S. MARCO VL
Sur ce cul-de-lampe est la statue tle saint Marcoul.
L'église d'Archelange est dédiée à saint Hubert, patron de la paroisse, dont la féte se célèbre le 3 novembre. Un bas-relief en pierre, très ancien, cl remarquable par la saillie de ses rondes bosses, représente le saint patron en adoration devant le cerf miraculeux. Il est très regrettable qu'on ait barbouillé ce morceau de sculpture, de couleurs qui en détruisent l'effet et en cachent le mérite. Dans le chœur, derrière l'autel, est un tableau représentant l'apothéose du saint palron , peint et offert en 1836 par M. Gustave Derriez.
Devant la porte de l'église est une croix en pierre datant du xvne siècle.
Les habitants attribuent à l'intervention de saint Hubert la faveur dont ils jouissent de n'avoir jamais eu dans leur territoire d'animaux atteints de la rage.
On remarque à Archelange la charmante habitation de M. Adolphe
Derriez, président de la société d'agriculture de l'arrondissement de Dole, nommé membre de l'assemblée législative en 4849 ; connu par divers écrits sur l'agriculture, la médecine et par ses opinions démocratiques. 11 est né à Archelange.
Bibliographie. M. Hugonnet, curé actuel d'Archelange, a publié, eu 1846, une notice intéressante sur saint Marcoul , abbé de Nanteuil.
Ardon , vg. de l'arr. de Poligny, cant., percept., bur. de poste ettparoissc de Champagnole ; à 5 kil. de Champagnole, 15 de Poligny, 20 d'Arbois et 55 de Lons-le-Saunier.
H est bâti sur le premier plateau du Mont-Jura, légèrement incliné à l'est sur le bord de la rivière d'Anguillon, et limité au nord par Besain, Montrond et le Pasquier; au sud par Crotenay et Champagnole ; à l'est par le Pasquier, Yannoz et Champagnole, et à l'ouest par Crotenay et Besain. Le pont de Gratteroche et la Papeterie, font partie de la commune.
Ce village est traversé par la route nationale n° 5 , de Paris à Genève , celle départementale n° 3, de Besançon à Genève, par le chemin vicinal de grande communication , n° 25 , de Poligny à Nozeroy, par les chemins vicinaux dils de Montrond, de Valempoulières, de Champagnole, de Crotenay et du pont de Gratteroche, par la rivière d'Anguillon et par un canal de dérivation de celle rivière.
Pop. en 1790, 110 liab. ; en 1846, 150; en 1851 , 155, dont 85 nom. et 68 fem.; pop. spéc. par kilom. carré, 50 hab.; 16 maisons, 28 ménages, 2 auberges, 5 scieries, 3 moulins.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1793. 1
Cadastre exécuté en 1823 : surf.
terril. 503h 85* divisés en parcelles, que possèdent 56 propriétaires, dont 16 fornins. Surf. imp. 269h 70", savoir : 11 9h 24* en terres lab., 72h65* en bois, 37h 17* en prés, 36h 41* en pâtures, 2h 24* en friches et murgers, lh 42* en sol des propriétés bâties, 54* en jardins et en propriétés non imposables; rev.
cad. 2405 fr. 60 c; contrib. dir., 877 fr. 55 c.
Le sol , d'une fertilité ordinaire, produit des céréales pour les besoins des habitants, qui fréquentent habituellement le marché de Champagnole. On n'importe que du vin.
Le revenu réel des propriétés est de 4 pour cent.
On y élève beaucoup de bétail à cornes et des abeilles. 11 y a une fromagerie où Ton fabrique annuellement 9000 kilog. de bon fromage.
Les maisons sont généralement très vastes, construites en pierre et couvertes en tuiles ou en tavaillons.
Le patron de la commune est sainte Julitte et son fils saint Gyr, martyrs, dont on célèbre la féle le 30 mai.
Biens communaux : une maison contenant le logement de l'instituteur et l'école fréquentée par vingt élèves des deux sexes ; trois fontaines, et 80h94*de friches, pâtures et terres labourables d'un rev. cad. de 279 fr. 39 c.
Bois communaux: 60h, dont lh 80a en exploitation annuelle; essencesdoininanles : chèn cet charme.
Budget: recettes ord. 1351 fr.
50 c; dép. ord. 1351 fr. 50 c.
On trouve sur le territoire de cette commune des carrières de pierres à bâtir non exploitées.
Ardon, en latin Arduns, apparaît pour la première fois dans les titres du xue siècle. En 1172, Gaucher de Salins, IIIe du nom, confirma à l'abbaye de Balerne la donation du lieu
d'Ardon, locum illum qui Arduns appellalur, que Humbert II, son père, et Gaucher II , son aïeul , qui vivait en 1084, avaient faite à cette communauté. Ge lieu ne se composait probablement, à l'époque de cette donation , que d'une simple métairie, qui prit le titre de Grange de Balerne, ou de Moulin- Dessus.
Ce domaine avait été octroyé avec toutes ses dépendances , en nature de plaines et de forêts , et avec le droit de pacage sur toute l'étendue de la terre de Gaucher.
Ardon dépendait en toute justice de la seigneurie de Montrivel.
Gaucher de Coinmercy, troisième fils de Gaucher de Coinmercy, reprit de fief, en 1286, envers Jean de Chalon, sire d'Arlay, son neveu , la garde de la métairie d'Ardon , qui appartenait à l'abbaye de Balerne.
Le moulin Tacquebet, construit par Anatoile Perrenetvers l'an 1600, converti en papeterie vers 1682, vendu à Antoine Sclte, de Lyon, en 1753, puis à M. Ferdinand Olivier, en 1843, est devenu moulin avec scierie et rebatte.
La population de ce village , qui n'était que de 419 liab. lorsqu'éclata la révolution de 1789 , s'est distinguée par le nombre de jeunes soldats qu'elle envoya, de 1791 à 1799 , à la défense de la patrie. Quatorze d'entre eux s'enrôlèrent volontairement. Huit de ces braves restèrent sur les champs de bataille ; six sont rentrés dans leurs foyers , et de ce nombre on peut citer M. Pernet, né le 9 janvier 1772, capitaine d'artillerie en retraite et chevalier de la légion-d'honneur, qui recueille des notes très précieuses sur les villages du canton de Champagnole , et M. le capitaine Gindre, membre de la légion-d'honneur, né en I77X et mort en 1850.
Àrdon a toujours fait partie de la paroisse de Champagnole ; il y avait cependant une chapelle rurale fondée en Thon rieur de sainte Marie - Magdeleine , dont le titulaire était, en 1789, à la nomination des Merceret, famille noble de Salins.
Arenchcs, vg. de l'arr. de Poligny, du canton et du bureau de poste de Salins ; percept. de Gernans; succursale, à 6 kilom. de Salins, 15 d'Arbois , 25 de Poligny, et 53 de Lons-le-Sauuier.
Il est bàli sur le sommet d'une montagne faisant partie du premier plateau du Jura, et borné au nord par Thésy et Salins, au nord-est par Lemuy et Andelot-en-Monlagne, au sud-est par Fonteny , au sud-ouest par la Chaux-sur-Champagny, et au nord-ouest par Cbampagny, Bois- Chaillet, Moutaine, Boisset; la grange du Poirier et la ferme de Sercenne , font partie de la commune.
Le territoire de ce village est traversé par les routes dép. n° 7, de Salins en Suisse, et n° 3, de Besançon à Genève, par les chemins vicinaux tirant d'Aresches à Lemuy, à Thésy, à Pont-d'Héry, au moulin Coquard, à Moutaine , de Moutaine à la Chaux-sur-Champagny, à Fonteny, et de Boisset à Salins, par la Furieuse, les ruisseaux de Sercenne, de Boisset , de la Sarazine , des Vignettes et de la Magdeleine.
Pop. en 1790,280hab.;en 18*6, 5 1 2 ; en 1 85 1 , 332, dont 1 68 hom. et IG&fem.; pop. spéc. par kilom.
carré, 51 hab., 43 maisons, 65 ménages.
Les registres de l'état civil les plus anciens remontent à 1753.
Cadastre exécuté en 1831 : surf, terril. 780h 89a, divisés en 677 parcelles , possédées par 85 propriétaires, dont 51 forains; cont. imp.
7G9b 89a, savoir : 353h 56' en terres
lab., 209h l8âenbois, 162h 51* en pâtures, 16b 7ta en broussailles , 1 0h 1 2a en prés, 4h 60* en vergers, Uh 01" en friehes, lh 8ft* en jardins, lh 53* en vignes, 21* en murgers.
Cont. non imp. 10h 30*.
Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent. Contributions dir., 2132 fr. 75 c.
Sol d'une fertilité moyenne, produisant du froment, de l'orge, peu de maïs et de légumes secs, des pommes de terre, du chanvre , des betteraves et beaucoup de fruits; on exporte de l'avoine, du froment et du fromage ; on importe les vins.
L'agriculture est en progrès. On élève beaucoup de bœufs, des ânes, des chèvres, des moutons , des cochons, des abeilles, peu de chevaux et quelques mulets pour le service des moulins. Les habitants se livrent exclusivement à l'agriculture, et fréquentent habituellement le marché de Salins.
Il existe à Moutaine une fabrique de papier bleu , gris et de paille , occupant quatre ouvriers.
Dans la commune d'Aresches, on trouve un maréchal-ferrant taillandier, 4 scieries à eau, une huilerie, un moulin, et une gypserie au Boisset, remplaçant une papeterie ; une fromagerie produisant annuellement 14,000 kilog. de fromage de bonne qualité, 2 carrières de pierre à bâtir, des carrières de tuf non exploitées, des mines de fer en roche, fer oxidé, en très petits grains aglutinés formant des blocs, et plusieurs carrières de plâtre.
11 existait à Moutaine un hautfourneau établi en vertu d'un arrêt du comité de salut public , daté du 2 nivôse an m , maintenu par un arrêté des consuls, du 23 frimaire an x. Cet établissement est remplacé par une scierie et un battoir à blé.
Biens communaux : une église, un cimetière, un presbytère 1res convenable , une maison commune contenant la fromagerie, le logement de l'instituteur, et la salle d'école fréquentée en hiver par 25 garçons et 7 filles ; une fontaine , deux lavoirs, deux abreuvoirs et 186h 49* de bois, pâtures, friches, et sol des édifices publics , d'un rev. cad. de 388 fr. 97 c.
Bois communaux : 39b 48* non encore aménagés.
Budget : recettes ord. 3972 fr.
75 c; dép. ord. 2324 fr. 30 c.
Aresches, Arecium, Aretium , Areschia, Areschium, Arech, est un des lieux les plus anciens du Jura. Son nom ne figure pas nominativement dans l'acte de donation faite par le roi Sigismond à l'abbaye d'Agaune, vers Tan 524, donation qui portait sur tout le val de Salins et le val de Miéges ; mais il est certain que ce lieu, qui porte le même nom que la ville Aretium en Elrurie, s'y trouvait implicitement compris, avec son église de Saint- Mélianus, sous les mots Potestatem Arecii cum ecciesiâ sancli Melanii, dans l'inféodalion de Bracon et de la seigneurie de Salins, qui fut faite, en 941, par le prévôt du monastère (1 Agaune au comte Albéric de Narbonne.
Seigneurie. Aresches relevait de la seigneurie de Châtel-Belin, mais il existait une famille noble de nom et d'armes , à laquelle fut inféodée la prévôté de ce village. Humbert possédait, avant 1087, des biensfonds situés à ArescfUa, consistant en maisons, champs, prés , forêts , eaux et cours d'eaux, qu'il transmit à Hermenbruge de Semur, sa fille, de laquelle hérita Guichard, l'un de ses fils, chanoine et archidiacre de 'église Saint-Etienne de Besançon.
Ce dernier donna tous ses biens, en i087, à celle église.
Guillemeltc, dernière héritière de cette famille , fille de Gérard d'Aresches, chevalier, épousa en premières noces Enguerrand de Salins, chevalier, et en secondes noces Huguenin de Molpré , damoiseau , qui vivait en 1282.
Vers le milieu du xive siècle, Otton ou Olhenin de Salinsla-Tour, fils de Dimanche ou Dominique Asenier, Lombard, originaire d'Ost , se qualifiait de seigneur d'Aresches (1555). Ollon n'eut pour toute postérité que trois filles, Isabelle, Bonne et Jeanne, qui épousèrent des seigneurs de la Sarrie, de Mont-sous- Vaudrey et de Monlcony.
Philippe Loyte ou Loyele, fils de Gérard, occupait celte terre en 1 475, époque à laquelle il combattait contre le duc de Saxe et les Allemands dans les armées de Charles-le-Téméraire, duc de Bourgogne. En 1492, à la tête d'une compagnie franc-comtoise renforcée d'auxiliaires Allemands, il se présenta devant Salins, qui le reçut à bras ouverts. Quelques jours après, Maximilien arriva devant cette ville et lui en remit le commandement. Il fut fait écuyer à Worms en 1495. H mérita, par sa constante valeur et sa fidélité, d'èlre appelé le chevalier sans reproche. Maître d'hôtel de l'empereur Maximilien , et Par-dessus des salines, il mourut en 1511.
Louis, son fils, écuyer, lui succéda dans la terre d'Aresches , et la transmit à Denis Loyte, son petitfils, époux de Calherine de Vaudrey, Cedernier testa en 1518, instituant pour ses héritiers sa femme et sa nièce Marguerite de Chavircy, qu'il unit à Nicolas de Lalie.
Le nom primitif de Loyte avait été | Hostie ; aussi ces seigneurs por-
taient-ils pour armes parlantes, d'azur à un agneau pascal d'argent.
Après les héritiers de Loyte , on voit Jean Udressier, écuyer, mort en 1628, et Jean-Louis Maitre, colonel de gendarmerie en Catalogne, et créé chevalier le 10 décembre IGftô, seigneurs en partie d'Aresches. L'autre partie appartenait, dès 161 1, à la famille Coquelin qui la réunit en entier par acquisition.
Guillaume Coquelin, écuyer, mort en 1619, transmit ses droits à Jean- Baptiste Coquelin, son fils, dit de Germigney, auquel succéda Guillaume de Germigney, marié en 1660 à Marguerite Bancenel, lequel fit ériger, en 1717, en marquisat, sous le nom d'Aresches , les terres d'Aresches, de Chilley, de Germigney, de l'Abergement et du Perret.
Cette terre ayant été aliénée en faveur de la famille de Reculot, qui la possède encore, Claude-François de Germigney fit ériger le marquisat de son père sous le titre de Germigney.
Faits divers. L'armée d'Henri IV, venant assiéger Salins en 159b, détruisit Areschcs.
La montagne qui sépare ce village de Cemans, d'où l'on découvre les forts de Salins, porte le nom de Beau veau, en mémoire de ce Louis de Beauveau-Tremblecourt, l'un des capitaines d'Henri IV. D'après la tradition, on peut regarder comme un souvenir du campement de 1595 un reste de retranchement élevé sur cette montagne par ce chef redouté ; ce reste consiste en un terrain circulaire d'environ 60 mètres de diamètre , circonscrit par un fossé de KO mètres d'ouverture.
Dans la nuit du 20 au 21 janvier 1649, il arriva un tel bouleversement au village de Sercenne ( au-
jour'hui compris dans le territoire d'Aresches), que ce village se trouva tout-à-coup enseveli sous les décombres d'une montagne écroulée.
Cet événement répandit une consternation générale et une frayeur extrême. Les habitants d'alentour coururent à Salins. Saisi lui-même d'épouvante, le magistrat de cette ville s'adressa aussitôt au clergé pour réclamer des prières publiques ; il se rendit en corps, ayant à sa tête le mayeur Guy d'Eternoz, à une messe célébrée dans la chapelle Notre- Dame Libératrice. On descendit la châsse antique et révérée de saint Anatoile, et on se dirigea en procession sur le théâtre de l'événement.
On ne tarda pas à reconnaître l'étendue du malheur. De ce populeux village de Sercenne tout était disparu, maisons et habitants. On ne put même reconnaître la place qu'il occupait. Ce village de Sercenne, aussi peuplé au moins que celui d'Aresches, était, avant son engloutissement, environné d'un grand territoire, protégé par une forteresse relevant de Montmahoux , pourvu d'une annexe et rit he d'une foule de métairies. M. Philippe d'Alpy, opulent propriétaire de ce lieu, qui commandait alors au château de Sainte- Anne, avait perdu, sous cette masse de pierres et de graviers , sa chapelle, sa maison forte, sa grange et plus de cent hectares de terre. On attribue cette catastrophe à des mines creusées par de nombreuses sources.
Sercenne ( Saraceni ) avait probablement une origine mauresque, ainsi que Saisenay et plusieurs autres lieux des environs de Salins. On a pu remarquer qu'un ruisseau , qui traverse le territoire d'Aresches , porte le nom de Sarazine.
La disparition étonnante de ce village, dont le souvenir ne s'effacera
jamais , fut considérée comme une punition du ciel. On attribua aux malheureux habitants de Sercenne une foule d'impudicités et d'orgies.
Plus de 80 ans après ce premier éboulement, un certain particulier ayant voulu ouvrir dans la même vallée une carrière de plâtre au bord du chemin de Salins à Moutaine, trouva encore un affaissement subit ; et Ton remarqua dans le moment, à la profondeur de 8 à 19 mètres et à une distance de i 8 à 20 mètres de la Furieuse, un ruisseau qui coulait rapidement.
L'église paroissiale d'Aresches, dédiée à saint Milan, dont on célèbre la fête le 6 novembre , est placée presque sur le bord du rocher qui s'élève à pic en regard de Salins ; vue de loin , elle produit l'effet le plus pittoresque ; elle est composée d'une nef, d'un chœur, de deux chapelles, d'une sacristie, d'un clocher et d'une vaste tribune. Le chœur, plus élevé que la nef, date de la période ogivale tertiaire. Le surplus de cet édifice, qui est dans un déplorable état de dégradation , n'offre aucun caractère archi tectonique.
Dans celte église on remarque les belles boiseries des confessionnaux, de la chaire à prêcher et des fonts baptismaux.
Il existe près de l'église un château ruiné, appartenant à la famille de Reculot, converti en habitation particulière. 11 y en avait un autre beaucoup plus ancien, dont l'emplacement a conservé le nom de Vieux- Château. Il était situé sur l'extrémité nord du chaînon de montagnes qui sert de base à l'église , et à environ 500 mètres de celte dernière. Une espèce de motte est couronnée d'un énorme amas de ruines, qui atteste encore son antique importance. Il
n'était accessible que par le coté sud . Les habitants du village racontent encore que cet antique donjon était hanté par une vouivre qui chaque soir venait se désaltérer à la source de la fontaine qui coule au pied du rocher.
Aresches fut érigé, en 1789, en chef-lieu de canton, composé de la commune chef-lieu, d'Abergementlez-Thésy, de Boisset et la Grange- Sercenne, de Chilly, la Chaux, Le mu y et Ponlamougeard, Dournon, Moutaine, Montmarlon, Fonteny, Thésy et Pont-d'Héry. Ce canton fut supprimé en 1801 .
Les communes de Moutaine et de Boisset ont été réunies à celle d'Aresches le 25 octobre 1826.
Arimhod ( canton d' ) , arr. de Lons-le-Saunier, limité au nord par le canton d'Orgelet , au sud par le département de l'Ain, à l'est par la rivière d'Ain, qui le sépare de l'arrondissement de Saint-Claude, et à l'ouest par le canlon de Sl-Julien.
Ce canton, situé à l'extrémjté méridionale de la basse montagne, est un pays peu régulier, disparate, opposé dans sa température , dans son sol et dans l'exposition des lieux qui le composent. C'est tout à la fois une vallée fertile, arrosée par la Valouse , des montagnes arides , nues et boisées, des pentes ardues, des rochers abruptes, des terres profondes, légères, graveleuses, argileuses, sablonneuses : toutes les natures du sol du Jura s'y retrouvent, tous ses produits s'y représentent , blés, orges, avoines, maïs, légumes, vignes, prairies naturelles et artificielles, fruits de toutes espèces.
La topographie de ce canton est difficile à établir, à cause de la variété et de l'irrégularité des sites.
Les communes dont il est composé sont assises, les unes dans la plaine
au bord de la Valouse, entre la rive droite de l'Ain et la montagne qui suit parallèlement cette rivière, sur la montagne elle-même; les autres sur le calcaire de la rive occidentale de la Valouse.
Les 26 communes qui le composent , sont : Annlbod , Aromas , la Boissière, Ceffia, Ccrnon, Cézia , r.harnod , Chatonnay , Chemilla , Cuisseria, Coisia, Condes, Cornod, Dramelay, Fetigny, Genod , Saint- Hymetière, Lavans- sur - Valouse , Lègna, Marigna, Savigna, Thoirette, Valfin-sur-Valouse , Vescles, Viremont et Vosbles.
Pop. en 1790, 9660 liab. ; en 1846, 10,063; en 1851, 9665, dont &92Shom. et 4737 fem.; pop.spéc.
par kilom. carré r 46 hab. ; 2025 maisons, 2241 ménages.
Surf, territ. 24,137h 97a; cont.
imp. 20,624h75a, savoir: 796th 07a en terres lab., 4230h 70a en bois, 3424h 50a en prés, 4858h 85* en pâtures, 12b 38a en boispâtures, 366h 2 la en vignes, 5th45a en^jardins, 7i9h 61a en sol de propriétés bâties et cultures diverses.
Arinthod , bg. autrefois qualifié de ville, de l'arr. de Lons-le-Saunier, chef-lieu de canton, pcrcept., bur. de poste, cure ; à 33 kilom. de
Il est bàli dans un vallon qui fait partie du bassin de la Valouse , et resserré entre deux montagnes ; ses limites à l'est sont Cernon el Vescles, à l'ouest Chatonnay , Dramelay et Valfin, au nord Chalonuay. Savigna, Légna et Gernon, et au sud Ghisseria et Vescles.
Il se divise en plusieurs quartiers appelés quartiers du nord, de l'est, du sud, de l'ouest, du centre, la Porte- Dessus, la Portnlle, le Faubourg. La banlieue comprend les moulins, la grange des Chartreux,
Néglia , la grange des Prêtres , la grosse et la petite grange de Sainte- Colombe et la section de Vogna, commune réunie à celle d'Arinthod le 28 août 1822.
Le territoire d'Arinthod est traversé par la route départementale n° 9, d'Arinthod à Nantua et Bourg, par les chemins vicinaux de grande communication n° 32 , d'Orgelet à Arinthod, et n° 9, de St.-Trivier à Dortan, par les chemins vicinaux allant à Vescles, Ccrnon, Valfin et Viremont ; par la rivière de Valouse, les biefs de Combe- Lombard , des Chartreux, des Combes, du Martinet ou Vacombe, de l'Etang, de la grosse grange Sainte Colombe ou Lantcnne, et le ruisseau de la Vouerbe.
Pop. en 1790, 1 176 hab. ; en 1846, 1635 ; en 1851, 1426, dont 705 nom. et 721 fem.; agglom.»
i 120 ; pop. spéc. par kilom. carré, 138 hab. ; 278 maisons, 389 ménages. Un grand nombre d'habitants des deux sexes émigrent pour Lyon.
Les plus anciens registres de Télat civil remontent à 1636.
Arinthod est le siège d'une juslice de paix (audiences les mardi et mercredi de chaque semaine, à dix heures du matin), d'un relai de poste aux chevaux, d'une direction de poste aux lettres , d'une brigade de gendarmerie à pied ; la résidence de trois notaires, de deux huissiers, d'un receveur de l'enregistrement et des domaines, d'un receveur ambulant el d'un commis des contributions indirectes, de deux médecins, d'un pharmacien, de deux médecins vétérinaires et de deux sages-femmes.
Il y a un bureau de bienfaisance, un octroi, une très belle compagnie de pompiers, composée de 60 hommes.
Cadastre exécuté en 1831 : surf, terril. 1977h 20a, divisés en 5208 I parcelles que possèdent 490 pro-
priétaires, dont 78 forains ; cont.
imp. 1952h, savoir: 721h 35* de terres lab., 663h 36* de bois, 527h 37* de parcours, friches, murgers et broussailles, 218h47*deprés, et 15b 50* de jardins; rev. cadastral, 24,359 fr. 81 c; contrib. directes , 8064 fr.
Le sol , d'une fertilité ordinaire , produit des céréales de toutes espèces , qu'on exporte en partie , et du vin, mais en quantité insuffisante pour les besoins des habitants. C'est à Arinthod que les premières plantes de maïs, importées dans le Jura vers la fin du xviie siècle, furent cultivées. On élève dans ce bourg beaucoup de bétail et surtout des mulets qui sont une des plus grandes ressources du pays. Le revenu réel des propriétés est de 3 pour cent.
Il y a une fromagerie où l'on fabrique annuellement 9000 kilogr.
de fromage de très bonne qualité.
Le marché se tient le mercredi de chaque semaine.
Foires. 11 y a neuf foires fixées aux 23 janvier, 25 février, 31 avril, 28 mai , 20 juillet, 49 août, 22 septembre, 28 octobre et 18 décembre.
Le commerce qu'on y fait consiste principalement en grains et bétail.
On y vend pour plus de 1 50,000 fr.
de mulets à chaque foire du printemps.
Commerce. — Industrie. On trouve à Arinthod deux bouchers, 5 menuisiers, 3 cafetiers, 13 cordonniers, trois boulangers, un tailleur d'habits, deux plâtriers, 21 aubergistes. 3 meuniers, h maréchauxferranfs , 8 marchands merciers , deux tréfileurs, un perruquier, six marchands de tissus* un ferblantier, un fournier, un bourrelier, un fabricant de peignes pour tissage, deux marchands épiciers, deux marchands quincailliers, un marchand I
de chevaux . trois marchands de?
grains, un horloger, un tourneur sur bois, un tuilier, un charron, un laveur de cendres , deux tanneurs , un fabricant de ferronnerie, un cloulier, deux voituriers, un carrioleur, un chapelier; un moulin à sept tournants, un autre à quatre, et une scierie à bois, un autre à trois tournants, deux battoirs à blé, une tuilerie, un martinet, deux tréfile ries. L'une d'elles , dirigée avec beaucoup d'intelligence par M. Gadois, fabrique annuellement 940O kilog. de fil de fer ; on y fabrique aussi des filières pour l'usage des Iréfileries.
On trouve sur le territoire de cette commune deux carrières de pierre ordinaire et de taille, exploitées, une carrière de tuf qu'on emploie à la construction des tuyaux, de cheminées, et des pierres fossiles herborisées couvertes de jolies dendrites.
Biens communaux. Une église , un cimetière, un presbytère, deux maisons communes contenant, l'une le logement de l'institutrice et d'une sous-maitresse , et la salle d'école fréquentée par 120 élèves, dont 13 internes; l'autre le logement de l'instituteur et de deux sous-mailres, et trois salles d'étude. Dans la première , on enseigne la langue latine à 15 élèves; les deux autres sont consacréesàl'enseignementprimaire de 160 élèves, dont 15 internes.
Indépendamment de ces écoles, il y a une institution privée que dirige avec beaucoup de zèle et de talent M. Janniard , et que fréquentent HO élèves externes.
La commune possède eocore hSih 96* de bois, terres labourables, pâtures, places publiques et emplacements de ses édifices, d'un rev. cad.
de 12G8 fr. 03 c. ; trois pompes à
incendie avec leur salle , deux fontaines et deux sources.
Bois communaux. Arinlhod a 259h 02* de bois, dont 7h 17* en exploitation annuelle ; la section de Vogna, U%h 02*, dont ih 30* en exploitation ann., et Néglia, 48h 20* , dont iHîi* en exploit, ann.; essences dominantes : chêne, charme et bois blanc.
Budget. Recettes ordinaires , 11, 25/4 fr., y compris l'octroi loué 3300fr.;dép. ord. 9718 fr.
Octroi. L'octroi porte sur les vins, le vinaigre, les huiles, la bière, les bœufs, vaches, veaux, moutons, chèvres, et sur les viandes dépecées.
Bureau debienfaisance. Revenus, 2000 fr., dont 300 fr. sont consacrés à l'inslructiondes filles pauvres, et le surplus en distribution de pain et secours extraordinaires aux indigents malades.
Origine. Arinlhod, Arinthoz , Arintho, Arento, Arantum, Arinthold, remonte à la plus haute antiquité. Les temps celtiques y sont représentés par plusieurs monuments importants. On remarque dans le vallon de Vogna les restes d'un dolmen. Cette pierre, appelée la Pierre Enon, formant un carré de 8 mètres de côté, est tombée du front du rocher supérieur depuis un grand nombre de siècles , et s'est arrêtée comme par enchantement sur la pointe d'un de ses angles. Elle est enfoncée dans un petit monticule formé de pierres et de cailloux.
Autour de cette pierre est une grande plaine qui l'éloigné beaucoup du pied de la montagne, de laquelle ce dolmen a dû se détacher. On voyait encore, au xvmesiècle, quatre pierres de forme conique, qui marquaient les angles d'un espace carré dont la pierre Enon occupait le centre. La tradition rapporte que ce monument
élail desservi par un collège detlrui desses. Le pâtre du vallon de Vogna voit encore, au clair de la lune, des dames blanches voltiger autour de la pierre Enon, comme les crions de la Bretagne folâtrent parmi les pierres de Carnac.
Vis-à-vis celle pierre, dans le rocher et près du sommet de la montagne , est une croix taillée dans le roc. Le christianisme naissant voulut sans doute substituer le signe vénéré dr la rédemption au culte païen rendu à une pierre sacrée.
Au fond de ce même vallon de Vogna, sous la roche escarpée de Buans , une pierre debout , assez haute pour qu'on ne puisse en atteindre le sommet sans le secours d'une échelle, s'élève isolément audessus du sol , semblable à un verre de liqueur sur une table. Elle s'élargit à sa partie supérieure, où l'on remarque un dossier naturel peu saillant. Celte configuration singulière l'a fait nommer la selle à Dieu ou la chaise à Dieu. Le peuple des campagnes voisines raconte que cette chaire naturelle était le siège du haut duquel les juges du temps jadis rendaient la justice. On reconnaît encore là une tradition druidique.
Dans le pays de Cornouailles , les druides avaient des places élevée.*, appelées Gorsedden , quelquefois faites de terre ou de pierre, le plus souvent au sommet des rocîicrs.
C'est de là qu'ils prononçaient leurs oracles.
Un canton du territoire d'Arinthod porte le nom d'/ères ou la Vie du Moulin. Celte dénomination d'Ières est grecque elle indique un lieu sacré , ou la demeure des minisires du culte druidique, à l'époque où les Phocéens de Marseille avaient vulgarisé la langue grecque parmi le* prôliv* gaulois.
On regarde généralement la grange de Saint-Colomb , la grange des Prêtres et les deux forêts de Chastain, comme des sanctuaires du druidisme.
On a trouvé dans la commune une petite statuette en bronze, qui représente une jeune femme vêtue d'une longue robe comme les augures , et d'un manteau, tenant une patère à la main droite. La ceinture de la tunique est placée sous le sein. C'est une Salienne , jeune vierge attachée à la desserte des autels de Mars , et assistant les Saliens dans leur ministère.
L'époque romaine a marqué son empreinte sur cette terre par des antiquités dont nous n'entreprendrons point de donner un catalogue raisonné, tant elles sont nombreuses et variées.
On y a recueilli plus de mille médailles , pour la plupart très rares :
les unes consulaires, les autres du haut et du bas Empire. Plusieurs particuliers en ont formé des collections.
Une voie romaine , de Genève à Chalon-sur-Saône par Etable, près St.-Claude, St.-Amour et Louhans, et une autre de Salins à Izernorc, traversaient cette importante bourgade.
En 1703 , on a trouvé dans les fondations de l'église d'Arinlhod une ancienne inscription sur une pierre, qui, après avoir servi de base à un bénitier, a été placée en 1714, par ordre du magistrat , dans la face extérieure de la muraille-est de la sacristie.
Cette inscription est ainsi conçue :
MARTI SEGO MONI SAC VM. PATERNVS DAGUS/E FIL V S L M M'. Tremcaud, inspecteur de l'en-
registrement cl des domaines , numismate habile, traduisit ainsi celle inscription en 1835: < Paternus, » fils de Dagusa , a dédié ce temple • à Mars , Dieu des Séquanais, et a » rempli son vœu de son propre » mouvement et ainsi que le devoir » le commandait. »
M. D. Monnier en donne la traduction libre suivante : « Autel con- » sacré à Mars Segomon. Paternus, » fils de Dagusa, l'a érigé en exécu- » lion d'un vœu volontaire et bien » acquis. »
Une chose certaine, c'est qu'un Mars gaulois était adoré à Arintuod, et que, placés sous sa tutelle , les habitants de ce lieu ont dû passer pour des guerriers par excellence.
Une des preuves de l'importance d'Arinthod se tire de la présence de Paternus à la consécration de l'autel du Mars Ségoinon; car la famille Paterna joua un grand rôle dans la Séquanic sous le règne d'Auguste.
Plusieurs graves historiens ifont pas craint de faire d'Arinlhod le chef- lieu du comté de Scoding, l'une des divisions de la haute Bourgogne au moyen-âge. Leur opinion n'est pas dénuée de vraisemblance.
Toutefois, le premier litre qui fasse mention de ce bourg est le diplôme par lequel l'empereur Frédéric Barberoussc confirma , en 1155, la propriété de l'église d'Arin thod à l'abbaye de Chàtcau-Chalon , qui en conserva le patronage jusqu'au moment de la révolution de 1789.
Seigneurie. Dans le xin® siècle , Arintliod appartenait à Jean de Chalon, dit l'Antique, dont les fils nés de son second mariage se partagèrent l'héritage au mois de juin 1269.
Cette terre échut à Jean de Chalon , l'un de ses fils, né de son mariage avec Isabcau de Courtenay, le même qui eut la baronie d'Orgelet.
Elle arriva, par un autre partage du 6 mars 156b, a Jean de Chalon, fils aîné du comte d'Auxcrrc ; Tristan de Chalon , fils aîné de ce dernier, eut Oliferne, Montcroissant, Orgelet et une foule d'autres lieux. Louis de Clialon, le dernier de ses fils , céda à son ainé tons ses droits sur la seigneurie d'Arinthod, ainsi que les fiefs et arrière-fiefs qui en dépendaient.
Elle passa à Alix de Chalon, dame de Sassenage, qui l'aliéna au xve siècle en laveur de la maison de la Baume.
En 1531, elle appartenait, ainsi que St. -Colomb et Montcroissant, à Mmo Philippe-Françoise de Leyrieux de Meximieux, qui s'allia à un membre de la famille de la Chambre.
En 1561 , Claude et Jean de la Chambre, leurs fils , vendirent les terres d'Arinthod, de Saint-Colomb, de Dramelay, à M. Nicolas Chupin , conseiller au parlement de Dole, et à Mme Louise de Battefort, son épouse, veuve en premières noces de Jean Mouchct de Poligny, trésorier-général de l'empereur en Bourgogne , et son envoyé en Suisse. Louise de Battefort était du nombre de ces femmes qui joignent aux grâces naturelles à leur sexe, de la capacité dans les affaires et un air noble, soutenu des charmes de l'élocution .
Léonel de Battefort, l'aîné des fils de Louise de Battefort et de Jean Mouchct, hérita de sa mère des terres d'Arinthod, de Dramelay, d'Oliferne, St-Colomb et Montcroissant. C'était un des plus sages, des plus riches et des plus lettrés gentilshommes de son temps. 11 épousa, en 1588 , Barbe de Laubespin, dont il eut cinq enfants. Ferdinand, le second de ses fils, eut ces seigneuries dans son lot. Il fut institué héritier par Barbe Laubespin, sa mère, à charge de relever le nom et les armes de sa maison. Il mourutsansposlérilé.Claude Gabriel
Mouchct, dit de Battefort, colonel d'un régiment d'infanterie vallone de la province d'Artois, premier maître d'hôtel de l'archiduc Léopold , ensuite gniyer-géncral du comté de Bourgogne et chevalier au parlement de Franche-Comlé, succéda à son père dans ces seigneuries. Il laissa pour héritier Charles-Achille Mouchct de Baltefortde Laubespin, né de son premier mariage avec Catherine de Harlay , qu'il avait épousée en 1608. Charles-Achille Mouchet de Battefort, en faveur duquel la terre de Laubespin avait été érigée en comté en 1 659, joignait à une grande érudition beaucoup d'esprit et d'expér^gnee du monde et des affaires.
Il faisait avec distinction le service de chevalier d'honneur au parlement de Dole. L'histoire le regarde comme un des complices de la trahison qui livra la Franche-Comté à Louis XIV en 1668.
Son fils, Louis Mouchct de Battefort, comte de Laubespin, né à Dole en 1665, lui succéda. Ce seigneur épousa Marie - Gabrielle de Saint- Mauris, à laquelle il donna, par contrat de mariage du 25 mai 1687 , les terres d'Arinthod, Saint Colomb, Montcroissant, etc. Cette dame les vendit le 4 novembre 1698, moyennant 100,000 livres, à Jean-Claude de Montagu, marquis de Boulavant, duquel elle les racheta en 1711, pour les transmettre à Charles- Joseph Mouchct de Battefort, comte de Laubespin, sou fils. Sa postérité les a conservées jusqu'au moment delà révolution de 1789.
La seigneurie d'Arinthod , qui dans l'origine avait pour chef-lieu Dramelay, porta successivement les titres de baronie et de comté. Elle comprenait la ville d'Arinthod , les villages de Chisséria, Chemilla, Faverges, Lavans,Néglia, Agea, Vogna,
et relevait de la baron ie d'Orgelet.
Le seigneur avait sur tout le territoire la justice haute, moyenne et basse , avec faculté d'instituer tout bailli, châtelain, capitaine, procureur, prévôt, sergent et autres officiers, pour l'exercice de cette juslice ; la banalité des fours, des forêts, les droits de halles, de poids et mesures et de sceau ; on lui devait l'impôt des quatre cas, les langues de toutes les grosses bêtes tuées, les droits de boucherie, de lods sur les ventes, au pied de 1 2 livres par cent. Le signe patibulaire à quatre colonnes et à quatre pannonecaux était sur le molard de Luffe ou de Luffey.
Il y avait sur le territoire d'Arinthoddeux fiefs importants, appelés la seigneurie de Saint-Colomb et la seigneurie de Montcroissant.
Seigneurie de St.-Colomb. Elle se composait d'un château- fort , bâti sur la montagne de Saint-Colomb, d'un verger à Tentour, de deux étangs , de tous les prés et terres composant le territoire, et de la juslice haute, moyenne et basse sur les habitants.
semble que cette terre était destinée à devenir l'apanage d'enfants naturels des différents seigneurs d'Arinthod. En U23, Jean, bâtard de Chalon, sire de Montrichard, reconnaissait la tenir en fief; Louis de Champagne , dit de Saint-Colomb , fils naturel de Charles-Achille Mouchet de Battefort, faisait plus tard la même reconnaissance. Elle relevait de la baronie d'Orgelet.
Seigneurie de Montcroissant. Elle se composait de deux tours environnées d'une muraille crénelée, assises sur la montagne, du village , de la montagne cl du territoire de Montcroissant, et de la banalité des forêts. Elle relevait de la maison de Chalon, et npn dçl i baronie d'Orgelet.
Elle fut donnée par Claude-Gabriel Mouchet de Battefort à ses enfants naturels, qui prirent le nom de Montcroissant ; Jean - François de Montcroissant était curé de Véria et deGigny, de 1672 à 1717.
Franchises. Arinthod a reçu le 28 juin 1 277 , de Jean de Chalon , comte d'Auxerre , la charte de ses franchises, rédigée en langue vulgaire eten 85 articles. Aux termes de cet acte, ce bourg devait être administré par un magistrat de son choix.
Les bourgeois et habitants pouvaient élire quatre conseillers et les changer à leur volonté, à charge par les élus d'être agréés par le seigneur et de lui prêter serment de fidélité. Les conseillers devaient gérer les affaires de la commune , lever les impôts , tant sur eux que sur leurs concitoyens, et rendre compte de leur gestion aux bourgeois. Etaient exempts des charges de la communauté les personnes consacrées à Dieu. Différents articles exemptaient du service militaire et de la chevauchée toute la maison où se trouvait une femme en couches, ainsi que les veufs, les clercs, les ecclésiastiques, les fourniers et les maisons privilégiées. Le seigneur faisait rendre la justice par son prévôt, et avait ainsi fixé les amendes à prononcer à son profit : trois sols pour une injure ou un coup de poing, cinq pour un coup de paume de la main, sept pour un coup de pied, un coup de pierre ou de bâton sans effusion de sang, pour avoir dit à quelqu'un voleur, assassin, traître, criminel, punais, lépreux ou autres injures de ce genre,
et à une femme , p , punaise ,
criminelle ou d'autres termes de celte nature, pour avoir jeté un ferr • une pierre, ou tout autre corps contondant, même sans avoir atteint personne , et enfin pour infraction
de ban. Lorsqu'il y avait effusion de sang ou fracture d'un membre, l'aniende était de 60 sols.
Aumoyendecertainesprestations, les habitants se trouvaient exemptés des corvées d'hommes et de bêles, de la taille et des autres charges personnelles sentant trop la servitude.
Les juifs ne devaient point profiter des avantages de la franchise. Plusieurs dispositions assuraient la liberté des personnes, du commerce , et la transmission naturelledes biens.
Chaque année, les officiers du seigneur devaient, à l'époque du renouvellement des prud'hommes , jurer fidélité aux franchises de la ville, et chaque nouveau seigneur, en présence de quatre chevaliers, devait jurer avec eux de les observer fidèlement. I.eshabilants nommaient eux-mêmes le commandant du guet, les messiers et les gardes-vignes.
Les bourgeois se montrèrent toujours très scrupuleux à exiger la franche exécution de cette charte , que les seigneurs cherchèrent souvent à éluder par des moyens détournés.
Château et fortifications. Arinthod s'était formé sous la protection de l'antique et illustre château de Dranielay, bâti sur le sommet d'une montagne. Vers la fin du xme siècle, Jean de Chalon, comte d'Auxcrrc, entoura le bourg d'une muraille construite d'après le système usité eu Bresse , et bâtit un château en dehors du bourg , mais contigu au côté stid de celte muraille. Il s'élevait au midi de la ville, sur une motte ronde , close de murs et de fossés.
A l'entrée méridionale du château était un pont en bois, jeté sur les fossés. Dans l'intérieur il y avait une belle chapelle castralc.
Cette forteresse ayant élé détruite, de 1477 à M79, par les armées de
Louis XI, M. Charles- Achille Mou chet de Batlefort , qui affectionnait le séjour d' Arinthod, se fit constru i re une nouvelle résidence, de 1650 à 1660 , près de la porte occidentale de la ville. Elle sert aujourd'hui de maison commune et renferme le logement de l'instituteur, les salles d'étude des garçons et la justice de paix. Elle éiait occupée précédemment par le collège. On y voit deux petites pièces voûtées qui contenaient les archives. Près de ce château , dans une maison qui en était autrefois la dépendance , et appartenant aujourd'hui à M. Jannin, médecin, on voit plusieurs cellules voûtées qui servaient de prison. Au mur de chacune d'elles était fixée, une énorme boucle en fer à laquelle on attachait les prisonniers ; à côté de cette boucle se trouvait une petite niche où l'on déposait les aliments et autres objets nécessaires à ces malheureux.
La famille de Rolalier avait aussi fait construire un donjon dont l'emplacement a été converti en place publique. Il était flanquéi l'est, d'une tourelle percée d'une fenêtre, depuis laquelle la châtelaine pouvait apercevoir le prêtre officiant à l'église. Ce donjon était défendu par quatre tours dont l'une existe encore, et a donné son nom à l'hôtel de la Tour.
Le bourg était divisé en deux par lies. La première, bâtie sur l'éminence, était fortifiée par sa position naturelle, par de larges fossés qu'on emplissait d'eau à volonté à l'aide d'un pilon, par une enceinle de murailles et par trois portes garnies de ponts-levis, appelées Porte-Dessus, Porte-Dessous et la Portelle. Ce quartier était habité par la noblesse, les officiers de justice, les bourgeois et les artisans ; l'autre partie découverte n'était qu'une espèce de faubourg habité par les cultivateurs.
Les murailles d'enceinte servent aujourd'hui d'appui à un grand nombre de maisons ; les portes ont été abattues depuis quelques années seulement, pour faciliter la circulalion des voitures; les fossés ont été accensés par la ville, en 1712, à quelques habitants qui en ont fait des jardins.
Les rues étaient bordées d'arcades basses, sombres et irrégulières. Il en existe encore vingt-neuf joignant la place. Le seigneur avait une halle pour la tenue des foires et des marchés; les boutiques étaient louées aux marchands et aux bouchers.
À côté de la halle était une salle destinée à l'auditoire du bailliage.
Guerres; sièges. Arinthod eut à souffrir des grandes-compagnies au xive siècle, et des guerres de Louis XI en 1479. Le 12 décembre U02 , le maréchal de Vcrgy se rendit dans celte ville avec Erard Dufour, bailli d'Amont, Guichard de St. -Seine, Jean de Montaigu, Hugues de Lantenne, 70 écuyers et 2ôï> chevaux , pour attaquer la Corne de llougemont, qui avait pris plusieurs châteaux des environs. 11 fut préservé des maux de la guerre de 165G par l'influence de Claude- Gabriel ]VIoucliet de Battefort, son seigneur, qui avait épousé Catherinede Harlay, fille de Christophe de Harlay, comte de Beaumont, lieutenant - général dans l'Orléanais , et ambasssadeur du roi Louis XIII en Angleterre. Le dévouement de Charles- Achille Mouchet de Battefort de Laubcspin pour Louis XIV, explique parfaitement pourquoi Arinthod ne fut point victime de l'ambition du grand roi.
Commerce^ industrie au moyenâge. Charles -Achille Mouchet de Battefort, qui avait préservé Arinthod des horreurs de la guerre, contribua de tous ses efforts à sa pros-
périté. U établit dans cette petite ville un haras destiné à l'amélioration de la race chevaline, des fabriques de draps et de chapeaux, des usines sur la Valouse ; il favorisa les défrichements, les plantations de la vigne et l'agriculture en général.
Armoiries. Les armoiries d' Arinthod étaient d'azur, au croissant d'argent, surmonté d'un arc bandé d'or.
Administration ancienne. Le seigneur était représenté par un prévôt.
La garde du château était confiée à un capitaine châtelain, et la justice était rendue par un bailli assisté de plusieurs officiers subalternes.
La commune, qui était d'abord administrée par quatre prud'hommes, le fut , depuis la conquête de Louis XIV, par deux éehevins, trois conseillers et un conseil de notables, appelés seulement pour les affaires extraordinaires.
Le principal revenu de la ville consistait en un octroi perçu sur les vins, et quelques droits concédés par le seigneur.
ÉTABLISSEMENTS RELIGIEUX ET CIYILS
Eglise et Familiarité. L'église, placée sous le vocable de l'Assomption de la Mère de Dieu, dont la fôte se célèbre le \ 5 août , date du xne siècle , époque à laquelle elle fut donnée à l'abbaye de Chàteau-Chalon. Elle est à trois nefs. Le porche qui est sous le clocher est du style de la dernière transition ; l'ogive y est alternée avec le plein cintre. Les arcs qui forment les nervures du porche se coupent diagonalement au centre de la voûte, où est un écusson représentant l'image de la sainte Vierge, puis elles viennent retomber aux quatre angles sur les animaux emblématiques des Evangélisles. Dans la première chapelle à gauche, ou lit la date de 1550, et à
la base du premier pilier à droite de la nef, est le millésime de 1549.
La nef principale dale du xn° siècle, mais elle a subi un grand nombre, de transformations depuis sa construction. Le chœur et la sacristie qui lui fait suite ont été construits au commencement du xvni° siècle.
Les fenêtres qui éclairent la nef ont été pratiquées dans la voûte en i 684 , et produisent un effet désagréable.
Les arcades qui séparent la nef des collatéraux ont été pratiquées à différentes époques; il y en a d'ogivales, de romanes et de modernes.
Cet édifice renferme un Christ de deux métrés de hauteur, admirable ouvrage du célèbre Rosset, de Saint- Claude, une chaire à prêcher d'une délicate sculpture, qu'on a eu le tort de badigeonner, et quelques tableaux qui ne sont pas sans valeur.
La paroisse était autrefois desservie par un prêtre inamovible et par un corps de familiers qui s'était formé , en 1488 , pour la desserte des fondations. Les membres de la familiarité devaient être nés et baptisésà Arinthod, de parents bourgeois natifs de cette ville.
Cimetière, Le cimetière mérite d'être visité. La croix en piene qui le décore est remarquable par son antiquité et la pureté de ses profils.
D'un côté est le Christ, de l'autre la Mère de Dieu tenant l'enfant Jésus dans ses bras.
Près du côté nord du cimetière, est un oratoire fondé en 1785 par Claude Boisson , et dédié à la sainte Vierge.
Hôpital du Saint-Esprit. Cet hospice , fondé au xive siècle par Jean de Chalon, baron d'Orgelet, fut détruit par les armées de Louis XI , et ses biens réunis, en 1708, à l'hôpital du Saint-Esprit de Besançon.
Chapelle castrale. La chapelle de
l'ancien château d'Arinthod est de petite dimension , voûtée, et n'était éclairée, dans l'origine, que par une étroite fenêtre. Elle est du style ogival primaire. L'ogive s'y dessine timidement. Elle servait et sert encore aux exercices des différentes confréries d'Arinthod. On a eu le grave tort de diviser, par un plancher, sa hauteur en deux étages, et de faire du rez-de-chaussée une espèce de dépôt. L'aspect que produisait sa voûte élancée se trouve ainsi détruit.
Cette chapelle renferme un magnifique tableau exécuté en 1 620 , re présentant Jésus au jardin des Olives.
Il fut donné par la confrérie de la Croix ou des pénitents noirs, érigée en cette chapelle en 1 600. On y remarque encore un beau tableau représentant sainte Véronique, et dans une niche une statue en pierre, représentant avec une grande naïveté l'Assomption de la Mère de Dieu.
Charité. Cet établissement, fondé en 1683, ne reçut point la sanction du gouvernement , et n'obtint que l'autorisation épiscopalc. Il fut reconstitué sur de nouvelles bases en 1714. Les statuts en furent dressés par le magistrat. Toutes leurs dispositions iespircnt la charité la plus vive et la plus éclairée. L'administration en était confiée à un conseil et à un bureau. Le conseil était composé du curé, du doyen des familiers, du seigneur, du juge châtelain , du procureur fiscal , du premier échevin et des conseillers de ville qui en étaient membres de droit. Les autres membres ecclésiastiques et laïcs étaient élus parmi les habitants. On comptait des directeurs, des inspecteurs généraux, des solliciteurs généraux, un secrétaire pour les pauvres et un autre pour les délibéra lions, un conservateur des archives, un syndic, un trésorier, des auditeurs
des comptes, un directeur des passants, un inspecteur des gardes de mendicité, des directeurs des quêtes, des proviseurs des blés, des distributeurs du pain, des directeurs du spirituel, des directeurs des malades, un directeur des dames pour les malades, un directeur des pauvres honteux, un directeur des orphelins, des directeurs des troncs, des directeurs des manufactures, un avocat et un procureur du bureau, un médecin et un chirurgien.
La Charité était placée sous la protection de saint Françoisde Sales.
Collège. Depuis longtemps il existait un collège à Arinlhod. 11 prit une grande importance au commencement de ce siècle, sous l'habile direction de M. l'abbé Mornay, qui s'entoura d'excellents professeurs.
Cet établissement a produit plusieurs sujets distingués. Il .est regrettable qu'il n'existe plus. Arinlhod ne devrait reculer devant aucun sacrifice pour le rétablir.
ÉTAT ACTUEL
Les rues d'Arinthod sont étroites, tortueuses et mal alignées, comme le sont celles de la plupart des villes anciennes.
Les maisons, de simple apparence, sont construites en pierres et couvertes en tuiles creuses. Les toits sont plats et font une grande saillie sur les rues.
Il conviendrait d'utiliser les deux sources qui coulent sur ce territoire, en les faisant servir à la création de lavoirs et d'abreuvoirs , dont le besoin se fait vivement sentir.
La place publique est triangulaire.
Au milieu est une fontaine monumentale, construite en 1750, qu'on devrait embellir de trois statues, personnification de trois rivières, ou (le trois animaux aquatiques, corres-
pondant aux trois angles de la place, et qui distribueraient l'eau, en remplacement des deux ignobles tuyaux qui existent actuellement.
Ce bourg aurait besoin d'une salle d'asile, d'un hôlel-de-ville et de halles. Un édifice pourrait réunir ces trois objets, et ne saurait être mieux placé qu'à l'extrémité ouest de la ville, près de l'ancien collège, à la jonction des deux routes.
BIOGRAPHIE
Barsus, Nicolas, né le 5 août 1 7 76, mort à Wagram le 6 juillet 1809.
C'est le premier officier supérieur qui ait succombé, sur ce champ de bataille mémorable, presque sous les yeux de l'empereur. Sur le point d'entrer dans les ordres ecclésiastiques, il partit comme capitaine d'une compagnie du 2e bataillon du Jura. La résistance héroïque qu'il sut opposer, sur le cimetière de Gratz, à un détachement de l'armée autrichienne que commandait un archiduc, lui valut, en 1 809, le grade de colonel du 9e régiment d'infanterie. Il avait à peine pris le commandement de ce régiment, lorsqu'il eut la jambe emportée par un boulet à Wagram.
Citsenier ou Cuisinier, François- Marie (1758-1836), docteur en médecine, membre de l'académie de Besançon et de la société d'agricul-.
turc du Doubs. il était professeur de médecine à Besançon à l'âge do 2k ans. Il jouissait dans la Franche- Comté, comme théoricien et comme praticien, d'une réputation méritée.
François , Laurent , plus connu sous le nom de l'abbé François ( 1698-1782), auleur de plusieurs ouvrages estimés, l'un des fondateurs de la Charité d'Arinthod.
Genod , Georges - Denis ( 1 786-
1831), successivement avocat à la cour d'appel de Besançon, substitut du procureur-général) avocat général , conseiller à la même cour, me.nbrc de l'académie. A l'âge de 22 ans, il ne savait ni grec ni latin. Quatre ans après, il était docteur en droit. Ce fait suffit pour peindre le développement de son intelligence.
Cenod , Pierre-Antoine-Nicolas , frère du précédent ( 1790-1845 ) , entré au service comme simple soldai en 1809, mort le 4 août 1845, lieutenant-colonel du 73e régiment de ligne, décoré des croix de la légiond lionneur et de Saint-Louis. C'était un excellent militaire.
Méloz, Jean Claude (1724- 18 ), supérieur de la. Chartreuse de Ripaille.
Morel, René, homme recommandable par ses vertus publiques et privées, appartient à Arintbod par son alliance avec M116 Méloz, son séjour et ses actes , quoique né à Légna le 22 février 1733. C'est dans cette ville qu'il a toujours habité ; c'est là qu'il a implanté une descendance qui, comme lui, s'est vouée et se voue encore aux affaires publiques.
Président du conseil de département dans un des moments les plus difficiles (1792), presque toujours représentant du canton dans ce conseil, juge de paix à la création , nommé président de l'assemblée du canton par décret impérial du 25 janvier 1813, il s'est fait remarquer constamment par son esprit de justice , par la droiture et la solidité de son jugement, par l'énergie de son caractère et par son dévouement à la défense des intérêts qui lui étaient confiés.
Morel , Marie- Charles- Jean-Baptiste, fils du précédent (1772-1 844), ancien capitaine de cavalerie, chevalier de la lésion -d'honneur. Il
remplit les premières fondions municipalesd'Arinlhod de 1 798 à 1 799 , celles de président de celte administration en 1800, celles de juge de paix du canton dès le 24 novembre i 803 jusqu'à la seconde restauration. Ses opinions anti-bourbonniennes et son attachement à l'empereur le firent destituer. En 1815, il fut nommé membre du conseil général du Jura. Pendant la restauration, il s'occupa d'agronomie, s'efforça d'introduire les bonnes méthodes agricoles dans son canton et de propager des améliorations de tout genre. Eu 1830, il fut réintégré dans son siège de juge de paix , dont il a rempli les fondions avec un talent remarquable jusqu'à sa morl.
Morel, Fabien, (18-20- 1849), capitaine de pompiers cl fondateur de la société de secours mutuels des pompiers d'Arinlhod, en la dotant d'une rente considérable.
Ferpilliat, Marie Elienne-Philippe (1779-1850), capitaine de cuirassiers , aide-de-canip du général Dériot, chevalier de la légion d'honneur et donataire.
Arinlhod a produit plusieurs autres officiers, tels que MM. Brégand , Claude- Marie-Alexis (1762-1842) ; Chàtillon, Alexis (1762-1850) ; Pélier, Maric(1761-1831); Secrétan, ancien capitaine de cuirassiers , encore vivant , Genod , Antoine-Nicolas, lieutenant.
Cette petite ville a encore vu nailre , fiibbé yuillemenot , Joseph ( 1640), curé de Saint-Pierre de Besançon, fondateur de la maison de mission de Beaupré ; l'abbé Léger (1752-1822), aussi zélé que charitable, qui fit don à l'église d'un beau Christ de Rosset et de deux autres statues estimées , et au bureau de charité, d'une rente annuelle de 400 fr. ; l'abbé Vèlier , Jean-Bap-
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liste ( 4 758-1 84 & ), qui se fit toujours remarquer par la sainte austérité de sa vie. II fit bâtir à ses propres frais, dans le village de Vosbles qu'il desservait, une fort jolie église , un presbytère et une maison d'école, en assurant une rente perpétuelle pour le traitement de l'institutrice ; l'abbé Flamier (1774-1850), mort curé de Valfin-sur-Valouse. Sa grande piété, son humilité et son zèle ardent , le faisaient vénérer comme un saint par ceux qui le connaissaient. 11 consacra son faible patrimoine à fonder une école de filles et à assurer le traitement d'une institutrice ; l'abbé Millet ( 1795-1825 ), missionnaire courageux dans la Louisiane ; l'abbé Tavernier, Frédéric (1798-1845), prêtre trèsérudit , se faisant admirer par son zèle et son habileté dans l'enseignement ; l'abbé Clerc, Constant ( 1799), encore vivant , chanoine honoraire d'Agen, prédicateur distingué , auteur d'un ouvrage estime , intitulé la Symbolique ; Berthet, Ambroise, (1788), porte-enseigne dans la garde impériale, mort en brave dans la campagne de Russie; Berlhel, Louis- Maner Constant (1822-1859), marin plein d'espérance , mort à bord de YEuryale, victime du courage qu'il déploya à sauver un bâtiment brisé par une tempête.
Arloy , bg. autrefois qualifié de ville, de l'arr. de Lons-le-Saunier, cant. de Blelterans, perccpW actuelle de Ruffey et percept. future de Blelterans, bureau de poste de Blelterans; succursale; à 7 kilom. de Blelterans et 13 de Lons-le-Saunier.
11 est bàli à l'entrée de la riche plaine qui forme le canton de Blelterans, entre deux collines couvertes de vignobles , et borné à l'est par Saint-Germain et Manlry, à l'ouest
par Kuiïey et Lombard, au sud par Quintigny et Ruffey, et au nord par Mantry. Le Château , le Carouge , Chaze, Courcellcs, Saint-Vincent, les Levées, Juhans, Proby et le Chauip-du-Feu , font partie de la commune.
Ce village est coupé par le chemin de grande communication, n° 5 , de Blelterans à Champagnole , par les chemins vicinaux allant d'Arlay à Saint-Germain , Quintigny , Ruffey, Vincent et Lombard ; par la rivière de Seille et plusieurs canaux qui en dérivent ; par le ruisseau du Porot qui y prend sa source, par celui de la fontaine de Juhans , par les biefs du Pontot ou de la Muire et de Sedan.
Pop. en 1790, 1215 hab. ; en 1846,1601; en 1851, 1526, dont 745 hom. et 781 fem.; pop. spéc.
par kilom. carré, 92 hab.; 375 maisons, 448 ménages.
terril. 1410h 78\ divisés en 3801 parcelles que possèdent 590 propriétaires, dont 107 forains. Cont.
imposable, 1373h 86a, savoir : 438h 42a de bois, 406h 90* de terres lab., 233u 57a de vignes, 1 1 5h 85a de pâtures, 112h 71a de prés, 34u 16* de friches, 1 5h 80* de sol des propriétés bàlies, 8h 09* de jardins, 5h 40* de vergers, 2h 68* d'étangs, lh 45* de promenades, 56* de saulées, 14* de carrières, 8" de déserts et 5* de chemins particuliers. Cont. non imposable, 3Gh92a. Rev.cad. 52,271 f.
66 c; contrib. dir., 12,522 fr.
Sol d'une grande ferlililé, produisant toutes espèces de céréales en quantité plus que suffisante pour les besoins des habitants , et des vins rouges et blancs de bonne qualilé , dont on exporte près de moitié;
plusieurs plants de Bourgogne y ont été acclimatés avec succès , depuis quelques années , par M. Maigrot.
Le revenu réel des propriétés est de
5 pour cent.
Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Lons-le- Saunier et de Bletterans.
Les patentables d'Arlay sont :
trois plafonniers , trois maçons ,
charpentiers, trois charrons, trois maréchaux - ferrants taillandiers ,
6 exploitants de carrières, un cafetier , 7 aubergistes , 5 marchands merciers , deux menuisiers , deux médecins, deux sabotiers, un marchand de plâtre, un scieur de long, un marchand de cendres, trois bouchers , un fabricant de chaux , un cordonnier, deux tailleurs d'habits, uu serrurier, un notaire, un marchand de vaches, un marchand épicier grenelier ; trois moulins, dont un à trois paires de meules à farine, un à huile et un rouage de battoir ; un autre à quatre paires de meules a farine et uu à huile, et le troisième à cinq paires de meules, et un à huile.
Biens communaux. Une église , un cimetière , un presbytère , une maison commune contenant le logement de l'instituteur et la salle d ctude des garçons, fréquentée en hiver par 100 élèves; huit fontaines, 478h de bois, terres labourables , pâtures, friches, vignes, prés et emplacements des édifices publics, d'un rev. cad. de 8 1 k% fi\, et deux pompes à incendie, desservies par une compagnie de pompiers.
Bois communaux: 537h 95a, dont 10h 87a sont en exploitation annuelle; essences dominantes : chêne et charme.
Budget : recettes ord. 10,98fr fr.; dép. ord. 10,934 fr.
Bureaude bienfaisance. Revenu, 600 fr.
Outre ce bureau de bienfaisance, M. le prince d'Areraberg comble de ses libéralités les indigents; il pourvoit à tous les frais de l'école primaire des filles, qui est fréquentée par 12b élèves , et tenue dans l'ancien hôpital par trois religieuses de la Charité de Besançon.
Une fromagerie , pour le service de laquelle les associés font présentement construire un chalet, produit annuellement 20,000 kilog. de fromage.
On exploite , sur le territoire de cette commune , trois carrières de pierres à bâtir, de (aille et à chaux. Celle pierre est de très bonne qualité. On y trouve aussi un four élabli pour la fabrication de la chaux hydraulique, et des carrières de gypse dont une a été exploitée.
Foires : le 17 avril, le 30 juillet, le iU septembre et le 23 novembre.
Le commerce qu'on y fait consiste principalement en bœufs . vaches , cochons , moutons , quincaillerie , mercerie , épicerie et étoffes.
Origine. Arlay, Aralata, Arslatum , Arelatum , Arlacum, Arlatum, Allalum, Arla,Harlay, Arlez, est sans contredit l'un des lieux les plus anciennement habités de notre province. Une foule de traditions, de croyances, de dénominations locales sont pleines des images du culte druidique. Ainsi le climat de Pierre-Levée, la colline de Pierre- Fée, le hameau de Champ-du-Feu rappellent l'existence de monuments ou de lieux d'assemblées des druides. Le petit taureau d'airain à trois cornes et sans oreilles, trouvé sur le mont de Ghaze, la statuette en bronze représentant Hercule, la massue à la main, armé de la dépouille du lion de Némée, lo canton de vignes derrière Juhans, dit en Bel, jadis bois sacré, dédié à Belenus, l'Apollon gaulois,
trahissent le polythéisme des Celtes.
Les nombreuses médailles gauloises trouvées sur les différents points du territoire permettent de supposer qu'Arlay avait déjà quelque importance dans les Gaules, quand Jules César en fit la conquête. Àrslata subit l'administration du vainqueur; il prit la physionomie d'une ville romaine et changea son nom d \4rslala en Arslatam. On y retrouve, comme dans toutes les villes fondées ou construites par les légions, la distribution normale en trois parties distinctes : le Castrutn, c'est le château bâli sur la montagne; le Palatium, placé au-dessous du Castrum, et enfin la cité proprement dite. Un palais, un temple dédié à Apollon , des bains, des habitations somptueuses, s'élevèrent peu à peu dans l'ancienne bourgade gauloise; plusieurs voies romaines la reliaient à Verdun, Chalon-sur-Saône, Lonslc-Saunier, Poligny et Besançon. Il nous aurait été facile d'indiquer d'une .manière détaillée la direction de ces roules , si les preuves à fournir à l'appui de notre opinion n'avaient pas dû nous faire sortir des bornes qui nous sont imposées.
Les antiquités gallo-romaines sont si nombreuses à Arlay, qu'on ne saurait en donner même la nomenclature sommaire. On ne peut remuer le sol sans trouver des fondations d'édifices , des luileaux à rebords , des médailles, des pièces de monnaie, des statuettes, des vases , des colonnes, des mosaïques , des inscriptions, des sarcophages, des fragments de marbres précieux et toutes espèces d'objets antiques. Ces débris, comme de muets témoins , attestent la grandeur et la prospérité passées de cette petite cité.
Dévastée successivement par les
Vandales, les Alains, les Suèves et les Bourguignons, cette petite ville disparut pour faire place à un établissement burgonde en fch'ô. Son riche territoire fut compris dans le lot du souverain.
Faldalemts , duc et patrice de Bourgogne , avait un palais dans le quartier de Saint-Vincent qu'il habitait en 597. La tradition rapporte que saint Donat, son fils, étant simple moine sous saint Colomban , au monastère de Luxcuil, fut envoyé à Arlay pour y propager la foi , qu'il y trouva une église bâtie sur les débris du temple d'Apollon, et que , pour la desservir, il y établit, dans le palais de son père, une abbaye de moines noirs. Après avoir hérité de vastes propriétés du duc Valdelène, il donna, en 65fiL, ses terres d'Arlay et de Domblans à l'église métropolitaine de Besançon, dont il occupait le siège épiscopal.
Au moyen -âge, Arlay consistait en trois parties distinctes et isolées.
La première, située au commet de la montagne , renfermait le château et le bourg. Au pied nord-ouest de la montagne et sur son rampant , était la deuxième partie , qui comprenait un bourg et ses dépendances.
La troisième partie, située en plaine à l'ouest delà précédente, consistait en un vaste quartier. Après avoir porté le nom de Saint- Vincent , il s'appela Arlay-la-Ville ou la vieille ville d'Arlay .Nous allons entrer dans quelques détails sur chacune de ces parties.
Château et Bourg-Des$us. La tradition attribue la fondation du château à Gérard de Roussillon, comte, puis duc de la haute Bourgogne au ixe siècle, célèbre parla lutte qu'il soutint contre Charles-le-Chauvc , roi de France. Cette forteresse fut successivement agrandie par le coin le Eliennc 11, par Jean de Chalon, dit
l'Antique, son fils, et par leurs successeurs.
Au moment de sa destruction, en 1479, par Louis XI, ce château, bâti sur le point le plus élevé de la montagne, consistait en un énorme donjon carré, au nord duquel en était un plus petit, servant d'arsenal et de chapelle, reliés entre eux, à l'est, par un corps de bâtiment. Un boulevard, ou grosse tour ronde composée de plusieurs étages, défendait l'entrée de la cour à l'ouest. Sous le donjon principal étaient trois étages de souterrains , servant la plupart tic cachots, dans lesquels on a retrouvé, en 1773, plusieurs instruments de supplice.
Cechàteau, bâti dans le style saxon, avait des murailles extrêmement massives ; on peut encore en apprécier la gigantesque épaisseur et l'étonnante solidité. Il était percé de fenêtres à plein cintre. Dans l'embrasure de deux d'entre elles étaient des sièges en pierre.
Le Bourg-Dessus, dont l'origine doit être au moins aussi ancienne que le château, occupait entièrement le plateau de la montagne ; il était entouré d'épaisses murailles angulaires. La face méridionale , qui est la seule qui subsiste encore en partie, était garnie de six tours et percée d'une porte dite de VEpinette. La face occidentale s'étendait depuis la tourBarnaud, formant l'angle sudouest, à la tour Chantemerle , bàlie sur la pointe d'un roc, d'où la vue dominait un immense horizon. Cette tour Chanlcincrle pouvait bien remonter à l'époque de la caslra m é talion romaine. Construite à une époque antérieure au château, plusieurs de ses pierres étaient sculptées ; sur l'une d'elles on voyait un soleil radieux, emblème de l'Apollon égyplie 1, coqui ferait supposer qu'A rlay,
comme beaucoup d'autres lieux, doit son existence romaine aux soldats des bords du Nil , envoyés par Auguste. C'est du haut de la tour Chantemerle qu'on transmettait les ordres militaires au Bourg-Dessous, à l'aide d'un porte-voix, et qu'on sonnait la cloche d'alarme. La muraille septentrionale s'étendait de la tour Chantemcrlo à la grosse tour de la Grifone. Elle était percée d'une porte dite porte au Gallois, et flanquée de plusieurs tours. Au milieu était une tour carrée, habitée par la famille de Darbonnay. Le château défendait la face orientale. Un large fossé, taillé dans le roc , longeait la muraille au midi; de tous les autres côtés la montagne élait coupée à pic. Deux rues qui se croisaient au centre du Bourg le partageaient ; l'une, dite la Grande-Rue, conduisait , en serpentant, de la porte au Gallois à la porte de l'Epinetle, et l'autre, dite de Saint-Nicolas, conduisait la porte du château. L'église Saint-Nicolas et un petit cimetière étaient à la rencontre de ces deux rues. Plusieurs petites ruelles aboutissaient aux rues principales. Une porte communiquait du Bourg au château. Les tours et les portes étaient inféodées à de «riches vassaux dont elles portaient le nom. Le Bourg n'était guère peuplé que de gentilshommes. Après le siège de Louis XI en 1479, il ne restait sur la montagne que quatre maisons qui furent rasées en 1775.
On ne voit aujourd'hui aucun vestige de ce bourg, qui avait reçu une charte de franchise, datée de Salins en mars 1345, de Jean de Chalon II, baron d'Arlay. Les dispositions en sont très laconiques. L'article 1 er fixe les limites de la franchise ; l'article 2 exempte les habitants de toute taille, prises, aides, subventions, rançons et autres mauvaises coutumes , et les
autorise à plaider (ant en demandant qu'en défendant; l'article 3 dispense les hommes non nobles , de l'ost et de la chevauchée, et les oblige seulement à la garde du château et à rester munis d'armes suffisantes.
Bourg Dessous. Le Bourg Dessous se forma insensiblement au pied et sur la rampe de la montagne , au moment des guerres soutenues par Etienne II contre Olton, comte souverain de Bourgogne. Il n'était fermé que d'une simple muraille et de barrières, lorsque Jean de Chalon-Arlay, Ier du nom, résolut d'en faire un lieu considérable. Il employa un singulier moyen pour le peupler : il permit aux étrangers de toute nation et de toute religion de s'y établir, pourvu qu'ils ne fussent ni voleurs, ni traîtres, ni assassins , et leur promit protection ; on vit accourir aussitôt des hérétiques, des sorciers, des sacrilèges, des blasphémateurs, des incendiaires , des faux monnayeurs, etc. Rome et Athènes, du reste, n'eurent pas d'autres commencements. Il n'est pas étonnant qu'on ait appelé le Bourg-Dessous la Diablerie d'Arlay.
Par acte daté du château d'Abbans, en mars 1 276, Jean de Chalon, baron d'Arlay, Ier du nom, accorda aux habitants de Bourg-Dessous une charte1 de franchise , écrite en latin , que nous allons analyser.
Tout homme qui fixait son domicile à Arlay ne pouvait , après trois années , être réclamé ni inquiété.
Un bourgeois pouvait acquérir, vendre, échanger des biens à son gré ; les immeubles seuls situés dans le Bourg ne pouvaient être vendus qu'à des bourgeois du lieu. Le seigneur n'avait aucun droit sur les successions des bourgeois, des marchands ambulants, des militaires, des voyageurs qui mouraient dans le Bourg , laissant des héritiers.
Il fut établi un marché qui devait se tenir le mercredi de chaque semaine , à la manière de celui dç Lons-le-Saunier. (Plus tard il fut transféré au vendredi par accord avec Scllières.)
Les crimes et délits sont punis par des amendes de 3 sols et de 60 sols, perçues au profit du seigneur. Ainsi, étaient condamnés à une amende de trois sols celui qui frappait du poing ou de la paume de la main, celui qui injuriait sans provocation, celui qui ne contribuait pas à l'entretien des chemins , celui qui commettait des anticipations sur les biens communaux , celui qui gageait quelqu'un dans les murs du Bourg, et tout acheteur de gages qui a vait des associés.
Etaient condamnés à une amende de 60.so!s : celui qui mettait le désordre dans le marché, celui qui ne livrait point dans la journée leschoses par lui vendues, celui qui tirait son couteau, son épée, sa lance ou son sabre , pour frapper quelqu'un ; celui qui lançait avec intention une pierre, si le coup restait marqué à terre ou contre un mur ; celui qui tirait méchamment et aux deux mains quelqu'un par les cheveux ; celui qui s'introduisait chez un bourgeois avec effraction , celui qui avait fait couler le sang d'un homme , celui qui vendait à fausse mesure , celui qui était surpris en fornication, culotte bas, lorsque le fait était prouvé par deux témoins étrangers à la maison du seigneur, et celui qui était convaincu d'avoir nié une dette.
Restaient à la miséricorde du seigneur : ceux qui avaient deux différentes mesures, une grande pour acheter et une petite pour vendre ; ceux qui , sans excuse légitime, ne se rendaient point à l'arrière- ban en cas d'appel , et les usuriers.
Ceux qui ne se rendaient pas armés au ban du seigneur, payaient une amende de 7 sols.
Le cabaretier devait annuellement au sire une coupe de vin (6 pintes) ; le boulanger 12 deniers, et le cordonnier une paire de souliers.
Le seigneur se réservait, du reste, l-impôt annuel de 12 deniers par toise rapinale de maisons construites dans le bourg, la banalité des fours et des moulins.
Le Bourg- Dessous, appelé simplement le Bourg d'Arlay depuis la destruction du Bourg- Dessus en 1479, formait dans sa clôture un parallélogramme rectangle fermé de quatre murs réunis par quatre tours principales. Le premier de ces murs, qui servait également de clôture à la forteresse, tirait depuis la tour Chantemerle à la tour de la Griffone. Le second mur à Test tirait depuis la porte et la tour de Bournu et de la Griffone à la tour du Carouge. Ce mur était flanqué de plusieurs tours, entre autres de celle dite Dame- Jeanne , placée à l'orient et sur la roche qui dominait la porte d'amont.
Le troisième mur se dirigeait en droite ligne depuis la tour du Carouge à la tour de Tortelet , et remontait au couchant à la roche des Chantemerlc.
Ce bourg avait trois portes principales , appelées porte de Bournu , porte d'amont et porte d'aval. Chacune d'elles était défendue par des tours. Il était percé de quatre rues parallèles, dites rue Basse, Grande- Rue, rue Saint-Claude et rue Haute, et d'un grand nombre de ruelles.
Arlay-la-Fille. Cette partie, appelée successivement Saint-Vincent, Arlay-la-Ville, la Vieille- ville d'Arlay, consistait dans un grand quartier situé en plaine , à l'ouest des deux bourgs. Elle n'a jamais été
close. Elle était divisée en plusieurs rues, appelées la rue Saint-Martin , la rue des Maréchaux , la rue de la Malatière, la Grande-Rue, la rue Forestière. Son sol est jonché de débris antiques, tels que fondations d'édifices , mosaïques magnifiques , marbres précieux étrangers et fûts de colonnes. C'est là qu'étaient le palais du duc Valdelène , les bains, le temple d'Apollon , plusieurs hôpitaux, l'abbaye et l'église Saint- Vincent. Ce quartier n'existait plus au xive siècle. Les habitants s'étaient retirés dans les limites des franchises du bourg.
Chaze. Chaze, Chasoy, du latin Casalia, est un terme qui désigne une sorte de faubourg , un certain nombre d'habitations au voisinage d'une ville. Ce hameau fut entièrement dépeuplé par la peste de 1636 à 1642; il n'y resta que trois familles. Il fut repeuplé par des Savoyards. On raconte que, vers 1440, la rue qui du pré des Nulles s'élève vers le mont de Chaze , appelée rue Franche, reçut l'exemption du droit féodal qui pesait sur le four banal de ce lieu, à la sollicitation de Gertrude Tissot, jeune et jolie paysanne dont le prince d'Orange était devenu amoureux, et qui sut repousser les offres séduisantes de ce prince.
Corcelles. Corcelles, Courcelles, tire son nom de corlis qui signifie métairie. Plusieurs villes anciennes du Jura ont des faubourgs qui portent ce nom, telles que St.-Amour, A r bois, etc.
Juhans. Ce hameau, agréablement situé , est un fief très ancien qui appartint successivement à Henri dit de Blettcrans, chevalier, à Jean- Baptiste de Chalon-Landreville, qui l'habitait en 1680 , à M. de Beaurepaire , à M. Maigret de Desnes, et enfin à M. Bachot, qui y fit construire
une chapelle dans sa maison en 1768. On trouva, sur la fin du dernier siècle, des scories de cuivre et les restes d'une forge qui servait à préparer les monnaies sur lesquelles on frappait l'empreinte au château.
M. riantet, jeune numismate érudit, a possédé une pièce sortie de cet atelier.
Près de Juhans était un vaste terrain appelé en Courreaux. Là était la garenne des princes de Chalon.
Le Carouge. Le Carouge était un grand communal formant une place publique à l'entrée orientale du Bourg-Dessous. C'est sur celte place que les seigneurs d'Arlay donnaient des fêtes, des courses de chars, de chevaux, des joutes , des tournois , des jeux de bagues et autres exercices de chevalerie, à l'occasion de mariages, de naissances, de retours de la guerre et de l'arrivée des souverains. En 1455 , Louis de Chalon donna en ce lieu un tournoi à René d'Anjou, roi de Naples, lors de son départ pour ce royaume, et un autre en 1446 , à l'occasion de son second mariage avec Catherine de Bretagne. Une magnifique fête fut célébrée sur celte place le 24 juin 1770, à l'occasion du mariage du
comtes souverains de Bourgoghe.
Elle était le chef-lieu de plus de 500 terres. Comme seigneurie particulière, elle comprenait Arlay, Saint-Germain, Lombard, Vincent, Machefin , Recanoz et Froideville.
Après avoir appartenu aux rois de Bourgogne, elle passa en 1027 à Otton-Guillaume, duc et comte souverain de celle contrée. Les comtes souverains, ses successeurs, la possédèrent jusqu'en U 27 , époque à laquelle elle passa à Guillaume 1er, comme héritier du comte Guillaumel'Enfant, son cousin. Ce prince astucieux, après avoir cédé ses droits à Renaud III , son frère aîné, les revendiqua en 1148, et mourut en 1 174, laissant deux fils, Etienne 1er, tige de la maison de Chalon, et Gérard , tige de la maison de Vienne.
Etienne Ier eut dans son lot Arlay, qu'il transmit à sa morl à Etienne 11, son fils. Etienne. II mourut à son tour en 1241 , laissant pour héritier Jean de Chalon, dit le Sage ou l'Antique, mort en 1267. Par suite des divers partages opérés entre les enfants de cet illustre seigneur, Arlay échut, en 1269, à Jean Ier, tige des barons d'Arlay, dont voici la suite.
Jean 1er, mort en i 3 1 G ; Hugues Ier
Dauphin , devenu Louis XVI , avec mort en 1 322 ; Jean II , mort vers
Marie- Antoinette d'Autriche.
Proby. Proby est un ancien domaine féodal , possédé originairement par la famille Pélissonnier. Il passa, par le mariage d'une héritière de cette maison, à l'avocat Desprez, de Dijon, qui le vendit en 1673 à M. de Cavet, docteur en droit. C'est une délicieuse maison de plaisance, bâtie sur remplacement d'une villa romaine. Elle appartient aujourd'hui à Mme de Labarge.
Seigneurie. La baronie d'Arlay , l'une des plus puissantes de la province , relevait directement des
1366; Hugues II, dit le Cruel, mort vers 1390 ; Jean III, devenu par son mariage prince d Orange, mort vers 1418; Louis, dit le Bon, mort vers 1463 ; Guillaume VIII , mort eu 1473 ; Jean de Chalon IV, mort en 1502; Philibert de Chalon, dernier rejeton de cette célèbre race, dont la courte vie a brille d'un si vif éclat, né au château de Nozeroy six semaines après la mort de Jean IV, son père. H en recueillit l'opulente succession qu'il légua tout entière a son neveu, René de Nassau, fils de Clauda de Chalon, sa sœur, â charge
de relever le nom et les armes de sa maison.
Les biens de la maison de Glialon passèrent ainsi à celle de Nassau.
En 1683, Jean- Alphonse , prince d'isenghien, fit vendre ces biens en qualité de créancier, et s'en rendit adjudicataire en 168b. Il mourut en 1687, laissant pour héritiers deux fils, qui jouirent de cette terre jusqu'en 1697, époque à laquelle elle fut restituée à Guillaume %III de Nassau, roi d'Angleterre, qui porta le titre de baron d'Arlay jusqu'à sa mort arrivée en 1702. Après plusieurs années de débals entre le roi <Je Prusse , le prince de Conli aux droits des Longueville, et les enfants du prince d'isenghien, ces derniers devinrent propriétaires définitifs de cette seigneurie en 1731 . Elle échut en partage à Alexandre-Ballhazar de Gand, comte de Midclbourg, l'un d'eux. Ge prince la transmit, en 1758, à Louise-Pauline de Gand, l'aînée de ses filles, épouse du duc de la Rochefoucault. Gctte dame ayant perdu la vie dans une partie de chasse, sa riche succession passa à IUme Elisabeth- Pauline de Gand de Mérodc de Montmorency, princesse d'isenghien, épouse du comte Félicité de Brancas , comte de Lauraguais. Arlay appartient aujourd'hui au prince d'Aremberg , né du mariage du duc d'Aremberg avec M11de Lauraguais.
Guerres, sièges, émeutes. Arlay fut successivement dévasté, du me au ve siècle, par les invasions de barbares; en 923 par les Normands; en 953 par les Hongrois; de 1205 à 1227 par Otton, comte souverain de Bourgogne, dans sa guerre contre Etienne II, son compétiteur; en 1338, par Eudes, duc de Bourgogne, en guerre contre le seigneur d'Arlay; c:i \H79, par les armées de Louis X!, i
r r ,-gitime souvç-
II écrivit au duc de Craon de
commandées par Craon. Louis XI élail furieux de ce que Jean IV de Chalon s'était rallié au parti de Marie de Bourgogne, sa lé raine.
faire saisir ce prince, de le faire pendre et ensuite brûler. Son procès lui fut fait par contumace; l'arrêt rendu contre lui porte que , comme faux et traître chevalier, il sera pris pour être exécuté , et faute de ce, sera pendu en effigie par les pieds, ce qui eut lieu dans plusieurs villes du duché.
Craon , qui avait reçu l'ordre de ravager les terres et de détruire les châteaux du prince d'Orange, vint assiéger Arlay. La forteresse était défendue par Aymar de Boujailles, vaillant chevalier, âgé de 80 ans.
Ce vieillard donna un exemple admirable de dévouement. Trois fois sommé de se rendre, trois fois il prononça le plus noble refus. Les assaillants feignirent de se retirer, se ménageant des intelligences dans la place. Ils montèrent subitement ù l'assaut pendant la nuit, et s'emparèrent du château. L'infortuné gouverneur fut pendu à la porte de l'Epinelte. Le comte de Baruaud était venu s'enfermer dans la tour qu'il tenait en fief, pour la défendre. Son fils, jeune officier plein d'avenir, y perdit la vie. Les habitants, la garnison furent massacrés, le bourg et le château livrés aux flammes ; le Bourg-Dessous ne fut pas épargné.
En 1559, Arlay fut ravagé par une troupe vallone sortie de la Belgique, envoyée par Guillaume de Nassau, à l'occasion des guerres de religion.
En août 1595, le duc de Biron s'empara de vive force du Bourg- Dessous ; le château, depuis longtemps démantelé, se rendit â discrétion.
Henri IV, logé au château de Domblans, exigea une contribution de
6000 écus. Malgré l'empressement que mirent les dames à apporter leurs joyaux, leurs bijoux, celle contribution ne put se réaliser que pour moitié. Afin do garantir le paiement du surplus, Biron prit pour otages huit des principaux habitants, qui furent emmenés garoltés jusqu'à Lyon. Sa troupe indisciplinée, après avoir pillé les maisons , mil le feu aux faubourgs et aux quatre coins du Bourg-Dessous. Deux cents habitants furent passés au fil de Fépée, et leurs corps jetés dans une fosse creusée sous l'église Saint-Claude.
Le recteur de l'hôpital du Saint-Esprit dit dans ses Mémoires : « Jamais les eaux de la Garonne ne pourront laver le Béarnais d'un pareil méfait.
Dieu lui fasse bonne justice! » Au mois d'août 1637, l'armée commandée par le duc de Longueville vint, pendant la durée du siège de Bletterans, brûler Arlay. Une garnison de 60 hommes fut laissée dans les masures du chàicau.
En 1642, le capitaine de Lacuzon reprit cette place sur les Français.
Déguisé en capucin , il usa de ruse pour faire abaisser le ponl-levis et ouvrir les portes du fort. La troupe dévouée qui l'accompagnait, s'empara du commandant Raimbaud , qu'elle égorgea, et courut sur le plateau de la montagne en criant :
A sac! ville gagnée ! Lacuzon ! Lacuzon ! Saint Claude et Lacuzon !
En 1668, Arlay ouvrit ses portes sans résistance aux armées de Louis XIV. Lacuzon, à la tèle de 200 hommes , reprit celle ville en 1671. Au mois de mars 1674, les Fiançais en prirent définitivement possession.
Une rixe sanglante s'engagea en 1715 entre les haLi ants de Rufîey cl ceux d'Arlay. Une simple discussion entre les bergers en fut l'origine.
Cette lulle. serait devenue terrible sans la courageuse intervention du jeune comte de Saint- Amour et du chevalier de Mariguy, qui commandaient chacun une compagnie de cavaliers logés dans ces deux bourgs.
La suppresion de l'église Saint- Claude fut, dès 17*8 à 1789, l'occasion de querelles fréquentes suivies de coups , entre les habitants du Bourg-Dessous et ceux d' Arlay la-Ville.
Cette commune fut foulée de troupes cl de contributions pendant l'occupation autrichienne.
Pestes, grêles, incendies, inondations. Arlay fut ravagé par la peste en 1349, en 1481, et de 1650 à 1656. De 120 feux qui existaient en 1606, il n'en restait que 25 en 1640. En 1848 et 1849, une maladie épidémique enleva un grand nombre d'habitants. En 1714, une épizoolie détruisit presque tout le bétail de celle localité. Le territoire fut ravagé par des orages violents , accompagnés de grêle, en 1713, 176», 1773, 1779 et 1781.
Indépendamment des incendies qui furent la suite des guerres, Arlay eut à souffrir de terribles incendies partiels, en 1775 au bourg, à Saint- Vincent en 1815, à Corcellcs en 1832 , à Cliaze en 1839 et 1840, à Julians en 1840, et au bourg les 25 juillet et 31 août 1846.
Les inondations de 1840 et de 1841 enlevèrent plusieurs ponts et endommagèrent beaucoup de maisons.
Commerce, industrie ancienne.
Au moyen -âge, le commerce était assez actif à Arlay. Les juifs y avaient, aux xme et xive siècles , une table de change, dont lesopérations étaient nombreuses. Il y avait un marché très fréquenté qui se tint successivement le mercredi et le vendredi de chaque semaine, sous les arcades
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qui existaient au dehors de la maison de MM. de Vaulchicr. 11 y avait en outre deux foires très anciennes , fixées au 1er août et au 23 novembre , jour de Saint -Clément. Les principaux objets qui s'y vendaient étaient le bétail rouge , les porcs , les moutons, les toiles peintes, le fil et les vieux chevaux achetés par les habitants des environs d'Orgelet pour nourrir leurs cochons. Il existait plusieurs moulins , des battoirs pour le chanvre et des tanneries. Au xviii® siècle, une fabrique d'instruments aratoires produisait des outils fort estimés.
Administration municipale. Arlay avait un régime municipal et jouissait de certaines libertés qui ne résultaient point de la concession de ses seigneurs, mais dont l'origine se retrouve dans l'organisation primitive des Burgundes.
La république et grande communauté d'Arlay (c'est ainsi qu'elle se qualifiait en 1884) était administrée par deux échevins et dix conseillers élus par les habitants. Les communautés d'Arlay et de Saint-Germain, démembrées l'une de l'autre mu xv" siècle, choisissaient en outre chacune un prud'homme chargé de régir les biens restés communs entre elles. Chaque conseiller qui assistait au conseil recevait quatre petits blancs , et ceux qui y manquaient payaient six blancs au profit des assistants. Le scribe recevait douze gros par feuillet. Les séances avaient lieu dans un hôtel-de-ville qui avait un beffroi. Cet édifice fut ruiné en
Privilèges. Les bourgeois d'Arlay étaient qualifiés, dans les lettres officielles des souverains, de nobles bourgeois. Chaque lettre de bourgeoisie, délivrée aprèsde nombreuses justifications, coulait 80 livres. Les
simples résidants payaient un droit de huit livres pour leur bien- venue.
Les échevins, convoqués jusqu'en 1666 aux Etats de la province , faisaient les règlements de police , taxaient le pain , le vin, nommaient les gardes. Les bourgeois jouissaient du droit de chasse et de pèche sur tout le territoire.
Armoiries. Les armoiries d'Arlay étaient de gueules, à la bande d'or chargée d'une étoile d'azur. Ces armes étaient peintes sur la bannière de la commune.
Prévôté. La famille dite d'Arlay avait reçu, à titre héréditaire, la prévôté de ce lieu au xue siècle. Cet officier percevait les revenus du seigneur, était capitaine du château et conduisait à la guerre les habitants.
A celte fonction était attaché le droit de péage établi dans l'étendue de la seigneurie, à charge d'entretenir les chemins. Ce droit se percevait à la porte d'aval. Chaque juif passant et repassant par cette porte, payait 8
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Bailliage. Ce bailliage seigneurial, relevant du parlement de Dole, état" établi à l'instar des bailliages royaux . Il y avait un bailli, prenant le lire de lieutenant-général , un lieutenant de bailli, un procureur fiscal et un greffier. Il y avait en outre un juge châtelain, dont les jugements étaient portés par appel devant le bailli.
Gruerie. 11 y avait une justice spéciale pour les délits , et l'administration des eaux et forêts. Elle était organisée comme les maîtrises royales.
Notaires. Arlay était la résidence de deux notaires depuis le xive siècle. Il y avait en outre un notaire tabellion , chargé de recevoir les actes relatifs au* droits du seigneur.
Gouvernement militaire. Le château était commandé par un capi-
laine choisi par le seigneur, et la ville par un autre capitaine élu par les habitants.
Justice de paix. Lors de la division de la France en justices de paix , Arlay fut érigé en chef-lieu d'un canton qui comprenait, outre ce bourg, Desnes, la Muire, l'Etoile, Plainoiseau , Quintigny , Ruffcy , Saint-Didier et Saint-Germain. Ce canton, qui dépendait du district de Lons-le-Saunier, fut supprimé en
ÉTABLISSEMENTS CIVILS ET RELIGIEUX