‹ Dictionnaire héraldiqueChapitre 182 sur 236 · TOU DICTIONNAIRE · texte numérisé non relu

TOU DICTIONNAIRE

TOURNOI. — Exercice et divertissement de guerre et de galanterie que faisaient les anciens chevaliers pour montrer leur adresse et leur bravoure.

Nous re[iroduisons ici la dissertation de Du Cange sur les tournois, bien persuadé que ces dissertations seront la oieilleure partie de notre livre.

DE l'origine et DE l'cSAGE DES TOURNOIS.

Tous les peuples qui ont aimé la guerre, et qui en ont fait le principal but de leur gloire, ont tâciié de s'y rendre adroits par les exercices militaires. Ils ont cri1 qu'ils ne dévoient pas s'engager d'abord dans les combats sans en avoir appris les maximes et les règles. Ils ont voulu former leurs soldats, et leur apprendre à manier les armes, avant que de les employer contre leurs ennemis : Ars enim bellandi, si non prœluditur, cum neccssaria fuerit non habetur, dit Cassiodore (1'. C'est pour celle raison que S. Isidore écrit que les Golhs (2), qui estoient estimez grands guerriers, m armorum artibus spcctabiles, avoietit coutume de s'exercer par des com bats innocents : Exercere enim sese telis ac prœliis prœludere maxime diligunt ; ludorum certamina usu quolidiano gerunt.

Les François, qui ont esté effectivement les jilus belli(]ueux d'entre toutesles nations, les ont aussi cultivez plus que les autr-s. Ce sont eux qui sont les inventeurs des tournois et des joustes, qu'ils n'ont mis en usage que jiour tenir les gimtilshommes en haleine, et pour les préparer pour les combats. Ce qui a fait dire à un poëte de ce temps (3) :

Ante honiines domuisse feras gens Gallica ab olim Sanxii, et ad diiros belli arniorumque labores, Exercere doini rigidx praeludia pugn».

Et comme les tournois ne furent inventez que pour exercer les jeunes gentilshommes, c'est pour cela qu'ils sont appelez par Thomas deWalsingham {k)ludimHiiares, parllogerdo Howeden militaria exercitia , [>av Lambert d'.\rdres(5) gladiaturœ, par l'auteur de l'Histoire de Hierusalem i6) imaginariœ bellorum prolusiones, et euiin |)ar (iuillaume de Neubourg (7) meditationes mililares, armorum exercilia, belli prœludia, quœ nullo intervcniente odio, sed pro solo exercitio alque oslenlalione virium fiebant.

Alexandre Necham , Lazius (8), Chifflet ((•), et autres auteurs (10) estiment que le

(I) Cassiod. 1. I, en. 40.

(-2) Isid. iii Hisl. Golli. iriit. Roder Tolel. 1 i ilist. Ilisp. c. 9.

(3) R. P. Eco n. Ord. FF. .Minor. ji> Paneg. Ludov. XlV.ediioA. <G«t>.

(4) VValsingl). p. 44.

(h) Lamb. Ard. p. 13.

(6)llisl. Hieros. A. 1177.

(7) \V. Neubrig. 1. v, c. 4.

(8) Laziiis, 1. X. Com. de Rop. Rom. r. 2. (W) Cliidlctin Vesont. i pari., c 31.

(10) Lud. d'Orléans ad Taeit. I. xi, p. 57S.

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nom, aussi bien que l'origine des tournois, vient de ces cour>esde chevaux des anciens qui sont nommez Trojœ et Trojani ludi, et qui furent inventez premièrement par Enée, lorsqu'il lit inhumer Anchise, son père, dans la Sicile, d'oii ces courses passèrent ensuite chez les Romains il). On ne peut pas douter que ces jeux troyens n'ayent beaucoup de rapport avec les tnurnois, comme on peut recueillirde ladescriptionqueA irgile nousen a donnée : car ils ne consistoient pas dans de simpli'S courses de chevaux , comme le P. (i'Outreman (2) a écrit, puisque Virgile témoigne assez le contraire par ces vers (3):

piignœque cient simulacra sub arniis,

Et nunc terga fugiC mandant, nunc spicula vcrluni Infensi : facta pari 1er nunc pace feruniur

Il est constant, toutefois, qu'il se faisoit d'autres exercices dans les tournois et d'autres combats. 11 est même probable que le nom de tournois ne vient pas de Troja, quafi Trojamentum, comme les auteurs que je viens de nommer ont écrit, mais plutôt du mot fiançois tourner, qui siguiûe marcher ou courir en rond. C'est ainsi que Papias interprète ce mot de tornal, m gyrum mittil. Terme qui ne semble pas nouveau, puisque Paul Diacre (4) et l'empereur Maurice (5) en ses Tactiques nous apprennent que celui de torna estoit en usage dans les combats, pour obliger les soldats à tourner aux occasions qui se presentoient. Aussi plusieurs estiment que ces femmes qui sont appellées tornatrices dans Hiucmar (6), ont ce nom, acause qu'elles dansoient en rond. C'est encore de là que nos anciens François ont emprunté le mot de returnar, qui se trouve dans le traité de fiaix d'entre Louys et Charles lo Chauve, son frère, et de retornare (7) dans les capitulaires du méfue Charles le Chauve , qui est à présent commun parmy nous, pour revenir de quelque endroit.

Ces exercices militaires ont esté en usage parmy nos premiers François : du moins Nitha'rd (8) nous apprend qu'ils estoient connus sous la seconde race de nos roys; car, décrivant l'entrevue de Louys roy d'Alemagne et de Charles le Chauve roy de France, en la ville tle Strasbourg, et racontant comme ils se donnèrent toutes les marques d'une amitié réci|)roque, il ajoute que jtour ''endre cette assemblée plus solennelle il se fit des combats à cheval entre les gentilshommes de la suite des deux jjrinces, pour donner des preuves de leur adresse dans les armes : Ludos etiam hoc ordine sœpe causa exercitii fréquent abunt. Convenicbanl aulem quocumque

(1) SiiPlon in Jul. cl Aiig. Xipliilin.

(2) D'Oiilrein;in. in CP. liulg. lib. i, c. Il, §0. (.">) Virgil. I. V. ^rioid.

(4, Paul. Diac. Ilist. Mise.

(;;) Maiiric. in Tactic.

((i) Illncmar. To. I, p. 714, c. 5, dist. v, de Ccnsecr. f

(7i Nilaid. I. m. Capil. Car. C. lit. iC. J 14. (Hj .Mlliaid I. CCCLUI. § r> lli^l. p. j7,S. '

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DinTIONNAIRE HERALDIQUE.

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congruum spertnndo viihbatur : et subuisttnte hinc omni multiluiUnc, priinum piiri numéro Siixonorum , iVasrononcm , Ausd'asiorum , Jiritnnnoruin, ex ulraque parle, vcluti sibi invieem adversari relient, altcr in alterum veloci cursu ruebat ; hinc pars terga versa protecti v.mbonibus ad socios insectantes eva- (lere se vclle simutabant. At versa vice llerum illos qiios (ugicbant persequi videhaniur : donec novissime utrique reges ciiin otnni juvnitule, ingenti clamore, equis emissis, hustilia crispantes exiliunt, et nunc his, nunc illis terga (lanlibus, insistunt. Eralque res digna pro tanta nobilitate nec non et moderatione spectaculo. Non enim quispiam in tanta multiludine ac diversitate generis, uti sœpe inter paucissimos, et notas contingere solet, alicui, uut lœsionis, aut vituperii quippiam inferre audebat. On ne peut \ms révoquer en doute, après ce passage, que les tournois ne se soient faits devant la troisième race de nos roys. Cependant les anciennes chroniques en attribuent l'invention à Gooft'roy seigneur de Prcuilly, qui fut père d'un autre Geotfroy qui donna l'origine aux comtes de Vendôme. Celle de Tours (1) rend re témoignage de luy : Anno 1006 Gaufridus de Pruliaco, qui torneamentainvenit, apud Andegavum occiditur. Et celle de S. Maitin de Tours (2) : Anno Ucnrici imp. 7 et Philippi régis 6 fuit prodilio apud Andegavum, Gaufridus de Pruliaco et aiii baroncs occisi sunt. Hic Gaufridus de Pruliaco torneamenta invenit. D'autre part, nous lisons dans Lambert d'Ardres (3) que Haoul comte de Gunies, tils du comte Ardoliihe, estant venu en France pour y fréquenter les tournois, reçut dans un de ces combats un coup mortel, qui luy lit perdre la vie. Or Raoul vivoit avant (ieotlYoy de Preuilly : car lo même auteur écrit qu'Eustaclie son fils ayant ap|)ris la mort de son père, vint aussitôt en Flandres, 1 1 lit hommage de son comté au comte Baudoiiin le IJarbu, qui tint le comté île Flandres depuis l'an ifSajusques en l'an 103'i..

De sorte que j'estime que ce seigneur n'inventa pas ces combats et ces exercices militaires, mais qu'il fut le premier qui en dressa les loix et les règles, et même qui <!n rendit la pratique plus commune et jjIus fréquente. Ce qui est d'autant plus |)robable, que nous ne lisons pas le mot de tournoy avant ce temps-là. D'ailleurs la pluspart des écrivains étrangers reionnoissent ingonuënient que les tournois estoient particuliers aux François. C'est pounjuoy ils sont appelez par Mathieu Paris [k] côn/lictus Gallici, les combats ordinaires des François, en ce passage : llenricus rex Anglorum junior, mure transiens, in conflictibis gallicis et profusioribus expcnsis triennium peregit, regiaque mnjestale prorsus deposita, totus est de regc translalus in militem, et flcxis in gyrumfrenis, in variis congressionibus trium-

(1) Chr. Tiir. A. 10G6.

(2] Clir. S. Jlartiui Tuion. A. Duchesne en l'IIist. des Chasieigiieis.

(3) LainlieM AnI. p. 13.

(ij Mathieu Paris. A. 1170, p. 95.

phum reportans, sui no?ninis famam circuinquaque respersit. Baoul de Coggeshall en sa chronique manuscrite rend le même témoignage, écrivant que GeullVoy de Mandeville mourut en la ville de Londres, d'une blessure qu'il reçût, dum moue francorum cum hastis vel contis, sese cursim equitantes vicissim impeterent (1).

Aussi les auteurs ont remarqué que les François ont esté adroits en ces exercices plus que les autres nations. Le comte Baltazar de Caslillon, en son Courtisan (2), parle de cette adresse de nostre nation : Nel torneare, tener un passo, combatere una sbarra. Et comme la lance estoit la principale arme dont on se servoit en cette sorte de combat, ils y ont tousjours excellé : ce qui a donné sujet à Foucher de Chartres (3J de «lire qu'ils estoient probissiini bellatores, et mirabiles de lanceis pcrcussores. Albert d'Aix (i) fait une descri])tion de leurs lances; et Aime Comnene (5), Nicetas (Gj, et Cinnamus (7j rendent cet honneur à la noblesse IVançoise d'avoir eu une adresse toute particulière pour les manier et pour s'en servir dans les occasions.

Les Anglois empruntèrent des François l'usage, des tournois, qui ne commencèrent à estre connus d'eux que sous le règne du roy Estienne, cum per ejus indecentem mollitiem nullus esset publicœ vigor disciplina;, ainsi que Guillaume de Neubourg (8) écrit; car alors, sous le règne du roy Henry II, qui succéda à Estienne, les Anglois tyronum exercitiis in Anglia prorsus inhibitis, qui forte armorum affectantes gtoriam exerccri volebant, transfretantcs in terrarum exercebantur confiniis. Uoger de Howeden et Brompton (9) conhrment cette remanjue, racontant que Geollroy comte de Bretagne, ayant esté fait chevalier par le roy Henry II, son pore, passa de l'Angleterre en Normandie, et que dans les contins de cette province et de celles de France il se trouva dans les tournois, oiî il eut la satisfaction de se voir rangé au nombre des ehevalieis qui excelloient dans ces sortes de combats. Mais le roy Kichard fut le premier qui en introduisit la pratique dans l'Angleterre; car cet illustre prince, considérant que les François estoient d'autant plus vailla'is qu'ils estoient exercez, lunto csseacriores quanto exercitatiores atque instructiores, sui quoque regni milites in propriis finibus exerceri voluit, ut ex bellurum solemni prœludio,verorum addisce.rent artem usumque bcllorum, nec insultarent Galli Anglis inilitibus, tunquam rudibus et minus gnaris (IQ). Mathieu Paris (llj dit la même chose,

(I) lladuir. Coggesh. in Clir. MS.

(i) DalUi. Cast. nel Corleg. I. i.

(oj Fuk'lier. Caniot. 1. n, c. 41.

(4) Albert. Aq. 1. iv, c. G.

fô) Anna Corn, in Alex. p. 181,17-2, 207, 277, lÛ, 409.

(U) INicet. in Mail. 1. m, c. 3.

(7) Ciiiii. 1. II.

81 Will. Ncub. 1. V, c. 4.

(9) Uogei-.llowed. et Biompt. A. 1177.

(10) W'Ill. iNoub. 1. V, c. i.

(II) Math. Paris. A. I19i. .M;ah. Westm. A. H!4

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DICTIONNAIRE IIERALDIQIE.

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ce qu'il semble rapporter à l'an 119i : Eodem tempnre rex Richardus in Aiujtiam transiens, statiin per Inca certn torneamcnta firri, hac fortassis inductus ralione, ut mililcs rcgni utriusque concurrentes vires suas flcxis in gyrum frenis experirentur : ut si hélium adversus Crucis inimicos, vel etiam finilimos, mcvere décernèrent, agiliores ad prœlium et exereitatiores rcdderentur. Mais ce grand roy esl blAnié (1) de ce que, voiant l'ardeur extraordinaire que les siens avoient pour se trouver Ji ces exercices militaires, il en ])rit occasion pour lever de l'argent sur ceux qui voudroient y aller : Rege id dccerncnte, et a singulis qui exerceri relient indictœ pecuniœ modulum exigent e (2).

Les Alemans ne mirent pareillement les tournois en usaj^e qu'après qu'ils les eurent receûs des François. Je sçay bien que Modius (3) en fait l'origine beaucoup plus ancienne en ces pays-là, nous ayant donné des tournois qui furent célébrez en Alemagne long-temps avant Geoffroy de Preuilly. Mais aussi ceux i[iii sont tant soit peu versez dans l'histoire n'ignorent pas que ce livre est remply de fables, et il faut avouer que son auteur a passé les bornes de rim[)udence lorsqu'il nous a donné un Antoine marquis de Pont-à-Mouçon, Claude comte de Tolose, Paul duc de Bar, Ligore comte de Bourgogne, Sigismond comte d'Alençon, Louys comte d'Armagnac, Pliilippes comte d'Artois, Antoine comte de Boulogne et autres princes imaginaires, qui se trouvèrent, à ce qu'il dit {k), avec l'emiiereur Henri I, en la guerre contre les Hongrois. Il est bien vray que Munster a écrit que les tournois commencèrent à paroitre dans TAlfMnagne en l'an 10;i6, en laquelle année, il s'en fit un dans la ville de Magdebourg (5), que si ce qu'il dit est véritable, cela se lit au même temps que Geoffroy de Preuilly les inventa, n'estant pas hors de [)robabilité de croire que les Alemans en aprirent l'usage de lui au mémo temps que les François.

Mais entre tous les auteurs qui ont écrit des tournois, les Grecs avouent franchement que ceux de leur nation en ont tiré la pratique dus Latins, c'est à dire des François, qui en furent les invenleurs. Nicepliore G'regoras

en parle de la sotte : EIt» xai «ywva,- i^ezé'Xsa!. SOo, /itfirjo'iv Tiv« t<7jv OX'jf/TTiK.'ô'iv «jroawÇo.Tocî, — ot Sn Tii; AuTivot; naXai ETrivtvonrat yviiw.aiaç Êv-za (jwfiKTO,-, c.Tr(,Tav^gXc,v i/.fnfj Tùjv TtoXsuizwv (()). Jean

Canla(uzeno désigne jilus disiinotcment le tenqis auquel on commença à user des tournois dans l'empire d'Orient , savoir lorsqu'Anne de Savoye, fille d'Ame IV, comte de Savoye, vint à Cohstantinople poury e|)ouscr le jeune Andronique Paleologue empereur (ce mariage se lit l'an 132G). Car alors la noblesse de Savoyo et de France qui avait ac-

(1) Wifl. Nfiiil).

(2) liroMihioii. p. 1201.

(3) Kr. Moiiiiis In l'aiidrn. Triuiimli. A. Fawii I. x, (lu Tliealre (rilonnoiir.

(i) Vr. Modius To. Il, I. i, p. |5.

l-')) Mlltl^l<-r. Gcorg. I. m, p. V.'Mi. {0) .Niicpli. Gregor. I. x, p. TmO.

compagne ce prince, fit des tournois dans cotte capitale de l'empire et en apprit ainsi

l'usage aux Grecs : Kai tijv Xeyo/iévDv zÇ'.nOTpiaM xat T« Tîfivs^evTa aùro; izpÛTOt èiUSaitxv Poifialav;,

OÛtTM TTpOTepOV TTÎpi TOOÛT'.JV «iÔÔT«f oOSèv (1). MalS

il y a lieu de douter si les tournois ne commencèrent à être célébrez dans l'empire grec que depuis ce temps là. Car Nicetas nous apprend (2) que l'empereur Manuel Comnène estant à Antioche, les Grecs combattirent contre les Latins dans un tournoy , et lui même, voulant faire voir qu'il ne cedoit on rien aux François dans la dextérité à manier la lance, il s'y trouva, et y combattit avec ceux de sa nation. Il y a même lieu de croire que ce prince les mit en usage dans ses états. Car Cinnamus écrit qu'estant parvenu à l'empire, il enseigna à ses peuples une nouvelle façon de combattre, leur ordonnant d'user à l'avenir de longs écus au lieu de ronds, d'apprendre à manier de longues lances comme les François et à monter à cheval, puis il les oDligea de s'exercer entre eux par des combats innocens qui ne sont autres que les tournois. Voicy les termes de cet auteur : t«,- yàp è/. twv nohui'.iv

Cfiiaii; ffoXê'/i-.iv aÙTOf 7ro't«<79ai 6sX-.jv ■KarjU.nt'jà; InKfiitaBai eiÛÔ/; tÙ no\kà.,ayfiy.ii. xi ttoXsvou tts- TTomaivaç, napara-et; Tt «j «-jriueTWTro'jf àllriXu ç ItTzx. OÛTM Ts ^'ipani-» èrti\K-jv,,-j rot; aÙTu.vî.ai; ifivTjo-iv èyupvKo-avTO tiqv eï ■zaX; ôizXoii (3). Anne

Comnène semble encore parler de ces exercices des tournois et faire voir qu'ils estoient en quelque façon en usage dans l'empire ^d'Alexis son père. 'Emf/eXwf n èx TtaiSeOeiv on-wf ^pn ToTov T£tveiï, k».1 Sopu ypaSaivît', Îttttov Te £)«OvE(v, x'/.i n^pixàç Ttoi-lt'jat «ruvra^sif (4). Ces dernières paroles désignent assez les tournois, oiî les combats se faisoient en troupes. Le principal but de l'usage des tournois cstoit pour exercer ceux qui faisoient profession des armes, pour apprendre à les manier, elà montera cheval, et i)our donner des preuves de leur valeur : pro solo excrcitio atque ostentatione virium, ainsi qu'écrit Guillaume deNeuhourg (5) y.nvaaiu; ïnra o-wftaTo; , connue parle Grcgoras, et entin ut ex solemni bellorum prœtudio verorumaddiscereturars ususque bellorum. Car il est malaisé de faire do belles actions dans les combals.sionn'apassé jiar les exercices militaires, et si on n'a fait les éjireuves nécessaires pour entreprendre un métier si difficile et si dangereux. Koger de Howeden, [)arlant au sujet des tournois, après s'eslre servi du passage de Cassiodore que j'ay cité, ajoute ces paroles : Non potest uthleta mugnos spiritus ad ccrtamcn a/j'crre qui nunquam suggillutus est. Itle qui sanguinem suum vidil, cujus dcnles crepuerunl sufi pugno, ille qui supplantatus adversdriuni tolo tulit corpore, nec projecit nniinutn priijerlus, qui (juotirs cevidït contuniacior surrcxil, cum magna spe descendit ad pugnam {bj.

(I) lo. Cantacuz. 1. i, c. 42.

(2i Nicetas iti Mau. 1. ni, c. 3.

(.")) Giiiii.iimis I. Ml, p. l.~)l.

{l) Anna Coin. I. \v Alc\iaJ.

(•■>) Will. Ncubr.

(ti) (lowcd. p. 588. .Malli. W^bini. p. 373.

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