‹ Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la FrancheComté et des hameaux qui en dépendent, classés par département. Tome premier VI département du JuraChapitre 22 sur 33 · ÉTABLISSEMENTS D'INSTRUCTION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENTS D'INSTRUCTION PUBLIQUE

Garderies ou écoles privées de l'enfance. Il y en a six à Lons-le- Saunier, dirigées par Mme* Bélier , Paubet, Maclos, Treille, Fort, Ma Ile t- Guy, et fréquentées par 180 élèves.

Ecole des Frères de la doctrine chrétienne. Cet établissement a été proposé à la ville en 1818, par Claude Raymond, dit Agathange, prêtre et ancien capucin, qui a offert pour cette fondation, outre une maison , un jardin et un verger avec leurs dépendances pour le logement des Frères et pour les classes , un capital de 24,000 fr. Celte proposition ayant été agréée, une ordonnance royale du 22 décembre 1819, en a autorisé l'acceptation, à charge de convertir le capital en inscriptions de rentes sur l'Etat. Les Frères , au nombre de trois, ont été installés le 1er décembre 1820. Dès l'ouverture des classes , le nombre des élèves s'éleva jusqu'à 300. Sur les réclamations de l'instituteur communal laïc , dont l'école devenait déserte , le conseil municipal limita le nomr

bre des enfants qui pourraient fréquenter Pécole des Frères à 220.

Les bâtiments donnés par M. Raymond, étant en mauvais état, la ville songea en 1852, à en construire de nouveaux. Elle acheta la maison Gresset , à l'extrémité de la rue Saint-Désiré , et à l'aide, soit d'un emprunt , soit d'un don fait par M. Besson , on put commencer les travaux. Le bâtiment est carré et se compose d'un rez-de-chaussée et de deux étages. Il est précédé d'une vaste cour, fermée par une grille en fer, et a pour dépendances un beau jardin. La façade principale est ornée d'un beffroi. L'architecture de cet édifice parait un peu sévère. L'école est dirigée par six Frères; on espère que le nombre en sera porté à 7 ou 8 , et que le conseil général votera les fonds pour y annexer un orphelinat. Les cours sont gratuits , et fréquentés par 350 élèves. Outre l'enseignement élémentaire, on apprend aux enfants , la musique , le dessin , et on leur donne des notions d'agriculture et de chimie.

Ecole normale des institutrices.

Elle a été fondée en 1841, par le département, autorisée par ordonnance royale du 30 août 1 842 et ouverte le 1er décembre suivant , dans une maison acquise de M. de Chassey. Depuis cette époque, de nouvel les constructions ont été ajoutées.

Cette école est située rue du Puits- Salé. Les bâtiments se composent de deux salles d'études pour les élèves institutrices, d'une salle pour l'école d'application, d'une salle d'asile, de dortoirs et autres pièces nécessaires au service de l'établissement , avec un jardin derrière. 11 y a dans cette maison 35 élèves institutrices , payant des pensions enlicres de 300 francs ou jouissant de

bourses, demi-bourses et quart de bourses. L'école d'application est fréquentée par 65 élèves. La salle d'asile , pour laquelle la ville vote chaque année 1000 francs, a été fondée de 1841 à 1844, et reçoit 115 élèves. MllcSuchet, directrice de cet établissement , déploie autant de zèle que d'intelligence dans ses fonctions. Elle est secondée par 7 maîtresses. Une chapelle dédiée à la Vierge, est desservie par un aumônier spécial.

Ecole privée de garçons. Elle est tenue par M. Cuynet, rue Lafayctle, et fréquentée par 20 élèves.

Ecole protestante. Elle est dirigée par le ministre du culte évangélique, et fréquentée par 20 élèves des deux sexes.

Pensionnat. Mlu Guy lient , rue du Commerce , un pensionnat et un externat, fréquentés par 50 élèves, dont 25 sont pensionnaires.

Externats. Mlle de Vente, rue des Cordeliers; M,le Bidot, rue du Collège ; M,u Vincent, rue Saint-Désiré; Mlle Mallet-Guy, rue Saint-Désiré; M116 Béguinot , rue du Commerce , tiennent des externats de demoiselles , fréquentés par 100 élèves.

Couvent des Dames de Marie. A l'extrémité sud de la rue Saint-Désiré, dans les bâtiments qu'occupait l'institution dirigée avec tant de distinction par Mlles Bourcier, s'est formé en 1853 , un couvent de religieuses de l'ordre de Marie , dont la maison principale est à Agcn.

Cet établissement est dirigé par 25 sœurs , et fréquenté par 50 élèves , dont 30 pensionnaires et 20 demipensionnaires. On y reçoit une bonne éducation et on y enseigne tous les arts d'agrément. Une chapelle, dédiée à rimmaculée Conception , est desservie par l'aumônier de la maison.

Séminaire diocésain. Il occupe l'ancien couvent des Cordeliers, devenu propriété de la ville , en vertu d'un échange fait avec le département, le 15 septembre 1825. Mgr.

révèque de Saint-Claude en prit solennellement possession le 19 novembre 1828. Un mur de clôture l'environne de tous côtés. Les bâtiments se composent de quatres ailes formant les côtés d'une cour carrée qui est au centre. Des galeries , où Ton compte 32 arcades qui reposent sur des piliers carrés . bordent la cour. Deux des ailes se prolongent sur les côtés d'une première cour qui aboutit à la rue du Jura. Chaque aile se compose d'un rez-de-chaussée et de (rois étages. La chapelle, dédiée à saint François de Sales , se compose d'une nef, d'un sanctuaire et de plusieurs tribunes, dont la disposition est très heureuse. Sur le milieu de la nef, s'élève une jolie coupole en forme de calotte sphérique, décorée de peintures à fresque, représentant les évangélisles plus grands que nature. Le sanctuaire, qui est en hémicycle, est couronné par une demi-calotte sphérique. La première cour est plantée d'arbres variés d'un très bon effet.

Les bâtiments , entourés d'un vaste jardin , renferment 110 cellules , et pourraientcontenirunpareil nombre d'élèves ; cependant , il n'y en a en moyenne que 80. Un bâtiment bordé d'une terrasse , sert de logement à Mgr. l'évéque, lorsqu'il séjourne au séminaire. Le personnel se compose d'un supérieur, d'un économe et de huit professeurs. On enseigne dans cet établissement la théologie morale, la théologie dogmatique, le droit canon, l'histoire ecclésiastique, l'éloquence sacrée et l'écriture sainte. La durée des cours d'études est de h années. La philoso- ■

phie et la physique sont enseignées dans les petits séminaires. Du 29 au 25 janvier 1831, une attaque nocturne fut dirigée contre le grand séminaire. Une poignée d'individus arrivant, tambour battant, par la rue de la Chevalerie , s'arrêtèrent à la porte de cet établissement, en poussant des vociférations contre le clergé, et jetèrent des pierres contre les croisées. Le portier, dans son effroi , courut sonner le tocsin pour appeler du secours. On s'attendait à une catastrophe, lorsque le maire et un piquet de la garde nationale, avertis, accoururent au milieu du tumulte et parvinrent à disperser cet attroupement par la voie de la persuasion.

La révocation de M. Pons de l'Hérault, préfet du Jura, ne fut probablement pas étrangère à cette manifestation. Le 5 septembre 1 840, Mgr. de Chaînon célébra dans ce séminaire , en grande solennité , la 50e année de son sacerdoce. Il réunit autour de lui, non-seulement le clergé de son diocèse , mais encore l'archevêque de Besançon , les évèques de Dijon , d'Autun , de Belley et de Nimes ; l'archevêque de Lyon et l'évéque de Moulins devaient aussi s'y rencontrer.

Collège. Un arrêté du gouvernement, du 13 mai 1803, autorisa l'établissement d'une école secondaire dans le bâtiment de l'ancien collège. Le & juillet suivant , le conseil municipal fit choix d'un directeur et de plusieurs professeurs.

L'empereur ayant manifesté l'intention , en 1-811, d'augmenter le nombre des lycées, la ville de Lons- Ic-Saunier offrit de construire des bâtiments pour loger 200. pensionnaires et était sur le point d'obtenir un lycée, lorsqu'une demande de la ville de Dole, pour l'avoir dans ses murs , fit échouer ce projet. En

1821, on acheta la maison de M. le marquis de Pillot-Cbantrans , pour en faire un pensionnat annexé au collège. Les bâtiments de l'ancien collège, qui bordaient les trois côtés d'une cour close par une grille, furent cédés au département en 1 825 , et démolis. Sur leur emplacement, on construisit la caserne de gendarmerie. On se borna alors à ajouter une aile au fond de la cour du pensionnat , en sorte que les bâtiments actuels sont tout-à-fait insuffisants et ne sont plus en rapport avec l'importance de la ville. Les fonctionnaires attachés au collège sont : un principal , professeur de philosophie , un professeur de mathématiques élémentaires , un professeur de mathématiques spéciales, de physique et de chimie, quatre régents pour les classes de rhétorique et de seconde , de troisième et quatrième , de cinquième et de sixième, de septième et de huitième.

Il y a deux classes françaises : dans l'école supérieure, on enseigne la grammaire générale, l'histoire de France, les qualités du style, la géométrie plane , les premières notions de l'histoire naturelle et la tenue des livres ; dans la classe élémentaire, on enseigne la grammaire, l'histoire sainte et l'histoire ancienne, la géographie, etc. Un sousmailre est attaché à cette seconde classe; des maîtres spéciaux donnent gratuitement des leçons d'allemand, de dessin, d'écriture, de musique vocale et instrumentale. Il y a un cabinet de physique , qui fut donné en 1838, par M. le professeur Mouchet, et une chapelle dédiée à la Purification de la sainte Vierge, desservie par un aumônier. Les cours du collège sont fréquentés par 70 pensionnaires , 10 demi-pensionnaires et 110 élèves externes. Les

études y sont fortes. Chaque année plusieurs élèves obtiennent les grades de bacheliers ès-lettres et de bacheliers ès-sciences. Cet établissement a pris un grand développement depuis qu'il est sous la direction de M. Finot, principal actuel.

La rétribution scolaire pour les externes , est de 3 francs par mois. La ville est en instance pour faire ériger son collège en lycée.

Collège libre des Frères de Marie.

Fondé en 1852, dans l'ancien couvent des Capucins, il est dirigé avec intelligence par le F. Sylvain, de l'ordre de Sainte-Marie, et 12 professeurs. On y enseigne les mêmes matières qu'au collège. Plusieursélèves , après y avoir fait leurs études , ont été reçus bacheliers ès-lettres et ès-sciences. ihO élèves, dont 90 pensionnaires, fréquentent les cours. Le prix de la pension est de kOO francs par an , et la rétribution mensuelle pour les externes, de U fr. 50 cent. Une chapeHe, dédiée à l'Immaculée Conception de la sainte Vierge, est desservie par un aumônier attaché à la maison.

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