue perte évaluée 42,066 fr.

L'église, d'abord simple chapelle, fondée par Calherine de Jonvelle, dame d'Andelot, en 1343, fut érigée en paroissiale en 1653. Elle est sous le vocable de saint Renobert, patron de la paroisse, dont la féle se célèbre le 24 octobre. Bâtie sur une éminence qui domine tout le village, elle est à trois nefs et voûtée. Les arcs-doubleaux retombent sur des colonnes et des pilastres d'un bel ordre dorique, qui forment trois travées pour les basses nefs , et quatre pour la grande. La chaire à prêcher et les petits autels sont en stuc de couleurs très variées. Le dôme du clocher et la croix qui le surmonte sont d'un effet gracieux. Cet édifice tout moderne vient d'être complètement restauré et renferme un joli jeu d'orgues.

Il existe sur la limite qui sépare Andelot de Vers, une élévation artificielle d'une hauteur d'environ 4

mètres, circonscrite par un fossé plein d'eau , connue dans les titres sous le nom de Molle de Malpas. On la regarde dans le pays comme une redoute , élevée par les Allemands lors des hostilités de la France contre le comté de Bourgogne ; mais M. Monnier n'hésite pas à le considérer comme un malins ou tribunal élevé en plein air dans les campagnes pour tenir les assemblées publiques. Si cette conjecture était fondée, il faudrait regarder la Motte de Malpas comme un des rares monuments qui nous restent des invasions germaniques, et la regarder tout au moins comme un ouvrage des Burgondes établis dans cette partie de nos montagnes.

Andelot est la patrie des capitaines en retraite Guyon et Villet.

Aiidclot-Iez-Saint-Amonr, au trefois Jtidel, vg. de l'arr. de Lonsle-Saunier, cant. et bur. de poste de Saint-Julien ; percept. de Gigny; succursale, à 7 kilom. de Saint-Julien cl 30 de Lons-le-Saunier.

Il s'étend en ligne au pied du revers oriental d'une montagne qui fait partie de la première et plus basse chaîne du Mont-Jura, et est borné à l'est par Morval, à l'ouest par Monlagnat-le-Reconduit et Toissia , au nord par Véria et Gigny, au sud par Florentia et Nantey. Le hameau de Gharnay , le château et la ferme du château dite de Vergalantfont partie de la commune.

Ce village est traversé par le chemin de gr. com. n° 3, de Saint-Trivier à Dortan , par les chemins vicinaux tirant à Gigny, à Louvenne et à Nantey, par celui de Véria à Morval et par les ruisseaux dits bief de la Longeole et bief de l'Etang.

Pop. en 1 790, 278 hab. ; en i 846, 185; en 1851, 162 dont 76 nom. et 86 fera.; pop. spéc. par kilom. carré,

24 hab.; 47 maisons et 47 ménages; 3 auberges. Les jeunes gens des deux sexes émigrent à Lyon pour y être domestiques.

Les registres de l'état civil les plus anciens remontent à 1656.

Cadastre exécuté en 4819; surf.

663h 58% possédés par 292 propriétaires dont 190 forains ; cont. imp.

652h 33* dont 298h 39a en terres lab.; 193h 38* en bois; 74h29* en prés ; 7ih 85* en pâtures ; 1 lh 24* en fricbes et broussailles ; lh 45* en sol des propriétés bâties ; lu 28* en jardins ; 42* en vergers et terrains plantés ; rev. cadast. 5275 fr. 66 c; contrib. dir. 1809 fr.

Sol peu fertile ; les cultures principales sont le blé et l'avoine; le maïs, l'orge et les fèves ne sont cultivés qu'en petite quantité ; le seul objet d'exportation est l'avoine ; les autres produits sont insuffisants pour la consommation des habitants qui fréquentent habituellement le marché de Saint-Amour. Les propriétés se louent généralement à moitié fruits. L'agriculture est sans progrès. On commence à y cultiver la vigne.

La population n'est pas riche, mais elle ne compte point d'indigents.

Les maisons sont bâties en pierres et couvertes en tuiles creuses. Les toits sont très aplatis.

Biens communaux : une église entourée du cimetière, un presbytère proche de l'église , acheté en 1824, une sablière , un abreuvoir, un lavoir, une source qu'on devrait utiliser, et 1 7 9h 68* de parcours, friches et bois , d'un rev. cadast. de 917 fr. 39 c.

Budget : receltes ord. 1875 fr.

66 c; dépenses ord. 1774 fr. 54c.

Bois communaux : 1 20h 30* dont 3h 60* en exploitation annuelle ; es-

sences dominantes : chêne et buis.

On trouve sur le territoire de cette commune plusieurs carrières de sable rouge convenant peu pour les constructions, de nombreux rognons de silex dont on ferait d'excellentes pierres à fusil , et dans le bois de Charnay une carrière de pierres lithographiques non encore exploitée, dont on cherchera sans doute prochainement à tirer parti.

Foires : le 4 mars, le 4 juin , le 4 juillet et le 4 septembre ; commerce principal, le bétail.

Grégoire de Tours dit qu'en 587 Andelot fut indiqué et choisi par Gontran pour être le point de réunion et le lieu des conférences qu'il voulait avoir avec le roi d'Austrasie.

La mère de Gliildcbert et la reine , son épouse, y furent invitées et s'y rendirent; des fêles brillantes avaient été préparées pour le recevoir : quelques historiens pensaient que cette réunion pouvait avoir eu lieu à Andelot, dans le Jura ; mais il est à peu près admis que Grégoire de Tours a entendu parler de la petite ville d'Andelot, située à l'extrémité de la Bourgogne, dans le territoire de Langres. Nous ferons remarquer toutefois que Gontran a dû passer par Andelot en 585, en revenant de Genève pour se rendre à Chàlons sur-Saône, capitale de ses états, lorsqu'il déposa à Saint-Amour les reliques des soldats thébains , saint Amour et saint Viateur. La voie romaine qu'il a dû suivre est parfaitement reconnaissable dans ce village. On l'appelle l'ancien chemin d'Arinthod ; du côté de Villette , elle est connue sous le nom de chemin de César ou de chemin des Romains. Les champs qui la bordent à Andelot s'appellent Versle-Puits et Vers- la-Combe.

L'illustre famille de Coligny qui descend deManassès, duc et comte de

Bourgogne, de Châlons et d'Autun , vivant en 863, souveraine du vaste pays de Revermont, est la souche de celle d'Andelot. Les premiers seigneurs de Coligny prenaient le litre de sires de Coligny et du Pays de Revermont. Humbert III de Coligny, second fils dHumbcrt II, sire de Coligny et de Revermont se qualifia dès Tan 1206 de seigneur d'Andelot.

C'est lui qui donna naissance à celte maison d'Andelot dont est descendu le célèbre François de Coligny, marquis d'Andelot. Les biens de François d'Andelot ayant été confisqués par le roi de France, la terre d'Andelot fut restituée aux enfants de l'amiral de Coligny , en 1617, par les Infants d'Espagne. Joachim de Coligny fut le dernier rejeton mâle de cette maison. Il vivait encore en 1654. Il laissa uue fille qui épousa un Bussy-Rabulin. Madame Anne- Louise de Rabulin, comtesse d'Alet, marquise de Coligny, veuve de Gilbert de Langheac , comte d'Alet et marquis d'Andelot, de concert avec Marc- Roger, comte de Langheac et marquis de Coligny, son (ils, aliéna en 1707 sa terre d'Andelot à Joachim Guyennard , écuyer , président de la quatrième chambre au parlement de Besançon. Ce magistrat parait être originaire d'Andelof ; car nous avons vu un tilre passé devant un Guyennard, bailli et notaire de ce lieu. Lorsque la révolution française éclata, les deux fils Guyennard, tous deux au service de France en qualité de marins, furent considérés comme émigrés et leurs biens confisqués ; l'un d'eux , en apprenant cette nouvelle, en mourut de douleur.

Mllc Guyennard , leur sœur , obtint du Directoire du département une partie de la terre d'Andelot en paiement de sa dot. Elle vendit ses droits en 1827 à M. Viot de Bourg qui ha-

bite fort souvent le château d'Andelot où il est entouré de l'estime et de l'affection des habitants.

Dès l'origine, la seigneurie d'Andelot eut le tilre de marquisat. Ce tilre fut confirmé en 1746 par lettres-patentes du roi en faveur de M.

Gaspard Guyennard. Elle avait deux lieues de longueur sur une de largeur, comprenait douze villages et quatre paroisses. Andelol était qualifié, tantôt de bourg, tantôt de ville, ce qui ferait supposer une importance qu'il a perdue. Les habitants furent affranchis de la main-morte en 1211, mais à des conditions très onéreuses. Ils dépendaient en toute justice du seigneur, avec appel au bailliage d'Orgelet. Ils devaient le guet et garde , la porterie , la vénerie, des corvées , l'impôt des quatre cas, la réparation des fortifications, la chevauchée sans limite de temps, etc. Il n'est peut-être pas dans la province de village qui ait conserve une physionomie plus féodale. On voit encore la maison dite de V Audience, où le bailli tenait ses assises; deux pilastre^ en pierre , garnis de boucles qui servaient de carcan, se remarquent à la façade de ce bâtiment; à côté une vieille église romane en ruine ; au sommet de la montagne , un château dont les débris même attestent l'antique importance. Il était bâti sur la pointe d'un rocher, dont trois faces étaient coupées en pic. Trois portails successifs, dont deux garnis de tours et de pont levis en défendaient l'accès.

Deux larges fossés séparés par une épaisse muraille enveloppaient la forteresse du côté occidental. Lccbàteau-fort qui occupait un emplacement considérable est détruit ; le presbytère est construit sur ses ruines. Un donjon gigantesque en forme de parallélogramme élève encore sa

tète menaçante dans les nues. Sun architecture est du xi* ou du xii* siècle au plus tard. D'une vaste chambre qui occupe le troisième élage , percée d'une large fenélre cinlrée garnie de deux bancs en pierre sur ses côtés , la châtelaine pouvait admirer l'horizon magnifique qui se déroulait à ses pieds. Une galerie en bois permettait aux sentinelles de faire le guet dans la campagne et en même temps de lancer des projectiles sur les assiégeants. Le troisième portail avec ses deux énormes tours circulaires existe encore. L'une d'elles servait de prison. On ne pouvait y pénétrer que par le sommet. Ce château servait de résidence habituelle aux seigneurs. Au moment de la révolution, les habitants se ruèrent en masse sur ce château qui peu de temps auparavant était pour eux un objet de terreur et de respect. Ils firent un immenseauto-da-fé de tous les titres qui établissaient leurs redevances. L'épaisse porte en fer qui donnait entrée aux archives ne put préserveras titres précieux qui y étaient renfermés. On regrettera à jamais la destruction de la correspondance qui exista entre François d'Andeîot et l'amiral de Coligny. Le château d'Andclot relevait de celui de Montaigu.

L'église est à côté du château.

Elle est dédiée à saint Cyr et à sainte Julilte, patrons de la paroisse , dont la fête se célèbre le 16 mars. Ce n'était d'abord qu'un sanctuaire avec deux chapelles, l'une appartenant aux seigneurs d'Andeîot et l'autre aux seigneurs de Morval. En \7M , cet édifice fut cédé aux habitants, qui exhaussèrent le chœur et construisirent une nef et un clocher. Il est garni de bancs de chaque côté. On remarque dans différentes parties de l'église une multitude de petits saints en bois vernis qui ont été ti-

rés de l'ancienne église du village , d'une sculpture grossière, mais fort curieuse.

Andelot est la patrie de M. Poly (François), capitaine de cavalerie en retraite, âgé de 80 ans. Les armes des seigneurs d'Andelot de la maison de Coligny étaient de gueules à un aigle d'argent membre, becquè et couronné d'azur , armé et langué d'or; cimier: un aigle naissant diminué ; supports : deux lévriers d'argent accolés de gueules; devise:

je les épreuve tous. Celles de la maison Guyennard était me croix grecque pattée surmontée d?nn chevron , dont les émaux ne sont pa?

connus.

Angelon, quelquefois appelé Anguillon, Angelion , Àngillon, petite rivière qui prend sa source au hameau de la Matière et se jette dans l'Ain , au-dessous de Champagnole , près de la maison Du Bois.

Annolre, ou Grand-Noir, en latin Aniiores, Aunoras, et en vieux français Auners , vg. de l'arr. de Dole , cant. , perc. et bureau de poste de Chemin; à 4 kil. de Chemin , à 20 de Dole et 50 de Lonsle-Saunier.

Bâti sur la rive droite du Doubs, dans un plaine basse, humide et sujette aux inondations, il est limité au nord par Bousselange ( Côte-d'Or) et Saint-Loup , au sud par Lays et Flellerans (Saône ct-Loire) , à l'ouest parPourlanset Lays (Saône-et Loire), à l'est par Bousselange. Il est divisé en neuf rues.

Ce village est coupé par la route nationale n° 83 de Moulins à Bàle, par les chemins vicinaux tirant à Beauchemin , à la route nationale n° 83, a Lays, à Bousselanges , à Villangretle, par un bras de la rivièredu Doubs , la pelite rivière de la Sablonne et plusieurs petits ruisseaux.

Pop. en 1790 , 780 hab. ; en (846, 920; en 1851, 931 dont 450 hom. et 471 fem. ; pop. spéc. par kil. carré, 59 hab.; 200 maisons ; 252 ménages; 3 huileries , 3 auberges ; résidence d'un notaire.

Les registres de l'état civil les plus anciens sont antérieurs à 1790.

Cadastre exécuté en 1826; surface 15G7b 77a divisés en 5896 parcelles que possèdent 546 propriétaires , dont 245 forains ; cont. imp 1521h 99a, savoir: 1217h 43a en terres lab. ; 154h 87* en prés ; 82h 04* en pâtures ; 35h 20a en vergers ; 30h 2ba en bois ; 17h 29a en graviers ; 7h 16a en jardins, 8h 70* en sol des propriétés bâties ; 2h 77* en mares ou mortes; lh 12a en friches; rev.

cadast. 32,795 f. 48 c. ; contr. directes , 8205 f.

Sol fertile , produisant toutes les plantes céréales beaucoup au-delà des besoins de la consommation. On importe du vin. Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Dole et de Seurre.

Biens communaux : une église entourée de son cimetière, un presbytère dans un état déplorable, une maison commune renfermant une pompe à incendie , une maison d'école habitée par un instituteur et une institutrice, dont les salles sont fréquentées en hiver par 80 garçons et 80 filles, une place publique , 2 sablières , plusieurs sources qu'on pourrait uliliser et 114h 55a de terres , friches , pâtures , gravières , saussaie, prés, jardin et cimetière , d'un revenu cadastral de 1463 fr.

Budget : recettes ord. 8355 fr.

68 c; dépenses ord. 6,364 f. 92 c.

Cette commune ne possède aucuns bois communaux soumis au régime forestier.

Foires : le 26 janvier, le 15 juin

et le 9 septembre ; commerce principal, bétail et grains.

Ce village est un des plus anciens du Jura. La voie romaine de Besançon dans la Gaule Lyonnaise, par Tavaux et Châlons-sur-Saône traversait son territoire; elle passait la Sablonne dans un étang où le gravier vif se laisse encore apercevoir. On a trouvé il y a quelques années proche de cette voie , une monnaie Massilienne présentant d'un côté la tète casquée de l'époux de la belle Gyptis, fille de Nannus , roi des Ségobriges , et au revers le trépied de l'oracle d'Apollon , placé entre les lettres grecques M A 2 2 A. qui signifient Massilia. MM. Marquisel et Normand s'étant avisés de traduire Annoire par Annonariu» , en faisaient , mais à tort, le séjour d'un fournisseur de vivres sous l'empire romain. M. Marquise! regarde comme un tumulus romain la motte de l'ancien château d'Annoire. Cette butte a 4o mètres de circonférence sur 6 de hauteur.

On y a découvert à différentes époques des cercueils construits en briques, plusieurs squelettes humains, tous placés symétriquement, la tète tournée du coté de l'orient , l'un d'eux ayant une monnaie romaine sous la tète , près d'eux des lames de sabres, une hache, les débris d'un casque et quelques médailles en bronze et en argent. Un château fort fut construit au xu* siècle sur cette élévation. On distingue encore le double fossé qui en formait l'enceinte. Les constructions ont complètement disparu à la suite des guerres de Louis XI.

M. Béchet cite un titre de l'an 642 , qui fait mention de cette commune. Nous ne le connaissons pas.

La première charte dans laquelle nous avons vu figurer son nom est

- sa —

une donation faite par Guillaume 1er, archevêque de Besançon, à l'abbaye Saint -Oyen, de l'église de Saint -Albin d'Annoirc , donation confirmée en 1157 par l'empereur Frédéric Barberousse. Les religieux de Saint -Oyen fondèrent près de l'église un prieuré qui fut uni plus tard à la mense abbatiale. Ce prieuré fut alors remplacé par un corps de familiers.

La seigneurie d'Annoirc appartenait dans l'origine à la Maison de Vienne. Elle échut, en 1279, à Jean, frère de Philippe de Vienne, chevalier, sire de Pagney, sous la foi et féauté de Philippe. Ce seigneur accorda à ses sujets au mois de décembre 1504, une charte d'affranchissement dont les clauses sont infiniment remarquables. 11 établit un corps municipal composé d'un maire et de sept échevins, dont le mode d'élection devait parcourir trois degrés.

Tous les habitants de la commune étaient tenus de s'assembler le dernier jour de l'an, sous peine d'amende contre les défaillants, afin de nommer douze prud'hommes chargés d'élire les sept échevins, avec serment de ne faire porter le choix que sur les personnes les plus notables; et les échevins devaient choisir le maire, en jurant aussi sur les Evangiles de ne porter à cette fonction que l'habitant qu'ils en croiraient le plus digne. Le corps municipal ainsi formé fut investi de la juridiction civile et criminelle sur tout le territoire, le seigneur se dépouillant de tous droits de justice en faveur du maire et des échevins. Le sire d'Annoirc fit abandon à ses sujets du droit de chasser et de pécher sur tout le territoire, quand et comme ils le voudraient , et de faire leur profit du gibier et du poisson qu'ils pourraient prendre.

Les terres d'Annoire , qui prove-

naient toutes de la concession des comtes de Bourgogne, étaient assujetties à de modiques prestations ; Jean de Vienne les réserva, mais renonça en même temps à tous droits de main-morte , tailles , corvées envers ses sujets, n'exceptant de celte disposition que les juifs et les usuriers. Il est rare de voir une charte de celte époque plus libérale. Malheureusement elle ne fut pas très ponctuellement exécuîée dans la suite. La seigneurie d'Annoire se subdivisa en deux parties entre les descendants de Jean de Vienne :

l'une prit le titre de seigneurie de Pourlans , et l'autre de seigneurie de Mirebel. Celle dite de Mirebel passa au xvuc siècle à M. Ciaude- Franç. Jacquard, conseiller au parlement de Dole ; et celle dite de Pourlans à M. J.-CI. Froissard , marquis deBroissia, vers le même temps. Chacun de ces deux seigneurs avait sur ses sujets la justice haute , moyenne et basse ressortissante au bailliage de Dole. M. de Froissard réunit toute cette terre en achetant les droits de M. Jacquard. M. Jean-Ignace de Froissard Broissia affecta les revenus de cette seigneurie qui s'élevaient à 5800 fr. à la dotation de l'hospice ' des orphelins, qu'il fonda à Dole en 4689. Le dernier seigneur d'Annoire a été M. Marie-Charles-Hilaire-Flavien de Froissard Poligny, marquis de Broissia.

Ce village souffrit cruellement des guerres qui désolèrent notre province à différentes époques.

L'église, placée d'abord sous le vocable de saint Albin . est dédiée aujourd'hui à Notre-Dame dont la fête se célèbre le 8 septembre. Le chœur a été bâti en 1658. M. Jacquard fonda, en 1678, une chapelle sous le vocable de saint Jacques ; M. de Broissia en fonda une aulic sotisce-

lui de saitil Georges. La nef est plus récente. Cet édifice est précédé d'une belle crois gothique octogonale. D'un côté est une stalue de la Vierge, tenant son fils enfant entre ses bras; de l'autre est celle du Christ. L'intérieur de l'église est voûté. La chaire à prêcher, le maitre-autel et le rétable sont en bois, de style Louis XV. II existe un oratoire dans la commune. On remarque dans le mur même qui sépare le cimetière de la rue la plus fréquentée, non pas un tilleul, comme ledit M. Marquise!, mais un orme magnifique très ancien, sous lequel se tenaient les assises du seigneur. Il a 3 met. 50 cent, de circonférence.

Antorpe,vg. de Parr. de Dole, cant. et perc. de Dampierre, bur. de poste de Saint-Vit (Doubs) , paroisse d'Evans, à 5kil. de Dampierre, 27 de Dole, 70 de Lons-le-Saunier. Il est bàli sur un coteau et limité à l'est par Saint-Vit , à l'ouest par Berlhelange et Evans , au nord par Berlhelange et Ferrières (Doubs) et au sud par Evans etSt-Vit. Le hameau de la Blavière fait partie de la commune.

Ce village est traversé par la route dép. n° 25 de Saint-Vit à Ougney , par les chemins vicinaux tirant à Ferrières , à Evans et à Salans.

Pop. en 1 790, 1 33 hab. ; en i 84 6, 160; en 1851 , 134 dont 65 nom.

et 69 fera. ; pop. spéc. par kilom.

carré , 49 hab. ; 37 maisons et 37 ménages.

Les registres de l'état civil les plus anciens remontent à l'an 2. Ceux an teneurs sont à Evans ou à Saint- Vit.

Cadastre exécuté en 1809 : surf.

27 lh 62a divisés en 1915 parcelles que possèdent 155 propriétaires , dont 123 forains; cont. imp. 263h 66a, savoir : 169h 04* en terres lab.; 47h 88* en bois ; 15h 72* en prés;

I4h 57a en pâtures ; 10h 42* en vignes ; 2h 86* en vergers ; lh 61* en jardins ; lh 59" en sol des propriétés bâties; 12' en carrières; revenu cadast. 7G07 fr. 20 c. ; contrib. dir. lOOGfr.

Le sol de cette commune , assez •fertile, grâce à la marne bleue qui y abonde, produit du blé, de l'avoine, du m?ïs , des pommes de terre , du chanvre , etc. Les prés donnent un fourrage de première qualité. Les vignes du climat appelé le Quart »

donnent des vins blancs et rouges assezagréables. On récolte beaucoup de légumes qu'on exporte ainsi que du blé. On importe du vin. Les habitants élèvent une grande quantité de bétail, surtout des moutons dont la chair jouit d'une réputation méritée.lls conduisent leurs céréales à Besançon ou les vendent à des négociants de Saint-Vit. L'agriculture est en progrès. Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent.

Biens communaux : 31h 22* 85° de terres , bois , friches , carrières , Yergers et abreuvoir, d'un rev. cad.

de 348 fr. 90 c.

Bois communaux : 19b 94*, dont 60* en exploitation annuelle; essences dominantes: chêne et charme.

Budget : receltes ord. 1249 fr.

84 c. ; dépenses ord. 1 145 fr. 41 c. Un instituteur, qui habile une maison louée par la commune , a en hiver 40 élèves des deux sexes.

On trouve snr le territoire d'Antorpe de belles carrières de pierre à bâtir et d'excellente marne bleue.

C'est à tort que l'on a avancé que ce village ne possédait aucune autre source que la Fontaine- Puante , ainsi nommée de l'odeur sulfureuse

qui s'en dégage et qui la rend impropre à l'usage des habitants. Il y a une autre source d'eau de bonne qualité que la commune pourrait foire

servira l'alimentation d'une fontaine publique.

La voie romaine de Besançon dans la Gaule Lyonnaise par Crusinie, Tavaux et Chalon-sur-Saône, traversait Antorpe ; on en voit encore les traces dans les jardins de ce village.

En 1350 , Jean , comte de Bourgogne, sire de Salins , donna à son neveu, AmédeMonlfaucon, lefiefd'Antorpe, qu1 Hémety de Roche fort, clie valier , Jeanne t et Huguenet , dit Châtelain, ses fils, tenaient au même titre. La même année , au mois d'avril , Colombe , veuve de Hugues de Rochefort , fils d'Hémery déclarait , au nom de ses enfants , tenir en fief d'Ame de Monlfaucon , Antorpe et ses dépendances. De la maison de Rochefort , cette seigneurie passa an xve siècle à celle d'Orsans. On voit en 4493 Henri d'Orsans, che valier, faire de nombreux aecensemenls à ses sujets. En 1605 on la retrouve entre les mains de Guillaume d'Hemskerck , dit d'Anvers. Des d'Hemskerck elle passa, vers 1710, à Léonel de Toulongeou , seigneur de Raucourt , dont la postérité l'a conservée jusqu'au moment de la révolution.

Antorpe souffrit tellement des guerres de Louis XIII , qu'en 1667 il ne se composait plus que de quatre familles, et encore l'une était française et l'autre suisse.

La justice haute, moyenne et basse appartenait au seigneur ; les appels se portaient à la prévôté d'Orcliamps et au bailliage de Dole. Nous n'avons trouvé aucun litre qui démontrât que les habitants d'Antorpe eussent clé affranchis de la main -morte.

Outre les droits et cens ordinaires, les nouveaux résidants payaient un droit d'entrage de 1 0 francs. Ce n'était pas un moyen de tes attirer.

Il existait sur la hauteur en avant

du village , un château dont on vantait le parc et les jardins. A l'entrée s'élevait une tour crénelée. Apres avoir franchi l'enceinte , on arrivait à travers des bosquets d'arbres et d'arbustes fleuris, à une allée large et sinueuse qui conduisait à un pavillon élégant. Quelques jolies fabriques éparses à travers des rochers et des bois , offraient sans cesse aux curieux de nouveaux sujets de surprise.

U ne reste plus rien du château d'Antorpe ; tout a disparu. Les plantations distribuées avec tant d'art ne laissent plus la moindre trace. Quelquesannées avant la révolution, Marsollier, le spirituel auteur de Nina, des deux Petits Savoyards, d'Adolphe et Clara, etc. , avait loué cette habitation , où il venait passer une partie de la belle saison avec Dalayras , Piis et d'autres littérateurs.

Ce château, dont on avait fait un hôpital militaire pendant la révolution, fut racheté par la famille de Toulongeon, sur laquelle il avait été confisqué pour cause d'émigration.

Elle le revendit à M. Janet, deSaint^ Vit ; le nouveau propriétaire a démoli successivement les tours, les fabriques et les bâtiments, et employé la plus grande partie des matériaux à des constructions particulières.

Une chapelle, fondée dans l'église des religieuses de sainte Claire de Besançon , en l'honneur de Notre- Dame de Paris , fut transférée à Antorpe , à la prière des seigneurs de la maison d'Hemskerck , mais elle n'existe plus. Ce village , quoique dépendant de la paroisse d'Evans, a été autorisé par Mgr. Pévéquede St.- Claude à fréquenter l'église de Saint- Vit. Aussi la féte patronale d'Antorpe se célèbre-t-ellc le jour de celle de Saint-Vit, qui tombe au 15 juin.

Arbois, (cant. d') arr. de Po-

ligny, borné à l'est par k» cantons de Salins et de Champagnolc, à l'ouest par celui de Monlbarrcy, au sud par celui de Poligny et au nord par celui de Villers-Farlay. Sa position topographique est délicieuse , il est ouvert de tous côtés à la circulation la plus facile. Les communes qui le composent, au noml>rede 15, sont :

Abergemcnt-lc-Grand, Arbois, les Arsures, la Cbâtelaine, Sl.-Cyr, La Ferlé, Malhenay, Mesnay, Molamboz, Monligny-lez-Arsures, Montmalin, les Planches -sur- Arbois, Pupillin, Vadans et Villette lez-Arbois.

Pop. en 1790, 12,848 liab.; en 1846, 13,345; en 1851, 13,235, dont 6483 nom. et 6752 fem., 1957 maisons, 3648 ménages; population spéc. par kilom. carré 92 habitants.

Cadastre exécuté en 1 8 1 0 : Surface territoriale 14,243h53a, savoir:

en terres lab. 3505b 24a; en bois, 5402h 42a; en vignes, 188ih91a; en prés, 1 753'1 66*; en pâtures, 482h 14a et en jardins 5ih 61*.

Les cultures principales sontcelles du b!é, de la vigne, du méteil, du seigle, du maïs, de l'avoine et des pommes de terre. La production n'excède la consommation que pour le vin et le maïs. Le revenu réel des propriétés est de 5 pour cent.

Arboi*, Jrbos, Jrbosius, Arbosmm , Arboys , ville de l'arr. de Poligny, chef-lieu de canton, à 10 kilom. de Poligny et 38 de Lons-Ie- Saunier.

Elle est limitée au nord par Villette, Montigny et Aiglepierre; au sud par Buvilly, Pupillin et Poligny; à l'est par Prelin , Mesnay , les Planches, la Châtelaine et Molain; à l'ouest par Vadans et Grozon; traversée par la route nationale n° 83 de Lyon à Strasbourg, par les roules départementales tirant à Dole, Ponlar-

lier elGcx, par le chemin de grande communication n° 9, tirant à Pierre et par les chemins vicinaux conduisant à Grozon, à la forêt de Mouchard, à Villette, à Montigny et à Pupillin; elle est enfin arrosée par la rivière de Cuisance, par un canal de dérivation de cette rivière, par les ruisseaux du Gravier, de Javel, de Glanon et du Saurbief.

Elle est le siège du tribunal de 1 " inst. de l'arr. de Poligny, auquel sont attachés 8 avoués; elle a une justice de paix, une cure cantonale, une perception des contributions directes, une direction de poste aux lettres, un relais de poste aux chevaux, une brigade de gendarmerie à cheval, un gîte d'étapes, une recelte ambulante des contributions indirectes, un hospice, un bureau de bienfaisance, un collège, un théâtre, un commissaire de police et une compagnie de pompiers; elle est la résidence d'un contrôleur des contributions directes , d'un vérificateur et d'un receveur de l'enregistrement et des domaines, d'un conservateur des hypothèques, d'un contrôleur de ville et d'un receveur particulier des contributions indirectes; d'un inspecteur et d'un sous-inspecteur des eaux et forêts , d'un agent-voyer cantonal, de 5 notaires, de 7 huissiers, de 5 méderins, d'un pharmacien, d'un médecin-vétérinaire, d'un architecte et de deux géomètres.

Marchés. Les mardi et vendredi de chaque semaine.

Foires. Le 1er mardi des mois de février, avril, juin, août, octobre et décembre; commerce [principal de ces foires : les céréales et' le bétail.

Pop. en 1790, 6921 hab.; en 1846, 6958; en 1851, 6793, dont 3267 nom. et 3526 fem. 875 maisons, 1958 ménages; pop. spéc.

par kilom. carré 173 hab.

Suif, terril. 3916h 62*dont3781h 75* imposables, possédés par 2261 propriét., parmi lesquels sont 726 forains. Celte surface se diviseainsi :

bois, U44h86a; vignes, 1057h32a; terres lab., 674" 75* ; prés, 495h 04a; pâtures, 50h 9**; friches, 26h G5a; superficie des prop. bâties , 16h G4a; vergers et terrains plantés, 7h 94a, murgers, lb 48a; broussailles, 69a; carrières, 63a; gravières, 44a; chantier de bois, 3ia; canaux d'irrigation, 15a; mares d'eau, 15a; revenu cadast. 335,434 fr. 95 c; contributions directes, 55,808.

Il existe sur le territoire plusieurs carrières de pierre à bâtir et de pierre de taille bleue, dont une seule exploitée ; plusieurs carrrières de gypse exploitées. On a aussi extrait de la houille au xvu" siècle pour l'usage des salines de Salins ; cette mine, peu abondante, est depuis longtemps abandonnée. Le sol produit toute espèce de céréales, mais en quantité insuffisante pour la consommation des habitants; la culture de l'orge y est négligée depuis quelques années.

Industrie, La principale industrie d'Arbois est la culture de la vigne et la préparation des vins. Plusieurs variétés de cépages, dont quelquesunes des premières qualités de l'rancc,y sont en grande culture. On a perfectionné les procédés œnologiques.

Outre d'excellents vins rouges, on y fabrique des vins clairets aussi salubres qu'agréables, des vins mipaille, des vins blancs et des vins rosés; ces derniers, moelleux et spiritueux, sont très bons vins de dessert ; des vins de paille imitant le malaga, des vins jaunes qui ne le cèdent pas au madère sec et des vins blancs mousseux qui suffiraient seuls pour' soutenir la haute réputation des vins d'Arbois. Plusieurs rois

de France, notamment François I'r et Henri II, faisaient chaqucannée de nombreux achats de vins récoltés dans cette ville et dans les environs.

L'exploitation des usines et la fabrication des huiles de navette forment une des branches importantes de l'industrie locale. On y compte 15 moulins à huile, G moulins à grains, dont 2 montés à l'anglaise, 6 battoirs à blé, 5 scies à eau, 2 martinets,

1 battoir d'écorce, 1 tuilerie, 1 fabrique de plâtre, 1 de produits chimiques, 1 d'eau-dc-vie, l de chandelles, 1 imprimerie typographique,

2 tanneries, etc.

Commerce. Le commerce consiste surtout dans la commission et l'expédition des vins, des huiles, des bois, des produits agricoles et des articles fabriqués dans la > ille. II y a 323 patentables.

Budget. Recettes ord. 65,640 fr.

y compris l'octroi qui produit annuellement 1/1,900 fr.; dép. ord.

56,37'i fr.

Dois communaux : 1643b 49a, dont 4ih 09* en exploitation annuelle.

Hospice. Revenus en 1850 :

12,403 fr. 76 c.

Bureau de bienfaisance : revenus en 1850, 4191 fr. provenant en partie des intérêts d'un legs fait par M. Dulabois.

Biens communaux : la ville possède, outre ses édifices, 15021' 74a de bois et terrains d'un rcv. (ad. de 27,655 fr. 79 c.

Les registres de l'état civil les plus anciens remontent â 1579.

NOTICE 1IISTOHIQLL.

Origine. Le berceau de cette ville, de même que celui de la plupart des villes anciennes, est entouré de ténèbres. Son existence comme ville

gauloise ou" romaine est encore problématique.

Son nom ne figure ni dans les Commentaires de César, ni dans la géographie de Ptolémée, ni dans la notice de l'Empire, ni dans l'Itinéraire d'Anlonin. Son sol n'offre aucun débris antique, mais ses environs en sont tellement couverts que M. David de St. -Georges, en moins de quatre mois, y recueillit plus de 200 médailles, la plupart du siècle des Antonins et quelques-unes de Tacite, de Maximin et de Constance.

Dans un climat appelé aux Grandes charrierez, on a trouvé des restes de bâtiments, des tuiles et des poteries romaines, des urnes cinéraires et même des médailles en or. La voie d'Agrippa de Lyon au Rhin par Besançon, traversait le faubourg de Changin où elle a conservé le nom de chemin de la Pérouse. Un canton placé à peu de dislance est dit en Champagne. Là existait une construction antique. Selon toute probabilité, Arbois doit son origine à une de ces tribus burgundes qui vinrent occuper notre territoire de l'an fcOô à l'an 'il 3. Un quartier assez considérable de la ville s'appelle Faramand, ce qui fait penser que cette partie de la population s'est formée d'uûc bande guerrière fixée dans ces parages sur la fin du v* siècle. Les Faramands , d'après l'élymologie saxonne de ce nom, étaient les nouveaux venus par rapport aux Burgundes qui avaient, à titre d'hôtes comme eux, obtenu le premier partage avec les anciens habitants. Un titre de l'an 10S3, le premier qui nous révèle l'existence de cette ville, confirme nos conjectures. C'est l'acte de fondation d'une nialadreric. Cet établissement est forme du consentement de llainaud 1er, comte de Bourgogne et de don de Thoire, sei-

gneur de Vaudrey , par les prud'hommes de la prévôté d' Arbois, par le prieur, le curé, les prêtres, le prévôt, les clercs, les bourgeois et les manants de la ville. Le comte fait donation aux malades , des deniers qu'il avait droit de percevoir sur les denrées amenées aux foires et marchés de cette ville. Ce droit d'intervention des hommes libres dans l'administration des affaires communes ne pouvait être un reste du régime municipal romain , puisque la ville n'existait pas ou était du moins sans importance à cette époque; il ne pouvait résulter de la concession du souverain ou d'un seigneur, puisque les premières chartes de communes sont postérieures de plus d'un siècle à celte dale. On n'en peut donc trouver la source que dans le monde germaniqne. On sait en effet que dans la tribu germaine, la souveraineté appartenait pour toutes les affaires générales de la tribu, à l'assemblée des chefs de famille propriétaires. Chaque bande était sous le patronage d'un chef ; aussi les sires de Thoire n'étaient-ils dans le principe que les protecteurs d'une partie des habitants. Le territoire était possédé en franc-alleu. Celle circonstance explique celle nombreuse noblesse qu'on voit figurer à Arbois dès les temps les plus reculés. Ce clergé nombreux , ces foires, ces marchés, que rappellent le titre de l'an 1053, nous forcent d'admettre que déjà au xic siècle celle ville avait une certaine importance. Un sol aussi riche, une situation aussi heureuse ne pouvaient manquer d'atlirer une nombreuse population.

Seigneurie. La seigneurie d'ArboiS, qui comprenait plusieurs villages, dépendait du domaine des an-

ciens comtes de Bourgogne. Après la mort de Guillaume- l'Enfant, assassiné dans l'église de Payerne, le 9 février 1 127, Rainaud III et Guillaume,-comte de Vienne, ses cousins germains , recueillirent sa succession. Ce dernier obtint dans son lot celte seigneurie sur laquelle Rainaud III, comte de Bourgogne , ne se réserva que la haute suzeraineté et quelques droits, tels que lcchàteaufort. Guillaume mourut en H5!>, laissant pour héritiers Etienne 1er, lige de la maison de Chalon et Gérard 1er, lige de la maison de Vienne.

Arbois , de même que Lons - le - Saunier, fut parité en 11 56 entre ces deux familles.

Etienne II, fils d'Etienne Ier, céda ses droits sur celte ville (1235) à Jean de Chalon, dit le Sage, son fils. Les seigneurs de Vienne inféodèrent leur part à la maison de Tlioire-Vaudrey. Guillaume de Vaudrey en jouissait en 1257, époque à laquelle il fit avec Jean de Clialon, qualifié de comte de Bourgogne, et du consentement de Guillaume de Vienne, son suzerain, un traité fort remarquable, dont nous nous bornerons à ci'er les principales clauses. Chaque seigneur devait avoir sa justice, sa seigneurie, son prévôt, ses hommes, ses sujets et ses justiciables. La haute juridiction fui réservée à Jean de Chalon ; la justice moyenne et basse appartenait seule aux seigneurs de Vaudrey. Les eaux, les forêts, les chemins étaient libres et communs et ne pouvaient être bannés que du consentement des habitants. Si les deux seigneurs voulaient aller faire la guerre à leurs ennemis, chacun d'èux devait placer sa bannière en un lieu public et convoquer ses sujets au son de la cloche. L'homme le plus fort de chaque ménage était tenu de répondre à l'appel. Les com-

battants étaient consultés sur le résultat probable de la lutte. Si l'ennemi paraissait supérieur en forces, le seigneur pouvait convoquer l'arrière-ban. Etaient seuls exempts de ce service, les vieillards, les infirmes et les hommes ayant des femmes enceintes. Les vassaux devaient suivre leur suzerain soils peine de saisie de leurs fiefs. Les chevaliers, les écuyers, les cleics tonsurés n'étaient point tenus à l'amende de 5 sols, s'ils réparaient le dommage â raison duquel ils avaient été poursuivis. Les sujets de chaque seigneur avaient la faculté d'acquérir des propriétés et de se marier entre eux.

L'homme noble ou libre, affranchissait, par le mariage , l'esclave qu'il épousait. Les successions se partageaient par lits et non par téte.

Alix, veuve dès 1256, de Hugues de Chalon , comle de Bourgogne, fils du comte Jean, acquit en 1277 de Philippe de Vienne, sire de Mirebel, ses droits sur Arbois et reçut immédiatement l'hommage des seigneurs de Vaudrey. Olton son fils lui succéda. Ce prince autorisa (1282) les habitants à se choisir annuellement quatre prud'hommes le jour de fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste ou lé dimanche suivant. Tous étaient convoqués au son de la cloche pour procéder à l'élection dans l'église St.-Just. Il leur concéda en outre l'usage de plusieurs forêts, les amendes de 5 sols et de 7 sols prononcées pour délits commis dans les bois, sur le rapport des forestiers institués par les prud'hommes , et enfin la banalité des fours et des moulins. En 1282, Rainaud de Bourgogne, frère d'Olton et Odon de Thoire, se qualifiaient de souverains seigneurs d'Arbois, dans un acte passé en présence dune multitude de chevaliers,

d'éeuyers et de clercs. Mais Rainaud ne (arda pas à renoncer à ses prétentions sur cette ville. Car en 1287 le comte Otlon en reconnut et confirma les franchises. Mahaut d'Artois, son épouse, à laquelle il ;ivait donné ce domaine, pour faire partie de son douaire (1290), acheta les droits des sires de Thoire-Vaudrey (1297 , 1307) et fit de cette ville son séjour le plus ordinaire.

L'acte barbare qu'on reproche à cette princesse est une pure fable.

Parmi ses nombreuses fondations charitables, on cite celle d'une distribution annuelle en faveur des indigents, de ISO aunes de drap de la fabrique de Poligny. Marguerite, tille de Jeanne II et de Philippe-le- Long, roi de France et petite-fille de Mahaut d'Artois , obtint Arbois dans son apanage (1330 et 1338).

Elle fixa sa résidence habituelle dans celte ville, en fit le siège et le centre de ses affaires. Celte seigneurie appartint dès ce moment aux souverains du comté de Bourgogne. La cession qui en fut faite à Jean de Chalon , prince d'Orange , à la suite du traité de Senlis (1493), en attendant qu'on lui restituât Rochefort, fut de si courte durée, qu'elle mérite à peine une mention.

Louis XIV, qui savait faire argent de tout, l'engagea à titre viager à M. de St. Joseph -Marnay , brigadier de ses armées (1718). En 1733 elle était engagée pour 99 ans à M. de Courbouzon , président à mortier au parlement de Besançon, qui l'a conservée jusqu'au moment de sa mort (1772).

Les droits seigneuriaux ne consistaient à cette époque que dans la perception de quelques dîmes, des droits d'éminage et de bichenage sur les balles et des amendes de iustice de la prévôté.

Châteaux et fortifications. Les comtes de Bourgogne avaient un château à Arbois et un autre bâti avant 1057, sur la cime du mont de la Châtelaine, à 7 kilomètres de la ville. Ce dernier menaçant ruine, fut abandonné vers l'an 1 574. Etienne II, dans la prévision de la lutte qu'il allait soutenir contre Otlon, duc de Méranie et comte de Bourgogne, fit construire (120o à 1212) une forteresse sur les ruines du château élevé dans la ville, lequel fut appelé Chàtel-Neuf. Saccagé par Charles d'Amboise, lors du siège de 1479, l'empereur Maximilien en céda les masures (1.493) à Jean Bonlemps, son trésorier général en Bourgogne, qui le fit rétablir pour en faire sa résidence. Il fut vendu nationalement au moment de la révolution. M. l'architecte Pérard l'habite actuellement. Celte maison, qui avait pris le nom de château Bontemps, mérite encore l'attention des antiquaires. Une enceinte de murailles enveloppait non seulement ce château, mais encore lesmanoirsque de riches vassaux avaient élevés à l'entour. Ce groupe d'habitations était qualifié de Castrum, pour le distinguer de la ville (villa) qui était découverte. Les seigneurs de Vienne, qui avaient embrassé la cause d'Etienne II, contre le duc de Méranie , firent bâtir de leur côté un châteaufort sur la pente de la montagne de Chatelbœuf, au sud-est d'Arbois.

Il fut détruit par l'armée de Louis XI. La ville ne fut close de portes, de murailles et de fossés que de 1 260 à 1270. La princesse Marguerite céda aux habitants /a propriété de ces fortifications, à charge de les entretenir (1374). Différents travaux y furent exécutés en 1373, pour résister aux grandes compagnies, avant et après le siège de 1 •>>93 et en 1 636" .

L'enceinte se composait d'une muraille flanquée de plusieurs tours dont les principales portaient le nom «le Tour Gloriette, Tour des Oies et de Tour de Pautravers , d'un large fossé et de cinq portes avec pontlevis , 'appelées porterie d'en haut , porterie d'en bas, porte de Courcelles, porte de Faramand et porte Picardet. Il ne resle d'autres vestiges de ces remparts que la TourGhrielle, la Tour de Vautravers , la Tour Canoz à Changin et la porte Picardet, ainsi que quelques pans de murs.

Cette enceinte suivait la rivière de Nuisance, depuis le château Bontemps jusqu'à la Tour Gloriette; de là elle passait le long de la promenade du Champ-de-Mars , qui était alors un immense fossé derrière le presbytère , suivait la promenade des Fossés , passait par la promenade Notre-Dame et venait aboutir au château Bontemps. Un sonneur, logé au clocher, faisait le guet nuit et jour sur la galerie du clocher de l'église Sl.-Jusl et sonnait le tocsin en cas d'éminent péril.

Guerres et sièges. La noblesse d'Arbois suivit en grand nombre Jean-sans-Peur , lorsqu'il fut mis par Charles VI à la tétc d'un corps de 12,000 hommes d'élite pour aller au secours de Sigismond, roi de Hongrie, menacé par les Ottomans (1396). Elle se distingua aussi dans ia guerre que ce prince soutint contre le parti d'Orléans et les Armagnacs.

En 1479, la ville étant assiégée par Charles d'Amboise à la tête d'une puissante armée, fit tel devoir, dit la chronique de Bontemps, « qu'enfin Pennemy fut contrainct » d'y amener artillerie et l'ayant » baptue de furie, fait bresche en » divers lieux jusqu'à la largeur de » plus de trente toises, et par ce

I » moyen, forcée, elle fut pillée, I d saccagée et les habitants mis à ran- » çon. » D'Amboise commit ou laissa commellre par ses soldats toutes sortes d'excès. D'Aubijow, son frère, furieux de trouver cette ville presque déserte, manifesta l'intention de la brûler. On ne put l'apaiser qu'en lui promettant une somme assez, considérable, payable dans trois semaines et garantie par des otages.

Les habitants contribuèrent puissamment au succès de la bataille de Dournon, remportée sur les Francab en 1493. Les troupes auxiliaires que l'empereur Maximilien plaça à celte époque dans la ville, causèrent autant de désastres que l'ennemi. Quoique nourris et vêtus aux frais des habitants, ces Allemands abattirent plusieurs maisons, les eschiffes des remparts, les ponts-levis et les tours ; ils détruisirent une partie de l'hôtel-de-ville et la salle d'audience pour se chauffer. Maximilien cherchant à réparer les dommages soufferts par les habitants, leur accorda une indemnité de 11.019 florins en or, payable à des époques déterminées, la jouissance des revenus du greffe jusqu'au paiement de celte somme, l'institution d'une mairie avec juridiction bauti*, moyenne et basse en matière civile et de police, la circulation en franchise de leurs vins dans tous le comté, un octroi sur les vins étrangers, rétablissement de deux nouvelles foires et une maison avec halles pour la mairie (1493 et 149o).

Arbois ne pouvait échapper à l'invasion que fit Henri IV dans la province en 159b. Les habitants se disposèrent néanmoins à une vigoureuse résistance. Ils comptaient, pour soutenir leur zèle, sur le connétable de Castille qui se tenait tantôt à Arbois, tantôt à Gray. Henri IV vint diriger

le siège en personne, suivi d'une armée qu'on évaluait à 25,000 hommes. Il établit son quartier général au château de Montigny. Les assiégés nlavaient d'autres moyens de résistance que leurs vieilles et mauvaises murailles et un petit nombre de soldats que leur avait amenés du bourg de Champlilte, un capitaine nommé Morel, dit le Prince, né parmi eux. La place fut investie le 4 août 1595, par une avant-garde qui occupait toutes les hauteurs environnantes. Le maréchal de Biron somma les habitants de se rendre, déclarant que s'ils résistaient, il savait ce qu'il aurait à faire. Le lieutenant Jobert, l'avocat Bontemps et le procureur Pécauld, au nom du roi leur maître, M. de Montrond, mayeur, Glanne et Guillaboz, échevins, répondirent: « qu'ils » ne voulaient pas changer de prince, » qu'ils n'avaient pas le pouvoir de » rendre une ville qui ne leur ap- » partenait pas, mais bien à sa ma - » jesté très catholique, pour le ser- » vice de laquelle ils étaient disposés » à sacrifier leurs biens et leurs » vies. » Alors la ville fut cernée et les faubourgs occupés par les ennemis ; la sape, les pétards, les

canons, furent mis en jeu sur plusieurs points. Les habitants, après avoir soutenu plusieurs assauts et repoussé trois fois les propositions de Biron, voyant leurs remparts ouverts, leurs faubourgs incendiés et pas un moyen de secours, furent obligés enfin de renoncer à une défense inutile. La ville capitula le 7 août, à des conditions honorables.

Mais à peine le maréchal de Biron en avait-il pris possession, qu'il oublia les clauses du traité. Une troupe de soldats forcenés courait dans les rues, pénétrait dans les maisons, les pillait, les incendiait et faisait

subir mille tortures aux malheureux vaincus. Le roi fit vendre tout le vin et les denrées qu'il trouva enfouis dans les caves, condamna les bourgeois à lui payer une rançon de 10,000 écus qu'il réduisit pourtant à 7,000 et emmena M. de Montrond prisonnier. Une tache dont jamais la mémoire de Biron ne pourra se laver, c'est d'avoir fait pendre l'il- I ustre capitaine Morel . U n grand n ombre d'habitants émigrèrent pour ne pas prêter serment à Henri IV. Le iU août 1595, le roi signa un acte de neutralité, par lequel il permit aux vaincus de vaquer à leurs aûaîrcs, de faire le commerce et de circuler librement.

Le connétable de Gastille, don Juan de Velasco, rendit hommage à la bravoure des Arboisiens dans une lettre du 50 août et promit une indemnité que le roi d'Espagne envoya, mais tellement minime, que la ville fut obligée, en 1597, de faire un jet de 30,000 ccus pour payer les frais de la guerre.

Arbois eut sa part des malheurs de la guerre commencée en 1636.

Il s'efforça cependant de les éviter autant que possible. Les habitants envoyèrent des députés au marquis de Villeroy (qui était à Bletlerans), pour demander d'être reçus sous la protection du roi, offrant de contribuer à l'approvisionnement de Poligny et des autres places tenues par les Français. Ils éprouvèrent un refus. Le 9 juillet 1638, le duc de Longueville marcha sur Arbois , qui composa à la vue du canon. La capitulation n'empêcha pas qu'une partie de la ville fut brûlée et le surplus maltraité. Cette ville était encore en 1640 entre les mainsdes Français. C'est de là que le marquis de Villeroy essaya deprendreSalins, mais il abandonna celle ville quelque temps après, non

sans Vavoir foulée de contributions.

En 1668, Arboisfut pris sans résistance, par un détachement de Tannée du prince de Condé ; ses murailles n'étaient pas enétaldc retarder l'ennemi.

Cette ville se distingua lors de la seconde conquête en 1674. Des pièces d'artillerie, portant 25 livres de balles, foudroyaient ses frêles remparts. Elle se voyait cernée par un corps de Français qui était considérable, puisqu'on y comptait 500 hommes de cavalerie. Pourvue ellemême de canons*, elle se défendit avec vigueur, et les ennemis, dont le commandant, M. d'Aspreniont, avait établi ses magasins à l'oligny, décampèrent. Il ne resta au prince de Yaudemont, qui arriva presque aussitôt, à la tête des troupes comtoises, qu'à féliciter les Arboisiens et M. de Mcrona , leur gouverneur, d'avoir sauvé, par leur seule bravoure, une place dénuée de garnison. Celle belle défense ne fit que reculer l'absolue nécessité de se soumettre à la France. Lorsque le duc de la Feuillade parut devant leurs murailles délabrées, les habitants étaient encore pleins d'un zèle si ardent qu'ils tuèrent, dit-on, un de leurs concitoyens qui parlait de se rendre. Mais leur enthousiasme fléchit à l'arrivée delà nombreuse artillerie de l'ennemi. Ils capitulèrent le tOjuin.

Faits divers. II est certains faits qui, sans être très importants , méritent cependant d'être mentionnés. Cette ville fut visitée plusieurs fois par Frédéric Barberousse , qui y data quelques-uns de ses diplômes, notamment en 1157. Les reliques de saint Claudey séjournèrent quelque temps en 1182, et y opérèrent un grand nombre de miracles ; elle fut ravagée en 13ft8, 1458 et de 1633 à 1030 ,

par des pestes qui décimèrent la population; en 137ft , les juifs qui habitaient la rue du Tripot, furent tous expulsés du territoire; le 31 juillet 1476, elle fut visitée par Charles-le- Tcméraire , vaincu à Granson ; en 1 584 , y mourut dans un état absolu de dénuement, le célèbre Claude de la Baume , archevêque de Besançon et cardinal ; en 1528, elle fut grandement infestée des doctrines de Luther; en 1629, sa population fut saisie de terreur par un tremblement déterre, aecompagné de coups de tonnerre souterrains; en 1665, un débordement de la rivière de Cuisance y occasionna la chute d'un pont et d'un grand nombre de maisons, ce qui fut cause du vœu, que firent les habitants, d'un jeûne général, le 7 septembre de chaque année; en 1833, les délégués de toutes les sociétés politiques du déparlement du Jura , s'engagèrent à se réunir sur la côte de l'Ilermitage d'Arbois pour y célébrer le troisième anniversaire des journées de juillet ; instruit de ce projet, et voulant en éviter l'exécution, le commandant de la sudivision militaire de Lons-le- Saunier se transporta dans la ville, avec deux compagnies d'infanterie ; déjà, le conseil municipal et la garde nationale avaient été dissous par une ordonnance du roi et le service de sûreté confié à un détachement de la troupe de ligne. Le 13 avril 1834 , des troubles politiques, d'une nature plus grave, éclatèrent dans celte ville à la nouvelle des événements de Lyon ; le peuple ayant pris les armes , réussit d'abord à désarmer la petite garnison qui y séjournait et y proclama la République ; ce mouvement fut aussitôt réprimé par le général commandant la 6e division militaire, qui marcha sur la commune insurgée avec 200 gre-

nadicrs, k escadrons de chasseurs et une demi-batterie d'artillerie.

Libertés , privilèges et franchises de n ville. Peu de villes furent plus favorisées qu'Arbois par leurs seigneurs. Outre la propriété de nombreuses forêts, des fours, des moulins concédés en 1257, 1282, 1287 et 4527, les habitants obtinrent l'institution d'une mairie avec la haute justice (4*93 et 4528), le privilège de transporter leurs vins en franchise de tous droits, d'abord dans le comté, ensuite dans tout l'empire (U63, 446% 1Ù93, 1Û9&), celui d'imposer un octroi sur les vins étrangers (1*05 et 1507) , l'établissement de de quatre nouvelles foires (1397 et 1495), etc.

Arbois partageait avec Dole, Salins et Poligny, l'honneur de recevoir les sessions des parlements du comté de Bourgogne , lorsque ces cours souveraines étaient encore ambulantes.

Il occupait le cinquième rang dans les Étals de Franche-Comté.

Quatre fois ces Etals vinrent tenir leurs assemblées dans ses murs. Us y étaient réunis en U13, sous Jeansans-Peur, en 1*93, 4523 et en 4587; à ceux de 1587, le maire obtint la préséance sur celui de Poligny. Le bâtiment où se tenaient ces assemblées existe encore et porte le nom d'Hôtel du parlement. On n'entrait dans la bourgeoisie qu'après de nombreuses preuves de moralité et le paiement d'une forte finance.

Les nouveaux résidents, avant d'y être admis, payaieutun droit annuel de manenlage. il y avait une compagnie de chevaliers de Y Arquebuse auxquels la ville céda, en 4 715, la promenade de la Foule pour leurs exercices. Il y avait aussi deux compagnies de gardes-feu.

Armoiries. Les armes d'Arbois

étaient et sont encore : d'azur â un pélican d'argent , becquetant sa poitrine sur ses petits aussi d'argent. Sa devise est : Hic quos diligo, et ainsi : Dieu aide Arbois. Elles ont élé enregistrées à l'armoriai général en 1698 et confirmées en 1810.

Etat militaire et civil avant la

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