‹ Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la FrancheComté et des hameaux qui en dépendent, classés par département. Tome premier VI département du JuraChapitre 24 sur 33 · ÉTABLISSEMENTS DE BIENFAISANCE · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENTS DE BIENFAISANCE

Hôtel-Dieu. L'Hôtel-Dieu, ou hôpital civil et militaire de Lons-le- Saunier, a élé construit de 1734 à \lhht sur le plan réduit de celui de Besançon. Il est isolé à l'extrémité de la rue Lafayelte, vis-à-vis riiùlel-de-ville. Il se compose d'un corps principal de logis , et de deux ailes formant les trois côtés d'une cour fermée au nord par une belle

grille en fer. Uoe addition a été faite au nord, de 1830 à 1833. La première pierre de cette nouvelle aile fut posée le 27 juillet 1830, par Mme la duchesse d'Angoulème , et bénite par Mgr. l'évéque de Saint - Claude. L'hôpital renferme une salle à 17 lits et une autre à 22 lits pour les militaires, une salle à 19 lits pour les femmes et une autre à 20 lits pour les hommes; h loges pour les aliénés, 2 chambres pour les prisonniers malades, une salle à 6 lits pour les militaires atteints de maladies spéciales, 4 chambres pour les malades payants; les chambres des sœurs , une chapelle, un lavoir couvert, une salle de bains, une fontaine jaillissante au milieu de la cuisine , une belle pharmacie, des bureaux et autres dépendances. La porte monumentale, qui donne entrée dans la cour d'honneur, est flanquée de deux piliers qui sont décorés de colonnes accouplées , de Tordre dorique , et surmontées de statues d'enfants, tenant des écussons. La cour, formée par une pelouse plantée d'arbustes, est ornée à son centre d'un beau piédestal en marbre , sur lequel a élé inaugurée, le 5 mai 1839, le buste du célèbre Bichat , œuvre de M. Huguenin, de Dole, statuaire à Paris. Sous les trois ailes du bâtiment , règne un portique formé par 25 arcades. La façade principale est ornée d'une campanile et d'une horloge. La chapelle, dédiée à sainte Marthe, est placée au point de jonction des trois principales salles des malades, dont elle n'est séparée que par des portes grillées. Elle est carrée, couronnée par une coupole qu'ornent des caissons avec rosaces, d'un bel effet. L'hôpital de Lons-le- Saunier est, sans contredit, le monument le plus remarquable de cette

ville. Il est desservi par onze religieuses professes et deux novices , de l'ordre des Sept-Douleurs , sous le patronage de sainte Marthe. Ces religieuses sont constituées en chefd'ordre , et portent un vêtement élégant, de couleur bleu de ciel.

Un aumônier est attaché à l'établissement. La moyenne des malades qui y sont traités est de 55 à 60 individus et s'élèvent quelquefois jusqu'à 80. L'hospice n'est fondé que pour les malades indigents de Lons-le-Saunier et pour les communes qui ont droit à des fondations de lits. Il existe actuellement 19 fondations au profit de différentes communes. Parmi ces fondations , il se trouve h lits toujours occupés par des incurables. Les revenus ordinaires sont de 20,000 francs, et en y ajoutant le prix des journées de traitement de militaires , de prisonniers, de civils payants, etc., ils s'élèvent au chiffre d'environ 30,000 francs.

Association de secours et patronage. Au mois de décembre 1 849 , M. l'abbé Pachod proposa la fondation d'une association générale de secours et de patronage. Son appel fut entendu, et dès le 1er mars 1 850,. l'association se trouva organisée et fonctionna. Elle a pour objet, de fournir des secours aux indigents de la ville , et de procurer un état et du travail aux enfants de la classeindigente , à leur sortie des écoles primaires. Les ressources se composent principalement des souscriptions volontaires recueillies à domicile , par les soins des membres de l'association , et des fonds que le gouvernement et la ville peuvent lui accorder. L'administration est confiée à un conseil général qui agit au nom de l'association et la représente dans toutes les circonstances.

Pour arriver à connaître toutes les misères , à les soulager, la ville a été divisée en six quartiers; à chacun de ces quartiers ont été affectés un certain nombre d'inspecteurs, parmi lesquels figurent toujours un ecclésiastique et un médecin. Ils ont pour mission de rechercher les familles indigentes , et de leur distribuer des secours en pain et en bois de chauffage. C'est la partie importante de l'œuvre. Tout indigent malade peut faire appeler le médecin de son quartier, et il reçoit gratuitement les conseils de la science ainsi que les médicaments que nécessite sa position. Une commission est chargée de statuer sur les secours à accorder aux pauvres honteux. Ces secours sont ordinairement distribués par l'intermédiaire de MM. les curés des deux paroisses.

Le patronage consiste à placer en apprentissage des jeunes gens et à procurer de l'ouvrage à ceux qui savent déjà travailler. D'après le compte-rendu au 30 décembre 1 854, les receltes ont été de 9807 francs , et la dépense de 9814 francs.

Une société de dames patronnesses s'est réunie le 1" janvier 1881, comme annexe de l'association des hommes. Ses ressources consistent en souscriptions particulières, en dons spéciaux et en une somme de 500 fr. que leur remet l'association de patronage. Les dames sont chargées du patronage des jeunes filles ; elles en placent quelques-unes dans des établissements de bienfaisance , chez des ouvrières de la ville, et en secourent d'autres chez leurs parents. Elles distribuent des vêtements, des chaussures, et des objets de literie aux indigents les plus nécessiteux. L'œuvre créée par M.

Pachod produit d'excellents résultats.

Société de charité maternelle. Des demoiselles de la ville ont formé depuis quelques années une association pour secourir les femmes pauvres en couches. Elles se réunissent plusieurs fois par mois , et façonnent elles-mêmes des layettes pour les enfants. Cette société, formée sur le modèle de celle qui existe à Nancy, n'a d'autres ressources que les cotisations de ses membres et le produit d'une petite loterie.

Société de Saint-Vincent de-Paul.

Cette société, fondée en janvier 1839, se compose de 51 jeunes gens , qui se proposent en général , toute espèce de bien , mais qui s'adonnent en particulier à la visite des familles indigentes, afin de les secourir selon leur pouvoir, en leur procurant de l'ouvrage, des vêtements , de la nourriture , etc. Elle favorise l'instruction des enfants, en leur achetant les livres d'étude qui leur sont nécessaires ; elle leur donne des états et surveille leur apprentissage. Ses ressources proviennent d'une cotisation entre les sociétaires, de quêtes, d'une loterie, et peuvent s'élever à 2000 francs par an. Cette société se divise en deux conférences, l'une formée déjeunes gens de la ville, au nombre de 50, et l'autre des élèves du collège de Marie, au nombre de 21.

Société de secours mutuels. Un décret impérial , en date du 28 mars 1852 , a prescrit la création de sociétés de secours mutuels dans chacune des communes de France où l'utilité en a été reconnue. Un autre décret, du 2 mars 1854, a autorisé la création de l'une de ces sociétés à Lons-le-Saunier. Le but de l'institution est d'assurer des secours temporaires aux sociétaires malades, blessés ou infirmes, et de pourvoir

à leurs frais funéraires. La société se compose de 225 associés participants des deux sexes, qui s'engagent à payer une cotisation périodique, et 63 membres honoraires, qui s'engagent à payer une souscription. La recette au 2 mars 1855 était de 2049 francs , et la dépense de 1728 francs.

Bureau de bienfaisance. Voir les détails donnés à la page 485.

Société des sœurs garde-malades.

Fondée en 1854, elle se compose de quatre religieuses de Tordre de Saint-Vincent-de-Paul , qui vont à domicile prodiguer leurs soins aux malades. La maison qu'elles habitent est située dans la rue des Gordelicrs.

Dépôt de mendicité. Le conseil général du Jura , dans ses sessions du 31 août 1853 et 28 août 1884, a voté l'établissement au chef-lieu , d'un dépôt de mendicité, destiné à recevoir les orphelins abandonnés , les mendiants oisifs et les pauvres invalides de tout le département.

Un rapport du ministre, fait à l'empereur le 6 mai 1855, propose d'autoriser le département à réunir les 50,000 francs provenant du legs de Napoléon 1er, à la somme de 150,000 francs votée par le conseil général, pour créer le dépôt de •mendicité , qui porterait le nom de Napoléon.

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