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DlCTlONNAinP.
q\îcl lit le serment aecoutiimé. » Le même ;iiiti'ur ailleurs (1) : « Le roy alla à Saint- Denys, etc. les corps do saint Donys et de ses comijagnons furent descendus et mis sur l'autel. Le roy sans clinp[)eron et sans ceinture, les adora, ot lit ses oraisons bien et dévotement et ses olfrandc'S, et si firent les seigneurs. Ce fait, il lit [)orter rorillamine, et fut baillée à un viel ciievalier, vaillant homme, nommé Pierre de Villers l'ancien, lequel reçilt le corjis de notre Seigneur et fist les sermens en tel cas accoustuiiiez: et après s'en retourna le roy au bois de Vincennes. »
J'insérerai en cet endroit le serment qui estoit fait par celui à qui on donnoit la charge de porter l'orillnnine. « Vous jurez ot promettez sur le iirécieux corps de Jesus- Christ sacré cy-pr 'sent, et sur le corps de monseigneur saint Denys et ses compagnons qui cy sont, que vous loyalement en vostrc personne tendrez et gouvernerez l'oridambo du roy monseigneur, qui cy est, à l'honneur et profit de luy, et de son royaume, et pour doute de mort, ne autre avanture, qui puisse venir, neladélaisserez,et ferez jiartoul vostrc devoir, comme bon et loyal rlievalierdoit faire envers son souverain et droiturierseigneur.»
Plusieurs sont tondjez en cette erreur ciu'ils ont crû que l'orillamme n'estoit tirée de l'église de Saint-Denys, que lorsque nos rois avoient de fâcheuses guerres sur les bras pour repousser leurs ennemis, qui venoient attaquer leurs Etats, et pour les défendre contre leurs insultes, « et non mie quand on veut conquester autre pays, » ainsi que Juvénal des Ursins (2) parle en quelque endroit de son histoire , ou bien lorsqu'on faisoit la guerre aux infidèles, ainsi que Froissart (3) a avancé : parce (ju'il est sans doute que cette enseigne a toujours passé pour la principale de nos armées, soit que la guerre fust entreprise pour la léfense des frontières, soit qu'elle fust au dedans contre les ennemis de l'Etat.
Sous Philippes le Bel ik), en la bataille de Monts en Puele l'an mil trois cens (juatre, cette même orillamme fut jiortée par Anseau de Chevreusc, vaillant chevalier, ([ui y perdit la vie, ayant esté etoutfé de la chaleur et d(! la soif. Meier écrit que les François la l)erdirent en cette bataille, et qu'elle fut [)rise et déchirée par les Flamens. Il est viay (jue la Chronique de Flandres (o) dit que la nuit qui suivit ce combat elle fut à terre, sur le champ où la bataille fut donnée. Mais Guillaume (iuiart, (jui y fut |irésent, ainsi (pi'il raconte luy-méme, assure (jue l'orillamme qui y fut perdue en ce comliat, n'estoit [)as la véritable, mais une oi'dlamme contrefaite, que le roy avoit fait élever ce jourlii, |)Our écliaull'i'r le courage des soldats.
Il n'y a donc pas lieu de s'e.stormer, si les Flamens se pei'suaderent alors qu'ils s'estoient rendus maîtres de l'orillanune, n'ayant
(1) Jiivéïial (l(^s Ursins, ;iii. lôS'i.
(2) Idem, iiii. 138(i.
(31 Froissart, vol. Il, c. 12.").
• (4) Gosla Phil.
. (5) <;iiron. (Je Fland., c. 47
lliai.VLblQlE. OIIN 574
jm distinguer la fausse d'avec la véritable. Ce qui est d'autant plus probable, que nous voyons qu'incontinent après elle parut encore dans nos armées. Car en l'an 1315 le roy Louys Hulin la (it porter en la guerre qu'il eut contre les mêmes Flamens, et en donna la garde à Herpin d'Kniuery.
De[)uis Charles Vl l'histoire ne fait plus mention de l'oriflamme, estant probable que nos rois cessèrent de la faire porter dans leurs armées depuis que les Angiois se rendirent maîtres de Paris, et delà meilleure partie de la France sous le règne de Charles VII, qui, ajirès les avoir chassez, ayant établi une nouvelle manière de faire la guerre, et institué des compagnies d'ordonnance, inventa aussi la cornette blanche (1), qui a esté dans la suite la principale bannière de nos armées.
ORLE. Filière qui n'a iiue la moitié de la largeur de la bordure, c'est à-dii-e, un douzième de la largeur de l'écu, et qui est éloignée du bord de l'écu à une distance égale à sa largeur, en quoi elle dilfèrede la filière qui touche les bords. On dit en orlc, des meubles de l'écu, posés dans le sens de l'orle, pourvu toutefois qu'il y en ait plus ou moins de huit, et aussi de ceux qui accompagnent les pièces honorables, lorsqu'ils se trouvent dans le môme sens. Huit meubles dans l'écu se posent ordinairement en orle, ce qui ne s'exprime pas. Lorsipi'd y a plus d'un orle dans l'écu, ils sont l'un dans l'autre ; s'ils s'en trouvait plusieurs qui fussent l'un sur l'autre, ou l'un à côté de l'autre, on les nommerait /"axx éctis. On nomme ainsi l'orle seul qui, au lieu d'être à une distance égale îi sa largeur du bord de l'écu, en est plus éloigné, et n'occupe que la circonférence d'un écusson.
Chariot — d'argent, à l'orle d'azur. Picardie.
Aingevilte — d'argent, à l'orle de sable. Picardie.
Vaudricourt — de gueules, à l'orle d'argent, surmonté d'un lambel de quatre pendants aussi d'argent. Picardie.
Cornu — de gueules, à l'orle d'argent
Baiijnaux — d'or, à quatre orles de sable. Bretagne.
Novarin de Longchnmps — d'azur, à la fleur de lis d'argent, surmontée d'un lambel du même ; ii l'orle donché d'or, en sa partie extérieure. Comtat Venaissin.
(inudechart du Fayel, — d'argent, à neuf merletles de gueules en orle. Picardie.
Cni/ius de Itouairoux — d'or, au léopard lionne de gueules, accompagné de seize étoiles du même en orle. Languedoc.
La Boullaye de Thcvray — d'argent, à la bandedegueules, accom[)agnée en chef d'une nierleltrdc sable, et (;n pointe de trois croisettcs (In inêiiic en nrlr. Normandie.
ORNEMENTS EXTÉUlliUKSDES ARMOI- RIES.— Ce n'est point assez de connaître les armoiries et de les blasonner, il faut encore savoir distinguer les marques d'iiotuu'ur et les ornements iiui accompagnent quelipiet'ois les armoiries. Ces marques d'hoinieur et ces accompagnements sont les couronnes, les casques, les cimiers, les lambre([uins, les
(I) Duubk-i.