‹ Dictionnaire géographiqueChapitre 22 sur 278 · V. FABRIQUES DE DRAPS · texte numérisé non relu

V. FABRIQUES DE DRAPS

Il n'y a point de grande fabrique dë drap dans cette province, mais de tout temps des centaines de familles y vivaient, même dans une certaine aisance, de la fabrication de draps, tant pour la consommation locale que pour l'équipement des troupes. Ces petites fabriques employaient les laines du pays et leurs ateliers bien activés étaient par cela même d'un grand avantage.

Cette branche d'industrie est tombée progressivement et d'une manière effrayante depuis environ vingt ans.

Ces draperies sont situées dans les communes de Yianden , Wiltz , Esch sur la Sure , Clervaux , Echternach et la Rochette. L'on a souvent proposé au gouvernement, et sans beaucoup de succès, d'employer les produits des draperies luxembourgeoises, à l'équipement de l'armée ; il ne reste guère que ce moyen de préserver cette industrie de l'anéantissement, et la population de la misère.

Tulle.

La fabrication du tulle, qui ne date en Belgique que de 1826, y est restée longtemps stationnaire par suite de l'emploi de procédés anciens Depuis une couple d années seulement, elle a pris un essor assez brillant, résultat qui est dû, en grande partie, â un industriel luxembourgeois, M. Davreux aîné, qui établit à Bouillon, en 1834, une fabrique de tulle avec des machines très-perfectionnées suivant le système d'Héathcote. La fabrique est établie en partie dans un local loué à M. Davreux par l'administration des hospices civils de Bouillon , en partie dans un moulin à quelque distance de la ville ; elle se compose de quatorze machines fonctionnant nuit et jour et employant journellement:

Ouvriers tiMenrt 38

Contre-maître» 3

Pour préparation du coton 10

Pour racommodage du tulle sortant des machines. 120

Pour blanchissage 2

Pour dt'filage, pliage, etc 30

Pour broder sur toile écru . . 150

Total. . . 34»

Ces ouvriers ou ouvrières sont, pour plus de la moitié, occupés â Bouillon même et dans les environs et le restant au voisinage de Bruxelles, ou M. Davreux est obligé de faire broder le tulle écru , parce que la population qui entoure son établissement n a pas encore acquis l'habitude et la dextérité nécessaires à ce genre de travail.

Suivant M. Davreux, ses métiers consomment annuellement trois mille deux cents kil. de coton filé provenant de l'Angleterre , et il fabrique approximativement un millon huit cent mille mètres de tulle dune largeur de sept centimètres. Son prix de revient est de neuf centimes , terme moyen, et le prix de vente de dix centimes et demi. Quinze cent mille mètres environ de tulle sont vendus à l'intérieur et trois cent mille en France, quoique cette fabrication y soit très-répandue, mais oîi elle coûte 20 p. °/ode plus qu'en Belgique.

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