ÉDIFICES RELIGIEUX ET CIVILS
Eglise Saint- Just. L'église d'Arbois est sous le vocable de saint Just, patron de la paroisse , dont la fêle se célèbre le 2 septembre.
Elle est à trois nefs, sans transsepts. La nef principale, se terminant rectangulairement, est divisée en huit travées ; elle est séparée de chaque collatéral par neuf piliers, dont quatre sont carrés et cinq circulaires. Sur chaque collatéral s'ouvrent cinq chapelles. Le clocher, d'une construction lourde, a été commencé en 1538. L'ensemble de l'église est un mélange confus de différents genres d'architecture qui rompt l'harmonie des proportions, l'ordonnance symétrique des principales parties et l'unité du style.
L'immense vitrail qui éclaire le cliceur est garni de fausses couleurs et de dessins d'un mauvais goût.
Celte église renfermait, avant la révolution de 1780, les reliques de
saint Antide et de saint Marcellin, qui attiraient chaque année un grand concours de peuple à Arbois.
.De chaque côté du chœur et vers la naissance des collatéraux, sont deux tableaux représentant, l'un saint Jean l'Evangéliste , et l'autre la Vierge. Ils ont été copiés avec talent, sur des tableaux originaux à Rome, par M11" Laurençot , d'Arbois.
La chapelle placée vers la porte latérale de droite, et qui comprend deux travées, renferme au-dessous d'une urne , une tablette en marbre noir, sur laquelle on lit l'épitaphe du vaillant capitaine Morel.
On remarque dans l'église la magnifique boiserie des confessionnaux, de la chaire à prêcher et du jeu d'orgues, ainsi que les précieux marbres dont est fait l'autel qui sert de fonts baptismaux, et la mosaïque formant marchepied.
Le clocher contient trois cloches, dont une pèse ft,378 kil. , une 1,500 kil., et l'autre 750 kil. ; il renferme en outre doute carillons.
Cimetière. Le cimetière primitif d'Arbois était au-devant de l'église Saint-Just. Depuis quelques années il a été abandonné comme insuffisant et remplacé par un nouveau , qui est à une certaine dislance de la ville. Quelques beaux mausolées commencent à le décorer.
Hôtel de ville. L'hôtel de ville , qui comprend le palais de justice, autrefois ancien couvent des Ursulincs , a été construit sur la fin du xviii* siècle , d'après les plans du célèbre architecte Attiret. Son extrémité occidentale est formée de l'ancienne église des Ursulines, qui fait légèrement avant-corps sur le reste de l'édifice. Elle se distingue par une riche décoration d'une ordonnance dorique, surmontée d'une
ordonnance corinthienne que couronne un fronton, et par un élégant campanille placé à sa face postérieure. Le surplus de la façade principale , quoique plus simple, a un aspect également monumental.
Il conviendrait d'acquérir la maison qui est conliguë à cette partie, pour en faire une caserne de gendarmerie dont la ville est dépourvue. On disposerait celte nouvelle construction de manière à faire pendant à Taulre extrémité du monument. Au-moyen de cette adjonction , l'hôtel de ville, serait un édifice remarquable par la pureté de ses lignes et la beauté de ses proportions.
Collège. Le collège, occupé autrefois par les pères Minimes qui en étaient les principaux professeurs, est fréquenté par cent élèves, dont cinquante sont externes. Cet établissement, parfaitement dirigé, fait honneur à la ville.
Presbytère. Le presbylère joint les dépendances du collège ; c'était un château fort qui faisait partie de l'enceinte de la ville. Sa tour circulaire , appelée autrefois de Vautr avers, est bien conservée ; on distingue encore au-dessus du mur, les ouvertures qui recevaient les pièces de bois formant mâchicoulis.
Cet édifice est suffisant pour les besoins de sa nouvelle destination ; mais il a le grave inconvénient d'être trop éloigné de l'église.
Théâtre. La salle de spectacle occupe l'église de l'ancien couvent des Ticrcelines. Cet édifice, d'une architecture lourde et insignifiante, a été mal approprié à sa nouvelle destination. D'une église on ne fait pas facilement un théâtre.
Halle au blé. La halle au blé occupe l'ancienne église collégiale de Notre-Dame. L'atrium qui est sous le clocher sert de dépôt pour
les pompes à incendie. La nef est éclairée par quatorze belles fenêtres.
Trois chapelles s'ouvrent sur le côté droit de la nef; du sommet de la travée de la seconde chapelle s'échappait un jubé ou galerie qui traversait la nef comme un pont aérien.
La nef est d'un aspect imposant, les fenêtres qui Péclairent sont de belles proportions. Les colonnettes groupées trois à trois, divisant la nef en cinq travées, et celles isolées, formant les travées du chœur, sont très gracieuses , et montent sans interruption depuis le sol de l'église jusqu'à la naissance de la voûte.
Toute celte église est du style ogival secondaire, à l'exception du clocher et d'une partie de la nef le joignant, qui sont du style romain usité au xviii* siècle. L'ensemble de cet édifice , quoique de styles différents , est d'un aspect monumental et majestueux. Il esta regretter qu'on le laisse tomber en ruines plutôt que de le réparer pour le rendre au culte, réglise Saint-Just étant insuffisante pour contenir les fidèles qui fréquentent les offices.
Hôpital. Arbois occupe un rang distingué par ses nombreux établissements de bienfaisance. On y trouve un hôpital civil et militaire dont l'origine est très ancienne. En 1689, il fut transporté dans le bâtiment qu'il occupe actuellement, au sud et presque en dehors de la ville, rue de Champagnole. Le 20 février 1690, Antoine-Pierre de Grammont, archevêque de Besançon , autorisa la ville d'Arbois à établir un Hôtel- Dieu sous les mêmes règles, statuts et direction que celni de la ville de Dole.
Par décrets épiscopaux des 26 janvier 1681 et 29 avril 1687, les confréries du Saint-Esprit d'Arbois et de Changin furent unies à cet hô-
pilai. Parédit du 6 octobre 1696, | le roi y incorpora encore les biens et revenus de la maladrerie et chapelle Saint-Nicolas de cette ville, de la maladrerie et de l'hôpital St.-Eloi de Grozon, et de la maladrerie de Molamboz.
11 existe au rez-de-chaussée de l'hôpital une salle de vingt-quatre lits puur les hommes, et une autre de neuf lits pour les femmes. Ces deux salles sont séparées par la chapelle. Au premier étage sont deux salles, l'une contenant sept lits pour les femmes, et l'autre seize pour les militaires. Dans les salles au rez-de-chaussée, on distingue les portraits de plusieurs bienfaiteurs de l'hôpital, et dans la chapelle, quelques tableaux de bons maîtres.
L'hospice est parfaitement tenu et dirigé par six sœurs hospitalières de l'ordre de Saint- Jacques, dont la maison principale esta Besançon.
Les principaux bienfaiteurs de cet établissement sont : Jean Huguenet , chanoine de l'église collégiale d'Arbois (1693) ; sœur Marie- Elisabeth Guillemln de Besançon, religieuse hospitalière d'Arbois, directrice de cet établissement (1701); le doyen d'Orchamps (1724) ; Remi Deleschaux, chanoine de l'église collégiale Notre-Dame (1725); Pierre Dalloz ( 1734 ) ; Mme veuve Boussu (1736) ; Bontemps, prêtre, prieur de Colonne ; la sœur Jacquier (1807); M. le lieutenant-général Delort(1814-1846); Mlla Morivaux;
M. Bulabois (1818); Mme veuve Rosay, née Béziat (1 826); Mme veuve d'Oussières , née Droz ( 1827 ) ; Barberot, Charles (1833); Mlle, Christine Bulle (1835) ; Mllc Othilie Broyé ( 1845); M. Delort, Adrien (1849). Mme Estreyer, sœur supérieure de cet hospice, qu'elle a quitté il y a quelques années , a fait des
dons sans nombre, et contribué par des efforts continuels à la prospérité de cet établissement.
On doit à M. Eliévant, receveur de l'hôpital, de grandes obligations pour sa bonne gestion des biens de l'hospice, dont il a su augmenter le capital de 18,440 fr. 88 c, et fait atteindre à son revenu le chilTre de 14,000 fr. , tant en espèces qu'en nature.
On ne saurait donner trop d'éloges à M. le docteur Bergeret , médecin de cet hospice. Il cède aux pauvres malades son traitement annuel, qu'il remet à madame la supérieure pour qu'elle leur distribue de l'argent et des vêlements à leur sortie de l'hôpital , et supplée à celle dépense de ses propres deniers.
Couvent des Filles de Marie. Cette maison, qui joint la promenade du Champ de-Mars, est l'ancien couvent des capucins ; elle contient habituellement trente à quarante religieuses, tant professes et novices que sœurs compagnes. Ces dames se livrent à l'éducation de la jeunesse. Elles ont un pensionnat et un externat, avec des maltresses distinctes pour chacun. Le pensionnat se compose , en moyenne , de cinquante à soixante jeunes personnes, qui y reçoivent une éducation très soignée. L'externat compte environ trois cents élèves. Un aumônier est attaché à cet établissement, qui a une chapelle ouverte au public.
H ermitage. Cet h ermitage, situé presque au-dessus de la côte au sud de la ville, est un lieu de dévotion très ancien. La sacristie actuelle était autrefois la chapelle qui renfermait les objets de la vénération publique. Au commencement du xviue siècle, l'église fut construite avec un petit logement d'hermite.
Dans ces dernières années, la charité
de plusieurs personnes pieuses de la ville a utilisé ces bâtiments en les augmentant considérablement, et en les appropriant à rétablissement des orphelines placées sous la protection de la Vierge.
Les religieuses filles de charité dirigent gratuitement cette intéressante maison, qui sert d'asile à une quarantaine de jeunes orphelines qui doivent tout à l'assistance privée.
Le 2 juillet de chaque année, et de temps immémorial , il se célèbre dans la chapelle une neuvaine, qui attire un grand concours de fidèles d'Arbois et des villages voisins.
Etablissement aes Frères des écoles chrétiennes. Cet établissement, situé rue du Vieux-Château , est la propriété de la ville. 11 est parfaitement tenu par sept frères donnant gratuitement l'instruction élémentaire à quatre cents élèves qui fréquentent l'école en hiver.
Prisons. La prison actuelle avoisine le palais de justice et n'offre aucun caractère architectonique ; près d'elle on en construit une nouvelle d'après le système cellulaire.
Comme elle n'est pas encore achevée, nous ne pouvons rien dire de sa distribution. Vu extérieurement, cet édifice ressemble beaucoup à une basilique.
Abattoir public. L'abattoir, situé rue des Boucheries, presque au centre de la ville, est en quelque sorte suspendu sur la rivière la Cuisance. Il consiste en un chétif corps debàtiment construit en bois, briques et plâtre, qui est loin de répondre aux besoins de sa destination.
Construire des Lavoirs publics couverts , des halles, une caserne de gendarmerie ; transférer l'abattoir hors de la ville ; faire de l'ancienne prison une salle d'asile; niveler le sol des arcades qui joignent
la place de la Liberté ; paver les rues qui ne le sont pas encore : telles sont les diverses améliorations dont le besoin se f ût vivement sentir.
HOMMES RECOSLNAltDABLES NÉS A AKBOIS.
Achey (d?), Jean , sieur de Verreux (faubourg d'Arbois), servait le duc de Savoie dans la guerre de Lombardie (1*50); fut fait chambellandu roi Louis XI, bailli d'Auxois et de Dijon (4478); lieutenant, â Besançon, de messire Jean de Beaudricourt, gouverneur des Bourgognes et leurs dépendances (4481); président des parlements de Bourgogne en 4488.
Achey (l'amiral, comte d'), vivait au xvuie siècle. 11 était de la même famille que Claude d' Achey, archevêque de Besançon, prince du Saint- Empire.
Arbois. Une maison dite d'Arbois, très noble et très ancienne , avait probablement emprunté son nom de la mairie ou de la sergenterie héréditaire de cette ville, qu'elle tenait originairement en fief. Jacques d'Arbois. dit te Français, était bailli du comté de Bourgogne ( 4269- 4CJ70). Othenin, son fils, occupait les mêmes fonctions ( 1500-4504 ).
François d'Arbois, sieur de Morvillars, était chambellan de l'empereur Charles V et du roi des Romains.
Philippe d'Arbois fut un célèbre évèque de Tournay ( 4381-4570 ).
Hugues d'Arbois, chevalier, dit de la Grange (4307-1340).
Barochin, Claude-François (4 763- 4844), avocat distingué. Sa mémoire restera longtemps gravée, ainsi que ^elle de son frère, encore vivant , dans le cœur des malheureux d'Arbois.
Baudrand, Claude-Etiennc-François (4774-4948), né accidentellement à Besançon, mais baptisé à
Arbois , lieu originaire de ses parents, marécbal-de-camp, directeur du génie au ministère de la guerre, inspecteur de l'arme du génie.
Bouvenot, Pierre, né en 1748 , président du tribunal civil de Lonsle-Saunier pendant il ans. C'était un magistrat intègre et érudit. II fut député à l'Assemblée législative pour le déparlement du Doubs en 1791.
Bruet, François -Ignace -Xavier ( 1 7*7-1 82 1 ), prêtre , membre de l'Assemblée législative. Ses concitoyens, qui ont tous dans leurs maisons le profil de sa figure caduque et révérée, ne tarissent pas sur ses traits de charité et de bienveillance.
Calamardj Denis-AIexis-Ëusèbe (1780), président honoraire du tribunal civil d'Arbois , qu'il présida avec un talent très remarquable pendant 35 ans, membre de la légion-d'honneur.
Cou ton, Pierre -Charles-Nicolas ( 1764-1859), mort curé d'Arlay.
Cet honorable ecclésiastique a recueilli de nombreuses notes pour servir à l'histoire de sa ville natale.
Coureotsier, Jean-Baptiste (1755- 1803), jurisconsulte très distingué, chancelier auprès de Sa Majesté Louis XVIII , alors en exil , auteur de l'ouvrage ayant pour titre : De l'excellence du gouvernement monarchique en France , et de la necessité de s'y rallier.
Crestin d'Oussières, Eugène- François-Jean-Bapliste (1793), maréchal-de-camp du génie en activilé de service.
Crestin d'Oussières , Louis -Gui Ilaome- Jean -Baptiste (1774-1848), officier supérieur de cavalerie, chevalier de Saint-Louis et de la légion- «"honneur.
Cmtin d'Oussières (la famille de). Cette famille se distingue à Arois par sa charité inépuisable et
son zèle pour répandre l'instruction et la moralité dans les classes indigentes.
David, général de brigade, mort à l'âge de 32 ans , le 28 fructidor an vu , des suites de deux coups de feu reçus à la bataille d'Alkmaer.
Delort, Anguslin-Osias ( 1777- 1830), capitaine, membre de la légion-d'honneur.
Delort , Jacques-Antoine-Adrien ( 1773-1846 ), lieutenant-général , pair de France, aide-de-camp du roi Louis-Philippe, grand'-croix de la légion-d'honneur, membre correspondant des académies de Besançon, de Marseille, et de la société d'émulation du Jura, baron de l'Empire.
Delort y Jean-Baptiste ( 1784-
1849) , capitaine, membre de la légion-d'honneur.
De Sarret-Grozon, Louis-Ignace- Thérèse- Vernier (1762-1842), lieutenant-colonel.
Domet, Jacques, professeur distingué de médecine à l'université de Dole, mort de la peste en 1636.
Domet de Mont, Charles-Anne- Joseph ( 1777-1847 ), membre de la légion-d'honneur, géologue aussi habile que modeste. 11 découvrit le tripoli dans les galets du Jura, obtint plusieurs médailles d'honneur pour ses pierres lithographiques et ses objectifs achromatiques. Il a emporté des regrets justement mérités.
Domet de Mont, François-Nicolas (1721....), lieutenant-colonel, chevalier de Saint-Louis.
Dumont, François-Joseph (1762-
1 850) , correspondant de la société Linnéenne de Paris et de la société d'émntation du Jura. Il a mis au jour une notice intéressante et très utile sur le vignoble d'Arbois.
Fon taine (1 7 82), chef de bataillon, membre de la légion-d'honneur, habite Arbois.
Grillon , Alexis-Catherine- Victor (.1750-1816), général de brigade.
Guillemin, Héron - Hippolytc , (1823), capitaine du génie, en activité de service.
Joliton, Claude - Charles- Joseph ( 1774- 1 836 ), capitaine , membre de la légion-d'honneur.
Laurençot, Charles Henri-Ladislas (1802), connu à Paris sous le nom de Léonce, écrivain dramatique distingué, auteur du Gendre d'un millionnaire et de plusieurs autres pièces , qui ont obtenu des succès sur les grands théâtres de la capitale.
Laurençot, Désiré (1786), officier distingué de marine en retraite.
Laurençot, Jacques-Henri (1763- 1834), ex-membre de la Convention et ancien membre du conseil des Cinq-Cents. Dans le procès de l'infortuné Louis XVI, il montra beaucoup de courage, en déclarant du haut de la tribune que les menaces de la majorité ne parviendraient pas à lui faire croire qu'il pût réunir les fonctions déjuge à celles de législateur; néanmoins il prit pari au jugement en votant la réclusion et le bannissement.
Moréal de Bmans, Charles-Louis Xavier (1817), capitaine du génie, en activité de service.
Moréal de Drevans , Edmond - Charles-Remi-Joseph (1815-18&5), substitut du procureur-général à Pondichéry.
Norel, dit le Prince, mort en 1595, vaillant capitaine, pendu par ordre d'Henri IV , pour avoir défendu son pays en héros.
Moriveau , A natoile - François - Antoine ( 1745-1816), ancien magistrat, homme très érudit.
Parandiev , Auguste - Napoléon (1804), ingénieur en chef des ponlset-chaussées, membre de la légiond'honneur, auteur de travaux lies
importants exécutés en France^
Pécaud, vaillant capitaine de partisans , compagnon d'armes du célèbre capitaine Lacuzon.
Platière (de la), Humbert (1357- 1388), écuyer et matlre d'hôtel d« la comtesse Marguerite. Il laissa un fils, Louis de la Platière, qui florissait à Arbois dans les trente premières années du xve siècle.
Pichegru, Jean-Charles (1761- 1804), général français qui se signala durant les guerres de la révolution.
Il marqua rapidement sa place parmi les plus grands hommes de guerre de France. En 1796, il accueillit les ouvertures du réprésentant des intérêts de la maison de Bourbon.
Pour prix de sa trahison, on le gratifiait, outre le bâton de maréchal de France, du gouvernement de l'Alsace, du cordon rouge, du château de Chambord avec son parc , d'un million comptant, de deux cent mille francs de pension et de douze pièces de canon d'honneur; enfin un arlicle particulier du traité portail que le nouveau maréchal de France donnerait son nom à la ville d'Arbois: celle-ci, déclarée exempte d'impôls pendant quinze ans, se fût appelée Pichegru.
11 ne peut y avoir deux opinions sur le génie militaire de Pichegru, le plus grand capitaine , selon Napoléon, qu'ait eu la république. Mais l' histoire reprochera toujours au conquérant de la Hollande d'avoir manqué à ses devoirs comme citoyen, et trahi ses serments comme soldat.
Poquet, vivant au xvn' siècle, définiteur général des capucins à Paris, homme très érudit, écrivain estimable.
Regnaud d' Epercy, Eug. (1802;, auteur de plusieurs écrits politiques, et actuellement préfet des Vosges.
Rougetyief, Eugène, auteur de l'Histoire de la Franche-Comté ancienne et moderne, en cours de publication.
Saillard, Jean-François ( 1736- 13 messidor an vu), chef d'escadron au 6e régiment de chasseurs, chevalier de Saint-Louis.
Saillard , Jean-François ( 1785- 1839), capitaine, chevalier de Saint- Louis, membre de la légion-d' honneur.
Arbois est encore la patrie de MM. Crestin d'Oussières, Emmanuel, capitaine au Ier régiment de sapeurs, Jarre, Jean-Pierre , capitaine au 6e de cuirassiers, Nicolas, Cl aide, sous-lieutenant.
BIBLIOGRAPHIE
On peut consulter l'opuscule intéressant publié par M. Bousson de Muiret, intitulé : Le capitaine Morely dit le Prince, ou le siège d' Arbois en 1595, et l'Annuaire du Jura de
Archelango , vg. de l'arr. de Dole , cant. et bureau de poste de Rochefort , percept. d'Authume , succursale, à 7 kilom. de Rochefort et 8 de Dole.
Il est bâti sur un sol très accidenté et dans une espèce d'entonnoir, au pied nord-est du mont Chatin. Ses limites sont, au nord, Offlange et Gredisans , au sud Au- Ihume, à l'est Ghàlenois et Offlange, et à l'ouest Jouhe, Menotey et Gredisans. Le Faubourg fait partie de la commune.
Ce Village est traversé par les chemins tirant à Châtenois, Rochefort, Authume, Menotey, Gredisans, te chemin vicinal de Jouhe à Rochefort ; le ruisseau de Gredisans lui sert de limite sur une petite longueur au nord-ouest.
Pop.cn 1790, 259 hab.; en 1846,
500 ; en 1851, 293, dont 151 boni, et i'tl fcm.; pop. spéc. par kilom.
carré, 58 hab. ; pop. agglom., 292 hab.; 6'i maisons, 77 ménages.
Les plus anciens registres de l'état civil remontent à 1793.
497h05a, divisés en 2038 parcelles possédées par 201 propriétaires, dont 106 forains; cont. imp.
ft90b 55a , dont 207h 86a de terre labourable, U0h 05a de bois, iOkh 53ade vignes, 29h 82a de pâtures, 2h 25a de friches , 2h 05a en sol de maisons, lh 48* de prés, lh 30ade vergers, lh 21a de jardins; cont.
non imp. 6h 50a; rev. cad. 8892 f.; contrib. dir. 2259 fr.
Sol d'une fertilité moyenne; il produit des vins d'une qualité médiocre, du froment, du maïs, des pommes déterre, du chanvre, du sainfoin, du trèfle, de la luzerne et des betterave? ; on exporte les 4;5 de la récolte des vins et le tiers de celle de> blés. Le revenu réel des propriétés est de 3 ponr cent. Les habitants fréquentent habituellement le marché de Dole.
Les maisons sont généralement bâties en pierres et couvertes en tuiles ; les rues sont mal percées et tortueuses. Les maisons sont construites sans goût ; on pourrait y rencontrer plus de propreté tant à l'intérieur qu'à «l'extérieur.
On trouve sur le territoire de cette commune des carrières de pierre à bâtir, non exploitées, des sablières, une grande quantité de coquillages..
Les plus nombreux appartiennent à la famille des terrébratules, des pectinite3, des ostracites, des échinites, des poulettes, des bucardites, des fragments d'astérites, des buccinites,
quelques encrimes, etc.
Il y a une auberge, un menuisier et un maréchal-ferrant taillandier.
Biens communaux : un presbytère en mauvais état, contenant aussi un logement séparé pour l'institutrice , et la salle d'école des filles fréquentée en hiver par 30 élèves ; une maison commune insuffisante et en mauvais état, contenant le logement de Pinslituteur et la salle d'étude fréquentée en hiver par 35 garçons; une église, un cimetière, Une pompe à incendie, deux fontaines, deux lavoirs, deux abreuvoirs et une cont. de 1 63h 40* en terre labourable, vignes, pâtures, murgers, boisetemplacementdesédiGces publics, d'un rev. cad. de 972 f. 27 c.
Bois communaux : i 30h 1 6* de bois, dont 4h 34* sont distribués annuellement aux habitants ; essences dominantes : chêne et charme.
Archelange, archelanges, arcelanges, fut probablement fondé par une tribu germanique d'Amaves ou de Chamaves , qui fut transplantée des bords du Rhin aux bords de la Saône par Constance Chlore , sur la fin du nie siècle. Détruit par les flots de Normands qui dévastèrent le comté d'Amaous de 845 à 906, ce village fut repeuplé en 885 par des colons venus de l'Ile-de-France , fuyant devant les Normands, etaltirés dans ces lieux par Agilmar, évèque de CIcrmont, issu des comtc3 du pays d'Amaous. C'est à la présence de ces nouveaux hôtes que Ton doit attribuer l'introduction à Archelange du culte de saint Marcoul , Marcou, ou Marculphe, abbé de Nanleuil , né en 448, et mort en 558, dont le corps repose dans l'église de Corbic, et la féte se célèbre le 1er mai.
L'agiographic rapporte qu'aussitôt après leur sacre, les rois de France se mettaient en marche pour aller offrir un pieux hommage à saint Marcoul , et que, reconnaissant de celle dévotion, ce saint les avait gratifiés
du bienfait tout divin de guérir des scrofules par leur simple toucher.
Le concours des pèlerins est considérable à Archelange, où les individus maltraités par les humeurs froides accourent du fond de la Bourgogne, du Lyonnais et de la Suisse, pour venir se plonger dans la piscine d'eau limpide et fraîche, qui sert de fontaine publique aux habitants de ce village.
Les trois fêtes de saint Marcoul ont lieu le 1er mai, le 7 juillet et le 2 octobre. C'est surtout au 1er mai que la foule des malades, se rendant au pèlerinage d' Archelange , est la plus grande. Après avoir baigné dans la fontaine de saint Marcoul les parties de leur corps qui sont affectées de scrofules, ils lavent dans la même eau les linges et vêtements dont ils doivent se servir, et les font toucher à la sainte relique qu'ils sont admis à baiser eux-mêmes. Ils font le pèlerinage en mendiant , ne mangeant que du pain sans levain, dans la persuasion qu'à cela est attachée la guérison des écrouellcs.
Archelange servit à la dotation du prieuré de Jouhe , fondé vers l'an 1050. Le prieur en était le seigneur, et avait la justice haute, moyenne et basse sur ce territoire. Les habitants étaient sous le poids de la mainmorte personnelle et réelle. Ils succombaient sous le fardeau des corvées et autres droits féodaux. Ils devaient cultiver toutes les vignes du prieuré.
Différents traités intervinrent entre eux et le prieur en 1394 et 1557, qui curent pour résultat d'adoucir les charges qui les accablaient. Ils devaient guet cl garde au château de Dole ; ils convertirent cette charge en une rente annuelle de dix livres de cire.
Au mois de mai 1G36 , le prince de Condé, venant assiéger Dole, tra-
versa Àrchelange avec le gros de 6es troupes. Pendant la durée du siège, les Comtois se rangèrent en bataille sur le mont Chatin, près des tranchées des assiégeants ; à celte vue , les Français, saisis de terreur, prirent la fuite.
Archelange était anciennement de la paroisse de Jouhe, et n'avait qu'une chapelle dédiée à saint Hubert. Celte chapelle, aujourd'hui église paroissiale, est à une nef, avec une chapelle au nord, près du clocher, dédiée à la sainte Vierge. Celte nef est du style ogival tertiaire, et date du xvie siècle. Le reste de l'édifice est de construction récente.
Sur la porte de la sacristie , vers la naissance du chœur, est un cul-delampe avec cette inscription :