‹ Dictionnaire géographiqueChapitre 44 sur 278 · DIVISION DE LA LOTHARINGIE EN HAUTE ET BASSE · texte numérisé non relu

DIVISION DE LA LOTHARINGIE EN HAUTE ET BASSE

Comté dArdenne.

On admet généralement que vers l'an 928 la Lotharingie devint nn duché bénéficiaire , l'empereur Henri l'Oiseleur en ayant confié le gouvernement à Gilbert.

Vers l'an 959, Brunon, archevêque de Cologne, ayant obtenu l'administration du duché de Lotharingie, le partagea en haute et basse Lotharingie; il se subdélégua dans le gouvernement de la haute Lotharingie , appelée aussi le duché de Mosellane (1), Frédéric Comte de Bar, et dans celui de la basse Lotharingie, d'après le continuateur de Réginon, Godefroy.

Vers la même époque où la Lotharingie devint un duché bénéficiaire, il est question de Comtes d'Ârdenm; on ignore la nature et l'étendue de ce comté qui ferait partie de la basse Lotharingie; on suppose même que Godefroy, qui obtint le gouvernement de celle-ci, était Comte d'Ardenne et de Verdun et fils de Ricuin (2).

Les auteurs disent généralement que le territoire luxembourgeois était compris dans la basse Lotharingie; il serait naturel cependant d'en excepter les rives de la Moselle, et de supposer cette dernière contrée comprise dans la haute Lotharingie, traversée,dit-on,par la Moselle; ce qui lui a valu le nom de duché de Mosellane.

§ 4. Comté ou Duchéde lAtxembourg , depuù* 965-14ôf .

Les historiens admettent généralement que vers l'an 963 Ricuin Comte d'Ardenne partagea ce comté entre ses quatre fils et son gendre; Godefroy eut le comté de Verdun et de Bouillon; Sigefroy, le comté de Luxembourg; et Arnoux de Granson, époux de Malthilde, le comté de Chiny; nous ne citons pas les deux autres fils dont les lots se trouvaient entièrement hors du territoire Luxembourgeois.

U ne faut pas supposer cependant que Sigefroy ait été qualifié de Comte de Luxembourg; ce n'est que Guillaume, arrière-petit-fils de Sigefroy, qui

(1) Voyei l'article Moselle (diahé de).

(1) M. Ardenne (comté).

prit le premier ce titre vers l'an i l 20. Sigefroy, son fils Gilbert et son petit-fils Conrad ne le portèrent point; ainsi il faudrait à la rigueur les retrancher de la liste des Comtes.

Le château de Luxembourg ne faisait point partie du patrimoine de Sigefroy; il l'acheta de l'abbé de Munster, par un acte daté du 12 avril 963, où le château est appelé Luzelinburhut (1) c'est ce château qui après l'an 1 120 donna son nom au comté et à la dynastie (2) ; si nous nous sommes servis avant cette époque des expressions de territoire luxembourgeois et de pays de Luxembourg, c'est par un anachronisme qu'il n'est possible d'éviter que par de longues et fastidieuses circonlocutions.

On essaierait en vain de déterminer l'étendue du prétendu comté de Sigefroy ni l'importance des parties qui le composaient; à sa mort il y eut un nouveau partage; l'aîné, Henri, est désigné sous le titre de comte dArlon et de comte d'Ardenne; ce qui ferait supposer que ce lot était préférable au château et au territoire de Luxembourg, lesquels échurent à Frédéric. En 1214, le comté d'Arlon qualifié alors de marquisat , en 1364 le comté de Chiny retournèrent, le premier comme dot, le second par suite d'une vente, au comté de Luxembourg pour ne plus en être séparés (3).

Le comté de Luxembourg érigé en duché en 1354, a subsisté comme état indépendant jusques à l'année 1451; outre les réunions des comtes d'Arlon et de Chiny d'autres changemens territoriaux ont eu lieu dans cet intervalle mais il serait impossible de les citer sans entrer dans trop de détails.

La maison de Luxembourg peu satisfaite de son patrimoine héréditaire chercha ailleurs un plus grand théâtre ; ce fut un malheur pour le pays de Luxembourg. Elle parvint en 1288 au trône impérial; en 1308 au trône de Bohême; dès lors ses destinées furent hors du pays. La dynastie régnante s'était pour ainsi dire expatriée (4).

La maison impériale de Luxembourg n'a eu que du bonheur; le génie des grandes choses lui a manqué; arrivée au faite de la puissance humaine elle n'a su s'y maintenir; elle n'a pas même conservé le patrimoine de ses aïeux qui vers le milieu du 15* siècle échut par l'intrigue et la force à la

(1) L'acte est rapporté par Bertholet, t. in, pièces justtficathret, p. 7 ; il est permit d'en contester l'authenticité.

(2) Voyex à l'article Luxembourg, les différentes manières d'écrire ce nom.

(3) L'article Arton, p. 6-7, renferme une notice sor Arlon considéré comme comté ou marquisat de 963-1214.

L'article Chiny, p. 85, renferme également une noUce snr le comté de ce nom 963-1364.

(4) Nous renvoyons pour la succession des princes aux tableaux généalogiques qui se irou- »enl ci-après Document , I.

maison de Bourgogne, autre dynastie qui ne sut non plus se montrer digne de ses destinées.

§ 5. Maison de Bourgogne, 1431-1477.

L'empereur Sîgismond, petit-fils de Jean l'Aveugle, fils de l'empereur Charles IV et frère de l'empereur Wenceslas et de Jean de Gorlitz ne laissa qu'une fille Elisabeth, qui se trouva héritière de ses états patrimoniaux (1437).

Elisabeth épousa l'archiduc Albert.

Elle eut deux, filles, l'une mariée à Guillaume duc de Saxe, l'autre à Casimir, roi de Pologne, et un fils dont elle était enceinte à la mort d'Albert , Ladislas, roi de Hongrie et de Bohème (né 1440, mort 1457).

Jean de Gorlitz, frère de l'empereur Wenceslas mort sans postérité, et de l'empereur Sîgismond dont nous venons d'indiquer la descendance, eut une fille Elisabeth de Gorlitz, qui épousa Antoine de Bourgogne, et en secondes noces Jean de Bavière; elle n'eut d'enfant ni de l'un ni de l'autre.

Enfin il existait un petit-fils de Jean l'Aveugle, Josse de Moravie, né de Jean de Moravie.

Pendant plus d'un demi siècle le duché fut l'objet d'engagères.

L'empereur Wenceslas l'engagea en 1583 à son cousin Josse de Moravie.

Celui-ci l'engagea au duc d'Orléans; il le reprit en 4407 après la mort du duc d'Orléans.

Wenceslas en mariant sa nièce Elisabeth de Gorlitz à Antoine de Bourgogne lui céda le droit de dégager le duché des mains de Josse de Moravie.

Elisabeth de Gorlitz et Antoine de Bourgogne opérèrent le retrait dès 1411 et firent gouverner le duché en leur nom comme engagistes; Wenceslas ne fut pas moins duc de droit et reconnu comme tel ; à sa mort, il en fut de même de son successeur Sîgismond.

Les véritables héritiers du duché étaient les descendans de Sîgismond.

Guillaume de Saxe, époux de l'une des petites filles de Sîgismond, voulut se mettre en possession du duché et s'y forma un parti; Elisabeth, veuve pour la seconde fois, appela à son secours le duc de Bourgogne, son neveu, Philippe-le-Bon.

Le duc de Bourgogne s'empara de la ville de Luxembourg dans la nuit du 21 au 22 novembre 1443 et ne tarda pas à être maître de tout le pays ; Elisabeth lui céda tous ses droits; après sa mort, en 1451, il prit le titre de duc de Luxembourg et se fit inaugurer par les États.

Sl'R LA PROVINCE DE LUXEMBOURG.

Ladislas fit valoir ses prétentions et parvint en 1453 à se faire reconnaître par «ne partie des Etats et à s'emparer d'une partie de la province; il monrnt en 1457 , ne laissant d'antres héritiers que ses beaux-frères , Guillaume de Saxe et Casimir *roi de Pologne.

Guillaume vendit ses droits an roi de France qui y renonça en 1462 au profit de Philippe-le-Bon.

Casimir vendit en 1467 les siens à Charles-le-Témcraire.

C'est ainsi que la réunion du duché de Luxembourg aux États de Bourgogne, commencée en 1443 par la conquête, se trouva définitivement consommée en 1467 par les cessions successives de tous les ayants droit.

Jusqu'à la mort d'Elisabeth de Gorlitx, Phitippe-le-Bon n'avait porté que le titre de Main bourg et de Gouverneur; il convoqua les États le 25 octobre 1451 ; Bertholet , (Histoire d» Luxembourg, Uvre LXIV, page 450 du tome VU), rend compte en ces termes de cette mémorable assemblée:

> Il y avait du clergé; les abbés d!£pternach, de Munster, d'Orval et

> de S«-Hubert

. > De l'état noble ; Jean comte de Nassau et de Vienne(l) , Robert, comte » de Yirnenbourg, Engelbert le Jeune, comte de Salm en Àrdenne, Jean de » la Marche, Louis de la Marche, Simon de Fenestranges, Nicolas, avoué i et seigneur de Hunnelstein, Jean de Raville, seigneur de Septfontaines , » Jean de Vennenbourg, Jean de Roulay, seigneur de Soleuvre, Thierry de

> Rivecke, seigneur de Rrouch, Ferri de Brandenbourg, seigneur deCier- » vaux, Cuillanme de Bolland, seigneur deRoley,les seigneurs de Reudtun » et de HouOalize, Jean de Raville, seigneur d'Ansemberg, Jean deBas- » sompierre, George de Laroche, Gobert d'Autel, Guillaume de Putlange, » Henri Bayer, seigneur de la Tour, Jean de Beaufbrt, Gérard de Weyss,

> Godefroy de Welz, seigneur de Girse, Jean de Celles, seigneur délier-

• resses , Jean Donolt, seigneur de Vaux, Bernard de Bourcheidt , Gilles

• de Bourcheidt, Jean de Bourcheidt, seigneur d'Ethe, Bernard de Bour- » cheidt le jeune, Guillaume de Mailberg, seigneur d'Abbedieii , Collard

• d'Ottanges, Guillaume de Saulx, seigneur de Fontois et de Berward, » Perresome de Soye , Adam de Mailberg, seigneur d'Orre, Henri de la » Tour, seigneur de Florenges, Adam de Dalstein, seigneur de Meysen- » bourg, Guillaume d'Orley, seigneur de Linster, Bernard d'Orley, son fils,

> Jean d'Autel, seigneur d'Everlanges, Gilles d'Autel, Bernard de Honde- » lange, Jean de Messancy, Wiric de Putlange, Ferri de Ghinery , Henri » de Bœuf et Louis de Chinery frères, Gui de Barbançon, seigneur deWil- » lemont, Bernard de Palland, le fils du seigneur de Reuland , Thicrri de

(1) Jean, comte de Nassau et de Viaoden ou Vienne, un des aïeux du roi des Pays-Bas, Guillaume .1. Voyez l'article Vianden du dictionnaire.

» Brandenbourg, seigneur de Holtzcnbourg, Thierri de Brandenbourg le

> jeune, Godefroi de Brandenbourg, Martin de Fischbach, Louis de Pil- • che, seigneur de Linlhere, Thomas de Kerpen, Jean de Schwartzem-

> berg, Louis de Bourscheidt, Ferri Tristan, Arnoux Tristan, Jean de i Haps, seigneur de Diestorff, et Nicolas de Lapierre.

< Du tiers état; les députés des villes de Luxembourg , d'Arlon, de » Thionville, d'Epternach, de Biedbourg, de Grevenraacheren, de Diekircb, » deBastogne, de Marche, d'Ivoix, de Yirton, de Marville et de Damp- » villers.

t Les trois états assembles de la sorte firent représenter au duc de

> Bourgogne, par le ministère de CoIIard d'Oltanges, qu'ayant lu les titres » qui établissaient ses prétentions aux duché de Luxembourg et comté de » Chiny, il leur était constaté qu'il y avait un droit effectif, à raison de

> l'engagère et de l'hypothèque cédés à Elisabeth de Gorliu; que par ce » motif ils étaient prêts à lui obéir, selon la teneur des lettres expédiées » la dessus, sauf les droite des vrais propriétaires et légitimes héritiers

> des pays de Luxembourg et de Chiny, droits que lui, duc de Bourgogne,

> avait déclaré solennellement vouloir laisser en leur entier; et que pour » leur conservation, les États lni en faisaient leurs très-humbles actions de » grâces et le suppliaient, à son avénément à ces domaines, de maintenir la » noblesse et les villes dans la jouissance de leurs privilèges et franchises.

c Le duc de Bourgogne leur fit répondre par Nicolas Rolin, son chnnce- » lier, qu'il les remerciait de leur zèle pour son service, qu'il protestait » de conserver les droits des vrais propriétaires et des légitimes héritiers » aux duché de Luxembourg et comté de Chiny, et que bien loin de » songer à les affaiblir, il se ferait gloire de n'y donner jamais la moindre » atteinte; que quant à leurs privilèges, droits, libertés et usages anciens, » il s'informerait de leur consistance, et consentirait avec plaisir à les con- » firmer avec promesse de les en faire jouir pleinement et paisiblement

> tant pour lui que pour ses successeurs à perpétuité.

c Ces choses ainsi réglées , le duc et les États requirent trois notaires » apostoliques de les rédiger par écrit et d'en faire plusieurs copies au- » then tiques; ce qui fut exécuté en la grande salle du château de Luxem- » bourg, en présence de témoins à ce spécialement appelés, savoir : Jean, » comte d'Estampes, Adolphe de Clèves, Nicolas Rolin, Corneille Bâtard

> de Bourgogne, Simon de Lallin, Antoine de Rochebaron, Jean dePoi- » tiers, Pierre de Goux, André Colin, Pierre Brandin, Gérard de Plaine » et plusieurs autres. >

Nous avons vu que la maison de Bourgogne fit droit à la réserve faite par les États en faveur des héritiers légitimes du duché, en obtenant leur désistement en 1462 et 1467.

SUR LA PROVINCE f>F. LUXEMBOURG.

§ 6. Depuis r extinction de la maison de Bourgogne jusqu'à V érection des Pays-Bas en État indépendant, par Philippe 77,4482-1598.

La fille unique du dernier duc de Bourgogne, l'héritière de tous ses États, Marie de Bourgogne épousa Maximilien d'Autriche; de ce mariage naquit Philippe le Beau qui épousa l'héritière d'Espagne, Jeanne d'Arragon-Castille; de ce dernier mariage naquit Charles-Quint

Cette série d'alliances a fondé la dynastie la plus puissante que connaisse l'histoire, la maison d' Autriche-Bourgogne- Arragon et Castille, et produit l'homme peut-être le plus puissant qui ait jamais existé, Charles-Quint.

Après l'abdication de Charles-Quint, en 1555,1e duché de Luxembourg, comme les autres provinces des Pays-Bas, fit partie de la monarchie espagnole jusques 1598 où Philippe D érigea les Pays-Bas en État indépendant en les cédant à Albert et Isabelle.

Le duché de Luxembourg est resté en dehors de la grande révolution religieuse du 16# siècle.

§ 7. Indépendance des Pays-Bas, sous Albert et Isabelle, 1598-1632.

Les Pays-Bas jouirent de quarante années d'indépendance; les archiducs étant morts, Albert enl621, Isabelle en 1632 sans enfants, le Luxembourg retourna avec les autres provinces à la monarchie espagnole.

§ 8. Domination espagnole, de 1632-1715.

Le Luxembourg appartint jusques en 1715 à la maison d'Espagne, et eut sa part dans les malheurs de cette longue période de décadence de la monarchie espagnole.

C'est pendant cette période que le Luxembourg a subi le premier démembrement; le traité des Pyrénées réunit en 1659 à la France Thionville, Montmédy, Damvillers, Ivoix et Marville.

Le pays de Luxembourg fut plusieurs fois ravagé; en 1684, Louis XIV s'empara de la ville et la garda avec la majeure partie de la province jusqu'au traité de Ryswick, 1697.

COUP-D'CEÏI.

§ 9. Domination autrichienne, 1715-1795.

A la suite de la guerre Je la succession d'Espagne , le pays de Luxenr bourg fut avec les autres provinces méridionales et sous la dénomination commune de Pays-Bas espagnols , cédé à la maison d'Autriche.

Il resta en dehors de la révolution dite Brabançonne, et ne fut conquis par là France qu'en 1795.

$ 10. Gouvernement français, 1795-1814.

. Le Limbourg et lo Luxembourg sont les parties de la Belgique qui ont épd réunies les dernières k la république française, étant restées jusqu'en 1 795 sous la domination autrichienne.

Par ses décrets du 15 décembre 179i etdu31 janvier 1793, la convention nationale avait chargé les généraux des armées qui occupaient la Belgique et l'Etat de Liège de convoquer les peuples de ces pays en assemblées primaires pour déclarer quelle forme de gouvernement ils voulaient adopter.

Les assemblées primaires de ces différentes provinces émirent le vœu de la réunion à la république française.

La convention nationale admit la réunion du pays de Liège à la France par ses décrets des 2 et 4 mars, et 8 mai 1 795 ; celle du Ilainaut, du Tournaisis, du pays de Namur, d'une partie de la Flandre et duBrabantpar ses décrets des 1, 2, 6, 8, 9, 11, 19 et 23 mars 1793.

La défection de Dumouriez et la rentrée des coalisés en Belgique empê cha la convention nationale d'accepter également le vœu émis par Ypres, Grammont et autres communes de la Flandre, duBrabantet delà Gueldre autrichienne.

* La république ayant conquis de nouveau la Belgique y compris le Limbourg et le Luxembourg, la question de la réunion du territoire français se présenta sous la forme suivante :

, il Les décrets de 1793 qui acceptent le vœu du pays de Liège, du Ilainaut, du Tournaisis, du pays do Namur, d'une partie de la Flandre et du Brabant seront-ils maintenus?

3» Le vœu émis en 1 793 par Ypres, Grammont et autres communes de la Flandre, du Brabant et de la Gueldre autrichienne sera-t-il accepté ?

3° Proposera-t-on la réunion à la France aux assemblées primaires des pays de Luxembourg et de Limbourg?

Cette-question fut vivement agitée dans le sein de là convention national* le 8 et le 9 vendémiaire an IV.

Le vendémiaire, Merlin (de Douai) avait présenté le rapport du comité de salut public à l'appui d'un décret qui admettait la réunion, sans consulter les assemblées primaires du Limbourg et du Luxembourg.

L'opposition de deux députés, Armand de la Meuse et Le Sage d'Eure et Loire, prolongea la discussion; l'on proposa défaire de la Belgique et du pays deUége un État indépendant.

Enfin le 9 vendémiaire an IV le décretfut adopté (1- octobre 1795).

Le discours qui fit la plus grande impression est celui de Carnôt qui prouva que par la réunion, la république serait couverte de deux lignes do places fortes.

1° Luxembourg, Namur, Maastricht, etc.

2° Mons, Lille, Valenciennes, Longwy, etc.

Le consentement des Liégeois, des Namurois, des Brabançons et des Flamands fut regardé comme évident par les délibérations des assemblées primaires de 1795; celui des Limbourgeois et des Luxembourgeois Ait regardé comme inutile.

Le rapport de Merlin est aussi très-remarquable.

t Cette question, dit- il, nous a paru devoir être considérée sous deux rapports : 1° de la maison d'Autriche à la république française; 2° de la république française aux habitons du Limbourg et du Luxembourg.

Sous le premier aspect nulle difficulté pour la réunion.

« Quel serait le Français assez lâche pour remettre au pouvoir du plus

puissant ennemi de sa patrie, cet® place fameuse, la ptùs forte de t Europe, qui seule, protège une grande partit de nos frontières, et dont le retour eh nos maùu est d'autant plus naturel, que c'est au génie de Vauban et à for de la France, autant qu'aux miracles de la nature qu'est du ce formidable ap~

r attaque!

« Sous le second aspect, la réunion devrait nécessairement être ajournée,) si elle ne pouvait avoir lieu sans que les habitons du Limbourg et du Luxembourg l'eussent demandé dans les assemblées primaires. Mais déjà vous avez senti que, pour s'indemniser des maux et des dépenses de la plus injuste des guerres, aitisi que pour se mettre en état d'en prévenir une nouvelle par de nouveaux moyens de défense, larépublique pouvait et devait s'en retenir à titre de conquête, s'en acquérir par des traités, des pays qui seraient à sa convenance, unis en considter les habitons. »

Conformément à ce principe, sans doute peu libéral, le pays de Luxembourg fut réuni à la France comme conquête.

La forteresse de Luxembourg a capitulé le 19 prairial anIII (7 juin 1795).

Le 38 prairial les États furent supprimés par le décret des représentais envoyés dans ce pays.

• À la même époqne l'administration provisoire qui siégeait à S '-Hubert fut transférée à Luxembourg.

Le 23 thermidor le conseil souverain et toutes les justices criminelles et civiles furent supprimés , et l'organisation judiciaire française introduite.

Avant que la réunion de la Belgique à la France eût été formellement décrétée par la loi du 9 vendémiaire an IV, les provinces belges avaient déjà été divisées en neuf départemens par un arrêté du comité de salut public, du 44 fructidor an III; l'ancien duché de Luxembourg avait été morcelé au Nord, au Nord-Ouest et au Nord-Est . sous le nouveau nom de département des Forêts; il avait conservé partout ailleurs ses limites, en continuantà s'étendre au delà de la Moselle, de la Sure et de l'Our; à l'Est, il avait seulement perdu les enclaves de la Sarre, Catitzem et Wittingen. Dans la division cantonnale faite par l'arrêté du 14 fructidor an m, le territoire luxembourgeois était réparti de la manière suivante :

départemest de l'o u h te : Les cantons de VietSalm, de Rouland, de 8t.-Vith et de

Schlcydcn.

département DE sambbb et Meuse : Les cantons d'Orchlmont, de S L -Hubert, de

La Roche, de Durbuy, de Nassogne, de Wellin, de Marche et une partie du canton de Rochcfbrt.

départbmeat des forêta : Le reste de l'ancien duché , formant 37 cantons.

Le département des Forêts obtint au N. 0. une légère compensation par l'adjonction du canton de Paliseul détaché de l'ancien dnché de Bouillon (1).

Le département des Forêts fut divisé en quatre arrondissemens judiciaires, formant autant de sous-préfectures administratives; un arrêté consulaire du 15 ventôse an X, réduisit les cantons à vingt-sept (2) ainsi distribués :

Cinq cantons : Arlifcld, Biedbourg, Dudeldorf, Echternach , Neuerbourg.

(1) Voyex ci-après l'extrait de l'arrêté du 14 fructidor an III, relatif 1 la division du duché de Luxembourg, et le tableau du morcellement du dnché de Bouillon.

(2) Vingt-huit, en comptant pour deux cantons celui de Luxembourg divisé en section du K. et en section du S.

Page 1