HOMMES ET FAMILLES RECOMMANDA DLES
Arlay fut de tout temps habité
par une nombreuse noblesse. En 1668, on y comptait 29 familles nobles qui y étaient établies. On y voyait, à cette époque, figurer les de Crecy de Molpré, les Cliarreton, les de Ronchaux, les de l'Kspi nette, les de Vaulchier, seigneurs du Descliaux , les Bouverot , plusieurs branchesdes Pélissonnier, seigneurs deNance, de Saint- Georges, les Timonet, seigneurs des Gaudières, les de Chalon-Landrcvtlle, les de Mouthier, seigneurs de Cubry et d'igny, les Marlet, les Champignon, les Lesme. A d'autres époques, on y voit les d'Arlay, les de Reuilly, les Boisson de Ronchaux, les Bouverot, les Roz, les de Joux, les de Barnaud, les Desprez, les de Maigret, les Abry d'Arcier, etc.
Plusieurs de ces familles ont fourni des sujets très distingués à l'année , à la marine , à la magistrature. Mathieu Vaulchier, écrivain estimable, était l'un des rois d'armes de Charles-Quint sous le nom de Franche -Comté. M. Bourdon de Sigrais (1712-1793), capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, membre de plusieurs académies, est auteur de différents ouvrages sur Part militaire. Plusieurs officiers supérieurs ont joué un rôle brillant dans les guerres de la république et de l'empire. Parmi ceux nés à Arlay, on cite le général Thimonet des Gaudières, mort gouverneur de Cambrai en 1818; M. Coindet, colonel d'artillerie , mort directeur de l'arsenal de Bayonne; M. Vernier (Jean- Honoré), colonel au 23e régiment de ligne, officier de la légion-d'honneur, baron de l'empire ; le colonel Lajeunesse, le commandant Thevenot, les capitaines Perraud ( Léopold), Vannier et Guerrin, M. Jacquier (François-Joseph), lieutenant d'artillerie, ué le 24 mai 1770. Cet
officier a été notaire à Arlay de 1800 à 1 820, et à Lons le Saunier de 1 828 à 1835. Tout dévoué aux intérêts de son pays, il a rempli avec autant de zèle que de talent les fonctions de maire pendant de longues années , soit à Arlay, soit à Lons-le- Saunier.
Parmi les contemporains, on cite encore MM. Vuillet, Napoléon, et Dominique, tous deux officiers en activité de service.
C'est à Arlay que sont morts (1783) M. Girod, célèbre médecin, né à Mignovillard , introducteur de la vaccine en Franche - Comté , et M. Abry d'Arcier (1824), auteur de mémoires historiques sur la province.
BIBLIOGRAPHIE
On peut consulter les notes manuscrites, rédigées par M. Jacquier, qui a bien voulu les mettre à notre disposition, celles de M. Abry d'Arcier, les Annuairesdu Jura, les notes de M. l'avocat Perrin , publiées en 1850, et enfin le cabinet de médailles et d'antiques, recueillis à Arlay par M. le docteur Daille.
ArouM, Àrromaz, vg. de l'arr.
de Lons-le -Saunier et du canton d'Arinlhod , perce pt. et distrib. de poste de Thoirette ; succursale ; à 18 kilom. d'Arinlhod et 53 de Lonsle-Saunicr.
Il est bâti au fond d'une vallée formée par les chaînons jurassiques de la rive droite de l'Ain, et limité à l'est par Thoirette et Ceffia, à l'ouest par Arnans et Germagna (Ain) , au nord par Villeneuve, Charnod et Vosblcs, au sud par Saint- Mauriced'Echazeaux (Ain). Burigna, Mon/- Didier, le Pelil-Marsonnay, Marsonnas, l'Hôpital, Marcia, le Mollard, Vers-les-Perrier, font partie de la commune.
Le territoire est traversé par la
route départementale n° 9, d'Orgelet à Nantua et à Bourg, les chemins vicinaux tirant à Tlioirelte, à Charnod, à Amans, à Marsonnas, à Burigna, à Germagna, de Burigna à Thoiretle, de l'Hôpital à la route départementale de Bourg à Nantua, de l'Hôpital à Saint- Maurice -d'Echazeaux, et de Mont-Didier à la route départ, de Bourg à Nantua. 11 est arrosé par les biefs du Moularct , de Bourbouillon et du JYé-Martin.
Pop. en 1790, 880 hab. ; en 1846, 806; en 1851, 755, dont 380 nom. et 575 fem.; pop. spéc.
parkilom. carré, 55 hab.; 165 maisons, savoir : à Aromas, 55 ; à Burigna , 49 ; à Mont-Didier, 9 ; au Petit-Marsonnay, 7 ; Vers-Iez-Perricr, 2; à Marsonnas, 13; à l'Hôpital, 19 ; à Marcia, 9; au Mollard, 2 ; 175 ménages. Les fdles émigrent pour aller à Lyon être ouvrières en soie.
Les registres les plus anciens de l'état civil remontent à 1682.
Cadastre exécuté en 1851 : surf, lerrit. 1598h29a, divisés en 9906 parcelles que possèdent 431 propriétaires, dont 167 forains; surf, imp. 1375h64a, savoir: 694h 07a en terres lab., 286h 46a en pâtures, 25 5h 28a en bois, 109h 95a en prés, 9h 66a en friches et murgers, 6h 50a en jardins et chenevières, 6h 19a en vignes, 5h 51a en broussailles, et le surplus en sol des propriétés bâties; rev. cad. 12,1 11 fr. ; contrib. dir., 2656 fr. 50 c.
Sol fertile, produisant beaucoup de blé et d'autres céréales dont on exporte les deux tiers, et du vin pour la consommation des habitants, qui fréquentent habituellement les marchés de Nantua , de Bourg et d'Oyonnax. Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
H y a sur le territoire de nom-
breuses et excellentes carrières de pierre à bâtir et de taille, de sable très estimé, et de la marne qu'on ne sait pas utiliser.
Une fruitière produit annuellement 9000 kilog. de bon fromagp.
On compte dans la commune un moulin à deux tournants, et cinq auberges.
Foires. Le lundi après les Quatrc- Teinpsde mars et de juin, le 2 mai, le 30 août , le 30 septembre et le 1er décembre.
Le commerce principal porte sur les bêtes à cornes , les moutons , la draperie et la quincaillerie.
Biens communaux. Une église , un cimetière, un presbytère, une maison d'école pour les garçons , contenant le logement de l'instituteur, et une salle d'étude fréquentée en hiver par 70 élèves; une maison d'école de filles , contenant le logement de l'institutrice et la salle d'étude fréquentée en hiver par 60 élèves ; 5 fontaines, un puits communal, un lavoir, un abreuvoir et 130tl 78a de propriétés d'un revenu cad. de 399 fr. 93 c.
Bois communaux. Aromas possède 109h 84a de bois, dont 3h 26a en exploitation ann. ; la section de Burigna, 63h37a, dont ih 02a en expl. ann.; celle de l'Hôpital, 15h 52a dont on fait une coupe biennale tons les 24 ans; Mont-Didier, 38h 70a, dont lh05a en expl. ann.; Marsonnas, 4h 06a, dont 15a en exploitât, biennale ; essences dominantes : hône et charme.
Budget: recettes ord. 4457 fr.
29 c; dép. ordin. 4457 fr. 29 c.
Bureau de bienfaisance : revenu ord. 25 fr.
NOTICE HISTORIQUE
On ne sait absolument rien de l'origine et des commencements d'Aro-
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mas. Jusqu'à présent aucun débris antique n'est venu révéler son existence gauloise ou gallo-romaine. Il est probable qu'il fut fondé par les Burgundesqui, au \e siècle, occupèrent le pays des Sébusiens, ou par la colonie d'Insubrcs, qui vint, au viue siècle , des Etats de Venise s'établir dans la Dresse. Le premier document écrit qui mentionne un hameau de cette localité, est l'acte d'association par lequel Aymon , prieur de Gigny , plaça, en 1191, une partie des biens de son monastère sous la protection et la garde d'Etienne 11 , comte de Bourgogne. 11 fut convenu, à l'égard du village de Marcia , que le droit d'habitation à exiger des nouveaux résidants appartiendrait par moitié aux contractants, et que les cens en argent et en avoine resteraient la propriété exclusive des religieux. En 1 550, le sire de Thoirecl-Villars inféoda à Perraud ou Perret de Gigny , chevalier , le village d'Aromas en toute justice, à l'exception de l'exécution des condamnés à mort qu'il se réserva. En 1261 , GuillemeUe donna à Etienne de Coligny, sire d'Andeiot, son frère , le château de Mont-Didier. Le hameau de l'Hôpital tire son nom d'un hospice fondé dans ce lieu, dont les biens furent réunis plus tard à l'Hôtel-Dieu de Bourg, qui y possède encore un domaine.
Seigneurie. Le mandement ou châtellenie de Mont-Didier comprenait Aromas, Burigna, l'Hôpital, Marcia, Marsonnas, Mont-Didier, Saint-Maurice -d'Echazeaux , Racousse , une partie de Corvcyssia , et , jusqu'en 1S82, Coisia et Chaléa. Cette seigneurie était, dans le principe, un membre de la grande sirerie du Rcvermont, et fit partie, jusqu'en 1 789, de la province de Bresse. Elle avait pour chef-lieu le château de Mont-
Didier, castrum Mentis Dideri , bâti sur le sommet d'une montagne. De la cime de ce rocher, on jouit d'une vue magnifique , qui s'étend sur la Bresse, le Bugcy et le comté de Bourgogne. L'œil y découvre une foule de bourgs , de villages , les nombreuses ruines de châteaux éparses sur le Mont- Jura, les vallées pittoresques de la Valouse et de l'Ain , et au fond de ce panorama vraiment magique, les Alpes neigeuses de la Savoie. Ce château, construit du xte au xue siècle, était une des forteresses importantes du pays. Des escarpements à pic le rendaient inaccessible à l'est , à l'ouest et au nord. Une ceinture de murailles enveloppait le plateau de la montagne. La face méridionale était défendue par un large fossé creusé dans le roc, par une porte avec pontlevis, placée entre deux tours, et par une énorme tour massive qui formait l'angle sud-ouest de la muraille. Un corps de bâtiment, divisé en grandes salles, s'appuyait contre le mur occidental. L'enceinte du castrum renfermait plusieurs maisons inféodées à de riches vassaux , parmi lesquels figurait un Tholongeon. L'une des tours s'appelait Tour d'Jndelot, une autre la Tour- Ronde , c'est celle qui subsiste encore , une troisième la Tour de la Chapelle. Elle contenait effectivement une chapelle dédiée d'abord à saint Martin, puis, à partir de 1457, à saint Georges. Elle était desservie par un chapelain, qui était tenu d'y célébrer trois messes par semaine.
Après la destruction du château, cette chapelle fut transférée dans l'église d'Aromas. Les sujets de toute la chàtcllenie avaient droit de retraite au château pour leurs personnes et pour leurs biens, à charge d'y faire le guet et garde en cas d'e-
minent péril , et de fournir à ses menus emparcments. C'est dans cette forteresse que résidait le châtelain, que se livraient les redevances en nature, et que les vassaux venaient faire hommage de leurs fiefs.
Le seigneur avait la justice haute, moyenne et basse sur le territoire et les habitants de la châtellenie. Le châtelain jugeait les causes en premier ressort. Sous les sires de Baugé, on appelait des décisions du châtelain au sire de Baugé lui-même, qui prononçait d'après l'avis de son conseil , composé de gens d'église, de gentilshommes et de docteurs en droit. Ce siège de justice fut transféré à Bourg, sous Amé IV, comte de Savoie. Dès ce moment, les appels furent portés au bailliage de Bourg, et en dernier ressort au comte, de Savoie. François 1er ordonna , en 1555, que les appels du juge de Bresse se porteraient au parlement de Dijon. Le seigneur instituait, outre son juge, un procureur fiscal, un greffier, un tabellion à Mont- Didier, et un notaire à Aromas.
C'est dans ce dernier lieu que se tenaient les assises du juge, et que demeuraient les officiers de justice.
Il y avait au hameau du Molard un signe patibulaire à trois piliers pour les exécutions capitales , et sur la place publique d' Aromas , un pilori â simple pilier pour l'exposition au carcan.
Avec la haute justice et en grande partie comme dépendant d'elle , le seigneur avait les amendes, les redevances foncières consistant en froment, avoine et poules , les langues des grosses bêtes de boucherie, les corvées , la banalité du four et des moulins, les lods et ventes, les épaves, les péages, la retenue ou le retrait féodal , les forêts, les montagnes du territoire, la chasse et la
pèche, l'usage exclusif des cours d'eau, la montre et la rendue d'armes, le patronage des églises et chapelles, le droit de halles à Aromas, les foires et marchés, la mesure particulière , les droits de tâche perçus sur tous les communaux cultivés, la main-morte , le droit de passer gratis sur le pont de Thoirette.
Seigneurs de Mont-Didier. En 1261 , Guillemette donna le cbàtel de Mont-Didier à Etienne de Coligny, son frère, sire d'Andelot , qui l'inféoda en 1270 à Humbert deChambut. En 1285, ce dernier vendit ses droits à Guillaume Galafin, chevalier.
Le comte Amé IV de Savoie acheta la totalité de celte terre et l'inféoda en 1304 aux sires de Thoire-et- Villars.
Par suite de l'inféodation qui fut faite, en 1460, à Philippe de Savoie, du comlé de Baugé et de la seigneurie de Bresse, Mont-Didier passa sous la domination savoisienne. Le comte de Baugé le remit à charge de rachat perpétuel , le 25 avril 1471 , à Claude de la Balme ou de la Baume, comte de Montrevel, des mains duquel il le retira quelques années après. Mont-Didier fut réuni à la couronne de Savoie, quand le comte de Baugé fut fait duc de ce pays ; et il y resta jusqu'à ce que le duc Philippe, voulant s'acquitter de 10,000 francs qu'il avait constitués en dot au profit d'Antoinette de Savoie, sa fille naturelle, femme de Jean de Grimaldi, prince de Monaco, lui engagea la seigneurie de Mont-Didier en 1490. Il la retira du prince de Monaco. Le 15 avril 1569 , Emmanuel-Philibert , duc de Savoie, afin de subvenir aux frais de la reconstruction du fort de l'Annonciade , dans la ville de Rumilly, vendit lu château et la seigneurie de Mont- Didier à messire Jean de Cornod, dit
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de Scylurier, son écuyer d'écurie.
Celte vente fut ratifiée la même année par la princesse Marguerite de France, duchesse de Savoie. La terre de Mont-Didier fut incorporée à celle de Cornod, et érigée en baronie par lettres-patentes du duc de Savoie , du 14 février 1582. Cette baronie resta dans la maison des Seyturier jusqu'en 1701, époque à laquelle elle fut adjugée judiciairement sur dame Claude-Louise-Marie de Seyturier, veuve de François de la Poype, à Jean - Claude de Montagu , son gendre. Le marquis Jean-Claude de Montagu mourut en 1755, après avoir disposé de ses biens en faveur de Jeanne-Thérèse de Montagu, sa sœur, épouse de François de la Poype, comte de Serrières , dont la postérité a possédé Mont-Didier jusqu'à l'expiration du régime féodal.
La maison de Chalon prétendait à la suzeraineté de cette place importante. Tristan de Chalon, comte d'Auxerre , et plus tard le prince d'Isenghien, en firent hommage au comte de Bourgogne. Mais jamais les possesseurs de Mont-Didier ne se sont regardés comme vassaux de cette maison. Ils ont toujours fait hommage aux seigneurs de Bresse.
Seigneurie d'Aromas. Nous avons vu que la seigneurie d'Aromas avait été inféodée, en 1330, par le sire de Thoire-et-Villars à Perraud ou Perret de Gigny en toute justice, à l'exception du dernier supplice. Ce dernier épousa Allemande de Lavieu, etde ce mariage naquirent deux filles, Antoinette et Béatrix de Gigny, par lesquelles a fini cette maison.
Antoinette de Gigny, dame d'Aromas, fut mariée en 1400 à Antoine du Chiel , chevalier. Lors de l'inféodaUon faite en 1460 à Philippe de Savoie, la terre d'Aromas fut incorporée à celle de Mont -Didier.
Guerres, sièges. En 1364, leman" dément de Mont-Didier fut ravagé par une bande d'écorcheurs; en 1 384 par Jean de Rupt, chevalier, qui traita avec Humbert, sire de Thoireet-Villars , au sujet des dommages qu'il lui avait causés. En 1468, Louis XI, voulant se venger de Philippe VII, comte de Savoie, qui s'était jeté contre lui dans le parti du duc de Bourgogne, envoya en Bresse deux mille hommes, commandés par Jean, bâtard d'Armagnac, comfe de Com- , minges. Ce capitaine commit dans le pays toutes sortes de dégâts et de cruautés. Les villages de la seigneurie de Mont-Didier furent dévastés.
Il en fut de même en 1535, lors de la guerre qui éclata entre Charles III, duc de Savoie , et François 1er. De nouveaux désastres signalèrent la guerre d'Henri II contre Emmanuel- Philibert, duc de Savoie, en 1559, et la conquête de la Bresse par le maréchal de Biron, au nom d'Henri IV, en 1595. A partir de ce moment, le château de Mont-Didier ne présenta plus que des ruines.
Peste. La peste , qui fit invasion dans les environs d'Arinthod en 1636, décima la population d'Aromas.
Circonscriptions diverses. En 1757, la paroisse d'Aromas, qui faisait partie de l'archiprêtré de Treifort et du diocèse de Lyon, en fut démembrée pour être réunie au diocèse de Saint-Claude.
. En 1789, Aromas fut compris dans le département du Jura , et érigé en chef-lieu d'un canton du district d'Orgelet. Ce canton comprenait les communes d'Aromas, Burigna , Ceffia , Chaléa , Charnod, Coisia, Cornod, l'Hôpital, Montfleur, Mongefond, Thoirette, Villettclez-Cornod et Villeneuve-lez-Cbarnod. Il a été supprimé en 1801 .
Elat actuel. Les maisons d'Aromas sont généralement bâties en pierre, et les toitures très plates couvertes en tuiles creuses. Elles ont presque toutes un étage audessus du rez-de-chaussée. L'intérieur est loin de répondre à l'extérieur. Le presbytère satisfera parfaitement aux besoins de sa destination, lorsqu'il sera terminé. L'église, composée d'une nef, d'une chapelle au sud et de deux au nord, est trop . petite. La nef, modernisée , a conservé quelques parties qui paraissent remonter au xie ou xue siècle. Le chœur, la première chapelle nord et la porte principale, sont du style ogival tertiaire. Au devant de l'église est une magnifique croix en pierre du xive siècle. D'un côté est le Christ , de l'autre la Vierge tenant l'enfant Jésus. De gracieuses statuettes, représentant saint Pierre et saint André , sont sous chaque croisillon. Le fût de la colonne, servant de base à celte croix, est octogonal ; son chapiteau est décoré de fleurons et d'autres expansions végétales.
L'église est sous le vocable de saint André, patron de la paroisse , dont on célèbre la fête le 30 novembre.
Les traditions mythologiques sont toujours très vivaces dans ce village.
Les dames blanches, les esprits follets, le chausseur, semblent encore hanter celte contrée.
M. Jannet, maire d'Aromas, suppléant de M. le juge de paix , administre cette commune avec le zèle le plus louable. Choisi arbitre dans toutes les contestations, il parvient à concilier sans frais lous les habitants, qui regardent ses avis comme des jugements sans appel.
Arsure- Aï-surette, vg. de l'air, de Poligny, cant., percept. et bur.
de poste de Nozeroy ; succursale ; à 9 kilom. de Nozeroy, 37 de Poligny,
42 d'Arbois et49 de Lons-le-Saunier.
Il est bâti dans le val de Miéges, sur un sol très accidenté, à 930 mèt.
au-dessus du niveau de la mer. Ses limites sont, au nord Billccul et Fraroz, au sud Chàtel-Blanc, la Chaux- Neuve (Ooubs), Bief-des-Maisons et Foncine-le-Haut, à l'est la Chaux- Neuve et Fraroz , à l'ouest Billecul , Gillois et le Bief-des-Maisons.
Arsurelle fait partie de la commune depuis le 15 septembre 1810.
Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Billccul , à Bief-des- Maisons, à Fraroz et à Gillois.
Le ruisseau Baillard sépare Arsure d' Arsurelle.
Pcp. en 1790, 415 hab. ; en 228 nom. et 236 fem.; pop. aggl. 230 hab. à Arsure et 236 à Arsurelle ; pop. spéc. par kilom. carré, 37 hab.; 93 maisons, 121 ménages.
Les registres les plus anciens de l'état civil remontent à 1742.
Cadastre exécuté en 1813 : surf, lerrit., 1257h 08a, divisés en 1975 parcelles que possèdent 241 propriétaires, dont 87 forains; surf, imp. 1237h 71a, savoir: 526h 65a en terres lab., 506h 98a en boistaillis, 252h 5ia en pâtures, 92h 22a en prés, 27h 91a en bois-broussailles, 15h 69a en friches et murgers, 6h 30a en tourbières, 2h 65a en sol des propriétés bâties, lh 76a en mares; rev. cad. 18,515 fr. ; contrib. dir. : 3184 fr.
Le sol , peu fertile, est très froid, le froment n'y réussit point ; on y récolte l'orge, l'avoine, les pommes de terre , des fourrages naturels et artificiels. L'agriculture n'y fait aucun progrès.
Les cultivateurs élèvent des chevaux, beaucoup de gros bétail , des cochons, des chèvres et des abeilles.
On importe le vin, l'eau-de-vie et
le maïs ; on exporte le quart seulement des céréales.
de 5 fr. 50 c. pour cent. Les habitants fréquentent habituellement le marché de Champagnole.
On trouve sur le territoire, des carrières de sable, de pierre à chaux et de pierre à bâtir de bonne qualité. Il existe au sud ouest du village, sur une légère éminence, de vastes tour bières dont les couches, de 2 mètres de profondeur, reposent sur des lits de marne. Elles renferment des sapins entiers, des chênes, des cerisiers, des coquilles terrestres et fluviatiles , des ossements de mammifères ; on façonne celte tourbe en mottes semblables à celles qui sortent des tanneries, et on remploie pour le chauffage de préférence au bois, dont l'exploitation est aussi difficile que dispendieuse.
L'industrie se rattache particulièrement à Pagriculturc. Une fruitière produit 15,Q00 kilog. de fromage de bonne qualité. Les habitants fabriquent des chapeaux de paille pour une valeur annuelle d'environ 4000 fr.
Les seuls patentables sont deux aubergistes et un marchand épicier.
Il y avait autrefois un moulin, tombé en ruines vers la fia du dernier siècle, et non rétabli. Il appartenait à M. Girardet. Le cens dont il était grevé envers le seigneur était si considérable , que le propriétaire se vit forcé d'abandonner celle usine.
Biens communaux. Une église , un cimetière joignant l'église et insuffisant, un presbytère en mauvais état, mal distribué et très humide; une maison commune servant de mairie, de logement à l'instituteur et à l'institutrice, et de salle d'étude, fréquentée en hiver par 50 garçons et 55 filles, et 467b 24a de pâtures,
broussailles, mares, sol des édifices publics, bois-taillis et marais, d'un rev. cad. de 2541 fr. 98 c; conlr.
dir. 5184 fr.
Bois : 168h, dont 5h 04* en exploitation annuelle ; essence dominante, le sapin.
Budget: receltes ord., 6196 fr.; dép. ord., 3677 fr.
Bureau de bienfaisance: revenu, 100 fr. provenant de dons faits par un prêtre et plusieurs particuliers.
■NOTICE HISTORIQUE
Le val de Miéges a élé habité dès la période gauloise. Deux voies antiques le traversaient. L'une, venant de Ponlarlier, descendait à la Combed'Ain ; l'autre longeait le Haut-Jura entre les Usicrs et la ville de Mauriana. Des monuments celtiques en grand nombre et des souvenirs druidiques se retrouvent dans ces contrées. Depuis la chute de l'empire romain, les populations de la plaine s'étaient avancées davantage vers l'orient; les villages du val de Miéges avaient reçu de nombreux habitants.
Jean de Chalon, devenu possesseur, par l'échange fait avec le duc de Bourgogne en 1237, des terres inféodées à l'abbaye d'Agaune par saint Sigismond , favorisa les défrichements dans ces hautes montagnes et attira des colons de la Suisse. Hugues de Chalon, l'un de ses descendants, accorda aux habitants d'Arsure et d'Arsurelte, en 1572 une charte qui contenait des concessions importantes dans les forêts de la Haute- Joux, soit pour les con structions , soit pour le chauffage , soit pour le pâturage des bestiaux. '
Arsurc et Arsurelle dépendaient en toute justice de la seigneurie de Nozeroy. Les habitants étaient soumis'à la main-morte; ils devaient guet el garde au château de Nozeroy.
Ce village subit toutes les horreurs qu'entraînèrent à leur suite les guerres de Louis XI , d'Henri IV et de Louis XI IL En 1 780, un terrible incendie le réduisit en cendres.
11 y avait une église vicariale dépendante de celle de Sirod, et desservie par un vicaire résidant et amovible.
ÉTAT ACTUEL
Les maisons, généralement très vastes , sont construites en pierres ; les toitures, très plates et en saillie, sont faites en bois et couvertes en tavaillons. Celte commune prit le nom d'Arsure-Arsurette à partir du 30 juillet 1847.
Il existe dans le village plusieurs sources abondantes qu'il conviendrait d'utiliser en constructions de fontaines, lavoirs et abreuvoirs.
Près du chalet de la Combe de la Charlelle, est un trou appelé la Baume, 11 est de forme carrée, ayant environ 4 mètres de côté et 55 mèt.
de profondeur. Plusieurs personnes y ont trouvé la mort , soit en s'y précipitant, soit en y tombant accidentellement.
L'église, placée sous le vocable de saint Laurent , patron de la paroisse, dont la féte se célèbre le 10 août, est à une seule nef avec deux chapelles au nord, un clocher, un porche et une sacristie. Elle est en très mauvais état , très malsaine et dépourvue de tout ornement. Son sol est en planches. Elle fut agrandie en 182a. Le chœur, formé de la chapelle ancienne, paraît remonter au xie siècle.
BIOGRAPHIE
Ce village a vu naître M. Girardet, Jean ( 1786) , chef de bataillon en retraite à Passy ; M. Girardet, Jean- Antoine , capitaine en retraite ;
M. Burlct, mort à Lons-le-Saunier en 1818, inventeur de l'huile de pieds de bœuf. Il eut pour curé l'abbé Poix , né aux Hôpitaux, près Jougne (Doubs), mort en odeur de sainteté en 1843. Ce prêtre modèle jouissait d'une grande vénération dans sa paroisse. Il avait pour h ibitude de se rendre chaque jour sur une petite éminence, au sud du village, pour prier près d'une croix qu'il avait tracée sur le sol avec des morceaux de pierre. M. Girardet, Auguste , alors maire, et plusieurs fidèles, élevèrent un oratoire à la place de cette croix, et l'entourèrent d'une plantation d'arbres. C'est aujourd'hui un lieu de dévotion.
Ar»arc« (les), arr. de Poligny, cant. et bur. de poste d'Arbois, perception de Villelte-Iez-Arbois, paroisse de Montigny, chapelle de secours; à 6 kilom. d'Arbois, 17 de Poligny et 48 de Lons-le-Saunier.
11 est bâti sur un sol très accidenté , à l'ouest et au pied de la chaîne des basses montagnes du Jura, et limité à l'est par Aiglepierre et Mouchard, à l'ouest par Montigny et Certemery, au sud par Montigny et au nord par Villers-Farlay. Les baraques de la forêt de Mouchard font partie de la commune.
Le territoire est traversé par la roule nat. n° 83, de Lyon à Strasbourg, par la route dép. n° 8, d'Arbois à Salins , par les chemins vicinaux tirantau hameau de l'Aubepin, à Certemery et à Salins , par les ruisseaux de la fontaine Baillard et de la fontaine Beluard.
Pop. en 1 846, 3 1 7 hab. ; en 1 85 1 , 384, dont 178 nom. et 206 fem.; pop. spéc. par kilom. carré, 87 hab.; 67 maisons, 85 ménages.
Les registres les plus anciens de l'état civil remontent à 1842; ceux antérieurs sont à Montigny.
Cadastre actuellement en cours d'exécution: surf, lerrit. 44 lk 32" divisés eu 1040 parcelles possédées par 486 propriétaires, dont 117 forains; surf. imp. 268h 4ia, savoir:
IO7h60* enterres lab., 85h en vignes , 39hen prés , 22h en pâtures, 8b en bois et le surplus en jardins , vergers et sol des propriétés bâties ; surf, non imp., 172h 92a, dans laquelle la forêt de l'Etat, dite de Mouchard, figure pour I60h; rev.
cad. 21,747 fr.;contrib.dir. 2294 f.
Le sol , très fertile , produit du blé, de l'orge, de l'avoine, du maïs, des légumes secs , des pommes de terre, du chanvre, du foin en abondance, qu'on exporte en partie, et des fourrages artificiels. L'agriculture est en progrès. On exporte les quatre cinquièmes des vins rouges , qui sont à juste titre considérés comme les meilleurs de la province.
Les plants dominants dans les vignes sont le poulsard et le sauvagnin. On élève des bétes à cornes, des porcs, des moutons et des abeilles. Une fruitière produit 8000 kilog. de fromage de bonne qualité.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent. Les habitants fréquentent habituellement les marchés d'Arbois et de Salins.
Les seuls patentables sont un cabaretier et un charpentier.
On trouve sur le territoire des carrières de pierre à bâtir et de pierre à chaux, «on exploitées.
Biens communaux : une chapelle construite en 1851, au moyen des dons faits par M. Jean-Claude Brégand, son épouse et Georges-François Denis Javel. Elle a coûté 8000 f . ; elle est à une seule nef, avec un clocher et une sacristie, et dédiée à saint Grégoire , dont on célèbre la fête le 3 septembre ; deux fontaines.
Il n'y a pas de maison commune ;
l'instituteur et la salle d'éludé occupent une maison louée à cet effet'.
L'école est fréquentée en hiver par 26 garçons et 24 filles.
Budget : recettes ord. 1710 fr.; dép. 1710 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Ce village ne fut détaché de celui de Montigny que le 10 janvier 1842.
Son histoire se lie d'une manière trop intime à celle de ce dernier lieu pour qu'il soit possible de distinguer les faits qui l'intéressent spécialement. 11 parait qu'il fut fréquenté par les Romains , car on y trouve , sur différents points, des tuileaux a rebords et d'autres débris de constructions antiques. Toutefois, son nom n'apparaît que fort tard dans les chartes. En 1445 , ce n'était encore qu'une simple grange, appartenant à Nicolas de Gilley, comte de Prancinont, qui y faisait souvent sa résidence. Une grande partie du territoire appartenait à l'abbaye de Rosières, qui l'avait reçue des souverains du pays et de différents seigneurs particuliers. A partir du xve siècle, les religieux attirèrent des habitants en accensant leurs terrains pour y planter la vigne.
Les Arsures ne formaient avec Montigny qu'une seule communauté, administrée par trois échevins, dont deux étaient choisis par les habitants de Montigny , et un par ceux des Arsures. Les élections se faisaient Chaque année , au mois d'octobre , sur ia place publique de Montigny.
Ce lieu dépendait en toute justice de la seigneurie d'Arbois et de la prévôté de Montigny. Les droits féodaux ne consistaient qu'en un cens léger. 11 y avait un fief sans justice, appartenant à M. de Boulechoux de Villette. M. Albert de Boutechoux de Chavannes de Mont-
sous-Vaudrey y possède encore un château construit en 1600. La prévôté de Montigny forma , au xvin* siècle, une seigneurie distincte de celle d'Arbois, et fut inféodée à M. de Boutechoux.
Plusieurs incendies considérables ont dévasté ce village en 1 7 40, 1842 et 1851. Les pestes et les guerres dont il fut victime seront rappelées à l'article de Montigny.
ÉTAT ACTUEL
Les rues des Arsures sont étroites, tortueuses, et les maisons, généralement bâties sans goût, sont construites en pierres et couvertes en tuiles plates.
Une maison commune et un lavoir public seraient indispensables.
Ce vi âge est la patrie de M. Grenaud, Pierre-François, né en 1790, mort en 1880, capitaine et chevalier de la légion-d'honneur, et de M. Par quette, Claude-Pierre, né en 1790, capitaine en retraite décoré, résidant à l'Ile d'Oléron.
Arsnrett*, commune réunie à celle d'Arsure le 15 septembre 1810.
Arthena, vg. de l'arr. de Lonsle-Saunier, cant., percept. et bur.
de poste de Beaufort, paroisse de Saint-Laurent-la-Roche ; à 14 kil.
de Beaufort et 12 de Lons-le-Saunier.
11 est bâti sur un sol montagneux très accidenté, dans un vallon formé par les premières collines du Mont- Jura , et borné à Test par Essia et Varessia , à l'ouest par Augisey et Saint-Laurent-la-Roche, au nord par Bornay et S -Laurent-la-Roche, au sud par Augisey et Rothonay.
Les Rippes et la Ferme des Febvre font partie de la commune.
11 est traversé par les chemins vicinaux tirant à Essia, et de Saint- Laurent-la-Roche à Orgelet.
Pop. en 1790, 452 hab. ; en 1846, 409; en 1851, 360, dont 184 nom. et 176 fem. ; pop. spéc.
par kilom. carré, 53 hab.; 90 maisons, savoir: 41 à Arlhena, 48 aux Rippes, et une à la Ferme des Febvre; 90 ménages.
Cadastre exécuté en 1835 : surf, territ. 671h43a, divisés en 1957 parcelles que possèdent 224 propriétaires , dont 94 forains ; surf, imp. «61h 76», savoir: 420h 44' en terres lab., 128h 80» en pâtures, 80h 96* en bois, 18h 43» en prés, 8h 03» en friches, murgers et broussailles, 3h 05* en sol des propriétés bâties, 2U 02* en jardins ; rev. cad.
5624 fr. 08 c; contrib. directes, 1120 fr. 50 c.
Le territoire produit des céréales au-delà des besoins de la population.
On importe le vin. Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Lons-le- Saunier et d'Orgelet. Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
Les maisons sont construites en pierres. Les deux tiers sont couvertes en chaume , l'autre tiers en tuiles plates. Elles sont très isolées les unes des autres.
Biens communaux. Une maison commune, construite en 1842 , qui a coûté 10,000 fr.; eUe contient la salle de la mairie, le logement de l'instituteur, dont l'école est fréquentée en hiver par 50 garçons et 20 filles ; une source dont les eaux pourraient servir à rétablissement d'une fontaine, un lavoir et un abreuvoir; et enfin 149h S5* de bois , pâtures , murgers et terres lab., d'un rev. cad. de 289 fr. 14 c.
ed by Googl
Éuàget: recettes ord. 2035 fp.
70 c; dép. ord. 2038 fr. 70 c.
Bois communaux < K0h ik* , dont lh 52* en exploitation ann.; essences domin. : chêne, charme et hêtre.
NOTICE HISTORIQUE
Arthena, Arthenne, Arienas , Arlhenas, Arthenaz, serait on lieu Irès ancien , s'il était prouvé que son nom figure dans un titre de 6fc2, ainsi que l'avance M. Béchet. Nous avons lieu de croire que cet historien s'est trompé: on chercherait vainement la mention de ce village, soit dans la donation que fit en 895 le comte Dernon à l'abbaye de Gigny qu'il venait de fonder, soit dans l'acte d'association par lequel le prieur Aymon plaça, en i 191 , les biens de ce monastère sous la garde et la protection d'Etienne II, comte de Bourgogne. Cet acte désigne cependant un grand nombre d'autres localités. Si Arthena eût existé à cette époque, son nom figurerait certainement dans une de ces chartes, puisque son territoire faisait partie de la dotation des moines de Gigny.
Nous sommes donc forcé de reconnaître que Jes premiers défrichements sont dus aux colons mainmortables, que ces religieux et les princes de Clialon s'efforçaient d'attirer sur leurs terres au xui* siècle.
En 1552, ce village devint le siège d'une prévoté.
Les premiers Recensements des vastes landes , appelées les Rippes d' Arthena* ne remontentqu'à 1680.
Ce village a toujours fait partie de la paroisse et de la seigneurie de Saint-Laurent-la-Roche. Son voisinage de l'important château de ce dernier lieu lui attira souvent les calamités qui accompagnent L's
guerres et les sièges. En 1033, la peste décima la population.
BIOGRAPHIE
Girard, Claude-Marie, simple canonnîer en 1766 , devenu général de brigade. Soldat intrépide, officier distingué, le général Girard était couvert de blessures dont chacune rappelait une action d'éclat.
Bayard, Jean-Claude, né le 17 novembre 1789, capitaine en retraite , membre de la légion-d'honneur, actuellement en retraite à Lons-te-Saunier après 35 ans de service. *
Arthena est encore la patrie du capitaine Dalloz* tué à la bataille de la Moscowa, de MM. Pebvre et Chevassus (Jean), officiers sous l'empire, et de M. Jacquier, actuellement lieutenant au 20e régiment de ligne.
Asnnns, vg. de Parr. de Dole , cant. elpercept. de Chaussin , bur.
de poste du Deschaux , succursale , composée d'Asnans, Vornes, Gatey et Beauvoisin ; à 3kilom. de Chaussin , 20 de Dole et 42 de Lons-le- Saunier.
Il est bâti sur une éminence faisant partie des collines qui se détachent du Mont-Jura> et limité à l'es* par la Chatnée-des-Coupis et Gatey, à l'ouest par Vornes et tongwy, au nord par Gatey, Chaussin et Longwy, au sud par les Essards et la Chainéed es-Cou pis. 11 se divise en plusieurs rues* hameaux et maisons isolées appelés rues des Morts, du Bas, des Cerisous, de la Place, de la Chatnée, du Bois, de Carpaire, des Crapitols, rues Mortier, Gaurot, Creçon, Colard, les Petits-Coupis , Monta lègre, la Demi- Lune, le moulin Boudard et le Chemin-des-Fées.
Il est traversé par le chemin de grande communication n° H, de Selljères à Saint-Jean-de-Losne, par
les chemins vicinaux tirant à la Chalnée-des -Coupis, à Longwy, aux Hays et à Vornes, par le Doubs, l'Argentine, l'Orain et la Coursièrede-Barataine ; un bras du Doubs limite son territoire à l'ouest. Un climat appelé Loupot et les gravières qui s'y trouvent , feraient supposer que la Loue aurait jadis baigné les pieds d'Asnans.
Pop. en 1790, 812 hab. , en 1846, 736; en 1851, 772, dont 585 nom. et 387 fem.; pop. aggl., 694 hab. ; pop. spéc. par kilotii.
carré, 77 hab.; 157 maisons, 182 ménages.
Les registres les plus anciens de l'état civil remontent à 1647.
territ. 1002h 67*, divisés en 2210 parcelles que possèdent 377 propriétaires, dont 122 forains; cont.
imp. , 951h 54*, savoir : 779h 06* en terres lab., 116h 55* en prés, 19h 67* en bois, 14b 70* en terrains plantés, Hh 07* en friches et parcours, 6h 23* en sol des propriétés bâties, d'un rev. cad. de 14,242 fr.
12 c; contrib.dir. 4530 fr.
Les habitants, quoique laborieux et intelligents , ne suivent que de très loin les innovations en agriculture. Ils récoltent cependant une grande quantité de céréales, dont les produits dépassent leurs besoins de plus des trois quarts. Ils élèvent beaucoup de bétail, et fabriquent pour leur usage seulement de très bons fromages. Quelques propriétaires ont essayé de culliver la vigne qui produit un vin blanc assez agréable.
La population fréquente habituellement les marchés de Dole et de (Sellières. Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent.
Les maisons sont généralement construites en briques, bois, et
pierres, et couvertes en chaume.
11 y a quatre auberges et un moulin, dit le moulin Boudard, à trois tournants.
Biens communaux : deux maisons d'école insuffisantes , contenant , l'une le logement de l'instituteur et la salle d'étude, fréquentée en hiver par 60 élèves ; l'autre contenant le logement de l'institutrice et la salle d'étude , fréquentée en hiver aussi par 60 élèves ; une pompe à incendie* plusieurs carrières de gravier et de sable , un grand nombre de sources qu'on pourrait faire servir à l'établissement de fontaines, lavoirs et abreuvoirs pubMcs, et enin 48ft 10* de terre, oseraie et sol des édifices publics, d'un rev. cad. de 478 fr. 51 c.
Fabrique. La fabrique possède l'église, le presbytère, 2h 10* de terres et 18* de pré , dont la jouissance est abandonnée au curé.
Budget: recettes ord. M 9 3 fr.; dép. ord. 4191 fr.
NOTICE HISTORIQUE
L'origine d'Asnans , ecclesia Asnensis, Asnens, Anantum, omnium, Anan, Anans, remonte a la plus haute antiquité.
Période celtique. On peut consrdérer comme remontant à l'époque
celtique, 1° l'ancienne voie Chemin des Fées , tirant de Bellevesvres à Rahon , et promenant ses Tontours le long du coteau qui se déploie derrière le village ; > »
tumuH épars sur la contrée des Monterais, danstesquelson a Irouvt une hache de bronze et plusieurs pierres tranchantes appelées par * gens du pays pierres du tonnerr , 3° le culte de la source de Montalègre , dont les eaux ont joui longtemps delà réputation de guérir a la fièvre ; 4° la tradition qui a con-
servé le sau venir d'une grande bataille livrée sur les deux rives du Doubs , et gagnée sur le territoire d'Asnans.
Période gallo-romaine. Cette époque a laissé de nombreux et importants débris dans cette localité.
En 1748, on a trouvé, sous la maison qui appartient à M. Etienne Fluchon, des médailles romaines de bronze et d'argent , et un pavé mosaïque présentant une espèce d'échiquier à carreaux blancs et gris.
En 182&,on découvrit dans le jardin attenant à cette habitation une nouvelle mosaïque d'une belle conservation et d'une dimension extraordinaire. Elle montrait un joli dessin de trois ou quatre sortes de couleurs bien assorties et d'un excellent effet.
Dans les fragments de' marbre de diverses couleurs que la pioche a ramenés à la lumière, en a trouvé un très petit perroquet en verre peint. On mettait au jour en même temps un aqueduc en béton , dont on n'a pu jusqu'à présent expliquer la destination. Pour peu que l'on sonde le terrain aux environs de l'église, on y remue des sépultures d'une antiquité correspondante à celle de ces ouvrages d'art , puisqu'il en sort des médailles d'or, d'argent, de bronze, des empereurs.
Le propriétaire d'une maison qui fait face au cimetière, en creusant sa cave, a trouvé une urne d'argile qui contenait une poignée de cendres.
Les sarcophages ne manquent pas non plus à cette terre antique, et de très grands squelettes remplissent le versant septentrional de la cotière du village. Un climat de ce territoire s'appelle Ès -Tombeaux. Nous considérons encore comme appartenant à celle période la chapelle bàlic sur la bulle de Moutalègre, sous le vocable de saint Victor, pour supplan-
ter probablement le monument païen qui devait rappeler la victoire remportée à Asnans. Ces substitutions étaient fréquentes alors.
Origine féodale. Le premier document authentique qui fasse mention d'Asnans est de l'an 1089. C'est la bulle par laquelle le pape Urbain IV confirma à l'abbaye de Baume les églises de Moutalègre et d'Asnans.
Deux autres bulles , l'une du pape Pascal II, de Tan 1107, et l'autre du pape Clément III , de l'an 1 190, contiennent une semblable confirmation.
La chapelle de Montalègre n'était qu'une dépendance de l'église paroissiale d'Asnans, placée aussi sous le vocable de saint Victor, et ayant pour patron le prieur de Moulhieren-Bresse.
Seigneurie. Ce village, ainsi que celui de Montalègre aujourd'hui détruit , dépendait en toute justice du marquisat de Chaussin. Us furent affranchis par Simon, sire de la Marche, au mois de septembre 1260.
La charte accordée par ce seigneur étant commune avec Chaussin, nous ne la reproduirons qu'en écrivant l'histoire de ce bourg. Ses dispositions sont fort curieuses.
Le curé avait droit d'usage dans les bois de Chaussin pour le presby 1ère et la cure, et ses porcs y avaient droit de paisson , suivant un titre accorde par Mathilde , dame de Chaussin, en 1319, et confirmé par arrêt du conseil en 1776.
En 1593, Jean Saussoye obtint de François de Lorraine, marquis de Chaussin^ titre de fief, « le droit de {«rendre du bois pour bâtiments et affouages dans ses forêts , droit de chasse, de pêche, port d'arquebuse, exemption de guet el garde , franchise de banalité de moulin et de birhenage pour lui el ses hoirs , en
faveur de ses bons el agréables services. • Jean Saussoye avait en effet sauvé la vie au marquis en le cachant dans une voiture chargée de gerbes, pour le soustraire à la fureur d'une troupe de soldats furieux qui le poursuivaient.
Guerres. Asnans fut ravagé en 1336 par Eudes, duc de Bourgogne, lors de la guerre qu'il soutint contre les hauts - barons franc - corn lois.
En 1592, l'armée franc-comtoise ayant assiégé Chaussin, domaine de l'étranger, les villages d'alentour furent brûlés. Plusieurs ne se relevèrent point de leur ruine. De ce nombre fut Montalègre. C'est à l'époque de cette guerre que fut probablement construit le retranchement semi-circulaire, appelé encore de nos jours demi-lune. Le terreplain de celte enceinte demi-circulaire s'élève de 5 mètres au-dessus du fond du fossé , et la charrue qui en suit le contour y trace des sillons parallèles. Au siècle dernier, le territoire presque entier était couvert de bois.
Butte de Montalègre. La butte de Montalègre surpasse le terre -plain d' Asnans d'environ quatre mètres , et parait être formée de terre rapportée ; elle présente à son sommel une plate forme elliptique de 30 mètres de long sur 50 de large. Au milieu de cet ovale a été bâtie la maison de M. Michalet , officier en retraite, sur l'emplacement d'un ermitage qui avait été fondé en 1630 sous le vocable de Sainte- Barbe. Cet ermitage, habité jusqu'en 1789 par deux anachorètes , chargés d'instruire les enfants de la paroisse, avait été édifié sur les débris de la chapelle Saint-Victor, que les anciens seigneurs de Beauvoisin avaient restaurée. Suivant la tradition, cette bulle aurait servi de poste
d'observation sous la domination romaine. Les anciens terriers de Chaussin qualifient Montalègre de village. Du sommet de cette colline, on embrasse du regard un magnifique horizon. On voit à ses pieds, s'étendre d'immenses plaines parsemées d'habitations. A l'est se dessinent les montagnes du Jura, depuis Beau fort jusqu'à Quingey, et à l'ouest les côtes de la Bourgogne où se font distinguer les villes de Beaune , de Nuits, de Pomard et de Volnay.
Eglise. L'église d' Asnans , placée sous le vocable de saint Victor, soldat de la légion thébaine, dont la fête se célèbre le deuxième dimanche d'octobre, est à trois nefs , avec sacristie et clocher. Les deux collatéraux sont de construction récente ; la nef principale est ancienne. Cet édifice ne présente aucun caractère architectonique.
A«oièrc». commune réunie à celle de Rothonay le 11 septembre 1822.
Au i> opta (P), commune réunie à celle de Villelte-lez-Saint - Amour le 36 décembre 1811.
Avbla ( St.- ) , bg. de l'arr. de Dole, cant. et bur. de poste de Chemin, percept. de Tavaux, cure cantonale, avec un vicariat autorisé en 1818; à 7 kitom. de Chemin, 16 de Dole et 50 de Lons-le-Saunier.
Il est bâti dans la vaste plaine qui sépare Dole de Saint-Jean-de-Losne et de Seurre, et limité à l'est par PAbergement-de-la-Ronce, Tavaux et Champ-d'Hyver, à l'ouest par Fraxhault (Côte d'Or) et Aumur, au nord par l'Abergement-de-la-Ronce et Aumur, au sud par Tichey (Côled'Or), St. -Loup et Champ-d'Hyver.
Il se divise en plusieurs rues, quartiers, hameaux et fermes éparses, appelés Pasquier-de-Chaux, Grande- Rue, rue Pillevoisin , rue du Cour, vie Beuthey, rue SaintrGeorges, rue
du Gros- Caillou, rue des Dames, rue du Milieu, rue Bette- Violette , rue du Château, rue de Gelière, rue des Creux.» place Sainte- Anne, rue de Losne, vie du Bpis,, les granges dites Borde-au-Sire, Borde-Bouge, Borde-aux- Renards, Borde -Fontaine, et les baraques «le la Foret.
Il est traversé par la route dép.
n° 39, de Dole à Seuxre, par leeuenji» de grande communie. n° 1 4, de Sellier es à Saint- Jean -de- Losne, par les chemins vicinaux tirant à Chemin , à Aumur , à Saint Loup, et d'Aumur à Tavaux, par la Sablonne, le Creux , Cleux ou Bief-Noir , le Lesson , et par plusieurs canaux d'assainissement , appelés Coursières.
Pop. en 1790, 1380 bab. ; en 1846, 1693; en 1831 , 1793, dont 894 hom. et 901 fem. ; pop», aggl., 17SI9 bab. ; pop. spéc. par kilom.
carré , 33 hab. ; 333 maisons et S03 ménages.
Les registres les puis anciens de l'état civil remontent à 13^3.
Cadastre exécuté en 1833: surf, territ. 3333h 13*, divisés en 3767 parcelles que possèdent 673 propriétaires, dont 183 forains; surf, inip. 3284h 46*, savoir : 3436* 86' en terres lab., 464h 78* en bois, 197h 69» en prés, 138h 33* autrefois en pâtures , aujourd'hui en terres lab., I4h 83* en sol des propriétés bâties, 10h 18* en jardins, lb 86* en vergers, d'un rev. cad.
de 74,363fr. 58 c; contrib. dir.
enprincip. 16,341 fr. 30 c.
Le sol de Saint -Aubin, d'une grande fertilité, produit des céréales en abondance , et plus particulièrement du blé, dont les sept huitièmes sont exportés. L'agriculture est en progrès ; la marne qu'on trouve sur le territoire même y est utilisée comme engrais ; on récolte beaucoup
de navette et de colza. Les habitants, très intelligents et très actifs, ont élargi les lits de leurs ruisseaux et creusé des fossés pour favoriser l'écoulement des eaux. On élève beaucoup de bétail dans la commune ; une station d'étalons de l'Etat a puissamment contribué à améliorer la race chevaline employée à L'agriculture. Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent.
Commerce. Le principal commerce des habitants porte sur les céréales ; ils fréquentent habituellement le marché de Dole. Ils vendent leurs grains et leurs pailles en gros sur échantillons; les livraisons se font au poids; on n'importe que le vin.
Foires. Il se tient à Saint-Aubin cinq foires, les 3 janvier, 3 mars , 23 mai , 26 août et 31 octobre. Il s'y fait un grand commerce de céréales sur montre. Il y avait aussi , le 34 juin , une foire dite des domestiques, d'une origine fort ancienne.
Les jeunes gens des deux sexes, qui cherchaient une condition , se rangeaient sur la place principale , et y attendaient qu'un maître vint les engager.
Industrie. 11 existe deux tuileries dans cette localité , qui donnent des produits d'une qualité supérieure et comparables à ceux de ces établissements les plus renommés de la province. 11 y a un médecin, une sage-femme, 10 épiciers, trois roaréchaux-ferrants et taillandiers , un confiseur, deux bouchers, trois cordonniers , plusieurs auberges et cafés. 11 y avait autrefois des forges construites par M. de Champ-d'Hyver. Saint-Aubin est la résidence d'un notaire.
Biens communaux: une église, un cimetière, un presbytère mai distribué et insuffisant, une maison
commune en ruines, garçons dirigée sans rétribution mensuelle par un instituteur et deux sous -maîtres, et fréquentée par 200 élèves en hiver ; une école de filles, tenue également sans rétribution mensuelle par deux religieuses de Tordre du Saint-Esprit , et fréquentée en hiver par 1 80 élèves; 10 puits communaux, deux abreuvoirs, deux pompes à incendie cl une très belle compagnie de pompiers commandée par M. Louis Berthier, né à Saint-Aubin, chevalier de la légion-d'honneur, ancien sergent dans la garde royale sous Charles X , et ancien maire ; enfin 622h 75* de bois, terres, parcours, marcs, gravières, prés et emplacements des édifices publics, d'un rev.
cad. de 9875 fr. 10 c.
50 c; dép. ord. 17,875 fr. 50 c.
Bureau de bienfaisance : revenu, 131 fr.
Bois communaux: 462h 90% dont lftb 02* en exploitât, ann. ; essences domin. : chêne et aulne.
NOTICE HISTORIQUE
Le bourg de Saint-Aubin, Sanctus Mblnus, Saint- Albin , Saint Aulbin, l'un des plus importants de la province au moyen-âge, remonte à la plus haute antiquité. Son histoire se divise en plusieurs époques très distinctes.
1° Période gauloise. On peut considérer comme appartenant à cette époque le fossé elliptique qui environnait une parlie du bourg; les pièces d'or, d'argent et de bronze, trouvées en 1843 dans la cour d'habitation de M. Pequillel, qui étaient frappées au coin grec, les deux bracelets en bronze , les débris de hachette , de dard de lance à douille , les faucilles de bronze trouvées dans
une école de I celte commune. Une foule de circonstances font présumer que les habitants sont descendants des Gau^ lois, et que leurs ancêtres ne furent point déplacés à l'arrivée des Bourguignons.
2° Période gallo-romaine. Une voie romaine , se dirigeant de Besançon à Âutun par Ta vaux, passait au nord de ce bourg et se continuait entre Fraxhault et Montagny. En fouillant les fondations de l'église en 1 834 , les ouvriers trouvèrent une médaille d'or à l'effigie de Faustinela-Jeune. De la motte du château , ancienne redoute circulaire construite par les Romains , sont sortis à diverses époques des armures de lances en bronze, des flèches de fer, des serpes de cuivre, une spirale du même métal, des épingles de tête, une hache en bronze servant aux sacrifices, et beaucoup d'autres menus objets d'antiquités. Une voie très ancienne reliait ce lieu à Saint- Jean -de- Losne.
3° Epoque féodale. Le premier document authentique qui fasse mention de Saint-Aubin est la donation de l'église, faite en 1046 par Hugues, archevêque de Besançon au monastère de Saint-Jcan-de- Losne.
Seigneurie. La terre de Saint- Aubin échut aux rois bourguignons dans le partage qu'ils firent avec les anciens habitants. Elle passa dans le domaine de la première maison de Vionne, puis dans celui des comtes de Bourgogne. Etienne 1" l'avait eue en partage vers 1087, et nous voyons en 1237 Jean deChalon, dit l'Antique, fils d'Etienne II, la reprendre en fief du duc de Bourgogne. Hugues de Ghalon , son fils , comte souverain de Bourgogne par son alliance avec Alix de Méranie , la donna en dot à Agnès, sa fille, en
faveur de son union avec Philippe de Vienne, seigneur de Pagny et de Pymont. Ces derniers la transmirent à, Hugues de Vienne, leur fils, sei»
gneur de Pagny et de Montmorot.
Philippe de Vienne, seigneur de Pymont, né du mariage de Philippe de Vienneavec Marguerite de Ruffey , en hérita et la laissa à Marguerite , qu'il avait eue de son mariage avec la belle et coupable Huguetle de Sainte -Croix. Marguerite épousa, en 1352, Louis de Chai on, seigneur d'Arguel et de Cuiseaux. En 1366 , Tristan de Gbalon, baron d'Orgelet, comte d'Auxerre et de Tonnerre, au nom de Jean et d'Alix de Chalon , ses enfants, reconnut tenir en fief, de Marguerite de Vienne , les château, ville et seigneurie de Saint- Aubin, mouvant de la terre de Saint- Laurent-la-Roche Le 25 octobre
1406, Louis de Chalon, comte d'Auxerre et de Tonnerre , donna cette seigneurie à Jean de Chalon , son frère. Cet acte n'eut pas de suite, car Louis de Chalon étant allé, à main armée, enlever de la cour du duc de Bourgogne Jeanne de Périlleux ou Perellos, fort belle demoiselle, en
1407, fut déclaré coupable de félonie, condamné au bannissement, et ses biens furent confisqués. En 1410, Jean de Chalon, seigneur de Crecy, vint trouver à Poligny Guy Armenier, bailli d'Aval, pour lui remettre au nom du duc cette vaste terre, confisquée sur Louis de Chalon. Le duc Jean ayant fait grâce à ce dernier , lui restitua ses biens en l&li, excepté Chàtel-Belin et des rentes sur les salines. Cet acte d'indulgence fut promptement oublié ; Louis de Chalon se joignit , peu de temps après , aux ennemis du duc, et lui fit la guerre. En 1 4 1 2, il fut poursuivi à la requête du prince, déclare criminel de lèse-
majesté ; le bannissement précédent fut renouvelé, et ses terres furent déclarées acquises au duc par confiscation. En 1418, Jean-sans-peur ayant besoin d'argent pour aller avec ses gens d'armes rejoindre le roi qui était en Normandie , vendit , avant de sortir de Chalon pour aller à Dijon, à Jean de Chalon, prince d'Orange, la seigneurie de Saint- Aubin avec tous les droits qui y étaient attachés , moyennant 7000 francs. 11 ne se réserva que le fieflige, la souveraineté et la faculté de rachat pendant cinq ans. 11 chargea l'acquéreur de servir exactement aux Chartreux de Dijon une rente de 296 livres tournois qui leur était due. Le 1b* décembre 1416, dans le but d'augmenter les revenus du duc de Charolais , son fils , et de le mettre en état d'assister aux fêtes , joutes et tournois qu'il ordonnait fréquemment , il lui céda la faculté de rachat dont nous venons de parler. Les Etats de Bourgogne, convoqués en 1417 au nom de la duchesse, allouèrent les sommes nécessaires pour faire ce remboursement. En 1421, Philippe-le-Bon , pour tenir lieu à la duchesse d'Autriche , sa tante , d'une pension de 3600 livres qu'il lui devait, lui* céda la jouissance de plusieurs fiefs , et , entre autres, de celui de Saint-Aubin.
En 1430, le duc envoya André de Toulongeon, sire de Marnay, comme ambassadeur en Portugal , pour demander la main, qui lui fut accordée, d'Isabelle, fille du roi Jean. En reconnaissance de ce service , il lui donna celle seigneurie avec le château qui en dépendait. En 1436, la duchesse Isabelle s'occupa du mariage de Marguerite de Castres avec Jean de Neuchàlel, seigneur de Montagu. Cette bienfaisante prin- | cesse détermina te duc, son époux,
à céder cette terre en dot à M119 de Castres, en se réservant le droit de la racheter moyennant 8000 livres.
En 4446, la duchesse fit ratifier cette donation par la chambre des comptes. 11 fallut pour cela en venir à des lettres dejussion. Saint-Aubin passa successivement à Louis de Marenohes , qui en fit hommage au souverain, eu 15*4, et à Jacques de Vienne, comte de Commarin, baron de la Borde, En 4604, les archiducs, comtes souverains de Bourgogne le réunirent au domaine , en vertu de la clause de rachat perpétuel qui avait été réservée dans la donation faite par Hugues de Chalon à Agnès sa fille. A partir de 4705, les différents villages qui composaient la chàtellenie furent démembrés et vendus à des seigneurs engagistes. Le dernier des acquéreurs fut M. Ozenbourg.
Outre la seigneurie principale, il y avait sur le territoire plusieurs fiefs et chevances, notamment la chevance dite de Toulongeon, et celle dite de Tavaux.
Franchises. Au mois de mai 4292, Hugues de Vienne, sire de Longwy, Pagny et Montmorot, concéda au bourg de Saint-Aubin une charte de franchises, transcrite en entier sur les registres de la chambre des comptes de Dole. Cette charte fut confirmée successivement par Otton, comte palatin de Bourgogne, par Philippe devienne en 4332 et le 7 février 4364 , par Jean de Chalon, comte d'Auxerre, en 4389, par le duc Jean-saas-peur en 1408, et par Philippe-le-Bon en 1422. En 4537, Jean de Neuchâlel, époux de Marguerite de Castres, et les habitants affranchis, passèrent entre eux une reconnaissante de leurs droits respectifs, sur mandement de l'empereur Charles-Quint. Aux termes de
cette charte, les habitants étaient libres, de leurs personnes et de leurs biens, moyennant le cens de 40 sols par maison. Ils avaient droit d'usage dans la vaste forêt de Saint-Aubin , pour leur chauffage, pour la clôture du bourg et le pâturage de leurs, bestiaux. Ceux qui voulaient bâtir n'avaient qu'à en faire la déclaration pour recevoir tout le bois qui leur était nécessaire. Ils n'étaient tenus d'aller à la guerre que pendant vingt- quatre heures seulement à leurs frais ; après ce délai, Us étaient défrayés et indemnisés par le seigneur. La commune devait être administrée par quatre écbevins et douze prud'hommes ou notables»
élus chaque année par les habitants»
sans que le sire ait à intervenir dans ces élections pour agréer le choix de ces officiers. Chaque nouveau seigneur, à son avènement , devait jurer l'observation de cette charte, dans l'église de Saint-Aubin , en mettant la main sur le missel, et en présence des grands et notables personnages de son conseil.
Forêts. La forêt de Saint- Aubin était d'une magnifique étendue , et faisait la principale richesse des habitants. En 4694, le grand roi s'en empara, sans respect pour les droits acquis. En 4768, l'Etat abandonna 400 arpents de bois à Saint- Aubin et autant à Au mur, à charge de payer un cens d'un sol par arpent , et vendit le surplus à M. de Pesard, moyennant la faible rente de 4 fr.
par arpent , ce qui occasionna une émeute violente. Les jours de cet acquéreur furent souvent mis en danger. En 1398, Louis de Chalon donna à Jean, sire de Champ-d'Hyver, le droit d'usage dans cette forêt.
Bourg, fortifications. A l'époque de la concession des franchises , Saint- Aubin se composait de deux
parties: l'une, appelée le Bourg, était dose de. fossés et de palissades, et défendue par des portes à pontlevis, confiées à U garde de portiers choisis par le magistrat. Les rues étaient pavées. Le Bourg renfermait plus de 130 maisons occupées par 5000 habitants au moins , et une église paroissiale. Six familles de gentilshommes y faisaient leur résidence. 11 y avait des foires, un marché» des battes et une mesure particulière ; au xm* siècle les reliques de saint Claude y séjournèrent plusieurs jours. L'autre partie, appelée La Chaux, placée à 1500 mètres environ du Bourg , était découverte et renfermait une autre église dédiée à Notre-Dame, succursale de celle de Saint-Aubin.
Châtemu. Le château ne fut construit qu'en 13*5 par Philippe de Vienne , pour résister aux attaques des Tard-venus. U avait 250 pieds de l'orient à l'occident , et autant du midi au nord. Défendu par d'épaisses murailles flanquées de tours, il était entouré de fossés profonds qu'on pouvait remplir d'eau à vo~ lonté. La garde en était confiée à un capitaine. En t36*, Philippele-Hardi l'ayant pris d'assaut, y plaça Guillaume de Martainville , avec les gens d'armes de sa compagnie, pour le garder et le défendre. Cet o/fieier fut remplacé l'année suivante par Guillaume de Sercey. En 14 45, le duc de Bourgogne ayant été prévenu que les capitaines successifs de celle for* lerease n'y faisaient point leur résidence et n'y laissaient pas de garnisons suffisantes, en nomma un auquel il alloua 1*0 florins de traitement, tandis que les précédents n'en recevaient que 40. Ce château fut ruiné pendant la guerre de dix ans. Un remarque encore au nord
du Bourg, près du chemin d' A umur, deux mottes d'inégale grandeur, séparées par un pH de terrain compris dans une même enceinte principale. Sur la plus élevée était le donjon; la tour servant de porte avec pont-levis occupait la plus petite, au nord de la précédente. On a trouvé dans les décombres du château plusieurs monnaies à l'effigie des ducs de Bourgogne, et un cachet.
Guerres, sièges. En 13*5, les Tard-venus, après avoir détruit Auxonne, prirent et saccagèrent Saint- Aubin. Au mois de janvier t36*, Philippe-le-Hardi prit d'assaut la ville et le château, et en confia la garde à Guillaume de Martainville.
A la mort de Charies-le-Téméraire, ce lieu se vit assiégé par les troupes de Louis XI. C'est de cette époque que date la ruine du village de La Chaux. L'égHse seule fut épargnée. En 1636, les troupes de Louis XIII forcèrent les habitants à capituler après une vigoureuse résis-
Prévàté. Le prévôt exerçait la justice haute, moyenne et basse dans l'étendue de la chàteilenie, qui comprenait Saint-Aubin, Aumur et Saint-Loup. L'appel deses sentences se portait devant le bailliage de Dole. Il eut entrée aux Etats de la province jusqu'en 1666. Cette juridiction avait le titre de prévôté royale. Un juge châtelain rendait la justice en première instance. Eu 1*13, Jean de Champvans , écuyer du duc de Bourgogne et son pannetier, exerçait cette fonction de châtelain. Il fut destitué à l'instigation de plusieurs seigneurs de la cour du duc. En réparation de cette brutale révocation, il fut élevé peu de temps après à un poste plus important. Une maison noble de nom et d'armes portable nom de Saint- Aubin , par suite de
Pinféodation de la prévôté héréditaire de ce bourg. Elle tenait un rang , très distingué dans la province. Elle s'éteignit au xv° siècle. En 1377, vivait Simon de Saint-Aubin. Son épouse fut invitée aux fêtes magnifiques données à l'occasion du baptême du troisième fils de la duchesse de Bourgogne. En 1382, ce seigneur vola sur la grande route les joyaux de l'abbaye d'Auxerre, et tua de sa main les religieux qui les portaient, ce qui n'empêcha pas le duc de Bourgogne de l'inviter, en 1402, à se trouver avec la noblesse du pays à Montréal , pour chasser la Corne de Rougemont. H eut pour fils Guillaume et Henri de Saint-Aubin ; ce dernier, seigneur de Conflandey et Gouhenans , fut reçu à la confrérie de Saint-Georges en 1M2.
Gruerie. Les délits commis dans les forêts et les faits de chasse étaient jugés par un tribunal , composé d'un juge-gruyer, d'un procureur-général, d'un lieutenant du procureur-général et d'un greffier.
Celte gruerie fut supprimée en 1692, et réunie en 1708 à la justice seigneuriale.
Officialité. Les prieurs de Saint- Jean-de-Losne avaient établi un tribunal et une cour d'ofûcialité pour la paroisse de Saint- Aubin et celle de Sainl-Symphorien.
Justice de paix. En 1791, Saint- Aubin fut érigé en chef-lieu de canton, comprenant le Bourg, Aumur, Champ - d'Hyver , Molay , Peseux , Saint-Loup, Tavaux et Villangrette.
Cette justice de paix fut supprimée en 1801,
ÉTABLISSEMENTS RELIGIEUX
Eglise et Familiarité. L'église de Saint- Aubin fut donnée en 1046 par Hugues, archevêque de Besançon , au monastère de Saint-Jeandc-Losne, qui en conserva le patro-
nage jusqu'en 1789. Elle renfermait quatre chapelles , l'une dédiée à saint Pierre et saint Paul , l'autre à saint Jacques, la troisième à Notre- Dame de Pitié; la quatrième était appelée la chapelle milliaire. Au xiv* siècle , il se forma un corps de familiarité pour la desserte des fondations. Les membres devaient être nés et baptisés à Saint-Aubin, et issus de parents bourgeois, originaires du lieu. Le 21 décembre 1 277, l'épouse de Hugues de Vienne fit de grandes libéralités à cette église.
Chapelle de Notre-Dame de Chaux. Cette église , d'une origine fort ancienne, fut probablement construite sur les débris d'un temple païen. La grandeur de l'édifice pouvait donner une idée de l'importance que devait avoir le village qni l'entourait. Après la destruction de La Chaux , le curé de Saint-Aubin resta curé primitif de cette église.
Il devait y célébrer 61 messes par an. Pour prix de ce service, il recevait un traitement de 120 livres, percevait la dtme sur le territoire, une mesure d'avoine par feu et la gerbe de passion.
ÉTAT ACTUEL
Les maisons de Saint -Aubin étaient autrefois construites en pans de bois et en briques , et couvertes en chaume. Plusieurs incendies considérables , qui se sont succédés à des époques rapprochées , notamment en 1843 et 1847, ont déterminé les habitants à reconstruire leurs bâtiments en pierres et à les couvrir en tuiles. Les nouvelles constructions sont très élégantes et confortables. L'église, placée sous le vocable de Saint-Aubin , est à trois nefs avec deux sacristies et deux chapelles. De chaque côle de
la nef principale sont quatre colonnes et deux pilastres de l'ordre dorique, qui la séparent des nefs collatérales. La façade extérieure est ornée d'un péristyle formé par quatre colonnes sans bases , et posées à nu sur les marches qui conduisent à l'église, et couronné par un fronton d'un aspect imposant, mais peut-être trop théâtral.
La nef est éclairée par douze fenêtres, et le sanctuaire par un vitrail semi-circulaire formant toiture. Le clocher, la croix comprise , a une hauteur de 30 mètres 96 centim.
Cet édifice a été construit en 1834 sur les plans de l'architecte Besan, et a coûté 69,000 fr. Lors de l'orage épouvantable qui éclata dans ce bourg le 29 mai 1838, toute la charpente de l'église fut enlevée par une trombe des plus violentes, et portée intacte à plus de 100 mètres de distance, sur une grange où elle vint se briser en éclats. Quelques ardoises, chassées avec la même force que par une arme à feu, allèrent s'incruster dans les portes et dans les volets des maisons voisines. Il fallut dépenser 5000 fr.
pour rétablir ce toit.
BIOGRAPHIE
Saint- Aubin est la patrie de M. Jean -Antoine Vieille, auteur d'un Mémoire historique sur l'antiquité de ce bourg, imprimé à Dole en 1779; de M. Frédéric Vieille, son fils , l'un des jurisconsultes les plus distingués du barreau de Dole , auteur de plusieurs opuscules intéressants, et de M. le capitaine Guillemin (1792-1839), membre de la légion-d'honneur, officier d'un rare courage.
Andeiange vg. de l'arr. de Dole, cant., percept., dislrib. de poste et paroisse de Rochefort ; chapelle vi-
cariale érigée le 27 sept. 1846; à 3 kilom. de Rochefort, 9 de fiole et 61 de Lons-le-Saunier.
11 s'élève en amphithéâtre sur la rive droite du Doubs, et a pour limites , à l'est , Lavans et Eclans , à l'ouest Rochefort, Chàtenois et Amange, au nord Amange, Romange et Lavans, au sud Rochefort , Nenon et Eclans. La grange Viron, le moulin Rouge, l'Ecluse et le Moulin font partie de la commune.
Il est traversé par la route nat.
n° 83 , de Moulins à Bâle , par les chemins vicinaux tirant à Chàtenois, à Eclans et à Romange, par le Doubs et un de ses bras , par le canal du Rhône au Rhin et un contre-fossé.
On traverse le Doubs sur un bac.
Pop. en 1790, 177 hab.; en 1846, 236; en 1851, 233, dont 121 hom.
et 112 fem.; pop. spéc. par kilom.
carré, 51 hab.; 54 maisons, 56 ménages.
Les registres les plus anciens de l'état civil remontent à 1661.
Cadastre exécuté en 1 836 : surf, terril. 455h 16*, divisés en 1241 parcelles que possèdent 84 propriétaires, dont 32 forains ; surf. imp.
422h62*, savoir : 291h44aen terres lab., 54h en bois, 31h 93* en prés, 20h 9 1 * en pâtures, 9h 1 5* en vignes, 5h 43* en canal , 3h 62* en friches, broussailles et murgers , 2h 78* en vergers» 2h 29* en sol des propriétés bâties, lh 05* en jardins ; rev. cad.
7793 fr. 61 c; contrib. dir. 1887 fr.
Le sol produit un vin léger et apéritif, mais de qualité médiocre, du froment , du maïs , des légumes secs, des fourrages artificiels , des fruits, des pommes de terre , de la navette , beaucoup de foin et du chanvre. On élève des chevaux, des bêtes à cornes, des moutons, des cochons, des abeilles et de la volaille. Le revenu réel des propriétés est de
un cimetière qui l'entoure, un presbytère nouvellement acquis et non encore approprié à sa destination, une fontaine avec lavoir, et 23h 50»
de terres, jardin, pâtures, carrières, d'un rev. cad. de 42 fr. hh c. Les carrières sont la propriété de la commune qui les amodie.
Budget; recettes ord. 1631 îr.; dép. ord. 1651 fr.
3 pour cent. Les habitants fréquentent habituellement le marché de Dole. Ils importent le quart des vins consommés, et exportent la moitié du produit des céréales.
On trouve sur le territoire des carrières abondantes de pierre à bâtir et de taille, de pierre à chaux et de marbre. Ce marbre, gris et bleu-clair, ressemble beaucoup à celui de Mignovillard. 11 a fourni de belles colonnes à Péglise du collège de Dole. Il est exposé aux intempéries de l'air ; lorsqu'on l'emploie à l'extérieur de l'édifice , il s'exfolie et se décompose. Les pierres à bâtir sont calcaires ; leur fond gris-jaune, nuancé de bleu , forme une teinte douce et agréable. Dures et vives, elles sont d'une très bonne qualité et susceptibles du poli le plus parfait. On les trouve par bancs de plusieurs épaisseurs ; les plus forts ont 66 centimètres. L'exploitation des carrières d'Audelange se fait à ciel ouvert avec une facilité très grande, et leurs produits, embarqués sur le canal du Rhône au Rhin , vont alimenter les constructions des départements voisins, et notamment de la Côte-d'Or. L'arrondissement de Dole emploie seul une immense quantité de ces pierres.
Les patentables sont: deux aubergistes, 8 tailleurs de pierre , un menuisier, un maréchal-ferrant taillandier et un serrurier-armurier.
Il y a un moulin à cinq tournants sur le Doubs, avec battoir à blé , et une seierie à marbre.
11 existait au moulin Rouge , sur un ruisseau venant de Lavans , un haut-fourneau dans lequel on fabriquait de la sabJerie , des moulages et des gueuses. Depuis 1848 , cet établissement , qui occupait de six à dix ouvriers, est en fériation.
Biens communaux : une église,
NOTICE HISTORIQUB.
Origine. La Yoie romaine de Lyon à Besançon, par Tavaux et Chalonsur-Saône, traversait l'étang du moulin Rouge, et passait sur les hauteurs d'Audelange. On a trouvé sur ses bords un sarcophage antique en pierre. Le premier document historique qui fasse mention de ce village est la donation de l'église faite par Thiébaud, chanoine de Saint-Paul à celte abbaye , donation qui fut confirmée en 1148 par le pape Eugène III et par flumbert , archevêque de Besançon , en 1161.
Seigneurie. Audelange dépendait de la seigneurie et de la prévôté de Rochefort* En 1703, il en fut démembré et vendu par Louis XIV à M. Bouhélier, procureur-général à la cour des comptes de Dole. En 1733, ce magistrat demanda l'érection de cette terre en fief. Les habitants, consultés, s'opposèrent vivement à la concession de celle faveur. M. Bouhélier ne l'obtint qu'en renonçant au bénéfice des lois féodales en ce qui concernait les impôts. Ses héritiers ont possédé ce fief jusqu'en 1789.
Les droits seigneuriaux consistaient dans la justice haute, moyenne et basse, sur le territoire , sur les habitants et sur la rivière du Doubs, depuis le Moulin jusqu'à l'ermitage de Montjeu, en une fauchée de pré, une redevance de 87 livres due par
— in —
la communauté pour dispense de guet et garde au château de Rochefort, en deux livres de cire dues par chaque ménage pour droit de bac , en une mesure de froment par feu , en quelques menues censés, et dans le droit de pèche exclusive dans la partie du Doubs sur laquelle s'exerçait la haute justice.
Le moulin d'Audelange est fort ancien. Les seigneurs de Rochefort Pavaient accensé a titre féodal. 11 était possédé au xvm° siècle par le chevalier Arvisenet. Les sorciers avaient coutume de se réunir près de ce moulin. Aimée Petitjean, de Lavangeot, fut arrêtée comme sorcière en 1615. Elle nia ses rapports avec l'esprit des ténèbres ; mais elle fut convaincue d'être allée au sabbal sur une ramasse (manche à balai) près de ce moulin , une chandelle verte à la main, d'avoir abordé le diable sous la forme d'un homme noir, etc. Elle fut brûlée vive. Boguet rapporte ce procès.
La grange Viron, située au nordouest du village, était le chef-lieu de la chevance dite de Toulongeon sur Saint -Aubin. Du sommet de réninence sur laquelle elle est assise, on .jouit d'une très belle perspective. Au sud de celte grange qui n'a rien de gothique, quoi qu'en dise M. Marquiset, M. d'Aubonne fit construire, au xvuie siècle, une chapelle transformée aujourd'hui en cuisine.
On ne saurait préciser l'époque de rétablissement de la forge du moulin Rouge.
Ce village eut à souffrir de toutes les guerres et des sièges qui ruinèrent plusieurs fois Rochefort. En 1765, il ne se composait plus que de 25 ménages.
ÉTAT ACTUEL
Les maisons d'Audelange , bâties sur le roc vif, sont généralement construites en pierres et couvertes en tuiles, et dépourvues de puits.
L'église , sous le vocable de saint Pierre, dont on célèbre la féte le 29 juin, est à une nef, sans sacristie et avec un clocher. Une partie de la nef et le clocher remontent au xne siècle ; le chœur et l'autre partie de la nef, construits en 1357 , sont du style ogival tertiaire. Une belle fenêtre géminée et trilobée éclairait le chœur ; elle est maintenant presque entièrement bouchée en maçonnerie.
On remarque dans cet édifice le retable de l'autel , bien exécuté, du stylé Louis XV, un bénitier en beau marbre rouge, une statue de saint Pierre en marbre, qu'on a eu le tort de badigeonner, et plusieurs pierres tombales à inscriptions effacées.
Le cimetière entoure l'église. Il renferme aussi plusieurs pierres lumulaires. Une croix en pièrre du xiv6 siècle, de style ogival secondaire, renversée par le vent des révolutions, est gisante à terre.
A la sortie du village est une roche couronnée d'arbustes et tapissée de lierre, dont la forme rappelle, trait pour trait , la fontaine de Gujans.
Cette roche ploie sur le chemin sa voûte naturelle , et abrite une fon-w taine et un lavoir. Elle est d'un effet très pittoresque.
BIOGRAPHIE
Audeknge est la patrie de MM.
Thiébaud, Jean-Augustin ( 1766 - 185(1), et Saufflard, Jean (1763- 1835), tous deux capitaines d'infanterie, décorésde la légion-d'honneur.
Ange, commune réunie à celle de Baré/.ia le 26 décembre 1821.
Àngen, vg. de Pair, de Lons-le- Saunier, cant. de Beaufort, percept.
et bur. de poste de Cousance ; paroisse de Maynal; à 3 kilom. de Beaufort et 18 de LOns-le-Saunier.
H est bâti sur un sol très accidenté, au pied de la plus basse chaîne du Mont-Jura, et limité à l'est par Maynal et Cuisia, à l'ouest par Flacey et le Miroir (Saôrfe-et-Loire), au sud par Cuisia et le Miroir, au nord par Maynal et Flacey. La Combe, Changea, Bois-Laurent et les baraques du bois de la Tour, font partie de la commune.
11 est traversé par la route nat.
n- 83, de Lyon à Strasbourg, par lés chemins vicinaux tirant à la route nat. de l'Etang - Cirey à Cuisia, d'Augea à Maynal, à Cuisia, de Changea au Bois-Laurent et du Bois- Laurent au hameau de Sellières , par les ruisseaux de la Prairie ou de la Combe , de Cirey ou Bief- Vert , par le bief de la Foutatière et celui de Grandfontaine.
Pop. en 1790, 466 habit.; en 325 hom. et 326 fem.; pop. aggl., 441 hab.; pop. spéc. par kil. carré, 86hab.; 150 maisons, 161 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1 793.
Cadastre exécuté en 1836 : surf, territ. 751h 23% divisés en 2422 parcelles que possèdent 407 propriétaires, dont 151 forains; surf, impos. 732h 37», savoir: 316h 10a en terres lab., 145h 16* en bois, 142h 62* en prés, 79h 85* en vignes, 59h 55* en pâtures, 4h 40 c. en sol des propriétés bâties , 97* en vergers, 92* en broussailles, 59* en friches et murgers ; rev. impos. , 11,988 fr. 67 c; contrib. directes, 2811 fr. 83 c.
Le sol, d'une grande fertilité, produit des vins rouges, blancs et
clairets justement estimés, dont oh exporte les deux tiers , et deà céréales de toute espèce, mais en quantité insuffisante pour la consommation des habitants, qui fréquentent habituellement le marché de Cousance. Le revenu réel des propriétés est de 4 pour Cent.
On trouve sur le territoire deux carrières de pierre à bâtir et de taille, et du minerai de fer qu'on n'exploite plus.
11 y a dans le village une auberge, et trois marchands épiciers.
Les maisons sont généralement construites en pierres et couvertes en tuiles.
Biens communaux : deux maisons communes très incommodes , contenant, l'une le logement de l'instituteur et la salle d'école, fréquentée en hiver par 70 élèves ; l'autre le logement de l'institutrice et la salle d'école, fréquentée en hiver par 50 élèves; deux fontaines, trois lavoirs, trois abreuvoirs et 124*59* de bois , terres et sol des édifices publics, d'un rev. cadast. de 648 fr.
Bois commutiaux : 92b 17*, dont 2h 79* en exploitation ann.; essences domin. : chêne, charme et bois blanc.
Budget: receltes ord. 2440 fr.
98 c; dép., 2727 fr. 95 c.
NOTICE HISTORIQUE
Le hameau de Changea , berceau du village d'Augea , est bâti sur un monticule d'où le regard embrasse un magnifique horizon. Rien n'établit son existence pendant la période gauloise, mais ce qu'il y a de certain, c'est que les Romains y ont séjourné.
Dans le climat nommé aux Antes, on a recueilli des monnaies romaines et d'autres vestiges d'antiquités.
Au-dessous et à l'ouest de Changea,
dans la contrée dite de la Curo, on a découvert une médaille gauloise, présentant d'un côté une tête de profil qui remplit tout l'espace , et de l'autre un animal fantastique à tète cornue et à queue relevée ; puis deux médailles d'Auguste, offrant d'une part le frontispice du temple de Rome et d'Auguste à Lyon , de l'autre le profil de l'empereur; une autre médaille, à l'effigie de Faustinela- Jeune, n'avait qu'une légende ef- Cacée. La première de ces médailles est de potin; les autres sont de cuivre rouge. On trouva dans le même lieu les débris d'un tout petit vaseélectre, poli et sans ornements, ainsi qu'une jolie statuette en bronze sar son piédestal , ayant ensemble i 2 centimètres de hauteur. C'était sans doute une statue d'Esculape.
Ce dieu parait sous la figure d'un homme grave, barbu, s'appuyant de la main droite sur un bâton entortillé d'un serpent ( ce bâton manque ) ; par la position renversée de la main gauche, on juge qu'elle portait une patène» Ge vase était probablement celui trouvé à ses pieds. En différentes fois, on a découvert , à l'extrémité du jardin de M. le capitaine Humbert, des tuiles à rebords, des décombres de constructions romaines, des sépulcres antiques, étroits aux extrémités, avec un renflement dans le milieu ; les tombeaux renfermaient de la chaux et des cadavres ayant la tète tournée vers l'orient. On a retrouvé aussi , dans un lieu dit en Loua, des tombeaux recouverts de laves , des armures et des ossements. Ge hameau , qui ne se compose plus que de deux ou trois maisons, en renfermait plus de cinquante avant les pestes et les guerres du xvne siècle.
M. Béchet cite un titre de l'an 1131, qui ferait supposer qu'Augea
existait déjà à cette époque. Nous n'avons pu le découvrir. Le premier titre arrivé à notre connaissance est un acte intervenu en 1297 entre Guy, prieur de Gigny, et Jean de Chai on, comte d'Auxerre. Ce dernier céda aux religieux du monastère de Gigny la dlme d'Augea, et reçut en retour la suzeraineté de leur seigneurie de Valfin.
Seigneurie. Augea dépendait de l'importante baronie de Chevreau.
Un fief particulier, en moyenne et basse justice, ne comprenait que quelques meix isolés. Toutefois, les possesseurs se qualifiaient de seigneurs d'Augea.
Droits seigneuriaux. Avec la haute justice , et en grande partie comme dépendant d'elle i le baron de Chevreau avait les droits suivants sur le village: 1° les amendes qui s'élevaient presque toutes à 60 sols estevenanls ; 2° des cens en argent, cire, vin, grains, huile de noix, fromages, jambons et volailles ; 5° les langues des grosses bêtes de boucherie , les corvées, la banalité des fours appelés fours d'Augea, de Barin et de Changea ; la banalité des moulins, les droits de lods et ventes, les épaves, la retenue ou retrait féodal , la commise, la chasse et la pêche exclusives , la forêt de Colonosay, les étangs , le guet et garde au château de Chevreau , la montre et la rendue d'armes , l'impôt des quatre cas, les foires et marchés qui se tenaient à Cousance, les péages , la mesure particulière , l'institution d'un tabellion à Augea , et des autres officiers de justice; la main-morte, deux seules familles, celles des Pagot et des Féaut en ayant été affranchies en 1629; la dime, qui se partageait dans des proportions inégales avec le prieur de Mayrral .et d'autres seigneurs
particuliers. Un pilori était placé sur la place publique du village pour l'exposition des coupables. La justice était rendue par les officiers du bailliage de Chevreau, chargés de juger par appel des sentences rendues par le châtelain d'Augea.
Fief (V Jugea. Il consistait en une maison féodale avec tour, en cens , justice moyenne et basse sur les hommes et le territoire dépendant de ce fief, et dans la banalité de la /orèt dite Bois de la Tour.
Cette seigneurie appartenait , en 12123, à Jean de Poligny, IIIe du nom , chevalier, qui le transmit à Guyol de Poligny, sôn fils, marié à Jeanne de Sainte - Croix , dite de Monljouvent. La postérité de ces derniers Ta possédée jusqu'à la révolution de 1789.
Guerres. Augea, occupé en 1656 par le duc de Longueville, eut cruellement à souffrir des horreurs de la guerre. Il devint peu de temps après, ainsi que Maynal, le théâtre du combat livré aux Français par le capitaine de Lacuzon, qui resta maître du champ de bataille.
Chapelle Saint- Ro ch. Celle chapelle fut fondée le 1er avril 1635 par les frères Pagot, d'Augea. Ils donnèrent à cet effet à Henri Bidat , prêtre originaire du lieu , un champ appelé Champ- Sa franier (ainsi nommé , parce qu'il avait servi à la culture du safran), pour servir d'emplacement à l'édifice, et une dime en grains et vin, perçue sur le territoire de Maynal, appelée la dime de Nouille- les -Moines. Ils chargèrent le chapelain de célébrer une messe chaque semaine dans la chapelle construite à leurs frais.
En 1844, le conseil municipal demanda l'autorisation de vendre des communaux pour construire une église, dont on voulait solliciter
l'érection en succursale. Ce projet n'eut pas de suite.
Augerans, yg. de Pair, de Dole, cant., percept. et distrib. de poste deMontbarrey; paroisse de Bel mont , chapelle ; à 6 kilom. de Montbarrey, 10 de Dole et 50 de Lons-le-Saunier.
Bâti sur le revers méridional d'une colline rapide que couronne la forêt de Chaux, ses maisons descendent de gradin en gradin jusque dans la belle plaine du val d'Amour.
Il est limité au nord par la Grande- Loye et Fallctans , au sud par Bans et Sou van s , à l'est par Belmont, et à l'ouest par la Grande- Loye et Soùvans. 11 se divise en plusieurs quartiers ou rues, appelés rue d'Amont, rue d'Aval , rue du Milieu, rue du Bois, rue de la Fin, rue des Guillots et la Place.
H est traversé par le chemin de grande communie, n* 7 , de Dole à la saline d'Arc, par les chemins vicinaux tirant à Souvans, à Falletans, et de la Vieille -Loye à Dole, par la Loue, la Clauge, la Cuisance, le ruisseau de l'Orppe , le canal du moulin Perrin, le bief du Renard et celui de la Coldre.
Pop. en 1790, 195 habit.; en 1846, 218; en 1851, 209, dont 107 nom. et 102 fcm.; pop. spéc.
par kilom. carré, 25 hab. ; 44 maisons, 57 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1793.
Cadastre exécuté en 1 838 : surf, territ. 805h 06% divisés en 1094 parcelles que possèdent 124 propriétaires, dont 77 forains; surf, impos. 340h Ha, savoir: 259h 42* en terres lab., 64u 43* en prés , 4h 72* en friches et gravières, 2h 47a en sol des propriétés bâties , ih 88* en vergers, ib72* en bois, lb48a en mortes, lh 56* en jardins, lh 30* en vignes, et lh 29* en pâtures;
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rcv. cadastral, ii,29fcfr. 58 c. ; conlrib. dir. 2201 fr. 50 c. ; surf, non impos. &6frh 95* , occupés en partie par la forêt de Chaux, dans laquelle les babitants ont des droits d'usage qui leur furent confirmés par le duc Eudes 111 en 1333, et en U6ft par le duc Philippe-le-Bon, à la demande de Béatrix de Ryc , veuve de Pierre de Quingey, seigneur en partie d'Augerans.
Le territoire, comme toute la vallée inférieure de la Loue appelée le val d'Amour, présente trois natures différentes de terrains : les Arbxies, la Fin"eiles Glairom. Les Arbues forment le sommet des côtes peu élevées qui bordent la plaine de chaque côté jusqu'aux derniers contreforts de la chaîne du Jura , à Scnans et à Cramans. Ces terrains sont une terre forte, peu fertile, produisant du seigle et des pommes de terre , et dans quelques parties do blé et du trèfle. La croupe et la pente de ces côtes offrent un lit de cailloux siliceux , dans lesquels on peut reconnaître le porphyre rose , et surtout le porphyre vert des Vosges. Au-dessous de ces cailloux on trouve une argile rouge qui dans la Fin devient très fertile.
La Fin est la partie de la plaine qui n'a pas été envahie par la Loue, et qui se trouve au couchant du village. Elle se compose d'une argile fertile, propre à toutes les cultures, excepté à celle du chanvre, de la navette et du colza. Le maïs y croit merveilleusement bien.
La troisième nature de terrains s'appelle les Glairons: ce sont les terrains qui ont été ravagés par la rivière et rétablis par elle. La fertilité en est très variable, selon la hauteur des bancs de graviers que la Loue a déposés, et sur lesquels s'est établie la végétation. Dans les parties peu
nombreuses où se trouvent des dépôts considérables de limon, toutes les cultures réussissent.
Une quatrième partie du territoire s'étend le long de la Cuisance; elle est formée de dépôts limoneux , et fournit en général , à peu de frais, d'abondantes récoltes.
La Loue cause annuellement des ravages considérables à cette commune ; elle les a étendus jusqu'au village. La combe allongée, qui borde le canton plus élevé de la Fin, est évidemment une ancienne berge de la rivière. Cette berge s'appelait déjà en 1386 les Hautes-Rives. Le climat au-dessous de cette berge s'appelle le Saukoy, sans doute parce que la rivière s'en étant retirée, les graviers qu'elle y avait déposés se sont couverts de saules.
Ox( a proposé plusieurs moyens polir arrêter ces ravages et endiguer lé Loue. Le moyen le plus efficace et le moins coûteux pour obtenir ce résultat serait , d'après M. d'Augerans, d'encombrer de saules et de peupliers les bancs de graviers , et principalement les bras abandonnés de la rivière. Ces plantations , dont les expériences de cet habile agronome assurent le succès, auraient l'avantage de donner naissance à l'industrie de la vannerie.
Les habitants élèvent beaucoup de chevaux, de bêles à cornes , des cochons, des abeilles et des volailles.
Ils fréquentent habituellement les marchés de Dole et quelquefois ceux d'Arbois. Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 50 c. pour cent.
On trouve sur le territoire du sable et du gravier en abondance.
Les graviers de la Loue sont calcaires ; plusieurs paraissent propres à donner de la chaux hydraulique.
On y trouve aussi quelques cailloux de quartz et des fragments de grès.
Il n'y a pas de commerçants patentés.
Bien» communaux: une église, un cimetière à l'en tour, une maison commune servant de logement à l'instituteur, et de salle d'éludé, fréquentée en hiver par 20 garçons et 21 filles.
Budget: recettes ord. 1925 fr.; dép. 1961 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Assis au bord de la voie romaine qui conduisait de Dijon au Mont- Jura et aux Alpes grecques par Salins et Pontarlicr, Augerans, Mgerens, Mgerans, apud Augerantem, doit être mis au nombre de nos plus anciens villages. C'est par cette route, dont l'emplacement porte le nom de Gravier-Salins^ que communiquait , depuis Dijon, l'abbaye de Saint-Bénigne à celle d'Agaunc , à laquelle le roi Gontrati l'avait unie à la fin du vie siècle. Une autre voie qui traverse la Fin venait directement de Villette à Augerans, sans passer par Goux ni la Loye, et s'appelait autrefois Chemin de Dole à Salins, On a retrouvé des fragments de tuiles romaines dans le jet des terres provenant des fossés qui bordent le chemin conduisant à l'usine de Bans, sous les racines des arbres, mises à nu par l'élargissement du chemin de Parcey à Rahon, et dans un terrain appartenant à M. d'Augérans, appelé à la Pommeraie, sur la lisière de la forêt de Chaux. Nous serions disposé à considérer comme appartenant à la période gallo-romaine les huit cercueils trouvés dans le cimetière. Us sont creusés chacun dans un seul bloc de pierre, ayant % mètres 20 centim. de longueur, 0*0 centimètres d'épaisseur, 80 centimètres de largeur à l'extrémité supérieure, et 35 centim. seulement
au côté opposé. Le fond est percé d'un trou circulaire de 0,2 c. de diamètre. Une autre preuve d'antiquité de ce village, sont les nombreuses traditions populaires qui se sont perpétuées dans l'esprit des habitants. On voyait encore, il y a peu d'années, la vouivre traverser la Loue, près du pont de Belmont, pour aller de Mont -Roland à la vieille tour de Yadans ; le bouc, appelé le êheval Gauvain, dont la principale mission était d'effrayer les enfants indociles. C'est près de là que les bergers voyaient un lièvre, appelé le lièvre dû vieux servant, marchant lentement devant eux sans que jamais ils pussent l'atteindre.
Dans une contrée qu'on appelle encore le bas de l'Esprit, les voyageurs rencontraient chaque nuit une dame verte, qui, toujours bienveillante pour eux , les aidait à sortir des mauvais chemins, et les acceompagnait jusqu'à la porte de leur maison.
Depuis l'époque romaine jusqu'au xie siècle, l'histoire d'Augérans est entièrement inconnue. La charte la plus ancienne qui en fasse mention est de l'an 1092. C'est l'acte par lequel Hugues 111 donna l'église d'AIgerens à l'abbaye de Saint-Bénigne.
Une chapelle avait été fondée à la Neuve-Loye , dans le ressort de la paroisse d'Augérans, par Raymond, comte de Bourgogne, frère de Hugues 111 , archevêque de Besançon , qui la destinait au monastère de Saint-Bénigne. Le comte Rainaud III, vers l'an 1145, en augmenta la dotation, et une colonie de religieux de Saint - Bénigne vint, en 1 i 45, s'établir auprès de la chapelle, qui devint prieurale sous le titre de la Sainte- Vierge, et paroissiale sous le titre de Saint-Jean- Baptiste. L'ancienne église d'Augérans, abandonnée, fut détruite dans
h suite par un incendie, et sur ses ruines on bâtit une chapelle en l'honneur de saint Nicet. Le prieur de la Neuve- Loye était seul patron de cette église, sur laquelle les chanoines de Saint-Jean de Besançon réclamèrent certains droits au commencement du xu6 siècle. Ils eurent, à cette occasion, un différend arec le monastère de Saint- Bénigne. Cette difficulté provenait sans doute des réserves faites par Hugues lit sur cette église, dont le pape Calixte II avait encore confirmé la possession aux chanoines de Saint -Jean. En 1114, Guillaume d'Arguel , archevêque de Besançon , prononça une sentence qui maintint le chapitre de Saint-Jean dans ses droits.
Seigneurie. Elle consistait dans la justice haute , moyenne et basse , sur le territoire et sur les habitants. Pour marque de la haute justice , il y avait un signe patibulaire à deux colonnes , élevé entre la grande et la petite corvée, auquel le seigneur pouvait faire mettre à mort tous les criminels condamnés par sa justice.
H y avait en outre, pour marque de la moyenne justice et exécution des jugements , un carcan attaché à un poteau planté devant le four banal.
Le sire avait le droit d'instituer tous juges , châtelains , procureurs , scribes et autres officiers judiciaires, de leur conférer le pouvoir de statuer en toute matière, tant contre les habitants que contre les étrangers, et de prononcer toutes amendes , sauf appel au bailliage de Dole.
H avait également droit de percevoir l'impôt des quatre cas, de nommer deux messiers pour la garde des fruits et des communaux, un tabellion , de percevoir les épaves , de relever les corps morts, et de chasser ; il avait la banalité des fours et des moulins, la banalité de la Loue
depuis la rivière de Montbarrey à celle de la Loye, le tiers des dîmes qui se percevaient sur le territoire, à raison de deux gerbes par journal, dans les herbues qui appartenaient aux habitants, et de quatre gerbes par journal dans les fonds appartenant aux étrangers; cette dlme se percevait à raison de quatre gerbes par journal dans les terres de Fin.
Les deux autres tiers de la dîme appartenaient aux prieurs de la Loye.
Les jeunes gens ne pouvaient faire des danses publiques le jour de la féte de monsieur saint Nicet , sans la permission du seigneur et de sa dame, sous peine d'une amende de soixante sols estevenants. Le sire avait droit de prendre du bois mort et vif dans la forêt de Chaux pour bâtir, pour son chauffage , celui de ses domestiques et de se 3 fermiers.
Le souverain de Bourgogne, auquel appartint toujours la suzeraineté de cette terre, lui devait 9 livres pour le haut péage d'Augerans.
Les habitants devaient le guet et garde au château de Dole. Us avaient, comme ils ont encore , le droit d'exiger que le tiers des prés, après la première récolte , fut livré à la vaine pâture. La commune était administrée par deux prud'hommes élus par les notables.
Seigneurs. Par un acte daté du mardi après l'Invention de la Sainte Croix, 1294, Otbon V fit passer entre les mains de Hugues de Bourgogne, son frère, tous ses fiefs d'Augerans avec leurs dépendances , en accroissement du lot qui était échu à ce dernier dans le partage de leur patrimoine. En 1301, Hugues de Bourgogne les céda au roi Philippele-Bel. Il serait difficile, pour ne pas dire impossible , d'établir la liste non interrompue des seigneurs particuliers de ce village. La soi-
gneurie principale était divisée entre plusieurs possesseurs; d'un autre côté, plusieurs vassaux possédant de simples fiefs se qualifiaient de seigneurs d'Augerans. Nous nous bornerons donc à citer par ordre de dates les noms de ceux qui prenaient celte qualité. En 1501 , vivait Guiot d'Augerans, écuyer. En 1 305,les enfants de Vuitlemin et ceux d'Huguenin d'Augerans, frères, font un partage des biens qui leur appartiennent, consistant dans les moulins bâtis entre Montbarrey et Belmont , et entre Belmont et Augerans , dans la justice et seigneurie du chevalier des Chevasnes, dans plusieurs meix et sujets qui y étaient fixés , avec la justice, les coutumes et les corvées en dépendant. En 1338, vivait Hugon d'Augerans; en 1356, Jean d'Augerans fait hommage au duc et comte de Bourgogne.
En 1398, Perrenin et Huguenin, frères, seigneurs d'Augerans , partagent entre eux les droits du four de ce lieu. En 1426, Huguenin consent un accensement. En 1 445 , noble Henri Armenier, chevalier, seigneur d'Augerans, acquiert de Bonlamy la moitié du four banal , indivis avec Pierre de Quingey, aussi seigneur d'Augerans en partie. En 1466, on retrouve Henri Armenier, Louis d'Uzier et Béatrix de Rye, son épouse; en 1473, Jean Armenier; en 1499, Jean Bernard ; en 1501 , Thevenin Meuret; en 1507, Jacques Armenier, épouse d'Antoine d'Uzier, Claude de Gilley, épouse d'Henri de la Rochelle, Maximilien de Vauldrey, chevalier, se qualifiant tous successivement de co - seigneurs d'Augerans. En 1536, Jean Lallemand, chevalier, prend cette même qualité, comme ayant-droit des Armenier. En 1557, il se rend adjudicataire de celte seigneurie sur
Nicolas de Gilley, et la transmet à Claude Lallemand avant 1595. En 1 61 2, Henri-Denis Lallemand , fils du précédent, vend cette terre à Adam-Jacques, sieur de Liesle, Buffard, etc.; mais, vers 1616, le souverain accorde son droit de retrait féodal à Louis de Saint-Mauris, dont la postérité posséda Augerans jusqu'à 1715, époque à laquelle Jean- Simon de Saint-Mauris et Jean*- Charles de Saint-Mauris, son fils, vendirent cette terre à noble Jean Tahon, sieur de la Croix , originaire de Sailly-sur-Lys. En 1728, ce seigneur transmit ses biens à ses deux fils, Simon et François, qui moururent sans postérité. Simon légua ses biens, en 1762, à Jean-Baptiste Vandelin, son parent, originaire de la Lorraine allemande. M. Jean- Baptiste Vandelin fut subdélégué à Dole. En 1788, il fut député à la cour pour demander que la réunion des Etats de la province fût fixée à Dole. Son fils, officier d'artillerie, fut chargé par la même ville de présenter au roi et à la famille royale les procès-verbaux de l'inauguration de U statue de Louis XVI , placée sur la fontaine monumentale adossée à l'église paroissiale , cérémonie qui avait eu lieu le 4 décembre 1784. Ce dernier laissa pour seul héritier Pierre - Gabriel Vandelin d'Augerans, chevalier de St.-Louis, mort en 1830, qui transmit ses biens à M. Jean -Baptiste -Marie- Gabriel-Maxime Vandelin , possesseur actuel du manoir d'Augerans, ancien officier du génie , chevalier de la légion-d'honneur et de l'ordre de Charles III.
Cliàtcau. Le château se composait de deux parties bien distinctes :
l'une était un donjon bâti sur une motte entourée de triples fosses et défendu par une muraille intérieure
en terre. Elle s'appelait la Moite tfjugerans. Il est probable que ce fort fut construit sur remplacement d'une vigie élevée pour la défense de la voie romaine ; l'autre partie était une maison seigneuriale au milieu d'un meix de trois journaux, pourvue d'un colombier en pierres. Elle s'appelait la Rochelle, du nom de celui qui l'avait fait bâtir. Le donjon , ainsi que le village d'Augerans , furent ruinés en 1479 par Charles d'Amboise, et abandonnés pendant plusieurs siècles. En 1720, Jean Talion les fit reconstruire ; Simon, l'un de ses fils, habita la Motte, et François, son autre fils, la Rochelle. François fut assassiné, dans la nuit du'4 au 5 avril 1730 , par un nommé Cbauvenet, de Gatey, accusé de vol de poisson et de délit de chasse. Le coupable , après de longues recherches , fut découvert et pendu à Dole en 1734.
Les anciens fossés et leurs talus , parfaitement conservés, se sont peuplés naturellement d'une magnifique forêt d'arbres d'essences locales, ce qui donne au château l'aspect le plus pittoresque.
Péage. La route passant par Augerans était excessivement fréquentée pendant les xui6 etxiv* siècles. En 1Î94, Othon Y et Hugues de Bourgogne, son frère, dressèrent un tarif pour le péage établi dans ce village sur les marchands italiens, particulièrement en faveur des Lombards qui fréquentaient les foires de Champagne. Ces seigneurs promirent de foire construire à Augerans une loge suffisante pour l'entrepôt des marchandises. La charte qui fixe le tarif des droits à payer est rappelée en entier dans l'histoire de Poligny , par Chevalier.
Eglise. La chapelle, dédiée à saint Nicct dont on célèbre la fète
le 31 janvier, est à une seule nef avec un clocher et une sacristie.
Elle n'offre rien de remarquable.
Des pilastres de l'ordre toscan décorent l'intérieur. Elle possède les reliques de saint Félix et un ostensoir considéré comme l'un des plus beaux de la province. Elle a été construite en 1786, à peu près sur l'emplacement de l'ancienne. L'église d'Augerans était, dans l'origine, paroissiale, et avait le titre d'églisemère de la Loye. Les habitants de ce dernier lieu étaient tenus d'y venir entendre la messe aux quatre principales fêtes de l'année.
ÉTAT ACTUEL
Les maisons de ce village sont généralement mal bâties, construites en pierres, briques crues ou cuites, et couvertes en chaume. Cinq d'entre elles ont été détruites en 1848 par un incendie. 11 serait utile de construire un lavoir public couvert pour l'usage des habitants.
Auginey, Augisel, Jyissey, A agisia, Augissey, Agcsie, vg. de l'arr.
de Lons-le-Saunier, cant., percept.
et bur. de poste de Beaufort ; succursale; à 8 kilom. de Beaufort et 17 de Lons-le-Saunier.
11 est bâti sur un sol très accidenté, dans un vallon formé par les plus basses chaînes du Mont-Jura , et limité à l'est par Arthena et Saint- Laurent - la - Roche , à l'ouest par Rosay et Rotalier, au nord par Rotalier et Saint-Laurent-la - Roche , au sud par Cressia. Plainefoy , la grange Curtet, la grange des Boulot, Chez les Pommier, la grange Robillot, Grandfontaine , Briéland, la Rippe des Sage, la Rippe des Belal, Chez les Bailly, Bois-de-Ban , sont des hameaux faisant partie de la commune.
11 est traversé par le chemin de
grande communie. n° 4 , de Lonsle Saunier à Montfleur, par les chemins vicinaux tiranl à Orgelet et à Beaufort, el par le ruisseau de la Fontaine.
Pop. en 1790, 688 habit.; en 1846, 516; en 1851, 502, dont £51 hom. et 350 fem. ; pop. aggl., 518 hab.; pop. spéc. par k il. carré, 34 hab. ; 109 maisons, savoir ; 72 au chef-lieu, 11 à Grandfontaine , 10 à Briéland , 3 au Bois-de-Ban , 5 à Plainefoy, et le surplus dans différentes fermes isolées; 122 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1770.
Cadastre exécuté en 1 836 : surf, terril. 929h41*, divisés en 3891 parceHes que possèdent 286 propriétaires, dont 3 forains; surf, imp. 916h 18», savoir : 517h 12* en terres lab., 260h81* en pâtures, 85h22a en bois, *lh85* en prés, 47h84* en broussailles, 8h 57* en friches et murgers, 5h 49* en sol des propriétés bâties, ib 25* en jardins ; rev. cad. 8843 fr. 80 c. ; contrib. dir. 2735 fr.
Le sol produit des céréales pour la consommation des habitants , qui fréquentent habituellement tes marchés de Cousance, Lons-le-Saunier et Orgelet. On n'importe que du vin.
Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent.
Les maisons sont généralement construites en pierres et couvertes en tuiles creuses. Elles n'ont toutes qu'un rez-de-chaussée et sont de chétive apparence.
Il y a dans le village une fruitière dans laquelle on fabrique annuellement 5000kik>g. de fromage, un marchand épicier , deux auberges et un médecin.
On y avait découvert , à la fin du dernier siècle, une mine de houille,
qu'on cessa d'exploiter en 1795.
L'entrepreneur étant descendu dans le puits d'extraction, fut écrasé par un éboulement. On considéra cet événement comme une punition divine des excès révolutionnaires auxquels s'était livré cet industriel pein dant la terreur.
Biens communaux : une église, un cimetière , un presbytère, une ancienne église qui sert provisoirement de logement à l'instituteur, et de salle d'école fréquentée en hiver par 60 élèves ; une école de filles dirigée par une institutrice, et fréquentée en hiver par 50 élèves; enfin ^96b 07* de bois, parcours, terres labour., sol des édifices publics, d'un rev. cad. de 418fr. 92 c.
Budget : recettes ord., 2476 fr.
50 c. ; dép. ord. 2737 fr. 50 c.
Bois communaux : 64h 07* de bois, dont lh 92* en exploitât, ann.
Essences domin. : hêtre, chêne el charme.
NOTICE HISTORIQUE
M. D. Monnier pense qu'Augisey, Augisel , doit son origine à une colonie grecque , qui serait venue se fixer sur les bords du Snran et dans le voisinage , dès une époque très reculée. Le sol n'ayant restitué jusqu'à présent aucun débris antique qui confirme cette conjecture , nous ne discuterons point les étymologies sur lesquelles ce savant base son opinion. Le territoire de ce village fut compris dans la donation faite en 895, par le comte Bernon, à l'abbaye de Gigny qu'il venait de fonder, et cependant son nom ne figure point nominativement dans cet acte; ce fait démontrerait qu'Augisey n'existait pas encore à cette époque, et que son sol était inculte.
Ce lieu doit probablement son existence aux religieux que les.
moines de Gigny envoyèrent dans le prieuré de Saint Laurent-la-Roche pour défricher les landes ingrates que lenr avait données Bernon. £n 1191 , Aymon , prieur de Gigny, plaça une partie des biens de son monastère sous la protection et la garde d'Etienne II , comte de Bourgogne. 11 céda à ce prince , du consentement de tous les religieux , ce qui leur appartenait à Augisel , à la condition que la moitié des revenus et des bénéfices à retirer de ce village appartiendrait à l'église de Gigny. Les amendes furent déclarées communes et partageables par moitié entre le comte et les religieux ; les dimes et autres revenus ecclésiastiques furent réservés en entier à ces derniers. II fut interdit au comte de recevoir sans leur consentement de nouveaux résidants , ou de percevoir un droit de gîte sur les anciens habitants.
Etienne II , possesseur de la seigneurie d'Augisey, la transmit à Jean de Chalon, dit l'Antique , son fils. Ce prince en fit un fief qui fut incorporé à la terre de St.-Laurentla-Roche. Elle fut administrée dès le xive siècle par un prévôt qui y faisait son séjour. Une maison noble de nom et d'armes, qualifiée d'^gissey, s'éteignit au xvie siècle à Loos-le-Saunîer.
Une chapelle fut érigée au xme siècle sur le monticule appelé l'Essard-Bernard, et dédiée à la Vierge.
Détruite , ainsi que le village , en 1*79, par les troupes de Louis XI , les seigneurs de Saint- Laurent firent construire, en 1506, une chapelle à coté du chœur de l'église paroissiale de ce dernier lieu , qu'ils dédièrent à la sainte Croix et à saint André, et y transférèrent les offices <iui se célébraient précédemment fous la chapelle d'Augisey.
En 1680, les seigneurs de Saint- Laurent commencèrent à accenser les vastes communaux appelés les Rîppes d'Augisey. Les colons se multiplièrent. Les habitants construisirent en 1697 , au centre du village, une chapelle qui fut érigée en succursale en 1784. En 1701 , ils y avaient adjoint, à côté du chœur, une autre chapelle construite avec les matériaux de eelle qui existait sur le monticule.
Eglise. L'église actuellement en construction, dédiée à saint André , dont la fête se célèbre le 30 novembre, est à trois nefs avec deux sacristies et un clocher. Elle est presque aussi large que longue, bâtie sans goût et dépourvue de tout style arcbitectonique. L'autel en marbre blanc qui décore le chœur est un don de Claude-Joseph Mazier et de son épouse.
A amont , vg. de l'arr., cant. et bur. de poste de Poligny, percept.
actuelle de Tourmont et future de Colonne; à 10 kilom. de Poligny, 1 2 d' Arbois et 28 de Lonsle-Saunicr.
Bâti sur un sol légèrement accidenté, à 10 kilom. à l'ouest des plus basses chaînes du Mont-Jura, il est limité à l'est par TAbergement-le- Grand , à l'ouest par Oussières , au nord par La Ferlé et Mont-sous- Vaudrey, au sud par Neuvilley et Montholier. La Tournelle, Beis- Rambert, le moulin Rozet, la Vaivrc et le moulin d'Aval , font partie de la commune.
Il est traversé par la route nat.
n° 5, de Paris à Genève, par le chemin de grande communicat. n° 9 , d'Arbois à Pierre, par les chemins vieinaux tirant à La Perté, à Rat hier, de la Tournelle au Petit-Abergement, de Barretaine à Plasne , de Champvaux à Poligny et à Plasne, de Barretaine à Poligny; par la Growmne,
le ruisseau de la fontaine Rossignolot , le ruisseau des Nues et le Bief- Fourreau.
Pop. en 1790, 722 habit.; en 1846, 881; en 1851, 840, dont 419 nom. et 4SI fera.; pop. spéc.
par kilom. carré, 105 uab.; 220 maisons, 237 ménages.
Les registres les plus anciens de l'état civil remontent à 1679.
Cadastre exécuté en 1834 : surf, lerrit. 796h 72a, divisés en 3067 parcelles que possèdent 273 propriétaires, dont 59 forains; surf, imp. 78 lh 32*, savoir : 420h 45a en terres lab., 177h 40acn bois, 107h 98a en prés , 37h 96a en vignes, 25h 1 la en pâtures , 8h 84a en sol des propriétés bâties et cours , 4b 1 4a en jardins , lh 14a en étangs; rev. cadv 16,635 fr.; contrib. dir., 5056 fr.
Le sol , très fertile, produit du vin pour la consommation des habitants, du blé dont on exporte le quart , du maïs, de l'avoine, des fèves, des légumes secs et des pommes de terre.
Les cultivateurs engraissent beaucoup de bœufs très estimés, d'autres bêtes à cornes et des cochons. Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent.
La population fréquente habituellement les marchés de Poligny et de Sellières.
On trouve sur le territoire des carrières très abondantes de pierre à bâtir et de taille, et de nombreuses sablières.
11 y a dans le village un officier de santé, un moulin à farine, un autre avec huilerie , un pressoir à manège et une tuilerie, un tourneur sur bois, deux voituriers, un fabricant de sabots , quatre aubergistes , trois maréchaux ferrants taillandiers, deux bouchers, deux menuisiers, un charron, un marchand de (issus,
deux marchands épiciers et un exploitant de carrières.
Foires : le 7 juin et le 31 août ; commerce principal, le bétail.
Biens communaux : une église , un cimetière , deux maisons communes, contenant , Tune la salle de la mairie, le logement de l'instituteur, avec la salle d'étude, fréquentée en hiver par 90 élèves ; l'autre , le logement de l'institutrice et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 80 élèves ; deux pompes à incendie, desservies par unecompagnie de 42 pompiers; trois sources non utilisées, et 190h69a en bois, pâtures, mares et sol des édifices publics, d'un rev. cadast. de 1655 fr.
Budget : recettes ord. 6533 fr.
dép. 5853 fr.
Bois communaux; 139b, dont 4h 33a en exploitât, ann. ; essences, dorain. : chêne et charme.
NOTICE HISTORIQUE
Aumont est nommé dans -les les chartes ecclesia de Alto Monte, Almont, Amont, Haulmont, Aulmont, Osmond, Nomond.
Il est situé dans un fond au-dessous de Monlholier, de Grozon et de la Tournelle. Il se divise en deux quartiers appelés le Repoutot et Tiavaux , au milieu desquels s'élève l'église sur une motte ou petite éminence , d'où il a emprunté son nom, Al -Mont, c'est-à-dire le Mont.
Une tradition ancienne et constante nous apprend qu' Aumont était autrefois situé en un lieu appelé Châtillon, au nord de son emplacement actuel. On y a trouvé en effet de nombreux débris d'habitations romaines. La voie de Poligny à Tavaux.
traversait son territoire. Ses traces en sont encore rcconnaissables dans.
le bois, où elle a conservé le nom de Chemin de la Poste. Une source, près de la grange de la Tournelle, s'appelle Fontaine - Sarrasine. On prétend qu'elle tire son nom de l'invasion des Sarrasins au vm° siècle.
La charte la plus ancienne qui fasse mention de cette localité est de l'an 1115. C'est une donation authentique de l'église, faite au prieuré de Colonne par les souverains de Bourgogne. Elle est rappelée dans lecartulaire de l'abbaye de Saint- Jean d'Autun. Chevalier pense que l'abbesse de Saint-Jean n'avait le patronage de l'église d'Aumont, le gîte chez le curé et la dlme sur* le territoire, qu'en vertu de la translation faite par les comtes d'Autun an ae siècle, dans l'enceinte de leur ville d'un monastère qui existait à Poligny, rappelé dans le partage des Etals de Lothaire , en 870 , entre Cbarles-Ie-Chauve et Louis de Germanie.
Seigneurie. Aumont dépendait originairement de la prévôté de Groion, l'une des plus importantes de la chàtellenie de Poligny appartenant aux souverains de Bourgogne.
Le fief de la mairie de ce village fut concédé par le comte de Bourgogne à Renaud de Poligny. Ce dernier le transmit dans la maison dite de Bevilly, autrement Dieu-le-Fit.
Hugues Dieu-le-Fit, fils d'Aymonin, se qualifiait en 1326 de seigneur d'Aumont. Il comptait parmi ses vassaux plusieurs chevaliers et gentilshommes de marque, tels que les Galafin, les Brancion, les Vautravers, etc. Jeanne Dieu-le-Fit, sa fille, fut mariée, avant 1575, à Jean de Chalon, chevalier, bailli d'Aval, fils naturel de ^ouis II de Chalon, comte de Tonnerre, et légitimé par le roi Charles VI. Ces
seigneurs ayant acheté la terre de Montrichard, Jean de Chalon quitta le nom de bâtard de Chalon pour prendre celui de cette terre. Sa femme se nomma aussi Jeanne de Montrichard. Cette dame mourut en 1401 , après avoir institué pour ses héritiers Jeanne de Montrichard, sa fille, dame de Toulongeon , et Jean, sire de Côlebrune, son petitfils, né de marguerite, dame de Côtebrune , son autre fille prédécédée.
N..., fille de Jean de Côtebrune, épousa Pierre Fauquier, écuyer, capitaine du château de Poligny en U55. Ils eurent pour fils Philibert Fauquier, marié à Philiberte de Laubespin. Jean Fauquier, chevalier, seigneur de Montsaugeon, Aumont , etc., leur fils, s'allia à Jeanne, fille de Guillaume de Salins, seigneur de Rans, de laquelle il n'eut qu'une fille, Claudine Fauquier. Cette riche héritière fut mariée, avant l'an 1547, à Hugues de Villelume, chevalier, seigneur de Montbardon. Elle mourut en 1599 , laissant de son mariage Chrétien de Villelume , élève chéri de Gilbert Cousin , qui s'allia à Claudine Philippe , de l'illustre maison de la Chambre, marquise de Mcximieux , dont issut Claudine de Villelume, mariée à Guillaume de Bauffremont, baron de Scey et de Sombernon. C'est ainsi que les seigneurs princes de Bauffremont devinrent seigneurs de ce village en moyenne et basse justice. En 1789, le prince Charles- Roger de Bauffremont tenait du roi la haute justice sur Aumont, à titre d'engagère.
Deux fois ses sujets ont fourni généreusement à ces princes des sommes pour racheter cette terre qu'ils avaient vendue ou engagée ; ils ne se réservèrent que le droit d'exiger leur remboursement , dans
le cas où on la vendrait une troisième fois. Ce trait fait honneur et aux habitants et à leurs seigneurs.
Il y avait dans ce lieu un autre fief mouvant du précédent, auquel étaient attachées la moyenne et basse justice sur les meix et les habitants qui en dépendaient ; ce qui prouve que c'était un fief de partage.
Il était nommé de Roal ou Réal , du nom de Pierre-le-Roi , qui le possédait en 1406 du chef de sa femme.
Le dernier possesseur fut M. Linglois, ditd'Aumont, seigneur de Nance, héritier par sa mère des sieurs Rigolet, qui Pavaient acquis par décret, en 1635, d'Anne de Lezay, dame de Villey, veuve et héritière de Jean- Ferdinand de Villey, dont les ancêtres se qualifiaient de seigneurs d'Aumont.
Le territoire d'Aumont était tenu en franc-alleu. Les droits seigneuriaux consistaient surtout en cens.
Prévôté, Au xvme siècle, Aumont fut érigé en chef-lieu de prévôté, et devint la résidence d'un juge, d'un procureur d'office, d'un greffier et d'un notaire.
indépendamment de ces deux seigneuries, les religieux de Rosières possédaient , près de leur grange de la Tournelle , une tour féodale, à la porte de laquelle ils exerçaient la justice moyenne et basse sur leurs terres et leurs sujets d'Aumont.
Leur chapelle, bâtie en 1 649 et dédiée à Notre-Dame, était sur le territoire d'Abergement-le-Grand.
Evénements divers. On ignore absolument à quelle époque le village se reporta de la contrée , dite en Châtillon , dans le quartier appelé leRepoutot, ou le Reportot.
Serait-ce* à la suite de l'invasion des Sarrasins, ou de la peste qui désoSa la province en 1349? Plusieurs incendies ravagèrent Aumont, no-
tamment en 1833, 184 1 , 1849 et
Eglise. Située au sommet d'une éminence, l'église domine le village.
On y reconnaît plusieurs époques de construction. Le clocher , placé à côté du chœur, porte l'empreinte du xive et du xve siècles; la nef principale et les deux chapelles sont de 16518; les deux nefs collatérales sont du siècle dernier.
Elle est dédiée aux saints martyrs Ferréol et Ferjeux, apôtres du pays, dont on célèbre la fête le 16 juin.
La piété des paroissiens pourvut généreusement à la dotation de l'église. Quelques pierres tumulaires, servant de pavé, indiquent les noms de plusieurs de ses bienfaiteurs.
On trouve des fondations pour anniversaires, faites par Pierre-François Fumey , notaire et procureur fiscal d'Aumont en 1735, par Claude Jonquey et son fils en 1741 et 1748.
Une chapelle, dédiée à saint Loup ou saint Leu, figure dans des titres de 1666. Elle est aujourd'hui consacrée en l'honneur du Saint Esprit ; une autre est dédiée à la Vierge.
On remarque dans le choeur deux stalles du style ogival du xve siècle.
La porte d'entrée est surmontée d'une niche renfermant les statues en bois des patrons de la paroisse.
Elle était jadis ornée de peintures murales, représentant deux colonnes torses, couronnées par un entablement corinthien et un fronton en arc de cercle.
Hors de l'église et sur différents points du territoire, sont trois oratoires renfermant chacun le buste du Christ couronné d'épines.
Cimetière. Le cimetière est fort ancien. On y distingue quelques pierres tombales assez jolies.
Presbytère. Le presbytère, eu très mauvais état , a été construit
en 1779 d'après les plans et sous la direction de l'architecte Derriey, de Dole.
Confrérie du Saint-Esprit. Cette confrérie, fort nombreuse , fut fondée au xive siècle. Elle possédait une maison et une chapelle, qui furent vendus nationalement en 1795. Ce bâtiment est occupé actuellement par M. Foyet, Dominique.
Les confrères nommaient le desserrant de la chapelle Saint-Leu.
ÉTAT ACTUEL
Les maisons d'Aumont sont bâties en pierres. Les plus anciennes sont très larges, à toits très plats, et coufertes en tuiles creuses; les nouvelles sont à toits très rapides et couvertes en tuiles plates. Elles sont généralement construites dans les parties les plus basses du territoire; les eaux rongent les rues et les chemins, qui sont tous beaucoup plus bas que le sol adjacent.
Aumont est la patrie de M. Défaites, Jean- François, né en 1797 , capitaine de dragons, décoré, en activité de service ; de M.Guillemin, officier décoré (1785-1810); de M. Hugonneaux, lieutenant d'infanterie (17*5-1811); de M. Foyet, Denis, capitaine d'artillerie, mort en 1818 ; de MM. Bourgeois, frères, capucins érudits, décédés; de MM.
Morvand , frères, l'un ancien bénédictin , et l'autre ancien chanoine, morts vers 1830; de M. Mayzier, prêtre à Vannes (Doubs) ; de M. Brenot , curé d'Ougney ; de M. Rose, Joseph (1767-1848), capitaine d'inlanterie, chevalier de la légion-d'honneur, officier d'un rare courage, dont chaque grade est marqué par ane action d'éclat. Ses qualités ci-
viles égalaient son mérite militaire»
II a emporté dans la tombe des regrets universels.
Anmnr, vg. de l'arr. de Dole, cant. de Chemin, perc. de Tavaux, bur. de poste de Dole ; chapelle vie.
érigée le 21 décembre 18a 6; à 10 kilom. de Chemin, 15 de Dole et 53 de Lons-le-Saunier.
Bâti en plaine, il est limité à l'est par l'Abergement-de-la-Ronce et Saint-Aubin, à l'ouest par Maison- Dieu, Losne, Fraxhault (Côte-d'Or) et Saint-Aubin, au nord par Losne, Maison - Dieu , Saint - Sympborieh (CôJe-d'Or) et l'Abergement-de-Ia- Ronce, au sud par Saint-Aubin.
II se divise en plusieurs quartiers et hameaux, appelés rues de Saint- Aubin à l'Abergement, de Saint- Jean-de-Losne, du Village, de Tavaux, du Paquier, du Marais, du Bois, de l'Abergement, de Pirota et les Noues.
Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Tavaux, St. -Aubin, l'Abergement-de-Ia- Ronce et Saint- Jean -de-Losne , par le ruisseau des Moines, le Bief- Noir et plusieurs canaux d'assainissement.
Pop. en 1790, 280 habit.; en 1846, 362; en 1851 , 396, dont 194 hom. et202fem.; pop. spéc.
par kilom. carré, 42 hab»; 76 maisons, 106 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1697.
Cadastre exécuté en 1825 : surf, territ. 922h83*, divisés en 1089 parcelles , que possèdent 202 propriétaires, dont 84 forains; surf, impos. 490h 46*, savoir : 327h 03* en terres lab., 65h40* autrefois en pâtures, aujourd'hui cultivées, 48h 70a en bois, 37h 98* en prés, 7h 90* en mares et abreuvoirs, 2b 83* en sol des propriétés bâties, 2h 02* en jardins, 16* en vergers; surf, non
impos. 432h 36a , dont 424h 22* sont en forêts appartenant à l'Etat ; rev. imp. 7853 fr. ; contrib. dir., 1639 fr.
Les maisons sont généralement construites en pierres ou briques, avec pans de bois , et couvertes en chaume ; vingt au plus sont couvertes en tuiles.
Le sol , qui forme le territoire de ce village, est en général mauvais : c'est une terre blanche sous laquelle se trouve, à peu de profondeur, une couche d'argile malfaisante. On voit toutefois quelques parcelles de terres noires semblables en tout point aux bonnes terres de celte nature , qu'on remarque en si grande quantité dans le canton de Chaussin. En définitive, le produit des récoltes dépasse d'un tiers les besoins de la population, qui fréquente habituel ment le marché de Dole. On n'importe que le vin. Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent.
La plupart des habitants sont manœuvres. Ils travaillent alternativement à la culture des champs et à l'exploitation des bois qui les environnent.
Il y a trois auberges , deux maréchaux - ferrants taillandiers et un cordonnier.
Biens communaux. Une maison commune en ruines, contenant le logement'de l'instituteur et une salle d'école, fréquentée par 40 garçons et 40 filles , et une église entourée de son cimetière.
Budget: recettes ord. 2867 fr.
29 c; dép. ord. 2867 fr. 29 c.
Bois communaux. b3h 55a, dont lh 59a en exploitât, ann. ; essences domin. : chêne et charme.
NOTICE HISTORIQUE
Aumur, Omeur, Àulmur, Allimur, semble remonter à une anti-
quité très reculée. Son emplacement primitif, au nord-ouest du village actuel, occupait une éminence naturelle, circonscrite par de larges fossés. On y a trouvé en 1844, dans la contrée dite aux Paralles ou aux Pierrailles, de notables débris de constructions , des fondations de murs, des tuiles à rebords et un grand nombre de monnaies romaines.
11 est probable que des fouilles bien dirigées amèneraient des découvertes intéressantes. Une voie très ancienne se dirigeait de là sur Auxonnc. Elle est appelée la Vied'Auxonnc.
Ce lieu fut probablement détruit par les hordes barbares qui désolèrent la contrée d'Amaous au ive siècle, et anéanti de nouveau par les Normands au ixe siècle.
Le premier document historique dans lequel figure son nom est l'acte par lequel Hugues de Chalon, comte souverain de Bourgogne , par ^on mariageavec Alix de Méranie, donna, en 1259 , les terres de Saint-Aubin et d' Aumur à Agnès, sa fille, en faveur de son mariage avec Philippe de Vienne. H est à présumer que ce village se reforma, au xiue siècle, au sein d'une clairière ouverte à travers les vastes forêts qui couvraient son territoire, et que son nom lui sera venu des mûres qui y croissent avec une abondance extraordinaire.
"Seigneurie» Aumur dépendait de la seigneurie et de la prévôté de Saint-Aubin. En 1703 , il en fut démembré et vendu comme seigneurie particulière. Marguerite, née du mariage de Philippe de Vienne avec Huguetle de Sainte-Croix , s'unit en 1352 à Louis de Chalon. Jean de Chalon, IIIe du nom , prince d'Orange, héritier de ce seigneur, affranchit les habitants de la mainmorte en 1390, et leur concéda des droits d'usage importants dans les
vastes forêts appelées les Noues et les Grands- Bois. La restriction de ces droits par Louis XIV amena la décadence de ce village, dont l'histoire se lie intimement à celle de Saint-Aubin. Les droits seigneuriaux consistaient en cens et dans la banalité du four.
La dime appartenait aux religieux du prieure de Saint- Vivant.
Eglise. Aumur dépendait, dans l'origine, de la paroisse de l'Abergement-de-la-Ronce. En 1736, il fut érigé en succursale, et en 1742, on construisit une église qui fut dédiée à saint Hippolyte , dont la fête se célèbre le 13 août.
Cet édifice, menaçant ruine , fut interdit en 1842 et reconstruit en 1850. Il se compose d'une nef très courte et voûtée, de deux chapelles, d'un clocher et d'une sacristie. Le chœur est octogonal.
L'intérieur de cet édifice est décoré de pilastres avec renflement, et dont les chapiteaux ne sont, à tort, composés que du profilement de la corniche. L'autel, en menuiserie avec ornements dorés, est d'un assez joli effet.
de Tarr. de Dole, cant. de Rochefort, percept., bur.
de poste de Dole; succursale; à 6 kilom. de Rochefort, 4 de Dole et 86 de Lons-le-Saunier.
Echelonné sur un monticule d'où la vue s'étend au loin , il se* divise en deux parties auxquelles on donne le nom Au t hume et de la Bretenière. Il est limité à l'est par Cbàtenois, Rochefort et Brevans, à l'ouest par Jouhe et Dole , au nord par Jouhe , Archelange et Chatenois , au sud par Dole et Brevans. Une maison isolée , dite aux Bruyères , fait partie de la commune.
H est traversé par la route de Dole à Gray et par les chemins vicinaux
tirant à Bavcrans, Archelange et Brevans.
Pop. en 1790, 566 habit.; en 1846, 602; en 1851, 587, dont 289 nom. et 298 fem.; pop. aggl., 587 hab.; pop. spéc. par kil. carré, 80 hab.; 130 maisons, U2 ménages.
Les registres les plus anciens de l'état civil remontent à 1792 ; ceux antérieurs sont à Jouhe.
Cadastre exécuté* en 1836: surf* territ. 732h 20*, divisés en 3317 parcelles, que possèdent 235 proimpos. 720h 57a, savoir: 382h 55* en terres lab., 15*h 50» en bois, 88h 09* en vignes, 79h 98* en pâtures, hh en sol des propriétés bâties, 3h 98* en prés, 2h 95* en jardins , 2h 75* en vergers, i* 73* en friches et murgers, d'un rev. cadast. de 11,520 fr. 97 c. conlrib. directes, 3602 fr.
lie territoire, d'une culture facile, est parsemé de côteaux chargés de vignes, dont les produits en vins rouges seraient excellents, si, comme dans beaucoup d'autres communes, on ne cultivait pas de préférence les plants qui donnent la quantité à ceux qui donnent la qualité. Il produit du blé , de l'orge, de l'avoine , du maïs , des pommes de terre , de la navette, du chanvre, des légumes secs et des fourrages artificiels. Il y a peu de prairies.
On exporte le tiers des céréales et les deux tiers des vins.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Dole. Ils élèvent des moulons , des cochons , des volailles, peu de chevaux et de bêtes à cornes ; 1 2 ruches d'abeilles.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
Il y a deux auberges, deux maréchaux - ferrants taillandiers, deux
maçons, un charron et un tailleur I est de Tan 127», et non de Pan de pierres , exploitant de carrières. 1375 , ainsi que Ta indiqué M. Bé-
chet.
Seigneurie, Autliume, écrit quelquefois, mais à tort , Autume, était
On trouve sur le territoire du minerai de fer non exploité , et des carrières de pierre à bâtir, de taille et à chaux.
Biens communaux : une église , un cimetière, un presbytère assez vaste, mais mal distribué et en mauvais état , ayant pour dépendances une grange et une écurie ; une maison commune servant de logement à l'instituteur, et de salle d'étude, fréquentée en hiver par 75 élèves , et de salle de pompe à incendie ; une autre maison commune plus convenable que la précédente, contenant le logement de l'institutrice , qui est une religieuse de l'institut de la Sainte-Famille de Besançon, et la salle d'école fréquentée en hiver par 70 élèves ; une pompe à incendie, desservie par une compagnie de 33 pompiers ; deux fontaines, dont une avec lavoir et abreuvoir, et 196h 81» de terres , bois et sol des édifices publics , d'un rev.
cad. de 1363 fr. 30 c.
Bois communaux: 120h 38a, dont 3b 5U* en exploitât, ann. ; essences domin. : chêne et charme.
Budget : receltes ord> 3348 fr. ; dép. ord. 3348 fr.
Le sol d'Authume n'a restitué jusqu'à présent aucun débris antique ; quelques dénominations locales semblent cependant rappeler de vagues souvenirs du polythéisme gaulois.
Le Chemin de la Poste , ancienne voie romaine qui traversait la forêt de la Serre, devait se continuer sur ce village. Il serait possible que la rue, appelée Chemin-Blanc, en fût le prolongement. Le premier titre authentique qui mentionne ce lieu
le chef-lieu d'une seigneurie dépendant de la prévôté de Rochefort et du bailliage de Dole. Le seigneur y exerçait la justice haute, moyenne et basse. Les sujets étaient soumis à la main-morte réelle et personnelle.
Ils s'affranchirent de l'obligation de faire guet et garde au château de Rochefort, moyennant le cens de k livres de cire. Ils étaient exempts de payer les droits de ventes sur le marché de Rochefort. Ils avaient reçu de Charles-Quint le droit de couper des chênes dans la forêt de Chaux pour leurs constructions, à charge de payer la rente annuelle de 10 livres estevenants.
Seigneurs. En 1275, Poncette, veuve de Jean d'Auxange , fils de Vuiric de Rochefort, chevalier, Hugues et Jean, ses fils, engagèrent la moitié de la terre d'Authume, du côté du Bois-Chaillot , à l'abbé et aux religieux d'Acey, moyennant 175 livres estevenants. Les seigneurs de la maison d'Auxange vendirent cette terre, en ih 29, à Nicolas Rolin, chevalier, chancelier et chef des conseils du duc de Bourgogne , qui la transmit à Louis Rolin, le second de ses fils. Ce dernier fut tué à la bataille de Granson, ne laissant pour héritière qu'une fille nommée Louise, mariée à Jean, seigneur de Château- Vilain. Jean de Champ -d*Hy ver s'était rendu acquéreur de ce fief en 1487, époque à laquelle les habitants lui firent reconnaissance de sesdroits.
En 1533, Authume passa par acquisition à dame Jeanne de Poitiers , quî le remit en 1533 à noble Jean Bernard. En 1380, Hugues Bernard, fils de Jean , en était propriétaire,
et le donna à Antoinette Bernard , sa fille, épouse d'Henri de Mont- Saint-Ligier. Anne - Françoise de Mont-Saint-Ligier, leur fille, dame d'Authume, Choisey, etc., épousa, le 18 août 1621, Guillaume de Bonlemps. Léonel de Bontemps , fruit de cette union , eut de Suzanne Pétrey de Cbampvans, son épouse, Marie de Bontemps , baronne et dame d'Authume, Eclans, Longwy, Cbampvans, etc., qui épousa, en 1692, Claude -François Masson , conseiller au parlement de Besançon .
trois enfants naquirent de ce mariage, savoir: Charles-Emmanuel, l»aron d'Eclans , qui fut chef d'une branche ; Jean Léger, marquis de Masson. Ce seigneur fut reçu dans Tordre de Saint-Jean de Jérusalem ; mais, rappelé dans Sa famille avant d'avoir prononcé les vœux de cet ordre, il fut marié en 1737 à Marguerite-Rosalie Mayrot de Mutigney, et fut nommé depuis chevalier d'honneur en la chambre des comptes de Dole. Au mois de juillet 1750, Authume, avec un fief à Jussey , fut érigé en marquisat en sa faveur. Le troisième fils fut François-Xavier de Masson, doyen de l'église collégiale de Poligny et vicaire-général à Nevers.
Jean Léger, marquis de Masson d'Authume , a laissé quatre fils :
1° Jean-Elienne, marquis de Masson, seigneur d'Authume, Jussey, etc., conseiller au parlement de Besançon, décédé en 1797, après avoir été injustement condamné à mort quelques années auparavant , comme aristocrate émigré, par le tribunal révolutionnaire ; 2° Philippe-Thérèse de Masson de la Bretenière , conseiller au môme parlement ; 3° Jacques-Philippe-François de Masson d'Authume, capitaine au
régiment de la Fèrc, devenu lieutc- | lui disputer celte demeure déserte.
nant-coloncl d'artillerie; 4° Jean* Simon -François de Masson d'Authume , aussi capitaine au régiment de la Fère, devenu colonel d'artillerie. Lorsque Napoléon, encore simple lieutenant, venait d'Auxonne, où il tenait garnison, à Dole, il passait presque toujours par Authume, où il s'arrêtait pendant de longues heures chez M. le chevalier d'Authume, l'un de ses chefs à l'école de Brienne, pour lequel il conserva une affection qui le suivit jusque sur le trône. L'empereur créa plus tard , en faveur de cet officier de mérite, la place de bibliothécaire de l'école impériale de Metz.
Les visites de Napoléon à Authume nous remettent en mémoire le roman écrit par M. de Ferrier sur les amours du futur empereur avec une jolie villageoise , dont la séduction eut de si funestes suites.
Heureusement que les faits dont la fontaine Bargon étaient le théâtre, sont de l'invention de l'auteur.
Evénements divers. En 1375 , au mois d'août, le gardien du comté de Bourgogne se transporta à Authume avec une tcoupe de gens d'armes pour repousser les Grandes- Compagnies. Ce village et le château qui le défendait furent ruinés, en 1477, par le sire de Craon. Au mois de mai 1G30, le prince de Coudé, marchant sur Dole à la léle de 20,000 fantassins et 8000 chevaux, prit ce village et plaça son infanterie sur la colline qui s'étend dans la direction d'Archelange. Des incendies, arrivés en 1844, 1845 et 1846, ont détruit plusieurs bâtiments.
Dans la rue principale , est une maison qui resta plus de trente ans inhabitée, parce qu'on assurait que le diable y revenait cl tirait par les pieds quiconque avait l'audace de
Chapelle Saint- Bonot. La chapelle Saint-Bonot ou Saint-Bonet , annexe de l'église de Jouhe dont dépendait Autliume , fut érigée au xve siècle par Nicolas Rolin. Le 2 septembre 1757, Ctaude-François Masson, seigneur du lieu , y fonda plusieurs services.
Eglise. L' église, placée sous le vorabledc saint Bonet, évèquede Cler- Diont, dont on célèbre la fête le 15 janvier, frit consiruite en 1762 pour remplacer l'ancienne chapelle. Elle est composée d'un clocher, d'une grande nef , d'un coilaléral au nord, d'une sacristie et d'une tribune.
Elle est orientée. La nef, décorée de pilastres de l'ordre toscan, avec voûte d'arètes et arcs-doubleaux , le chœur en hémicycle, produisent un bel effet. Le collatéral ajouté à l'édifice est séparé de' la grande nef par d'énormes massifs de maçonnerie, qu'il serait facile de diminuer en élargissant les arcades.
On y remarque un bon tableau représentant saint Bonei , un autre tableau en relief de l'Annonciation, attribué à Gillis, artiste franc-comtois renommé? la pierre tombale de Mme de Bonlemps, morte en 1697 ; un panneau incrusté dans le mur près de la chaire , sur lequel sont très délicatement sculptés deux personnages et de gracieux ornements. Le presbytère possède un très beau portrait uc saint François de Sales.
Une croix en pierre est placée au devant de la porte principale de l'église.
La partie de l'ancien cimetière, au nord , était consacrée exclusivement à la sépulture des seigneurs du village , et renferme les tombes de MM. Tignat etThurel, curés de la paroisse, ainsi que celle de M. Joseph-Xavier Broch d'Hôlclans, che-
valier de Saint-Louis , mort à Autliume en 1852.
Château. Le château qu'habile actuellement M. le marquis d'Authume, construit, pendant le règne de Louis XIV, sur l'emplaceincnl de l'ancien casïel détruit par Craon, est une délicieuse maison de plaisance. On y remarque une vaste cave et un beau salon orné de boiseries finement sculptées dans le slylede la renaissance. Le parc, traversé par la roule de Dole à Gray. renferme de charmantes promenade? ombragées par des arbrçs savamment taillés, et bordées de bosquets, de pelouses distribuées avec un goût exquis. On y voit une margelle de puils en pierre, d'un seul bloe, richement feslonuée , des vases . des corneilles, aussi en pierre , chargés de fruits parfaitement imités.
BIOGRAPHIE
Authume a vu naître plusieurs membres de la famille deMasson, qui ont occupé des emplois distingués, et M. Galloy, né en 1797, capitaine décoré en retraite, à Dole.
Auxange, Ossanges, vg. de l'arr.
de Dole, canl. et pe»cept. de Gendrey, bur. de poste d'Orchamps; paroisse de Sermange, chapelle vie. érigée le 15 mars 18ft7 ; a 6 kiloni.
de Gendrey, 15 de Dole et 67 de Lons-ie-Saunier.
Groupé irrégulièrement sur une éminence aride, qui s'élend de l'est à l'ouest, il es» limité au nord par Gendrey, au sud par Lavans, à l'est par Lavans et Gendrey, à l'ouest par Sermange, Malange et Lavans. H se divise en rues appelées rue de Dole, rue du Moulin, rue de la Tour, rue du Baron, rue du Capitaine, rue Sage , et en hameaux appelés Berthoulange ou Berlholange, moulin de Lfgnière, les Echalumes-d'en-
Haut et les Echatumes-d'en-Biis , ou les Vernes.
Il est traverse par le chemin de grande commun. n° 15, d Orchamps à Peintre, par les chemins vicinaux tirant à Lavans , à Sermange e( à On luuniis, cl arrosé par le ruisseau de l'Ai ne ou de Lignière.
Poji. en 1790, 250 habit.; en 1816, 2GS; en 1851 , 207, dont 104 hom. et 105 fem. : pop. aggl., 197 hab.; pop. spéc. par kil. carré, &2 hab.; 52 maisons, 52 ménages.
Les. registres les plus anciens de l'élal .civil remontent à 1692.
C?das(re eséculé en 1 8 1 û : surf, terril. 5i3h89a, divisés en 1G66 priélairès , dont 95 forains ; surf, impos. 505h 63a, savoir: 585:i 52a en ierre^ lab., 69h 72a en prés, 54h 87a en bois, 6h 5'ia en friches, Uh 20a en vignes, lh05a en jardins, 18a en chaussées, 15a en réservoirs, d'un rev. cad. de 13,286 fr.; conl.
directes, 1659 fr.
Le sol , naturellement ingrat, est devenu très fertile par remploi , comme engrais, de la marne bleue qu'il recèle en abondance. Il produii du blé, du seigle, de l'orge, beaucoup d'avoine, du maïs, des légume secs, du chanvre, des pomme* de terre, des fruits, du vin de mauvaise qualité, du foin et des fourrages artificiels.
Les habitants élèvent deschevaux, des bèiesà cornes, des cochons, des moutons et des volailles. 20 ruches d'abeilles. Ils fréquentai habituellement les marchés de Dote et d'Orchamps. Ils exportent moitié de* céréales et importent le vin.
On trouve sur le territoire des mines de fer, dont l'exploitation a été abandonnée depuis quelques années, des sablières, des carrières de pierre ordinaire à bâtir et à chaux.
En creusant les terrains à marne, on a rencontré des filons de charbon fossile ut quelques parcelles d'une houille qui contient beaucoup plus de parties sulfureuses que celle que l'on brûle dans nos usines. Il est probable qu'en faisant des sondages plus profonds , on trouverait de la houille en abondance.
Près de la ferme de Berlhoulange, on extrait une to re qu'on emploie, avec succès pour la confection des fours; cette terre est excellente pour la cuisson du pain qui ne noircit jamais, quel que soit le degré de chaleur.
Il y a dans la commune un moulin en ruines, abandonné, un autre à irois tournants avec une huilerie, et un marchand épicier-quincaillier.
Biens communaux : une église , un cimetière quf l'entoure, un presbytère inhabité, en mauvais état, une maison commune bâtie en IS46, qui a coùié 7000 fr., contenant la mairie, le logement de Hnsiiluîeur ci la salle d'étude, fréquentée en hiver par 50 garçons et 18 filles; enfin 38il 703 de bois, friches , terres et sol des édifices publics, d'un revenu cad. de 532 fr. 28 c.
Bois communaux : 35b W, dont lh 06a sont eu exploit, ann. ; essences do m in. : chêne et charme.
Budget: recettes ord. 2072 fr.; dép. ord. 1954 fr.
NOTICE HISTORIQUE
L'emplacement de ce village s'étendait autrefois, dans la direction de Gendrey, jusqu'au lieu dit Nonlcouty, et dans celle de Serre-les- Moulières, jusqu'au bois de l'Abergemenl - lez-Malangc. On retrouve dans ces deux directions des débris de construction , des tuiles , des monnaies appartenant à la période
gallo-romaine. Son nom figure pour la première fois dans une charte de Tan 1128.
Seigneurie. Auxangc était le cheflieu d'une seigneurie en haute , moyenne et basse justice, dépendant de la prévôté d'Orchamps et du bailliage de Dole. Les sujets étaient main- mortables ; ils avaient des droits d'usage importants dans la forêt de Labié. Ils les perdirent à la suite d'un long procès , soutenu contre les communes de Lavans et d'Orchamps.
Seigneurs. Une famille noble de nom et d'armes portait le nom de ce village. C'était une branche cadette de celle de Rochcfort. En 1128, Anseric, archevêque de Besançon, confirma la* donation faite par Narduin d'Auxange et Etienne, son fils, à Constantin, prêtre, et à Robert, son frère, de leurs droits dans le val St.-Jean. En 1275, Jean d'Auxange, Hugues et Jean, ses fils, engagent à l'abbaye d'Acey la moitié de la terre d'Aulhume, moyennant 175 livres estevenants. En 1385, on trouve encore Jean d'Auxange , écuyer. En 1522, Jean de Champagne, écuyer, marié à Jeanne de Scey , était seigneur de ce lieu. Depuis cette époque, les noms des différents possesseurs de celte terre se perdent dans l'oubli jusqu'au xvne siècle.
En 1693, Claude Arvisenet, d'une famille originaire de Champlitte , distributeur de l'université .et président de la cour des monnaies de Dole, se qualifiait de seigneur d'Auxange, Lavans, etc. En 1738, Gabrielle d'Arviscnct , fille puînée de Ferdinand d'Arvisenet, chevalier, président de la cour des comptes de Dole , épousa Philippe - Joseph , comte d'Esternoz , et lui porta celte seigneurie en dot. Antoine-Philippe dTsternoz, leur fils, dit d'Auxange,
né en 1 741 , chevau-léger de la garùV du roi , leur succéda.
Bcrlhoulange était un fief particulier relevant d'Auxange, possédé de temps immémorial par des familles nobles, et qui passa par acquisition à Claude Arvisenet. En 1840, "cette ferme appartenait à Mme la comtesse de Jouffroy.
Château. On aperçoit dans la prairie , au pied du village à l'est , un amas de pierres désunies, cachées sous des broussailles. Ce sont les ruines de l'ancien château désigné dans les litres sous le nom de repaire du seigneur de la ville d'Auxange.
Il consistait dans une haute et épaisse tour ronde, isolée , et en quelques petits bâtiments à côté. La rivière d'Arne et de larges fossés , toujours pleins d'eau, en défendaient l'accès.
Construit au xi* siècle, il fut détruit en 1477 par le sire de Craon.
A 50 mèlres de ces ruines, à l'est, se trouve une vaste fontaine naturelle, ayant huit mètres de circonférence. Elle est alimentée par une source si abondante , qu'elle suffit pour remplir toujours la fontaine d'Orchamps, et faire tourner le moulin du Bas.
Eglise. L'église actuelle fut construite en 1 607 pour remplacer l'ancienne qui tombait en ruines. Elle avait , avant la révolution de 1789, le titre de cure. L'autel fut consacré en 1607 par Mgr. Guillaume Simonin, archevêque de Corinthe , ainsi que l'indique une inscription gravée sur marbre, dans le chœur, du côté de l'épîtrc. Le prélat consécraleur déposa dans cet autel les reliques de saint Thisie et de ses compagnons , ainsi que celles de saint Mammcs, martyrs, et accorda quarante jours d'indulgence à tous les fidèles qui , chaque année, au jour de la Dédicace, visiteraient l'église avec piété
et dévotion. Elle est placée sous le Bataille, du Froty ou des Fournets,
vocable de l'Assomption de la Mère de Dieu , dont on célèbre la féle le 15 août. Son architecture es! sans caractère. Une nef, une sacristie et un clocher composent tout l'édifice.
ÉTAT ACTUEL
Les maisons d'Auxange sont groupées. Un incendie, arrivé en (818 , en a détruit plusieurs. Les jardins sont clos de vieux murs noircis par le temps ; les rues sont mal nivelées.
Ce village a vu naître le père Dominique Lambert , théologien de la faculté de Paris, inquisiteur-général de la foi dans le diocèse de Besançon et le comté de Bourgogne. Il a fourni un grand nombre de jeunes gens, enrôlés volontaires pendant les guerres de la république et de Pempire.
Plus de vingt d'entre eux sont restés sur les champs de bataille. Quelques-uns sont parvenus au grade d'officier, tels que Courvoisier, Denis (1773-1 830); Jarry, Guillaume ( 1781-1832) ; Vigoureux, Jean (1770-1814).
Avignon, Avignon - sur - Saint- Ctoude, vg. de Parr., cant., perc, bur. de poste et paroisse de Saint- Claude; àfckiloni. de Saint-Claude et 58 de Lons-lc-Saunier.
Perché comme un nid d'aigle presque au sommet du revers oriental de la haute montagne qui domine la ville de Saint- Claude , à l'ouest , il est limité à l'est et au sud par Saint-Claude, au nord par Vualfin, et à l'ouest par Pontoux et Cuttura.
Les granges du Crozet , du Gouillat , Sur-les-Puits , du Puits, Sur-les- Vergere ou des Trois Maisons, Fcycdets, des Champs-Forents , de la
de la Goutte, de la Boussière, font partie de la commune.
Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Saint-Claude, à Cuttura , aux granges des Feyedets, à la carrière des Tappes et aux Granges-d'en-Bas.
Pop. en 1790, 178 habit.; en 18*6, 230; en 1851, 235, savoir:
115 nom. et 120 fem.; pop. spéc.
par kilom. carré, 30 hab. ; 43 maisons, 56 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1790.
Cadastre exécuté en 1812 : surf, territ. 783* 60*, divisés en 1220 parcelles que possèdent 95 propriétaires, dont 27 forains; surf, imp., 776h 53», savoir : 476h 84* en bois, 201h 04* en pâtures, 88h 33* en terres lab., 8h 27* en prés, lh 03* en vergers, 19* en jardins, d'un rev.
cad. de 6567 fr. 76c; contrib. di;\ 931 fr.
Le sol produit du blé, du seigle, du nicteil, des pommes de terre, du maïs, peu d'orge, des légumes secs, des fourrages artificiels et naturels.
On n'élève dans la commune que des vaches et quelques bœufs. 30 ruches d'abeilles. On importe le vin et les céréales.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
Les habitants fréquentent habituellement le marché de St.-Claude, où ils conduisent chaque semaine quelques voitures de bois , dont la vente est une de leurs principales ressources.
La plupart d'entre eux sont tourneurs, et fabriquent des jouets d'enfants, qu'ils vendent aux marchands en gros de Saint-Claude. Il y a un fabricant de tabatières et une auberge.
On exploite quelques carrières de
pierre blanche et de pierre vive bleuâtre d'une grande dureté.
Les maisons sont généralement construites en pierres el couvertes en lava liions. Plusieurs ont des citernes alimentées par des sources qui s'échappent des figures du rocher.
Biens communaux: une chapelle, une maison commune construite en grande partie en 1845 qui a coûté 6500 fr. ; elle renferme une fruitière qui produit annuellement 5000 kilog. de fromage, façon Septmoncel; la salle de la mairie avec un cabinet pour les archives , la salle de la pompe à incendie, le logement de l'instituteur et la salle d'école, fréquentée en hiver par 25 garçons el 25 filles; une pompe à incendie, 10 citernes voûiées, ei 450h 52a de bois el pâtures, d'un revenu cadast. de 1784 fr. 08 c.
Bois communaux: 275 h 15a, dont 8b 25a en exploit, annuelle; essences domin. : hêtre , chêne elbois blanc.
Budget: receltes ord. 1946 fr. ;
NOTICE HISTORIQUE
En .1177, il s*e forma à Bonpas, sur la Durance , près d'Avignon , une congrégation de maçons appelés les Frères pontifes, vouée à la construction et à l'entretien des ponts.
Le héros saint Benc/. en éiait un des chefs. L'abbé de Saint-Claude appela des ouvriers de cet ordre pour construire deux ponts sur la Bienne.
L'un fui appelé pont d'Avignon , ei l'autre ponl de Sl.-Claude. Lorsque ces travaux furent terminés, quelques Frères pontifes oblinrenl , à titre d'accensemenl , des terrains sur la montagne, au-dessus de la Bienne, et construisirent des cabanes qui devinrent le berceau de ce vil-
lage. L'aridité du sol n'était point favorable au développement de la population ; aussi celle localité n'eutelle jamais d'importance. On la distinguait, au moyen-âge, sous le nom d'Avignon-Dessus , d'Avignon-du- Milieu et d'Avignon -du-Br.s. Les communaux de Saint-Claude étaient indivis, pour le pâturage cl les autres usages , avec les habitants d'Avignon, ce qui prouverait que ce dernier lieu n'est qu'un démembrement de l'ancien territoire de la ville.
Seigneurie. L'abbé de St. -Claude était seigneur d'Avignon en haute , moyenne et bas?e justice. Il y fit construire, au xiu" siècle, une tour fortifiée , en un lieu appelé aujourd'hui Sur le Fort. Un autre point culminanl de la montagne, qui domine l'anlique village d'Elables , s'appelle Beauregard.
Les sujets el le territoire étaient soumis à la main-morte réelle et personnelle. Les habitants devaient le droit de lod* sur le pied du quart du prix de chaque vente d'immeubles. La dime , qui se percevait sur toutes les graines, appartenait pour (rois quarts à l'abbé, et pour un quart au grand prieur de l'abbaye.
Chaque feu devait annuellement une poule, la gerbe de Saint-Oyan, des corvées ou 9 sols ei 5 deniers genevois , les maréchassis et les hublis.
L'abbé avait en outre sur le territoire le droit exclusif de la chasse, les épaves, des cens et des lailles. L iniirmicr de l'abbaye, en qualité de marguillier de l'église de S'-fiomaia de Sainl-CIjudc, dont dépendait Avignon, percevait, avant les décimaieurs , une gerbe de froment et un cuchoi d'avoine sur chaque particulier. En 1598, l'abbé affranchit de la main-morte Claude el Benoit Vuillcrme, frères, en récompense
des services qu'il en avait reçus , moyennant l'abandon de leurs biens main-morlables , du fiers de leur mobilier, et une rente annuelle de cinq gros de Bourgogne. La maison de ces deux frères , construite au commencement du xvue siècle, a une porte et des fenêlres qui rappellent l'architecture de celte époque.
Prévôté. Ce village dépendait de la prévôlé de VuaJfin. Le prévôt percevait un jambon sur tous les habitants qui tuaient des porcs, marquait !es mesures de blé el de vin , recevait le serment des écbeyins, prélevait sur les amendes un droit appelé la coupe du prévôt, avaii droit d'exiger de ebaque habitant deux corvées de charrue et une corvée ù bras, ainsi qu'un gros de dix niquels pour le recouvrement des tailles.
Evénements divers. Au mois de novembre 15*95, le* Français ayant envahi la lerre de Saint-Claude , y commettaient toutes sortes d'excès.
Dans chaque village , les habitants faisaient le guet et montaient la garde nuit et jour. Jean Reymond, commis pour faire le guet avec Claude Brunei, dit Claudy, Claude Cuillat le jeune, Claude Favier et Claude Reymond , s'étant poslé un certain jour en un lieu de la montagne, dit Fers la Vie-Neuve, entendit du bruit dans la forêt. C'était Claude Benoit, dcCullura, qui servait de guide à une troupe de soldats, commandée par Barnabé Barbaul , maiti c-de-cainp du régiment de Lombardie. Reymond défendit à Benoit d'avancer. Sur son refus, il le tua d'un coup d'arquebuse. Les soldats, effrayés, prirent la fuite, se ruèrent sur les granges éparses dans la montagne, et les brûlèrent après avoir enlevé le bétail. Une instruction criminelle fut dirigée
contre Reymond; mais l'abbé de Saint-Claude lui fit grâce. Une croix en pierre , au bord du chemin, près, de la grange dile de la Bataille, fut érigée sur le théâtre de l'événement pour en perpétuer le souvenir.
Chapelle. En 1M9, les habitants d'Avignon, en exécution d'un vœu qu'ils avaient fait pour échapper aux ravages de la peste, firent construire une chapelle dédiée à saint Roch , dont on célèbre la fête le 16 août.
Celle chapelle devint un lieu de pèlerinage pour les habitants de Saint- Claude, qui continuent d'y affluer le jour de la féte patronale. Ce modeste édifice, voûié, est précédé d'une tour carrée servant de clocher.
Il renferme la statue de saint Roch et un buste de pèlerin , sous lequel sont des reliques de saint Romain , du suaire de saint Claude et de la châsse de saint François de Sales.
BIOGRAPHIE
Avignon est la patrie de Jaillo» , Simon (1053-1681), qui excellait dans la culture de l'ivoire. De ses mains sont sortis des Christs d'un fini merveilleux. Son éloge se lit dans la description de Paris en vers, par l'abbé de Marolles ; et de Jaillot, Hubert-Alexis, frère du précédent (1640-1712), qui quitta la sculpture pour la géographie. Ses cartes sont d'une exactitude remarquable.
Son Atlas français, en 2 vol. in-folio, est considéré comme l'un des meilleurs qui existent. La modeste maison, dans laquelle ces deux hommes ont vu le jour, existe encore en face de la maison commune.
Azans, Haens, Aysans, Aisans , Asans, Azan, vg. de l'arr., cant. et bur. de poste de Dole , percept.
actuelle de Villetlc, et future de Dole; succursale érigée en 1851 ;
à 2kilom. de Dole et 51 de Lonsle-Saunier.
- Disséminé sur un côteau riant, d'où l'œil découvre une vallée pittoresque, il est limité de tous côtés par le territoire de Dole , dont il est séparé seulement au nord parlcDoubs.
Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Dole, au Bizard, faubourg de Dole, et arrosé par le Doubs et le ruisseau de Péridon.
Pop. en 1790, 165 habit.; en 1840, 277; en 1851, 266, dont 128hoin. et 158 fem.; pop. spéc.
par kilom. carré, 92 hab.; 38 maisons, 82 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1643.
Cadastre exécuté en 1813 : surf, terril. 28h9ô«, divisés en 155 parcelles que possèdent 47 propriétaires , dont 6 forains ; surf, impos.
22h 47*, savoir : 6U 61* en vignes, 6h 02* en jardins, 5h 04* en terres lab., 2h 43* en vergers et terrains plantés, lh 1 8a en propriétés bâties, lb 14* en bosquets, et 2* en pâtures; rev. cad. 2865 fr. 29 c. ; contrib.
directes, 903 fr,
l,c sol , très fertile , produit du vin, du blé, de Pavoine , du maïs , des pommes de terre, des légumes , des fruits , des fourrages artificiels et peu de chanvre.
Les habitants n'élèvent des porcs que pour leurs besoins. Ils achètent des vaches à lait , dont ils portent vendre chaque jour le produità Dole, et les revendent pour la boucherie lorsqu'elles sont âgées. Ils s'occupent exclusivement du jardinage, dont ils tirent un excellent parti sur les marchés de Dole, lis s'occupent peu d'agriculture. Ils ne recollent du vin et des céréales que pour le dixième des besoins de la population .
Le revenu réel des propriétés est de 5 pour cent.
On trouve sur le territoire d'abondantes carrières de pierre à bâtir non exploitées, qui pourraient être converties en chaux , des carrières de pierre de taille et de marbre , du sable quartzeux employé par les tuiliers et les fondeurs , et du sable vilrifiable employé dans les verreries.
Il y a dans la commune trois bouchers, un charcutier, un épicier et un aubergiste.
Biens communaux : une église , uu cimetière, un presbytère nouvellement restauré , très convenable , une fontaine et un lavoir. Il n'y a pas de maison commune. 35 garçons fréquentent l'école en hiver; les filles fréquentent les écoles de Dole.
dép. ord. 1663 fr.
NOTICE HISTORIQUE
L'origine d'Azans est incertaine.
Gollut en attribue la fondation à une colonie grecque. Les commentateurs de Ptolomée ont cru y retrouver l'emplacement de la ville de Didattium, mentionnée par ce géographe.
Ces faits ne sont point prouvés.
L'heureuse position de ce village, bâti sur les bords d'une rivière très fréquentée par les navigateurs au ive siècle, et traversé par la voie romaine de Besançon à Autun, qu'on appelle aujourd'hui là ruelle d'Jrgant, l'antiquité de son église, donnent lieu de croire qu'un centre de population a dû s'y former de bonne heure. Toutefois, le premier titre authentique qui le mentionne est de Pan 1092. C'est Pacte par lequel Hugues III, archevêque de Besançon, fils de Guillaume-le-Grand , comte de Bourgogne , donna au chapitre de Sainte -Madeleine de Besançon l'autel de Saint-Germain de Haens, donation confirmée en 1101 par
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Parchcvêque Ponce, et en i 109 par Guillaume d'Arguel. 11 existait en 1092, sur le territoire de Dole dont Azans faisait partie, plusieurs chapelles : Tune au centre de la ville , dédiée à saint Etienne, que le comte Guillaume-le Grand vendit, en 1083, a Bernard , abbé de Baume ; une autre, dédiée à saint Germain, au faubourg d' Azans; la troisième, dédiée à saint Martin, dans un quartier depuis longtemps détruit , appelé Saens , du côté de Foucherans.
Assez rapprochées les unes des autres, elles finirent, vers Tan 1 1 20, par ne former qu'une seule église , la cathédrale de la cité. Celle-ci quitta le nom de Saint-Etienne pour prendre celui de Notre-Dame.
Gollut dit dans ses Mémoires que t l'église d'Azans était la mère très ancienne et paroissiale de la ville de Dole, et à laquelle ceux de deçà l'eau déféraient comme à la principale et supérieure. » Dunod confirme celte assertion qui fut vivement combattue par l'abbé Monnier, l'abbé Figurey, M. de Persan, M. Fransquin, MM. Marquiset et D. Monnier..
Après avoir étudié avec soin la sentence rendue par l'archevêque Anseric, en 1120, sur les prétentions respectives du chapitre de Sainte- Madeleine et de l'abbé de Baume, et surtout celle émanée, en 1538, du doyen de l'église collégiale de Nozcroy, comme délégué du Saint- Siège , qui fixe irrévocablement les droits du chapitre de Sainte-Madeleine et de celui de Notre-Dame de Dole , quant au patronage , au partage des dîmes, des oblaiions, des mortuaires , nous n'hésitons pas à nous ranger à l'opinion de Dunod, et à considérer l'église d'Azans comme l'église-mère de Dole. On sait , du reste, qu'en général les églises primitives étaient bâties hors de l'en-
ceinte des villes. Notre province offre un grand nombre d'exemples de ce genre. La sentence de 1 538 , que nous venons de citer, nous apprend que la plupart des vignes d'Azans étaient nouvellement plantées à celte époque.
Azans, compris dans le canton d'Amaous , dépendait de la prévôté de Dole et du domaine des comtes souverains de Bourgogne. Les habitants de Dole ayant obtenu de l'empereur Maximilien la concession, qui leur fut confirmée par Charles- Quint le 6 mars 1 538 ( v. s. ), de la haute et basse justice sur leur territoire, l'exerçaient également sur celui d'Azans.
Le magistrat avait le droit de consentir à la réception des habitants > d'autoriser les réjouissances le jour de la fête patronale, et la banalité des fours. Le souverain n'avait que des cens et la faculté d'exiger le guet et garde au château de Dole, charge convertie en un cens annuel après la conquête de la province.
Une monnaie hébraïque , trouvée dans les ruines d'un édifice de ce village, fait conjecturer à M. Monnier qu'Azans pourrait bien avoir été le quartier assigné aux juifs qui habitaient Dole au moyen-âge. Cette supposition est mal fondée. Les juifs occupaient la rue appelée, du temps de Gollut , la mette du Bourg ou la mette des Juifs , qui n'était point à Azans.
Le château appartenait , avant la révolution, à M. Moréal de Commenailles, homme instruit, qui y avait réuni un des plus beaux médaillcrs de la province et une collection de tableaux qui furent vendus et dispersés.
Dans un jardin qui appartint jadis à M. Brun, on avait reconstruit quatre guérites de remparts , avec
des matériaux provenant des fortifications que l'empereur Charles- Quinl avait faîi, faire autour de Dole. On appelai» cet enclos le Jardin des Qualre-Tours.
Evénements divers. Les faits qui intéressent Azans, se rattachant a l'histoire de Dole, nous renvoyons le lecteur à l'article sur celle ville.
Deux incendies, arrivés en 1822 et 1831, ont dévoré huit maisons de ce village.
ÉTAT ACTUEL
L'église, deconslruclion moderne, est à une seule nef avec sacrisiie , et un clocher qui prend sa naissance au-dessus de lu voûie. Elle est dédiée à saint Germain , cvèque, dont on célèbre la fête le 51 juillet. La nef est d'un effet majestueux; de gracieux pilastres doriques la décorent.
Le mur du chœur, formant Pexfréinité de la nef, est orné de peintures à fresque, représentant un charmant paysage surmonté d'un beau ciel ,
contre lequel on voit un Christ entouré d'anges. Sous le Christ est un excellent tableau représentant saint Germain, évéque, exécuté par M.
Bourges, de Dole, en 1840, et donne par M. de Monlhieu.
11 y a dans 1 église un fort bel autel dédié à la Vierge, et des fonts baptismaux exécutés en rocaille.
On remarque dans le cimetière qui entoure l'église les lombes de M. Marie-Joseph Barbier, prêtre de laReiraitcchréiienne,morteiil815; de M. Picrre-Marie-Nicolas-Vincent, comte de Reculot, mort en 1835; de Mme Françoise-Joscphe-Adélaïde- Sophie de Reculol , comtesse de Sapo. ta, morte en 1859 ; de Mrae Clolilde de Sa porta, marquise de Scey, morte en 1849.
Les maisons de plaisance de M.
de Monlhieu , de la famille de ftcculot, de M. de Valdabon, (ouïes entourées de bosquets, de plantes rares, d'arbres magnifiques, et la groik* de la fontaine d'Azans, méri-
dans lequel resplendit un soleil l teni d'être visitées par les étrangers .
Balai Sanx, vg. de Parr. de Dole , cant. de Chaussin , perc. actuelle de Rahon et future du Deschaux, bur. de poste du Deschaux ; paroisse de Saint-Baraing, à 8 kil.
de Chaussin, 15 de Dole et. 42 de
Bâti sur un plateau qui domine loule la prairie de Rahon et adossé à la foréi de Longwy, il est limité au nord par Saint-Baraing et Rahon, au sud par Gatey, à l'est par le Deschaux et à l'ouest par Saint-Baraing.
La Gratte, Praneuf , Sainte-Marie ei Péirey font partie de la commune.
1 1 est traversé par les chemins de gr. comm. n° 11 , de Montbarrcy à
Chaussin, n° 46 de Chaussin à Parccy et par les chemins vicinaux tirant au Deschaux, à Servolle, hara.
de Saint-Baraing , à Chaussin et à Champdhyvers.
Pop. en 1790, 355 hab.; en 184G, 257; en 1851, 271, dont 130 nom.
et 148 fem.; popul. agglom. 12t ; po;>. spéc. par kil. carré 45 hab.; 00 maisons, savoir : à Balai-Saux 20 , à la Graile 5 , à Praneuf 17, à Sainte-Marie 5 et à Péirey 7 ; 70
menaces.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1792.
Les jeunes gens émigrent pour aller servir dans les villes.
terril. 600h 86% divisés en 1934 priétaires, dont 168 forains; surf, imp. 581h 89% savoir : 585h lta en terres lab., U4h 54a en bois, 39h 97a en étangs . 30h 26* en prés , 5h 02a en parcours, digues et broussailles , 2h 92a en sol des propriétés bâties, 2b 67a en vignes, lb 89" en vergers, lh 68a en jardins, d'un rcv.
cad. de 7672 fr.; cout. directes en princ. 1364 fr.
Le sol , d'une fertilité moyenne , produit du blé, du seigle, de l'orge, de l'avoine, du maïs, du sarrasin, des légumes secs, de la navette, des pommes de terre , beaucoup de fruits , du foin , des fourrages artificiels et du chanvre.
On exporte le tiers des céréales et on importe du vin.
On a essayé depuis quelques années d'étendre la culture de la vigne, mais les résultats sont loin d'être satisfaisants.
Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent.
On élève dans la commune des chevaux, des bétes à cornes, des nouions , des cochons et de la volaille. 12 ruches d'abeilles ; on engraisse des bœufs.
Les habitants fréquenfenl habituellement les marchés de Sellièrcs.
L'agriculture fait peu de progrès.
Les engrais consistent en fumier .
cendres et gypse. Depuis quelques années on a desséché la plus grande partie des étangs.
On trouve sur le territoire une sablière de bonne qualité, exploitée.
Patentables : 1 marchand épicier et 1 aubergiste.
Biens communaux : une maison commune construite en 1842 qui a coulé 8000 fr.; elle est commode et
suffisante ; elle contient la salle de la mairie , le logement de l'instituteur cl la salle d'éludé fréquentée en hiver par 24 garçons et 1 6 filles, et une écurie ; une chapelle en cours d'exécution et lh 36a de mare, pâtures, sol et terre d'un revenu cadastral do 16 fr. 13 cent.
Budget : recetles ord. 1437 fr.; dépenses ord. 1437 fr.
Les maisons sont géuéralement construites en pans de bois, terre, briques et pierres et couvertes en chaume. Elles sont complètement isolées les unes des autres.
NOTICE HISTORIQUE
Ce village , dont le véritable nom est Balai-Saux , est désigné dans les chartes sous tes noms de Balleseaux, Ballesaaux , Balaiseaulx, Balaizeaux, Ballaiseaux. Le territoire qu'il occupe portait autrefois le nom de Sainte-Marie eî fut démembré de Longwy en 1571. Le hameau de Sainte-Marie formait un iief particulier auquel était attaché la haute, moyenne el basse justice. Le manoir féodal se composait d'un chàieau , d'une ferme dite Grange- Colombier, avec de vastes dépendances et d'un bois de 30 hectares à la porte du château. Le loui était clos de fossés, de palissade» et de haies vives. En 1570, Aimé de Balai IIe du nom , baron de Longwy , marié à Anne de Saux-Tavannes , créa un nouveau village dans la forêt de Sainte-Marie, auquel il donna le nom de Balai-Saux. Cette nouvelle agglomération d'habitants forma un nouveau iief en touie justice auquel fui soumis celui de Sainte-Marie.
Les forêts défrichées pour faire place à ces villages, d'origine réceute, n'étaient point vierges, car on a trouvé dans le climat dit aux Vannoz, des tuiles à rebords, des pièces
de monnaie romaines et des débris de constructions. Non loin de l'ancien château de Sainte-Marie, existe une mare profonde de laquelle on a retiré d'énormes pieds de chênes.
Les habitants prétendent qu'on entend pendant la nuit de Noël des cloches sonner au fond de cette cavité. Cette tradition semble nous reporter à des temps très reculés.
Seigneurie. La seigneurie de Balai-Saux faisait partie du marquisat de Chaussin. Afin d'éviter des répétitions , nous ferons connaître à l'article Chaussin , tous les faits communs aux différents villages qui composaient ce marquisat. Balai- Saux fut affranchi de la main-morte en 1769.
Seigneurs. Aimé de Balai, IIe du nom, eut d'Anne de Saux Etienne et Aimé de Balai, seigneurs de Lavans, Peseux, Longwy et Balai- Saux , morts sans postérité, et une fille nommée Marie, qui épousa Philibert de Pra ; seigneur de Civria. Dunod prétend qu'Etienne et Aimé de Balai morts sans postérité avaient transmis leurs biens à Marie , leur sœur, et que le fils de celte dernière releva le nom de Balai. Il a commis une grave erreur. Anne de Saux - Tavannes substitua la terre de Balai-Saux à son petit fils, à condition qu'il porterait le nom de Balai-Saux et les armes de son mari qui étaient de sable au Hon rampant d'or. Les siennes étaient d'azur au lion rampant d'or. Ce testament fut exécuté par Antide-Marie de Pra , comte de Peseux , gouverneur et grand bailli de Langres. En 1772 cette terre fut vendue à M. Moussièrc , lieutenantgénéral au bailliage de Dijon, qui l'a possédée jusqu'à la révolution de
Le château de Ste-Marie n'existe plus. Il est remplacé par les bâti-
ments d'une vaste ferme que M. Doudinon , propriétaire actuel , chef d'escadron de carabiniers en retraite, a entourés d'un magnifique jardin anglais.
Chapelle Saint-Denis. Les fondateurs du village de Balai-Saux y avaient fait construire une chapelle en l'honneur de saint Denis, évèquc, patron de la commune , dont la fête se célèbre le 9 octobre. Cet édifice étant tombé en ruines, e6t remplacé par un nouveau actuellement en cours d'exécution.
Evénements divers. A la suite des guerres de 1636 , ce village resta désert pendant 9 ans. Un incendie arrivé en 18U1 a détruit neuf mai-
Balanod, vg. de l'arr. de Lonsle-Saunier, cant., percept., bur. de poste et paroisse de Saint-Amour ; à 3 kilom. de Saint-Amour et 30 de Lons-le-Saunier.
Bâti à l'entrée du gracieux vallon de Montagnatrle- Reconduit, au pied des premières collines du Mont-Jura, il est limité à l'est par • Montagnatle-Reconduit, à l'ouest par Condal (Saône-et Loire), au nord par Joudes (Saône-et-Loirc), au sud par Saint- Amour et la section de Laubespin , commune de Villette. Il se divise en plusieurs quartiers appelés en Vuat, au Village, rue Froide, la Chapelle, le Mollard et Sous-Roche. Les fermes des Comtesses, du Marais et de l'Epena font partie de la commune.
Il est traversé par la route nat.
n° 83, de Lyon à Strasbourg, par la route dép. n° 18, de Saint-Amour à Orgelet, par les chemins vicinaux tirant à Condal, à Laubespin, au hameau des Mollards, à la route nat.
n° 83, par le chemin des Chazeaux à Saint-Amour, et par le ruisseau de Besançon et le bief de Vaubin.
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l>op. en 1790, 356 habit.; en 1846, 483; en 1851 , 450, dont 819 nom. et 331 fem.; pop. spéc.
parkilom. carré, 91 liab.; 103 maisons, savoir : en Vuat, 52 ; au Village, 36; à la rue Froide, 5 ; à la Chapelle, 1 1 ; au Mollard, 12 ; Sous- Roche , 6 ; aux Comtesses , 2 ; au Marais, 3, etàl'Epcna, 6; 110 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent â 1793 ; ceux antérieurs sont à Saint-Amour.
Cadastre exécuté en 1829: surf, territ. 492u45a, divisés en 1737 parcelles que possèdent 234 propriétaires, dont 97 forains; surf, impos. 479h45a, savoir: 176h71a de terres lab., 163h 24a de bois, bOh 21* de prés, 40h 46a de vignes, 25° 98a de pâtures, 9h 22a en vergers, 8h 47* en marronniers, 4h 82a en propriétés bâties, lh 34a en jardins, 63a en broussailles, 51a de friches, d'unrev. imp. de 16,763 f.; contrib. dir. en princip. 2647 fr.
Le sol, d'une grande fertilité, produit du blé, du maïs, des pommes de terre, une petite quantité d'orge, de légumes secs et de navette, beaucoup de fruits , tels que marrons , pommes, poires, cerises, du chanvre et des fourrages artificiels.
On élève beaucoup de vaches employées au labourage, quelques ânes, peu de bœufs , des cochons et de la volaille. 200 ruches d'abeilles. On ciporte des céréales et du vin.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
On trouve sur le territoire des carrières de bonne pierre à bâtir et de taille, et des carrières de marbre gris, exploitées.
La principale industrie du pays, après l'agriculture, est l'exploitation des carrières et des usines. Il y a deux moulins à deux tournants et
deux à trois tournants, munis cha* cun d'un battoir à chanvre.
Il existait une papeterie considérée comme l'une des plus anciennes de la province, établie au xvie siècle par le célèbre Philibert de la Baume.
Elle fut remplacée d'abord par une cartonnerie, et depuis 1852, par une foule, un atelier de teinture et une filature de laine. Cet établissement, en voie de prospérité, est dirigé avec beaucoup d'intelligence par M. Bondevenne, qui occupe 25 ouvriers.
Les habitants fréquentent habituellement le marché de St.-Amour.
Biens communaux: une ancienne chapelle, convertie depuis quelques année* en salle de mairie ; une maison commune, servant de logement à l'instituteur et de salle d'école fréquentée en hiver par 40 garçons et 25 filles; quatre fontaines, dont trois jaillissantes, et 157h H7* de bois, pâtures, vignes et terrains em plantés de marronniers, d'un revenu cad. de 2392 fr.
Bois communaux: 157» hk* dont 3h 67* en exploitât, annuelle ; essences domin. : chêne ethôlrc.
Budget: recettes ord. 2855 fr • dép. ord. 2778 fr. *'
HOTICE HISTORIQUE.
Balanod occupe une partie de l'emplacement de la bourgade gauloise de Vincia, berceau de la ville de Saint-Amour. La contrée, dite en Faucenans, nom dérivé de Fincia, est semée de débris antiques.
Il en est de même des cantons appelés le Monceau et les Chazeaux.
La partie du village, dite en Vuat , était bâtie sur les bords de la voie romaine qui conduisait de Vincia à Chalon-sur-Saône par Louhans.
L'usage général des toits plats et couverts en tuiles creuses, le nom
de Balanos, d'origine grecque, pourraient faire supposer que ce lieu a clé habile par de-» colon- venus d' Italie après la conqu.ue de la Séquanic par les Romains. Balanod figure, sou^ le nom de Fincia, dans la donalion faile en 930 par Bernon, éveque et comte de Maçon . à Albéric de Naruonne et à ses deux fils, Léialde et Humbett.
Seigneurie. Ce village élai un membre de 1.» baroniedeSt.-Amoui*, cl eui le.- mêmes eigneu -s que celle ville. En 1302, pourtant, Jean du Varenne- reconnut lenir. en fief de Jean de Chalon, comte d'Auxerre, la pa. liede Saint Amour en dehors du bourg. Calanod , Allouai el Arbuan> ; mai j s;* posse sion fti* de si courte durée, qu'elle mérite à peine une mention. Les habitants et le territoire étaient soumis à la mainmorte. Un figne patibulaire., pour l'exécution des criminels, était placé dans rendrait dit aux Fourches.
En 1416, Claude de Saint- Amour, chevalier, ei Jean, son frère, écuyers, fils du sire Jean de Saint-Amour, se partagèrent la baronie. A la suite de ce partage, un château- fort Tut bâli sur la pointe d'un rocher qui sépare Balanod deMontagnal-le Reconduit, el devint, sous le nom de Chàteauneuf, le chef-lieu d'une nouvelle seigneurie ., à laquelle une partie du territoire de Balanod fut incorporée. Claude et plusieurs de ses successeurs prirent le titre de seigneurs de Saint -Amour et de Chàteauneuf.
Indépendamment de ces seigneuries principales, il y avait plusieurs fiefs sur le ien Iloire, el entre auires, celui dit à'Ugnia. L'abbaye de Gigny en possédait un autre.
En 1666, Abraham de Thésut, prieur de ce monastère , abergea , « moyennant le cens annuel de
» 50 francs, 1 0 un cliazal et une place » à Balanod, où soûlait être construit » un moulin et batteur, avec cours » d'eau, pourprix ci pouvoir de faire > i*eton4ruij*e ledit moulin proche » le grand chemin de Balanod à » Saint-Amour. » D'après des reconnaissances et des terriers de 1>03 à 1693, les religieux percevaient dans ce village -des lods, vends, corvées, échutes de mainmorte , et des Cens en argeni , blé , avoine, vin, huile de noix, poules, etc. Ils y percevaient au si la dîme»
Guerres, sièges. Bal.mod, dominé pa- trois ciiàfeau*. importants, ceux de Saint-Amour, Laubcspin el Chàteauneuf, Jul éprouver tous les désastres qui accompagnèrent Ja prise de ces places. Un climat, d.t au Siège, rappelle sans doute le souvenir d'un campement ennemi.
Chapelle. La chapelle de Balanod, de petite dimension , et surmontée d'une simple oampanille, était dédiée à tous les Sainls, dont on célèbre la fêle le dimanche qui suit le 1er novembre. Réparée en 1774, elle a été convertie en mairie depuis 1830.
Elle fut comprise dans le nombre de celles que l'archevêque de Lyon céda, eu 1737, pour la formation du diocèse de Saint-Claude. Sur la place qui est au-devant de celte chapelle, on remarque une magnifique croix en pierre, exécuice en 1687 par Jean Saunot. Sa base reproduit en relief les insl rumen ts de la Passion et les armoiries d'un évoque.
Des feuillages, sculpiés avec une délicatesse extrême , décorent le monument dans toutes ses parties.
Raime-d'Epy (la), Sainte-Fontaine, laBalmad'Espy, vg. de Parr.
de Lons-le-Saunier, cant., percept.
et dist. de poste de Saint-Julien surle-Suran ; paroisse d'Epy ; à 7 kil.
de Saint-Julien et 40 de Lons-le-
Groupé dans le val d'Epy, sur un terrain accidenté, il est limilé à Test par Villecliantria, à l'ouesi par Laneyria el Epy., au nord par Florenlia, et au sud par Bourcia. Le mouli.i Gaultn fait partie de la commune.
11 est traversé par. les chemins vicinaux tirani à Florenlia, à Epy el à Tarcia, à Bourcia, à Laneyria, et arrosé par le ruisseau de Ja Bal me.
Pop. en 1790, 140 habit.; en 1846, 141 ; en 1851 , 145, dont 70 nom. et 75 fem. ; pop. spéc. par kilom. carré, 48 hab.: 36 maisons , 36 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1793 : ceux antérieurs sont à Epy.
Cadastre exécuté en 1823 : surf, terril. 302u07a, divisé* en 1880 parcelles que possèdent 134 propriétaires, dont 69 forains; surf, impos. 297M5% savoir: 144h 19a en terres lab., 84h 83a en parcours, 46h 87a en bois , 1 3h 65a en prés , 5h 55a en murgers , lh 03a en propriétés bâties 64a en jardins, 46a en friches , d un revenu impos. de 5445 fr.
Le sol, très froid, produit du froment, du méleil, de l'orge, de l'avoine, du maïs, despommc>de terre, du chanvre , une petite quantité de fourrages artificiels. Les prairies naturelles sont insuffisantes. Depuis quelques années on a converti environ lh de terre en vignes, qui produisent un vin médiocre. Le sol est à peu près dépourvu d'arbres fruitiers.
Les habitants élèvent des bœufs , des vaches, des moutons et des abeilles. Ils portent leur laitage à la fruitière d'Epy, et fréquentent les marchés de Saint-Amour.
Les maisons, de chétive appa-
rence, sont généralement construites en pierres brutes cimentées avec de la terre, avec des toits plats recouverts de tuiles creuses.
On trouve sur le territoire des gissement s de marne , qu'on pourrait utiliser pour l'amélioration des terres, et des carrières de sable non exploitées.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent. Les baux se font en général moyennant une prestation en grains.
Les seuls patentables sont un fabricant de chaises communes et un .-dbolier. Le moulin Gaulin est en ruines.
B'>ns communaux. La commune possède 8611 57a de bois et pâtures, d'un rev. cad. de 150 fr. ; une fontaine jaillissante avec bassin , construite en 1844, qui a coûté 5000 f.; une fontaine, dite de Nancuira. Il n'y a pas de maison commune. Les élèves des deux sexes, au nombre de neuf, en hiver, fréquentent l'école d Epy.
Dois communaux: 15h 43a de bois, dont lu 15 c. en exploit, ann.; essences domin. : chêne et charme.
Budget: receltes ord., 880 fr.; dép. ord. 880 fr.
KOTICE HISTORIQUE.
Les druides ont laissé des (races si profondes dans le val d Epy, qu'il est certain que les villages qui y sont disséminés remontent à des temps très anciens. M. Monnier traduit le nom de Balme-d'Epy par antre d'Osiris, en se fondant sur ce qu'Epiés signifie en grec Osiiïs, une des grandes divinités des Egyptiens.
Une contrée dite en Senelan nc tirerait-elle pas sa dénomination de' Senes, nom donné aux druidesscs ?
Les Gaulois croyaient que ces femmes, animées d'un génie particulier,
pouvaient, par leurs vers, exciter des tempêtes dans les airs , prendre la forme de toute espèce d'animaux , guérir les maladies les plus invétérées et prédire l'avenir. En Bretagne > le souvenir des prêtresses celtiques s'est perpétué dans les Korrigan, ces fées qui prédisent l'avenir et possèdent l'art de guérir les maladies les plus cruelles. A l'embranchement de deux chemins se dirigeant, l'un sur Bourcia, et l'autre sur Laneyria , on remarque, au pied d'une colline, un espace presque circulaire en friche, appelé Peulevet ou Calvet.
Les habitants prétendent que là existait autrefois une église. Nous trouvons une telle ressemblance entre les noms de Peulevet et de Peulven, que nous sommes disposé à croire que cette enceinte renfermait une pierre sacrée autour de laquelle le peuple se rassemblait avec vénération, et que les chrétiens remplacèrent par un calvaire. En patois de ce pays , Calvet signifie Calvaire.
Une croix se voit encore à l'angle du sentier qui conduisait à l'enceinte consacrée. On retrouve une autre preuve de l'alliance des pratiques religieuses aux superstitions druidiques, dans le culte rendu à la fontaine de la Balme , appelée la Fontaine Sainte ou Sainte-Fontaine, placée aujourd'hui sous l'invocation de Notre-Dame. Chaque année il se fait là, au temps des Rogations, une procession depuis l'église paroissiale d'Epy, qui en est éloignée de plus de 2 kilomètres. On en fait d'autres particulières pour obtenir la pluie et la prospérité des biens de la terre. Les jeunes filles du village viennent tous les dimanches , après vêpres , réciter le rosaire au pied de la croix et de l'image , ornée de rubans , de Notre-Dame.
Le premier titre authentique qui fasse mention de ce village, désigné pendant plusieurs siècles sous le nom de Sainte- Fontaine , est de l'an 1191.
Seigneurie. La Balme-d'Epy dépendait en toute justice du marquisat d'Andelot. Les habitants, affranchis delà main-morte en 1211, devaient à leur seigneur le guet et garde au château d'Andelot, l'entretien des fortifications , la chevauchée , les droits d'avenerie, des corvées, l'impôt des quatre cas , des cens en argent, en poules, en chevreaux, etc.
Us étaient tenus de suivre en tout temps le cor et le cry de leur sire.
11 y avait en outre un fief, dit le fief de Vircchâtel, composé d'une vaste maison , avec une haute tour circulaire qui existe encore en partie, de terrains et de plusieurs droits seigneuriaux. Il appartenait, au moment de la révolution, à M. de Maisonforte. En 1191, Aymon, prieur de Gigny, plaça une partie des biens de son monastère sous la protection et garde d'Etienne II, comte de Bourgogne, et lui céda , du consentement de tous ses religieux, ce qui lui appartenait à Sainte- Fontaine.
En 1227, le prieur Ponce, de concert avec Jean de Chalon , comte de Bourgogne, Amé, sire de Coligny et d'Andelot, et Hugues de Rougemont , grand - maître du temple , mirent leur sceau à la donation faite par Manassès de Coligny , frère d'Amé, à l'ordre du temple, en s'y faisant recevoir chevalier, de plusieurs villages, et entre autres , de la suzeraineté du village de Sainte- Fontaine. Celte suzeraineté fut rachetée par les seigneurs d'Andelot.
Une partie de la dime appartenait au sacristain du prieuré de Gigny.
Le moulin Gaulin fut accensé en fi 26, par Jacqucmard de Coligny et
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d'Andclot, à Pierre et Jean Gaulin , moyennant la rente annuelle de six quarlaux de blé, moitié froment et moitié avoine. Guillaume de Coligny permit aux nouveaux possesseurs de transporter ce moulin vers le gué.
Curiosités naturelles. La Balmed'Epy, qu'on venait autrefois visiter de fort loin, est un antre d'où sort un ruisseau qui va se jeter dans la rivière du Suran. Elle s'ouvre au pied d'un rocher perpendiculaire, d'environ 16 mètres de hauteur.
Le cintre de la grotte ne s'élève que de 3 à 4 mètres, et l'excavation ne s'enfonce que de lOseulemen!. Mais on trouve dans le paroi , d'où s'échappe avec bruit une source d'excellente eau, d'autres ouvertures, à la faveur desquelles on peut monter dans le cœur du rocher, par dessus l'antre môme, et redescendre par cette galerie ténébreuse au côlé opposé.
A l'entrée de cette délicieuse grotte, on a placé une pyramide en bois, renfermant une niche dans laquelle est placée une petite statue de la Vierge, ornée de rubans et de ffeurs ; une croix en pierre surmonte la colonne.
Au côté gauche de l'antre et un peu au-dessus , on remarque une grotte plus petite , nommée la Crange-Tenace. Un prêtre , réfugié dans cet asile pendant le temps des orages révolutionnaires, eut le courage d'y célébrer la messe et de faire faire la première communion à 90 enfants accourus de tous les vilhiges environnants.
On remarque aussi dans les communaux , une excavation naturelle en forme de cône renversé. Sa profondeur est de plus de 15 mètres.
Les grottes de la Balme ont inspiré d'heureux vers à la verve poétique de M. de Lozay - Marnczia ,
dans le moment où tom* de Liiny s'occupait à en dessiner le croquis sur son album.
Ce village fit parlie du diocèse de Lyon jusqu'en 1737, époque de la création de l'évéché de St.-Claudc.
Il a pour patron saint Michel , archange , dont on célèbre la fêle le 29 septembre.
Bans , vg. de l'arr. de Dole, cant.
de Monlbarrey, perc. actuelle de Mont-sous- Vaudrey et futurede Montbarrey, bur. de poste et paroisse de Mont-sous- Vaudrey; à 7 kilom. de Monlbarrey, 17 de Dole et 45 de Lons-le-Saunier.
Bâti sur un coteau qui s'élève sur la rive gauche du Val-d'Amour, il est limité au nord par Souvans , Augerans et Belmont , au sud par Souvans et Mont-sous- Vaudrey , à l'est par Mont-sous- Vaudrey, et à l'ouest par Souvans. Il se divise en pl usieurs quartiers appelés la Grand'- Kuc, la rue du Chemin-Blanc, la rue de Mont-sous- Vaudrey, la rue des Agrillcs et la rue Borgne. La Gravière, laGypserie, la Tuilerie, le Trépied et les Grilles font partie de la commune.
11 est traversé par la roule nationale n° 5 , de Paris à Genève , par le chemin de grande communication n° 11 , de Monlbarrey à Chaussin , par les chemins vicinaux tirant à Belmont et au chemin de grande communication n° 11 , et par la rivière la Cuisance.
Pop. en 1790, 245 hab. ; en 184G, 273; en 1851, 245, dont 122 nom. et 123 fcm.; pop. aggl.
208 hab. ; pop. spéc. par kil. carré, 69 hab. ; 56 maisons, savoir : à la Grand'Ruc , 2 1 ; à la rue du Chemin- Blanc , h ; à la rue de Monl-sous- Vaudrcy, 10 ; à la rue des Agrillcs, h ; à la rue Borgne, 8 : à la Gravière,
iO
5 ; à la Gypscrie, 2 ; à la Tuilerie, 1 ; au Trépied, 1 ; aux Agrilles, 2.
Les plus anciens registres de Pétat civil remontent à 1795.
On n'émigre pas.
Cadastre exécuté en 1837 : surf, territ. 39 lh 58*, divisés en 1304 parcdlesquc possèdent 1 60 propriétaires , dont 99 forains ; surf. imp.
38ib78a, savoir : 264h 20* en terres lab. , 85h 29* en bois , 20h 88* en prés, 3h 35* en pâtures , 2h 74* en sol des propriétés bâties , 2h 88* en élangs, lh 35* en jardins, ih 21* en vergers , d'un rev. cad. de 7044 fr.
14 c. ;cont. direct, en princ, 1497 f.
Le sol produit du blé , du seigle , de Pavoine, du maïs, des légumes secs, des pommes de terre, du chanvre, des fruits, des foins et des fourrages artificiels.
Le revenu réel des propriétés est de 3 fr. 50 c. pour cent.
On exporte le tiers du produit des céréales et on importe tout le vin consommé par les habitants.
On élève dans la commune des chevaux , des bêles à cornes , des cochons et delà volaille. 15 ruches d'abeilles.
Les habitants fréquentent habituellement les marches d'Arbois, de Poligny et de Dole.
On trouvesur le territoire des carrières de sable exploitées.
Il y a une auberge.
Il existait autrefois un moulin sur la Cuisance. En 1841 , celte usine a été transformée en une gypserie qui appartient à MM. Fauchey et Adeleine. On y fabrique trois espèces de gypse, du gris et du blanc pour les constructions , et du gypse employé pour l'amendement des terres. La matière première provient des carrières de Grozon. Les produits sont de très bonne qualité. On les exporte dans un rayon de 50 kilomètres. Les
bâtiments de celte usine sont spacieux et de belle apparence. Ils sont précédée d'une belle avenue bordée d'arbres et de gazon , qui aboutit à la route de Paris à Genève.
Les maisons sont généralement construites en bois , terre , cailloux et briques et couvertes en chaume.
La plupart n'ont qu'un rce-dechaussée.
Biens communaux : une maison commune commencée en 1836 et terminée en 1851. Elle est surmontée d'une campanille de mauvais goût, avec cloche et horloge.
Elle renferme la salle des réunions municipales , le logement de l'instituteur et la salle d'étude fréquentée en hiver par 16 garçons et 15 filles ; 3 puits publics construits en 1822 et 1851 , et 46h 60* de terre, bois et pâtures , d'un rev. cad. de 710 f.
Bots communaux : 79b 13*, donl 2h 27* en exploitation annuelle; essences dominantes : chêne et charme.
Budget : recettes ord. 2620 fr. ; dép. ord. 2450 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Une tradition constante à Bans , c'est que ce village est bâti sur l'emplacement d'une ville romaine. On ne saurait déterminer quelle était l'importance de ce lieu dans son origine ; mais ce qu'il y a de certain , c'est qu'il est fort ancien. Une de ses principales rues porte le nom de Chemin-Blanc. Une telle dénomination indique évidemment le passage d'une voie romaine qui devait probablement conduire de Poligny à Dole. Dans le climat appelé chez Déjerine, on a trouvé, à la fin du siècle dernier, deux tombeaux en pierres et quelques débris d'armures galloromaines. On a découvert des luileaux à rebords dans le jet des terres
provenant des fossés qui bordent le chemin conduisante l'usine de Bans.
La croyance à la vouivre, à la dame blanche , au cheval Gauvain , est la même à Bans qu'à Àugerans.
M. Béchet, et après lui M. Mar • quiset, prétendent que le premier tilre qui fasse mention de ce village date de 1386. C'est une erreur. Une bulle du pape Urbain , de l'an 1089, confirmât ive des possessions de l'abbaye de Baume , désigne Ecclesia Baensis. Cette église est dénommée enlre celle de Grozon et celle de Belmont, lieux rapprochés tous deux de Bans. On ne saurait donner une aulrc interprétation au mot Baensis.
Celte date prouve encore pour l'antiquité de Bans. Celte église n'existait plus en 1519. Elle fut probablement détruite , ainsi que le village , par les armées de Louis XI , de 1 477 à 1 479 ; car, à partir de ce moment, Bans fit partie de la paroisse de Souvans et non de Mont-sous-Vaudrey, ainsi que l'avance M. Marquiset.
Seigneurie. Bans dépendait en toute justice de la seigneurie de Souvans. Les habitants étaient mainmorlables.
Le prieuré de Chàleau-sur-Salins percevait dans le village des dîmes, des cens , des rentes et des échu tes de main-mortes.
Chapelle Saint-Sébastien. Le 18 décembre 1519, Jacques de Darbon- «ay, chevalier, seigneur de Rochecn-Vallouais et de Bans , assisté des habitants, obtint de l'archevêque de Besançon la permission d'ériger une chapelle avec fonts baptismaux et cimetière à Bans. Le curé de Souvans convint qu'à l'avenir un vicaire irait y célébrer la messe tous les dimanches. 11 dispensa les habitants d'assister aux officesde Souvans, excepté le jour de Pâques et celui de la fête delà translation des reliques de saint
Martin. Pour prix de cette concession , le curé réserva trois gerbes de froment et une d'avoine parfeu, deux journées de charrue , la dîme et le casuel à provenir des mortuaires, oblations et bénédictions.
Cette chapelle était bâtie sur un emplacement qui porte aujourd'hui le nom de Meix de la confrérie. Elle n'existe plus. Au moment de sa construction , messire Barnard fit ériger devant la porte d'entrée une très belle croix en pierre, qu'on remarque encore aujourd'hui près de la maison commune. D'un côté, elle représente le ( ihrist et de l'autre la Stc- Vierge tenant Penfant Jésus.
Baralng (Saint-) , vg. de l'arr.
de Dole, cant. et bur. de poste de Chaussin, perc. actuelle de Rahon et future de Chaussin , succursale ; à 5 kilom. de Chaussin, 18deDo/eet 64 de Lons-Ie-Saunier.
Bâti au sommet d'une éminence , au milieu d'un territoire fertile et d'un paysage charmant , il est limité au nord par Rahon, au sud par Balai- Saux , Gatey et Chaussin , à l'est par Rahon, Balai-Saux et Gatey, à l'ouest par Chaussin et Champdhyvcrs; Servotle fait partie de la commune.
11 est traversé par le chemin de gr. corn. n° 46 , de Chaussin à Parcey, par les chemins vicinaux tirant à Rahon , de Scrvotte à Praneuf, hameau de Balai-Saux , de St.-Baraing à Chaussin et à Champdhy vers , par la rivière d'Orain , le canal du moulin et un petit ruisseau sans dénomination.
Les maisons sont généralement construites en pans de bois , briques et pierres et couvertes en chaume , à l'exception de 8 couvertes en tuiles.
Pop. en 1790, 205 hab.; en 1846, 2 1 7 ; en 1 8b t , 258 , dont 1 -26 nom. et 132fem.;pop.agglom. 162 hab.;
pop spcc. par kilo m. carré, h 1 hab.; 53 maisons , savoir : 28 a Saint-Baraing et 25 à Scrvoltc ; 73 ménages.
Les plus anciens registres del'élat civil remontent à 1694.
Les jeunes gens émigrent pour aller servir dans les villes.
Cadastre exécuté en 1 828 : surf, terril. 628h 85a divisés en 1782 parcelles que possèdent 326 propriétaires, dont 257 forains ; surf. imp.
6 1 0h 57», savoir : hh 1 h 1 2a en terres lab., 157h38a en prés, llh 80a en vignes , 9b 30* en étangs , hh 62a en pâtures , digues et ravins , 2h 50a en vergers , 2h 48a en sol des propriétés bàlics , th 32a en jardins , d'un rev. cad. de 8968 fr. ; cont.
dir. en principal , 2864 fr.
Le sol, fertile, produit du blé très estimé , du seigle , de l'orge , de l'avoine, du maïs, des pommes de terre , des légumes secs , de la navette, des fruits, du vin rouge passable , du vin blanc aigrelet , des foins , des fourrages artificiels et du chanvre.
On exporte le tiers des céréales et on importe les 9 dixièmes du vin.
Le revenu réel des propriétés est de 3 fr. 50 c. pour cent.
On élève dans la commune des chevaux , peu de bœufs, des vaches, des cochons , des moutons et de la volaille. 30 ruches d'abeilles.
On emploie pour engrais le fumier et le gypse.
L'étang de Servottc , assez vaste, reste pendant cinq ans en eau et une année en culture. Il y avait autrefois un moulin sur cet élang.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Sellicres et de Dole.
Il y a une auberge, un moulin à h paires de meules à farine , sur un canal dérivé de l'Orain , et un battoir à blé.
Biens communaux : une église > un cimetière insuffisant qui l'entoure , un presbytère convenable et en bon état , une maison commune contenant la mairie, le logement de l'instituteur et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 32 garçons et 27 filles, et 3h 1 2a de pâtures, mortes, digues , marais , d'un revenu cad as t. de 2 fr. 03 c.
Bois communaux : 48h 84a, dont lh 64a en exploitation annuelle ; essences dominantes : chêne, charme et tremble. *
• Budget : recettes ordin. 2499 fr. ; dépenses ordin. 2362 fr.
ROTICB HISTORIQUE.
Saint-Baraing est nommé dans les litres Mom sancti Beniyni, Saint- Broving, Saint - Broing , Saint-Ba- Hn , Saint-Barain. Ces différents noms ne sont que l'altération de celui de Saint-Bénigne. Son sol n'a restitué jusqu'à présent aucun débris antique. La charte la plus ancienne qui en fasse mention est de l'an 1116. C'est l'acte par lequel Guillaume, archevêque de Besançon , donna Téglise de ce lieu au monastère de Notre-Dame de Vaux-sous-Poligny > donation confirmée en 1 120 par le pape Calixle. Les religieux de Vaux ne tardèrent pas à faire construire derrière cette église une celle, dont l'emplacement prit plus lard le nom de Couvent.
Seigneurie. Saint-Baraing dépendait du marquisat de Chaussin. Il jouissait des mêmes privilèges qu'Àsnans. (Voir les notices sur Asnans et Chaussiu.) Il fut affranchi en 1 260 par Simon , sire de la Marche. La justice était administrée par les officiers de la justice du marquisat. Un signe patibulaire pour l'exécution des criminels existait dans la con-
Iréc dite aux Fourches. Les seigneurs de Chaussin donnèrent la terre de Saint-Baraing à plusieurs de leurs vassaux. H y avait sur le territoire plusieurs fiefs sans justice, dont les principaux portaient le nom de seigneuries de Charchillat ou de Reculot, de Vaux, de Vaivre et des Mares.
Fief de Faux. Le 1 "janvier 1678, Pierrette de Nuzeret, veuve de François Daguin , procureur et notaire à Chaussin , vendit à Jean de France , fils de Zacharie de France , avocat au parlement de Dijon , et de Pierrette Berbisot , le fief provenant des Daguin, appelé le fief de Vaux, consistant en terres, prés, étangs, cens et redevances, tant en grains, poules, qu'en argent. Ce fief comprenait à peu près le tiers du territoire.
Fief de Charchillat. Le 15 janvier 1700 , Zacharie de France , écuyer, (ils de Jean , acheta de Joseph- Gaspard de Pra , de Balai-Saux , le fief de Charchillat , qui comprenait les hameaux et les étangs du Grand et du Pelit-Servolte.
Fief de Vaivre. La Vaivre était un village assez considérable qui comprenait 50 feux en 1604. Après les guerres de 1636, il n'en comptait plus que trois. Un climat contigu à ce hameau est appelé aux Cfiazeaux, dénomination qui rappelle le souvenir d'habitations détruites. Uno famille noble habitant Chaussin , portait le nom de ce fief.
Fief des Mares. C'était le moins important de tous. Les biens qui le composaient sont appelés aujourd'hui Courvées champ des Mares.
La famille de France parvint, au moyen d'acquisitions successives , à devenir possesseur de ces différentes seigneuries. Zacharie de France ,
11e du nom , écuyer, eut de son mariage avec Huguelte Désir , Michel ,
François, Barthélémy et Jean-Claude de France.
Michel , seigneur de la Vaivre, fut brûlé au milieu de la nuit par son domestique. François , seigneur de Charchillat et de Vaux, légua ses biens à Charles Marie Isabelle-Désin*- Guilain de France, comte d'Hessèque, officier au régiment de Conti, qui les vendit, le 25 septembre 1773, à Jacques Brunet et Joseph Rouget , bourgeois de Chaussin.
MM. de France , auxquels on reprochait un esprit tracassier, étaient en procès continuels avec leur seigneur suzerain, avec le curé et avec leurs propres sujets. Us habitaient Saint-Baraing dans le domaine que possède M. Bouvier Montmayeur.
Leurs armes étaient, à Vécu fascé d'argent et d'azur de six pièces, lés fasces d'argent chargècsdcsix fleurs de lis de gueules posées 3 , 2 et 1 . Les supports étaient : deux étendards , dont l'un était chargé des armes ci-dessus et l'autre d'une croix.
Eglise. L'église, au sud du village , est placée sous le vocable de saint Bénigne, patron de la paroisse , dont la fête se célèbre le 5 novembre. On y reconnaît aisément plusieurs époques de construction.
Elle a été en partie reconstruite en 1712. Elle est orientée et se compose d'une nef, de deux chapelles et d'une sacristie. Le clocher, muni d'un paratonnerre, s'élève sur un porche de construction récente. Les voûtes sont à arcs surbaissés. La nef est décorée de pilastres , d'un ordre corinthien bâtard. La piété des paroissiens pourvut gé nereusemeht à la décoration de l'église.De nombreuses fondations pour anniversaires y furent faites aux xvuc et n vm° siècles. La ehapellcà gauche, dédiée à saint Renobert , fut érigée en 1561 , par la veuve de Florin
Vannier, de Saint-Baraing. M. Jean de France en fit sa chapelle seigneuriale en 1660. M. Zachariede France, son fils, la changea de place en 1667. Il se trouve dans cette chapelle une . pierre tombale portant l'inscription suivante : « Ci-gtt messire Jean de » France, écuycr, seigneur de Char- » chillac , et Claude de Nuzercl , » son épousa » laquelle est décédée » le 21 décembre 1683, etled. sci- » gneur de France le 81 août (713.
» D* Pierrette de France , sa fille , » dame de Rogemont-Chande , le » 1er juillet de la même année. Za- » charie de France, escuyer, sei- » gneur de Charchillac, Tasscnières, » Thagnevaux,Sec-Chesne et autres • lieux, lequel est décédé le 5 jan~ » vier 1721. » Dans la chapelle de droite, érigée en l'honneur de saint Bénigne , par M. Roy, curé de la paroisse , on remarque la tombe du fondateur surmontée d'un riche blason. La nef renferme aussi plusieurs pierres tombales.
L'église n'offre de remarquable que les sculptures de l'autel et du retable.
Evénements divers. Un ancien terrier de Chaussin , mentionne que ce village fut en partie détruit par les guerres de 1636 , et qu'il resta inhabité pendant dix ans. Un incendie arrivé en 1810 , a dévoré cinq maisons.
Barésla, vg. de l'arr. de Lonsle-Saunier, canton, perc. et bur. de poste de Clairvaux , succursale ; à 6 kil. de Clairvaux , et 25 de Lons-le- Saunier.
Bâti sur le plateau qui borde à droite la rivière d'Ain , il est limité au nord par Poilte et Bissia, au sud par Coiron et la Tour-du-May, à matin par Thoiria, Soucia et Soyria, à l'ouest par Largillay et la Tour-du-
May; Auge et les granges de la Côte, font partie de la commune.
11 est traversé par les chemins vicinaux tirant à Clairvaux, à Coiron, à Thoiria et à Largillay, par la rivière d'Ain , la rivière de la Frettc ou la Simente, le ruisseau de Barésia, le bief des Vouâtes, le bief Nayatelle bief de la Fontaine-Froide.
Pop. en 1790, 289 hab., savoir :
à Barésia 188 et à Auge 101; en 1846 , 281 ; en 4851 , 257, dont 147 hom.et 140fcm.; pop. agglom.
169; pop. spéc. par kil. carré, 23 hab.; 70 maisons, savoir : 41 à Barésia , 21 à Auge , et 9 aux granges de la Côte; 72 ménages.
Les plus anciens registres de Tétât civil remontent à 1639.
terril. 1094h 99* divisés en 2408 parcelles que possèdent 157 propriétaires, dont 55 forains; surf, imp. 1061h 32*, savoir: 388h 50» en parcours, 3S8h 54* en terres lab., 176b 86» en bois, 126h 32* en prés, 6h 39* en friches, broussailles et gravières , 2h 09* en sol des propriétés bâties et cours , 59* en jar dins, d'un rev. cadast. de 6222 fr.; cont. dir. en princ. 1363 fr.
Le sol, peu fertile, produit du froment , du méteil , de l'orge , de l'a- Yoine , du maïs , des légumes secs , peu de navette, des pommes de terre, du chanvre et du foin. On ne récolte point de fruits ni de fourrages artificiels.
Le revenu réel des propriétés est de 2 1)2 pour cent.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Clairvaux.
On élève dans la commune des boeufs, des vaches, des moutons, peu de cochons , de la volaille. 20 ruches d'abeilles.
On essaie depuis quelques années de cultiver la vigne. 12* de terre à
Barésia cl lh a Auge, sont actuellement employés à celle culture.
On exporte le quart des céréales et on importe le vin.
Il y a un moulin à 3 tournants avec battoir à chanvre , 2 battoirs à blé , 3 maçons-tailleurs de pierre et 1 tisserand. Une fruitière produit à Barésia 5000 kil. de fromages. II y en avait une autre à Auge, qui a été abandonnée celte année.
On exploite dans ce dernier lieu une carrière de très bonne pierre à bâtir et de taille ; unç autre carrière de laves d'excellente qualité. On extrait sur le territoire du sable et de la pierre à chaux.
II y a moins de quinze ans que les maisons du village, toutes de chétive apparence , étaient généralement couvertes en chaume: aujourd'hui on voit ces masures se remplacer par d'élégantes maisons couvertes en tuiles. Plus de dix sont actuellement en construction. Les habitants, très laborieux, sont presque tous maçons et tailleurs de pierre. Ils construisent, eux-mêmes leurs habitations.
Biens communaux : une église , un cimetière qui l'entoure, un presbytère et deux puits publics. 11 y a une maison commune projetée dont le devis s'élève à 3500 fr. L'école se tient dans une maison louée ; elle est dirigée par un instituteur et fréquentée en hiver par i 5 garçons et 15 filles. Auge possède 21 5h 13* de bois et pâtures d'un rev. cadast. de 197 fr., et Barésia 297h 89a de bois et pâtures, d'un rev. cad. de 7/i 1 fr.
Dois communaux : Barésia , 88h 62* , dont 2h 14* en exploitation annuelle; Auge!1, 62h 65*, dont lh 81* en exploit, annuelle; essences dominantes: chêne, hêtre et charme.
Budget : recettes ord. 2897 fr.; dép. ord. 2897 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Ia commune d'Auge a été réunie à celle de Barésia , par ordonnance royale du 26 décembre 1821.
Barésia est nommé dans les anciens litres Barasiacum , Barisie , Barése)', Barézia. Auge figure sous les noms d'Ouge , ù'Ouges , dans les actes du xme siècle. Ces lieux ont été habités dès la plus haute antiquité et ont été témoins de l'im mense bataille livrée dans la combe d'Ain à une époque postérieure aux grandes in vasions germaniques.
La voie romaine de Besançon à la ville d'Antre traversait son territoire dans la contrée dite aux t'ouates, Ses traces en sont encore parfaitement reconnaissantes. Elle est d'une largeur moyenne , bordée de haies; son pavé, très régulier, est couvert de gazon. On l'appelle encore le chemin de la baronie. De Barésia elle se dirigeait sur Garde-Chemin. Ses bords sont couverts de tertres funéraires. On en a compté jusqu'à 49 dans les pâturages communaux. Les six plus apparents ont été ouvert* en 1837; on en a tiré une lame et une poignée d'épée en cuivre , à deux tranchants, avec la douille plate en même métal qui en terminait le fourreau ; une autre lame d'épée en fer ; les fragments de deux gros sabres de même métal ; la partie supérieure d'une cuirasse en fer , le surplus ayant été dévoré par l'oxide; le dard et la douille d'une lance en bronze ; deux épingles ou fibules de cuivre, un morceau de bracelet, des tests de poterie ; ça et là des débris de corps humains et quelquefois des voûtes en pierre sous lesquelles furent sans doute déposés des officiers qui avaient succombé dans l'action.
Dans un autre temps, on a recueilli sur le territoire, une médaille
consulaire en argent , du genre de celles qu'on appelait serratœ ; d'un côté , elle offre une tète barbue, et de l'autre une paire de bœufs suivie d'un cultivateur.
La voie romaine était défendue par une vigie ou station fortifiée , placée au sommet de la montagne dite la côte du Chàtelet. Ce retranchement ne diffère d'un camp proprement dit que par une moindre étendue. Ce vallum, placé sur la pointe d'une montagne élevée , était défendu au nord par un rocher coupé à pic , et de tous autres côtés par un rempart de terre et un fossé extérieur. Il a une forme ovale, sa longueur est de 80 mètres et sa largeur de 40 mètres. Le sol aplani est couvert de buis et de genêts. On n'observe dans l'enceinte aucune trace de construction. Oa a trouvé près de là une lame d'épée en fer. M. E. Clerc regarde plusieurs des stations de celte nature comme appartenant aux derniers siècles de l'empire romain.
H. D. Monnier indique une autre voie tirant de Ledo à la ville d'Antre par Revigny et Patornay. Elle devait traverser le territoire de Barésia. De la rencontre de ces deux voies , est venue sans doute la dénomination du climat des Vouâtes.
Dans le ruisseau de Simcnte, vers sa jonction avec la rivière d'Ain à Auge, Désiré Vernier a trouvé une lame de fer aciéré, qui était revêtue d'une crasse crayeuse , incorporée à I'oxide. Sa longueur n'est que de kkS millimètres , le bout de la monture compris. Cette arme était probablement romaine. L'église de Barésia, bâtie sur une éminence, a dû remplacer un édifice païen. Elle est dédiée à saint Martin et le terrain qui l'entoure porte le nom de Champs- Saint-Martin. On sait qu'en général le vocable de saint Martin a été choisi
pour les édifices religieux qui ont succédé a d'autres établissements dus au polythéisme. On remarque au-dessus de la porte d'entrée de l'église le fragment d'une pierre sur laquelle est sculptée en relief la tèto d'une divinité qui appartient évidemment au paganisme. Les yeux, de forme ronde, ne sont séparés que par un espace presque imperceptible. Le chemin qui conduit du village au cimetière s'appelle la vie des Moutiers. Les habitants prétendent qu'il a existé sur ce monticule un couvent. On remarque effectivement à une petite distance sud-ouest de l'église , les menus décombres d'une construction. Son emplacement porte le nom de Murger de la Vouivre ou de P Anguille. La tradition rapporte que cet oiseau fabuleux venait se désaltérer au ruisseau de Barésia. En creusant un chemin à quelque distance à l'ouest de ce murger, on a trouvé des squelettes entassés , les uns à 8 pieds de profondeur et d'autres à 2 pieds seulement au-dessous du sol. Entre le village d'Auge et la rivière d'Ain , on voit un terrain que les gens du pays appellent la Maison du Trésor. M. Monnier a remarqué sur les bords de la Simenlc, des pierres de taille , alignées par assises , au bord de l'eau, dans une contrée appelée vers les Tines; on suppose que ce sont les restes d'une forge ou d'une teinturerie. C'est près de là qu'on place cette construction détruite appelée la Maison du Trésor.
Depuis l'époque romaine jusqu'au xu° siècle , l'histoire de Barésia est entièrement inconnue. La charte la plus ancienne qui en fasse mention est de l'an 1184. C'est le diplôme par lequel l'empereur Frédéric Barberousse confirma à l'abbaye de SL- Oyan-de-Joux la chapelle de ce lieu,
Il parait que le village a commencé à se former presque au pied de la montagne du Chàtelet, dans la contrée appelée aujourd'hui en Villevieux. M. Monnier pense que l'église désignée sous le nom à'Ecclesia Aquensis dans les bulles des papes Urbain II, Pascal II, et Clément III, de 1089, 1107 et 1490 est r église d'Auge. Il si: fonde sur le rapport du mot Auge avec celui à* Aquensis et sur la place qu'occupe celle église dans les bulles la suite de celles de solda et de spictensis qu'il traduit par soucia et Poitte. La forme dubitative sous laquelle ce savant ce prononce sur celte question nous permet de discuter sa conjecture.
Nous ferons observer qu'il n'est pas probable qu'il ait existé sur un point aussi restreint cinq églises , deux à Champsigna , une à Barésia , une à Soucia et une cinquième à Auge.
L'abbaye de Baume n'a jamais exercé aucun droit ni de patronage ni de dlme sur la paroisse de Barésia dont Auge a toujours dépendu. D'un autre côlé, il n'est point prouvé queSolciactSpictencis doivent être traduits par Soucia et Poilte, ainsi que nous le démontrerons en écrivant les notices sur ces localités.
Seigneurie. En 1289, Humbcrt, sire de Clairvaux , acquit le fief de Barésia de Jean , damoiseau , de Vertamboi, fils de Roset de Binant, pour le prix de cent huit livres.
A la suite du partage fait en 1 312, entre les enfants d'Humbert, sire de Clairvaux, Nicole, l'une de ses filics, épouse de Hugues II , sire d'Usie , eut dans son lotSt.-Sorlin, Barésia et Auge. A partir de ce moment ces deux derniers lieux ont dépendu en toute jostice de la seigneurie de St.-Sorlin.
En disant qu'Auge dépendait de la seigneurie de Clairvaux, M. Monnier a donc commis une inexactitude; du
moins le fuit n'est vrai que pour les temps antérieurs au partage de 1312.
M. Piot prétend que les villages des baronies de Clairvaux et de St.-Sorlin ont été affranchis au xne ou xm° siècle. On ne connaît pas les chartes de concession. Nous avons remarqué toutefoi » que dans les reconnaissances des droits seigneuriaux faites par les communautés de Barésia et d'Auge, il n'est pas question de main morte.
En 1550, les habitants se permirent de mettre leurs communaux en culture. Le baron de St.-Sorlin , François de la Baume , comte de Mon* trevel , voulut s'opposer à cette atteinte portée à ses prérogatives. Un traité intervint, par lequel les habitants furent autorisés à essarterteurs communaux, à condition qu'ils livreraient à leur seigneur trente moutons gras, qu'ils lui paieraient annuellement un cens de cinq sols estevenants et qu'une partie de la dlme se percevrait à son profit et à celui du curé, sur les fonds nouvellement cultivés. L'abbé de St.-Claude perceviitla moitié de la dlme sur toule la paroisse, en qualité de baron de la Tour-du-May, et une autre partie comme patron de l'Eglise.
Après l'éreclion de l'évèché, l'aumônier du chapitre devint propriétaire de celte dime.
Evénements divers. Un titre de l'an 1638 fait connaître que Barésia et Auge avaient été dépeuplés par les pestes et par les guerres , que le curé était mort à la suite de ces fléaux et que le curé de Soucia fut autorisé à venir célébrer quelques oflicesdans l'église de Barésia. Le 31 juillet 1851 , une pluie torrentielle enfla tellement les eaux du bief qui traverse le village, que les trois ponts en pierre qui le surmontaient s'écroulèrent.
Eglise. L'église , placée sous le
vocable do saint Martin, dont la fête se célèbre le 1 1 novembre , est orientée. Son vaisseau est probablement l'un des plus anciens de la province. Elle se compose d'une seule nef surmontée d'une petite campanille. La voûte , les ouver- Uires sont à plein cintre. Le chœur n'est éclairé que par une étroite ouverture circulaire évasée à l'intérieur. Cet édifice a un besoin urgent de restauration.
Sarre (la), vg. de l'arr. de Dole, cant. de Dampierre, perc. actuelle, bur. de poste et paroisse d'Orchamps , percept. future de Dampierre; à 5 kil. de Dampierre, 18 de Dole et 70 de Lons-le-Saunier.
Bâti sur un coteau planté de vignes» d'où l'on domine le charmant bassin qui borde au midi la forêt de Chaux, il est limité au nord par Gendrey, au sud par le Doubs qui le sépare d'Etrepigney et de Rans , à l'est par Monteplain, Ranchot et EJtrepigney , et à l'ouest par Orchamps.
Les Baraques et le moulin des Ma- ' lades font partie de la commune.
11 est traversé par la route nationale n° 73, de Moulins à Baie, par les chemins vicinaux tirant à Auxangc et Gendrey , aux Baraques, au moulin des Malades, à la route, et longé par le Doubs , sur lequel il existait autrefois un pont dans l'endroit appelé Champs du pont. Il fut remplacé par un bac sur lequel on passait encore en 1780.
Pop. en 1790, 237 hab.; en 1846, 227 ; eu 1 85 1 , 242 , dont 1 1 1 nom. et 131 fem. ; pop. spécif. par kilom.
carré 73 hab. ; 52 maisons , savoir :
46 à la Barre , 4 aux Baraques et 2 au moulin des Malades.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1792.
Les jeunes gens émigrent pour
aller servir comme domestiques dan& les villes.
Cadastre exécuté en 1809 : surf, terril. 34 lh 68* divisés en 1046 impos. 314u 77*, savoir : 171h 66* en terres lab., 109h 56* en bois, 22h 40* en vignes, 3h 55* en prés , 1° 75* en vergers , lh 67* en sol des propriétés bâties et cours, lh61"en jardins, d'un rev. cad. de 10,136 f.; cont. dir. 1370 fr.
Le so|, d'une fertilité moyenne , produit du blé, du seigle, de l'avoine, de l'orge, du maïs , des pommes do terre , des légumes secs , des fruits, du chanvre , du foin , des fourrages artificiels , des vins rouges et blancs très agréables.
L'agriculture fait des progrès dans ce village. On emploie comme engrais le fumier et le gypse. On employait autrefois aussi la marne blanche qu'on extrayait dans la contrée dite aux Mamiéres. On a eu tort de renoncer à cette extraction.
On exporte le quart des "céréales et le 10e des vins.
On élève dans la commune des chevaux , des bètes à cornes , des chèvres, des cochons, de la volaille.
40 ruches d'abeilles.
Le revenu réel des propriétés est de 2fr. 50 c. pour cent.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Dole et d'Orchamps.
On trouve sur le territoire une car rière de bonne pierre de taille et à bâtir et de la marne.
Patentables : un aubergiste et un marchand épicier.
Biens communaux : la commune possède 1 10h 27* de bois cl friches, d'un rev. cad. de 1917 fr. ; 2 fontaines avec lavoir et abreuvoir ; trois puits communaux , une place publi-
que qu'orne une croix d'une ordonnance toscane , érigée en 1623, par M. Vincent Matherot , seigneur du lieu.
Bois communaux : 1 H0h 03a, dont 4h 31' sont en exploitât, annuelle ; essences domin. : chêne et charme.
Budget : recettes ord. 202fc fr. ; dépenses ord. 1881 fr.
NOTICE HISTORIQUE
La voie romaine de Lyon à Besançon, par Chalon-sur-Saône, traversait le territoire de la Barre , au nord du village. Sur un plan dressé en 1745 , par Guillaume Amoudru , arpenteur-juré en la maîtrise des eaux-et-forèts de Dole, cette route est indiquée sous le nom de Levée de Jules-César. Les habitants en extraient encore des matériaux pour paver leurs chemins et leurs cours.
Dans un climat appelé les Fignottes, ou f ignés- du- Bas, tout parsemé de tuileaux à rebords , on a découvert, en 1822, une tombe en pierre renfermant un squelette et une lame de sabre. Vers le même temps, un cultivateur, nivelant un tumulus, mit au jour une niasse d'ossements et des sabres. Une contrée porte le nom de Fin de Champagne. M. Ed.
Clerc a remarqué que cette dénomination indique souvent la présence de ruines romaines. Une autre, contiguë à la précédente, s'appelle au Tartre ou au Tertre. Ne serait-ce point là encore un nouveau tumulus à explorer ? Toutes ces découvertes prouvent évidemment que ce village a été habité de bonne heure ou que du moins il a été le théâtre de quelque combat.
Seigneurie. Le Barre faisait partie de la prévôté de Rochefort , dont il relevait pour la haute justice et pour 1 appel des sentences de son juge chà telain. Les seigneurs particuliers
n'avaient que la moyenne justice , avec les droits de main-morte , des corvées et des cens en argent , en grains et en poules. Les habitants devaient le guet et garde au château de Rochefort et contribuer à ses menus emparements.
Seigneurs. En 1575, Tristan de Chalon donna à Hugues de Salins , chevalier, sire deRans, ce qu'il avait à la Barre, sous l'obligation de lui en faire hommage , à cause de son château de Rochefort. De la maison de Salins, cette seigneurie passa aux familles de Champagne et de la Rochelle. La moitié , échue à Jean du la Rochelle , était , en 1581 , entre les mains de Constance de Marenches. En 1584 , Pierre de Reculot se qualifiait de co-seigneur de la Barre. 11 était probablement aux droits de Léonard de Champagne. Le 4 juillet 1603 Claude de Reculot vendit sa part à Humbert Matherot. M. Richardot de Choisey a été le dernier seigneur de ce village , qui avait donné son nom à unefamille noble de nom et d'armes, éteinte à Arbois au xv° siècle.
Château. Le château, construit dans le goût moderne , à l'entrée du village, s'élève sur le penchant d'une colline d'où l'on jouit d'une vue délicieuse. Son architecture ne répond point aux magnificences des jardins anglais qui descendent et l'entourent jusqu'à la route et au Doubs. Ce château appartient à M. le vicomte de Jouffroy. Il était la résidence habituelle de M. Richardot de Choisey, né à Dole , le 6 août 1717, mort président honoraire de la chambre des comptes, le 7 mai 1786.
Chapelle. Une chapelle castralc fut fondée , non loin du château , au sommet de la colline , le 1 7 octobre 1625 , en l'honneur de la Visitation N.-D., et augmentée en 1637 et
1658. La nomination du chapelain appartenait au seigneur. Abandonnée depuis la révolution, des travaux de reconstruction avaient été commencés en 1837; ils sont actuellement suspendus.
Saint Barthélémy, dont on célèbre la fête le 25 août , est le patron du village.
La Barre est la patrie de M. Fumey et des deux frères Tabourot, tous trois tués à la tête des compagnies qu'ilseommandaient pendant les premières guerres de la République.
■Arrêtai ne, vg. de Parr. , cant.
et bur. de poste de Poligny , perc.
actuelle de Vaux et future de Poligny , succursale; à 5 kilom. de Poligny , 1 6 d' Arbois et 38 de Lons-lc Saunier.
Bâti sur la montagne , au midi de la ville de Poligny, son territoire est fermé au couchant et au nord par des bords de rochers escarpés qui lui servent de remparts presque inaccessibles. La montagne sur laquelle il est placé se nomme encore la Dent de Bretaigne , parce qu'elle s'avance en forme de dent ou de coin sur la ville. Il est limité au nord par Poligny et Ghaussenans , au sud par Poligny et Plasne, à Test par Chaussenans et Poligny, et à l'ouest par Plasne et Poligny. Champ vaux , la Cude , le vallon de Vaux , le Grand et le Petit-Ressart, et la maison de campagne du petit séminaire de Vaux font partie de la commune. Il est traversé par les chemins vicinaux tirant à Plasne , de Champvaux à Poligny et à Plasne et de Barretaine à Poligny.
Pop. en 1 790 , 430 hab. , savoir : 1 6 1 à Barretaine, 1 9 1 à Champvaux et 78 au Ressart ; en 1846 , 489 ; en 1881 , 478, dont 243 hom. cl 235 fem. ; pop. spécif. par kilom.
carré, 51 hab. ; 40 maisons, savoir :
à Barretaine 16 ; au Grand-Ressart 7 ; au Petit-Ressart 3 ; à Champvaux 14 ; 86 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1793 , ceux antérieurs sont à Poligny.
Cadastre exécuté en 1834 : surf, territ. 922h 73», divisés en 1487 parcelles que possèdent 118 propriétaires, dont 56 forains; surf. imp.
899h 24*, savoir ; 652h 48» en terres lab., 127h25*en bois, I26h4ôacn pâtures , 5h 65» en sol des propriétés bâties , 3h 03* en friches , 2h 67» en broussailles , 2h 07* en jardins , 86* 20e en prés , 65* en vergers et 8* en murgers, d'un rev. cadast. de 18,008 fr. 08 c. ; cont. directes en principal 3120 fr.
Le sol , d'une fertilité moyenne , produit du blé , de l'orge , de l'avoine, du maïs, des pommes de terre, des légumes secs, du chanvre, de la navette, des fruits, des fourrages naturels et artificiels.
L'agriculture fait de tels progrès dans cette localité , que les produits ont doublé depuis 20 ans.
On élève des chevaux , des bêtes à cornes, des chèvres et de la volaille. 60 ruches d'abeilles.
de 4 pour cent.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Poligny et de Champagnole. Ils exportent les trois quarts de leurs céréales et importent le vin.
On trouve sur le territoire des carrières de pierre à chaux non exploitées et des pierres de taille susceptibles de recevoir le poli. Dans uno contrée du hameau de Champvaux , située dans une plaine , sur la vallée et sur une montagne , où il n'y a
aujourd'hui ni ruisseau , ni amas d'eau , se trouvent quantité de coquillages pétrifiés, sur plusieurs des-
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quels se voient encore des restes de nacre faciles à s'en détacher.
Biens communaux : Barrelaine possède une église, un cimetière; un presbytère, une maison commune contenant le logement de l'instituteur et la salle d'étude fréquentée en biver par 70 élèves des deux sexes, dont 40 garçons et 30 filles, une fromagerie dans laquelle on fabrique 1250 kilog. de fromage de bonne qualité, deux fontaines avec lavoir et abreuvoir , trois autres fontaines et 150h 48* de pâtures , mares, friches, terres lab. , jardins, carrières, abreuvoirs et soldes édifices publics, d'un revenu cadast. de 7fl 5 fr. 60 c.
La section de Champ vaux possède des biens particuliers consistant en «ne chapelle dédiée à la Vierge, un chalet, où l'on fabrique annuellement 21,000 kilog. de fromage de bonne qualilé (c'est une des principales ressources du pays) , et 86h 14* de bois, pâtures, abreuvoir, terre, sol du chalet , d'un red. cad.
de 455 fr. 156 c. Elle a droit à un lit dans l'hôpital de Poligny.
Bois communaux: 68u 68a, dont 2h 08* en exploitation annuelle.
Budget : recettes ord. 4555 fr. ; dépenses ord. 3925 fr.
Les maisons sont généralement bâties en pierres, couvertes en laves, tuiles ou tavaillons. Elles sont tellement exposées aux dégradations par les eaux pluviales du côté du sud , que les murs tournés de ce côté sont presque tous couverts d'un lambrissage pour les préserver.
NOTICE HISTORIQUE
Barrelaine , Champ vaux cl le Recept ou le llessart, ne formaient, dans l'origine, qu'une seule communauté , désignée plus tard par corruption sous le nom de Brclaigne.
Champvaux et le Kcssarl n'ont pris
des noms particuliers que pour être distingués entre eux du Heu qui a retenu le nom primitif. On ne connaît point l'époque à laquelle ces deux derniers villages ont été séparés du chef-lieu. La commune du Ressart a élé réunie de nouveau à Barrelaine le 5 1 janvier 1 806, elChampvaux le 2 décembre 1821.
Une double voie romaine, conduisant de Lyon au Rhin , traversait le territoire de ce village. Leurs (races en sont encore parfaitement reconnaissants. L'une est appelée le If on t de Saint -Savin, du nom de ce saint , qui avait une église consacrée à son honneur , bàlic sur ce chemin.
L'autre est appelée le Mont-Pavé.
Les ingénieurs romains avaient profité , pour faire la première , d'une gorge entre deux rochers , que Ton reconnaît avoir élé élargie et abaissée , pour en rendre la rampe plus douce. Dans cette gorge , se voient des restes d'un pavé fait de grandes pierres, d'une dimension à peu près égale , brisées au marteau , assises dans un senscontraire à celui qu'elles avaient dans les carrières , posées en liaison sur d'autres pierres couchées suivant leur lit naturel sur des terres rapportées. Ce pavé , en quittant la gorge , était de cailloux bien moins grands. La voie suivait le gissement de la montagne, mais un peu plus haut qu'aujourd'hui, pour descendre à Poligny. On en trouve encore des restes bien conservés et couverts de gazon , qui déterminent sa direction vers le pied d'un rocher saillant , sur lequel on a taillé grossièrement une masse de roc en statue colossale , laquelle , vue de loin , a la figure d'un homme debout , portant un paquet derrière le dos. Cotte figure ressemblait parfaitement à un hennés. L'autre rampe était encore pratiquée plus haut que la première
et passait sous la chapelle de Saint- Savin , ayant à gauche la figure de Thermes dont nous venons de parler.
Un peu plus bas , un roc vif et saillant s'opposait au passage du chemin , dans un endroit où il était impossible de le tourner, à cause d'un précipice qui était au-dessou9. On voit que le rocher a été coupé de la hauteur d'environ cinq mètres et de la largeur nécessaire pour le passage d'un char. Le second hermès qu'on rencontre là , appelé la Pierre qui vire , sera décrit à l'article Poligny.
Chevalier, d'accord avec la tradition, pense que ce sont des soldats africains qui ont élargi la gorge du Mont- Pavé et élevé les deux hermès qui se remarquent sur ces routes.
L'origine de Darretaine est enveloppée de ténèbres. Il existait à Poitiers un monastère d'hommes, dédié à St.-Savin ou Sabinien. Celte ville fut plusieurs fois prise et saccagée par les Normands , notamment en 863 , époque à laquelle elle fut mise au pillage. Ces barbares revinrent quatre ans après, détruisirent une partie de la population , emportèrent ce qu'ils trouvèrent de plus précieux et incendièrent les églises. Ce fut pendant cette période qu'on s'occupa de transporter au loin les reliques des saints , que le peuple estimait à l'égal des trésors les plus précieux. Les religieux deGlanfeuil, fuyant devant les Normands, vinrent chercher un refuge dans l'abbaye de Baume , où ils déposèrent les reliques de saint Maur, leur fondateur, et de saint Savin de Poitiers. Les reliques de saint Savin furent placées dans un antre , près de Poligny, au-dessus duquel on bâtit une chapelle. Les pèlerins qui accouraient pour implorer la protection de ce saint , donnèrent naissance au village. Ces faits sont constatés dans les archives de Baume.
Ils sont beaucoup plus vraisemblables que la tradition rapportée par Hiistorien de la ville de Poligny.
Seton celte tradition, saint Savin était un solitaire , à qui l'antre sur lequel r église est bâtie servit de demeure pendant quelques années , et qui , étant sorti de sa retraite , s'alla présenter courageusement devant Je chef des Sarrasins, pour y attester la vérité de l'Evangile. Il faut que Chevalier ait ignoré l'existence de saint Savin de Poitiers et le séjour des religieux de Glanfeuil à Baume pour qu'il ait cru que saint Savin fût né aux environs de Poligny et qu'il fut martyrisé à Cordoue en 851. Ce grave historien a commis une autre erreur en avançant qu'aucun titre antérieur au xite siècle ne fait mention de l'église de saint Savin. Une bulle du pape Urbain II , du 5 des kalendes de janvier 1089, confirme à l'abbaye de Baume la possession de cette église, ecclesia sancti Sabini.
Seigneurie. Barretaine dépendait en toute justice de la seigneurie de Poligny , appartenant au souverain de Bourgogne. Les fonds y étaient tenus en franc-alleu. 11 y avait un ancien fief de mairie et de sergenlcrie auquel la foresterie sur les hauteurs derrière Poligny était attachée par indivis avec la mairie du lieu de Plasne. Il y avait encore deux autres fiefs appelés de Champvaux et du Ressart.
Fief de Barretaine. En 1248 , Jean de Chalon l'Antique et Isabelle de Courtenay, son épouse, cédèrent la terre de Barretaine , partie à titre d'échange, partie à litre d'aumône , au monastère de Vaux. Cette cession ne comprenait réellement que le Ressart» Une famille noble de Poligny a pris le nom de ce village , pour en avoir possédé la mairie.
Willemin de Bretagne vivait avant
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Tan 1500. Aubriet et Renaud de Bretagne, ses fils , vivaient en 1349.
Guillaume d'Ivory, IIe du nom , lit la reconnaissance de son fief de la mairie de Barretaine en 1372. Gérard d'Ivory, seigneur de Barretaine, licencié ès-lois, conseiller, maître des requêtes du duc de Bourgogne, laissa pour héritiers Jean d'Ivory , sieur au Ressart et à Barretaine , et Henri d'Ivory, seigneur du fief de la mairie de Barretaine, mort sans postérité. Jean Garondelet , son neveu, loi succéda dans ce fief et dans celui du Ressart, dont U fit hommage au souverain en 153Î. Les armes d'Ivory étaient accolées à celles de Carondelet, surle piédestal d'une croix au Ressart. Jean Carondeiet , IIe du nom , succéda à Jean , son père , et laissa pour héritiers Antoine et Jean.
Les biens d'Antoine Carondelet, sieur do Ressart, furent vendus par autorité de justice , en 1580, à Philibert, seigneur de Pra , écuyer.
Philippe Merceret , aux droits de Gérard d'Ivory, se qualifiait en 1583 de sieur à Barretaine. Il fut d'abord Henlenant général à Salins , professeur en l'université de Dole, puis conseiller au parlement et trésorier des chartes du roi en 1589. U fit bâtir et dota dans le lieu de Barretaine avec Anne Marchand, sa femme, ; une chapelle en l'honneur de la Sainte-Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Claudine Merceret, sa petite fille, dame au Ressart, la dernière de sa famille, se maria à Claude Chariot, dit de Princey , écuyer , capitaine d'infanterie , dont elle eut Charles- Antoine Chariot de Princey, écuyer, né en 1705.
Champvaux donna également son nom à une famille noble. Perrenelle deChampvaux épousa Estevin Morel.
Perrenelte Morel , sa petite-fille fut
mariée vers l'an 4328 à Jean de Plaine , tige d'unetdes plus illustres maisons de notre province.
Ces différents fiefs furent réunis dans les mains de la famille Javel , dont les membres se qualifiaient de seigneurs de Barretaine, le Ressart et Champvaux.
Evénements divers. C'est à Barretaine que se posta, le 17 juin 1G38, le duc Charles de Lorraine , l'un des plus habiles capitaines de son temps, général des troupes espagnoles , comtoises et lorraines , denx jours avant le combat célèbre qu'il soutint contre l'armée française commandée par le duc de Longucville, sur le territoire de Chamole. On voyait encore , en 1767 , au Ressart , des restes de retranchements.
Eglise, L'église paroissiale de Barretaine , était autrefois bâtie sur la croupe d'une montagne , sur un antre dans le rocher. En 1769, les habitants la trouvant trop éloignée des habitations et incommode par sa situation , la firent reconstruire dans le village. Elle n'avait que le titre de chapelle. Les paroissiens étaient baptisés dans l'église de Poligny et jouissaient des mêmes droits que les bourgeois de cette ville, par rapport à la familiarité et aux chapellenies de la collégiale. L'église actuelle, dépourvue de tout style architeclonique , est composée d'un clocher, d'une nef, de deux chapelles et d'un chœur ; derrière le chœur , qui est rectangulaire, est la sacristie. Elle est placée non sous le vocable du saint, Nom de Jésus ainsi que l'écrit M. Monnier, dans sa statistique des paroisses du diocèse de St.- Claude, mais sous celui de St.-Savin, martyr , dont on célèbre la fête le 25 janvier. Elle renferme quatre statuettes dorées, quelques tableaux, dont l'un représente l'apothéose du
patron de la paroisse. La fête de St.- Savin a toujours attiré un grand concours de peuple à Darrctaine. En 1217, l'évêque d'Aulun et l'abbé do Baume se disputaient la propriété des églises de Poligny, de SI. -Savin et de Plasnc. Pour mettre fin à cette difficulté ils convinrent qu'elles leur Appartiendraient par moitié et que s'ils se rendaient visite , ils se recevraient en vérilables frères.
Curiosités, On a de Barretaine une vue charmante; on en trouve peu d'aussi étendue et d'aussi variée.
On découvre d'un côté les Alpes chargées de neige dans toutes les saisons , et de l'autre les côtes de Bourgogne derrière Baunc et Dijon, ce qui fait un diamètre de quatrevingts lieues d'orient en occident. La groUc, placée à peu de distance de la pierre qui vire, mérite d'être visitée.
On y voit une sculpture en pierre représentant saint Savin. La croix en pierre qui orne la place publique est ombragée d'un magnifique tilleul.
Barretaine est la patrie de Jean Moutot, de l'ordre des Frères prêcheurs du couvent de Poligny, docteur en théologie, inquisiteur général , estimé du pape Pie V et établi par lui prédicateur apostolique contre les hérésies de Luther et de Calvin, par bref de l'an 1568. Pierre Vcrcey était curé de Barrelaine en 1576. Après avoir été chanoine et familier, ensuite chantre dignitaire de la collégiale de Poligny , il fut nommé abbé de St.-Pierre de Chalon, puis enfin évêque d'Amiens.
Banmc , vg. de Parr. de Lonsle-Saunier, cant. et bur. de poste de Voiteur, perc. actuelle de Lavignyct future de Voiteur; succursale; à 13 kil. de Lons-lc-Saunicr.
Bâti au fond d'une vallée aussi
pittoresque que sauvage , que des rochers à pics entourent de tous côlés , il est limité au nord par Nevy et les Granges-sur-Baume , au sud par Crançot et Pcrrigny, à l'ouest par Pannessièrcs cl Lavigny # et à l'est par les Granges-sur-Baume, Mirebel et Crançot. La Ville-Neuve, FAbbaye, le Pierressy, le Mont-du- Chat, la Gypsièrc, le Fraroz, le Bry, la Cour-Froide, la Peyrouse et Scrmus font partie de la commune.
II est traversé par les chemins vicinaux tirant à Nevy, à Crançot, à Mirebel, au hameau de la Cour- Froide , à l'Oratoire, de Lamarre à Crançot et de Sermus à Crançot, par la rivière deSeille et le ruisseau du Dard qui y prennent leurs sources , par le ruisseau de Mallccombe et le ruisseau du Pré-MenetrUé
Pop. en 1790, 924 hab., dont 855 à Baume et 69 à Sermus ; en 1846, 784; en 1851, 788, dont 581 hom. et 407 fem.; pop. spec.
par kil. carré 59 hab.; 20G maisons, 218 ménages, savoir : en Ville- Neuve 34 , à l'Abbaye 22, au Pierressy 18 , au MonMu-Chal 55 , en Fraroz ou Froivaux 25 , au Bry 1 6 , à la Cour-Froide 26, à la Peyrouse 24 et à Sermus 20.
Les registres les plus anciens de l'état civil datent de 1547.
Les jeunes gens émigrent pour aller travailler et servir à Paris.
Cadastre exécuté en 1825 : surf, terril. 1510u 54a, divisés en 3667 parcelles que possèdent 467 propriétaires, dont 198 forains; surf, imp. 1280h 5la, savoir : 529h 25a en bois, 5861' 60a en terres lab., 172h 25a en parcours , 11 9h 68a en vignes, 54h 85a en prés, 26h 81a en friches, 4h 56a en sol des propriétés bâties et cours , 2h 72a en broussailles, 2h 56a en jardins, lh 40a en vergers, d'un rev. cad. de 1 5, 759 f. ;
cont. dir. en princ. 8312 fr. 20 c. I
Le sol , d'une fertilité ordinaire , produit du blé, de l'orge, de l'avoine, du maïs, des légumes secs , de la navette, des pommes de terre, des fruits et surtout des noix , des vins rouges ordinaires , peu de vin blanc , du chanvre , du foin et des fourrages artificiels.
On élève dans la commune des bêles à cornes, des ânes , des mulets, des chevaux, des moutons, des chèvres et de la volaille. 100 ruches d'abeilles.
Lcsfaucogniers des ducs de Bourgogne avaient des tendues à Baume pour les faucons. Les paysans descendaient attachés à des cordes pour les chercher dans des trous de rochers.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
On trouve sur le territoire des sablières , deux carrières de gypse exploitées , des carrières de pierre à bâtir très abondantes et des carrières de pierre de taille. On a trouvé dans les grottes la charpente osseuse d'un cerf. La vallée de Baume offre au naturaliste une foule d'objets d'études géognostiques.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Lons-le- Saunier.
Il y a trois foires qui se tiennent les 13 juin, 13 septembre et 13 novembre. Le commerce principal porte sur le bétail.
H y a dans ce village 2 aubergistes, 2 menuisiers , 1 moulin à quatre tournants avec huilerie et battoir à chanvre , 1 autre à trois tournants avec battoir à chanvre, 2 marchands épiciers en détail et 3 maréchauxferrants.
Les maisons sont généralement construites en pierres, couvertes en laves et disposées par groupes. On
remarque dans quelques-unes des statuettes en pierre parfaitement sculptées.
Les rues sont en général étroites et tortueuses, suivant l'inégalité du terrain sur lequel elles se prolongent.
Biens communaux. Baume possède une église paroissiale autrefois abbatiale , puis collégiale , dédiée à saint Pierre, apôtre ; une autre appelée l'Eglise funéraire ou du Bas .
autrefois paroissiale , dédiée à saint Jean-Baptiste ; un cimetière à l'entour de ce dernier édifice, un presbytère ; trois fontaines publiques , un oratoire, une maison commune convenable , contenant le logement de l'instituteur, la salle d'étude fréquentée en hiver par 81 élèves , le logement de l'institutrice et la salle d'étude , fréquentée en hiver par 6 S élèves , et la mairie ; et 390h Kl* do pâtures , bois, friches, terres , d'un revenu cadastral de 1 827 fr. La seclion de Sermus possède en oulre 3bh 15a de friches , pâtures , broussailles et bois, d'un rev. cadast. de 1U fr.
Boiscommunaux: 259h 83", dont 7h 78a en expl. annuelle; essences dominantes: chêne, charme et hèlre.
Budget : receltes ord. 6090 fr.;
NOTICE UIST01UQUE.
Baume est nommé dans les titres anciens, Balma, Beaume, Beaulme, Baume - les - Moines , Baume-les- Messieurs.
En voyant son site sauvage , sa vallée étroite et profonde qui ressemble à un précipice, ses rochers à pic et perpendiculaires qui ont l'air d'une menace suspendue sur sa tète , on ne comprend pas que des hommes aient pu songer à y fixer leurs demeures, et cependant on le
trouve habité dès les temps les plus antiques.
Période gauloise. On découvrit en 1850, dans un petit désert couvert de broussailles, sur la pente de la montagne de Ronnay, lieu dit en Combetier, proche de la fontaine de Breno ou Bournou, des bracelets et un anneau en bronze massifs et ciselés, accompagnés d'un autre bracelet de bronze , plat et orné de pareilles ciselures. Ces ornements de bras , qui laissent entre leurs bouts un peu d'écarlement, ressemblent à ceux que Ton voit figurés sur les bas-reliefs qui ornent certains monuments trouvés sur remplacement de la fameuse Ninive. Ils appartiennent probablement à l'invasion gallique, c'est-à-dire à la période la plus antique de notre histoire. Àu fond de la vallée, une contrée porte le nom de Couvent. La tradition rapporte qu'il y avait là effectivement un couvent qui fut écrasé par un énorme rocher détaché de la montagne. Tout nous porte à croire que ce prétendu couvent n'était autre chose qu'un collège de druides.
Période gallo-romaine. On a trouvé à Baume même, une statuette en bronze de Minerve. La déesse , armée d'une pique , tenait sur sa main une chouette, animal qui lui était consacré. De temps à autre, on rencontre des tombeaux épars sur le territoire ; des corps ont été trouvés entre deux murs construits dans la terre et couverts de dalles posées en toit.
Un camp romain, le plus vaste du Jura, destiné à protéger la route de Lyon au Rhin , occupait le sommet de la montagne de Sermus, qui s'élève au-dessus de Baume comme un rempart inattaquable. Sa longueur est de 1700 mètres ; le vallum qui ferme au midi cette langue de terre
si étendue et entourée de précipices, a celle de 204 mètres de Test à l'ouest. La hauteur du vallum est de 5 mètres , sa largeur avec le fosse de 38. C'est aujourd'hui un entassement de pierres et de gazon que couvrent la ronce , le noyer et l'aubépine. C'est sur l'emplacement de ce camp que fut construit le châteaufort destiné à protéger l'abbaye. Nous sommes étonné que M. D. Monnier, qui connaît si bien les annales de notre province, dise dans son article sur Sermus (Annuaire du Jura de 1845), qu'aucune charte, qu'aucun historien ne fait mention de ce château. Nous aurons occasion d'indiquer différents sièges qu'il subit) dont plusieurs sont décrits par un témoin oculaire , M. Girardot , sieur de Beauchemin. En présence de preuves aussi positives, on ne saurait douter que Baume a été habité dès les temps les plus anciens.
Abbaye* L'origine de cette abbaye est tout à-fait incertaine. St. Désiré, évèque de Besançon, en aurait été, selon Goltut, le fondateur au iv" siècle. M. Duvernoy prétend que sa fondation est de deux siècles postérieure à ce saint évèque. Gilbert Cousin en attribue l'origine à Brunehaut , fille de Chilpéric , roi de Bourgogne ; le président Courbe, àGontran, roi du môme pays; MM.
Dunod et D. Monnier, à St. Lothain, mort en 547; Chevalier, à Prothais , évèque d'Ayranches; Pierre-le- Vénérable , à saint Colomban , et enfin l'auteur de l'histoire de l'Eglise gallicane , à saint Euthice , le premier abbé de Baume, qui ne serait autre que saint Benoît d'Aniane. Celte opinion est adoptée par l'abbé Richard.
Dans cette hypothèse, Baume aurait été fondé de 817 à 821. Dunod et après lui M. Monnier ont avancé que l'abbaye de Baume figurait parmi
celles de premier ordre qui d'après le concile d'Aix-la-Chapelle de 847, devaient à l'empire des subsides et le service militaire. C'est une erreur, il s'agissait de Baume-les-Dames.
En considérant saint Lothain, comme le véritable fondateur de cette abbaye , la tradition qui en attribue la ruine aux Sarrasins en 732 , deviendrait vraisemblable. La bulle du pape Formose en 895, qui qualifie cet établissement de cellula, a fait penser à M. Edouard Clerc que ce monastère venait d'être érigé. Mais le terme de celle ou de prieuré peut s'appliquer aussi bien à une reconstruction qu'à une érection.
En 869 , Arduic , archevêque de Besançon, se plaignit à Lotbaire qui traversait son diocèse en se rendant à Rome, de ce que le comte Atton ou Audon , avait usurpé les trois terres deCbavannes (Chavenay, près Montaigu), de Champagne et d'Alièze , dont son église avait joui depuis l'épiscopat d'Abbon et de Gédéon. Le roi laissa ces terres à son parent qu'il avait intérêt de ménager, mais il fit don à Péglise de Besançon des monastères de Château-Cbalon et de Baume, et lui accorda en outre une redevance sur les salines de Lons-le- Saunier.
Sur la fin du i\m siècle , les religieux de Glanfeuil , fuyant les Normands, s'étaient retirés avec les reliques de saint Maur, leur fondateur, aSt.-Savin de Poitiers , et ensuite a SI. -Martin d'Autun ; ils se réfugièrent, en 864, dans l'abbaye de Baume. Les reliques de St. Bercaire, qui y avaient aussi été apportées , farent rendues dans la suite au mo* nastère de Montirandé , dont il avait été le fondateur.
Pendant le siège de Paris par les Normands, en 888 ou 889, quelques bandes s'avancèrent dans la Bour-
gogne, sous Hasting, le plus redou" table de leurs chefs. Elles incendièrent presque tous les villages de la province. Elles ruinèrent l'abbaye de Baume, celle de St. Lothain, etc.
Bernon , qu'on dit fils d'Audon , beau-frère de Louis-le-Nègue, était comme son père , comte dans le Scoding. Il avait embrassé la vie monastique dans l'abbaye de Saint- Martin d'Autun en 888 ou 889, selon Mabillon , en 898 selon M. Gaspard , et en 895, selon M. E. Clerc.
Après y avoir passé quelques années dans les exercices de la pénitence , il revint dans le comté de Scoding, où, de concert avec Laisin, son parent, il fonda l'abbaye de Gigny dont il fut le premier abbé. Bernon ne se contenta pas d'avoir doté celte abbaye de ses propres biens et de ceux de son parent ; il voulut l'enrichir dès le commencement. Il s'adressa donc à Rodolphe 1er, roi de la Bourgogne transjurane et le pria de fa»re quelques libéralités au nouveau monastère, alors en construction. En effet, ce prince lui fit don perpétuel de l'abbaye de Baume , du prieuré de St. -Lothain et encore des villages de Chavenay, de Clemecey ( près de Chilly-le- Vignoble), avec toutes leurs dépendances, sans aucune réserve , même en y comprenant les serfs ou esclaves attachés à tous ces biens dans le comté de Scoding. Bernon rétablit aussitôt une celle ou prieuré sur l'emplacement du monastère de Baume, détruit, soit par les Sarrasins, soit par les Normands, le dédia à St. Pierre, portier du Paradis, et soumit les religieux à la règle de saint Benoit, conformément aux prescriptions du concile tenu à Aix-la-Chapelle , en 817. Plein de zèle pour les intérêts de ce pieux établissement, il n'hésita pas à poursuivre le comte Bernard, qui s'était
emparé des terres de Baume et porta ses plaintes au plaid général tenu à Varennes, par Herincngarde , régente du royaume d'Arles, pour le roi Louis , son fils , dont Bernard était sujet, et obtint la satisfaction qui lui était due. Il parait que le pieux abbé continua d'habiter Gigny auquel il soumit Baume ( 90b ). En 895 , le pape Formose confirma la donation que le roi Rodolphe lui avait faite l'année précédente de la celle de Baume , avec les villages et les domaines de Chavcnay et de Clemencey. Ce fait prouve que la cession faite par l'empereur Lothaire, à Arduic, archevêque de Besançon, n'eut pas de suite.
Au milieu des scandales qui désolaient l'Eglise au commencement du xe siècle, la discipline monastique revivait par les soins de Bcrnon dans le petit monastère de Baume.
Odon , né dans le Maine , en 879 , fils d'un seigneur nommé Abbon, et qui après avoir étudié à Paris , sous Remy, moine d'Auxerre, un des plus savants hommes de son siècle, était devenu chanoine à la cathédrale de Tours , aspirait à une vie plus parfaite que celle des cloîtres de St.- Martin. 11 instruisit de ses projets , Aldegrin, chevalier non moins courageux qu'habile à la guerre, qu'il avait connu au service du comte Foulques , et les deux amis prirent la résolution de se dévouer dans quelque monastère à toutes les austérités d'une vie pénitente. Leur unique embarras était de trouver une maison assez régulière, et n'espérant pas que la France pût leur offrir ce qu'ils désiraient , Aldegrin se chargea, dans un pèlerinage qu'il devait faire à Rome, de chercher dans toute l'Italie une retraite propre à leur dessein. En passant par la Bourgogne, il visita le monastère de
Baume et fut si charmé de ta ferveur des religieux, de leur piélé, de leur douceur et surtout de l'accueil qu'il reçut de Bernon, qu'il résolut de ne pas pousser plus loin ses recherches.
Il manda donc à son ami qu'il avait trouvé ce qu'ils souhaitaient l'un et l'autre. Odon ne tarda pas à se rendre à Baume, apportant avec lui cent volumes, ce qui dans ce temps-là faisait une riche bibliothèque. Quelque grande qu'y fût la régularité , il y avait pourtant des religieux mécontents , lesquels ayant su l'arrivée d'Odon, lui dirent : « Nous cherchons » tous à sortir de celle maison pour » sauver nos âmes, et vous, vous » y venez pour perdre la vôtre! > Odon les ayant priés de s'expliquer:
« Ignorez-vous, lui dirent-ils, avec ■ quelle dureté l'abbé Bernon traite 9 les religieux ? les réprimandes sont t suivies de coups de fouet; il charge » de chaînes , il exténue de jeûnes » ceux qu'il a fait fustiger; encore » ne peut -on espérer, en souffrant » ces mauvais traitements, dere- » couvrerjamais ses bonnes grâces.»
Odon fut ébranlé ; mais Aldegrin le rassura et lui dit : * que c'était le démon qui pariait par la bouche de ces mauvais religieux. »
Bernon accueillit avec une sainte joie les deux nouveaux frères dont il avait deviné les vertus , et peu de temps après , il remit la direction de l'école du monastère, où l'on ins truisait les jeunes religieux et les enfants , à Odon (909), lequel sacquit dans cet emploi une réputation qui lui attira des jaloux. Widon ou Guy, neveu de l'abbé Bernon, excitait en secret les autres moines, qui cher chèrent souvent des occasions de l'humilier. Mais la modestie d'Odon désarma ses envieux , et sa bonté les gagna en même temps que sa charité les édifiait. Sa sainteté s'étant roani-
fi'sléc par des prodiges , Bernon le lit ordonner prêtre. Le lendemain , I humble religieux fut fort affligé lorsqu'il se trouva revêtu de l'étole sacerdotale, et pendant quelques jours, il n'osa pas sortir du monastère , parce qu'il était obligé de la porter. Odon, appelé bientôt au gouvernement de Saint-Martin de Tulles, devint ensuite abbé de Cluny.
Aldegrin avec moins de talent pour la conduite des âmes, avait plus d'attrait pour la solitude. Il s'établit, du consentement de Bernon, dans une caverne voisine du monastère ; il y passa trente ans , n'ayant pour nourriture que des légumes qu'il rapportait de Baume les dimanches et fêtes pour assister aux offices. L'ermitage de St. -Aldegrin était encore au siècle passé un lieu de pèlerinage.
La discipline que Bernon fit observer dans les monastères de Baume et de Gigny engagea Guillaume , comte d'Aquitaine, de lui conférer le gouvernement de Cluny qu'il fonda en 910. Il en fut le premier abbé et peupla cette abbaye de ses religieux de Baume et de Gigny. Baume et Gigny peuvent donc se glorifier d'avoir donné naissance à l'établissement cénobitique le plus célèbre de la chrétienté , lequel eut dans la suite plusieurs milliers de monastères sous sa dépendance.
Bernon avait, sur la fin de sa vie, établi son disciple Odon abbé de Baume; mais les moines ne voulurent pas consentir à le reconnaître pour leur supérieur; il fut donc obligé d'annuler cette disposition.
Par son testament , il préposa Guy , son neveu et Odon à la conduite de ses monastères. 11 remit à Guy le gouvernement des abbayes de Baume et de Vézelai, et des celles de Saint- Lotbain et d'Ethicc ( Moutliier-en-
Bresse). Bernon mourut à Cluny le 13 janvier 927. A sa mort, la régularité qui s'observait à Cluny y avait déjà attiré une foule de religieux , dont le nombre s'accrut sous Odon , qui fut le réformateur de la discipline monastique en France comme en Italie.
On ignore l'époque à laquelle Guy a cessé d'être abbé à Baume. Il parait qu'il quitta son abbaye pour se faire ermite à Fay-en-Montagne et qu'il y mourut en odeur de sainteté. Il eut pour successeur Odon , qui était en même temps abbé de Baume et de Cluny. Il mourut à Tours en 942.
C'est sous son administration qu'a pris naissance dans notre abbaye la sainte coutume de prier pour les trépassés, dont l'abbaye de Cluny sanctionna la pratique par un décret rendu l'an 998 en chapitre général.
Cette institution prit le nom de Fêle des morts. Hugues l*r, archevêque de Besançon , donna en fief, vers 1053, la garde de l'abbaye de Baume au comte souverain de Bourgogne. Odon II, alors abbé de ce monastère, fit un traité dans le même temps avec ce comte , qui était Renaud 1er.
Hugues II, marchant sur les traces de son prédécesseur, se distingua par son zèle à retirer des mains des laïques les possessions qu'ils avaient usurpées sur les monastères et les abbayes. Muni de son autorisation, Bernard 1er, abbé de Baume, déjà nommé dans des titres de 1078 et de 1080, racheta en 1083, des sires de Montmoret, l'église de Lons-lc- Saunier, du consentement de liai— mon, curé et doyen de cette ville, et de David son fils. Il acquit en outre plusieurs prieurés et églises désignés dans le même acte. Une bulle du pape Urbain II, adressée en 1089 à Ugo ou Hugues 1er, successeur de
Bernard , renferme rénumération des églises et des autres biens de ce monastère.
A la fin du xi° siècle , Baume si pieux et si fervent au siècle auparavant, était sans ordre et sans cuite ; en vain le Saint-Siège prit en 1096 celte abbaye sous sa protection, et tâcha de la défendre des envahisseurs, en la soumettant de nouveau aux évêques de Besançon.
C'est à cette époque que les reliques de saint Lothain furent tirées de son tombeau pour être exposées à la vénération publique , quoiqu'il fût longtemps auparavant reconnu pour saint et honoré en celte qualité.
Son chef fut porté dans l'église abbatiale de Baume et le surplus de ses dépouilles resta dans l'église prieurale et paroissiale de Silèce, dont saint Lothain devint le patron.
Ponce, archevêque de Besançon , en 1107, et Guillaume 1er, son successeur en 1 1 1 1, par lettres adressées à l'abbé Alberic , confirmèrent les anciennes possessions de son monastère et lui en donnèrent de nouvelles.
Cet Alberic qui succédait à Renald ou Renaud et à Bernard II, mort en 1 104, fut l'un des plus célèbres abbés de Baume. II la régit avec sagesse pendant (rente-cinq ans, en fit rebâtir l'église et, par ses économies, en accrut les revenus. En 1135, le comte Renaud , revenant d'une expédition militaire , s'était arrêté pendant la nuit près de St. -Lothain. Ce village s'était ressenti de la présence d'une troupe indisciplinée, que l'habitude du pillage rendait peu soumise aux ordres de ses chefs. Alberic , dont relevait ce prieuré, alla trouver Renaud et obtint de ce prince, en dédommagement des excès commis par ses soldats , l'abandon du droit de haute justice sur cette terre.
L'abbaye reçut de Renaud et de son frère Guillaume , comte de Vienne, plusieurs bernes de sel à Lons-le- Saunter, avec des hommes, des meix et des terres dont la possession lai fut confirmée , en 1 143, par le pape Innocent II. Une lettre du pape Eugène III, adressée en 1 U8 , à Guillaume, comte de Mâcon , et à l'archevêque de Besançon, nous apprend que la discipline étail tellement tombée à Baume, sous l'administration de Hugues II, successeur d'Anséric et la dépravation des moines si effrénée , qu'ils avaient maltraité Ansbert , évèque d'Autun , légat du Saint-Siège. Eugène, irrité de l aclion commise envers son commissaire , soumit cette abbaye à celle de Cluny, après l'avoir réduite au titre de prieuré. Il en écrivit au comte Guillaume qui en avait la garde ; celui-ci confirmant le don du pape , autant que l'affaire pouvait le regarder, donna l'investiture du temporel de ce célèbre monastère à Pierre le- Vénérable, abbé de Cluny. Humbert II , archevêque de Besançon, m-.
formément à une bulle du même pape , lui en fit aussi don » sous le litre de prieuré. Cette donation, ratifiée en 115*3, par un diplôme de l'empereur Frédéric Barberousse, devenu prince souverain du comte de Bourgogne, fut encore confirmée, en 1 155, par le pape Adrien IV.
Grâce à cette mesure, Baume avait vu renaître la ferveur et la régulante, comme le démontre une constitution de Pierre-le-Vénérable, qu'il lut aux religieux de Cluny assemblés en chapitre, le jour de la Circoncision ( i 151). Après y avoir rappelé la fondation de cette maison , berceau de Cluny, et retracé sa ferveur et sa décadence, il continue ainsi « : Moi, » le frère Pierre, abbé des frères de » Cluny, ensuite du commandement
» du seigneur pape Eugène III, du
• consentement de l'archevêque » Humbert de Besançon, et à la
• prière du comte Guillaume , gar-
■ dien de celle maison , j'ai beau- » coup travaillé pour le prospérité » spirituelle et temporelle de Bau-
• me , et afin qu'avec la grâce du » Saint-Esprit, cette ancienne mère « devint une jeune et belle fille de
• Cluny. C'est pourquoi , puisque , » selon la parole du Seigneur , » comme le témoigne un des évan- » gélistes , l'ouvrier est digne de sa » nourriture; et selon un autre, de
• sa récompense , je voudrais , s'il
• plail au Seigneur, ne pas recevoir » ici, mais ailleurs, le fruit de mon
• travail; la récompense éternelle » pour quelques heures de labeur.
» C'est pourquoi j'ordonne et j'ar-
• réte que le jour où il plaira au " Seigneur de me (aire entrer dans » la voie de toute ebair, cl payer le
■ tribut à la mort, le prieur de » Baume, quel qu'il soit alors, res- » taure splendidement les frères , » tant du couvent que ceux qui se-
■ ront à l'infirmerie , selon l'usage » des distributions majeures et so- » lennelles, de bon pain et de fèves,
• de bon vin , de grands et bons ». poissons, et selon l'opportunité
• du temps, qu'on donne a manger
• de la chair au malades. J'ordonne
• en outre que , le même jour, on » nourrisse cent pauvres de pain , » de viande et de vin , ou qu'aux » jours d'abstinence publique on les
■ rassasie d'aliments conformes au •. temps. Qu'on fasse cela tous les » ans et que, tant que je vivrai , on » donne le même repas aux frères
• et aux pauvres , le 8 des kalendes
• de novembre, c'est-à-dire la veille
• de la dédicace de la grande et m neuve église qu'a consacrée , en- » suite de nos prières , le pape In-
» nocent II, d'heureuse mémoire. Il » ne m'appartient pas de statuer ce t qu'on fera en ce jour pour mon » âme , soit que je vive, soit que je » sois mort. Je n'ordonne rien là- • dessus ; je laisse cela à la sollici- » tude et à la charité des frères. •
Le pape Adrien IV et l'empereur Frédéric confirmèrent cette ordonnance, en 1154, par des lettres qui font connaître l'état et les dépendances de Baume.
Cependant l'empereur Frédéric, outré de ce que cette abbaye , de noble et impériale , était devenue simple prieuré, dit dans un diplôme daté d'Arbois,le 18 novembre 1 157, « Qu'il a vu avec douleur que ce monastère, illustre par sa fondation et enrichi par les libéralités de ses prédécesseurs , devenu prieuré de Cluny, ait été privé de ses services particuliers. C'est pourquoi, à la prières des religieux de cette maison et de plusieurs princes et barons, il la décharge de toute sujétion envers celle de Cluny ; il veut que le titre d'abbaye lui soit rendu, qu'elle le conserve à l'avenir, et que les religieux puissent élire leur abbé. • Guigon ou Guy II, successeur d'Albert, occupait alors cette prélature.
Il fut remplacé par Hugues III , (1162 à 1186). Baume ne cessa depuis de jouir des prérogatives d'une maison abbatiale. Ce même empereur, par une lellre sans date , écrivit à l'archevêque de Besançon qu'il lui avait souvent commandé de prendre les intérêts de l'abbaye de Baume comme les siens propres, et lui ordonna de rendre et de faire rendre à ce monastère ce qui lui avait été enlevé. Henri VI , fils et successeur de Frédéric , confirma , par un diplôme de l'an 1186, les volontés de son père. L'anti-pape Victor IV, par une bulle de Tan 1 162,
déclare, qu'à l'exemple d'Urbain , Pascal , Calixtc , Innocent et Lucius, ses prédécesseurs, il prend l'abbaye de Baume sous sa protection, qu'elle est indépendante de Cluny, qu'il la rétablit dans sa dignité d'abbaye et lui confirme ses anciennes possessions. Le pape Clément, par une bulle de Tan i 190, réitère la même déclaration ën faveur de l'abbé Ponce Ier, successeur de Hugues III. Malgré la protection des empereurs et des papes, les religieux recoururent à celle des seigneurs du voisinage. Depuis le xi* siècle, les moines , même les plus puissants , étaient continuellement troublés dans leurs cloîtres, par les incursions des nobles ou par les guerres que ceux-ci se livraient entre eux.
Ils recherchèrent donc l'alliance de ces dangereux voisins. Ils la payaient par une somme d'argent ou par des redevances en cire et en grains , mais le plus souvent en partageant les revenus de leur maison, avec leurs protecteurs. On appelait />ariage une telle association.
Par un accord fait en 1208 entre Théobald ou Thiébaud , successeur de Ponce Ier et Etienne 11 , comte de Bourgogne , cet abbé céda en fief et société a ce dernier, la montagne de Chavenay, sur laquelle le comte avait bâti le château dit de Montaigu , à condition qu'il y construirait encore un prieuré tel qu'avait été celui de Saint-Martin de Chavenay.
Au mois de février 1 252 , l'abbé Odon IV et Jean de Chalon , dit le Sage, convinrent dans un traité d'inféodation que la moitié de l'ancien château de Montanoisel (le Pin), qualifié de Castrum, serait cédée a ce prince ; qu'un donjou y serait construit à ses frais , et que du côté du Pin, les religieux bâtiraient une maison qui leur serait propre. Hugues ,
fils du comte , ligure dans le traité; il en jure l'exécution sur les saints évangiles et l'excommunication menace celui de ses descendants qui enfreindrait les stipulations.
L'inféodalion emportait l'hommage de fief envers les premiers possesseurs. Il arriva donc, par la suite des temps, que des princes plus haut placés que les sires de la maison de Chalon devinrent feudataires dù monastère de Baume, représentépar ses abbés.
Au mois de mai 1515, Philippe, duc et comte de Bourgogne, fait acte de foi et hommage envers l'abbé Simon , pour les châteaux du Pin et de Montaigu. Cet hommage est renouvelé en 1513 par Jeanne , reine de France et comtesse de Bourgogne, et en 1421 par le duc Philippe le-Bon.
Rien ne fut plus fatal aux monastères que les dons accumulés des seigneurs et des rois. Dès le xne siècle , ces maisons , autrefois l'asile du pauvre qu'elles consolaient et qu'elles nourrissaient, reçoivent dans leurs murs les hôtes les plus illustres , auxquels on prodigue les soins d'une hospitalité somptueuse , tandis que le devoir de l'aumône est rempli comme une charge pénible. On voit à cette époque les abbés de Baume marcher entourés de serviteurs sans nombre, suivis de chevaux , de chiens et d'hommes d'armes ; les fourrures les plus rares ornent leurs vêtements ; un riche mobilier les suit dans leurs courses les moins longues. La cessation du travail des mains était la conséquence de cette splendeur nouvelle. Les rustiques occupations des premiers solitaires ne s'accordaient plus avec l'esprit de leurs successeurs. Ceux-ci ne pouvaient d'ailleurs se livrer à la culture depuis qu'autour d'eux s'étaient formés des villages, des bourgs , remplis de fer-
inicrs et de serfs qui , pour vivre , avaient besoin de leur travail. Le nombre des moines dut diminuer eu même temps. De quarante religieux qu'ils étaient , le nombre fut réduit à vingt-quatre. Des signes irrécusables attestent la décadence de la discipline. Dès le xne siècle , les abbés de Baume , engagés dans les affaires, les intrigues de la politique, abandonner t souvent la conduite des religieux aux mains d'un mandataire officiel.
C'est le prieur qui les représente , tandis qu'on les voit dans les cours de Bourgogne, tantôt comme ambassadeurs, tantôt comme simples courtisans. Pendant leur absence , les moines s'accoutumaient à une vie indépendante , et l'antique pouvoir des abbé» s'amoindrissait tous les jours. De là , distinction entre le chef et les membres , le partage des revenus , les prébendes à titre particulier. La manse abbatiale est séparée de la manse conventuelle et celleci est répartie entre les religieux.
Mais le prieur s'élève bientôt au-dessus de ses frères; on lui assigne deux parts dans les revenus communs ; trois pouvoirs régnent dans l'abbaye à des degrés différents : l'abbé , le prieur et le couvent. C'est sous cette triple dénomination que la maison passe la plupart des contrats. Voilà par quelle transformation toute naturelle , inévitable même , le commandement d'abord illimité de l'abbé de Qaume fut tempéré par un corps délibérant. Ce corps prit le nom de chapitre et ses membres celui de conventuels ou de capitulaires. Quelques-uns d'entre eux possédaient, comme supplément de prébende, les prieurés qui relevaient du monastère. Dans les actes les plus anciens, on voit des religieux prieurs de Saint-Lotuain , de Saint-Aldegrin , etc. A l'altération de la disci-
pline se joignit un autre mal qui ne pouvait que favoriser les progrès du premier. A peine Henri VI , roi des Romains, a-t-il confirmé les privilèges et les possessions de l'abbaye (H8G) reconnus par Frédéric son père , que celle-ci se plaint des entreprises de ses ennemis. Au xme siècle, l'effroi régnait partout dans les cloitres , la détresse dans leurs finances , le pillage sur leurs terres, une misère réelle parmi leurs colons.
Jamais, dit M. Ed. Clerc, les abbayes ne furent plus obérées de dettes ; puissantes seulement pour exciter la cupidité , elles étaient désolées par leurs ennemis, par leurs créanciers, par les juifs , par leurs propres avoués.
La guerre renversait leurs villages , l'incendie atteignait jusqu'à leurs églises , leurs troupes les ruinaient. Baume contracta de nombreuses dettes de 1267 à 1297, sous l'administration des abbés Aimon , Jean 1er, Renaud 11 et du prieur Hugues. Plusieurs d'entre eux engagèrent à vie la plupart des prieurés de l'abbaye , qu'ils rachetèrent ensuite à des conditions très onéreuses.
L'abbaye de Cluny, malgré les diplômes des empereurs Frédéric Barberousse et d'Henri son fils , malgré les bulles de plusieurs papes, n'avait point renoncé à faire valoir les titres qui avaient mis Baume sous sa dépendance. En 1259, il intervint un traité entre l'abbé et les religieux de Baume, d'une part, l'abbé et le couvent de Cluny, de l'autre, par lequel les premiers s'obligèrent d'avertir l'abbé de Cluny de la mort de leur abbé , de lui demander la permission d'en élire un autre, qui ne pourrait être choisi qu'à Cluny. Il fut convenu que lorsque l'abbé de Cluny viendrait à Baume , les religieux de ce monastère seraient tenus d'aller
le recevoir en procession; que l'abbé de Baume, soit à Cluny, soit ailleurs, aurait le pas avant tous les autres abbés de Tordre et marcherait immédiatement après Pabbé de Cluny ; que ce dernier pourrait visiter l'abbaye de Baume par lui-môme ou par des visiteurs nommés de sa part ; que s'il y trouvait quoique désordre , il serait tenu d'inviter l'abbé à le faire cesser , et que sur le refus de ce dernier, il aurait le droit de supprimer les abus par lui-même ou par les définiteurs du chapitre.
De leur côté , les archevêques de Besançon, auxquels l'abbaye de Baume avait été soumise, par la bulle du pape Urbain II, du 27 juin 1096, prétendaient exercer des droits contestés par Cluny. A peine Eudes de Rougemont avait-il pris le gouvernement du diocèse , qu'il s'appliqua à terminer ces différends (1 6 octobre 1269). Pour cela on convint gue les moines de Baume choisiraient leur abbé dans Tordre de Cluny ; que le chef de cette congrégation présenterait le sujet élu à l'archevêque de Besançon , pour confirmer l'élection ou la déclarer nulle , si elle avait des défauts , auquel cas on en ferait une nouvelle. Si celle-ci se trouvait encore vicieuse, l'archevêque devait d'ofGce nommer Tabbé. Celui-ci était tenu d'assister aux synodes diocésains une fois chaque année. L'archevêque, de son côté , devait visiter tous les ans l'abbaye de Baume et avertir Tabbé de tout ce qu'il y trouverait à corriger. Si ce dernier n'apportait pas remède , dans le courant de Tannée , aux désordres qu'on lui avait signalés , le prélat avait le droit d'y pourvoir, et tout cela sans préjudice de la juridiction que Tabbé de Cluny prétendait par concours dans ce monastère. L'abbaye de Baume n'avait jamais accepté , sans résistance et
sans modification, l'autorité suprême de Tabbé de Cluny et une grande rivalité avait toujours régné à ce sujet entre Tabbé de Cluny et l'archevêque de Besançon. Bertrand de Colombier, abbé de Cluny, voulut, en 1297 , aller visiter le monastère de Baume ; les moines lui ayant refusé les portes, il les interdit et réclama contre eux l'assistance de Renaud de Bourgogne , comte de Montbéliard.
La question de savoir si Baume avait une existence indépendante , ou si au contraire elle était soumise à Tabbaye de Cluny et à l'archevêque ont été en tout temps l'objet de débats qui n'ont pas eu de solution. Les traités même que nous avons cités semblent n'avoir pas eu de suite. En 1292, le pape Nicolas IV nomma des commissaires pour savoir si réellement Baume ne relevait que du Saint- Siège. Lorsque l'archevêque de Besançon se présenta, en 1695, pour visiter l'abbaye, les religieux ne le reçurent qu'à condition qu'il justifierait qu'il ne se présentait qu'en vertu d'une délégation du pape et qu'il déclarerait qu'il n'entendait point par là user de ses propres prérogatives. En 1695, le sieur Gaspard de Siebon , sacristain du prieuré de Nantua , nommé par le cardinal de Bouillon, abbé supérieur-général de Cluny, pour visiter l'abbaye de Baume , fut reçu avec politesse par les moines ; mais on ne lui permit pas de faire sa visite ; les religieux lui firent immédiatement signifier un acte par lequel ils se déclaraient indépendants de Cluny et ne reconnaissaient qu'au pape et anx visiteurs nommés par leur chapitre le droit de visiter leur monastère. La même opposition se renouvela en 1725.
Les princes de la maison de Cha - Ion affectionnaient particulièrement celle abbaye. Renaud , comte de
Montbéliard , par son testament de l'an 1297 et son codicile de l'an i 3Q& , y élit sa sépulture ; il donna 70 livres de rente pour des anniversaires et ordonna que son enterrement y serait fait le plus honorablement possible. D'autres fondations y furent faites en 1320, parMahaut, comtesse d'Artois et de Bourgogne , par le duc Philippe, en 1361, et par la princesse Marguerite, comtesse de Bourgogne, en 137/*.
Au xiva siècle , Baume était en pleine décadence. Les chefs de ce monastère négligeaient entièrement l'administration spirituelle de leur maison, pour s'adonner aux affaires du monde. On voit figurer dans la cour des souverains Simon, Jean d'Eternoz, Jean deMolpré, Aimé de Chalon, qni semblent avoir changé leurs dignités ecclésiastiques contre le titre de conseiller et d'agent des grands du siècle. Simon écrit à Henri, abbé deCluny, pour s'excuser de ne pouvoir assister au chapitre général, sur ce qu'il devait recevoir Philippele-Long et la comtesse Jeanne , son épouse (1315). Ce prélat siégeait au parlement du comté et quelquefois à celui de Paris. Son successeur, Jean d'Eternoz , fut conseiller de Jeanne II , comtesse de Bourgogne, qui lui donna des biens à Poligny pour fondation de messes. Jean de Mol pré travailla à l'organisation du parlement et y remplit une des premières places sous Philippe- le- Hardi. Aimé de Chalon accompagna plusieurs membres de sa puissante famille dans divers châteaux, et présida à des règlements d'affaires. Ces abbés et leurs successeurs firent des concessions de biens aux religieux et affranchirent quelques-uns de leurs main-mortablcs.
Le 7 mai 1336, le monastère fut Incendié par les barons comtois, qui
étaient en guerre avec le duc Eudes de Bourgogne. L'abbé était odieux à la confédération , parce qu'il siégeait d'habitude au parlement de Dole. Cette maison demeura longtemps ensevelie sous ses ruinés; Aimé de Chalon la relevait seulement en 1390.
Les monastères francs - comtois souffrirent beaucoup, non seulement des hauts barons avec le duc Eudes, mais encore des courses des Anglais et autres bandes indisciplinées qui dévastaient la province. C'est ce qui explique les dons faits à notre abbaye , à cette époque , par les souverains et la noblesse.
Au milieu des troubles et des guerres de cette époque , les religieux entretenaient une maison de retraite dans le prieuré de Saint-Nicolas de Charnay , près de Voiteur , où ils accouraient avec leurs hommes , lorsque le fer et le feu les menaçaient.
De 1390 à Ut 9, Aimé de Chalon fit à son église des réparations importantes ; on lui devait également les stalles historiées du chœur, qui ont été transportées de Baume à Clairvaux,
Henri de Salins , son successeur, fit construire une chapelle, dite Chapelle de Salins, dans laquelle Jean et Huguenin de Salins , ses frères , fondèrent une messe quotidienne pour le repos de son âme.
Cette chapelle n'était point dans l'église abbatiale , ainsi que le dit M. Monnier (Annuaire de 18% 5).
Elle fut cédée, en 1685, à M. Nicolas de Visemal , prieur de Saint- Aldegrin , à condition qu'il construit, dans cet édifice, deux chambres au rez-de-chaussée, une écurie pour cinq ou six chevaux, deux chambres hautes et un cabinet, pour lui servir de logement. Ce prieur céda le bàti^
ment qu'il occupait pour agrandir la maison abbatiale. Henri de Salins reconstruisit le portail qui porte les armes de sa famille.
Il reste quelques actes des trois abbés Guillaume , Etienne et Louis deChassault (1449 à 1487). Ce dernier fit une translation solennelle des reliques de saint Lotbain , dans l'église du prieuré de ce nom. Quand on les y exposait, les religieux de Baume envoyaient un commissaire pour présider à cette cérémonie , et lorsqu'ils présentaient à la vénération publique le chef de ce saint, déposé dans leur église, ils en faisaient solennellement l'office. C'est sous son gouvernement que l'abbaye fut ravagée par les armées de Louis XI.
La commende était généralement admise au diocèse de Besançon dès la tin du xve siècle, non seulement dans les grandes abbayes , mais encore jusque dans les plus petits bénéfices .
Les religieux de Baume continuaient cependant à élever par la voie de l'élection , des personnages distingués sur le siège abbatial. Cette élection se faisait dans un chapitre général , auquei*assistaient les religieux et tous les prieurs des prieurés dépendant de l'abbaye. Ces réunions eurent lieu pendant un temps annuellement. Les prieurs qui ne s'y rendaient ças , étaient excommuniés.
Philibert Hugonet , évèque de Màcon et cardinal , Claude Morel , dit Voiturier, bénédictin à Saint-Martin-des- Champs, et Etienne II, dit Voilurier, furcut élus successivement abbés , de i482à 1487.Lecard inalde Saint- Ange fut le premier abbé coni mandataire nommé de 1494 à 1497. Guillaume III de Poupet, prolonotaire du Saint-Siège, fut, en 1514, pourvu du bénéfice de Baume , à litre d'abbé commendataire. Ce prélat était en même temps abbé de Baume,
de Balernc , de Goailles , prieur de Lons-le-Saunier et seigneur de plusieurs lieux. Né à Poligny , il avait été élevé à Paris, où il s'était adonné à l'étude des belles- lettres. De retour en Franche-Comté, où il jouit toujours de la plus grande considération , il fut le premier chanoine de Besançon nommé par l'empereur, en vertu d'induit ( 1521 ). 11 se déclara le Mécène des savants et des littérateurs du pays ; on l'aimait pour sa vertu comme on l'estimait pour ses connaissances ; les puissances le consultaient sur les affaires ecclésiastiques importantes. Il consacra une partie de sa fortune à rebâtir et à décorer l'abbaye de Baume, où il résidait habituellement. Il mourut en 1583. Il eut pour successeur Antoine de la Baume-Saint-Amour.
Cette maison comptait encore, aux xvie et xvn* siècles , plusieurs familles nobles parmi ses vassaux.
L'usage de fournir seize quartiers de noblesse, pour être reçu à Baume, date de 1555. Un statut de la confrériede Saint-Georges l'avait établi ; un arrêt du parlement de Dole le confirma en 1647 ; les Etats de la province et le roi firent de même en
Les guerres et les calamités du xvn* siècle eurent des suites funestes pour la religion. Les églises furent pillées et dévastées ; plusieurs tombèrent en ruines. Les religieux, victimes de la guerre et du typhus comme les autres habitants , ne survécurent qu'en petit nombre à tous ces désastres. Pendant plusieurs années, l'abbaye de Baume fut complètement déserte. Les Bénédictins de Saint- Vannes voulurent profiter de celte circonstance pour s'introduire dans cette maison; mais ils trouvèrent une résistance à laquelle ils ne s'attendaient pas. Un mandement de
garde du parlement de Dole , confirmé par le roi , le 18 juillet 1 045 , maintint ce monastère dans son privilège de ne recevoir aucun religieux qui ne fût gentilhomme de naissance et qui ne fît preuve de seize quartiers de noblesse ; d'un autre côté , les seigneurs formèrent opposition aux prétentions des Bénédictins. Les religieux furent assignés devant le parlement de Dole , qui les condamna par défaut, le 23 août 1047 , à ne plus troubler, ni directement , ni indirectement , la nobtesse dans la possession où elle était , de temps immémorial, de fournir exclusivement des religieux à Baume. Sur la demande des Etats de la province , le roi d'Espagne confirma ce privilège en 1054. Malgré cet arrêt du parlement et celle déclaration royale, les Bénédictins tentèrent encore de s'emparer de ce riche bénéfice ; mais la noblesse ne se lassa pas de lutter. En 1078 , les chevaliers de la confrérie de Saint- Georges présentèrent une requête au roi et au duc de Duras , pour avoir justice de l'entreprise des Bénédictins. Le roi, en son conseil d'Etat tenu à Saint-Cloud le 1 3 octobre de la même année , ordonna à ces religieux de justifier , par titre , de leur droit d'imposer la réforme dans les monastères dont ils ambitionnaient la possession. Préalablement les choses devaient rester dans le même état , jusqu'à ce qu'il en fût autrement décidé.
Le plus célèbre de tous les abbés de Baume, par ses aventures romanesques, ses débauches et sa pénitence, est sans contredit Jean-Chrétien de Watteville , d'une ancienne famille de Berne, retirée à Besançon, depuis l'établissement de la réforme dans les cantons suisses. Jean de Watteville, né vers 1013, se voua d'abord à la profession des armes
Ayant eu le malheur de tuer en duel, à Milan, un gentilhomme de la reine d'Espagne , il vint attendre dans sa famille que cette affaire fût apaisée.
Touché de sa faute , il embrassa la vie religieuse dans l'ordre des Capucins de Besançon , et ne trouvant pas que la règle de cet institut fût assez sévère, il obtint permission de se retirer dans le couvent des Chartreux à Beaulieu, où il fit une pénitence austère pendant quatre ans. Bientôt, fatigué de sa retraite, il escalada les murs du monastère et poignarda le prieur qui le surprit en flagrant délit. A quelque distance, logeant dans une petite auberge , il tua un étranger qui voulait partager son souper. A peine arrivé à Madrid, il engage une querelle avec un chevalier et lui plonge son épée dans le corps. Watteville va chercher un asile dans une abbaye de Dames nobles, dont la supérieure était sa parente. Il y séduit une religieuse et s'embarque avec elle pour Smyrne.
Sa victime meurt dans la traversée, et voulant s'éloigner des lieux où il a perdu une femme qu'il chérissait , il part pour Constantinople. Il abjure le christianisme, prend le turban et parvient en peu de temps à la dignité de pacha. Après avoir commandé des troupes turques sur la frontière d'Autriche , ce renégat emploie l'intervention du baron de Watteville , son frère, et obtient son pardon à la cour de Madrid. Il se rend en toute hâte à Rome , où il abjure son apostasie , reçoit du pape l'absolution et l'abbaye de Baume , qui était un des plus riches bénéfices de la Franche-Comté (1000). Deux ans après, on le fait haut-doyen du chapitre métropolitain et il en serait devenu archevêque, si les chanoines ne se fussent ligués pour empêcher un pareil scandale. En 1005, il oh-
tient une charge de maître des requêtes au parlement de Dole , trahit sa patrie en 1 668 et contribue à la livrera LouisXIV. En récompense de sa félonie , il reçut une somme d'argent , la charge de grand bailli et la co-adjutorerie de Luxcuil. Lorsque la Franche-Comté rentra pour quelque temps sous le sceptre espagnol, Watteville se retira à Paris. Bientôt après, il revint dans la province à la suite des troupes françaises (1674).
Après la réunion définitive de la Franche-Comté à la France , il fit sa paix avec le chapitre de Besançon, renonça au haut-doyenné, quitta les charges de grand bailli de la province et de co-adjutcur de Luxeuil , et se relira dans son abbaye de Baume, où il vécut en vrai pacha, entouré de tous les plaisirs. Ses derniers moments furent pourtant consacrés à la pénitence. Il fonda son anniversaire dans plusieurs églises, notamment à Baume, chez les Cordeliers de Lons-le-Saunier, et chez les Minimes d'Arlay. H mourut à Baume le h janvier 1702. Son corps fut inhumé dans l'église de l'abbaye, sous un riche mausolée de marbre.
Jean-François , ou Jean-Bapliste de Chamillart, succéda à Jean de Watleville. Il fut remplacé à son tour en ilih par Charles-Maurice de Broglic , agent général du clergé de France, sous le gouvernement duquel l'abbaye fut sécularisée. Les lettres du roi qui autorisèrent la sécularisation étaient du 8 février 17b6. La bulle portant sécularisation de eetle abbaye , tant dans le chef que dans les membres , son érection en église collégiale séculière et l'union à la manse capitulaire de cette collégiale de tous les offices claustraux et places monachales, ensemble des prieurés qui dépendaient de l'abbaye, est du ft des ka-
lendes de mai 1759. Le décret de fulmination de cette bulle est du 10 mars 1 760.
Offices claustraux. L'abbaye était régie non-seulement par un abbé, mais encore par des ministres qui étaient les officiers claustraux. 11 y avait à Baume , au xne siècle , an grand prieur, un grand chambrier, un petit chambrier , un doyen, un infirmier, un réfecturier, un aumônier, un prieur de St.-Aldegrint un cellerier, un grand chantre et un sacristain , tous à la nomination de l'abbé. Il y avait en outre un chirurgien, un barbier, un boucher, le vicaire perpétuel de l'église Saint- Jean- Baptiste , un geôlier, un forestier, un couturier et un enterreur. Le cellerier, le cuisinier et l'infirmier avaient chacun un domestique. Celui du cuisinier était appelé piquagruel. Ces derniers officiers étaient nommés par l'abbé sur la présentation du chapitre.
Règle. Les religieux de Baume étaient qualifiés de bénédictins de de l'ordre de Cluny ; mais de temps immémorial , ils vivaient en séculiers. Us avaient chacun leur maison, leurs meubles, leur table, leurs domestiques. Ils recevaient à volonté leurs parents, leurs amis.
Chapitre collégial. Par la bulle d'érection , ce chapitre fut soumis à la juridiction, correction et visite des archevêques de Besançon. Il devait être composé d'un abbé à la nomination du roi et institué par le pape, non tenu à la résidence, d'un doyen à la nomination du St.-Siége et de douze chanoines à la nomination de l'abbé. Ce nombre de douze devait être réduit à dix après la mort ou la démission de deux des douze chanoines. La première dignité après celle de l'abbé était celle du doyen. U ne pouvait être reçu
dans le chapitre , ainsi qu'il était d'usage auparavant , que des personnes nées en légitime mariage et qui prouvaient leur noblesse tant paternelle que maternelle , de seize quartiers nobles , huit paternels et huit maternels. Le clergé inférieur devait être composé de quatre chantres et de deux enfants de chœur, amovibles et à la nomination du chapitre.
Louis XVI accorda, en 1773, aux# chanoines, le droit de porter un mé-* daillon en or, qui présentait deux clefs en sautoir, sur un champ d'azur. Zoachitn-Joseph de la Fare, aumônier du roi , vicaire-général de Langres, pourvu de l'abbaye de Baume en 1766, conserva ce bénéfice jusqu'à la révolution française , époque de la suppression du chapitre. Il mourut à Besançon en 1797, dans un état voisin de l'indigence. Il était d'une conduite peu régulière et d'une prodigalité somptueuse. Les derniers chanoines furent MM. de Montrichard, doyen, de Champdhyvers , de "Viremont , de Frontenay, de Citley, de Montclair, de Falletans, de Raincour, de Clermont et Grivel de Perrigny.
Seigneurie. Elle comprenait Baume, Sermus , Crançot et Grangessur-Baume. L'abbé y exerçait la justice haute, moyenne et basse. Un pilori était placé sur la place de Baume. Le signe patibulaire , après avoir été placé dans une contrée dite au Gebau ou au Gibet, fut transporté dans une autre dite en Putessard ou en Mallevaux. G'est là qu'on exécutait les criminels. On brûla en 1B27, sur la place de Baume, Pierre Girard , dit Bugod , habitant de ce lieu, condamné comme hérétique et Vaudois. Ses biens furent confisqués au profit de l'abbaye. Les habitants soumis à une foule de cor-
vées gratuites étaient soumis à la main-morte personnelle et réelle.
Ceux d'entre eux qui étaient affranchis se qualifiaient de bourgeois. La justice était administrée par un bailli et d'autres officiers subalternes nommés par l'abbé. Ce dernier ayant reçu des comtes de Bourgogne le droit d'instituer cinq tabellions , en établit un à Baume , un à Lavigny, un à St.-Lotbain, un à Perrigny et un cinquième pour Vers, le Souvement et la Chasnée. Il avait la banalité des moulins, de quatre fours construits l'un à Baume, l'autre en Froidvaux, un à Sermus et un à Crançot. Les habitants ne pouvaient se réunir en corps de communauté sans la permission de leur seigneur.
Armoiries, Les armoiries du chapitre de Baume étaient : d'azur à deux clefs de saint Pierre d'or en sautoir, surmontées d'un st. Pierre d'or dans sa chaire aussi d'or.
Elles furent confirmées par arrêt du conseil du roi du 20 novembre
Château et fortifications. Les titres de l'abbaye, dont la plupart ont été perdus à la suite des guerres et delà peste de 1636, qui firent déserter tous les religieux, ne nous apprennent rien du cbàteau-fort bâti sur la montagne de Sermus. Il est à peu près certain cependant qu'il fut construit en même temps que le château de Mon taigu et celui du Pin, vers l'an 1 208, par Etienne II, comte de Bourgogne, qui avait la garde du monastère. Cette forteresse se composait du château proprement dit et d'un donjon. Elle occupait l'emplacement de l'ancien camp romain. De là on découvrait Château-Chalon , la cime de Poupet , les châteaux de Montrond , de Mirebel, de Binand et de Bcaurcgard. L'espace compris entre les hauts rochers de Sermus
et des Granges était fermé par des murs qui prenaient d'une roche à l'autre et percés de portes fortifiées.
La garde en était confiée à un capitaine châtelain qui y avait sa résidence. Ce poste avait une telle importance que, le 5 avril 1657, le marquis de St. -Martin en fit sa place d'armes et y attendit les troupes étrangères qui venaient se joindre à lui comme auxiliaires.
Guerres, sièges. En 4556, lors de la guerre ues barons francs-comtois contre le duc de Bourgogne Eudes , l'abbaye fut brûlée; mais le château ne fut pas attaqué.
Au mois de juin 1658 , le duc de Longueville envoya Lamothe Audancourt pour s'emparer de la forteresse. Ce dernier ne put y parvenir.
En 1640 , les Français revinrent en faire le siège en forme. La défense fut longue ; le chef des assaillants perdit beaucoup de monde au pied des rochers avant de se rendre maitre de la place. Une grotte profonde de quarante mètres au moins servit de refuge aux habitants, pendant la guerre de dix ans. Elle était fermée par une énorme porte en fer.
Commerce ancien. Il y avait autrefois à Baume un marché chaque semaine et trois foires par année.
Le marché se tenait sous la porterie du cloître.
Cloître. L'abbaye était précédée d'une promenade close de murs , et emplantée de tilleuls qu'on peut encore admirer. A la suite de la promenade est un vaste bâtiment percé d'un portail en anse de panier , qui donne accès dans l'avant-cour. Ce passage était défendu par une herse.
A l'extrémité nord-ouest de ce bâtiment, se trouvait le donjon sous lequel étaient les cachots. On reconnaît encore la trace des mâchicoulis.
La porte par laquelle on y accédait
depuis l'intérieur , au moyen d'une échelle , est à une grande hauteur du sol. Les consoles qui supportaient le balcon- mâchicoulis de cette porte existe encore. La face sur laquelle s'ouvrait la porte était percée de meurtrières.
Lorsqu'on est dans celte avantcour, on voit à gauche la façade principale ou antérieure de l'église abbatiale. Vis-à-vis le premier passage, il y a un second couloir qui passe sous un bâtiment et communique avec le cloître proprement dit.
La cour du cloître est entourée des bâtiments qu'habitaient les chanoines, et d'un magnifique portique orné de vingt arcades ogivales , non compris celles qui reliaient les galeries entre elles. Les nervures diagonales de la voûte de ce portique sont en pierre jaune peinte en rouge , et les autres en pierre bleue peinte en bleu. Les chapiteaux des colonnes étaient historiés et décorés de feuillages. On ne peut se faire aujourd'hui une idée exacte de ces galeries, parce qu'elles sont enterrées jusqu'à une grande partie de leur hauteur primitive. Au milieu de la cour du cloître, il existe une fontaine jaillissante dont les habitants de Baume faisaient usage, ce qui ne laissait pas que d'être un moyen de distraction pour les religienx. Parallèlement à l'église et vis-à-vis la fontaine , est le presbytère. A la suite de la cour du cloître, un troisième couloir conduisait à une dernière cour bordée de bâtiments qui servaient de dépendances à l'abbaye. Chaque religieux avait un jardin. L'abbéavait un vaste jardin avec terrasse. Ces biens ont été vendus nationalement à plusieurs particuliers en 1795.
Eglise abbatiale. L'église abbatiale . dédiée à saint Pierre, apôtre, patron du monastère, est attenante
au monastère et formait un de ses côtés. Elle était orientée à la manière antique; on s'est servi, pour sa construction primordiale, comme pour ses reconstructions successives, de la pierre calcaire de Çrançot, et ses murs sont de petit appareil.
L'irrégularité de la maçonnerie , à l'extérieur, avertit l'œil des diverses restaurations de l'édifice. Du côté de la cour d'honneur, on remarque des restes d'une aicature aveugle (cordon de saint Cbarlemagnc) , qu'on peut regarder comme un ouvrage exécuté sous le règne abbatial d'Alberic , au xue siècle.
La tour du clocher parait être du même temps ; elle est carrée et ses baies géminées sont divisées par une colonnette. La haute flèche en maçonnerie qui la surmonte est due à l'abbé Guillaume de Poupet ; on y lit, en chiffres arabes, le millésime de 1563. Celte flèche est hexagonale , montée en tuf et garnie de crosses en pierres sur ses arêtes.
Les verrières ont disparu par les incendies antérieurs aux restaurations du xvie siècle. On aperçoit encore çàet là, aux lobes les plus hauts de quelques baies , des vitraux armoriés. 11 y a sur la porle d'entrée une large fenêtre en ogive à tierspoint, surmontée d'une archivolte.
Elle jette beaucoup de jour dans le long vaisseau de l'église.
Le portail, principal, reconstruit par l'abbé Henry de Salins, est du commencement du xv* siècle.
Qn y voit se courber à plein cintre cinq colonnettes. Celle du milieu est plate. Leur base , à plusieurs pans , est garnie de moulures et repose sur un socle carré.
Les lignes concentriques de ces colonnettes sont en partie interrompues de chaque côté par une niche de forme ogivale , qui supporte trois
de ces cordons et qui est elle-même supportée par une console ornée de feuillages.
Ces deux niches renfermaient originairement des statues de moyenne grandeur, qui représentaient saint Pierre et saint Paul. Aujourd'hui , et depuis un temps immémorial, on voit à la place de ces saints, deux anges habillés sonnant de la trompette.
Un pilier quadrangulaire divise l'entrée en deux portes, dont les linteaux sont carrés. A ce pilier est adossé un faisceau de colonnettes engagées, supportant un beau Christ sculpté , en pierre , de grandeur naturelle. La figure a dans une main un globe, et de l'autre, qu'elle tenait élevée, mais qui n'existe plus , elle donnait sans doute la bénédiction.
Toutes ces statues étaient peintes. Dans le tympan, assez spacieux, qui règne entre les linteaux de la double porle et le point culminant du cintre, on aperçoit aussi des indices de peinture à l'huile sur la pierre de taille nue : c'étaient de simples arabesques de couleur rouge.
La longueur de la nef est de 50 mètres, celle du chœur de 12 m.
54 c. et celle du sanctuaire de 7 m.
Les deux nefs collatérales n'ont que ftOm.de longueur sur 4 m. 54 c.
de largeur. Le sanctuaire, comme la nef principale, a 7 m. 80 c. de large. Les trois nefs sont formées par de lourds piliers en maçonnerie , alternativement carrés, ronds ou octogones , sans bases ni chapiteaux , mais seulement échancrés en tailloir à la naissance des voûtes. La longueur de la nef est interrompue par des murs construits entre la 6e et la 7e arcade. Ces murs étaient destinés à isoler le public des religieux. Ces derniers avaient leur entrée par une
porte qui s'ouvre sur la galerie du cloître.
La voûte de la grande nef et celle de l'abside sont semblables; elles sont légèrement ogivales, ou à tierspoint , et leurs nervures se croisent à angle droit. Les arceaux sont à plein cintre ainsi que les arcades formées par les piliers.
11 n'y a plus de transsept à gauche, en face de celui sur lequel repose le clocher; il a été supprimé pour cause d'humidité. Les nervures à triples moulures de la nef principale retombent sur des consoles à cinq pans, terminées par des masques humains , grossièrement taillés Les fenêtres qui éclairent la nef principale sont à plein cintre ; celles du chœur et des petites nefs sont ogivales.
On remarque dans l'église quelques bons tableaux représentant la Fuite en Egypte, le Précurseur, l'Assomption de la Mère de Dieu , la Ste.
Vierge et l'Enfant Jésus, etc.
L'ouvrage le plus remarquable est le retable ou triptyque , placé sur le maitre-autel. 11 paratt être du xve siècle. Le coffre a douze pieds de haut et se ferme par des volets enrichis en dedans cl en dehors de peintures dont la supériorité répond à celle des figurines en relief qui remplissent le meuble même. L'intérieur du retable est divisé en six cases gothiques dans lesquelles sont rendus en plein relief les principaux traits de la naissance et de la passion du Messie. Les nombreux personnages qui figurent dans ces différentes scènes ont de U à 6 pouces de grandeur. Il y a dans l'église d'autres tableaux sur bois exécutés par l'artiste qui a fait le retable ; le premier sur l'autel de la sainte Vierge» le second sur celui de sainte Madeleine , le troisième dans une chambre dite les
Archives. On remarque dans le chœur deux peintures, l'une sur bois , l'autre sur toile. La première représente l'Adoration des Mages, l'autre paratt retracer un fait historique. Deux statues aux cheveux d'or, aux robes enluminées, de laS1*- Vierge et de sainte Madeleine , placées sur deux autels , appartiennent au xv6 siècle. La draperie est habilement sculptée.
Plusieurs tombeaux , mutilés par le temps, ornent encore celte église.
Quelques-uns ont disparu. A la tête du tombeau de Renaud de Bourgogne, comte de Montbéliard , sont assis deux anges habillés, qui élèvent dans leurs bras un enfant, symbole de Pâme du défunt. Ce prince avait élu sa sépulture à Baume, par son testament de l'an 1296 et par un codicille de l'an 1511- Sa statue est armée en chevalier; il est casqué et vêtu de mailles , ayant son épée d'un côté, son écu de l'autre, et un lion couché à ses pieds.
Ce monument a 8 pieds de longueur sur 2 pieds 7 pouces de largeur. C'est par erreur que M. Ed.
Clerc a dit que ce tombeau existait dans l'église de St.-Mainbœuf de Montbéliard. On admiredans la même chapelle les restes du mausolée en stuc ou en dolomie , de la dame de Villars, épouse d'Hugues de Vienne.
On y compte, à la face principale , huit niches gothiques , où sont placées autant de figurines , dans l'attitude de l'affliction.
Un autre mausolée est considéré comme celui d'Amédée de Chalon , abbé de Baume , mort de 4449 à 1426 , après avoir retiré de ses ruines l'église abbatiale qui, depuis l'incendie de 1306 , avait été presque abandonnée. La face vue de ce monument est ornée de sept moines pleurants , qui occupent de petites
niches ogivales , de gothique fleuri .
La tombe de Jean de Watlevillc est celle qui fixe le plus la curiosité , sinon sous le rapport de l'art, du moins par les souvenirs. Elle est prise sur l'épaisseur du mur latéral de l'église , du côté du nord. On a transporté aussi de l'église du Sauvement dans celle de Baume, le 27 août 1767, le mausolée de Mahaut , fille de Jean de Chalon , dit l'Antique, première abbesse de l'abbaye du Sauvement , de l'ordre de Fontevrault. 11 est en marbre de St.- Lothain. La jeune abbesse est représentée en demi-relief. Elle est étendue sur son dos, la tête sur un oreiller, les pieds sur une levrette , les mains jointes sur un livre ouvert. Au bord supérieur de la (ablette , on lit l'épitaphe de la défunte , en lettres semi-onciales , semi-gothiques. Audessous de l'inscription , on remarque une frise ornée de bas- reliefs , représentant une chaîne d'animaux emblématiques, tels que lion, chien, dragon , vouivre , marchant à la file et se mordant le bout de la queue , en manière d'ornement. Au milieu de celte procession satanique, apparaît une petite dame assise sur une mule et armée d'une énorme dague avec laquelle elle a l'air de se défendre.
Celte église , aujourd'hui paroissiale, a été classée, en 1849 , au nombre des monuments historiques de France.
Eglise de Saint - Jean - Baptiste.
L'église paroissiale de Baume était dédiée à saint Jean -Baptiste, dont on célèbre la fête le 24 juin. C'est aujourd'hui une simple chapelle , dans laquelle on dit quelquefois la messe certains jours de la semaine.
L'aumônier de l'abbaye en était curé primitif. Elle était desservie par un vicaire perpétuel. Elle se compose
d'un clocher dépourvu de cloches , d'une nef, de deux chapelles et d'une sacristie. Le clocher est plus ancien dans sa partie inférieure que l'église.
On y remarque des ouvertures ogivales du xvie siècle. Le vaisseau est d'un mauvais style roman, n'offrant de bien que les deux pilastres d'ordre ionique qui forment les pieds droits de la porte latérale sud de l'église.
Dans la face extérieure du sanctuaire et presque sous la corniche, est une grossière niche renfermant une admirable statuette en pierre sculptée, qui représente la sainte Vierge et l'Enfant Jésus. 11 est déjà question de cette église dans une bulle de Tan 1089 , qui en confirma la possession à l'abbaye.
Il y avait deux chapelles dans cet édifice : l'une dédiée à saint ftoch , l'autre à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Cette dernière avait été fondée par une confrériefort ancienne. Pour faire partie de cette association , il fallait payer un droit d'entrée de huit livres. Le prieur, élu annuellement, était tenu de faire une aumône assez forte.
Cimetière. Près du cimetière, il y a une fontaine , à côté de laquelle on voit une croix datant du xve siècle ; la partie supérieure en est remarquable.
Oratoires. En allant du cimetière à l'abbaye et sur la rive droite du chemin , existe un oratoire de l'ordonnance dorique , dédié à la Mère de Dieu. C'est vis-à-vis cet oratoire qu'on voit , vers le milieu d'un rocher coupé à pic, une vaste voûte taillée naturellement avec une perfection infinie , et dans laquelle se réfugiaient les habitants pendant les guerres. Il y a un autre oratoire sur le sentier qui conduit à la côte de Sermus. Il renferme, dans une anfractuosité du rocher , une figure
liaulc d'environ deux pieds cl demi. | C'est un saint Michef terrassant le diable. Celte statue est forlcuricuse.
Hermilage de Saint- Aldegrin. La solitude dans laquelle se retira saint Aldegrin , était à un kilomètre de l'abbaye , au fond de la vallée de Baume , qui se termine par un culde-four. Ce fut là même , qu'à son exemple , le bienheureux Renaud , s'exerçant dans la pratique de la vie hermilique, alla jouir de la gloire , l'an 1104. Les religieux de Baume construisirent, près de celle cellule, une chapelle qni eul le litre de prieuré. La maison du prieur était dans l'enceinte du monastère. Le vendredi saint , les moines venaient faire l'office dans cette chapelle avant que de le faire dans leur église. On venait en foule de très loin en pèlerinage dans la chapelle de saint Aldegrin.
Prieurés. Les prieurés qui ont relevé de Baume sont ceux de saint Désiré de Lons-lc-Saunier, de Jouhc, de Chavenay, de Dole , de Sainl-Lo- Ihain , de Poligny, de Moulhier-cn- Bresse, de Jussa Mouliner, de Besançon , de |Moulherot-lcz-Eslrabonne , de Bonnevent, de la Chapelle, de Saint-Renobert de Quingey , de Scay-en-Varais , de SainUElienne de Ponlarlier, de Sermesse , de la Frelte, de Vaulvenise, deCharnay, de Cesancey, de Bréry, de Saint-Aldegrin, du Sauvement et de Saint- Germain-lez-Arlay.
Curiosités naturelles. Les grottes de Baume sont souvent visitées par les étrangers et méritent de l'être. La fente verticale , ouverte par la nature , dans l'escarpement du rocher de Sermus, à la source de la Seille , offre une entrée aux amateurs hardis qui veulent visiter des galeries souterraines d'une profondeur encore inconnue ; mais il faut cire se-
condé par un temps de sécheresse , pour que le trop plein de l'eau qui termine la partie praticable de ces cavités, ne vienne pas tomber en cascade à l'orifice. On y monte par une haute échelle que surplombe un précipice creusé par la chute des eaux. On prétend que les vallées ténébreuse*, où l'on ne s'engage qu'avec effroi , depuis les sources de la Seille, correspondent avec celles qui s'ouvrent près de Revigny, à une lieue de là.
Au fond de l'espèce de fer à cheval qui forme la vallée de Roche, près de la même caverne , est un antre qui n'offrait naguère d'autre intérêt que le point de vue, mais qui a beaucoup acquis par la découverte qu'on y a faite depuis quelques années , d'une issue conduisant à des salles toutes brillantes de stalactites et où l'on recueille des ossements fossiles anté-diluviens.
Les grottes de Baume sont sans contredit les plus belles et les plus pittoresques du Jura.
BIOGRAPHIE
Une famille noble de nom et d'armes portait le nom de Baume. Elle tirait son nom du fief de mairie et de sergenterie qu'elle tenait de l'abbaye. Chevalier en a donné la généalogie. Le membre le plus célèbre de cette famille est sans contredit Henri de Baume , religieux franciscain , aussi pieux que savant, écrivain ecclésiastique très distingué, réformateur des couvents d'hommes de son ordre. 11 aida puissamment sainte Colette dans sa célèbre réforme qui fut embrassée par Odile, Mahauld Perrine de Baume , ses nièces. Le célèbre Guy Baudet, ou Baubet, chancelier de France , évéque de Langrcs, mort sur la fin de Ï557 , était de celle maison. 11 fut profes-
seur de droit civil , confesseur de Jeanne de ^Bourgogne , reine de France , et chanoine de Paris.
Ce village est encore la patrie du chevalier Blondeau ( A.-François- Rémond ) , ne en 1749 , général de brigade, nommé chevalier de Saint- Louis en 1791, officier de la légiond'honneur en 1804 , créé chevalier de l'empire , sous le titre de Dufays ; de M. Demonget (Cl. -François), né en Î780, mort à Rennes, chef de bataillon; du capitaine Baratte, Cl.- Etienne (1733-1799), et de l'officier Millet, Charles.
BIBLIOGRAPHIE
On peut consulter sur les concrétions des grottes de Baume, la brochure de M. Houry; sur l'église de Saint-Pierre , les annuaires du Jura de 1843 et 1844 ; sur l'abbaye, le tome 2 de Y histoire ecclésiastique de l'église de Besançon, parDunod ; le manuscrit .du président Courbe , déposé à /la bibliothèque publique de Lons-Je-Saunier; l'Essai sur l'histoire de Franche-Comté, par M. Ed.
Clerc ; l'Histoire de l'église de Besançon , par l'abbé Richard ; l'Histoire de Gigny , par M. Gaspard , et surtout les /Documents inédits qui existent /aux archives de la préfecture du Jura.
Baveram, vg. de l'arr. de Dole, cant. deRochefort, perc. d'Authumc, bur. de poste de Dole ; succursale ; à 3 kil. de Rochefort , 4 de Dole et 36 de Lons-le- Saunier.
Bâti au sommet et sur le versant d'un côteau sur la rive droite du Doubs, dans une position très agréable, il est limité au nord par Rochefort, au sud par Brevans et Falletans, à l'ouest par Brevans et à l'ouest par Falletànset Rochefort.
Il est traversé par la route natio-
nale n° 83, de Moulins à Bàle , par les chemins vicinaux tirant à Falletans, à Brevans, à Authumc, de Falletans à Brevans, par le canal du Rhône au Rhin, ses contre-fossés et le Doubs.
Les maisons sont généralement bâties en pierres et couvertes moitié à tuiles, moitié en paille. Ces dernières sont, pour la plupart, de mauvaises cabanes très humides manquant d'air et de lumière.
Pop. en 1790, 181 habit.; en 18*6, 207; en 1831 , 219, dont 1 1 1 hom. et 101 fem. ; pop. spéc.
par kil. carré 63 hab.; 49 maisons; 49 ménages.
On n'émigre pas.
Cadastre exécuté en 1836: surf, territ. 332h 02*, divisés en 999 parcelles que possèdent 97 propriétaires, dont 37 forains; surf, imp. 31 4h 14* savoir : 234h 96* en terres lab., 38h 28* en prés, 29h 09* en bois , 2h 98* en pâtures , 2h 22* en jardins, 2h 16* en saussaies , lh 36* en sol et aisances des propriétés bâties, 1 h 3 1* en friches et gravières, lh 17* en vignes, 34* en vergers, 2* 30e en mares d'eau, d'un rev. cad.
de 3484 fr.;cont. dir. en principal, 1404 fr.
Le sol, un peu froid et d'une fertilité médiocre, nécessite beaucoup de fumier et de cendres pourengrais.
Il produit du blé, du seigle, de l'orge, de l'avoine, du maïs, des pommes de terre, des betteraves, du chanvre, de la navette, des légumes secs, du foin et des fourrages artificiels.
L'agriculture fait de grands progrès dans cette commune.
Le revenu réel des propriétés est de 2 fr. 30 c. pour cent.
On exporte le tiers du produit des céréales et on importe le vin.
On élève des bœufs et d'autres bétes à cornes , quelques chevaux , des cochons et de la volaille. 20 ruches d'abeilles.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Dole. Ils y partent journellement vendre du laitage, du beurre, des œufs, du jardinage, de la volaille , ce qui constitue une des grandes ressources de ce pays.
On trouve sur le territoire du sable 4e rivière, des carrières de pierre à bjUir et de taille, non exploilées.
Industrie. Il y a à Baverans, un moulin à trois tournants et un battoir à blé sur les fossés du canal , deux auberges, un charron et un mécanicien.
En 1850, M. Just Ravillon, de Dole , avait créé dans ce village une manufacture de sucre. Cette usine marchait au moyen d'une roue hydraulique; la concentration et la cuite des sirops s'opérait à nu.
75,000 kil. de betteraves furent employés dès la seconde année ; les produits, d'excellente qualité,étaient vendus dans le commerce , sous la désignation de belle quatrième ; malheureusement , ce bel établissement fut incendié en 1833 et n'a pas été rétabli, il a été converti en moulin.
Biens communaux : une maison commune construite en 1846, quia coûté 11,000 fis ; elle est très convenable ; elle contient la mairie, le logement de l'instituteur et la salle d'étude fréquentée en hiver par 30 garçons et 25 filles; un presbytère qui ne laisse rien à désirer ; U a été construit en 1735, aux frais du curé d'alors. La cure de Baverans était autrefois fort riche ; une église avec un cimetière qui l'entoure, une fontaine abondante au pied du village ; un puits communal et 16h 0ia de
bois et terre, d'un rev. cad. de 83 f.
Bois communaux. Ces bois indivis entre Brevans et Baverans, contiennent 66h 80», dont th 93« en exploitation annuelle; essences dominantes : ebéne et charme.
Budget : recettes ordin. 1803 fr.; dépenses ordin. 1777 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Baverans figure dans les titres sous le nom de Baverans et de Bcuverans.
C'est à tort que M. Marquiset avance que ce lieu ne rappelle aucun souvenir antique et que M. Ed.
Clerc ne fait point figurer son nom dans sa carte de Franche-Comté à l'époque romaine. Un chemin appelé chemin de la Grange-d'Hèbe est connu sous le nom de chemin de la Poste. Ses bords sont parsemés de tuileaux romains. Cette voie était presque parallèle à la route de Dole à Besançon. Elle conduisait de Besançon à Lyon par Tavaux. Une contrée traversée par ce chemin s'appelle mBévoie. Un autre chemin fort ancien figure au cadastre sous le nom de chemin de la rielle-Jouhe ; il est aussi bordé de débris de constructions gallo-romaines. Une autre preuve d'antiquité de ce village se tire de la bulle de l'anti-pape Victor, de l'an 1162, par laquelle il confirme , à l'abbaye de Baume , la possession de l'église de ce lieu.
Seigneurie. Baverans dépendait de la prévôté de Rochefort. Une branche de la noble maison de Frontenay portait le nom de Bcuverans, où elle possédait un fief en toute justice.
La seigneurie proprement dite appartenait au commandeur de U commanderie des chevaliers de saint Jean de Jérusalem, dont le chef-lieu était au Temple , commune de Fal-
lelans. En 1600, Claude de Gléron , l'un des commandeurs , se qualifiait de seigneur de Baverans. 11 exerçait la justice haute, moyenne et basse ; cependant les criminels condamnés à mort devaient .être livrés , pour l'exécution, aux officiers delà justice de Rocbefort , et conduits jusqu'au pont de ce dernier lieu , le chevètre au cou. Les habitants étaient main* uiortables et soumis à une foule de cens et de corvées. Les chevaliers firent faire de grands travaux pour la construction d'un moulin, qui, souvent détruit par les guerres , fut toujours reconstruit. Nous ferons observer que l'immense bassin formé pour retenir les eaux nécessaires au roulement du moulin, répand des odeurs pestilentielles , qui portent une grave atteinte à la santé des habitants. Il conviendrait de supprimer celte usine et de laisser l'eau circuler librement dans les fossés du canal.
En 1742, la confrérie du Saint- Esprit , la commanderie du Temple, les RR. Pères Minimes et l'hôpital général de Dole, les AnnonciaJeâ, les Visitandines , les Ursulines , la famille Attiret possédaient presque tout le territoire.
Evénements, divers. La position de. Baverans entre Dole et Rochefort , deux places fort importantes au moyen-âge, attirèrent souvent sur sa tète les malheurs de la guerre.
En 1639, le marquis de Villeroy entendant le bruit qui se faisait à Dole, se retira en arrière du côté de Baverans et y demeura sur la défensive toute la nuit , après avoir fait ranger son armée en bataille.
Eglise. L'église, placée sous le vocable de saint Pierre, apôtre , dont la féte ce célèbre le 29 juin, est déjà rappelée, ainsi que nous l'avons dit, dans une bulle de l'an 1162. Le prieur de Joube en était patron , et
en cette qualité , percevait la dime sur le territoire. Elle est orientée à la manière antique. Elle se compose d'un clocher, d'une nef et d'une sacristie. Le chœur était l'église primitive. 11 est du style ogival usité au xive siècle. La nef actuelle a été ajoutée au chœur en 1758. Le clochera été construit en 1851. On remarque dans cette église un tableau représentant Notre-Dame des sept Douleurs. Il a été donné par Marie- Amélie , reine des Français.
Une ancienne confrérie du Saint- Esprit faisait ses exercices dans cet édifice.
Beauchemla , commune réunie à celle de Chemin, le t*rraars 1856.
Ben a fort ( Canton de ) , arr. de Lons-le-Saunier, borné au nord par le canton de Lons-le-Saunier, au sud par celui de Saint-Amour, à l'est par celui d'Orgelet, et à l'ouest par le département de Saône- et- Loire.
U est partagé en plusieurs zones, connues sous le nom de Plaine , de Vignoble et de Basse-Montagne , et son territoire est aussi fertile que sa position est agréable.
U comprend dix-neuf communes qui sont : Sainte-Agnès , Arthena , Augea, Augisey, Beaufort, Bonnaud, Gesancey, Cousance , Cuisia , Gizia , Grusse, Saint-Laurent-de-la-Roche, Mallerey, Maynai, Orbagna , Rosay, Rotalier, Vercia et Vincelles.
Pop. en 18*6, 10,847 hab.; en 1851, 10,557 , dont 2957 garçons, 2022 hommes mariés, 255 veufs; 2827 filtes , 2000 femmes mariées et 518 veuves.
Le cadastre n'a été exécuté dans ce canton que postérieurement à 1854. Le territoire comprend 550Sh de terres lab., 1949hdcbois, 1861h de pâtures , 4 'i58h de vignes, 1 3*5h
de prés, 73b de vergers, 5h d'étangs ; son revenu imposable est de 372,594 fr.
Le chef-lien de ce canton était autrefois à Cousance. Il a été transféré à Beaufort , à raison de sa position plus centrale, le 1 1 août 1819.
Les barons d'Orgelet , en même temps seigneurs de Saint-Laurentla-Roche et le baron de Chevreau se partageaient à peu près la suzeraineté de tout ce territoire, subdivisé en une foule de fiefs plus ou moins importants.
Beaufort . bg. de l'arr. de Lonsle-Saunier, érigé en chef-lieu de canton le 11 août 1819, percept. , bur. de poste , cure cantonale ; à 15 kil. de Lons-le-Saunier.
Bâti au pied du revers occidental des collines qni lient les montagnes à la plaine, sur un sol très accidenté, il est limité au nord par Savigny-en- Revermont ( Saône-et-Loire ) et Vincelles , au sud par Maynal , Rosay , Orbagna, Cuisia etFlacey (Saôneet-Loire ), à Test par Cuisia, Rosay, Orbagna, Vercia et Vlncelles, à l'ouest par Flacey et Maynal. Il se divise en plusieurs quartiers, appelés rue d'Amonl-le-Bief , sur la Roule, sur la Place, sur les Epinals, sur la Teppe, et la Cure, et en plusieurs hameaux , appelés le Grand - Rambey, le Petit-Rambey, les Jouffroy, Longeverne, le Perron, la Ferme , les Nayards , l'Etandonne , les Grevots et la Tuilerie.
Il est traversé par la route nat.
n° 83, de Lyon à Strasbourg, par le chemin de gr. comm. n° 34 , de Beaufort à Louhans, par les chemins vicinaux tirant au bois, au hameau des Nayards et du Perron, à Rambey, à Orbagna , à Flacey, à Maynal , de Longeverne à Savigny-en-Revermont et à Paisia; par le ruisseau de
Bouennans ou de l'Etandonne , qui prend sa source sur le territoire, par le ruisseau de Longeverne , appelé la Sonnette , par le ruisseau de Bonnaisod, par les biefs des Teppes, du Roi cl le ruisseau de la Pissette.
Les maisons sont généralement groupées , bien bàlies , à plusieurs étages, construites en pierres et couvertes en tuiles.
La coin mn ne de Rambey a été réunie à celle de Beaufort le 4 décembre 1822.
Pop. en 1790 , 3S9 bab. , non compris celle de Rambey; en 1840, 1215 hab. ; en 1831 , 1278 , dont 638 hom. et 642 fein. ; pop. aggl. , 882 hab. ;pop. spécif. par kil. carré, 97 hab. ; 277 maisons, savoir : dans la rued'Amont-le-Bief, 43; sur la Route , 34 ; sur la Place, 27 ; sur les Epinats , 26 ; sur la Teppe , 87 ; à la Cure, 12; au Grand-Rambey , 6 ; au Petit-Rambey , 8; aux Jouffroy. 8; à Longeverne, 17; au Perron, 18 ; à la Ferme, 1 ; aux Nayards , 1 ; aux Grevots 2 ; à la Tuilerie, 1.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1571.
Cadastre exécuté en 1858 : surf, territ. 13i0h 64*, divisés en 5079 parcelles que possèdent 648 propriétaires , dont 290 forains ; surf. imp.
1279h 27», savoir: 449h 23* en terres lab. , 339h 26* en bois , 261h 48* en prés, 142b23aen vignes, 62h 91* en pâtures , 9h 26* en sol des propriétés bàlies , 6h 35* en friches et murgers , 5b 13* en jardins, 3h 39» en broussailles , d'un revenu cadast. de 38,847 fr. ; cont. dir. en principal , 7807 fr.
Le sol , très fertile , produit du blé, de l'orge, de l'avoine , du maïs, des pommes de terre , des légumes secs, du sarrasin, de la navette, des fruits, des vins rouges de bonne qua-
lilc et des vins blancs très recherchés , dti chanvre , des foins et fourrages artificiels.
On importe le tiers des céréales et on exporte les deux tiers des vins.
Le revenu réel des propriétés est de 5 pour cent.
On élève dans la commune des chevaux, des bêles à cornes, des cochons , des chèvres , de la volaille.
60 ruches d'abeilles.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Lons-le- Satinier et de Cousance.
On trouve sur le territoire du minerai de fer en roche non exploité , des sablières, des carrières de pierre à bâtir et de taille de très bonne qualité , exploitées.
Beaufort a une justice de paix, un bureau d'enregistrement, un bureau de poste aux lettres , une brigade de gendarmerie à cheval , un relais de poste âiix chevaux. Il est la résidence d'un notaire , d'un huissier , d'un percepteur des contributions directes et d'un médecin .
Marchés et foires. II y a tous les mercredis un marché où il ne se vend que du beurre, des œufs et de la volaille et tous les ans cinq foires fixées au 48 mars , au 9 juin , au 15 août , au 15 octobre et au 22 décembre; cette dernière est la plus importante.
Les patentables sont : 1 exploitant de carrières, 1 charpentier, 1 coquetier, i agent d'affaires , 3 cordonniers, 1 teinturier, 2 marchands de tissus, 1 charron, 4 boulangers, 4 aubergistes , 1 forgeron , 2 bouchers, 2 cafetiers, 2 sabotiers, 2 blattiers , 5 menuisiers , 2 maréchaux-ferrants , 2 marchands épiciers , 1 marchand de fer et de planches, 2 tailleurs d'habits, 1 marchand quincaillcr, 2 maîtres maçons.
Il y a 2 tuileries , 2 moulins à farine à trois paires de meules , un
autre à une seule paire de meules , 2 fours à chaux maigre et grasse.
Bfens communaux : une église , entourée du cimetière , un presbytère très convenable et agréablement situé, une maison commune , contenant la salle d'audience de la justice de paix avec ses dépendances , une maison d'école insuffisante, servant de logement à deux institutrices religieuses de l'ordre de la Providence de Portieux et de salle d'étude , fréquentée en hiver par 100 élèves. L'école des garçons est tenue dans une maison louée et fréquentée en hiver par 100 éfèves ; 5 fontaines publiques avec lavoir et abreuvoir , et 1 12h 23* de pâtures, bois, friches, marcs d'eau, d'un rev. cad.de 443 f.
La section du Perron possède en pâtures et mares d'eau 3h 49* , d'un rev. cad. de 4 fr. 89 c.
Bois communaux : 68u, dont 2U 04° en exploitation annuelle.
Budget : recettes ord, 6970 fr. ; dépenses ord. 6418 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Beaufort est nommé dans les Chartres Castrum Belli-Fortis, Burgus Belli-FortiSy Ecclesia Belli-Fortis , Belfort , Bealfort , Beaulfort , Béfort. Il doit son origine à son chàteau-fort, bâti au xne siècle, par les religieux de Gigny, pour la protection des vastes domaines qu'ils tenaient de la libéralité du comte Bernon , des sires de Goligny et des seigneurs de la maison de Montmorot. Milon de Beaufort, châtelain nommé par ces religieux , assista comme témoin à la donation faite en 1131 par Humbert, sire de Coligny, à l'abbaye du Miroir. C'est le premier acte dans lequel figure le nom de ce lieu. Un traité passé en 1260 , au mois d'avril , entre Guillaume, prieur de Gigny, et Egidius,
seigneur de Beaufort a échappé aux savantes recherches de M. Gaspard , auteur d'une excellente Histoire de Gigny. Ce titre prouve d'abord que Guillaume l*r était déjà prieur en 1 260, tandis qu'à cette date M. Gaspard place Guigues et ensuite Guichard. Les religieux avaient été troublés dans leurs possessions par Egidius et par ses hommes. Une réconciliation s'opéra entre eux. Egidius céda au monastère le tiers des dixmes qu'il avait le droit de percevoir, du chef de ses ancêtres, à Beaufort, et reçut, en contre-échange, tout ce que les moines possédaient sur le même territoire , en terres , prés, bois, cens et autres droits. Ces derniers ne se réservèrent que le patronage de l'église , les vignes du prieur de Maynal, le droit d'usage que ce prieur avait dans les bois, le droit de pêche dans l'étang , la propriété de Jacques Bcsuchet, qui habitait le meix appelé le meix de Montmoret, avec obligation , par le seigneur de ce vassal , de le proléger , de le défendre en cas de guerre , de ne le frapper d'aucun impôt , et de faire ratifier la cession dedixmes qu'il avait faite , par le sire de Coligny , lorsqu'il serait en âge de majorité.
Seigneurie. La seigneurie de Beaufort, après avoir été décorée du titre de baron ie ,fut érigée en comté avec Crevecœur , au mois d'avril 1742.
Elle s'étendait sur un vaste territoire et relevait , soit du château de St. Laurent la-Roche, soit du prieuré de Gigny. Le seigneur avait toute justice, haute, moyenne et basse sur le territoire et sur les habitants de Beaufort et l'Etandonne, sur le moulin de Longe verne , la haute justice sur les villages de Rambey, du Perron et sur plusieurs meix situés à Maynal, Orbagna et le Sorbief.
Les habitants de Beaufort, l'Etan-
donne , Rambey, le Perron , étaient tenus au guet et garde , à la réparation et à l'entretien du château, ainsi qu'à l'impôt des quatre cas. Le seigneur avait !e droit de placer des carcans, un signe patibulaire à deux piliers pour l'exécution des criminels, de nommer tous officiers pour l'exercice de sa justice , de percevoir les langues de bœuf, un péage, d'exiger des corvées pour la culture des terrains qu'il faisait valoir par lui nié me. H avait le droit exclusif de chasse et de pèche , la banalité des fours , des moulins, des battoirs et des pressoirs. Il lui était du des cens en argent , en blé , en avoine , en seigle , en huile de noix et en cire , les deux neuvièmes desdixmcs et la garde de l'église. Un beau château , de vastes forêts , des étangs , des terres , des prés , des vignes , dépendaient de cette importante seigneurie. Les habitants étaient soumis à la mainmorte. Très peu en furent affranchis.
Ils devaient garder tour-à-tour la porte du château , ou payer un portier. Les bourgeois, c'est-à dire ceux qui avaient été affranchis , étaient dispensés de celte obligation. Dix vassaux , au moins , étaient tenus de venir faire hommage de leurs fiefs à leur suzerain.
Seigneurs. 11 est très difficile de suivre la généalogie des seigneurs de Beaufort , parce que deux maisons, ou plutôt deux branches d'une même maison ont porté le nom de ce village. Une branche aînée de l'illustre famille des Dramelay eut (a suzeraineté de cette terre , et une branche cadette eut dans son partage la prévôté. M. Monnier, dans une Notice publiée sur Beaufort , dans l'Annuaire de 1845 , a cru qu'aucun lien ne rattachait ces deux branches, tandis qu'on les voit figurer à chaque instant dans les partages , avec des
intérêts communs. Dunod et Chevalier ont publié la série des seigneurs de Dramelay qui ont possédé la seigneurie de Présilly et de Beaufort.
Nous nous dispenserons donc de la reproduire ici. Le plus célèbre d'entre eux fut Renaud de Dramelay ou Tramelay , châtelain d'Orgelet en 4 367. 11 fut le compagnon de voyage d'outre-mer de Tristan de Ghalon en 1 567, et lui prêta à ce sujet 400 florins. Il avait fait bâtir un hôtel à Poligny. 11 accompagna de là en Bourgogne le bailli d'Aval, en 1359, pour porter du secours au duc et comte de Bourgogne, son souverain, contre le roi d'Angleterre, qui y était entré avec une armée. Lorsqu'il allait aux expéditions militaires, il marchait avec une troupe et était suivi de dix chevaux. Le 16 août 1403 , il donna ordre à tous ses vassaux de reconnaître pour leur suzerain Etienne de Salins, son neveu, sire de Poupet, et cependant ce n'est que le 23 juillet 1408 qu'il lui légua ses terres de Présilly et de Beaufort. Renaude , fille d'Etienne de Salins et de Louise de Rye, épousa Lancelot de Luyrieux, le 7 août 1419. Les noces, auxquelles fut conviée une foule de gentilshommes , se célébrèrent au château de Louis de ChaU»n, prince d'Orange, à Lons-le-Saunier. Lancelot de Luyrieux devint, après son mariage , sénéchal de Beaucaire et de Nimes, bailli de Savoie , gouverneur de Nice , lieutenant-général pour le roi de Provence. De ce mariage naquit Guillaume de Luyrieux , qui laissa pour enfants Hugues et Lancelot de Luyrieux. Hugues épousa Etiennette de Grevecœur, qu'il laissa veuve avant 1518. Lancelot de Luyrieux épousa Jeanne de Rye , et eut dans son lot la seigneurie de Beaufort. Denise de Luyrieux leur fille , était mariée en premières noces, en
1347, avec Gaspard de Goligny. Elle épousa en secondes noces, en 1 358, François de Nancuise. Elle laissa a Philibert de Goligny, son fils , né de son premier mariage , la belle terre de Beaufort. Joachim de Coligny et Jeanne de Talaru, sa femme, la vendirent , le 6 mai 1662, à Etienne de Berthon , écuyer, conseiller au présidial de Lyon. Françoise de Berthon, sa fille , la porta en dot à Antoine de Laurencin-Persange. Jean-Marie , comte de Laurencin, en a été le dernier seigneur.
Seigneurie de Rambey. La seigneurie de Rambey relevait de celle de Beaufort. Elle consistait en justice moyenne et basse sur les habitants et sur le territoire des deux Rambey, en une maison-forte bâtie dans le pourprix de la basse-cour du château de Beaufort, en héritages et en cens.
Une branche de la maison d'Arlay , dite du Louverot , possédait ce fief.
On trouve , successivement possesseurs de cette terre, en 1445 , une dame du Louverot , dame de Rambey; en 1570, Bonaventure du Louverot et Philibert du Louverot, en 1630. Elle fut achetée par Etienne de Berthon , seigneur de Beaufort , qui la revendit , le 9 juillet 1676, à M. Pierre Goutaud, de Lons-le-Sannier. Les fils de ce dernier la vendirent , en 1777 , à M. Gréa, de Lonsle-Saunier. M. le comte de Laurencin, usant du droit de retrait féodal , remboursa M. Gréa et conserva cette terre jusqu'au moment de la révolution.
Seigneurie du Perron. Elle ne consistait qu'en une maison féodale, en forêts , terres , cens , justice moyenne et basse sur le village du Perron. Elle fut , dès le xive siècle , réunie, par acquisition, à celle de Beaufort.
Fief de Germigney. Il consistait
en tine grande tour crénelée, close de murailles, construite dans la basse-cour du château de Beaufbrt, en meix et sujets au village détruit de Mont, dans le moulin de Longeverne , l'étang et les bois de Fresse.
11 fut créé en faveur de Jean de Virant , vassal des Tramelay, et transmis, en 1379, à Jean de Germigney, qui le laissa à Joseph de Germigney, son fils, encore vivant en 1*02. A partir de ce moment , il fut possédé par les seigneurs de Rambey. Il y avait d'autres fiefs moins importants, possédés par les seigneurs de Crcvecreur, de Rosay, et par les barons de Boutavant.
Château. Le château de Beaufort était bâti sur une éminence , à un kilomètre environ à Test du village actuel. 11 occupait une position magnifique d'où la vue dominait sur une grande partie du comté et du duché de Bourgogne, su rie Maçonnais et les Dombes. Avant les restaurations importantes faites par M. de Laurencin, il comprenait dix-huit chambres à cheminée , une foule de cabinets , une chapelle dédiée à saint Georges , deux belles caves voûtées, de vastes greniers , deux prisons et de vastes dépendances , le tout clos de murailles et couvert de tuiles plombées. Il y avait en outre une autre tour isolée , couverte de laves.
La maison-forte , bâtie par les seigneurs de Crevecœur et possédée depuis parles seigneurs de Rambey, la tour de Germigney, précédée d'un énorme portail compris dans l'enceinte du château , donnaient à cette forteresse un aspect des plus imposants. A l'époque où MM. de Laurencin fixèrent leur séjour à Beaufort , ce château prit une autre forme. Il consista alors dans un donjon à deux ailes , avec une grande tour au fond, du côté du midi, renfermant plu-
sieurs chambres. De belles terrasses y de cliaque côté du donjon , conduisaient à des escaliers d'honneur formant perron. Les appartements étaient richement meublés. Au fond de la cour étaient les écuries, remises, bûchers et cuverie. Dans la bassecourse trouvait une ménagerie. Un parterre, deux jardins magnifiquement plantés et ornés de statues , de bassins avec jets d'eau, rendaient ce séjour délicieux. A l'extrémité du jardin , on voyait deux tours , l'une servant de volière et l'autre de glacière. Des noyers , des marronniers, des vignes, des arbustes, couvraient les pentes du coteau.
En 1795, les paysans de Beaufort,.
entraînés par quelques énergumènes, se ruèrent sur ce château, le mirent au pillage et le ruinèrënt tellement, qu'aujourd'hui on a peine à en retrouver les traces. La tour de Germigney et le château de Rambey furent détruits pendant les guerres du xvi° siècle.
Bourg. Le châteaudevint le germe d'un bourg qui se forma â l'entour.
Il n'y eut jamais une grande agglomération d'habitants comprise dans son enceinte. Il se composait principalement du château, delà maisonforte des Crevecœur, de celle des Germigney et de quelques autres maisons habitées par des vassaux. Les serfs construisirent leurs cabanes au pied de la montagne, mais à une distance assez rapprochée pour pouvoir facilement se retirer dans le bourg, en cas de guerre et d ominent péril .
L'église paroissiale était dans ce dernier quartier, appelé la Ville.
Prévôté. Beaufort était administré par un prévôt chargé de conduire les nommes à la guerre et de percevoir les revenus du seigneur. Celte prévôté fut tenue en fief , à titre héréditaire , par une branche cadette de
la maison de Dramelay , qui portait le nom de Beaufort. Renaud de Beaufort, qui fut complice du meurtre commis sur le malheureux Etienne de Saint-Didier , seigneur de Saint- Laurent-la-Roche, par Guillaume de Saint-Dizier, son frère , en 1 328 , était un membre de celle branche cadette. A partir duxv6 siècle, celte prévôté se donna à ferme. Il était dû par. les habitants une gerbe de froment et une gerbe d'avoine appelée la gerbe de prévôté.
Administration ancienne. Le château était commandé par un capitaine châtelain , nommé par le seigneur. La justice était rendue par un bailliage qui releva successivement de ceux de Montmorot et d'Orgelet.
Les audiences se tenaient dans un appartement placé au-dessus des halles.
Commerce ancien. Il y avait à Beaufort une halle couverte en tuiles.
Il se tenait chaque vendredi un marché et tous les ans deux foires établies en 1 586 , fixées , l'une à la Sainl-Antidc , 17 juin , et l'autre à la Saint-Thomas. C'est dans celle halle que se livraient les dîmes et que se tenaient Us audiences. Ce bâtiment existe encore au-devant de la maison commune.
Evénements divers. Au mois de mai 1381 , Renaud de Dramelay, furieux de ce que Perret de Crevecœur, époux d'Isabelle de Beaufort, avait refusé de lui faire hommage de sa terre, se porta avec une troupe de gens armés sur les terres de son vassal insoumis et y causa de grands ravages. HuguesdcCbalon condamna l'agresseur à une amende de deux cents francs d'or.
De 1477 à U79 , les armées de Louis XI commirent des dégâts immenses dans ce village. La tour de Germigncy, le châleau de Rambey ,
le donjon bâti dans un lieu dit à la Motte, la maison-forte dont l'emplacement porte aujourd'hui le nom de Château du désert, ne se relevèrent pas de leurs ruines.
En 1 595 , Henri IV fit le siège en règle du châleau , et le lit composer après une résistance à laquelle il ne s'attendait pas.
Le 15 avril 1639, 300 soldats comtois , tant fantassins que cavaliers, commandés par le baron d'Arnans et Lacuzon reprirent le château dont les Français s'étaient emparés sans résistance , quelque temps auparavant , le pillèrent et en emportèrent un butin immense. Le 23 décembre 1673, les Français investirent le château de Beaufort. Ils furent vigoureusement rcpous9és par le capitaine Poly, d'Orgelet, qui commandait une troupe faible en nombre, mais très aguerrie. En 1785 , M. le comte de Laurencîn , à la suite d'une vive altercation avec son chapelain, le tua. En 1793, pillage et destruction du château par les paysans. En 1825 , incendie de quatre maisons , par suite d'un coup de pistolet lire un jour de noces près d'un toit en chaume. Kn 1 847 , assassinat de Claude Comte et de sa femme , vieillards âgés de plus de 80 ans. On en attribue la cause à la cupidité.
ÉTABLISSEMENTS RELIGIEUX
Maladrerie. Un hôpital pour les lépreux fut fondé au xiii* siècle par Jean de Dramelay, seigneur de Beaufort. Son emplacement porte encore le nom de Malatière ou de Matière.
Hôpital. Le 16 septembre 1575, Denise de Luyrieux , veuve de Gaspard de Coligoy et de François de Nanucise, fonda un hôpital dans ce village pour cinq pauvres enfants des deux sexes de sa terre, et en
confia la direction à une femme. Les jeunes gens devaient y être nourris, vêtus et élevés depuis l'âge de 5 a 14 ans , et les filles depuis le même âge jusqu'à 1 2 ans. Elle donna à cet effet une maison qu'elle s'engagea de meubler, avec un jardin et une rente de seize quartaux de froment , fèves et seigle mélangés par tiers.
En 1687, M. Antoine de Laurencin versa à la communauté 1500 fr.
pour être déchargé de l'obligation d'entretenir cet hospice.
Loge. Au moment des pestes de 1636, on créa un bâtiment pour isoler les pestiférés. Son emplacement porte aujourd'hui le nom de Petite- Loge.
Eglise et Familiarité. L'église fut bâtie par les religieux de Gigny , établis au prieuré de Maynal avant 1200. Us en avaient le patronage.
Elle était et est encore dédiée à saint Cyr et sainte Julitle , patrons de la paroisse, dont on célèbre la fête le 16 juin. Elle renfermait leschapelles' seigneuriales des seigneurs de Beaufort, deRosay et deCrevecœur. Celle des seigneurs de Rosay, dédiée à saint Joseph , fut fondée le 28 août 1688, par Catherine de Cailles, veuve de messire Joseph de Romand. La chapelle des seigneurs de Beaufort , la plus ancienne , était dédiée à saint Georges.
La chapelle Saint-Antoine fut fondée le 21 décembre 1481, par Jean Garnier, de Saint-Lothain , curé de Beaufort. La chapelle de Crevecœur fut fondée en 1382.
Les fondations de messes et d'anniversaires s'étant multipliées , il se forma , au xve siècle , un corps de familiers qui devaient êlre nés à Beaufort, de familles bourgeoises. Leur nombre s'éleva jusqu'à huit , non compris le chapelain du château.
Enl6S2, on fil don à l'église de
reliques authentiques envoyées de Rome , de saint Cyr et sainte Julitte.
Les sujets de toute la terre devaient faire montre d'armes la veille de chaque foire, pour garder les marchands , la veille et le jour de fête de saint Cyr, pour garder l'église.
Eglise actuelle. L'église est composée d'un clocher, de trois nefs et d'une sacristie. Le clocher est du style ogival usité au xv* siècle. Les nefs, construites en 1780, sont décorées de colonnes et de pilastres de l'ordre toscan , qui reçoivent les retombées des arcs - doubleaux des voûtes. Le chœur, éclairé par des vitraux de mauvais goût , est décoré de boiseries communes. On remarque dans l'église cinq bons tableaux représentant la Sainte-Famille et les Evangélistes , et un beau Chemin de croix.
BIOGRAPHIE
Beaufort est la patrie de Jacques Baulot ou Baulieu , plus connu sous le nom de Frère Jacques, célèbre litholomiste , né à l'Etandonne en 1751 , mort à Besançon en 1820.11 est l'inventeur de la méthode de tailler appelée taille de Rau ; de M. l'abbé Magaud , membre de la société littéraire et militaire de Besancon en 1758, célèbre professeur de grec et d'hébreu; de MIle Emma Magaud , botaniste très distinguée , actuellement professeur au Jardin des-Plantes, à Paris, et de plusieurs officiers de mérite, tels que Mou lot, Jean-Etienne ( 1782-1851), capitaine décoré de plusieurs ordres; Roux, Jean-Claude (1775-1850), capitaine décoré ; Jannin, Claude- Joseph (1770-1840) ; de M. Duvillard , François-Antoine , officier de gendarmerie décoré , né en 1786.
, Bias oisin , Belvoi-
stn , vg. de l'arr. de Dole , cant. et perc. de Chaussin, bur. de poste du Deschaux , paroisse d'Asnans , à 8 kil. de Chaussin, 25 de Dole et 45 de Lons-le-Saunier.
Bâti sur une éminence qui domine au loin la plaine, il est limité au nord par Longwy, au sud par Petit-Noir, à Test par Vorncs , et à l'ouest par Petit-Noir. Il se divise en trois quartiers , appelés Grande-Rue , rue du Bois et rue aux Oliviers.
Il est traversé parles chemins vicinaux tirant aux Hays , hameau de Vornes, à Neublans et à Vornes, par le Doubs et un de ses bras.
Les maisons sont éparses sur toutes les parties du territoire placé au sud du Doubs. A part quelquesunes , d'un aspect élégant , construites en pierres ou briques et couvertes en tuiles , elles sont généralement de chétive apparence , bâties en terre , bois et briques , et couvertes en chaume.
Pop. en 1790, 66 hab. ; en 1846, 4 17 ; en 1881 , 107 , dont 51 hom.
et 56 fom. ; pop. spécif. par kilom.
carré , 52 hab. ; 20 maisons , 23 ménages.
Les plus anciens registres de Pétai civil remontent à 1795.
Les jeunes gens émigrent pour aller au service à Dole.
Cadastre exécuté en 1829; surf, territor. : 185h 70*, divisés en 181 parcelles que possèdent 46 propriétaires, dont 19 forains ; surf. imp.
161b 76», savoir : 87h 66' en prés, B3h 58" en terres lab. , 9h 57» en oseraies, 4h 27* en bois , lh 89* en étangs, 94» en sol des propriétés bâties, 64» en graviers, 39» en jardins, 6* en vignes , d'un rev. cadast. de 2883 francs ; cont. dir. en princip.
1070 francs.
Le sol , d'une fertilité ordinaire , produit du blé , du seigle , du sarra-
sin, peu d'orge et beaucoup d'avoine, du maïs , des pommes de terre, des légumes secs, de la navette, des fruits , du foin et des fourrages artificiels. On cultivait autrefois beaucoup de vignes autour du château ; elles ont été extirpées.
On exporte le tiers des céréales et on importe le vin.
L'agriculture fait des progrés dans celte commune. Le fumier et les cendres sont les seuls engrais employés.
On y élève des chevaux, des bétes à cornes, des moutons , des cochons et delà volaille. 40 ruches d'abeilles.
On y engraisse quelques bœufs.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Sellières, de Bellevesvre et de Dole.
On trouve sur le territoire des carrières de sable non exploitées.
Il n'y a pis de patentables. 11 y avait autrefois une tuilerie dans la contrée dite Champs de la tuilerie.
Biens communaux : une maison commune insuffisante et en mauvais état, servant de mairie ; elle contient le logement de l'instituteur et la salle d'étude, fréquentée en hiver par 25 garçons et 20 filles , et 5» 80* de pâtures , d'un rev. cadast. de 16 fr.
11 y a quelques sources qui pourraient facilement alimenter un lavoir et un abreuvoir publics.
Budget : recettes ord. 820 fr. ; dépenses ord. 811 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Le sol de Beauvoisin est semé de débris qui attestent son antique origine. Dans un climat appelé le Jfetx du fia.s, on a recueilli, du 25 août 1829 au 1er juillet 1831 , deux médailles d'argent , dont une avec la représentai ion du Modius, et
une autre médaille d'argent , à l'effigie de l'empereur Philippe avec la colonne. À peu de distance du château, on reconnaît, sur les bords d'un ravin , une couche épaisse de fcuileaux à rebords. Des fouilles dirigées avec intelligence sur ce point , amèneraient sans doute des découvertes importantes.
Il y avait autrefois , sur la rive gauche du Douhs, sur le territoire de Beauvoisin, un port heureusement situé, d'où partaient des bateaux chargés de bois, de charbon , etc., ramenant d'autres marchandises.
C'est probablement cette circonstance qui aura inspiré à quelques historiens la pensée de placer au Pelit- Noir le fameux Portus Abucinus mentionné par les anciens géographes. LepèreDunod prétendait même qu'eu cet endroit le Doubs était traversé par une immense muraille, à laquelle étaient attachés des anneaux pour amarrer les bateaux , et que les châteaux de Neublans et de Beauvoisin ont été construits avec les débris de ce mur, dont les traces étaient encore visibles, selon lui, en 1 709. 11 faut que le père Dunod, pour avoir avancé ce fait , ait été victime d'une mystification.
Seigneurie. Beauvoisin était enclavé dans le marquisat de Chaussin et fut du nombre des villages affranchis en i 260 , par Simonin , sire de la Marche. En 1265 , ce seigneur le reprenait en fief de Jean de Chalon, dit l'Antique.
La justice haute , moyenne et basse y était exercée par les officiers de la justice de Chaussin. Une famille , qui avait reçu en fief héréditaire les mairie et sergenterie du lieu, prit le nom de Beauvoisin. Jean de Beauvoisin vivait en 1316. Le 8 juillet de la même année , Mahaut , dame de Chaussin , fit don à Cécile,
épouse de ce vassal , pour la récompenser des services qu'elle en avait reçus , du meix de Beauvoisin, pour elle , pour son mari et pour leurs hoirs , en héritage perpétuel. Cette donation comprenait tout le territoire qui compose aujourd'hui le village. Celte terre passa , à titre de succession, à la maison de Berbisot, puis , du 1er avril 1663 au 16 novembre 1698 , iH4"* Rose-S imon Roux , héritière médiate de Pierre Berbisot et épouse deM. Pierre-Ange de Marillac. Après la mort de cette dame , ses successeurs vendirent la seigneurie à M. de Saint-Paul. M**llede Saint - Paul épousa M. le chevalier Martel, qui habite actuellement Versailles , et lui porta en dot le vaste domaine de Beauvoisin.
Château. Au nord-ouest du village , sur un rocher à pic dont le Doubs baigne les pieds , s'élevait un vaste et somptueux château-fort qui pourrait bien avoir succédé à des fortifications romaines. A partir du port, on montait en suivant un boulevart garni d'arbres jusqu'à l'esplanade. De larges fossés , sur lesquels était jeté un pont-levis , défendait l'entrée de la forteresse. De ces constructions , il ne reste qu'un emplacement jonché de briques, les traces des fossés et une vaste motte , d'où le regard plonge sur un magnifique panorama.
La position de ce château était préférable, sous tous les rapports, à celle du château de Neublans , pourtant si vantée. Commencé par Jean de Beauvoisin au xiv® siècle , augmenté par la famille Berbisot , ce castel n'8 été détruit qu'au moment delà révolution de 1789.
Fête patronale. Beauvoisin a pour patron saint Victor, dont on célèbre la fête le 50 septembre.
, vg. do l'arr. de Lons-lc- Saunicr, cant. etbur. de poste d'Orgelet , percept. actuelle d'Orgelet et future de Présilly, paroisse de Rothonay , à 7 kilom. d'Orgelet et 20 de Lons-le-Saunicr.
Bâti au fond d'une vallée formée par les basses chaînes du Mont-Jura, il est limité au nord par Reilhouse , au sud par Chavéria, à Test par Chavéria , Moutonne et Reilhouse , à l'ouest par Rothonay.
Il est traversé par la roule départ.
n° 1 5, d'Orgelet à Saint-Amour, par les chemins de gr. corn m. n° 2 , d'Orgelet au Miroir , et 44 d'Orgelet à Savigny-en-Revermont , par les chemins vicinaux, tirant à Arthena et à Reilhouse.
Les maisons sont groupées , construites en pierre , la plupart couvertes en chaume, et n'ont qu'un rez-de-chaussée. Les murs qui séparent chacune d'elles , plus élevés que les toits , sont revêtus de dalles en pierres disposées par gradins.
Rien de plus triste que l'aspect de ce village.
Pop. en 1790, 188hab.;en 1846, 191 ; en 1851 , 168 , dont 80 nom.
et 88 fem. ; pop. spéc. par kil. carré, 29 hab. ; 47 maisons , 47 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1795.
Les jeunes gens n'émigrent pas.
Cadastre exécuté en 1826 : surf, terril. 516h lla, divisés cri 2b76 parcelles que possèdent 140 propriétaires , dont 75 forains ; surf, imp. B10h 76% savoir : 189h 80a en terres lab. ; 1 37h 32* en bois taillis , 84h 66a en prés , 53h 7 ia en pâtures, 45h lba en friches et parcours, lh 1 7a en sol des propriétés bâties, 31a en broussailles et 25a en murgers , d'un rev. cad. de 9626 fr. ; conlr. directes en principal , 1 395 fr.
Le sol , d'une fertilité moyenne ,
produit du blé, dcPavome , du mois, des pommes de terre , des légumes secs , de la navette , des foins , des fourrages artificiels et du chanvre.
On exporte le quart des céréales et on importe le vin.
Les terres se louent généralement à moitié fruits.
Le revenu réel des propriétés es*, de 3 pour cent.
On élève dans la commune des bêles à cornes , des chevaux , des "ânes et de la volaille.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés d'Orgelet.
On trouve sur le territoire des carrières de gypse et de marne non exploitées , du minerai de fer en roche dont l'extraction a été abandonnée en 1820, des carrières de pierre à bâtir et de taille, exploitées, une grande quantité de coquillages fossiles communs ou minéralisés.
Biens communaux : une maison commune dans un état déplorable , servant de chalet , de mairie et de logement à l'instituteur, dont l'école fréquentée en hiver seulement , reçoit 16 garçons et 10 filles; 2 fontaines avec abreuvoir et un lavoir.
Bots communaux : 72h 49a, dont 2U 12a en exploitation annuelle.
dépenses ord. 1807 fr.
1SOTICE HISTORIQUE.
Les plaines d'Orgelet furent le théâtre d'une immense bataille livrée postérieurement aux grandes invasions germaniques. Dans le climat , très bas et plat, appelé le Magny, en nature de pré , sur Beffia, on remarque un tumulus ayant environ 5 mètres de diamètre sur 1 m. 20 c.
de hauteur. On en voit plusieurs autres , à peu de distance , sur le territoire de Chavéria. La voie romaine de Lyon au Rhin passait non
loin de là. Une contrée porte encore le nom de Sous-le -Pérou ; clic louche à la roule actuelle d'Orgelet à Saint- Amour. 11 est probable qu'une voie antique reliait ces deux bourgades gauloises.
Seigneurie. Beffla dépendait en toute justice de la seigneurie de Moutonne. Quelques meix isolés seulement faisaient partie de la baronnie d'Orgelet. Une partie du territoire était comprise dans la seigneurie de Pcllapucin. Les sujets étaient mainmorlablcs , corvéables et taillables à volonté.
Seigneurie de Pellapucin. Elle consistait en une maison-forte avec justice haute, moyenne et basse sur les habitants ; en terres, forêts , cens, prestations et redevances, tant à Pcllapucin qu'à Beflia et Rotuonay. Elle relevait d'Orgelet. Le village de Pcllapucin , réduit en une seule grange après les guerres de Louis XI, n'existe plus aujourd'hui.
Seigneurs. Ce fief a donné son nom à une famille noble de nom et d'armes , éteinte ?u xv* siècle.
Jeanne de Dranielay, fille du célèbre Renaud de Dramclay,.sirc de Beaufort et de Présilly, et de Marie de Saint-Amour, épousa Cuyot de Pellapuciu , vers l'an 1306. Antoine de Pellapucin était religieux de Gigny en 1452.
Le 3 février 1389, Jean de la Tournelle , écuyer, fils de Catherin de la Tournelle , au nom de Marguerite de Pellapucin , sa femme , fille de Guyot , fit hommage de la forteresse et de la seigneurie de Pellapucin à Jean de Chalon, comte d'Auxerre, baron d'Orgelet.
Au mois de décembre 1390 , Hugues de Vuillafans, au nom de Jeanne le Gallois d'Arlay, sa femme, fit le même hommage pour une chevance que celte dernière possédait
à Pellapucin. Vers 1423 , Jean de la Tournelle et Hugues de Vuillafans vendirent les droits de leurs femmes à M. de la Baume. Le 18 janvier 1 387, Claude de la Baume, maréchal de Bourgogne, baron de Mont-Saint- Sorlin , vendit ce fief, sous réserve de rachat perpétuel , à Jean Lallemand , baron de Bouclans. L'année suivante , Jean Lallemand le céda à Jean de Vaudrey, chevalier, gentilhomme de la bouche de l'empereur. Cet échange fut résilié en 1341.
Le baron de Bouclans rentra en conséquence dans la possession de cette terre. En 1383 , Antoine de la Baume , fils de François , exerça la faculté de rachat réservée par Clande de la Baume, et devint possesseur de Pellapucin, qui passa au xviu* siècle à M. de Lczay.
Cliâlcau. Le château de Pellapucin était bâti sur le sommet d'une montagne , au nord-ouest du village de Beflia. 11 occupait un vaste espace.
Il était entouré d'un fossé très large et très profond , sur lequel était un pont-levis. 11 fut détruit par les armées de Louis XI , car, à partir de 1 500 , les reprises de fief ne parlent plus de château , mais seulement de la grange de Pellapucin. L'emplacement fut cédé , en 1 769 , par M. de Lezay, à la commune de Beffia , con tre un terrain attenant à son château de Moutonne. Dès que cet échange fut consommé, les habitants se hâtèrent d'enlever les matériaux provenant des ruines du donjon , pour en construire leurs maisons. On ne voit aujourd'hui qu'une motte entourée de fossés et un puils rempli de pierres.
Beilecln, commune réunie à celle du Bourget , le 4 septembre 1821
Bellecombe , Vg. de l'aiT.
de
&u*l-Ckiudc , cant. , perc. et dls'r.
de poste des Bouchoux; paroisse des Moussières ; à 1 i kil. des Bouchoux, 15 de Saint-Claude et 70 de Lonsle-Saunicr.
Bâti au sud et dans la direction de la Combe de Mijoux , il est limité au nord par les Moussières et les Molunes, au sud par les Hautes-Mol unes et Forains (Ain) , à Test par la ligne limitrophe desdépartemenls de l'Ain et du Jura et par les Moluncs, à l'ouest par les Molunes , les Moussières et les Hautes-Mol unes. 11 se divise en trois quartiers principaux , appelés quartier de la Bouléme , quartier de Bcllecombe et quartier des Mouilles, Chacun d'eux ne se compose que de métairies éparses sur toute l'étendue du territoire et désignées par les noms suivants : les Granges des Adroits , aux Sétines , chez Millet, en Bouléme, sur la Côte, la Ligune, Maisons-Neuves, à la Bèlc, la Tissolte , en Borneval , aux Coupes, la Jacquier, la Laurende, la Loge, la Bernande, la Coirine, chez Louis, la Châtelaine, Haute-Crète, la Moule, la Jean Crinquande, chez Fresnc , la Maison-Vieille , la Daloue , les Ragies , Gros-Gende , au Château , la Marscline , la Baudine , chez les Sourds , chez Crinquand , Bellecombe, la Bécholte, la Lénière, la Mignote , au Détroit.
Il est traversé par le chemin de gr. comm. n° 25, classé, mais non exécuté, de Saiut-Claude à Genève, par les chemins vicinaux dits des Moussières, de Borneval, des Mouilles , de la Loge , de la Grande-Vie ; par le bief des Parcs qui y prend sa source et par le bief de Combed'Enfer.
Les maisons, très isolées les unes des autres » placées sur le penchant d'un côteau , ou resserrées entre deu x éminences, sont généralement bien
bâties en pierres et couvertes en bardeaux. Elles se composent d'un rezde-chaussée et d'un premier étage.
Leur aspect offre un caractère de propreté qu'on ne rencontre point dans les villages même les plus fertiles de la plaine. D'étroits sentiers, dont la trace est à peine marquée sur l'herbe, sont les seuls chemins ouverts pour communiquer d'une ferme à l'autre.
Pop. en 1790, 467 hab. ; en i 846, 453 ; en 1 85 1 , 4 1 2, dont 209 hom. et 203 fem. ; pop. spécif. par kilom.
carré, 33 hab. ; 65 maisons, savoir :
22 au quartier de Bolême ; 20 au quartier de Bellecombe et 23 aux Mouilles ; 72 ménages.
Avant 1789, la population entière émigrait pendant l'hiver. Aujourd'hui elle est sédentaire.
Cadastre exécuté en 1828 : surf, terril. 1217h27a divisés en 474 parcelles que possèdent 95 propriétaires, dont 37 forains ; surf. imp.
i 2 1 2h 83a, savoir : 870h 36a en boispâtures, 34 0h 45* en terres lab. , lh 99a en sol des propriétés bâties, lh 35a en jardins, d'un rcv. cad. de 10,564 fr.; cont. directes en princ.
5080 fr.
Le sol , extrêmement froid et peu fertile, produit de l'orge, de l'avoine, . des pommes de terre et du foin. On importe le vin et les trois quarts des céréales nécessaires à la consommation.
On élève dons la commune des bœufs , des vaches , des chèvres et de la volaille. 6 ruches d'abeilles.
Le revenu réel des propriétés est de 5 fr. 50 c. pour cent.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Saint- Claude.
On trouve sur toute la surface d
territoire de vastes bancs de tourbe marécageuse d'un mètre de puissance, reposant sur un fond de terre blanche , très maigre. C'est à peu près le seul combustible employé dans la commune. On la coupe en morceaux de 30 cent" de long sur 20 cent" de large et 8 d'épaisseur.
On se borne, avant d'en faire usage, à la faire sécher au soleil et à la mettre à couvert sans la carboniser.
On emploie aussi les cendres de tourbe pour remplacer le sable dans les constructions.
L'industrie est très active dans cette localité. Les habitants fabriquent des tabatières en buis et en corne ou taillent les pierres précieuses. Us s'occupent surtout de la confection des fromages bleus dits de Septmoncel , auxquels ils savent donner une qualité supérieure. Les produits de celle nature s'élèvent à 18,000 kilogr. qui s'expédient à Lyon. 11 n'y a point de fruitière. Chaque ferme est un chalet.
Biens communaux. La commune ne possède ni édifices publics , ni terrains communaux. L'école, tenue dans le logement de l'instituteur , est fréquentée, en hiver, par 23 garçons et ih filles.
Budget : receltes ord. 935 fr. ; dépenses ord. 935 fr.
noncB niSTORiQUE.
Un chemin, aujourd'hui perdu sous les pâturages , porte le nom de Grande-Vie. C'était la voie romaine qui reliait Genève à Condat ( Saint- Claude ), dont il est fait mention dans la vie de saint Romain , écrite au v* siècle. Les granges dites au Château et à la Châtelaine, ont probablement succédé à quelques villas antiques ; car, au moyen-àge, il n'y eut jamais de château à Bellecombe.
De toutes les fermes qui de nos
jours constituent ce village , il n'en est qu'un très petit nombre qui soient mentionnées dans les titres du xv' siècle. On ne voit apparaître à cette époque que la grange dite en Bellecombe, les Boleymos, la grange de la Mouille, appelée alors Mouille-Brandon , les Rachiers , les Jacquier et Bornerai. Toutes les autres doivent sans doute leur origine aux nombreuses colonies venues de Suisse , de Savoie , du Bugey et de Gex , au xvii* siècle, pour repeupler ces contrées , devenues désertes à la suite des guerres et de la peste de 1636.
Seigneurs. Bellecombe était un des cinq villages formant la seigneurie de Villars-Saint-Sauveur, enclavée dans la terre de St.-Claude. Ses possesseurs se regardaient comme aussi indépendants que le roi d'Ivetot l'était des rois de France. A l'article de Villars, nous donnerons des explications curieuses sur l'origine de ce singulier fief. Ce qu'il y a de certain, c'est que ces seigneurs avaient la justice haute , moyenne et basse sur Bellecombe ; qu'ils avaient seuls le droit d'imposer leurs sujets, qui étaient tous de condition mainmortable , et qu'ils ne faisaient hommage à aucun souverain.
Paroisse» Ce village dépendit dès son origine de la vaste paroisse de Villars-Saint-Sauveur, du diocèse de Besançon. Une chapelle, fondée aux Moussières en l'honneur de saint Joseph , fut érigée en succursale en 1 745 , par Mgr. l'évéque de Saint- Claude. Bellecombe en devint dèslors une dépendance. Saint Joseph , dont la féte se célèbre le 19 mars , est le patron de cette commune.
Evénements divers. Bellecombe était , au moyen-âge , la terre classique de la sorcellerie. Un événement arrivé en 18&8 , annoncé avec beaucoup de détails dans les journaux de
la province, semble rappeler par ses circonstances , tout ce qu'on racontait autrefois de cette puissance occulte. Une famille, du nom de Durafour, composée du père, de la mère, de trois garçons et d'une fille, fut subitement et simultanément frappée de démence. La perte subite d'une vache , un rapport fait contre un des fils pour délit de chasse, firent soupçonner à ces malheureux , qu'une vieille femme, leur voisine, avait jeté un sort sur leur maison.
On remarqua tout à coup que ces six personnes, d'un naturel fort gai, devenaient taciturnes. Elles ne répondaient plus aux questions qu'on leur adressait. Les menaces de toute espèce ne purent leur faire proférer une seule parole , même aux officiers de justice. Elles continuèrent de soigner leur bétail, mais ne voulurent désormais prendre d'autre nourriture que du pain fait avec du son , sans sel. Elles négligèrent tous les travaux des champs. En 1849 , l'autorité fit conduire ces fous dans la maison des aliénés de Dole , où le plus jeune des fils , âgé de 29 ans , est mort en 1851.
Belle font ai ne, vg. de l'arr. de Saint-Claude , cant. , perc. et bur.
de poslc de Morez ; succursale ; à 8 Vil. de Morcz , 50 de Saint-Claude et 88 de Lons-lc-Saunicr.
Bâti dans un vallon bordé de hautes montagnes qui courent du nord au sud , il est limité au nord par Chapelle-dcs-Bois ( Doubs ) et Morbier, au sud par Morbier, Morez et les Rousses , à l'est par Bois-d'Amont et Chapclle-des Bois, à l'ouest par Morbier. Il se divise en plusieurs quartiers , appelés au Village , en Bossct , en Pichon, les Chaumettcs, sous la Côte, sur la Cote, sur les Lacs, les Mortes, la Chaux Mourand.
Ces quartiers se subdivisent en hameaux et fermes isolées , appelés Maisons-Morel,Ganevcl, vers la Chapelle, les Bassets, Cretet, en Pichon, le Rigoulet , chez Collet , Maisons- Girod , les Clos , Cliamps-du-Four , la Fruitière , les Grands-Clos , chez les Guy on , chez Romand , le Clos- Guyon, chez la Genot, les Auberges, aux Assignats , chez les Jobez , chez Mandrillon , les Muets , les Perrot , aux Cheminées , chez Bourgeois , au Loutret (les Lustrels anciens), chez les Chappuis , sur les Lacs , le Lac de Bellefontaine et en Combe-Froide.
11 est traversé par les chemins vicinaux appelés chemins de Chapelledes-Bois, de Morez, des Chaumeltes, de Bailli-Maître , des Pichons ; par le torrent de l'Evalude qui y prend sa source , par le bief à Cassa et le bief Aroz qui sépare ce village de celui de Morbier. Le lac de Bellefontaine, une partie de celui de Chapclledes-Bois et une foule d'excellentes sources se trouvent sur son territoire.
Les maisons, éparscs sur toute l'étendue de la commune , bâties en pierres et couvertes en bardeaux , se composent généralement d'un rezde-chaussée et d'un premier étage.
Elles sont semées à travers de gras pâturages que coupent ça et là des touffes de sapins et de hêtres , et sont presque toutes cachées au fond d'un double pli de terrain.
Pop. en 1790, 030 bab.; en 18ft6, 777 ; en 1851, 70ft, dont 547 nom.
et 357 fein. ; pop. spécif. par kil.
carré, 28 bab. ; 87 maisons, savoir :
37 au Village, 2 en Bosset, 10 en Pichon, 3 aux Chaumettcs, U sous la Côte, 0 sur la Côte, 1 sur les Lacs, 9 aux Mortes, 13 à la Chauz-Mourand ( les anciens Mœrenses ) ; l iiG ménages.
Les plus anciens registres de l'état
cfrfl rciQODteot à 4785 ; ceux antérieurs sont à Morbier.
Les habitants n'émirent pas et sont peu civilisés. Ils ont pour le berceau de leur naissance un amour passionné. Leur répugnance pour le service militaire est telle v qu'ils sacrifieraient leur fortune entière pour s'en dispenser. Ils sont d'une défiance poussée jusqu'à la rudesse.
Cadastre exécuté en 1822 ; surf, territ. 2462h 98% divisés en 1260 parcelles que possèdent 182 propriétaires, dont 70 forains; surf, imp. 2435h 85% savoir : 885h 92* en bois-sapins, 8 1 7h 1 0* en parcours, 254h47*cn terres lab., 219b 04* en bois taillis mêlés de sapins, 35h 9 l* en marais, 19b 92a en tourbières , 9b 69* en friches , 4h 09* en sol des propriétés bâties et aisances , 2h 12* en jardins, d'un rev. cad . de 2823 f. ; cont. directes en princ. 3826 fr.
Le sol, peu fertile, produit de l'avoine, de l'orge, du lin, des pommes de terre , peu de ebanvre , du foin , peu de fourrages artificiels.
On importe le vin et les cinq sixièmes des céréales nécessaires à la consommation. On élève dans la commune de magnifiques vaches au nombre de 450 au moins, des chèvres, des ânes. 15 ruches d'abeilles.
On emploie des chevaux pour l'exploitation des vastes forêts de sapins qui couvrent la montagne du Rixou.
de 2 pour cent.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Morez.
On trouve sur le territoire des carrières de pierre à bâtir et de taille, des sablières non exploitées, des tourbières aussi bonnes qu'abondantes , exploitées, non seulement pour l'usage des habitants , mais encore pour Morez et les lieux circonvoisins.
Il j a Ô auberges, 5 moulins sur
le ruisseau de l'Evalude ayant ensemble 3 lames de scies et 5 tournants , 2 marchands épiciers et un menuisier. La principale industrie consiste dans la fabrication des fromages dits de Gruyère , de première qualité , dont les produits annuels s'élèvent à 25,000 kilog. , et dans l'horlogerie, à laquelle hommes , lemmes et enfants travaillent dès l'âge de douze ans , pour le compte des négociants de Morez. Le salaire moyen, par jour, peut s'élever à 1 fr. 40 cent, par ouvrier.
Biens communaux : une église , un cimetière qui l'entoure , un presbytère contenant le logement du desservant et de son vicaire , celui de l'instituteur et la salle d'école , fréquentée en hiver par 50 élèves , le logement de l'institutrice et la salle d'étude, fréquentée en hiver paj 40 élèves et enfin la mairie.
Bois communaux : 63 ih 91'; coupe annuelle, 500 stères de sapin et hêtre.
Budget : recettes ord. 5166 fr. ; dépenses ord. 5166 fr.
Bureau de bienfaisance : revenu ord. 500 fr.
rwncE nisToiuQus.
Origine. Grégoire de Tours nons apprend que saint Romain et saint Lupicin ayant élevé un second monastère , à deux lieues de Condatiscone (Saint-Claude) , furent obligés, par l'affluence des conversions qu'ils opéraient , d'en fonder un troisième en dedansde la frontière d'Alamanie.
Les historiens ne sont point d'accord sur l'emplacement de ce troisième monastère. Nous avons trouvé dans les litres de l'abbaye de Saint-Claude plusieurs documents qui nous permellen tdc penser que celte troisième abbaye était celle de la Mouille , détruite on 608 , par les Allemands ,
qui occupaient le revers oriental et même le sommet du mont Rixou.
Son nom primitif se terminait par ...trocinium. Le commencement du mot est illisible sur la pièce qui a passé sous nos yeux. A peine l'abbé de Saint- Claude fut-il en possession des 15 ou 20 lieues de terrain qui lui avaient été données per Charlemagne , de 790 à 793 , qu'il envoya une colonie de religieux pour défricher ce vaste territoire. Un prieuré, dédié à saint Euslastc ou Eustachc, fut rétabli à la place môme qu'avait occupée l'abbaye, connue au moyen* âge sous le nom de prieuré deMoillia. Dès le milieu du xme siècle ce nouvel établissement et l'abbaye du Grandvaux avaient opéré de grands défrichements dans nos montagnes ; mais les usurpations et les violences auxquelles les religieux étaient exposés , forcèrent l'abbaye de Saint- Claude de conclure des traites onéreux avec des seigneurs puissants et d'acheter, par de coûteux sacrifices, un appui et une protection souvent Inefficaces. Jean de Ghalon l'Antique, reçut en novembre 1266, de l'abbé Guy, l'inféodation d'une partie des terres du monastère avec la moitié de leurs revenus, pour lesquels Hnféodatcur et l'inféodataire institua chacun un juge châtelain. Pour protéger ces nouvelles possessions* ce seigneur fit construire un château à Rochcjean , et un autre à Châlclbtanc. Cette inféodalioo fut renouvelée, dix ans après, à Jean de Chalon , sire d'Arlay, 1er du nom , par l'abbé Etienne de Villars, en y ajoutant la permission de réduire les terres en culture , d'y bâtir des bourgs et villages , dont la moitié des revenus appartiendrait a l'abbaye. Deux bourgs se formèrent , l'un autour du château de Rochcjean , et l'autre autour de celui de
Châtclblanc. Ce dernier reçut ses franchises de Jean de Chalon-Arlay, le 2 mai 1303, et de l'abbé de Saint- Claude, le 26 juin 1531. On essaya de réduire en servitude les colons qui étaient venus défricher les terres placées hors des limites du bourg , mais ils prirent tous la fuite. Four les rappeler, Hugues de Chalon , sire d'Arlay II*, se vit obligé d'étendre les avantages de la franchise à tous les habitants de la châtellenie, par une charte du 18 mai 1564.
L'abbé de Saint-Claude lit de même le 27 mai 1384.
En 1293, l'abbé Guillaume III, de la maison de la Balme-sur-Cerdon , écrasé sous le poids des charges que lui occasionnaient les guerres continuelles à soutenir contre les barons de Divonne et les comtes du Genevois , engagea à ses religieux les revenus de la paroisse de Longchaumois , ne se réservant que les produits du prieuré de la Mouille. En 1307, il fut contraint d'engager encore les revenus de ce prieuré, qu'un décret de l'archevêque de Lyon unit définitivement en 1357, à l'office de Pitancicr de l'abbaye. A celte époque , le prieure de la Mouille n'était plus qu'une petite grange avec de minces dépendances. Cela n'empêcha pas tes religieux de Saint-Claude de prétendre que sa possession les rendait propriétaires et seigneurs , non-seulement du territoire de la Mouille, mais encore de celui qui compose aujourd'hui les communes de Bcllefontaine, Morez, les Rousses, Bois-d'Amont cl Morbier. Ils établirent un prévôt à la Mouille et nommèrent des officiers charges dry exercer tous actes de justice. L'abbé de Saint-Claude se récria contre cet empiétement, il fut obligé cependant de reconnaître par deux traités passés le 16 mai 1573 et en 1702, que le cha-
pître avatl te justice haute., moyenne et basse sur ces villages, en matière civile , avec les amendes en provenant et que les causes seules devant emporter une peine afflictive ressortissaient à la grande judicaturc.
Un accensement fait par les religieux le 12 mai 1407, d'un vaste communal au territoire de Bellefontaine, avait fait supposer à quelques historiens que ce village n'existait pas encore. C'est une erreur.
Celte cession était faite à des colons déjà établis antérieurement. Le territoire de cette commune était très vaste dans l'origine. 11 s'étendait du Grandvauxà la Crète-du-Rixou , et de la rivière de Bienne à la seigneurie de Chàtelblanc. En 1549, le Pitancier de Saint-Claude accensa à différents particuliers de la Mouille, Bellefontaine et Morbier, des communaux, montagnes et Joux noires situés aux Rousses, et la montagne du Rixou. En 1702, ces communautés voulurent en faire le partage entre elles ; le chapitre s'y opposa , sous prétexte que cette division devait se faire entre les particuliers individuellement. Le 6 mai 1556, la communauléde Bellefontaineacheta, moyennant 55 écus d'or au soleil la place des Loutiers. En 1580 et lo89, le droit de construire des moulins et des battoirs sur l'Evalude fut concédé à prix d'argent.
Seigneurie dite de la Mouille ou de la Pitance. Bellefontaine était du nombre des villages qui composaient ce fief. Par diverses reconnaissances passées depuis 1505, les sujets s'étaient reconnus main-morlables de corps et do biens et supportèrent patiemment les charges de la servitude pendant plusieurs siècles. L'esprit philosophique du xvni6 siècle pénétra tout-à-coup dans ces paisibles contrées. Les communautés de la
terre de la Mouille firent cause commune pour se soustraire à la mainmorte. Elles s'adressèrent en 1772 à Voltaire et à M. Christin, avocat à Saint-Claude. Des mémoires violents, injurieux , furent répandus dans le public. La province entière avait les yeux ouverts sur le débat qui allait s'engager. Les habitants soutenaient qu'ils étaient nés libres ; que le sol qu'ils occupaient était libre dans l'origine ; que s'ils avaient subi la servitude, ils en avaient été affranchis par les chartes de 1305, 1351 , 1364 et 1384, qui s'appliquaient a toute la chàtellenie de Chàtelblanc dont ils pensaient dépendre. Les religieux se bornaient à leur montrer les reconnaissances consenties volontairement à leur profit , dans lesquelles figuraient toujours les droits de main-morte réelle et personnelle.
En 1780, les communautés effrayées des sentences rendues par les premiers juges, offrirent au chapitre, pour prix de leur liberté, une somme de 100,000 fr., qui fut refusée. Enfin, le 98 janvier 1781, une transaction mit fin à ce débat célèbre, prélude des orages de la révolution de 1789. Les religieux affranchirent leurs sujets aux mêmes conditions que le roi l'avait fait pour ses domaines en 1779 , et en outre sous l'obligation qu'on leur paierait un sol de cens par chaque arpent de terre labourable , prairies , pâturages, bois et généralement de tous les fonds susceptibles de culture.
Evénements divers. Les limites qui séparaient le comté de Bourgogne de la Suisse étaient trop vagues pour ne pas donner lieu à des discussions continuelles entre des peuples pasteurs. Des luttes à main armée , des enlèvements de bétail ; des destructions de récoltes se renouvelaient chaque jour. Les sou-
v crains s'émurent d'un tel état do choses. Les Suisses étaient la plupart du temps les agresseurs. Des plaintes furent portées au conseil de Berne. Des traités , des arbitrages semblaient assurer la paix, et cependant les violences se continuaient.
Les sentences des 1er juin 154?, 51 août 1552, 5 août 1575 , de i 536, du 3 1 juillet 1 006 et enfin du 8 septembre 1 548 , n'eurent pour résultat que d'attribuer injustement au canton de Berne une lisière de 25 lieues sur un quart , une demilieue et même une lieue en largeur, aux dépens du comté de Bourgogne.
En 1637, les armées allemandes et françaises, commandées par le duc de Saxc-Weymar, par le comte de Guébriant, par la Molte-Houdancourt et par le jeune comte de Nassau, occupèrent la chaîne du Haut-Jura. Ces chefs, mécontents de ne pas obtenir des religieux de Saint-Claude l'entier accomplissement des clauses du traité de neutralité conclu entre eux, causèrent tes plus grands ravages dans toute la terre monastique. Weymar se retira , mais Guébriant fut son digne successeur. Piller, tuer , brûler, fut toute sa science stratégique. En 1639, les Allemands appelés improprement Suédois, firent une course à Bcllefontaine et à Morex , d'où ils emmenèrent force prisonniers, dont Ils tirèrent grosse rançon , tuèrent beaucoup de monde et enlevèrent près de quatre cents bêles à cornes et des juments. La peste acheva l'œuvre de la guerre. La contrée devint déserte. Les habitants de Morcx venaient chercher un refuge près de l'excellente fontaine qui donna probablement son nom au village de Bcllefontaine.
Paroisse. La paroisse de Saint- Lupicin embrassait dans ses primi-
tives limites nn vaste terrttoîrc, qui comprenait tout ce qui constitua plus tard les paroisses de la Hixouse, Morbier et Bcllefontaine. Elle se démembra successivement. La Hixouse bâtit une chapelle qui fut érigée, au xiv° siècle, en succursale pour la desserte de ce village, de Morbier et de Bcllefontaine. Les habitations s'étant multipliées à Morbier, une chapelle y fut construite et érigée en succursale en 1593, pour l'usage de Morbier et Bcllefontaine. Un vicaire fut adjoint au curé. Les habitants de Bcllefontaine, imitant l'exemple de leurs voisins , construisirent à leur tour un oratoire dans lequel le vicaire de Morbier venait célébrer la messe chaque jour de dimanche et de fête , et faire un prône tous les quinze jours. Us sollicitèrent en 1709 et 1745 l'érection de leur commune en succursale, afin d'avoir un prêtre parmi eux. Celte faveur ne leur fut accordée que le 12 septembre 1771. Us construisirent une église qui fut érigée en cure en 1787. Cette paroisse dépendait du diocèse de Besançon , avant la création de l'évêché de Saint-Claude.
Eglise, L'église de Bcllefontaine, placée sous le vocahlc de saint Renobert, dont on célèbre la fêle le $4 octobre , est orientée. Elle se compose d'un porche régnant sur toute la largeur de l'édifice , d'un clocher se terminant en dôme élevé sur le porche , de trois nefs , d'un sanctuaire terminé octogonalemcnt , d'une tribune sousle cloclicr et d'une sacristie. Des colonnes et des pilastres de l'ordre toscan, sans élégance, séparent la nef principale des collatéraux et la coupent en quatre travées. Le sanctuaire, d'une architecture plus pauvre que les nefs , est garni de boiseries et de stalles exécutées sans goût.
Lo clocher renferme une fort belle sonnerie, composée de quatre cloches, dont l'une pèse 2200 kilog.
Objets remarquables. Sur la rive droite du chemin qui conduit de Bellefontaine à Morez, on remarque adosses à la montagne trois blocs de rochers , qui représentent de loin trois personnages drapés , dont un ressemble à un homme, l'autre à une femme ; le troisième est sans contours bien prononcés. On les appelle les trois commères ou les trois cheminées. La Croix du Trône est le plus haut piton de la chaîne du Hixou. Il s'élève à 1 290 mètres audessus du niveau de la mer. Une croix a été plantée à une époque déjà reculée au milieu des forêts qui couvrent cette montagne, pour perpétuer le souvenir d'un voyageur qui eut le malheur de s'égarer à travers ces lieux sauvages et d'y mourir de froid. C'est aussi dans le Iiixou|qu'eslla Roche-Franche, ainsi nommée, parce qu'elle s'élève à pic.
La pierre en est si tendre, qu'on peut facilement y graver son nom avec la pointe d'uu couteau.
Le lac est vaste et très beau, mais peu poissonneux.
vg. de l'arr. de Dole, cant. de Dole, perc. et distribution de poste de Montbarrey; succursale; à 4 kil. de Montbarrey, 12 de Dole et 49 de Lons-le-Saunier.
Bâti au pied et sur le versant d'un coleau qui borde au nord le val d'Amaous, dans une position charmante , il est limité au nord par Augerans, Faltetans et la Vicillc-Loyc, au sud par Montbarrey, Mont-sous- Vaudrey et Bans , à Test par la Vieille-Loye, Montbarrey et Montsous- Vaudrey, et à l'ouest par Augerans et Bans. Il est divisé en plusieurs quartiers appelés rue du Bois,
rue dol'Egliso, ruoMatalus, Grandenue, rue de l'Endin et rue de Montbarrey à Augerans. Le château des Graviers et la Grande-Verrerie font partie de la commune.
H est traversé par le chemin de grande corn. n° 7, de Dole à la Saline-d'Arc, parles chemins vicinaux tirant à Mont-sous- Vaudrey, à Ounans, à Bans, à Faljetans, à la Vieille' Verrerie, de la Vieille-Loye à Dole , par la Loue et un de ses bras , la Clauge , le bief d'Augcrans, le bief Madame, par le fossé des Basses et par plusieurs mortes.
Les maisons sont généralement bâties en pierres, briques, cailloux de la Loue , et pans de bois. Elles n'ont presque toutes qu'un rez-dechaussée très bas. Les trois quarts sont couvertes en chaume et les autres en tuiles.
Pop. en 1790, 403 hab. ; en 1846, 409; en 185t , 403, dont 199 nom. et 204 fem.; pop. aggl.
575 hab. ; pop. spéc. par kil. carré, 25 hab.; 87 maisons, savoir : dans la rue du Bois, 29 ; dans la rue de l'Eglise, 4 ; dans la rue Malatus, 3; dans la Grande-Rue, 9; dans la rue de l'Endin, 3; dans celle de Montbarrey à Augerans, 55 ; au château des Graviers , 1 ; à la Vieille-Verrerie, 3 ; 111 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1682.
Quelques jeunes filles émigrent pour aller au service à Dole et à Paris.
Cadastre exécuté en 1837 ; surf, lerrit. 1588h 94% divisés en 2850 parcelles que possèdent 194 propriétaires , dont 83 forains ; surf, imp. 6i2h 84a, savoir : 438h 38a en terres lab. , 122h en prés, 23h 77a en graviers et friches , 6h 75* en bois , 5h 8Ba en mortes et fossés, 3h 03a en sol des propriétés bâties et cours , 3h 92* en vignes , 5h 08° co
pâtures, Jr* 00* en vergers, 0Gfl en jardins, d'un rev. cad. de 1 3,783 f.; cont. dir. en principal , 5083 fr. La surface non imposable est de 976b 09», dont fait partie le 15e triage de la forêt nationale de Chaux.
Le sol , très fertile , produit du blé , du seigle , du maïs , de l'orge , de Pavoine , des pommes de terre , des légumes secs , de la navette, du chanvre, beaucoup de foin, des fourrages artificiels , beaucoup de noix et peu de vin ; celui qu'on récolte , blanc et rouge , est d'une qualité supérieure à celui des environs de Dole.
On exporte les deux tiers des céréales et on importe les 9 dixièmes des vins.
On élève dans la commune beaucoup de chevaux , des bœufs , des vaches , des cochons , des moutons, des chèvres et de la volaille. 80 ruches d'abeilles.
L'agriculture y fait peu de progrès ; on emploie comme engrais le fumier, les cendres et le gypse.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés d'Arbois, de Dole , de Salins et de Poligny.
On trouve sur le territoire d'immenses carrières de sable vitrifiable, exploitées par la verrerie de la Vieillc- Loye , et des graviers dans la Loue, employés pour l'entretien des roules.
Les patentables sont : U aubergistes, deux maréchaux-ferrants, un çbarron , deux épiciers , un maître maçon. Il y a deux battoirs à blé.
11 y avait autrefois une verrerie exploitée pour le compte du seigneur dans le hameau dit à la Vieille-Verrerie. Depuis longtemps cette usine ne subsiste plus.
Biens communaux : une église , un cimetière qui l'entoure, un presbytère , une maison commune achetée en 1821, contenant la mairie, le logement de l'instituteur , la salle
d'étude des garçons , fréquentée on hiver par 35 élèves , le logement de deux institutrices de l'ordre des saints Noms de Jésus et de Marie , dont la maison-mère est à Grandfontaine ( Doubs ) , et la salle d'étude, fréquentée en hiver par 35 filles, enfin , 12h 08* de pâtures , friches , gravières , d'un rev. cad. de 327 fr.
Bois. Les habitants ont droit d'usage dans la forêt de Chaux, qui leur a été confirmé par lettres-patentes de Eudes , duc de Bourgogne , le 29 mai 1333.
Budget : recettes ord. 4167 fr. ; dépenses ord. 3828 fr.
NOTICE HISTOUIQUEL
Belmont est désigné dans les anciennes chartes sous le nom Ecolesia Belli-Moniis, Balli-Monlis , de Belmonte, Balmont , Bermond et Bellemont.
L'histoire a conservé le souvenir des désastres causés dans le Val-d'Amour, ou d'Amaous, par les hordes barbares qui envahirent notre province dans la seconde partie du iv° siècle. L'empereur Constance-Chlore fut obligé d'envoyer, pour le repeupler , des prisonniers Chamaves ou Amavcs.
La route de Dijon au Mont-Jura et aux Alpes grecques , par Salins et Pontarlicr , traversait ce village.
C'est par celte voie romaine que communiquait depuis Dijon l'abbaye de Saint-Bénigne avec Pontarlicr et l'abbaye d'Agaune. M. Ed. Clerc, en parlant de ce chemin, ditqu'il devait passer la Loue à Belmont , où , d'après de très anciens documents , il existait un pont. M. D. Monnicr se borne à indiquer l'avis de M. Clerc, san9 faire connailrc sa propre opinion. Le passage de celte voie par Belmont et l'existence du pont nous
parafent cependant hors do doute.
Le traité intervenu en 1294 , entre le comte OUon et Hugues de Bourgogne, pour fixer le tarif du péage à percevoir sur celte route, ne nomme point précisément Bclmont parmi les lieux traversés ; mais des titres postérieurs nous apprennent qu'on payait quatre sols tournois à Augerans , lieu d'entrepôt et de péage des marchandises , quatre deniers à Belmont et deux sols tournois à Salins. Le pont fut détruit par une inondation en 1628. Il était en bois.
Il y avait un peu plus loin un pont aussi en bois . jeté sur un des bras de la Loue. En 1 629 , Guy Jacquemot , de Poligny, fut commis par les Etats de Franche- Comté pour examiner comment on pourrait rétablir le pont principal dont la ville de Poligny sollicitait vivement la reconstruction. Les piliers des deux anciens ponts sont indiqués sur un plan daté de 1751 , qui est en la possession de M. d'Augerans. Cette route était excessivement fréquentée pendant les xme et xive siècles , par les marchands.
Une autre voie , venant de Dole par Yillclte, aboutissait à celle-ci et à Augerans. Près du pont , ces deux lignes réunies portent le nom de Gravier-Salins.
Le village se composait , dans l'origine , d'une longue rue traversée par le chemin. Les corrosions de la Loue ont fait de tels ravages, qu'il ne reste que quelques maisons dans cette direction.
Une station fortifiée, construite pour la défense de la voie , s'élevait sur l'emplacement appelé aujourd'hui le Châtelard.
Le premier titre qui fasse mention de ce village est de l'an 1083, et non de 1088 , comme le dit M. Marquiset ; c'est l'acte par lequel Hugues II,
archevêque de Besançon, permit à Bernard, abbé de Baume, d'acquérir plusieurs églises qui avaient déjà appartenu autrefois à son monastère , et dont les laïcs s'étaient cnparces.
Il lui confirma en même temps la possession de l'église de Belmoat , que l'abbé avait rachetée de Vivien, chevalier.
Seigneurie. Cette seigneurie se divisait en deux parties, appelées l'une de Belmont, l'autre du CM te Lot.
Une maison noble de nom et d'armes, très distinguée dans la province , possédait la dernière. On voit Robert de Belmont figurer comme témoin aux premières donations qui furent faites à l'abbaye de Rosières, en 1155. On retrouve plus tard Pierre de Belmont , Hugues et Humbert , ses fils. Guillaume, écuyer, puis chevalier, sire de Belmont , était bailli général du comté de Bourgogne en 1562 et 1578. La seigneurie de Belmont proprement dite appartenait à la maison de Broigoon , Brougnen ou Brognon. Girard , dit de Brougnon, écuyer, fils de Hugon de Châtenois, vivait de 1281 à 1296. H fut marié à Simonette de Rochefort. Chevalier a donné la généalogie de celte famille. Le fief de Belmont passa, en 1533, à Anselme de Salins. En 1304, ce seigneur reçut , à titre de récompense, de Marguerite de France, comtesse douairière de Flandre , la haute justice , le péage et le four do Bclmont. Guy Arraenier , bailli d'Aval et président de Bourgogne , était en 1 42 1 , aux droits d'Anselme de Salins , et eut pour successeur Etienne Armenier, son fils, de 1439 à 14S3.
Dans le même temps, Pierre de Quingey était seigneur du Chàtelot.
Béatrix de Rye , sa veuve , remariée à Louis d'Uzicr, datait un acte de son château du Chàtelot, le 28 octobre 1466. En 1836, Jeanne do
Marnix , agissant au nom de Nicolas de Gtlley, son mari , chevalier, seigneur d'Aillcpierre , Belmont et Augerans en partie , consent différents actes relatifs à la seigneurie de Belmont. Ces deux époux achetèrent la seigneurie du Chàtelot. Le 29 août 1557, on vendit, par autorité de justice , les terres de Belmont , du Chàtelot et d'Augerans. Jean Lallemand,|chevalier, baron de Boa clans, s'enrendit adjudicataire. Ce seigneur fut secrétaire de l'archiduchesse Marguerite et de l'empereur Cnarles- Quint, contrôleur- général d'Aragon, trésorier , secrétaire d'Etat , et enfin ambassadeur. Il prit une part importante aux négociations du traité de Madrid , qui rendit la liberté à François 1er. Accusé peu de temps après d'avoir favorisé ce prince, Charles- Quint le fit emprisonner et le congédia ensuite avec des marques non équivoques de son mécontentement. Use justifia facilement, mais désabusé de la cour, il se retira dans ses terres, où il consacra le reste de sa vie à la pratique des vertus chrétiennes et à la culture des lettres. Il eut pour successeur Claude Lalleniand, son fils, écuyer, gentilhomme de la maison impériale. Ce dernier fit son testament le 10 décembre 1585. Par cet acte , daté du château et maison-forte de Belmont , il ordonna que ses dépouilles mortelles fussent déposées dans le charnier renfermant celles de ses père et mère, dans l'église de Bouclans, ou dans sa chapelle de l'église paroissiale de Belmont. M légua ses terres de Belmont et du Chàtelot à François, l'ainé de ses fils, avec le chastel, meix , vergers , terres , cens , four, plaiges , droit de main-morte , rentes et justice qui y étaient attachés.
Ces deux seigneuries passèrent , en 1610, à M. de Saint-Mauris, pro-
cureur - général au parlement de Dole , par droit de retrait féodal obtenu du souverain. Ses successeurs les ont possédées jusqu'à la révolution de 1789. M. le Prince de Saint- Bfauris-Montbarrey fut le dernier seigneur de ce village. Ses biens furent vendus nationalement.
Droits seigneuriaux. Dès l'an 1533, les seigneurs de Belmont avaient la justice haute, moyenne et basse sur les habitants et sur le territoire. Le signe patibulaire , pour l'exécution des criminels , était dans la contrée dite aux Fourches. Les sujets étaient main-mortables , soumis à la banalité du four, à des cens et à des corvées. La justice était administrée par un bailli et d'aulrc9 officiers subalternes.
Château. 11 y avait sur le territoire deux châteaux, l'un dans la vallée , sur l'emplacement qui porte aujourd'hui le nom de Grand-Ver»
ger, et l'autre sur le sommet de la montagne , dans l'endroit appelé le Chàtelot. Ce dernier , habité par Pierre de Quingey et par sa veuve , fut probablement détruit de 1477 à 1479 , par les armées de Louis XI ; car, à partir de ce moment , il n'en est plus question. 11 n'en reste plus de traces. 11 était au nord-ouest de Téglise. De son esplanade , on domine un immense horizon.
Le château dit au Grand-Verger, détruit par ordre de Louis XIV, en 1675 , devait avoir une grande importance , à en juger par ses débris.
Ces ruines tinrent lieu pendant longtemps de carrières aux habitants.
M. Marquiset s'est étrangement trompé et a induit en erreur M. Monnier, en disant que ces deux châteaux appartenaient, en 1566, à M. de Saint-Mauris. A celte époque, celui du Chàtelot n'existait plus ; en 1 585, Claude Lallemand habitait en-
ooro l'autre , et après lut , François La Hem and , son fils.
Evénements divers. Bclmont, bâti sBr le bord d'une voie romaine, eut à souffrir de toutes les invasions qui désolèrent notre province. Nous avons vu que dans le ive siècle le pays avait été tellement dévasté, qu'il fallut y envoyer par force des colons étrangers. En 876, les Normands ayant à leur téte le terrible Hasling, brûlèrent l'abbaye de Saint- Vivant et portèrent le fer et la flamme dans tout le val d'Amaous.
La peste et les Grandes Compagnies, au xive siècle firent de tels ravages, que les territoires d'Augerans et de Bclmont se couvrirent de ronces et de forêts, qu'en ikbk le duc Philippe permit d'essarter. De 1177 à 1479, le château du Chàtelotet le village bâti soussa protection, brûlés par les armées de Louis XI , disparurent pour ne plus se relever. Après les pestes et les guerres de i 636, le territoire se couvrit de nouveau de tant d'arbres, qu'unejparlie fut comprise par Louis XV dans les limites de la forôt de Chaux.
Dix incendies, de 1827 à 1850, un autre en 1851 , plusieurs inondations de la Loue , ont détruit un grand nombre de maisons.
Eglise. L'église, placée sous l'invocation des reliques de saint Etienne, dont la féte se célèbre le 3 août, est au sommet du coteau nord qui borde le val d'Amaous. Les tilleuls séculaires qui la précèdent , joints à la position élevée qu'elle occupe , lui donnent un aspect des plus pittoresques. Elle est voûtée ; la nef est décorée de pilastres de l'ordre toscan, et d'arcs doubleaux. Le chœur et la chapelle du Saint-Esprit datent du xrv* siècle , ainsi que l'attestent des contreforts et deux fenêtres géminées placées au fond du chœur. Ces
fenêtres , fermées en maçonnerie , sont en pierres calcinées, ce qui prouve que l'église a été incendiée.
Le clocher date de 1789 ; les autres parties de l'édifice ont été rebâties dans le cours du xvne siècle.
On remarque à l'intérieur et à l'extérieur des murs du chœur , qui est déforme rectangulaire, des fragments de peinture à fresque d'une date ancienne. Les boiseries dû chœur et la chaire à prêcher sont très délicatement sculptées.
Confrérie. Il existait dans le village une confrérie du Saint-Esprit , fondée au xive siècle et richement dotée. Elle faisait ses exercices dans la chapelle dite du Saint-Esprit. Six des bancs réservés exclusivement aux confrères existent encore dans la nef de r église, du côté de l'épttre.
Maisons de plaisance. En 1 786 , M. Pernot , oncle de M. de Saint- Pierre, ancien député de l'arrondissement de Dole , a fait bâtir , au bas de la colline où était placé l'ancien château du Chatclot , une maison de plaisance dont l'intérieur n'a jamais été achevé.. En 1833 , M. de Montluc , officier supérieur de cavalerie , a fait construire, dans les propriétés qu'il a reçues en dot de sa femme , Mcli* Vandelin d'Augerans, un vaste bâtiment entouré de plantations et d'un jardin anglais.
Pont à construire. Un avantage immense à offrir aux habitants de , Bclmont , serait la reconstruction du pont sur la Loue, détruit en 1628.
Il relierait ce village et Augerans avec Bans , Vaudrey et Mont- sous- Vaudrey , au moyen d'un chemin qui viendrait aboutir à ce dernier lieu , point de jonction des routes de Salins, Arbois, Poligny et Dole, et favoriserait singulièrement l'exploitation des terres en culture de Bcloiont et d'Augerans.
Ce village a vu naître plusieurs braves officiers, tels que Labouron, Jean-Baptiste (1762-1827); Boissclot, Jean-Baptiste ( 1776- 1834 ), et Baudier, Pierre-François, ne en 1 8 1 1 , actuellement en activité de service.
Bersaiilin, Ber salin, yg. de Tarr. et du cant. de Poligny, perc. de Colonne, bur. de poste de Sellières ; succursale composée de Bersaiilin , le Bouchaud et Viseney; à 10 kil.
de Poligny, 19 d'Arbois et 26 de Lons-le-Saunier.
Agréablement situé au pied d'un coteau chargé de vignes que cou ronne Péglise , il est limité au nord par le Viseney et Brainans , au sud per Monay et Darbonnay, à Pest par Sainl-Lolhain et Brainans , à Pouest par Colonne et le Bouchaud. Le Pctit-Bersaillin ou les Baraques, la grange des Belin et la Tuilerie font partie de la commune.
Il est traversé par les chemins de gr. comm. n° 22, de Poligny à Tassenières , n° 42 , d'Aumont à Sellières , par les chemins vicinaux tirant au Bouchaud , au Viseney, à Brainans, à PEglise et à la Tuilerie, à Monay, à Chézabois et à la ferme des Belin ; par la rivière d'Orin , les ruisseaux deVessem , de la Mangette et du Traconet.
Pop. en 1 790, 328 hab. ; en 1 846, 416; en 1851,417, dont 212 hom.
et 205 fem. ; pop. agglom. 287 ; pop. spéc. par kil. carré , 74 hab. ; 50 maisons , dont 56 à Bersaiilin , 13 au Petit-Bersaiilin et 1 à la ferme des Belin.
Les plus anciens registres dePétat civil remontent à 1658. Quelques jeunes gens des deux sexes émigrent pour aller au service dans les villes. .
Les malsons sont généralement construites en pierres et couvertes le tiers en tuiles plates et les deux tiers en chaume. Celles du Grand- Bersaillin ont un air de propreté qui plait.
Cadastre exécuté en 183! ; surf, territ. 561h12a, divises en 1220 parcelles que possèdent 205 propriétaires, dont 106 forains; surf. imp.
549h 66a, savoir : 220h 83a en bois, 200h 10a en terres lab., 72h 37* en prés, 39u 19a en vignes, 8h 22a en pâtures, 3h03a en sol des propriétés bâties et aisances , 2h 67a en jardins d'agrément, 2h 16a en jardins cl ver»
gers, 51a autrefois en étang, aujourd'hui en pré, 3oa en broussailles et 19a en friches et murgers ; cont dir. en princ. 2252 fr.
Le sol , de nature graveleuse , produit du froment , du seigle , du méteil , de Porge , de Pavoine , du maïs, des légumes, de la navette , des pommes de terre, du vin de qualité ordinaire, beaucoup de cerises et de prunes , du chanvre , du trèfle et peu de foin.
bœufs, des vaches, des moutons, des cochons et delà volaille. 15 ruches d'abeilles.
Une fruitière produit annuellement 6000 kilog. de fromage dit de Gruyère.
On trouve sur le territoire plusieurs carrières de pierres à bâtir et à chaux , et de la terre glaise.
Il y a une tuilerie produisant annuellement 120,000 tuiles et carreaux , un maréchal -ferrant taillandier, un marchand quincaillier et un cordonnier.
Biens communaux : une église , un cimetière qui Pentoure , un presbytère assez convenable , mais éloigné de l'église, une maison commune contenant la mairie , le logement de
l'instituteur et la salle d'école fréquentée en hiver par 4$ élèves, une pompe à incendie desservie par une compagnie de 20 pompiers, une magnifique fontaine publique jaillissante, avec toiture en zing, entourée d'un lavoir circulaire , et 7b de pâtures , friches et sol des édifices publics, d'un rev. cad. de 28 fr. Une institutrice laïque, logée et rétribuée par M. le marquis de Froissard Bersaillin, maire.de la commune , tient une école fréquentée par KO élèves en hiver.
Bois communaux. Dersaillin , le Bouebaud et Viseney possèdent ensemble &62h 07a de bois , dont 13h 86* sont en exploitation annuelle.
Budget : recettes ord. 2807 fr. ; dépenses ord. 2807 fr.
Bureau de bienfaisance : recettes ord. 57 fr.
NOTICE HISTORIQUE
Paradin de Cuiseaux prétend que Bcrsaillin a emprunté son nom d'une source salée. Dom Grappin ne craint pas d'avancer que cette source existait encore de son temps et qu'il y avait eu des salines dans le village.
Une inspection attentive des localités nous a fait reconnaître l'erreur de ces historiens. 11 n'y a et il n'y eut jamais de sources salées ni de salines à Bcrsaillin. Une seule source a été retrouvée à Brainans.
Comme beaucoup de nos villes et de nos villages , Bersaillin s'est formé sur les bords d'une voie romaine sur laquelle MM. Ed. Clerc et D. Monnier gardent le silence, mais qui n'en existe pas moins. Son pavé est encore parfaitement rcconnaissable. Elle suivait la direction du chemin de gr. comm. n° ft2 , de Sellières à Aumont. Elle prenait naissance précisément au point où se trouve aujourd'hui la grange dite du Milliacre.
Ce nom seul Indique que là était une borne destinée à marquer les distances. Cette route figure sur d'anciens plans de la seigneurie , sous le nom de Foie romaine, et sur le plan cadastral elle est appelée Chemin des salines. Elle devait mettre en rapport les établissements de Ledo , Grozon et Salins. Elle traversait l'Orin sur un pont en bois remplace actuellement par une passerelle en fil de fer. C'est près de ce pont que les voyageurs attardés rencontraient les dames blanches appelées les Dames du pont. Ces capricieuses sylphides auront été sans doute effarouchées par l'éclat de la tempête révolutionnaire de 1789 ; car depuis ce moment, on ne les voit plus. Une somptueuse villa s'étendait au pied occidental du Mont-Sainte-Catherine. Son emplacement , qui a restitué à la lumière plusieurs débris antiques , est désigné sous le nom de ChezeauxdeVerain. Le mot seul de Chezcaux indique une habitation détruite. La dénomination de Verain , de Quxleau-Verain se rencontre au lac d'Antre ctàBrives, près de Saint- Claude. Elle rappelle peut-être le souvenir du riche patricien Ver anus.
Celte maison de plaisance , peu éloignée de la célèbre villa des Chambrettes, ou d'Estavaye , près de Poligny et du palais appelé la Cftambrette au roi à Saint-Lothain, devait avoir une grande importance , à en juger par l'espace qu'elle occupait.
Des fouilles , en cet endroit , amèneraient probablement des découvertes importantes pour notre histoire à l'époque romaine.
Seigneurie. Gollut , sur la foi de quelques auteurs, rapporte: c qu'environ l'an 108fc, Charles de Vauldrc estant favorisé beaucoup par Hugues, duc de Bourgougne , entra en la disgrâce de la duchesse de Bour-
gougnc qui s'estoit énamourée de luy et bavoit estéc peu favorisée et respectée par Vauldré comme il lui sembloit; et pour ce, elle moïennat que l'amie de ce chevalier luy fut cognuë, et qu'elle sceut que la dame de Vergier , niepee du prince , s'estoit secrettement maryée avec Vauldré , et maniât sa vengeance , de sorteque ladame de Vergier en mourut de regret ; Vauldré de même passât , n'haïant voulu survivre à sa dame et espousc. De quoi le duc ressentit tant de déplaisir , qu'il en tuat la duchesse ; puis donna Corlaou et Bersaillin aux héritiers de Vauldré, et s'en allât à la guerre saincte , où il mourut. • Les motifs allégués par M. Monnicr, pour nier cette donation , ne nous paraissent pas assez concluants pour rejeter l'assertion de Gollut. Les comtes de Bourgogne possédaient la terre de Colonne, dont faisait partie Bersaillin. Ils ont fort bien pu acquérir les droits des de Vauldré sur celle seigneurie, comme ils l'ont fait pour leurs fiefs d'Arbois. ( Voir l'arlicle Arbùis,)
Unefamilledunom de Tourmont, surnommée Bouchcy ou Boschat, tenait, à titre de fief héréditaire , la mairie de Bersaillin. Au commencement du xiue siècle , Catherine de Tourmont se qualifiait de dame de ce lieu. En 1 338, Jean de Tourmont, chevalier fier et intrépide, reçut dans son château de Bersaillin leduc Eudes de Bourgogne, avec toute sa suite , et un petit corps d'armée qu'il commandait. Ce souverain , pour le récompenser, attacha la haute justice à son fief de mairie. L'historien Chevalier a cru que celte concession avait été révoquée. Il s'est trompé.
La terre de Bersaillin était composée de deux fiefs : l'un dit de Roche et l'autre de Bersaillin. Au fief de Ro-
che , qui embrassait la partie du 1er' riloire appelée aujourd'hui Champs de Roche , a toujours été attachée la justice haute , moyenne et basse , depuis la donation du duc Eudes.
Guillaume de Tourmont, écuyer, seigneur de Bersaillin, le Bouchaud, etc., épousa Jeanne d'Arlay et mourut jeune. Ses terres souffrirent beaucoup du logement des gens de guerre du duc de Bourgogne , dans une expédition militaire dirigée sur Arlay et Bletterans. Sa veuve en demanda au duc un dédommagement en 1348.
Il lui accorda quinze livrées de terre, avec la moyenne et basse justice sur Bersaillin , à perpétuité. Ces faits se lient trop à l'histoire générale du pays, pour passer sous silence les erreurs commises par Chevalier et M. Monnier, en lés rapportant. D'abord , la date de 1358 assignée par ces historiens à la concession du duc Eudes est évidemment fausse, puisque ce prince est mort en 1349.
Ce n'est point, comme l'explique M. Monnier, pour indemniser Jeanne d'Arlay de la perte des droils de haute justice accordés à Jean de Tourmont , que cette dame a reçu quinze livrées de terre et la moyenne et basse justice sur Bersaillin , mais bien pour les dommages causes à ses domaines par les gens de guerre.
L'expédition militaire sur Arlay et Bletterans , à raison de laquelle on accordait une indemnité, n'a pas eu lieu en 1 340, mais bien en 1 546, ce qui est très important à noter , pour ne pas confondre deux guerres tout-à-fait différentes. Guillaume de Tourmont , seigneur de Bersaillin .
eut de Jeanne d'Arlay Agnès, mariée àMiletde Willafans, chevalier, et Guillaume de Tourmont , mort sans postérité , après avoir institué sa sœur pour légataire. Anne , fille de Jean de Willafans , épousa le baron
Adrien de Vaudrey , seigneur de Courlaoux , elc, mort de 1559 à 15ft5 , dont elle eut Anne de Vaudrey, qui fut alliée à Claude , baron de Ray, dont naquit Louise de Ray, épouse de Philibert de Montmartin , grand-gruyer de Bourgogne, auquel elle porta en dot les terres de Bersaillin et du Bouchaud. Antoine de la Baume , comte de Monlrevel , en prit possession en 1 582 au nom de Nicole de Montmartin, son épouse, fille de Philibert. En 1585, ce seigneuries vendit à Philippe Froissard, avocatgénéral, puis conseiller au parlement de Dole. Claude-François- Joseph- Ignace de Froissard, petit fils de Philippe , fit unir et ériger en marquisat, au mois d'août 17&8 (et non en 17Û5 , comme le dit M. Monnier) , les terres de Roche , de Bersaillin et du Bouchaud , sous le nom de Froissard de Bersaillin. Ces beaux domaines sont aujourd'hui possédés par son petit-fils.
Une maison noble de nom et d'armes, qui avait reçu en fief la prévôté de Bersaillin , prit le nom de ce village. C'était probablement une branche cadette de la famille de Tourmont. Jacques de Bersaillin fut du nombre des braves chevaliers qui succombèrent dans la guerre de Hainaut en 1426.
Une autre maison noble tirait son nom du fief de Roche.
L'historien de Poligny , en publiant une notice généalogique sur les de Roche, a confondu plusieurs familles de ce nom étrangères entre elles. La branche établie à Poligny sortait de Rochc-lez-Bersaillin , et non pas, comme il l'a cru , de Saint-Laurentla-Roche.
Armoiries. Les Froissard Bersaillin portaient d'azur au cerf passant d'or.
Château de Roche. Un château-
fort existait sur une éminenec baignée par les eaux de la rivière d'Orin et du bief d'Acle. Les débris qui jonchent le sol sont insuffisants pour indiquer la forme primitive de celle construction.
Château primitif de Bersaillin.
Ce château était bâti sur le revers occidental du Mont-Sainte- Catherine. Il consistait en une vaste maison-forte, avec un donjon isolé ; le tout clos de murailles et de fossés.
La chapelle et la maison du chapelain étaient à peu de distance. C'est là que Jean de Tourmont reçut, en, 1558, le duc de Bourgogne. Un chemin très rapide descendait du château pour aller rejoindre la voie romaine. Ce sentier s'appelait Chemin du Guidon. Les eaux l'avaient tellement creusé , qu'on fut obligé de jeter au-dessus de ses berges un pont en bois pour le traverser. Des constructions souterraines restent seules pour attester l'existence de cette forteresse, détruite au xive siècle, pendant la guerre des barons confédérés contre le duc Eudes.
Château actuel. Le château actuel de Bersaillin , situé à l'ouest du village , sur un terrain bas , est intéressant sous le rapport de ses constructions , qui appartiennent à différentes époques.
La partie la plus ancienne ainsi que le donjon , date du xive siècle.
Ce château ne se composait d'abord que d'un corps-de- logis flanqué de deux tourelles carrées et bordé de fossés. Les murs en sont très épais.
Un donjon isolé s'élevait à quelque distance. Adrien de Vaudrey et Anne de Willafans transformèrent celle forteresse en une habitation plus appropriée aux moeurs du temps. Ilsconstruisirentdcux portails élégants, destinés à supporter les ponts-lcvis ; ils y firent graver leurs armes accolées.
Ils ajoutèrent un double portique qui régnait au rez-de-chaussée et an premier étage. L'intérieur est voûté avec nervures ogivales et arcatures à plein cintre. Les retombées de voûtes reposent sur des consoles sculptées. Un bel escalier en pierre conduit à la galerie supérieure. La délicieuse petite chapelle castrale , dédiée à sainte Anne , et placée prés du portail qui donne accès au jardin, remonte aussi à celte époque. On y remarque de riches reliquaires.
M . Claude-François-Joseph-Ignace de Froissard ût construire un corpsde-logis pour unir le château au donjon. Une large galerie s'étend sur toute la longueur de cette aile.
Les écuries, les remises sont isolées du château. Les portails , les pontslevis ont disparu ; les fossés ont fait place à de belles terrasses émaillées de fleurs.
Cette charmante résidence , entourée de parterres, de pièces d'eau, d'un vaste parc clos de murs , renferme de précieux tableaux de famille , une foule d'objets d'arts , de gracieux paysages dus au pinceau exercé de Bi™* la marquise de Froissard.
C'est dans ce château que se célébrèrent les noces d'Anne de Vaudrey avec Claude , baron de Ray , en 1541, et que cette dame mit au monde Renée de Ray, mariée en 1577 à François de Vergy, gouverneur de Bourgogne. Un chapelain à résidence desservait la chapelle castrale.
Paroisse. Bersaillin dépendait de la paroisse de Colonne. Dès le commencement du xih* siècle , Catherine de Tourmont fit bâtir une chapelle près du château , sous le vocable de sa patronne, au sommet de la colline, qui fut nommée dès-lors Mont-Stc.-
" ««liitfrlll" •
En 1 706, l'archevêque de Besan-
çon démembra Bersaillin, le Bouchaud et le Viseney de la paroisse de Colonne et érigea en succursale la chapelle de Bersaillin. Le patronage en fut réservé à l'abbessc de Saint- Jean d'Autun. M. Cordier, vicaire résident , fut le premier curé de ce village. Ce pasteur fonda plusieurs services solennels dans son église.
Ses paroissiens imitèrent son exemple. Les droits casnels ne consistaient à peu près qu'en repas. Pour un baptême, on devait un dîner au curé ; pour un mariage, un diner, un souper et un déjeûner le lendemain ; pour un enterrement, trois dîners dans le cours de l'année du décès.
Chapelle Sainte-Marguerite. Cette chapelle ne consistait primitivement qu'en un chœur. Anne de Vandrey y ajouta une chapelle seigneuriale dédiée à sainte Anne, destinée â recevoir les tombeaux de sa famille.
Deux anciennes confréries, l'une du Saint-Esprit et l'autre de Saint-Sébastien , en ajoutèrent une autre dédiée à Notre-Dame-du-Mont-Carmel , pour leurs exercices. Chaque année , les confrères appelaient au milieu d'eux trois ou quatre religieux , et consacraient les fonds de leur dotation à un repas copieux.
Eglise. De l'ancien édifice il ne reste que la chapelle seigneuriale.
L'église actuelle construite en 1785 se compose d'un clocher surmonté d'un dôme et d'une coupole élégante , ornée à la base d'une balustrade en fer; d'une nef éclairée de chaque côlé par trois fenêtres â plein cintre , garnies de transparents qui imitent des verrières, d'un chœur et de la chapelle Sainte-Anne du côlé de l'évangile. Le bras opposé du transsept est simulé.
Chapelle Sainte-Anne. Celte chapelle mérite une mention particulière. Elle se distingue par une voûte
ogivale, à nervures croisées, qui s'appuie sur des voussoirs en marbre blanc historiés. On y remarque aux. quatre coins les symboles en relief des quatre évangélistes. Elle est éclairée par une large fenêtre de style ogival flamboyant.
Un mausolée en marbre blanc , tiré des carrières de Saint-Lotbain décore cette chapelle. On voit étendus sur un lit de parade Adrien de Vaudrey et Anne de Willafans , son épouse. Le premier est nu-téte, sans barbe , un peu âgé. 11 est tout couvert de cuirasse , de brassards , de jambards , de colle de maille. Ses yeux sont mi-clos. 11 joint dévotement les mains sur sa poitrine et touche de ses pieds un petit lion étendu sur un slylobate.
La dame , dans une altitude semblable, el les pieds auss i appuyés sur un lion, est coiffée d'un voile posé en cœur, â la Marie Sluart. Une gorgerelte à mille plis lui couvre le sein. Un rosaire , terminé par une croix latine, court le long de sa robe. Ses bras , auxquels se joint une manche bouffante , sortent d'autres manches longues et larges, et ses souliers équarris se montrent peu dans les plis de sa robe tombante. Des pilastres historiés ornent la face antérieure du mausolée. L'ornement des côtés consiste en de grands rinceaux largement contournés.
La taille des personnages est d'environ i m. 780 millim. La hauteur du tombeau est de 700 millim.
M. Monnier attribue avec raison l'érection de ce monument à Anne de Vaudrey, qui fit exécuter en même temps un charmant groupe de sainte Anne et de la sainte Vierge , placé sur une console à côté de la fenêtre.
Cimetière. De la plate-forme du cimetière on jouit d'une admirable perspective : on voit d'un côté les
montagnes du Jura se dérouler en festons ; de l'autre les immenses plaines de la Bourgogne parsemées de pittoresques villages.
' Evénements divers. En 1319, Jean de Chalon , comte d'Auxerre , assisté de N. de Marcueil, connétable de Champagne , son vassal , fit le dégât sur les terres de Jean de Tourmont, seigneur de Bersaillin , pour le punir d'avoir exécuté contre lui les ordres du roi de France. En 1 338, séjour du duc Eudes au château avec sa suite. En 1316, dégâts causés par les gens de guerre du duc de Bourgogne. C'est probablement pendant la guerre des barons contre le duc Eudes , que les habitants de Monay vinrent assiéger le château. En 1 347, J. Trepcl de Bersaillin fut condamné à une amende pour avoir souffert que le roi des Ribauds pendît chez lui à sa crémaillière J. Jenoret, sans l'avoir révélé à la justice En 1409, les hommes en état de porter les armes marchèrent sous la bannière du prévôt de Colonne au siège de Vellexon. En 1033 , la peste désola le pays. En 1814 , M. Perruche de Sellières acheta la forêt nationale du Boschat , qui forme presque le quart du territoire.
Beaaln, Villa Besanis , Ecclesia Besanensis, Besens, Besans, Bezain, Bésain , Besin , vg. de l'arr., cant.
et bur. de posle de Poligny, percept.
de Crotenay ; succursale ; à i 1 kil. de Poligny, 15 d'Arbois et 29 de
Bâli sur le premier plateau des montagnes du Jura , dans un vaste bassin bordé d'une ceinture de rochers que couronnent des forêts , sur un sol très accidenté et montagneux , il est limité à l'est par Crotenay et Monlrond , à l'ouest par Poligny et Picarreau , au nord par
Molain , à l'ouest par Poligny et Picarreau. Il se divise en deux parties, appelées la partie basse et la partie haute.
Il est traversé par la route nat.
n° 5 , de Paris à Genève, qui lui sert de limite au nord , par les chemins vicinaux tirant à Poligny, à Montrond , à Picarreau , au Fied et à Crotenay ; par les biefs de Ghenaud et de la fontaine de Fresne.
Les maisons sont, pour la plupart, isolées, construites en pierres et couvertes en laves , tavaillonset tuiles.
Elles ont presque toutes un premier étage. Un incendie , arrivé en 1841, en a détruit plusieurs.
Pop. en 1790, 278 bab. ;en 1846, 485 ; en 1851, 413 , dont 210 nom.
et 203 fera. ; pop. spécif. par kil.
carré , 32 hab. ; 90 maisons , 107 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1713. Les jeunes gens émigrent flour aller servir à Lyon et à Paris.
Cadastre exécuté en 1835 : surf, territ. 1283" 23% divisés en 2645 parcelles que possèdent 177 propriétaires , dont 40 forains ; surf, imp. 856h 93a, savoir : 374h 07a en terres lab. , 171h en bois , 163h95a en pâtures , 141h 02a en prés secs et prés-bois , 3h 103 en sol des propriétés bâties , 2h 5Ga en friches et murgers, 69acn jardins et 46a en broussailles, d'un rev. cadast. de 9437 fr. ; contrib. dir. en princip.
2055 fr. Le sol non imposable se compose en partie d'une forêt nationale.
Le terrain , peu fertile , produit du blé , de l'avoine , de l'orge , du maïs , des pommes de terre , des légumes secs , de la navette , du chanvre , des foins et des fourrages artificiels ; peu de fruits.
L'agriculture y est stationnaire.
Le village occupant une des parties les plus basses des environs , les fonds sont très sujets aux inondations ; on pourrait facilement , avec l'aide de l'Etat , assainir cette localité , en creusant un canal qui conduirait les eaux à Vaux.
bêtes à cornes , des chevaux et des moutons. 100 ruches d'abeilles.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
On trouve sur le territoire des sablières, des carrières de pierre à chaux non exploitées , des carrières de pierre à bâtir et de taille , de qualité médiocre.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Poligny et de Ghampagnole.
Les seuls patentables sont : deux marchands de grains et un aubergiste.
Il y a deux fruitières, produisant annuellement 25,000 kilog. de fromage de bonne qualité. Le beurre de Besain passe, à juste titre, pour être l'un des meilleurs du déparlement.
Il n'y a pas «ncore de chalet. Le fromage se fabrique chez les associés.
Biens communaux : une église , un cimetière , un presbytère , une maison commune servant de mairie, de logement à l'instituteur et de salle d'étude, fréquentée en hiver par 75 élèves des deux sexes , dont 38 garçons et 37 filles ; deux fontaines avec abreuvoir, mais sans lavoir, et335b de bois , pâtures , friches , terres labourables et sol des édifices publics, d'un rev. cad. de 1821 fr.
Bois communaux : 193h, dont 5h 56a en exploitation annuelle.
NOTICE HISTORIQUE
Le seul objet antique trouvé â Bc-
est la statue d'une déesse en bronze , ayant des altitudes singulières; elle était sans draperie et haute d'environ 270 millimètres.
Le premier titre dans lequel figure le nom de ce lieu est de fan 1069.
C'est l'acte par lequel Guillaume 1er, comte de Bourgogne , confirma au monastère de Vaux-sur-Poligny la donation que Rainaud 1er, son père, lui avait faite de ce village , avec ses dépendances. La franchise du territoire, l'administration paternelle des religieux, ne tardèrent pas à y attirer de nombreux colons. Les prieurs de Vaux savaient profiter des séjours fréqucntsqne les souverains de Bourgogne faisaient à Poligny, pour obtenir de nouvelles faveurs pour eux et pour leurs hommes.
En i 10b , le comte Rainaud III ne se borna point à confirmer les dons faits par ses prédécesseurs : il ac-r corda aux religieux l'entière justice sur leurs sujets. Cette nouvelle juridiction restreignait les émoluments des prévôts de Poligny ; aussi, ces officiers cherchaient- ils chaque jour à l'anéantir. Le prieur Guy porta ses plaintes au comte Otton V. Par une charte du mois d'avril 1295, ce souverain enjoignit à ses prévôts de respecter les volontés du comte Rainaud et décida que les sentences du juge institué par le prieur se porteraient directement par appel aux assises de Poligny, devant le bailli de Bourgogne. Celte décision ne produisit aucun fruit. Les prévôts cherchaient, par toutes sortes de moyens détournés, à attirer les sujets du monastère à leur propre juridiction. Le prieur, Guillaume de Vaugrineuse, fatigué de ces vexations, alla porter ses plaintes àPhilippe le Long, époux de Jeanne, comtesse de Bourgogne.
Par une charte datée de 1315, le duc s'appliqua à déterminer, d'une ma-
nière précise, les droits de chacun . Il déclara positivement que les religieux de Vaux avaient l'entière justice sur leurs sujets , et qu'il ne se réservait que l'exécution des larrons et des meurtriers condamnés à mort.
Par le même acte, il dispensa les habitants de Besain de toutes prises , exactions , de l'obligation de guet et garde, de la chevauchée , de la réparation de ses châteaux , et confia au gardien de Bourgogne l'exécution de ces dispositions.
Marguerite de France se montra beaucoup moins généreuse. Tout en protestant de son respect pour les privilèges dont ses prédécesseurs avaient gratifié le monastère de Vaux, elle les détruisait. Elle dispensait les habitants de Besain de monter la garde de jour et de nuit , mais à condition que chaque ménage lui livrerait annuellement un quarteron d'avoine et lui paierait douze deniers. Elle ne s'en tint pas là :
elle le» astreignit à faire montre d'ar mes à toute réquisition, à contribuer aux réparations du château de Montrond , à en garder la porte chaque fois que les seigneurs qui l'habiteraient iraient avec leur bannière en ost ou en chevauchée, à défendre le donjon en cas de guerre et d'éminent péril. Par cet acte, daté de Dole, en 4 37ft , elle anéantissait tous les privilèges accordés par Philippe-le- Long.
De tous ces faits il résulte que les moines de Vaux n'étaient seigneurs qu'en moyenne justice de Besain , et que la véritable haute justice était réservée au souverain.
Fief de Broignon. Une famille de Poligny, de noblesse militaire , du nom de Broignon , possédait dans ce village un fief appelé chevance de Broignon. II passa à la maison de Laubespin. Le 30 mars 1680, Jean
Pellerin, docteur en médecine à Poligny , en fit l'acquisition de Charles- Achille Mouchet de Battcfort , comte de Laubespin , et le donna , le 8 avril suivant, aux religieux de Vaux, pour la fondation de services religieux.
Une Camille noble de nom et d'armes à laquelle le prieur de Vaux avait inféodé la prévôté de Besain à litre héréditaire, porta le nom de ce village.
Eglise. En 1116, Guillaume, archevêque de Besançon , donna l'église de Besain aux religieux de Vaux.
Cette donation fut confirmée , en 1 120 , parle pape Calixte. En 1 185, l'empereur Frédéric Barberoussc en confirma la possession à l'abbaye de Château-Chalon. Une sentence arbitrale mit fin aux difficultés qui devaient inévitablement naître de cette double donation , en décidant que le patronage appartiendrait alternativement au prieur de Vaux et à l'abbesse de Château -Chalon.
L'édifice primitif est tombé en ruines. Une nouvelle église a été bâtie en 1822;ellea coûté 17,000 f.
Elle se compose d'un clocher, d'une nef principale voûtée à plein cintre, de deux nefs collatérales à plafond, d'un vaste chœur terminé en hémicycle et de deux sacristies placées aux extrémités des collatéraux.
Des colonnes et des pilastres de l'ordre toscan décorent la nef. Le chœur est orné de trois grands tableaux qui représentent , l'un la décollation de saint Jean-Baptiste, patron de la paroisse , dont on célèbre la fête le 29 août , le second sainte Marie-Magdeleine , le troisième l'apothéose de 3aint François-Xavier.
Blâme , vg. de l'arr. , cant. et bur. de poste de Dole , perc. actuelle de Champvans et future de Foucherans; succursale; à 8 kil. de Dole et 61 de Lons-le-Saunier.
La commune de Saint-Vivant a été réunie à celle de Biarne le 15 décembre 1824.
Le village de Biarne, bàli dans un petit vallon, était, avant cette réunion , limité au nord par Àuxonne et Raynans, au sud par Saint-Vivant, Sampans et Jouhe, à l'est par Raynans, à l'ouest par Àuxonne et Billey ( Côte-d'Or) , et par Saint-Vivant.
Celui de Saint-Vivant, bâti sur un terrain ondulé, au bord d'une prairie , était limité au nord par Billey, au sud par Sampans, à l'est par Biarne et Sampans, à l'ouest par Billey.
Ils sont traversés par la route nat.
n° 8 , de Paris à Genève , par les chemins vicinaux tirant de Biarne à Sampans , à Billey, à Jouhe , à Saint-Vivant, à Raynans, et de St. -Vivant à Biarne et à la route nat. ; par le ruisseau de Biarne , celui de Saint-Vivant et le canal du moulin , qui fournit des écrevisses en abondance.
Les maisons de Biarne sont construites en pierres et couvertes partie en chaume , partie en tuiles ; elles sont groupées et de chétive apparence ; les rues sont étroites , tortueuses et malpropres.
Celles de Saint-Vivant sont aussi construites en pierres et couvertes partie à tuiles , partie en chaume.
Pop. en 1700, de Biarne, 327 habit.; de Saint-Vivant, 120; en 1846, 409 hab. ; en 1851 , 420 , dont 211 hom. et 209 fem. ; pop.
spéc. par kil. carré 69 hab.; 96 maisons , savoir : à Biarne 76 ; à Saint- Vivant 20; 101 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1689.
Les jeunes gens n'émigrent pas.
Cadastre de Biarne exécuté en | 1813 : surf, territ. 44lh 69% divisés en 2127 parcelles ; surf. imp. 42Qh 95*, savoir : 1 8 lb 26* en terres lab. ,
1 10*5!)» en bois, 65h 6ia en vignes, 42h 82aen prés, 19h07acn pâtures, 4h 73* en friches, 2h 65a en vergers, ih 90a en sol des propriétés bâties , lh 53a en jardins , d'un rev. cadast.
de 19,449 fr. 91 cent.
Cadastre de Saint- Vivant, exécuté en 1812; surf. terril. lG6h 68a, divisés en 751 parcelles; surf. imp.
161h45a, savoir: 109h 56aen terres lab. , 34h 4ia en prés, lih 79a en bois taillis, 2h 40acn vergers, lh 46a en pâtures, 74aen sol des propriétés bâties , 22a en marcs d'eau , 1 7a en broussailles , d'un revenu cadast. de 7761 fr.
Les deux territoires sont possédés par 266 propriétaires , dont U 3 forains ; cont. dir en princ. 3136 fr.
Le sol , d'une fertilité moyenne , produit du blé, du seigle, de l'orge, de l'avoine , du maïs , des pommes de terre , des légumes secs , de la navette , du chanvre , beaucoup de fruits , des vins blancs et rouges médiocres.
On élève dans la commune des chevaux , des bôtes à cornes , des moutons , des cochons et de la volaille. 25 ruches d'abeilles.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Dole et d'Auxonne.
On trouve sur le territoire des carrières de pierre à bâtir non exploitées.
Il y a un moulin à trois tournants et deux battoirs à blé sur Biarne , un autre à deux tournants et un battoir à blé sur Saint- Vivant, une auberge, deux maréchaux-ferrants cinq marchands de blé , un boucher, un menuisier, et un marchand de bois de service.
Biens communaux. Biarne possède une église , un cimetière , un
presbytère convenable , occupant une position charmante, une maison commune insuffisante , contenant la mairie , le logement de l'instituteur et la salle d'étude, fréquentée en hiver seulement par 30 garçons et 18 filles, et 60hde bois, friches, pâtures , d'un rév. cad. de 740 fr.
Saint-Vivant a une chapelle , un cimetière à l'entour, dont l'usage est toléré, et 13h 90a de bois taillis et parcours, d'un rev. cad. de 180 fr.
Bois communaux. Biarne, 45B 52a, dont lh 34a en expl. annuelle ; Saint-Vivant 12h 22a , qui s'exploitent en coupe biennale ; essence dominante : chêne.
Budget : recettes ord. 3097 fr.; dép. ord. 2649 fr.
Bureau de bienfaisance. Recettes ordinaires , 24 fr.