‹ Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la FrancheComté et des hameaux qui en dépendent, classés par département. Tome premier VI département du JuraChapitre 2 sur 33 · K0T1CE HISTORIQUE SUR DOMBLANS · texte numérisé non relu

K0T1CE HISTORIQUE SUR DOMBLANS

Groupé sur la rive gauche de la Seille , Domblans occupe une éminence qui domine une plaine riante et fertile qu'entourent de hautes collines couvertes de vignobles. Sa position est des plus agréables. Bâties en pierre avec des toitures en tuiles , les maisons, en général, ont un air d'aisance et de propreté. La double ligne de saules et de peupliers qui ombragent les bords de la rivière présente un aspect tout-àfait romantique.

Dans notre notice sur Château - Chalon , nous avons cherché à démontrer que le val de Voiteur avait été habité dès l'époque celtique.

Domblans nous en fournit une nou-

velle preuve. L'étymologie de son nom , Dorninus Belenus , celle du nom de Blandans , Bella Domina , attestent le culte rendu dans ce lieu à Osiris et à /sis, c'est-à-dire au soleil et à la lune. Un bois situé sur le territoire de ce dernier lieu s'appelle encore le Bois de la Lune, L'usage général qui se perpétue à Domblans , à Blandans , à Menetru, à Neyy, à Voiteur, à Chàteau-Cbalon, d'allumer des feux de joie sur les hauteurs le 25 décembre , est une commémoration de la fête du Soleil.

Sous l'empire romain, l'immense forêt du Yernois et le val de Voiteur devinrent une terre fiscale. Une métairie (fiscum), fut construite dans la plaine qui s'étend entre Domblans, la forêt du Vernois et la Muire, dans le lieu dit en yillan. Celte contrée est couverte de débris de constructions antiques , parmi lesquelles on a trouvé des tablettes de marbre blanc, des médailles consulaires, des monnaies du Haut et du Bas-Empire, et une figurine en bronze. Cette statuette s'appuyait d'un bras sur une haste et de l'autre main elle tenait une urne. Elle avait pour vêtement une tunique et un manteau; à sa ceinture tordue étaient passées deux sandales et avait la tête et les pieds nus. On croit qu'elle représentait Esculape. A la Sarrasine, à la Rochette, aux Murgersy à la Poitte, on trouve d'autres restes de constructions. Plusieurs voies romaines traversaient le territoire et aboutissaient toutes au Gué-Farou. L'une, venant de Lonsle-Saunier, passait à la Muire , où elle est encore appelée le Chemin desSalines, les Grandes-Charrières, la vie Poire et se continuait sur Bréry sous le nom de chemin des Allemands. Une autre se dirigeait de Chalon-sur-Saône à Poligny par

Arlay. Il parait que le val de Voiteur fut le théâtre d'une immense bataille livrée entre les Gai lo -Romains et les hordes germaniques. La plaine est semée d'ossements humains et de tombeaux de formes diverses. A la Côte de Meure, les corps sont simplement déposés dans la terre ; à la Sarrasine, les tombeaux sont en maçonnerie sur les côtés, avec dalles dessus et dessous. A la vie des Côtes, sur Blandans , une épée en bronze était à côté d'un squelette. La forme des sépultures parait appartenir aux peuples du nord. Près de la vie Poire, on remarque une voûte souterraine encore inexplorée.

Les rois Bourguignons succédèrent au fisc romain. Ils obtinrent à ce titre le val de Voiteur , dans lequel de riches familles patriciennes avaient des domaines qu'elles conservèrent après la chute de l'empire.

Ainsi saint Donat, évêque de Besançon , fils de Valdalène ou Vandelin , duc de la Haute et de la Basse-Bourgogne et de Flavia , tous deux issus de familles romaines , devenu héritier des biens de son père, qu'il partagea avec le duc Ramelène , son frère, fit don à son église (650 à 660) des terres qu'il avait à Arlay et à Domblans. Une église fut bâtie dans ce dernier lieu, sous le vocable de saint Symphorien , martyrisé à Autun vers l'an 170, pour avoir refusé d'adorer Cybèle, Apollon et Diane.

Après la mort du comte Otton- Guillaume , Rainaud 1er son fils , et Otton , né de son autre fils, se partagèrent sa succession. Rainaud eut le comté de Bourgogne, et Otton reçut le comté de Màcon ainsi qu'une partie de la contrée de Scodingue et le ressort d'Auxonne. Guy II, petit-fils d'Otton , s'empara par la violence de la prévôté de Domblans,

potestatem deDublinco, au préjudice de l'église Saint-Elienne de Besançon et la donna à l'abbaye de Cluny. Entraîné par l'exemple de l'illustre Simon , comte de Crépy , qui était venu s'ensevelir dans l'abbaye deCondat en 1076, Guy entra en 1078 avec Hugues, duc de Bourgogne , ses propres fils et trente chevaliers, dans les cloîtres de Cluny et abandonna ses Etats à Guillaumele-Grand, comte de Bourgogne, son cousin. Hugues H de Montfaucon , archevêque de Besançon, ne put décider ce dernier à réparer l'injustice du comte Guy ; mais dès qu'il sut que Guillaume avait abdiqué (108U), il s'adressa à Rainaud II, son fils et son successeur, pour forcer l'abbé de Cluny à renoncer aux droits dont son monastère jouissait injustement à Domblans, au Vernois et à la Muire. Rainaud ne se fit pas longtemps prier ; sans forme de procès, il se mit en possession de ces biens et les rendit ensuite à l'église Saint- Elienne, en ayant bien le soin de s'en réserver moitié comme avoué , sauf à en faire hommage à l'archevêque. L'abbaye de Baume, déjà propriétaire du prieuré de Bréry, obtint de l'archevêque de Besançon l'église de Domblans et s'en fit confirmer la possession par une bulle du pape Urbain II, de l'an 1089, et par un diplôme de l'empereur Frédéric Barberousse de l'an 1157.

Seigneurie. Le val de Voiteur formait une prévôté qui dépendait du domaine des comtes souverains de Bourgogne. Celte chàlcllenie fut engagée par Louis XIV, pour trente ans, le 19 avril 1697, à Nicolas- Jean-Bapliste de Montrichard, seigneur de Saint-Martin, et vendue moyennant une rente, le iU février 176^ , au sieur Louis Cavelle , chevalier de la Neuville.

Le château de Blandans était le chef-lieu de la prévôté. La justice haute, moyenne et basse était exercée par des officiers royaux, et rendue sur le pont de la tour de Charlemagnc de Chàteau-Chalon. 11 y avait en outre, pour tout le val, une grucrie , une cour pour le scel des contrats et un tabellionné. Les échevins de chaque communauté étaient tenus d'assister aux assises du prévôt-châtelain et du gruyer, sous peine d'une amende de 60 sols. L'office de capitaine-gouverneur du val fut toujours confié aux seigneurs de Domblans. Les habitants jouissaient de privilèges tout exceptionnels. Ils ne furent jamais soumis à la mainmorte ni aux corvées. Us ne payaient ni cens, ni tailles, ni gabelles, ni péages; les acquisitions d'immeubles étaient affranchies de tout droit de lods et de retenue. A l'exception de deux fours banaux qui existaient, l'un à Domblans et l'autre à Blandans, les sujets ne connaissaient aucune charge féodale. Ils pouvaient user des moulins , des foules , des battoirs le plus à leur convenance, et pêcher dans la Seille le vendredi et le samedi de chaque semaine. Les gardes des vignes ayant voulu percevoir des droits exagérés , les populations se soulevèrent et se refusèrent à payer d'autres redevances que celles qui seraient fixées par le parlement. En 1Û02, cette cour, assemblée à Dole , limita à 8 deniers estevenants par journal la somme due au duc de Bourgogne, pour son droit de garde , et à 2 deniers par journal le salaire des gardes.

Fief de Domblans, Ce fief relevait immédiatement du souveraiu; aucune justice n'y élait attachée; ses possesseurs ne jouissaient d'autres droits que du privilège d'entretenir une maison-for le, de chasser dans

tout le val de Voiteur et de porter le titre de seigneurs de Domblans.

Seigneurs. Les seigneurs de Charrin possédèrent la seigneurie de Domblans jusqu'au xve siècle. En IftlU, les enfants d'Antoine deToulongeon , chevalier, seigneur de Montrichard , la vendirent à Claude de Vautravers, écuyer, échanson du duc de Bourgogne , déjà possesseur d'une chevance dans ce village. Jean de Vaulravers, son fils et son héritier, mattre d'hôtel du duc Charlesle -Téméraire, eut un fils du nom de Claude, qu'il fit nommer page et ensuite écuyer tranchant du même prince. Claude épousa Isabelle de Francières, fille d'honneur de la duchesse, dont il eut deux fils, Guillaume et Charles. L'aîné eut le fief principal de Domblans, et Charles eut la chevance située au même lieu.

Ils se qualifiaient pour cela, tous deux, de seigneurs de Domblans.

Guillaume s'allia à Marguerite de Malain , et en eut Charles , qui épousa Claudine de Vaudrey, dont il n'eut pas d'enfants , et Claude de Vautravers. Ce dernier se maria avec Henriette de Binand , fille du seigneur de Chambéria , qui lui donna une nombreuse postérité. Philibert, l'un de leurs fils, chevalier, seigneur de Charrin et de Domblans , de Verges , de Montfort , gentilhomme de la maison de l'empereur Charles-Quint , châtelain et gouverneur de Chàteau-Chalon et du val de Voiteur, en 1559 , eut de Jeanne de la Chambre , née d'une maison illustre de Savoie , Charlotte et Rénée de Vautravers. Rénée fut mariée , vers l'an 1 598 , à Claude- François de Foucbier, baron de Savoyeux, seigneur de l'Etoile, etc.

Ce gentilhomme se ruina. Emmanuel-Philibert de Fouchier, son fils, acheta, le 15 janvier 1625, les

biens de ses père et mère , qui s'adjugeaient par décret, et revendit, quelque temps après , la seigneurie de Domblans, à M. Louis de Grain de Saint-Marsault , d'une fort ancienne famille de la Saintonge. Elisabeth de Grain de Saint-Marsault épousa, en 1695 * Charles-Guillaume Timonet des Gaudières, lieutenant-colonel d'infanterie, brigadier des armées du roi et chevalier de Saint-Louis de la première promotion. Les lettres de noblesse accordées par Louis XIV, le 17 décembre 1704, à ce nouveau seigneur de Domblans , constatent les faits d'armes les plus brillants.

Chargé, en 1691, par le maréchal de Catinat , de commander un corps de grenadiers au siège de Montmetlian , M. Timonet fut blessé dangereusement d'un coup de mousquet dans le corps, en établissant u* logement sur le bord du fossé. En 1702, après s'être distingué à la défense de Kayserwcrlh , il eut une partie du crâne emportée en soutenant l'attaque du chemin couvert.

Sa blessure l'ayant mis hors d'état de conduire son régiment en Bavière, il se rendit à l'armée du Rhin et commanda les bataillons de grenadiers de Bourgogne, aux sièges de Brissach et de Landau, ainsi qu'à la bataille de Spire. 11 mourut au château de Domblans , en 1718.

Claude - Désiré Timonet des Gaudières, l'un de ses descendants, né en 1732, général , commandant la place de Cambray , vendit cette terre, en 1817, à M. Chevassus.

Château. Le château est situé au nord-est du village et près de l'église. Il se compose de deux corps de bâtiments formant une éqnerre.

A la pointe du triangle et aux extrémités de ses côtés , sont trois tours circulaires ayant environ 7m

de diamètre. Au sommet intérieur du triangle , se trouve une autre tour renfermant l'escalier. Au nord de la cour, on remarque une tour circulaire isolée, appelée autrefois la prison, avec des corbeaux en pierre qui supportent un colombier carré. Toutes ces tours sont percées de meurtrières. Les fenêtres du château sont géminées et à quatre compartiments. La rivière baigne le pied de ce cbâteau au nord ; les autres côtés étaient défendus par de profonds fossés de 11™ 50° de largeur, encaissés dans des murs. Un pont en pierre mettait en communication la forteresse avec le jardin .

La construction primitive n'a pas laissé de traces. Elle devait être très forte, car les Anglais en firent le siège au xive siècle, sans pouvoir s'en rendre maîtres. Claude de Vautravers obtint du duc Philippe-Ie- Bon, en 1446, l'autorisation de reconstruire le cbâteau de Domblans.

Ce gentilhomme ayant , dans sa vieillesse, abandonné la cour pour venir vivre en paix dans son manoir, eut l'honneur d'y recevoir, le 7 août 1476, Charles-le-Téméraire , désespéré d'avoir perdu la bataille de Morat , et cherchant encore à recruter des troupes pour venger sa défaite. En 1508, on y célébra les noces de Claudine de Vautravers avec Philibert de Sachins, chevalier, seigneur d'Asnières, et l'année suivante , celles de Catherine de Vautravers avec Claude de Chaussin, seigneur de Chavannes-sous-Sellières. Henri IV logea au château de Domblans du 15 au 19 août 1595.

II y fut accueilli par Jeanne de la Chambre, veuve de Philibert de Vautravers et cousine de Marie de Médicis, épouse du roi. Louis XIV, sur la demande de l'abbé de Vatteville, consentit à la conservation |

de cette forteresse en faveur de la veuve de M. de Fouchier, Gabrieile de Salives, qui l'occupait en 1678. La chambre où logea Henri IV existe encore sous le nom de chambre rouge. Ce nom lui vient des poutrelles peintes en vermillon avec filets noirs, qui soutiennent le plancher de tête. Le plafond est blanc, semé symétriquement des lettres C. R. écrites en rouge, et le flanc des poutrelles offre en vingt endroits également espacés , cette devise écrite en lettres gothiques de couleur rouge : Espoir déçoit. Tout cela est accompagne d'arabesques en camaïeu. Les boiseries des portes sont ornées de billettes développées et surmontées d'ornements habilement découpés. Une inscription placée audessus de la porte de la chambre rouge, et aujourd'hui effacée, était ainsi conçue : In castello Domblanca Henricus magnus pernoctavit rex.

Le général Timonet ne passait jamais devant cette inscription sans lever son chapeau. Cette habitation, parfaitement conservée , appartient actuellement à M. Chevassus, qui l'occupe. On a ajouté, à l'extrémité de l'aile nord, un corps de bâtiment qui s'appelle le quartier d'été.

Chevances. II existait trois autres maisons féodales à Domblans. L'une provenait de Pierre d'Orchamps , bailli d'Aval en 1525 , et passa dans la maison de Vautravers par l'union de Guillaume de Vautravers avec Simouette d'Orchamps ; l'autre appartenait à la famille Pelissonnier d'Arlay, et arriva à Bonaventure-Alexis Courvoisier, par son mariage avec une demoiselle Pelissonnier. M. Désiré Monnier, auteur de l'Annuaire du Jura et l'un de nos archéologues les plus distingués, habite la maison qui dépendait de la chevance d'Orchamps. Wmc YeuveGoy possède celle

provenant des Pelissonnier ; la troisième , donnée par M. Roz à l'hôpital de Lons - le - Saunier, appartint longtemps aux Vautravcrs. Les oratoriens de Poligny possédaient aussi, dans ce village , une maison à laquelle étaient attachés quelques droits féodaux.

NOTICE SUR BLANDANS.

Les rois burgundes , au lieu de relever la métairie impériale qui occupait la plaine de Villan , firent construire un château (palatium) à nii-côte de la gracieuse colline du Guard , à Blandans. Celte résidence était un lieu d'asile pour les criminels , et jouissait des mêmes prérogatives que la rue franche d'Arans à Dole , et la rue franche de Charrin à Voiteur. Etienne II de Bourgogne donna Blandans, en 1225, à Jean de Chalon, dit le Sage, l'un de ses fils, en se réservant seulement la vigne du clos, un homme le plus prochain de ce clos et deux livrées de terre pour la culture de cette vigne. Jean de Chalon le transmit à Hugues de Chalon , son fils , comte de Bourgogne. En 1270, le comte Otton le comprit parmi les biens qu'il abandonna à Alix, sa mère, pour son douaire. Dans le partage intervenu à Besançon , au mois de juin 1279, entre le même comte Otton et Rainaud , son frère , tous deux fils de Hugues de Chalon, il fut convenu qu'Otton conserverait dans son lot la forêt du Vernois, Blandans et ses dépendances. Par le traité de mariage projeté au mois de février 1280 (n. s.), entre Alix, fille du comte Otton , et Robert, fils du duc de Bourgogne, il fut dit que, dans le cas où il naîtrait des enfants mâles de celte alliance , ils auraient Blandans , etc. Cette terre resla pendant plusieurs siècles en la posses-

sion des comtes de Bourgogne. L'empereur Charles - Quint , voulant récompenser Jean Mouchet, de Poligny, son trésorier général en Bourgogne et son ambassadeur en Suisse, en France et en Italie 5 des nombreux services qu'il lui avait rendus, lui donna, en 1557, le palais de Blandans , avec ses dépendances , sous la seule réserve de la justice.

Les descendants de Jean Mouchet , dont nous avons donné la liste à l'article Arinthod, possédèrent ce fief jusqu'en 1704, et y fixèrent leur résidence habituelle. Il fut vendu par décret sur M. Louis Mouchet de Battefort, premier chevalier d'honneur au parlement de Besançon , et adjugé à M. Nicolas-Jean-Baptiste de Mont richard. Les héritiers de ce dernier le revendirent, en 1740 , à M. Claire -François Coulhaud, con^ seiller au parlement de Besançon.

Le 28 juillet 1761, Barbe -Ignace Bouhelier , veuve de M. Hugues Abriot de Crusse, en fit l'acquisition de Jean -François Coulhaud , substitut du procureur-général du parlement , et de Pierre Coulhaud de Rambey, chanoine de l'église métropolitaine de Besançon. Cette dame le revendit , au moment de la révolution , à M. Clerc, bourgeois d'Orgelet, et il appartient aujourd'hui à M. Morard , l'un des descendants de cet acquéreur.

Château. Le château de Blandans avait dans l'origine la forme d'un parallélogramme rectangle ; mais on y a ajouté une aile. La façade principale est garnie de deux tours et d'une tourelle engagées dans la muraille. La grosse tour au centre renferme l'escalier. Les murs ont lm 60e d'épaisseur. Les ouvertures appartiennent à différentes époques. La grande salle était ornée d'une magnifique cheminée , enrichie de

sculptures. Dans un des jardins était une chapelle dédiée , comme celle du château d'Arlay, à saint Nicolas.

Plusieurs prêtres et des nobles se réfugièrent dans ce château pendant la révolution.

Prévôté. A l'extrémité méridionale de la montagne de Cuard , près d'un bois , on remarque les vestiges d'un ancien château de forme irrégulière , dont les murs s'élevaient encore, en 1789, à la hauteur de 5m. La motte et les fossés qui l'entourent présentent ensemble un diamètre de 87m, et l'élévation de l'enceinte au-dessus du fond du fossé, est de 7m au plus. La largeur des fossés varie de 10 â 17 mètres.

On reconnaît , du côté nord , l'emplacement de deux tours circulaires.

Cette fortification est appelée le vieux château. Elle fut probablement construite en même temps que le château deGaUardon, qui dominait Mcnetru, c'est-à-dire auix* siècle, au moment de la lutte soutenue par Charles-le- Chauve contre Gérard de Roussillon.

Elle servait de résidence à un prévôt qui prit le nom de Blandans , et le transmit à sa postérité. Estevenin , sire de Blandans , fils de Hugues de Blandans et de Jeanne de Montureux , vendit, en 1337, cette maison-forte à Eudes , duc de Bourgogne , et en fit reconstruire une autre dans le village, proche du château du duc. A la mort de Jacques de Blandans , en 1 586 , Jacqua , sa fille , épouse de François de la Baume, et Péronne, sa petite-fille , épouse de M. du Pasquier de l'Espinette , vendirent leur fief à François d'Ugna, écuyer, seigneur de Chaux-en-Bresse. Les biens de la maison d'Ugna passèrent par une alliance à celle des Bcaurepaire. M. Jacques de Beaurepaire vendit cette terre , en 1723 , à dame Louise-Marie Coutaud, veuve en

premières noces de Philippe Petitjean , seigneur de la Tournelle , et remariée plus tard à Guillaume-François de Moyron , lieutenant-colonel d'infanterie et chevalier de Saint- Louis, mort à Blandans en 17&1.

Cette dame la donna, en 1743, à M. Claire - François Coutaud , son neveu , qui déjà avait le fief principal de Blandans. La maison seigneuriale a été possédée , depuis la révolution , par M. Léon Dusillet et appartient aujourd'hui à M. le vicomte de Broissia , qui vient de la reconstruire.

Chevance de Montrichard. Par une charte sans date, mais qui ne peut être postérieure à 1134, Anseric, archevêque de Besançon, céda à Narduin, prieur de Vaux-sur- Poligny, à titre d'engagère , in vadimonio, le domaine qu'il avait à Blandans , terram de Blandens , pour vi marcs d'argent. Ce domaine fut plus tard inféodé et resta pendant plusieurs siècles en la possession de MM. de Montrichard , seigneurs de Frontenay. Il provenait probablement de la donation faite par saint Donat, à l'église Saint- Etienne. Le dernier possesseur, en 1789 , était M. Grandvaux de la Pinaudière.

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