‹ Dictionnaire géographiqueChapitre 18 sur 278 · I. FORGERIE, en · texte numérisé non relu

I. FORGERIE, en

Il existe dans la province 21 fourneaux activés et 9 fourneaux chômant , 38 feux d'aflineries activés; 12 feux en chômage , 7 platineries, en tout 87 usines , sans en compter une vingtaine d autres qui tombent en ruines.

Les 21 hauts fourneaux ont produit en fonte 9,200,000 kilogrammes.

Les 38 feux d'affinerie ont fabriqué 6,200,000 kilogrammes. . .

L'excédant qu'on peut remarquer entre la quan

ij

tité de fontes produites et celle des fers, se trouve dans les ventes de fontes en nature faites aux usines liégeoises et les fontes moulées.

La consommation du bois de charbon pour obtenir de la fonte du haut fourneau s'élève, terme moyen, à 18 stères de bois pour 1000 livres.

Ainsi 9,200,000 présentent line consommation de . 164,200 stères. Celte d'attnegedn ferett évaluée k 20 stères par 1 ,000 kil.v

«1o*i 6,200,000 «raient absorbé 124,000 »

288,000 stèret.

Les matières premières de cette fabrication se trouvent dans le pays même ; le minerai principalement dans les parties orientales et occidentales de la province.

Un membre de la chambre des représentans, a proposé en 1 836 un projet de loi pour diminuer le droit d'entrée des houilles de la Sarre (Prusse).

L'introduction plus facile de ce combustible dans un pays qui en raison du haut prix des transports ne peut user des charbons belges, exercera-t-elle une influence sur la forgerie ? C'est là une question sur laquelle la discussion du projet de loi jettera probablement des lumières. Mais sans rien préciser à cet égard on peut cependant prévoir dès aujourd'hui que l'industrie en général ne peut que gagner à l'emploi de la houille.

Les charbons de la Sarre entrent dans le Luxembourg par la Moselle, leur usage pourrait facilement être multiplié dans le district de Grevenmakeren et dans celui de Diekirch où ils pénétreraient

en remontant la Sure jusqu'à Diekirch même.

Le charbon de la Sarre coûte pour un tonneau de 1,000 kll. rendu »ur la MoMlle

* l'embouchure de la Surre ....... 20 00

Le droit d'entrés e»t de 19 46

Total. . . 39 AS

Le droit doublait donc la valeur à l'entrée en Belgique.

Cette proposition, adoptée par Tune et l'autre chambres , est devenue la loi du 16 novembre 1837, qui par modification au tarif des douanes admet les houilles venant par la frontière du Luxembourg depuis Remich jusqu'à Vianden , au droit d'entrée d'un franc par mille kilogrammes.

H. EXPLOITATIONS DES SCENES DE FER, DE CUIVRE ET DE PLOMB, DES CARRIÈRES D'ARDOISES, DE PLATRE, etc.

§ 1. Fer, euivre et plomb.

L'exploitation des mines de fer se lie, avec celle des bois, à la forgerie, une des plus anciennes industries du pays de Luxembourg.

Il y a dans la partie méridionale beaucoup do minerais d'alluvion ; il existait aussi dans la province quelques exploitations proprement dites,, par des voies souterraines, plus ou moins étendues.

Les exploitations peuvent être mixtes; par exemple les mines des environs de Durbuy , concédées par arrêté du 15 octobre 1828 , à la société du

Diq

Luxembourg, renferment du fer , du cuivre et du plomb.

Il existe à Longwilly, une mine de plomb concédée à plusieurs particuliers, par arrêté du 26 août 1826, et dont l'exploitation est très-avantageuse.

L'exploitation des minerais d'alluvion n'étant pas sujette à l'autorisation du gouvernement actuel, les seules mines concédées jusqu'en 1830 étaient celles de Durbuy et de Longwilly; la redevance s'élevait en 1829

• la mine de Loogwilly, à fl. 161 84

Et pour c«lle de Durbuy, à 45Ô 15

fl. 607 99

11 existe une mine de cuivre â Stolzem bourg ; l'exploi tation en a été concédée à trois reprises en 1749, en 1 764 et en 1 768 ; la mine fut totalement abandonnée vers 1772. On assure quelle est loin d'être épuisée, et il a été question d'une nouvelle exploitation en 1826. (voyez le mot Siolzembourg).

En 1829 la concession d'une mine de manganèse, gisant sous les territoires de Bibain et de Vieil- Salm, a été demandée par la société du Luxembourg.

Dans la même année la demande en concession de mines de houille sous le territoire de Bende (Luxembourg), de Clavier et d'Ocqnier (Liège), avait été formée par Je baron de Tornaco et consorts.

Une société nouvelle , composée de capitalistes anglais et belges ; dirigée dans ses travaux de re-

cherches par un ingénieur anglais, a fait des découvertes sur plusieurs points du Luxembourg et a demandé des concessions de mines de fer , plomb et cuivre , tant dans cette province que sur les parties limitrophes des provinces de Liège et de Namur. Cette société est représentée par M. Vande Bogaerde , d'Ypres.

On peut dire que les richesses minérales du territoire luxembourgeois ne sont encore que soupçonnées ; la société d'exploration instituée par l'arrêté royal du 15 octobre 1825, a commencé de grandes recherches ; nous avons vu quelle a, en 1828, obtenu la concession des mines de fer , de cuivre et de plomb de Durbuy , et en 1829 demandé la concession des mines de manganèse de Bihain et de Vieil-Salm.

Il est peu de contrées où la nature ait prodigué le minerai de fer avec autant de libéralité que dans la province de Luxembourg. Presque sur tous les points de sa surface, on rencontre cette matière première sL précieuse, maintenant surtout que la fabrication du fer prend en Europe un essor qui dépasse toutes les prévisions

Dans le Luxembourg cependant, son extrême abondance excède de beaucoup encore les besoins de la forgerie; et quelle que soit même l'extension que l'avenir prépare à cette branche d'industrie, l'épuisement de nos minières ne paraît pas à craindre. 11 est néanmoins une distinction très-importante à faire à l'égard des mines de fer de la province.

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Toutes n'ont pas les mêmes qualités, et celles qui jouissent de3 propriétés les plus recherchées, sont en beaucoup moins grande quantité que les autres.

Les premières sont celles qui servent à la fa* brication du fer fort et que, pour ce motif, on appelle mines de fer fort ; et les secondes sont celles dites mines de fer tendre.

11 importe d autant plus de ne pas confondre ces deux espèces de minerai, que les considérations qui s'appliquent à Tune, sont d'une nature pour ainsi dire toute opposée à celles qui sont relatives à l'autre espèce.

En effet l'un , le minerai de fer tendre , se présente dans la province avec profusion ; l'autre est restreint, au contraire, à quelques localités èt pourrait bien un jour manquer à nos usines; le premier se livre à un prix très -modique , le second se paie à un taux fort élevé ; et tandis que lë dernier ept recherché avec ardeur par les maîtres de forges, l'autre surabonde et reste souvent sur place.

Les mines de fer fort ne se rencontrent jusqu'à présent que dans les communes de Ruette, Couvreux, Latour, Dampicour, Niederkorn, Kayl et Esch-surl'Âlzette. Elles y forment des dépôts plus ou moins considérables, plus ou moins rapprochés les uns des autres, mais n'atteignant jamais une grande profondeur. Le minerai s'y trouve mélangé avec une assez grande quantité de substances terreuses, car il perd au lavage souvent plus des deux tiers de son volume. Les mines de Ruette et de Couvreux

SUR LA PROVINCE DE LUXEMBOURG. î)5

sont les plus estimées à cause de leur excellente qualité ; mais il paraît que la quantité en diminue sensiblement et que les maîtres de forges éprouvent chaque année plus de difficultés à compléter leurs approvisionnements de ce minerai , qui entre pour près de la moitié dans leur mélange, lorsqu'ils veulent obtenir du fer fort de première qualité. Les minerais se vendent sur place 14 à 16 francs la ebarrée de 1,000 kil. Les frais d'extraction et de lavage ne peuvent s'élever à plus de 12 francs , ce qui laisse aux propriétaires du sol 2 à 4 francs par charrée. C'est l'exploitation de ces minières qui donne lieu à une si longue contestation entre les maîtres de forges de cette partie de la province, contestation qui, après avoir duré plus de dix années, a été enfin terminée par l'ordonnance de la députation des États-provinciaux, du 1<rjuin 1833, n° 252, approuvée par arrêté du ministre de l'intérieur, én date du 13 juillet, même année, 4e division, n° 5446.

Les mines de Niederkorn, de Chenois (commune de Latour), et de Dampicourt, quoique dune qualité inférieure à celles de Ruette, se vendent cependant encore sur place 6 ou 8 francs les 1 ,000 kilogrammes, aussi l'extraction et le lavage y sont-ils bien moins dispendieux.

Quant aux mines de fer tendre, comme nous l'avons déjà dit, elles abondent dans la province. On les exploite principalement dans les communes d'Athus, Pétange, Longeau, Linger , Guerlange, Cle-

mency, Toernich, Slerpenich, Steinfort et Marner, et plus au nord, dans celles de Mersch, Pettingen, Moestorff, Cruchten et Bevingen. Ces mines ne se sont jamais vendues sur place plus de 2 à 3 francs la charrée, prix que Ton peut répartir ainsi qu'il suit, terme moyen :

Extraction de 1,000 kil fr. I 00

Larage. » C0

Toccage «65

Total. . S 25

Ce bas prix tient, comme on le voit, d'une part, à la grande abondance du minerai, de l'autre, à sa richesse et à sa disposition à la surface du sol, qui rendent presque nuls les frais d'extraction et de lavage. Le transport de ces minerais à la plupart des usines où ils sont consommés, peut coûter, terme moyen, huit francs par charrée, de sorte que ces frais remportent de beaucoup sur la valeur même de cette matière première prise sur les lieux.

L'exploitation du minerai de fer est livrée ' presque généralement dans le Luxembourg aux petits propriétaires, qui s'y adonnent dans les intervalles des travaux de l'agriculture. Les maîtres de forges ne font guère exploiter en personne; cependant l'extraction d'une partie des mines de Rue t te est faite par eux dans les bois de cette commune, moyennant le paiement d'une redevance de francs 2,66 par charrée, indépendamment de la réparation des dommages causés à la superficie.

SUR LA PROVINCf DE LUXEMBOURG. 91

L'alquifoux, autrement dit galène, mine de plomb ou sulfure de plomb , est extrait sur le territoire de la commune de Longwilly, située entre Bastogne et Wilte. la mine de plomb de Longwilly est la seule en exploitation, non<-seulement dans la province de Luxembourg, mais encore dans le royaume entier.

Depuis sa découverte, qui ne date que de 4824 ou 1825, elle a donné lieu à des travaux très-im^portans. Ce* travaux «ont établis sur deux gîtes qui n'ont été jusqu'à présent exploités que dans leur partie supérieure, a vingt mètres environ de pro* fondeur. L'on vient cependant de commencer l'enfoncement d'un puits de reconnaissance, qui a déjà atteint une profondeur de douze â treize mètres en dessous du canal d'écoulement et au fond du. quel le gîte présente encore une épaisseur de douze centimètres de galène pure. La société concessionnaire se propose d'établir une macbine d'épuisement d'une force suffisante pour pouvoir porter immédiatement les travaux à une grande profondeur et se préparer ainsi un nouveau champ d'exploitation, avant que la partie supérieure des gîtes ne soit totalement épuisée.

L'exploitation, depuis 1830, a produit 1,229,000 kilogramme* de minerai brut représentant une valent de plus dé cent mille francs.

La mine à l'état brut ôu d'àlqttifouX, est vendue pour servir à Vernir les poteries grossières. Avant la découverte dé h mine de Longwilly , les fabriques

de poteries de la Belgique devaient tirer de la Prusse la majeure partie de l'alquifoux qui leur était nécessaire ; aujourd'hui elles n emploient presque exclusivement que celui de Longwilly, qui l'emporte de beaucoup sur celui de Prusse en richesse et en qualité. Depuis quelques années, les commandes ont toujours été en augmentant et Ton ne pourrait bientôt plus y suffire, si Ton ne se préparait à donner un nouveau développement aux travaux d'exploitation.

Jusque dans les derniers temps, ce minéral était repoussé de la France par un droit prohibitif de onze francs les 100 kilogrammes; mais grâce à une ordonnance du 8 juillet 1834, ce droit a été réduit à fr. 3,80 les 100 kilogrammes. Un nouveau débouché bien important est ouvert à ce produit, qui probablement ne tardera pas à jouir parmi les nombreuses fabriques du N. de la France de la même faveur qu'en Belgique. Un premier envoi de 8,000 kilogrammes a été fait en 1836 dans le département de la Moselle.

Enfin la Société de Longwilly a trouvé une nouvelle source de prospérité dans les perfectionnements apportés dans ses procédés de lavage, qui lui permettent de retirer de ses minerais fins, un alquifoux en poudre presqu aussi pur que l'alquifoux en roche. Dans les premières années de l'exploitation, l'alquifoux en poudre était tellement impur que les potiers n'en voulaient à aucun prix; il se vend aujourd'hui 19 à 20 francs les cent kilogrammes, c'est-à-dire quelques francs de moins que l'alquifoux en roche,

qui coûte 23 à 24 francs les cent kilogrammes.

Les résidus du lavage s'exportent en Prusse, ou ils sont fondus avec des minerais plus réfractaires, pour en retirer le plomb métallique. Ils se Tendent à présent 6 à 7 francs les 100 kilogrammes; naguère on en offrait que 3 à 4 francs, quoiqu'ils^ fussent alors beaucoup plus riches.

L'on peut donc dire que la miné de plomb de Longwilly se trouve aujourd'hui dans les circonstances les plus favorables à son développement, et quoique sa situation soit bien améliorée depuis 1830, elle est loin encore d'avoir atteint le degré de prospérité auquel elle peut prétendre.

§ ît.' Ardoises.

Les ardoises forment un des produits les plus remarquables du Luxembourg, tant par l'excellente qualité qui les distingue et par l'importance des exploitations qui les fournissent, que par la grande extension dont cette production est encore susceptible, les ardoisières de la province sont situées dans plusieurs localités assez distantes les unes des autres. Au N. , on trouve les ardoisières de Viel-Salm ; au centre, celle de Martelange ; au S. celles de Herbeumont, de la Géripont, de Laviot, etc.

Plus de vingt exploitations sont en activité près de Viel-Salm et occupent au moins 250 ouvriers , y

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