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plusieurs années dans sa prison , lorsque l'évéqne dTlrecht se déclara contre Henri et conclut un traité avec le comte de Luxembourg. Celui-ci s'engagea à remettre Philippe en possession du comté s'il le recevait en fief de sa main ; l'évéquc dUtrecht accepta cette condition au nom de Philippe. Le comte de Luxembourg entra à la téte de ses troupes , dans le comté de Vianden ; le jeune Henri marcha a sa rencontre, mais il vit qu'il ne pourrait lui résister. Il consentit donc è transiger sur les droits d 'aînesse, et céda le comté è son oncle en se contentant d'un apanage; la transaction fnt acceptée, mais l'oncle et le neveu furent obligés de so déclarer vassaux du comte de Luxembourg qui occupait le territoire. Voici un extrait de l'acte de vasselage , daté de l'an 1270 et conçu en langue romane. « Je Philippe , Cuen* de Vienne et Sires de Grimberg , tais savon* à tous que comme je eusse obligé Vienne, mon Chastel et les Bure et la ville elles appartenances toutes du dit Chastel , où que le soient , en hommes , en ûox , en bois, en preis, en champs, et en toutes autres choses, saufle licf de l'abbaïede Preums, à noble homme et mon signour Hanri, conte de Lucembourg , et à noble dame Margarite contesse de cel meisme lieu, que je la repanroio d'Aulx et de leurs hoirs , contes de Lucembourg , je et mi hoir, d'oir en oir, conte do Vienne, je par le conseil de bonnes gens et porà Emplir
recognoitre, je ay repris en fiez ligemeot les choses devant dites, de Ma Dame Margarite contesse de Lucembourg et de Hanry son ainei Iils, et feurons-jccl mi hoir, conte de Vienne, en Bc lige et rendable ledit Chastel de Vienne et ledits appartenances, des contes de Lucembourg d'oir eu oir, et è toujours permanabU>-
menl Ce fust fait et donnei en l'an
de grâce nostre Signer, quant li milliarea corroit par mil cl deux cens ei seplauic et dix, le mardi devant ltarc?me preeuanl. »
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C'est ainsi que Je comte de Luxembourg mit à profit les querelles de ses voisins; le seigneur qui se déclarait hommehije d'un autre s'obligeait prinetpa-
tre lui. Ce qui n'empêcha pas iiodefroid II, successeur de Philippe I, de s'allier avec Jean , duc de Brabant , et de combattre à la fameuse journée de Woringen, contre Henri le Blonde! , comte de Luxembourg.
Les comtes de Vianden conservaient la faculté d'ériger dans l'étendue de leur territoire des fiefs et des communes, en imposaol aux vassaux et aux bourgeois l'obligation de ne pas faire la guerre au suzerain. 11 existe on diplôme de l'année 1322, par lequel Wauthier de Clervaux acceptait on Oef de G ode froid III , sous la réserve suivante: «ISous tiendrons ces terres du comte de Vianden , et de ses successeurs, promettant que nous les aiderons fidèlement contre tous , excepté le comte de Luxembourg. Que s'il survenait guerre entre le comte de Luxembourg et le comte de Vienne, nous ferons en ce cas ce que nous croyons être permis de droit. »
Le petit bourg de Vianden resta jusqu'au quatorzième siècle en dehors du mouvement social qui produisit les communes; il ne fut affranchi qu'en 1308. La charte d'affranchissement est rédigée en latin ; comme elle est très-remarquable et fort courte, j'en donnerai une traduction.
a Nous Philippe , écuver, comte de Vianden , faisons savoir, que de peur que les choses passées ne s'oublient , noua avons cru devoir les confirmer par f authenticité de nos lettres. C'est pourquoi nous déclarons qu'après une mûre délibéralion , et par le conseil de gens sages, nous avons promis et promettons par serment à nos bourgeois et à toute communauté de Vianden , de leur accorder une liberté ferme , légitime et inviolable , de sorte qu'ilsjoulronl irrévocablemeuldes mômes privilèges dont les bourgeois de Trêves jouissent en leur ville; sauf néanmoins
que lorsque nous serons créés chevaliers, ou que nous marierons nos eufans , ou bien, ce qu'à Dieu ne plaise, si par la dé fense de nos droits et de notre héritage,
permis d'exiger d'eux uu subside juste et raisonnable.
« Toutes ces choses.... nous avons promis do ratifier et d'observer in violablemeot : consentant qu'au cas de contravention de notre part, nos bourgeois de Vianden soient autorisés à nous refuser leur aide et secours. Fait en 1308, la troisième férié avant la Stc Catherine. »
Les choses passées, auxquelles on se réfère dans le préambule de la charte, sont
conjecturer que la liberté ne fut pas obtenue sans effort, et on remarque d'ailleurs que le comte n'emploie pas la formule : « Octroyons ou concédons de notre propre mouvement. »
La clause finalo consacrait expressé meut la résistance légale, le refus d'obéissance et même le droit d'insurrection* La fameuse charte de Brabant dite de joyeuse entrée , portait de même. « Nous jurons
nir ces privilèges, de ne rien faire et ne pas permettre, qu'on fasse rien à rencontre , de quelque manière qoe ce soit , contentant qu'en cas de contravention de notre part ou de celle de nos oirs et descendans , nos sujets ne seront plus tenus de nous faire aucun service ni de nous prêter obéissance dans les choses de notre besoin jusqu'à ce quenous ayons réparé etredresse f emprise et remis les choses en leur premier état. » Le plus ancien acte de joyeuse entrée qui contienne cette disposition ost de Tannée 1355, cl émane de Wenceslas, duc de Luxembourg et de Brabant ; peutêtre la charte de Vianden de 1308, n 'étaitelle pas inconnue au rédacteur de la joyeuse entrée de 1355. Celte clause était rarement exprimée d'une manière aussi positive, mais on la sous-entendait généralement daus toutes les chartes provinciales ou communales. Le droit de dé*.
obéir en masse et uiénie Je s'insurger, en rompant avec le chef de l'État , semblait à nos pères I onique garantie possible
constitutions modernes ont résolu en plaçant un ministère responsable à côté de la royauté inviolable. C'est on point que M. Augustin Thierry a négligé
munales.
Telle était la constitution du pays de Viandcn , lorsque la maison de ce nom «éteignit dans la lignée masculine. Godefroid mourut en Palestine vers 1335, en laissant deux filles Marie et Adélaïde; son frère Henri III , fut le onzième et dernier comte , et mourut en 1361 , sans postérité. Ses nièces , Marie et Adélaïde héritèrent chacune de la moitié du comté, Marie épousa Simon comte de Spanbeimt Adélaïde, Othon, comte de Nassau. Marie mourut sans enfans , sa part échut à Knglcbert Ier petit-fils d'Adélaïde, et le comté de Viandcn fut dès lors compris en les domaines de la maison de d'Adélaïde se
gnenrs luxembourgeois et prenaient le litre de comtes de Nassau et de Vianden : Jean I«, son fils, assista, mier député de la noblesse, il's des États de 1451 où Ptailippe-le-Bon fut reconnu duc de Luxembourg : Englebert II , arrière petit-fils de Jean Ier, fnt gouverneur dé1 Luxembourg depuis 1483 jusque 1489. Guillaume le Tacttum* et son frère ainé Jean étaient issus au sixième degré d'Adélaïde de Vianden ; on sait que ces deux frères ont eu des destinées bien différentes : Guillaume vécut au milieu des troubles des Pays-Bas et périt, à l'âge de 51 ans . sous le poignard d'un fanatique, en désespérant de la liberté et en s'écriant : Mon dieu ayez pitié de et pauvre peuple! Jean régna paisiblement en Allemagne et mourut à l'âge de 71 ans, 85 fils on petits-fils rangés de son lit. Le roi des Pays Bas est issu du frère de Guillaume, et au douzième degré, d'Adélaïde de den (1).
(1) Cette notice était signée par M. No-