RÉVOLUTION
Lieulenance des maréchaux de France. En 1093, Arbois devint le siège d'un lieutenant des maréchaux de France, chargé de connaître des différends des gentilshommes et autres, faisant profession des armes, et de juger les questions de points d'honneur. On sait qu'au moyen âge il fallait être d'un certain état pour avoir le droit de se battre en duel.
Iluguenin Lardereau, d'Arbois, avait défié un étranger et avait jeté son gage (1570). Le gardien du comté de Bourgogne qui jugea qu'il ne leur appartenait pas de recourir à ce moyen, les condamna à se battre nus dans la halle d'Arbois, en se fustiges it, l'un l'autre, armés chacun d , verges aux deux mains. A la lin, i habitant composa et se racheta de la peine, moyennant la livraison d'une queue de vin qui fut vendue 8 florins au profit du fisc.
Maréchaussée. Dès 1692, il v avait dans celte ville une brigade à résidence des détachements de maréchaussée établis à Salins et à Poligny.
Bailliage. Arbois était l'un d<»s sièges du bailliage d'aval. Ce tribunal était composé d'un lieutenant général du bailli , d'un lieutenant civil et criminel, de deux conseillersassesseurs, d'un conseiller gardescel, d'un avocat du roi, d'un procureur du roi et de son substitut, d'un greffier et d'un receveur des consignations.
Hôtel-de-ville. Après avoir été administrée j)ar des prud'hommes, des échevins et un conseil de notables, celte ville eut à sa tète, dès 4^93, un maire et des échevins. En 1789, le corps municipal se composait d'un maire, ayant le titre de vicomto-mayeur, lieutenant-général de police, d'un lieutenant de maire, de quatre échevins, de quatre conseillers, d'un secrétaire, d'un procureur du roi de police, d'un syndic et d'un greffier.
Prévôté, Le prévôt était l'officier du seigneur. La concession d'une mairie le priva d'une partie de ses attributions.
Subdélégation. Arbois était le siège d'un subdélégué et de son greffier.
Ponts-el-Chaussées. Il était la résidence d'un sous-ingénieur et de quatre commis des ponlset-chaussées.
Corporations. La ville avait créé 18 places de barbiers-perruquiers, formant corporation. Chaque brevet se vendait 500 fr.
Etablissements religieux.
Eglise de Glénon. En 969, Adon, diacre, donna à Ermentrude, comtesse de Bourgogne, et à ses enfants, l'église de Glénon pour en disposer à leur volonté, en œuvres pies. Ce monument n'existe plus depuis longtemps. La grange de Vauxy et la grange Grillard sont les seuls débris subsistants du village de Glénon qui a été détruit à une époque inconnue.
Prieuré de St.-Just. Ce prieuré, de fondation souveraine, existait déjà en 1053. 11 était habité par quatre religieux de l'ordre de saint Benoit.
Vers 1092, Hugues III, archevêque de Besançon, le donna a l'abbaye de St. -Claude. 11 dépendait immédiatement du Saint-Siège. En 1328, l'ar-
chevêque Vital y unit le prieuré d'Oysenans, de Rufifey. Le prieur jouissait de nombreux droits seigneuriaux sur la ville et sur les environs et avait plusieurs vassaux qui lui faisaient hommage de leurs fiefs.
Parmi les prieurs commandataires, cinq ont été cardinaux et les autres, excepté trois abbés, ont été archevêques ou évêques. Le prieuré conventuel ayant été sécularisé en 1 7 h 5, la mense conventuelle fut réunie à la Familiarité et la mense prieurale devait s'unir à l'abbaye de Chàteau- Chalon après le décès du titulaire, qui était alors M. de Courbouzon.
Les bâtiments , réservés d'abord pour l'établissement du district (1791), furent vendus nationalemen t en l'an IV.
Eglise et Familiarité. L'église St.- Just était à la fois prieurale et pa-* roissiale. Les nombreuses fondations qui y furent faites donnèrent naissance, en 1370, à une Familiarité dont les membres, d'abord au nombre de 25, furent réduits ensuite à 20, y compris les trois religieux, bénédictins sécularisés. La cure fut unie, en 1258, au prieuré. Le prieur devint ainsi curé primitif et faisait desservir la paroisse par un vicaire perpétuel. Les familiers devaient être nés et baptisés à Arbois, de parents bourgeois, aussi nés et baptisés dans celte ville. Le corps des familiers formait un collège ayant un sceau à ses armes. Les membres furent confirmés, en 1755, dans le droit de porter l'aumusse et do faire usage des bâtons cantoraux les jours de solennité.
Cliapelle de Changin. Cette chapelle existait déjà au xie siècle. Elle fuÇérigée en église paroissiale (1 258) pour l'usage de la communauté de Changin, dont le territoire fut incorporé à celui d' Arbois en 1599.
En 1667, l'église elle-même fut unie à celle de St.-Just , réduite de nouveau à l'état de simple chapelle, et vendue nalionalement en Tan IV.
Hospice de Balerne. Les religieux de Balerne avaient au village de Glénon , aujourd'hui Grange-de- Vauxy , un hospice avec de vastes propriétés qui leur furent confirmées, en i 199, par Otton, comte de Bourgogne.
Temple deSt.- Jean -de- Jérusalem.
Arbois était le siège d'une commanderie de St. -Jean-de-Jérusalem , dont relevait celle de Besançon. Elle dépendait de la langue d'Auvergne.
Les chevaliers y firent construire, en 12^9 , une église et un hospice à l'embranchement de deux chemins, dont l'an porte encore le nom de Chemin de St. -Jean. Cet hospice était * destiné aux prêtres conventuels et aux frères servants ; une chapelle et un temple exislaientaussi à Changin, comme annexes de la commanderie d'Arbois. Les biens furent vendus nationalement en Pan IV.
Chapitre Notre-Dame, Le chapitre de l'église collégiale Notre- Dame d'Arbois, a été fondé, en 1582, par Marguerite de France, veuve de Louis II, comte de Flandre et par Philippe d'Arbois, suivant les bulles d'érection et les lettres-patentes de 1585. Il devait élre composé d'un doyen, de 12 chanoines, de G à 8 chapelains et de h clercs , tous natifs d'Arbois , s'il était possible, et à la nomination du comte de Bourgogne, sauf le doyen qui devait être élu par le chapitre cl confirmé par le souverain. Les maisons canoniales ont été vendues par l'Etal en 1 79 1 , et l'église sert actuellement de halle aux grains.
Maison de Rosières. Les religieux de Rosières achetèrent, vers 1550, une maison située dans la Grand'rue
d'Arbois , dans laquelle plusieurs d'entre eux venaient habituellement résider et où ils avaient de vastes
caves.
Chapelle St.-Roch. Il y avait à l'ouest de celte ville et à une certaine dislance, une grande chapelle consacrée à St. Roch, que le magistrat et les bourgeois firent édifier, en 1585, auprès d'un cimetière déjà existant, destiné à la sépulture de ceux qui mouraient de la peste. On y célébrait la messe à certaines fêtes de l'année. C'est dans celle chapelle que furent déposés les restes de l'illustre capitaine Morcl , d'où ils furent transportés en grande pompe dans l'église paroissiale, en 1791.
Ermitage St.-Roch. Il existait sur la pente de la côte de Chàtclbœuf un ermitage dans lequel vivaient, du travail de leurs mains, deux ou trois ermites se vouant à l'enseignement de la jeunesse indigente.
Couvent des Vrsulines. En 1616, quatre demoiselles de la ville demandèrent au magistrat l'autorisation de mettre leurs biens en commun et de vivre selon la règle de Ste. Ursule. Leur demande fut accueillie, à condition que leur communauté ne pourrait être de plus de 1 2 religieuses et que leurs revenus ne dépasseraient pas 2,000 fr. L'archevêque de Besançon confirma cet établissement, en 1617. Ces demoiselles commencèrent par se réunir dans la maison de l'une d'elles et bâtirent un petit oratoire, du consentement du prieur de St.-Just. Celte communauté prit un rapide accroissement. Elle acheta cinq maisons pour construire le monastère, qui finit par réunir 52 sœurs professes.
Le magistrat en demanda en vain la suppression en 1750. Le cloîlre esl remplacé par l'hôtel-de-villc actuel.
Couvert t des Tiercelines. En 1 6 i 4 , les Tiercelines de Salins furent autorisées à établir un couvent de leur ordre à Arbois. Elles traitèrent avec le magistrat en 1048 et en 1649; elles envoyèrent 7 religieuses de leur maison pour fonder cet établissement. La première pierre du cloître fut bénie en 16î>6 et celle de réalise en 1678. Le nombre des religieuses était de 40 en 1789.
Les bâtiments servent aujourd'hui de théâtre.
Couvent des Carmélites. Les Carmélites furent introduites par suite d'un traité fait avec le magistrat, en 1647. Leur église ne fut achevée qu'en 1720. Le nombre des religieuses était de 28. Les bâtiments vendus par l'Etat, en l'an IV, sont convertis en maisons particulières.
Couvent des Minimes. Les Minimes furent admis en 1660. Leur nombre était de 12. Ils étaient char gés des prédications et faisaient en outre le cours de philosophie au collège.
Maison des Jésuites. Les Jésuites de Salins possédaient dans la rue de Bourgogne une vaste maison, presque toujours habitée par quelques-uns d'entre eux jusqu'à leur suppression en France.
Capucins. Le couvent des capucins fut bâti en 1675. Leur bâtiment est occupé actuellement par un pensionnat de demoiselles tenu par des religieuses.
Confréries. Toute la ville était organisée en confréries charitables.
Les statuts de chacune d'elles assuraient des secours aux confrères malades ou indigents. Il y avait la confrérie du St. -Esprit, érigée avant l'an 1347; celle des Ames du purgatoire, du Mont-Carmel, du Grand chandelier, de la Croix, de saint Crépin, de saint Sébastien, de saint
Vernicr, de saint Eloy et de saint Just, et enfin la Congrégation des hommes. La plus importante était celle de la Croix ou des Pénitents noirs. Les personnages les plus considérables de la ville en faisaient partie. Elle était dirigée par quatorze officiers des deux sexes. Elle fut fondée, en 15K6, dans l'église St.- Just. En 1601 , les Infants d'Espagne lui donnèrent une maison qu'ils possédaient dans la rue du Bourg pour y construire une chapelle. Chaque admission donnait Heu à un examen rigoureux. Les confrères se révôtaient, dans Us cérémonies, d'un sac et d'une ceinture de cordes. Les dames, vêtues de noir, secouvraient le v isage d'un voile. On fut oblige, en 1716, d'interdire les processions nocturnes de celteconfrérie, à raison des scandales qu'elles occasionnaient et de défendre aux membres de jouer à l'avenir, dans la chapelle, des tragédies, des comédies et de s'y livrer à des exercices profanes. Une autre confrérie avait sa chapelle dans la rue de Faramand.
État actuel.
La ville d' Arbois, bâtie sur les bords de la rivière de Cuisancc , est assise entre deux montagnes dont les versants sont profondément évasés en forme d'entonnoir; ces deux montagnes en l'entourant et en la dominant avec leurs riches et belles plantations de vignobles , ceignent, pour ainsi dire, son front d'une couronne perpétuelle de pampres. Elle a l'avantage d'être le point de convergence d'un grand nombre de routes.
Elle est divisée en quatre quartiers, savoir : le Quartier de la ville dont font partie la Grand'rue, le* rues du Vieil-Hôpital , du Collège ,
de Noire-Dame, du Vieux-Château, de Bourgogne, de la Tour, des Boucheries , les rues Tripet , Citoyen , Lafayeltc, Mercière, la place Noire- Dame et la pelite Place; Le Quartier de Courcelles dont dépendent les rues de Courcelles, de la Bourre, de Ballant, de Cournot, des Fossés, de Montfort, de Dole, de Besançon, de Changin et les rues Jallerey et Morel; Le Quartier de Furamand, qui comprend les rues de Farainand, de Personne, de l'Huilerie, du Four, de Mon tel, des Orfèvres, de l'Orme, de • Poligny, de Champagnole, dcNecy, de Plslelle, de l'Hermitage et la place de l'Orme. Le Quartier- Dessous comprenant les rues Dessous, Chevrières, de Gillois, de Maupré, de Verreux, ancien faubourg où l'on remarque des ruines qu'on croit ôlre celles du château de St.-Remy, de Champcrroux, de Larnay (ancien faubourg qui a donné son nom à une famille noble de nom et d'armes).
La banlieue se compose des rues des Nouvelles et du Dérochoir , de la Grange-Perrey , qui a été possédée pur le général Bachelu de Dole, du bureau de perception du péage , d'Arc, de la Grange Jean-Maire , de la Grange-Jaillon, de la Grange du Sorbief, de la*Grangc-Grilliard, de la Grange de Vauxy , des Baraques de la forêt d'Arbois , de la Grange- Fontaine, de la Grange-Canoz et du hameau d'Arbois, près Villette.
Les anciens fossés, qui infectaient la ville de leurs exhalaisons méphitiques, ont fait place à quelques beaux jardins et à de charmantes promenades.
Un pont en pierre très étroit, jeté sur la Cuisance, à l'usagedes piétons seulement, a un aspect féodal très pittoresque.
Les rues sont généralement étroites et tortueuses comme le sont celles
de la plupart des villes anciennement fortifiées.
Elles renferment des maisons d'une antiquité fort respectable , mais dont la vue attriste l'œil. Ces maisons forment aujourd'hui un contraste frappant avec celles de quelques autres quartiers plus favorisés, et l'on voit s'élever de belles constructions, dont l'élégance et la fraicheur ne laissent rien à désirer. La maison que M. de Broissia, aîné, vient de faire édifier dans celte ville, peut rivaliser, sous le rapport de la richesse et du bon goût,' avec ce que les grandes villes offrent de plus admirable. On y remarque surtout une salie de spectacle avec toutes les dépendances qn'on rencontre dans les théâtres les plus complets , des salons et des salles dans tous les styles d'architecture avec des meubles analogues à la décoration de ces pièces, une écurie décorée de riches boiseseries. On doit savoir gré à M. de Broissia d'avoir fait exécuter les travaux les plus importants de son habitation en 1 850 et en 1 85 1 , à une époque où les terreurs causées par l'année 1852, avaient suspendu toutes le* entreprises. On dislingue encore les maisons de MM. Jarre , Domet de Mont, Crestin d'Oussières, Fontaine, de Maizières, de Palornay, Laurençot, Bouchet, Taponet, Perroux et de Grozon. Une collection de tableaux et autres objets d'arts précieux, orne les galeries de la délicieuse habitation de M. Domet de Mont. La maison de plaisance de M"16 la baronne Delort se fait remarquer par de vastes jardins, qu'arrose un gracieux cours d'eau et par une magnil»^ ue serre, dans laquelle fleurissent les plantes exotiques les pins rares.
On compte à Arbois plusieurs places. Celle de la Liberté est cn-
tourée en grande partie de belles maisons. Un de ses côtés est formé d'une galerie de quinze arcades d'inégales grandeurs, qui servait autrefois de halle aux grains et d'auditoire pour les officiers du bailliage. Cette place est ornée d'une fontaine monumentale» aux angles coupés de laquelle sont quatre lions sculptés qui distribuent l'eau. Un vase colossal la couronne.
Les promenades Notre-Dame, des Fossés et du Champ-de-Mars, embellies par des arbres et le voisinage de rivières, sont très agréables.
Vingt-cinq fontaines jaillissantes, alimentées par deux sources qui sortent , l'une du territoire de Pupillin, et la principale du territoire de. Mesnay, distribuent dans tous les quartiers de la ville une excellente eau.