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compris ceux qui travaillent à la fabrication des pierres à rasoirs. Leurs produits annuels peuvent être approximativement évaluës à quatre millions d'ardoises. Ces ardoises sont très-estimées et très-recherchées dans le commerce , à cause de leur beauté et de leur bonne qualité. Elles sont d'un bleu foncé, assez minces, dures, sonores, résistant parfaitement à l'exposition à l'air, jouissant de cette élasticité qui permet de les percer, de les clouer et de les por* ter sur les toits qui en sont couverts , sans craindre de les rompre. Elles s'expédient dam la partie septeur trionale «Je la province, en Prusse, vers Aix-la-Chapelle , Eupen et la Schliede , ainsi que dans la province de Liège ; mais le prix élevé du transport ne leur permet pas, malgré le droit dont les ardoises étrangères sont frappées à leur entrée en Belgique , de soutenir, à Liège, la concurrence avec les ardoises de Fumaj, auxquelles la Meuse offre un moyen de transport si économique. Ces ardoisières, qui toutes s'exploitent à ciel ' ouvert, n'ont subi aucun changement notable depuis quelques années; cependant elles seraient susceptibles d'une grande extension , au point même de décupler leurs produits actuels, si elles n'étaient complètement privées de communications. Les exploitants réclament surtout une chose pour atteindre ce résultat : des routes qui les mettent en rapport, d'un côté, avec le chemin de fer , de l'autre, avec la partie méridionale de la province. Les rou* tes projetées de Stavelot vers Laroche et Houffalize, celle de Stavelot vers Diekirch , en suivant la direc-

tion que nous désirons leur voir donner, seraient donc un grand bienfait pour ces industriels.

Les ardoisières de Martelange ne sont pas à beau-* coup près, aussi importantes que celles de Vielsalm, ni par l'étendue des exploitations en activité, ni par la qualité de leurs produits. Ces produits consistent principalement:

En ardoises dites doubles voisines, de sept pouces de large sur dix â onze ponces de haut, qui se vendent* sur place, seize ou dix-sept francs le mille;

En petites ardoises dites flamandes, de six pouces sur neuf, du prix de huit à neuf francs;

En blocs d'environ neuf pouces sur treize, qui se vendent dix-neuf francs;

Enfin en dalles, eherbina et autres ouvrages en pierre.

Les ardoises de Martelange ne jouissent pas, dans le commerce, d une aussi bonne réputation que celles de Viel-Salm et d'Herbeumont ; elles sont plus tendres, plus lourdes, plus raboteuses. Cependant celles que Ton extrait à une certaine profondeur, passent pour des ardoises de très-bonne qualité. Ces ardoirières produisent annuellement plus d'un million d'ardoises, qui n'avaient autrefois d'autre débouché que la partie allemande de la province, mais dont, depuis un an environ, la plus grande partie s'expédie vers le centre du royaume par la grande route de Luxembourg a Namur.

les carrières d'ardoises de la partie méridionale de la province sont celles qui, dans ce moment,

présentent l'état le plus prospère. Situées non loin de Bouillon et des rives de la Semois, elles sont connues sous le nom d'ardoisières d'Herbeumont et de la Géripont ; leurs ardoises, également estimées dans le commerce, peuvent rivaliser avec celles de Viel-Salm et de Fumay. Ces ardoisières ont pris, depuis deux ou trois ans, un grand développement, au point de quadrupler pour ainsi dire leurs produits ; ce qui provient, en grande partie de ce qu'ils commencent à être appréciés en Belgique et de ce que les moyens de communications ont été améliorés. On peut évaluer à plus de dix millions le nombre d'ardoises confectionnées à Herbeumont et à la Géripont; les carrières d'Herbeumont, beaucoup plus importantes que les autres, en fournissent au moins les trois quarts. On vend sur les lieux les ardoises dites grandes-voisines de dix pouces sur sept, à vingtet-un francs le mille; les petites, communes ou flamandes de dix sur six, à seize francs.

Les débouchés de ces ardoisières sont : la province de Luxembourg , l'intérieur de la Belgique et la France. Autrefois ce dernier pays consommait le tiers environ des produits d'Herbeumont et de la Géripont ; maintenant c'est tout au plus si la dixième partie s'expédie en France ; et l'on peut , en conséquence , considérer ce débouché comme d'une faible importance. C'est vers Dînant que s'écoule la plus grande partie de ces ardoises ; mais le mal qui pèse presque partout sur l'industrie luxembourgeoise , le défaut de communications , se fait surtout vive-

ment sentir dans ces localités. Il y a peu de temps encore que ces ardoisières si riches, si productives, devaient rester plongées dans une espèce d'inertie par suite de la faculté des transports. Vers Dinant , ils s'effectuaient en passant à Beauraing par des chemins de traverse rendus souvent presqu impraticables par les pluies. On sent dès lors combien les frais de transport devaient être onéreux et que cette circonstance suffisait seule pour ôter à ces ardoisières tout moyen de soutenir la concurrence avec celles de Fumay. L'achèvement de la route de Neufchâteau à Dinant a produit sous ce rapport un grand bien dont l'influence se fait déjà sentir et cause en partie le développement que Ton remarque dans les ardoisières de ces contrées. La route en construction de Recogne à Bouillon, dont le tracé se rapproche beaucoup d'Herbeumont et de la Géripont, leur sera également avantageuse et permettra d'opérer une nouvelle diminution sur les frais de voiture.

§ lH. Crayons d? ardoises.

En 1819, M. Christophe Lamberty établit une fabrication des crayons d'ardoises.

Il occupa pendant quatre années consécutives au moins 150 ouvriers du pays.

Ses produits passaient à Paris et à Londres , où ils étaient employés dans les écoles d'enseignement mutuel.

La défaveur jetée sur ce mode d'enseignement entraîna la chute de cette industrie.

§ IV. Pierres à aiguiser.

Si l'extraction et la fabrication des pierres à aiguiser ne forment pas une des branches les plus importantes de l'industrie luxembourgeoise , du moins l'on peut dire qu'elle en est une des plus intéressantes. Ce produit jouit en effet d'un privilège tout particulier , celui de n'avoir pas de concurrence à craindre et d'être expédié dans toutes les parties du monde civilisé. Les carrières de pierres à aiguiser sont situées dans la partie septentrionale de la province, près de Viel-Salm et d'Ottré. L'exploitation de la veine qui les fournit a lieu au moyen de la poudre et de pioches. Les pierres brutes sont ensuite portées à des ouvriers qui s'occupent spéciale* ment de les couper et de les polir au moyen de scies, de marteaux à deux tranchants et d'un grès très-dur.

Le système continental avait porté un coup funeste â cette branche d'industrie en lui fermant une partie de ses débouchés; mais depuis \9i 5, les travaux d'exploitation ont toujours eu, à peu de choses près, le même degré d'activité. Malheureusement ils sont menacés d'être abandonnés d'ici à peu d'années, si les procédés employés pour l'extraction ne sont pas perfectionnés. En effet , par suite de

l'épuisement des veines dans leur partie supérieure, les travaux doivent être poussés à une plus grande profondeur et nécessitent en conséquence des frais plus considérables. Maintenant l'exploitation a lieu i ciel ouvert et l'eau est épuisée au moyen de pompes mues à bras d'homme.

On sent combien il serait nécessaire d'employer un mode plus avantageux, tel que l'établissement de puits et de galeries et surtout de galeries d'écoulement. Mais l'exécution de ces travaux exigerait l'avance de capitaux assez considérables et les exploitants sont hors d'état d'y suffire. Ce serait là cependant l'unique moyen de conserver pour longtemps encore une branche d'industrie qui n'offre pas seulement l'avantage de procurer des moyens d'existence à plus de deux cents familles , mais aussi celui de fournir au commerce une des productions qui se présentent le plus rarement dans la nature.

§ 5. Plâtre ou marbre.

Les districts de Grevenmacher, de Diekirch et de Luxembourg possèdent d'inépuisables carrières de plâtre; ces carrières sont aujourd'hui presque inexploitées. Le beau plâtre rouge qui orne le palais du prince d'Orange à Bruxelles et le pavillon de Tervueren vient de Muthfort.

L'exécution du canal de Meuse et Moselle et

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l'exécution de routes dans plusieurs parties du pays en favorisant l'exploitation de ces carrières créeraient une branche d'industrie nouvelle. Indépendamment de son utilité en construction , le plâtre est un puissant moyen d'amendement pour les terres, et sous ce rapport son emploi dans l'agriculture de l'Àrdenne y apporterait de sensibles améliorations.

En juillet 1836, la société nationale de Bruxelles et M. Biver ont demandé au gouvernement belge la concession de l'exploitation de sel gemme dans les villages avoisinant Luxembourg; les travaux de sondage ont été continués depuis par MM. Biver et Rost, avec une rare persévérance et on en espère d'heureux résultats.

En 1824, il a existé à Hollerich, une raffinerie de sel de roche que cet établissement tirait de l'é-

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