‹ Dictionnaire héraldiqueChapitre 145 sur 236 · OR · texte numérisé non relu

OR

bout (le laquelle pendait un f)orc-('!pic, avec cette devise : Cominus et eminus. Cet ordre fut aussi a|ipelé du cainail, parée que le duc d'Orléans donnait, avec le collier, une bague d'or garnie d'un camaïeu ou pierre d'agathe , sur laquelle était gravé(^ la ligure d'un porc-épic. Louis XII , tils do Charles d'Orléans, étant parvenu à la couronne, conféra le collier à quelques chevaliers ; mais après sa mort l'ordre fut aboli. 11 [laraît que cet ordre se donnait ipielcpiefois à des femmes, puisque, dans une créatio:i do chevaliers du 8 mars 1438, le duc d'Orléans le donna à mademoiselle de Murai et à la femme du sieur Potron de Saintrailles.

Ordre du Croissant. L'ordre du Croissant fut institué par René, duc d'Anjou, roi de Sicile et comte de Provence. Cette institution se fit à Angers, l'an l'i-48, sous la |)iotection de saint Maurice , qui fut déclaré chef de celte chevalerie. Pour y être admis, il fallait être duc, prince, marquis, comte ou vicomte, ou issu d'ancienne chevalerie, gentilhomme de quatre races. Ces chevaliers s'engageaient par serment à plusieurs pratiques de piété. Tous les ans, le jour de saint Maurice, ils élisaient un chef, auquel on donnait le nom de sénateur: ils devaient lui obéir dans tout ce qui concernait le bie;i de l'onlre. Les jours de cérémonie, ils ))ortaient de'S manteaux longsjusquesà terre ; savoir, le prince ou chef de l'oidre, un manteau de velours cramoisi fourré d'hermine ; les chevaliers un manteau de même, fourré de menu vair; sous ces manteaux ils avaient des robes de damas gris fourrées de môme; sur la tôte des chaperons couverts et doublés do velours noir, avec cette dill'érence que ceux des chevaliers avaient un bord d'or, et ceux des écuyers un bord d'argent ; ils portaient tous sous le bras droit un croissant d'or émaillé, sur lequel étaient écrits ces mots : Loz en croissant. Le nombre des chevaliers était lixé h ciiKjuante.

Ordre de l'Epi et de l'IIcrmine. L'ordre de riîpi et de l'Hermine, ainsi apjjelé à cause du collier, fut institué par François I", duc de Bretagne, pour 25 chevaliers nobles et sans reproches. Leur habillement de céréraouie était un grand manteau de damas blanc, doublé de satin incarnat, le mantelet et le cha[)eron de môme; pardessus le grand collier de l'ordre, composé d'épis de blés entrelacés avec des lacs-d'amour, le tout d'or; au bas une hermine émaillée de blanc sur une terrasse de sinople avec cette devise : À ma vie.

Ordre de la Charité chrétienne. Cet ordre eut pour fondateur Henri 111, roi de Fiance; il institua celte chevalerie en faveur des soldats estropiés au service. La marque devait être une croix ancrée en broderie de salin blanc bordée d'azur, chargée en cœur d'une losange d'azur, à une Heur de lis d'or, avec cette devise : Pour avoir bien servi. Ce nrince assigna des revenus h cet ordre sur les hôpitaux et maladreries du royaume; il lui donna une maison située dans le faubourg Saint-Marcel à Paris ; celle institution

était d'une très-grande utilité, mais ce prince n'en put voir l'exécution. Henri IV voulut suivre les vues de son prédécesseur, mais il ne réussit pas plus heureusement. L'établissement de l'Hôtel royal des Invalides rem|)lit parfaitement le but que s'étaient projio.^és les deux monanpies.

Ordre de la Légion-d'llonneur. L'ordre do la Légion - d'Honneur, qui avait eu pourorigine les armes d'honneur, fut institué l)Our récompenser le mérite civil et militaire, par Napoléon Bonaparte, encore premier con sul, le 19 mai 1802. D'après cette première ■organisation, il se composait de seize cohortes, qui corresi)ondaient à seize divisions des départements de la France. Outre un grand chancelier de la Légion, lequel résidait à Paris, chef-lieu général, chacune des seize cohortes, avait son chancelier et son cheflieu. Il n'exista d'abord que quatre degrés hiérarchiques : légionnaire, ofticier, commandant et grand officier. Cliaque cohorte comptait 7 grands ofTiciers, 20 commandants, 30 olUciers et 350 légionnaires. Ainsi, à l'origine, la légion ne devait avoir que 6'i-12 membres. Dès la première année de l'empire, au-dessus des grades déjà existants, il il en fut créé un cinquième, celui de grand cordon. Peu de temps après, le nombre des chevaliers (titie que les légionnaires recurent), devint illimité, puis celui des titulaires des autres grades, augmenta successivement

En 1805 seulementfut réglée la décoration. Pendant l'Empire, elle consista en une étoila à cinq rayons doubles, surmontée de la cou ronneimpériale; le centre de l'étoile, entouré d'une couronne de chêne et de laurier, présentait d'un côté l'eiligie de l'empereur avec la légende : Napoléon empereur des Français et de l'autre, une aigle teiiaiil la foudre, avec les mots Honneur et Patrie ])0ur exergue.

Cette décoration était en argent pour les simples chevaliers, en or pour les autres grades. Les chevaliers et les officiers la portaient suspendue à la boutonnière de l'habit par un ruban moiré rouge, seulement les ofticiers avaient de plus une rosette; les commandants la imrtaient en sautoir avec un ruban plus large; les grands ofticiers portaient la décoration en or avec une plaque en argent au côté droit de l'habit; les grands cordons, outre une plaque plus grande au côté gaucho de l'habit, [lortaientunlargerubanqui jiassait de l'épaule droite au côté gauche, et au bas duiiuel était susfiendue l'aigle de la légion.

La Restauration conserva l'ordre de la Légion-d'Hoiineur, mais à l'eiligie de Napoléon on substitua celle d'Henri IV et des Heurs de lis à l'aigle. Les commandants prirent le nom de commandeurs et les grands cordons celui de grand-croix; 1830 se coiitenla do remjilacer les Heurs de lis par des drajjeaux tricolores, et enlin un décret du Président vient de rétablir l'eiligie do l'Empereur sur la décoration.

ORIFLAMMK. — (1) L'oriflamme estoit la bannière et l'enseigne ordinaire dont l'abbé et les moines do la royale abbaye de Saint-

(I) IJu Carige, disserl. 18.

Page 1