IV. TANNERIES
§ 1. Tanneries et corroieries.
Cette industrie est très-importante dans cette province, où les tanneries s'occupent aussi de la corroierie.
Il y a environ 120 tanneries dont les produits immenses sont difficiles â calculer. Les matières premières proviennent en grande partie du pays.
La ville de Wiltz renferme à elle seule , y compris Wilwerwiltz, 19 tanneurs qui possèdent ensemble 420 cuves ou fosses; Clervaux a 9 tanneurs et 246 fosses ; Laroche, 10 tanneurs et 160 fosses , situées en grande partie sur le territoire des communes de Hives et de Beausaint. Les principaux tanneurs de la province sont : MM. Orban, à Laroche ; Faber, Servais, Thilges et Lambert , à Wiltz ; Bouvier, Richard et Thilges , à Clervaux; Frères et Bocholtz, à Wilwerwiltz ; Faber, à Bissen ; Pirotte, à St. Hubert; Gérard-Goffllot, à Neufchâteau; Lebrun, à Vauxchavanne, et Servais, à Oberwampach.
Les cuirs forts se tirent du Brésil , de Buénos- Ayres, et d'autres parties de l'Amérique.
Les écorces sont d'une bonne qualité ; l'abondance
en est diminuée par l'exportation qui se fait en Prusse et en Angleterre.
La tannerie très-florissante sous le gouvernement autrichien et sous l'empire français n'a cessé de décroître depuis par suite du système de douanes adopté par les puissances voisines. Dans ce moment cette branche d'industrie est si faible qu'elle ne produit peut-être pas l'intérêt des capitaux qui y sont employés.
La France et l'Allemagne recevaient jadis des cuirs en grande quantité et l'on se rappelle les expéditions considérables que les tanneurs luxembourgeois faisaient aux foires de Francfort, de Leipzig, de Cassel, d'Offenbach, de Brunswich, etc.
{ 2. Cuirs laqués et maroquinés.
Une fabrique de ce genre est établie depuis quelques années à Echternach. Cette fabrique tire ses peaux des moutons du pays, celles de chèvres des Ardennes et de la Suisse. Les écorces sont celles du pays.
Quelques fabriques de buffleteries et chamoiseries se trouvent à Luxembourg.
Les produits de ces fabriques s'écoulent en partie en Belgique ; nous devons accorder une mention particulière à la fabrique de gants de M.Lippman.
§ 3. Coite forte.
Il existe a Wiltz une fabrique de -colle forte employant deux chaudières à la cuisson. On y fabrique pendant trois mois du printemps 15 à 20,000 kil. de colle, quantité suffisante pour le débit actuel, mais que l'on pourrait porter de 40 à 50,000 kil , si l'exportation en France pouvait avoir lieu ; mais cet article est frappé a l'entrée d'un droit équivalent à une prohibition.
Le prix de la colle forte a subi depuis quatre ans une baisse de 3 p. °/0, et ce n'est qu'au moyen de la possibilité d'exportation qu'il pouna se relever; de manière à encourager la fabrication et soutenir cette branche d'industrie qui se rattache si essentiellement à la tannerie.