‹ Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la FrancheComté et des hameaux qui en dépendent, classés par département. Tome premier VI département du Jura (volume 2)Chapitre 10 sur 21 · HALLES , AUDITOIRE ET PRISON · texte numérisé non relu

HALLES , AUDITOIRE ET PRISON

En 1276, Jean 1er, baron d'Arlay, fit construire des halles au Bourg- Hessous pour la vente des grains et marchandises, et pour la tenue des foires et des marchés. Dans ce bâtiment était placée la salle d'audience du juge local , du châtelain, du bailli

et du gruyer. A l'un des angles était attaché le carcan ou collier en fer, dans lequel les malfaiteurs étaient retenus et exposés en public. Les halles furent incendiées en 1637, et leur emplacement vendu en 1703.

En 1 700 , les agents de Guillaume de Nassau, roi d'Angleterre, firent reconstruire une nouvelle salle d'audience. Il y avait au-dessous une cave profonde qui servait de prison.

C'était un cachot infect, privé de lumière, dans lequel on n'arrivait qu'au moyen de sauts très dangereux.

Collège. En 1591, Philibert et Claude Pélissonnier, frères, écuyers, fondèrent un collège dirigé par un principal et des professeurs choisis par le magistrat. Il y avait en outre une école de filles, dotée par Mademoiselle Claudet en 1765.

ÉTAT ACTUEL

La première pensée qui frappe, quand on jette les yeux sur Arlay, c'est celle d'une fortune tombée et d'une grandeur déchue. Sa physionomie a quelque chose d'austère et de mélancolique qui fait rêver. Les ruines du château sont d'un aspect majestueux. Mme de Lauraguais, venan t visi ter sa terre d'A rlay en 1 7 7 5 , fut tellement enchantée de son site, qu'elle résolut aussitôt d'y fixer son séjour. Elle acheta le couvent des Minimes , dont elle fit le château qu'on admire aujourd'hui. Elle convertit toute la montagne en bosquets délicieux. Sur les débris de l'ancien donjon , elle fit élever deux pavillons dans lesquels les bals, les fêtes se succédaient sans interruption. En 1775, celte princesse fit inviter les seigneurs de Franche-Comté, qui relevaient d'elle, à se rendre à Arlay , chef-lieu de ses terres, pour reprendre de fief entre ses mains , et

les maires et éclievins des communautés à venir faire reconnaissance de ses droits. Dès qu'on fut prévenu de l'arrivée de cette puissante suzeraine dans la province, la noblesse, les dignitaires, les corps de villes de 1b seigneurie, se hâtèrent de venir la visiter et la complimenter. Le roi de Prusse seul, le grand Frédéric, refusa de faire hommage pour son comté de Neuchàtel. Il répondit au messager chargé de lui remettre l'invitation, « que si le seigneur d'Arlay persistait à avoir sa visite , il fallait préparer des logements pour 3000 chevaux ; que le grand Frédéric ne voyageait jamais autrement. » On comprend fort bien que Mœe de Lauraguais se soucia fort peu d'un hommage aussi dispendieux.

L'archevêque de Besançon se fit représenter par M. de Chavannes, son vicaire-général.

Le maréchal de Lorges par le marquis de Fallan.

Le marquis de Saint-Simon, gouverneur de Besançon , par le comte d'Archiac, son fils, colonel.

Mgr. Méalet de Fargues , évéque de Saint-Claude, par M. de Champd'Hyvcrs, son vicaire- général ; et en personne vinrent à Arlay, Mgr. de Rans , évèque de Rosy, M. de La- Corée, intendant de la province à Besançon ; Mgr. de Lezai-Maruczia, évéque d'Evreux ; plusieurs conseillers au parlement de Besançon ; Mme de Watte ville, abbesse de Châleau-Chalon; M,ue de Boulechoux, abbesse de Fabbaye de Sainte-Claire à Lons-le-Saunier, les corps municipaux des villes de Lons-le-Saunier, Pontarlier, Orgelet, Nozeroy, Salins, Jougne, Vuillafans, Sctlières, Blettcrans, la Rivière, etc.

Tous les vassaux relevant de la tiM-re d'Arlay vinrent prêter serment de liiélilé.

Chaque communauté envoya les produits les plus renommés de son sol.

Ces visites , ces députalions durèrent pendant toute la belle saison, et furent l'occasion de fêles splendides. Arlay était devenu un véritable Versailles.

Eglise. L'église paroissiale de Saint-Vincent, patron de la paroisse, dont la féte se célèbre le 22 janvier, a été construite, en 1818, au moyen du don fait par M. Alexis Bailly de Chissey, né à Sainte-Agnès, qui fut curé d'Arlay de 1759 à 1787, époque de sa mort. Elle est à trois nefs, d'un aspect simple et pourtant imposant ; deux vitraux coloriés, représentant, l'un saint Claude, et l'autre saint Vincent, ont été peints avec beaucoup de talent par un artiste de Saint-Claude et placés en 1832.

Parmi un certain nombrede tableaux, on en remarque un fort beau, placé au fond du chœur, donné en 1820 par M110 de Vaulchier, et peint par elle-même. M. Jacquier, qui a présidé à la construction de cet édifice en qualité de maire, a eu le bon esprit de faire incruster dans les murailles la térales, différentes pierres tombales, portant des inscriptions en lettres gothiques , qui provenaient des anciennes églises démolies.

Nous invitons les étrangers à visiter les ruines de l'ancien château , d'où la vue s'égare sur un magnifique horizon , le château moderne, l'église Saint-Vincent, l'ancien hôpital du Saint-Esprit et la belle croix placée au devant , la maison à l'aspect féodal , habitée successivement par les familles Pélissonnier et de Vaulchier, et aujourd'hui par M. le colonel Regaud.

Page 1